Sur le point de révéler une affaire de harcèlement et de racisme éclaboussant un homme d’affaires de haut rang, le Daily Telegraph s’est vu interdire la publication des détails de son enquête. La justice a considéré qu’en raison des accords de confidentialité signés par ce businessman et cinq victimes, l’histoire ne pouvait être révélée au grand jour.
“Le scandale britannique qui ne peut être révélé.” Le Daily Telegraph fulmine, mercredi 24 octobre. Au terme de huit mois d’enquête, le quotidien conservateur était sur le point de dévoiler des accusations de harcèlement sexuel et de racisme à l’endroit d’un “grand homme d’affaires”. Mais plutôt qu’une photo de la personne concernée en une de son édition du jour, le journal est contraint de publier une simple ombre chinoise. La raison ? “Ce businessman a déployé une armée d’au moins sept avocats et dépensé 500000 livres en frais de justice afin de convaincre la justice de réduire le Daily Telegraph au silence.”
Chef de groupe depuis 2009, l’ancien Premier ministre belge briguerait bien la présidence du Parlement européen. Mais dans les rangs de son parti, certains estiment que le moment est venu d’un changement de génération.
“Personne ne peut évincer Guy Verhofstadt – en tout cas jusqu’aux élections. Après, il est possible qu’il ne soit pas réélu à la tête de son groupe parlementaire. Il est même possible qu’il ne soit pas nommé à la présidence du Parlement. Il se peut bien qu’il n’obtienne rien. Mais, pour l’instant, il est bel et bien là.” Ou encore : “Quel poste ? Il n’y aura pas de poste pour lui.”
Ces deux citations sont extraites d’un article de la version européenne du site Politico consacré à lafuture alliance entre les libéraux européens et le mouvement En Marche ! du président français Emmanuel Macron dans la perspective des élections européennes de mai. La première vient d’un député européen sous couvert d’anonymat ; la seconde d’une source proche du Premier ministre néerlandais Mark Rutte.
Depuis quelques mois, de vives tensions
[…]
Bart Beirlant
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Vu de Hongrie. La nouvelle cible d’Orbán
Un mois et demi après le vote du rapport Sargentini demandant des sanctions contre la Hongrie, un clip en langue anglaise diffusé par le gouvernement de Viktor Orbán accuse Guy Verhofstadt de vouloir “plus de migration” alors que “plusieurs millions” de candidats à l’exil s’apprêteraient à rejoindre l’Europe dans les années à venir.
“Le politicien belge est une cible facile. Il ne représente aucun danger pour le Fidesz [le parti conservateur de Viktor Orbán] ou le gouvernement hongrois et ne dispose d’aucun véritable outil pour s’attaquer frontalement à Viktor Orbán en dehors de la critique féroce à intervalles réguliers de sa politique au Parlement européen”,commente le portail d’opposition Index.
“Croisade”
Contempteur notoire de la dérive autoritaire de Budapest, le libéral flamand hérisse l’administration Orbán, qui, dans une campagne précédente, l’a présenté comme un ennemi de la Hongrie aux côtés de l’écologiste néerlandaise Judith Sargentini et du financier d’origine magyare George Soros, accusés de mener un “chantage” destiné à remodeler la politique migratoire ferme du pays.
“Verhofstadt veut envoyer Orbán sur le tas de fumier de la politique, comme il l’affirmeouvertement. Le libéral béat, aidé dans sa croisade par le réseau des ONG de Soros, mène une guerre contre la majorité et offense les 3 millions d’électeurs ayant réélu librement le Premier ministre. Cette perception est totalement antidémocratique”,dénonce le quotidien pro-pouvoir Magyar Hírlap.
Thierry Henry a quitté le football belge par la cour d’honneur et son escalier en marbre, la sélection des Diables rouges, en tête du classement FIFA ; il revient par l’entrée de service et sa porte vermoulue : mercredi, le nouvel entraîneur de l’AS Monaco se déplace en Ligue des champions sur le terrain du FC Bruges (18 h 55), concerné par l’affaire de corruption qui secoue le championnat local.
