Author: Don Kayembe

  • RDC : John Numbi, portrait d’un homme de l’ombre

    RDC : John Numbi, portrait d’un homme de l’ombre

    John Numbi-John Numbi est sans doute l’un des personnages les plus troubles du régime de Joseph Kabila. Accusé d’être l’un des instigateurs du meurtre du célèbre défenseur des droits de l’homme, Floribert Chebeya, en juin 2010, John Numbi a rapidement été suspendu de ses fonctions de chef de la police nationale congolaise. Après avoir été placé en résidence surveillée pour les besoins d’enquête, il s’est réfugié, sans être inquiété par les autorités congolaises, dans le nord Katanga. On l’accuse aujourd’hui d’attiser le groupe armé sécessionniste “Bakata Katanga”. Clément Boursin, responsable pour l’Afrique d’ACAT-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), nous en dresse le portrait.

    De milicien katangais à piètre militaire

    John Numbi est né en 1962 dans le Haut-Lomami, au nord Katanga. En 1983, il décroche un diplôme en électronique à l’Institut supérieur pédagogique technique de Likasi. Sa première rencontre avec Laurent-Désiré et Joseph Kabila, le père et le fils, remonte à 1989, à Pweto, au Katanga.
    John Numbi émerge sur la scène publique au début des années 90 lorsqu’il devient le chef de la milice de l’Union des fédéralistes et républicains indépendants (JUFERI), groupe de jeunes katangais aux méthodes violentes, dont le gouverneur de la province de l’époque, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, se sert ouvertement pour terroriser ses adversaires politiques de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dont le chef – Etienne Tshisekedi – est originaire du Kasaï. Son nom est lié aux pogroms anti-kasaïens  – soupçonnés de soutenir l’UDPS – de 1992-1993, qui font plusieurs centaines de mort et un demi-million de déplacés au Katanga . Des plaintes ont d’ailleurs été introduites auprès des autorités judiciaires contre John Numbi, mais elles n’ont jamais été traitées et ont depuis lors disparues. En 1992, il sympathise avec le jeune Joseph Kabila . En 1996, soupçonné d’entretenir des liens avec des adversaires politiques du Maréchal Mobutu Sese Seko, il est arrêté à Lubumbashi et envoyé en détention à Kinshasa. Il réussit toutefois à s’échapper de prison et se réfugie dans l’enclave angolaise du Cabinda, où il fait la rencontre de gendarmes katangais, qui eux aussi y ont trouvé refuge après l’échec de la sécession katangaise de 1960. En mai 1997, après la chute du régime Mobutu, John Numbi rentre à Kinshasa avec les gendarmes katangais.
    Laurent-Désiré Kabila, le nouveau président de la République, fait de John Numbi – qui appartient au même groupe ethnique : les Luba du Katanga plus couramment appelés les « Lubakat » – un militaire. Il commence comme chargé de la communication dans une compagnie, puis dans une brigade. Il devient ensuite directeur des transmissions de l’armée et commandant de la 50ème brigade chargée de la sécurité de la ville de Kinshasa. Son ascendance est fulgurante. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de James Kabarebe, officier rwandais, alors chef d’État-major de l’armée congolaise.
    En août 1998, il est nommé chef d’État-major opérationnel à Kindu, dans le Maniema. Préférant se livrer au commerce que de préparer la défense de la ville, il est remplacé un mois plus tard. En octobre la ville est conquise par le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), groupe d’opposition armé au gouvernement Kabila. En 1999, il est nommé Brigadier général avec comme responsabilité le commandement militaire de la région n°4 du Katanga. Il travaille alors avec Joseph Kabila, alors chef de la Force terrestre. En décembre 2000, leurs hommes perdent la bataille de Pweto contre l’armée rwandaise. Le 14 janvier, John Numbi est remercié par Kabila père et envoyé au Zimbabwe pour suivre une formation militaire. Deux jours plus tard, Laurent-Désiré Kabila est assassiné à Kinshasa dans des conditions qui n’ont jusqu’à ce jour jamais été établies. Devenu président, Joseph Kabila nomme John Numbi chef d’état-major de l’armée de l’air en mars 2001. Au cours de la même année, ce dernier arme les Maï-Maï de Gédéon, à Mitwaba, en échange d’or et de pierres précieuses . Dans le même temps, il donne l’ordre aux FARDC de quitter le territoire Malemba Nkulu, au nord Katanga, et permet ainsi à son oncle Makabe, chef Maï-Maï local, de prendre le contrôle de ce territoire et de ses ressources naturelles en usant de la violence.

    L’homme de confiance du président Joseph Kabila

    John Numbi, après avoir été fait militaire de carrière par le père Kabila, s’installe confortablement dans le premier cercle du fils Joseph en compagnie d’autres Katangais. Il a un accès direct au chef de l’État et se voit confier les missions les plus délicates en matière de maintien de l’ordre et de sécurité du territoire. À deux reprises ses hommes font le coup de feu à Kinshasa contre les hommes de Jean-Pierre Bemba, le principal opposant du président Joseph Kabila. En août 2006, dans l’attente des résultats du premier tour des élections présidentielles, John Numbi est à la manœuvre lorsque la garde républicaine affronte à Kinshasa les gardes de Bemba dans la capitale. En mars 2007, ses hommes pilonnent la résidence de Bemba, dans la capitale, alors que des diplomates étrangers sont présents dans la demeure.
    Homme de confiance de Joseph Kabila, John Numbi est également amené à gérer des dossiers secrets en ce qui concerne la situation dans l’est de la RDC. Fort de ses liens noués avec James Kabarebe à la fin des années 90, John Numbi négocie secrètement à Kigali avec le chef rebelle congolais Laurent Nkunda, en janvier 2007, afin d’intégrer les hommes du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) au sein de l’armée régulière, ce qui échoue une première fois. De novembre 2008 à janvier 2009, John Numbi est de retour au Rwanda pour négocier avec les plus hautes autorités rwandaises et Bosco Ntaganda l’éviction de Laurent Nkunda du CNDP et le lancement au nord-Kivu d’une opération militaire conjointe rwando-congolaise contre les rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). John Numbi prend la tête de cette opération appelée « Umoja Wetu » (notre unité en swahili) ; opération qui fera de nombreux morts au sein des populations civiles et qui ne résoudra en rien la présence des FDLR dans la sous-région.

