Dans cette ancienne ville industrielle, au pays de Galles, les électeurs se disent fatigués par l’incertitude et la pagaille causées par les négociations. Au point de regretter leur vote en faveur de la sortie de l’Union européenne.
Au célèbre marché couvert de Swansea, John s’arrête quelques instants de balayer pour méditer sur sa décision, en juin 2016, de voter en faveur du Brexit. “Si j’en avais l’occasion, je voterais autrement, avoue-t-il. On entend beaucoup parler de suppressions d’emploi et ça ne me plaît pas. C’est la catastrophe. Je crois qu’ils ne savent pas ce qu’ils font.”
Et il n’est pas le seul Gallois à changer son fusil d’épaule : ces temps-ci, on entend régulièrement qu’il faut se préparer à des troubles économiques, à des pénuries de nourriture et à des licenciements si le Royaume-Uni quitte l’UE en mars 2019 sans qu’un accord ait été conclu. Selon un modèle qui distingue chaque circonscription britannique et qui repose sur de nouveaux sondages réalisés par YouGov, 14 circonscriptions au pays de Galles ont changé d’avis en 2018 et voudraient maintenant rester dans l’UE, ce qui place clairement les Gallois dans le camp proeuropéen.
L’un des principaux revirements a été enregistré à Swansea, un bastion travailliste où près de 13 % des électeurs ont changé de camp dans les quartiers défavorisés, dans l’est de la ville. Ce basculement donnerait aux partisans de l
Renvoyer les Britanniques aux urnes ne permettra pas de refermer les blessures ouvertes par le premier référendum. Le Royaume-Uni n’est pas une démocratie directe, c’est au Parlement de régler le problème, insiste ce journal pro-Brexit.
Nous sommes dans un beau pétrin constitutionnel. Le référendum de 2016 a libéré des démons qu’il va être difficile de faire rentrer dans leurs sombres cavernes. La souveraineté du peuple a pris le dessus sur celle du Parlement et ce dernier ne sait tout bonnement pas comment réagir.
Le problème a été aggravé par des élections législatives qui n’ont pas renouvelé la majorité absolue du Parti conservateur au pouvoir [en juin 2017]. La question qui se pose maintenant est : comment allons-nous nous dépêtrer de ce bourbier sans détruire complètement le système ?
Certains constitutionnalistes affirment que la solution est d’organiser un autre référendum. Que consulter de nouveau le peuple est le seul moyen de sortir de l’impasse. “Le dilemme posé par le peuple lors du référendum de 2016 et de nouveau lors des législatives de 2017 ne pourra être résolu que par le peuple dans un autre référendum”, a récemment écrit Vernon Bogdanor, professeur à l’université d’Oxford.
La campagne dite du “Vote populaire” [The People’s Vote] a
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Philip Johnston
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Contrepoint : C’est la seule solution
Écartée par Theresa May à plusieurs reprises, l’idée de convoquer un second référendum ne devrait pas être enterrée de sitôt, estime The Times, quotidien conservateur anti-Brexit.“Trouve-t-on au Parlement une majorité en faveur d’un retrait de l’UE sans accord ? Non. D’un maintien dans le marché unique à la norvégienne ? Non. Du ‘plan de Chequers’ [qui vise à conserver des règles communes avec l’UE dans certains domaines] proposé par Theresa May ? Non. D’un accord de libre-échange à la canadienne ? Non. Et de nouvelles législatives ? Non plus. Aucune majorité ne se dégage pour quoi que ce soit”, en vue du vote contraignant sur l’accord de divorce qui doit avoir lieu à la Chambre des communes. “Alors si on ne veut pas voir le pays arriver à la fin mars 2019 en continuant à discuter pendant qu’il passe par-dessus bord, il va falloir que quelqu’un fasse quelque chose. C’est cet état de fait, et rien d’autre, qui peut encore provoquer un deuxième référendum.”
Le Royaume-Uni se retrouve dos au mur à cause de l’abdication du gouvernement face à Bruxelles, fulmine ce journaliste eurosceptique, très remonté contre la Première ministre Theresa May.
Le casse-tête du Brexit continue. Il y a même une certaine fascination morbide à voir une médiocrité comme Theresa May, sous la protection d’une carapace hermétique et d’une petite coterie d’anti-Brexit pseudo-conservateurs, retenir en otage non seulement son propre parti, mais le pays tout entier.
