Author: Don Kayembe

  • Lubumbashi : des candidats aux provinciales rejettent les résultats

    Lubumbashi : des candidats aux provinciales rejettent les résultats

    Les résultats des élections provinciales devraient être en train d’être égrenés, province par province, circonscription par circonscription.

    La publication des résultats de cette provinciale par la Céni en a donc surpris plus d’un et fait redouter une fraude massive. Georges Mawine, un candidat malheureux à ces élections explique sa stupéfaction.

    “La compilation était prévue aujourd’hui à huit heures. Les témoins des tous les mouvements politiques, y compris ceux de la majorité, nous avons été tous surpris à quatre heures du matin, Nangaa était en train de proclamer déjà les députés provinciaux de l’ex-province du Katanga.”

    Pour le candidat, la Céni n’a pas respecté le délai. “On proclame les résultats au moment où la compilation n’est pas encore faite! Nous sommes surpris, y compris madame la secrétaire exécutive de la Céni. Elle est surprise parce qu’elle nous a demandé d’être le matin au centre de compilation”, affirme Georges Mawine, dont le nom n’a pas figuré parmi les élus de la circonscription de Lubumbashi.

    Comme lui, Xavier Kazembe, témoin du candidat Nazem Nazembe proclamé élu, a été surpris de la publication des résultats pour les élections provinciales dans sa circonscription.

    “Nous nous attendions à la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle, mais quand on a annoncé les résultats de l’élection provinciale, c’était une surprise pour moi. Entant que témoin de notre plateforme, nous étions encore en train de faire la compilation pour les élections législatives provinciales et nationales et le fait qu’on ait dit que les résultats étaient déjà prêts et qu’il fallait les annoncer, ça nous a surpris qu’on s’en tienne à la version électronique des résultats”, dit le témoin de Nazem Nazembe, proclamé élu.

    Pour Georges Mawine, ces résultats sont contestables. “Nous ne pouvons pas accepter que la victoire nous soit volée.”

    Pour Xavier Kazembe, dont le candidat est élu, les résultats reflètent malgré tout la réalité.

    “Par rapport aux résultats je ne crois pas qu’il y ait trop de changements. Quand on essaie de se référer à la tendance qu’il y a eu depuis le jour de l’élection et de tout ce qu’on a vu pendant le dépouillement, je crois qu’il n’y a pas eu trop de changements.”

    Certains candidats députés, avec plus de voix, n’ont pas été proclamés élus parce que leurs partis n’ont pas atteint le seuil exigé par la loi électorale, alors que d’autres avec peu de voix l’ont été.

    L’origine de l’article >>

  • Présidentielle en Côte d’Ivoire : face aux craintes de tensions, Alassane Ouattara joue l’apaisement

    Présidentielle en Côte d’Ivoire : face aux craintes de tensions, Alassane Ouattara joue l’apaisement

    Les Ivoiriens seront appelés aux urnes en 2020 pour élire un nouveau président de la République. Face aux craintes d’un regain de tension, comme lors de la crise post-électorale de 2010-2011, le président Alassane Ouattara a assuré qu’« il ne se passera rien en 2020 ».

    Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011, la présidentielle de 2020 en Côte d’Ivoire s’annonce tendue. Le président ivoirien Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié du PDCI ont rompu leur alliance et n’ont pas réussi à s’entendre sur la création du parti unifié RHDP. Leurs partis s’affronteront donc en 2020. Cette question de leadership a déjà ravivé les tensions lors des élections locales des 13 octobre et 16 décembre et coûté la vie à au moins six personnes en Côte d’Ivoire.

    Le 7 janvier dernier, le corps diplomatique en Côte d’Ivoire n’a pas hésité à exprimer son inquiétude lors de la présentation des vœux au chef de l’État ivoirien à la salle des pas perdus du palais présidentiel d’Abidjan-Plateau.

