Category: Afrique

  • AprĂšs le retrait de son organisation au Cameroun, la CAN 2019 ira-t-elle au Maroc ?

    AprĂšs le retrait de son organisation au Cameroun, la CAN 2019 ira-t-elle au Maroc ?

    La ConfĂ©dĂ©ration africaine de football a finalement retirĂ© l’organisation de la prochaine Coupe d’Afrique des nations au Cameroun. Une aubaine pour le Maroc


    C’est une importante dĂ©lĂ©gation marocaine conduite par Fouzi LakjaĂą, le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration royale marocaine de football (FRMF), qui s’est envolĂ©e, jeudi 29 novembre, en direction de la capitale ghanĂ©enne, Accra, pour assister au comitĂ© exĂ©cutif de la ConfĂ©dĂ©ration africaine de football (CAF).

    Plus de doute dĂšs jeudi

    À peine le pied posĂ© sur le tarmac, on se rĂ©jouissait dĂ©jĂ , au sein de la dĂ©lĂ©gation, des chances du royaume d’accueillir la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en juin prochain. Car pour les Marocains, le retrait de l’organisation de la compĂ©tition footballistique la plus prestigieuse du continent au Cameroun ne faisait dĂ©jĂ  plus de doute.

    Et pour cause : les retards accusĂ©s par le pays dans la rĂ©alisation des infrastructures nĂ©cessaires Ă  l’accueil de la CAN sont connus depuis plusieurs mois, et ont mĂȘme Ă©tĂ© explicitement pointĂ©s du doigt lors du dernier comitĂ© exĂ©cutif de la CAF, fin septembre, Ă  Charm el-Cheikh.


    >>> À LIRE – Football : le Cameroun n’est pas prĂȘt Ă  accueillir la CAN 2019, selon la commission d’organisation de la CAF


    Vendredi, Ă  Accra, l’affaire a Ă©tĂ© tranchĂ©e dĂ©finitivement : le Cameroun est officiellement hors-jeu et un nouvel appel Ă  candidatures a Ă©tĂ© lancĂ©. Dans un tel contexte, le Maroc fait figure de favori. Le royaume a en effet plusieurs atouts Ă  faire valoir. Un dossier quasiment ficelĂ©, puisque le pays s’était portĂ© candidat Ă  l’organisation du Mondial 2026 – attribuĂ© in fine au trio nord amĂ©ricain Canada, États-Unis et Mexique -, et des infrastructures dĂ©jĂ  opĂ©rationnelles rĂ©pondant aux normes exigĂ©es par la CAF.

    Faire oublier le désistement de 2015

    L’organisation de la CAN 2019 par le Maroc serait en outre une belle revanche pour le royaume, qui n’a plus abritĂ© cette compĂ©tition depuis 1988. Lors de la CAN 2015, le Maroc s’était dĂ©sistĂ©, Ă©voquant alors le risque sanitaire de propagation du virus Ebola, qui faisait des ravages sur le continent.

    Un faux bond qui avait valu au royaume des sanctions de la part de la ConfĂ©dĂ©ration africaine. Mais depuis, la direction de la CAF a changĂ©. L’arrivĂ©e du Malgache Ahmad Ahmad, rĂ©putĂ© proche du royaume, s’est accompagnĂ©e d’un renforcement de la reprĂ©sentativitĂ© marocaine au sein des organes de l’instance continentale.

     

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  • Football : la CAN 2019 n’aura pas lieu au Cameroun

    Football : la CAN 2019 n’aura pas lieu au Cameroun

    La phase finale de la Coupe d’Afrique des nations 2019 (15 juin-13 juillet) n’aura pas lieu au Cameroun, a dĂ©cidĂ© la ConfĂ©dĂ©ration africaine de football (CAF), ce 30 novembre 2018 Ă  Accra. Le ComitĂ© exĂ©cutif (ComEx) de la CAF estime que les Camerounais ne seront pas prĂȘts Ă  temps pour organiser la CAN 2019. Le ComEx va lancer un appel Ă  candidature pour trouver un nouveau pays-hĂŽte.

    Cette fois, c’est officiel : aprĂšs 20 mois de polĂ©miques, la ConfĂ©dĂ©ration africaine de football (CAF) a bel et bien retirĂ© au Cameroun l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2019. La phase finale de la CAN 2019 (15 juin-13 juillet) aura par ailleurs lieu dans un autre pays, suite Ă  un rapide appel Ă  candidatures. Ainsi en a dĂ©cidĂ© le ComitĂ© exĂ©cutif (ComEx) de la CAF, rĂ©uni ce 30 novembre 2018 Ă  Accra, en marge de la Coupe d’Afrique des nations fĂ©minine.

    Une source proche du prĂ©sident de la CAF a indiquĂ© Ă  RFI que la ConfĂ©dĂ©ration Ă©tudiait un Ă©ventuel report de la compĂ©tition au Cameroun Ă  2021. Dans cette hypothĂšse, la CĂŽte d’Ivoire organiserait la CAN en 2023… Le cas de la GuinĂ©e, censĂ©e ĂȘtre la terre d’accueil de la CAN 2023, n’a en revanche pas Ă©tĂ© abordĂ©.

    Trop d’incertitudes aux yeux de la CAF

    Ce vendredi, le ComEx a Ă©tudiĂ© un rapport dressĂ© par sa Commission d’organisation de la CAN. Il s’agit d’une synthĂšse des deux derniĂšres inspection faites au Cameroun en octobre/novembre. Les conclusions ne sont pas bonnes pour le Cameroun, qui a pourtant mis les bouchĂ©es doubles ces derniers mois, dĂ©pensant des dizaines de milliards de francs CFA pour ĂȘtre prĂȘt dans les temps.

    Peu aprĂšs son Ă©lection en mars 2017, Ahmad, le prĂ©sident de la CAF, avait pointĂ© du doigt les nombreux retards constatĂ©s du cĂŽtĂ© camerounais. Le fait que le format de la CAN ait changĂ©, avec davantage d’équipes prĂ©sentes et de matches Ă  disputer, avait accentuĂ© l’inquiĂ©tude du Malgache. Mais son discours s’était adouci, notamment aprĂšs une entrevue avec le prĂ©sident camerounais, Paul Biya. Le patron du football africain Ă©tait ainsi passĂ© de menaces de retrait pur et simple Ă  peine voilĂ©es, Ă  une invitation Ă  accepter un report du tournoi.

    L’Afrique du Sud, l’Egypte et le Maroc Ă  la lutte ?

    Le ComitĂ© exĂ©cutif a demandĂ© aux pays intĂ©ressĂ©s par la CAN 2019 de se signaler rapidement. Un cabinet d’audit sera chargĂ© de dĂ©signer le remplaçant du Cameroun, avant la fin du mois de dĂ©cembre.

    D’aprĂšs nos informations, les Egyptiens auraient, comme les Sud-Africains, dĂ©jĂ  manifestĂ© leur intĂ©rĂȘt, contrairement aux Marocains, plus prudents mais souvent citĂ©s en recours depuis 2017. L’Egypte a dĂ©jĂ  accueilli quatre fois la CAN (en 1959 avec la Syrie, en 1974, en 1986 et en 2006). Oussama IsmaĂŻl, porte-parole de la FĂ©dĂ©ration Ă©gyptienne de football, a confiĂ© Ă  RFI : « Nous sommes intĂ©ressĂ©s par l’opportunitĂ© d’organiser la Coupe d’Afrique des nations. Nous n’allons pas dire non. L’Egypte est toujours prĂȘte Ă  accueillir ce genre d’évĂ©nements. Nos stades militaires et civils pourront accueillir de fortes affluences de supporters en toute sĂ©curitĂ©. »

    Deux candidats semblent toutefois se dĂ©gager : l’Afrique du Sud et le Maroc. Les Sud-Africains et les Marocains disposent a priori de la stabilitĂ© et des infrastructures pour accueillir cette premiĂšre Coupe d’Afrique des nations Ă©largie, avec 24 Ă©quipes et 52 matches au lieu de 16 Ă©quipes et 32 rencontres. Le pays de Nelson Mandela peut Ă©videmment compter sur les dix stades de la Coupe du monde 2010.

