Tag: Economie

  • Métaux précieux : soupçons de manipulations chez dix grandes banques

    Métaux précieux : soupçons de manipulations chez dix grandes banques

    Or_Gold-Des enquêtes sont actuellement menées aux États-Unis sur d’éventuelles manipulations des cours des métaux précieux par plusieurs banques internationales parmi lesquelles HSBC, Barclays, UBS et Deutsche Bank, affirme le Wall Street Journal Online.

    Ces enquêtes portent notamment sur l’or, l’argent le platine et le palladium. Elles sont menées par le Département américain de la Justice (DoJ) avec l’aide du régulateur des matières premières et produits dérivés, la CFTC, a indiqué le Wall Street Journal Online le lundi 23 février, citant des sources proches du dossier.

    Les banques concernées sont les britanniques HSBC et Barclays, le canadien Bank of Nova Scotia, les suisses UBS et Crédit Suisse, l’allemend Deutsche Bank, les américains Goldman Sachs et J.P. Morgan, le français Société Générale, et le sud-africain Standard Bank.

    Le WSJ souligne que ces enquêtes n’en sont qu’au stade préliminaire mais précise que HSBC a fait état lors de la présentation de ses résultats annuels lundi de demandes adressées par le DoJ et la CFTC pour leurs investigations.

    Plaintes

    Ce n’est pas la première fois que le rôle des banques dans le processus de détermination des prix de ces matières premières est mis en cause mais les enquêtes menées jusqu’ici, notamment en Europe, n’ont pas abouti, rappelle le WSJ.

    Goldman Sachs, HSBC et la Sud-Africaine Standard Bank, ainsi que le groupe de chimie allemand BASF, sont également visés depuis novembre par une plainte aux États-Unis pour manipulation sur les prix du platine et du palladium.

    Selon cette plainte déposée devant un tribunal de Manhattan, Goldman Sachs, HSBC, Standard Bank et BASF Metals ont organisé pendant de nombreuses années des téléconférences pour fixer le prix de référence (fixing) du platine et du palladium. Le prix des métaux joue également sur les produits financiers dérivés dont il sert de sous-jacent.

    La plainte les accuse d’avoir utilisé cette méthode, alors admise, pour manipuler les prix de ces deux métaux, entre autres en partageant des informations confidentielles sur les ordres d’achats et de ventes de leurs clients.

    Réforme

    Dans le cadre d’une réforme générale des fixings des métaux précieux à Londres, c’est désormais le London Metal Exchange (LME) qui se charge depuis le 1er décembre de fixer les prix de référence pour le platine et le palladium, de manière plus transparente et électronique.

    La méthode de fixation des prix de référence de l’argent est aussi confiée depuis l’été dernier à l’opérateur boursier CME Group et au groupe américano-canadien d’informations financières Thomson Reuters. Une nouvelle méthode pour la fixation des prix de l’or doit aussi entrer en vigueur fin mars.

    (Jeune Afrique)

  • Kinshasa ne redistribue pas la redevance minière aux provinces

    Kinshasa ne redistribue pas la redevance minière aux provinces

    mine_or2-En République démocratique du Congo, la redistribution de la redevance minière pose problème. Le code minier est pourtant clair : Kinshasa est dans l’obligation d’en rétrocéder 40 % à la province et au territoire où se déroule l’exploitation. Mais dans les faits, il est difficile de trouver un cas où la loi est appliquée.

    A en croire les chiffres de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE-RDC), au Katanga, le gouvernement central a perçu 90 millions de dollars de redevance minière en 2012. Là-dessus seuls 12 millions ont été reversés à la province, soit bien moins que les 40 % prévus par la loi.

    Mais par ailleurs, le Katanga a reçu 71 millions de dollars des miniers grâce à deux taxes locales instaurées par le gouverneur. Pourquoi ce double système de taxation ? Selon plusieurs sources, le gouverneur a mis en place ce système avec l’accord du gouvernement et des miniers parce que Kinshasa ne reversait pas sa part de la redevance à la province. Un système ad-hoc, prévu néanmoins par aucune loi.

