-Le président américain a signé vendredi dans le Bureau ovale la loi sur la réforme fiscale, la promulguant ainsi le texte adopté la veille par les deux chambres du parlement des Etats-Unis réunies.
Donald Trump a signé la loi dans le Bureau ovale, devant les photographes, avant de partir en vacances dans son club privé de Mar-a-Lago, en Floride.
“Nous voulions attendre jusqu’au 7 ou 8 janvier pour une cérémonie formelle, mais toutes les télévisions se demandaient si j’allais tenir ma promesse et promulguer la loi avant Noël, donc j’ai tout de suite demandé qu’on la prépare”, a-t-il déclaré, assis derrière son bureau.
“Une famille moyenne de quatre gagnant 75.000 dollars verra son impôt baisser de plus de 2.000 dollars”, a-t-il ajouté. “Ils commenceront à le voir en février.”
La loi promulguée s’appliquera dès 2018.
Le Congrès, à majorité républicaine, a définitivement adopté la loi mercredi.
“La plus grande réforme de la fiscalité depuis une génération est désormais inscrite dans la loi”, s’est félicité le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, dans un communiqué. “Comme promis, les Américains commenceront l’année avec un nouveau code des impôts.”
Le président américain a également promulgué un texte distinct de financement temporaire de l’Etat fédéral, jusqu’au 19 janvier, et qui a permis d’éviter une fermeture des administrations fédérales vendredi soir à minuit.
Ce texte inclut aussi plus de quatre milliards de dollars pour l’achat de missiles et la construction d’une nouvelle base de missiles en Alaska.
L’homme d’affaires israélo-congolais Dan Dertler, proche du président hors mandat Joseph Kabila, est la cible de sanctions américaines pour son rôle en République démocratique du Congo (RDC), où il est à la tête de nombreuses entreprises et passe pour avoir été favorisé par le régime. Est également visé le Belge Pieter Deboutte, lié aux activités de Gertler au Congo.
Le Département du Trésor des Etats-Unis a annoncé jeudi des sanctions contre 15 personnes dans le monde, parmi lesquelles on note en particulier la présence de l’Israélo-Congolais Dan Gertler. L’homme d’affaires, proche du président hors mandat Joseph Kabila, dispose en effet de deux passeports israéliens, selon le site du gouvernement américain annonçant les sanctions, ainsi que du passeport congolais DB0009084, émis le 28 mai 2015 et expirant le 27 mai 2020, bien que l’article 10 de la Constitution congolaise interdise de posséder une autre nationalité que la congolaise: celle-ci est « une et exclusive ».
18 de ses sociétés sont visées aussi
Outre la personne de Dan Gertler, 44 ans, 18 de ses sociétés sont visées par les sanctions: Africa Horizons Investment Ltd, Caprikat and Foxwhelp sarl, Caprikat Ltd, Dan Gertler Diamonds Investments Ltd, DGI Israel Ltd, GDI Mining Ltd, Emaxon Finance International Inc, Fleurette Holdings Netherlands BV, Fleurette Properties Ltd, Foxwhelp Ltd, Gertler Family Foundation (Fondation Famille Gertler), International Diamonds Industries, Jarvis Congo sarl, Lora Enterprises Ltd, Oil of DRCongo sprl, Orama Properties Ltd, Rozaro Development Ltd et Zuppa Holdings Ltd.
Est également visé par cette volée de sanctions le Belge Pieter Albert Deboutte, 51 ans, de Roeselare, lié aux activités de Gertler au Congo.
Le decret présidentiel ordonnant les sanctions a été signé par le président Donald Trump le 20 décembre et « bloque les propriétés de personnes impliquées dans de graves violations des droits de l’homme et de la corruption ». Il découle du Global Magnitsky Act, adopté en décembre 2016, dont c’est la première application, selon l’ONG Enough Project.
Celle-ci précise que cette loi permet aux autorités américaines d’imposer des sanctions « à des responsables publics dans le monde qui détournent des avoirs de l’Etat, ainsi que ceux qui attaquent des journalistes et des défenseurs des droits de l’homme ». En outre, la loi prévoit que « les institutions financières américaines ne peuvent participer à l’appui des gens qui profitent de ces atrocités ».
