Author: Don Kayembe

  • Au Cameroun, l’empereur de l’aviculture Jean Samuel Noutchogouin s’est éteint

    Au Cameroun, l’empereur de l’aviculture Jean Samuel Noutchogouin s’est éteint

    Le magnat camerounais de 85 ans est décédé le 11 janvier à Paris. Ce pionnier de l’industrie locale laisse un empire qui s’est fait une place forte dans l’élevage.

    Jean Samuel Noutchogouin, 85 ans, a rendu l’âme le 11 janvier à 5 heures, heure de Paris, à l’hôpital américain de Neuilly, où il avait été admis trois jours plus tôt.

    Dans « À la mesure de mes pas », son autobiographie parue en 2015, l’homme à la stature imposante et à la voix grave illustrait l’influence qu’il a eue sur ses compatriotes : « Du lever du jour au coucher du soleil, chaque Camerounais utilise un produit ou un service se rapportant à Jean Samuel Noutchogouin. En mangeant un œuf au petit déjeuner et en poursuivant à midi avec du poulet ou du porc, vous consommerez directement ou indirectement des produits de la Société des Provenderies du Cameroun (SPC). S’il n’utilise pas un rasoir Bic, il travaillera sans doute avec un stylo à bille de la même marque. En outre, il conduira certainement un véhicule de marques Toyota, Peugeot, Suzuki etc sorti d’un magasin de CFAO ».

    Le magazine Forbes le classait en 2015 au cinquième rang des plus grandes fortunes du Cameroun, évaluant ses actifs à 315 millions de dollars. Il figure parmi les pionniers de l’industrie locale, au même titre que Joseph Kadji Defosso, décédé le 23 août, Samuel Kouam, Fadil Abdoulaye Hassoumi ou encore Victor Fotso.

    De la banque à l’élevage

    Comme ce dernier, Jean Samuel Noutchogouin est originaire de Bandjoun, en pays bamiléké. C’est dans la ville voisine de Bafoussam qu’ adolescent, il se lance dans le commerce notamment de la ferraille, avant de migrer à Nkongsamba, dans la région du Littoral. Ce self-made-man, qui s’est tenu à l’écart de la politique – fait plutôt exceptionnel -, fait son entrée dans l’industrie à l’orée des années 80.

    Ses intérêts vont du plastique (Icrafon) à la banque (actionnaire de référence de Banque atlantique Cameroun et quelques parts à la Bicec), en passant par la distribution (CFAO), l’assurance (Atlantique assurance Cameroun) et l’immobilier.

    Mais c’est l’industrie de l’élevage, où il règne sans partage, qui lui a permis de bâtir sa réputation de magnat, avec un tryptique composé d’Agrocam (production de poussins d’un jour), de Belgocam (importation et commercialisation des intrants) et surtout de la SPC (alimentation du bétail, dont les produits rayonnent de Afrique centrale jusqu’au Soudan. « Je suis le seul à travailler sous une licence Lohmann », assurait-il.

    Très affecté par le décès il y a six ans de Jean Roger, son fils aîné qui devait reprendre les rênes, le tycoon travaillait depuis quelques années aux côtés de son cadet, Philippe.

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  • Burkina : le remaniement à la tête de l’armée, une nouvelle étape dans la lutte antiterroriste ?

    Burkina : le remaniement à la tête de l’armée, une nouvelle étape dans la lutte antiterroriste ?

    Le président Roch Marc Christian Kaboré a mis fin le 10 janvier aux fonctions du général Oumarou Sadou, chef d’état-major général des armées. Remplacé par le général de brigade Moïse Minoungou, ce dernier devra placer la lutte antiterroriste au cœur des priorités.

    Le général Oumarou Sadou n’est plus le chef d’état-major général des armées burkinabè. Dans un décret publié le 10 janvier, le président Roch Marc Christian Kaboré a mis fin à ses fonctions, le remplaçant par le colonel major Moïse Minoungou, qui officiait jusque ici comme commandant du groupement central des armées. Il a, par la même occasion, été promu au grade de général de brigade.

