Author: Don Kayembe

  • CONNEXIONS MINIÈRES: Les États-Unis obtiennent des documents de la Banque Suisse pour une enquête sur la corruption au Congo

    CONNEXIONS MINIÈRES: Les États-Unis obtiennent des documents de la Banque Suisse pour une enquête sur la corruption au Congo

    Israeli billionaire Dan Gertler walks through the Katanga Mining Ltd. copper and cobalt mine complex during a tour of the operations in Kolwezi, Democratic Republic of Congo, on Wednesday, Aug. 1, 2012. Since he first arrived in wartime Congo in 1997 at only 23 years old, Gertler has amassed an empire worth almost $2.5 billion dollars, according to Bloomberg calculations using publicly available documents. Photographer: Simon Dawson/Bloomberg via Getty Images

    -PAR Will Fitzgibbon

    Les États-Unis obtiennent des documents de la Banque Suisse pour une enquête sur la corruption au Congo
    Un tribunal suisse a confirmé les enquêtes criminelles en cours sur les activités de Dan Gertler, un diamantaire israélien soupçonné de corruption à grande échelle en République démocratique du Congo (RDC).

    Le Tribunal pénal fédéral suisse a publié vendredi un jugement de 13 pages qui détaille la manière dont les Etats-Unis ont cherché à obtenir des informations, notamment des dossiers bancaires, sur les affaires de Gertler depuis 2012.

    Les sociétés de Gertler ont fait appel d’une décision suisse de fournir des informations aux États-Unis. Le tribunal a rejeté l’appel et a publié sa décision.

    Les autorités américaines prétendent détenir des preuves montrant que des pots-de-vin ont été versés à des hauts fonctionnaires de la RDC en échange de droits miniers et de prestations gouvernementales, selon le jugement.

    Les pots-de-vin concernaient des pots-de-vin et des pots-de-vin en nature tels que des articles de luxe et des «vacances personnelles extravagantes» accordés à au moins trois fonctionnaires qui n’étaient pas identifiés conformément aux pratiques juridiques suisses.

    Un avocat de Gertler représentant les entreprises qui ont fait appel de la décision a confirmé au partenaire média de l’ICIJ, Tages Anzeiger, que les États-Unis avaient fait trois demandes d’information.

    Le “Britain’s Serious Fraud Office” a également demandé des informations, a ajouté l’avocat.

    “Les Américains ne verront aucune activité illégale commise par M. Gertler”, a déclaré son avocat, Marc Bonnant. Gertler a nié à plusieurs reprises les actes répréhensibles.

    Sources:

  • RDC: à Kinshasa, le président Kabila répond à la presse après 5 ans de silence

    RDC: à Kinshasa, le président Kabila répond à la presse après 5 ans de silence

    – En RDC, le président Joseph Kabila s’est exprimé lors de sa première conférence de presse à Kinshasa depuis 5 ans et sa réélection contestée. Le président Joseph Kabila a donc décidé à la surprise générale de s’exprimer pour les 17 ans de son accession au pouvoir. Dans cette longue déclaration, il est revenu sur la situation au Kasaï. La situation est redevenue calme à 90%, a dit le chef de l’Etat congolais. Et il dénonce aussi ceux qui, selon lui, ont fait barrage à l’émergence de la démocratie dans son pays.

    « Je m’éclate quand je vois ceux qui prétendent défendre la Constitution », a dit Joseph Kabila. Le président congolais a insisté sur le fait qu’il aurait été « le seul à battre campagne » en faveur de l’actuelle Constitution congolaise en 2005, contrairement à d’autres, « restés dans des bistrots ou dans les ambassades à Kinshasa », insiste le chef de l’Etat congolais. Une référence, sans doute et entre autres, sans mentionner son nom, au principal parti d’opposition, l’UDPS qui avait appelé au boycott.

    « Ceux qui ont assassiné la démocratie dans ce pays devraient faire preuve d’humilité en lieu et place de donner des leçons », a encore lancé Joseph Kabila à ses détracteurs. « Malgré le bon déroulement des élections de 2006, il y avait des contestations : le perdant et une partie de l’Eglise », a pointé le chef de l’Etat. Pour ce qui est des élections de 2011, le président congolais, qui avait modifié la Constitution en trois jours pour faire passer le scrutin à un tour au grand dam de l’opposition, met en cause la mission de l’ONU dans le pays, la Monusco qui aurait refusé d’apporter son soutien logistique. Ou même la communauté internationale qui lui aurait demandé de sursoir à ce scrutin. « J’ai dit non », a martelé le président congolais.

    Pour ce qui est de la présidentielle attendue pour la fin de l’année, Joseph Kabila s’est voulu rassurant. « Le processus électoral est résolument engagé », a affirmé le chef de l’Etat. Joseph Kabila est aussi revenu sur le bras de fer avec les partenaires du Congo : « Mon pays n’est pas à vendre, la RDC doit être respectée ». Concernant Monusco, la Mission des Nations unies dans le pays, Joseph Kabila dit exiger le « respect strict du Sofa », l’accord qui lie la RDC à l’ONU, accord maintes fois violé, selon lui. Il accuse même l’ONU d’avoir tardé à réagir « après des drames ».

  • Joseph Kabila demande à l’église de “rendre à César ce qui est à César”

    Joseph Kabila demande à l’église de “rendre à César ce qui est à César”

    – Au cours d’un rare face-à-face avec la presse vendredi à Kinshasa, le président congolais a déploré l’implication de l’église dans la politique en RDC. Il s’agissait de la toute première apparition publique de Joseph Kabila depuis les récentes manifestations réprimées dans le sang.

    M. Kabila a spécifiquement dénié à l’église catholique la prérogative de s’occuper des affaires politiques.

     “Jésus-Christ n’a jamais présidé une Commission électorale”, a déclaré le président congolais sur un ton d’ironie.

    “Rendons à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Quand on essaie de mélanger les deux, c’est dangereux. Le résultat est toujours négatif”, a-t-il affirmé.

    Déplorant les pertes en vies humaines, M. Kabila a indiqué qu’il était d’avis que les manifestations soient autorisées mais que les responsables en répondent.

    L’église catholique mais aussi certaines autres confessions religieuses exigent la mise en application de l’accord politique signé le 31 décembre 2016 qui permet au président Kabila dont le mandat a expiré le 19 décembre 2016 de rester au pouvoir jusqu’aux prochaines élections.

    Ledit accord avait été négocié sous la médiation des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco).

    Les Catholiques, spécialement, font pression pour que M. Kabila annonce publiquement qu’il ne se représentera pas au prochain scrutin.

