Author: Don Kayembe

  • Océan : « Etre transfuge de genre n’est ni grave ni une folie »

    Océan : « Etre transfuge de genre n’est ni grave ni une folie »

    Son nom de scène était Océanerosemarie. Le 17 mai, cette femme a fait son coming out et annoncé, dans une vidéo mise en ligne sur le site LGBT + Komitid, qu’elle changeait de genre. Son nom est désormais Océan.

    Océan s’est fait connaître en 2009 avec La Lesbienne invisible, son premier spectacle, comme un comédien militant et engagé ­contre toute forme de discrimination. Son succès s’est confirmé avec un deuxième one-man-show, Chatons violents, et la réalisation, en 2017, d’un premier long-métrage, Embrasse-moi ! Il tourne actuellement un documentaire sur cette première année de transition et est à l’affiche de Justice, une pièce de Samantha Markowic, au Théâtre de l’Œuvre, à Paris.

    Dans la vidéo de votre coming out, vous dites : « J’étais épuisée d’être une femme ». Depuis quand vous sentiez-vous homme ?

    Océan : Cela a été un cheminement progressif. Grâce à des rencontres, des lectures, j’ai commencé à déconstruire la notion de binarité, à comprendre que les catégories de genre étaient des catégories sociales, des fictions politiques. J’ai compris que je me sentirais davantage à ma place dans la catégorie homme. Cela a toujours été compliqué pour moi de me sentir une fille, ce n’était pas complètement naturel, même si je m’y étais accoutumé. Si j’avais grandi dans un milieu où j’avais pu penser la transidentité, je l’aurais sans doute fait beaucoup plus jeune.

    Il m’a fallu tout ce temps pour comprendre qu’il était possible d’être transfuge de genre, et que ce n’était ni grave, ni un problème, ni une folie. En ce sens, je ne fais pas partie des personnes trans qui sont en souffrance depuis l’enfance ou l’adolescence.

    Quand vous étiez enfant ou adolescente, n’y avait-il pas une part d’interrogation ?

    Je l’avais complètement refoulée. Il y a autant de parcours trans que de personnes. A titre personnel, dire « Je suis dans un corps qui n’est pas le mien » ne fait pas sens. En ­revanche, dire que mon corps ne me ­convient pas et que j’ai envie de le modifier, oui. Notre société ne nous montre que deux modèles – homme et femme – et présente la transidentité et la non-binarité comme quelque chose de pathologique. Si la société évoluait, les personnes trans seraient moins dysphoriques et beaucoup plus de gens s’autoriseraient à être gender fluid.

    Dans votre vidéo, vous dites que le masculin en vous était « contrôlé, écrasé, contenu ». Par qui, pourquoi ?

    J’avais intériorisé une peur. J’ai grandi dans un milieu très normatif sur la question du genre, même si mes parents m’ont toujours laissée faire ce que je voulais sans jamais me dire « Ça, ce n’est pas un truc de fille ». J’étais heureuse, je n’avais pas l’impression de tricher. Quand j’ai joué La Lesbienne invisible, j’ai exploré ma féminité, et cela m’a fait du bien. A rebours, je comprends que c’était une stratégie inconsciente de survie de jouer la fille « parfaite », désirable dans les codes hétéro normatifs, et une façon de m’excuser d’être lesbienne. Mais c’était une étape nécessaire.

    Ensuite, j’ai accepté de préférer l’apparence physique dite « masculine » : j’ai coupé mes cheveux et changé ma garde-robe, j’ai eu ­l’impression de me retrouver davantage en m’identifiant « lesbienne virile ». Mais au bout d’un certain temps, cela ne me suffisait plus. J’ai eu envie d’avoir un corps plus fort, un torse d’homme. J’avais besoin de faire cette traversée. Néanmoins je ne m’identifie pas aux hommes cisgenres [ceux dont le genre est ressenti comme adéquat à leur sexe de naissance]. Je ne me considérerai jamais comme un homme cis. Je suis un homme trans avec mon passif de femme cis.

    D’où votre choix de faire votre coming out sur un site LGBT ?

