Author: Don Kayembe

  • Art et IA: «Cortana est entrée dans ma vie par infraction»

    Quand la peintre Sylvie Fanchon fait entrer dans ses toiles les mots prononcés par l’assistante vocale « Cortana » de Microsoft, on assiste à un polar, une comédie, une satire. L’exposition « Je m’appelle Cortana » explore d’une façon originale comment la peinture « traditionnelle » résiste au phénomène de l’intelligence artificielle (IA). Une aventure picturale proposée dans l’espace d’exposition du FRAC Franche-Comté à Besançon, dans l’est de la France.Comment une peintre enracinée depuis des décennies dans la matérialité de ses tableaux bichromes commence-t-elle à se confronter à l’intelligence artificielle (IA) ? C’est simple. Un événement plus que banal a ouvert une brèche, avoue Sylvie Fanchon, peintre française née en 1953 à Nairobi au Kenya, en expliquant sa métamorphose :
    « Cortana est entrée dans ma vie par infraction. J’avais perdu mon téléphone. J’en ai racheté un de piètre qualité et puis cet appareil a téléchargé de lui-même l’application Cortana, une assistance téléphonique qu’on appelle une intelligence artificielle. Cortana s’est mise à me parler, à me raconter de tas de choses, à me donner beaucoup de conseils et à faire des sortes d’intrusions dans ma vie. Ce qui m’a vraiment intéressé… »
    Elle constate alors ô combien cette application nous observe, nous étudie, nous surveille et utilise sous prétexte de nous aider. Mais, au lieu d’expulser l’intrus de son univers, l’artiste relève toutes les phrases prononcées par la voix synthétique de Cortana. Résultat : un beau corpus d’expressions que Sylvie Fanchon se réapproprie et réinjecte dans ses tableaux.
    L’intelligence de la peinture « pauvre »
    Son ambition ne réside pas à exploiter les possibilités de Cortana. Avec une douzaine de nouvelles oeuvres, l’artiste s’apprête à ausculter la richesse de sa peinture « pauvre » à l’aide des énoncés de cette intelligence artificielle. Je m’appelle Cortana est la première des œuvres murales monumentales occupant les cimaises du FRAC Franche-Comté. La phrase en question se retrouve assimilée au tableau d’une façon à la fois artistique et énigmatique. Car c’est bien la plasticité des mots et la couleur incarnées par la peinture qui priment ici sur l’intelligence de Cortana.
    « Pour moi, ce n’est pas une bataille entre la peinture et l’intelligence artificielle, affirme Sylvie Fanchon. C’est un sujet, comme on peut prendre comme sujet le paysage. L’écriture dans la peinture m’intéresse. Et puis, je trouvais ces phrases absolument dérisoires. À mon avis, Cortana est loin d’être une intelligence – artificielle ou pas. »
    « Désolé, je n’ai pas compris »
    Pour le montrer, l’artiste se sert beaucoup et de façon très intelligente de l’humour. Des couleurs criardes semblent intimider les mots entendus et apprivoisés. Et comme pour secouer la syntaxe de cette super assistante du XXIe siècle, Fanchon colle les lettres les unes aux autres, sans ponctuation ni accent : « commentcava », « racontezmoiuneanecdote », « puisjeutiliservotrecompte ». Sur un autre tableau, Rantanplan, le chien bête de Lucky Luke, fait son apparition pour aussitôt fuir la scène. Sans parler du bon mot « Désolé, je n’ai pas compris », peint avec minutie et renvoyé comme un boomerang en direction de Cortana.
    « L’humour s’adresse à la fois à ces phrases que j’ai décontextualisé et que je recontextualise après dans les tableaux. Mais il s’adresse aussi au monde de l’art. Le rire tient à distance le tragique. Les phrases comme « Désolé, je n’ai pas compris », « Désolé, je n’ai pas entendu », c’est une façon de rire par rapport à cette intelligence artificielle qui ne comprend rien et n’entend rien… »