    A une question de la presse dans ce sens, le président a simplement demandé qu’un exemplaire de la Constitution soit remis au journaliste auteur.

    “Je constate depuis plusieurs années qu’on vous a tout dit. Alors tout. Sauf la vérité… “, a soutenu M. Kabila.

    Avec VOA

  • Les services fédéraux ferment faute de budget aux Etats-Unis

    Les services fédéraux ferment faute de budget aux Etats-Unis

    -Un an jour pour jour après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, les Etats-Unis sont entrés samedi dans une période de turbulences avec la fermeture partielle de l’administration fédérale après l’échec d’un vote crucial sur le budget au Sénat.

    Malgré d’intenses tractations, la majorité républicaine, l’opposition démocrate et la Maison Blanche n’ont pu s’entendre sur un budget, même temporaire, qui aurait permis d’éviter ce “shutdown” entré en vigueur à 00H00 (05H00 GMT).

    Républicains et démocrates se sont rejeté la responsabilité de cet échec, Donald Trump accusant l’opposition de faire passer “les immigrants illégaux” avant l’armée ou la sécurité des frontières alors que les démocrates ont indiqué qu’ils n’accepteraient de voter pour un texte que s’il pérennise la régularisation de 690.000 jeunes immigrés au statut précaire, les “Dreamers”.

     Democrats are far more concerned with Illegal Immigrants than they are with our great Military or Safety at our dangerous Southern Border. They could have easily made a deal but decided to play Shutdown politics instead. in order to power through mess!
    “Les démocrates sont bien plus préoccupés par les immigrants illégaux que par notre grande Armée ou la Sécurité à notre dangereuse frontière Sud”, a-t-il tweeté à l’aube. “Ils auraient pu facilement conclure un accord mais ils ont préféré jouer la carte du +shutdown+ à la place”.

    La fermeture de l’administration “était 100% évitable”, a affirmé le patron des sénateurs républicains, Mitch McConnell.

     Not looking good for our great Military or Safety & Security on the very dangerous Southern Border. Dems want a Shutdown in order to help diminish the great success of the Tax Cuts, and what they are doing for our booming economy.

    “Ce sera appelé le Trumpshutdown car personne, personne ne mérite autant que le président Trump d’être jugé responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons”, lui a répondu le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer.

    Les républicains, majoritaires avec 51 sièges au Sénat, n’ont obtenu que 50 voix, loin des 60 voix (sur 100) nécessaires à une extension pour quatre semaines, jusqu’au 16 février, du budget fédéral.

    Il s’agit du premier “shutdown” depuis octobre 2013, sous l’administration Obama, qui avait duré 16 jours. Il se traduira par la mise au chômage technique sans paie de plus de 850.000 employés fédéraux considérés comme “non essentiels” au fonctionnement de l’administration.

     This is the One Year Anniversary of my Presidency and the Democrats wanted to give me a nice present.
     Il était impossible de savoir combien de temps durerait cette nouvelle fermeture, les tractations entre les deux partis devant très vite reprendre. Une nouvelle réunion du Sénat, destinée à adopter une extension du budget jusqu’au 8 février, était prévue samedi.

    Chuck Schumer a demandé au président de convoquer d’urgence une réunion à la Maison Blanche avec les leaders des deux partis pour trouver un compromis.

    – En attendant lundi –

    Les premiers effets du “shutdown” devraient se faire sentir lundi. Les activités de nombreuses agences fédérales, comme les services fiscaux, seront réduites mais les services de sécurité seront globalement épargnés. Les 1,4 million de militaires américains poursuivront leurs opérations mais sans être payés.

     For those asking, the Republicans only have 51 votes in the Senate, and they need 60. That is why we need to win more Republicans in 2018 Election! We can then be even tougher on Crime (and Border), and even better to our Military & Veterans!

    “Il y a des soldats américains qui s’apprêtent à passer six mois au Koweït et qui s’inquiètent de ne pas être payés tout de suite. C’est inconcevable”, a déclaré le vice-président Mike Pence en escale à Shannon (Irlande), où il a croisé des militaires américains en transit vers des missions à l’étranger.

    Vendredi, M. Trump avait pourtant évoqué une “excellente réunion préliminaire” avec Chuck Schumer à la Maison Blanche, laissant espérer un accord de dernière minute.

    Le sénateur démocrate a accusé le milliardaire de faire la girouette alors qu’un accord était à portée de main.

    La Chambre des représentants, à forte majorité républicaine, avait approuvé jeudi soir l’extension provisoire du financement de l’Etat fédéral, qui prévoyait également de prolonger pour six ans le programme d’assurance santé destiné aux enfants pauvres (Chip), une demande des démocrates.

     Au-delà d’un budget temporaire, le quatrième depuis septembre, la majorité républicaine souhaite adopter un budget 2018 définitif de plusieurs centaines de milliards de dollars qui dope notamment les dépenses militaires, une promesse de campagne de M. Trump.

    Les démocrates veulent la régularisation de 690.000 “Dreamers”, arrivés clandestinement aux Etats-Unis quand ils étaient enfants et expulsables depuis l’abrogation par M. Trump du programme Daca, datant de l’administration Obama, qui leur offrait un statut de résident temporaire. Le président Trump a donné au Congrès jusqu’au 5 mars pour légiférer.

    – Qui paiera les dégâts ?-

    Et au-delà du budget, les parlementaires pensent aux élections de mi-mandat en novembre.

    Les démocrates estiment que les républicains qui ont tous les leviers du pouvoir –Maison Blanche, Chambre des représentants, Sénat– seront tenus pour responsables de la paralysie et paieront le prix fort.

    Les républicains espèrent se servir du “shutdown” pour punir les sénateurs démocrates qui brigueront un nouveau mandat dans dix Etats remportés par Donald Trump à la présidentielle. Quatre d’entre eux, selon les médias, ont d’ailleurs voté avec les républicains vendredi soir.

    Mais selon un sondage du Washington Post et d’ABC publié vendredi, 48% des Américains estiment que les républicains seraient responsables d’un éventuel blocage, contre 28% pour les démocrates.

    Avec AFP

  • “Kin-la-belle” tient tête à la police de Kabila

    “Kin-la-belle” tient tête à la police de Kabila

    -La situation redevenait calme en fin d’après-midi. Lundi, le commerce va reprendre dans les petites échoppes de Kintambo et des Kinois retourneront boire des bières à Matonge. Jusqu’à la prochaine marche? Les prochaines élections présidentielles ne sont pas prévues avant le 23 décembre.

