Author: Don Kayembe

  • Rwanda : Twagiramungu reporte son retour

    Rwanda : Twagiramungu reporte son retour

    Twagiramungu-L’ancien premier ministre rwandais, Faustin Twagiramungu souhaite retourner dans son pays pour “prendre part au débat démocratique”.

    L’ancien premier ministre rwandais, Faustin Twagiramungu n’a pas pu rentrer à Kigali, faute de visa.

    En exil volontaire en Belgique, il n’a pas été en mesure d’obtenir un visa auprès de l’ambassade rwandaise à Bruxelles.

    Premier ministre de juillet 1994 à août 1998 et candidat malheureux à l’élection présidentielle en 2003 remportée par Paul Kagame, il avait annoncé son intention de retourner vendredi dans son pays afin de “prendre part au débat démocratique”.

    “Il ne faut pas laisser le pays à la gestion d’un seul homme, en l’occurrence le président Paul Kagame”, ajoute celui qui avait été crédité de 3,6% des voix lors de la présidentielle de 2003, un score dont il remet en cause la régularité.

    “Je voulais faire inscrire mon parti, le Rwandan Dream Initiative (RDI), afin d’ouvrir l’espace politique”, a-t-il expliqué.

    Il a effectué sa demande de visa auprès de l’ambassade du Rwanda en Belgique le 28 mai, en utilisant son passeport belge, mais son visa n’est pas arrivé à temps.

    Faustin Twagiramungu a dénoncé une décision “politique”, mais il s’est dit “plus déterminé que jamais” à rentrer au Rwanda.

    L’ancien Premier ministre assure par ailleurs n’avoir “aucune ambition” de participer aux élections législatives prévues en septembre, mais il espère toujours pouvoir être rentré au Rwanda pour “ouvrir le débat”, tout en disant craindre d’être arrêté s’il remet les pieds dans son pays.

    (BBC)

  • RSA:L’ambulance de Mandela tombe en panne

    RSA:L’ambulance de Mandela tombe en panne

    Mandela ambulance 1-Le gouvernement sud-africain a reconnu qu’une ambulance transportant Nelson Mandela à l’hôpital dans les premières heures du 8 juin a eu des problèmes mécaniques. La panne en question a obligé l’ancien président à changer de véhicule.

    D’après certaines informations, il est resté dans le froid pendant une quarantaine de minutes, en attendant une autre ambulance. Un porte-parole de la présidence n’a pas confirmé ceci, mais il a reconnu que des problèmes de moteur ont obligé le personnel médical à mettre M. Mandela dans une autre ambulance. Cet incident n’a pas constitué, selon la même source, une menace pour la santé de M. Mandela.

    Mandela, qui est âgé 94, est traité depuis deux semaines à Pretoria pour une infection pulmonaire et il demeure dans un état grave.

  • Barack Obama pourrait rencontrer Mandela

    Barack Obama pourrait rencontrer Mandela

    President Barack Obama
    President Barack Obama

    -Le président américain Barack Obama s’en remet à la famille de Nelson Mandela pour décider d’une éventuelle visite lors de sa prochaine tournée en Afrique.

    Hospitalisé depuis deux semaines pour une grave infection pulmonaire, l’ex-président sud-africain pourrait alors recevoir la visite du chef d’Etat américain.

    Bien qu’attendue depuis des années, la rencontre entre les deux hommes s’avère peu probable.

    Même si sa santé “demeure dans un état sérieux mais stable à l’hôpital”, a affirmé Mac Maharaj, porte-parole du président Jacob Zuma.

    “Nous (…) sommes très respectueux de la famille Mandela au sujet d’une éventuelle rencontre entre le président et la famille Mandela ou bien Nelson Mandela lui-même, a précisé Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité nationale. Au final, nous voulons ce qui sera le mieux pour sa santé et la tranquillité d’esprit de la famille Mandela”, a-t-il ajouté.

    Barack Obama passera une nuit à Johannesburg et une autre au Cap pendant sa tournée africaine, et prévoit de faire un arrêt sur l’île abritant l’ancienne prison de Robben Island, où Mandela a passé 18 ans.

    Obama a rencontré Mandela en 2005, peu après son élection au Sénat américain, quand l’ancien président sud-africain se trouvait à Washington, et lui a parlé plusieurs fois au téléphone depuis.

    Son épouse, Michelle, avait, elle, pu rendre visite à l’icône de la lutte anti-apartheid il y a deux ans lors d’un déplacement en Afrique.

    Barack Obama quittera Washington mercredi 26 juin et débutera sa tournée au Sénégal, où il rencontrera le président Macky Sall et visitera l’île de Gorée, lieu de mémoire de la traite des Noirs au large de Dakar.

    Il se rendra ensuite en Afrique du Sud, le 29 juin à Johannesburg, puis le lendemain à Pretoria, où il verra notamment le président Jacob Zuma.

    Le même jour, il ira ensuite au Cap, avant de conclure sa tournée en Tanzanie.

