Contre le cours du jeu, Lyon a longtemps cru à la victoire mais a dû se contenter d’un nul sur le terrain d’Hoffenheim (3-3), mardi 23 octobre, dans le cadre de la 3e journée de la Ligue des champions, au cours de laquelle le Real et Benzema se sont péniblement défaits de Plzen (2-1).
Dans le groupe E : Mazraoui soulage l’Ajax
Le Bayern Munich a longtemps buté sur l’AEK Athènes avant de fairesauter le verrou grec en deux minutes, après l’heure de jeu, par Javi Martinez (61e) puis Robert Lewandowski (63e). Arrivé malade en Grèce, après un mois tumultueux, le géant bavarois, aussi dominateur que maladroit, ne s’est pas vraiment rassuré. Mais, au moins, il a enchaîné une deuxième victoire de rang et maintenu la pression sur les Néerlandais.
Dans l’autre rencontre de la soirée, l’Ajax a dominé Benfica (1-0), grâce à un but de Mazraoui dans les arrêts de jeu (90e + 2), qui offre aux Lanciers la tête de la poule, à égalité avec les Allemands.
Dans le groupe F : Joelinton gâche la fête lyonnaise
Lyon pensait avoir fait le plus dur. Mais c’était sans compter sur Joelinton qui a jailli à la 92e minute et égalisé pour Hoffenheim (3-3), privant ainsi l’OL d’un deuxième succès en Ligue des champions, synonyme de première place dans la poule.
Résultat, c’est Manchester City, qui n’a fait qu’une bouchée du Chakhtar Donetsk (3-0), qui reste leader, avec un point d’avance sur les Français.
Dans le groupe G : merci Benzema !
Le Real s’en contentera. En crise, les Merengues ont décroché leur premier succès depuis un mois. Mais que ce fut compliqué face aux modestes Tchèques de Plzen (2-1). Karim Benzema (11e) et Marcelo (55e) ont un peu soulagé leur entraîneur, Julen Lopetegui, et les Madrilènes conservent la tête de leur poule, devançant à la différence de buts l’AS Rome.
Les Giallorossi, eux, n’ont pas fait de détails et dominé le CSKA Moscou (3-0) grâce notamment à un doublé d’Edin Dzeko (30e, 43e).
Dans le groupe H : Dybala efface Cristiano Ronaldo
On attendait Cristiano Ronaldo ou José Mourinho, on a eu Paulo Dybala. Le duel entre le Portugais de la Juventus et celui de Manchester United (1-0) a tourné à l’avantage du premier, qui poursuit son sans-faute grâce au but de Dybala.
Les Young Boys, eux, peuvent remercier Guillaume Hoarau. L’ancien Parisien, sur penalty, a répondu à l’ex-Marseillais Michy Batshuayi pour permettre au club bernois de décrocher le nul à domicile face à Valence (1-1).
L’Espérance de Tunis a battu le club angolais de Primeiro de Agosto (4-2) ce mardi 23 octobre en demi-finale retour de la Ligue des champions africaine. Comme en 2012, les Sang et or retrouvent la finale pour un éventuel troisième titre après 1994 et 2011. Malgré sa défaite sur le terrain de l’ES Sétif, le Al Ahly s’est qualifié pour la une deuxième finale d’affilée (2-1).
Trois semaines après le match aller, l’Espérance de Tunis devait se révolter à domicile contre Primeiro de Agosto. Après avoir éliminé le TP Mazembe au tour précédent, le club angolais avait battu les Sang et or de l’Espérance 1-0. Le club tunisien le plus titré au niveau national devait donc s’imposer dans le stade de Radès ce mardi soir avec au mimum deux buts d’écart.
Déjà ardue, sa tâche se complique davantage dès l’entrée du match lorsque Geraldo, milieu offensif du Primeiro passé par le Brésil, ouvre le score à la 8e minute. Les Tunisiens, doubles vainqueurs de la Ligue des champions (1994 et 2011), sonnent la révolte 7 minutes plus tard. Youcef Belaili égalise d’abord sur pénalty (15e), avant que Mohamed Ali Yaakoubi double la mise (27e).
