Author: Don Kayembe

  • Afrique centrale : les dirigeants de dix établissements bancaires sanctionnés par l’autorité régionale

    Afrique centrale : les dirigeants de dix établissements bancaires sanctionnés par l’autorité régionale

    La Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac) à infligé des blâmes aux présidents et directeurs des filiales de six banques et d’un institut de microfinance. En cause, la « détention injustifiée des devises à l’extérieur », mais aussi des violations des règles liées à la lutte anti-blanchiment et le non respect des normes prudentielles.

    Abbas Mahamat Tolli, le président de la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac), par ailleurs gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), a infligé des blâmes aux dirigeants de dix établissements qui font partie de l’échantillon constitué par le régulateur pour recevoir des contrôles entre juin et juillet 2018. Ces sanctions administratives, infligées le 22 septembre 2018, viennent d’être rendues publiques.

    Les filiales des groupes BGFI au Cameroun, au Gabon et en Guinée équatoriale), d’Afriland First Group au Cameroun et en Guinée équatoriale), d’Ecobank au Cameroun et en Centrafrique sont concernées, ainsi qu’UBA Cameroun et Citibank Gabon.

    Le président du conseil d’administration et le directeur général adjoint du Crédit communautaire d’Afrique (CCA), une institution de microfinance à l’époque des faits n’y échappent pas, car les établissements de ce type sont obligés de passer par des banques pour des opérations avec l’extérieur. Mais la nouvelle directrice générale de CCA Bank – qui a entre-temps obtenu un agrément bancaire – est épargnée.

    Des pratiques qui se sont intensifiées ces deux dernières années

    Les responsables de Société générale de Guinée équatoriale reçoivent un simple avertissement, la Cobac ayant reconnu leur bonne foi face aux infractions à la réglementation de change.

    Il est reproché entre autres aux dirigeants sanctionnés un défaut de rapatriement des devises, une détention injustifiée d’avoirs extérieurs, la non constitution de dossiers de domiciliation au moment des exportations et des importations de fonds ainsi qu’une violation des règles liées à la lutte anti-blanchiment, et le non-respect des normes prudentielles, notamment celles portant sur le contrôle interne et les positions de change.

    Ces pratiques se sont intensifiées ces deux dernières années, au moment où la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) connaissait une tension sur ses réserves de change depuis 2014 et le début de la crise économique.

    Comportement spéculatif

    Ce comportement des banques se double du peu d’empressement des États à rapatrier leurs recettes d’exportation. Une préoccupation soulevée le 25 octobre 2018 par le président de la Cemac, Daniel Ona Ondo, lors du sommet extraordinaire de la Communauté, à Ndjamena. « Le réserves de change se situent en-deçà des trois mois d’importation requis, malgré la remontée des cours du pétrole et les appuis budgétaires reçus des bailleurs », déplorait-il.

    Pour faire le point, Halilou Yerima Boubakary, le secrétaire général de la Cobac, a donc envoyé des missions de contrôle dans ces banques durant les mois de juin et de juillet derniers. « Les résultats montrent que toutes sont en infraction, car elles ont profité de cette pression sur les réserves pour adopter un comportement spéculatif », relève une source proche du dossier.

    En fait, les établissements ont l’obligation de rapatrier les devises mises à leur disposition par les opérateurs économiques (les exportateurs principalement) et les résidents de la zone dans un délai de trente jours, pour les remettre à la banque centrale. Or les délais n’ont fait que s’allonger, les banques profitant également de l’absence d’un dispositif de surveillance au sein de la Beac.

    D’autres contrôles en cours

    Pour corriger le tir, Abbas Mahamat Tolli a mis sur pied dès octobre une cellule spécialisée au sein de la banque centrale. Et un logiciel dédié est en cours d’acquisition. Par ailleurs, d’autres contrôles sont en cours auprès d’une dizaine de banques, congolaises, tchadiennes et centrafricaines notamment.

    Entre temps, un règlement communautaire a été adopté le 21 décembre 2018 pour compléter les sanctions administratives à l’égard des dirigeants par des sanctions financières.

    Les effets des premières mesures se ressentent déjà. « Les banques ont fait des efforts pour rentrer dans la norme. Les ressources de notre compte d’opérations évoluent positivement et viennent même d’atteindre 5 milliards d’euros, chose que nous n’avions plus observée depuis trois ans », souligne notre source.