    J’ai une petite partie de mon public choqué, qui m’en veut. C’est fort dommage, car je suis toujours l’un de leurs meilleurs alliés.

    Oui, parce que je voulais dire à mes fans : c’est le chemin que je prends, mais je ne vous abandonne pas. Il y aura toujours une lesbienne à l’intérieur de moi ! Je ne voulais pas que ma communauté se sente trahie. Il existe de la transphobie y compris chez les féministes et les lesbiennes. J’ai une petite partie de mon public choqué, qui m’en veut. C’est fort dommage, car je suis toujours l’un de leurs meilleurs alliés. Pour autant, j’ai eu le coming out le plus cool de France !

    Et comment s’est passé le coming out auprès de votre famille ?

    Je l’ai convoquée et fait mon annonce ­devant vingt-cinq personnes ! Même si j’avais donné des indices, cela a été un vrai coming out. Pour ma mère, c’était le deuxième, vingt-deux ans après mon coming out en tant que lesbienne. J’avais peur de lui faire de la peine. Mais j’ai la chance d’avoir une mère ouverte, intelligente. Même si elle a des réticences et que ce n’est pas facile pour elle, je sais qu’elle va bouger, qu’on ne va pas se perdre.

    Vous avez fait le choix de prendre des hormones, pourquoi ?

    Pour l’heure, je vis très bien cet entre-deux que j’appelle « monsieur-madame », où les gens ont du mal à me genrer. C’est très intéressant, car cela vient questionner la relation au genre de tout un chacun. Les gens sont troublés. Mais, pour mon bien-être, je préfère être perçu tout de suite comme homme. La prise d’hormones a été un vrai désir.

    Quand vous regardez vos photos d’avant, que vous dites-vous ?

    Etrangement, faire ma transition me ­réconcilie avec ma féminité et avec mon passé. J’ai plus de tendresse pour la fille que j’ai été que je n’en avais à l’époque. Je me vois négociant avec cette masculinité. Le fait de « passer de l’autre côté » m’apaise avec mon moi d’avant. Il n’y a aucune honte, le malaise a disparu. C’est comme si quelque chose était réglé.

    Vous dites : « Il y aura toujours une lesbienne à l’intérieur de moi » ? Alors, pourquoi changer ?

    J’ai envie de faire ce voyage pour être plus juste vis-à-vis de moi-même, c’est aussi ­simple que cela.

    C’est un voyage sans billet retour ?

    Je suis assez sûr que oui, mais quand bien même je changerais d’avis : où est le problème ? Pour l’heure je n’ai jamais été aussi heureux. J’apprends chaque jour de nouvelles choses grâce à cette transition. La plus importante : alors que j’étais psychorigide, persuadé qu’on a tous une identité profonde et immuable, je comprends que c’est n’importe quoi. L’identité bouge, évolue, et c’est ça qui est passionnant. J’ai été une femme cis et aujourd’hui je suis un homme trans. J’ai juste évolué. Quand mon passing sera fort, peut-être que cela me gonflera d’être perçu comme cis et que je reviendrai à une apparence plus androgyne. Mais pour l’heure, je m’éclate.

    Quel est votre message aujourd’hui ?

    Beaucoup de trans précaires ou isolés ont encore des difficultés à accéder aux soins et à échapper à la transphobie d’Etat.

    Beaucoup de filles m’ont dit que La Lesbienne invisible et Embrasse-moi ! leur avaient donné confiance en elles. Je souhaite apporter cette même visibilité positive, cet « empuissancement » aux trans ! C’est la moindre des choses au regard de mes privilèges : je suis blanc, sans problème d’argent, conseillé et soutenu pour trouver des médecins qui facilitent mes démarches, j’arrive une fois que le sale boulot a été fait par toute une génération de militants qui, eux, s’en sont pris plein la gueule.

    Mais beaucoup de trans précaires ou isolés ont encore des difficultés à accéder aux soins et à échapper à la transphobie d’Etat : à l’hôpital public pour accéder aux hormones et aux opérations, face aux tribunaux pour changer d’état civil, pour trouver du travail. J’aime à rappeler que ce ne sont pas les LGBTQ + qui ont un « problème », mais le système en place et les gens qui nous haïssent. Ce sont eux qui ont un problème et feraient mieux d’aller le régler chez le psy au lieu de nous harceler !