  • L’Afrique du Sud envoie des soldats en RDC

    L’Afrique du Sud envoie des soldats en RDC

    L’Afrique du Sud envoie des soldats en RDC

    soldats rsa– L’Afrique du Sud a envoyé des soldats en République démocratique du Congo (RDC) dans le cadre d’ une mission de paix des Nations Unies, a déclaré vendredi le vice- ministre des Relations internationales et de la Coopération Ebrahim Ebrahim. Si M. Ebrahim n’a pas précisé le nombre de soldats que l’ Afrique du Sud a envoyés en RDC, le pays s’est engagé à détacher plus de 1.300 hommes sur les 3.500 que compte la brigade.

    “Les soldats sud-africains sont actuellement en route pour la RDC”, a indiqué à la presse M. Ebrahim depuis Pretoria, après un point sur l’actualité internationale.

    Outre l’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Malawi se sont également engagés à contribuer à la brigade qui aura pour mission de combattre les rebelles dans l’est de la RDC, où des troubles ont cours.

    Les soldats envoyés par la Tanzanie sont déjà déployés sur le terrain, a ajouté M. Ebrahim.

    Le 28 mars, le Conseil de sécurité des Nations Unies a autorisé l’envoi d’une nouvelle brigade d’intervention en RDC, avec pour mandat de lutter militairement contre les groupes rebelles afin de ramener la paix dans l’est du pays ravagé par les conflits.

    L’envoi de soldats de maintien de la paix à l’étranger fait débat en Afrique du Sud, alors que le pays vient de déplorer de lourdes pertes militaires. Le 23 mars, 13 soldats sud-africains de maintien de la paix ont été tués et 27 autres blessés dans des combats contre des troupes rebelles dans la banlieue de la capitale de la République centrafricaine (RCA) Bangui.

    L’Afrique du Sud a retiré ses soldats de RCA en avril. Néanmoins, le gouvernement sud-africain a déclaré que les pertes subies par son armée en RCA n’empêcheront pas l’armée sud- africaine d’entreprendre d’autres actions.

  • RDC : John Numbi, portrait d’un homme de l’ombre

    RDC : John Numbi, portrait d’un homme de l’ombre

    John Numbi-John Numbi est sans doute l’un des personnages les plus troubles du régime de Joseph Kabila. Accusé d’être l’un des instigateurs du meurtre du célèbre défenseur des droits de l’homme, Floribert Chebeya, en juin 2010, John Numbi a rapidement été suspendu de ses fonctions de chef de la police nationale congolaise. Après avoir été placé en résidence surveillée pour les besoins d’enquête, il s’est réfugié, sans être inquiété par les autorités congolaises, dans le nord Katanga. On l’accuse aujourd’hui d’attiser le groupe armé sécessionniste “Bakata Katanga”. Clément Boursin, responsable pour l’Afrique d’ACAT-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), nous en dresse le portrait.

    De milicien katangais à piètre militaire

    John Numbi est né en 1962 dans le Haut-Lomami, au nord Katanga. En 1983, il décroche un diplôme en électronique à l’Institut supérieur pédagogique technique de Likasi. Sa première rencontre avec Laurent-Désiré et Joseph Kabila, le père et le fils, remonte à 1989, à Pweto, au Katanga.
    John Numbi émerge sur la scène publique au début des années 90 lorsqu’il devient le chef de la milice de l’Union des fédéralistes et républicains indépendants (JUFERI), groupe de jeunes katangais aux méthodes violentes, dont le gouverneur de la province de l’époque, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, se sert ouvertement pour terroriser ses adversaires politiques de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) dont le chef – Etienne Tshisekedi – est originaire du Kasaï. Son nom est lié aux pogroms anti-kasaïens  – soupçonnés de soutenir l’UDPS – de 1992-1993, qui font plusieurs centaines de mort et un demi-million de déplacés au Katanga . Des plaintes ont d’ailleurs été introduites auprès des autorités judiciaires contre John Numbi, mais elles n’ont jamais été traitées et ont depuis lors disparues. En 1992, il sympathise avec le jeune Joseph Kabila . En 1996, soupçonné d’entretenir des liens avec des adversaires politiques du Maréchal Mobutu Sese Seko, il est arrêté à Lubumbashi et envoyé en détention à Kinshasa. Il réussit toutefois à s’échapper de prison et se réfugie dans l’enclave angolaise du Cabinda, où il fait la rencontre de gendarmes katangais, qui eux aussi y ont trouvé refuge après l’échec de la sécession katangaise de 1960. En mai 1997, après la chute du régime Mobutu, John Numbi rentre à Kinshasa avec les gendarmes katangais.
    Laurent-Désiré Kabila, le nouveau président de la République, fait de John Numbi – qui appartient au même groupe ethnique : les Luba du Katanga plus couramment appelés les « Lubakat » – un militaire. Il commence comme chargé de la communication dans une compagnie, puis dans une brigade. Il devient ensuite directeur des transmissions de l’armée et commandant de la 50ème brigade chargée de la sécurité de la ville de Kinshasa. Son ascendance est fulgurante. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de James Kabarebe, officier rwandais, alors chef d’État-major de l’armée congolaise.
    En août 1998, il est nommé chef d’État-major opérationnel à Kindu, dans le Maniema. Préférant se livrer au commerce que de préparer la défense de la ville, il est remplacé un mois plus tard. En octobre la ville est conquise par le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), groupe d’opposition armé au gouvernement Kabila. En 1999, il est nommé Brigadier général avec comme responsabilité le commandement militaire de la région n°4 du Katanga. Il travaille alors avec Joseph Kabila, alors chef de la Force terrestre. En décembre 2000, leurs hommes perdent la bataille de Pweto contre l’armée rwandaise. Le 14 janvier, John Numbi est remercié par Kabila père et envoyé au Zimbabwe pour suivre une formation militaire. Deux jours plus tard, Laurent-Désiré Kabila est assassiné à Kinshasa dans des conditions qui n’ont jusqu’à ce jour jamais été établies. Devenu président, Joseph Kabila nomme John Numbi chef d’état-major de l’armée de l’air en mars 2001. Au cours de la même année, ce dernier arme les Maï-Maï de Gédéon, à Mitwaba, en échange d’or et de pierres précieuses . Dans le même temps, il donne l’ordre aux FARDC de quitter le territoire Malemba Nkulu, au nord Katanga, et permet ainsi à son oncle Makabe, chef Maï-Maï local, de prendre le contrôle de ce territoire et de ses ressources naturelles en usant de la violence.

