Publié le 01-12-2018 Modifié le 01-12-2018 à 11:27
La campagne électorale est lancée depuis une semaine. Trois scrutins doivent se tenir le 23 décembre : la présidentielle, les législatives et les élections provinciales. Si la Céni se félicite d’être en train de tout mettre en œuvre conformément à son calendrier pour tenir les délais, de nombreuses incertitudes pèsent sur la capacité de la Commission électorale à être prête en temps et en heure le 23 décembre.
« Le 10 décembre, l’ensemble du matériel de vote sera disponible sur les 239 sites de formation », promet le président de la Céni, Corneille Nangaa. De là, il faudra l’acheminer jusqu’aux 75 000 et quelque bureaux de vote dans tout le pays. Là encore, Corneille Nangaa ne se dit pas inquiet. « Tous les bureaux de vote ouvriront bien le 23 décembre » assure-t-il.
Les experts électoraux, eux, sont bien plus circonspects. Et notamment au vu du temps qu’il faut pour transporter ces machines à voter, urnes, isoloirs, etc, jusqu’aux bureaux de vote. Quinze jours au moins pour les bureaux les plus éloignés, estiment les experts. Avec ce trajet de deux semaines et les 24h nécessaires à la mise en place du matériel, « certains bureaux de vote ne pourront pas ouvrir le 23 décembre », affirme une source diplomatique.
Formations et accréditations
Autre inquiétude : la formation des agents électoraux. Une étape cruciale dans un pays où la machine à voter n’a jamais été utilisée. La Céni promet de démarrer ces formations lundi. Y aura-t-il suffisamment de temps pour former ces 500 000 et quelques agents ?
Enfin, il y a les accréditations des observateurs qui avancent à pas de tortue et celles qui sont retoquées. C’est le cas des diplomates européens à Kinshasa. Ils ne pourront pas se rendre dans les bureaux de vote pour observer ce triple scrutin. « Le suivi diplomatique, ce n’est pas légal » justifie le président de la Commission électorale.
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Éliminé de la course à la présidentielle malgache, Hery Rajaonarimampianina, le président sortant, a annoncé vendredi 30 novembre qu’il ne soutiendrait personne pour le second tour. Quid, désormais, de l’avenir politique du HVM, son parti ?
« Je me présente en tant que sage et choisis de ne soutenir ni l’un ni l’autre des deux candidats au deuxième tour. » Vendredi 30 novembre, Hery Rajaonarimampianina a choisi de s’exprimer via une vidéo, diffusée sur deux chaînes privées, pour livrer son message de l’entre-deux tours de la présidentielle. Dans une intervention de huit minutes, dans laquelle on le voit s’exprimer debout, à son domicile, « Hery » a reconnu des erreurs. « Je vous présente mes excuses si j’ai pu vous blesser », a-t-il notamment déclaré.
La déroute reconnue
Deux jours plus tôt, le président sortant a été définitivement éliminé de la course, avec un score de 8,82% au premier tour, selon les résultats définitifs. Le second tour, qui se tiendra le 19 décembre, verra un duel entre Andry Rajoelina (39,23%) et Marc Ravalomanana (35,35%).
Après avoir demandé l’annulation du scrutin, « Hery » accepte donc désormais une déroute qu’il n’avait pas vu venir. « Il était dans le déni total », glisse un membre de son staff. « Depuis le sondage début octobre (dont l’interdiction avait fait polémique, ndlr) qui lui attribuait 4% d’intentions de vote, jusqu’aux derniers jours avant la proclamation des résultats, on se heurtait à un mur à chaque fois qu’on lui pointait des difficultés. »
Mais il n’est pas certain, aujourd’hui, que son refus de soutenir un des deux candidats encore en lice témoigne d’un plus grand pragmatisme. D’autant plus que l’existence de son parti, le HVM, se trouve menacée après son cuisant échec électoral.
Après l’arrestation le 24 novembre de quatre haut gradés militaires dans le cadre d’une enquête sur l’assassinat de l’ancien président Melchior Ndadaye le 21 octobre 1993, le procureur général du Burundi a annoncé que plusieurs autres personnes étaient recherchées. Parmi elles, l’ancien chef de l’État Pierre Buyoya.
Vingt-cinq ans après l’assassinat de Melchior Ndadaye, premier président hutu démocratiquement élu au Burundi, l’arrestation de quatre haut gradés de l’armée à la retraite le 24 novembre a constitué un véritable coup de théâtre dans cette affaire.