    Natif de Ouagadougou en 1960, ce spécialiste des armes lourdes à été formé à l’École d’application d’artillerie de Draguignan, en France. Le général Minoungou a aussi suivi son cours supérieur d’état-major à l’École d’état-major de Koulikoro au Mali, puis celui de défense au Collège royal de l’enseignement militaire supérieur à Kenitra, au Maroc. Il commandait depuis mai 2017 le groupement central des armées, logé au Camp Ouédraogo à Ouagadougou jusqu’à sa nomination aux commandes de l’armée. « Il [Moïse Minoungou, ndlr] a un sens élevé de l’écoute, même s’il n’a pas commandé sur le terrain », glisse à Jeune Afrique un officier burkinabè, sous couvert de l’anonymat.

    Des compétences

    « À mon avis, il est compétent pour occuper ce poste. C’est un officier supérieur d’une probité exemplaire qui se préoccupe des problèmes des subordonnés. Minoungou est véridique et très professionnel », renchérit un haut gradé.

    « Ce réaménagement était nécessaire dans la mesure où le pays prend la présidence du G5 Sahel. De fait, il sera amené à être le centre de l’élaboration de la stratégie de lutte contre les groupes terroristes qui sévissent dans la région », déclare à Jeune Afrique une source diplomatique sous couvert d’anonymat.

    « C’est un pas nouveau, on prend acte. Nous allons le juger à l’action sur le terrain », commente brièvement Mathias Tankoano, leader du mouvement M21. La société civile espérait plutôt de grands chamboulements au ministère de la Défense, argue-t-il.

    La lutte antiterroriste au cœur des priorités

    Le général Oumarou Sadou paie-t-il les frais de la recrudescence des attaques contre les forces de défense et de sécurité qui ont fait 270 morts ces derniers mois ? Quoi qu’il en soit, Moïse Minoungou devra placer la lutte antiterroriste au cœur des priorités. « Je pense effectivement que le départ du général est dû en partie à un manque de résultats mais est-ce que cette nomination réglera la question des terroristes ? Je ne sais pas », explique notre source militaire.

    Pour cela, plusieurs défis l’attendent comme l’adoption d’une stratégie militaire pour venir à bout des terroristes qui parcourent le nord et surtout le nouveau front de l’est du pays. « On ne voyait pas une tactique claire de l’armée pour combattre les terroristes. Pour gagner ce pari, le nouveau chef d’état-major général des armées devra surtout endiguer la crise de commandement alimentée par les élites militaires au sein de l’armée », souligne Dr Seydou Ra-Sablga Ouédraogo, chercheur et directeur de l’institut Free Afrik.


    >>> À LIRE – Burkina : un nouveau front à l’Est


    Enfin, Moïse Minoungou devra engager les réformes juridiques visant à doter l’armée de forces ou unités spéciales antiterroristes capables d’opérer à l’intérieur du territoire national.

    Alors que l’état d’urgence vient d’être prolongé par le chef de l’État, les attaques visant les forces de sécurité et de défense ainsi que les symboles de l’État se sont multipliées au cours des derniers mois et s’étendent à de nouvelles régions du pays. Dernier épisode tragique en date, l’attaque de Toeni dans la Boucle du Mouhoun au nord-ouest du pays qui a fait fin décembre dix tués dans les rangs de la gendarmerie.

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  • Présidentielle en RDC : Martin Fayulu revendique la victoire et compte saisir la Cour constitutionnelle

    Présidentielle en RDC : Martin Fayulu revendique la victoire et compte saisir la Cour constitutionnelle

    Le candidat de la coalition Lamuka, arrivé deuxième derrière Félix Tshisekedi, selon les résultats provisoires proclamés par la Ceni, a annoncé qu’il allait déposer un recours devant la Cour constitutionnelle pour contester ces résultats.