-Les 45 millions de Congolais recensés en 2017 choisiront-ils leur nouveau président, leurs députés et leurs élus provinciaux en “une seule séquence” le 23 décembre 2018 ? VOA Afrique fait le point
Dans un an les élections en République démocratique du Congo… normalement : le compte à rebours commence officiellement samedi pour des scrutins qui doivent sonner l’heure du départ déjà retardé du président Joseph Kabila.
Aux affaires depuis 2001, le président Kabila, 46 ans, laissera-t-il le pouvoir à un successeur élu début 2019, après avoir prolongé de fait de plus de deux ans son deuxième et dernier mandat constitutionnel qui a pris fin le le 20 décembre 2016 ?
Les obstacles sont à la mesure d’un pays-continent de 2,3 millions de km2 qui n’a jamais connu de transition pacifique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique le 30 juin 1960, et dont les richesses minières (cuivre, cobalt, coltan, or, diamant…) suscitent toutes les convoitises.
Des élections devaient déjà avoir lieu au plus tard en ce mois de décembre 2017, d’après l’accord pouvoir-majorité de la Saint-Sylvestre 2016. Elles ont été reportées, officiellement en raison des violences au Kasai, dans le centre de la RDC.
Le processus électoral commence en terrain plus que miné. La RDC est une des priorités humanitaires des Nations unies dans le monde en 2018, avec quatre millions de déplacés internes et des centaines de milliers d’enfants en danger au Kasai, d’après les alertes des agences humanitaires.
Plus précisément, la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) recense toujours chaque mois des centaines de meurtres, viols…, oeuvre des milices ou des forces de sécurité (701 violations des droits en novembre, 704 en octobre 2017, contre 644 en septembre et 441 en août…).
La publication d’un calendrier électoral le 5 novembre, sous pression américaine, n’a pas détendu la situation politique.
Sans réponse jusqu’à présent, l’épiscopat congolais, qui a servi de médiateur pour l’accord de la Saint Sylvestre, a demandé au président Kabila de déclarer publiquement qu’il ne serait pas candidat à sa propre succession.
Les autorités interdisent et dispersent toute manifestation du Rassemblement de l’opposition, qui demande le départ de M. Kabila dès la fin de l’année. “Ils (ndlr: les opposants) veulent le pouvoir sans élection”, accuse une source sécuritaire.
Un “Comité laïc” annonce encore des marches pour le dimanche 31 décembre sur des mots d’ordre très généraux -“libérer l’avenir”, “sauver le Congo”.
Très formellement, les autorités sont déjà en retard sur le calendrier présenté par la commission électorale le 5 novembre.
Le président Kabila n’a en effet pas promulgué comme prévu le 15 décembre la réforme électorale adoptée dans la douleur et la polémique par le Parlement dans la nuit du 15 au 16 décembre.
Après la réforme électorale, commence la bataille du financement des élections entre Kinshasa et ses “partenaires” internationaux dont l’Union européenne, qui conditionne son aide au rétablissement des libertés et du droit de manifester.
Des “ultimatums surannés” pour le porte-parole du gouvernement Lambert Mende qui a confirmé jeudi que le gouvernement prévoyait 500 millions de dollars -10% du budget de 2018 – pour les élections, avec notamment l’achat de “machines à voter”, nouvelle source de polémique.
“L’élection aura lieu, même sans appui. Quand on organise les élections en Irlande, qu’est-ce que donne la Côte d’Ivoire?”, ironise devant l’AFP un très proche du président.
Les “partenaires” étrangers de la RDC semblent jouer un double-jeu avec M. Kabila, le président “hors mandat” comme l’appelle la presse belge.
D’un côté, les politesses diplomatiques: Bruxelles, Paris et Washington demandent le respect du calendrier électoral, promettent leur aide moyennant le respect des libertés fondamentales.
Un haut cadre de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, a aussi réaffirmé la disponibilité des Nations unies “à travailler en appui à ce processus” électoral en rencontrant dimanche le président.
De l’autre, les pressions et les sanctions. L’Union européenne vient de prolonger le gel des avoirs et l’interdiction de voyager à l’encontre de 16 de personnalités congolaises dont le porte-parole du gouvernement, le ministre de l’Intérieur, le patron des renseignements.
Les Etats-Unis ont aussi annoncé jeudi des sanctions contre un homme d’affaires israélien, proche du président Kabila, Dan Gertler.
Accusé d’avoir fait perdre à l’Etat 1,3 milliard de dollars dans la vente d’actifs miniers congolais, M. Gertler a été sanctionné au nom d’une nouvelle loi qui vise “des individus qui bafouent les droits de l’homme, des cleptocrates et des acteurs corrompus”.