« Même si des poursuites ont été engagées contre certaines personnes impliquées dans ce crime, il s’est avéré que c’était des exécutants et le procès reste pendant à la Cour suprême », avait alors expliqué le procureur général, Sylvestre Nyandwi, lors d’une conférence de presse. « Nous avons décidé d’ouvrir un dossier à leur encontre et quatre d’entre eux ont été arrêté ce matin pour des raisons d’enquête, tandis que d’autres sont encore recherchés », avait-il ajouté.
Dans un nouveau point presse, vendredi 30 novembre, le procureur général explique que « des éléments de l’enquête » révèlent que d’autres personnes « pourraient avoir été impliquées dans ce crime, dans sa préparation ou même dans sa commission ».
Le ministère public joint au communiqué une liste de 17 noms de personnes qu’il souhaite interroger et à l’encontre desquelles ont été émis des mandats d’arrêts internationaux « pour que les pays qui les hébergent puissent les arrêter et les extrader au Burundi ». En tête de cette liste figure le nom de l’ancien président Pierre Buyoya.
Buyoya deux fois présidents
En 1987, dans un contexte de tensions ethniques entre Hutu – marginalisés – et Tutsi – au pouvoir -, ce dernier a renversé le président Jean-Baptiste Bagaza. Pierre Buyoya conserve le pouvoir jusqu’en 1993, et organise la première élection présidentielle au suffrage universel de l’histoire du pays, qui porte donc au pouvoir un Hutu : Melchior Ndadaye. Son assassinat le 21 octobre 1993, quatre mois après son arrivée au pouvoir, avait plongé le pays dans la guerre civile.
Le successeur de Ndadaye, Cyprien Ntaryamira, sera également assassiné, en 1994. En 1996, Pierre Buyoya reprend le pouvoir, détrônant alors Sylvestre Ntibantunganya.
Après ce second putsch, il conduira le Burundi vers une difficile réconciliation, nommant le Hutu Domitien Ndayizeye au poste de vice-président. Artisan des accords d’Arusha, qui marquent la fin de la guerre civile en 2000, il acquiert un statut qui lui vaut d’être tour à tour observateur électoral ou médiateur au service de plusieurs organisations internationales (UA, OIF, Ceeac).
Des anciens de l’Uprona dans la liste
Sa nomination sur la liste représente un symbole fort, vingt ans après le procès considéré comme celui « des exécutants » qui avait visé une dizaine de soldats, dont le plus haut gradé était lieutenant.
Aucun des nombreux hauts gradés cités dans cet assassinat n’avait alors été inquiété. Depuis, les dirigeants politiques, les membres de l’ancienne armée et des mouvements rebelles avaient bénéficié d’une immunité provisoire.
L’accord de paix d’Arusha de 2000 avait prévu que tous les crimes commis relèveraient désormais de la Commission vérité et réconciliation (CVR). D’autres membres de l’Uprona, le parti qu’a dirigé Pierre Buyoya, figurent sur la liste, parmi lesquels d’anciens cadres du parti, comme Charles Mukasi ou Luc Rukingama, mais aussi des militaires, comme le colonel Pascal Simbanduku.
Pour Emmanuel Nkengurutse, avocat, ancien sénateur et membre de l’Uprona, « ces arrestations sont le signe que Pierre Nkurunziza ne souhaite pas la réconciliation. Il la contourne en faisant du zèle et en relançant l’enquête 25 ans après les faits ». Quelques jours avant les premières arrestations, le gouvernement burundais avait annoncé la nomination de l’ancien président de la CENI, en charge des scrutins polémiques de 2010 et 2015, Pierre-Claver Ndayicariye.
Le Niger a décrété vendredi 30 novembre l’état d’urgence dans trois départements du sud-ouest, voisins du Burkina et souvent victimes d’attaques meurtrières «de groupes terroristes», selon un communiqué du gouvernement.
« Le conseil des ministres a examiné et adopté le projet de décret portant proclamation de l’état d’urgence dans les départements de Say, de Torodi et de Téra dans la région de Tillabéri », précise le texte lu à la télévision d’État.
Le Conseil des Ministres s’est réuni ce jour, vendredi 30 novembre 2018, dans la salle habituelle des délibérations, sous la présidence de Son Excellence, Monsieur @IssoufouMhm , Président de la République, Président du Conseil des Ministres: https://t.co/oHARvB8tAqpic.twitter.com/oDVCq5kV6a
Mi-novembre, deux gendarmes ont été tués et un autre blessé lors de l’attaque par des jihadistes présumés d’un poste de gendarmerie à Makalondi (dans le département de Torodi), à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Niamey.