Cet épisode incompréhensible de paralysie de la vie publique au Royaume-Uni laissera perplexes les historiens de demain. “Mais pourquoi donc un tel comportement de la part de Theresa May ?” s’interrogeront-ils. Plus étrange encore, pourquoi son parti a-t-il fait preuve d’un tel laxisme envers elle, se laissant ainsi rayer de la carte politique britannique ? La réponse à la première question se cache dans les méandres de la psychologie de Theresa May : des penchants dictatoriaux et ce complexe d’infériorité à Bruxelles si typique des Remainers [la Première ministre a fait campagne contre le Brexit] expliquent vraisemblablement de tels errements.
Une Première ministre plus impopulaire que jamais
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Gerald Warner
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L’UE divise l’Irlande pour mieux diriger
Outre la facture du divorce et la question des droits des citoyens européens installés au Royaume-Uni, l’UE a fait de la frontière irlandaise une priorité des négociations. Un non-sens total, pointe The Spectator dans son édition du 20 octobre : “Comment finaliser les dispositions relatives à la frontière irlandaise sans connaître celles qui régiront les relations commerciales du Royaume-Uni avec l’UE après le Brexit ?” Selon cet hebdomadaire eurosceptique, ce que souhaite l’UE, “c’est mettre l’Irlande au centre des discussions, pour montrer que ce petit État membre ne pâtirait pas du départ de son grand voisin”. Mais la solution proposée par Bruxelles, à savoir maintenir une frontière poreuse en introduisant des contrôles douaniers dans les ports nord-irlandais et britanniques, est “tout bonnement grossière” : une démarcation entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord serait de fait établie, rapprochant au passage la province de l’orbite de Dublin.
“L’UE ne peut s’attendre à ce que le Royaume-Uni cède, en l’espèce, une partie de son territoire. Et le Royaume-Uni ne peut pas s’attendre à conserver autant d’avantages liés à l’UE après avoir décidé de la quitter. La question de la frontière irlandaise a fait oublier ces détails aux deux parties en présence. Mais en l’absence d’accord, ce qu’elles veulent éviter se matérialisera : une frontière physique en Irlande.”
Nos données personnelles – de notre vie quotidienne jusqu’à notre plus grande intimité – sont aujourd’hui utilisées contre nous avec une efficacité toute militaire. Toutes ces informations, inoffensives en elles-mêmes, sont minutieusement assemblées, synthétisées, échangées et vendues. Poussé à l’extrême, ce processus aboutit à la constitution d’un profil numérique solide qui permet aux entreprises de vous connaître mieux que vous-mêmes. Votre profil est constitué d’une série d’algorithmes qui font remonter des contenus de plus en plus extrêmes, transformant de simples préférences personnelles en véritable menace. Nous ne devrions pas minimiser les conséquences. C’est de la surveillance.
À l’occasion de la Privacy Conference, qui se tenait à Bruxelles mercredi 24 octobre, Tim Cook, a lancé “une cinglante attaque” contre le “complexe industriel des données personnelles”,rapporte le site spécialisé TechCrunch.Le successeur de Steve Jobs à la tête de l’entreprise californienne Apple a vivement dénoncé l’utilisation des données personnelles faites par les entreprises, au détriment, selon lui, des individus et de la société. Il s’en est pris aux algorithmes qui, selon lui, “aggravent les divisions, incitent à la violence et sabotent notre vision commune de ce qui est vrai et ce qui est faux”.
S’il s’est bien gardé de citer Facebook ou Google, dont le business-model est basé sur l’utilisation des données personnelles des internautes, “sa cible était pourtant claire”, note le site américain. Tim Cook a appelé les États-Unis a adopté une législation plus restrictive concernant l’utilisation des données personnelles, en citant pour exemple la nouvelle législation adoptée par l’Union européenne, la RGPD. “Il s’est joint aux nombreuses voix qui mettent en garde contre le fait que les données sont en train d’être utilisées contre les gens et contre la société”, écrit TechCrunch.
