Category: Afrique

  • Algérie : les encouragements de Bouteflika, la mise en garde d’Ouyahia

    Algérie : les encouragements de Bouteflika, la mise en garde d’Ouyahia

    Deux hommes se sont succédé au pupitre mercredi 28 novembre : le secrétaire général de la présidence, Habba El Okbi, s’exprimant au nom du président Abdelaziz Bouteflika, et le Premier ministre Ahmed Ouyahia. Deux discours adressés aux walis, mais parfois éloignés dans le contenu. Décryptage.

    Lors de la rencontre entre le gouvernement et les walis (préfets), qui s’est tenue mercredi 28 novembre, le président Abdelaziz Bouteflika a adressé un message, prononcé par le secrétaire général de la présidence, Habba El Okbi. Son Premier ministre (PM), Ahmed Ouyahia, s’est lui aussi exprimé à cette occasion.

    Le premier discours emploie un ton presque « guerrier ». Le président commence son texte par une allusion aux événements de la Toussaint rouge, en novembre 1954, période marquant le début de la lutte contre le colonisateur français, pour se terminer par un hommage aux « martyrs ». Entre les deux, il dresse un bilan positif de son passage au pouvoir, tout en appelant à plusieurs reprises son auditoire – mais aussi l’ensemble des Algériens – à lutter contre des ennemis communs qu’il appelle « les aventuristes » ou encore « les cellules dormantes ». Le mot « peuple » revient à onze occurrences dans le texte.


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    Quant à Ahmed Ouyahia, il a opté pour l’injonction. S’adressant directement aux walis, le Premier ministre leur a donné quatre recommandations : la prise en considération de la situation économique du pays dans la prise de décision, l’accélération du développement hors hydrocarbures, la gestion du défi de la croissance démographique et l’amélioration du service public.

    Une réponse à Crisis Group ?

    Dans son dernier rapport sur l’Algérie, le think tank américain n’y est pas allé de main morte. Intitulé « Surmonter la paralysie économique de l’Algérie », le compte-rendu estime que les difficultés de l’économie sont profondément liées à l’immobilisme politique. Pour « libérer le pays de sa dépendance aux hydrocarbures », « le gouvernement devrait faire un effort de transparence sur l’état des finances publiques et améliorer les perspectives pour les jeunes », estime Crisis Group.

    Le mot « développement » a été prononcé 14 fois par le président et 16 fois par le Premier ministre

    Une critique que le gouvernement algérien semble avoir pris à cœur. Preuve en est, le mot « développement », prononcé 14 fois par le président et 16 fois par le Premier ministre. « Ce que nous avons accompli […], frères et amis y voient un exemple de développement social intégré ayant réhabilité l’homme en le plaçant au cœur de l’approche de développement », affirme de son côté Abdelaziz Bouteflika. Une rhétorique à l’opposé du constat établi par Crisis Group.


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    « Si certains réduisent les enjeux du présent et de l’avenir au changement et à la succession des responsables et des personnes, et entreprennent pour des raisons obscures de propager cette idée […], vous savez que l’enjeu est beaucoup plus grand », affirme le président. Ce dernier répond ainsi à la « paralysie politique » mise avancée dans le rapport, mais aussi évoquée par bon nombre de ses opposants, qui appellent à son départ à la fin de son mandat.

    Un PM moins optimiste que son président

    « Les deux dernières décennies de la vie de notre pays n’ont pas été faciles, et nombreux sont ceux parmi vous à avoir eu l’honneur de m’accompagner dans ce processus à différents niveaux de responsabilité. Vous avez été à la hauteur. Vous avez consenti des sacrifices et réussi de grandes réalisations », écrit le président dans son discours, dressant un bilan positif de ses vingt ans de présidence.

    L’expression « deux dernières décennies » est employée à trois reprises. Elle est suivie à chaque fois de l’énumération des réalisations positives accomplies par le régime, notamment « l’amélioration de l’ensemble des indicateurs fondamentaux de développement ».

    Le Premier ministre, qui n’emploie pas une seule fois le terme « stabilité », semble plus frileux que le président

    Sur cette question, le Premier ministre, qui n’emploie pas une seule fois le terme « stabilité », semble plus frileux que le président. La complexité de la situation économique est rappelée à plusieurs reprises. S’appuyant sur des chiffres et des données empiriques, absents du discours du président, tels que la volatilité du prix du pétrole, le taux de l’emprunt algérien, le taux d’inflation, il rappelle la fragilité de l’économie algérienne, tout en affirmant que celle-ci « n’est pas une catastrophe, comme le prétendent certains ».