    La quatriĂšme CAN de suite Ă  ĂȘtre dĂ©placĂ©e

    La CAN 2019 est donc la quatriĂšme phase finale de suite Ă  changer de pays hĂŽte. La CAN 2013 devait avoir lieu en Libye mais avait Ă©tĂ© confiĂ©e Ă  une Afrique du Sud censĂ©e abriter l’édition 2017. La CAN 2015 avait Ă©tĂ© retirĂ©e au Maroc et la GuinĂ©e Ă©quatoriale avait Ă©tĂ© appelĂ©e Ă  la rescousse. Et la CAN 2017 d’abord attribuĂ©e Ă  l’Afrique du Sud, puis Ă  la Libye, avait finalement eu lieu au Gabon…

    « Le football en Afrique dĂ©pend de nos gouvernements. Mais notre prioritĂ© est de prĂ©server l’intĂ©rĂȘt de nos acteurs et surtout nos joueurs. Je ne sais pas s’il existe des statistiques, mais beaucoup ont Ă©tĂ© blessĂ©s lors des CAN pour des raisons de conditions d’organisation », a dĂ©clarĂ© le prĂ©sident Ahmad.

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  • Des outils vieux de 2,4 millions d’annĂ©es dĂ©couverts en AlgĂ©rie

    Des outils vieux de 2,4 millions d’annĂ©es dĂ©couverts en AlgĂ©rie

    C’est une trouvaille qui pourrait remettre en cause le titre de « berceau de l’humanité » de l’Afrique de l’Est. Une Ă©quipe de chercheurs publie dans la revue Science les rĂ©sultats de fouilles archĂ©ologiques menĂ©es en AlgĂ©rie, au cours desquelles ils ont trouvĂ© des outils façonnĂ©s par une main humaine il y a 2,4 millions d’annĂ©es. C’est presque aussi vieux que les plus anciens jamais dĂ©couverts, en Ethiopie.

    Ils n’ont pas l’air de grand-chose ces galets en calcaire et ces silex. Et pourtant, ils ont quatre particularitĂ©s qui les rendent trĂšs intĂ©ressants aux yeux des palĂ©ontologues. Tout d’abord, ils sont vieux : 2,4 millions d’annĂ©es. Ce sont Ă©galement des outils, car il apparaĂźt qu’ils ont Ă©tĂ© façonnĂ©s, biseautĂ©s, par des mains humaines, ce qui en fait parmi les plus vieux jamais dĂ©couverts. Ils ont par ailleurs Ă©tĂ© utilisĂ©s, puisque des cadavres d’animaux dĂ©pecĂ©s et frappĂ©s ont Ă©tĂ© dĂ©nichĂ©s non loin. Enfin, et plus surprenant encore, ils se trouvent lĂ  oĂč on ne s’attendait pas du tout Ă  les voir, non loin de SĂ©tif, Ă  300 kilomĂštres Ă  l’est d’Alger.

    Pourquoi est-ce surprenant ? Parce qu’on avait dĂ©jĂ  dĂ©couvert des outils, plus vieux encore et les plus anciens jamais trouvĂ©s : 2,6 millions d’annĂ©es. Mais c’est Ă  5 000 kilomĂštres de lĂ , sur le site de Gona, en Ethiopie. « Il y a deux explications possibles », avance Mohammed Sahnouni, qui a dirigĂ© ces fouilles. « Soit il y a eu une migration trĂšs rapide des premiers humains depuis l’Afrique de l’Est en direction de l’AlgĂ©rie. Soit ce sont les populations qui vivaient en AlgĂ©rie Ă  l’époque qui ont dĂ©veloppĂ© par elles-mĂȘmes la technologie pour façonner des outils. On aurait alors une origine multiple de l’émergence de la technologie lithique et l’adoption d’un rĂ©gime alimentaire basĂ© sur la consommation de viande ».

    Une courte diffĂ©rence d’ñge de 200 000 ans

    En l’état actuel des recherches, il est impossible de trancher entre ces deux hypothĂšses. Ceci dit, le cƓur de Mohammed Sahnouni et de son Ă©quipe a sa prĂ©fĂ©rence : « La diffĂ©rence d’ñge entre les outils Ă©thiopiens et algĂ©riens est trĂšs courte, 200 000 ans. Ce n’est pas suffisant pour une migration depuis l’Afrique de l’Est vers le Nord en parcourant plus de 5 000 kilomĂštres, avec toutes les entraves. Si on considĂšre Ă©galement la dĂ©mographie de ces premiers humains, c’est compliqué : il s’agissait de groupes trĂšs restreints ne dĂ©passant pas 15 individus. C’est pour ces raisons que nous favorisons la deuxiĂšme hypothĂšse. » Le chercheur reste cependant prudent : « La premiĂšre n’est pas Ă  exclure non plus ! ».

    Si Mohammed Sanhouni et son Ă©quipe ne se trompent pas, le scĂ©nario plaçant l’Afrique de l’Est comme « berceau de l’humanité » s’en trouverait chahutĂ©. Reste cependant Ă  savoir Ă  partir de quand l’humanitĂ© est devenue humanitĂ©.

    L’émergence du genre Homo, dont Homo sapiens est le dernier reprĂ©sentant, est considĂ©rĂ©e comme point de dĂ©part. C’est l’apparition d’Homo habilis, nommĂ© ainsi pour sa capacitĂ© Ă  faire des outils, il y a justement 2,5 millions d’annĂ©es environ qui marquerait le dĂ©but. Si cette capacitĂ© est apparue Ă  plusieurs endroits au mĂȘme moment comme le pense Mohammed Sanhouni, l’Afrique de l’Est perdrait alors son titre. Si on remonte plus loin dans le temps en revanche, il n’y a alors plus lieu de discuter : les australopithĂšques, qui ne sont pas des hommes, mais dont l’homme est descendu, sont, en effet, en l’état actuel des connaissances, originaire de l’Afrique de l’Est. Cette fois, pas de doute possible, les plus vieux fossiles dĂ©couverts ont environ 4 millions d’annĂ©es.

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  • RDC: MoĂŻse Katumbi lance un appel Ă  ses compatriotes

    RDC: MoĂŻse Katumbi lance un appel Ă  ses compatriotes

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  • «Congo Files»: le rĂŽle trouble de militaires

    «Congo Files»: le rÎle trouble de militaires


    Par
    Sonia Rolley

    Publié le 30-11-2018
    Modifié le 30-11-2018 à 18:42

    C’est une fuite sans prĂ©cĂ©dent. Des milliers de pages de documents confidentiels des Nations unies relatifs Ă  l’assassinat de deux experts mandatĂ©s par le Conseil de sĂ©curitĂ©. Michael Sharp et Zaida Catalan avaient Ă©tĂ© chargĂ©s d’enquĂȘter sur les violences en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo. Les « Congo Files » documentent les pistes et options levĂ©es par les enquĂȘteurs ainsi que les multiples entraves qu’ils ont rencontrĂ©es entre mars 2017 et septembre 2018. Leur exploitation a fait l’objet d’une collaboration entre plusieurs mĂ©dias internationaux : RFI, Le Monde, Foreign Policy, SĂŒddeutsche Zeitung et la tĂ©lĂ©vision suĂ©doise SVT. Ces documents rĂ©vĂšlent notamment le rĂŽle trouble jouĂ© par certains officiers de l’armĂ©e.

    Kananga, capitale du KasaĂŻ Central, province tourmentĂ©e de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC). Le 25 mars 2017 Ă  16h20, l’un des enquĂȘteurs de l’ONU chargĂ© de retrouver les experts disparus quinze jours plus tĂŽt reçoit un SMS. Son auteur, Jean Bosco Mukanda. Rien d’inhabituel lĂ -dedans : l’enseignant du village-paroisse de Bunkonde, ancien chef de milice et proche de l’armĂ©e congolaise, s’est imposĂ© comme la principale source d’information des Nations unies sur le tragique destin de l’AmĂ©ricain Michael Sharp et de la SuĂ©do-Chilienne Zaida Catalan, il « serait un tĂ©moin oculaire » de leur meurtre, prĂ©cise-t-on sobrement dans le rapport transmis ce jour-lĂ  par l’équipe de recherche.

