Author: Don Kayembe

  • Quête biblique dans le veld polyphonique de Karel Schoeman

    L’Heure de l’ange (Die uur van die engel), de Karel Schoeman, traduit de l’afrikaans par Pierre-Marie Finkelstein, Phébus, 512 p., 24 €. L’horizon est immense ; le paysage, une désolation. L’hiver, c’est « un pays de pierres, d’arbustes et d’herbe brûlée par le gel » ; l’été, « un paysage de poussière et de sable, une végétation calcinée sous un ciel vide et blanc ; dans le veld les moutons crevaient ». On entre dans L’Heure de l’ange saisi par une extrême solitude, ébloui par la lumière. Tout paraît inerte. Rude. Et pourtant, « le pays mort vit ». Entreprise obsédante Karel Schoeman, disparu le 2 mai 2017, est l’une des plus grandes plumes de la littérature sud-africaine en langue afrikaans. Né en 1939 dans l’ancien Etat libre d’Orange, il n’a cessé d’écrire sur ce monde dans lequel il a grandi, cette terre des Boers à laquelle il s’est toujours senti étranger. Dans L’Heure de l’ange, publié en 1995 et qui paraît aujourd’hui en France, Schoeman fait résonner les voix de ces descendants des colons européens, qu’on nommera plus tard les Afrikaners. On suit un journaliste de Johannesburg, de retour à Strydfontein, la petite ville isolée de son enfance, sur les traces de Danie Steenkamp, berger du XIXe siècle, premier poète de langue afrikaans. Ce qu’il cherche en réalité, il l’ignore, mais Danie-le-Poète le fascine. Il pénètre dans un musée. L’employée lui montre des objets, raconte le quotidien des notables d’autrefois, imprégnés par la lecture de la Bible et organisés autour de la paroisse. « Je ne comprends pas, je ne comprends plus ces gens », déplore-t-il. Et pourtant, il s’acharne. Lire aussi : « Cette vie », de Schoeman : mémoire afrikaner Entreprise obsédante que de tenter de saisir ceux qui nous ont précédés et ce qui les agissait. Vouée à l’échec, cette quête forme la colonne vertébrale de…
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  • L’« Eloge de la folie » magnifiquement réédité

    Eloge de la folie (Moriae encomium), d’Erasme de Rotterdam, accompagné des notes d’Erasme, de Listrius et de Myconius, Les Belles Lettres, « Le miroir des humanistes », 226 p., 75 €. « » Indépassable manifeste de l’humanisme, écrit quand l’Europe des débuts de la Renaissance entamait ses retrouvailles avec ses sources grecques et hébraïques, Eloge de la folie (1511) d’Erasme de Rotterdam (1467-1536) remporte d’emblée un succès foudroyant. Dans les quatre années qui suivent sa publication, ce texte où se concentre l’essence même de la rupture avec le Moyen Age connaît en effet pas moins de onze éditions (la première traduction française date de 1520). Les Belles Lettres donnent ici à lire, en regard du texte, un commentaire de l’Eloge paru en 1532, inédit en français. Il est signé par un ami de l’auteur, le jeune médecin Listrius (Gerd Lijster), mais en grande partie écrit par un Erasme malicieux jouant à l’exégète de lui-même ou au « modérateur » prenant des distances vis-à-vis de sa propre audace. Cette réédition bilingue a été enrichie par les gloses d’un autre contemporain, ­Myconius (le Suisse Oswald Geissbühler), et par les illustrations d’Hans et Ambroise Holbein. Le commentaire de Listrius déplie toutes les allusions et les références grecques, latines et hébraïques de l’Eloge, à une époque où les humanistes étaient pionniers dans l’usage des références antiques. Comme le note mélancoliquement le traducteur Jean-Christophe Saladin, il est plus utile que jamais dans le crépuscule contemporain des lettres classiques, qui rend les anciens à nouveau indéchiffrables. Bonnet à grelots Génial exercice de rhétorique, dont le mélange de savoir et de truculence annonce Rabelais, l’Eloge pousse à son extrémité la figure de l’antiphrase, puisque l’apologie de la raison, de la sagesse et de la vertu prend la forme d’une défense de leurs contraires, menée par…
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  • Le feuilleton. Le démon de la propulsion