    Concernant les perspectives, le président Bouteflika veut rassurer en donnant de la cohérence. « Ce que nous avons accompli jusqu’à présent n’est qu’une étape dans un long processus », écrit-il. « L’Algérie a de grandes potentialités à mettre en valeur, avec un peu de patience et beaucoup plus de travail », relativise de son côté Ouyahia. Si le ton de la recommandation est claire chez Ouyahia, il est moins prononcé chez Bouteflika. Les deux fixent pourtant les mêmes objectifs pour l’avenir : l’affranchissement de la rente pétrolière, suivie du développement humain et de la généralisation de ses bénéfices, ainsi que la modernisation de l’administration.

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  • Côte d’Ivoire : l’empoissonnement présumé de Gaston Ouassénan Koné alimente la psychose

    Côte d’Ivoire : l’empoissonnement présumé de Gaston Ouassénan Koné alimente la psychose

    Le général à la retraite Gaston Ouassénan Koné, 79 ans, vice-président du PDCI et proche d’Henri Konan Bédié, affirme avoir été victime d’un empoisonnement. Si les circonstances restent encore floues, l’affaire provoque la psychose dans les rangs des opposants.

    « Les gens ne veulent pas qu’on le dise, mais j’ai été empoisonné ». Jusque-là, Gaston Ouassénan Koné, et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), dont il est vice-président, entretenait le flou sur le mal dont il a été frappé, qui a nécessité une évacuation sanitaire en France, début octobre.

    Obsèques à Korhogo

    Mercredi 28 novembre, quelques jours après son retour au pays, l’ex-ministre de la Sécurité de Bédié a affirmé à un groupe de cadres du PDCI qu’il recevait chez lui avoir été victime d’un empoisonnement, sans toutefois donner de précisions quant à la nature du poison. Et moins encore sur les circonstances de l’empoisonnement présumé.

    Les faits remonteraient au samedi 22 septembre. Ce jour-là, le général représente son vieil ami Bédié aux obsèques de Ténéna Victor Yéo, ancien maire de Korhogo (Nord), ville natale du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Tout le gotha natif du Nord, du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, mouvance présidentielle) est présent.

    Après la levée du corps, qui avait eu lieu la veille sur le parvis de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste-de-Korhogo, une veillée funèbre suivie de l’inhumation et d’une collation ont lieu à Lavononkaha, le village du défunt, situé à 31 km de Korhogo. Ce serait à l’une de ces étapes que Gaston Ouassénan Koné aurait été empoisonné. L’affaire n’a été ébruitée dans la presse qu’en octobre, après des rumeurs persistantes.

    Rumeurs et psychoses

    Et « l’affaire Ouassénan » n’est pas la seule à avoir alimenté ces rumeurs. Une autre continue de circuler, portant cette fois sur une supposée tentative d’empoisonnement d’Henri Konan Bédié, alors qu’il se trouvait à son domicile de Daoukro (centre). Le coupable désigné serait, en fonction des versions, une familière ou un cuisinier… « Faux ! », dément fermement une proche de l’ancien chef d’État.

    Autre leader politique, autre rumeur. Mais confirmée, cette fois : Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale, en rupture de ban avec son parti, le Rassemblement des républicains (RDR d’Alassane Ouattara), se montre de plus en plus prudent en public. « Il ne mange presque plus en dehors de son cadre familial », confie même l’un de ses proches.


    >>> À LIRE – Côte d’Ivoire : Soro, toujours sur le qui-vive


    Cette psychose est telle que certains proches d’opposants récemment disparus se mettent à douter. Moïse Lida Kouassi, baron du Front populaire ivoirien (FPI, de Laurent Gbagbo) avait ainsi réclamé une autopsie, après la mort brutale, le 21 octobre 2018, de Marcel Gossio, ex-directeur général du Port autonome d’Abidjan. Un ponte du FPI également proche de Pascal Affi N’Guessan, président du FPI.

    Mais il semble que la psychose n’est pas que dans le seul camp de l’opposition. Certains barons du pouvoir ont, eux aussi, limité leurs déjeuners en public. Le vice-président Daniel Kablan Duncan, par exemple, a pris l’habitude lors des assemblées publiques de ne boire que de l’eau stockée dans son véhicule, que lui sert son aide de camp dans son propre verre…

    Tandis que la psychose enfle sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes demandent qu’une enquête soit menée pour élucider le présumé empoisonnement de Ouassénan. Le concerné, quant à lui, n’a pas encore dévoilé ses intentions quant-à un éventuel dépôt de plainte.