Lompala Bokampo a beau permettre au Primeiro de revenir au score à la 64e minute (2-2), les Sang et or n’abandonnent pas. Haythem Jouini leur permet de repasser en tête dix minutes plus tard, avant qu’Anice Badri, sur un dégagement dévié de Jeridi, ne surgisse pour offrir le but de la qualification (4-2, 84e). Pourtant, à la 81e minute, Primeiro pensait revenir à 3-3. Mais le but est refusé. « Le Real et le Barça n’auraient pas réussi à se qualifier aujourd’hui. C’est honteux. Je n’ai jamais vu un match pareil durant ma carrière. C’était une guerre pas un match de football », a commenté l’entraîneur des Angolais, Zoran Manojlovic, après la rencontre.
Les Tunisiens étaient en confiance, comme le prouvent leurs 27 tirs, dont 6 cadrés, sur l’ensemble de la rencontre. L’Espérance de Tunis va disputer sa septième finale de Ligue des champions.
Une deuxième finale d’affilée pour le Al Ahly
Dans l’autre rencontre du jour, l’ES Sétif devait hausser son niveau de jeu après une défaite 2-0 au match aller face aux Egtptiens du Al Ahly.
Malgré une nette domination, les Algériens ont rarement eu l’occasion d’inquiéter l’Al Ahly en première période. L’attaquant Habib Bouguelmouna a par exemple tenté sa chance à la 23e minute, mais son tir n’est pas cadré. A la 7e minute, l’Entente de Sétif s’était vu refuser un but pour une faute de Bouguelmouna sur Al Shenawy. A la 50e minute, une tête plongeante de Djabou au second poteau a failli tromper le portier du Al Ahly.
Les Egyptiens finissent par crucifier les Sétifiens qui doivent désormais inscrire quatre buts en vingt minutes. Sur un contre, Walid Soliman se joue de deux défenseurs avant d’ouvrir le score (61e). Grâce à une frappe flottante de Mohamed Islam Bakir, Sétif égalise (67e). Houssam Ghacha double la mise, mais ce sera insuffisant pour accéder à la finale (72e).
Vainqueurs à huit reprises de la Ligue des champions, les hommes de Patrice Carteron se hissent pour la deuxième fois d’affilée en finale. La saison dernière, ils avaient buté sur les Marocains du Wydad Athletic Club.
Après la proclamation de la victoire de Paul Biya à la présidentielle au Cameroun, Maurice Kamto conteste toujours les résultats du scrutin. Une façon pour le candidat battu d’asseoir sa légitimité comme principal opposant au pouvoir.
Ces chiffres définitifs du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Mais le candidat Maurice Kamto a décidé d’engager un bras de fer avec le pouvoir et de contester les résultats dans une vidéo diffusée sur sa page YouTube. “Nous rejetons solennellement et catégoriquement ces résultats fabriqués et refusons de reconnaître la légitimité du chef de l’État” a-t-il affirmé. Et d’ajouter : “Nous utiliserons tous les moyens de droit pour faire rétablir la vérité des urnes.”
Selon les décomptes de son équipe de campagne compilés dans un document, Maurice Kamto affirme avoir gagné la présidentielle avec 39,74 % des voix, contre 38,47 % pour Paul Biya. Ce dernier se serait vu accorder frauduleusement 1,3 million de voix sur la base de procès-verbaux non signés.
Marquer le coup
L’opposant avait déjà donné le ton le 8 octobre en s’autoproclamant victorieux dès le lendemain du scrutin présidentiel, qui se déroule sur un seul tour. Par une métaphore destinée aux amateurs de football, il avait affirmé : “J’ai tiré le penalty historique, et le but a été marqué” devant la presse. “C’était une stratégie pour marquer le coup, puisqu’il avait déjà anticipé sur ce qu’il pensait être des irrégularités, voire des malversations du camp d’en face” analyse Fred Eboko, directeur de recherche franco-camerounais à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), au micro de RFI.