    L’ombre d’un regain de tension

    Faustin Mounguengui-Nzigou, ambassadeur du Gabon en Côte d’Ivoire, dont le pays a été victime d’une tentative de coup d’État le jour même, a lancé un message au nom de ses pairs à l’endroit de tous les acteurs politiques ivoiriens pour « créer des conditions objectives de la pérennisation et la consolidation de cette paix si durement acquise ». Il a les a invités à bannir « dans leurs propos et leurs actes tout type de violence. »

    Dans la capitale ivoirienne, comme dans le reste du pays, les événements de la crise post-électorale de 2010-2011, qui a fait plus de 3 000 morts, n’ont pas été oubliés.

    Les Ivoiriens marchent sur « un chemin qui a connu des épisodes douloureux », s’est alarmée Henriette Dagri Diabaté, présidente du Rassemblement des Républicains (RDR) d’Alassane Ouattara, lors de la cérémonie de décoration du Nouvel An, le 10 janvier à Abidjan. Selon la Grande chancelière, « le ton » actuel des échanges et des débats dans le pays prépare « les esprits à l’affrontement ». Pour cette proche du président ivoirien, les « gros mots des années de crise sont de retour parmi nous. »

    « La peur de nouvelles violences est légitime », selon Alain Toussaint, homme de médias et ancien conseiller en communication de Simone et Laurent Gbagbo. La faute « aux chapelles politiques qui attisent les tensions et les rivalités entre leaders du même camp ».

    Alain Toussaint appelle ainsi à « un vrai débat sur les enjeux de la présidentielle de 2020, les projets et la vision des futurs candidats ». Selon lui, « ceux qui pensent qu’ils ont déjà gagné se trompent lourdement. »

    Les craintes des Ivoiriens sur la présidentielle de 2020 sont « fondées car les raisons profondes de nos crises passées sont d’actualité », explique Innocent Gnelbin, président du parti politique Force aux peuples (FAP). Selon lui, « les conditions de la sécurité du processus électoral ne sont pas encore réunies ».

    Il prend pour exemple les élections locales de 2018. « Six morts pour une simple élection locale sans véritable enjeux. Cela nous amène à nous poser des questions sur le scrutin présidentiel de 2020 ». L’un des principaux problèmes, selon lui, est la Commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne, qui « n’a jamais été indépendante ».

    « Il ne se passera rien en 2020 »

    Face à ces craintes, Alassane Ouattara, le président ivoirien, s’est voulu rassurant : « Il faut arrêter de se faire peur » car « il ne se passera rien en 2020 », a-t-il déclaré.

    Pour Nicolas Djibo, proche du parti au pouvoir et maire de Bouaké – la ville d’où est partie la rébellion de 2002 conduite par Guillaume Soro – « il faut faire confiance au président de la République quand il dit qu’il n’y aura rien en 2020 et ce malgré les oiseaux de mauvais augure ».

    Selon le maire de Bouaké, la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) annoncée par le chef de l’État ivoirien le 31 décembre dernier contribuera à « l’apaisement général en Côte d’Ivoire. »

    Même son de cloche pour l’ambassadeur du Gabon en Côte d’Ivoire, pour qui « l’engagement résolu [du président ivoirien, ndlr] à réviser de manière consensuelle la Commission électorale favorisera sans nul doute l’organisation d’élections apaisées ».

    L’heure est à la prudence à l’approche de l’élection présidentielle de 2020. Un entrepreneur de la diaspora ivoirienne a déjà pris ses précautions et protégé son outil de travail. Ce propriétaire depuis 2017 d’un magasin d’optique à Adjamé, un quartier au nord d’Abidjan, relativise cette crainte : « 2020 ne sera pas un bis repetita de 2010. Ce n’est ni le même contexte ni la même réalité. On ne peut pas reproduire deux fois les mêmes erreurs », espère-t-il.

    L’origine de l’article >>

  • Vincent Enyeama veut poursuivre sa carrière

    Vincent Enyeama veut poursuivre sa carrière

    Copyright de l’image Getty Images

    L’ancien capitaine des Super Eagles du Nigeria souhaite “revenir” dans les pelouses, deux ans après ses derniers matchs officiels.

    Le gardien de but âgé de 36 ans, qui a joué son dernier match avec Lille en avril 2017, s’est séparé du club de Ligue 1 française en août 2018.