    “Elle n’est pas morte pour rien. C’est une martyr”, lance Jean-Claude qui s’improvise porte-parole du clan dans la cour de la résidence familiale, à Kinshasa.

    Elle, c’est sa grande sœur, Deshade, 24 ans, aspirante à la vie religieuse, qui vient d’être fauchée par une rafale de balles devant la paroisse Saint-François de Salles, à Kintambo, un quartier populaire de la capitale de la République démocratique du Congo.

    La jeune femme de 24 ans aux tresses noires et marrons, qui sourit à la vie sur un selfie présenté par ses proches en pleurs, est l’une des six victimes de la répression des marches des catholiques contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

    “Des soldats ont tiré au moins cinq balles. Ma grande sœur a perdu beaucoup de sang”, poursuit Jean-Claude.

    C’est une femme officier qui a donné l’ordre de tirer le coup de rafale fatale, accusent des témoins.

    Derrière le frère, parmi les femmes qui hurlent de douleur, un membre du clan se tait. Le père. “Je ne peux rien dire, je suis officier de police. Dieu jugera”, soupire l’homme, acteur malgré lui d’une tragédie congolaise.

     Une chaise renversée, des rameaux dispersés, une mare de sang qui sèche: les traces de l’agonie de la jeune femme, sont encore visibles devant l’église Saint-François.

    Saint-François, Christ-roi, Saint-Joseph, cathédrale Notre-Dame…: dans la capitale aux 160 paroisses, les fidèles ont défié les forces de sécurité et marché après les messes pour dire non à la prolongation du pouvoir du président Kabila, dont le dernier mandat a expiré le 20 décembre 2016.

    Contrairement à la précédente marche du 31 décembre, les catholiques ont résisté après les premiers tirs de gaz lacrymogènes.

    Pneus brûlés, poubelles renversées, rues barricadées, le quartier de Kintambo, l’un des plus vieux de Kinshasa avec ses petites échoppes à un étage, a été l’un des centres de la colère populaire.

    Des jeunes, des femmes, des hommes ont marché rameaux à la main, entonnant des chants anti-Kabila, au nez et à la barbe des policiers.

    “Ils nous tueront ensemble”

    “Qu’il parte! Il ne fait que tuer les gens, on n’en peut plus”, hurle un jeune homme d’une vingtaine d’années. “Kabila doit partir, nous n’allons plus lui laisser du temps”, lance un autre.

    L’espace d’une matinée, “Kin-la-belle”, la troisième mégapole africaine qui déborde d’énergie malgré la misère, a renoué avec les heures sombres de son histoire.

    Plus loin dans un autre quartier, à Lemba, un homme en civil se promène à l’arrière d’une moto en tirant des coups de feu en l’air. La scène se déroule en face du camp militaire “Mzee Kabila”, en référence à Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel président, assassiné il y a tout juste 17 ans en janvier 2001.

    A une vingtaine de mètres, un groupe de jeunes en colère défient des policiers, visiblement débordés.

    Les marches ont commencé à la fin des messes, comme dans la paroisse Saint-Joseph de Matonge, quartier connu en temps ordinaire pour ses bars et ses boîtes.

    “S’il arrivait qu’on nous menaçait, restons unis et s’ils veulent nous tuer, ils nous tueront ensemble”, donne pour consigne à l’assistance un responsable laïc avant la marche.

    La procession sort, les fidèles arrachent des branches d’arbres pour les agiter comme des rameaux de paix, derrière un enfant de chœur qui porte le crucifix.

    Après 100 mètres, les cantiques religieux s’arrêtent net aux premiers coups de gaz lacrymogènes.

    “Je voudrais qu’on appelle à une nouvelle marche même dans trois jours. Il faut continuer à faire pression sur ce pouvoir”, s’emporte Jean-René, un fidèle.

    “Nous avons tenu tête aux policiers malgré leur brutalité”, se félicite Néhémie, un spécialiste en communication numérique, sonné par les gaz lacrymogènes.

    Dans une autre paroisse, Christ-Roi, les fidèles ont marché sur près de deux kilomètres, avant de recevoir des tirs de lacrymogènes et de balles réelles.

    Ils ont répondu par des jets de pierre. Après un quart d’heure d’affrontement, le curé leur demande de regagner l’enceinte de l’église ou de retourner chez eux.

    “Le pays va bien, la police est très gentille”, ironise un policier qui contrôle l’équipe de l’AFP à l’un des très innombrables barrages déployés dès l’aube.

    Avec AFP

  • Le pape demande aux autorités d’éviter “toute forme de violence” en RDC

    Le pape demande aux autorités d’éviter “toute forme de violence” en RDC

    -Le pape François a appelé dimanche les autorités de la République démocratique du Congo à éviter “toute forme de violence”, à la fin d’un Angelus prononcé à Lima.

    Six personnes ont été tuées dimanche à Kinshasa dans la dispersion de marches interdites à l’appel d’un collectif catholique contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, selon la Mission des Nations unies au Congo (Monusco).

    “Aujourd’hui, des nouvelles très inquiétantes me parviennent de la République démocratique du Congo. Prions pour le Congo”, a déclaré le souverain pontife face à la foule réunie sur la place principale de Lima.

    “Je demande aux autorités, aux responsables et à tous dans ce pays bien-aimé qu’ils mettent en oeuvre tous leurs efforts pour éviter toute forme de violence et chercher des solutions en faveur du bien commun”, a-t-il ajouté.

    Le pape argentin conclut dimanche une tournée d’une semaine en Amérique latine, la sixième de son pontificat, qui a débuté au Chili avant de se poursuivre au Pérou, où il célébrera dans l’après-midi une messe géante dans la capitale.

    Les violences en RDC ont aussi fait 49 blessés dans tout le pays où 94 personnes ont été arrêtées, selon la porte-parole de la Monusco, Florence Marchal.

    La dispersion de précédentes marches interdites le 31 décembre avait fait six morts dont cinq à Kinshasa, selon la Monusco et la nonciature apostolique, aucun d’après les autorités.

    Avec AFP

  • L’ONU enverra des observateurs sur les marches de catholiques contre Kabila en RDC

    L’ONU enverra des observateurs sur les marches de catholiques contre Kabila en RDC

    -La Mission des Nations unies au Congo va envoyer des “observateurs” dimanche pour rapporter “d’éventuelles violations des droits de l’homme” lors des “marches pacifiques” convoquées à l’appel d’un collectif catholique demandant au président Joseph Kabila de quitter le pouvoir.