    Du côté de la Province orientale, par contre, le gouverneur est formel. Jamais ni la province, ni le territoire, n’ont perçu la part de la redevance qui leur revient. Un manque à gagner qui s’élève à 8 millions de dollars, selon le gouverneur Jean Bamanisa. Un an et demi après le début de l’exploitation du plus gros gisement d’or (Kibali Goldmines), il se demande pourquoi le gouvernement n’applique pas la loi telle qu’énoncée par le code minier.

    RFI

  • Katanga Mining achève 2014 sur une note de croissance de production et de vente du cuivre

    Katanga Mining achève 2014 sur une note de croissance de production et de vente du cuivre

    Mine a ciel ouvert-Katanga Mining Ltd, compagnie canadienne de production de cuivre et du cobalt en RD Congo, a achevé l’année fiscale 2014 sur une production de 7 433 838 tonnes de minerai à 3,91% de cuivre pour 290 741 tonnes de cuivre contenu.

    La performance représente une augmentation de 19% du minerai extrait par rapport à 2013, alors que les ventes de l’année s’élèvent à 1,078 milliard $, soit une croissance de 34% par rapport à 2013. Au cours du dernier trimestre 2014, Katanga Mining souligne avoir extrait 1,863 millions de tonnes en augmentation de 18% par rapport à la même période en 2013, à une teneur de 4,22% pour 78 606 tonnes de cuivre contenu.

    Les ventes de la compagnie minière au cours du trimestre ressortent à 262,9 millions $, en augmentation de 30% par rapport à la même période en 2013. La compagnie minière cotée à Toronto a rendu publiques, dans un rapport annuel le 11 février, ces performances ainsi que des bouleversements dans le directoire.

    Jeff Best et Jacques Lubbe, respectivement CEO et CFO de la compagnie, ont rendu leur tablier avec effet immédiat le 12 février pour poursuivre leur carrière au sein du groupe Glencore. Ils sont remplacés respectivement par Johnny Blizzard, à peine nommé COO le 5 janvier dernier, et Matthew Colwill qui a été précédemment CFO de Mutanda Mining SARL, une filiale de du groupe Glencore.

    Agence Ecofin
  • RDC: le manque de transparence du secteur minier pointé du doigt

    RDC: le manque de transparence du secteur minier pointé du doigt

    mine_or2-Alors que la République démocratique du Congo tente d’arracher le titre de premier producteur de cuivre à la Zambie, et que le secteur extractif représente le véritable moteur économique du pays (avec plus d’une centaine de projets miniers sur le territoire), un nouveau rapport pointe du doigt le manque de transparence dans ce secteur en RDC.

    Sur près d’une vingtaine de projets miniers, soixante deux contrats, avenants ou annexes n’ont jamais été rendus publics par le Ministère des Mines, alors que la loi les y oblige.
    Le manque de transparence des entreprises minières en RDC, voilà l’une des principales conclusions d’une étude sans précédent réalisée par l’organisation américaine, le centre Carter, et trois ONG congolaises pendant près d’un an.

    L’impact sur l’environnement et la contribution au développement du pays sont les données les plus difficiles à obtenir selon ces ONG. La majorité des opérateurs ne distribuent par leur Etude d’impact – et ce malgré l’obligation dans le Code minier de le faire. Autre exemple : sur les 17 sociétés étudiées, seules 5 ont révélé leur contribution au développement local, une autre obligation légale. Enfin, selon cette étude il est quasiment impossible de connaitre l’identité ou les propriétaires des différentes sociétés minières, à moins de donner de l’argent aux tribunaux du commerce.

    RFI

  • Où vont les milliards déclarés par la DGDA, la DGI et la DGRAD ?