    A dos de Dieu, ou l’Ordure lyrique, de Marcel Moreau, Quidam, « Les indociles », 140 p., 16 €. Si la docilité était une qualité littéraire, nous n’aurions plus qu’à nous pendre haut et court, encore qu’il serait plus amusant de pendre – par les oreilles, soyons clément – les écrivains engagés dans la voie docile, tout juste bons à se faire primer. Certes, nous sommes encore policés, nous aimons les textes aux architectures complexes, les grandes fresques syntaxiques, les ­apnées contrôlées et les sommets conquis à coups de piolet précis. Mais que ferions-nous sans le mouvement qui déforme les lignes, sans les ruades lyriques, sans les élans dévastateurs ? La littérature regorge d’enragés, mais leur rage n’est bien souvent qu’une petite colère, transmise par un chien en porcelaine, et leur bave ressemble à de la dentelle. Elle dénote non un corps désaxé mais un esprit chafouin. Disons-le : les vrais sauvages ne sont pas légion, et peut-être même sont-ils en voie d’extinction, peut-être l’époque préfère-t-elle les villas obscures et les boutiques tristes, les particules aménagées et les territoires élémentaires – bref, les expériences d’ennui imminent. Heureusement il y a Marcel ­Moreau, et l’on ferait bien de se jeter cul nu dans son A dos de Dieu, ou l’Ordure lyrique (Luneau-Ascot, 1980) que viennent de rééditer les éditions Quidam dans une collection intitulée, il n’y a pas de hasard, « Les indociles ». Les bibliographies sont d’excellents indicateurs sismiques : Mille voix rauques, Le Bord de mort, Les Arts viscéraux, Monstre, Opéra gouffre, Bal dans la tête… L’œuvre de Marcel Moreau, riche et forte d’une soixantaine d’ouvrages, semble célébrer les noces de l’ogre et de la camarde. A la fois rabelaisienne et rimbaldienne, elle est également secouée par des pulsions et des scansions qui rappellent les « suppliciations » d’Artaud. Stimulée par l’excès, elle nous rappelle combien…
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  • Histoire du journal de Mary MacLane, auteure charnelle visionnaire

    Que le diable m’emporte (The Story of Mary MacLane), de Mary Maclane, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Hélène Frappat, Le Sous-Sol, 160 p., 16 €. A Butte, petite ville minière du sud-ouest du Montana, Mary Mac­Lane se désespère. « C’est dur – si dur ! – d’être une femme, jeune, totalement isolée, et pleine de désirs… Quel lourd fardeau ! Oh, soyez maudits ! Maudits ! Maudits ! Que chaque créature vivante soit maudite, que le monde entier – que l’Univers soit maudit ! » Nous sommes en 1901 et, étrangère à l’amour des grands espaces que chantera bientôt toute une lignée de romanciers, la jeune femme de 19 ans ne rêve que de fuir. Explorer le monde. Laisser libre cours à ses envies et ses passions. Et surtout, faire reconnaître ce qu’elle nomme son « génie ». Car, elle en est persuadée, elle est unique, géniale, l’un des plus grands esprits jamais créés. « Je porte en moi les germes d’une vie intense. (…) J’ai la personnalité, la nature d’un Napoléon, mais dans sa version féminine », écrit très sérieusement l’auteure de Que le diable m’emporte, née à Winnipeg (Canada) en 1881. Soif de liberté Cet autoportrait d’une parfaite inconnue mégalomane aurait pu rester dans un tiroir, ou passer inaperçu. Mais ce récit écrit en trois mois sous forme de journal intime par cette jeune fille issue de la bourgeoisie devient, dès sa publication en 1902, un best-seller : près de cent mille exemplaires s’écoulent en un mois aux Etats-Unis. Alors que les premières « féministes » américaines se battent pour faire entendre leurs voix et obtenir le droit de vote, les lecteurs s’enflamment pour ce livre impétueux qui parle d’une insatiable soif de liberté, comme de désir charnel – bisexuel. Un récit fougueux qui s’insurge contre la condition des femmes, promises au carcan de la vie conjugale, et qui revendique le droit, pour l’une d’elles, toute jeune, à une ambition…
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  • « La Blessure » de la perte d’un fiancé en Algérie

