Author: Don Kayembe

  • [2018 à la Bourse – 6/6] La pire performance de la Bourse de Johannesburg depuis dix ans

    [2018 à la Bourse – 6/6] La pire performance de la Bourse de Johannesburg depuis dix ans

    Casablanca, Abidjan, Lagos… En ce début de 2019, Jeune Afrique dresse le bilan de l’année écoulée dans les principales places financières du continent. En Afrique du Sud, l’indice principal de la Bourse de Johannesburg a reculé de 11,4 % sur fond de montée des tensions économiques à l’échelle mondiale.

    L’indice principal de la Bourse sud-africaine, le Johannesburg Stock Exchange (JSE) All Share Index, a reculé de 11,4 % en 2018, sa pire performance depuis 2008. L’indicateur avait connu une augmentation de 17,5 % en 2017.

    Le JSE All Share Index a pâti cette année des inquiétudes des investisseurs quant à la hausse des taux d’intérêts américains, aux tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis et au ralentissement de la croissance mondiale. En 2008, l’année du déclenchement de la crise financière mondiale avec la faillite de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, la Bourse de Johannesburg avait reculé de 27 %.

    Bonne performance des sociétés minières

    L’action qui a connu la plus forte progression est celle de l’entreprise Montauk Holdings, filiale d’une société américaine spécialisée dans la captation du méthane des sites d’enfouissement de déchets, avec une augmentation de 55 %.

    Suivent ensuite les sociétés Anglo American Platinum (production de platine) et Altron (télécoms et informatique), avec une hausse respective de 54 % et de 51 %. À noter également, la bonne performance de la société aurifère AngloGold Ashanti (+41 %) et de l’opérateur mobile Telkom (+35 %).

    Steinhoff et Aspen en recul

    Se distinguent à la baisse les titres de l’entreprise de santé Ascendis Health (-76 %), ainsi que ceux des groupes immobiliers Rebosis Property Fund (-72 %) et Fortress Reit (-65 %).

    Dans les plus fortes baisses de l’année figurent également Steinhoff (-66 %), dans la tourmente depuis le départ de directeur général Markus Jooste à la fin 2017, et Aspen (-51 %), qui a cédé en 2018 sa division nutrition infantile à Lactalis.

    Parmi les opérations qui ont marqué le Johannesburg Stock Exchange en 2018, figurent les entrées en bourse du distributeur Libstar et du pétrolier Vivo Energy en mai, du transporteur Grindrod Shipping en juin et du concessionnaire Motus Holdings.

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  • Paris a besoin de ses étudiants africains

    Paris a besoin de ses étudiants africains

    Pour l’enseignant universitaire Benaouda Lebdai, la décision de la France d’augmenter les frais de scolarité pour les étudiants étrangers revient à renoncer à la franco­phonie.

    Brutale, prise sans concertation, sans débat avec les universités, l’annonce a créé le désarroi, le mécontentement, la colère en Afrique, du Nord au Sud : le gouvernement français veut augmenter les frais d’inscription dans ses universités pour les étudiants étrangers non européens – aujourd’hui au nombre de 324 000. Les tarifs passeraient ainsi de 170 à 2 770 euros par an pour les inscriptions en licence et de 243 et 380 à 3 770 euros par an pour celles en master et en doctorat. En annonçant une telle hausse exponentielle, prohibitive et soudaine, applicable dès la rentrée prochaine, le gouvernement trahit les racines mêmes de la tradition républicaine française, qui est de permettre à tous et à toutes d’étudier et de réussir sans être issus de classes privilégiées. Et elle place un nombre considérable d’étudiants du continent qui sont venus en confiance en France dans une situation inextricable : engagés dans un cursus sur plusieurs années, ils pourraient se trouver, du jour au lendemain, contraints de devoir l’interrompre.