-L’armée ougandaise (UPDF) a annoncé avoir lancé vendredi des attaques contre des camps, dans l’est de la RDC, de rebelles ougandais musulmans du groupe Allied Defence Forces (ADF) accusés d’avoir tué 14 casques bleus début décembre dans cette région.
Les ADF “prévoyaient de mener des actions hostiles contre l’Ouganda”, a expliqué l’UPDF dans un communiqué, disant se baser sur des “informations partagées entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo (RDC)”.
“Par mesure préventive, l’UPDF a cet après-midi (vendredi) conduit des attaques contre leurs camps dans l’est de la RDC”, a ajouté l’armée ougandaise.
Dans la nuit du 7 au 8 décembre, 14 Casques bleus tanzaniens avaient été tués dans un raid contre leur base de Semuliki, dans la province du Nord-Kivu en RDC, non loin de la frontière avec l’Ouganda.
Il s’agissait de l’attaque la plus meurtrière contre une force onusienne dans le monde depuis 24 ans.
Elle a été attribuée aux ADF, un groupe présent dans l’est de la RDC depuis 1995, qui lutte contre le régime du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 31 ans en Ouganda.
Créées pour défendre les droits de musulmans s’estimant bafoués par l’homme fort de Kampala, les ADF avaient été progressivement repoussées vers l’Ouest par l’armée ougandaise, jusqu’à s’installer en RDC.
Les autorités congolaises et la Mission des Nations unies en RDC (Monusco) accusent les ADF d’avoir tué plus de 700 civils depuis octobre 2014 dans la région de Beni et ses environs, dans le nord du Nord-Kivu.
Les autorités ougandaises, puis de RDC, ont tenté de lier les ADF – coutumières d’une violence aveugle – à l’internationale jihadiste, mais aucun expert travaillant sur la RDC n’a réussi à établir un tel lien.
Les ADF sont l’un des nombreux groupes armés actifs dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, les deux provinces orientales de la RDC frontalières de quatre pays (Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie) et de trois grands lacs (Édouard, Kivu et Tanganyika).
-L’UDPS et sa dissidence sous la direction de Bruno Tshibala sont à couteaux tirés au niveau de la commune de Matete au sujet des statuts du parti. Dans une interview accordée ce mercredi 20 décembre à ACTUALITE.CD, Peter Kazadi, Conseiller juridique de l’UDPS Tshisekedi, accuse la dissidence de vouloir légaliser de faux statuts au niveau de la commune de Matete pour permettre au groupe emmené par Bruno Tshibala de récupérer notamment le siège du parti à la 12ème rue Limete.
Le parti a-t-il saisi la cour d’appel de Matete contre la dissidence de l’UDPS initiée par Tshibala?
Non, nous n’avons pas saisi la justice. Nous avons découvert que la bande de Bruno Tshibala a tenté de légaliser le statut qu’ils ont modifiés au nom de l’UDPS, reprenant les insignes de l’UDPS ainsi que l’adresse. Nous nous sommes levés, nous avons fait une opposition judiciaire au nom du secrétaire général du parti et les secrétaires généraux adjoints ont également écrit au notaire avec copie pour information au ministre de l’Intérieur, de la Justice ainsi qu’au gouverneur de la ville de Kinshasa pour les informer que Bruno Tshibala n’avait pas qualité de tenir un congrès au nom de l’UDPS et de légaliser ces actes illégaux. Aujourd’hui nous étions étonnés d’avoir été alertés que ces émissaires, notamment monsieur Ndinga, docteur Loseke et Mukala, qui sont allés se présenter au notaire comme des conseillers du Premier ministre et qu’ils voulaient amener le notaire qui du reste avait pris la décision de ne pas légaliser les statuts. Eux, ils sont allés user de trafic d’influence là-bas pour que le notaire se rende au cabinet du Premier ministre. Nous nous sommes opposés. J’étais sur place et j’ai fait appel aux responsables du parti, le président Félix m’a rejoint. Heureusement pour eux, ils ont pris la fuite puisque la population a été nombreuse.
C’était à la Cours d’appel de Matete ?
Non, au niveau de la commune de Matete dans le bureau du notaire.
Quelles sont les modifications qu’ils ont apportées dans les statuts ?