    “Ces équipes seront déployées dans les principales villes de la République démocratique du Congo. A Kinshasa, elles seront composées de représentants de la force de la Mission, de la police des Nations Unies et du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme”, a indiqué la Monusco dans un communiqué.

     “Elles observeront les événements et rapporteront d’éventuelles violences et violations des droits de l’homme”, a ajouté la Monusco, qui rappelle que “le droit de manifester pacifiquement est inscrit dans la Constitution congolaise et est protégé par les engagements internationaux de la RDC”.

     

    L’interdiction et la dispersion d’une précédente marche le 31 décembre avait fait six morts, d’après les Nations unies et la nonciature apostolique, aucun d’après les autorités congolaises.

    “Toutes les parties en présence, qu’il s’agisse des manifestants ou des forces de défense et de sécurité, doivent s’abstenir de recourir à la violence sous toutes ses formes”, a insisté la Monusco, qui a précisé qu’elle n’est pas responsable du maintien de l’ordre.

    Ces marches à la sortie de la messe ont été lancées à l’appel d’un “comité laïc de coordination” proche de l’église catholique.

    Cinq de ses huit responsables, qui vivent cachés dans Kinshasa, sont sous le coup d’un mandat d’arrêt, a indiqué jeudi soir à l’AFP une source du parquet à Kinshasa.

    La Monusco a par ailleurs affirmé qu’elle n’assurait pas une protection discrète des membres de ce comité, comme l’avançait une source: “Nous n’avons pas pour mandat de protéger des personnalités. Nous avons pour mandat de protéger des civils”, a indiqué à l’AFP la porte-parole de la Monusco Florence Marchal.

    Soutenu par l’opposition politique et l’influent épiscopat, le comité laïc de coordination demande au président Kabila de dire publiquement qu’il ne briguera pas un troisième mandat comme le prévoit la Constitution.

    Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin le 20 décembre 2016 d’après l’actuelle Constitution. La commission électorale a annoncé des élections pour le 23 décembre 2018.

    Avec AFP

  • «Pays de merde»: 78 anciens ambassadeurs américains en Afrique adressent une lettre à Donald Trump

    «Pays de merde»: 78 anciens ambassadeurs américains en Afrique adressent une lettre à Donald Trump

    – Les anciens diplomates ont appelé mardi le président américain à revoir ses propos sur l’Afrique, rappelant les “profonds liens” qu’entretient le continent avec les États-Unis.

    La polémique autour des propos de Donald Trump n’en finit plus de rebondir. 78 anciens ambassadeurs américains de 48 pays d’Afrique ont adressé, mardi 16 janvier, une lettre au président américain pour faire part de leur « profonde indignation » concernant ses déclarations.

    Au cours d’une réunion dans le Bureau ovale de la Maison Blanche jeudi 12 janvier, Donald Trump aurait, selon le New-York Times et le Washington Post, qui citent plusieurs sources anonymes, demandé « pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? », faisant référence à plusieurs nations africaines, dont le Salvador et Haïti.

    Nous espérons que vous réévaluerez votre vision de l’Afrique

    Dans leur lettre, les anciens ambassadeurs rappellent que l’Afrique « a de profonds liens historiques avec les États-Unis ». « Les États-Unis sont plus en sécurité […] et mieux équipés pour résoudre les problèmes auxquels l’humanité est confrontée lorsque nous travaillons, écoutons et apprenons de nos partenaires africains », poursuit ce courrier.

    « Nous espérons que vous réévaluerez votre vision de l’Afrique, de ses citoyens et reconnaîtrez les importantes contributions que les Africains et les Africains-Américains ont fait et continuent à faire pour notre pays, notre histoire et les liens durables qui perdureront toujours entre l’Afrique et les États-Unis », concluent-ils.

    « Troublant », « raciste », « offensant »

    Cette réaction commune des anciens ambassadeurs est la dernière en date d’une longue liste. L’Union africaine (UA) a condamné le 12 janvier ces remarques « blessantes » et « dérangeantes ». Le président sénégalais Macky Sall s’est dit « choqué » par les propos du chef d’État américain.

    Du Sénégal à l’Algérie en passant par le Nigeria, l’Ethiopie et l’Afrique du Sud, ils sont en tout 48 et représentent la quasi-totalité des pays du continent. Tous anciens ambassadeurs africains aux Etats-Unis, ils cosignent une lettre de protestation adressée à Donald Trump après ses propos lors d’une réunion sur l’immigration qualifiant les pays d’Afrique et Haïti de « pays de merde ».

    « Cher M. Le president, nous vous écrivons pour dire notre profonde inquiétude au sujet de vos récentes remarques sur les pays africains » écrivent-ils. « L’Afrique est un continent de grands talents humains, d’une beauté extraordinaire et de ressources naturelles sans pareilles » poursuit la lettre, « c’est aussi un continent avec des liens historiques profonds avec les Etats-Unis  ».

    Le texte rappelle les liens économiques entre Afrique et Etats-Unis mais aussi militaires et en termes de renseignement. Cet engagement mutuel est « vital pour nos intérêts nationaux  » expliquent les ex ambassadeurs « mais nous savons aussi que le monde est plus riche grâce à la contribution des Africains et notamment des Américains descendants d’Africains ».

    Et les 48 anciens ambassadeurs africains aux Etats Unis de conclure « nous espérons que vous allez réviser votre vision de l’Afrique et de ses citoyens et que vous reconnaitrez la contribution importante que les africains et les afro-américains ont apporté et continuent d’apporter à votre pays et à son histoire ».

     

  • le cardinal Monsengwo, Desmond Tutu ou Machiavel congolais?

    le cardinal Monsengwo, Desmond Tutu ou Machiavel congolais?

    -A près de 79 ans, le cardinal Laurent Monsengwo ne désarme pas. Après la répression sanglante des marches du 31 décembre 2017, approuvées par l’Eglise catholique, il n’a pas hésité à exiger « que les médiocres dégagent ». Pour les partisans de Joseph Kabila, l’archevêque de Kinshasa a prononcé les mots de trop, il est accusé à demi-mot de « tentatives subversives » visant à perturber les élections prévues officiellement pour la fin 2018. Portrait.

    Il y a un adjectif qui revient sur toutes les lèvres quand on évoque la personnalité du cardinal Monsengwo : « têtu ». « Quand il est décidé, il va jusqu’au bout », confirme le sénateur Mokonda Bonza. L’ex-directeur de cabinet du président Mobutu se souvient des messages déjà très politiques de celui qui n’était encore qu’archevêque de Kisangani et président de la Conférence épiscopale dans les années 90.