    La Blessure, de Jean-Baptiste Naudet, L’Iconoclaste, 304 p., 17 €. Avant de se quitter, avant qu’il ne s’embarque pour l’Algérie, ils s’étaient choisi une étoile dans le ciel. En champ libre. Plantée un peu à l’écart des grandes constellations. Une étoile où accrocher leurs pensées, les instants qui ne peuvent pas attendre. Pour que, malgré la distance, d’un regard, s’éclaire la certitude profonde d’aimer et d’être aimé en retour. Horreur quotidienne Nous sommes en 1960. Robert Sipière, appelé du contingent, est sergent au 7e bataillon de chasseurs alpins, une unité engagée dans les opérations de pacification de la Grande Kabylie. Il a 20 ans. C’est un montagnard de Val-d’Isère et, pour un peu, les pentes enneigées du djebel Djurdjura lui rappelleraient celles des sommets de sa Tarentaise. Sauf qu’il y fait la guerre et que chaque accident du terrain, chaque bouquet d’arbres peut cacher une embuscade. Les accrochages avec les rebelles sont fréquents et meurtriers. Il s’est endurci, trop d’ailleurs, craint-il. Mais comment faire autrement quand la peur se mêle à la férocité, quand l’horreur est quotidienne ? Alors, il songe à ses hommes, à sa mission. Et à Danielle qui l’attend à Fontainebleau. « Ecoute-moi bien, lui écrit-il. Ne t’inquiète pas et reste au chaud tout contre moi. C’est que je commence à sentir, à comprendre la dureté de ma vie ici. Je ne la lâcherai pour rien au monde avant son terme. » Robert Sipière était libérable à l’été. Lui et Danielle devaient se marier à la fin du mois d’octobre. Le 9 juin, une décharge de chevrotines, tirée par un jeune fellagha, l’atteint au ventre. Il va mourir dans l’hélicoptère sanitaire qui l’évacue de la zone de combat. Jean-Baptiste Naudet, grand reporter – à L’Obs, après l’avoir été au Monde – qui « couvrit » les conflits en Afghanistan, en Bosnie, au Kosovo, en Tchétchénie, en Irak, au Rwanda…, a…
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  • Algérie: l’inquiétude du Syndicat des éditeurs de la presse électronique

    Algérie: l’inquiétude du Syndicat des éditeurs de la presse électronique

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  • Art et IA: «Cortana est entrée dans ma vie par infraction»