    Sylvie Fanchon, une peintre « insolente » et « féministe »
    Réflexions d’une artiste défiant toute catégorisation et qualifiée d’« insolente » et « féministe » par Julie Crenn, co-commissaire de l’exposition : « Insolente puisqu’elle déjoue toutes les questions de catégorie de la peinture. On n’est ni dans l’art abstrait, ni dans l’art figuratif, ni dans l’art conceptuel. Et son travail est féministe dans le sens où elle va participer à une déconstruction – du “chef-d’œuvre”, du “bien faire”, du “génie”, de la “peinture” – où elle va prendre des références du réel, par exemple son téléphone portable, mais aussi des cartoons, des bandes dessinées. Elle va mixer les registres pour annuler ou estomper la question de la hiérarchie en art. »
    Reste à savoir si l’avènement de l’intelligence artificielle bouleversera les relations entre les artistes, les spectateurs et l’art. « Moi, je pense que cela ne change rien, commente Sylvie Zavatta, la directrice du FRAC Franche-Comté, avec un grand sourire. Les nouvelles technologies sont des outils, comme la peinture à l’huile, le numérique ou le dessin, etc. Un artiste, c’est tout le contraire de l’intelligence artificielle. C’est un être sensible qui réfléchit, élabore des concepts, imagine. En 2016, un ordinateur avait fait un faux Rembrandt et même les experts se sont trompés. Oui, techniquement, c’est peut-être parfait, mais en quoi est-ce une œuvre d’art ? Cela met juste en considération le fait que le savoir-faire, le bien faire, ne peuvent pas résumer ou définir en soi et seulement une œuvre d’art. »
    L’art, l’algorithme et l’intelligence artificielle
    Même si la maison de vente aux enchères Christie’s a vendu début novembre à New York un tableau réalisé par un programme d’intelligence artificielle pour 380 000 euros, Sylvie Fanchon ne considère pas non plus l’art menacé par la puissance des algorithmes. « Je trouve qu’on se trompe de l’objectif. L’art ne tient pas à la technique. Il peut y avoir art avec une nouvelle technique, comme il peut y avoir art sans technique. Il peut ne pas y avoir art avec une super technique. Ce qui fait art tient à la pensée. »
    En disant cela, l’artiste peintre se montre grandement consciente à quel point les mondes virtuels et immatériels de l’univers numérique et de l’intelligence artificielle lancent des défis à l’art en général et à la peinture en particulier : « Quelquefois je pense que peut-être dans cinquante ou cent ans, cela sera très difficile de regarder de la peinture. Je me suis posé cette question : deviendrons-nous tous des illettrés visuels ? C’est une possibilité triste. Pour moi, en tout cas, cela n’a pas lieu d’être. S’il y a bien un médium qui m’intéresse, c’est bien la matérialisation de la pensée dans la peinture. »

    ► Je m’appelle Cortana, œuvres de la peintre contemporaine Sylvie Fanchon dans l’espace d’exposition du FRAC Franche-Comté à Besançon, entourées d’une sélection d’œuvres des FRAC de Bourgogne-Franche-Comté, jusqu’au 13 janvier 2019.

    Chronologie et chiffres clés

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  • «Crazy Rich Asians», quand les minorités font recette au cinéma

    Par

    Elisabeth Lequeret

    Publié le 08-11-2018

    Modifié le 08-11-2018 à 07:24

    C’est un film-phénomène qui est sorti cette semaine dans les salles en France. La comédie romantique « Crazy Rich Asians », de Jon M. Chu raconte l’histoire de Rachel, une jeune New-Yorkaise d’origine chinoise. Lors d’un voyage à Singapour, elle découvre que son fiancé est en fait l’un des milliardaires les plus en vue de l’île.

    Tempête sur les réseaux sociaux, déferlement médiatique et immense succès public, plus de 234 millions de dollars de recettes. Depuis le 7 août, date de sa sortie aux États-Unis, Crazy Rich Asians est devenu un véritable phénomène de société.
    Cette comédie romantique adaptée d’un best-seller de Kevin Kwan, Singapour millionnaire, raconte comment Rachel Chu, New-Yorkaise d’origine chinoise, accepte de rendre visite à la famille de son petit ami, à Singapour. Surprise, elle va découvrir que celui-ci est l’héritier richissime d’une famille de promoteurs immobiliers d’origine chinoise parmi les plus riches d’Asie, et se trouver confrontée à un milieu dont elle ignore tout.
    Un casting intégralement composé d’acteurs d’origine asiatique
    Alors qu’importe si, par moment, on a l’impression de feuilleter les pages d’un magazine de mode, ce qui fait de Crazy Rich Asians un phénomène à la portée politique indéniable, c’est son casting intégralement composé d’acteurs d’origine asiatique avec Constance Wu, Michelle Yeoh et Henry Golding.
    Beaucoup ont en tête un autre tournant qu’a pris Hollywood cette année avec Black Panther, son casting 100 % afro-américain et ses recettes colossales. Désormais, les minorités font recette sur le grand écran. Et les producteurs n’en doutent pas : la suite de Crazy Rich Asians est déjà en préparation.