Depuis que 180 policiers ont déboulé dans neuf clubs du royaume, mercredi 10 octobre, la « Jupiler Pro League » est sous pression et dégaze en tous sens. On sonne l’hallali de Mogi Bayat, agent à tout faire et homme le plus puissant du championnat, riche de son art de s’immiscer dans nombre de transferts, de faire et défaire les effectifs de plusieurs grands clubs du championnat, et du FC Nantes, aussi.
Le football belge serait heureux que l’homme d’affaires franco-iranien, inculpé d’organisation criminelle et de blanchiment d’argent, se trouve seul derrière les barreaux. Mais l’enquête, commencée il y a près d’un an, a révélé un problème plus large : parmi les 21 personnes inculpées, l’on trouve d’autres agents, des arbitres, des dirigeants de club, deux entraîneurs, un joueur (Olivier Myny, laissé libre) et des journalistes. Tout l’écosystème d’un football dont la dégringolade a commencé en 1995, lorsque l’un des siens, Jean-Marc Bosman, a provoqué la libre circulation des joueurs européens.
Mercredi, un premier joueur a été écroué et inculpé. Il s’agit du Franco-Tunisien, Fabien Camus, passé par le FC Malines entre janvier et juillet 2018 et aujourd’hui sans club. Selon le parquet fédéral, « le juge d’instruction a inculpé ce (mercredi) matin M. F. C. de participation à une organisation criminelle et de blanchiment d’argent ».
En régression sportive pendant que ses rejetons brillent à la Coupe du monde et dans les grandes équipes d’Europe, en difficulté économique avec trois faillites de clubs de première division en dix ans, voilà le football belge pris en défaut sur son éthique. Si les soupçons des enquêteurs sont avérés, le « Footbelgate » réunit sur un petit territoire les déviances actuelles de l’économie du football : commissions gonflées pour les intermédiaires des transferts, agents prenant les rênes de la politique sportive d’un club, blanchiment d’argent et matchs truqués.
« Trafic d’êtres humains »
La police belge n’a pas frappé dans les divisions inférieures mais au sommet du championnat. C’est l’entraîneur de Bruges, le Croate Ivan Leko, qui est inculpé pour blanchiment. Ce sont les deux meilleurs arbitres belges qui seraient mêlés à des matchs truqués. C’est Dejan Veljkovic, agent serbe très introduit dans les grands clubs flamands, qui est soupçonné d’avoir manipulé deux matchs et échafaudé un système de blanchiment de l’argent des commissions.
Le scandale a mis en évidence la dérégulation des pratiques et la consanguinité d’un milieu où les conflits d’intérêts sont à chaque coin de rue, et pas uniquement chez les agents : « Pro League », la ligue professionnelle de football belge, est présidée par Marc Coucke, propriétaire d’Anderlecht, le grand club bruxellois. « Ce n’est pas normal », a d’ailleurs fait remarquer l’intéressé, qui quittera le poste à moyen terme.
Figure tutélaire des Diables rouges, l’ex-capitaine Vincent Kompany a rapidement appelé à rendre le marché des transferts transparent et s’est dit, avec son franc parler coutumier, pas surpris du scandale compte tenu « du milieu du foot » : « Le lien est étroit avec les pratiques en vigueur dans les milieux du trafic d’êtres humains, de drogue ou dans la prostitution. »
Pour répondre à cette affaire qui monopolise la presse belge, le gouvernement a été forcé de réagir. La profession d’agent devrait enfin être réglementée avec l’obtention d’une licence : une proposition de loi en ce sens patientait depuis sept ans. La ministre des affaires sociales, Maggie de Block, a menacé de revoir le système de réduction des cotisations sociales dont bénéficient les clubs pour rester compétitifs, si ceux-ci ne mettaient pas leurs affaires en ordre.