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  • CAN 2018 de Handball: battre les Angolaises et aller au Mondial 2019

    CAN 2018 de Handball: battre les Angolaises et aller au Mondial 2019

    La 23e Coupe d’Afrique des nations féminine de handball se déroule du 2 au 12 décembre 2018 à Brazzaville. Les trois meilleures équipes de la CAN 2018 seront qualifiées pour la Coupe du monde 2019 au Japon. Les Angolaises, qui ont remporté douze fois la compétition, constitueront l’équipe à battre.

    Quelle équipe succèdera à celle d’Angola, au palmarès de la Coupe d’Afrique des nations féminine de handball, le 12 décembre 2018 à Brazzaville ? Les Angolaises, sacrées 12 fois en 23 éditions, font évidemment figure de favorites de cette CAN 2018, même si les Tunisiennes ont déjà réussi à contester leur suprématie, lors de la CAN 2014 notamment.

    La Tunisie évoluera dans le groupe A avec les Camerounaises, les Ivoiriennes, les Sénégalaises et les Algériennes. Bref, des adversaires pas forcément simples à battre, d’autant que la sélection tunisienne a été renouvelée, ces dernières années.

    Le groupe B de l’Angola s’annonce encore plus relevé. Les « Palancas Negras » affronteront les Guinéennes, avant de défier les Marocaines, les Congolaises de RDC, puis celles du Congo-B.

    Les deux Congo ambitieux

    Les deux Congo peuvent légitimement nourrir des ambitions, les Kinoises et les Brazzavilloises ayant régulièrement fini sur le podium ces dernières années. Surtout les locales, qui ont dominé la discipline avant les Angolaises, durant les années 1980.

    Pour briller à domicile, les autorités congolaises n’ont pas lésiné sur les moyens. Elles ont embauché le Français Thierry Vincent comme sélectionneur et ont par exemple naturalisé des joueuses du club de Mérignac (France) comme Audrey Deroin, Audrey Nganmogne, Audrey Bruneau, Laurine Daquin.

    Le Congo a vécu bien des turpitudes financières ces dernières années et le sport en a pâti après la tenue de Jeux Africains 2015 fastueux à Kintélé. Le pays avait par exemple renoncé à l’organisation du Championnat d’Afrique des nations masculin de basket-ball. Un Afrobasket 2017 pourtant censé accueillir plusieurs joueurs de la prestigieuse NBA.

    Un double enjeu

    Le Congo a donc consenti un effort pour cette CAN 2018 de handball féminin. Il faut dire que les trois meilleures équipes du tournoi seront qualifiées pour la prochaine Coupe du monde, dans un an au Japon (30 novembre-15 décembre 2019).

    Pour y parvenir, il faudra tout d’abord faire partie des quatre meilleurs (sur cinq) de chaque groupe, franchir les quarts de finale puis disputer des demi-finales prévues le 10 décembre.

    Chronologie et chiffres clés

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  • Afrique du Sud : le procès de Jacob Zuma pour corruption présumée reporté au 20 mai 2019

    Afrique du Sud : le procès de Jacob Zuma pour corruption présumée reporté au 20 mai 2019

    Le procès de l’ancien président Jacob Zuma, poursuivi pour corruption dans une affaire de ventes d’armes vieille de près de vingt ans, a été renvoyé au 20 mai 2019, a annoncé la justice sud-africaine.

    « Les poursuites judiciaires (…) sont reportées au 20 mai [2019, ndlr]. L’accusé numéro 1 [Jacob Zuma] devra se présenter au tribunal à 09h30 ce jour-là », a déclaré le 30 novembre le juge du tribunal de Pietermaritzburg, en Afrique du Sud, où Jacob Zuma comparaissait libre pour une brève audience, plongée momentanément dans le noir en raison d’une coupure de courant.

    Après une demi-heure d’audience, le juge Mjabulinesi Madondo a décidé de reporter l’audience au 20 mai prochain, notamment à la demande de l’avocat de Jacob Zuma. À l’extérieur du tribunal, des centaines de ses partisans avaient une nouvelle fois fait le déplacement pour apporter leur soutien à l’ancien président sud-africain, poursuivi pour corruption dans une affaire de ventes d’armes vieille de près de vingt ans.