    Où vont les milliards déclarés par la DGDA, la DGI et la DGRAD ?

    matataparis-Une crise financière pourrait être inventée pour justifier le report des élections en RDC

    Un Etat comme la RDC doit-il encore fonctionner sans fonds de réserve ?

    Un montage grossier serait en train d’être préparer dans les » laboratoires » de la Majorité au pouvoir en RDC. Celui-ci consisterait à justifier le report sine die de la tenue des élections législative et présidentielle de 2016 par une grave crise financière sans précédent.

    Ainsi qu’on peut le constater, ce mensonge qui vient en appui à la stratégie du fait accompli longtemps peaufinée par le pouvoir en place au pays commence à se propager après l’échec retentissant des tentatives de réviser la constitution ou d’en établir une autre et d’obtenir le prolongement du mandat présidentiel actuel contre les prescrits de la constitution notamment par l’imposition d’une nouvelle loi électorale biaisée. On connait la suite !

    La majorité entre l’acceptation et le refus…

    La même gesticulation commence à se propager aussi après que la communauté internationale eut accepté d’apporter son appui financier au processus électoral, mais à condition d’obtenir de la commission électorale nationale indépendante (CENI) la présentation d’un calendrier global.

    On peut noter en passant que celui-ci n’est pas du tout du goût des hommes et des femmes au pouvoir pour des raisons qu’ils sont les seuls à connaître ! En vue de contourner l’aide financière internationale assortie de cette condition, la » La Majorité » qui gouverne le pays ne dit pas oui comme elle ne dit pas non non plus à cette aide et laisse ainsi s’écouler le temps pour surprendre par la suite tout le monde par une déclaration sur une prétendue incapacité du pouvoir d’organiser les législatives et la présidentielle dans le délai constitutionnel en présentant comme raison une crise financière qui serait liée à la chute brutale des cours du cuivre, du cobalt, de l’or,… et le tour aura ainsi été joué !

    Des questions sans réponses…

    C’est trop facile pour être vrai. Car, l’économie congolaise ne vit pas que des produits de son sous-sol. C’est à partir de là qu’on est en droit de se demander quelles directions prennent les milliards de dollars en francs congolais mobilisés chaque année par les régies financières de l’Etat (Direction Générale de Douanes et Accises-DGDA, Direction Générale des Impôts-DGI, Direction Générale de Recettes administratives et de participation-DGRAD) !

    Ce n’est pas tout. La RDC vend aussi de l’énergie électrique et du pétrole à l’étranger dont les recettes ne sont connues que des seuls dirigeants. En dressant minutieusement les comptes de la République, on peut se rendre à l’évidence que le pays a suffisamment d’argent pour organiser de bonnes élections, même indépendamment des bailleurs de fonds extérieurs.

    Et puisque très souvent les autorités de la RDC se sont montrées très allergiques à la remarque selon laquelle le leadership n’est pas du tout leur fort, il y a lieu de se demander comment un Etat comme celui-ci peut fonctionner sans fonds de réserve accumulés d’année en année dans les chambres fortes de sa banque centrale ou à l’étranger !

    Nous continuons à attirer l’attention des leaders de forces politiques et sociales acquises au changement et à la communauté internationale sur le mensonge tissé de fil blanc par la » Majorité » au pouvoir autour de la question financière en rapport avec les prochaines élections car elle pourrait surprendre tout le monde à l’approche de l’échéance décisive de 2016.

    Par Kambale Mutogherwa

    La Tempête des Tropiques
  • RD Congo : tout ce qui brille n’est pas or

    RD Congo : tout ce qui brille n’est pas or

    Kinshasa-Un cadre économique solide, une croissance élevée, des comptes assainis… Beaucoup d’indicateurs sont au vert. Mais pour les Congolais, la réalité est moins rose.

    Si riche, et pourtant si pauvre ! C’est tout le paradoxe de la RD Congo qui, depuis ces dernières années, affiche un taux de croissance parmi les plus élevés du continent, en même temps que l’un des indices de développement humain (IDH) les plus faibles au monde – elle se place en avant-dernière position, juste devant le Niger.