    Une responsabilité directe dans des crimes contre l’humanité au Bas-Congo

    Le 11 juin 2007, trois jours après avoir fait bloquer tous les avions à l’aéroport de Kinshasa-Ndjili, dont des avions de compagnies internationales, John Numbi perd son poste de chef d’État-major de l’armée de l’air, mais récupère la tête de la police : il devient inspecteur général de la police nationale congolaise.
    Un an plus tard, il doit gérer une insurrection politico-religieuse dans le Bas-Congo qui est perçue comme une humiliation par le clan Kabila. À la suite d’élections locales frauduleuses ayant permis à un membre du régime en place d’être élu en lieu et place d’un homme politique local, les adeptes du Bundu Dia Kongo (BDK) prennent le contrôle de plusieurs localités, tuant des policiers et saccageant des bâtiments administratifs. Le drapeau du BDK est même hissé à la place de celui de la RDC à certains endroits de la province. À Kinshasa, qui ne se trouve qu’à environ 200 kilomètres, les autorités préparent la riposte. Alors que le pays s’apprête à rentrer dans la période électorale en vue du premier tour des élections présidentielles de juillet 2006, le régime veut montrer à l’opinion comme à ses adversaires politiques qu’il est maître de son territoire et qu’une telle situation ne peut perdurer. Le 26 février 2008, John Numbi rencontre à Kinshasa le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume, et le président de la République, Joseph Kabila. Deux jours plus tard, 600 militaires et policiers sont envoyés dans le Bas-Congo depuis Kinshasa afin de mater le BDK. Il s’agit d’une véritable opération militaire visant à punir cette secte.

    Dans un rapport de 13 pages , publié en mars 2008, l’organisation de la Voix des sans-voix (VSV) établit un bilan terrible de cette opération en termes de violations des droits de l’homme. Le bilan officiel est de 27 morts dont 3 policiers. Mais en réalité au moins 100 personnes ont été tuées d’après les Nations unies qui ont également entrepris une enquête . Plus de 150 membres du BDK sont arrêtés et la plupart torturés et plus de 200 édifices de partisans du BDK sont détruits par incendie. Selon la VSV, « des consignes auraient été données aux militaires et policiers de tout mettre en œuvre pour qu’il n’y ait pas de prisonniers ». Il fallait restaurer l’autorité de l’État bafouée par le BDK et cela au prix du sang des adeptes de cette secte et des populations civiles complices. Outre les massacres commis dans les villages reconquis et la chasse à l’homme de tout adepte ou sympathisant du BDK, il importait également d’effacer toute preuve de crimes. Les volontaires de la Croix-Rouge ne sont pas autorisés à avoir accès aux victimes. Les cadavres sont rapidement embarqués dans des véhicules militaires puis disparaissaient. Des corps éventrés – pour ne pas flotter – sont retrouvés sur les bords du fleuve Congo. Selon la VSV, les auteurs de ces crimes feraient partie de trois entités des forces de défense et de sécurité : la police d’intervention rapide (PIR) – à l’époque formée en partie par la France –, l’unité de la police intégrée (UPI) et la Garde Républicaine. Le rapport concluait : « Le massacre des adeptes du BDK constitue un acte de génocide. Les actes commis sur la population dans la province du Bas-Congo sont allés de la préméditation jusqu’à la volonté de détruire le mouvement politico-religieux du BDK à travers des tueries ciblés ». Parmi les recommandations effectuées auprès du gouvernement congolais figurait celle-ci : la nécessité de « poursuites judiciaires contre le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume Numbi, le gouverneur et le gouverneur adjoint de la province du Bas-Congo, Mbatshi Mbatshia et Déo Nkusu, les généraux Raus Chalwe et John Numbi ». Les responsables de ces crimes n’ont bien entendu jamais été poursuivis devant la justice congolaise.

    Une responsabilité directe dans l’assassinat de Floribert Chebeya

    Face à l’impunité persistante, le président de la VSV, Floribert Chebeya, continue ses enquêtes et se procure des documents accablants pour les autorités congolaises, notamment auprès de l’ancien président de l’assemblée nationale Vital Kamerhe, un ancien bras droit de Kabila devenu opposant.
    Sur la base de ces documents, il prend contact avec un avocat en Belgique en vue de préparer une communication destinée à la Cour pénale internationale (CPI). Il devient alors un témoin gênant pour les responsables du massacre du Bas-Congo. Le 1er juin 2010, Floribert Chebeya est invité à rencontrer John Numbi à son bureau, à l’Inspection générale de la police nationale congolaise (PNC), pour un motif qui devait lui être communiqué sur place. Il s’y rend avec son chauffeur Fidèle Bazana. Le lendemain, le président de la VSV est retrouvé mort dans sa voiture et son chauffeur est porté disparu. Il ne réapparaitra plus jamais. Le 5 juin, John Numbi est suspendu de ses fonctions à titre conservatoire, par arrêté ministériel, et il est placé en résidence surveillée pour besoins d’enquête.

    Malgré l’existence de sérieux soupçons quant à son implication dans ces meurtres, les autorités saisissent la Cour militaire de justice, juridiction qui n’est pas en mesure de juger John Numbi du fait de son grade supérieur à ceux des juges militaires. Seule la Haute cour militaire est compétente en la matière. John Numbi n’est donc entendu qu’en tant que « simple témoin ». Les relevés téléphoniques retracés pour les besoins de l’enquête montrent pourtant que John Numbi était en contact régulier avec l’ensemble des prévenus tout au long de l’opération ayant conduit au double assassinat. La justice impute finalement la mort des deux défenseurs des droits de l’homme à cinq officiers et sous-officiers qui travaillent sous les ordres directs de John Numbi. Le 23 juin 2011, les avocats de la partie civile interjettent appel de l’arrêt de la Cour afin que l’affaire soit jugée au niveau de la Haute cour militaire et que John Numbi puisse enfin être jugé. Un mois plus tard, une tentative d’arrestation peu médiatisée de John Numbi aurait eu lieu à Lubumbashi, au Katanga. Mais après deux jours de détention, il aurait eu une longue conversation avec Joseph Kabila et aurait été relâché .
    Le 17 octobre 2012, Paul Mwilambwe, policier congolais en charge de la sécurité à l’IGPNC, condamné par contumace pour le meurtre de Chebeya, témoigne sur Radio France internationale (RFI) avoir assisté au meurtre de Floribert Chebeya. Il indique que le meurtre aurait été commandité par le président Joseph Kabila par l’entremise de John Numbi . Il s’agirait donc d’un crime d’État. Manque de chance, l’enregistrement vidéo de la caméra de surveillance qui aurait capté la scène du kidnapping de Chebeya, selon Paul Mwilambwe, a disparu peu après le drame. Aujourd’hui, en restituant le parcours de John Numbi ces dernières années, on comprend mieux pourquoi il n’a jamais été réellement inquiété dans cette affaire comme dans les précédentes. Le 23 octobre 2012, la Haute cour militaire a refusé d’examiner le rôle joué par le général John Numbi dans l’affaire Chebeya-Banzana. Quant à la plainte déposée contre John Numbi par la veuve Chebeya, elle n’a jusqu’à ce jour reçu aucune suite, ni classement, ni poursuites…