Va-t-on donc vers un scénario à la gabonaise, où la présidentielle controversée remportée par Ali Bongo en 2016 et contestée par l’opposant principal Jean Ping avait conduit à une crise politique ? Selon certains observateurs, il y a peu de chances que l’appel lancé par Maurice Kamto au peuple camerounais “à rester mobiliser et à une résistence déterminée à la forfaiture” soit entendu.
“L’humeur du peuple camerounais n’est pas au soulèvement. La majorité est plutôt partisane de reprendre le chemin du travail et des activités et de tourner la page de l’élection. Et contrairement au Gabon où il y avait une forte coalition, l’opposition au Cameroun est divisée” analyse Yann Gwet, essayiste et analyste politique camerounais.
Cette opposition était incarnée jusque-là par John Fru Ndi, leader charismatique du Social Démocratic Front (SDF), le principal parti d’opposition à l’Assemblée nationale (18 députés) et grand challenger du président Paul Biya lors des présidentielles de 1992, 2004, et 2011. Régulièrement accusé de connivence avec le pouvoir en place, il n’avait plus de légitimité.
Leader de l’opposition
Conséquence, l’opposition camerounaise n’a jamais jusque-là réussi à se coaliser. “C’est là que Maurice Kamto a apporté quelque chose de nouveau, en réussissant ce ralliement de dernière minute en fin de campagne avec Akéré Muna”, un autre opposant de poids, explique un journaliste camerounais sous couvert d’anonymat. “Maurice Kamto a apporté, une sorte de crédibilité. C’est un profil qui est apparu plus solide que le reste de l’opposition. Il a pu dégager une impression de solidité et de compétences. Pour une partie de l’électorat, il est capable d’être une alternative à Paul Biya”, affirme Yann Gwet.
À quoi joue donc l’ancien ministre de la justice de Paul Biya ? “On est au bout du processus électoral. Je ne vois pas de quels moyens légaux parle Maurice Kamto. Le système politique est totalement verrouillé et une alternance par les urnes dans le contexte politique actuel est impossible. Je pense qu’il est dans une stratégie dont le but est de s’affirmer comme le leader de l’opposition face à Paul Biya”, conclut Yann Gwet.
Sorti le 28 septembre en Pologne, le film Kler (“Le Clergé”) attaque de front l’Église catholique. Appels au boycott, tentatives de censure… Rarement un film aura suscité une telle controverse dans le pays. Et enregistré autant d’entrées.
Avec plus de 4 millions d’entrées en moins d’un mois, le film Kler, du réalisateur Wojciech Smarzowski, devrait laisser une empreinte durable dans l’histoire du cinéma polonais contemporain. Après avoir battu le record du meilleur démarrage et dépassé des blockbusters internationaux comme Titanic et Avatar, il vise désormais une place dans le top 3 des productions les plus regardées dans le pays, occupé depuis trente ans par les adaptations des romans épiques de Henryk Sienkiewicz (1846-1916) dont les Polonais raffolent.
Kler, lui, n’appartient pas à ce registre. Il prend la forme d’un thriller, mais le genre n’est ici qu’un élégant étui pour une arme de choc pointée contre l’une des plus puissantes institutions de Pologne : l’Église catholique. Les trois personnages principaux du film sont des prêtres, chacun étant caractérisé par un vice particulier. Le père Lisowski est un homme ambitieux et plein de raffinement qui rêve d’une place au Vatican et semble prêt à tout pour parvenir à ses fins. À l’inverse, le père Trybus officie dans une petite paroisse de campagne, où il extorque ses ouailles au prétexte de financer un interminable chantier de rénovation. En réalité, il est alcoolique et entretient une femme qui attend un enfant de lui.