    “Je continue à m’entraîner et j’espère faire un bon retour”, a dit Enyeama à la BBC.

    “J’ai reçu des propositions en Israël et en Turquie. Mais à ce stade de ma vie, je veux faire de ma famille ma priorité. Je joue au football avec le sourire, et j’aimerais le faire en m’assurant que ma famille est dans une bonne situation”, ajoute-t-il, affirmant que sa famille vit actuellement en France.

    Lire aussi:

    Gernot Rohr : “Nous ne pouvons pas continuer à appeler des joueurs”

    Malgré son âge et son manque de temps de jeu, Enyeama déclare qu’il n’est pas encore prêt à mettre fin à sa carrière.

    “Les gardiens de but font souvent une longue carrière, et je crois que j’ai encore beaucoup de chose à offrir. Je serai le premier à m’arrêter quand il me sera impossible de donner le meilleur de moi-même. Je continue à m’entraîner à la maison en m’attendant au meilleur”, assure Enyeama.

    Lire aussi:

    Russie 2018: l’AS Roma va soutenir le Nigeria

    Le vainqueur de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2013 avec les Super Eagles a disputé 101 matchs avec le Nigeria et a joué la finale de la Coupe de la Ligue (France) 2016 avec Lille, contre le PSG (1-2).

    Il a joué cinq CAN (2004, 2006, 2008, 2010 et 2013) et trois éditions de la Coupe du monde (2002, 2010 et 2014).

    Le double vainqueur de la Coupe de la CAF, avec Enyimba, un club nigérian, a pris sa retraite internationale en 2015.

    L’origine de l’article >>

  • Tunisie : les membres de l’Instance électorale tirés au sort pour mettre fin à la paralysie ?

    Tunisie : les membres de l’Instance électorale tirés au sort pour mettre fin à la paralysie ?

    En Tunisie, les présidents des blocs parlementaires sont appelés à se réunir mardi 15 janvier afin de trouver un consensus sur la désignation des membres de l’Isie, instance chargée d’organiser les élections, après un premier accord cette semaine concernant son futur président. Un tirage au sort a été proposé.

    C’est devenu un serpent de mer. L’Isie (Instance supérieure indépendante pour les élections) fonctionne toujours, mais avec des membres qui auraient dû être remplacés depuis des mois. C’est le cas de son président, Mohamed Tlili Mansri, qui a officiellement démissionné le 5 juillet dernier, mais continue à occuper son poste et à gérer les affaires courantes, dans l’attente d’un successeur.


    >>> À LIRE – Tunisie : l’Instance électorale s’enfonce dans la crise


    C’est le cas aussi de trois membres du conseil de l’Isie, dont le mandat a expiré depuis janvier 2018. Ils occupent également toujours leurs fonctions, et cela n’a pas empêché la tenue des élections municipales de mai dernier. Cependant, l’esprit de la loi exige qu’un consensus soit trouvé pour élire – comme prévu – de nouvelles personnalités, estiment nombre de décideurs.

    Les voix d’Ennahdha indispensables

    Mercredi 9 janvier, les présidents des blocs parlementaires se sont enfin mis d’accord pour élire Nabil Baffoun à la tête de l’Instance. Or, ce vote a eu lieu en l’absence du chef du bloc Ennahdha, Noureddine Bhiri. Le consensus enfin trouvé risque-t-il de tomber à l’eau ?

    Le parti à la colombe évoque un simple retard et dément tout boycott. Ses opposants estiment qu’il attendait en fait la réunion de son bureau avant de prendre une décision. Toujours est-il qu’Ennahdha a finalement approuvé, dans un communiqué, la décision prise par les présidents des autres groupes parlementaires. La nomination de ce nouveau président de l’Isie, nécessitant 109 voix, devrait donc être entérinée le jour du vote de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

    Avant cette élection, les députés devront renouveler le tiers des membres du conseil de l’Instance (3 sur 9)

    Mais avant cette élection, les députés devront renouveler le tiers des membres du conseil de l’Instance (trois sur neuf). Un vote qui requerra la majorité des deux tiers, soit 145 voix. Un nouveau consensus sur ce point est donc plus que nécessaire. Sans les voix d’Ennahdha, première force à l’ARP (68 députés), il n’est en effet pas envisageable d’atteindre ce quorum.