    >>> À LIRE – Étudiants étrangers en France : « L’augmentation des frais va nous transformer en clandestins »


    Le contexte de cette annonce par le Premier ministre, Édouard Philippe, est doublement ironique : celle-ci s’inscrit dans le cadre d’un plan baptisé « Bienvenue en France – Choose me », destiné à renforcer la « stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux », avec l’objectif d’en accueillir 500 000 à l’horizon 2027. Et elle a été faite lors des « Rencontres universitaires de la francophonie », qui se sont tenues du 19 au 21 novembre à Paris.

    À contre-courant de la francophonie

    En réalité, la France renonce à la franco­phonie et agit très directement contre elle. Elle veut avant tout attirer des étudiants anglophones et renonce à ce que ses universités continuent à jouer un rôle dans la formation de la jeunesse des grandes nations africaines. Une telle hausse laisse en effet sur le bord du chemin des étudiants brillants qui ne bénéficient pas de bourse mais comptent sur leurs économies, leurs sacrifices et leur détermination. En majorité algériens, sénégalais, maliens et camerounais, ces jeunes sont pourtant les plus motivés : ils savent se battre et se frotter à la difficulté de la vie. Et ils sont aujourd’hui les meilleurs ambassadeurs de la langue et de la culture française en Afrique. En tant que professeur des universités, je peux témoigner de leur volonté de travailler dur et de réussir vite. Ils sont ceux qui soutiennent leur thèse dans les délais, en français ; ils maîtrisent généralement cette langue, qu’ils défendent quel que soit le lieu où ils entament leur carrière.

    Quand on sait les guerres linguistiques et l’impact grandissant de la langue anglaise sur le continent, la présence de plus en plus significative de la Chine avec l’ouverture des instituts Confucius à titre gratuit dans les grandes villes, sans compter l’attractivité croissante des universités sud-africaines, Paris fait sans aucun doute un mauvais calcul… C’est la gratuité républicaine des études en France qui contribue à leur attrait et qui permet à la langue de Molière de conserver son statut de langue internationale. Sur le plan de la qualité d’accueil et de la vie estudiantine, les campus de l’Hexagone ne peuvent d’ailleurs pas rivaliser avec ceux de Grande-Bretagne ou des États-Unis. Face aux critiques, le gouvernement français met en avant la mise en place de bourses d’excellence pour les Africains. Mais cet argument laisse perplexe, dans la mesure où l’augmentation des frais d’inscription a été présentée comme un moyen de financer la modernisation des facultés.


    >>> À LIRE – Ces étudiants africains qui choisissent l’Inde


    Les présidents d’université eux-mêmes savent que cette mesure serait contre-productive. Aujourd’hui, à travers toute la France, des motions sont mises en place pour le dire haut et fort. Cela va à l’encontre d’une université française républicaine, dans le sens social et équitable du terme, surtout envers l’Afrique.

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  • Martin Fayulu va saisir la Cour constitutionnelle pour un recomptage des voix

    Martin Fayulu va saisir la Cour constitutionnelle pour un recomptage des voix

    “Nous irons demain samedi à la Cour constitutionnelle pour exiger le recomptage des voix”, a déclaré M. Fayulu lors d’un meeting tenu ce vendredi devant ses partisans à Kinshasa. Son camp a par ailleurs revendiqué la victoire avec 61% des suffrages du scrutin du 30 décembre.

    Jeudi, la Commission électorale (Céni) a proclamé la victoire de l’autre opposant Félix Tshisekedi avec 38,57%, devant Martin Fayulu (34,8%) et le candidat du pouvoir Emmanuel Ramazani Shadary (23,8%). 

    Si la Cour constitutionnelle confirme ces résultats, c’est donc Félix Tshisekedi, 55 ans, fils de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, qui doit succéder à Joseph Kabila, 47 ans, au pouvoir depuis l’assassinat de son père en 2001, élu en 2006 et réélu en 2011 lors d’un scrutin entaché de fraudes massives.