    Cette Ă©quipe de deux enquĂȘteurs est dĂ©ployĂ©e depuis neuf jours par la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) pour aider le bureau de Kananga, aux ressources limitĂ©es, Ă  trouver des pistes censĂ©es guider les casques bleus et les policiers onusiens. En cette fin du mois de mars, le binĂŽme a perdu espoir de retrouver les experts en vie et soupçonne dĂ©jĂ  son meilleur informateur d’avoir Ă©tĂ© plus qu’un tĂ©moin passif de l’assassinat. Jusqu’ici, Jean Bosco Mukanda ne leur a jamais rĂ©vĂ©lĂ© le lieu oĂč Michael Sharp et Zaida Catalan Ă©taient enterrĂ©s. Mais ce jour-lĂ , le message qui arrive sur leur tĂ©lĂ©phone leur offre une nouvelle piste :  l’arrestation d’un « garçon milicien », Marcel Tshibue Bibomba, qui pourrait, selon Jean Bosco Mukanda, les conduire jusqu’aux corps de leurs deux collĂšgues.

    Treize minutes aprĂšs le SMS de M. Mukanda, l’équipe reçoit un appel du capitaine « Jobe Bayiranga (en phonĂ©tique), commandant en second du 53Ăšme bataillon FARDC basĂ© Ă  Bunkonde [qui] dĂ©pend de la 5Ăšme Brigade ». Le capitaine Jove Balianga, de son vrai nom, est avec l’empressĂ© Jean Bosco Mukanda. L’officier congolais lui passe son tĂ©lĂ©phone. M. Mukanda raconte alors aux enquĂȘteurs onusiens avoir enfin obtenu des prĂ©cisions sur le lieu oĂč les experts sont enterrĂ©s. Cet appel est consignĂ© dans les « Congo Files » auxquels RFI, Le Monde, Foreign Policy, SĂŒddeutsche Zeitung et la tĂ©lĂ©vision suĂ©doise SVT ont eu accĂšs. Ces milliers de pages de documents confidentiels de l’ONU rĂ©vĂšlent les dĂ©marches entreprises et les entraves subies dans les enquĂȘtes de l’ONU entourant la mort de l’AmĂ©ricain Michael Sharp et de la SuĂ©do-Chilienne Zaida Catalan.

    EXCLUSIVE: After two U.N. experts were murdered in Congo last year, a U.N. panel concluded they had stumbled into a random ambush. But evidence now suggests they may have walked into a government trap. https://t.co/J1e8KRQYsZ

      Foreign Policy (@ForeignPolicy) 29 novembre 2018

    Retarder la découverte de la scÚne du crime ?

    Les enquĂȘteurs dĂ©pĂȘchĂ©s par la Monusco mettront plus de quinze jours Ă  retrouver les corps de leurs deux collĂšgues, faute d’une carte Ă  jour, noyĂ©s sous un flot incessant d’informations contradictoires. Pourtant l’ONU a trĂšs vite su que les deux enquĂȘteurs du Conseil de sĂ©curitĂ© avaient disparu en ce 12 mars 2017 sur la route de Bunkonde.

    Quelques heures aprĂšs le premier message d’alerte, le lundi 13 Ă  8h56, le chef du bureau de l’ONU Ă  Kananga envoie un « flash report » donnant pour mort Michael Sharp et Zaida Catalan : « Ils auraient Ă©tĂ© tuĂ©s par des prĂ©sumĂ©s miliciens dans la rĂ©gion de Bunkonde, territoire de Dibaya ». Il mentionne mĂȘme Moyo Musuila, la petite localitĂ© prĂšs de laquelle les corps seront finalement retrouvĂ©s.

    Si le 13 mars au matin, Ă  Kananga, le sort des experts semble certain, dans les jours qui suivent, plusieurs sources dĂ©mentent Ă  l’ONU la mort de Michael Sharp et Zaida Catalan. Parmi elles, il y a un certain Pascal Mutombo, qui se prĂ©sente comme le frĂšre d’un prĂȘtre de Bunkonde. C’est grĂące Ă  lui que la Monusco mettra la main sur « Patrick Alpha » et la vidĂ©o du meurtre de Michael Sharp et Zaida Catalan.

    Parmi ces sources Ă©galement, les capitaines Balianga et Mbwara, les deux officiers basĂ©s Ă  Bunkonde qui sont en contact quasi quotidien avec Jean Bosco Mukanda et ne font pas mystĂšre de leur collaboration avec lui. Le capitaine Jove Balianga est mĂȘme l’une des premiĂšres personnes que l’ancien chef de milice, aujourd’hui inculpĂ© pour dans ce dossier, a prĂ©venu dans les minutes qui ont suivi la mort des deux enquĂȘteurs du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU.

    Le 16 mars 2017, la Monusco est bien dĂ©cidĂ©e Ă  dĂ©pĂȘcher, en plus de casques bleus uruguayens trop peu nombreux pour mener les opĂ©rations de recherche, un dĂ©tachement de forces spĂ©ciales tanzaniennes, spĂ©cialement venues de l’est. Mais les deux officiers congolais en poste Ă  Bunkonde mettent l’ONU en garde : les deux experts « ont Ă©tĂ© kidnappĂ©s, mais ils sont toujours en vie ». Les deux comparses proposent mĂȘme de mener une mission de reconnaissance pour chercher des « preuves de vie ». « ConsidĂ©rant la mention rĂ©pĂ©tĂ©e que les deux experts seraient en vie, tout accroissement de la prĂ©sence de la Monusco au sol, notamment par le biais de patrouilles dans le secteur oĂč ces derniers seraient potentiellement dĂ©tenus, pourrait prĂ©senter un risque pour leur sĂ©curité », conclut le rapport quotidien de l’équipe de recherche datĂ© du 16 mars.

    Vingt-quatre heures plus tard, c’est un complet revirement. Les mĂȘmes officiers confirment que Michael Sharp et Zaida Catalan sont morts, prenant de court leurs interlocuteurs. Ils n’expliquent rien, ils confirment, c’est tout. Et quand le soir mĂȘme, une patrouille des casques bleus uruguayens arrive enfin dans les environs de Bunkonde, c’est encore sur l’incontournable Jean Bosco Mukanda qu’elle tombe, les villages environnants semblent avoir Ă©tĂ© dĂ©sertĂ©s.

    Les deux officiers de Bunkonde

    Les informations livrĂ©es par Jean Bosco Mukanda s’avĂšrent exactes. Les deux corps mal enfouis sont finalement retrouvĂ©s. La police des Nations unies (UNPOL) dĂ©cide de son propre chef d’ouvrir une enquĂȘte. Rompue aux procĂ©dures, elle se met directement en rapport avec l’officier de police de judiciaire de Bunkonde. Cet entretien, les policiers onusiens le racontent dans leur rapport du 7 avril 2017 : « Ce dernier nous a confirmĂ© (aprĂšs avoir reçu un coup de fil du capitaine Mbwara) qu’il a auditionnĂ© deux Ă©lĂ©ments [des milices Kamuina Nsapu] qui ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s par le dĂ©nommĂ© Jean Bosco Mukanda, enseignant Ă  l’école catholique de Bunkonde, en collaboration avec le capitaine Mbwara ». Dans cette note confidentielle, les policiers onusiens expliquent que l’un des deux, le seul qui semblait vĂ©ritablement liĂ© au dossier, s’est Ă©vadĂ© le 2 avril avant que la Monusco n’ait l’autorisation de procĂ©der Ă  son transfert.

    Plus Ă©trange encore, selon l’UNPOL, le prĂ©sident de la sociĂ©tĂ© civile locale avait Ă©tĂ© « invitĂ© par le capitaine Jove Balianga » Ă  Ă©couter les confessions du dĂ©nommĂ© Marcel Tshibue Bibomba. L’entrevue a eu lieu au quartier gĂ©nĂ©ral des FARDC Ă  Bunkonde. Devant les militaires, des policiers et Jean Bosco Mukanda, le dĂ©tenu dĂ©bite une histoire qui accrĂ©dite la version des autoritĂ©s congolaises, Ă  savoir que des miliciens sont responsables de cet assassinat.

    L’information restera de deuxiĂšme main. Le « garçon milicien » ne sera jamais retrouvĂ©. Dans un rapport datĂ© de la mi-mai, aprĂšs plusieurs entretiens croisĂ©s, la police des Nations unies s’agace de l’absence d’enquĂȘte sĂ©rieuse de la justice militaire congolaise sur les conditions de l’évasion de Marcel Tshibue Bibomba. Le capitaine Mbwara « qui a jouĂ© un rĂŽle important dans la supposĂ© Ă©vasion » et Jean Bosco Mukanda « qui a participĂ© Ă  sa libĂ©ration » n’ont jamais Ă©tĂ© auditionnĂ©s. L’ONU devra se contenter de l’arrestation de quatre policiers, seuls blĂąmĂ©s pour l’opportune Ă©vasion d’un acteur peut-ĂȘtre clef mais sans contradicteur.

