Author: Don Kayembe

  • Ligue 1 : A Nantes, Waldemar Kita a déjà préparé les valises de Miguel Cardoso

    Ligue 1 : A Nantes, Waldemar Kita a déjà préparé les valises de Miguel Cardoso

    Avant de la prendre, Miguel Cardoso a ouvert la porte, celle de la salle de presse du Football club de Nantes (FCN), à la Jonelière. Comme un besoin urgent d’air frais. Si l’été indien s’étire le long des bords de l’Erdre, ce qui rend l’atmosphère suffocante tient surtout à sa situation professionnelle. En poste depuis le 26 juin, le Portugais de 46 ans — à l’allure, avec son crâne lisse, du prof de sport qu’il a été dans une première vie — est un entraîneur condamné.

    « Comment allez-vous ? », s’enquiert-il ce vendredi 28 septembre, le visage fermé, devant la quinzaine de journalistes au moment de prendre place. Lui a sans doute connu mieux. Avant-dernier de Ligue 1 après sept journées, torpillé depuis des semaines par voie de presse par son président, Waldemar Kita, qui l’accuse de « jouer à la baballe » ou de laisser « des millions [des joueurs achetés cet été] sur le banc », Cardoso vit depuis des semaines un très long entretien préalable à un licenciement.

    Lire aussi :   Football : les débuts laborieux du futur stade de Nantes

    Celui-ci devrait être acté après le déplacement à Lyon (samedi à 20 heures), avancent L’Equipe et 20 Minutes, se basant sur des sources internes au club. Une vieille connaissance de la maison, Vahid Halilhodzic (attaquant du FCN entre 1981 et 1986) attendrait stylo à la main que la place se libère pour parapher son contrat.

    Mais Miguel Cardoso entraîne encore jusqu’à preuve du contraire les « Canaris ». Pourtant, quand on l’a vu déplier une feuille A4 et lire quelques mots rédigés par ses soins dans un excellent français, l’idée d’une démission fracassante a flotté dans la salle. « Un mot seulement, a-t-il attaqué devançant la première question, un mot qui manque beaucoup en ce moment : “respect”. Je parle de respect pour mes joueurs, pour moi-même et pour un grand club qui s’appelle le FC Nantes, qui a une grande histoire, une identité, des valeurs. »

    La suite de son préambule décevra ceux l’imaginant régler ses comptes avec Waldemar Kita avant de ranger ses cartons. « Je ne crache pas dans les plats dans lesquels je mange, on a bien parlé du match de samedi avec le président, de celui contre Bordeaux [le 6 octobre]. On a fait une très bonne préparation. » Il ajoute plus loin, après une nouvelle question sur son cas personnel : « Mon ami, interpelle-t-il, j’ai un contrat de deux ans avec le FC Nantes. Posez des questions sur le match de Lyon s’il vous plaît. »

    Cardoso refuse l’évidence

    Deux options s’offrent face à son attitude. Cardoso sait son sort scellé, n’ignore pas que Kita (président et propriétaire du Football club de Nantes depuis 2007) a usé, consommé, remercié douze autres entraîneurs en onze ans avant lui et souhaite soigner sa sortie afin de ménager sa réputation de technicien pour la suite. Il a échoué certes, mais sans renier sa philosophie de jeu et respectant jusqu’au bout « l’institution » du club.

    Ou alors le Portugais est ce genre d’éternel optimiste à croire qu’il reste une barque cachée sur le Titanic quand le personnel de bord assure pourtant qu’elles ont été toutes jetées à l’eau. L’ancien technicien de Rio Ave cite alors plusieurs cas de collègues « dans la merde [sic] » et qui ont fini par redresser la barre. Les exemples sont souvent ceux de compatriotes : des débuts de Leonardo Jardim à Monaco à ceux de Paulo Fonseca (dont il était l’adjoint) au Chakhtar Donestk, en Ukraine.