Fin octobre, l’armée a été massivement déployée dans cette zone pour chasser des jihadistes qui tentaient de s’y implanter.
Les pouvoirs des forces de sécurités renforcés
Les trois départements nigériens où l’état d’urgence a été décrété « font l’objet d’attaques organisées, perpétrées par des groupes terroristes, mettant en péril l’ordre public et la sécurité des personnes et des biens », a justifié le gouvernement. « Il est nécessaire et urgent » de prendre cette « mesure pour faire face à la situation », assure le communiqué.
L’état d’urgence accordera notamment des pouvoirs supplémentaires aux forces de sécurité sur les théâtres des opérations, dont celui d’ordonner des perquisitions à domicile de jour et de nuit, a expliqué une source sécuritaire.
Publié le 01-12-2018 Modifié le 01-12-2018 à 08:53
L’enquête sur le massacre de plusieurs centaines de Tutsis, entre le 27 et 30 juin 1994, dans les collines rwandaises de Bisesero, ne sera pas réouverte. On l’a appris ce vendredi 29 novembre. Explications.
Le 22 novembre dernier, les juges d’instruction du tribunal de Paris ont rejetté les demandes déposées par les parties civiles pour relancer ce dossier, clôt en juillet.
La France a-t-elle tardé à intervenir à Bisesero entre le 27 et le 30 juin 1994 durant le génocide rwandais ? Durant quatre jours, plus d’un millier de Tutsis ont été méthodiquement assassinés par les milices hutues. Des survivants rwandais et plusieurs ONG, dont Survie, accusent l’armée française d’être intervenue trop tard. Ce que cette dernière a toujours contesté.
Aucune mise en examen n’a été requise contre les militaires français de l’opération Turquoise mis en cause, ce qui devrait logiquement ouvrir la voie à un non-lieu. les parties civiles réclamaient donc l’organisation de nouvelles confrontations, de nouvelles auditions de militaires et responsables politiques français de l’époque et le versement au dossier de nouvelles pièces.
« On ne peut pas suivre ces juges qui – on a l’impression –, cherchent à ménager les militaires, cherchent à ménager la chaîne de commandement militaire, cherchent à ménager les décisions politiques… , s’indigne Eric Plouvier, avocat de l’association Survie, partie civile dans ce dossier. Et on voit encore que notre justice, aussi indépendante soit-elle, a encore quelques frilosités à s’attaquer à des décisions politiques qui sont prises en dehors de tout contrôle démocratique.
Et on s’aperçoit, même après vingt-quatre ans, qu’on est encore incapable de digérer une éventuelle responsabilité pénale au plan de notre institution judiciaire et c’est tout à fait regrettable. Pour toutes ces raisons, nous avons décidé d’interjeter appel des décisions qui ont été rendues par les trois juges d’instruction devant la cour d’appel de Paris. Et on verra ce que décidera la cour d’appel de Paris, mais on risque, là encore, d’avoir des surprises sur les suites qui vont être données à notre appel ».
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Publié le 01-12-2018 Modifié le 01-12-2018 à 03:18
La Cour suprême a rendu ce vendredi 30 novembre son verdict sur les derniers contentieux relatifs aux élections locales du 13 octobre dernier. La chambre administrative de la haute instance a décidé de l’annulation de quatre autres communes. Les électeurs devront reprendre le chemin des urnes dans les trois prochains mois.
Ce vendredi, la chambre administrative de la haute instance a annoncé la reprise des élections dans les villes de Bingerville, Rubino, Boko et surtout la cité balnéaire Grand-Bassam. Pour cette dernière, ce sont les électeurs de la 36e circonscription qui doivent retourner aux urnes.
L’ancienne capitale ivoirienne avait fait l’objet de fortes tensions durant plusieurs jours à l’annonce des résultats, qui donnait vainqueur le candidat du RHDP, la coalition au pouvoir, au détriment de son challenger du PDCI.
Pour ce qui est de la cinquantaine de recours restants étudiés, la Cour suprême les a soit rejetés, soit jugés irrecevables. Dans la région du Moronou, qui avait élu Pascal Affi N’Guessan, le président de la branche officielle du FPI, la requête de son adversaire a été jugée recevable mais partiellement fondée. L’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo reste donc à la tête de la région.