Aucune pitié pour l’Église
Enfin, il y a le père Kukula, sans doute le personnage le plus travaillé du film. Victime de pédophilie à l’époque où il était enfant de chœur, il se retrouve lui-même accusé de tels actes et devient la cible d’une chasse à l’homme menée par ses fidèles. Seul des trois curés à conserver un reste de foi jusqu’à la fin du film, il est pour cette même raison acculé à un terrible geste de désespoir. L’acteur qui l’incarne, Arkadiusz Jakubik, a d’ailleurs dédié son rôle à “un collègue, originaire de [s] a ville natale, dont la vie a été gâchée par un prêtre, il y a vingt-cinq ans”. L’enquête sur l’affaire de pédophilie et la manière dont la hiérarchie ecclésiastique l’étouffe servent de fil rouge au scénario.
Cette mise en scène des péchés d’hommes d’Église ou de la sainte institution rencontre un vif écho chez les Polonais car, plus que les qualités artistiques du film, c’est sans doute cette dénonciation qui a suscité l’extraordinaire engouement du public. Dans sa critique, le supplément “week-end” du quotidien conservateur Rzeczpospolitaadmet que “le péché a toujours été présent dans l’Église” et constate que de nombreux prêtres ont publiquement confirmé l’existence de cas comme ceux présentés dans le film. Toutefois, il regrette que le réalisateur ait adopté un parti pris univoque : “L’Église institutionnelle est une mafia, et le seul moyen de se purifier est de rompre avec elle.”
Le site d’information libéral catholique Wiezajoute que “la condensation d’exemples extrêmes ne rend pas service à l’art. Il est ainsi possible de filmer des événements authentiques tout en rendant une image d’ensemble fausse.” Wojciech Smarzowski aurait employé la même méthode dans Drogówka, un film sorti en 2013 montrant des policiers corrompus, dans un style qui n’est pas sans rappeler celui de Patryk Vega, cinéaste polonais parfois qualifié de “populiste”.
Selon Rzeczpospolita,“l’intelligentsia libérale” fait d’ailleurs preuve d’incohérence en portant aux nues Smarzowski tout en rejetant Vega. Le quotidien exprime cependant une même déception à l’égard des “adversaires conservateurs de Kler”, qui ont “multiplié les appels au boycott” ou bien “exprimé leur joie devant les tentatives de censure par certaines municipalités”. Outre le fait qu’“ils participent ainsi à la campagne de promotiondu film”, le journal souligne que “la guerre conduite par Kler contre l’Église est certes agressive et pleine de coups interdits, mais [qu’] elle est recevable, et [que] pour pouvoir en dire quelque chose de sensé il faut avoir vu le film, car il est difficile de nier sa dimension sociale”.
L’annonce de la condamnation de vingt membres d’un réseau pédophile, vendredi 19 octobre, a provoqué une cascade de réactions. De nombreuses affaires du même type, dans lesquelles sont souvent impliqués des hommes originaires du sous-continent indien, ont choqué le pays ces dernières années. La presse s’interroge sur la manière de traiter ce sujet sensible.
“Sales pédophiles sud-asiatiques.” Ces trois mots, tweetés par le ministre de l’Intérieur britannique, ont provoqué de vives réactions outre-Manche. Sajid Javid, lui-même d’origine pakistanaise, réagissait à la condamnation de vingt membres d’un réseau de prédateurs sexuels à des peines comprises entre cinq et dix-huit ans de prison. L’information, révélée vendredi 19 octobre, faisait jusque-là l’objet d’un postponement order, une interdiction de publier des informations concernant une affaire pendant toute la durée de l’instruction, et ce afin de ne pas influencer les jurés. Ce postponement order a été défié en mai dernier par Tommy Robinson, cofondateur du groupuscule d’extrême droite
Dès mercredi, l’Assemblée populaire nationale pourrait avoir deux présidents à sa tête. Des députés majoritaires ont en effet décidé de désigner un nouveau président alors même que l’actuel chef, Saïd Bouhadja, refuse de céder le pouvoir.