    « Le Monde » organise, dans le cadre du Monde Festival, une rencontre avec Diane Leriche, Sam Bourcier et Adrian de la Vega sur la vie des personnes trans en France. La rencontre aura lieu au théâtre des Bouffes du Nord, dimanche 7 octobre, de 14 h 30 à 15 h 30.

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  • En Indonésie : le festival des allumés du Vespa

    En Indonésie : le festival des allumés du Vespa

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    LE MONDE |

    Des centaines de passionnés de Vespa se rendent chaque année au festival de Kediri, sur l’île de Java, pour y présenter leurs créations. Cela va du célèbre scooter italien aux véhicules bricolés, style Mad Max, et équipés de fausses mitrailleuses, d’une douzaine de pneus supplémentaires ou de jouets en peluche. Le photographe Darren Whiteside, de l’agence Reuters, a passé quelques jours avec ces passionnés.

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  • Historienne et féministe, Mary Beard n’a pas le latin dans sa poche

    Historienne et féministe, Mary Beard n’a pas le latin dans sa poche

    Il faut voir la scène. Nonchalamment assise sur un bloc de pierre, Mary Beard s’interroge à voix haute devant la caméra. Comment les Romains faisaient-ils dans ces latrines publiques d’Ostie ? Etaient-elles mixtes ? Où plaçaient-ils l’éponge pour s’essuyer ? Et, joignant le geste à la parole, elle explique : « Voilà comment nous devons imaginer une ville antique. Toges et tuniques relevées, pantalons baissés, on se soulage en bavardant avec ses voisins. »

    La séquence a été diffusée dans l’un des documentaires sur Rome présentés par l’historienne du Newnham College, à Cambridge, qui rencontrent un immense succès outre-Manche. Elle résume tous les décalages ayant fait de Mary Beard une figure intellectuelle singulière et même une célébrité, qui réunit plus de 200 000 abonnés sur Twitter, transmet infatigablement au lectorat le plus large ses éclairages sur l’histoire antique, intervient avec vigueur dans les débats politiques sur le Brexit ou l’immigration, sans pour autant perdre l’estime de ses pairs dans le monde universitaire.

    « Ma parole m’appartient »

    On y voit sa capacité à s’adresser au grand public en usant d’un humour décontracté, mais aussi une préoccupation d’historienne pour les aspects du passé pouvant sembler les plus triviaux, mais essentiels au quotidien. Dans le bureau lumineux d’une discrète maison de Cambridge où elle reçoit « Le Monde des livres », avec des livres d’art éparpillés sur le sol qui signalent son nouveau chantier de recherche (une étude sur la représentation des empereurs romains dans la peinture de la Renaissance), elle explique comment elle a trouvé la juste intonation : « Je suis arrivée à un point où, à la télévision, j’ai cessé de jouer un rôle. Ma parole m’appartient. Longtemps, au début de ma carrière, j’ai pensé que j’étais une actrice, que je jouais un rôle, imitant parfois mes collègues masculins, et cela ne sonnait pas juste. »

    Comme elle le suggère en effet dans son…

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  • « La Servante écarlate » : une « ustopie » glaçante

    « La Servante écarlate » : une « ustopie » glaçante

    TF1 Séries Films, dimanche 30 septembre à 21 heures, série

    Vous avez bien lu « ustopie ». En effet, cherchant à différencier son livre La Servante écarlate d’autres récits de science-fiction, la Canadienne Margaret Atwood a qualifié d’« ustopie » (mi-utopie, mi-dystopie) l’univers qu’elle y a créé. Un monde où la reproduction humaine est devenue rarissime, à l’image des ressources ­naturelles, et où l’on contraint les femmes encore fertiles à devenir des mères porteuses pour la haute hiérarchie de la république totalitaire de Gilead.