« On savait, oui. Mais où, et comment ? »
« C’est une période difficile mais opportune, veut croire Pierre François, directeur général de la “Pro League”. Sur les pratiques des agents, les événements récents ont eu le mérite de mettre sur la table des choses que tout le monde soupçonnait. On savait, oui. Mais la question était : où, et comment ? Dès lors, nous prenons l’initiative de ne pas attendre, de bousculer la table et d’aller au fond des choses le plus rapidement possible. »
Un groupe d’experts nommés par la Ligue est chargé de faire des recommandations sur lesquelles Pierre François a déjà son idée : limitation des commissions, du nombre de joueurs associés à un agent au sein d’une même équipe, impossibilité de représenter un club et un joueur dans un même transfert, ou d’être rémunéré d’une autre manière par un club… La Belgique s’interroge même sur l’opportunité d’obliger les joueurs à rémunérer eux-mêmes les agents. « Nous allons avoir des moments compliqués, peut-être perdre quelques joueurs pour notre championnat en raison de ces nouvelles contraintes, mais nous sommes persuadés que c’est le moment d’avancer, beaucoup plus vite que nous ne l’aurions fait sans cette piqûre », estime l’ancien dirigeant du Standard de Liège.
La « piqûre » a-t-elle été téléguidée ? Une partie du football belge soupçonne Marc Coucke, milliardaire de l’industrie pharmaceutique et nouveau propriétaire d’Anderlecht, d’avoir favorisé le déclenchement d’une enquête, fin 2017. Chronologiquement, le début de l’enquête par l’unité des fraudes sportives de la police fédérale belge correspond à la période du rachat du club par l’homme d’affaires, notoirement opposé à l’emprise de Mogi Bayat sur le football local et Anderlecht en premier lieu. De là à prendre le risque de provoquer ce tsunami…
« Tout seul, Bayat n’aurait rien pu faire »
Certains avaient senti monter la vague. Nenad Petrovic, agent important du football belge il y a quelques années, prédisait en avril dans le magazine Sport : « On voit des transferts complètement improbables et des montants que personne ne comprend. Dans ces clubs [il cite Charleroi, Anderlecht et Gand], le nom de l’agent est plus important que la qualité du joueur. (…) Heureusement, l’arrivée de Marc Coucke devrait tout changer. Ça va être une révolution pour le foot belge parce que tout cet équilibre précaire, avec Anderlecht dans le rôle principal, va être rééquilibré. Je pense qu’un séisme est en préparation. »
Le même Petrovic, au surlendemain des perquisitions, dans le journal L’Avenir : « Mogi Bayat n’est qu’une créature qui a été autorisée à agir par toutes les hautes instances du foot belge, à commencer par les dirigeants des clubs. Il a été malin, a utilisé toutes les ficelles et a profité du système. (…) Mais, tout seul, il n’aurait rien pu faire. Lorsqu’on laisse les clés d’un club à un agent, c’est la fin de ce club. Si on lui offre les clés d’une compétition, c’est pareil. »
Un autre agent, Eric Depireux, confirme dans les colonnes du Soir : « Pour que ces individus puissent imposer ce système, c’est que cela arrangeait tout le monde. Personne ne peut tomber des nues. Ce serait dommage que Bayat soit le seul à payer la note parce que tout le monde est un peu coupable. »
Les victimes, elles, sont connues et très discrètes pour le moment : les joueurs sont en position d’attente et les supporteurs ont été sommés par la fédération de ne pas faire référence aux affaires pour la reprise du championnat, le week-end dernier.
Le problème avec les populistes, c’est qu’on n’entend qu’eux. Et le vacarme assourdissant de leurs saillies médiatiques a trop souvent tendance à couvrir la voix des peuples. Comme si l’opinion des citoyens devait nécessairement être phagocytée par ceux qui s’autoproclament leurs représentants. Même la lecture des résultats des urnes en Europe n’échappe pas à cet effet de loupe, en surinterprétant le poids des courants populistes dans la société. La menace (réelle) qu’ils suscitent inquiète tellement qu’elle finit par faire oublier les aspirations de la majorité silencieuse, celle qui refuse de renverser (par exemple) la table européenne.
La dernière livraison de l’Eurobaromètre* constitue, à cet égard, un vrai soulagement pour tous ceux qui ne croyaient plus en la capacité de séduction de l’Union européenne. À quelques mois de l’élection du Parlement européen, le soutien à l’Union n’a jamais été aussi important depuis 1983 : près de 7 citoyens européens sur 10 reconnaissent que leur pays a bénéficié de son adhésion à l’Union européenne. Cette profession de foi européenne intervient – ce n’est pas un hasard – au moment où Bruxelles et Londres tentent à grand-peine de s’accorder sur les termes du divorce : la difficulté des Britanniquesà se séparer de l’UE montre à leurs voisins l’intérêt de rester ensemble. Il n’y a donc rien d’étonnant à constater que les deux tiers des Européens se prononceraient pour demeurer dans l’Union européenne en cas de vote.