    « On va le faire ensemble », promet-il avant de brutalement prendre congé des journalistes. La faute à une nouvelle question — posée avec une infinie précaution pourtant — sur son cas personnel. « OK, merci beaucoup », coupe-t-il après onze minutes d’un drôle d’exercice.

    Avec Miguel Cardoso, le FCN devait renouer avec une certaine idée du football. Sans oser parler du « jeu à la nantaise » que les moins de 20 ans considèrent comme une légende urbaine, le technicien arrivé de Rio Ave promettait un jeu de possession, tourné vers l’attaque, loin du froid réalisme de son prédécesseur l’Italien Claudio Ranieri, champion de la victoire 1-0 lors des six premiers mois la saison dernière. Mais ses belles intentions se sont fracassées sur la dure réalité de la Ligue 1, du manque de talent de ses joueurs offensifs et de l’impatience chronique de son président.

    Kita pensait déjà à Halilhodzic cet été

    Le ver était peut-être dans le fruit dès le départ. L’entrepreneur franco-polonais se serait laissé imposer le choix de Cardoso par les responsables de la formation et par son fils, Franck, directeur général du club. Ce dernier aurait d’ailleurs assez vite changé d’avis sur un technicien très (trop ?) analytique, passé par l’université portugaise comme José Mourinho, Carlos Queiroz ou Leonardo Jardim, et adepte de très longues séances vidéo peu au goût des joueurs nantais.

    Kita père penchait déjà cet été pour Vahid Halilhodzic. Le Bosnien de 66 ans, passé sur les bancs de Lille, du PSG, de Rennes ou de l’Algérie, entretient cette image ce capitaine de caserne capable de renvoyer chez eux deux joueurs (les Rennais Diatta et Réveillère en 2003) pris en pleine partie de Playstation nocturne la vieille d’un match.

    Kita/Halilhozdic, sur le papier cela ressemble à l’union du feu avec le feu. Le propriétaire du FCN (et ancien attaquant… de La Ferté-sous-Jouarre, en Seine-et-Marne, dans les années 1970-1980) n’aime rien de plus que se mêler de recrutement, de tactique et suggérer quelques ajustements à ses nombreux entraîneurs. L’homme serait du genre à dîner chez un étoilé et à passer en cuisine en fin de repas pour expliquer au chef la cuisson de la poularde.

    Elie Baup (en poste entre 2008 et 2009) donnait le mode d’emploi de son ancien employeur pour 20 Minutes. « Il [Kita] aime qu’on l’écoute, qu’on partage avec lui nos idées. Il ne faut pas être fermé avec lui. Si tu lui dis qu’il est bidon et qu’il ne connaît rien au foot, ça se passe mal… » Waldemar Kita, lancé depuis 2016 dans une technologie qu’il prédit comme révolutionnaire, la pénoplastie (un traitement pour augmenter la taille du pénis), a déjà trouvé le secret pour raccourcir la durée de vie des entraîneurs au FC Nantes. Pour Miguel Cardoso, cela ne devrait plus être qu’une question d’heures.

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  • A bord de l’« Aquarius », l’attente dure

    A bord de l’« Aquarius », l’attente dure

    A bord de l’« Aquarius »

    Un blog de la rédaction – Le Monde

    Reportage

    LE MONDE |

    « Certains dorment depuis neuf jours sur le pont, allongés sur des palettes en plastique ou du carton, raconte Edouard Courcelle, de MSF. Hier, j’ai distribué des sacs de survie parce qu’avec la pluie et le froid, ils passent la nuit à essayer de s’endormir ».

    Des douches sont organisées un jour sur deux et les repas sont composés de rations de survie. « Ce qui est absurde, c’est qu’on voit Malte au loin. C’est le supplice de Tantale ».

    Jeudi, une femme a fait une crise de panique. « Ils voient bien qu’on fait des allers-retours depuis plusieurs jours, analyse Carlos Jaramillo, médecin pour MSF. Ils savent que leur futur est incertain. Une partie d’entre eux se demande même si on va les renvoyer en Libye ».

