L’attaquant malien de Leicester a été transféré chez les Turcs de Sivasspor pour le reste de la saison, tandis que le Tunisien quitte le club qatari d’Al-Duhail pour Eupen, un club de l’élite belge, pour un prêt de six mois.
Fousseni Diabaté avait quitté le Gazélec d’Ajaccio (Ligue 2 française) pour Leicester, en janvier 2018.
Avec le club anglais, le joueur de 23 ans a disputé 19 matchs, toutes compétitions confondues, marquant deux buts lors de ses débuts au quatrième tour de la Coupe d’Angleterre, lorsque Leicester battait Peterborough, 5-1.
Sivasspor a terminé septième du championnat d’élite turc en 2018.
Copyright de l’imageGetty Images
Youssef Msakni, âgé de 29 ans, profitera de son premier séjour en Europe pour préparer la Coupe d’Afrique des nations 2019.
A cause d’une blessure, il n’a pas joué la Coupe du monde 2018 avec l’équipe nationale tunisienne.
“C’est une nouvelle expérience professionnelle pour moi, une chance de jouer dans le championnat belge. C’est un rêve qui s’est réalisé. Je tiens à remercier les responsables d’Al-Duhail qui m’ont donné cette occasion”, dit-il.
“Je remercie également tous les amis et fans qui m’ont soutenu durant ces derniers mois”, a ajouté le Tunisien qui jouait avec le club qatari depuis 2012.
Mskani est le deuxième meilleur buteur du championnat du Qatar, avec 25 buts lors de la saison dernière, derrière l’international marocain Youssef El-Arabi, son coéquipier.
Il a débuté sa carrière au Stade Tunisien, avant de passer à l’Espérance en 2008.
Au Nigeria, les voleurs de sous-vêtements seront-ils désormais inculpés pour tentative de meurtre ? Le délit est moins anodin qu’il n’y paraît.
C’est la police nigériane qui vient de s’emparer publiquement, et sans rire, de cette affaire de recrudescence de vols de slips et de caleçons. Cette poussée d’autorité fait suite à l’arrestation, la semaine dernière, d’un détrousseur à Akure, dans l’État d’Ondo.
Dans un message Instagram, c’est avec un ton grave qu’une des porte-parole de la police, Dolapo Badmos, a confirmé que l’homme interpellé détenait un sac en nylon rempli de lingerie et de serviettes hygiéniques. Il aurait échappé de peu à un lynchage populaire. Ajoutant encore de la dramaturgie au scénario, la policière a précisé que les voleurs de dessous pourraient dorénavant être accusés de tentative de meurtre et non de vol, dans ce pays qui fait gonfler les statistiques des condamnations à la peine de mort.
Les brigades du slip en action
La fascination des déviants pour les sous-vêtements n’est pas un phénomène spécifiquement africain. Les cordes à linge du monde entier sont souvent délestées de leurs habits les plus intimes. Dans la région française de Vendée, un groupe Facebook « Mes sous-vêtements m’appartiennent » avait même été créé. Pourtant, contrairement à ce que promet la police nigériane, les fétichistes américains ou européens sont, en général, condamnés à des peines réservées aux petits délits comme le larcin ou le voyeurisme.
Certains propriétaires des vêtements intimes seraient effectivement morts prématurément
Destinés à des rituels maléfiques ?
Si les « brigades du slip » sortent aujourd’hui de leurs gonds, c’est que les sous-vêtements dérobés ne sont pas simplement utilisés comme ersatz d’étreintes charnelles. Les voleurs pris la main dans le slip avouent généralement avoir utilisé les culottes pour des rituels maléfiques. Or, certains propriétaires des vêtements intimes seraient effectivement morts prématurément.
Les enjeux apparaissent alors d’une tout autre dimension que celle de l’onanisme honteux. Ils suscitent la constitution de réseaux de cambrioleurs allant d’enfants dépouilleurs de jardins à du personnel de maison spécialisé dans la collecte des linges après rapports sexuels de leurs propriétaires.
La préméditation d’assassinat n’est-elle pas avérée, pour peu que le manipulateur croit à la force de la magie noire ?
Les plus cartésiens ergoteront qu’il est surréaliste de provoquer le décès d’un individu par la simple manipulation à distance de son caleçon et qu’il est donc insensé d’inculper un voleur de slip pour meurtre. Mais la préméditation d’assassinat, elle, n’est-elle pas avérée, pour peu que le manipulateur croit à la force de la magie noire ? « C’est l’intention qui compte », déclarait, il y a peu, les gens déçus par leurs cadeaux de Noël. De toute façon, la promesse de Dolapo Badmos sur les réseaux sociaux ne cadre, pour l’instant, avec aucune procédure conforme à la Constitution nigériane.