    Le président de l’Assemblée, Mohamed Ennaceur, a donc appelé à la tenue d’une nouvelle réunion dite « de consensus », mardi 15 janvier prochain. Les présidents des blocs parlementaires devraient se mettre d’accord sur le nom des candidats à renouveler dans trois catégories : ingénieur en sécurité informatique, expert-comptable et juge administratif.

    Les élections maintenues aux dates prévues ?

    Concernant le poste de juge administratif, il n’y a qu’une candidate. Son élection devrait donc se dérouler sans difficulté. Mais pour les deux autres catégories, des élus proposent un tirage au sort. C’est le cas de Riadh Jaïdane, député et président du mouvement L’appel des Tunisiens à l’étranger. « Cela permettra d’échapper à la politisation de l’instance et de gagner du temps, afin de tenir notre engagement de respecter les délais pour organiser les élections », assure-t-il à Jeune Afrique.


    >>> À LIRE – Tunisie : la crise à l’Isie fait peser le risque d’un report des élections


    De son côté, Anouar Ben Hassen (membre et ex-président par intérim de l’Isie) estime, lui, qu’en vertu de la loi organique 2012-23 du 20 décembre 2012, les membres de l’Instance peuvent continuer à exercer leurs fonctions « jusqu’à leur renouvellement », et donc à organiser les élections. Même en l’absence de vote avant l’échéance prévue. Et de soutenir que « tant qu’il n’y a pas de vacance à ces postes, cela ne pose pas de problème ». Selon lui, « l’Isie est prête à honorer la date des scrutins ».

    Les élections doivent se tenir, selon l’Isie, entre le 6 octobre et le 1er décembre pour les législatives, et entre le 3 novembre et le 29 décembre pour la présidentielle. Reste à savoir si le vote des membres de l’Instance aura lieu dans les temps afin de contenter toutes les parties.

    L’origine de l’article >>

  • [2018 à la Bourse – 6/6] La pire performance de la Bourse de Johannesburg depuis dix ans

    [2018 à la Bourse – 6/6] La pire performance de la Bourse de Johannesburg depuis dix ans

    Casablanca, Abidjan, Lagos… En ce début de 2019, Jeune Afrique dresse le bilan de l’année écoulée dans les principales places financières du continent. En Afrique du Sud, l’indice principal de la Bourse de Johannesburg a reculé de 11,4 % sur fond de montée des tensions économiques à l’échelle mondiale.

    L’indice principal de la Bourse sud-africaine, le Johannesburg Stock Exchange (JSE) All Share Index, a reculé de 11,4 % en 2018, sa pire performance depuis 2008. L’indicateur avait connu une augmentation de 17,5 % en 2017.

    Le JSE All Share Index a pâti cette année des inquiétudes des investisseurs quant à la hausse des taux d’intérêts américains, aux tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis et au ralentissement de la croissance mondiale. En 2008, l’année du déclenchement de la crise financière mondiale avec la faillite de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, la Bourse de Johannesburg avait reculé de 27 %.

    Bonne performance des sociétés minières

    L’action qui a connu la plus forte progression est celle de l’entreprise Montauk Holdings, filiale d’une société américaine spécialisée dans la captation du méthane des sites d’enfouissement de déchets, avec une augmentation de 55 %.

    Suivent ensuite les sociétés Anglo American Platinum (production de platine) et Altron (télécoms et informatique), avec une hausse respective de 54 % et de 51 %. À noter également, la bonne performance de la société aurifère AngloGold Ashanti (+41 %) et de l’opérateur mobile Telkom (+35 %).

    Steinhoff et Aspen en recul

    Se distinguent à la baisse les titres de l’entreprise de santé Ascendis Health (-76 %), ainsi que ceux des groupes immobiliers Rebosis Property Fund (-72 %) et Fortress Reit (-65 %).

    Dans les plus fortes baisses de l’année figurent également Steinhoff (-66 %), dans la tourmente depuis le départ de directeur général Markus Jooste à la fin 2017, et Aspen (-51 %), qui a cédé en 2018 sa division nutrition infantile à Lactalis.