    Les utopies des uns sont toujours les cauchemars des autres. Au désir souverain de certains de donner naissance à des êtres de chair s’oppose, pour d’autres, l’horreur de n’exister qu’en tant qu’esclave sexuelle, que simple utérus. « La règle que je me suis imposée pour La Servante écarlate, a tenu à préciser l’auteure, était toute simple : je ne mettrais rien dans ce livre que les humains n’ont pas déjà fait, quelque part, au fil du temps. »

    En 2017, l’adaptation sous forme de série du roman (The Handmaid’s Tale, son titre original, publié en 1985) aura été un choc tant émotionnel qu’esthétique, ce qui lui a d’ailleurs valu de nombreux prix (Emmy Awards, Golden Globes, etc.).

    En révolte contre son sort

    L’on y suit l’évolution de la théocratie fondamentaliste qu’est ­Gilead au travers des yeux et du récit d’Offred (remarquablement interprétée par Elisabeth Moss). Toute de rouge vêtue et coiffée d’un bonnet blanc qui l’empêche de regarder de côté, Offred, femme encore capable de procréer, est une « servante écarlate » en révolte contre son sort. D’autant que, comme ses compagnes d’infortune, elle a connu l’insouciance de la démocratie, au temps où elle éditait des livres universitaires, était mariée et avait une petite fille, Hannah, que l’Etat lui a enlevée.

    Déjà diffusée sur la plate-forme OCS d’Orange – où les deux premières saisons sont disponibles –, la saison 1 de La Servante écarlate est aujourd’hui proposée par la chaîne gratuite TF1 ­Séries Films, ex-HD1. Et ce chaque dimanche, à partir de ce 30 septembre, à raison de trois épisodes par soirée. A ne pas manquer, le cœur bien accroché.

    La Servante écarlate, saison 1, série créée par Bruce Miller. Avec Elisabeth Moss, Yvonne Strahovski, Alexis Bledel, Samira Wiley (EU, 2017, 10 × 52 minutes).

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  • Président Trump, an II : parenthèse en Absurdie

    Président Trump, an II : parenthèse en Absurdie

    Entre ses interventions aux Nations unies (ONU) et l’âpre et douloureuse journée de témoignages au Sénat pour la confirmation du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême, Donald Trump s’est offert une pause, mercredi 26 septembre, dans la salle de réception d’un grand hôtel de New York. Il y a tenu sa deuxième conférence de presse en dix-neuf mois.

    L’occasion d’un voyage de 88 minutes sur des terres incertaines, d’un propos aussi libre que décousu dominé par le plaisir visible d’un narcissique invétéré d’être à nouveau au centre de l’attention de tous. Le président des Etats-Unis a beau dénoncer jusqu’à l’écœurement devant ses sympathisants les « médias bidons », les qualifier d’« ennemi du peuple », il ne peut résister à la caresse d’un objectif de caméra, ou à celle d’un titre de ce New York Times qu’il « aimait » et dont il apprécierait tant qu’il salue sa présidence.

    Pendant près d’une heure et demie, en réel virtuose du désordre, Donald Trump a donc distribué à la volée les questions et les réponses parfois sans aucun lien avec ce qui précédait, partant des visages familiers, comme celui de John Roberts, de la chaîne conservatrice Fox News, jusqu’à ce « Monsieur Kurde » qui renvoyait à un journaliste du Kurdistan irakien. Le président des Etats-Unis a repeint son pays à ses couleurs, celle du « winner » incapable d’autre chose que le succès.

    George Washington convoqué

    Les guerres commerciales ? Elles tournent à notre avantage, a assuré le président en annonçant notamment l’ouverture de « huit aciéries au minimum » (il en restait à six en juin) dont personne n’a pourtant trouvé la trace. Les nominations de juges ? Mes prédécesseurs n’ont rien fait ! « Ils étaient fatigués, ils étaient contents d’eux-mêmes, il s’est produit quelque chose », a assuré un Donald Trump en apparence perplexe alors que le Sénat contrôlé par les républicains avait pratiquement gelé à partir…

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  • Leila Ali Elmi, musulmane et voilée, fait son entrée au Parlement suédois

    Leila Ali Elmi, musulmane et voilée, fait son entrée au Parlement suédois

    Quand, le 13 septembre, elle est allée se coucher, elle était encore inconnue en Suède. Quatre jours après les élections législatives, le dépouillement des bulletins de vote était en cours à la mairie de Göteborg. Les partis avaient déjà été fixés sur leur score. Restait à décompter les votes nominaux : ces croix inscrites par les électeurs devant les candidats de leur choix, sur les listes de chacune des formations.