    Pots-de-vin

    Le juge Mjabulinesi Madondo a prévu d’entendre du 20 au 23 mai les arguments des avocats représentant les deux coaccusés, Jacob Zuma et le groupe français de défense Thales, qui devraient demander à cette occasion la suspension permanente des poursuites.

    Dans cette affaire, Jacob Zuma, alors « ministre » provincial puis vice-président du pays, est accusé d’avoir touché pour 4 072 499,85 rands – 260 000 euros au cours actuel – de pots-de-vin de Thales lors d’un contrat d’armement de près de 4 milliards d’euros attribué en 1999. L’entreprise d’électronique et de défense est également poursuivie. Zuma, âgé de 76 ans, a toujours nié les allégations qui pèsent sur lui dans ce dossier.

    Englué dans plusieurs scandales, il a été poussé à la démission mi-février après un bras de fer avec son propre parti, le Congrès national africain (ANC, au pouvoir), et son vice-président, Cyril Ramaphosa, qui lui a succédé à la tête de l’État et s’est engagé à lutter contre la corruption.

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  • Madagascar: avant le second tour, mise au point de la société civile

    Madagascar: avant le second tour, mise au point de la société civile


    Par
    RFI

    Publié le 30-11-2018
    Modifié le 30-11-2018 à 12:20

    Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, tous deux ex-présidents, s’affronteront lors du second tour de l’élection présidentielle. À quelques jours du début de cette nouvelle campagne, la société civile malgache en appelle à la vigilance des citoyens. La plateforme AVG de protection de la nature a rappelé, cette semaine, que l’exploitation et les trafics de ressources naturelles avaient redoublé durant cette période électorale. « Une poignée de personnes composées d’opérateurs économiques et de politiciens véreux profitent de cette situation pour renforcer leurs activités illégales », alerte-t-elle. D’autres associations veulent aussi éveiller les consciences des futurs votants et avertir les candidats.

    Au siège de Safidy, l’observatoire national des élections, Faraniaina Ramarosaona tire les leçons de ce premier tour en vue du scrutin du 19 décembre prochain : « Compte tenu du taux de participation de 53% et de ce réservoir de 47% d’abstention, nous appelons les citoyens à voter massivement et en même temps à voter de manière attentive au moment du scrutin pour qu’il n’y ait pas de votes blancs et nuls, afin qu’ils ne soient pas revendiqués par les candidats, comme cela a été fait, là, au premier tour. Il vaut mieux dire “je vote pour tel ou tel”, plutôt que d’avoir le remord de ne pas avoir voté et d’être ensuite conduit par un dirigeant que nous n’avons pas voulu. »

    En dix ans, « la société civile a évolué », prévient de son côté Mbolatiana Raveloarimisa, l’une des fondatrices du mouvement citoyen Wake up Madagascar. Elle est devenue, affirme-t-elle, un vrai contrepouvoir : « Il faut que la société civile dise clairement à ces deux candidats que peu importe qui sera élu, on sera là, en tant que “watch dogs”, gardiens, pour veiller à ce que le pays n’aille pas plus mal. On se battra pour ce pays, on attaquera s’il le faut et surtout, on ne se laissera pas faire. Par ailleurs, par rapport au financement des campagnes, il faut vraiment se poser la question : d’où vient l’argent ? On ne peut pas élire un président qui a détourné des fonds parce qu’il va devoir tôt ou tard les rendre, et ce sera sur le compte du peuple malgache. Et jusqu’à présent, les instances en charge de ces questions n’ont toujours pas eu de réponse sur ce point. »

    Le 3 décembre prochain, la campagne électorale reprendra. Et avec elle, l’engagement de milliers de militants, prêts à réagir au nom de la consolidation de la démocratie.

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  • Crise aux Comores – Azali Assoumani : ” Je crois que la nouvelle Constitution peut être la solution “

    Crise aux Comores – Azali Assoumani : ” Je crois que la nouvelle Constitution peut être la solution “

    En visite à Paris, le chef de l’État comorien affirme que seul le régime fort instauré à l’issue du référendum de juillet permettra de sortir l’archipel des crises à répétition.

    Jeune Afrique : Le climat politique aux Comores s’est tendu depuis le référendum constitutionnel du 30 juillet. En quoi cette réforme, qui permet notamment au chef de l’État d’effectuer deux mandats successifs, était-elle nécessaire ?