Ils ont créé le poste des trois vice-présidents, ce qui n’existe pas dans le parti. Ils ont remplacé notre convention démocratique en un conseil. Ils ont modifié un tas de choses. Je me suis même procuré un exemple de ce qu’ils sont en train de faire. Il s’agit là d’un autre parti politique qui n’a rien avoir avec l’UDPS, mais qui reprend les emblèmes de l’UDPS et même l’adresse de l’UDPS, ce à quoi nous nous opposons énergétiquement. Vous savez, même si Tshibala était encore membre du parti, il n’a pas qualité de convoquer un congrès extraordinaire. Ils ont convoqué ce congrès là non seulement pour procéder au vote de leur prétendu président, mais ils ont également modifié les statuts du parti. Or, nos statuts actuels prévoient qu’en cas du décès du président, on convoque un congrès extraordinaire avec un seul problème à l’ordre du jour celui du remplacement du président décédé. Ce qu’ils n’ont pas fait. Donc, ils sont dans l’illégalité la plus totale tant sur la forme que sur le fond.
Comment comptez-vous faire face à cela ?
Étienne Tshisekedi s’est battu pour l’instauration d’un Etat de droit. Nous pensons que le combat de Tshisekedi ne va pas passer inaperçu. Nous espérons que la justice doit être faite. On doit respecter les droits de l’UDPS à exister. Nous savons bien que la stratégie du pouvoir en place consiste à dédoubler les partis de l’opposition. l’UDPS, c’est un parti bâtit sur le sang de peuple congolais. Nous ne nous laisserons pas faire. Nous avons posé un acte juridique et nous attendons les réponses juridiques, non une réponse politique comme le fait Tshibala.
Les autres n’ont-ils pas droit de parler au nom de l’UDPS ?
S’ils ont besoin de créer leurs partis, ils n’ont qu’à le créer. Bruno Mavungu est parti, il a créé son parti. S’ils veulent aussi qu’ils en créent avec leurs propres dénominations.
Le siège de l’UDPS à la 12ème rue/Limete porte le nom de qui?
Le nom de l’UDPS.
UDPS en tant que personne morale ou c’est plutôt les individus tels que Félix Tshisekedi ?
Nous étions longtemps dans la parcelle de Mutanda et cela n’a pas empêché qu’on parle du siège de l’UDPS. Ici, le problème ne se pose pas en terme du propriétaire de l’immeuble. C’est ça l’adresse de l’UDPS. L’immeuble peut appartenir à une autre personne, ce qui compte c’est le siège de l’UDPS.
-L’appel à manifester mardi de l’opposition en République démocratique du Congo, rejeté par les autorités, a rencontré un écho très limité, avec par endroits quelques dizaines de personnes dispersées et des villes au ralenti.
L’opposition tentait de mobiliser une nouvelle fois contre le calendrier qui renvoie au 23 décembre 2018 les élections pour organiser le départ du président Joseph Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin il y a un an, le 20 décembre 2016.
Le Rassemblement de l’opposition conteste ce calendrier et demande une “transition sans Kabila” dès le 1er janvier 2018.
Le gouverneur de la capitale Kinshasa avait prévenu le principal parti du Rassemblement, l’UDPS, qu’il “ne saurait prendre acte” de son intention d’organiser une “marche pacifique”, parce “la commission électorale a déjà fixé l’opinion (nationale et internationale) sur la date de la tenue des élections”.
L’appel de l’opposition s’est traduit par un ralentissement de l’activité à Kinshasa, où la circulation était bien plus fluide que d’habitude.
Sans être massive, la présence policière était plus importante qu’un jour ordinaire, à l’image d’un camion de police à l’entrée de la rue menant vers la résidence du chef de l’opposition Félix Tshisekedi dans la commune de Limete.
A Lubumbashi (sud-est), les manifestants ont mis le feu au parquet prés le tribunal de paix de Lubumbashi.
Les activités sont paralysés en grande partie dans la commune.
A Bukavu (est), une dizaine de personnes qui tentaient de se regrouper ont fui par peur d’être arrêtées par des policiers du groupe mobile d’intervention. Une autre tentative de rassemblement aurait été dispersé à Mbuji Mayi (Kasai, centre), selon le site actualité.cd.
A Goma (est), la ville est quadrillée depuis lundi par les forces de l’ordre en raison d’une conférence des 26 gouverneurs provinciaux, en présence du président Kabila.
La précédente journée de mobilisation le 30 novembre s’était soldée par un mort, des dizaines de blessés et d’arrestations.