    “Le pays est confronté à un défi majeur : mettre son économie au service de sa population”, résume la note de conjoncture publiée par la Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) au premier semestre 2014.

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    En visite à Kinshasa en juin, les experts du Fonds monétaire international (FMI) ont ainsi estimé que la RD Congo bénéficiait désormais d’un cadre macroéconomique “solide”, même si ses habitants n’en ressentent pas les effets dans leur vie quotidienne et que la croissance devrait s’essouffler.

    Alors que l’on table sur + 8,7 % pour 2014, elle devrait perdre 0,2 point l’an prochain, repasser sous la barre des 8 % en 2016 et au-dessous des 7 % à l’horizon 2019 – ce qui n’en demeure pas moins un excellent résultat.

    >>>> RD Congo : la production d’or pourrait tripler en 2014

    Menace

    “Si les indicateurs sont bons depuis 2010, c’est essentiellement grâce aux investissements réalisés dans le secteur minier. Tout dépend donc de la demande internationale en minerais : un repli de cette dernière pourrait entraîner une baisse des investissements directs étrangers [IDE], explique un économiste du FMI. Par ailleurs, une possible résurgence des conflits dans l’est du pays continue de faire peser une menace sur les finances publiques et le climat des affaires.”

    Ces deux dernières années, le gouvernement a tout de même sérieusement assaini les comptes de l’État et amélioré l’environnement des affaires. Le déficit budgétaire a été ramené à 1 %, et les dépenses ont été réorientées pour mieux répondre aux impératifs de reconstruction du pays (routes, électrification…) – ce qui, au passage, a permis au secteur du BTP de contribuer fortement à la croissance économique du pays.

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    Bouchées doubles

    Les pouvoirs publics s’attaquent dorénavant à la dédollarisation de l’économie : une phase essentielle pour lutter contre l’inflation, toujours douloureuse pour des populations déjà fragilisées.

    Après avoir atteint 23 % en 2010, le taux d’inflation se maintient enfin à moins de 1 % depuis 2013. Mais si les spéculations attendues sur le prix du ciment se confirment, il pourrait déraper à nouveau et grimper à plus de 4 % en 2015. Afin de consolider les finances publiques, d’importantes mesures ont également été prises pour élargir l’assiette fiscale et améliorer les recettes de l’État, notamment dans le secteur des industries extractives.

    Plusieurs niches et exonérations ont été supprimées depuis l’an dernier. Et le gouvernement a aussi mis les bouchées doubles pour simplifier la vie des opérateurs économiques, en faisant disparaître quelque 245 taxes et en créant un guichet unique, ce qui réduit le délai de création d’une entreprise de cinquante-huit jours à trois jours.

    >>>> Lire aussi – RD Congo : le ras-le-bol fiscal des patrons

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    Urgence

    En dépit de toutes ces avancées, la RD Congo ne décolle pas des profondeurs du classement “Doing Business 2015” de la Banque mondiale.

    En cause : la fraude et la corruption, ainsi que des problèmes récurrents dans l’octroi des permis de construire ou dans le recouvrement des taxes et impôts. Toutefois, le train de réformes engagées lui a permis de se hisser cette année au 47e rang de l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG), sur 52 pays classés – elle gagne ainsi 4 places par rapport à 2013.

    Enfin, la situation sécuritaire dans l’Est a contribué à faire chuter les IDE à 2,1 milliards de dollars (environ 1,7 milliard d’euros) l’an dernier, soit une baisse de 36 % par rapport à 2012. Concentrés principalement dans le secteur minier, ces investissements s’orientent désormais vers les hydrocarbures (en plein développement depuis 2012) et, de plus en plus, vers les infrastructures énergétiques et routières ainsi que l’agriculture.