Aux États-Unis, fin 2013, le dénommé Denver Lee St Clair avait bel et bien été assassiné par son beau-fils Brad Lee Davis qui l’avait asphyxié avec l’élastique d’un slip. Dans le doute, boycottons les sous-vêtements…
Pour lever tout soupçon de financement du terrorisme, les activités des associations humanitaires islamistes – Secours islamique, Tunisia Charity… – sont passées au crible par les organismes de contrôle financier tunisiens.
En fin d’année, à Doha, une affiche de Qatar Charity appelait aux dons pour les Tunisiens qui « souffrent de la misère et du froid ». Cette opération de l’association caritative que préside le cheikh Hamad ben Nasser Al-Thani a suscité l’indignation générale en Tunisie. L’ONG n’en est pas moins active dans le pays depuis 2012 à travers sa filiale Tunisia Charity, qu’a conduite jusqu’en 2014 Abdelmonaim Daïmi – le frère d’Imed Daïmi, député et ancien Secrétaire général du parti du Congrès pour la République.
Depuis, la vigilance des autorités est de mise, avec une coopération transversale plus soutenue entre les banques, la Banque Centrale de Tunisie (BCT), les ministères des Finances, de la Justice et de l’Intérieur, que gère le Comité tunisien des analyses financières (Ctaf) sous tutelle de la BCT. L’objectif est d’imposer le respect de la loi 88-2011 sur les associations et ses corollaires de 2013, mais surtout d’établir un maximum de transparence dans leurs transactions financières. Une mission pour le moins compliquée pour contrôler près de 30 000 associations – soit trois fois plus qu’en 2011 – et qui ne déclarent leurs comptes que pour 25 % d’entre elles.
Tunisia Charity est citée dans diverses enquêtes, qui s’interrogent notamment sur la composition de ses membres. Outre Qatar Charity y figurent ainsi Human Appeal, association qui soutient les démunis en Syrie, au Soudan, en Palestine, au Pakistan et au Yémen, ainsi que le Secours Islamique, classé comme organisation terroriste par différents pays et présent en Syrie, en Égypte, en Irak et au Niger.
Les dépenses portent sur de l’hébergement hôtelier, du transport terrestre et aérien, des locations de voiture, du ravitaillement en essence et de la nourriture
Un tour de table qui intrigue, d’autant que dans la plupart des cas, les bénéficiaires des dons ne sont pas identifiés et qu’Abdelmonaim Daïmi est depuis 2014 directeur de la filiale tunisienne du Secours islamique, dont le siège se trouve à Zarzis (Sud). Depuis 2015, cette association aux allures de multinationale a notamment intégré à son bureau tunisien plusieurs membres de nationalité étrangère et actifs dans des zones de conflit.
Les mouvements financiers du Secours islamique en Tunisie interpellent les contrôleurs. Des documents bancaires qui ont fuité montrent ainsi que des dépenses portent essentiellement sur de l’hébergement hôtelier, du transport terrestre et aérien, des locations de voiture, du ravitaillement en essence et de la nourriture. Le tout effectué depuis le sud tunisien, zone frontalière avec la Libye. Suffisant pour attirer l’attention des enquêteurs, qui soupçonnent l’envoi de jihadistes sur le front syrien depuis la Tunisie, via la Libye. C’est l’objet d’un dossier qui a été remis à la justice pour instruction, mais que semble ignorer la commission d’enquête parlementaire sur les réseaux d’acheminement des jeunes vers les zones de guerre.
Le groupe français Bolloré va perdre fin 2019 la concession du terminal à conteneurs du port de Douala (Cameroun), le plus grand port d’Afrique centrale, après quinze ans d’exploitation, selon un communiqué de ce port obtenu le 9 janvier par l’AFP.
Dans un texte signé le 9 janvier, le directeur général du port de Douala, Cyrus Ngo’o, a rendu publique la liste de cinq entreprises présélectionnées pour reprendre la concession du terminal à conteneurs de ce port.
Le nom de la Douala International Terminal (DIT), filiale du groupe Bolloré qui exploite depuis 2005 le terminal à conteneurs, n’y figure pas. Le nouveau concessionnaire du terminal à conteneurs du port de Douala sera choisi parmi les cinq présélectionnés, a confirmé le 8 janvier à l’AFP un responsable du port de Douala.
La concession s’achève à la fin 2019
La concession attribuée au groupe français au port de Douala s’achève fin 2019. Le port de Douala est le plus grand port d’Afrique centrale, où il est l’une des principales portes d’entrée de marchandises pour le Tchad et la Centrafrique, deux pays enclavés voisins du Cameroun.