    Parmi les opérations qui ont marqué le Johannesburg Stock Exchange en 2018, figurent les entrées en bourse du distributeur Libstar et du pétrolier Vivo Energy en mai, du transporteur Grindrod Shipping en juin et du concessionnaire Motus Holdings.

    L’origine de l’article >>

  • Paris a besoin de ses étudiants africains

    Paris a besoin de ses étudiants africains

    Pour l’enseignant universitaire Benaouda Lebdai, la décision de la France d’augmenter les frais de scolarité pour les étudiants étrangers revient à renoncer à la franco­phonie.

    Brutale, prise sans concertation, sans débat avec les universités, l’annonce a créé le désarroi, le mécontentement, la colère en Afrique, du Nord au Sud : le gouvernement français veut augmenter les frais d’inscription dans ses universités pour les étudiants étrangers non européens – aujourd’hui au nombre de 324 000. Les tarifs passeraient ainsi de 170 à 2 770 euros par an pour les inscriptions en licence et de 243 et 380 à 3 770 euros par an pour celles en master et en doctorat. En annonçant une telle hausse exponentielle, prohibitive et soudaine, applicable dès la rentrée prochaine, le gouvernement trahit les racines mêmes de la tradition républicaine française, qui est de permettre à tous et à toutes d’étudier et de réussir sans être issus de classes privilégiées. Et elle place un nombre considérable d’étudiants du continent qui sont venus en confiance en France dans une situation inextricable : engagés dans un cursus sur plusieurs années, ils pourraient se trouver, du jour au lendemain, contraints de devoir l’interrompre.


    >>> À LIRE – Étudiants étrangers en France : « L’augmentation des frais va nous transformer en clandestins »


    Le contexte de cette annonce par le Premier ministre, Édouard Philippe, est doublement ironique : celle-ci s’inscrit dans le cadre d’un plan baptisé « Bienvenue en France – Choose me », destiné à renforcer la « stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux », avec l’objectif d’en accueillir 500 000 à l’horizon 2027. Et elle a été faite lors des « Rencontres universitaires de la francophonie », qui se sont tenues du 19 au 21 novembre à Paris.

    À contre-courant de la francophonie

    En réalité, la France renonce à la franco­phonie et agit très directement contre elle. Elle veut avant tout attirer des étudiants anglophones et renonce à ce que ses universités continuent à jouer un rôle dans la formation de la jeunesse des grandes nations africaines. Une telle hausse laisse en effet sur le bord du chemin des étudiants brillants qui ne bénéficient pas de bourse mais comptent sur leurs économies, leurs sacrifices et leur détermination. En majorité algériens, sénégalais, maliens et camerounais, ces jeunes sont pourtant les plus motivés : ils savent se battre et se frotter à la difficulté de la vie. Et ils sont aujourd’hui les meilleurs ambassadeurs de la langue et de la culture française en Afrique. En tant que professeur des universités, je peux témoigner de leur volonté de travailler dur et de réussir vite. Ils sont ceux qui soutiennent leur thèse dans les délais, en français ; ils maîtrisent généralement cette langue, qu’ils défendent quel que soit le lieu où ils entament leur carrière.

    Quand on sait les guerres linguistiques et l’impact grandissant de la langue anglaise sur le continent, la présence de plus en plus significative de la Chine avec l’ouverture des instituts Confucius à titre gratuit dans les grandes villes, sans compter l’attractivité croissante des universités sud-africaines, Paris fait sans aucun doute un mauvais calcul… C’est la gratuité républicaine des études en France qui contribue à leur attrait et qui permet à la langue de Molière de conserver son statut de langue internationale. Sur le plan de la qualité d’accueil et de la vie estudiantine, les campus de l’Hexagone ne peuvent d’ailleurs pas rivaliser avec ceux de Grande-Bretagne ou des États-Unis. Face aux critiques, le gouvernement français met en avant la mise en place de bourses d’excellence pour les Africains. Mais cet argument laisse perplexe, dans la mesure où l’augmentation des frais d’inscription a été présentée comme un moyen de financer la modernisation des facultés.