Même les Britanniques se montrent plus européens qu’il y a deux ans lors du référendum sur le Brexit : une majorité d’entre eux (53 %) voteraient aujourd’hui en faveur du “Remain”. De l’autre côté de la Manche, la raison européenne semble de retour, comme en témoigne le succès de la marche anti-Brexit du 20 octobre à Londres (plus de 700 000 personnes). Toutes réclament une nouvelle consultation. Mais peut-on encore stopper la machine infernale du Brexit ? Dans tous les cas, c’est une crise politique majeure qui se prépare au Royaume-Uni. Une crise largement enclenchée par les populistes, coupables d’avoir escamoté le débat européen.
*”Parlemeter 2018 : Taking up the Challenge. From (Silent) Support to Actual Vote”, octobre 2018.
Le capitaine des Super Eagles souhaite accompagner l’équipe de football pour amputés du Nigeria.
Le capitaine nigérian John Mikel Obi a promis un soutien financier et moral à l’équipe nationale de football pour amputés qui fait face à des difficultés financières.
Les Special Eagles livrent une course contre la montre pour atteindre la Coupe du monde de leur catégorie au Mexique.
L’équipe, qui a manqué les trois dernières Coupes du Monde faute de moyens financiers, a décidé de faire un appel de fonds au début du mois pour se déplacer afin de participer au tournoi de 2018.
Le président de la Fédération nigériane de football (NFF), Amaju Pinnick, et l’équipe des Super Eagles ont tous deux apporté d’importantes contributions financières.
Cependant, le capitaine John Mikel Obi a décidé d’aller encore plus loin.
“Nous avons parlé à un représentant de John Mikel Obi qui a proposé d’aider l’équipe”, a déclaré Fred Edoreh, coordinateur de la collecte de fonds, à BBC Sport.
“Son soutien sera d’un grand secours, mais pour l’instant, le dilemme est de trouver les moyens de faire venir l’équipe au Mexique”.
“Le temps presse et le coût des billets augmentant de jour en jour à l’approche de notre match d’ouverture ce qui risque de peser sur notre budget”.
“C’est pour éviter des coûts plus élevés et aussi pour que les garçons s’installent avant le match contre le Brésil, dimanche”.
“Le premier groupe (huit joueurs et l’entraîneur) aurait dû partir aujourd’hui (mardi), mais il n’y avait pas assez de places sur le vol de l’étape Mexico-Guadalajara.
“Nos agents de voyage travaillent dur pour leur réserver un espace d’ici demain, mercredi. Ils devraient donc partir de Lagos à midi avec Ethiopia Airlines.”
“Cela nous aidera à assurer notre présence et à éviter une sanction. En espérant disposer de fonds supplémentaires, l’équipe de réserve peut partir jeudi ou vendredi”, a déclaré M. Edoreh.
L’ancien milieu de Chelsea, Mikel Obi, serait sur le point d’accompagner l’équipe de football pour amputés avec de l’argent et des kits.
L’Angola, le Kenya et le Ghana ont représenté l’Afrique à la Coupe du monde 2014 à Culiacán, au Mexique.
Les Angolais ont terminé deuxièmes après s’être inclinés 1 : 3 face à la Russie en finale.
Selon les chiffres définitifs de l’ambassade de Russie à Rome, seize citoyens russes et quatres ukrainiens ont été blessés le 23 octobre au soir lors d’un accident d’escalier mécanique dans le métro de la capitale italienne. Ces supporters du CSKA de Moscou se rendaient à un match de la Ligue des champions de football devant opposer leur équipe à la “Roma”.
L’escalator en descente a brutalement accéléré avant de s’effondrer. Les gens n’ayant pas le temps de poser pied au sol sont tombés massivement les uns sur les autres. Les blessés ont été transportés à l’hôpital, trois d’entre eux ont des blessures graves. Un diplomate russe a informé le journal Gazeta.ru que la maire de Rome, Virginia Raggi, avait exprimé sa solidarité au nom des Romains et promis toute l’aide nécessaire aux victimes.