    L’ombre de John Numbi au Katanga

    John Numbi est donc toujours en liberté, au Katanga, où il vit dorénavant dans les « affaires » de coltan et autres minerais. Pourtant, selon plusieurs organisations de la société civile du Katanga , John Numbi serait l’un des responsables de l’insécurité qui prévaut actuellement dans la province. Selon elles, « jeudi 21 mars 2013, un groupe de Maï-Maï Kata Katanga qui s’était évadé de l’Agence nationale de renseignements (ANR) se serait réfugié dans la ferme nommée Beijing appartenant au Général John Numbi. Quelques jours plus tard, le samedi 23 mars, il y a eu assaut de la ville de Lubumbashi ». Ces Maï-Maï, armés de lance-roquettes, d’une trentaine de fusils AK47, de lances et de flèches ont brièvement affronté l’armée congolaise faisant 33 morts dont 26 Maï-Maï.
    Le 8 septembre 2011, leur chef, Gédéon, avait pu s’échapper de la prison de Kasapa, à Lubumbashi, grâce à un commando armé. Il y purgeait une peine de prison à vie pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans les territoires katangais de Mitwaba, Pweto et Manono entre 2003 et 2006. Des accusations avaient été portées à cette époque contre John Numbi, parrain de Gédéon au début des années 2000.
    Beaucoup considèrent John Numbi comme le premier sponsor des indépendantistes katangais ; une manière de rappeler au président Joseph Kabila sa force de nuisance au Katanga, dans le cas d’une éventuelle mise en examen dans le procès Chebeya.
    Clément BOURSIN – Responsable pour l’Afrique d’ACAT-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) www.acatfrance.fr

  • Guinée : report des légistives en vue

    Guinée : report des légistives en vue

    Alpha Conde, Président de la Guinée
    Alpha Conde, Président de la Guinée

    -La classe politique guinéenne attend de la Ceni une nouvelle date conformément aux recommandations du dialogue inclusif de la semaine dernière.

    Ce dialogue s’était tenu à Conakry sous les auspices de la communauté internationale.

    On s’achemine donc vers un report de la date du scrutin qui a été fixée au 30 juin par un décret présidentiel.

    Le dialogue inclusif propose une feuille de route suivant laquelle la Ceni fixerait la nouvelle date “consensuelle”.

    Et en croire Yero Condé, le directeur de l’information de la Ceni.

    Il estime que le 30 juin n’est plus tenable.

    Un projet de chronogramme portant la signature du président de la ceni et qui propose le 28 juillet comme la nouvelle date du scrutin suscite la polémique.

    L’opposition souligne que cette date n’est pas réaliste mais la Ceni conteste l’authenticité du document.

    En attentant la nouvelle date, dans les états-majors de la mouvance présidentielle et dans ceux de l’opposition, l’heure est aux préparatifs.

    (BBC)

  • L’Assemblée nationale rend publique la liste complète des députés absentéistes

    L’Assemblée nationale rend publique la liste complète des députés absentéistes

    La session parlementaire de mars, appartient au passé depuis le 15 juin. En marge de la clôture de cette session, l’Assemblée nationale, via sa commission Politique, administrative et judiciaire (PAJ), a rendu publique, la liste des députés absentéistes.

    Parlement Congolais-Le résumé des relevés des absences fait par la direction des séances pour les sessions déjà organisées depuis le début de cette deuxième législature démontre à suffisance que bon nombre de députés n’ont pas travaillé bien que payés. Ledit rapport prend en compte les sessions ordinaire de septembre 2102, extraordinaire de décembre 2012 et la session ordinaire de mars 2013, régulièrement.

    Le travail de la commission PAJ renseigne qu’au total 275 députés répertoriés comme absents au terme des articles 110, point 6 de la Constitution et 119 du Règlement intérieur. Sur cette liste, la commission PAJ a constaté que six élus se trouvent dans le cas d’absences significatives. Et dans cette catégorie, on a classé ceux des députés qui se sont absentés soit à toutes les séances de trois sessions consécutives, soit à l’ensemble des deux sessions. Dans le premier groupe, figurent les députés :

    1. Kiringa Ilulu Claude,

    2. Mbusa Nyamwisi

    3. Felix Tshisekedi.

    Dans le deuxième cas, arrivent les députés:

    4. Eugène Diomi Ndongala,

    5. Jean Maweja Muteba et

    6. Alexis Mutanda Ngoy Muana.

    S’agissant des cas des absences non significatives, la commission a compté 269 députés se trouvant dans le cas d’absences à plus d’un quart des séances plénières d’une session. Il s’agit ici des élus présentés suivant les sessions au cours desquelles leurs absences ont été constatées.

    Pour ce qui est de la session ordinaire de mars 2013 clôturée samedi 15 juin, la commission renseigne que certains députés ont totalisé plus d’absences. Les députés Ambroise Kamukuny compte 28 absences, Adelbert Makutu 26 absences, Thierry André Kakwata et Jean Claude Kazembe ont chacun 19 etc.

    En conclusion, la commission a demandé aux députés classés dans le cas d’absences non significatives à déposer leurs pièces justificatives à la commission PAJ dans le mois qui suit l’ouverture de la session de septembre. Dorian KISIMBA

  • États-Unis : attention, vous êtes écoutés !