    Quand la peintre Sylvie Fanchon fait entrer dans ses toiles les mots prononcés par l’assistante vocale « Cortana » de Microsoft, on assiste à un polar, une comédie, une satire. L’exposition « Je m’appelle Cortana » explore d’une façon originale comment la peinture « traditionnelle » résiste au phénomène de l’intelligence artificielle (IA). Une aventure picturale proposée dans l’espace d’exposition du FRAC Franche-Comté à Besançon, dans l’est de la France.Comment une peintre enracinée depuis des décennies dans la matérialité de ses tableaux bichromes commence-t-elle à se confronter à l’intelligence artificielle (IA) ? C’est simple. Un événement plus que banal a ouvert une brèche, avoue Sylvie Fanchon, peintre française née en 1953 à Nairobi au Kenya, en expliquant sa métamorphose :
    « Cortana est entrée dans ma vie par infraction. J’avais perdu mon téléphone. J’en ai racheté un de piètre qualité et puis cet appareil a téléchargé de lui-même l’application Cortana, une assistance téléphonique qu’on appelle une intelligence artificielle. Cortana s’est mise à me parler, à me raconter de tas de choses, à me donner beaucoup de conseils et à faire des sortes d’intrusions dans ma vie. Ce qui m’a vraiment intéressé… »
    Elle constate alors ô combien cette application nous observe, nous étudie, nous surveille et utilise sous prétexte de nous aider. Mais, au lieu d’expulser l’intrus de son univers, l’artiste relève toutes les phrases prononcées par la voix synthétique de Cortana. Résultat : un beau corpus d’expressions que Sylvie Fanchon se réapproprie et réinjecte dans ses tableaux.
    L’intelligence de la peinture « pauvre »
    Son ambition ne réside pas à exploiter les possibilités de Cortana. Avec une douzaine de nouvelles oeuvres, l’artiste s’apprête à ausculter la richesse de sa peinture « pauvre » à l’aide des énoncés de cette intelligence artificielle. Je m’appelle Cortana est la première des œuvres murales monumentales occupant les cimaises du FRAC Franche-Comté. La phrase en question se retrouve assimilée au tableau d’une façon à la fois artistique et énigmatique. Car c’est bien la plasticité des mots et la couleur incarnées par la peinture qui priment ici sur l’intelligence de Cortana.
    « Pour moi, ce n’est pas une bataille entre la peinture et l’intelligence artificielle, affirme Sylvie Fanchon. C’est un sujet, comme on peut prendre comme sujet le paysage. L’écriture dans la peinture m’intéresse. Et puis, je trouvais ces phrases absolument dérisoires. À mon avis, Cortana est loin d’être une intelligence – artificielle ou pas. »
    « Désolé, je n’ai pas compris »
    Pour le montrer, l’artiste se sert beaucoup et de façon très intelligente de l’humour. Des couleurs criardes semblent intimider les mots entendus et apprivoisés. Et comme pour secouer la syntaxe de cette super assistante du XXIe siècle, Fanchon colle les lettres les unes aux autres, sans ponctuation ni accent : « commentcava », « racontezmoiuneanecdote », « puisjeutiliservotrecompte ». Sur un autre tableau, Rantanplan, le chien bête de Lucky Luke, fait son apparition pour aussitôt fuir la scène. Sans parler du bon mot « Désolé, je n’ai pas compris », peint avec minutie et renvoyé comme un boomerang en direction de Cortana.
    « L’humour s’adresse à la fois à ces phrases que j’ai décontextualisé et que je recontextualise après dans les tableaux. Mais il s’adresse aussi au monde de l’art. Le rire tient à distance le tragique. Les phrases comme « Désolé, je n’ai pas compris », « Désolé, je n’ai pas entendu », c’est une façon de rire par rapport à cette intelligence artificielle qui ne comprend rien et n’entend rien… »