    L’origine de l’article >>

  • Mondial de handball-2019: l’Allemagne s’impose en ouverture

    Mondial de handball-2019: l’Allemagne s’impose en ouverture

    C’est parti pour la Coupe du monde de handball qui se déroule du 10 au 27 janvier au Danemark et en Allemagne. Trois pays africains prennent part à cette compétition: la Tunisie est logée dans le groupe C, l’Egypte et l’Angola sont dans le groupe D. Mais les trois sélections représentant le continent africain entrent en lice aujourd’hui. La Tunisie affronte la Norvège, l’Egypte se mesure à la Suède et l’Angola joue contre le Qatar. 

    L’Allemagne remporte face à la Corée unifiée

    La sélection allemande de handball s’est tranquillement imposée 30 contre 19 à l’équipe coréenne unifiée. Bob Hanning, vice-président de la fédération allemande de handball s’en réjouit :

    C’est bien, nous avons l’impression que le Championnat du monde commence vraiment maintenant. Les joueurs ont dit dans le vestiaire, pourquoi ne pas faire venir l’équipe coréenne et commencer le tournoi tout de suite? Nous étions tous impatients de commencer.”

    Le Danemark n’a pas fait de détails

    Les Danois se sont imposés 39 contre 16 face aux Chiliens,ce qui place le Danemark et l’Allemagne provisoirement en tête de leurs poules avec 2 points d’avance.

    Vingt quatre équipes regroupées dans quatre poules participent à ce mondial masculin de handball. Cette compétition se déroule en deux phases, c’est-à-dire la phase éliminatoire, du 10 au 17 janvier, et le tour principal qui fait office des demi-finales se déroule jusqu’au 25 janvier. Il concerne les deux premiers qualifiés de chacun des quatre groupes. Les matches pour la 3e place et la grande finale se joueront le 27 janvier à Herning au Danemark.
     

    L’origine de l’article >>

  • La Cenco affirme que les résultats ne sont pas conformes à ses propres calculs

    La Cenco affirme que les résultats ne sont pas conformes à ses propres calculs

    Quelques heures après l’annonce des résultats provisoires de l’élection présidentielle par la Commission électorale, la Conférence épiscopale nationale congolaise (Cenco) a affirmé lors d’une conférence de presse que ces résultats “ne correspondent pas” à ceux collectés par sa propre mission d’observation.

    Une affirmation qu’avait d’ailleurs anticipée le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, en déclarant un peu plus tôt dans la journée que les résultats publiés par la Céni n’étaient “pas conformes aux résultats que l’on a pu constater”.  M. Le Drian était même allé plus loin, en assurant que Martin Fayulu était “a priori” le vainqueur de l’élection. Paris a ainsi demandé de la “clarté” sur les résultats.

    L’Eglise catholique a pour sa part insisté sur le fait qu’elle ne voulait pas sortir de son rôle d’observation. La Cenco affirme ainsi que les résultats des élections ne sont “pas conformes” à ceux qu’elle a collectés. En revanche elle n’a pas voulu donner le nom du candidat qu’elle estime avoir remporté les élections. 

    La Cenco ne cite aucun nom de candidat dans son communiqué de presse

    Donatien Nshole est le porte-parole de l’épiscopat congolais :

    “Nous constatons que les résultats de l’élection publiés par la Céni ne correspondent pas aux données collectées. Au lendemain de cette publication nous exhortons tout le monde à faire preuve de maturité civique et surtout à éviter tout recours à la violence. En cas de recours par une partie nous l’exhortons à recourir à tous les moyens prévus par le droit et la loi électorale.”

     

    La Cenco conforte les pro-Fayulu

    Cette déclaration de la Cenco a suscité la joie dans la salle où se trouvaient des partisans de Martin Fayulu. Pour le rappeur Alex Dende, alias Lexxus Legal, membre de la coalition Lamuka, les résultats publiés par la Céni ne sont pas conformes à la réalité du vote :

    “Pour l’instant nous avons dit que nous n’acceptons pas ce putsch, ces résultats ne reflètent pas la réalité, la cenco vient d’en rajouter une couche, les Français en ont parlé. En ce qui nous concerne tout est clair.”

    En dehors de l’Eglise catholique et de la coalition Lamuka de Martin Fayulu, d’autres voix, comme celle du mouvement citoyen la Lucha ainsi que des membres de la société civile, se sont faites entendre pour contester les résultats provisoires de la présidentielle qui doivent être validés officiellement par la Cour constitutionnelle dix jours après la proclamation provisoire par la Céni.