    Chargement en cours…

    Les téléphones portables des rescapés sèchent sur le pont principal, le 21 septembre.


    SAMUEL GRATACAP POUR LE MONDE

    A propos de ce blog

    Ils sont moins nombreux à tenter la traversée de la Méditerranée mais les chances d’y périr sont décuplées. Alors que l’Europe se déchire sur l’accueil des migrants, près de 1 600 personnes sont mortes cette année en voulant la rejoindre.
    En 2016, Le Monde embarquait sur l’Aquarius, navire humanitaire des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), pour raconter une campagne de sauvetage.
    En septembre 2018, nous remontons à bord pour témoigner de cette mer de plus en plus meurtrière.

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  • Etats-Unis : le Sénat reporte le vote de confirmation de Brett Kavanaugh à la Cour suprême

    Etats-Unis : le Sénat reporte le vote de confirmation de Brett Kavanaugh à la Cour suprême

    Première étape franchie pour Brett Kavanaugh. Le candidat de Donald Trump à la Cour suprême a reçu l’aval d’un premier vote, vendredi 28 septembre ; celui de la commission judiciaire du Sénat. Le vote a été serré : les onze membres républicains de la commission ont voté pour recommander sa confirmation tandis que les dix démocrates se sont opposés. Mais le vote final du Sénat sur sa nomination à la Cour suprême va être reporté d’une semaine au maximum afin qu’une enquête du FBI sur les accusations d’agression sexuelle à son encontre puisse être achevée.

    La commission judiciaire du Sénat a annoncé dans un communiqué qu’elle allait demander « une enquête supplémentaire » sur le juge Brett Kavanaugh « limitée aux accusations crédibles » portées contre lui et « ne devant pas durer plus d’une semaine », ce qui de fait retarde d’autant le vote final sur sa confirmation.

    Jeff Flake, le sénateur républicain qui a fait pencher la balance en sa faveur lors du vote de la commission judiciaire, avait lui-même demandé cette enquête :

    « Le pays est en train de se déchirer et nous devons nous assurer d’une procédure en bonne et due forme ».

    Le président américain Donald Trump a également ordonné vendredi au FBI de mener une enquête supplémentaire sur son candidat. « Comme l’a demandé le Sénat, cette mise à jour doit être limitée dans son périmètre et menée à bien en moins d’une semaine », a-t-il stipulé dans un communiqué.

    Au Sénat, les républicains disposent d’une courte majorité de 51 sièges, dont celui de M. Flake, contre 49 pour les démocrates, et ne peuvent se permettre qu’un désistement.

    M. Flake a expliqué vendredi matin pourquoi il voterait pour M. Kavanaugh lors du vote de la commission. Le juge conservateur de 53 ans a rejeté en bloc les accusations d’agressions sexuelles le visant après le témoignage poignant d’une de ses victimes présumées.

    « J’ai quitté l’audition hier [jeudi], avec autant de doutes que de certitudes. Ce dont je suis certain, c’est que notre système judiciaire offre une présomption d’innocence aux personnes accusées, en l’absence de preuves vérifiées ».

    Auditions pour la Cour suprême :   comment les Américains ont suivi les témoignages de Ford et de Kavanaugh

    Journée chargée en émotions

    Dès jeudi soir, Donald Trump avait réaffirmé son soutien à son candidat. Et le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, se disait « fier de voter pour confirmer le juge Kavanaugh quand le Sénat votera en séance plénière dans les prochains jours ».

    La journée avait été chargée en émotion, avec le témoignage de Christine Blasey Ford, qui accuse le candidat d’agression sexuelle en 1982, quand elle avait 15 ans et lui 17. En larmes, elle avait détaillé les faits et s’était déclarée sûre « à 100 % » de l’identité de son agresseur.