    Martin Fayulu a fait cette annonce vendredi en milieu d’après-midi, face à une foule de militants rassemblés au siège du Mouvement de libération du Congo (MLC, le mouvement de Jean-Pierre Bemba, soutien de Fayulu) à Kinshasa. « Nous irons demain samedi à la Cour constitutionnelle » pour exiger « le recomptage des voix », a-t-il déclaré.

    « Il s’agit d’une requête en révision de la décision de la Commission électorale nationale indépendante », a confirmé à Jeune Afrique Me Albert Fabrice Puela, député de Matadi et l’un des bras droits de Martin Fayulu. « Notre candidat va attaquer la Ceni devant la Cour constitutionnelle pour irrégularité fragrante et altération de la vérité », a précisé Albert Fabrice Puela qui a participé à la rédaction du dossier de recours.

    Lamuka revendique 61% pour Fayulu

    La coalition Lamuka (Réveille toi, en lingala) revendique par ailleurs la victoire de Martin Fayulu à l’élection présidentielle du 30 décembre dernier. Selon les chiffres de Lamuka, ce dernier aurait recueilli 61 % des suffrages, contre 18,8 % pour Félix Tshisekedi et 18,8 % pour Emmanuel Ramazani Shadary.


    >>> À LIRE – Présidentielle en RDC : joie et contestations après l’élection de Félix Tshisekedi


    Dans la nuit du 9 au 10 janvier, Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de la présidentielle par la Ceni, avec 38,57 % des suffrages exprimés. Des chiffres qui donnent Martin Fayulu en seconde position, avec 34,83 %, devant Emmanuel Ramazani Shadary (23,84 %).

    Martin Fayulu a par ailleurs appelé ses militants à l’accompagner lors du dépôt de son recours devant la Cour constitutionnelle. Suivant la législation congolaise, les candidats avaient deux jours à partir de la publication des résultats provisoires pour saisir les juges constitutionnels. « Pour se mettre à l’abri, notre requête va être déposée aujourd’hui même – si elle ne l’a pas déjà été, a poursuivi le député Puela. D’autant que la décision de la Ceni date du 9 janvier, mais elle a été publiée le 10 à 3 heures du matin. »

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  • [2018 à la Bourse – 5/6] – L'” annus horribilis ” du Nairobi Securities Exchange

    [2018 à la Bourse – 5/6] – L’” annus horribilis ” du Nairobi Securities Exchange

    Casablanca, Abidjan, Lagos… En ce début de 2019, Jeune Afrique dresse le bilan de l’année écoulée dans les principales places financières du continent. Au Kenya, la Bourse termine dans le rouge sans avoir connu d’opération majeure.

    À la bourse de Nairobi, l’indice NSE 20 a chuté de 23,66 % au cours de l’année 2018 en tombant fin décembre à 2833,84 points, tandis que le All Share terminait 2018 à son niveau le plus bas depuis 19 mois, ayant perdu 18,8 % en un an.

    Selon le quotidien Daily Nation, la valeur des société listées en bourse a également chuté d’environ 2,5 milliards de dollars en 2017 à 2,1 milliards de dollars le 31 décembre 2018, ce qui représente une chute de 17 %, comparé à un gain de 32 % en 2017. Ce bilan sombre peut être expliqué par une combinaison de facteurs internationaux et locaux.

    Retrait des liquidités en dollars

    D’abord avec un environnement économique international peu favorable qui a vu le retrait des liquidités en dollars dans les marchés émergents. « Les investisseurs étrangers détenant plus de 50 % de la NSE, la tendance de l’année a été à la vente » note l’analyste Aly Khan Satchu. L’économiste dénonce également une mauvaise gestion des entreprises parapubliques au Kenya, faisant fuir les investisseurs. Le secteur bancaire est quant à lui en difficulté depuis que le gouvernement a mis en place en 2016 un décret plafonnant les taux d’intérêts bancaires.


    >>> À LIRE : Kenya : pourquoi le gouvernement plafonne les taux d’intérêts bancaires


    Les principales entreprises listées en bourse ont donc connu une année morose. Kenya Power et ARM Cement ont vu leur valeur baisser de plus de 50 % en 2018 tandis que Safaricom, qui représente à lui seul plus de 40 % de la capitalisation boursière à la NSE, a chuté de 17 %. Seul le pétrolier Kenol Kobil sort du lot, avec une hausse de 30 % en 2018, en partie liée à l’offre de reprise de Rubis.