    >>> À LIRE – Ces étudiants africains qui choisissent l’Inde


    Les présidents d’université eux-mêmes savent que cette mesure serait contre-productive. Aujourd’hui, à travers toute la France, des motions sont mises en place pour le dire haut et fort. Cela va à l’encontre d’une université française républicaine, dans le sens social et équitable du terme, surtout envers l’Afrique.

    L’origine de l’article >>

  • Martin Fayulu va saisir la Cour constitutionnelle pour un recomptage des voix

    Martin Fayulu va saisir la Cour constitutionnelle pour un recomptage des voix

    “Nous irons demain samedi à la Cour constitutionnelle pour exiger le recomptage des voix”, a déclaré M. Fayulu lors d’un meeting tenu ce vendredi devant ses partisans à Kinshasa. Son camp a par ailleurs revendiqué la victoire avec 61% des suffrages du scrutin du 30 décembre.

    Jeudi, la Commission électorale (Céni) a proclamé la victoire de l’autre opposant Félix Tshisekedi avec 38,57%, devant Martin Fayulu (34,8%) et le candidat du pouvoir Emmanuel Ramazani Shadary (23,8%). 

    Si la Cour constitutionnelle confirme ces résultats, c’est donc Félix Tshisekedi, 55 ans, fils de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, qui doit succéder à Joseph Kabila, 47 ans, au pouvoir depuis l’assassinat de son père en 2001, élu en 2006 et réélu en 2011 lors d’un scrutin entaché de fraudes massives.

    Voir la vidéo 00:37

    Now live
    00:37 min

    Mobilisation des partisans de Martin Fayulu

     

    L’origine de l’article >>

  • Grand invité de l’Économie RFI/Jeune Afrique – Al Kitenge : ” Même un prestidigitateur ne pourrait pas gérer la RDC avec un budget de 5 milliards de dollars “

    Grand invité de l’Économie RFI/Jeune Afrique – Al Kitenge : ” Même un prestidigitateur ne pourrait pas gérer la RDC avec un budget de 5 milliards de dollars “

    Al Kitenge, entrepreneur, consultant et économiste, est le Grand Invité de l’économie RFI-Jeune Afrique, samedi 12 janvier 2019 sur RFI, à 12 h 10 heure de Paris, 10 h 10 TU.

    Formé à l’école polytechnique de Lubumbashi, Al Kitenge a fait une première carrière d’ingénieur chimiste au sein de la multinationale Unilever en Afrique et en Europe. Puis grâce à ses compétences en économie et en organisation, il s’est orienté vers le consulting et le soutien à l’innovation.

    L’entrepreneur qui partage son temps entre Londres et Kinshasa, entend désormais consacrer ses compétences au développement du secteur de l’économie solidaire, persuadé que les conditions de vie des populations ne sont pas assez prises en compte dans les projets de développement prônés par les États et les institutions internationales. Il est la Grand Invité de l’économie RFI-Jeune Afrique samedi 12 janvier sur RFI, à 11 h 10 heure de Paris, 10 h 10 TU.

    • Élections

    Toute la situation de la RDC pose la question de la suprémacie de la politique sur l’économie. Si vous regardez le score cumulé de Félix Tshisekedi – vainqueur provisoire de l’élection présidentielle – et celui de Martin Fayulu, autre opposant au président Kabila, vous vous rendrez compte qu’il y avait un besoin de changement. C’est le principal message à retenir.

    Mais les gens sont tous focalisés sur la présidentielle, alors que nous avons eu trois élections en une – présidentielle, législatives et provinciales, et que ce sera le Premier ministre, issu de la majorité parlementaire, qui aura tous les pouvoirs de la gestion au quotidien. Le président de la République reste cantonné sur deux matières, les affaires étrangères et la défense, en coordination avec le Premier ministre. Par ailleurs, les élections parlementaires provinciales élisent les députés provinciaux qui élisent les gouverneurs. Et notre Constitution dit que ce pays doit être décentralisé. L’élection qui focalise toute l’attention aujourd’hui, c’est à dire la présidentielle, va être l’élection de l’acteur le moins influent de la prochaine gouvernance.