    Une heure après, Brett Kavanaugh avait à son tour été auditionné, clamant son innocence et dénonçant « un coup monté ». En plus de Christine Blasey Ford, ce juge est accusé par deux autres femmes, qui n’ont pas témoigné devant la commission judiciaire, d’agressions sexuelles au début des années 1980.

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  • “Pas de décision sur la CAN au Cameroun avant la présidentielle “, dit Ahmad

    “Pas de décision sur la CAN au Cameroun avant la présidentielle “, dit Ahmad

    Copyright de l’image AFP

    La Confédération africaine de football (CAF) va attendre que s’achève l’élection présidentielle camerounaise pour rendre publics les résultats de sa visite d’inspection sur l’avancement des travaux en cours pour la CAN 2019.

    Avec cette déclaration, le président de la CAF suspend, d’ici au 7 octobre, date du scrutin, les spéculations sur une éventuelle délocalisation de la CAN 2019 prévue au Cameroun.

    “En août, une commission technique de la CAF et une société d’audit ont passé plusieurs jours au Cameroun pour une visite d’inspection. La CAF n’effectuera aucune communication quant à la décision qui sera prise avant la présidentielle camerounaise du 7 octobre”, a déclaré Ahmad dans une interview publiée par le journal français Le Monde.

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    De nombreux observateurs doutent de la possibilité de ce pays à terminer à temps la construction des stades et des autres infrastructures prévus pour la compétition continentale.

    Copyright de l’image Getty Images

    Les autorités camerounaises ont, pour leur part, assuré que ces travaux seront bouclés dans les délais indiqués.

    “Nous ne voulons pas perturber la campagne”, a fait valoir le président de la CAF, rappelant qu’ “en 2017, la CAF avait attendu la fin de la présidentielle au Kenya pour annoncer sa décision de lui retirer l’organisation du Championnat d’Afrique des nations”.

    Il assure que la décision attendue des résultats de la visite d’inspection menée en août sera prise “de façon collégiale” avec ses collaborateurs.

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    Bell : ”le Cameroun sera prêt”

    “Oui, mais pourquoi ne parle-t-on pas de l’Afrique du Sud ou de l’Egypte ? Ces pays disposent de toutes les infrastructures nécessaires”, a dit Ahmad au journal Le Monde, qui lui a demandé s’il était envisageable de tenir la CAN 2019 au Maroc en cas de défaillance du Cameroun.

    “Il ne faut pas voir les choses ainsi. Beaucoup de pays veulent accueillir la CAN. L’organisation de cet événement peut permettre à des Etats de moderniser leurs infrastructures sportives bien sûr, mais pas seulement : les transports, les hôpitaux, les communications”, a-t-il ajouté.

    La CAN 2019, prévue en juin prochain au Cameroun, sera disputée par 24 équipes, contre 16 pour les précédentes éditions du tournoi africain.

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  • Les images du séisme, du tsunami  et des dégâts sur l’île de Célèbes

    Les images du séisme, du tsunami  et des dégâts sur l’île de Célèbes

    Un tsunami a frappé l’île de Célèbes, au centre de l’Indonésie, après un fort séisme de magnitude 7,5, vendredi 28 septembre. Rahmat Triyono, responsable du centre pour les tremblements de terre et tsunamis à l’agence indonésienne de géophysique, a confirmé à la télévision locale qu’un « véritable tsunami a[vait] frappé Palu », capitale de la province, à près de 80 km de l’épicentre du séisme.

    « Le tsunami s’est produit à 18 h 22 locale (…) avec une hauteur maximale de 1,5 m sur la côte proche de Palu », a précisé Dwikorita Karnawati, présidente de l’agence de géophysique.

    De « nombreux » bâtiments ont été détruits par le séisme et les vagues, selon les autorités indonésiennes, qui n’ont pas communiqué d’information sur d’éventuelles victimes dans l’immédiat. Plusieurs familles ont été signalées disparues et les communications vers la zone, notamment les villes de Palu Donggala, sont coupées. Ces deux agglomérations abritent près de 600 000 personnes.