“Tim Cook fait le pari que, sur le long terme, la protection des données fera la différence avec ses concurrents”, analyse de son côté le Washington Post, ajoutant que le modèle économique d’Apple ne repose pas sur l’utilisation des données de ses clients, contrairement à Google et Facebook, et que la société à la pomme a toujours tenté de se positionner comme une entreprise qui défend le droit à la vie privée et dont les produits sont “physiques” – des téléphones, des ordinateurs et des logiciels. Une stratégie qui n’est pas toujours révélée payante, ajoute le quotidien, rappelant les déboires de la marque à la pomme après les révélations d’Edward Snowden, en 2013 : Apple avait alors choisi de chiffrer les données des utilisateurs de ses appareils. Mais l’entreprise s’était retrouvée dans une situation délicate vis-à-vis de la justice américaine, qui exigeait de pouvoir accéder aux informations de ses appareils pendant les enquêtes, notamment en matière de terrorisme.
“Toutefois, à mesure que l’opinion publique a délaissé les problèmes de surveillance du gouvernement pour s’inquiéter davantage des pratiques du secteur privé, le destin d’Apple pourrait bien s’inverser”, explique le quotidien. Mais, au-delà des seules visées économiques d’Apple, et alors que Google et Facebook dépendent plus que jamais des revenus issus de publicités utilisant les données personnelles, les remarques de Tim Cook montrent “combien il va être difficile pour l’industrie de trouver un consensus sur la législation en matière de droit à la vie privée”, conclut le Washington Post.
Sur le point de révéler une affaire de harcèlement et de racisme éclaboussant un homme d’affaires de haut rang, le Daily Telegraph s’est vu interdire la publication des détails de son enquête. La justice a considéré qu’en raison des accords de confidentialité signés par ce businessman et cinq victimes, l’histoire ne pouvait être révélée au grand jour.
“Le scandale britannique qui ne peut être révélé.” Le Daily Telegraph fulmine, mercredi 24 octobre. Au terme de huit mois d’enquête, le quotidien conservateur était sur le point de dévoiler des accusations de harcèlement sexuel et de racisme à l’endroit d’un “grand homme d’affaires”. Mais plutôt qu’une photo de la personne concernée en une de son édition du jour, le journal est contraint de publier une simple ombre chinoise. La raison ? “Ce businessman a déployé une armée d’au moins sept avocats et dépensé 500000 livres en frais de justice afin de convaincre la justice de réduire le Daily Telegraph au silence.”
Chef de groupe depuis 2009, l’ancien Premier ministre belge briguerait bien la présidence du Parlement européen. Mais dans les rangs de son parti, certains estiment que le moment est venu d’un changement de génération.
“Personne ne peut évincer Guy Verhofstadt – en tout cas jusqu’aux élections. Après, il est possible qu’il ne soit pas réélu à la tête de son groupe parlementaire. Il est même possible qu’il ne soit pas nommé à la présidence du Parlement. Il se peut bien qu’il n’obtienne rien. Mais, pour l’instant, il est bel et bien là.” Ou encore : “Quel poste ? Il n’y aura pas de poste pour lui.”
Ces deux citations sont extraites d’un article de la version européenne du site Politico consacré à lafuture alliance entre les libéraux européens et le mouvement En Marche ! du président français Emmanuel Macron dans la perspective des élections européennes de mai. La première vient d’un député européen sous couvert d’anonymat ; la seconde d’une source proche du Premier ministre néerlandais Mark Rutte.
Depuis quelques mois, de vives tensions
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Bart Beirlant
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Vu de Hongrie. La nouvelle cible d’Orbán
Un mois et demi après le vote du rapport Sargentini demandant des sanctions contre la Hongrie, un clip en langue anglaise diffusé par le gouvernement de Viktor Orbán accuse Guy Verhofstadt de vouloir “plus de migration” alors que “plusieurs millions” de candidats à l’exil s’apprêteraient à rejoindre l’Europe dans les années à venir.
“Le politicien belge est une cible facile. Il ne représente aucun danger pour le Fidesz [le parti conservateur de Viktor Orbán] ou le gouvernement hongrois et ne dispose d’aucun véritable outil pour s’attaquer frontalement à Viktor Orbán en dehors de la critique féroce à intervalles réguliers de sa politique au Parlement européen”,commente le portail d’opposition Index.
“Croisade”
Contempteur notoire de la dérive autoritaire de Budapest, le libéral flamand hérisse l’administration Orbán, qui, dans une campagne précédente, l’a présenté comme un ennemi de la Hongrie aux côtés de l’écologiste néerlandaise Judith Sargentini et du financier d’origine magyare George Soros, accusés de mener un “chantage” destiné à remodeler la politique migratoire ferme du pays.