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    Mobilisation des partisans de Martin Fayulu

     

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  • Grand invité de l’Économie RFI/Jeune Afrique – Al Kitenge : ” Même un prestidigitateur ne pourrait pas gérer la RDC avec un budget de 5 milliards de dollars “

    Grand invité de l’Économie RFI/Jeune Afrique – Al Kitenge : ” Même un prestidigitateur ne pourrait pas gérer la RDC avec un budget de 5 milliards de dollars “

    Al Kitenge, entrepreneur, consultant et économiste, est le Grand Invité de l’économie RFI-Jeune Afrique, samedi 12 janvier 2019 sur RFI, à 12 h 10 heure de Paris, 10 h 10 TU.

    Formé à l’école polytechnique de Lubumbashi, Al Kitenge a fait une première carrière d’ingénieur chimiste au sein de la multinationale Unilever en Afrique et en Europe. Puis grâce à ses compétences en économie et en organisation, il s’est orienté vers le consulting et le soutien à l’innovation.

    L’entrepreneur qui partage son temps entre Londres et Kinshasa, entend désormais consacrer ses compétences au développement du secteur de l’économie solidaire, persuadé que les conditions de vie des populations ne sont pas assez prises en compte dans les projets de développement prônés par les États et les institutions internationales. Il est la Grand Invité de l’économie RFI-Jeune Afrique samedi 12 janvier sur RFI, à 11 h 10 heure de Paris, 10 h 10 TU.

    • Élections

    Toute la situation de la RDC pose la question de la suprémacie de la politique sur l’économie. Si vous regardez le score cumulé de Félix Tshisekedi – vainqueur provisoire de l’élection présidentielle – et celui de Martin Fayulu, autre opposant au président Kabila, vous vous rendrez compte qu’il y avait un besoin de changement. C’est le principal message à retenir.

    Mais les gens sont tous focalisés sur la présidentielle, alors que nous avons eu trois élections en une – présidentielle, législatives et provinciales, et que ce sera le Premier ministre, issu de la majorité parlementaire, qui aura tous les pouvoirs de la gestion au quotidien. Le président de la République reste cantonné sur deux matières, les affaires étrangères et la défense, en coordination avec le Premier ministre. Par ailleurs, les élections parlementaires provinciales élisent les députés provinciaux qui élisent les gouverneurs. Et notre Constitution dit que ce pays doit être décentralisé. L’élection qui focalise toute l’attention aujourd’hui, c’est à dire la présidentielle, va être l’élection de l’acteur le moins influent de la prochaine gouvernance.

    • L’héritage économique de Jospeh Kabila

    Il est difficile lorsqu’un pays est dirigé sans un plan stratégique connu de tous de faire une évaluation en fin de parcours. Néanmoins, je dois dire que nous avons renoué avec la croissance. Quand Jospeh Kabila est arrivé au pouvoir, nous étions en récession économique. Nous sommes passés d’un budget de quelques millions à quelques milliards.

    Mais l’activité minière au centre du modèle congolais n’est pas de nature à redistribuer la richesse. La rémunération va au capital plutôt qu’au facteur humain. Aujourd’hui l’économie congolaise ne répond pas au besoin des citoyens et c’est là le plus gros défi.

    • Planification

    La première des choses est de se doter d’un plan stratégique de développement. Celui-là peut être aligné sur trente ans avec une déclinaison sur quinze ans. C’est un minimum, car aujourd’hui nous n’avons pas un stock de capital humain de qualité capable de porter la compétitivité de la nation. Il faut le mettre en place, et pour cela, il faudra que les présidents qui arrivent arrêtent de focaliser sur les résultats les plus visibles pour montrer qu’ils sont actifs. Actif ne veut pas nécessairement dire efficace. Il est important d’investir dans les projets structurants comme le capital humain.