    L’homme de confiance du président Joseph Kabila

    John Numbi, après avoir été fait militaire de carrière par le père Kabila, s’installe confortablement dans le premier cercle du fils Joseph en compagnie d’autres Katangais. Il a un accès direct au chef de l’État et se voit confier les missions les plus délicates en matière de maintien de l’ordre et de sécurité du territoire. À deux reprises ses hommes font le coup de feu à Kinshasa contre les hommes de Jean-Pierre Bemba, le principal opposant du président Joseph Kabila. En août 2006, dans l’attente des résultats du premier tour des élections présidentielles, John Numbi est à la manœuvre lorsque la garde républicaine affronte à Kinshasa les gardes de Bemba dans la capitale. En mars 2007, ses hommes pilonnent la résidence de Bemba, dans la capitale, alors que des diplomates étrangers sont présents dans la demeure.
    Homme de confiance de Joseph Kabila, John Numbi est également amené à gérer des dossiers secrets en ce qui concerne la situation dans l’est de la RDC. Fort de ses liens noués avec James Kabarebe à la fin des années 90, John Numbi négocie secrètement à Kigali avec le chef rebelle congolais Laurent Nkunda, en janvier 2007, afin d’intégrer les hommes du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) au sein de l’armée régulière, ce qui échoue une première fois. De novembre 2008 à janvier 2009, John Numbi est de retour au Rwanda pour négocier avec les plus hautes autorités rwandaises et Bosco Ntaganda l’éviction de Laurent Nkunda du CNDP et le lancement au nord-Kivu d’une opération militaire conjointe rwando-congolaise contre les rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). John Numbi prend la tête de cette opération appelée « Umoja Wetu » (notre unité en swahili) ; opération qui fera de nombreux morts au sein des populations civiles et qui ne résoudra en rien la présence des FDLR dans la sous-région.

    Une responsabilité directe dans des crimes contre l’humanité au Bas-Congo

    Le 11 juin 2007, trois jours après avoir fait bloquer tous les avions à l’aéroport de Kinshasa-Ndjili, dont des avions de compagnies internationales, John Numbi perd son poste de chef d’État-major de l’armée de l’air, mais récupère la tête de la police : il devient inspecteur général de la police nationale congolaise.
    Un an plus tard, il doit gérer une insurrection politico-religieuse dans le Bas-Congo qui est perçue comme une humiliation par le clan Kabila. À la suite d’élections locales frauduleuses ayant permis à un membre du régime en place d’être élu en lieu et place d’un homme politique local, les adeptes du Bundu Dia Kongo (BDK) prennent le contrôle de plusieurs localités, tuant des policiers et saccageant des bâtiments administratifs. Le drapeau du BDK est même hissé à la place de celui de la RDC à certains endroits de la province. À Kinshasa, qui ne se trouve qu’à environ 200 kilomètres, les autorités préparent la riposte. Alors que le pays s’apprête à rentrer dans la période électorale en vue du premier tour des élections présidentielles de juillet 2006, le régime veut montrer à l’opinion comme à ses adversaires politiques qu’il est maître de son territoire et qu’une telle situation ne peut perdurer. Le 26 février 2008, John Numbi rencontre à Kinshasa le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume, et le président de la République, Joseph Kabila. Deux jours plus tard, 600 militaires et policiers sont envoyés dans le Bas-Congo depuis Kinshasa afin de mater le BDK. Il s’agit d’une véritable opération militaire visant à punir cette secte.