    Suivant les traces de son mentor et prédécesseur, le premier cardinal du Congo, l’archevêque Joseph-Albert Malula, Laurent Monsengwo perpétuait déjà à l’époque la « mission prophétique » de l’Eglise catholique au Congo, dénonçant la misère du peuple ou la corruption à une époque où le Congo vivait sous le régime d’un parti-Etat. « Ses messages égratignaient le président Mobutu sans jamais le désigner », note Mokonda Bonza.

    Selon l’ancien mobutiste, Laurent Monsengwo était déjà présenté par les faucons du régime comme « un soutien d’Etienne Tshisekedi », l’opposant historique : « Le président Mobutu ne voulait pas de lui à la tête de la conférence nationale, il a tout fait pour qu’un autre évêque soit désigné. » Le maréchal cherche à diviser la société civile et envoie son émissaire négocier le soutien des protestants et des Eglises du réveil contre le prélat catholique. Mais, en 1992, la personnalité de Laurent Monsengwo s’impose à tous, lui y compris.

    Monsengwo, la « crème de l’Eglise »

    A peine ouverte, la conférence nationale censée amener à une démocratisation du pays est suspendue par un parti-Etat devenu la cible de toutes les critiques. Le 16 février 1992, à l’appel des mouvements laïcs de l’Eglise catholique, des dizaines de milliers de personnes descendent dans la rue pour réclamer la réouverture des débats dans le cadre d’une « Conférence nationale souveraine ». Pris de panique, le gouvernement congolais fait intervenir les forces de sécurité. Elles ouvrent le feu sur les manifestants. Le bilan officiel fait état d’une vingtaine de morts, l’opposition – elle – évoque un bilan d’une centaine de victimes. Le maréchal cède.

    « Le président Mobutu s’est rendu compte à ce moment-là que l’Eglise était un adversaire redoutable, il ne voulait pas faire de l’Eglise un ennemi », se souvient le sénateur Mokonda Bonza. Mobutu Sese Seko nomme même, quelques mois après cette répression sanglante, son rival, l’opposant historique Etienne Tshisekedi, Premier ministre. Alors que la rébellion de Laurent-Désiré Kabila menace son régime, il acceptera en 1994 la « troisième voie » proposée par Laurent Monsengwo et désigne l’actuel président du Sénat, Kengo Wa Dondo, comme chef de son gouvernement. Aux yeux des Congolais, la première « marche des chrétiens » reste un tournant pour un régime qui n’en finira plus d’agoniser.

    L’opposant Christophe Lutundula se souvient du jour où, en 1996, le cardinal s’est vu démettre de la présidence du Haut conseil de la République, le parlement de transition, dont lui-même était deuxième vice-président : « Quand on a commencé à lui demander de partir, il souriait, il n’arrêtait pas de répéter qu’il n’y avait pas de solutions en dehors des résolutions de la Conférence nationale, comme il le fait aujourd’hui avec l’accord de la Saint-Sylvestre ». Le vice-président du G7 lui avait donné le nom de ceux qui avaient voté contre lui. Laurent Monsengwo serait resté très calme. Selon Christophe Lutundula, sa réaction la plus expressive s’est limitée à un « ah bon, celui-là aussi ».

    C’est Laurent Monsengwo, alors président de la Cenco, qui introduit la notion de « démocratisation » dans les discours de l’Eglise catholique, rappelle l’historien congolais Isidore Ndaywel, auteur de l’imposant ouvrage Histoire générale du Congo et l’un des initiateurs du nouveau comité laïc de coordination à Kinshasa. A travers les cardinaux Malula et Monsengwo, l’Eglise catholique, accusée d’avoir été l’un des piliers de la colonisation, menacée par la montée en puissance des Eglises du réveil, cherche à ancrer dans la société congolaise l’image d’une Eglise qui défend les véritables aspirations du peuple.

    « Laurent Monsengwo est l’un des tous premiers africains à avoir choisi l’exégèse comme sujet d’étude », note l’historien Isidore Ndaywel qui a co-édité un livre sur les 25 ans de son épiscopat. Le choix de l’exégèse biblique, recherche ô combien difficile et sensible autour du texte sacré, a permis à ce jeune congolais issu d’un petit village de la province du Bandundu d’être remarqué très tôt alors qu’il faisait ses études à Rome. Cette discipline nécessite la maîtrise des langues bibliques, l’hébreu, l’araméen et le grec. « L’érudit » Monsengwo aurait « une très grande facilité à apprendre les langues », il en parlerait plus d’une quinzaine si l’on en croit ses collègues professeurs.

    C’est aussi, et en partie, à Laurent Monsengwo que l’on doit la reconnaissance par le Saint-Siège du « rite zaïrois » qui insiste sur la participation active de l’assemblée au cours de la messe, permet une « procession en cadence », pas une danse, précisera Benoit XVI. Quelques mois avant sa mort, le cardinal Joseph-Albert Malula envoie son disciple, familier du Vatican, négocier cette adaptation du rite liturgique romain, perçue comme nécessaire à la survie de l’Eglise catholique sur le continent africain. Laurent Monsengwo devra pourtant attendre plus de vingt ans pour devenir cardinal à son tour.

    En 2010, Benoit XVI lui octroie le titre de cardinal-prêtre de Santa Maria « Regina Pacis » in Ostia mare. En 2013, François fait de lui l’un de ses neufs conseillers pour l’une des réformes les plus ambitieuses de l’administration du Saint-Siège, mais qui suscite des résistances : la réforme de la curie romaine. « Qu’on aime ou qu’on déteste le cardinal Monsengwo, il est stratège, il sait où il va, sinon il ne serait jamais devenu cardinal », note l’ancien directeur de cabinet du président Mobutu, Mokonda Bonza, ajoutant : « C’est même la crème de l’Eglise aujourd’hui ».

    « Kinshasa, lève-toi »

    Silence, le cardinal compose sur l’orgue dans sa chambre, dit-on. Le morceau « Kinshasa, telema o ngenge na mwinda mwa Kristu », littéralement : « Kinshasa, lève-toi et resplendis de la lumière du Christ », est souvent joué lors des messes où Laurent Monsengwo officie. « Il est très florentin », commente un officiel congolais qui dit l’avoir souvent côtoyé. « Il aime l’exercice du pouvoir sous toutes ses formes, il est capable d’être machiavélique comme il l’est aujourd’hui ». A l’adjectif « têtu », cet officiel ajoute une ribambelle d’autres : sibyllin, très méthodique, retord, rancunier… Le mélomane de l’archidiocèse de Kinshasa a toujours inquiété les autorités congolaises. « On tablait sur les divisions au sein de l’Eglise catholique, mais il a complétement renversé la vapeur », reconnaît cet officiel.