    États-Unis : attention, vous êtes écoutés !

    NASA-Tel Big Brother, la NSA, l’agence fédérale chargée du renseignement électromagnétique, intercepte des milliards de conversations téléphoniques et d’échanges internet. Sur le territoire américain et ailleurs.

    Le NSAgate, ce scandale provoqué par la révélation des très opaques activités de la National Security Agency, l’agence fédérale chargée du renseignement électromagnétique et de la sécurisation des systèmes de communication de l’administration, ne pouvait tomber plus mal – ou mieux, tout dépend du point de vue. Il concerne plus spécialement deux programmes. L’un, depuis 2006, permet à la NSA d’intercepter les appels téléphoniques passés aux États-Unis par l’intermédiaire de Verizon, l’un des principaux opérateurs du pays. L’autre, baptisé Prism, autorise l’interception hors des États-Unis des communications des internautes étrangers transitant par neuf grands du web, parmi lesquels Facebook, Microsoft, Apple, Yahoo! et Skype.

    Les Américains découvrent ainsi, bien tardivement, que les pratiques dignes de Big Brother mises en place par l’administration Bush sont, à l’exception de la torture, poursuivies sans sourciller par l’administration actuelle. D’ailleurs, en dehors de quelques réfractaires comme le démocrate Al Gore ou le républicain « libertarien » Rand Paul, la classe politique dans son ensemble y souscrit. Apparemment, Barack Obama lui-même y voit le moyen de maintenir un équilibre entre les exigences de la sécurité nationale et le nécessaire respect de la vie privée.

    La légalité – sinon le bien-fondé – de ces programmes n’est pas discutable. Leur base juridique est le Patriot Act, adopté après les attentats du 11 septembre 2001. Leur application est donc placée sous le contrôle théorique du Congrès. Ils « empiètent modestement » (Obama dixit) sur la liberté individuelle des Américains – et des autres ! -, mais ils ont paraît-il permis d’éviter plusieurs attentats terroristes. En septembre 2009, par exemple, un e-mail envoyé depuis Peshawar, au Pakistan, aurait été intercepté grâce à Prism et permis l’arrestation à New York d’un immigré afghan qui s’apprêtait à faire exploser des bombes dans le métro. « Pour trouver une aiguille dans une botte de foin, il faut d’abord disposer d’une botte de foin », commente froidement Leon Panetta, l’ancien secrétaire d’État à la Défense. Même son de cloche chez John McCain, l’ancien candidat républicain à la présidentielle, qui juge lesdits programmes « totalement justifiés ».

    “Traître”

    Certains responsables ne cachent pas le mépris que leur inspirent les deux hommes à l’origine du scandale : Glenn Greenwald, le blogueur du Guardian (le quotidien britannique qui, avec le Washington Post, a levé les deux lièvres), et Edward Snowden, l’ancien employé de la NSA à l’origine des fuites. John Boehner, le speaker de la Chambre des représentants, n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, Snowden est un « traître » qui doit être traduit en justice.

    Les responsables politiques, qui, en 2012, ont renouvelé pour cinq ans la législation en la matière, rappellent que ces deux programmes ne permettent pas d’écouter les communications des Américains. Et que la surveillance d’internet ne concerne que le reste du monde. De nombreuses questions restent pourtant en suspens auxquelles la classe politique ne semble pas pressée de répondre. Au moins le scandale a-t-il permis de jeter un coup de projecteur sur cette très mystérieuse institution qu’est la NSA. Ne dit-on pas, par manière de plaisanterie, que même les menus des cantines mises à la disposition de ses quelque 35 000 employés sont classés secret-défense ?

    Forteresse

    Le but essentiel de l’agence est d’analyser la masse faramineuse des informations interceptées sur internet. Selon IBM, 90 % de ces données ont été créées depuis moins de deux ans. D’ici à 2020, elles devraient doubler de volume tous les deux ans. Au mois de mars dernier, la NSA a analysé 97 milliards de données collectées auprès de différents réseaux à travers le monde. Quatorze pour cent d’entre elles provenaient d’Iran, beaucoup du Pakistan, et seulement 3 % des États-Unis.

    Au même titre que le programme de drones, la NSA et ses sous-traitants ont bénéficié de la vertigineuse augmentation (+ 250 %) du budget du renseignement depuis 2001. Elle a ainsi pu construire dans les montagnes de l’Utah une formidable forteresse de 1 million de mètres carrés censée être opérationnelle cette année. L’objectif est de se donner les moyens de stocker indéfiniment des volumes colossaux de données personnelles.

    Mais le NSAgate a permis de mettre en évidence une autre tendance préoccupante : la privatisation en cours depuis 2001 de la sécurité nationale. Basé à Hawaii, Snowden n’était en effet qu’un employé subalterne travaillant pour Booz Allen Hamilton, un sous-traitant de la NSA. Ce n’est nullement un cas isolé. Depuis plusieurs années, 70 % du budget du renseignement sert à rémunérer ces prestataires privés, auxquels l’administration confie désormais des tâches aussi sensibles que le recrutement d’espions ou la vérification des antécédents de candidats. De facto, elle leur donne accès aux secrets les mieux gardés. Sur les 4,2 millions d’employés du secteur du renseignement, plus de un tiers auraient ainsi accès à des données confidentielles.

    Pour Obama, déjà fragilisé par une série de scandales, le timing de cette nouvelle affaire est fâcheux. Elle a en effet éclaté deux jours avant sa rencontre avec le président chinois, Xi Jinping, au cours de laquelle il a beaucoup été question des cyberattaques massivement lancées par la Chine contre les États-Unis – et les entreprises privées américaines (le préjudice est évalué à plusieurs milliards de dollars). Comment, dans ces conditions, Obama aurait-il pu convaincre son hôte d’y mettre un terme ? Xi n’a donc pas bougé d’un pouce sur ce dossier et s’est fait un malin plaisir de rappeler que les Américains menaient eux aussi une cyberguerre. Contre l’Iran et son programme nucléaire.