    Le sien était en vingt et unième position dans son district, sur celle des Verts. Autant dire qu’elle avait peu de chance d’entrer au Parlement. Pourtant, quand elle s’est réveillée le lendemain, Leila Ali Elmi, 30 ans, a découvert qu’elle avait été élue, avec 1 467 voix, devant tous les autres candidats de son parti, dont la plupart n’avaient jamais entendu parler d’elle.

    Encartée depuis cinq ans, la jeune femme n’avait jamais occupé d’autres fonctions que celles de suppléante au conseil d’arrondissement de son quartier d’Angered, une des banlieues défavorisées de Göteborg.

    « J’ai toujours eu des avis tranchés, je suivais ce qui se passait à la télé, dans les journaux. J’ai décidé de m’engager. »

    Lundi 24 septembre, quand elle a fait sa rentrée au Riksdag à Stockholm, plus personne n’ignorait qui elle était : seule femme voilée à siéger au Parlement, première députée d’origine somalienne et surtout incarnation du virulent débat portant sur le vote communautaire, qui a vu le jour dans le royaume après les élections.

    Car si Leila Ali Elmi est arrivée comme une comète sur la scène politique suédoise, elle est loin d’être inconnue au sein de la communauté somalienne de Göteborg (8 500 des 560 000 habitants sont nés en Somalie). La jeune femme y travaille comme interprète, aidant les immigrés dans leurs démarches auprès de l’administration suédoise.

    Cœur à gauche

    Elle-même est arrivée en Suède à 2 ans. A 12 ans, elle est placée en foyer. La fillette file un mauvais coton : elle ne va plus à l’école, est en révolte contre sa famille… Deux ans plus tard, elle revient vivre avec sa mère, devient une élève studieuse et termine le lycée. Elle fait des ménages, distribue le journal, puis commence à traduire.

    Un peu avant les élections de 2014, elle rejoint les Verts : « J’ai toujours eu des avis tranchés, je suivais ce qui se passait à la télé, dans les journaux. J’ai décidé de m’engager. » Son cœur est à gauche. La lutte contre les changements climatiques fait pencher la balance côté écolo.

    Quand elle annonce sa candidature au Parlement, le club de sport Bergsjön SK, ex-Somalia SK, basé dans une banlieue voisine, l’invite. Pendant deux heures, ses encadrants l’interrogent sur son ambition pour les quartiers. Convaincu par ses réponses, le club décide de faire campagne pour elle, ne ménageant pas ses efforts, avec un porte-à-porte systématique dans les banlieues et même l’organisation d’un rendez-vous, en mai, avec le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed.

    « Va-t-elle s’engager principalement sur des questions qui profitent aux Somaliens ou aux musulmans ? » Ivar Arpi, polémiste libéral

    La jeune femme avoue qu’elle n’y croyait pas. Mais elle veut « inspirer les jeunes », montrer qu’il est « possible de faire campagne dans les banlieues », où beaucoup « croient qu’ils ne peuvent pas influencer la société ». Elle sera « leur voix ». Ses détracteurs, cependant, lui reprochent d’avoir mené une partie de sa campagne en somalien, faisant à peine référence au programme de son parti. « A quel point Leila Ali Elmi peut-elle être indépendante du groupe qui l’a promue ? Va-t-elle s’engager principalement sur des questions qui profitent aux Somaliens ou aux musulmans ? », interroge le polémiste libéral Ivar Arpi.

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    Une campagne haineuse

    Sur les réseaux sociaux, la jeune femme est la cible d’une campagne haineuse. Elle y est présentée comme une « extrémiste », élue grâce à un « vote clanique ».