Rien de ne va plus au sein du Parlement algérien. Depuis fin septembre, l’opinion publique algérienne assiste, médusée, à la plus grave crise politique depuis l’élection du président Abdelaziz Bouteflika il ya presque 20 ans. En effet, les députés de l’Assemblée populaire nationale (APN) ne veulent plus de l’actuel président Saïd Bouhadja et ont décidé de désigner, mercredi 24 octobre, un nouveau chef de la Chambre basse. De son côté, Saïd Bouhadja n’envisage pas de démissionner.
Le 16 octobre, les députés avaient déjà voulu précipiter sa révocation : ils avaient bloqué l’accès à ses bureaux en cadenassant l’entrée principale du bâtiment. Et mercredi dernier, le bureau de l’Assemblée nationale est allé plus loin en constatant et validant la vacance du poste du président et convoquant une assemblée plénière afin de lui trouver un successeur.
Une procédure non recevable
“Une démarche totalement illégale”, note Farid Alilat, journaliste à Jeune Afrique spécialiste de la politique algérienne. Si l’on se penche sur l’article 10 du règlement intérieur de l’Assemblée populaire nationale, la vacance du poste de la présidence de l’APN ne peut être constatée que dans quatre cas précis : une démission, une incapacité (physique ou mentale, NDLR), un décès ou une incompatibilité (avec d’autres fonctions par exemple, NDLR). Or, la situation de l’actuel président ne répond à aucun de ces cas de figure.
“C’est une situation inédite, poursuit le spécialiste de l’Algérie. C’est la première fois depuis l’arrivée au pouvoir de Bouteflika en 1999 qu’il y a une crise de cette ampleur au sein de l’Assemblée nationale. Première fois que l’on remet en cause la présidence de l’APN. Première fois que les portes de l’APN sont cadenassées pour empêcher le président de l’Assemblée d’accéder à son bureau. Première fois que la majorité présidentielle décide de démettre le président de ses fonctions.”
Des raisons obscures
Cinq groupes parlementaires exigent son départ. Parmi eux, le Front de libération nationale (FLN) du chef de l’État et le Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, détenteurs à eux deux de la majorité absolue. Le chef du gouvernement en personne et le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès, ont eux aussi publiquement réclamé la démission du président de l’APN.
Que lui reprochent ses détracteurs ? Saïd Bouhadja attribue ses déboires à sa décision de limoger fin septembre le secrétaire général de l’Assemblée, Bachir Slimani, réputé proche de certains caciques du FLN. Les députés qui lui sont hostiles mettent également en avant sa mauvaise gestion, des dépenses exagérées et illicites et un recrutement douteux.
Mais les motifs réels de cette crise restent flous. “On a du mal à croire qu’il soit subitement impossible pour des députés de travailler avec le président qu’ils ont eux-mêmes élu il y a un an. Il y a d’autres raisons qui expliquent cette volonté de le renvoyer du pouvoir. On peut penser qu’il gêne certains intérêts”, estime Farid Alilat.
Deux présidents d’Assemblée
Si rien n’entrave la procédure lancée par les parlementaires, l’Assemblée populaire nationale algérienne aura deux présidents, l’un élu en mai 2017, Saïd Bouhadja, et l’autre qui sera désigné par la majorité mercredi.
Dès lors, les feux de la crise politique ne devraient pas s’éteindre de sitôt et plusieurs scénarios restent possibles. Il est fort à parier que les députés réfractaires au limogeage de Saïd Bouhadja ne reconnaissent pas la légitimité du nouveau président. Plusieurs partis d’opposition se sont déjà insurgés contre le blocage de l’APN, dénonçant une atteinte aux institutions. Ahmed Sadok, président du groupe d’opposition parlementaire du Mouvement de la société pour la Paix, a lui fustigé une “action qui ne fait honneur ni aux députés, ni au Parlement, ni à l’image du pays”. Et de poursuivre, “si les députés de la majorité ne veulent plus travailler avec Bouhadja (…), il faut que leur action soit légale. Pour le moment, il n’y a rien qui l’empêche d’assumer ses fonctions”.