    • L’héritage économique de Jospeh Kabila

    Il est difficile lorsqu’un pays est dirigé sans un plan stratégique connu de tous de faire une évaluation en fin de parcours. Néanmoins, je dois dire que nous avons renoué avec la croissance. Quand Jospeh Kabila est arrivé au pouvoir, nous étions en récession économique. Nous sommes passés d’un budget de quelques millions à quelques milliards.

    Mais l’activité minière au centre du modèle congolais n’est pas de nature à redistribuer la richesse. La rémunération va au capital plutôt qu’au facteur humain. Aujourd’hui l’économie congolaise ne répond pas au besoin des citoyens et c’est là le plus gros défi.

    • Planification

    La première des choses est de se doter d’un plan stratégique de développement. Celui-là peut être aligné sur trente ans avec une déclinaison sur quinze ans. C’est un minimum, car aujourd’hui nous n’avons pas un stock de capital humain de qualité capable de porter la compétitivité de la nation. Il faut le mettre en place, et pour cela, il faudra que les présidents qui arrivent arrêtent de focaliser sur les résultats les plus visibles pour montrer qu’ils sont actifs. Actif ne veut pas nécessairement dire efficace. Il est important d’investir dans les projets structurants comme le capital humain.

    • Inga

    L’énergie est aussi une chose essentielle. Nous sommes le pays qui a le plus grand potentiel hydroélectrique concentré en un seul endroit. Le complexe Inga a un potentiel de 44 000 MW de capacité, aujourd’hui non exploité. Et nous sommes incapables de transformer les minerais que nous avons dans notre sous-sol simplement parce que nous n’avons pas assez d’énergie.

    • Libéralisation

    Le gouvernement a opté pour la libéralisation du secteur de l’énergie et il n’est pas nécessaire que ce soit le gouvernement qui développe le potentiel d’Inga qui, traduit en équivalent pétrole, nous place devant celui du Nigeria. Nous ne pouvons pas continuer de gérer un pays de 80 millions de personnes avec 5 milliards de dollars. Pour faire un saut qualitatif, il faut de grands projets. Et pour cela il faut un plan qui permette de ne pas arbitrer sur une mandature. Même un prestidigitateur ne pourrait pas gérer la RDC avec un budget de 5 milliards de dollars.

    • Point de rupture

    Nous sommes le point de rupture du continent. Quand vous arrivez en RDC, par le nord comme par le Sud, vous ne pouvez plus bouger. Nous avons l’obligation de connecter l’Afrique. Pour cela, il faut que nous nous dotions d’infrastructures de transport et donc d’un plan de mobilité pour les personnes et les marchandises. Des routes, des voies fluviales et des accès à l’océan. Cela veut dire des investissements colossaux. Nous en avons les moyens car nous sommes assis sur 24 000 milliards de dollars de ressources naturelles. Nous avons donc un levier pour emprunter sur la place financière internationale. Et nous n’avons pas besoin de tout investir sur des fonds publics, mais nous pouvons le faire via des partenariats publics-privés.

    • Cobalt

    Le plus important n’est pas d’extraire du cobalt mais de le transformer localement. D’être mesure d’en obtenir plus de valeur ajoutée. Parce qu’un jour, ce cobalt, nous n’en aurons plus du tout. Il faudrait que nous soyons en mesure de dire aux générations futures : « Nous avions du cobalt, mais aujourd’hui nous avons des routes, des universités et un système de santé ». Aujourd’hui, c’est à l’extérieur du pays que la valeur ajoutée est produite.

    L’origine de l’article >>

  • Présidentielle au Sénégal : #SunuDebat, quand la société civile réclame un débat télévisé entre les candidats

    Présidentielle au Sénégal : #SunuDebat, quand la société civile réclame un débat télévisé entre les candidats

    De plus en plus d’internautes sénégalais militent pour l’organisation d’un débat télévisé entre les candidats à la présidentielle du 24 février à travers le hashtag #SunuDébat sur les réseaux sociaux. Plusieurs challengers de Macky Sall se sont déclarés partants, mais le président, lui, ne semble pas séduit par l’idée.