    Inscrite au rang des priorités, la relance des activités agropastorales, qui emploient les trois quarts de la population active, est l’un des principaux leviers pour résoudre les problèmes d’emploi et de pauvreté. Une urgence, alors qu’un Congolais sur deux est au chômage et que plus de 85 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, avec moins de 1,25 dollar par jour.

    JA

  • L’état de l’économie congolaise selon le

    L’état de l’économie congolaise selon le

    Le-centre-de-Kinsahsa-Une mission du Fond monétaire international (FMI) s’est penchée sur l’économie congolaise en 2014. Malgré « une tendance positive » des indicateurs macroéconomiques, le pays peine à percevoir ses recettes et à diversifier ses secteurs d’activités.

    Début décembre 2014, une équipe technique du Fonds monétaire international (FMI) s’est rendue à Kinshasa pour dresser un bilan économique de l’année écoulée. Le FMI relève « un environnement externe et interne difficile », mais note que l’économie de la RDC « continue de faire preuve de résilience avec des tendances positives pour les principaux indicateurs macroéconomiques ». La plupart de ces indicateurs sont effectivement au vert : la croissance du PIB devrait atteindre 9% en 2014 et l’inflation sera maintenue en dessous de 2%. De bons résultats tempérés par « une forte dépendance du secteur minier » qui rend l’économie congolaise « vulnérable à la volatilité des prix des matières premières ». Selon le Fond, la croissance est tirée par l’augmentation de la production minière « et dans une moindre mesure par la production du secteur agricole ». En 2015, la croissance devrait donc se poursuivre « soutenue par le dynamisme du secteur des minéraux et l’expansion de l’agriculture ». 2014 a vu également « un léger excédent de la balance des paiements ».

    Croissance en hausse… recettes en baisse

    Les indicateurs macroéconomiques donnent des résultats en trompe l’oeil de l’économie congolaise. Le principal risque pour la RDC serait une baisse des prix du cuivre et du cobalt, « des métaux représentant environ 98% des exportations de biens et 44% du PIB nominal ». Mais la mauvaise nouvelle vient des recettes fiscales, en baisse. D’après le FMI, « la performance de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) demeure plus faible que prévu ». En cause selon les experts :  « l’absence de contrôles ». Le manque de recettes est également pointée par le PMI. « Il faut accélérer la mobilisation  des recettes afin de répondre aux besoins de développement de la RDC ». Les potentiels du pays sont importants, mais l’argent ne rentre pas dans les caisses du Congo. La RDC vote toujours un budget « lilliputien » par rapport à sa taille : 8,9 milliards de dollars pour un pays grand comme un continent, avec plus de 70 millions d’habitants. Le rapport du FMI relève les points noirs le l’économie congolaise : absence de recettes et de contrôles, ce qui encourage la corruption à tous les étages.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • FAUT-IL SACRIFIER LES LACS POUR CONGO AIRWAYS ?

    FAUT-IL SACRIFIER LES LACS POUR CONGO AIRWAYS ?

    LAC-avion-1140x641-A L’occasion de cette rencontre, plusieurs cadres de la compagnie (en cours de liquidation) ont demandé au Gouvernement de surseoir à sa décision de liquidation, soit de payer les indemnités de sortie des agents.

    Le directeur technique des LAC, Antoine MILTONI, estime que Congo Airways, la nouvelle compagnie que l’Etat vient de créer, et l’ancienne compagnie peuvent coexister sans que l’une ne gêne l’autre, au lieu de partir du néant:
    « L’Etat doit se conformer à la loi, enlever les entraves qui empêchent LAC de fonctionner et lui permettre de refonctionner normalement. Mais au cas où ils maintiendraient leur décision, il faudrait à tout prix que nos droits soient respectés et que d’ores déjà le patrimoine soit protégé pour empêcher les vautours de s’en approprier.»