Très présent en Afrique en y gérant pas moins de 17 ports, le groupe Bolloré a récemment décroché la concession du nouveau port de Kribi, ville balnéaire du sud du Cameroun.
Entre ses activités portuaires, logistiques, ferroviaires et agricoles, le groupe Bolloré réalisait – avant l’intégration récente de Vivendi – un quart de son chiffre d’affaires sur le continent, soit 2,5 milliards d’euros en 2017. Il y enregistre surtout 80 % de ses bénéfices annuels, selon une étude publiée par BNP-Paribas il y a cinq ans.
L’Égypte a été choisie mardi 8 janvier pour organiser la prochaine Coupe d’Afrique des nations, qui se déroulera du 15 juin au 13 juillet 2019. À quels infrastructures ou climat s’attendre, dans ce pays d’Afrique du Nord qui a déjà accueilli à cinq reprises la compétition ?
La Confédération africaine de football (CAF) avait le choix entre le nord du continent, symbolisé par la candidature égyptienne, et son extrémité, portée par le recours sud-africain, déjà actionné en 2013, quand la Libye avait d’autres priorités que d’organiser la CAN.
Le curseur s’est finalement déplacé vers l’Égypte, qui accueillera pour la cinquième fois – après 1959, 1974, 1986 et 2006 – le tournoi le plus couru d’Afrique. L’histoire rappelle qu’à l’exception de 1974, les Pharaons ont toujours fait la loi chez eux, et il n’y a aujourd’hui plus de raison de ne pas faire d’eux l’un des favoris de la prochaine édition, surtout avec un certain Mohamed Salah comme chef de file.
Infrastructures et sécurité : « pas de soucis »
L’Égypte a reçu l’élite du football africain quand la CAN se disputait à trois (1959), à huit (1974 et 1986) et à seize (2006). Le pays aura donc le privilège d’organiser la première phase finale à 24, dans quatre ou cinq villes, puisque les sites du Caire, d’Alexandrie, de Port-Saïd, de Suez et d’Ismaïlia sont évoqués. Au niveau de ses infrastructures, le pays dispose des stades nécessaires : certaines enceintes, dont celle de Borg Al Arab, près d’Alexandrie, sont très récentes et donc fonctionnelles.
« Il y aurait même de quoi tout faire au Caire, où le Stade international finit d’être rénové », résume Patrice Carteron, qui connaît bien la mégapole cairote, pour y avoir entraîné le Wadi Degla SC (janvier-novembre 2016) et Al-Ahly (mai-décembre 2018). « Les équipes qui vont participer à la CAN n’ont pas de soucis à se faire quant à la qualité des infrastructures sportives : il y a des stades modernes, les pelouses sont en général de qualité et il y a assez de complexes sportifs, dont certains appartiennent à l’armée, avec de bons terrains pour s’entraîner », poursuit le technicien français.
Tout s’était bien passé : au niveau de l’hébergement, de la qualité des structures d’entraînement, des stades, des déplacements et de la sécurité
La dernière fois que le pays avait organisé la Coupe d’Afrique des nations ne remonte jamais qu’à 2006, dans six stades : deux au Caire, deux à Alexandrie, un à Port-Saïd et un à Ismaïlia. L’ancien gardien de la Côte d’Ivoire, Gérard Gnanhouan, en conserve un bon souvenir : « On avait joué tous nos matches au Caire, hormis la demi-finale à Alexandrie face au Nigeria (1-0). Tout s’était bien passé : au niveau de l’hébergement, de la qualité des structures d’entraînement, des stades, des déplacements au Caire et à Alexandrie et de la sécurité. À l’époque, la situation était nettement moins tendue qu’aujourd’hui, mais je me souviens que les autorités avaient mis beaucoup de moyens pour que la sécurité soit maximale. Hormis le jour de la finale, où nous avions mis plus d’une heure pour aller de notre hôtel au Stade international, tout s’était bien déroulé. »
« Les Égyptiens ont faim de football »
Des arguments repris par Ali Boumnijel, le gardien des Aigles de Carthage tunisiens, champions d’Afrique deux ans plus tôt. « Notre groupe jouait ses rencontres à Alexandrie et Port-Saïd, dans des contextes différents du Caire, où tout est surdimensionné. L’organisation était bonne. On sentait que ce pays a l’habitude d’accueillir des événements d’importance. Au niveau de l’ambiance, c’était assez sympa. Bon, étant donné qu’il existe un petit antagonisme entre l’Égypte et la Tunisie, les supporteurs locaux avaient une certaine tendance à encourager nos adversaires, mais il n’y avait pas de grosse hostilité. À aucun moment, je ne me suis senti en danger », explique-t-il.
