Author: Don Kayembe

  • Chine : entreprises publiques ou privées, le « en même temps » de Xi Jinping

    Chine : entreprises publiques ou privées, le « en même temps » de Xi Jinping

    En « tournée d’inspection », cette semaine, dans le nord-est de la Chine, le président Xi Jinping a semblé s’inspirer d’Emmanuel Macron. Celui qui est aussi secrétaire général du Parti communiste chinois veut développer le secteur public et, en même temps, soutenir le secteur privé. Deux affirmations moins anodines qu’il n’y paraît. Devant des ouvriers du groupe pétrolier public China National Petroleum Corporation, M. Xi a déclaré : « Nos entreprises publiques devraient continuer de devenir plus fortes, meilleures et plus grandes. » « Les déclarations et les arguments qui nous disent que nous n’avons plus besoin des entreprises publiques ou que nous devrions en réduire [le nombre] sont faux et partiaux », a-t-il ajouté.

    Des énormes conglomérats

    Ces entreprises, plus d’une centaine, partiellement cotées en Bourse, sont d’énormes conglomérats. Soixante-sept d’entre elles, qui appartiennent au gouvernement central, font partie des 500 entreprises les plus riches du monde, avait calculé l’agence Reuters en 2017. Jugées moins performantes que les entreprises privées, elles ont pourtant vu leur poids dans l’économie à nouveau progresser depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir, en 2012. En raison de leurs liens étroits avec l’appareil communiste et l’opacité de leurs comptes, les Occidentaux se plaignent de leurs privilèges. Le poids de ces entreprises est au cœur du conflit commercial actuel entre la Chine et les Occidentaux. Le soutien qu’elles viennent de recevoir de Xi Jinping est donc une fin de non-recevoir aux demandes des Occidentaux.

    Lire aussi :   Les entreprises européennes déplorent le manque de réformes en Chine

    Mais « en même temps », et contrairement à ce que préconisent certains économistes chinois, pas question de se passer du secteur privé. « Les règles du parti sont favorables au développement des entreprises privées », a-t-il déclaré devant des métallurgistes, promettant « de créer un meilleur environnement juridique et d’améliorer l’environnement économique pour les entreprises privées ». Des promesses bienvenues pour les investisseurs, mais qui ne doivent pas cacher l’essentiel : la loi du parti prime sur celle du marché.

    L’origine de l’article >>

  • Le gendarme OMC au bord de la paralysie

    Le gendarme OMC au bord de la paralysie

    Les spécialistes du commerce international ont coutume d’en parler comme du « joyau de la couronne ». Au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à Genève, l’Organe de règlement des différends (ORD) et sa clé de voûte, le système d’appel, ont la délicate mission d’arbitrer les contentieux commerciaux entre Etats. Dûment protégés, les bureaux de ses juges se trouvent au bout d’un couloir ultrasécurisé, aux murs ornés d’une succession de « photos de famille ».

    Tel cliché pris aujourd’hui aurait l’air singulièrement vide. En effet, depuis dix-huit mois, les Etats-Unis bloquent la nomination de nouveaux juges et les postes vacants se multiplient. L’organe d’appel – dont le rôle est comparable à celui d’une Cour de cassation – compte ordinairement sept membres. A partir du dimanche 30 septembre, alors que le mandat d’un juge mauricien arrive à son terme, ils ne seront plus que trois (un Indien, une Chinoise et un Américain). Le minimum ultime pour pouvoir fonctionner.

    A ce rythme, l’instance deviendra obsolète fin 2019, lorsqu’il ne restera plus qu’un seul et dernier membre. Mais la question se pose avant même ce délai, si l’un des trois juges encore en place devait se récuser pour conflit d’intérêts. Ce tribunal multilatéral est en train de tomber en catalepsie, au moment même où l’offensive protectionniste du président américain, Donald Trump, menace de dégénérer en guerre commerciale ouverte.

    Les Etats ont déjà porté trente conflits devant l’ORD cette année, un record depuis 2002. Une vingtaine découlent directement des nouvelles taxes punitives imposées par les Etats-Unis à leurs partenaires sur une série de produits : des lave-linge aux panneaux solaires, en passant par l’acier et, désormais, une multitude de biens chinois.