    Le capitaine Jove Balianga, chef de poste Ă  Bunkonde, dit faire partie de l’ancienne 5e brigade des FARDC, celle qui Ă©tait autrefois dirigĂ©e par le colonel Kasikila, un officier rendu cĂ©lĂšbre pour avoir dĂ©noncĂ© en 2005 l’existence de fosses communes dans l’est du Congo et qui, pour cela, a immĂ©diatement perdu son commandement. Au Kasai, dix ans plus tard, les militaires de la « 5e brigade » ne sont plus considĂ©rĂ©s comme les hĂ©ros d’un combat perdu d’avance contre l’impunitĂ©.

    AprĂšs des annĂ©es de brassage, cette unitĂ© – composĂ©e d’un mĂ©lange hĂ©tĂ©roclite d’anciens de l’armĂ©e de Mobutu et de rebelles de l’est qui l’ont renversĂ© – est Ă  son tour soupçonnĂ©e d’ĂȘtre responsable de l’apparition des fosses communes dans la zone coutumiĂšre du chef insurgĂ© Kamuina Nsapu. Ce sont ces mĂȘmes militaires qui le 12 aoĂ»t 2016 partent Ă  l’assaut de sa maison. Ce chef coutumier, Jean Prince Mpandi, sera tuĂ©, son corps mutilĂ©, un crime Ă  l’origine du soulĂšvement populaire qui dĂ©passera les frontiĂšres de son royaume et du KasaĂŻ Central.

    Depuis, les anciens de la 5e brigade sont soupçonnĂ©s de plusieurs massacres, notamment Ă  Mwanza Lomba en dĂ©cembre 2017 et Ă  Tshimbulu en janvier et fĂ©vrier 2017. RFI a pu obtenir six vidĂ©os d’exactions qui leur sont attribuĂ©es, toutes tournĂ©es par des militaires. Quand le 8 mars 2016, quatre jours avant le meurtre des experts, le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, le prince jordanien Zeid Ra’ad Al Hussein, rĂ©clame une commission d’enquĂȘte indĂ©pendante, c’est avant tout pour enquĂȘter sur les crimes qui se sont dĂ©roulĂ©s dans la zone de dĂ©ploiement de cette unitĂ©. Depuis janvier 2017, ces militaires sont soupçonnĂ©s d’avoir tirĂ© Ă  coups de lance-roquettes sur de prĂ©sumĂ©s miliciens Kamuina Nsapu, des femmes et des enfants pour la plupart, armĂ©s pour la plupart de bĂątons, de couteaux et de quelques fusils de chasse traditionnels.

    L’unitĂ© de Nkonko Tshiela

    Les policiers onusiens se placent dans les pas des deux experts, ils retracent notamment le trajet qu’ils ont parcouru le jour de l’assassinat. Sur diffĂ©rentes cartes, ils signalent les positions de l’armĂ©e par lesquelles Michael Sharp et Zaida Catalan ont nĂ©cessairement dĂ» passer. Car le jour du meurtre, les deux experts de l’ONU auraient forcĂ© l’un des barrages de l’armĂ©e dans cette mĂȘme localitĂ© de Nkonko Tshiela. Les militaires n’auraient pas engagĂ© de poursuite et n’auraient appris que bien plus tard l’assassinat des enquĂȘteurs du Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU, c’est la version officielle de l’armĂ©e congolaise.

    Le capitaine Hamuli Baguma, « chef de la position du 2101 rĂ©gime d’infanterie basĂ© Ă  Nkonko Tshiela » est interrogĂ© par les enquĂȘteurs onusiens. Presque un mois aprĂšs le meurtre, il leur dit se souvenir du passage des trois motos le matin du 12 mars 2017, sans ĂȘtre en mesure d’en prĂ©ciser l’heure, deux « Boxer bajaj et une Yamaha, couleurs rouge et bleue » qui transportaient « deux Blancs et un homme noir ». Le capitaine Hamuli Baguma dĂ©crit l’équipage Ă  grands renforts de dĂ©tails, se souvenant mĂȘme de leurs « petits sacs Ă  dos » qui ne seront jamais retrouvĂ©s. Le chef de poste de Nkonko Tshiela dit se rappeler mĂȘme de quatre motards qui seraient passĂ©s quelques temps aprĂšs les experts. Mais il dĂ©ment toute vellĂ©itĂ© de poursuites. Le capitaine Hamuli assure que lui et ses quinze soldats n’avaient pas de moyens de dĂ©placement. « C’est une position statique », insiste l’officier congolais. Ce dernier jure que jusqu’à Bunkonde, la route est entiĂšrement contrĂŽlĂ© par les miliciens Kamuina Nsapu.

    Cette version est d’autant plus surprenante pour l’UNPOL que trois jours aprĂšs le meurtre, une mission, composĂ©e de policiers onusiens et de membres de la section des droits de l’homme, avait tentĂ© d’emprunter la mĂȘme route que celle des experts. Les enquĂȘteurs de l’ONU qui cherchaient Ă  confirmer l’existence de fosses communes ont tous, ou presque, rapportĂ© des entraves, actes d’intimidation, menaces ou mĂȘme mises en joue de la part des militaires dĂ©ployĂ©s Ă  proximitĂ©. La mission de Nkonko n’avait pas fait exception. Les policiers onusiens rapportent dans leur note confidentielle du 17 avril 2016 que le convoi de l’ONU a Ă©tĂ© « bloquĂ© dans ses enquĂȘtes sur les fosses communes par du personnel militaire prĂšs de l’école des officiers FARDC » de Nkonko qui serait « le site d’enfouissement des victimes des affrontements Ă  Tshikaji de novembre 2016 ».

    L’UNPOL remet le sujet sur la table dans sa note confidentielle du 3 mai 2017. Les policiers onusiens s’étonnent ouvertement de l’attitude que l’armĂ©e congolaise prĂ©tend avoir adoptĂ©e : « Pourquoi les militaires ont-ils essayĂ© d’arrĂȘter les trois motos le 12 mars (…) ? Mais elles continuent ensuite dans une zone Kamuina Nsapu, les experts sont tuĂ©s et rien n’est fait ? »  Entre mars et septembre 2017, les Ă©quipes d’enquĂȘte de la Monusco qui se sont succĂ©dĂ© notent plusieurs faits troublants dans les agissements d’un groupe d’officiers autour de la date fatidique du 12 mars.

    Avant mĂȘme que l’ONU n’ait eu la certitude que ces experts avaient Ă©tĂ© tuĂ©s, un haut gradĂ© de l’armĂ©e congolaise avait partagĂ© mi-mars ses doutes, il avait « suggĂ©rĂ© de regarder du cĂŽtĂ© des FARDC et de l’ANR comme de possibles causes de la disparition de nos collĂšgues ». Mais ce jour-lĂ , les enquĂȘteurs des Nations unies prennent leur distance avec les informations fournies. Ils prĂ©cisent que « tout n’est peut-ĂȘtre pas juste, qu’il s’agit d’une seule source ». « Sans avoir prĂ©sentĂ© des preuves de ce qu’il avançait », cette gorge profonde signale des mouvements suspects parmi certains responsables des forces et services de sĂ©curitĂ©, le week-end du meurtre, comme la disparition du « Colonel Safari et de ses escortes » alors en poste Ă  Kananga.

    Pour Ă©tayer son propos, cette source haut placĂ©e va rappeler quelques faits Ă  ses interlocuteurs onusiens : l’unitĂ© sous commandement du colonel Safari n’est pas inconnue du systĂšme onusien. Ce sont les hommes du 812e rĂ©giment des FARDC, accusĂ© de complicitĂ© avec la rĂ©bellion du M23. En fĂ©vrier 2013, dans l’est du Congo, ces mĂȘmes militaires avaient orchestrĂ© le massacre de plusieurs centaines de civils Ă  Kitchanga.