En 2006, la CAN s’était disputée devant des tribunes parfois bien garnies, parfois clairsemées (715 000 spectateurs, soit 22 300 en moyenne). « L’Égypte est un grand pays de foot. Les amateurs de ce sport ont dû se contenter pendant des années des matchs de la sélection et des compétitions continentales pour aller au stade, car le championnat se déroulait encore il y a peu à huis clos. Désormais, les spectateurs sont autorisés à venir, en nombre restreint. Au niveau de la sécurité dans les stades, il y a beaucoup moins de problèmes qu’avant. Je pense que les Égyptiens ont faim de football de haut niveau, et que les stades seront bien remplis. Mais comme pour chaque CAN, le succès dépendra avant tout des résultats de la sélection locale », pronostique Patrice Carteron.
« Jusqu’à 35 ou 40 degrés en journée »
Le seul élément que ni la CAF ni les autorités égyptiennes ne pourront gérer est le climat. En juin et juillet, le mercure peut grimper très haut. « On peut aller jusqu’à 35 ou 40 degrés en journée », admet Carteron. La CAF a assuré que les matchs auront lieu en soirée, quand la température est plus favorable à la pratique du football.
« Je me souviens d’un match que nous avions disputé en juin avec la Tunisie. C’était en journée et c’était presque intenable. J’espère pour les joueurs que les rencontres auront effectivement lieu en soirée », commente Ali Boumnijel. Djamel Belmadi, le sélectionneur de l’Algérie, avait déclaré fin décembre que pour des raisons climatiques, il préférait en cette saison une CAN en Afrique du Sud. Une prochaine fois peut-être…
Le verdict dans le procès des assassins présumés de la directrice du Trésor public, Aïssatou Boiro, et de l’informaticien Paul Temple Cole, tués par balles en novembre 2012, sera connu le 4 février.
Il était au premier rang à presque chacune des audiences qui se sont tenues depuis novembre 2017 dans la salle exiguë du tribunal de première instance de Dixinnn. Ibrahima Boiro, ancien ministre de l’Environnement, veut connaître la vérité sur la mort de sa femme, le 9 novembre 2012. Ce jour-là, Aïssatou Boiro, directrice du Trésor public, et l’informaticien Paul Temple Cole, ont été tués par balles aux environs de 21h, dans le quartier de Kipé, dans le nord-est de Conakry. Parmi leurs agresseurs, l’un portait un uniforme de l’armée.
Comme l’a révélé Jeune Afrique en décembre, la compagnie malgache a assigné devant le tribunal de commerce de Paris son homologue française suite à un désaccord quant au montant de la vente de deux avions. La survie d’Air Madagascar est en jeu dans cette affaire dont le verdict est attendu le 13 février.
C’est un des tout premiers dossiers brûlants que le président élu à Madagascar, Andry Rajoelina, aura à gérer après son intronisation. Une affaire qui date de 2012, une époque où il était chef de l’État à titre transitoire et où son successeur (et prédécesseur), Hery Rajaonarimampianina, présidait le conseil d’administration de la compagnie nationale.
Arrivé en seconde position, derrière Félix Tshisekedi, selon les résultats provisoires proclamés par la Ceni, Martin Fayulu ne reconnaît pas sa défaite. Il en appelle notamment à la Cenco et à la communauté internationale pour faire connaître « la vérité des urnes ».
« Nous ne pouvons pas accepter, au bout de ce long chemin de croix, que la volonté de notre peuple ne soit pas respectée. Tous ensemble, disons « non » au mensonge de M. Nangaa. Non au tripatouillage électoral, et non au hold-up électoral ». Le ton est grave. Alors que les rues de Kinshasa résonnaient des cris de joie des partisans de Félix Tshisekedi, célébrant la victoire de leur candidat annoncée par la Ceni dans la nuit, Martin Fayulu a pris la parole devant la presse aux premières heures de la journée. Il a notamment affirmé vouloir « arracher des ennemis de la République le respect strict de la vérité des urnes ».
Nous vous demandons de révéler au peuple congolais le nom de la personne qui a réellement incarné le choix de notre peuple
Appel à la communauté internationale
S’adressant « à ceux qui ont pris connaissance de la vérité des urnes », et en particulier à la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), le candidat de Lamuka (Réveille-toi, en lingala), a lancé un appel : « Nous vous demandons de révéler au peuple congolais et au monde entier le nom de la personne qui a réellement incarné le choix de notre peuple ». Il a également adressé un appel aux institutions internationales – Nations unies, Union africaine, Communauté de développement d’Afrique australe et Union européenne – à le soutenir dans sa démarche.