    L’administration Trump justifie ses manœuvres d’obstruction par d’obscures questions procédurales

    A cette aune, le blocage des juges « pose un sérieux danger systémique »,…

    L’origine de l’article >>

  • « The Diddy Laugh » : pourquoi est-ce toujours les deux mêmes enfants que l’on entend rire dans les films ?

    « The Diddy Laugh » : pourquoi est-ce toujours les deux mêmes enfants que l’on entend rire dans les films ?

    Récit

    Vous ne le savez peut-être pas, mais vous l’avez probablement déjà entendu. Le « Diddy Laugh » est sans doute le rire d’enfant le plus reproduit du monde. Si vous avez vu Star Wars : la menace fantôme, le film Taken, la série Sherlock ou encore le Walt Disney Mulan, vous le connaissez. Jeux vidéo, blockbusters hollywoodiens, publicités… A l’instar du « cri de Wilhem », cet effet sonore s’est immiscé un peu partout dans l’industrie audiovisuelle depuis près de trente ans.

    Alors d’où vient-il et comment est-il devenu l’un des sons les plus utilisés de tous les temps ? Réponse en vidéo.

    Le blog de Steve Paget : https ://bit.ly/2xHIIiM

    The Hollywood Edge Premiere Edition Volume 1 : https ://bit.ly/2Q6unTV

    LE MONDE

    L’origine de l’article >>

  • Le pape François démet Fernando Karadima de l’état clérical

    Le pape François démet Fernando Karadima de l’état clérical

    Le pape François a démis de l’état clérical le prêtre chilien Fernando Karadima, 88 ans, dont les abus sexuels et de conscience commis pendant des décennies sur de jeunes garçons, des séminaristes et des prêtres, dans sa paroisse d’El Bosque, à Santiago, sont à l’origine de la crise actuelle du clergé chilien. Cette décision a été annoncée vendredi après-midi 28 septembre par un communiqué du Vatican.

    Le pontife « a pris cette décision exceptionnelle en conscience et pour le bien de l’Eglise », précise le bulletin du service de presse du Saint-Siège. Il est précisé que François a agi en vertu du canon 331, qui lui confère dans l’Église « le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement ». Autrement dit, c’est un acte d’autorité. « Nous étions devant un cas très sérieux de putréfaction, a commenté le chef du service de presse du Vatican, Greg Burke, et il fallait en extirper la racine. »

    Cette décision intervient huit ans après la condamnation de Fernando Karadima à une vie de prière et de pénitence pour s’être rendu coupable d’« abus de mineurs », de « délit contre le sixième commandement [« tu ne commettras pas l’adultère »] commis avec violence » et d’« abus dans l’exercice du ministère » sacerdotal par la Congrégation pour la doctrine de la foi, chargée au Vatican de juger les abus sexuels sur mineurs commis par des clercs. Il avait fallu que quatre de ses victimes se résolvent à témoigner à la télévision à visage découvert, en 2010, pour que les protections dont avait bénéficié ce prêtre influent au sein de l’épiscopat chilien finissent par céder, après l’avoir couvert pendant si longtemps. Pourtant, l’Eglise avait choisi de ne pas le défroquer.

    Lorsqu’il s’était rendu au Chili, en janvier, le pape François avait montré à quel point il méconnaissait, ou ne voulait pas connaître, la réalité des accusations…

    L’origine de l’article >>

  • Série d’assassinats de femmes en Irak

    Série d’assassinats de femmes en Irak

    Tara Fares était un peu trop libre dans un Irak pétri de conservatisme. L’ancienne reine de beauté de 22 ans, adulée par plus de deux millions de fans sur Instagram, postait régulièrement des photos d’elle dans des tenues légères, dévoilant ses atouts et ses tatouages. Jeudi 27 septembre, alors qu’elle circulait dans le centre-ville de Bagdad au volant de sa Porsche décapotable en fin d’après-midi, la jeune femme a été abattue froidement de trois balles dans la tête et la poitrine. Les deux assaillants, filmés par les caméras de la ville, ont pris la fuite en scooter.

    Dernier en date d’une série d’assassinats de femmes, ce crime a profondément choqué en Irak, même s’il n’a pas surpris. Les violences à l’encontre de personnes jugées immorales au regard du conservatisme religieux ambiant sont un phénomène récurrent. Nombreux y voient la main de milices chiites, toujours plus puissantes et promptes à faire appliquer leur loi. Le premier ministre Haïder Al-Abadi a estimé, dans un communiqué vendredi soir, que « ces assassinats donnent l’impression d’un plan organisé de groupes désireux de perturber la sécurité au prétexte de combattre les manifestations de déviance et de les présenter comme des cas isolés, ce qui ne semble pas être le cas ».