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  • Guinée: deux hommes tués par l’armée dans une banlieue de Conakry

    Guinée: deux hommes tués par l’armée dans une banlieue de Conakry


    Par
    RFI

    Publié le 08-11-2018
    Modifié le 08-11-2018 à 07:21

    Deux hommes ont été tués mercredi soir par des tirs de militaires guinéens dans une banlieue de Conakry secouée dans la journée par des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. L’opposition guinéenne avait appelé à une journée ville morte pour protester contre, selon elle, les violations des accords signés entre elle, la mouvance présidentielle et le gouvernement sur les installations des élus locaux du scrutin du 4 février 2018.

    Ces deux victimes portent à 100 le nombre de morts par balles dans la zone de manifestations politiques depuis avril 2011, selon l’opposition et les décomptes de la presse guinéenne. Deux jeunes gens tués devant leur concession, dans le quartier de Wanidara en banlieue de Conakry, par des militaires, selon leurs proches interrogés par RFI qui précisent que les auteurs portaient des bérets rouges.

    Il était alors 19h45, toujours selon les proches des victimes, lorsque Mamadou Bela Baldé, un diplômé en relations internationales, sans emploi, et Mamadou Alimou Diallo, commerçant, ont quitté la prière, voulant aller chez des voisins pour regarder les matchs de la Ligue européenne des champions. Devant leur concession passaient alors des militaires qui ont ouvert le feu. Deux morts et deux blessés ont été enregistrés sur les lieux, ajoute-t-on de même source.

    La maman de l’universitaire, en pleurs, a expliqué à RFI : « Mon fils n’est pas violent, ce n’est pas un bandit, c’est un intellectuel à la recherche de son premier emploi. Et voilà que mon espoir a été tué. » « Tué par des soldats qui n’avaient rien à voir dans le maintien d’ordre, mais qui avaient envie de tuer de présumés opposants », ajoute un proche de l’une des victimes.

    Pour le moment, aucune réaction officielle n’a été enregistrée.

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  • Mali: l’armée rétablit la situation à Banamba après une poussée jihadiste

    Mali: l’armée rétablit la situation à Banamba après une poussée jihadiste


    Par
    RFI

    Publié le 08-11-2018
    Modifié le 08-11-2018 à 06:46

    Arrestations de présumés jihadistes, réouvertures d’écoles… L’armée malienne a déployé un important dispositif à moins de 200 km à l’ouest de Bamako où la pression de terroristes présumés avait contraint à la fermeture de quelques dizaines d’écoles qui dispensaient les cours en français.

    C’est le chef d’état-major des armées maliennes lui-même qui a coordonné les préparatifs de l’intervention militaire. Le général M’Bemba Moussa Keita a dépêché des troupes dans les environs de Banamba. L’opération a été qualifiée « de grande envergure » : les témoins civils sur place parle de « plusieurs dizaines de militaires », ainsi que du matériel.

    Ecoles sécurisées

    Dans deux localités, très rapidement, les écoles fermées par de présumés jiahdistes, ont été sécurisées par les forces armées maliennes. Selon des témoins, dans une autre localité, l’armée a piégé l’ennemi en arrivant de l’est, alors qu’elle était attendue à l’ouest. L’ennemi rapidement pris ses jambes à son cou. A pied ou à moto, ce fut une véritable débandade.

    Maintenir le calme

    Au moins quinze personnes soupçonnées d’avoir participé aux opérations qui ont conduit à la fermeture des écoles ont été arrêtées et conduites à Bamako. Ce mercredi, des élèves ont repris calmement le chemin de l’école, pour retrouver leurs enseignants.

    Afin de maintenir le calme retrouvé, le ministère malien de la Défense a décidé d’installer un dispositif de sécurité dans plusieurs localités de l’ouest, notamment à Toubakoro Dandougou et Balala.

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  • Ligue des champions : le récital de Riyad Mahrez avec City

    Par

    David Kalfa

    Publié le 08-11-2018

    Modifié le 08-11-2018 à 00:30

    Manchester City a écrasé le Shakhtar Donetsk 6-0 avec un but et deux passes décisives de l’Algérien Riyad Mahrez, durant la 4e journée de la phase de groupes de la Ligue des champions. Un 7 novembre 2018 durant lequel l’Ivoirien Roger Assalé a également scoré en faveur des Young Boys Berne lors d’une défaite 3-1 à Valence en Espagne.