    Si les difficultés vont sûrement perdurer en 2019, Eric Musau, directeur de la recherche à la Standard Investment Bank se veut optimiste. « Nous commençons à noter des évaluations attractives, surtout du point de vue des dividendes, ce qui peut attirer des chasseurs de bonnes affaires sur le marché » assure-t-il.  Les résultats de la NSE ne se reflètent en tout cas pas sur l’économie du pays, qui connaît une croissance annuelle du PIB à 6 %, ce qui soutient le shilling kényan.

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  • Tennis: Andy Murray envisage d’arrêter cette année

    Tennis: Andy Murray envisage d’arrêter cette année

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    Le Britannique âgé de 31 ans affirme que les Internationaux d’Australie prévus la semaine prochaine pourraient être le dernier tournoi de sa carrière.

    “Il est possible que l’Open d’Australie soit mon dernier tournoi”, a-t-il déclaré en larmes, deux jours avant le début du Grand Chelem de Melbourne.

    Andy Murray, devenu en 2013 le premier Britannique vainqueur du tournoi de Wimbleton depuis 77 ans, est victime d’incessantes douleurs à la hanche.

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    “Je peux jouer en étant physiquement limité. Mais ces limites et la douleur ne me permettent pas de prendre du plaisir en compétition ou à l’entraînement”, a-t-il déclaré.

    “J’ai fait à peu près tout ce que je pouvais pour essayer que ma hanche aille mieux et ça n’a pas beaucoup aidé”, a regretté Murray, faisant allusion à une intervention chirurgicale début 2018, qui l’a éloigné des courts jusqu’en juin.

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    Murray a remporté trois tournois du Grand Chelem, a été numéro un mondial et double champion olympique.

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    Andy Murray a été “un champion sûr”, a déclaré la légende américaine du tennis, Billie Jean King, après que le Britannique a révélé son intention de prendre sa retraite cette année.

    “Désolé que vous ne puissiez pas prendre votre retraite à vos propres conditions”, a ajouté King, vainqueur du Grand Chelem.

    Kyle Edmund, le remplaçant de Murray en tant que numéro un masculin britannique, estime que son compatriote “est peut-être le plus grand sportif britannique de tous les temps”.

    Johanna Konta, numéro un du tennis féminin britannique, a déclaré qu’elle ne pouvait “pas imaginer ce sport sans lui”.

    D’autres joueurs, dont l’Australien Nick Kyrgios, proche ami de Murray, et le Sud-Africain Kevin Anderson, finaliste à Wimbledon, ont également parlé de leur admiration pour le joueur britannique.

    “Mes pensées vont à @andy_murray et j’espère vraiment que nous continuerons à vous voir vous battre sur le terrain pour que vous puissiez prendre votre retraite selon vos propres conditions. Guérissez vite…. Le tennis, c’est mieux avec vous”, écrit Anderson sur Twitter.

    Quelques repères d’Andy Murray:

    • Taille: 1,90 m
    • Poids: 84 kg
    • Palmarès: 45 tournois gagnés
    • Première place mondiale
    • Grand Chelem: 3 titres (US Open 2012, Wimbledon 2013, Wimbledon 2016)
    • Huit finales: Wimbledon 2012, Open d’Australie 2010, 2011, 2013, 2015 et 2016, US Open 2008, Roland-Garros 2016
    • Masters: 1 (2016)
    • Jeux Olympiques: 1 médaille d’or (2012)
    • Coupe Davis: 1 (2015).

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  • Burundi : des ONG ferment leurs portes refusant de franchir ” la ligne rouge ” du fichage ethnique

    Burundi : des ONG ferment leurs portes refusant de franchir ” la ligne rouge ” du fichage ethnique

    L’ONG française Handicap International a annoncé le 7 janvier la fermeture de son programme au Burundi, disant refuser de se conformer au fichage ethnique imposé par la nouvelle loi burundaise. D’autres organisations, toujours en négociations avec les autorités burundaises, pourraient également se retirer du pays.