    • Inga

    L’énergie est aussi une chose essentielle. Nous sommes le pays qui a le plus grand potentiel hydroélectrique concentré en un seul endroit. Le complexe Inga a un potentiel de 44 000 MW de capacité, aujourd’hui non exploité. Et nous sommes incapables de transformer les minerais que nous avons dans notre sous-sol simplement parce que nous n’avons pas assez d’énergie.

    • Libéralisation

    Le gouvernement a opté pour la libéralisation du secteur de l’énergie et il n’est pas nécessaire que ce soit le gouvernement qui développe le potentiel d’Inga qui, traduit en équivalent pétrole, nous place devant celui du Nigeria. Nous ne pouvons pas continuer de gérer un pays de 80 millions de personnes avec 5 milliards de dollars. Pour faire un saut qualitatif, il faut de grands projets. Et pour cela il faut un plan qui permette de ne pas arbitrer sur une mandature. Même un prestidigitateur ne pourrait pas gérer la RDC avec un budget de 5 milliards de dollars.

    • Point de rupture

    Nous sommes le point de rupture du continent. Quand vous arrivez en RDC, par le nord comme par le Sud, vous ne pouvez plus bouger. Nous avons l’obligation de connecter l’Afrique. Pour cela, il faut que nous nous dotions d’infrastructures de transport et donc d’un plan de mobilité pour les personnes et les marchandises. Des routes, des voies fluviales et des accès à l’océan. Cela veut dire des investissements colossaux. Nous en avons les moyens car nous sommes assis sur 24 000 milliards de dollars de ressources naturelles. Nous avons donc un levier pour emprunter sur la place financière internationale. Et nous n’avons pas besoin de tout investir sur des fonds publics, mais nous pouvons le faire via des partenariats publics-privés.

    • Cobalt

    Le plus important n’est pas d’extraire du cobalt mais de le transformer localement. D’être mesure d’en obtenir plus de valeur ajoutée. Parce qu’un jour, ce cobalt, nous n’en aurons plus du tout. Il faudrait que nous soyons en mesure de dire aux générations futures : « Nous avions du cobalt, mais aujourd’hui nous avons des routes, des universités et un système de santé ». Aujourd’hui, c’est à l’extérieur du pays que la valeur ajoutée est produite.

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  • Présidentielle au Sénégal : #SunuDebat, quand la société civile réclame un débat télévisé entre les candidats

    Présidentielle au Sénégal : #SunuDebat, quand la société civile réclame un débat télévisé entre les candidats

    De plus en plus d’internautes sénégalais militent pour l’organisation d’un débat télévisé entre les candidats à la présidentielle du 24 février à travers le hashtag #SunuDébat sur les réseaux sociaux. Plusieurs challengers de Macky Sall se sont déclarés partants, mais le président, lui, ne semble pas séduit par l’idée.

    #SunuDébat. Ce hashtag a fleuri sur les réseaux sociaux sénégalais ces derniers jours autour d’une idée simple : organiser un débat télévisé entre les candidats à la présidentielle du 24 février. Au Sénégal et au sein de la diaspora, un nombre grandissant d’internautes relaient désormais cette initiative citoyenne lancée par Awa Mbengue, une étudiante de 20 ans à Sciences Po Paris qui a interpellé Macky Sall sur le sujet via Twitter le 9 janvier.

    « J’ai essayé de chercher les programmes des candidats mais j’ai trouvé très peu d’informations, explique-t-elle. Je me suis dit qu’il serait intéressant d’organiser un débat de fond, pour qu’ils présentent leurs idées et montrent comment ils réagissent quand ils sont contredits. » Se défendant de toute appartenance à un quelconque parti politique, elle ajoute avoir lancé cette idée car elle ne sait « pas encore pour qui voter ».