    GROUPE E
    Benfica Lisbonne (Portugal) – Ajax Amsterdam (Pays-Bas) 1-1
    L’Ajax a ramené un point du Portugal. Le gardien de but camerounais d’Amsterdam, André Onana, a multiplié les erreurs grossières. Le Marocain Hakim Ziyech a été nettement plus à son aise avec une superbe ouverture lointaine sur l’égalisation des visiteurs. Son compatriote Noussair Mazraoui était également titulaire.
    Bayern Munich (Allemagne) – AEK Athènes (Grèce) 2-0
    Aucun Africain n’a disputé ce match.
    GROUPE F
    Manchester City (Angleterre) – Shakhtar Donetsk (Ukraine) 6-0
    Riyad Mahrez s’est régalé ce mercredi soir. L’Algérien a délivré deux passes décisives ; la première sur l’ouverture du score signée David Silva, et la deuxième en chipant un ballon qui a permis à Gabriel Jesus de lober le portier adverse. Surtout, le milieu offensif a marqué d’une belle reprise de volée croisée. Du bel ouvrage.
    Le Nigérian Olarenwaju Kayode a fait son apparition alors que son club était déjà mené 3-0.
    Olympique lyonnais (France) – Hoffenheim (Allemagne) 2-2
    Pour son retour à Lyon, le club qui l’a fait grandir, Ishak Belfodil n’a pas été autant en réussite que son compatriote Riyad Mahrez. Mais le coéquipier ghanéen de Belfodil, Kasim Adams Nuhu, a été encore moins à la fête puisqu’il a été exclu dès la 51e minute et s’en est vertement pris à l’arbitre.
    Côté Lyonnais, ont joué le Franco-Algérien Houssem Aouar, le Franco-Malgache Jérémy Morel, le Franco-Sénégalais Ferland Mendy, le Franco-Malien Moussa Dembélé, l’Hispano-Sénégalais Pape Cheikh et le Burkinabè Bertrand Traoré.
    GROUPE G
    Viktoria Plzen (République tchèque) – Real Madrid (Espagne) 0-5
    Aucun Africain n’a disputé ce match.
    CSKA Moscou (Russie) – AS Roma (Italie) 1-2
    Aucun Africain n’a disputé ce match.
    GROUPE H
    Juventus Turin (Italie) – Manchester United (Angleterre) 1-2
    Aucun Africain n’a disputé ce match.
    Valence CF (Espagne) – Young Boys Berne (Suisse) 3-1
    La frappe croisée de l’Ivoirien Roger Assalé a permis au club suisse d’égaliser mais c’est tout. Ses partenaires, le camerounais Nicolas Moumi Ngamaleu et Jean-Pierre Nsamé (entré en jeu) ont souffert. Mais moins que le compatriote d’Assalé, Sékou Sanoko, exclu à la 77e minute.
    Côté valencian, la soirée a été nettement plus calme pour le Centrafricain Geoffrey Kondogbia et le Franco-Sénégalais Francis Coquelin. Le Portugo-Cap-Verdien Ruben Vezo a fait son apparition peu de temps avant le coup de sifflet final.

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  • OM-PSG : amende et tribune fermée pour deux matchs au Vélodrome

    La commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a infligé, mercredi 7 novembre, deux matchs de fermeture de la partie basse du virage sud du Vélodrome ainsi que 50 000 euros d’amende à l’Olympique de Marseille en réponse aux jets d’objets et à l’utilisation d’engins pyrotechniques lors du match de championnat OM-PSG. Lors de ce clasico comptant pour la 11e journée de Ligue 1, le 28 octobre, des supporteurs phocéens avaient perturbé les corners en jetant des objets en direction des Parisiens. Des heurts avaient également eu lieu avec les forces de l’ordre aux abords du stade, mais ils ne relèvent pas des compétences de la commission de discipline de la LFP. Lire aussi :   La Ligue 1 est-elle (si) nulle ? Parmi les autres décisions, les instances disciplinaires de la Ligue ont infligé deux matchs de suspension au défenseur de Montpellier Pedro Mendes pour son carton rouge en Coupe de la Ligue lors de la défaite de son club contre Nantes (3-0).
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  • Ligue des champions : face à Hoffenheim, l’OL joue à docteur Jekyll et M. Hyde