    Présente depuis 1992 sur le territoire burundais, Handicap International (HI) a annoncé la fin de ses activités dans un communiqué publié le 7 janvier. Les raisons invoquées sont claires : « l’obligation d’établir la composition ethnique de son personnel et de communiquer ces informations aux autorités constitue une ligne rouge » que Handicap International ne souhaite pas franchir.

    Le 27 septembre, le président Pierre Nkurunziza avait annoncé la suspension pour trois mois – à compter d’octobre – de toutes les ONG étrangères (ONGE), qui avaient jusqu’au 31 décembre pour se conformer à la nouvelle loi burundaise, adoptée en janvier 2017, qui inclut notamment un strict contrôle de leurs finances et des frais administratifs. Mais le point le plus clivant se situe dans l’article 18 de ladite loi, qui prévoit que « le recrutement du personnel local doit se faire dans le respect des équilibres ethniques disposés dans la Constitution ».

    Ultimatum

    Les ONG étrangères sont donc poussées par le gouvernement à appliquer le principe des quotas ethniques, à savoir l’emploi de 60% au plus de Hutu et de 40% au plus de Tutsi. Présent dans la Constitution du 18 mars 2005, instaurée au sortir de la guerre civile, ces quotas étaient également appliqués au Parlement, au gouvernement ou encore dans l’administration, et avaient été étendus à d’autres domaines comme la magistrature et les sociétés publiques lors du référendum constitutionnel controversé du 17 mai 2018. Depuis 2015, beaucoup d’observateurs accusent Pierre Nkurunziza d’attiser les tensions ethniques au Burundi, comme avec la réouverture fin novembre du dossier concernant l’assassinat du premier président hutu démocratiquement élu, Melchior Ndadaye.


    >>> À LIRE – Burundi – Pierre Buyoya : « Je suis considéré comme l’ennemi numéro 1 du régime Nkurunziza »


    À partir de l’ultimatum du président en septembre dernier, les ONG devaient fournir au ministère de l’Intérieur, en charge du renouvellement de leur accréditation, une convention de partenariat avec le ministère des Relations extérieures, un protocole d’accord avec le ministère de la Justice, un engagement à respecter les lois bancaires et la loi sur les ONGE et, surtout, un plan d’action pour mettre en place des mesures de recrutement visant à atteindre ces quotas pour leur personnel.

    D’autres ONG avant Handicap International ont refusé de se conformer à ces dispositions. Les Belges d’Avocats Sans Frontières ont annoncé la fermeture de leur bureau dès le 17 décembre, estimant que les prérequis du gouvernement pour aboutir à la levée de la suspension était « contraire au fondement même de notre organisation et à ses valeurs ». RCN Justice & Démocratie, présente depuis dix-huit ans au Burundi et active notamment dans la formation de magistrats, a également annoncé la clôture de son programme à Bujumbura dans une lettre adressée au ministre des Affaires étrangères, le 5 janvier.

    « Nous avons présenté une autre alternative au gouvernement qui consistait à s’ouvrir à tous les groupes sous-représentés, sans mentionner d’ethnies. On nous a répondu qu’il fallait mettre en place un plan d’application de ces quotas, ce qui consistait à demander aux employés leur ethnie. C’est une ligne rouge que nous ne pouvions pas franchir », explique à Jeune Afrique Malik Ayari, qui dirigeait le programme de RCN Justice & Démocratie au Burundi. D’autres organisations pourraient suivre le pas dans les prochains jours.

    « Nous n’avons pas le choix »

    Médecins sans frontières (MSF) compte parmi les ONG en attente du renouvellement de leur autorisation. « MSF n’a pas reçu de confirmation de son réenregistrement au Burundi. Nous continuons toutefois l’offre de soins médicaux gratuits à Bujumbura et poursuivons les discussions avec les autorités afin de garantir la continuation de nos activités médicales dans le pays », a précisé l’ONG sur Twitter.