    L’ONU avait appuyĂ© les enquĂȘtes de la justice militaire congolaise, mais les principaux responsables de la tuerie n’ont jamais Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s. Ils avaient juste Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s loin de la frontiĂšre dans les KasaĂŻ pour Ă©viter toute trahison au profit des rebelles et de leur parrain rwandais. A l’époque, le groupe d’experts de l’ONU avait Ă©tĂ© le seul Ă  nommer publiquement les officiers impliquĂ©s, sans parvenir Ă  obtenir des sanctions Ă  leur encontre. Ce sont ces mĂȘmes officiers et leurs frĂšres d’armes du 812e qui Ă©taient dĂ©ployĂ©s sur la route entre Kananga et le lieu oĂč Michael Sharp et Zaida Catalan seront finalement tuĂ©s.


    Un black-out le jour du meurtre

    Le dimanche 12 mars 2017, entre 12h06 et 16h49, Michael Sharp, Zaida Catalan et leurs trois accompagnateurs congolais connus ne passent aucun appel, ils sont tuĂ©s peu aprĂšs. Pour la justice militaire congolaise, ces cinq heures incommunicado reprĂ©sentent le temps que les experts ont passĂ© entre les mains de miliciens insurgĂ©s Kamuina Nsapu qui les auraient dĂ©pouillĂ©s, privĂ©s de leurs moyens de communications. Pourtant, l’experte suĂ©doise lance un appel Ă  l’aide Ă  16h49, elle a bel et bien toujours l’un de ses portables en main.

    Les experts de l’ONU ne sont pas les seuls Ă  disparaĂźtre des rĂ©seaux de communication. Fait inhabituel rĂ©vĂ©lĂ© par les « Congo Files », plusieurs officiers FARDC ne communiquent plus sur leurs numĂ©ros officiels, certains pour quelques heures, d’autres pour quelques jours. Quarante-huit heures avant l’assassinat, le colonel Safari, dont l’absence de Kananga avait Ă©tĂ© signalĂ©e par la gorge profonde de l’ONU, a Ă©teint son portable, il ne le rallume qu’une semaine plus tard dans une autre province.

    Si le capitaine Hamuli Baguma, chef de la position FARDC de Nkonko n’est pas en mesure de prĂ©ciser l’heure Ă  laquelle Michael Sharp et Zaida Catalan ont forcĂ© son barrage, il cesse toute communication aprĂšs un dernier SMS Ă  11h53. Son collĂšgue, le capitaine Mbwara de la position voisine de Bunkonde disparaĂźt des « fadettes » toute la matinĂ©e, il n’échange qu’à l’heure oĂč les experts sont kidnappĂ©s et est Ă  nouveau injoignable Ă  partir de 13h41. Les deux officiers retrouvent une activitĂ© tĂ©lĂ©phonique quelques minutes aprĂšs le meurtre, respectivement Ă  17h10 et 17h19. C’est Ă©galement le cas pour Jean Bosco Mukanda. L’ancien chef de milice, reconverti en informateur de l’armĂ©e, plutĂŽt volubile, disparaĂźt pendant plusieurs heures des rĂ©seaux en ce dimanche 12 mars 2017. Il ne rallume ses diffĂ©rents portables que pour diffuser largement la macabre nouvelle de l’assassinat de deux Blancs par les sanguinaires milices Kamuina Nsapu.

    Dans les « fadettes » obtenues par l’ONU, il y a d’autres dĂ©tails plus troublants encore. Le lendemain du meurtre, le 13 mars, la carte SIM du prĂ©sumĂ© interprĂšte des experts, Betu Tshintela, est rĂ©activĂ©e, insĂ©rĂ©e dans un nouveau portable. Son numĂ©ro Ă©change avec un certain Cris Tambwe. A ce moment-lĂ , les policiers onusiens ont un liĂšvre bien plus gros Ă  lever et ne rĂ©alisent pas immĂ©diatement qu’il s’agit d’un colonel de l’armĂ©e. GrĂące Ă  l’analyse des « fadettes », un autre haut-gradĂ© est entrĂ© dans leur collimateur. Jean de Dieu Mambweni est identifiĂ© comme « l’intermĂ©diaire entre les experts et leur interprĂšte » qui, apprend-on quelques jours plus tard, est « un ancien agent de renseignements ».

    Le colonel Mambweni est en contact avec l’incontournable Jean Bosco Mukanda, ils se parlent le jour de l’arrivĂ©e des experts Ă  Kananga, ils auront des contacts plus rĂ©guliĂšrement encore aprĂšs leur mort. Dans sa note confidentielle du 3 juin 2017, l’UNPOL raconte une anecdote insolite sur la relation qu’entretiennent l’officier et l’ancien milicien : « Le magistrat militaire a dĂ©cidĂ© de relĂącher Jean Bosco Mukanda, il dit avoir appelĂ© le colonel Mambweni de la 21e rĂ©gion militaire pour qu’il envoie une Jeep pour aider Jean Bosco Ă  retourner Ă  Bunkonde ». Le magistrat instructeur justifie sa dĂ©cision par l’insĂ©curitĂ© qui prĂ©vaut sur la route. La veille, il avait assurĂ© aux mĂȘmes enquĂȘteurs de l’ONU qu’il avait « reçu des instructions de sa hiĂ©rarchie pour arrĂȘter Jean Bosco sans qu’aucune charge ne soit retenue ». En avril 2017, Jean Bosco Mukanda avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© et libĂ©rĂ©. La Monusco n’avait pas reçu plus d’explications la premiĂšre fois.

    Devant le tribunal militaire de Kananga, le 18 octobre 2018, le colonel Mambweni a assurĂ© ne rien savoir du projet des experts de se rendre dans la rĂ©gion de Bunkonde. En dĂ©cembre 2017, lors d’un entretien exclusif accordĂ© Ă  RFI et l’agence de presse Reuters, le mĂȘme colonel avait pourtant expliquĂ© par le menu qu’il avait mis les experts en relation avec un policier qui avait parlĂ© de « caches d’armes » dans la rĂ©gion de Bunkonde. Ils Ă©taient « obsĂ©dĂ©s » par l’idĂ©e de se rendre dans cette zone, avait mĂȘme confiĂ© ce colonel, avant d’assurer ne rien savoir des Ă©vĂšnements de mars 2017.

    A la barre, Jean de Dieu Mambweni a Ă©galement jurĂ© ĂȘtre sur la route de Tshikapa, sans rĂ©seau et sans batterie, le jour du meurtre. A en croire ses « fadettes », ce colonel Ă©tait pourtant bel et bien Ă  Kananga en ce dimanche 12 mars 2017, plutĂŽt bavard sur ses deux numĂ©ros connus. Au moment oĂč le vice-Premier ministre en charge de l’intĂ©rieur atterrit Ă  Kananga et que tous les cadres civils et militaires sont rĂ©unis Ă  l’aĂ©roport pour l’accueillir, l’un des tĂ©lĂ©phones du colonel Mambweni accroche le signal de l’antenne-relais de Nkonko 1. Il est 17h25 prĂ©cisĂ©ment. Une demi-heure plus tĂŽt, Ă  16h49, c’est l’antenne-relais voisine, Nkonko 2, que Zaida Catalan tente d’alerter sa soeur Elisabeth Morseby. En vain, quelques minutes plus tard, l’experte suĂ©doise et son collĂšgue amĂ©ricain sont assassinĂ©s.

    â–ș Toute la sĂ©rie sur les rĂ©vĂ©lations des « Congo Files »

    â–șRetrouvez le cinquiĂšme et dernier volet de cette enquĂȘte le 1er dĂ©cembre 2018 Ă  17h TU sur RFI.fr

    DROIT DE REPONSE

    Cette enquĂȘte a nĂ©cessitĂ© presque deux ans d’investigations pour tenter de comprendre les conditions dans lesquelles les deux experts onusiens, Michael Sharp et Zaida Catalan ont Ă©tĂ© assassinĂ©s.

    Le procĂšs ouvert le 5 juin 2017 Ă  Kananga est toujours en cours. Il a Ă©tĂ© suspendu 10 mois sur demande du secrĂ©tariat gĂ©nĂ©ral de l’ONU. Le procureur canadien Robert Petit a Ă©tĂ© nommĂ© pour soutenir l’enquĂȘte judiciaire congolaise.

    • Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert MendĂ©, appelle les Nations unies Ă  transmettre toutes leurs informations, y compris relatives Ă  des agents de l’Etat, Ă  la justice militaire congolaise. “C’est parce que nous savons que des membres du personnel de l’Etat sont capables de poser des actes attentatoires aux lois que nous avons instituĂ© la justice militaire”, ajoute-t-il. Il dĂ©ment en revanche toute responsabilitĂ© de l’Etat congolais : “La responsabilitĂ© pĂ©nale est individuelle”
    • L’auditeur gĂ©nĂ©ral de l’armĂ©e, TimothĂ©e Mukuntu, dit ne pas avoir eu connaissance du dossier d’enquĂȘte de la police des Nations Unies. Il dĂ©ment toute entrave de la justice militaire, mais reconnaĂźt “une certaine lenteur mais pas de volontĂ© d’entraver quoi que ce soit”.
    • L’un des porte-paroles du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU assure qu’Antonio Guterres a fait “tout ce qui Ă©tait en son pouvoir” pour que justice soit rendue. Selon StĂ©phane Dujarric, “l’ONU ne peut qu’offrir son assistance ou, en cas de rĂ©ticence d’un Etat membre, user de tous les outils diplomatiques et politiques pour persuader les autoritĂ©s de faire le bon choix”.
    • L’ancien numĂ©ro 1 du comitĂ© d’enquĂȘte de l’ONU, Gregory Starr, assure “n’avoir voulu protĂ©ger personne”, il rappelle que ce comitĂ© n’était qu’une enquĂȘte administrative et pas une enquĂȘte criminelle.
    • Le prĂ©sumĂ© interprĂšte des experts et ancien agent de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR), Betu Tshintela, est donnĂ© pour mort par les autoritĂ©s congolaises. La Monusco dit toujours rechercher son corps.
    • Le principal tĂ©moin, l’ancien chef de milice et enseignant, Jean Bosco Mukanda, a finalement Ă©tĂ© inculpĂ© en septembre 2018, un an aprĂšs les premiĂšres rĂ©vĂ©lations de RFI.
    • Les deux inspecteurs de la Direction gĂ©nĂ©rale des Migrations et anciens collaborateurs de l’Agence Nationale des Renseignements, JosĂ© Tshibuabua et Thomas Nkashama, ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s depuis novembre 2017. Ils ne sont inculpĂ©s jusqu’à prĂ©sent que pour le meurtre des quatre accompagnateurs congolais de Michael Sharp et Zaida Catalan. Ils ont comparu pour la premiĂšre fois quelques jours avant la publication de cette enquĂȘte.
    • Le colonel Jean de Dieu Mambweni Ă©tait indisponible pour rĂ©pondre aux questions de RFI, mais lors d’une prĂ©cĂ©dent entretien le 1er dĂ©cembre 2017, il avait assurĂ© n’avoir eu aucun contact avec les experts de l’ONU lors de leur dernier sĂ©jour Ă  Kananga. Le colonel Mambweni avait Ă©galement jurĂ© ne rien savoir du meurtre.
    • Le colonel François Muhire, les capitaines Balianga, Mbwara, Hamuli sont restĂ©s indisponibles pour rĂ©pondre aux questions de RFI.
    • SollicitĂ© par RFI, le colonel Isaac Safari a expliquĂ© qu’il avait reçu le 9 mars 2017 l’ordre de se rendre Ă  Lusambo dans la province du Sankuru. Il assure ne jamais avoir rencontrĂ© Michael Sharp et Zaida Catalan. Ce colonel dit avoir dĂ» marcher Ă  pied “dans une Ă©paisse forĂȘt” pendant six jours pour se rendre dans sa zone de dĂ©ploiement, ce qui explique, selon lui, qu’il ait Ă©tĂ© injoignable.

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  • AlgĂ©rie : les encouragements de Bouteflika, la mise en garde d’Ouyahia

    AlgĂ©rie : les encouragements de Bouteflika, la mise en garde d’Ouyahia

    Deux hommes se sont succĂ©dĂ© au pupitre mercredi 28 novembre : le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la prĂ©sidence, Habba El Okbi, s’exprimant au nom du prĂ©sident Abdelaziz Bouteflika, et le Premier ministre Ahmed Ouyahia. Deux discours adressĂ©s aux walis, mais parfois Ă©loignĂ©s dans le contenu. DĂ©cryptage.

    Lors de la rencontre entre le gouvernement et les walis (prĂ©fets), qui s’est tenue mercredi 28 novembre, le prĂ©sident Abdelaziz Bouteflika a adressĂ© un message, prononcĂ© par le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la prĂ©sidence, Habba El Okbi. Son Premier ministre (PM), Ahmed Ouyahia, s’est lui aussi exprimĂ© Ă  cette occasion.

    Le premier discours emploie un ton presque « guerrier ». Le prĂ©sident commence son texte par une allusion aux Ă©vĂ©nements de la Toussaint rouge, en novembre 1954, pĂ©riode marquant le dĂ©but de la lutte contre le colonisateur français, pour se terminer par un hommage aux « martyrs ». Entre les deux, il dresse un bilan positif de son passage au pouvoir, tout en appelant Ă  plusieurs reprises son auditoire – mais aussi l’ensemble des AlgĂ©riens – Ă  lutter contre des ennemis communs qu’il appelle « les aventuristes » ou encore « les cellules dormantes ». Le mot « peuple » revient Ă  onze occurrences dans le texte.


    >>> À LIRE – [Tribune] AlgĂ©rie : Bouteflika au lance-flammes


    Quant Ă  Ahmed Ouyahia, il a optĂ© pour l’injonction. S’adressant directement aux walis, le Premier ministre leur a donnĂ© quatre recommandations : la prise en considĂ©ration de la situation Ă©conomique du pays dans la prise de dĂ©cision, l’accĂ©lĂ©ration du dĂ©veloppement hors hydrocarbures, la gestion du dĂ©fi de la croissance dĂ©mographique et l’amĂ©lioration du service public.

    Une réponse à Crisis Group ?

    Dans son dernier rapport sur l’AlgĂ©rie, le think tank amĂ©ricain n’y est pas allĂ© de main morte. IntitulĂ© « Surmonter la paralysie Ă©conomique de l’AlgĂ©rie », le compte-rendu estime que les difficultĂ©s de l’économie sont profondĂ©ment liĂ©es Ă  l’immobilisme politique. Pour « libĂ©rer le pays de sa dĂ©pendance aux hydrocarbures », « le gouvernement devrait faire un effort de transparence sur l’état des finances publiques et amĂ©liorer les perspectives pour les jeunes », estime Crisis Group.

    Le mot « développement » a été prononcé 14 fois par le président et 16 fois par le Premier ministre

    Une critique que le gouvernement algĂ©rien semble avoir pris Ă  cƓur. Preuve en est, le mot « dĂ©veloppement », prononcĂ© 14 fois par le prĂ©sident et 16 fois par le Premier ministre. « Ce que nous avons accompli [
], frĂšres et amis y voient un exemple de dĂ©veloppement social intĂ©grĂ© ayant rĂ©habilitĂ© l’homme en le plaçant au cƓur de l’approche de dĂ©veloppement », affirme de son cĂŽtĂ© Abdelaziz Bouteflika. Une rhĂ©torique Ă  l’opposĂ© du constat Ă©tabli par Crisis Group.


    >>> À LIRE – AlgĂ©rie : « Le pays s’achemine petit Ă  petit vers la pente du Venezuela »


    « Si certains rĂ©duisent les enjeux du prĂ©sent et de l’avenir au changement et Ă  la succession des responsables et des personnes, et entreprennent pour des raisons obscures de propager cette idĂ©e [
], vous savez que l’enjeu est beaucoup plus grand », affirme le prĂ©sident. Ce dernier rĂ©pond ainsi Ă  la « paralysie politique » mise avancĂ©e dans le rapport, mais aussi Ă©voquĂ©e par bon nombre de ses opposants, qui appellent Ă  son dĂ©part Ă  la fin de son mandat.

    Un PM moins optimiste que son président

    « Les deux derniĂšres dĂ©cennies de la vie de notre pays n’ont pas Ă©tĂ© faciles, et nombreux sont ceux parmi vous Ă  avoir eu l’honneur de m’accompagner dans ce processus Ă  diffĂ©rents niveaux de responsabilitĂ©. Vous avez Ă©tĂ© Ă  la hauteur. Vous avez consenti des sacrifices et rĂ©ussi de grandes rĂ©alisations », Ă©crit le prĂ©sident dans son discours, dressant un bilan positif de ses vingt ans de prĂ©sidence.