“Verhofstadt veut envoyer Orbán sur le tas de fumier de la politique, comme il l’affirmeouvertement. Le libéral béat, aidé dans sa croisade par le réseau des ONG de Soros, mène une guerre contre la majorité et offense les 3 millions d’électeurs ayant réélu librement le Premier ministre. Cette perception est totalement antidémocratique”,dénonce le quotidien pro-pouvoir Magyar Hírlap.
Thierry Henry a quitté le football belge par la cour d’honneur et son escalier en marbre, la sélection des Diables rouges, en tête du classement FIFA ; il revient par l’entrée de service et sa porte vermoulue : mercredi, le nouvel entraîneur de l’AS Monaco se déplace en Ligue des champions sur le terrain du FC Bruges (18 h 55), concerné par l’affaire de corruption qui secoue le championnat local.
Depuis que 180 policiers ont déboulé dans neuf clubs du royaume, mercredi 10 octobre, la « Jupiler Pro League » est sous pression et dégaze en tous sens. On sonne l’hallali de Mogi Bayat, agent à tout faire et homme le plus puissant du championnat, riche de son art de s’immiscer dans nombre de transferts, de faire et défaire les effectifs de plusieurs grands clubs du championnat, et du FC Nantes, aussi.
Le football belge serait heureux que l’homme d’affaires franco-iranien, inculpé d’organisation criminelle et de blanchiment d’argent, se trouve seul derrière les barreaux. Mais l’enquête, commencée il y a près d’un an, a révélé un problème plus large : parmi les 21 personnes inculpées, l’on trouve d’autres agents, des arbitres, des dirigeants de club, deux entraîneurs, un joueur (Olivier Myny, laissé libre) et des journalistes. Tout l’écosystème d’un football dont la dégringolade a commencé en 1995, lorsque l’un des siens, Jean-Marc Bosman, a provoqué la libre circulation des joueurs européens.
Mercredi, un premier joueur a été écroué et inculpé. Il s’agit du Franco-Tunisien, Fabien Camus, passé par le FC Malines entre janvier et juillet 2018 et aujourd’hui sans club. Selon le parquet fédéral, « le juge d’instruction a inculpé ce (mercredi) matin M. F. C. de participation à une organisation criminelle et de blanchiment d’argent ».
En régression sportive pendant que ses rejetons brillent à la Coupe du monde et dans les grandes équipes d’Europe, en difficulté économique avec trois faillites de clubs de première division en dix ans, voilà le football belge pris en défaut sur son éthique. Si les soupçons des enquêteurs sont avérés, le « Footbelgate » réunit sur un petit territoire les déviances actuelles de l’économie du football : commissions gonflées pour les intermédiaires des transferts, agents prenant les rênes de la politique sportive d’un club, blanchiment d’argent et matchs truqués.
« Trafic d’êtres humains »
La police belge n’a pas frappé dans les divisions inférieures mais au sommet du championnat. C’est l’entraîneur de Bruges, le Croate Ivan Leko, qui est inculpé pour blanchiment. Ce sont les deux meilleurs arbitres belges qui seraient mêlés à des matchs truqués. C’est Dejan Veljkovic, agent serbe très introduit dans les grands clubs flamands, qui est soupçonné d’avoir manipulé deux matchs et échafaudé un système de blanchiment de l’argent des commissions.
Le scandale a mis en évidence la dérégulation des pratiques et la consanguinité d’un milieu où les conflits d’intérêts sont à chaque coin de rue, et pas uniquement chez les agents : « Pro League », la ligue professionnelle de football belge, est présidée par Marc Coucke, propriétaire d’Anderlecht, le grand club bruxellois. « Ce n’est pas normal », a d’ailleurs fait remarquer l’intéressé, qui quittera le poste à moyen terme.