    L’homme à abattre

    Le visage d’Edward Snowden, 29 ans, fait la une de tous les journaux américains. Comme Bradley Manning, le soldat responsable de la divulgation de milliers de documents confidentiels et dont le procès vient de s’ouvrir, c’est un jeune homme frêle, geek jusqu’au bout des ongles, qui a fait le choix téméraire de partir seul en guerre contre son gouvernement.

    Les informations qu’il a rendues publiques ont permis d’ouvrir un débat utile, a reconnu Obama. Pourtant, Snowden, qui s’était réfugié à Hong Kong et est aujourd’hui introuvable, est bel et bien traité comme un criminel. Le département de la Justice vient d’annoncer l’ouverture de poursuites judiciaires contre lui.

    On sait peu de chose de lui. Sauf que c’est un enfant de divorcés, que son père est un ancien garde-côtes, et qu’il est plutôt républicain – tendance libertarienne, donc très hostile à l’État fédéral. En 2004, il a tenté de rejoindre l’armée, mais a dû y renoncer après s’être cassé les deux jambes lors d’un entraînement. Fou d’ordinateurs, il a occupé plusieurs postes dans le renseignement avant d’être recruté par un sous-traitant de la NSA, à Hawaii, pour la bagatelle de 200 000 dollars (146 000 euros) par an.

    Il a fait le choix de renoncer à ce train de vie confortable pour se rendre à Hong Kong et soulager sa conscience auprès de journalistes du Guardian. « Lorsque vous réalisez que ce que vous faites renforce l’oppression, cela vaut la peine de prendre des risques », dit-il. Pour Edward Snowden, une drôle de vie vient de commencer. Celle d’un fugitif. J-É.B.

    (Jeune Afrique)

  • Afrique du Sud : les nouvelles rassurantes de Mandela se succèdent

    Afrique du Sud : les nouvelles rassurantes de Mandela se succèdent

    madiba-L’ancien président sud-africain, Nelson Mandela “va très bien”, a déclaré sa fille Zenani, lundi17 juin, après une nouvelle visite à son chevet dans un hôpital à Pretoria.

    Après l’un de ses petits-fils, après le président Jacob Zuma, c’est au tour de la fille de Nelson Mandela de donner des nouvelles rassurantes de l’ancien président sud-africain, soigné depuis dix jours à 94 ans dans un état grave. « Il va très bien », a déclaré Zenani Mandela, lundi17 juin, au micro des reporters postés devant le Mediclinic Heart Hospital de Pretoria.

    Rentrée d’Argentine en début de semaine pour voir son père, Zenani a également lu plusieurs messages déposés par des anonymes devant l’entrée de l’hôpital dont les abords se sont progressivement ornés de bouquets, drapeaux, cartes de voeux et prières comme autant d’ex-voto. Une partie des fleurs et des petits mots rédigés à l’intention de « Tata » (papa) Mandela a ensuite été emportée à l’intérieur de la clinique, un signe qui indiquerait que le vieil homme irait mieux selon des photographes postés à l’extérieur de la clinique.

    Le président sud-africain, Jacob Zuma, avait déclaré, dimanche, que l’état de santé de Madiba, victime d’une infection pulmonaire à répétition, continuait de s’améliorer quoique toujours grave.

    “Gratitude”

    Lundi, Graça Machel, l’épouse du prix Nobel de la paix avec laquelle il s’est remarié en troisièmes noces en 1998, a brisé le silence pour remercier pour les innombrables messages de soutien reçus d’Afrique du Sud et du monde entier par lettres, SMS, téléphone, sur Twitter, Facebook, avec des fleurs ou par courriels.

    « Notre gratitude est difficile à exprimer. Mais l’amour et la paix que nous ressentons donne tout son sens à ce simple petit mot: “merci !” », a déclaré Graça, dans un communiqué. « Madiba a dit un jour : “Ce qui compte dans la vie, ce n’est pas tant d’avoir vécu mais la différence qu’on a fait pour la vie des autres”. Je pense à ces paroles à chaque instant où le monde se tient à ses côtés, faisant la différence pour lui, dans sa guérison », a-t-elle ajouté, sans évoquer la santé de son mari.

    Depuis l’hospitalisation en urgence de Nelson Mandela, le 6 juin, Graça Machel se fait très discrète. Elle s’était jusque-là exprimée une seule fois, le 15 avril, et n’était pas apparue en public. Les médias supposent qu’elle dort à la clinique et la visite régulière de sa fille Josina ainsi que les allées et venues des gardes du corps de Mme Machel ont accrédité cette possibilité.

    Graça Machel a été l’épouse d’un autre chef d’État, le président mozambicain Samora Machel dont elle porte toujours le nom, héros de l’indépendance décédé en 1986.

    (Avec AFP)

  • Mines de la RDC – le Rwanda et le Burundi au cœur de la mafia

    Mines de la RDC – le Rwanda et le Burundi au cœur de la mafia

    CONGO-DEMOCRATIC-Encore des preuves documentées. Des hauts gradés sont pris la main dans le sac dans le blanchiment de minerais de la maffia. Les circuits huilés de certification dans ces pays voisins sont transformés en véritable blanchisserie. De nouvelles recherches de Global Witness révèlent l’implication de militaires de haut rang dans le commerce de l’or dans l’Est du Congo. Ils sont Burundais, Congolais et Rwandais. Les exportations frauduleuses des tonnes d’or, du tantale et du tungstène font l’affaire des rebelles et officiers congolais, ainsi que des structures étatiques burundaises et rwandaises.

    On ne le dira jamais assez, la guerre qui frappe la République démocratique du Congo a comme soubassement, la prédation et le pillage des ressources naturelles, principalement les minerais. Le dernier rapport de Global Witness révèle le degré atteint par ces pratiques à la peau dure, en dépit de multiples dénonciations. Sans les nommer, le rapport dénonce des hauts gradés actifs dans ce commerce illicite des matières précieuses dans la partie orientale de la RDC.

    Bien que cités dans différents rapports, il est curieux de constater que les pays régulièrement nommés ne se gênent pas de poursuivre les actions de prédation. Global Witness évalue à des tonnes les cargaisons qui passent en contrebande des frontières congolaises vers les deux pays précités, à savoir le Burundi et encore et toujours le Rwanda. Ce qui ne peut se faire qu’avec la complicité des militaires congolais en pleine opération dans cette partie de la RDC. Ainsi, se comprend aisément les causes qui font perdurer indéfiniment la guerre. La situation de ni guerre, ni paix actuellement enregistrée avait été mise à profit par les maffieux de tous poils pour lessiver les richesses enfouies dans le sous-sol congolais.