    L’expression « deux derniĂšres dĂ©cennies » est employĂ©e Ă  trois reprises. Elle est suivie Ă  chaque fois de l’énumĂ©ration des rĂ©alisations positives accomplies par le rĂ©gime, notamment « l’amĂ©lioration de l’ensemble des indicateurs fondamentaux de dĂ©veloppement ».

    Le Premier ministre, qui n’emploie pas une seule fois le terme « stabilité », semble plus frileux que le prĂ©sident

    Sur cette question, le Premier ministre, qui n’emploie pas une seule fois le terme « stabilité », semble plus frileux que le prĂ©sident. La complexitĂ© de la situation Ă©conomique est rappelĂ©e Ă  plusieurs reprises. S’appuyant sur des chiffres et des donnĂ©es empiriques, absents du discours du prĂ©sident, tels que la volatilitĂ© du prix du pĂ©trole, le taux de l’emprunt algĂ©rien, le taux d’inflation, il rappelle la fragilitĂ© de l’économie algĂ©rienne, tout en affirmant que celle-ci « n’est pas une catastrophe, comme le prĂ©tendent certains ».

    Concernant les perspectives, le prĂ©sident Bouteflika veut rassurer en donnant de la cohĂ©rence. « Ce que nous avons accompli jusqu’à prĂ©sent n’est qu’une Ă©tape dans un long processus », Ă©crit-il. « L’AlgĂ©rie a de grandes potentialitĂ©s Ă  mettre en valeur, avec un peu de patience et beaucoup plus de travail », relativise de son cĂŽtĂ© Ouyahia. Si le ton de la recommandation est claire chez Ouyahia, il est moins prononcĂ© chez Bouteflika. Les deux fixent pourtant les mĂȘmes objectifs pour l’avenir : l’affranchissement de la rente pĂ©troliĂšre, suivie du dĂ©veloppement humain et de la gĂ©nĂ©ralisation de ses bĂ©nĂ©fices, ainsi que la modernisation de l’administration.

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  • CĂŽte d’Ivoire : l’empoissonnement prĂ©sumĂ© de Gaston OuassĂ©nan KonĂ© alimente la psychose

    CĂŽte d’Ivoire : l’empoissonnement prĂ©sumĂ© de Gaston OuassĂ©nan KonĂ© alimente la psychose

    Le gĂ©nĂ©ral Ă  la retraite Gaston OuassĂ©nan KonĂ©, 79 ans, vice-prĂ©sident du PDCI et proche d’Henri Konan BĂ©diĂ©, affirme avoir Ă©tĂ© victime d’un empoisonnement. Si les circonstances restent encore floues, l’affaire provoque la psychose dans les rangs des opposants.

    « Les gens ne veulent pas qu’on le dise, mais j’ai Ă©tĂ© empoisonné ». Jusque-lĂ , Gaston OuassĂ©nan KonĂ©, et le Parti dĂ©mocratique de CĂŽte d’Ivoire (PDCI), dont il est vice-prĂ©sident, entretenait le flou sur le mal dont il a Ă©tĂ© frappĂ©, qui a nĂ©cessitĂ© une Ă©vacuation sanitaire en France, dĂ©but octobre.

    ObsĂšques Ă  Korhogo

    Mercredi 28 novembre, quelques jours aprĂšs son retour au pays, l’ex-ministre de la SĂ©curitĂ© de BĂ©diĂ© a affirmĂ© Ă  un groupe de cadres du PDCI qu’il recevait chez lui avoir Ă©tĂ© victime d’un empoisonnement, sans toutefois donner de prĂ©cisions quant Ă  la nature du poison. Et moins encore sur les circonstances de l’empoisonnement prĂ©sumĂ©.

    Les faits remonteraient au samedi 22 septembre. Ce jour-là, le général représente son vieil ami Bédié aux obsÚques de Ténéna Victor Yéo, ancien maire de Korhogo (Nord), ville natale du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Tout le gotha natif du Nord, du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, mouvance présidentielle) est présent.

    AprĂšs la levĂ©e du corps, qui avait eu lieu la veille sur le parvis de la cathĂ©drale Saint-Jean-Baptiste-de-Korhogo, une veillĂ©e funĂšbre suivie de l’inhumation et d’une collation ont lieu Ă  Lavononkaha, le village du dĂ©funt, situĂ© Ă  31 km de Korhogo. Ce serait Ă  l’une de ces Ă©tapes que Gaston OuassĂ©nan KonĂ© aurait Ă©tĂ© empoisonnĂ©. L’affaire n’a Ă©tĂ© Ă©bruitĂ©e dans la presse qu’en octobre, aprĂšs des rumeurs persistantes.

    Rumeurs et psychoses

    Et « l’affaire OuassĂ©nan » n’est pas la seule Ă  avoir alimentĂ© ces rumeurs. Une autre continue de circuler, portant cette fois sur une supposĂ©e tentative d’empoisonnement d’Henri Konan BĂ©diĂ©, alors qu’il se trouvait Ă  son domicile de Daoukro (centre). Le coupable dĂ©signĂ© serait, en fonction des versions, une familiĂšre ou un cuisinier
 « Faux ! », dĂ©ment fermement une proche de l’ancien chef d’État.

    Autre leader politique, autre rumeur. Mais confirmĂ©e, cette fois : Guillaume Soro, prĂ©sident de l’AssemblĂ©e nationale, en rupture de ban avec son parti, le Rassemblement des rĂ©publicains (RDR d’Alassane Ouattara), se montre de plus en plus prudent en public. « Il ne mange presque plus en dehors de son cadre familial », confie mĂȘme l’un de ses proches.


    >>> À LIRE – Cîte d’Ivoire : Soro, toujours sur le qui-vive


    Cette psychose est telle que certains proches d’opposants rĂ©cemment disparus se mettent Ă  douter. MoĂŻse Lida Kouassi, baron du Front populaire ivoirien (FPI, de Laurent Gbagbo) avait ainsi rĂ©clamĂ© une autopsie, aprĂšs la mort brutale, le 21 octobre 2018, de Marcel Gossio, ex-directeur gĂ©nĂ©ral du Port autonome d’Abidjan. Un ponte du FPI Ă©galement proche de Pascal Affi N’Guessan, prĂ©sident du FPI.

    Mais il semble que la psychose n’est pas que dans le seul camp de l’opposition. Certains barons du pouvoir ont, eux aussi, limitĂ© leurs dĂ©jeuners en public. Le vice-prĂ©sident Daniel Kablan Duncan, par exemple, a pris l’habitude lors des assemblĂ©es publiques de ne boire que de l’eau stockĂ©e dans son vĂ©hicule, que lui sert son aide de camp dans son propre verre


    Tandis que la psychose enfle sur les rĂ©seaux sociaux, de nombreux internautes demandent qu’une enquĂȘte soit menĂ©e pour Ă©lucider le prĂ©sumĂ© empoisonnement de OuassĂ©nan. Le concernĂ©, quant Ă  lui, n’a pas encore dĂ©voilĂ© ses intentions quant-Ă  un Ă©ventuel dĂ©pĂŽt de plainte.

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  • CAN 2018 de Handball: battre les Angolaises et aller au Mondial 2019

    CAN 2018 de Handball: battre les Angolaises et aller au Mondial 2019

    La 23e Coupe d’Afrique des nations fĂ©minine de handball se dĂ©roule du 2 au 12 dĂ©cembre 2018 Ă  Brazzaville. Les trois meilleures Ă©quipes de la CAN 2018 seront qualifiĂ©es pour la Coupe du monde 2019 au Japon. Les Angolaises, qui ont remportĂ© douze fois la compĂ©tition, constitueront l’équipe Ă  battre.

    Quelle Ă©quipe succĂšdera Ă  celle d’Angola, au palmarĂšs de la Coupe d’Afrique des nations fĂ©minine de handball, le 12 dĂ©cembre 2018 Ă  Brazzaville ? Les Angolaises, sacrĂ©es 12 fois en 23 Ă©ditions, font Ă©videmment figure de favorites de cette CAN 2018, mĂȘme si les Tunisiennes ont dĂ©jĂ  rĂ©ussi Ă  contester leur suprĂ©matie, lors de la CAN 2014 notamment.

    La Tunisie Ă©voluera dans le groupe A avec les Camerounaises, les Ivoiriennes, les SĂ©nĂ©galaises et les AlgĂ©riennes. Bref, des adversaires pas forcĂ©ment simples Ă  battre, d’autant que la sĂ©lection tunisienne a Ă©tĂ© renouvelĂ©e, ces derniĂšres annĂ©es.