    Deux buts en vingt-huit tentatives dont seulement onze cadrées : l’Olympique lyonnais risque de longtemps repenser à cette quatrième journée de la Ligue des champions, mercredi 7 novembre, qui aurait dû le rapprocher d’une qualification en huitièmes de finale. Alors qu’il a mené 2-0 et joué en supériorité numérique durant trois quarts d’heure, Lyon a été incapable de conserver le score face à Hoffenheim, qui ramène finalement un nul 2-2 du Rhône dans les arrêts de jeu, comme au match aller. Le club de Jean-Michel Aulas fait du surplace depuis trois rencontres européennes (2-2 contre Donetsk, 3-3 et 2-2 contre Hoffenheim) et se retrouve deuxième avec 6 points, là où il aurait pu en compter dix. Derrière, Hoffenheim (3 points) et Donetsk (2 points) sont miraculeusement encore en vie. Avec 9 points, Manchester City, vainqueur 6-0 du Shakthar Donetsk, est quasiment qualifié. La situation est toujours à l’avantage des Lyonnais, mais les joueurs de Bruno Genesio auraient déjà leur qualification presque assurée s’ils s’étaient montrés plus efficaces devant et moins froussards derrière. Nabil Fekir et Tanguy Ndombele, magistraux sur la pelouse détrempée de Décines, avaient tôt mis l’OL en tête. Au retour des vestiaires, Hoffenheim est resté la tête sous l’eau, d’autant plus après l’expulsion de son défenseur Adams à la 51e minute. Lyon a eu quantité d’occasions de profiter de sa supériorité numérique, mais ses attaquants, à l’instar de Memphis Depay, ont joué avec trop d’imprécision ou de nonchalance pour mettre l’équipe vraiment à l’abri. Oliver Baumann, le gardien allemand, était aussi dans un grand soir. C’est d’abord Andrej Kramaric, par une frappe à l’entrée de la surface, qui a redonné espoir à Hoffenheim (65e). A la 92e, Pavel Kadebarek récupérait un long coup-franc au deuxième poteau et se jetait pour une égalisation que les habitués du club lyonnais pressentaient au fil des occasions ratées. La rupture est proche Quelques jours après la bouillie de football en Ligue 1 face à Bordeaux, cette fin de match en capilotade rapproche le club d’une rupture avec ses supporteurs. Memphis Depay, auteur de ratés incroyables, est sorti sous les sifflets à 2-1 pour les locaux. Et le virage sud a sorti une banderole, de sombre présage, juste avant l’égalisation : « A défaut d’être bons, préservez notre fierté. » Lire aussi :   Sans supporteurs et longtemps sans envie, l’OL échappe au pire Cet Olympique lyonnais reste un mystère insondable aux yeux des téléspectateurs occasionnels et extérieurs au club. Capable de jouer de manière médiocre contre ses adversaires en Ligue 1 (on pense aux Bordelais, Caennais, Angevins, Nîmois et autres Rémois) comme de hausser son niveau de jeu à des hauteurs européennes dans les grands rendez-vous (Manchester City, Marseille et ce match retour contre Hoffenheim). Plus fort encore : c’est au cours du même match que l’OL peut endosser le costume de docteur Jekyll et M. Hyde. Pour les supporteurs lyonnais, cette inconstance est devenue une habitude. On a tout dit pour l’expliquer. Les analyses les plus courtes mettent en avant l’état d’esprit défaillant et la motivation sur courant alternatif de jeunes joueurs qui seraient inexpérimentés et capricieux. A l’inverse, certains critiquent la faiblesse tactique de l’OL, incarnée par un entraîneur, Bruno Genesio, qui n’a jamais fait l’unanimité. Dans une ville qui a toujours eu un faible pour les centristes, de Raymond Barre à Gérard Collomb, la vérité doit certainement se situer quelque part au milieu. Lire aussi :   Bruno Génésio, entraîneur mal-aimé de l’Olympique lyonnais Atermoiements tactiques La première heure de jeu face au Shakhtar Donetsk lors du match à huis clos, le 2 octobre (2-2), donnait du poids à la première hypothèse. Les Lyonnais s’étaient montrés apathiques et sans envie et n’avaient dû leur salut qu’à leur réveil aussi soudain qu’inattendu. Samedi, contre Bordeaux en championnat, l’attitude des Gones avait également fait jaser. Buteur omniprésent face à Hoffenheim, le milieu de terrain Tanguy Ndombele illustre à la perfection le changement radical en quelques jours. Lire aussi :   Pourquoi Lyon est-il meilleur face aux grandes équipes ? D’autres arguments plaident pour la deuxième hypothèse, comme la difficulté à faire le jeu face à des équipes qui évoluent en position basse sur le terrain, les atermoiements tactiques d’une rencontre à l’autre, parfois même à l’intérieur du même match, comme contre Hoffenheim. Comment l’équipe du président Jean-Michel Aulas, en supériorité numérique pendant une bonne partie de la deuxième période, a-t-elle pu déjouer ainsi et se liquéfier pour encaisser deux buts ? Les débats promettent d’animer la fin de semaine lyonnaise puis la trêve internationale, jusqu’au derby contre Saint-Etienne, le 23 novembre. L’avenir européen de l’OL n’est pas encore compromis mais il passe désormais le 27 novembre par un deuxième grand match face aux favoris anglais de Manchester City, qui depuis leur défaite initiale enchaînent les succès. Il faudra ensuite résister aux frimas ukrainiens en clôture lors de la dernière journée. Le Shakhtar Donetsk y sera à coup sûr un adversaire redoutable, contre lequel la défaite sera interdite. Et la victoire, peut-être nécessaire.
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  • Foot: Ronaldo montre ses abdos mais Mourinho a le dernier mot