Dans cette déclaration délivrée devant les journalistes présents à son QG de campagne dans les premières heures de la matinée, Martin Fayulu a martelé que « cette proclamation est le fruit des résultats trafiqués, inventés et fabriqués de toutes pièces dans les officines du FCC [Front commun pour le Congo, de Joseph Kabila, ndlr]. Il s’agit d’une escroquerie inacceptable de nature à provoquer des désordres généralisés sur l’ensemble du territoire national ».
Arrivé en deuxième position de l’élection présidentielle avec 35,2% des voix, derrière Félix Tshisekedi, crédité de 38,57%, Martin Fayulu a attaqué ce dernier, l’accusant d’avoir négocié avec le parti de Joseph Kabila. « Vous connaissez les résultats, les pourcentages sont connus. Où est-ce que Monsieur Félix Tshisekedi a ramassé 7 millions de voix ? C’est grave, c’est extrêmement grave », a lancé le candidat soutenu notamment par le tandem Moïse Katumbi – Jean-Pierre Bemba. « Jusqu’où on va continuer à négocier les résultats ? », s’est-il interrogé.
L’annonce des résultats provisoires de la présidentielle par la Commission électorale nationale (Ceni) a suscité de vives réactions. Félix Tshisekedi est élu président de la République démocratique du Congo. Martin Fayulu arrive deuxième, suivi de Emmanuel Ramazani Shadary. Retour sur les heures qui ont suivi cette proclamation.
Tous les horaires sont donnés en heure de Kinshasa (GMT +1)
· « Aujourd’hui, nous pouvons dire que la vérité des urnes a triomphé », a déclaré Félix Tshisekedi après l’annonce des résultats provisoires. Quant-à Joseph Kabila, il a déclaré qu’il convenait désormais de « ne plus le considérer comme un adversaire, mais plutôt comme un partenaire de l’alternance démocratique dans notre pays ».
· La Cenco « prend acte des résultats de la Ceni mais note qu’ils ne correspondent pas aux données en possession de l’Église ».
19 h 45 – La Majorité présidentielle félicite Félix Tshisekedi
« La Majorité présidentielle saisit cette occasion pour féliciter Mr Félix Tshisekedi Tshilombo en sa qualité de président élu de la République démocratique du Congo », a déclaré dans un communiqué André-Alain Atundu Liongo, le porte-parole de la Majorité présidentielle (MP).
« Au regard des tendances constantes à travers toutes les circonscriptions électorales relevées par notre centrale électorale, il est évident que la Majorité présidentielle gardera son statut de plus grand ensemble politique au sein de la prochaine Assemblée nationale et ce, avec une confortable majorité ».
15 h 50 – Le FCC « prend acte » de la défaite d’Emmanuel Ramazani Shadary
Jerome Delay/AP/SIPA
« Le Front commun pour le Congo prend acte des résultats de ces élections », a-t-il annoncé dans un communiqué publié en milieu d’après-midi. Des résultats qui marquent, selon le parti de Joseph Kabila, « l’aboutissement d’un processus laborieux qui a déjoué tous les pronostics ».
« Là où les ennemis de la paix nationale avaient prédit l’échec, la confusion et l’apocalypse, ce sont plutôt la sérénité et le calme qui ont été observés », assure le parti qui défendait la candidature d’Emmanuel Ramazani Shadary, dauphin du président sortant, dont le nom n’est cependant pas cité une seule fois dans le document.
À l’inverse de Joseph Kabila, dont le FCC estime qu’il « a autant respecté la Constitution du pays, que permis à ce que ce troisième cycle électoral se déroule de manière démocratique, crédible et transparente et se tienne dans la paix », lit-on également dans ce communiqué.
Le FCC conclut être « en train de réunir tous les éléments pour apprécier l’adéquation de ceux-ci avec les résultats proclamés par la Ceni et, le cas échéant, lui permettre d’envisager la saisine de la Cour constitutionnelle.
14 h 20 – Cyril Ramaphosa « exhorte toutes les parties à s’abstenir de spéculer »
Gianluigi Guercia/AP/SIPA
Le président sud-africain « exhorte toutes les parties, régionales et internationales, à s’abstenir de spéculer et à permettre à la Ceni de mener à bien le processus », selon un communiqué de presse diffusé sur le site de la présidence sud-africaine.
Là où le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a émis des doutes face aux résultats provisoires proclamés par la Ceni, Cyril Ramaphosa se montre plus prudent. Il « prend note des résultats provisoires » et « demande à la Ceni de finaliser rapidement le processus pour assurer la crédibilité de l’élection et maintenir la paix et la stabilité ».
14 h 10 – Moussa Faki Mahamat (UA) enjoint à « préserver la paix dans le pays »
Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA
Le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a « pris connaissance des résultats provisoires de l’élection présidentielle » en RDC, selon un communiqué de l’institution.