    En décembre 2015, les « évêques de l’est » partent rejoindre le pape François en Ouganda pour son premier voyage sur le continent. Les « évêques de l’ouest » en ont profité pour menacer Joseph Kabila – déjà soupçonné de vouloir s’accrocher au pouvoir – d’une « marche des chrétiens ». Le pape François aurait, dit-on, tapé du poing sur la table. La décision n’aurait pas été assez démocratique à son goût et le risque trop grand de voir couler le sang des chrétiens. A Kinshasa, à l’époque, un religieux s’emporte : « on ne peut pas laisser la Conférence épiscopale être noyautée par le G7 ». L’accusation fait sans doute référence à la proximité entre Laurent Monsengwo et plusieurs personnalités de cette plateforme dissidente de la majorité, passée à l’opposition. Ces liens avec le président et le vice-président du G7, Pierre Lumbi et Christophe Lutundula, remontent à l’époque de la Conférence nationale. Mais l’opposant Christophe Lutundula dément : « Le cardinal n’était ni pour le président Mobutu, ni pour Etienne Tshisekedi à l’époque. Il n’a pas non plus de biais politique aujourd’hui ».

    Deux ans après la visite du pape François en Ouganda, le cardinal Monsengwo semble bel et bien « renverser la vapeur ». Un comité laïc de coordination a été mis sur pied dans l’archidiocèse de Kinshasa. A l’image des mouvements laïcs de 1992, cette association formée par des intellectuels proches de l’Eglise catholique cherche à travers des prières et des marches à arracher l’application de l’accord politique de la Saint-Sylvestre signé sous l’égide de l’Eglise catholique et notamment l’ouverture de l’espace politique au Congo, avant des élections promises pour la fin de l’année.

    Ce sont cette fois les « évêques de l’est » qui sont accusés d’avoir entravé les marches du 31 décembre 2017, en décourageant les paroissiens de s’y rendre par des communiqués relayés dans les médias, comme à Goma, Bukavu ou Butembo. Même si la conférence épiscopale a démenti toute division dans le clergé congolais, de jeunes activistes sont allés frapper à la porte du Centre interdiocésain pour demander une enquête contre des prélats soupçonnés d’être « vendus au pouvoir ».

    Dans une lettre adressée aux archevêques et aux évêques du pays, l’émissaire du Vatican, Monseigneur Montemayor, a montré cette fois sans ambiguïté le soutien du souverain pontife au cardinal, à la Conférence épiscopale et au comité laïc de coordination. Ce dernier se voit même octroyer un statut d’association de droit canonique par Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa, à défaut de pouvoir espérer obtenir l’agrément du gouvernement.

    « Que les médiocres dégagent »

    Après la répression des marches du 31 décembre 2017, les paroissiens tués, les gaz lacrymogènes lancés dans les Eglises, le cardinal Monsengwo ira plus loin qu’il n’est jamais allé avec le maréchal Mobutu ou l’opposant historique, Etienne Tshisekedi. Il n’a jamais demandé le départ des uns ou des autres, il ne les aimait pas. « Il n’aime pas les politiciens », répètent ses proches. « Que les médiocres dégagent », lâche Laurent Monsengwo lors de sa conférence de presse le 2 janvier 2017. Face aux voix de la majorité qui protestent, accusant le cardinal d’être devenu « l’opposant numéro 1 », le secrétaire général de la Conférence épiscopale, l’abbé Nshole justifie : « Médiocre, ce n’est pas une insulte, c’est une évaluation ». L’expression sans ménagement ne surprend pas Isidore Ndaywel, l’historien du comité laïc, même s’il l’attribue à une forme d’exaspération : « Le cardinal utilise des mots très forts, parfois des phrases assassines, même sur le plan religieux ».

    Pour le sénateur Mokonda Bonza, « le cardinal n’a fait que dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. C’est ça qui a fait mal au régime. » La majorité présidentielle qualifie les propos de Laurent Monsengwo d’« injustes et injurieux ». Le gouvernement évoque « quelques tentatives subversives initiées notamment par un membre de la hiérarchie du clergé de l’Eglise catholique de la ville de Kinshasa » et accuse la Conférence épiscopale de s’inscrire « dans un schéma anticonstitutionnel de violence, de désordre, de perturbation du processus électoral », une démarche « compromettant gravement les intérêts nationaux ». Son porte-parole, Lambert Mendé ira jusqu’à qualifier l’archevêque de Kinshasa « d’apôtre de l’insulte ».

    « Dans le gouvernement, il y en a qui sont persuadés que Monsengwo veut le pouvoir. S’il n’était pas cardinal, il aurait été arrêté », commente un officiel interrogé par RFI, ajoutant : « Il n’est pas l’opposant numéro 1, le pire, c’est qu’il est devenu le symbole de la résistance ». Les proches de l’archevêque de Kinshasa s’inquiètent pour sa sécurité, certains évoquent des messages de menaces à peine voilées. Le cardinal Monsengwo serait toujours protégé par un garde du corps. L’officiel sourit : « Monsengwo n’a pas peur, il vit dans la suspicion permanente. Il se méfie de ce qu’il mange et avec qui. En bon florentin, il a peur du poison. »

    Le 12 janvier 2017, malgré les critiques, le cardinal célèbre une messe à la mémoire des martyrs du 31 décembre. La cathédrale est archi-comble et dans le public de fidèles, à son apparition, des « Mandela  » fusent. Aux premiers rangs, ambassadeurs occidentaux et opposants congolais montrent leur soutien à l’archevêque de Kinshasa. Cette commémoration était annoncée par le comité laïc de coordination, qui avait demandé aux politiciens d’oublier les insignes de leur parti. Laurent Monsengwo ne prononce aucun mot à caractère politique. Sa parole reste rare, il laisse à d’autres le soin de porter les coups.

    Quelques coups de feu et tirs de gaz lacrymogène disperseront les partisans de l’opposition à la sortie. « La messe est plus importante que ce qui s’est passé après », estime Fidèle Babala du MLC, l’un des députés d’opposition présents. Cette « communion » du peuple avec son clergé et son Eglise serait une leçon pour eux, les politiques, les opposants qui peinent à mobiliser depuis un an et la mort de l’opposant historique, Etienne Tshisekedi. Rongée par les divisions internes, soupçonnée de ne s’intéresser qu’aux postes, l’opposition ne cache pas son soulagement à voir l’Eglise catholique défendre l’accord de la Saint-Sylvestre.