    « Nous ne sommes que des otages »

    Le chef du gouvernement a donné quarante-huit heures aux forces de l’ordre pour identifier les responsables des assassinats et kidnappings survenus récemment à Bagdad et à Bassora. Tara Fares est la quatrième femme a être assassinée cette année. Rasha Al-Hasan et Rafif Yasiri, propriétaires de salons de beauté à Bagdad, ont été tuées ces derniers mois. Mardi, Souad Al-Ali, une militante des droits de l’homme de Bassora, active au sein de la contestation sociale qui agite la ville du sud du pays depuis l’été, a été tuée par balles.

    Chaque fois, les faits se sont déroulés en plein jour, dans des rues fréquentées, sans que leurs auteurs aient été identifiés….

    L’origine de l’article >>

  • Affaire Skripal : l’étau se resserre autour du renseignement militaire russe

    Affaire Skripal : l’étau se resserre autour du renseignement militaire russe

    La police britannique aurait identifié un troisième agent du renseignement militaire russe (GRU) en mission de reconnaissance, peu avant la tentative d’empoisonnement au Novitchok, un gaz innervant soviétique, de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, en mars. Ce nouvel élément, rapporté vendredi 28 septembre par le Daily Telegraph, s’ajoute à d’autres informations qui mettent à mal chaque jour un peu plus les dénégations répétées des autorités russes. Pas moins de trente théories différentes sur l’affaire ont ainsi été présentées par Moscou, affirmait récemment Peter Wilson, ambassadeur britannique auprès de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.

    La « théorie » avancée le 12 septembre par Vladimir Poutine lui-même, selon laquelle les deux premiers suspects étaient de « simples civils » a fait long feu, tout comme leur invraisemblable apparition en public après la diffusion par Scotland Yard des photos de Rouslan Bachirov et Alexandre Petrov, selon leurs noms supposés, repérés à proximité du domicile de leurs victimes. Sur RT, un média pro-Kremlin, les deux hommes, désignés par Londres comme des agents du GRU (service d’espionnage auquel appartenait autrefois Sergueï Skripal), s’étaient ainsi présentés comme des « touristes » désireux de visiter la « magnifique cathédrale » de Salisbury avant de reprendre très vite l’avion pour Moscou « à cause de la neige ». Une enquête conjointe du site d’investigation britannique Bellingcat et de son partenaire russe The Insider a balayé cette énième version.

    Médaille du « héros de la Russie »

    Rouslan Bachirov se nomme en réalité Anatoli Vladimirovitch Tchepiga, un colonel du GRU, comme semble l’attester la photo de son passeport de 2003 à la ressemblance troublante, malgré l’absence de barbe, avec celle diffusée par la police britannique. Né le 5 avril 1979 à Nikolaïevka,…

    L’origine de l’article >>

  • Critiquée par l’UE et son parti, Theresa May semble plus isolée que jamais

    Critiquée par l’UE et son parti, Theresa May semble plus isolée que jamais

    La mort politique de Theresa May a été faussement annoncée tant de fois et la situation politique britannique née du Brexit s’avère si délétère, que prédire aujourd’hui l’avenir de la première ministre relève davantage de la roulette russe que de l’analyse politique. Une fois de plus, à la veille de l’ouverture, dimanche 30 septembre, du congrès du Parti conservateur à Birmingham, les caricaturistes s’en donnent à cœur joie. Celui du Guardian la représente en zombie drapé dans l’Union Jack s’élançant dans le vide depuis une falaise de Douvres. Même celui du conservateur Spectator est sans appel : une vieille femme ridée, hagarde et seule derrière un rideau de Downing Street coiffant un titre implacable : « Toute seule ».

    Le congrès des tories avait été calibré pour servir de tremplin à Mme May avant le dernier round des négociations de sortie de l’UE et le sommet européen des 18 et 19 octobre. Le ciel semblait enfin lui sourire : Boris Johnson et ses amis partisans d’une rupture nette avec l’UE s’étaient montrés incapables de formuler des propositions crédibles. A Salzbourg, le 20 septembre, elle pensait recevoir l’onction des Vingt-Sept pour son « plan de Chequers », laborieux compromis négocié avec les différentes factions de son gouvernement. Un niet lui a été signifié, car le plan aurait conféré un avantage compétitif à Londres.