    Selon une source humanitaire dont l’ONG n’est toujours pas autorisée à poursuivre ses activités au Burundi, « des négociations sont en cours avec les autorités burundaises. » « Une trentaine d’ONG pourraient suivre et fermer définitivement leur bureau. Nous craignons que ça aille jusque-là mais nous n’avons pas le choix », ajoute cette source. Très peu d’ONG contactées par Jeune Afrique ont souhaité s’exprimer sur le sujet.

    De leur côté, les autorités n’ont pas l’intention de négocier et avaient à ce titre précisé que les ONG qui ne se plieraient pas à ces règles seraient « définitivement radiées ». « Le Burundi a besoin des ONG si et seulement si ces dernières s’engagent constamment à respecter la loi. Toutes les ONG sont libres de rester ou partir. D’autres ONG respectueuses de la législation en vigueur vont certainement combler « le vide » que Handicap International laisse », a commenté auprès de Jeune Afrique Jean-Claude Karerwa, le porte-parole de la présidence.

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  • Côte d’Ivoire : un avis de recherche lancé contre Alain Lobognon, un député proche de Guillaume Soro

    Côte d’Ivoire : un avis de recherche lancé contre Alain Lobognon, un député proche de Guillaume Soro

    L’avis de recherche a été émis le 11 janvier dans le cadre d’une enquête pour divulgation de fausses nouvelles. Alain Lobognon a affirmé la veille que Richard Adou, le procureur de la République, avait ordonné l’arrestation de Jacques Ehouo, inculpé par la police économique.

    Alain Lobognon n’a pas tardé à réagir à l’avis de recherche lancé par le procureur de la République le vendredi 11 janvier. Richard Adou a en effet annoncé avoir ouvert une procédure de flagrant délit des faits de divulgation de fausses nouvelles et incitation à la violence. « J’ai donc instruit la section de recherche de la gendarmerie nationale, à l’effet de rechercher et d’appréhender l’intéressé ».

    Le député proche de Guillaume Soro a immédiatement répondu qu’il allait se « présenter devant la brigade de gendarmerie pour prouver que je ne suis nullement responsable des faits qui me sont reprochés. Il s’agit de faire respecter la Constitution ». « Nous sommes tous des prisonniers en sursis. Le procureur de la République vient de me donner raison. J’irai sans contrainte. Les Ivoiriens doivent savoir que la défense des libertés citoyennes est un combat continu que j’ai débuté en 1994. Je n’ai pas peur », a poursuivi l’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports.

    Arrestation de Jacques Ehouo

    Le procureur reproche à ce proche du président de l’Assemblée nationale d’avoir annoncé le 9 janvier sur les réseaux sociaux que le parquet avait émis un mandat d’arrêt contre Jacques Ehouo, lui aussi député. « Le procureur a ordonné l’arrestation de notre collègue », avait-il notamment affirmé. Une information immédiatement démentie par Richard Adou.


    >>> À LIRE – Côte d’Ivoire : le vainqueur de l’élection municipale du Plateau, Jacques Ehouo, inculpé


    Convoqué par la police économique, le vainqueur de l’élection municipale du Plateau a finalement été inculpé le 10 janvier dans la soirée, sans mandat de dépôt, pour détournement, blanchiment, faux et usage de faux.

    Bien qu’Alain Lobognon soit protégé par son immunité parlementaire, le procureur estime qu’il peut être appréhendé pour avoir commis un flagrant délit.

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  • Crise anglophone au Cameroun : la nationalité des leaders séparatistes arrêtés débattue au tribunal

    Crise anglophone au Cameroun : la nationalité des leaders séparatistes arrêtés débattue au tribunal

    Les leaders de l’autoproclamée république d’Ambazonie arrêtés au Nigeria le 5 janvier 2018 ont pris part à la deuxième audience dans l’affaire qui les oppose à l’État du Cameroun. Leur procès, marqué par un débat houleux sur leur nationalité, a été renvoyé au 7 février.