Figure tutélaire des Diables rouges, l’ex-capitaine Vincent Kompany a rapidement appelé à rendre le marché des transferts transparent et s’est dit, avec son franc parler coutumier, pas surpris du scandale compte tenu « du milieu du foot » : « Le lien est étroit avec les pratiques en vigueur dans les milieux du trafic d’êtres humains, de drogue ou dans la prostitution. »
Pour répondre à cette affaire qui monopolise la presse belge, le gouvernement a été forcé de réagir. La profession d’agent devrait enfin être réglementée avec l’obtention d’une licence : une proposition de loi en ce sens patientait depuis sept ans. La ministre des affaires sociales, Maggie de Block, a menacé de revoir le système de réduction des cotisations sociales dont bénéficient les clubs pour rester compétitifs, si ceux-ci ne mettaient pas leurs affaires en ordre.
« On savait, oui. Mais où, et comment ? »
« C’est une période difficile mais opportune, veut croire Pierre François, directeur général de la “Pro League”. Sur les pratiques des agents, les événements récents ont eu le mérite de mettre sur la table des choses que tout le monde soupçonnait. On savait, oui. Mais la question était : où, et comment ? Dès lors, nous prenons l’initiative de ne pas attendre, de bousculer la table et d’aller au fond des choses le plus rapidement possible. »
Un groupe d’experts nommés par la Ligue est chargé de faire des recommandations sur lesquelles Pierre François a déjà son idée : limitation des commissions, du nombre de joueurs associés à un agent au sein d’une même équipe, impossibilité de représenter un club et un joueur dans un même transfert, ou d’être rémunéré d’une autre manière par un club… La Belgique s’interroge même sur l’opportunité d’obliger les joueurs à rémunérer eux-mêmes les agents. « Nous allons avoir des moments compliqués, peut-être perdre quelques joueurs pour notre championnat en raison de ces nouvelles contraintes, mais nous sommes persuadés que c’est le moment d’avancer, beaucoup plus vite que nous ne l’aurions fait sans cette piqûre », estime l’ancien dirigeant du Standard de Liège.
La « piqûre » a-t-elle été téléguidée ? Une partie du football belge soupçonne Marc Coucke, milliardaire de l’industrie pharmaceutique et nouveau propriétaire d’Anderlecht, d’avoir favorisé le déclenchement d’une enquête, fin 2017. Chronologiquement, le début de l’enquête par l’unité des fraudes sportives de la police fédérale belge correspond à la période du rachat du club par l’homme d’affaires, notoirement opposé à l’emprise de Mogi Bayat sur le football local et Anderlecht en premier lieu. De là à prendre le risque de provoquer ce tsunami…
« Tout seul, Bayat n’aurait rien pu faire »
Certains avaient senti monter la vague. Nenad Petrovic, agent important du football belge il y a quelques années, prédisait en avril dans le magazine Sport : « On voit des transferts complètement improbables et des montants que personne ne comprend. Dans ces clubs [il cite Charleroi, Anderlecht et Gand], le nom de l’agent est plus important que la qualité du joueur. (…) Heureusement, l’arrivée de Marc Coucke devrait tout changer. Ça va être une révolution pour le foot belge parce que tout cet équilibre précaire, avec Anderlecht dans le rôle principal, va être rééquilibré. Je pense qu’un séisme est en préparation. »
Le même Petrovic, au surlendemain des perquisitions, dans le journal L’Avenir : « Mogi Bayat n’est qu’une créature qui a été autorisée à agir par toutes les hautes instances du foot belge, à commencer par les dirigeants des clubs. Il a été malin, a utilisé toutes les ficelles et a profité du système. (…) Mais, tout seul, il n’aurait rien pu faire. Lorsqu’on laisse les clés d’un club à un agent, c’est la fin de ce club. Si on lui offre les clés d’une compétition, c’est pareil. »
Un autre agent, Eric Depireux, confirme dans les colonnes du Soir : « Pour que ces individus puissent imposer ce système, c’est que cela arrangeait tout le monde. Personne ne peut tomber des nues. Ce serait dommage que Bayat soit le seul à payer la note parce que tout le monde est un peu coupable. »
Les victimes, elles, sont connues et très discrètes pour le moment : les joueurs sont en position d’attente et les supporteurs ont été sommés par la fédération de ne pas faire référence aux affaires pour la reprise du championnat, le week-end dernier.
Le problème avec les populistes, c’est qu’on n’entend qu’eux. Et le vacarme assourdissant de leurs saillies médiatiques a trop souvent tendance à couvrir la voix des peuples. Comme si l’opinion des citoyens devait nécessairement être phagocytée par ceux qui s’autoproclament leurs représentants. Même la lecture des résultats des urnes en Europe n’échappe pas à cet effet de loupe, en surinterprétant le poids des courants populistes dans la société. La menace (réelle) qu’ils suscitent inquiète tellement qu’elle finit par faire oublier les aspirations de la majorité silencieuse, celle qui refuse de renverser (par exemple) la table européenne.