Il a également précisé que les blessés n’étaient pas en état d’ébriété lors de leur admission à l’hôpital. Selon le même titre, les médias italiens ont pointé du doigt la responsabilité des supporters qui, au rythme de leurs chants, auraient sauté lourdement sur l’escalator, provoquant un problème mécanique.
Pour couronner la soirée, le CSKA de Moscou a été battu par la Roma 3 à 0. Selon Gazeta.ru, les joueurs n’ont pas eu connaissance de l’accident avant le match.
Si guerre froide il y a, nous en sommes encore aux prémices : personne ne connaît les règles du jeu, et chacun teste les limites, analyse Andreï Kortounov, proche du Kremlin, qui dirige un influent think tank moscovite.
DIE PRESSE : António Guterres, le secrétaire général des Nations unies, a déclaré [récemment] que la guerre froide était revenue de plus belle. Êtes-vous de cet avis ?
ANDREÏ KORTOUNOV : Il n’y a plus deux blocs ni deux systèmes. La Russie est un pays capitaliste qui n’a pas, contrairement à l’Union soviétique, l’ambition de présenter un système de gouvernement alternatif. Nous n’avons plus de rideau de fer. Je reconnais cependant comme Guterres qu’il existe une confrontation dangereuse : guerre économique, sanctions, restrictions, protectionnisme…
Vous avez écrit un jour que la situation actuelle était parfois plus dangereuse que pendant la guerre froide.
Si je devais comparer l’époque actuelle, ce serait avec le début de la guerre
Quand il quitte un club, Carlo Ancelotti laisse le plus souvent des titres et une belle cote d’amour. Le Paris-Saint-Germain n’échappe pas à la règle et ses supporteurs devraient réserver une belle ovation à celui qui a ramené leur club sur le devant de la scène, aussi bien en France qu’en Europe. Ce mercredi 24 octobre, l’Italien Carlo Ancelotti, 59 ans, retrouve le Parc des Princes, à l’occasion de la réception de Naples, lors de la troisième journée de Ligue des champions. Aux commandes du Napoli depuis cet été, l’ex-entraîneur du PSG (janvier 2012-mai 2013) avait été déjà très applaudi par le public parisien, en septembre 2017, lorsque « son » Bayern Munich avait été corrigé (3-0). Un revers qui avait entraîné son éviction du banc bavarois.
La venue dans la capitale de l’entraîneur napolitain, actuel deuxième de Serie A et premier de son groupe en Ligue des champions, renvoie à son règne contrasté au club parisien. Un passage de dix-huit mois qui a permis de structurer le PSG version Qatar Sports Investments (QSI), mais l’intéressé en garde encore une certaine amertume en bouche. « Quelque chose s’était cassé et ne fonctionnait plus entre le club et moi. Je n’avais pas d’autre choix que de quitter le PSG », a raconté Ancelotti dans son ouvrage intitulé Mes secrets d’entraîneur (Solar, 2015).
En novembre 2011, Carlo Ancelotti (limogé six mois plus tôt de Chelsea) se laisse pourtant séduire par le discours tenu par le Brésilien Leonardo, alors directeur sportif du PSG et architecte du projet mis en place par les nouveaux propriétaires qataris. Les deux hommes se connaissent bien depuis leur collaboration au Milan AC. Double vainqueur de la Ligue des champions avec les Rossoneri (2003 et 2007), entraîneur de réputation mondiale, Ancelotti accepte de prendre les commandes de l’équipe parisienne à partir de la saison 2012-2013. Mais le limogeage d’Antoine Kombouaré, au début de la trêve hivernale, change la donne et précipite son arrivée.
« Carlo Ancelotti était cohérent avec l’ambition sportive de Leonardo, qui devait bosser avec un coach familier pour lui, et l’ambition d’image de l’actionnaire, souhaitant envoyer un message immédiat », se souvient un ex-cadre du club.