    Une réconciliation ratée ?

    Pourtant, en 2016, la présidence congolaise semblait plutôt satisfaite de l’amélioration de ses relations avec le Saint-Siège. Quelques mois avant la fin de son deuxième et dernier mandat, Joseph Kabila accepte de signer avec le Vatican un accord consacrant les propriétés de l’Eglise catholique au Congo. L’un des proches du pape, Monseigneur Montemayor vient d’être nommé ambassadeur du Saint-Siège dans le pays, c’était une de ses requêtes en souffrance depuis plus de dix ans, l’Eglise s’étant vue spoliée d’une partie de ses biens au fil des guerres et des ans.

    En septembre 2016, le président congolais est même reçu au Vatican par le pape François qui ne manque jamais de parler de la République démocratique du Congo dans ses homélies. Le souverain pontife suit de près la situation dans le plus grand pays chrétien d’Afrique, dit-on du côté de la nonciature, craignant qu’un chaos s’y installe et que prolifèrent des sectes religieuses ou autres groupes extrémistes. Le cœur de la chrétienté africaine fragilisé, c’est tout le continent qui serait menacé.

    Autre signe d’ouverture en septembre 2016, la Conférence épiscopale est appelée à participer à un premier dialogue sous l’égide de l’Union africaine censée régler la crise institutionnelle ouverte par l’annonce du report de la présidentielle. Les principales forces de l’opposition boycottent. C’est à la Cenco que le président Kabila fait appel pour faciliter l’ouverture d’un deuxième dialogue « plus inclusif ». Elle avait pourtant donné le cadre de ce qu’allait être l’accord : une transition d’un an, l’engagement du président Kabila à ne pas se représenter ou changer la constitution et l’ouverture de l’espace politique.

    Le 31 décembre 2016, les bases d’un accord politique global sont signées par les principales des forces politiques du pays. Le cardinal Monsengwo est resté silencieux durant les débats autour du désormais accord de la Saint-Sylvestre. C’est la Conférence épiscopale qui se prend les coups, de plus en plus accusée par la jeunesse des quartiers populaires de la capitale d’avoir permis au chef de l’Etat congolais, par ce second dialogue, de se maintenir au pouvoir en violation de la Constitution. Les discussions sur le partage effectif du pouvoir trainent en longueur et les principales forces de l’opposition dénoncent une violation de l’accord, quelques semaines après sa signature.

    L’engagement de l’Eglise catholique

    « Je pense que le pape a voulu laisser la chance à l’accord », estime l’officiel joint par RFI. Un autre dit soupçonner qu’il peut s’agir du fameux plan B de l’Eglise catholique et accuse Laurent Monsengwo d’avoir tout orchestré, de pousser le comité laïc de coordination et ses marches interdites par le régime. Pendant les interminables discussions au centre interdiocésain, la Conférence épiscopale avait souvent menacé les acteurs politiques récalcitrants d’un « plan B » sans plus de précisions. Les médias congolais imaginaient déjà le cardinal Monsengwo à la tête d’une transition « sans Kabila ».

    Pourtant, aucun de ceux qui l’ont réellement côtoyé ne lui prête d’ambition politique. « Ou peut-être juste la papauté », s’amuse même l’un d’eux. Un patron de presse n’hésite pas à le qualifier de « Desmond Tutu congolais ». L’ancien directeur de cabinet du président Mobutu voit dans la posture du cardinal, celle d’un homme qui veut parachever son œuvre au Congo. « C’est le changement qu’il cherche depuis Mobutu et qui n’arrive pas », médite Mokonda Bonza. L’opposant Christophe Lutundula voit dans la posture du cardinal et l’émergence d’un nouveau comité laïc de coordination « l’histoire se répéter ou du moins bégayer ». Même si la mobilisation n’est pas encore du niveau de celle de 1992, l’intention est là.

    Le cardinal Monsengwo n’est pas le seul à s’attirer les foudres du camp présidentiel. L’abbé de la paroisse Saint-Joseph, Vincent Tshomba, est poursuivi pour tapage nocturne. C’est l’un des doyens de l’Eglise catholique à Kinshasa. Il avait initié l’opération « cloches », cet appel lancé à tous les curés de la capitale de sonner les cloches tous les jeudis à 21h pour réclamer l’application de l’accord de la Saint-Sylvestre. Un parti réputé proche de la majorité présidentielle est à l’origine de la plainte. Le 31 décembre 2017, six personnes, dont quatre paroissiens et manifestants, ont été tuées, six prêtres et un séminariste arrêtés, une centaine d’églises encerclées, certaines envahies par les forces de sécurité, les messes interrompues, des tirs de gaz lacrymogènes dans les églises dans le seul archidiocèse de Kinshasa, selon un communiqué de la nonciature.

    Ce jour-là, le comité laïc de coordination avait appelé les paroissiens de la capitale à marcher pour réclamer l’ouverture de l’espace politique dans un pays, où toute manifestation perçue comme hostile au régime est interdite depuis un an, selon le secrétaire général de l’ONU. Pour l’opposant Christophe Lutundula, le cardinal Monsengwo ne pouvait que réagir « à des actes qui sont commis dans sa cour ». « Aujourd’hui, c’est lui, l’archevêque de Kinshasa », insiste le vice-président du G7. L’officiel interrogé par RFI doute que Laurent Monsengwo se laisse intimidé : « Plus le gouvernement va essayer de le ridiculiser, plus il va leur prouver qu’il est capable de faire mal ».

    L’indignation de Laurent Monsengwo à l’égard des autorités est approuvée par bien des prêtres de la capitale, fascinés par la forte personnalité de leur archevêque. « Le cardinal nous a toujours inspiré par son intelligence, son franc parler, son discours clair avec des mots bien choisis et puis sa notoriété », précise l’abbé Vincent Tshomba. Ce dernier n’a pas hésité à accueillir dans sa paroisse des réunions du comité laïc de coordination qui « répondait » à l’appel lancé par la Conférence épiscopale.