    Leila Ali Elmi regrette que le débat porte sur son apparence et ses origines, plutôt que sur son engagement pour les banlieues, l’école ou l’égalité. « Le système clanique, souligne-t-elle, oppresse les femmes. » Selon ce système, elle n’aurait donc jamais pu entrer au Parlement. « Il y a beaucoup d’ignorance dans le débat. »

    Mardi 25 septembre, comme tous les élus de son parti, elle a voté la confiance au premier ministre sortant Stefan Löfven, qui a tout de même été débarqué grâce aux voix de la droite et de l’extrême droite. Elle s’est ensuite rendue à la cathédrale de Stockholm pour l’office religieux, précédant la cérémonie d’ouverture du Parlement, en présence de la famille royale.

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  • Elections européennes : Emmanuel Macron promet une liste « la plus large possible »

    Elections européennes : Emmanuel Macron promet une liste « la plus large possible »

    « Pour les élections européennes, je ferai tout pour que les progressistes, les démocrates et ceux dont je porte la voix – je l’espère incarnée par une liste la plus large possible en France – se fassent entendre. » Dans un entretien au Journal du dimanche du 30 septembre réalisé lors de son voyage en cours aux Antilles, Emmanuel Macron a exprimé son intention de s’impliquer directement dans la campagne des élections européennes de mi-2019.

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    « Je m’implique en permanence autour de la table du Conseil européen », ajoute-t-il. « Et je m’impliquerai, car je crois à une campagne pour une Europe de l’ambition et de l’avenir, des démocrates et des progressistes. »

    Le chef de l’Etat, qui s’érige régulièrement en contre-modèle de la vision hostile à l’Union européenne (UE) que portent notamment le Hongrois Viktor Orban, l’Italien Matteo Salvini et son ex-rivale à la présidentielle française Marine Le Pen, dessine dans l’interview les contours d’une plate-forme centriste pour les européennes.

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    « C’est un combat de civilisation, un combat historique, et je ne céderai rien aux extrêmes », explique-t-il. « Je crois au retour des peuples. Je ne suis pas un européiste, ni un mondialiste. Je crois à l’identité forte de chaque peuple, je crois à l’histoire et à l’ambition de notre peuple. Je veux le convaincre que l’Europe, c’est ce qui l’accompagne, le protège. Je suis pour tourner la page d’une Europe ultralibérale, mais aussi pour éviter la page d’une Europe des nationalismes. L’Europe, c’est notre bonne protection. Encore faut-il la repenser et la rebâtir. »

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  • La CAF suspend le président du Zamalek

    La CAF suspend le président du Zamalek

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    La Confédération africaine de football (CAF) a interdit à Mortada Mansour, le président du Zamalek du Caire, de pratiquer une activité liée au football pendant un an.

    La sanction concernant le dirigeant sportif égyptien a été prise lors d’une réunion tenue cette semaine par le comité exécutif de la CAF.

    Les membres de l’organe exécutif de la Confédération africaine de football lui reprochent de les avoir insultés.

    Pour prendre la sanction, ils se sont basés sur une vidéo dans laquelle Mortada Mansour aurait insulté le président de la CAF, Ahmad, et le secrétaire général de l’organisation, Amr Fahmy.

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    Le président du Zamalek, âgé de 66 ans, doit également payer une amende de 40.000 dollars US, environ 22,5 millions de francs CFA.

    “Je m’en fiche. Je répondrai lorsqu’il le faudra. De toute façon, je n’assiste pas aux matchs de la CAF”, a réagi Mortada Mansour, cité par des médias égyptiens.

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  • Des mesures disciplinaires de la CAF contre Madagascar

    Des mesures disciplinaires de la CAF contre Madagascar

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    La Fédération malgache de football ne pourra pas accueillir au stade Mahamasina la Guinée Equatoriale et le Soudan pour les éliminatoires de la CAN 2019.

    La Confédération africaine de football (CAF) a pris des sanctions disciplinaires contre Madagascar, lui interdisant d’accueillir des adversaires dans ce stade situé dans la capitale, “pendant trois mois”.

    En raison de cette sanction, la Fédération malgache de football doit trouver un autre stade pour accueillir la Guinée Equatoriale en octobre, puis le Soudan en novembre, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2019.

    Cette sanction a été prise par la CAF en raison de la bousculade qui a fait un mort et une quarantaine de blessés lors du match Madagascar-Sénégal, le 9 septembre dernier, au stade Mahamasina.