“Consternation générale”
On peut également imaginer que le chef de l’État Abdelaziz Bouteflika sorte de son silence et maintienne l’actuel président dans ses fonctions. Dans ce cas, il sera difficile d’imaginer que les députés hostiles à Saïd Bouhadja rentrent dans le rang. Autre possibilité, le président peut décider de dissoudre l’Assemblée, ce qui entrainerait la tenue d’élections législatives anticipées.
Quoi qu’il en soit, Farid Alilat y voit là plus qu’un simple désaccord politique. “Il ne s’agit pas d’une crise politique mais d’une crise qui touche toute majorité présidentielle. C’est une crise de fin de cycle. Si le président Bouteflika exerçait pleinement son pouvoir, cette crise n’aurait pas lieu. Cette crise est liée à la succession du chef de l’État.”
Une chose est sûre, déplore le journaliste, “il y a une véritable incompréhension et une grande consternation générale de l’opinion publique algérienne”.
Après des semaines de tension et d’avertissements, la Commission a rejeté le budget présenté par Rome, qui prévoit 2,4 % de déficit – soit trois fois plus qu’attendu. Mais le gouvernement populiste italien n’a pas l’intention de reculer, surtout à quelques mois des élections européennes.
Une guerre contre l’Europe, mais dans quel but ? Le 22 octobre, [quatre jours après une lettre de rappel à l’ordre de Bruxelles], le gouvernement italien a représenté un budget inchangé, qui avait toutes les chances d’être retoqué par la Commission européenne et d’entraîner une procédure qui opposera frontalement Rome et l’exécutif communautaire. [Le 23, la Commission a rejeté le projet et en a demandé un nouveau dans un délai de trois semaines.]
L’affaire semble cousue de fil blanc et, même si le Premier ministre, Giuseppe Conte, et son ministre de l’Économie, Giovanni Tria, ont envoyé de timides messages d’ouverture à Bruxelles, tout le monde a bien compris que ce n’étaient
“Le désarmement, c’étaient les années 80”, titre die tageszeitung (taz), en affichant à sa une Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, les signataires de l’accord de 1987 sur la non-prolifération des missiles de courte et moyenne portée. “Donald Trump veut dénoncer le traité sur les armes nucléaires conclu avec la Russie. […] Est-ce le début d’une nouvelle guerre froide ?”, s’inquiète le quotidien berlinois de tendance pacifiste. “L’enjeu de ce traité a toujours été davantage la sécurité de l’Europe que le rapport de forces dans le reste du monde – et rien n’a changé sur ce point, , qui juge le moment particulièrement mal venu :
Brexit, annexion de la Crimée, nouvelle crise financière au sein de l’Union européenne (UE) et poussée des partis autoritaires et nationalistes – l’Europe a déjà suffisamment de problèmes. Et pas seulement l’UE, mais aussi tous les pays riverains et tout particulièrement les ex-républiques soviétiques. […] Partout, des confrontations militaires sont susceptibles de se produire.”
En conclusion de ce constat alarmant, la taz se refuse à “spéculer sur les motivations de Donald Trump”, et préfère formuler une issue possible aux tensions grandissantes : “L’Europe ne peut plus se permettre de faire uniquement confiance aux États-Unis comme puissance protectrice. Elle doit trouver la voie de sa propre politique étrangère, si insécurisant cela soit-il. Que dire d’une rencontre au sommet russo-européenne ?”
Avec 8 buts, Landry Dimata (Anderlecht) est désormais 2e de notre classement des meilleurs buteurs africains d’Europe. Le Belgo-Congolais est derrière le Sénégalais Mbaye Diagne, en tête du Top 20 RFI avec 10 réalisations.
TOP 20 RFI: mode d’emploi
Ce classement ne prend en compte que:
1) les joueurs évoluant dans les douze meilleurs championnats d’Europe (selon l’indice UEFA 2018-2019): Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Pays-Bas, Portugal, Russie, Turquie, Ukraine
2) les sélectionnés ou sélectionnables par une équipe nationale A africaine. Ce qui inclut donc les joueurs binationaux.
Sources: sites des ligues nationales de chaque pays.