    Dans un rapport de 13 pages , publié en mars 2008, l’organisation de la Voix des sans-voix (VSV) établit un bilan terrible de cette opération en termes de violations des droits de l’homme. Le bilan officiel est de 27 morts dont 3 policiers. Mais en réalité au moins 100 personnes ont été tuées d’après les Nations unies qui ont également entrepris une enquête . Plus de 150 membres du BDK sont arrêtés et la plupart torturés et plus de 200 édifices de partisans du BDK sont détruits par incendie. Selon la VSV, « des consignes auraient été données aux militaires et policiers de tout mettre en œuvre pour qu’il n’y ait pas de prisonniers ». Il fallait restaurer l’autorité de l’État bafouée par le BDK et cela au prix du sang des adeptes de cette secte et des populations civiles complices. Outre les massacres commis dans les villages reconquis et la chasse à l’homme de tout adepte ou sympathisant du BDK, il importait également d’effacer toute preuve de crimes. Les volontaires de la Croix-Rouge ne sont pas autorisés à avoir accès aux victimes. Les cadavres sont rapidement embarqués dans des véhicules militaires puis disparaissaient. Des corps éventrés – pour ne pas flotter – sont retrouvés sur les bords du fleuve Congo. Selon la VSV, les auteurs de ces crimes feraient partie de trois entités des forces de défense et de sécurité : la police d’intervention rapide (PIR) – à l’époque formée en partie par la France –, l’unité de la police intégrée (UPI) et la Garde Républicaine. Le rapport concluait : « Le massacre des adeptes du BDK constitue un acte de génocide. Les actes commis sur la population dans la province du Bas-Congo sont allés de la préméditation jusqu’à la volonté de détruire le mouvement politico-religieux du BDK à travers des tueries ciblés ». Parmi les recommandations effectuées auprès du gouvernement congolais figurait celle-ci : la nécessité de « poursuites judiciaires contre le ministre de l’Intérieur, Denis Kalume Numbi, le gouverneur et le gouverneur adjoint de la province du Bas-Congo, Mbatshi Mbatshia et Déo Nkusu, les généraux Raus Chalwe et John Numbi ». Les responsables de ces crimes n’ont bien entendu jamais été poursuivis devant la justice congolaise.

    Une responsabilité directe dans l’assassinat de Floribert Chebeya

    Face à l’impunité persistante, le président de la VSV, Floribert Chebeya, continue ses enquêtes et se procure des documents accablants pour les autorités congolaises, notamment auprès de l’ancien président de l’assemblée nationale Vital Kamerhe, un ancien bras droit de Kabila devenu opposant.
    Sur la base de ces documents, il prend contact avec un avocat en Belgique en vue de préparer une communication destinée à la Cour pénale internationale (CPI). Il devient alors un témoin gênant pour les responsables du massacre du Bas-Congo. Le 1er juin 2010, Floribert Chebeya est invité à rencontrer John Numbi à son bureau, à l’Inspection générale de la police nationale congolaise (PNC), pour un motif qui devait lui être communiqué sur place. Il s’y rend avec son chauffeur Fidèle Bazana. Le lendemain, le président de la VSV est retrouvé mort dans sa voiture et son chauffeur est porté disparu. Il ne réapparaitra plus jamais. Le 5 juin, John Numbi est suspendu de ses fonctions à titre conservatoire, par arrêté ministériel, et il est placé en résidence surveillée pour besoins d’enquête.

    Malgré l’existence de sérieux soupçons quant à son implication dans ces meurtres, les autorités saisissent la Cour militaire de justice, juridiction qui n’est pas en mesure de juger John Numbi du fait de son grade supérieur à ceux des juges militaires. Seule la Haute cour militaire est compétente en la matière. John Numbi n’est donc entendu qu’en tant que « simple témoin ». Les relevés téléphoniques retracés pour les besoins de l’enquête montrent pourtant que John Numbi était en contact régulier avec l’ensemble des prévenus tout au long de l’opération ayant conduit au double assassinat. La justice impute finalement la mort des deux défenseurs des droits de l’homme à cinq officiers et sous-officiers qui travaillent sous les ordres directs de John Numbi. Le 23 juin 2011, les avocats de la partie civile interjettent appel de l’arrêt de la Cour afin que l’affaire soit jugée au niveau de la Haute cour militaire et que John Numbi puisse enfin être jugé. Un mois plus tard, une tentative d’arrestation peu médiatisée de John Numbi aurait eu lieu à Lubumbashi, au Katanga. Mais après deux jours de détention, il aurait eu une longue conversation avec Joseph Kabila et aurait été relâché .
    Le 17 octobre 2012, Paul Mwilambwe, policier congolais en charge de la sécurité à l’IGPNC, condamné par contumace pour le meurtre de Chebeya, témoigne sur Radio France internationale (RFI) avoir assisté au meurtre de Floribert Chebeya. Il indique que le meurtre aurait été commandité par le président Joseph Kabila par l’entremise de John Numbi . Il s’agirait donc d’un crime d’État. Manque de chance, l’enregistrement vidéo de la caméra de surveillance qui aurait capté la scène du kidnapping de Chebeya, selon Paul Mwilambwe, a disparu peu après le drame. Aujourd’hui, en restituant le parcours de John Numbi ces dernières années, on comprend mieux pourquoi il n’a jamais été réellement inquiété dans cette affaire comme dans les précédentes. Le 23 octobre 2012, la Haute cour militaire a refusé d’examiner le rôle joué par le général John Numbi dans l’affaire Chebeya-Banzana. Quant à la plainte déposée contre John Numbi par la veuve Chebeya, elle n’a jusqu’à ce jour reçu aucune suite, ni classement, ni poursuites…