    L’origine de l’article >>

  • Tunisie : la blockchain, un levier de croissance ?

    Tunisie : la blockchain, un levier de croissance ?

    Bien au-delà des crypto-monnaies, cette technologie pourrait être à l’origine d’importants bouleversements dans le secteur bancaire. La Tunisie, pionnière dans la région, a lancé plusieurs projets.

    Réduire le temps de transaction de plusieurs jours à quelques secondes ; supprimer le recours aux devises étrangères ; proposer une alternative au « tout-cash », source de contrebande ; ou encore séduire les investisseurs internationaux avec des solutions fintech.

    Voilà un aperçu des avantages que pourraient tirer les pays d’Afrique du Nord en adoptant la technologie « blockchain » (littéralement « chaîne de blocs »).

    Et Tunis est décidé à prendre les devants.

    L’origine de l’article >>

  • RDC : la Majorité revendique un partage du pouvoir

    RDC : la Majorité revendique un partage du pouvoir

    Félix Tshisekedi, opposant élu président de la République démocratique du Congo, un évènement sans précédent et rarissime en Afrique centrale. Avec cette élection, la RDC semble s’engager dans la voie d’une alternance historique.

    Pourtant, la majorité présidentielle, tout en acceptant la victoire de Félix Tshisekedi, se dit confiante en sa propre victoire aux législatives et ce avant même la publication des résultats de ce scrutin. Son porte-parole parle même d’une “cohabitation” entre la Majorité et le président élu.

    Écouter l’audio 03:51

    Now live
    03:51 min

    Alain-André Atundu : “Nous aurons une majorité confortable qui devrait ouvrir une période de cohabitation avec le président élu”

    Le calme est revenu ce matin du 11 janvier. Mais jeudi, plusieurs personnes étaient tuées dans la répression de la contestation des résultats.

    C’est surtout à Kikwit, dans le centre du pays, que les tensions ont été le plus vives. Des protestations contre les résultats provisoires de la présidentielle annoncés par la Céni. Le candidat Martin Fayulu refuse toujours d’admettre ces résultats qui donnent la victoire à Félix Tshisekedi de l’UDPS.

    Les résultats sont contestés également par la conférence des Evêques de l’Eglise catholiques. Dans une prise de position, la CENCO dit prendre acte tout en indiquant que ces résultats diffèrent de ce qu’elle a pu rassembler par le biais de ses 40 mille observateurs. De quoi sans doute conforter la position de Martin Fayulu.

    Écouter l’audio 00:47

    Now live
    00:47 min

    La déclaration de la CENCO conforte la position de Fayulu

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Aujourd’hui en passe de prendre le pouvoir, Félix Tshisekedi et  Vital Kamerhe offrent un partenariat au président sortant Joseph Kabila qu’ils avaient pourtant critiqué ensemble avant et pendant les élections. Et même des promesses auraient été faites si l’on en croit les propos de Vital Kamerhe.

    Écouter l’audio 01:30

    Now live
    01:30 min

    Promesses entre Felix Tshisekedi et Joseph Kabila?

    L’origine de l’article >>

  • Présidentielle au Burkina : comment le CDP, parti de Blaise Compaoré, se prépare-t-il pour 2020 ?

    Présidentielle au Burkina : comment le CDP, parti de Blaise Compaoré, se prépare-t-il pour 2020 ?

    En relançant son Haut conseil le 5 janvier, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), ex-parti au pouvoir, marque une nouvelle étape dans sa préparation pour la présidentielle de 2020.

    Affaibli par la chute de Blaise Compaoré, suite à l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 au Burkina Faso, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) se reconstruit peu à peu et occupe désormais une place importante au sein de l’opposition politique. Désormais, l’objectif pour les cadres du parti est clair : revenir aux affaires. Et cela passe par la reconquête du pouvoir lors de la présidentielle de 2020.

    L’origine de l’article >>

  • Félix Tshisekedi, un “président nommé” selon Martin Fayulu

    Félix Tshisekedi, un “président nommé” selon Martin Fayulu

    Les heures qui ont suivi la proclamation par la Céni des résultats de la présidentielle ont été marquées par des réactions favorables à l’alternance qui s’annonce au sommet de l’Etat congolais.

    Pour la première fois depuis au moins cinq décennies, un président sortant va transférer pacifiquement le pouvoir à son successeur après des élections jugées apaisées par les observateurs. Mais les résultats proclamés ne sont pas acceptés par tous. Même si jusqu’ici, seul un des candidats fait parler de lui.