Des dizaines de personnes avaient été tuées en septembre 2016 et décembre 2016 à Kinshasa, lorsque des manifestants étaient descendus dans la rue pour demander le départ M. Kabila à la fin de son mandat le 20 décembre 2016.
Un accord majorité-opposition avait alors été trouvé sous l’égide de l’église catholique le 31 décembre 2016 prévoyant des élections au plus tard en décembre 2017.
La communauté internationale a pris acte du nouveau calendrier renvoyant les élections au 23 décembre 2018, sous plusieurs conditions, dont le respect du droit de réunion.
Les circonstances précises de la mort de quinze casques bleus tanzaniens tués de l’attaque contre la Monusco jeudi 7 décembre, dans cette zone de Beni, ne sont toujours pas déterminées. Il s’agit de la pire attaque contre des soldats de la paix de l’ONU dans l’histoire récente, selon António Guterres, secrétaire général de l’organisation. Trois casques bleus sont portés disparus et une cinquantaine d’autres ont été blessés. C’est une attaque qui a été manifestement préparée et organisée », déclare à RFI Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint en charge des opérations de maintien de la paix aux Nations unies.
Les Nations unies ont commencé leur enquête, essayant notamment d’interroger les survivants pour comprendre qui est responsable de cette attaque, aujourd’hui considérée comme un crime de guerre. Elle aura commencé aux environs de
17h30 et se serait prolongée plusieurs heures, sans que le quartier général de la Monusco ne puisse contacter les troupes tanzaniennes sur le terrain.
Qui sont les assaillants ?
« C’est une attaque qui a été manifestement préparée et organisée », déclare à RFI Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint en charge des opérations de maintien de la paix aux Nations unies. Le secrétaire général adjoint de l’ONU l’affirme : il s’agissait d’un groupe lourdement armé et l’attaque a été planifiée et coordonnée. Une source onusienne le complète : « ces gens ont tout utilisé, de la machette au lance-roquette, ils ont presque rasé le camp ». Jean-Pierre Lacroix dit « présumer » qu’il s’agit des ADF, le groupe rebelle islamiste ougandais qui sévit depuis plus de 20 ans dans la région, sans pouvoir le confirmer.
RFIComment les assaillants ont-ils pu entrer dans le camp pourtant bien protégé?
L’ONU a commencé à interroger les survivants samedi, mais rien n’a filtré. Ce qu’on sait, c’est que dans la demi-heure qui a suivi l’attaque, les Tanzaniens sont devenus injoignables, leurs moyens de communication vraisemblablement détruits. Ont-ils été ciblés dès le départ? Personne ne semble en mesure de le dire et personne ne sait ce qui s’est passé pendant le blackout out durant lequel la Monusco aurait perdu contact avec ses casques bleus, entre 18h30 / 19h00 et le petit matin de vendredi.
Pourquoi personne n’est venu plus vite au secours de ces casques bleus?
Une source onusienne évoque un poste militaire congolais de quelques hommes, situé à 500 mètres du camp. Les 5 victimes FARDC viendraient de là. Mais de source militaire congolaise, on assure que les FARDC ne sont pas intervenus. Même confusion côté onusien puisque plusieurs sources assurent que la «force onusienne» était prévenue de l’attaque dès le début, jeudi soir. Or le secrétaire général adjoint de l’ONU parle d’une réponse «dès que la mission a été informée». Or les secours, ces fameux hélicoptères d’attaque, n’ont décollé que le vendredi matin, soit plus de 12 heures après la coupure des communications avec le camp attaqué.
Le bilan de l’attaque
Côté bilan, toujours pas de nouvelles des trois casques bleus tanzaniens portés disparus. Les blessés ont, eux, été évacués vers Goma. Et le bilan est toujours contradictoire pour ce qui est des morts des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) qui seraient intervenues. L’ONU annonce cinq militaires congolais tués dans l’attaque intervenue jeudi 7 décembre. Le porte-parole de l’armée, à Beni donne un tout autre bilan, à savoir, un militaire blessé, un disparu et 72 assaillants tués.
Jean-Pierre Lacroix attendu en RDC
Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint en charge des opérations de maintien de la paix aux Nations unies (invité de RFI ce dimanche 10 décembre) est attendu en République démocratique du Congo en milieu de semaine, à Goma et probablement à Kinshasa. Par ailleurs, le représentant spécial adjoint David Gressly devait se rendre à Beni aujourd’hui, déplacement repoussé à cause du mauvais temps.