Adressant ses « ses félicitations au peuple, aux acteurs politiques, à la société civile et aux institutions compétentes (…) pour la tenue des élections dans des conditions jugées satisfaisantes par la mission d’observation électorale de l’Union africaine dirigée par le Président Dioncounda Traoré », Moussa Faki Mahamat enjoint les acteurs du processus électoral à « agir de façon à consolider la démocratie et à préserver la paix dans le pays. »
Et d’ajouter : « Il est important que toute contestation des résultats proclamés, notamment celle portant sur leur non conformité avec la vérité des urnes, se fasse pacifiquement, par le recours aux procédures prévues par les textes en vigueur et le dialogue politique entre toutes les parties prenantes. »
13 h 25 – Pour la Conférence épiscopale « les résultats ne correspondent pas aux données de l’Église »
La Cenco « prend acte de la publication des résultats provisoires de l’élection présidentielle qui, pour la première fois dans l’histoire récente du pays, ouvrent la voie à l’alternance », a déclaré Donatien Nshole, secrétaire général de l’organisation. « Cependant, nous constatons que les résultats de la Ceni ne correspondent pas aux donnés en possession de l’Église ».
Il s’est cependant refusé à livrer le nom du vainqueur selon ces chiffres qu’il avait déjà évoqués lors d’une conférence de presse le 3 janvier, en appelant la Ceni à respecter le vote des Congolais. « Il n’appartient pas à l’Église de dévoiler ce nom, car ce n’est pas dans ses missions », a-t-il ajouté, lançant un appel à « la maturité civique » et plaidant pour « éviter tout recours à la violence ».
Donatien Nshole a également exhorté différentes parties « à user des moyens de droit conformément à la Constitution et à la loi électorale » en cas de contestation des résultats.
13 h 15 – Le Front commun pour le Congo (FCC) s’exprimera à 15 heures
Le FCC s’exprimera par la voix de Banabé Kikaya Bin Karubi, un des porte parole de d’Emmanuel Ramazani Shadary. Le dauphin de Joseph Kabila est arrivé troisième, avec 4 357 359 voix (23,84%).
#RDCVote : le FCC réagit officiellement à 15h au jardin botanique de Kinshasa. « On devait être premier, on se retrouve troisième ! » Point de presse animé par Barnabé Kikaya Bin Karubi. pic.twitter.com/kKnbvjjs6X
13 h 10 – Jean-Pierre Bemba : ces résultats sont une « fabrication »
JEROME DELAY/AP/SIPA
« Ce qui est sorti ne reflète pas la vérité des urnes. C’est une fabrication. Martin Fayulu a fait une déclaration qui reflète ce que nous pensons tous », à confié à Jeune Afrique Jean-Pierre Bemba, leader du Mouvement de libération du Congo (MLC) et membre de l’alliance Lamuka (« Réveille-toi », en lingala). « Certains centres de compilation, à l’intérieur du pays, n’ont même pas commencé leur travail. Cela prouve que ces chiffres ont été tirés d’on ne sait où. Ce qui s’est passé est monstrueux », a-t-il insisté.
Après l’invalidation de sa candidature le 3 septembre 2018, Jean-Pierre Bemab a apporté son soutien à la candidature de Martin Fayulu, aux côtés notamment de Moïse Katumbi. Pour lui, « les Congolais et la communauté internationale vont vite se rendre compte que Félix Tshisekedi n’est qu’une marionnette ».
#RDCVote / réaction de Jean-Pierre Bemba : “Ce qui est sorti ne reflète pas la vérité des urnes. C'est une fabrication. Martin Fayulu a fait une déclaration qui reflète ce que nous pensons tous” #RDC
« Nous sommes déçus par le mauvais score qui nous est attribué, mais nous prenons acte de la proclamation provisoire qui a été faite par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Nous verrons le cas échéant, comment introduire des recours par des voies légales », a déclaré Lambert Mende, porte-parole du Front commun pour le Congo (FCC, coalition au pouvoir) qui soutient le candidat Emmanuel Ramazani Shadary.
11 h 10 – La conférence des évêques
Tous les regards sont désormais tournés vers la Cenco, qui tiendra une conférence de presse à 12h30. Le 3 janvier, une semaine avant la publication des résultats, l’abbé Donatien Nshole, son secrétaire général, avait affirmé que « les données en sa possession consacrent le choix d’un candidat comme président de la République ».
La Ceni « est appelée en tant qu’institution d’appui à la démocratie, de publier, en toute responsabilité, les résultats des élections dans le respect de la vérité et de la justice », avait-il ajouté, avant d’appeler le peuple congolais à « demeurer vigilant pour l’aboutissement heureux du processus ».