    L’ombre de John Numbi au Katanga

    John Numbi est donc toujours en liberté, au Katanga, où il vit dorénavant dans les « affaires » de coltan et autres minerais. Pourtant, selon plusieurs organisations de la société civile du Katanga , John Numbi serait l’un des responsables de l’insécurité qui prévaut actuellement dans la province. Selon elles, « jeudi 21 mars 2013, un groupe de Maï-Maï Kata Katanga qui s’était évadé de l’Agence nationale de renseignements (ANR) se serait réfugié dans la ferme nommée Beijing appartenant au Général John Numbi. Quelques jours plus tard, le samedi 23 mars, il y a eu assaut de la ville de Lubumbashi ». Ces Maï-Maï, armés de lance-roquettes, d’une trentaine de fusils AK47, de lances et de flèches ont brièvement affronté l’armée congolaise faisant 33 morts dont 26 Maï-Maï.
    Le 8 septembre 2011, leur chef, Gédéon, avait pu s’échapper de la prison de Kasapa, à Lubumbashi, grâce à un commando armé. Il y purgeait une peine de prison à vie pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans les territoires katangais de Mitwaba, Pweto et Manono entre 2003 et 2006. Des accusations avaient été portées à cette époque contre John Numbi, parrain de Gédéon au début des années 2000.
    Beaucoup considèrent John Numbi comme le premier sponsor des indépendantistes katangais ; une manière de rappeler au président Joseph Kabila sa force de nuisance au Katanga, dans le cas d’une éventuelle mise en examen dans le procès Chebeya.
    Clément BOURSIN – Responsable pour l’Afrique d’ACAT-France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) www.acatfrance.fr

  • Guinée : report des légistives en vue

    Guinée : report des légistives en vue

    Alpha Conde, Président de la Guinée
    Alpha Conde, Président de la Guinée

    -La classe politique guinéenne attend de la Ceni une nouvelle date conformément aux recommandations du dialogue inclusif de la semaine dernière.

    Ce dialogue s’était tenu à Conakry sous les auspices de la communauté internationale.

    On s’achemine donc vers un report de la date du scrutin qui a été fixée au 30 juin par un décret présidentiel.

    Le dialogue inclusif propose une feuille de route suivant laquelle la Ceni fixerait la nouvelle date “consensuelle”.

    Et en croire Yero Condé, le directeur de l’information de la Ceni.

    Il estime que le 30 juin n’est plus tenable.

    Un projet de chronogramme portant la signature du président de la ceni et qui propose le 28 juillet comme la nouvelle date du scrutin suscite la polémique.

    L’opposition souligne que cette date n’est pas réaliste mais la Ceni conteste l’authenticité du document.

    En attentant la nouvelle date, dans les états-majors de la mouvance présidentielle et dans ceux de l’opposition, l’heure est aux préparatifs.

    (BBC)

  • L’Assemblée nationale rend publique la liste complète des députés absentéistes

    L’Assemblée nationale rend publique la liste complète des députés absentéistes

    La session parlementaire de mars, appartient au passé depuis le 15 juin. En marge de la clôture de cette session, l’Assemblée nationale, via sa commission Politique, administrative et judiciaire (PAJ), a rendu publique, la liste des députés absentéistes.

    Parlement Congolais-Le résumé des relevés des absences fait par la direction des séances pour les sessions déjà organisées depuis le début de cette deuxième législature démontre à suffisance que bon nombre de députés n’ont pas travaillé bien que payés. Ledit rapport prend en compte les sessions ordinaire de septembre 2102, extraordinaire de décembre 2012 et la session ordinaire de mars 2013, régulièrement.

    Le travail de la commission PAJ renseigne qu’au total 275 députés répertoriés comme absents au terme des articles 110, point 6 de la Constitution et 119 du Règlement intérieur. Sur cette liste, la commission PAJ a constaté que six élus se trouvent dans le cas d’absences significatives. Et dans cette catégorie, on a classé ceux des députés qui se sont absentés soit à toutes les séances de trois sessions consécutives, soit à l’ensemble des deux sessions. Dans le premier groupe, figurent les députés :

    1. Kiringa Ilulu Claude,

    2. Mbusa Nyamwisi

    3. Felix Tshisekedi.

    Dans le deuxième cas, arrivent les députés:

    4. Eugène Diomi Ndongala,

    5. Jean Maweja Muteba et

    6. Alexis Mutanda Ngoy Muana.

    S’agissant des cas des absences non significatives, la commission a compté 269 députés se trouvant dans le cas d’absences à plus d’un quart des séances plénières d’une session. Il s’agit ici des élus présentés suivant les sessions au cours desquelles leurs absences ont été constatées.

    Pour ce qui est de la session ordinaire de mars 2013 clôturée samedi 15 juin, la commission renseigne que certains députés ont totalisé plus d’absences. Les députés Ambroise Kamukuny compte 28 absences, Adelbert Makutu 26 absences, Thierry André Kakwata et Jean Claude Kazembe ont chacun 19 etc.

    En conclusion, la commission a demandé aux députés classés dans le cas d’absences non significatives à déposer leurs pièces justificatives à la commission PAJ dans le mois qui suit l’ouverture de la session de septembre. Dorian KISIMBA

  • États-Unis : attention, vous êtes écoutés !