    Par

    David Kalfa

    Publié le 07-11-2018

    Modifié le 07-11-2018 à 23:34

    Le Manchester United entraîné par José Mourinho a gagné 2-1 sur le terrain de la Juventus Turin, malgré un superbe but de son compatriote, l’attaquant Cristiano Ronaldo, ce 7 novembre 2018, dans le groupe H de la coupe d’Europe des clubs de football (Ligue des champions).

    Cristiano Ronaldo a soulevé son maillot pour dévoiler ses abdos en béton, devant des supporters de la Juventus Turin en transe ce 7 novembre 2018. Mais c’est bien son compatriote, José Mourinho, qui a eu le dernier mot, chambrant le public au coup de sifflet final, suite à la victoire 2-1 de Manchester United, dans le groupe H de la Ligue des champions
    De fait, l’entraîneur portugais a réalisé un coaching gagnant, ce 7 novembre 2018, alors que le club anglais était mené au score suite à une somptueuse reprise de volée de Cristiano Ronaldo (1-0, 65e). Les Mancuniens étaient en outre outrageusement dominés, après avoir déjà été sauvés par un poteau sur un tir de l’Allemand Sami Khedira (35e) et par la transversale sur une frappe enroulée de l’Argentin Paulo Dybala (49e).
    José Mourinho a alors décidé de remodeler son milieu de terrain, faisant sortir le Chilien Alexis Sanchez et l’Espagnol Ander Herrera au profit d’un autre Ibère, Juan Mata, et du Belge Marouane Fellaini. Des choix payants puisque Mata a tout d’abord égalisé sur coup franc (1-1, 86e), avant que Fellaini ne dévie de la tête un ballon qui a fini par surprendre le défenseur turinois Leonardo Bonucci, buteur contre son camp (1-2, 90e).
    La soirée gâchée de Ronaldo et de la « Juve »
    Ce résultat permet à Manchester United de revenir à 2 points du club italien, toujours en tête du groupe H. Des transalpins qui vont devoir digérer cette déception, avant la 5e journée de la phase de groupes et un match face au Valence CF (Espagne), le 27 novembre. Car durant 90 minutes, la Juventus était virtuellement qualifiée pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions.
    Quant à Ronaldo, son 121e but en C1 semblait être une occasion idéale de se rappeler au bon souvenir des jurés qui désigneront le Ballon d’Or 2018, la plus prestigieuse distinction individuelle remise à un footballeur…
    LIGUE DES CHAMPIONS 2018-19: RÉSULTATS ET CLASSEMENTS

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  • Dernier adieu à Gérald Bloncourt, franc-tireur de l’image