    Au cours de la précédente tribune organisée sur le même sujet dimanche 5 mai 2013 par l’ONG la Voix des Sans Voix à Kinshasa, les agents des Lignes Aériennes Congolaises s’étaient opposés à la liquidation de leur entreprise, estimant qu’elle coûterait plus cher à l’Etat congolais que la relance de la société.

    Cette activité faisait suite à l’annonce faite le 17 avril 2013 au Sénat par le ministre des Transports, Justin KALUMBA, qu’une nouvelle compagnie aérienne nationale allait remplacer les LAC. Et il avait dévoilé à la presse, vendredi 11 avril 2014 à Kinshasa, le nom de cette nouvelle compagnie: «Congo Airways.»

    La liquidation d’une société est une opération qui consiste à transformer en argent les éléments de l’actif et à payer les dettes sociales de la société, afin d’en apurer le patrimoine.

    LAC est la société publique congolaise de transport aérien. Elle a été créée en 1961. Mais depuis environ deux décennies, l’entreprise connaît des difficultés de fonctionnement. Ses agents enregistrent plus de 200 mois d’arriérés de salaire. La dette sociale de l’entreprise est évaluée à environ 120 millions de dollars américains.

    Ne disposant plus d’avions pour assurer le trafic aérien depuis quelques années, LAC a vu son activité se réduire à la location de ses droits de trafic.

    Source: Internet

  • RDC : l’état de l’économie congolaise selon le FMI

    RDC : l’état de l’économie congolaise selon le FMI

    FMI-logo-Une mission du Fond monétaire international (FMI) s’est penchée sur l’économie congolaise en 2014. Malgré « une tendance positive » des indicateurs macroéconomiques, le pays peine à percevoir ses recettes et à diversifier ses secteurs d’activités.
    Début décembre 2014, une équipe technique du Fonds monétaire international (FMI) s’est rendue à Kinshasa pour dresser un bilan économique de l’année écoulée. Le FMI relève « un environnement externe et interne difficile », mais note que l’économie de la RDC « continue de faire preuve de résilience avec des tendances positives pour les principaux indicateurs macroéconomiques ». La plupart de ces indicateurs sont effectivement au vert : la croissance du PIB devrait atteindre 9% en 2014 et l’inflation sera maintenue en dessous de 2%. De bons résultats tempérés par « une forte dépendance du secteur minier » qui rend l’économie congolaise « vulnérable à la volatilité des prix des matières premières ». Selon le Fond, la croissance est tirée par l’augmentation de la production minière « et dans une moindre mesure par la production du secteur agricole ». En 2015, la croissance devrait donc se poursuivre « soutenue par le dynamisme du secteur des minéraux et l’expansion de l’agriculture ». 2014 a vu également « un léger excédent de la balance des paiements ».

    Croissance en hausse… recettes en baisse

    Les indicateurs macroéconomiques donnent des résultats en trompe l’oeil de l’économie congolaise. Le principal risque pour la RDC serait une baisse des prix du cuivre et du cobalt, « des métaux représentant environ 98% des exportations de biens et 44% du PIB nominal ». Mais la mauvaise nouvelle vient des recettes fiscales, en baisse. D’après le FMI, « la performance de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) demeure plus faible que prévu ». En cause selon les experts : « l’absence de contrôles ». Le manque de recettes est également pointée par le PMI. « Il faut accélérer la mobilisation des recettes afin de répondre aux besoins de développement de la RDC ». Les potentiels du pays sont importants, mais l’argent ne rentre pas dans les caisses du Congo. La RDC vote toujours un budget « lilliputien » par rapport à sa taille : 8,9 milliards de dollars pour un pays grand comme un continent, avec plus de 70 millions d’habitants. Le rapport du FMI relève les points noirs le l’économie congolaise : absence de recettes et de contrôles, ce qui encourage la corruption à tous les étages.