Les ratissages se poursuivent et les renforts continuent d’arriver, selon le porte-parole de l’ONU. Ces deux derniers mois, on le sait, les militaires congolais et les casques bleus ont été régulièrement pris pour cible. D’ailleurs, l’axe Mbau / frontière ougandaise, où se trouve le camp de la Monusco qui a été visé, s’est à nouveau vidé. « La route était fermée aux civils alors qu’il y a quelques mois encore, FARDC et Monusco avaient réussi à sécuriser une partie de la zone », a indiqué le porte-parole de l’armée congolaise dans la région.
-Au moins 14 soldats tanzaniens de l’ONU ont été tués et plus de 53 autres blessés, dont 4 grièvement, dans une attaque dans l’est de la RDC. Cinq soldats congolais ont aussi perdu la vie.
Selon la Monusco, “dans la soirée du 7 décembre, des éléments présumés de l’ADF ont mené une attaque contre une base opérationnelle de la MONUSCO à Semuliki, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu. Cela a abouti à des combats prolongés entre les éléments présumés des ADF et les forces de la MONUSCO et des FARDC. Les rapports initiaux indiquent que quatorze casques bleus de la MONUSCO et cinq soldats des FARDC ont été tués. 53 casques bleus supplémentaires de la MONUSCO ont été blessés dans cet incident.”
Maman Sidikou, représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC et Chef de la MONUSCO, “condamne avec la plus grande fermeté cette attaque meurtrière contre les soldats de la paix des Nations Unies et les FARDC. Les attaques contre ceux qui travaillent au service de la paix et de la stabilité en République démocratique du Congo sont lâches et constituent des violations graves. La MONUSCO prendra toutes les mesures nécessaires pour que les coupables soient tenus responsables et traduits en justice.”
BREAKING: Afghan official at the Interior Ministry says suicide bombing at Shiite mosque in Kabul has killed at least 30 people.
“Choqué par l’attaque odieuse contre la MONUSCO dans le Nord-Kivu en RDC hier soir (vendredi, NDLR), avec un grand nombre de Casques bleus de l’ONU tués et blessés. Nos pensées et prières vont aux familles et collègues de la MONUSCO. Des renforts sont sur place et les évacuations médicales par la Mission, en cours”, indique Jean-Pierre Lacroix, secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, sur son compte Twitter.
BREAKING: Afghan official at the Interior Ministry says suicide bombing at Shiite mosque in Kabul has killed at least 30 people.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guteres, s’est déclaré en colère et son écœurement face à cette attaque en RDC. Il “condamne cette attaque délibérée contre des casques bleus qui constitue un crime de guerre”, selon lui.
“C’est la pire attaque contre des Casques bleus de l’ONU dans l’histoire récente de l’Organisation”, a affirmé de son côté le porte-parole des Nations unies, Stéphane Dujarric, également sur Twitter.
Des combattants du M23 ont aidé Kabila à se maintenir au pouvoir
– Des officiers supérieurs des forces de sécurité en République démocratique du Congo ont mobilisé plus de 200 anciens combattants rebelles du M23 venant des pays voisins pour étouffer les manifestations contre le président Joseph Kabila en décembre 2016, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Kabila a depuis renforcé sa mainmise sur le pouvoir et a reporté les élections, ce qui suscite l’inquiétude de voir les manifestations prévues faire l’objet à nouveau de violences et de répression.
Le rapport de 78 pages intitulé « ‘Mission spéciale’ : Recrutement de rebelles du M23 pour réprimer les manifestations en République démocratique du Congo » décrit, preuves à l’appui, comment les forces de sécurité congolaises ainsi que des combattants du M23 recrutés en Ouganda et au Rwanda ont tué au moins 62 personnes et arrêté des centaines d’autres pendant les manifestations à travers le pays entre le 19 et le 22 décembre, lorsque Kabila a refusé de quitter ses fonctions à l’issue de ses deux mandats autorisés par la Constitution. Des combattants du M23 ont patrouillé dans les principales villes de la RD Congo, procédant à des arrestations ou tirant sur des manifestants ou toute autre personne semblant constituer une menace pour le président.