    États-Unis : attention, vous êtes écoutés !

    NASA-Tel Big Brother, la NSA, l’agence fédérale chargée du renseignement électromagnétique, intercepte des milliards de conversations téléphoniques et d’échanges internet. Sur le territoire américain et ailleurs.

    Le NSAgate, ce scandale provoqué par la révélation des très opaques activités de la National Security Agency, l’agence fédérale chargée du renseignement électromagnétique et de la sécurisation des systèmes de communication de l’administration, ne pouvait tomber plus mal – ou mieux, tout dépend du point de vue. Il concerne plus spécialement deux programmes. L’un, depuis 2006, permet à la NSA d’intercepter les appels téléphoniques passés aux États-Unis par l’intermédiaire de Verizon, l’un des principaux opérateurs du pays. L’autre, baptisé Prism, autorise l’interception hors des États-Unis des communications des internautes étrangers transitant par neuf grands du web, parmi lesquels Facebook, Microsoft, Apple, Yahoo! et Skype.

    Les Américains découvrent ainsi, bien tardivement, que les pratiques dignes de Big Brother mises en place par l’administration Bush sont, à l’exception de la torture, poursuivies sans sourciller par l’administration actuelle. D’ailleurs, en dehors de quelques réfractaires comme le démocrate Al Gore ou le républicain « libertarien » Rand Paul, la classe politique dans son ensemble y souscrit. Apparemment, Barack Obama lui-même y voit le moyen de maintenir un équilibre entre les exigences de la sécurité nationale et le nécessaire respect de la vie privée.

    La légalité – sinon le bien-fondé – de ces programmes n’est pas discutable. Leur base juridique est le Patriot Act, adopté après les attentats du 11 septembre 2001. Leur application est donc placée sous le contrôle théorique du Congrès. Ils « empiètent modestement » (Obama dixit) sur la liberté individuelle des Américains – et des autres ! -, mais ils ont paraît-il permis d’éviter plusieurs attentats terroristes. En septembre 2009, par exemple, un e-mail envoyé depuis Peshawar, au Pakistan, aurait été intercepté grâce à Prism et permis l’arrestation à New York d’un immigré afghan qui s’apprêtait à faire exploser des bombes dans le métro. « Pour trouver une aiguille dans une botte de foin, il faut d’abord disposer d’une botte de foin », commente froidement Leon Panetta, l’ancien secrétaire d’État à la Défense. Même son de cloche chez John McCain, l’ancien candidat républicain à la présidentielle, qui juge lesdits programmes « totalement justifiés ».

    “Traître”

    Certains responsables ne cachent pas le mépris que leur inspirent les deux hommes à l’origine du scandale : Glenn Greenwald, le blogueur du Guardian (le quotidien britannique qui, avec le Washington Post, a levé les deux lièvres), et Edward Snowden, l’ancien employé de la NSA à l’origine des fuites. John Boehner, le speaker de la Chambre des représentants, n’y va pas par quatre chemins. Pour lui, Snowden est un « traître » qui doit être traduit en justice.

    Les responsables politiques, qui, en 2012, ont renouvelé pour cinq ans la législation en la matière, rappellent que ces deux programmes ne permettent pas d’écouter les communications des Américains. Et que la surveillance d’internet ne concerne que le reste du monde. De nombreuses questions restent pourtant en suspens auxquelles la classe politique ne semble pas pressée de répondre. Au moins le scandale a-t-il permis de jeter un coup de projecteur sur cette très mystérieuse institution qu’est la NSA. Ne dit-on pas, par manière de plaisanterie, que même les menus des cantines mises à la disposition de ses quelque 35 000 employés sont classés secret-défense ?

    Forteresse

    Le but essentiel de l’agence est d’analyser la masse faramineuse des informations interceptées sur internet. Selon IBM, 90 % de ces données ont été créées depuis moins de deux ans. D’ici à 2020, elles devraient doubler de volume tous les deux ans. Au mois de mars dernier, la NSA a analysé 97 milliards de données collectées auprès de différents réseaux à travers le monde. Quatorze pour cent d’entre elles provenaient d’Iran, beaucoup du Pakistan, et seulement 3 % des États-Unis.

    Au même titre que le programme de drones, la NSA et ses sous-traitants ont bénéficié de la vertigineuse augmentation (+ 250 %) du budget du renseignement depuis 2001. Elle a ainsi pu construire dans les montagnes de l’Utah une formidable forteresse de 1 million de mètres carrés censée être opérationnelle cette année. L’objectif est de se donner les moyens de stocker indéfiniment des volumes colossaux de données personnelles.

    Mais le NSAgate a permis de mettre en évidence une autre tendance préoccupante : la privatisation en cours depuis 2001 de la sécurité nationale. Basé à Hawaii, Snowden n’était en effet qu’un employé subalterne travaillant pour Booz Allen Hamilton, un sous-traitant de la NSA. Ce n’est nullement un cas isolé. Depuis plusieurs années, 70 % du budget du renseignement sert à rémunérer ces prestataires privés, auxquels l’administration confie désormais des tâches aussi sensibles que le recrutement d’espions ou la vérification des antécédents de candidats. De facto, elle leur donne accès aux secrets les mieux gardés. Sur les 4,2 millions d’employés du secteur du renseignement, plus de un tiers auraient ainsi accès à des données confidentielles.