    Plusieurs candidats de l’opposition favorables au débat

    Rapidement relayé par l’influent journaliste-blogueur Papa Ismaila Dieng sur sa page Facebook, le phénomène #SunuDébat a pris comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. En 72 heures, environ 10 000 tweets avec ce hashtag ont été partagés, lesquels ont été vus par plus de 80 000 personnes. « Cette popularité montre que ce débat est une vraie demande citoyenne, estime Papa Ismaila Dieng. Les Sénégalais veulent ce genre de débat télévisé. Ils se demandent pourquoi cela se fait dans beaucoup d’autres pays et pas chez nous. »

    S’il en avait été brièvement question lors de la dernière campagne présidentielle, en 2012, aucun débat télévisé n’a jamais été organisé entre des candidats. Pour l’instant, quatre des six challengers de Macky Sall qui ont recueilli le nombre suffisants de parrainages pour pouvoir se présenter ont déclaré qu’ils acceptaient de participer à un tel débat : Khalifa Sall, Ousmane Sonko, Madické Niang et Issa Sall.

    L’entourage de Macky Sall sceptique

    L’état-major présidentiel, lui, ne semble pas favorable. Macky Sall ne s’est pas encore exprimé sur le sujet, mais son conseiller à la communication, le ministre El Hadj Hamidou Kassé, a estimé sur Twitter que les conditions d’un tel débat n’étaient pas réunies, vu le « déferlement de violence verbale » et les « propos plutôt grossiers » des opposants.

    Partie des réseaux sociaux, l’initiative #SunuDébat a depuis été reprise par de nombreux médias sénégalais. La chaîne de télévision privée 2STV a, quant à elle, laissé entendre qu’elle était disposée à organiser l’événement.

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  • Algérie : Bouteflika, Mohammed VI, Chirac… Quatre anecdotes piquantes d’un diplomate français

    Algérie : Bouteflika, Mohammed VI, Chirac… Quatre anecdotes piquantes d’un diplomate français

    Ancien ambassadeur de France et diplomate de carrière, Yves Aubin de la Messuzière raconte dans ses Mémoires ses pérégrinations en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Jeune Afrique a sélectionné quelques passages dans lesquels il évoque le président Bouteflika, Jacques Chirac ou encore le roi Mohammed VI.

    Diplomate de carrière, arabisant, fin observateur du Maghreb et du Moyen-Orient depuis plus de quatre décennies, Yves Aubin de la Messuzière a été directeur de la section Afrique du Nord et Moyen-Orient au Quai d’Orsay, de 1998 à 2002. Dans ses Mémoires, intitulés Profession diplomate : un ambassadeur dans la tourmente, parus en décembre 2018 chez Plon, il livre mille et une anecdotes, souvenirs et témoignages glanés lors de ses voyages ou de ses missions auprès de présidents, monarques, Premiers ministres et autres dignitaires de régimes arabes ou africains. À ce poste privilégié, il a eu à parcourir, au service de la France, tous les pays de cette région dont certains, écrit-il, étaient en situation de crise ou de post-crise.

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  • Au Cameroun, l’empereur de l’aviculture Jean Samuel Noutchogouin s’est éteint

    Au Cameroun, l’empereur de l’aviculture Jean Samuel Noutchogouin s’est éteint

    Le magnat camerounais de 85 ans est décédé le 11 janvier à Paris. Ce pionnier de l’industrie locale laisse un empire qui s’est fait une place forte dans l’élevage.

    Jean Samuel Noutchogouin, 85 ans, a rendu l’âme le 11 janvier à 5 heures, heure de Paris, à l’hôpital américain de Neuilly, où il avait été admis trois jours plus tôt.

    Dans « À la mesure de mes pas », son autobiographie parue en 2015, l’homme à la stature imposante et à la voix grave illustrait l’influence qu’il a eue sur ses compatriotes : « Du lever du jour au coucher du soleil, chaque Camerounais utilise un produit ou un service se rapportant à Jean Samuel Noutchogouin. En mangeant un œuf au petit déjeuner et en poursuivant à midi avec du poulet ou du porc, vous consommerez directement ou indirectement des produits de la Société des Provenderies du Cameroun (SPC). S’il n’utilise pas un rasoir Bic, il travaillera sans doute avec un stylo à bille de la même marque. En outre, il conduira certainement un véhicule de marques Toyota, Peugeot, Suzuki etc sorti d’un magasin de CFAO ».