En comptant les décisions de la Cour de la semaine dernière, ce sont donc six communes et deux régions au total qui sont rappelées aux urnes dans un délai de trois mois.
Publié le 01-12-2018 Modifié le 01-12-2018 à 01:53
Arrivé en troisième position au premier tour de l’élection présidentielle avec moins de 9% des voix, la réaction du candidat HVM éliminé de la course à sa succession était fortement attendue. Hier soir, à 19h30, dans une allocution pré-enregistrée de huit minutes, il s’est exprimé sur deux chaînes privées de télévision. Il a annoncé ne soutenir personne au second tour, faisant ainsi taire les rumeurs qui courraient depuis deux semaines sur un possible ralliement au candidat Ravalomanana.
C’est de son salon, en costume gris sans cravate, regard face caméra, que Hery Rajaonarimampianina s’est exprimé pour la première fois depuis l’annonce officielle des résultats mercredi. « Nombreux sont les défis que j’ai lancés pour sauver Madagascar. Certains ont été relevés, d’autres sont en cours de réalisation. Pour d’autres encore, il y a eu des défaillances, pour diverses raisons. Personne n’est pas parfait, j’ai commis des erreurs. Et je m’excuse sincèrement si je vous ai blessés », a-t-il déclarés.
Un bilan qu’il estime positif, donc, et un mea culpa. Puis vient le moment que tous attendaient. Celui des consignes de vote. Et comme un énième pied de nez lancé à ses adversaires, Hery Rajaonarimampianina n’en donnera pas : « Mes chers compatriotes, je me suis considéré comme le père du peuple malgache durant mon mandat. Et je continuerai d’agir de la sorte. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de ne soutenir aucun des deux candidats pour le second tour. […] J’exhorte tous les citoyens à protéger leurs choix. Que Dieu vous bénisse ! »
Côté Ravalomanana, « on s’attendait à cette réaction », assure-t-on. Serge Zafimahova, conseiller du candidat numéro 25, affirme qu’il s’agit de la voix d’un seul homme. « Mais sur le terrain, poursuit-il, toute sa base est en train de rallier Ravalomanana. 80% des maires, sénateurs ou conseillers municipaux HVM nous ont déjà assuré de leur soutien. »
A trois jours du début de la campagne du second tour, les tractations pour les reports de votes sont plus que jamais au coeur des stratégies des deux prétendants au poste de la magistrature suprême.
Publié le 01-12-2018 Modifié le 01-12-2018 à 01:42
Ce samedi 1er décembre marque la 30e édition de la journée mondiale de lutte contre le Sida. Si des progrès considérables ont été faits en trente ans, la situation n’est pas maîtrisée pour autant. Selon l’Onusida, sur les près de 37 millions de personnes infectées, un quart ne le sait pas.
« Savoir c’est pouvoir, connais ton statut ! » Tel est le mot d’ordre martelé par l’Onusida qui présentait il y a quelques jours son rapport annuel à Abidjan.
En 2018 dans le monde, l’agence onusienne estime à 9,4 millions le nombre de personnes qui ne savent pas qu’elles sont infectées, qui ne se font donc pas soigner, et sont par définition de potentiels vecteurs de transmission. « Savoir son statut sérologique est le départ de tout parce qu’aujourd’hui, on sait que lorsqu’on est séropositif et que l’on arrive à vous mettre sous traitement tout de suite, on peut contrôler l’activité de virus dans le sang. C’est pour cette raison-là qu’on insiste sur le dépistage comme un droit, et il faut aller vers des formes d’optimisation de ce dépistage en allant vers les communautés, en faisant en sorte que l’auto-test devienne une réalité. Et puis surtout se battre contre la stigmatisation, la discrimination », argue Michel Sidibé directeur exécutif de l’Onusida.
Si 22 millions de personnes bénéficient aujourd’hui d’un traitement antirétroviral, Michel Sidibé déplore une baisse d’engagement financier dans beaucoup de pays dans la lutte contre le Sida. « On est un peu victimes de nos succès. On n’a plus les ressources. Nous avons cinq milliards de déficit annuel. Si les investissements ne continuent pas, on risque d’avoir un rebond de l’épidémie. Ou bien l’on paye aujourd’hui, on bien on paiera pour toujours. »
« On baisse la garde, le danger c’est la complaisance », dénonce le patron de l’Onusida.