    LE MONDE

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  • 60 000 vestiges de la civilisation maya découverts au Guatemala

    60 000 vestiges de la civilisation maya découverts au Guatemala

    La plupart des anciennes cités mayas sont aujourd’hui englouties sous un épais couvert forestier. Mais grâce à une technologie laser, la jungle ne serait plus l’insondable barrière qui se dresse sur notre chemin de la connaissance de ces civilisations. Le lidar – pour « laser detection and ranging », en français « détection et estimation de la distance par la lumière » – sorte de radar que l’on peut embarquer sur un avion, est capable de détecter les détails topographiques, mêmes s’ils sont ensevelis.

    Grâce à cette technologie, une équipe internationale d’archéologues a découvert plus de 60 000 structures humaines anciennes dans la jungle nord du Guatemala.

    LE MONDE

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  • Neuf ans après le massacre du 28 septembre à Conakry, « il faut mettre fin à l’impunité totale »

    Neuf ans après le massacre du 28 septembre à Conakry, « il faut mettre fin à l’impunité totale »

    Des organisations guinéennes et internationales de défense des droits humains appellent à l’organisation du procès sans délai.

    Tribune. Personne n’a encore été jugé en Guinée pour le massacre du Stade du 28-Septembre à Conakry, où au moins 156 opposants furent tués et plus d’une centaine de femmes violées le 28 septembre 2009. Si l’instruction est clôturée depuis fin 2017, il est impératif que les juges soient nommés et qu’un calendrier soit établi. Ce sont les conditions pour que ce procès emblématique puisse s’ouvrir en 2019, et que ses treize inculpés – dont trois incarcérés en dehors des délais légaux – soient enfin jugés.

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    En Guinée, l’ombre de la junte plane toujours sur la justice

    Le 9 avril 2018, le ministre de la justice Cheick Sako a mis en place un comité de pilotage du procès chargé de son organisation pratique. Ce comité doit se doter au plus vite d’une feuille de route claire, afin d’avancer efficacement vers le procès. S’il devait se réunir toutes les semaines, il ne s’est réuni que deux fois en six mois, faisant planer des doutes sur la tenue rapide d’un procès. Pourtant, le procès est à portée de main et plusieurs bailleurs internationaux se disent toujours prêts à le soutenir.

    « Des personnes ont été abattues, des femmes ont été violées et, pour la première fois dans l’histoire de la Guinée, des hommes en uniforme ont été inculpés, a déclaré Asmaou Diallo, présidente de l’Association des victimes, parents et ami.e.s du 28 septembre 2009 (Avipa). Il n’y a désormais plus aucune raison de pas avancer rapidement vers la tenue du procès. Mais sans appui politique au travail réalisé par le ministère de la justice, l’affaire risque de s’enliser, alors qu’elle est attendue depuis près de dix ans par les victimes, leur famille et tout le peuple guinéen. »

    « Crimes infamants »

    Les organisations exhortent le comité de pilotage à se réunir hebdomadairement tel que prévu par le décret portant sa création, et à déterminer rapidement le lieu du procès, son budget et ses besoins en support, et établir ses modalités logistiques et sécuritaires. En particulier, le comité devra prendre des dispositions pour la participation de l’ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara, inculpé dans cette affaire et qui a toujours annoncé qu’il participerait au procès malgré son exil au Burkina Faso. Dans le même temps, des juges expérimentés doivent être nommés sans délai afin de commencer leur travail sur ce dossier d’envergure.

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    En Guinée, les victimes de la tuerie du 28 septembre réclament justice

    Si ces étapes opérationnelles sont rapidement surmontables, le procès nécessite un soutien politique au plus haut niveau pour garantir la mise en place d’une justice forte et impartiale, compte tenu des risques d’influence perçus ou réels par certains inculpés qui occupent toujours des postes au sein de l’administration.