    Gérald Bloncourt était un homme engagé et un photographe passionné que l’exil n’a jamais détaché de son pays, Haïti. De nombreuses personnalités sont venues ce lundi 5 novembre à la coupole du Père-Lachaise pour un dernier au revoir à Gérald Bloncourt, décédé le 29 octobre dernier à Paris, à quelques jours de ses 92 ans.Présents à la cérémonie autour de la famille et des amis du photographe, l’Ambassadeur du Portugal en France, Jorge Torres Pereira, Frisnel Azor, ministre Conseiller Chargé du Consulat Général d’Haïti à Paris, Patrick Bloche, Député Honoraire, Maire Adjoint de Paris, Marx Bourjolly, des écrivains comme Dany Laferrière, Daniel Maximin, James Noël, Mackenzy Orcel, George Pau Langevin, ancienne ministre (membre d’un groupe d’amitié, avec Haïti à l’Assemblée Nationale Française), José Pentoscrope du Centre d’Information, Recherche et Développement pour les Originaires d’Outre-Mer (CIFORDOM), Florence Alexis, fille de Jacques Stephen Alexis, l’un des compagnons de lutte de Gérald Bloncourt. Ils étaient tous rassemblés près du cercueil pour un vibrant hommage.
    Un révolutionnaire
    La cérémonie a débuté par une vidéo qui retrace le long parcours du talentueux photographe.
    Gérald Bloncourt est né en 1926 à Bainet (Haïti), d’un père guadeloupéen et d’une mère française. Il a participé en 1944 à la fondation du Centre d’art d’Haïti, pour la promotion de la création artistique avec le célèbre aquarelliste américain Dewitt Peters et d’autres intellectuels haïtiens. Dès son plus jeune âge, il est révolté par les injustices que subissent les Haïtiens. Il s’engage alors auprès des opprimés. Avec de jeunes camarades, Jacques-Stephen Alexis et René Depestre, ils créent ensemble la revue La Ruche où ils dénoncent la politique du président Elie Lescot.
    En 1946, Gérald Bloncourt n’a que 19 ans quand il participe activement avec ses amis marxistes aux « Cinq Glorieuses ». Des grèves et des mouvements de mécontentements envahissent Haïti et entraînent la chute du régime Lescot. L’armée prend le pouvoir. Poursuivi puis arrêté, le jeune révolutionnaire est expulsé à la Martinique. A Fort-de-France, il rencontre de jeunes intellectuels anticolonialistes comme Edouard Glissant, ils militent ensemble pour une union de la Caraïbe. Avec l’aide d’Aimé Césaire, le ministre français de l’Outre-mer Marius Moutet l’autorise à venir en France. Il débarque à Paris, rejoint le Parti communiste français, devient reporter photographe puis responsable politique du service photo du journal L’Humanité. L’homme couvre de nombreux conflits sociaux, il parcourt les quartiers populaires pour montrer la vie difficile des classes ouvrières et des immigrés.
    En 1974, le photographe couvre la « révolution des Œillets » au Portugal. Dans son exil, il reste préoccupé par la situation de son pays sous le joug de la dictature des Duvalier père et fils. Le militant participe avec énergie à tous les combats pour le « déchoukaj » du régime. En 1986, après la chute du dictateur Jean-Claude Duvalier, il crée le « Comité pour juger Duvalier ».
    Gérald Bloncourt est aussi peintre, écrivain et poète. Il a publié des romans, des recueils de poésie, des essais. L’artiste a donné de nombreuses conférences sur la peinture haïtienne, en France et aux Etats-Unis.
    Un physique imposant
    « Gérald, c’était d’abord un physique qui en imposait. Sa taille, sa stature, son allure étaient celles d’un bel homme sur lequel le temps n’avait pas de prise. Son regard si essentiel dans le choix de vie qu’il avait fait, son sourire, son rire étaient ceux d’un vrai séducteur. Sa voix puissante qui déclamait, qui haranguait, qui envoûtait était un vecteur essentiel de sa révolte permanente et de ses colères si sincères face aux injustices, à toutes les injustices », a témoigné Patrick Bloch, maire adjoint de Paris en regardant le cercueil rouge (couleur symbolique du mouvement ouvrier et des luttes sociales) décoré avec les œuvres de l’artiste. « Notre ami, notre camarade n’est plus et pourtant il est si présent, tant nous avons une part de Gérald en nous qui, à chaque fois que nous en aurons besoin, donnera du sens à nos humaines conditions », a-t-il ajouté.
    Une voix puissante
    Pour Max Bourjolly, un ex-dirigeant du Parti unifié des communistes haïtiens (PUCH), Gérald Bloncourt est un valeureux compagnon de lutte, courageux et passionné, il n’a jamais failli à ses engagements. Ensuite, une autre vidéo a présenté Gérald Bloncourt. Lui-même avec « sa voix puissante » déclame un de ses poèmes: Je me souviens. Il y retrace des faits marquants de sa vie: « Je me souviens qu’il fallait oublier les prisonniers parce qu’ils n’étaient pas d’accord avec le régime duvaliériste ». Son exil : « Je me souviens que je devais attendre plus de 40 ans avant de revoir ma terre natale ». Le poète haïtien James Noël, quarantenaire, évoque, quant à lui, son admiration pour son ainé, son inspirant.

    Un humaniste
    Quelques minutes après Retour au pays natal, une projection nous ramène en Haïti en 2016 lors de son dernier voyage dans son pays. Ce document réalisé par sa fille témoigne de la passion qu’avait Gérald Bloncourt pour son « Haïti chérie », sa joie d’être sur sa terre, son pays « Kiskeya », avec les siens et les jeunes en particulier. On retrouve son enthousiasme, son charisme, son talent d’orateur.
    Puis vient la fin de la cérémonie. Sa femme, Isabelle, remercie les amis et les personnalités présentes : « Je remercie tous ses amis qui m’ont supportée dans ces moments de douleur et qui continueront à nourrir la joie de vivre de mon mari après ces funérailles ». A la sortie un verre de l’amitié a été partagé, un bon punch comme aimait le faire l’humaniste, Gérald Bloncourt, un homme bienveillant et toujours joyeux quand il recevait chez lui.