    Plutôt que de combattre ces pratiques, il apparaît clairement que les deux pays voisins de la RDC ont brillé pendant la période d’investigations menées sur le terrain par Global Witness soit, en mars et avril, par un activisme débordant dans leur entreprise de prédation et de pillage. Global Witness a ainsi vu tout ce qui se tramait à travers les frontières entre ces deux pays et la Rd Congo.

    Le président de la République, lui-même, ne s’était pas privé de dénoncer publiquement l’existence d’un réseau ayant des ramifications tant au niveau local, provincial et central avec des acteurs aussi bien civils que militaires. Joseph Kabila avait vu juste en décidant, en son temps, de la suspension de toute exploitation des minerais dans cette partie du pays.

    Dans un communiqué rendu public par Global Witness, cette ONG internationale note : « Le lucratif commerce de l’étain, du tantale, du tungstène et de l’or de l’Est du Congo est contrôlé depuis près de quinze ans par des groupes armés violents et des factions de l’armée gouvernementale. Ces groupes utilisent les profits générés par le commerce des minerais pour financer leur lutte ». Halte à l’hypocrisie

    Les Etats-Unis et l’Europe ont mis en place des systèmes d’alerte en vue d’éradiquer ce commerce illicite des minerais. Mais des faiblesses apparaissent tout de suite. Les faits sont avérés. Ils ne relèvent plus du domaine de l’abstrait ou des allégations. Les puissances qui ont opté en faveur des mesures de traçabilité des minerais congolais, connaissaient pertinemment l’existence des circuits maffieux qui inondaient leurs marchés. Face à ces accusations, il est curieux de constater que des actions d’envergure tardent toujours à venir contre ces pays prédateurs.

    Les réseaux connectés de la RDC, du Burundi et du Rwanda seraient-ils aussi puissants au point de tromper de manière grossière la vigilance internationale ? Les puissances mondiales ne savaient-elles pas que ces deux pays, qui émettent des certifications des minerais ne se trouvant pas dans leurs sous-sols respectifs participent à une entreprise de prédation sur les minerais provenant du Congo-Kinshasa? Comment peut-on faire du Rwanda une blanchisserie et affirmer vouloir mettre un terme à la guerre et son cortège de malheurs ?

    L’hypocrisie n’a que trop duré pour les puissances planétaires qui refusent de voir ces actes flagrants que posent les pays voisins prédateurs. La voie de la raison est celle de ne plus accepter l’accès dans leurs territoires respectifs de ces minerais notoirement issus des conflits, mais blanchis au Rwanda et au Burundi, sans oublier l’Ouganda, même s’il n’est pas cité dans le présent rapport.

    (Le Potentiel)

  • Sida: millionième bébé indemne du VIH depuis 10 ans

    Sida: millionième bébé indemne du VIH depuis 10 ans

    Sida- mere– La naissance ce mois-ci du millionième bébé né, en Afrique, indemne du sida d’une mère porteuse du virus est célébréewa mardi à Washington l’occasion de la célébration du dixième anniversaire d’un programme d’urgence américain prévu à cet effet.

    Il s’agit d’une nouvelle étape dans la longue lutte contre le virus de l?immunodéficience humaine (VIH) et pour l’avènement d’une génération sans sida, inimaginable il y a à peine une décennie. Une nouvelle génération de médicaments et traitements antirétroviraux plus efficaces ont permis de diminuer de 30% à 2% aujourd’hui le risque de transmission du virus de la mère au bébé pendant la grossesse ou l’allaitement, selon Eric Goosby, coordinateur du Plan d?urgence américain pour la lutte contre le sida (Pepfar).

    “Environ 430.000 bébés naissent chaque année avec le VIH et le projet dont nous sommes porteurs depuis le début de Pepfar s’est intensifié ces trois dernières années en partenariat avec l’Onusida et l’UNICEF”, a-t-il affirmé.

    Le programme vise à “éliminer virtuellement le VIH pédiatrique d’ici 2015 et de maintenir les mères en vie”, a-t-il ajouté, avec l’objectif de réduire le nombre de bébés nés avec le virus à environ 30.000 par an.

    M. Goosby a souligné les nombreuses difficultés du Pepfar, qui concerne 36 pays, à atteindre les femmes des régions rurales, pauvres et reculées.

    Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, qui préside la cérémonie, devrait annoncer mardi que 13 pays, du Botswana au Zimbabwe, sont proches du “point de bascule”, lorsque le nombre de personnes contractant le VIH dans une année passe en dessous du nombre de personnes en traitement.

    Lancé par le président George W. Bush, le Pepfar a vu son budget progressivement porté à environ 5,5 milliards de dollars par an. Bien qu’il subsiste quelque 1,7 million de décès liés au sida chaque année, le programme américain.

    (AFP)

  • Chasse aux sujets congolais en Inde : le gouvernement congolais interpellé !

    Chasse aux sujets congolais en Inde : le gouvernement congolais interpellé !

    Ghandi-Perçue jusqu’il y a encore peu comme le nouvel eldorado de la jeunesse congolaise en quête du bien-être, loin de la mère-patrie, et cotée comme une des destinations de rêve des Congolais en délicatesse de santé ou versés dans les affaires, l’Inde commence à donner des cauchemars à nos compatriotes. En effet, les nouvelles en provenance de ce pays du Sud-Est Asiatique font état d’une véritable chasse à l’homme à laquelle est désormais soumise la diaspora congolaise, surtout celle qui se recrute parmi les étudiants.

              Diabolisés déjà dans plusieurs pays d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord et du Sud, les immigrés congolais croyaient être épargnés par le virus de la «Congolophobie» dans cette partie du monde. Hélas, ils sont rattrapés aujourd’hui par l’étiquette de « Ngulu », parfois leur colle injustement, même lorsqu’ils remplissent les conditions d’un séjour régulier à l’étranger. L’image du Congolais clandestin a tellement fait le tour de la planète que les autres ne voient en lui que le clandestin, le menteur, le truand, le mendiant, le profiteur, le miséreux, l’escroc,  l’incivique, le jouisseur, le paresseux.