    Le magazine Forbes le classait en 2015 au cinquième rang des plus grandes fortunes du Cameroun, évaluant ses actifs à 315 millions de dollars. Il figure parmi les pionniers de l’industrie locale, au même titre que Joseph Kadji Defosso, décédé le 23 août, Samuel Kouam, Fadil Abdoulaye Hassoumi ou encore Victor Fotso.

    De la banque à l’élevage

    Comme ce dernier, Jean Samuel Noutchogouin est originaire de Bandjoun, en pays bamiléké. C’est dans la ville voisine de Bafoussam qu’ adolescent, il se lance dans le commerce notamment de la ferraille, avant de migrer à Nkongsamba, dans la région du Littoral. Ce self-made-man, qui s’est tenu à l’écart de la politique – fait plutôt exceptionnel -, fait son entrée dans l’industrie à l’orée des années 80.

    Ses intérêts vont du plastique (Icrafon) à la banque (actionnaire de référence de Banque atlantique Cameroun et quelques parts à la Bicec), en passant par la distribution (CFAO), l’assurance (Atlantique assurance Cameroun) et l’immobilier.

    Mais c’est l’industrie de l’élevage, où il règne sans partage, qui lui a permis de bâtir sa réputation de magnat, avec un tryptique composé d’Agrocam (production de poussins d’un jour), de Belgocam (importation et commercialisation des intrants) et surtout de la SPC (alimentation du bétail, dont les produits rayonnent de Afrique centrale jusqu’au Soudan. « Je suis le seul à travailler sous une licence Lohmann », assurait-il.

    Très affecté par le décès il y a six ans de Jean Roger, son fils aîné qui devait reprendre les rênes, le tycoon travaillait depuis quelques années aux côtés de son cadet, Philippe.

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  • Burkina : le remaniement à la tête de l’armée, une nouvelle étape dans la lutte antiterroriste ?

    Burkina : le remaniement à la tête de l’armée, une nouvelle étape dans la lutte antiterroriste ?

    Le président Roch Marc Christian Kaboré a mis fin le 10 janvier aux fonctions du général Oumarou Sadou, chef d’état-major général des armées. Remplacé par le général de brigade Moïse Minoungou, ce dernier devra placer la lutte antiterroriste au cœur des priorités.

    Le général Oumarou Sadou n’est plus le chef d’état-major général des armées burkinabè. Dans un décret publié le 10 janvier, le président Roch Marc Christian Kaboré a mis fin à ses fonctions, le remplaçant par le colonel major Moïse Minoungou, qui officiait jusque ici comme commandant du groupement central des armées. Il a, par la même occasion, été promu au grade de général de brigade.

    Natif de Ouagadougou en 1960, ce spécialiste des armes lourdes à été formé à l’École d’application d’artillerie de Draguignan, en France. Le général Minoungou a aussi suivi son cours supérieur d’état-major à l’École d’état-major de Koulikoro au Mali, puis celui de défense au Collège royal de l’enseignement militaire supérieur à Kenitra, au Maroc. Il commandait depuis mai 2017 le groupement central des armées, logé au Camp Ouédraogo à Ouagadougou jusqu’à sa nomination aux commandes de l’armée. « Il [Moïse Minoungou, ndlr] a un sens élevé de l’écoute, même s’il n’a pas commandé sur le terrain », glisse à Jeune Afrique un officier burkinabè, sous couvert de l’anonymat.

    Des compétences

    « À mon avis, il est compétent pour occuper ce poste. C’est un officier supérieur d’une probité exemplaire qui se préoccupe des problèmes des subordonnés. Minoungou est véridique et très professionnel », renchérit un haut gradé.