    Pour Obama, déjà fragilisé par une série de scandales, le timing de cette nouvelle affaire est fâcheux. Elle a en effet éclaté deux jours avant sa rencontre avec le président chinois, Xi Jinping, au cours de laquelle il a beaucoup été question des cyberattaques massivement lancées par la Chine contre les États-Unis – et les entreprises privées américaines (le préjudice est évalué à plusieurs milliards de dollars). Comment, dans ces conditions, Obama aurait-il pu convaincre son hôte d’y mettre un terme ? Xi n’a donc pas bougé d’un pouce sur ce dossier et s’est fait un malin plaisir de rappeler que les Américains menaient eux aussi une cyberguerre. Contre l’Iran et son programme nucléaire.

    L’homme à abattre

    Le visage d’Edward Snowden, 29 ans, fait la une de tous les journaux américains. Comme Bradley Manning, le soldat responsable de la divulgation de milliers de documents confidentiels et dont le procès vient de s’ouvrir, c’est un jeune homme frêle, geek jusqu’au bout des ongles, qui a fait le choix téméraire de partir seul en guerre contre son gouvernement.

    Les informations qu’il a rendues publiques ont permis d’ouvrir un débat utile, a reconnu Obama. Pourtant, Snowden, qui s’était réfugié à Hong Kong et est aujourd’hui introuvable, est bel et bien traité comme un criminel. Le département de la Justice vient d’annoncer l’ouverture de poursuites judiciaires contre lui.

    On sait peu de chose de lui. Sauf que c’est un enfant de divorcés, que son père est un ancien garde-côtes, et qu’il est plutôt républicain – tendance libertarienne, donc très hostile à l’État fédéral. En 2004, il a tenté de rejoindre l’armée, mais a dû y renoncer après s’être cassé les deux jambes lors d’un entraînement. Fou d’ordinateurs, il a occupé plusieurs postes dans le renseignement avant d’être recruté par un sous-traitant de la NSA, à Hawaii, pour la bagatelle de 200 000 dollars (146 000 euros) par an.

    Il a fait le choix de renoncer à ce train de vie confortable pour se rendre à Hong Kong et soulager sa conscience auprès de journalistes du Guardian. « Lorsque vous réalisez que ce que vous faites renforce l’oppression, cela vaut la peine de prendre des risques », dit-il. Pour Edward Snowden, une drôle de vie vient de commencer. Celle d’un fugitif. J-É.B.

    (Jeune Afrique)

  • Afrique du Sud : les nouvelles rassurantes de Mandela se succèdent

    Afrique du Sud : les nouvelles rassurantes de Mandela se succèdent

    madiba-L’ancien président sud-africain, Nelson Mandela “va très bien”, a déclaré sa fille Zenani, lundi17 juin, après une nouvelle visite à son chevet dans un hôpital à Pretoria.

    Après l’un de ses petits-fils, après le président Jacob Zuma, c’est au tour de la fille de Nelson Mandela de donner des nouvelles rassurantes de l’ancien président sud-africain, soigné depuis dix jours à 94 ans dans un état grave. « Il va très bien », a déclaré Zenani Mandela, lundi17 juin, au micro des reporters postés devant le Mediclinic Heart Hospital de Pretoria.

    Rentrée d’Argentine en début de semaine pour voir son père, Zenani a également lu plusieurs messages déposés par des anonymes devant l’entrée de l’hôpital dont les abords se sont progressivement ornés de bouquets, drapeaux, cartes de voeux et prières comme autant d’ex-voto. Une partie des fleurs et des petits mots rédigés à l’intention de « Tata » (papa) Mandela a ensuite été emportée à l’intérieur de la clinique, un signe qui indiquerait que le vieil homme irait mieux selon des photographes postés à l’extérieur de la clinique.

    Le président sud-africain, Jacob Zuma, avait déclaré, dimanche, que l’état de santé de Madiba, victime d’une infection pulmonaire à répétition, continuait de s’améliorer quoique toujours grave.

    “Gratitude”

    Lundi, Graça Machel, l’épouse du prix Nobel de la paix avec laquelle il s’est remarié en troisièmes noces en 1998, a brisé le silence pour remercier pour les innombrables messages de soutien reçus d’Afrique du Sud et du monde entier par lettres, SMS, téléphone, sur Twitter, Facebook, avec des fleurs ou par courriels.

    « Notre gratitude est difficile à exprimer. Mais l’amour et la paix que nous ressentons donne tout son sens à ce simple petit mot: “merci !” », a déclaré Graça, dans un communiqué. « Madiba a dit un jour : “Ce qui compte dans la vie, ce n’est pas tant d’avoir vécu mais la différence qu’on a fait pour la vie des autres”. Je pense à ces paroles à chaque instant où le monde se tient à ses côtés, faisant la différence pour lui, dans sa guérison », a-t-elle ajouté, sans évoquer la santé de son mari.