              Les situations rocambolesques que vivent les étudiants congolais dans plusieurs villes du pays de Ghandi étonnent et révoltent plus d’un observateur. Il est scandaleux d’apprendre que nos compatriotes sont systématiquement transformés en « accusés » dès qu’ils cherchent la protection de la police pour des cas de menaces, d’insultes, d’agressions physiques, de vols, de viols et autres atteintes à leur liberté de la part des citoyens indiens ou ceux d’autres nationalités, parfois sur des sites universitaires.

     Diplomates sans voix et sans moyens

     En principe, tout citoyen étranger en difficulté en territoire étranger compte d’abord et avant tout sur la protection de son Ambassade, de son Consulat ou de ceux des pays amis chargés de représenter son pays auprès de celui d’accueil. Bien que disposant d’une chancellerie en Inde, le Congo démocratique se montre, jusque-là, incapable de voler au secours de ses citoyens présentement placés dans des situations d’insécurité en Inde.

              Les diplomates congolais installés dans ce pays demeurent totalement aphones depuis qu’a démarré la chasse à leurs compatriotes. Les membres de la communauté congolaises imputent le mutisme des fonctionnaires de leur mission diplomatique au fait qu’ils vivent eux-mêmes dans une précarité financière et logistique permanente. Sans moyens financiers et logistiques, ils ont du mal à faire le monitoring des faits et méfaits touchant  des Congolais résidant dans les différentes villes indiennes et de leur porter éventuellement secours. Arriver sur les lieux où sont signalés les injustices dont sont victimes des membres de la communauté congolaise à New Delhi ou ailleurs est déjà un problème. Défendre un Congolais arrêté par la police ou jeté en prison en est un autre. Bref, dans l’impossibilité de faire quelque chose, on croise les bras.

              Ensuite, les rapports de force entre l’Inde et la RDC sont tels qu’ils préfèrent fermer les yeux sur le calvaire de leurs compatriotes plutôt que d’élever une protestation et provoquer un incident diplomatique à l’issue incertaine. L’aveu d’impuissance étant là, la diaspora congolaise se trouve à la merci de ses tortionnaires.

    Regards tournés vers Kinshasa

              Face à l’aveu d’impuissance de ceux qui devaient les défendre en terre indienne, les compatriotes victimes des tracasseries policières et autres ont les regards tournés vers Kinshasa. Dans leur détresse, ils attendent un signal du gouvernement, à travers le ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, pour l’amorce d’actions de protestation devant aboutir à l’amélioration de leurs conditions de sécurité individuelle et collective ainsi qu’au respect de leurs droits.

              Ils sont impatients de savoir si Kinshasa est au courant de leurs misères et si des contacts diplomatiques utiles ont été pris à cet effet ou en voie de l’être avec les autorités indiennes.

              Un certain pessimisme a tendance à gagner les esprits, au vu du silence et de l’immobilisme de la diplomatie congolaise face aux traitements inhumains et dégradants que subissent les immigrés congolais à travers le monde. Pour ne prendre que le cas de la Libye, où plusieurs pays avaient organisé des ponts aériens pour évacuer leurs citoyens en danger de mort l’année dernière, la communauté congolaise, abandonnée à elle-même, était la dernière à quitter ce pays.

                                  Kimp

  • RDC: l’Assemblée nationale a invalidé 5 députés

    RDC: l’Assemblée nationale a invalidé 5 députés

     

    Les Parlemenataires Congolais en plein debat pour adoption
    Les Parlemenataires Congolais en plein debat pour adoption

    -L’Assemblée nationale a invalidé, samedi 15 juin, cinq députés pour absence prolongée non justifiée pendant plusieurs mois. L’invalidation de Félix Tshisekedi, Eugène Diomi Ndongala, Antipas Mbusa Nyamuisi, Claude Iringa et Jean Maweja est intervenue après un débat houleux entre les députés présents au cours de cette plénière clôturant la session de mars.Les noms de ces députés ont été présentés dans un rapport de la commission Politique, administrative et juridique de l’Assemblée nationale qui veut voir l’institution réunir le quorum dans les plénières comme dans les commissions.

    Pendant le débat, certains députés ont jugé inopportun le traitement de ce dossier à la clôture de cette session de mars.
    «Il y a des députés qui ne se sont jamais présentés depuis le début de cette législature mais curieusement leurs noms ne sont pas cités. Ce rapport est incomplet mais également tendancieux parce qu’on a l’impression que pour être éligible à l’invalidation, il faut être soit de l’opposition, soit avoir la malchance de ne pas appartenir dans l’un ou l’autre camp», a dénoncé le député de l’opposition, Grégoire Kiro.
    D’autres députés par contre tenaient en finir avec les députés absentéistes.
    «Nous avons été élus pour siéger dans cet hémicycle. Je suis surpris que nous puissions défendre des collègues qui ne viennent jamais ici et qui ont décidé eux-mêmes de boycotter nos séances. Ils se sont auto exclus. Nous ne faisons que remarquer leur auto exclusion», a rétorqué le député de la Majorité présidentielle, Valentin Senga.
    Alexis Mutanda dont le nom figurait sur la liste des députés à invalider a été sauvé pour avoir justifié son absence par des raisons de santé.
    Majorité et opposition partagées sur le bilan
    La famille politique du chef de l’Etat et l’opposition sont divisées sur le bilan de l’Assemblée nationale pendant la session de mars. Dans son mot de circonstance, le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku Ndjala Ndjoko, s’est félicité du travail réalisé par son institution au cours de trois dernières mois.
    La position du président de l’Assemblée nationale a été soutenue par certains députés de la Majorité présidentielle dont Gaston Musemena:
    «L’Assemblée nationale a voté plusieurs lois et initié beaucoup de cas de contrôles parlementaires dont certains ont abouti et d’autres ont créé des confusions. Elle a permis à la nation d’espérer de continuer le processus démocratique par la mise sur pied de la Commission électorale nationale indépendante».
    Un autre groupe de députés pense plutôt que la session de mars a été tumultueuse et le contrôle parlementaire n’a pas été satisfaisant.
    «Nous avons eu à voter beaucoup de lois mais du côté contrôle il y a de petits soucis puisque certains ont été bloqués. Nous pensons travailler au même rythme et essayer d’intensifier des contrôles. Il y a eu beaucoup de scandales qui n’ont pas été suivis des contrôles conséquents», a conclu le député de l’opposition, Arsène Muaka.
  • “L’économie de la RD Congo reste dirigée en fonction des besoins de l’extérieur”

    “L’économie de la RD Congo reste dirigée en fonction des besoins de l’extérieur”

    Forum Economique International-Chercheur au Centre d’études sur la région des grands lacs de l’Université d’Anvers, Stefaan Marysse suit depuis quinze ans l’économie congolaise. Selon lui, la RD Congo a entamé les premiers pas d’une reconstruction qui pourrait l’aider à se relever.