    La tension est montée d’un cran le jeudi 10 janvier au tribunal militaire de Yaoundé, lors de la deuxième audience publique dans l’affaire Sisiku Julius Ayuk Tabe et les autres cadres du mouvement séparatiste contre le ministère public du Cameroun. À l’origine de cette ambiance électrique qui a plusieurs fois tourné aux altercations entre avocats, un débat sur la nationalité des accusés. Car lors de leur présentation à la cour, ils ont tous renié la citoyenneté camerounaise.

    « Je ne suis pas Camerounais, je suis un citoyen de l’ancien Southern Cameroons britannique, également connu sous le nom d’ “Ambazonie” », a ainsi affirmé Sisiku Julius Ayuk Tabe, le président de l’autoproclamée « république d’Ambazonie », ouvrant le bal à ses neuf coaccusés qui lui ont tous emboîté le pas. Une position ferme, qui a amené l’important collège de la défense – composé de près d’une cinquantaine d’avocats dont trois anciens bâtonniers du barreau – à soulever une objection préliminaire.

    Sisiku Julius Ayuk Tabe avait été arrêté le 5 janvier dans un hôtel d’Abuja en compagnie de neuf autres cadres de son mouvement, alors qu’il présidait une réunion consacrée à la « crise des réfugiés » issus du Cameroun anglophone au Nigeria.


    >>> À LIRE – Cameroun : Julius Sisiku Ayuk Tabe leader séparatiste déjà déchu ?


    Demande de suspension d’audience

    La défense des leaders ambazoniens a ainsi demandé une suspension d’audience, afin d’établir la nationalité des accusés. « Le tribunal militaire n’est pas compétent pour juger ces personnes en l’état, en raison des questions que soulève leur nationalité », a lancé Me Patrick Yong, évoquant l’article 41 du code de la nationalité camerounaise qui déclare les juridictions civiles compétentes pour ces cas. « Il faut déterminer de quelles nationalités sont les accusés avant de les juger. Ils doivent être renvoyés vers le Nigeria, leur lieu de résidence, pour traiter de cette affaire conformément à l’article 42 du code de la nationalité », a renchéri Me Eya Peter.

    Seul le certificat de nationalité fait foi, dit la loi, or vous n’avez pas présenté ces documents ici

    Pour la partie civile cependant, des documents attestant que les accusés sont bel et bien camerounais existent. « Nous disposons des preuves qu’ils sont Camerounais. Nous avons leurs cartes nationales d’identité et leurs passeports. Certains parmi eux ont été des fonctionnaires au Cameroun donc des employés de l’État, et vous nous dites qu’ils ne sont pas Camerounais ? », a interjeté le commissaire du gouvernement.

    « Ni le passeport ni la carte nationale d’identité ne prouve la nationalité de quelqu’un, seul le certificat de nationalité fait foi, dit la loi, or vous n’avez pas présenté ces documents ici », a immédiatement répliqué Me Akere Muna.

    Nous avons les preuves que nous sommes réfugiés, donnez-nous juste la possibilité de les produire

    Audience renvoyée au 7 février

    À 19 h 25, après plusieurs heures d’échanges d’arguments, le président du tribunal, le colonel Mem Michel, a été contraint d’ordonner une pause, afin de calmer les esprits qui commençaient à s’échauffer. À la reprise, le statut de réfugiés de certains des accusés a également été évoqué.

    « Le commissaire du gouvernement nous demande de produire des documents qui prouvent que nous ne sommes pas Camerounais et que nous étions réfugiés au Nigeria. Depuis le 5 janvier que nous avons été kidnappés à Abuja, nos pièces ont été saisies et nous sommes gardés au secret sans contact avec qui que ce soit. Nous avons les preuves que nous sommes réfugiés, donnez-nous juste la possibilité de les produire », a plaidé Elia Eyambe Ebai, l’un des dix accusés du jour.

