Le ComitĂ© exĂ©cutif de la ConfĂ©dĂ©ration africaine de football (CAF), qui se rĂ©unit le vendredi 30 novembre, prendra une dĂ©cision importante : il dĂ©cidera si le Cameroun organisera ou non la premiĂšre CAN Ă 24 de lâhistoire, lâannĂ©e prochaine (15 juin-13 juillet).
Les membres du ComitĂ© exĂ©cutif de la ConfĂ©dĂ©ration africaine de football (CAF) sont arrivĂ©s jeudi 29 novembre en ordre dispersĂ© Ă Accra, la capitale du Ghana, et pas seulement pour assister Ă la fin de la Coupe dâAfrique des nations fĂ©minine, dont la finale, entre le Nigeria et lâAfrique du Sud, est prĂ©vue dimanche 2 dĂ©cembre. Car le 30 novembre, toute lâAfrique en gĂ©nĂ©ral et le Cameroun en particulier devraient ĂȘtre suspendus Ă la dĂ©cision de lâinstance, pour un sujet devenu hautement sensible : celui de la CAN 2019.
Depuis plusieurs mois, et mĂȘme un peu plus, une des occupations essentielles de tous ceux qui sâintĂ©ressent de prĂšs ou de loin aux affaires du football africain consiste Ă spĂ©culer sur un Ă©ventuel retrait de la compĂ©tition au Cameroun, et de la voir confiĂ©e Ă un autre pays, le Maroc par exemple.
Le 30 novembre, la CAF devrait prendre une dĂ©cision dĂ©finitive, mais pourrait ne pas la communiquer dans la foulĂ©e. Soit la CAN aura bien lieu au Cameroun, et le dĂ©bat sera clĂŽt. Soit elle lui retirera lâorganisation, avant de lancer un appel Ă candidatures auquel rĂ©pondront les pays volontaires. Et parmi eux, on mettrait bien une piĂšce sur le MarocâŠ
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LâUNAF met la pression, le Maroc tout en retenue
Du cĂŽtĂ© de Rabat, la mesure est de mise. MĂȘme si certains marocains rĂȘvent plus ou moins ouvertement de rĂ©cupĂ©rer lâĂ©vĂ©nement le plus couru du sport africain, personne, et surtout pas en haut lieu, nâa eu le mauvais goĂ»t dây faire officiellement allusion. Pas plus tard que le 26 novembre, lors dâune confĂ©rence de presse, Fouzi LekjĂąa, le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration royale marocaine de football (FRMF) et HervĂ© Renard, le sĂ©lectionneur français des Lions de lâAtlas dĂ©jĂ qualifiĂ©s pour la phase finale, ont assurĂ© le Cameroun de tout leur soutien, tout en confirmant que gagner la CAN serait lâobjectif du Maroc.
Une dĂ©claration pleine dâempathie, intervenue juste aprĂšs la divulgation dâun courrier adressĂ© Ă la CAF par lâUnion nord-africaine de football (UNAF) â et dont le Maroc fait partie â Ă lâissue de son AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale organisĂ©e Ă Rabat, et oĂč cette organisation rĂ©gionale rĂ©clamait le strict « respect du cahier des charges pour lâorganisation de la CAN 2019. » Un courrier qui a fortement dĂ©plu au Cameroun, alors quâun dirigeant dâune fĂ©dĂ©ration africaine sâest gondolĂ© en lisant les propos du duo LekjĂąa-Renard : « Le Maroc, diplomatiquement, ne peut rien faire dâautre que soutenir le Cameroun. La lettre de lâUNAF est forcĂ©ment un moyen de faire pression sur la CAF. En Afrique, oĂč des gens sâinterrogent sur la capacitĂ© du Cameroun Ă respecter les dĂ©lais, tout le monde sait que le Maroc a tout ce quâil faut pour accueillir la CAN. Tout est prĂȘt au cas oĂč ! »
Quatre missions dâinspection
La CAF, depuis quâelle a validĂ© la rĂ©forme de sa compĂ©tition en juillet 2017, a modifiĂ© le cahier des charges, exigeant notamment que six stades (Douala, Garoua, LimbĂ©, Bafoussam et deux Ă YaoundĂ©), soient retenus, contre quatre pour une Ă©dition Ă 16. Et Ahmad Ahmad, le prĂ©sident malgache de la CAF, a plusieurs fois rappelĂ© le Cameroun Ă ses obligations, Ă©voquant des retards pris sur certains chantiers, regrettant mĂȘme, en aoĂ»t 2017, « lâinertie du Cameroun. »
Quatre missions ont Ă©tĂ© effectuĂ©es sur place pour faire le point sur lâavancĂ©e des travaux (stades, terrains dâentraĂźnement, voies dâaccĂšs, hĂŽtellerie, communicationâŠ) dont la derniĂšre a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e du 10 au 15 novembre dernier. Au mois dâoctobre, une dĂ©lĂ©gation conduite par le Djibrilla Hima Hamidou, colonel de lâarmĂ©e nigĂ©rienne et prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration de football de son pays, avait pour thĂšme principal la situation sĂ©curitaire. Car le Cameroun traverse une pĂ©riode agitĂ©e politiquement, avec la crise anglophone et les frĂ©quentes attaques terroristes des islamistes de Boko Haram dans le Nord.
Ahmad joue lâapaisement
Lors de sa rencontre avec Paul Biya Ă YaoundĂ© le 2 octobre dernier, juste avant lâĂ©lection prĂ©sidentielle camerounaise qui a conduit Ă la réélection du chef de lâĂtat, Ahmad Ahmad avait tenu des propos un peu plus rassurants, affirmant que « la CAF nâa pas de plan B, et nâavait pas rĂ©flĂ©chi Ă un retrait de la CAN au Cameroun. » Le Malgache avait plusieurs fois rĂ©pĂ©tĂ© avant son voyage en Afrique centrale que la CAF ne prendrait aucune dĂ©cision avant la prĂ©sidentielle camerounaise, afin de ne pas perturber la campagne Ă©lectorale. Et Paul Biya avait assurĂ© Ă son invitĂ© que tout serait prĂȘt pour organiser la grande fĂȘte du football africain.