    Le groupe B de l’Angola s’annonce encore plus relevĂ©. Les « Palancas Negras » affronteront les GuinĂ©ennes, avant de dĂ©fier les Marocaines, les Congolaises de RDC, puis celles du Congo-B.

    Les deux Congo ambitieux

    Les deux Congo peuvent légitimement nourrir des ambitions, les Kinoises et les Brazzavilloises ayant réguliÚrement fini sur le podium ces derniÚres années. Surtout les locales, qui ont dominé la discipline avant les Angolaises, durant les années 1980.

    Pour briller Ă  domicile, les autoritĂ©s congolaises n’ont pas lĂ©sinĂ© sur les moyens. Elles ont embauchĂ© le Français Thierry Vincent comme sĂ©lectionneur et ont par exemple naturalisĂ© des joueuses du club de MĂ©rignac (France) comme Audrey Deroin, Audrey Nganmogne, Audrey Bruneau, Laurine Daquin.

    Le Congo a vĂ©cu bien des turpitudes financiĂšres ces derniĂšres annĂ©es et le sport en a pĂąti aprĂšs la tenue de Jeux Africains 2015 fastueux Ă  KintĂ©lĂ©. Le pays avait par exemple renoncĂ© Ă  l’organisation du Championnat d’Afrique des nations masculin de basket-ball. Un Afrobasket 2017 pourtant censĂ© accueillir plusieurs joueurs de la prestigieuse NBA.

    Un double enjeu

    Le Congo a donc consenti un effort pour cette CAN 2018 de handball féminin. Il faut dire que les trois meilleures équipes du tournoi seront qualifiées pour la prochaine Coupe du monde, dans un an au Japon (30 novembre-15 décembre 2019).

    Pour y parvenir, il faudra tout d’abord faire partie des quatre meilleurs (sur cinq) de chaque groupe, franchir les quarts de finale puis disputer des demi-finales prĂ©vues le 10 dĂ©cembre.

    Chronologie et chiffres clés

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  • Afrique du Sud : le procĂšs de Jacob Zuma pour corruption prĂ©sumĂ©e reportĂ© au 20 mai 2019

    Afrique du Sud : le procÚs de Jacob Zuma pour corruption présumée reporté au 20 mai 2019

    Le procĂšs de l’ancien prĂ©sident Jacob Zuma, poursuivi pour corruption dans une affaire de ventes d’armes vieille de prĂšs de vingt ans, a Ă©tĂ© renvoyĂ© au 20 mai 2019, a annoncĂ© la justice sud-africaine.

    « Les poursuites judiciaires (
) sont reportĂ©es au 20 mai [2019, ndlr]. L’accusĂ© numĂ©ro 1 [Jacob Zuma] devra se prĂ©senter au tribunal Ă  09h30 ce jour-là », a dĂ©clarĂ© le 30 novembre le juge du tribunal de Pietermaritzburg, en Afrique du Sud, oĂč Jacob Zuma comparaissait libre pour une brĂšve audience, plongĂ©e momentanĂ©ment dans le noir en raison d’une coupure de courant.

    AprĂšs une demi-heure d’audience, le juge Mjabulinesi Madondo a dĂ©cidĂ© de reporter l’audience au 20 mai prochain, notamment Ă  la demande de l’avocat de Jacob Zuma. À l’extĂ©rieur du tribunal, des centaines de ses partisans avaient une nouvelle fois fait le dĂ©placement pour apporter leur soutien à l’ancien prĂ©sident sud-africain, poursuivi pour corruption dans une affaire de ventes d’armes vieille de prĂšs de vingt ans.

    Pots-de-vin

    Le juge Mjabulinesi Madondo a prĂ©vu d’entendre du 20 au 23 mai les arguments des avocats reprĂ©sentant les deux coaccusĂ©s, Jacob Zuma et le groupe français de dĂ©fense Thales, qui devraient demander Ă  cette occasion la suspension permanente des poursuites.

    Dans cette affaire, Jacob Zuma, alors « ministre » provincial puis vice-prĂ©sident du pays, est accusĂ© d’avoir touchĂ© pour 4 072 499,85 rands – 260 000 euros au cours actuel – de pots-de-vin de Thales lors d’un contrat d’armement de prĂšs de 4 milliards d’euros attribuĂ© en 1999. L’entreprise d’électronique et de dĂ©fense est Ă©galement poursuivie. Zuma, ĂągĂ© de 76 ans, a toujours niĂ© les allĂ©gations qui pĂšsent sur lui dans ce dossier.

    EngluĂ© dans plusieurs scandales, il a Ă©tĂ© poussĂ© Ă  la dĂ©mission mi-fĂ©vrier aprĂšs un bras de fer avec son propre parti, le CongrĂšs national africain (ANC, au pouvoir), et son vice-prĂ©sident, Cyril Ramaphosa, qui lui a succĂ©dĂ© Ă  la tĂȘte de l’État et s’est engagĂ© Ă  lutter contre la corruption.

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  • Madagascar: avant le second tour, mise au point de la sociĂ©tĂ© civile

    Madagascar: avant le second tour, mise au point de la société civile


    Par
    RFI

    Publié le 30-11-2018
    Modifié le 30-11-2018 à 12:20

    Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana, tous deux ex-prĂ©sidents, s’affronteront lors du second tour de l’Ă©lection prĂ©sidentielle. À quelques jours du dĂ©but de cette nouvelle campagne, la sociĂ©tĂ© civile malgache en appelle Ă  la vigilance des citoyens. La plateforme AVG de protection de la nature a rappelĂ©, cette semaine, que l’exploitation et les trafics de ressources naturelles avaient redoublĂ© durant cette pĂ©riode Ă©lectorale. « Une poignĂ©e de personnes composĂ©es d’opĂ©rateurs Ă©conomiques et de politiciens vĂ©reux profitent de cette situation pour renforcer leurs activitĂ©s illĂ©gales », alerte-t-elle. D’autres associations veulent aussi Ă©veiller les consciences des futurs votants et avertir les candidats.

    Au siĂšge de Safidy, l’observatoire national des Ă©lections, Faraniaina Ramarosaona tire les leçons de ce premier tour en vue du scrutin du 19 dĂ©cembre prochain : « Compte tenu du taux de participation de 53% et de ce rĂ©servoir de 47% d’abstention, nous appelons les citoyens Ă  voter massivement et en mĂȘme temps Ă  voter de maniĂšre attentive au moment du scrutin pour qu’il n’y ait pas de votes blancs et nuls, afin qu’ils ne soient pas revendiquĂ©s par les candidats, comme cela a Ă©tĂ© fait, lĂ , au premier tour. Il vaut mieux dire “je vote pour tel ou tel”, plutĂŽt que d’avoir le remord de ne pas avoir votĂ© et d’ĂȘtre ensuite conduit par un dirigeant que nous n’avons pas voulu. »

    En dix ans, « la sociĂ©tĂ© civile a Ă©volué », prĂ©vient de son cĂŽtĂ© Mbolatiana Raveloarimisa, l’une des fondatrices du mouvement citoyen Wake up Madagascar. Elle est devenue, affirme-t-elle, un vrai contrepouvoir : « Il faut que la sociĂ©tĂ© civile dise clairement Ă  ces deux candidats que peu importe qui sera Ă©lu, on sera lĂ , en tant que “watch dogs”, gardiens, pour veiller Ă  ce que le pays n’aille pas plus mal. On se battra pour ce pays, on attaquera s’il le faut et surtout, on ne se laissera pas faire. Par ailleurs, par rapport au financement des campagnes, il faut vraiment se poser la question : d’oĂč vient l’argent ? On ne peut pas Ă©lire un prĂ©sident qui a dĂ©tournĂ© des fonds parce qu’il va devoir tĂŽt ou tard les rendre, et ce sera sur le compte du peuple malgache. Et jusqu’Ă  prĂ©sent, les instances en charge de ces questions n’ont toujours pas eu de rĂ©ponse sur ce point. »

    Le 3 dĂ©cembre prochain, la campagne Ă©lectorale reprendra. Et avec elle, l’engagement de milliers de militants, prĂȘts Ă  rĂ©agir au nom de la consolidation de la dĂ©mocratie.

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