    « Juger les violences politiques n’est plus tabou en Guinée, insiste Abdoul Gadiry Diallo, président de l’Organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH). L’ouverture sur le passé douloureux montre que la société guinéenne attend le jugement des auteurs des crimes politiques les plus récents et infamants, et souhaite mettre fin à l’impunité totale dont bénéficièrent les auteurs de graves violations des droits humains pendant des décennies. Il est maintenant temps qu’un nouveau chapitre commence et que les victimes comme les accusés des crimes commis au stade le 28 septembre 2009 puissent être entendus devant la justice. »

    Mariama Thiouto Bah, au stade national où elle a été attaquée par les forces de sécurité, le 28 septembre 2009. « Deux policiers m’ont frappée avec une barre en fer et m’ont blessée à la main. Après cela, j’ai été voir un docteur pour être soignée. Quand mon mari a su que j’avais été au stade, il m’a abandonnée. Ce jour-là, ma vie a été détruite. »

    Tommy Trenchard/Panos

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    Signataires L’Association des victimes, parents et ami.e.s du 28 septembre 2009 (Avipa) ; l’Organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH) ; la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) ; Amnesty International ; Human Rights Watch.

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  • Sélection albums : Macy Gray, Jeanne Added, Gene Clark…

    Sélection albums : Macy Gray, Jeanne Added, Gene Clark…

    • Fazil Say
      Préludes (Book I), de Claude Debussy – Gnossiennes et Gymnopédies, d’Erik Satie

      Fazil Say (piano)

    Après une première incursion debussyste dans un album de mélodies françaises en compagnie de la mezzo-soprano Marianne Crebassa (Erato, 2017), le pianiste turc Fazil Say s’aventure dans l’œuvre pour piano seul du compositeur avec le Premier Livre des Préludes, qu’il associe aux Gnossiennes et Gymnopédies de son contemporain, Erik Satie. Le piano contrasté de Say, aux longues résonances et dissonances exacerbées, met en avant dans les Préludes l’inspiration orientale de Debussy, une musique faite de sons plus que de notes, dont se dégage une épaisseur peu commune, la chair l’emportant sur la transparence. La sensualité gagne ensuite les Six Gnossiennes de Satie, aux mélodies ondulantes, accompagnées par la caresse du souffle de Say, souffle plus perceptible encore dans les Trois Gymnopédies, dont les notes coulent comme des larmes sans sanglots. Anna Sigalevitch

    1 CD Warner Classics.

    • Henri Dutilleux
      Symphonie n°1 – Métaboles – Les Citations

      Orchestre national de Lille, Jean-Claude Casadesus (direction)

    Le début au compte-gouttes (motif de contrebasses) de la 1ère Symphonie d’Henri Dutilleux (1916-2013) donne ici l’impression que le musicien sort prudemment de l’ombre, en 1951, pour un premier essai orchestral d’envergure. Une demi-heure plus tard, à l’issue d’un final éblouissant, plus de doute : le compositeur de 35 ans a bien sa place dans la cour des grands. Excessivement méticuleuse, l’interprétation de Jean-Claude Casadesus flatte la plasticité de la partition au détriment de ses zones de mystère (Passacaille) ou de lyrisme (Intermezzo). Quarante ans après avoir obtenu le prix de l’Académie Charles Cros pour son enregistrement (publié par Calliope) de la même œuvre avec le même orchestre (alors « philharmonique » de Lille et non « national »), cet ardent défenseur de l’œuvre de Dutilleux mérite bien des éloges pour sa magnifique restitution des Métaboles (1964), où le panache n’exclut pas la finesse et la sensualité. A noter, en complément, la présence des Citations dans la version définitive de 2010. Pierre Gervasoni