    « Ce réaménagement était nécessaire dans la mesure où le pays prend la présidence du G5 Sahel. De fait, il sera amené à être le centre de l’élaboration de la stratégie de lutte contre les groupes terroristes qui sévissent dans la région », déclare à Jeune Afrique une source diplomatique sous couvert d’anonymat.

    « C’est un pas nouveau, on prend acte. Nous allons le juger à l’action sur le terrain », commente brièvement Mathias Tankoano, leader du mouvement M21. La société civile espérait plutôt de grands chamboulements au ministère de la Défense, argue-t-il.

    La lutte antiterroriste au cœur des priorités

    Le général Oumarou Sadou paie-t-il les frais de la recrudescence des attaques contre les forces de défense et de sécurité qui ont fait 270 morts ces derniers mois ? Quoi qu’il en soit, Moïse Minoungou devra placer la lutte antiterroriste au cœur des priorités. « Je pense effectivement que le départ du général est dû en partie à un manque de résultats mais est-ce que cette nomination réglera la question des terroristes ? Je ne sais pas », explique notre source militaire.

    Pour cela, plusieurs défis l’attendent comme l’adoption d’une stratégie militaire pour venir à bout des terroristes qui parcourent le nord et surtout le nouveau front de l’est du pays. « On ne voyait pas une tactique claire de l’armée pour combattre les terroristes. Pour gagner ce pari, le nouveau chef d’état-major général des armées devra surtout endiguer la crise de commandement alimentée par les élites militaires au sein de l’armée », souligne Dr Seydou Ra-Sablga Ouédraogo, chercheur et directeur de l’institut Free Afrik.


    >>> À LIRE – Burkina : un nouveau front à l’Est


    Enfin, Moïse Minoungou devra engager les réformes juridiques visant à doter l’armée de forces ou unités spéciales antiterroristes capables d’opérer à l’intérieur du territoire national.

    Alors que l’état d’urgence vient d’être prolongé par le chef de l’État, les attaques visant les forces de sécurité et de défense ainsi que les symboles de l’État se sont multipliées au cours des derniers mois et s’étendent à de nouvelles régions du pays. Dernier épisode tragique en date, l’attaque de Toeni dans la Boucle du Mouhoun au nord-ouest du pays qui a fait fin décembre dix tués dans les rangs de la gendarmerie.

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  • Présidentielle en RDC : Martin Fayulu revendique la victoire et compte saisir la Cour constitutionnelle

    Présidentielle en RDC : Martin Fayulu revendique la victoire et compte saisir la Cour constitutionnelle

    Le candidat de la coalition Lamuka, arrivé deuxième derrière Félix Tshisekedi, selon les résultats provisoires proclamés par la Ceni, a annoncé qu’il allait déposer un recours devant la Cour constitutionnelle pour contester ces résultats.

    Martin Fayulu a fait cette annonce vendredi en milieu d’après-midi, face à une foule de militants rassemblés au siège du Mouvement de libération du Congo (MLC, le mouvement de Jean-Pierre Bemba, soutien de Fayulu) à Kinshasa. « Nous irons demain samedi à la Cour constitutionnelle » pour exiger « le recomptage des voix », a-t-il déclaré.

    « Il s’agit d’une requête en révision de la décision de la Commission électorale nationale indépendante », a confirmé à Jeune Afrique Me Albert Fabrice Puela, député de Matadi et l’un des bras droits de Martin Fayulu. « Notre candidat va attaquer la Ceni devant la Cour constitutionnelle pour irrégularité fragrante et altération de la vérité », a précisé Albert Fabrice Puela qui a participé à la rédaction du dossier de recours.

    Lamuka revendique 61% pour Fayulu

    La coalition Lamuka (Réveille toi, en lingala) revendique par ailleurs la victoire de Martin Fayulu à l’élection présidentielle du 30 décembre dernier. Selon les chiffres de Lamuka, ce dernier aurait recueilli 61 % des suffrages, contre 18,8 % pour Félix Tshisekedi et 18,8 % pour Emmanuel Ramazani Shadary.