Un entraîneur qui a professionnalisé le PSG
Avec six mois d’avance, Ancelotti débarque au PSG et le fait basculer dans une autre dimension. Reflet des visées continentales du club, il obtient des recrues à sa main (Maxwell, Thiago Motta, Alex) et célèbre son pot d’arrivée, paradoxe suprême, au Stade Moustoir de Lorient contre les amateurs du Saint-Colomban Locminé, pensionnaire de CFA 2 (cinquième division), en 32e de finale de Coupe de France. Contraint de redescendre de ses coutumières hauteurs pour cette première, le natif de Reggiolo (Emilie-Romagne) s’en sort de justesse (victoire 2-1 dans les arrêts de jeu) face au « petit poucet ». Le ton est donné : rien ne sera facile.
« Il avait une grande proximité avec ses joueurs, à qui il ramenait d’Italie de la mozzarella. »
Au-delà des moyens financiers mis à sa disposition, Ancelotti apporte avec lui les méthodes de travail appliquées à Chelsea. GPS pour mesurer les données des joueurs, analystes de performances, nutritionnistes, création d’un restaurant au centre d’entraînement du club, nouvelles habitudes alimentaires : l’Italien et ses deux adjoints, son compatriote Giovanni Mauri et l’Anglais Paul Clement, bousculent les habitudes et contribuent à professionnaliser un club pas réputé pour être le plus structuré de Ligue 1 avant l’arrivée de QSI.
« Le programme d’entraînement était établi un mois à l’avance. Ancelotti, c’est le premier étage de la fusée QSI. Il a étoffé le secteur médical, recruté des kinés, préparateurs physiques. Il déléguait aussi beaucoup, développe Ronan Le Crom, à l’époque quatrième gardien du PSG. C’est un grand homme, d’une grande classe. Il avait une grande proximité avec ses joueurs, à qui il ramenait d’Italie de la mozzarella. Il était très à l’écoute. Il aime ses joueurs, ses collaborateurs, organise des barbecues en famille. Chacun a droit à un traitement particulier. Il voyait tout tactiquement. Quand il rentre dans une pièce, il inspire le respect. Il ne hausse jamais la voix. Sauf quand un short traîne dans les douches. »
Malgré son sens du détail et des relations humaines, la saison se solde par un semi-échec, aux allures de déception pour Ancelotti, avec le sacre improbable de Montpellier devant le PSG. A l’été 2012, le Transalpin modifie son équipe de fond en comble avec le recrutement de Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva, Ezequiel Lavezzi, et son jeune (20 ans) compatriote Marco Verratti, déniché à Pescara. Son PSG se mue alors en rouleau compresseur sur la scène domestique et remporte aisément la Ligue 1, en mai 2013, après dix-neuf ans de disette. Surtout, les Parisiens signent leur grand retour en Ligue des champions et manquent de fairetomber (2-2, 1-1) le FC Barcelone de Lionel Messi en quarts de finale.
Au fil de cette saison aboutie, marquée par le recrutement à visées commerciales de la « pop star » David Beckham, Ancelotti traverse pourtant une zone de turbulences. En décembre 2012, les propriétaires qataris du PSG s’inquiètent des inconstances et sautes de concentration de la formation avant sa victoire à l’arraché (2-1) contre Porto, en phase de poules. « Le manque de sérénité commença à peser, surtout dans la gestion des petits accrocs, toujours inévitables même dans les meilleurs parcours d’une équipe, a expliqué l’entraîneur dans son ouvrage. On commença à perdre la ligne que l’on avait tracée initialement avec les propriétaires et les dirigeants du club. »
« Une erreur que QSI regrette encore »
En janvier 2013, Ancelotti est endeuillé par la disparition, dans un accident de voiture, de son ami Nicholas Broad, chef du projet performance du PSG. Deux mois plus tard, la défaite (1-0) de l’équipe à Reims irrite les dignitaires de QSI, de plus en plus impatients. Désireux de bénéficier de « beaucoup de temps » pour bâtir sur la durée, l’ancien milieu de terrain décide alors de ne pas prolonger l’aventure dans la capitale et s’en ouvre à Leonardo. « Chaque match était devenu un motif de tension. On voulait tout et tout de suite », confessa-t-il.