    1 CD Naxos/Outhere Music.

    • Macy Gray
      Ruby

    Son précédent album Stripped, en 2016, témoignait, dans une ambiance jazz, en accompagnement acoustique avec des musiciens de premier ordre dont le trompettiste Wallace Roney, du talent d’interprète de la chanteuse Macy Gray. Pour Ruby, les orchestrations sont plus fournies, avec cordes, vents, dans le rappel de la soul music des grandes années 1960 et 1970 à peine teintés de quelques modernismes sonores (ici et là des programmations rythmiques plutôt qu’un son authentique de batterie) et un ancrage gospel et jazz. Vocalement toujours d’une grande exactitude, expressive, Macy Gray se distingue depuis vingt ans par sa capacité à émouvoir, faire frémir avec sa voix éraillée. Qui emporte l’auditeur, en particulier avec les chansons Cold World, Tell Me, blues au parfum new Orleans, When It Ends ou la superbe But He Loves Me. Sylvain Siclier

    1 CD Mack Avenue Records/PIAS.

    • Gene Clark
      Sings for You

    Force motrice des Byrds à leurs débuts (il compose notamment Eight Miles High en 1966), le chanteur et guitariste américain Gene Clark, mort en 1991, ne connaîtra pas de son vivant le même succès que ses illustres pairs Roger McGuinn et David Crosby. Sa carrière en solo a beau être une succession d’échecs commerciaux, elle n’en demeure pas moins influente, encore aujourd’hui (Band of Horses, My Morning Jacket, Fleet Foxes…). En 1966, Gene Clark quitte une première fois les Byrds pour voler de ses propres ailes. Les huit compositions enregistrées en avril 1967 mais refusées par sa maison de disques et exhumées ici par le label Omnivore, se révèlent d’une splendeur rare, pionnières dans leur approche de croiser pop, folk. Ces chansons d’amour désabusées parfois serties de violons, tutoient l’excellence d’un Love, Bob Dylan ou George Harrison. Elles sont complétées de démos de titres inédits qui rendent compte de l’inspiration exceptionnelle de son auteur à cette époque. Franck Colombani

    1 CD Omnivore Recordings.

    • Jeanne Added
      Radiate

    Sous la raideur de l’armure synthétique, le premier album de Jeanne Added, Be Sensational (2015), laissait apparaître quelques failles de douceur d’où filtraient ses chansons les plus émouvantes. Délaissant l’intensité martiale, la Rémoise magnifie l’apaisement tout au long de Radiate, son second opus. Moins percussive, sa musique s’éloigne de la rage post-punk pour flirter avec des machines dont les références à la synth-pop des années 1980 (Depeche Mode, OMD…) évoquent plus les battements de cœur et les danses mélancoliques que la noirceur industrielle. En phase avec des textes qui décrivent souvent comment colère, peurs et frustrations peuvent muer en force rayonnante (Radiate, Mutate), le chant anglophone de cette Française formée au classique et au jazz va puiser dans les vibrations de la soul et du gospel, des mélodies et un intimisme lumineux. Stéphane Davet

    1 CD Naïve/Believe.

    • Lionel Loueke
      The Journey

    Une infinie douceur nimbe les mélodies rythmant le voyage (Journey) couleurs pastel proposé par ce fin guitariste et chanteur, installé au Luxembourg. A la fois solaire et lunaire, cette échappée belle passe par le Brésil (le son du berimbau sur Molika), l’Afrique (la flûte peule sur Mandé, le fon et le yoruba, les langues de son Bénin natal), distille un jazz feutré et intimiste ou subtilement funky. Lionel Loueke a joué avec tous les mondes, ceux du jazz (Herbie Hancock, Wayne Shorter, Omar Sosa, Chick Corea, Michel Portal…), de la salsa (Yuri Buenaventura), de Sting, Santana et Angélique Kidjo. Enregistré à Paris, sous les conseils de l’éclectique producteur et arrangeur américain Robert Sadin, outre la présence de Ferenc Nemeth (percussions) et Massimo Biolcati (basse), qui jouent avec lui depuis quinze ans, The Journey bénéficie de la présence d’invités (Vincent Segal – violoncelle, Patrick Messina, première clarinette solo de l’Orchestre national de France, le bassiste Pino Palladino et le violoniste Mark Feldman…) qui ont en commun avec Loueke un sens indéniable de l’élégance musicale. Patrick Labesse

    1 CD Aparte/PIAS.

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  • Ronaldo accusé de viol par une jeune Américaine

    Ronaldo accusé de viol par une jeune Américaine

    Copyright de l’image FIFA

    Ronaldo se serait engagé à payer 375.000 dollars pour obtenir le silence de son accusatrice et la destruction de tous les documents liés à cette affaire.