    Martin Fayulu, crédité de 34,8% des suffrages, arrive deuxième après Félix Tshisekedi déclaré élu avec 38,57%.

    Dans plusieurs localités du pays, des manifestations violentes ont été signalées ce jeudi (10.01). Des partisans de Martin Fayulu ont notamment montré leur déception à Kisangani dans le nord-est, à Kananga dans le centre et à Kikwit dans l’ouest. Il y aurait eu quatre morts, dont deux policiers et deux civils.

    Malgré ces tensions, Martin Fayulu maintient sa position. Ces résultats, explique-t-il au micro de la DW, “sont des résultats qui ne cadrent nullement avec la réalité. Monsieur Félix Tshisekedi a été nommé par la volonté de Monsieur Kabila et nous ne pouvons pas accepter qu’aujourd’hui on fasse un complot contre le peuple. Ce que nous disons, c’est que le peuple doit réclamer sa victoire. C’est la police qui dérange les gens ! Nous avons dit que Monsieur Nangaa supportera seul l’entière responsabilité de tout ce qui arrivera. Il invoque Dieu, mais je ne sais pas de quel Dieu il parle.”

    Martin Fayulu a annoncé vouloir saisir la Cour constitutionnelle.

     

    Cohabitation en vue

    En dépit de la défaite pour le moins surprenante du dauphin désigné du président sortant, Emmanuel Ramazani Shadary, qui n’obtient que 23,8%, le Front Commun pour le Congo (FCC) qui porte sa candidature reste calme.

    André-Alain Atundu, porte-parole de ce front pro-Kabila, déclare que “la majorité présidentielle accepte Monsieur Félix Tshisekedi Tshilombo comme le président élu de la République. La réalité électorale, d’après la collecte dans les circonscriptions électorales à travers le pays par notre centrale électorale, nous amène à penser raisonnablement que la majorité présidentielle gardera son statut et son rôle du plus grand ensemble politique du pays au sein de la nouvelle Assemblée nationale avec une majorité confortable qui devrait nous ouvrir une période de cohabitation avec le président élu.”

     

    Tshisekedi vers un “partenariat” avec Kabila

    Dans le camp du vainqueur déclaré, la page des rivalités semble se tourner. Tout comme Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe salue l’alternance et rend hommage au président sortant Joseph Kabila.

    “Le peuple congolais s’est exprimé et nous devons respecter sa volonté !”, a-t-il déclaré dans une interview accordée à la DW, en soutenant que “la RDC vient d’entrer dans le cercle du Ghana, dans le cercle du Sénégal, des pays où effectivement l’alternance veut dire que le régime qui est en place concède à un nouveau régime l’alternance démocratique. Nous rendons hommage à Kabila, et comme l’a dit le président Tshisekedi, nous disons qu’il (Kabila, ndlr) est désormais devenu un partenaire.”

     

    Marché secret

    Un partenariat avec Kabila, voilà qui renforce le candidat Martin Fayulu dans ses soupçons. Le candidat de la coalition “Lamuka” se montre en effet convaincu qu’il y a eu un marché secret qui a permis la victoire déclarée de Félix Tshisekedi.

    Mais Vital Kamerhe balaie ces allégations. “S’il y avait eu une rencontre, moi j’assumerais !” a déclaré le président de l’UNC qui soutient fermement “qu’il n’y a pas eu de rencontre. Nous n’avons pas, hélas, été ni en deal, ni en contact avec le président Kabila, ni avec sa famille politique.”

    Écouter l’audio 02:11

    Now live
    02:11 min

    “Félix Tshisekedi a l’appui du peuple”… écoutez l’interview de Jeannot Kabuya

    Les candidats disposaient d’un délai de 48 heures depuis la proclamation des résultats provisoires par la commission électorale, pour déposer des recours éventuels devant la Cour constitutionnelle.

    L’origine de l’article >>

  • Tunisie – Comité Belaïd-Brahmi : ” Nous dévoilerons d’autres éléments si nécessaire “

    Tunisie – Comité Belaïd-Brahmi : ” Nous dévoilerons d’autres éléments si nécessaire “

    Le comité de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, les deux leaders de la gauche tunisienne assassinés en 2013, a tenu une nouvelle conférence de presse jeudi 10 janvier, accusant le procureur Béchir Akremi d’entrave à la justice. Interview.