    La Fédération malgache de football est également condamnée à payer une amende de 10.000 dollars à cause de la bousculade.

    Le match Madagascar-Sénégal, joué dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2019, s’est soldé par un score nul, 2-2.

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  • Le PSG poursuit sa promenade en Ligue 1, Guingamp gagne enfin

    Le PSG poursuit sa promenade en Ligue 1, Guingamp gagne enfin

    Joyeux anniversaire ! Pour les cinq ans de son grand stade – qui fait l’objet d’une enquête sur les conditions de sa construction –, l’OGC Nice a reçu ce qui se fait de mieux en France. Et le Paris Saint-Germain n’a pas déçu, proposant par séquences son meilleur football et remportant 3-0 la rencontre.

    Avec huit victoires d’affilée pour commencer l’année, le PSG continue de construire un nouveau titre de champion et égale un record vieux de quatre-vingt-deux ans. Attention tout de même : l’Olympique lillois, auteur du même sans-faute au début de la saison 1936-37, avait réussi l’exploit de finir cinquième du championnat.

    Paris ne semble pas menacé du même destin. L’écart entre le club parisien et un concurrent national est encore apparu abyssal – passé tout de même un premier quart d’heure équilibré avec plusieurs offensives niçoises. Mais Nice n’a plus cadré un tir après la sixième minute, et Mario Balotelli n’a eu que des miettes après son entrée en jeu à la mi-temps.

    Trois buts au minimum

    Les Parisiens, avec Adrien Rabiot à la baguette, ont étouffé les Niçois et marqué par l’intermédiaire de Neymar, sur une frappe enroulée en dehors de la surface, puis Christopher Nkunku, après un joli travail de Kylian Mbappé.

    Le score aurait pu – dû – être bien plus lourd en faveur du Paris Saint-Germain, en manque de réussite en première période (un tir sur le poteau de Di Maria et un but de Neymar refusé par l’arbitre vidéo en raison d’un hors-jeu microscopique). En deuxième période, c’est plutôt une forme de légèreté coupable qui aura valu au PSG de ne pas alourdir l’addition, plusieurs actions ayant été jouées en dilettante par les attaquants parisiens.

    Neymar en forme malgré le coton

    Les Niçois ont renoncé à tout dans la dernière demi-heure, se signalant uniquement par le deuxième carton jaune infligé à Wylan Cyprien, pour un duel musclé avec Neymar. Un choc qui a valu au Brésilien de finir la rencontre avec un coton dans la bouche, pour éponger son saignement.

    Un accessoire insolite qui n’a pas empêché Neymar, meilleur buteur de Ligue 1 avec sept réalisations, de continuer de régner sur la partie. Dans les arrêts de jeu, servi par Mbappé devant le but vide, il a permis aux Parisiens de respecter le tarif imposé systématiquement dans notre championnat depuis le début de saison : trois buts marqués par match au minimum. Il s’agira pour les Parisiens d’en faire autant, mercredi prochain, en Ligue des champions contre l’Etoile rouge de Belgrade.

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    Dans cette optique, Thomas Tuchel avait fait tourner son effectif et ménagé Edinson Cavani et Marco Verratti, lequel a disputé seulement la fin de rencontre. Thomas Meunier et Julian Draxler étaient même restés à Paris, aux soins. Il a ainsi pu donner du temps de jeu à son compatriote Thilo Kehrer, en progrès, et aux jeunes Christopher Nkunku et Moussa Diaby, tous deux auteurs d’un bon match. L’entraîneur allemand avait aussi profité de ce match pour expérimenter une nouvelle fois sa défense à trois, avec Kehrer, Thiago Silva et Kimpembé.

    « J’ai apprécié que les joueurs aient confiance en moi et dans mes idées. Avec trois matches en une semaine, il fallait une tactique et une structure spécifique pour jouer à Nice » a expliqué Thomas Tuchel, satisfait, après le match.

    En attendant la fin de cette huitième journée, le PSG compte neuf points d’avance sur son dauphin, Saint-Etienne, et Nice stagne à la 13è place.

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