    Christophe RIGAUD

    – See more at: http://fr.africatime.com/republique_democratique_du_congo/articles/rdc-letat-de-leconomie-congolaise-selon-le-fmi#sthash.O1UxPYWX.dpuf

  • RDC : reportage dans le site agro-industriel de Bukanga Lonzo

    RDC : reportage dans le site agro-industriel de Bukanga Lonzo

    lonzo-Les politiques de soutien aux petits agriculteurs ayant montré leurs limites, l’État investit dans l’intensif. Visite du site de Bukanga Lonzo, exploité par le consortium sud-africain Africom.

    Avec sa casquette, son short et ses chaussettes remontées au-dessus des bottes, Joan Jonker a des allures de pionnier. Bougon de prime abord, ce Boer (fermier sud-africain blanc néerlandophone) a la poignée de main franche et voue une véritable passion à son travail. Il n’avait pourtant jamais imaginé que celui-ci le conduirait jusqu’en RD Congo…

    La première fois qu’il y a mis les pieds, c’était il y a seulement quelques mois, pour repérer le site de Bukanga Lonzo, dans le Bandundu (Ouest, province voisine de Kinshasa). À l’époque, il fallait faire preuve de hardiesse : il n’y avait rien du gigantesque projet qu’il supervise aujourd’hui en tant que directeur des opérations. Pas même la piste de terre d’une trentaine de kilomètres qui permet désormais de relier le parc industriel à la route goudronnée – sur laquelle il faut encore parcourir 220 km vers l’ouest pour se rendre à Kinshasa. Ce sont ses hommes qui l’ont construite.

    Même pour ces fermiers qualifiés venus d’Afrique du Sud, la techno­logie déployée à Bukanga Lonzo est à la pointe de ce qui se fait aujourd’hui.

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    Bougon de prime abord, Joan Jonker a des allures de pionnier. DR

    Et à voir les 4×4 déraper lorsqu’elle est sèche, on se demande bien par quel miracle elle sera praticable après de gros orages. Un mois après l’inauguration du parc agro-industriel par le président congolais, de petits plants de maïs pointent déjà, parfaitement alignés. Et pour cause : ici, la production est presque entièrement mécanisée. Les semeuses, d’énormes engins qui peuvent charger jusqu’à 6 tonnes d’engrais, sont guidées par satellites et reliées, via les réseaux téléphoniques, à un serveur informatique.

    Moissonneuses

    Depuis son préfabriqué, Joan Jonker peut superviser l’ensemble de sa ferme. “Hier, en utilisant ce système, j’ai pu corriger la vitesse de certaines semeuses qui n’allaient pas à la bonne allure. C’est très important parce que, sinon, les plants ne seront pas à une distance optimale les uns des autres.” Grâce à leur éclairage et au GPS, ces machines peuvent continuer de fonctionner après la tombée de la nuit, particulièrement noire dans cette région éloignée de tout centre urbain.

    Même pour ces fermiers qualifiés venus d’Afrique du Sud (douze expatriés au total), où l’agriculture est l’une des plus mécanisée de la planète, la techno­logie déployée à Bukanga Lonzo est à la pointe de ce qui se fait aujourd’hui. Il a d’ailleurs fallu tout importer.

    Les machines, bien sûr : des tracteurs, des moissonneuses et même un avion (également guidé par GPS), qui survole les champs à basse altitude en épandant des insecticides avant de se poser sur une piste d’atterrissage de 2,5 km construite pour les besoins de la ferme. Mais aussi des engrais et semences, stockés sous un hangar géant. “Je pense que nous n’aurions pu trouver assez de semences dans tout le Congo”, s’amuse Jonker. Au total, l’État a investi 83 millions de dollars (près de 67 millions d’euros) en fonds propres dans ce parc agro-industriel pilote, dont il a confié l’exploitation au consortium sud-africain Africom.

    Vallonnés

    Pour Joan Jonker, qui sillonne la ferme à bord de son pick-up et communique en afrikaan à la radio, ce type de grand projet agricole n’est pas une nouveauté. Originaire des plateaux du Gauteng (la région de Pretoria et de Johannesburg), il a aussi travaillé en Namibie. Il n’avait cependant jamais participé à un programme d’une telle ampleur.