    L’engagement de l’Eglise catholique ne doit pas se résumer, selon l’abbé Tshomba, aux mots et aux actes posés par le cardinal : « Ce n’est pas le combat d’un seul homme, c’est tout le peuple qui doit s’engager. » Cet « engagement » du peuple est prôné par la Conférence épiscopale depuis juin 2016. Dans tous les diocèses à travers le pays, la Cenco avait lancé une campagne prônant l’engagement citoyen. A travers huit images, des « laïcs » enjoignaient les paroissiens à ne plus rester indifférent à la misère de leurs semblables, de s’enrôler pour les élections, à se méfier des querelles entre politiciens congolais obsédés par le fauteuil présidentiel. Mais la dernière image montrait des Congolais de tous âges dans les rues, revendiquant leurs droits. Un prêtre à leur côté.

    RFI

  • «Pays de merde» : la grossièreté de Donald Trump suscite un tollé

    «Pays de merde» : la grossièreté de Donald Trump suscite un tollé

    -Jeudi, le président des États-Unis aurait qualifié Haïti, le Salvador et plusieurs nations africaines de «pays de merde». Une déclaration démentie mais qui a déclenché une indignation mondiale.

    «Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici?» Selon des sources concordantes, Donald Trump, grand habitué des phrases choc, aurait franchi une nouvelle étape langagière jeudi, lors d’une réunion à la Maison-Blanche. Ces propos viseraient particulièrement plusieurs États africains ainsi que le Salvador et Haïti, le président estimant que les États-Unis devraient plutôt accueillir des ressortissants de la Norvège, dont il avait rencontré la première ministre la veille.

     

    Pourquoi ne pas se laisser surprendre par un peu de nouveauté pour cet hiver ?

    Le milliardaire républicain recevait dans le Bureau ovale plusieurs sénateurs, dont le républicain Lindsey Graham et le démocrate Richard Durbin, pour évoquer un projet bipartisan proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l’accès à la loterie pour la carte verte. En échange, l’accord permettrait d’éviter l’expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux États-Unis.

    Des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes»

    Les réactions n’ont pas tardé à pleuvoir. Après une longue réunion d’urgence, les 54 ambassadeurs du groupe africain à l’ONU ont exigé des excuses et une «rétractation», condamnant des «remarques scandaleuses, racistes et xénophobes». Ils se sont déclarés préoccupés par la tendance «grandissante» de l’administration Trump «à dénigrer le continent et les gens de couleur». Le Sénégal et le Bostwana ont par ailleurs convoqué chacun l’ambassadeur américain. L’ONU a qualifié ces remarques de «choquantes et honteuses» et l’Union africaine de «blessantes» et «dérangeantes».

    Le gouvernement haïtien a dénoncé des propos «odieux et abjects» qui, s’ils étaient avérés, seraient à tous égards «inacceptables car ils refléteraient une vision simpliste et raciste». Le ministre cubain des Affaires étrangères a condamné «fermement» ces déclarations «racistes, dénigrantes, grossières, pleines de haine et de mépris», qui suscitent selon lui «l’indignation du peuple cubain». Au Venezuela, le président Nicolas Maduro a appelé à la solidarité avec les nations «agressées» par Donald Trump. La Russie a jugé les propos du président américain «extrêmement négatifs».

    «Trump, président de merde»

    «#Trumppresidentdemerde». Ce matin, tout en sobriété, l’ancien ministre et actuel président de l’Institut du monde arabe, Jack Lang, a traité Donald Trump de «président de merde» sur Twitter. «C’est un cri du cœur, un cri de révolte après ce qu’il a dit sur les Haïtiens. J’ai envie qu’on dise dans le monde entier: “président de merde“, comme un cri de ralliement contre ce personnage humiliant et offensant», a insisté Jack Lang auprès de l’AFP.

    Aux États-Unis, l’ancien directeur du FBI James Comey a écrit sur Twitter: «La grandeur de ce pays et son génie viennent de sa diversité». Chelsea Clinton a rappelé que certains «immigrants du Salavdor, d’Haïti et d’Afrique ont aidé à construire notre pays». Mêmes échos chez son père, l’ancien président Bill Clinton, qui a souligné «les immenses contributions des immigrants d’Haïti et d’autres nations à l’Amérique», appelant au «respect et à la gratitude» pour «eux et leurs pays d’origine».

    «Enfin un président qui dit ce que nous pensons tous!»

    Parmi l’océan de critiques, certaines personnalités américaines ont félicité leur chef d’État. «Enfin un président qui dit ce que nous pensons tous!», a salué Marco Gutierrez, créateur du mouvement «Latinos for Trump». La blogueuse conservatrice Stacy Rush a estimé que ces critiques empêchaient les États-Unis de traiter les problèmes de fond. «Il est lamentable que notre pays, et notamment la presse généraliste, perde du temps sur le mot #shithole alors que nous avons de vrais problèmes qui doivent être traités», écrit-elle.

    Sans démentir le fond de ses propos, le président américain a déclaré vendredi qu’il n’avait pas utilisé l’expression «pays de merde». «Le langage que j’ai utilisé pendant la réunion était rude, mais ce ne sont pas les mots utilisés», a écrit Donald Trump sur Twitter, avant d’assurer dans un deuxième message qu’il n’avait «jamais dit quoi que ce soit de péjoratif sur les Haïtiens à part que Haïti est évidemment pays un pays très pauvre et sujet aux troubles. (…) J’ai une relation merveilleuse avec les Haïtiens».

    La Maison-Blanche a souligné que le chef d’État se battrait «toujours pour le peuple américain». «Comme d’autres nations ayant une immigration fondée sur le mérite, le président Trump se bat pour des solutions durables qui renforcent notre pays en accueillant ceux qui contribuent à notre société, font croître notre économie et s’assimilent à notre grande nation», a insisté un porte-parole de l’exécutif, Raj Shah, dans un communiqué.


    Lost in translation

    «Pays de merde», «pays de chiottes», «merdiers, «trous à rats», «trous paumés»… L’expression «shithole countries» n’a pas toujours été traduite de la même façon partout dans le monde, comme le souligne l’Agence France-Presse.

    » LIRE AUSSI – FLORILÈGE – Comment les médias ont traduit les «pays de merde» de Trump

    Si la presse francophone et espagnole s’est accordée sur «pays de merde», les médias grecs ont préféré «pays de chiotte» et les allemands «trous à rats» Le journal syndical russe Troud a choisi «trous à merde» et le Corriere della Sera italien utilise le terme «merdiers».

    Chine et Pays-Bas ont préféré éviter la grossièreté et parlent respectivement de «mauvais pays» et d’«arriérés». La palme de l’originalité revient à la presse serbe – qui évoque «l’endroit où les loups copulent» – et à l’agence taïwanaise CNA – qui cite «des pays où les oiseaux ne pondent pas d’œufs».

    Avec Le Figaro