    Vers 21 h 30, après une énième concertation avec ses assesseurs, le président du tribunal a finalement reporté l’audience au 7 février, afin de donner du temps aux deux parties de présenter les pièces prouvant la nationalité camerounaise des accusés d’une part, et leur statut de réfugiés d’autre part.


    >>> A LIRE – Cameroun : Biya contre les Ambazones


    La garde présidentielle nigériane impliquée ?

    L’audience du 10 janvier a également été l’occasion d’en savoir davantage sur les conditions d’arrestation de Sisiku Julius Ayuk Tabe et de ses coaccusés au Nigeria. Au cours des débats, l’avocat nigérian Abdoul Orock a ainsi révélé que des sources au département de la Sécurité de l’État nigérian lui ont confié que l’opération avait été menée par les soldats de la garde présidentielle nigériane, sans l’intervention des autres services de sécurité de l’État nigérian.

    Selon le même avocat, prés de 210 000 Camerounais seraient actuellement réfugiés dans son pays, parmi lesquels seuls 30 000 d’entre eux ont pu être enregistrés par les organisations de l’ONU en charge des réfugiés.

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  • Laaziz El Kadiri (CGEM) : ” Pourquoi ne pas imposer une préférence continentale pour le financement des grands projets ? “

    Laaziz El Kadiri (CGEM) : ” Pourquoi ne pas imposer une préférence continentale pour le financement des grands projets ? “

    Laaziz El Kadiri, le « Monsieur Afrique » de l’organisation patronale marocaine, prépare actuellement un guide d’investissement qui couvre l’ensemble du continent. Une manière d’encourager les entreprises à dépasser les frontières du royaume.

    Nommé en juillet à la tête de la commission diplomatie économique, Afrique et Sud-Sud, Laaziz  El Kadiri est devenu le « Monsieur Afrique » de Salaheddine Mezouar. Après avoir sillonné une partie du continent, il a pour mission d’accélérer les investissements marocains sur le continent, selon un plan de bataille centré sur les PME. Rencontre.

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  • L’ADN de Ronaldo demandé pour une affaire de viol présumé

    L’ADN de Ronaldo demandé pour une affaire de viol présumé

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    La police de Las Vegas a introduit une demande auprès des autorités italiennes pour prélever l’ADN de Cristiano Ronaldo.

    Elle annonce avoir rouvert l’enquête sur l’accusation de viol à l’encontre de la star portugaise de la Juventus de Turin , le quintuple Ballon d’Or France Football, selon une information du journal américain “Wall Street Journal” reprise par plusieurs médias.

    Dans un message posté sur les réseaux sociaux, Ronaldo déclare avoir la “conscience tranquille” sur cette affaire. Il a toujours nié les accusations de viol dont il fait l’objet à Las Vegas.

    “Je démens fermement les accusations dont je fais l’objet. Le viol est un crime abominable qui va totalement à l’encontre de ce que je suis et de ce à quoi je crois”, a-t-il écrit.

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    Accusé de viol, Ronaldo parle de “fausses nouvelles”

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    Les enquêteurs américains veulent savoir si l’ADN correspond à celui trouvé sur une robe portée à l’époque des faits par la plaignante.

    Kathryn Mayorga, une Américaine de 34 ans, affirme dans une plainte déposée dans l’État du Nevada que le footballeur portugais l’vait sodomisée de force, le 13 juin 2009.

    Selon elle, les faits ont eu lieu dans une chambre d’hôtel de Las Vegas. Les avocats de Kathryn Mayorga ont annoncé la tenue d’une conférence de presse, mercredi.

    Le dossier a été rouvert en septembre dernier, après que Kathryn Mayorga a intenté une action en justice. Elle affirme que Ronaldo lui avait versé 375.000 dollars pour qu’elle garde le silence.

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    “M. Ronaldo a toujours soutenu, comme il le fait aujourd’hui, que ce qui s’est passé à Las Vegas en 2009 était de nature consensuelle, il n’est donc pas surprenant qu’il y ait son ADN, ni que la police fasse cette demande très standard dans le cadre de son enquête”, a déclaré à la BBC l’avocat du joueur, Peter Christiansen.

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