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    Guidé par GPS, l’avion épandeur continue de fonctionner après la tombée de la nuit. DR

    Du nord au sud, l’exploitation s’étend sur 58 km, légèrement vallonnés, et couvre une superficie de 75 000 ha. Pour la première année, seuls 10 000 ha ont été plantés. Mais après les premières récoltes de maïs, de soja, de canne à sucre et de légumes (attendues en février-mars 2015), le parc agro-industriel devrait se tourner vers d’autres productions, comme l’élevage de volailles et de porcs. Un abattoir et une usine de conditionnement sont même prévus.

    Pour irriguer l’exploitation, une retenue d’eau sera construite sur une rivière adjacente. “Elle immobilisera 45 millions de litres. C’est plus que les réserves d’eau potable de la ville de Kinshasa”, annonce fièrement l’exploitant. D’ici à cinq ans, ce bassin devrait même permettre de faire de la pisciculture.

    Dans un pays doté du deuxième fleuve le plus puissant du monde, il est tout de même paradoxal d’élever des poissons dans un bassin artificiel à l’intérieur des terres. Mais ce paradoxe vaut pour l’agriculture congolaise dans son ensemble… Alors qu’elle possède un potentiel en terres arables considérable (80 millions d’ha) et que le secteur emploie les trois quarts de la population active, la RD Congo est importatrice nette de nourriture (pour 1,5 milliard de dollars en 2014).

    C’est d’ailleurs pour cette raison qu’Augustin Matata Ponyo, le Premier ministre, a défendu – voire imposé à certains de ses ministres réticents – sa stratégie de parcs agro-industriels. Car Bukanga Lonzo n’est que le premier d’une vingtaine de sites pour lesquels le gouvernement prévoit d’investir 5,7 milliards de dollars sur sept ans. En creux, cette politique souligne aussi l’échec des politiques classiques de soutien aux petits agriculteurs.

    Petit déjeuner

    Les problèmes de l’agriculture congolaise sont d’ailleurs visibles chaque matin dans le parc de Bukanga Lonzo, situé au coeur d’une région pourtant jugée très fertile par les experts qui ont travaillé sur le projet. À l’aube, des dizaines de jeunes s’y pressent dans l’espoir de se faire embaucher. Mais Joan Jonker s’est vite rendu compte d’une difficulté qu’il n’avait pas prévue : “Au cours de la journée, de très nombreux travailleurs s’évanouissaient.

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    Du nord au sud, l’exploitation s’étend sur 58 kilomètres et couvre 75 000 hectares. © Pierre Boisselet pour JA

    On s’est aperçu qu’ils souffraient de malnutrition. On a donc décidé de construire un réfectoire pour leur donner un petit déjeuner, avant de commencer la journée.” Le fermier dit aussi avoir augmenté leur salaire, de 75 à 105 dollars mensuels. “Certes, ces travailleurs n’ont pas l’habitude des grandes fermes, comme les Sud-Africains. Mais on peut les former. Et puis, ils ne se mettent pas en grève pour un oui ou pour un non, comme chez nous !”

    Pour l’instant, les effectifs restent modestes (environ 300 ouvriers), mais ils devraient exploser une fois que la production de légumes – qui ne peut pas être aussi mécanisée que celle des céréales – sera lancée. À terme, l’exploitation devrait devenir la ferme maraîchère la plus vaste du continent et employer, à elle seule, quelque 6 000 personnes.

    Toutes ne pourront bien sûr pas être logées sur place. Mais déjà, à côté des préfabriqués où résident les cadres, des bâtiments sont en construction. Dont un centre médical et une église. Et ce n’est qu’un début. “La prochaine fois que vous viendrez, il y aura sans doute une petite ville”, sourit Joan Jonker.

    Jeune Afrique