« Je n’avais jamais pris conscience que pour devenir jockey, il fallait d’abord avoir été un cheval. » En une phrase définitive et équestre, l’Italien Arrigo Sacchi résuma un jour l’histoire de sa vie d’entraîneur. Celle d’un petit défenseur sans talent ni envergure de Fusignano, en Emilie-Romagne, devenu dans les années 1980-1990 le cerveau du grand AC Milan (champion d’Europe en 1989 et en 1990). Avec son 4-4-2 en zone, l’ancien vendeur de chaussures — son père en possédait deux usines — révolutionne un sport qui s’est refusé à lui comme joueur : « J’ai arrêté le football à l’âge de 19 ans, car j’ai rapidement compris que je n’aurais jamais été un champion. »
Julian Nagelsmann en a 20 quand il range ses crampons et ses dernières illusions, à la suite d’une blessure au ménisque, au terme d’une carrière de défenseur qui n’a jamais décollé plus haut que les équipes réserves de Munich 1860 et du FC Augsbourg. A 31 ans, l’Allemand est le plus jeune entraîneur à diriger une équipe en Ligue des champions, où il affronte Lyon, mardi 23 octobre, à 21 heures, pour un match déjà important dans l’optique de la qualification en huitièmes de finale. Nagelsmann battait déjà un record de précocité il y a trois ans en s’asseyant sur le banc du TSG Hoffenheim.
Une belle revanche pour celui qui « ne voulait plus entendre parler de football » après sa retraite sportive forcée. Son compatriote Thomas Tuchel a connu un parcours similaire. Huit petits matchs en D2 allemande, un cartilage du genou hors service et une vocation d’entraîneur précoce qui va mener l’ancien barman — la nuit — et étudiant en gestion — le jour — jusqu’au banc du Paris – Saint-Germain cette saison.
Comment se tenir devant des footballeurs qui vous suspectent de ne pas pouvoiraligner trois jongles ? D’autres que Nagelsmann se sont posé la question. Sacchi se présentait comme un « éternel étudiant ». Chercher, réfléchir, explorer, multiplier les expériences et le plus souvent débuter tout en bas, voilà la feuille de route quand on désire entraîner sans passer par la case joueur.
« Moins de stéréotypes en tête qu’un ancien joueur »
Mieux que personne, José Mourinho incarne ce joueur contrarié qui prend sa revanche en commandant les autres avec réussite. Le « Special One » a d’abord été un défenseur (lent et frêle) de l’équipe réserve de Rio Ave, au Portugal, et vécut une humiliation quand son entraîneur de père, Félix Mourinho, souhaita lui donner sa chance pour pallier la blessure d’un titulaire. « Mon poste ou mon fils », menace le président du club. Le fils demande au père de céder.
Plutôt que de s’accrocher à l’idée d’une carrière « d’honnête joueur de D2 », l’actuel manageur de Manchester United préfère s’asseoir sur les bancs de la fac. A l’Institut supérieur d’éducation physique de Lisbonne, il étudie la théorie et retient de son prof de philosophie, Manuel Sergio, ce conseil : « Celui qui ne connaît que le football ne connaît rien. »
A défaut d’une connaissance du terrain, les Mourinho, Sacchi ou Maurizio Sarri (ancien employé d’une prestigieuse banque italienne à la tête aujourd’hui de Chelsea), se sont préparés très jeunes à leur métier d’entraîneur, quand le footballeur en activité y plonge la trentaine entamée. Préparateur physique, adjoint, formateur ou même traducteur, Mourinho dit avoir « passé sa vie dans le foot ». Au début des années 1990, le jeune Sarri met déjà en application ses idées sur le jeu sur le banc Sansovino en 6e division italienne.
L’époque appartiendrait-elle aux entraîneurs au CV de joueur quasi vierge ? Un petit bond dans le passé suffit pour montrer que le phénomène n’est pas tout à fait nouveau. « En 1994, la finale de la Coupe du monde oppose le Brésil de Carlos Parreira, un prof de sport, à l’Italie d’Arrigo Sachhi, ni l’un ni l’autre n’avaient eu de carrière de joueur professionnel », rappelle Gérard Houllier, ancien sélectionneur des Bleus et champion de France avec le PSG (1986) puis avec Lyon (2006 et 2007).