    Posture de la dirigeante outragée

    Depuis lors, droite dans ses escarpins léopard, elle adopte la posture de la dirigeante outragée par l’UE, résistant à Bruxelles, maintenant son « plan Brexit » au nom de la souveraineté nationale. A priori plutôt une bonne façon d’aborder le congrès des tories que le mot « Bruxelles » suffit à mettre en transe. En réalité, Theresa May n’a jamais été aussi isolée, à la fois dans l’UE et dans son pays. Même de proches alliés comme le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, ont admis que le Brexit ne pouvait pas s’opérer au détriment…

    L’origine de l’article >>

  • Affaire Kavanaugh : le coup de théâtre d’un sénateur taraudé par les doutes

    Affaire Kavanaugh : le coup de théâtre d’un sénateur taraudé par les doutes

    Le républicain Jeff Flake, sénateur de l’Arizona, pénètre dans un ascenseur du Congrès pour se rendre à une réunion de la commission judiciaire du Sénat, vendredi 28 septembre. Il vient d’annoncer son intention de soutenir la candidature de Brett Kavanaugh à la Cour suprême. Il se prépare donc à apporter la voix décisive permettant à la candidature du juge, accusé d’agressions sexuelles remontant à plusieurs décennies, de franchir l’avant-dernière étape de son parcours, avant un vote en séance publique. La porte de l’ascenseur, cependant, ne se referme pas, bloquée par deux jeunes femmes qui apostrophent l’élu sans ménagement, sous le regard de caméras.

    « Lundi, je suis venue dans votre bureau. Je vous ai raconté l’histoire de mon agression sexuelle, a assuré la première, Ana Maria Archila. Ce que vous faites va permettre à quelqu’un qui a effectivement violé une femme de siéger à la Cour suprême. Ce n’est pas tolérable. Vous avez des enfants dans votre famille. Pensez à eux. »

    « Ne regardez pas ailleurs. Regardez-moi et dites-moi que ce qui m’est arrivé n’a pas d’importance, que vous laisserez les gens comme eux entrer dans la plus haute cour du pays et dire à tout le monde ce qu’ils peuvent faire à leur corps », a poursuivi la seconde, Maria Gallagher, dans une allusion à la position ambiguë de Brett Kavanaugh sur l’avortement. L’élu a écouté, silencieux.

    Nul ne peut dire de quel poids ont pesé ces témoignages, mais quelques heures plus tard, avec l’aide de son ami démocrate Chris Coons (Delaware), le sénateur était à l’origine d’un coup de théâtre. En échange de sa voix, il obtenait la semaine d’enquête du FBI que ses collègues démocrates demandaient en vain. Mercredi, en séance publique, Jeff Flake avait déjà longuement fait part du malaise suscité par la tournure de la procédure de confirmation, invitant ses pairs à respecter « l’humanité » de l’accusatrice, Christine Blasey Ford, et du juge. Le lendemain, lors de leurs auditions douloureuses, alors que le camp républicain se portait au secours de Brett Kavanaugh en stigmatisant les questions de démocrates qualifiés de comploteurs, il s’était contenté de déplorer à nouveau un climat de guerre civile.

    Le sénateur de l’Arizona, qui compte parmi les rares élus républicains, désormais, à dire ce qu’il pense de Donald Trump, quittera bientôt le Sénat. Prenant acte du divorce avec des électeurs devenus des inconditionnels du président, il a renoncé à se représenter en novembre. Son initiative de vendredi sera l’un de ses derniers gestes de parlementaire. Elle peut tout aussi bien conforter Brett Kavanaugh, si le FBI se révèle incapable de dire qui de l’accusé ou de l’accusatrice dit la vérité, ou bien mettre un terme aux ambitions du juge si la police fédérale conforte la thèse de Christine Blasey Ford. Dans les deux cas, Jeff Flake aura sans doute le sentiment du devoir accompli.

    Lire aussi :   Etats-Unis : la controverse sur la nomination à la Cour suprême pèse sur les élections de mi-mandat

    L’origine de l’article >>

  • Tiffany Tavernier n’a pas décollé de l’aéroport

    Tiffany Tavernier n’a pas décollé de l’aéroport

    Roissy, de Tiffany Tavernier, Sabine Wespieser, 280 p., 21 €.