Dans un tweet, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres « prend note de l’annonce faite par la Ceni. (…) Il félicite le peuple congolais et réitère l’appui et l’engagement continus de l’ONU à la paix et la stabilité en RDC. »
Son porte-parole, Stéphane Dujarric, a déclaré depuis New York : « Le secrétaire général appelle toutes les parties prenantes à s’abstenir d’actes violents et à régler tout contentieux électoral par les mécanismes institutionnels établis conformément à la Constitution de la République démocratique du Congo et aux lois électorales pertinentes ».
« Il exprime le vœu que la Ceni, la Cour constitutionnelle, le Gouvernement, les partis politiques et la société civile s’élèveront chacun à la hauteur de leur responsabilité dans le maintien de la stabilité et des pratiques démocratiques en République démocratique du Congo. »
.@antonioguterres prend note de l’annonce faite par la CENI des résultats provisoires de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo. Il félicite le peuple congolais et réitère l’appui & l’engagement continus de l’ONU à la paix et la stabilité en RDC ⬇️ https://t.co/c0PH5fBcZa
« Les élections se sont déroulées à peu près dans le calme, ce qui est une bonne chose, mais il semble bien que les résultats proclamés (…) ne soient pas conformes aux résultats que l’on a pu constater ici ou là, parce que la conférence épiscopale du Congo a fait des vérifications et annoncé des résultats qui étaient totalement différents », a déclaré Jean-Yves Le Drian sur CNews.
« Je pense qu’il faut qu’on garde son calme, qu’on évite les affrontements et puis que la clarté soit faite sur ces résultats qui sont inverses à ce que l’on imaginait », a poursuivi Jean-Yves Le Drian. La France, a-t-il ajouté, a saisi le Conseil de sécurité des Nations unies en fin de semaine dernière « pour que les résultats constatés soient les résultats réels ».
« Monsieur Fayulu était a priori le leader sortant de ces élections », a-t-il ajouté.
7 h – Martin Fayulu conteste les résultats
Jerome Delay/AP/SIPA
Une escroquerie inacceptable de nature à provoquer des désordres généralisés
« Vous savez que cette proclamation est le fruit des résultats trafiqués, inventés et fabriqués de toute pièce dans les officines du FCC [ Front commun pour le Congo …. de Joseph Kabila ]. Il s’agit d’une escroquerie inacceptable de nature à provoquer des désordres généralisés sur l’ensemble du territoire national », a lancé le candidat de la coalition Lamuka.
Le candidat , qui n’exclut pas la possibilité de déposer un recours devant la Cour constitutionnelle, a demandé à l’influente conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et à l’Eglise du Christ au Congo (ECC) de « révéler » le nom de celui qui a « réellement incarné » le choix des urnes.
Devant la gravité de la situation actuelle nous ne pouvons pas accepter que la volonté de notre peuple ne soit pas respectée. Nous appelons la Cenco à publier les résultats issus de ses observations à travers le pays. #RDCVotepic.twitter.com/EH5YoyDVQ5pic.twitter.com/ti9iHEeIw2
4 h – Félix Tshisekedi : « Je serai le président de tous les Congolais »
REUTERS/Olivia Acland
Aujourd’hui, nous pouvons dire que la vérité des urnes a triomphé
« Je sais que pour beaucoup d’entre nous, c’est difficile à accepter. Mais je le dis, je rends hommage au président Joseph Kabila », a lancé Félix Thsisekedi à ses partisans, rassemblés à son QG de campagne, dans les minutes qui ont suivi la proclamation des résultats provisoires. « Aujourd’hui, nous ne devons plus le considérer comme un adversaire, mais plutôt comme un partenaire de l’alternance démocratique dans notre pays. »
« Tout le monde pensait que l’on allait arriver à l’affrontement, à l’effusion de sang. Personne ne pouvait imaginer un tel scénario, et surtout un scénario au cours duquel un candidat de l’opposition allait sortir victorieux », a-t-il ajouté, saluant la Ceni, et en particulier son président, Corneille Nangaa. « Malgré les critiques et malgré les menaces, [il] est allé au bout de sa logique. »
« Aujourd’hui, nous pouvons dire que la vérité des urnes a triomphé », a-t-il martelé, en réponse à la polémique déclenchée par la Cenco qui, une semaine avant la publication des résultats, avait affirmé que « les données en sa possession consacrent le choix d’un candidat comme président de la République » et enjoint à la Ceni de respecter « la vérité et la justice ».