    Distinctions
    Gérald Bloncourt a été plusieurs fois récompensé pour l’ensemble de son œuvre. En 2011, il est fait Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en France, en 2015, il accède à la Légion d’honneur. En 2016, il est nommé Grand-croix de l’ordre de l’Infant Dom Henri, une décoration remise par le président de la République portugaise Marcelo Rebel de Sousa. Le photographe laisse un fond d’environ 200 000 clichés.
    La ville de Fafe au Portugal lui rend hommage. Il avait offert des photos pour un musée de l’immigration.
    Bibliographie
    Son dernier livre Un homme peau noire peau rouge, un homme de toutes les saisons, préfacé par Yanick Lahens, est disponible en version électronique (Mémoire d’encrier)
    Les Prolos, un livre-album de 140 photographies accompagné par des textes de Mehdi Lallaoui (Au nom de la Mémoire), (2004)
    Le regard engagé Parcours d’un franc-tireur de l’image (Bourin), (2004)
    André Breton et la Révolution de janvier 1946 en Haïti (Le Temps des Cerises), (2007)
    Dialogue au bout des vagues (Mémoire d’encrier), (poésie, 2008)
    Journal d’un révolutionnaire (Mémoire d’encrier), (2013)
    L’œil en colère Une vie de photographe social (Lemieux), (2016)

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  • À Dakar, une école pour renforcer la lutte contre la cybercriminalité en Afrique

    Sénégal Cybercriminalité Terrorisme Afrique À Dakar, une école pour renforcer la lutte contre la cybercriminalité en Afrique Tweeter print © Seyllou, AFP | Jean-Yves Le Drian et son homologue sénégalais, Sidiki Kaba, ont inauguré l’École nationale en cybersécurité à vocation régionale (ENVR) de Dakar, le 6 novembre 2018. Texte par Julia DUMONT Dernière modification : 07/11/2018 Jean-Yves le Drian et son homologue sénégalais ont inauguré à Dakar, mardi, une école de cybersécurité à vocation régionale. Elle doit aider les États africains à lutter contre le terrorisme et réguler les transactions économiques numériques. C’était sans doute le moment fort de l’édition 2018 du Forum de Dakar. Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Yves le Drian, et son homologue sénégalais, Sidiki Kaba, ont inauguré mardi 6 novembre l’École nationale en cybersécurité à vocation régionale (ENVR) de Dakar au cours d’une cérémonie officielle.L’établissement aura “pour but d’augmenter les capacités locales des États africains à lutter contre la délinquance, le terrorisme ou la radicalisation et à développer des moyens d’investigation numérique contre les cybercriminels”, a indiqué le quai d’Orsay dans un communiqué. L’école devra également permettre de “renforcer la coopération régionale des États africains [dans le domaine de la cybercriminalité], par l’harmonisation de l’expertise et des pratiques”. Hier, @JY_LeDrian était à #Dakar !La #France et le #Sénégal avancent ensemble dans la mise en oeuvre de leurs engagements dans la lutte contre la cybercriminalité ðŸ¤L’ENVR est une école à rayonnement régional qui permettra de former les cyber experts du futur. #kebetu pic.twitter.com/l7rVwcZ9mu  France au Sénégal (@FranceoSenegal) November 7, 2018 L’ENVR dispensera des formations en sécurité informatique, en cybercriminalité, en renseignement numérique et en cybergouvernance allant de quelques jours à quelques semaines. Le quai d’Orsay précise qu’elles seront destinés aux “cadres et experts concernés par le sujet de la cybersécurité : cadres supérieurs et intermédiaires d’administration, policiers et gendarmes, juristes, magistrats, douaniers, agents des finances publiques, informaticiens etc.”Cybercriminalité en haussePour les États d’Afrique de l’Ouest, la coopération dans la lutte contre le terrorisme est une urgence alors que des groupes extrémistes sévissent du Mali au Nigeria. Mais la menace est aussi économique. Les États africains sont confrontés à une explosion de la cybercriminalité depuis la démocratisation de l’usage d’Internet sur le continent. Face au nombre de victimes et à l’importance des pertes financières que ces nouvelles formes d’arnaques engendrent pour leurs économies, les autorités africaines ont été poussées à prendre des mesures.
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