    Le professeur belge Stefaan Marysse est chercheur dans le Centre d’études sur la région des grands lacs de l’Université d’Anvers. Il n’est pas un novice de la situation économique et sociale en République démocratique du Congo. Depuis près de 15 ans, le chercheur belge encadre les enseignants et donne cours à l’Université de Kinshasa. La plupart de ministres congolais qui s’occupent des secteurs économiques, il les a connus « à travers leurs recherches, plutôt que dans leurs bureaux », confie-t-il.

    Après son intervention au premier Forum économique international de Kinshasa, qui s’est tenu du 6 au 7 juin, Stefaan Marysse fait le point sur l’état actuel de la RD Congo dont le gouvernement est dirigé, selon ses propres mots, par les « réformateurs ».

    Propos recueillis à Kinshasa par Trésor Kibangula

    Jeune Afrique : Quel regard portez-vous aujourd’hui sur l’évolution de la situation économique et sociale de ces deux dernières décennies en RD Congo ?

    Stefaan Marysse : Le Congo ressemble à un verre, à moitié plein pour les uns, à moitié vide pour les autres. Cela dépend de l’observateur. Mais si on n’a pas vécu dans ce pays pendant les très difficiles années 1990, on ne comprendra pas combien la RD Congo est en train de changer. À mon sens, le pays a entamé les premiers pas d’une reconstruction qui pourrait l’aider à se relever. L’inflation est maîtrisée. Le pays enregistre un succès certain au niveau des indicateurs économiques qui sont désormais passés au vert. Il ne faut pas oublier que la RD Congo revient d’une situation de l’hyperinflation, du vol institutionnalisé de l’État sur sa population. Il y a eu un temps où on produisait ici la « vraie fausse monnaie ». Le gouvernement émettait des séries de billets parallèles aux billets officiels pour se procurer de l’argent. Il n’y avait plus de banque. Et pour s’acheter un poulet, il fallait se promener avec un sac d’argent.

    Quel est l’apport du gouvernement Matata dans la consolidation de la situation économique ?

    L’actuel premier ministre congolais, Matata Ponyo, a consolidé les réformes appuyées par les institutions financières internationales. À côté de l’inflation qui est jugulée, le code minier a été revisité pour inclure des mesures en matière de transparence, d’appels d’offres et de droits des communautés locales, ce qui attire des nouveaux investisseurs. Et surtout, le gouvernement de Matata a entamé des réformes assez courageuses notamment la bancarisation de la paie des fonctionnaires de l’État qui pourra ainsi mettre fin à un système opaque basé sur le paiement manuel.

    Le problème, c’est la Gécamines.

    Des « réformes courageuses », une inflation maîtrisée, une croissance annoncée à 8,3 % en 2013, … Mais pas encore d’incidence réelle sur la réduction de la pauvreté. Comment comprendre ce paradoxe ?

    C’est la faiblesse même de la structure de l’économie congolaise. Des performances enregistrées jusqu’ici concernent essentiellement des secteurs extravertis, les mines. Beaucoup de production donc, mais trop peu d’emplois. Conséquence : cet essor énorme du secteur cuprifère et cobaltifère – la RD Congo est redevenue numéro un mondial d’exportation de cobalt – entraîne très peu de retombées sur le reste de l’économie congolaise. Et cette dernière reste très dualiste : d’un côté, le secteur informel qui fait vivre toute la population, et de l’autre, le secteur minier très intensif en capital mais qui emploie peu. Entre les deux, il n’existe presque pas d’industries qui pourraient faire en sorte que cet essor minier ait des effets en amont et en aval. On reste donc dans une économie d’enclave, dirigée en fonction des besoins de l’extérieur. C’est pourquoi les Congolais ne ressentent pas au quotidien les effets des changements en cours.

    Au même moment, l’ITIE, Africa progress panel ou encore le Fonds monétaire international (FMI) continuent à dénoncer l’opacité dans la gestion des ressources naturelles…

    Le problème, c’est la Gécamines. La société congolaise des mines ne produisait presque plus rien depuis près de deux décennies. Transformée en société anonyme en 2010, elle est restée tout de même le dépositaire du sous-sol congolais. Il fallait donc toujours passer par elle pour obtenir une concession minière. Ainsi, elle a signé 34 partenariats avec des entreprises privées internationales, certaines sérieuses mais d’autres assez critiquables. Elle en a tiré des dividendes qui devraient normalement être versées à l’Etat, mais ce n’a pas été le cas. Qu’est-ce qu’elles sont devenues ? C’est l’opacité totale. Entre 2008 et 2011, la Gécamines a été donc mêlée dans toutes ces ventes d’actifs miniers opaques qui sont aujourd’hui décriées. Feu Katumba Mwanke et Dan Gertler, deux proches de la présidence de la République, ont largement contribué à la construction de ces contrats, officiellement, en faveur de la Gécamines…

    Et que fait l’actuel gouvernement pour mettre fin à cette situation ?

    Aujourd’hui, la RD Congo a rejoint aujourd’hui l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE). Et dans son programme avec le gouvernement congolais, le FMI exige également plus de transparence dans la vente des actifs miniers. Cette pression de l’extérieur, appuyée par quelques personnes de l’intérieur qui militent pour des réformes, rend de plus en plus difficile la conclusion des contrats opaques. Cela donne raison et renforce le groupe des réformateurs dans la sphère du pouvoir congolais qui regorge encore quelques adeptes de mauvaises pratiques d’hier.

    (Jeuneafrique)