    Azali Assoumani : Pour développer son pays, un président a besoin de plus qu’un mandat de cinq ans non renouvelable. Il peut maintenant se faire réélire, et ce par tout l’archipel alors que, jusqu’ici, le premier tour avait lieu uniquement sur l’île destinée à exercer la présidence tournante. Nous sommes revenus à un système classique, avec deux tours organisés sur tout le territoire, pour que le chef d’État comorien soit élu par l’ensemble du peuple.

    Nous avons opté pour un régime présidentiel fort, dans lequel j’assumerai en effet les deux fonctions de chef de l’État et du gouvernement

    Redoutiez-vous une « insularisation » de la politique comorienne ?

    Tout à fait. La présidence tournante mise en place en 2001 a su mettre fin aux tentations de séparatisme, et c’était la solution la moins mauvaise à l’époque. Mais elle a fait de mes compatriotes des insulaires avant d’être des Comoriens. Il s’agit donc, avec cette nouvelle Constitution, de renforcer le sentiment d’appartenance à l’Union des Comores et de consacrer son indivisibilité.


    >>> À LIRE – Azali Assoumani, président de toutes les Comores


    Le rôle du président s’en trouve renforcé puisqu’il devient aussi chef du gouvernement et qu’il n’y a plus de vice-présidents. Ne craignez-vous pas d’être un peu seul à la tête du pays ?

    La présence de trois vice-présidents ne permettait pas de répondre aux besoins du pays. Je suis favorable au système anglo-saxon, avec un Premier ministre issu du Parlement, mais cela n’est pas applicable aux Comores. Nous n’avons plus de temps à perdre pour développer notre pays. Nous avons opté pour un régime présidentiel fort, dans lequel j’assumerai en effet les deux fonctions de chef de l’État et du gouvernement, avec l’appui d’un secrétaire général qui fera le lien avec l’équipe ministérielle.

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  • Présidentielle en RDC: la sécurisation des candidats en question

    Présidentielle en RDC: la sécurisation des candidats en question


    Par
    RFI

    Publié le 30-11-2018
    Modifié le 30-11-2018 à 12:14

    La polémique enfle autour de la sécurisation des candidats à la présidence de la République en RDC. Sur les 21 candidats validés, seul un nombre réduit bénéficie de la protection recommandée par la loi. Certains candidats parlent d’un traitement inéquitable et menacent de solliciter une protection auprès de la Mission de l’ONU, la Monusco.

    Avenue des forces armées à Kinshasa, une bâtisse imposante surplombée de plusieurs drapeaux et d’un portrait géant abrite le quartier général d’un candidat à la présidence de la République. Depuis quelques jours, un groupe de policiers est positionné devant la parcelle. Selon la loi congolaise, chaque candidat à la présidentielle a droit à 25 policiers pour sa protection. Pour cette élection, ils sont 21 candidats. Mais, seulement cinq parmi eux bénéficient de cette protection.

    « Il y a des difficultés pour organiser la protection de certains candidats qui logent dans les hôtels dont les propriétaires sont allergiques à la présence des forces de l’ordre », expliquent les responsables de l’Unité de protection des hautes personnalités. Ces responsables révèlent également que certains candidats n’ont pas rempli les formalités requises ou tout simplement leurs adresses ne sont pas connues.

    « Faux », rétorque Théodore Ngoyi. Ce candidat déclare avoir reçu chez lui, deux hauts gradés de la police pour parler de sa protection. Une visite qui, selon lui, est restée sans suite. D’où sa décision de s’adresser à la Monusco pour assurer sa sécurité, et attirer l’attention de la communauté internationale sur ce qu’il appelle le caractère inéquitable du processus électoral.

    Selon le porte-parole de la police, le colonel Mwanaputu joint au téléphone, le candidat Théodore Ngoyi a exprimé des exigences exagérées. Pour cet officier, en dehors des hommes, des équipements et de la ration de ménage, la police n’a pas d’autres moyens à mettre à la disposition des candidats.