    Sylvie Fanchon, une peintre « insolente » et « féministe »
    Réflexions d’une artiste défiant toute catégorisation et qualifiée d’« insolente » et « féministe » par Julie Crenn, co-commissaire de l’exposition : « Insolente puisqu’elle déjoue toutes les questions de catégorie de la peinture. On n’est ni dans l’art abstrait, ni dans l’art figuratif, ni dans l’art conceptuel. Et son travail est féministe dans le sens où elle va participer à une déconstruction – du “chef-d’œuvre”, du “bien faire”, du “génie”, de la “peinture” – où elle va prendre des références du réel, par exemple son téléphone portable, mais aussi des cartoons, des bandes dessinées. Elle va mixer les registres pour annuler ou estomper la question de la hiérarchie en art. »
    Reste à savoir si l’avènement de l’intelligence artificielle bouleversera les relations entre les artistes, les spectateurs et l’art. « Moi, je pense que cela ne change rien, commente Sylvie Zavatta, la directrice du FRAC Franche-Comté, avec un grand sourire. Les nouvelles technologies sont des outils, comme la peinture à l’huile, le numérique ou le dessin, etc. Un artiste, c’est tout le contraire de l’intelligence artificielle. C’est un être sensible qui réfléchit, élabore des concepts, imagine. En 2016, un ordinateur avait fait un faux Rembrandt et même les experts se sont trompés. Oui, techniquement, c’est peut-être parfait, mais en quoi est-ce une œuvre d’art ? Cela met juste en considération le fait que le savoir-faire, le bien faire, ne peuvent pas résumer ou définir en soi et seulement une œuvre d’art. »
    L’art, l’algorithme et l’intelligence artificielle
    Même si la maison de vente aux enchères Christie’s a vendu début novembre à New York un tableau réalisé par un programme d’intelligence artificielle pour 380 000 euros, Sylvie Fanchon ne considère pas non plus l’art menacé par la puissance des algorithmes. « Je trouve qu’on se trompe de l’objectif. L’art ne tient pas à la technique. Il peut y avoir art avec une nouvelle technique, comme il peut y avoir art sans technique. Il peut ne pas y avoir art avec une super technique. Ce qui fait art tient à la pensée. »
    En disant cela, l’artiste peintre se montre grandement consciente à quel point les mondes virtuels et immatériels de l’univers numérique et de l’intelligence artificielle lancent des défis à l’art en général et à la peinture en particulier : « Quelquefois je pense que peut-être dans cinquante ou cent ans, cela sera très difficile de regarder de la peinture. Je me suis posé cette question : deviendrons-nous tous des illettrés visuels ? C’est une possibilité triste. Pour moi, en tout cas, cela n’a pas lieu d’être. S’il y a bien un médium qui m’intéresse, c’est bien la matérialisation de la pensée dans la peinture. »

    ► Je m’appelle Cortana, œuvres de la peintre contemporaine Sylvie Fanchon dans l’espace d’exposition du FRAC Franche-Comté à Besançon, entourées d’une sélection d’œuvres des FRAC de Bourgogne-Franche-Comté, jusqu’au 13 janvier 2019.

    Chronologie et chiffres clés

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  • «Crazy Rich Asians», quand les minorités font recette au cinéma

    Par

    Elisabeth Lequeret

    Publié le 08-11-2018

    Modifié le 08-11-2018 à 07:24

    C’est un film-phénomène qui est sorti cette semaine dans les salles en France. La comédie romantique « Crazy Rich Asians », de Jon M. Chu raconte l’histoire de Rachel, une jeune New-Yorkaise d’origine chinoise. Lors d’un voyage à Singapour, elle découvre que son fiancé est en fait l’un des milliardaires les plus en vue de l’île.

    Tempête sur les réseaux sociaux, déferlement médiatique et immense succès public, plus de 234 millions de dollars de recettes. Depuis le 7 août, date de sa sortie aux États-Unis, Crazy Rich Asians est devenu un véritable phénomène de société.
    Cette comédie romantique adaptée d’un best-seller de Kevin Kwan, Singapour millionnaire, raconte comment Rachel Chu, New-Yorkaise d’origine chinoise, accepte de rendre visite à la famille de son petit ami, à Singapour. Surprise, elle va découvrir que celui-ci est l’héritier richissime d’une famille de promoteurs immobiliers d’origine chinoise parmi les plus riches d’Asie, et se trouver confrontée à un milieu dont elle ignore tout.
    Un casting intégralement composé d’acteurs d’origine asiatique
    Alors qu’importe si, par moment, on a l’impression de feuilleter les pages d’un magazine de mode, ce qui fait de Crazy Rich Asians un phénomène à la portée politique indéniable, c’est son casting intégralement composé d’acteurs d’origine asiatique avec Constance Wu, Michelle Yeoh et Henry Golding.
    Beaucoup ont en tête un autre tournant qu’a pris Hollywood cette année avec Black Panther, son casting 100 % afro-américain et ses recettes colossales. Désormais, les minorités font recette sur le grand écran. Et les producteurs n’en doutent pas : la suite de Crazy Rich Asians est déjà en préparation.