    Des points de départ, ­Tiffany Tavernier en a connu plusieurs – c’est le lot de tous les baroudeurs. Mais la romancière, scénariste et assistante réalisatrice, n’a pas avec tous un lien aussi intime qu’avec l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, dit aussi aéroport de Roissy, ou Roissy. C’est de là qu’elle est partie, à 18 ans, pour Calcutta. Pendant des mois, elle a partagé le quotidien d’un médecin de rue, trouvant dans la crasse des faubourgs indiens et la splendeur du Taj Mahal la matière de son premier roman, Dans la nuit aussi le ciel (Paroles d’aube, 1999). Après cela, retour à Roissy, mais seulement pour y reprendre la voie des airs, direction l’Arctique, où elle séjournera deux étés avec des Inuits : une expérience extraordinaire qui l’a menée à l’écriture de son deuxième roman, L’Homme blanc (Flammarion, 2000). Ensuite, nouveau départ de Roissy pour quatre mois au Cambodge ; et, plus tard, avant une traversée de la Colombie avec une troupe de théâtre…

    Enregistrements sonores dans chaque terminal

    Qu’à cela ne tienne, si le nouveau point de départ de Tiffany Tavernier (celui d’un roman, cette fois, son huitième) est un article de presse traitant de l’aéroport londonien d’Heathrow, l’intrigue se déroulera à Roissy. L’article, qui l’a hantée pendant près de deux ans, était accompagné d’une photographie, raconte-t-elle au « Monde des livres » : « Celle d’une jeune femme de trois quarts de profil, aux longs cheveux bruns, tirant une valise, et que l’on devinait très jolie, sans pour autant voir son visage. » Une SDF qui vit dans l’aéroport. Le journaliste lui demande combien de temps elle compte y rester. Celle-ci lui fait cette réponse « radicale et vertigineuse » : « Toute ma vie. » La romancière est subjuguée : « C’est une réponse à laquelle je ne m’attendais pas, qui m’interroge…

    L’origine de l’article >>

  • Tiffany Tavernier pose son sac à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle

    Tiffany Tavernier pose son sac à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle

    Roissy, de Tiffany Tavernier, Sabine Wespieser, 280 p., 21 €.

    Des points de départ, ­Tiffany Tavernier en a connu plusieurs – c’est le lot de tous les baroudeurs. Mais la romancière, scénariste et assistante réalisatrice, n’a pas avec tous un lien aussi intime qu’avec l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, dit aussi aéroport de Roissy, ou Roissy. C’est de là qu’elle est partie, à 18 ans, pour Calcutta. Pendant des mois, elle a partagé le quotidien d’un médecin de rue, trouvant dans la crasse des faubourgs indiens et la splendeur du Taj Mahal la matière de son premier roman, Dans la nuit aussi le ciel (Paroles d’aube, 1999). Après cela, retour à Roissy, mais seulement pour y reprendre la voie des airs, direction l’Arctique, où elle séjournera deux étés avec des Inuits : une expérience extraordinaire qui l’a menée à l’écriture de son deuxième roman, L’Homme blanc (Flammarion, 2000). Ensuite, nouveau départ de Roissy pour quatre mois au Cambodge ; et, plus tard, avant une traversée de la Colombie avec une troupe de théâtre…

    Enregistrements sonores dans chaque terminal

    Qu’à cela ne tienne, si le nouveau point de départ de Tiffany Tavernier (celui d’un roman, cette fois, son huitième) est un article de presse traitant de l’aéroport londonien d’Heathrow, l’intrigue se déroulera à Roissy. L’article, qui l’a hantée pendant près de deux ans, était accompagné d’une photographie, raconte-t-elle au « Monde des livres » : « Celle d’une jeune femme de trois quarts de profil, aux longs cheveux bruns, tirant une valise, et que l’on devinait très jolie, sans pour autant voir son visage. » Une SDF qui vit dans l’aéroport. Le journaliste lui demande combien de temps elle compte y rester. Celle-ci lui fait cette réponse « radicale et vertigineuse » : « Toute ma vie. » La romancière est subjuguée : « C’est une réponse à laquelle je ne m’attendais pas, qui m’interroge…

    L’origine de l’article >>