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  • France: les députés veulent plus de transparence dans l’aide au développement

    France: les députés veulent plus de transparence dans l’aide au développement


    Par
    RFI

    Publié le 30-11-2018
    Modifié le 30-11-2018 à 12:08

    En France, le budget de l’aide au développement doit sensiblement augmenter d’ici 2022. C’est la promesse faite l’an passé par le président Macron. Il avait notamment développé cette promesse, il y a tout juste un an, lors de son déplacement à Ouagadougou au Burkina Faso. Dans ce cadre, l’Agence française de développement va jouer un rôle de premier plan. En 2019, celle-ci sera dotée d’un milliard d’euros de crédits supplémentaires pour intervenir dans les pays les plus pauvres et notamment au Sahel. Certains députés de la majorité regrettent toutefois l’absence de transparence de l’action de l’AFD et appellent à un pilotage plus politique de l’aide française.

    Le 14 novembre dernier, devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, le député Frédéric Barbier met les pieds dans le plat. Lors de la présentation du projet de contrats d’objectifs et de moyens de l’agence française de développement pour la période 2017-2019, ce parlementaire de la majorité formule deux critiques : non seulement le document remis est trop court, estime-t-il, mais il est surtout présenté trop tard. « Son examen s’apparente plus à un enregistrement formel qu’à une véritable occasion de se prononcer sur le fond du projet », regrette le député.

    Une critique à peine voilée de l’AFD et de son fonctionnement. En creux, certains députés reprochent à l’agence son manque de transparence, comme Aina Kuric, député La République en marche : « Ce que j’attends de l’AFD, c’est qu’on ait un véritable suivi sur tous les investissements, les prêts, les dons qui sont faits, pour qu’on puisse – nous, derrière – évaluer et mieux contrôler, c’est aussi notre rôle, les différentes actions pour savoir si oui ou non, il y a des ajustements à faire. Aujourd’hui, c’est difficile à faire. »

    Au-delà du fonctionnement de l’AFD, plusieurs députés de la majorité appellent un meilleur pilotage politique de l’aide au développement, à l’image d’Hubert Julien-Lafferière : « Aujourd’hui, on est dans une situation où c’est trop complexe. Il y a un manque de lisibilité parce qu’on a une mission d’aide au développement qui est partagée entre d’autres programmes. L’un sous l’autorité du Quai d’Orsay, l’autre sous l’autorité de Bercy. Et ça, ce n’est pas très bon, donc je pense qu’il faudrait que l’ensemble de l’aide publique au développement soit sous l’autorité du quai d’Orsay. »

    Ce sujet devrait faire l’objet d’un débat à l’Assemblée en début d’année prochaine lors de l’examen du projet de loi d’orientation et de programmation.


    ■ L’AFD présent au Liberia

    Le Liberia est depuis quelques mois l’un des pays prioritaires pour l’aide française au développement. Conséquence de la visite de son président George Weah à Paris en février dernier. L’AFD a versé 5 millions d’euros d’aide budgétaire à Monrovia. Mais l’agence appuie aussi depuis ce mardi un projet d’aide à la création d’entreprises destinée à plusieurs milliers de jeunes libériens âgés de 18 à 35 ans. Là encore 5 millions d’euros, qui financeront aussi des bourses pour une quarantaine d’étudiants du supérieur.

    C’est un projet qui a deux volets.

    Rémy Rioux, directeur général de l’AFD

    30-11-2018
    – Par
    Pierre Pinto

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  • Tunisie : le savoir-faire des potières de Sejnane inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco

    Tunisie : le savoir-faire des potières de Sejnane inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco

    La Tunisie revendiquait déjà huit sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, mais le savoir-faire des potières de Sejnane (nord) est le premier bien immatériel à recevoir ce label.

    Le geste qu’elles perpétuent de mère en fille depuis des millénaires est désormais patrimoine de l’humanité. Une distinction dont les potières de Sejnane n’évaluent pas encore l’impact, mais qui va leur permettre de valoriser leur savoir-faire.


    >>> À LIRE – Tunisie : récit d’une colère ordinaire à Sejnane, la ville des cigognes


    Sejnane, enclave de la chaîne des Mogods qui a conservé des traditions berbères, porte à elle seule tous les symptômes et symboles de la Tunisie. Sans avoir bénéficié d’un quelconque développement sur les dernières décennies, la région se maintient avec l’exploitation des ressources des forêts et un peu de produits de la pêche. Un contexte difficile, pour cette ville qui a failli devenir en 2012 un califat islamique. Depuis cette alerte, le bourg, occupé aux travaux d’une terre rude, est retombé dans son silence.