La dernière livraison de l’Eurobaromètre* constitue, à cet égard, un vrai soulagement pour tous ceux qui ne croyaient plus en la capacité de séduction de l’Union européenne. À quelques mois de l’élection du Parlement européen, le soutien à l’Union n’a jamais été aussi important depuis 1983 : près de 7 citoyens européens sur 10 reconnaissent que leur pays a bénéficié de son adhésion à l’Union européenne. Cette profession de foi européenne intervient – ce n’est pas un hasard – au moment où Bruxelles et Londres tentent à grand-peine de s’accorder sur les termes du divorce : la difficulté des Britanniquesà se séparer de l’UE montre à leurs voisins l’intérêt de rester ensemble. Il n’y a donc rien d’étonnant à constater que les deux tiers des Européens se prononceraient pour demeurer dans l’Union européenne en cas de vote.
Même les Britanniques se montrent plus européens qu’il y a deux ans lors du référendum sur le Brexit : une majorité d’entre eux (53 %) voteraient aujourd’hui en faveur du “Remain”. De l’autre côté de la Manche, la raison européenne semble de retour, comme en témoigne le succès de la marche anti-Brexit du 20 octobre à Londres (plus de 700 000 personnes). Toutes réclament une nouvelle consultation. Mais peut-on encore stopper la machine infernale du Brexit ? Dans tous les cas, c’est une crise politique majeure qui se prépare au Royaume-Uni. Une crise largement enclenchée par les populistes, coupables d’avoir escamoté le débat européen.
*”Parlemeter 2018 : Taking up the Challenge. From (Silent) Support to Actual Vote”, octobre 2018.
Le capitaine des Super Eagles souhaite accompagner l’équipe de football pour amputés du Nigeria.
Le capitaine nigérian John Mikel Obi a promis un soutien financier et moral à l’équipe nationale de football pour amputés qui fait face à des difficultés financières.
Les Special Eagles livrent une course contre la montre pour atteindre la Coupe du monde de leur catégorie au Mexique.
L’équipe, qui a manqué les trois dernières Coupes du Monde faute de moyens financiers, a décidé de faire un appel de fonds au début du mois pour se déplacer afin de participer au tournoi de 2018.
Le président de la Fédération nigériane de football (NFF), Amaju Pinnick, et l’équipe des Super Eagles ont tous deux apporté d’importantes contributions financières.
Cependant, le capitaine John Mikel Obi a décidé d’aller encore plus loin.
“Nous avons parlé à un représentant de John Mikel Obi qui a proposé d’aider l’équipe”, a déclaré Fred Edoreh, coordinateur de la collecte de fonds, à BBC Sport.
“Son soutien sera d’un grand secours, mais pour l’instant, le dilemme est de trouver les moyens de faire venir l’équipe au Mexique”.
“Le temps presse et le coût des billets augmentant de jour en jour à l’approche de notre match d’ouverture ce qui risque de peser sur notre budget”.
“C’est pour éviter des coûts plus élevés et aussi pour que les garçons s’installent avant le match contre le Brésil, dimanche”.
“Le premier groupe (huit joueurs et l’entraîneur) aurait dû partir aujourd’hui (mardi), mais il n’y avait pas assez de places sur le vol de l’étape Mexico-Guadalajara.
“Nos agents de voyage travaillent dur pour leur réserver un espace d’ici demain, mercredi. Ils devraient donc partir de Lagos à midi avec Ethiopia Airlines.”
“Cela nous aidera à assurer notre présence et à éviter une sanction. En espérant disposer de fonds supplémentaires, l’équipe de réserve peut partir jeudi ou vendredi”, a déclaré M. Edoreh.
L’ancien milieu de Chelsea, Mikel Obi, serait sur le point d’accompagner l’équipe de football pour amputés avec de l’argent et des kits.
L’Angola, le Kenya et le Ghana ont représenté l’Afrique à la Coupe du monde 2014 à Culiacán, au Mexique.
Les Angolais ont terminé deuxièmes après s’être inclinés 1 : 3 face à la Russie en finale.