En France, le parcours de ce professeur d’anglais apparaît comme une exception, comme l’était Guy Roux, ancien pion et footballeur de troisième division à Limoges. « Au début, on m’appelait “le petit prof”, sourit Houllier, qui a évolué au niveau amateur au Touquet. Il est assez compliqué en France d’entraîner sans avoir été footballeur. Un ancien joueur aura un laissez-passer pour débuter une carrière d’entraîneur, il validera plus facilement son diplôme, où l’épreuve technique compte pour beaucoup dans la note. Et quand ce n’est pas votre cas, eh bien, il faut passer par des étapes. »
Et il existe autant de parcours possibles que de vocations. Julian Nagelsmann a été superviseur, formateur et adjoint lors de sa courte carrière. Selon Gérard Houllier, ces profils présentent un avantage :
« Vous arrivez avec une approche différente d’une personne qui a toujours été immergée dans ce milieu. Vous avez sans doute moins de stéréotypes en tête. Après, il s’agit d’un métier où on travaille sur de l’humain. Il faut d’abord savoircomprendre l’autre, savoir parler devant un groupe, être crédible. Et ce qui vous donne de la crédibilité, c’est votre action. »
Le modèle portugais
Et l’aura du grand joueur ne suffit pas toujours. Ou s’étiole assez vite. Un triple Ballon d’or comme le Néerlandais Marco van Basten, reconnaissait dernièrement n’avoir « pas été heureux et pas assez compétent » comme entraîneur de l’Ajax Amsterdam ou sélectionneur des Pays-Bas. A l’inverse, le Portugal inonde depuis quelques années l’Europe avec des techniciens dont l’expérience de joueur tient parfois sur un ticket métro.
José Mourinho et Carlos Queiroz avant lui (actuel sélectionneur de l’Iran) ont lancé la mode des « Professores », des entraîneurs avec une formation de professeur d’éducation physique, très souvent polyglottes et au fait des dernières connaissances technologiques ou théoriques. « Nous sommes bien vus à l’étranger, car nous sommes capables de parler football, mais aussi de médecine sportive ou de gestion : nos connaissances sont larges », vantait Leonardo Jardim lors d’un congrès en mars à Lisbonne sur le sujet.
Plus doué avec un ballon de handball que de football, l’ex-entraîneur de l’AS Monaco est passé sur les bancs de l’université de Madère. L’Institut supérieur d’éducation physique de Lisbonne propose aujourd’hui de son côté une formation spéciale intitulée (en anglais) « high performance football coaching » pour se former au métier du banc de touche. Dans la dernière promotion, de dix-sept élèves, on retrouvait aussi bien un ancien international portugais (Ruben Amorin) qu’une professeure de sport de Shanghaï, qu’un jeune éducateur danois ou un Français (Adrien Tarascon), statisticien et analyste pour le PSG.
« Un ancien joueur a bien sûr une expérience qui doit être valorisée. Mais je pense qu’il doit aussi acquérir des connaissances théoriques pour consolider son savoir empirique », analyse un des formateurs de l’école lisboète, Hélio Sousa (vainqueur Euro des moins de 19 ans avec le Portugal en juillet) pour le site Expresso.
Le savoir empirique, Julian Nagelsmann s’en passe très bien. Le trentenaire aux traits d’adolescent est assez sûr de lui pour avoir décliné en juillet une offre de service du Real Madrid. « La confiance en soi, toute personne qui se tient face à un groupe doit en avoir, assure celui qui dirigera le Red Bull Leipzig à partir de la saison prochaine. Jusqu’ici, je me suis montré respectueux face à toutes les tâches auxquelles j’ai eu à faire face, mais je n’ai jamais eu peur. » Son CV d’entraîneur parle déjà pour lui.