    Une région menée par ses femmes

    Analphabètes pour beaucoup, les femmes portent à bout de bras la région. « On pousse les enfants à aller à l’école, on travaille aux champs, on distille les huiles essentielles en été et on fait des poteries en hiver. Nous comptons sur nos hommes pour porter nos produits à la ville, mais souvent ils y restent », raconte Sabiha, l’une des potières les plus connues, qui a surtout un rôle de chef de famille.

    Les décorations naïves des pièces uniques portent une empreinte primitive ; celle d’une céramique dont les origines remontent au Néolithique

    Son bien le plus précieux : le travail de la glaise transmis par sa mère. Aujourd’hui, Sabiha perpétue les gestes ancestraux depuis la préparation de la pâte, les formes des récipients qu’elle enfourne dans un four à pain. Les décorations naïves des pièces uniques qu’elle produit portent une empreinte primitive ; celle d’une céramique dont les origines remontent au Néolithique. Les premiers tessons découverts à Gafsa (Sud) ont permis aux archéologues d’identifier un faciès propre au Maghreb, la civilisation du Capsien, temps charnière de l’évolution humaine.

    Un succès qui s’exporte

    « L’inscription de cet élément permettrait de souligner le lien étroit existant entre le développement durable et l’identité culturelle », souligne Ghazi Ghraïri, ambassadeur de Tunisie auprès de l’Unesco, qui défend depuis plus d’un un an « une tradition vivante profondément ancrée dans la vie de la communauté et perçue comme un élément de l’identité locale ».

    Les potières de Sejnane n’ont pas attendu cette distinction pour être connues ; elles ont même créé une tendance « de l’objet utile, beau et écologiquement vertueux », auquel ont été sensibles des marchés en Europe du Nord. Mais comme pour toute exportation, celle des poteries de Sejnane a surtout profité aux intermédiaires. Reste aux potières à mesurer les retombées de ce label et à se fédérer pour valoriser leurs produits et briser l’enclave géographique et commerciale dans laquelle elles sont cantonnées.


    Les huit sites tunisiens inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO

    • Médina de Tunis
    • Site archéologique de Carthage
    • Cité punique de Kerkouane et sa nécropole
    • Amphithéâtre d’El Jem
    • Médina de Sousse
    • Kairouan
    • Site de Dougga
    • Parc national d’Ichkeul

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  • Côte d’Ivoire: mise en place d’un comité de suivi des financements chinois

    Côte d’Ivoire: mise en place d’un comité de suivi des financements chinois


    Par
    RFI

    Publié le 30-11-2018
    Modifié le 30-11-2018 à 11:59

    La Côte d’Ivoire va mettre en place un comité de suivi des financements chinois. Une décision annoncée au Conseil des ministres cette semaine. Les financements de Pékin en Côte d’Ivoire, comme ailleurs en Afrique, sont de plus en plus importants. L’Afrique en a besoin, mais certains pays commencent à être plus regardants sur leurs résultats.

    La Chine est présentée aujourd’hui comme le premier partenaire commercial de l’Afrique. Les partenaires occidentaux et multilatéraux alertent les pays du continent face au risque d’un dérapage de l’endettement auprès de Pékin.

    Selon l’économiste Alban Ahouré, cette inquiétude est l’un des éléments à l’origine de la décision de créer un comité de suivi en Côte d’Ivoire : « Cela peut être un élément important, mais pas le seul puisque nous avons beaucoup plus d’autres éléments comme : comment attirer ces capitaux dans un environnement de concurrence mondiale, si on prend le niveau des pays africains qui s’intéressent aux capitaux chinois ? Comment orienter ces capitaux vers les besoins ? Comment faire de telle sorte que ces capitaux aient des impacts réels ? Comment faire de telle sorte que ces investissements soient des investissements de qualité ? Parce qu’on peut avoir des infrastructures routières et autres construites par la Chine et après, il y a des remords quant à la qualité. On peut dire que tous ces facteurs exigent la mise en place d’une structure de veille. »

    Le futur comité sera composé de représentants chinois et ivoiriens, il devra ausculter la conduite d’une quinzaine de projets financés par la Chine. Selon l’économiste ivoirien, cette initiative devrait s’étendre à tous les investissements directs étrangers et autres capitaux déployés en Afrique, pour veiller à leur efficacité et surveiller le niveau de l’endettement dans chaque pays. A la fin de l’année dernière, le taux d’endettement de la Côte d’Ivoire était de 42,8%. C’est en dessous de 70%, le seuil fixé par l’Union économique et monétaire ouest-africaine, mais il ne cesse d’augmenter.

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