Au Tchad, 110 000 personnes vivent avec le virus et 5 800 autres sont infectées chaque année selon les dernières données de l’Onusida. Le Tchad est classé parmi les cinq pays d’Afrique de l’ouest et centrale les plus touchés par le Sida. La première dame Hinda Déby Itno a même été nommée ambassadrice spéciale de l’Onusida.
Des ONG et associations ont donc lancé un mois de lutte contre cette maladie. Au programme des ateliers d’informations, des pièces de théâtre pour sensibiliser aux comportements à risque. Mais aussi des dépistages faits en pleine rue par des équipes mobiles. Elles sont déployées dans 25 sites sensibles de la capitale tchadienne. Objectif dépister 15 000 adolescents durant toute la campagne qui se terminera le 31 décembre.
En plein coeur du quartier Chagoua, deux infirmières sont installées simplement sur des bancs. Elles effectuent des tests de dépistage du VIH. Mode d’emploi avec Judith Lasangue. « Je prélève le sang avec cette aiguille, je mets l’échantillon là-dedans et après je donne les résultats. C’est très rapide, ça ne fait pas mal », explique-t-elle.
Autour d’elles, c’est l’effervescence. Une trentaine d’adolescents qui attendent leur tour. Comme Sadi Ahmat Abdelkerim, 16 ans. « J’ai décidé de faire le test pour ma santé, pour savoir si j’ai le Sida ou non, explique-t-il. Je n’ai pas eu de comportements à risque mais je pense que c’est mieux de savoir. »
Au Tchad, le taux de prévalence du VIH a été divisé par deux depuis 2005. Des résultats encourageants, sauf chez les adolescents. Explications Désiré Ngarti Ngarhingar, président de l’ONG Solidarité des jeunes pour la formation et le développement : « Il y a la question de l’éducation, il y a un manque de dialogue familial qui fait que les jeunes apprennent certaines attitudes des comportements aux risques. Dans certains milieux, on estime que c’est inadmissible de montrer aux jeunes l’utilisation du préservatif. »
Les traitements contre le VIH sont gratuits au Tchad. Et disponibles dans une soixantaine de centres de santé du pays.
En Afrique du Sud, le Sida persiste à la faveur des inégalités économiques
En Afrique du Sud, d’immenses progrès ont été fait pour limiter la transmission du VIH de la mère à l’enfant, en dépistant systématiquement les femmes enceintes et en plaçant les mères séropositives sous traitement.
En revanche, comme au Tchad, les adolescents restent extrêmement vulnérables, particulièrement les jeunes filles. Neuf femmes entre 15 et 24 ans sont infectées par le VIH toutes les 60 minutes en Afrique du Sud, soit 1500 chaque année. Une étude juste publiée, l’Unicef estime qu’au rythme actuel, 80 adolescents mourront chaque jour du Sida en 2030 si rien n’est fait pour mieux cibler cette population dans les programmes de prévention.
A 18 ans, Saidy Brown a écrit une lettre au VIH, le virus qui a bouleversé sa vie d’adolescente. La jeune fille avait découvert quatre ans plus tôt qu’elle était séropositive depuis la naissance. Elle a depuis décidé de prendre la parole, pour combattre les préjugés, encore très forts : « Une fois que nous serons débarrassés de la stigmatisation de la société, il sera plus facile de s’accepter comme séropositif et aussi d’entrer dans une clinique pour se faire dépister. »
Saidy Brown estime que le Sida est encore trop souvent associé à l’idée d’une sexualité débridée ou libertine, alors que la pauvreté est un important facteur de risque selon elle : « Il y a des scénarios où une jeune fille est dans une relation avec un homme plus âgé, ou juste avec une personne qui peut payer pour elle. Et il n’est pas facile de négocier du sexe protégé avec quelqu’un qui a le pouvoir dans la relation. »
Un programme de prévention appelé argent et soin a été mis en place dans plusieurs pays africains. Il s’agit de verser une somme allant de 1 à 10 dollars par mois aux adolescentes qui poursuivent leurs études. « Il y a cette idée qu’en donnant de l’argent aux jeunes filles, en particulier, on peut briser le cercle vicieux de la pauvreté, explique le docteur Chafik Essajee. Et s’assurer qu’elles vont se soigner, ou qu’elles vont adhérer plus facilement aux programmes de prévention. Et cela a un vrai impact. Pas seulement sur la prévention du VIH, mais sur tous les objectifs de développement. »
Mais pour protéger les femmes, il faut aussi éduquer les hommes, rappelle le docteur.