« L’histoire s’est arrêtée en raison de l’impatience de l’actionnaire après quelques contre-performances. »
Une fois le titre de champion acquis, l’entraîneur claque la porte et cède aux sirènes du Real Madrid. « Déçu », le président Nasser Al-Khelaïfi ne parvient alors guère à le faire changer d’avis et se tourne vers Laurent Blanc pour lui succéder. « Le PSG avait des attentes et le coach a aussi été sollicité par le Real. Le train n’allait passer qu’une fois. Il y a aussi eu une dimension humaine dans cette décision », analyse Ronan Le Crom.
« L’histoire s’est arrêtée en raison de l’impatience de l’actionnaire après quelques contre-performances. Carlo Ancelotti a vécu comme un affront le fait que des nouveaux arrivants aient à son égard des exigences révélant leur incompétence sportive, détaille un ancien membre de l’état-major parisien. Un an plus tard, il remportait la Ligue des champions avec le Real Madrid. QSI ne commettra plus cette erreur, qu’il regrette encore. »
Depuis le départ fracassant de l’Italien, le PSG n’a d’ailleurs jamais fait mieux qu’un quart de finale en Ligue des champions.
Après le rejet historique du budget italien par Bruxelles, le gouvernement italien campe sur ses positions en affirmant n’avoir ni “plan B” ni volonté de se soumettre aux “experts de l’austérité”.
Le bras de fer continue. Après les avertissements et les mises en garde, la Commission européenne a décidé, “pour la première fois en vingt ans d’histoire”, de rejeter le projet de budget italien, considérant sa prévision de 2,4 % de déficit comme “une violation grave du pacte de stabilité et de croissance”, observe le quotidien économique Il Sole-24 Ore.
Dans un entretien à La Repubblica, le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a déploré cette “première” tout en assurant être toujours “dans un processus de dialogue constructif” avec Rome : “Ma porte est toujours ouverte et j’espère que le gouvernement italien entendra ce message.”
Mais à lire les premières déclarations des membres du gouvernement populiste, les trois semaines données à l’Italie pour revoir sa copie s’annoncent comme un formidable dialogue de sourds.
En déplacement à Bucarest, le vice-Premier ministre et leader de l’extrême droite, Matteo Salvini, a promis que le gouvernement “ne reculera[it] pas” et que seul “le Parlement italien [était] susceptible de modifier le budget italien” – et non la Commission. Avant de faire vibrer la fibre patriotique, en lançant à Bruxelles : “Vous n’attaquez pas un gouvernement mais un peuple”, selon le Corriere della Sera.
“Pas de plan B”
L’autre vice-Premier ministre, Luigi Di Maio, leader du Mouvement 5 étoiles, s’est emparé de Facebook pour ironiser sur le veto européen, comme le souligne Il Fatto Quotidiano.“Le budget ne plaît pas à l’Union européenne”, écrit Di Maio. “Cela ne m’étonne pas : c’est le premier budget italien rédigé à Rome et non à Bruxelles !”
Comme Salvini, il se présente en défenseur des Italiens, face à la bureaucratie bruxelloise : “Nous savons que si nous devions nous rendre, les ‘experts’ favorables au secteur bancaire et à l’austérité reviendraient immédiatement”, écrit-il. “Donc nous n’abandonnerons pas. Nous savons que nous sommes sur le bon chemin”.
Le Premier ministre, Giuseppe Conte, s’est quant à lui confié à l’agence Bloomberg, à qui il a déclaré qu’il n’y avait “pas de plan B”. Tout au plus s’est-il montré ouvert à “réévaluer certaines dépenses, si nécessaire”, tout en restant convaincu que la croissance économique, que son budget espère dynamiser, “est la meilleure façon de nous sortir du piège de la dette”.
Il Giornale estime que le “timide signal d’ouverture” de Giuseppe Conte “ne modifie pas substantiellement les fondamentaux du budget” et anticipe déjà la prochaine étape de la crise : “Sans les corrections attendues de la part de l’Europe, Bruxelles pourrait ouvrir une procédure pour déficit excessif et violation de la règle de la dette”, écrit le quotidien. Une bombe financière qui coûterait des milliards d’euros à l’Italie.