    À vouloir faire toute la lumière sur les assassinats politiques, le comité de défense a mis au jour une présumée officine occulte opérant pour le compte du parti Ennahdha et ses collusions avec la justice. Dans une conférence de presse tenue le 10 janvier, les avocats de ce groupe ont présenté les derniers résultats des enquêtes en cours, accusant nommément Béchir Akremi, ancien magistrat instructeur de l’affaire Belaïd et actuel procureur général de la République, d’entrave à la justice. Une offensive inédite. Membre actif du comité et ami de Chokri Belaïd, l’avocat d’affaires Nizar Snoussi revient sur les dernières révélations.


    >>> À LIRE – Tunisie : ces robes noires qui veulent faire la lumière sur les assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi


    Jeune Afrique : Les dossiers des assassinats de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi sont désormais en lien avec l’affaire de l’appareil sécuritaire secret d’Ennahdha. Quels sont les derniers développements ?

    Nizar Snoussi : Mustapha Kheder, élément central de l’appareil sécuritaire secret d’Ennahdha dont nous avons prouvé les agissements, est désormais poursuivi pour meurtre et pour 22 autres chefs d’inculpation. Le juge d’instruction du bureau 12 enquêtant dans l’affaire Brahmi s’est basé sur les documents qu’il avait mis sous scellés après leur découverte au ministère de l’Intérieur, dans ce qui était désigné comme chambre noire, dont le ministre avait pourtant nié l’existence devant le Parlement.

    Ils lui ont fourni la matière pour établir des liens entre Kheder et l’assassinat de Mohamed Brahmi, mais aussi avec le groupe terroriste Ansar al-Charia et Ennahdha, ainsi que certains éléments de l’Intérieur. Kheder était aussi en rapport avec Ameur El Baalzi, qui a jeté en mer les revolvers utilisés pour les assassinats de Belaïd et Brahmi, et Mohamed Tahar El Ayachi, l’oncle de Boubaker El Hakim, qui a abattu Brahmi. Autant de faits qui ont abouti à son inculpation. Ce juge a aussi constaté d’autres crimes en dehors de l’affaire Brahmi, mais il revient au parquet de poursuivre ou pas.

    Vous dénoncez une manipulation de la justice par le procureur de la République. L’accusation est grave…

    À un moment donné, les choses doivent être dites. Le procureur de la République a contourné la loi, qui prévoit l’ouverture automatique d’une instruction en cas de crime. Il a préféré lancer une enquête préliminaire, qui peut être classée sans suite et qu’il pouvait contrôler à chaque étape, plutôt que de voir une instruction lui échapper, au vu de l’indépendance des magistrats instructeurs. C’est d’ailleurs dans le cadre d’une enquête préliminaire concernant cette organisation secrète que le comité a été entendu par la section de la brigade de la garde nationale en charge du terrorisme.

    Aujourd’hui, le procureur Béchir Akremi instruit des affaires qui le concernent. Il est juge et parti

    Le fait est qu’à chaque fois que nous avons entamé une démarche, le procureur de la République, Béchir Akremi, a tout fait pour la contrecarrer, comme il avait bloqué le dossier de Chokri Belaïd qu’il instruisait en 2013. Il a notamment signifié à la garde nationale qu’il fallait juste nous entendre et que la décision de poursuivre relevait du parquet. Pire, les plaintes que nous avons déposées contre lui ont été incluses dans les dossiers d’instruction en cours, si bien qu’aujourd’hui il instruit, via le parquet qu’il dirige, des affaires qui le concernent. C’est bien le cas de le dire : il est juge et parti. La situation est ubuesque, puisqu’on en arrive à ce que la justice couvre et protège les criminels, malgré toutes les preuves apportées, et qu’il en va de la sécurité du pays.

    Vous créez ainsi un précédent…

    Sans doute, mais dès le départ, le comité a montré sa détermination à aller au bout de ces affaires, et à ce que justice soit faite. Nul ne peut déroger à la loi, et encore moins perpétrer des crimes impunément. C’est aussi une manière de défendre l’indépendance de la justice, essentielle à la confiance des citoyens et à la démocratie.

    Quelle est la prochaine étape ?

    Nous allons nous adresser au Conseil supérieur de la magistrature pour exposer les problèmes que nous avons rencontrés, et nous avons d’autres éléments que nous dévoilerons si nécessaire. Nous comptons également saisir la justice française, non pas pour internationaliser ces affaires, mais parce que certains actes, en lien avec elles et que la loi française sanctionne, ont été commis sur le territoire français et incriminent des binationaux.