S’adressant aux « deux grands candidats », Martin Fayulu et Emmanuel Ramazani Shadary, le président élu, selon les résultats provisoires, a lancé : « Je sais qu’ils sont traversés par la déception et l’amertume. Je voudrais les rassurer pour leur dire que cette victoire est aussi la leur. »
Et d’ajouter : « Je serai le président de tous les Congolais. (…) Je ne serai pas le président d’une organisation politique, le CACH, je ne serai pas le président d’un parti politique, l’UDPS, d’une tribu, la tribu des Loubas. »
3 h – Félix Tshisekedi déclaré vainqueur par la Ceni
Jerome Delay/AP/SIPA
À la surprise générale et au terme d’un long suspense, Félix Tshisekedi a été déclaré vainqueur de la présidentielle du 30 décembre en RDC. Le leader de l’UDPS, parti de son père – l’opposant historique Étienne Tshisekedi – a enregistré 38,57% des suffrages exprimés, selon les chiffres de la Ceni. Martin Fayulu arrive en deuxième position avec 34,83%, devant Emmanuel Ramazani Shadary, troisième, avec 23,84%.
Corneille Nangaa, le président de la Ceni, a déclaré que le taux de participation était de 47,56%. Sur près de 40 millions d’électeurs congolais attendus, 18 329 318 ont pu voter le 30 décembre dernier.
Ces résultats provisoires, qui pourront faire l’objet de recours devant la Cour constitutionnelle, ont été rendus publics à 3 heures du matin, au terme d’une longue journée et d’une nuit d’attente.
Les trois candidats en lice à l’élection présidentielle ont obtenu: 1. Monsieur Félix Antoine TSHISEKEDI TSHILOMBO: 7.051.013 soit 38,57%. 2. Monsieur Martin FAYULU MADIDI: 6.366.732 soit 34,83% 3. Monsieur Emmanuel SHADARY: 4.357.359 soit 23,84% Taux de participation: 47,56%
Dès l’annonce des résultats, des partisans de Félix Tshisekedi ont manifesté leur joie dans les rues de les rues de Kinshasa et devant le quartier général de l’UDPS.
Auditionné par la police économique jeudi après-midi, Jacques Ehouo a finalement été inculpé. Une information judiciaire a été ouverte.
Les faits retenus contre Jacques Ehouo sont les suivants : détournement, blanchiment, faux et usage de faux. Jeudi 10 janvier en fin de journée, le vainqueur de l’élection municipale du Plateau pour le compte du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a été inculpé avant de regagner son domicile. Plus tôt dans la journée, il avait été auditionné par la police économique et financière, puis reçu par le procureur de la République, Richard Adou.
« Le dossier est vide. Aucune pièce comptable ne nous a été présentée », a réagi l’avocat du concerné, Me Claver N’Dry. L’information judiciaire confiée à un juge d’instruction va désormais se poursuivre. Député, Jacques Ehouo est protégé par son immunité parlementaire. Il peut être poursuivi, mais pas arrêté.
Convoqué une première fois le 3 janvier, Ehouo avait refusé d’être entendu. Il a changé de stratégie mercredi soir à l’issue d’une réunion avec ses avocats. Selon l’un de ses proches, la direction du PDCI s’est montré favorable à son audition.
Des policiers s’étaient rendus mercredi à son domicile des Deux-Plateaux à Abidjan, mais aussi à celui de ses parents et de l’une de ses proches collaboratrices. Jacques Ehouo étant introuvable, les éléments de la police économique avaient remis une nouvelle convocation au personnel présent à sa résidence. Daté du 9 janvier, le document est signé par le commissaire divisionnaire Ernest Bouaky.
Pas d’arrestation, mais une audition
Mardi soir, Me Claver N’dry assurait qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre son client. Une information démentie à Jeune Afrique par le procureur de la République. « Jacques Ehouo étant député, il ne peut pas être arrêté, d’autant plus que l’affaire n’est pas encore au stade l’enquête préliminaire. On ne parle ici que d’une audition, ce qui est totalement légal, afin qu’il puisse venir s’expliquer sur les faits qui lui sont reprochés », explique-t-il.
Jacques Ehouo est soupçonné d’avoir été l’un des acteurs d’un vaste détournement de fonds organisé par la mairie du Plateau, alors dirigée par son oncle Noël Akossi-Bendjo. Ce cadre du PDCI avait été démis de ses fonctions en août. Il vit désormais à Paris.
Interrogé mercredi à la sortie du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, Sidi Touré, a laissé entendre que la décision de mettre sous tutelle la commune du Plateau était directement liée à ces soupçons. « C’est une mesure conservatoire, le temps que la justice fasse ses preuves. Le procureur a été saisi deux fois. La première fois avant les municipales, une deuxième fois après, au sujet de soupçons de mauvaise gestion de la mairie du Plateau. Installer un conseil municipal dans un tel contexte pourrait freiner l’exécution de la décision judiciaire », a-t-il déclaré.
« Il n’y a donc plus de présomption d’innocence en Côte d’Ivoire », s’insurge Me Claver N’Dry.