    >>> À LIRE – Présidentielle en RDC : joie et contestations après l’élection de Félix Tshisekedi


    Dans la nuit du 9 au 10 janvier, Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de la présidentielle par la Ceni, avec 38,57 % des suffrages exprimés. Des chiffres qui donnent Martin Fayulu en seconde position, avec 34,83 %, devant Emmanuel Ramazani Shadary (23,84 %).

    Martin Fayulu a par ailleurs appelé ses militants à l’accompagner lors du dépôt de son recours devant la Cour constitutionnelle. Suivant la législation congolaise, les candidats avaient deux jours à partir de la publication des résultats provisoires pour saisir les juges constitutionnels. « Pour se mettre à l’abri, notre requête va être déposée aujourd’hui même – si elle ne l’a pas déjà été, a poursuivi le député Puela. D’autant que la décision de la Ceni date du 9 janvier, mais elle a été publiée le 10 à 3 heures du matin. »

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  • [2018 à la Bourse – 5/6] – L'” annus horribilis ” du Nairobi Securities Exchange

    [2018 à la Bourse – 5/6] – L’” annus horribilis ” du Nairobi Securities Exchange

    Casablanca, Abidjan, Lagos… En ce début de 2019, Jeune Afrique dresse le bilan de l’année écoulée dans les principales places financières du continent. Au Kenya, la Bourse termine dans le rouge sans avoir connu d’opération majeure.

    À la bourse de Nairobi, l’indice NSE 20 a chuté de 23,66 % au cours de l’année 2018 en tombant fin décembre à 2833,84 points, tandis que le All Share terminait 2018 à son niveau le plus bas depuis 19 mois, ayant perdu 18,8 % en un an.

    Selon le quotidien Daily Nation, la valeur des société listées en bourse a également chuté d’environ 2,5 milliards de dollars en 2017 à 2,1 milliards de dollars le 31 décembre 2018, ce qui représente une chute de 17 %, comparé à un gain de 32 % en 2017. Ce bilan sombre peut être expliqué par une combinaison de facteurs internationaux et locaux.

    Retrait des liquidités en dollars

    D’abord avec un environnement économique international peu favorable qui a vu le retrait des liquidités en dollars dans les marchés émergents. « Les investisseurs étrangers détenant plus de 50 % de la NSE, la tendance de l’année a été à la vente » note l’analyste Aly Khan Satchu. L’économiste dénonce également une mauvaise gestion des entreprises parapubliques au Kenya, faisant fuir les investisseurs. Le secteur bancaire est quant à lui en difficulté depuis que le gouvernement a mis en place en 2016 un décret plafonnant les taux d’intérêts bancaires.


    >>> À LIRE : Kenya : pourquoi le gouvernement plafonne les taux d’intérêts bancaires


    Les principales entreprises listées en bourse ont donc connu une année morose. Kenya Power et ARM Cement ont vu leur valeur baisser de plus de 50 % en 2018 tandis que Safaricom, qui représente à lui seul plus de 40 % de la capitalisation boursière à la NSE, a chuté de 17 %. Seul le pétrolier Kenol Kobil sort du lot, avec une hausse de 30 % en 2018, en partie liée à l’offre de reprise de Rubis.

    Si les difficultés vont sûrement perdurer en 2019, Eric Musau, directeur de la recherche à la Standard Investment Bank se veut optimiste. « Nous commençons à noter des évaluations attractives, surtout du point de vue des dividendes, ce qui peut attirer des chasseurs de bonnes affaires sur le marché » assure-t-il.  Les résultats de la NSE ne se reflètent en tout cas pas sur l’économie du pays, qui connaît une croissance annuelle du PIB à 6 %, ce qui soutient le shilling kényan.

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