    L’origine de l’article >>

  • Architecture : les bâtisseurs du futur

    Architecture : les bâtisseurs du futur

    À la tête de leurs propres cabinets, ils ont su imposer leurs plans et leurs styles. Zoom sur dix talents qui transfigurent les villes du continent.

    • Côte d’Ivoire : Guillaume Koffi & Issa Diabaté

    JOANA CHOUMALI

    L’histoire de ce duo commence dans les années 1990 : Issa Diabaté, lauréat de Yale, devient stagiaire au sein du cabinet de Guillaume Koffi, diplômé de l’École spéciale d’architecture de Paris. Dès 1999, les deux hommes s’associent. Et deviennent, au fil des ans, les ténors de l’architecture en Côte d’Ivoire. On leur doit notamment l’aménagement de la ville côtière d’Assinie-Mafia, qu’ils considèrent comme un laboratoire d’expérimentations. « Nous voulons qu’elle devienne la Silicon Valley de la Côte d’Ivoire », souligne Guillaume Koffi.


    >>> À LIRE – Côte d’Ivoire : Guillaume Koffi et Issa Diabaté, l’architecture et l’art de la passivité


    L’origine de l’article >>

  • Qui est Félix Tshisekedi ?

    Qui est Félix Tshisekedi ?

    Félix Tshisekedi, 55 ans, est le nouveau président élu en République démocratique du Congo. Il a été crédité de 38,6% des suffrages, avec un taux de participation avoisinant les 47,5%. Il devrait prêter serment dès le 18 janvier prochain, selon le calendrier officiel de la Céni. Retour sur son  parcours.

    Félix Tshisekedi, c’est d’abord un nom

    Il grandit dans l’ombre de son père, Etienne Tshisekedi, figure célèbre de la politique congolaise.

    Félix Tshisekedi naît en 1963, il est le troisième né d’une fratrie de cinq enfants.

    Son père Etienne fonde, en 1982, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti d’opposition à Mobutu Sese Seko au pouvoir à l’époque.

    Ses activités politiques lui valent d’être incarcéré plusieurs fois et contraignent la famille à quitter Kinshasa pour un village de la province du Kasaï. Félix doit interrompre sa scolarité, il a alors 19 ans.

    Jeunesse à Bruxelles

    A 22 ans, il prend la route de l’exil avec sa mère et ses frères. La famille s’installe à Bruxelles.

    C’est là qu’il reçoit le sobriquet de “Fatshi” qu’il conserve jusqu’à aujourd’hui.

    Le jeune homme se lance dans des études de marketing et de communication, mais ses détracteurs remettent en cause la validité de son diplôme. Ils lui reprochent aussi son manque d’expérience à un poste à responsabilité.

    L’éveil politique

    En Belgique, Félix Tshisekedi milite aussi contre le régime en place à Kinshasa. Petit à petit, il se fait une place au sein de l’UDPS dont il prend la direction.

    En 2011, il est élu député de Mbuji-Maji, dans le Kasaï. Son père Etienne perd cette année-là face à Joseph Kabila à la présidentielle.

    Les funérailles d’Etienne Tshisekedi, décédé à 84 ans, se s’étaient déroulées à Bruxelles

    Il décède le 1er février 2017 en Belgique. La dépouille du père n’a toujours pas pu être rapatriée en RDC et reste entreposée à la morgue de Bruxelles.

    A la mort de son père, la carrière de Félix Tshisekedi s’accélère.

    Suite aux Accords de la Saint-Sylvestre, en 2017, son nom circule même comme possible futur Premier ministre, mais c’est Bruno Tshibala que Joseph Kabila lui préfère.

    La montée en puissance

    Félix Tshisekedi est adoubé président et candidat du parti à la présidentielle en avril 2018. Il rompt l’accord passé avec les autres candidats de l’opposition et opte pour un “ticket gagnant” en s’alliant avec Vital Kamerhe. Ils placent la lutte contre la pauvreté, la gratuité des soins et de l’école au cœur de leur programme commun.

    Félix Tshisekedi promet de déplacer l’état-major à Goma, dans l’est, une ville au cœur d’une région en proie à de nombreux groupes armés et qu’il dit “aimer”.

    L’ancien président de l’Assemblée devient son directeur de campagne après avoir servi dans l’équipe Kabila. Un rapprochement que lui reprochent ses adversaires qui soupçonnent l’UDPS de tractations avec le pouvoir.

    L’origine de l’article >>