    Depuis l’hospitalisation en urgence de Nelson Mandela, le 6 juin, Graça Machel se fait très discrète. Elle s’était jusque-là exprimée une seule fois, le 15 avril, et n’était pas apparue en public. Les médias supposent qu’elle dort à la clinique et la visite régulière de sa fille Josina ainsi que les allées et venues des gardes du corps de Mme Machel ont accrédité cette possibilité.

    Graça Machel a été l’épouse d’un autre chef d’État, le président mozambicain Samora Machel dont elle porte toujours le nom, héros de l’indépendance décédé en 1986.

    (Avec AFP)

  • Mines de la RDC – le Rwanda et le Burundi au cœur de la mafia

    Mines de la RDC – le Rwanda et le Burundi au cœur de la mafia

    CONGO-DEMOCRATIC-Encore des preuves documentées. Des hauts gradés sont pris la main dans le sac dans le blanchiment de minerais de la maffia. Les circuits huilés de certification dans ces pays voisins sont transformés en véritable blanchisserie. De nouvelles recherches de Global Witness révèlent l’implication de militaires de haut rang dans le commerce de l’or dans l’Est du Congo. Ils sont Burundais, Congolais et Rwandais. Les exportations frauduleuses des tonnes d’or, du tantale et du tungstène font l’affaire des rebelles et officiers congolais, ainsi que des structures étatiques burundaises et rwandaises.

    On ne le dira jamais assez, la guerre qui frappe la République démocratique du Congo a comme soubassement, la prédation et le pillage des ressources naturelles, principalement les minerais. Le dernier rapport de Global Witness révèle le degré atteint par ces pratiques à la peau dure, en dépit de multiples dénonciations. Sans les nommer, le rapport dénonce des hauts gradés actifs dans ce commerce illicite des matières précieuses dans la partie orientale de la RDC.

    Bien que cités dans différents rapports, il est curieux de constater que les pays régulièrement nommés ne se gênent pas de poursuivre les actions de prédation. Global Witness évalue à des tonnes les cargaisons qui passent en contrebande des frontières congolaises vers les deux pays précités, à savoir le Burundi et encore et toujours le Rwanda. Ce qui ne peut se faire qu’avec la complicité des militaires congolais en pleine opération dans cette partie de la RDC. Ainsi, se comprend aisément les causes qui font perdurer indéfiniment la guerre. La situation de ni guerre, ni paix actuellement enregistrée avait été mise à profit par les maffieux de tous poils pour lessiver les richesses enfouies dans le sous-sol congolais.

    Plutôt que de combattre ces pratiques, il apparaît clairement que les deux pays voisins de la RDC ont brillé pendant la période d’investigations menées sur le terrain par Global Witness soit, en mars et avril, par un activisme débordant dans leur entreprise de prédation et de pillage. Global Witness a ainsi vu tout ce qui se tramait à travers les frontières entre ces deux pays et la Rd Congo.

    Le président de la République, lui-même, ne s’était pas privé de dénoncer publiquement l’existence d’un réseau ayant des ramifications tant au niveau local, provincial et central avec des acteurs aussi bien civils que militaires. Joseph Kabila avait vu juste en décidant, en son temps, de la suspension de toute exploitation des minerais dans cette partie du pays.

    Dans un communiqué rendu public par Global Witness, cette ONG internationale note : « Le lucratif commerce de l’étain, du tantale, du tungstène et de l’or de l’Est du Congo est contrôlé depuis près de quinze ans par des groupes armés violents et des factions de l’armée gouvernementale. Ces groupes utilisent les profits générés par le commerce des minerais pour financer leur lutte ». Halte à l’hypocrisie

    Les Etats-Unis et l’Europe ont mis en place des systèmes d’alerte en vue d’éradiquer ce commerce illicite des minerais. Mais des faiblesses apparaissent tout de suite. Les faits sont avérés. Ils ne relèvent plus du domaine de l’abstrait ou des allégations. Les puissances qui ont opté en faveur des mesures de traçabilité des minerais congolais, connaissaient pertinemment l’existence des circuits maffieux qui inondaient leurs marchés. Face à ces accusations, il est curieux de constater que des actions d’envergure tardent toujours à venir contre ces pays prédateurs.

    Les réseaux connectés de la RDC, du Burundi et du Rwanda seraient-ils aussi puissants au point de tromper de manière grossière la vigilance internationale ? Les puissances mondiales ne savaient-elles pas que ces deux pays, qui émettent des certifications des minerais ne se trouvant pas dans leurs sous-sols respectifs participent à une entreprise de prédation sur les minerais provenant du Congo-Kinshasa? Comment peut-on faire du Rwanda une blanchisserie et affirmer vouloir mettre un terme à la guerre et son cortège de malheurs ?

    L’hypocrisie n’a que trop duré pour les puissances planétaires qui refusent de voir ces actes flagrants que posent les pays voisins prédateurs. La voie de la raison est celle de ne plus accepter l’accès dans leurs territoires respectifs de ces minerais notoirement issus des conflits, mais blanchis au Rwanda et au Burundi, sans oublier l’Ouganda, même s’il n’est pas cité dans le présent rapport.

    (Le Potentiel)