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  • Guinée: deux hommes tués par l’armée dans une banlieue de Conakry

    Guinée: deux hommes tués par l’armée dans une banlieue de Conakry


    Par
    RFI

    Publié le 08-11-2018
    Modifié le 08-11-2018 à 07:21

    Deux hommes ont été tués mercredi soir par des tirs de militaires guinéens dans une banlieue de Conakry secouée dans la journée par des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. L’opposition guinéenne avait appelé à une journée ville morte pour protester contre, selon elle, les violations des accords signés entre elle, la mouvance présidentielle et le gouvernement sur les installations des élus locaux du scrutin du 4 février 2018.

    Ces deux victimes portent à 100 le nombre de morts par balles dans la zone de manifestations politiques depuis avril 2011, selon l’opposition et les décomptes de la presse guinéenne. Deux jeunes gens tués devant leur concession, dans le quartier de Wanidara en banlieue de Conakry, par des militaires, selon leurs proches interrogés par RFI qui précisent que les auteurs portaient des bérets rouges.

    Il était alors 19h45, toujours selon les proches des victimes, lorsque Mamadou Bela Baldé, un diplômé en relations internationales, sans emploi, et Mamadou Alimou Diallo, commerçant, ont quitté la prière, voulant aller chez des voisins pour regarder les matchs de la Ligue européenne des champions. Devant leur concession passaient alors des militaires qui ont ouvert le feu. Deux morts et deux blessés ont été enregistrés sur les lieux, ajoute-t-on de même source.

    La maman de l’universitaire, en pleurs, a expliqué à RFI : « Mon fils n’est pas violent, ce n’est pas un bandit, c’est un intellectuel à la recherche de son premier emploi. Et voilà que mon espoir a été tué. » « Tué par des soldats qui n’avaient rien à voir dans le maintien d’ordre, mais qui avaient envie de tuer de présumés opposants », ajoute un proche de l’une des victimes.

    Pour le moment, aucune réaction officielle n’a été enregistrée.

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  • Mali: l’armée rétablit la situation à Banamba après une poussée jihadiste

    Mali: l’armée rétablit la situation à Banamba après une poussée jihadiste


    Par
    RFI

    Publié le 08-11-2018
    Modifié le 08-11-2018 à 06:46

    Arrestations de présumés jihadistes, réouvertures d’écoles… L’armée malienne a déployé un important dispositif à moins de 200 km à l’ouest de Bamako où la pression de terroristes présumés avait contraint à la fermeture de quelques dizaines d’écoles qui dispensaient les cours en français.

    C’est le chef d’état-major des armées maliennes lui-même qui a coordonné les préparatifs de l’intervention militaire. Le général M’Bemba Moussa Keita a dépêché des troupes dans les environs de Banamba. L’opération a été qualifiée « de grande envergure » : les témoins civils sur place parle de « plusieurs dizaines de militaires », ainsi que du matériel.

    Ecoles sécurisées

    Dans deux localités, très rapidement, les écoles fermées par de présumés jiahdistes, ont été sécurisées par les forces armées maliennes. Selon des témoins, dans une autre localité, l’armée a piégé l’ennemi en arrivant de l’est, alors qu’elle était attendue à l’ouest. L’ennemi rapidement pris ses jambes à son cou. A pied ou à moto, ce fut une véritable débandade.

    Maintenir le calme

    Au moins quinze personnes soupçonnées d’avoir participé aux opérations qui ont conduit à la fermeture des écoles ont été arrêtées et conduites à Bamako. Ce mercredi, des élèves ont repris calmement le chemin de l’école, pour retrouver leurs enseignants.

    Afin de maintenir le calme retrouvé, le ministère malien de la Défense a décidé d’installer un dispositif de sécurité dans plusieurs localités de l’ouest, notamment à Toubakoro Dandougou et Balala.

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