    #SunuDébat. Ce hashtag a fleuri sur les réseaux sociaux sénégalais ces derniers jours autour d’une idée simple : organiser un débat télévisé entre les candidats à la présidentielle du 24 février. Au Sénégal et au sein de la diaspora, un nombre grandissant d’internautes relaient désormais cette initiative citoyenne lancée par Awa Mbengue, une étudiante de 20 ans à Sciences Po Paris qui a interpellé Macky Sall sur le sujet via Twitter le 9 janvier.

    « J’ai essayé de chercher les programmes des candidats mais j’ai trouvé très peu d’informations, explique-t-elle. Je me suis dit qu’il serait intéressant d’organiser un débat de fond, pour qu’ils présentent leurs idées et montrent comment ils réagissent quand ils sont contredits. » Se défendant de toute appartenance à un quelconque parti politique, elle ajoute avoir lancé cette idée car elle ne sait « pas encore pour qui voter ».

    Plusieurs candidats de l’opposition favorables au débat

    Rapidement relayé par l’influent journaliste-blogueur Papa Ismaila Dieng sur sa page Facebook, le phénomène #SunuDébat a pris comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. En 72 heures, environ 10 000 tweets avec ce hashtag ont été partagés, lesquels ont été vus par plus de 80 000 personnes. « Cette popularité montre que ce débat est une vraie demande citoyenne, estime Papa Ismaila Dieng. Les Sénégalais veulent ce genre de débat télévisé. Ils se demandent pourquoi cela se fait dans beaucoup d’autres pays et pas chez nous. »

    S’il en avait été brièvement question lors de la dernière campagne présidentielle, en 2012, aucun débat télévisé n’a jamais été organisé entre des candidats. Pour l’instant, quatre des six challengers de Macky Sall qui ont recueilli le nombre suffisants de parrainages pour pouvoir se présenter ont déclaré qu’ils acceptaient de participer à un tel débat : Khalifa Sall, Ousmane Sonko, Madické Niang et Issa Sall.

    L’entourage de Macky Sall sceptique

    L’état-major présidentiel, lui, ne semble pas favorable. Macky Sall ne s’est pas encore exprimé sur le sujet, mais son conseiller à la communication, le ministre El Hadj Hamidou Kassé, a estimé sur Twitter que les conditions d’un tel débat n’étaient pas réunies, vu le « déferlement de violence verbale » et les « propos plutôt grossiers » des opposants.

    Partie des réseaux sociaux, l’initiative #SunuDébat a depuis été reprise par de nombreux médias sénégalais. La chaîne de télévision privée 2STV a, quant à elle, laissé entendre qu’elle était disposée à organiser l’événement.

    L’origine de l’article >>

  • Algérie : Bouteflika, Mohammed VI, Chirac… Quatre anecdotes piquantes d’un diplomate français

    Algérie : Bouteflika, Mohammed VI, Chirac… Quatre anecdotes piquantes d’un diplomate français

    Ancien ambassadeur de France et diplomate de carrière, Yves Aubin de la Messuzière raconte dans ses Mémoires ses pérégrinations en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Jeune Afrique a sélectionné quelques passages dans lesquels il évoque le président Bouteflika, Jacques Chirac ou encore le roi Mohammed VI.

    Diplomate de carrière, arabisant, fin observateur du Maghreb et du Moyen-Orient depuis plus de quatre décennies, Yves Aubin de la Messuzière a été directeur de la section Afrique du Nord et Moyen-Orient au Quai d’Orsay, de 1998 à 2002. Dans ses Mémoires, intitulés Profession diplomate : un ambassadeur dans la tourmente, parus en décembre 2018 chez Plon, il livre mille et une anecdotes, souvenirs et témoignages glanés lors de ses voyages ou de ses missions auprès de présidents, monarques, Premiers ministres et autres dignitaires de régimes arabes ou africains. À ce poste privilégié, il a eu à parcourir, au service de la France, tous les pays de cette région dont certains, écrit-il, étaient en situation de crise ou de post-crise.

    L’origine de l’article >>