    La révélation est faite par Der Spiegel, qui publie dans son édition de la semaine une interview à visage découvert de la victime : Kathryn Mayorga, une Américaine de 34 ans.

    Selon l’hebdomadaire allemand, l’avocat de cette femme a lancé une procédure pour contester la validité de l’accord conclu hors des procédures judiciaires.

    Dans son témoignage, Kathryn Mayorga donne sa version de la nuit du 12 juin 2009, passée dans la suite d’un hôtel à Las Vegas, en décrivant un viol anal.

    Selon elle, le footballeur s’est ensuite agenouillé et aurait déclaré : “A 99%, je suis un mec bien. Je ne sais pas pour le 1% restant.»

    Cristiano Ronaldo a nié ces accusations, selon Der Spiegel.

    Et il aurait assuré que la relation sexuelle était consentie.

    Pour soutenir son argumentaire, l’avocat de Kathryn Mayorga s’appuie sur un document où le footballeur aurait expliqué : “Elle a dit non et stop à plusieurs reprises. ”

    L’accusation de viol contre Cristiano Ronaldo, révélée l’an dernier par l’affaire des Football Leaks, est ravivée par le témoignage de la victime.

    Le footballeur portugais et son entourage ont rejeté l’accusation, en parlant d’une “fiction journalistique”.

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  • Dans l’Ardèche, des œuvres à voir, pour mieux lire le paysage

    Dans l’Ardèche, des œuvres à voir, pour mieux lire le paysage

    En 2017, des artistes et des plasticiens ont répondu à l’appel du Parc naturel régional des monts d’Ardèche afin de mettre en valeur un patrimoine à la richesse méconnue – à l’exception, bien sûr, de la grotte Chauvet. Le fil conducteur du parcours retenu – une centaine de kilomètres, qui peut s’effectuer en voiture, mais aussi à pied, le long du GR 7 – est la ligne de partage des eaux, entre Atlantique et Méditerranée. Une thématique que le directeur artistique du projet, David Moinard, a enrichie en 2018 avec une œuvre de l’artiste japonais Kôichi Kurita, déjà présent à l’exposition « Jardins » au Grand Palais, en 2017. L’installation, belle et émouvante, constituée de centaines de coupelles d’échantillons de terre prélevés le long de la Loire et de ses affluents, est présentée dans une abbaye où l’on produisait naguère encore… du vin.

    Ceux (et celles aussi) qui ont suivi en classe de géographie se souviennent du mont Gerbier-de-Jonc : la Loire y prend sa source au pied de ce « suc », un ancien volcan. Ses sources, devrait-on dire, puisque, sur le site, on en dénombre au moins trois : l’« authentique », la « géographique » et la « véritable »… Une quatrième, due à l’imagination du paysagiste et « jardinier » Gilles Clément, est venue apporter sa part de poésie : et si la Loire s’écoulait de part et d’autre de la ligne de partage des eaux, pour rejoindre également la Méditerranée ?

    La « Tour à eau » conçue par l’auteur du Jardin en mouvement évoque les bories en pierres sèches du Lubéron ou les cairns d’Andy Goldsworthy. Elle capte le regard du promeneur, en s’inscrivant, avec l’apparence de l’immémorialité, dans le grand paysage des monts d’Ardèche. Son principe ? Elle permet de recueillir l’eau de condensation dans une cuve de phonolite, une pierre volcanique. Le trop-plein s’écoule, lui, vers les versants atlantique et méditerranéen…

    Autre intervention, mais sur un lieu marqué par l’Histoire : les vestiges…

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