« Les opérations clandestines de recrutement de combattants appartenant à un groupe armé violent pour réprimer toute résistance montrent jusqu’où le président Joseph Kabila et sa coterie sont capables d’aller pour rester au pouvoir », a indiqué Ida Sawyer, directrice pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch et co-auteure du rapport. « Les autorités congolaises devraient mettre un terme au recours illégal à la force contre les manifestants et autoriser les activités politiques pacifiques des activistes et de l’opposition politique. »
Les conclusions du rapport s’appuient sur plus de 120 entretiens, y compris avec des victimes d’abus, des membres des familles des victimes, des témoins, des activistes locaux, neuf officiers des forces de sécurité congolaises, des responsables du gouvernement et de l’ONU, des diplomates ainsi que 21 combattants, commandants et leaders politiques du M23. Human Rights Watch a mené des recherches sur le terrain à Kinshasa, à Goma et à Lubumbashi en RD Congo, en Ouganda, au Rwanda et à Bruxelles, en Belgique, entre décembre 2016 et novembre 2017.
Entre octobre et début décembre 2016, alors que la pression publique sur Kabila s’intensifiait, des officiers supérieurs des forces de sécurité congolaises ont recruté des combattants du M23 dans des camps militaires et de réfugiés en Ouganda et au Rwanda voisins. De nombreux combattants y étaient basés depuis la défaite du groupe armé dans l’est de la RD Congo en novembre 2013.
Après avoir été transférés en RD Congo, les combattants du M23 ont été déployés dans la capitale, Kinshasa, ainsi qu’à Goma et à Lubumbashi. Les forces de sécurité leur ont donné des uniformes neufs et des armes et les ont intégrés dans la police, l’armée et la Garde républicaine, le détachement de la sécurité présidentielle. Des officiers de l’armée congolaise – dont bon nombre étaient issus de rébellions précédentes soutenues par le Rwanda et avaient ensuite été intégrés dans l’armée congolaise – se sont occupés d’eux, les ont bien payés et leur ont fourni un logement et de la nourriture. Pour protéger le président et étouffer les manifestations, les combattants du M23 ont reçu des ordres explicites d’utiliser la force létale, y compris « à bout portant » si nécessaire.
« De nombreux combattants du M23 ont été déployés pour faire la guerre à ceux qui voulaient menacer le maintien au pouvoir de Kabila », a raconté un combattant du M23 à Human Rights Watch. Un autre a expliqué : « Nous avons reçu l’ordre de tirer immédiatement à la moindre provocation des civils. »
Les officiers congolais ont renvoyé les combattants du M23 recrutés en Ouganda et au Rwanda à la fin du mois de décembre 2016 et au début du mois de janvier 2017. Beaucoup ont été à nouveau conduits en RD Congo entre mai et juillet et ont été envoyés à Kisangani dans le nord-est du pays, présumément pour préparer des « opérations spéciales » ou des « missions spéciales » afin de répondre à toute menace contre le maintien au pouvoir de Kabila.
Suite aux violences de décembre 2016 et face à la pression internationale croissante, la coalition de Kabila au pouvoir a conclu, le 31 décembre, un accord de partage du pouvoir avec la principale coalition d’opposition sous la médiation de l’Église catholique. L’accord dit de la Saint-Sylvestre appelait à la tenue d’élections présidentielles avant la fin décembre 2017 et incluait l’engagement clair que Kabila ne briguerait pas un troisième mandat ou ne modifierait pas la Constitution. Cependant, la coalition au pouvoir en RD Congo n’a pas organisé d’élections ni mis en œuvre les mesures de décrispation prévues par l’accord.
Le 5 novembre, peu après que l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, s’est rendue en RD Congo et a appelé Kabila à organiser des élections d’ici la fin de l’année 2018, la commission électorale de RD Congo (CENI) a publié un calendrier électoral qui fixe la date du 23 décembre 2018 pour des élections présidentielles, législatives et provinciales, soit plus de deux ans après la fin des deux mandats de Kabila. La CENI a également cité de nombreuses « contraintes » financières, logistiques, légales, politiques et sécuritaires qui pourraient avoir un impact sur le calendrier.
L’opposition politique et des groupes de la société civile ont dénoncé ce calendrier comme étant, simplement, une nouvelle manœuvre dilatoire afin d’étendre la présidence de Kabila de manière inconstitutionnelle. Ils ont appelé au retrait de Kabila avant la fin de l’année 2017 et à l’organisation d’une transition sans Kabila. Celle-ci devrait être menée par des personnes qui ne pourraient pas être candidats aux futures élections, ont-ils indiqué, et devrait avoir pour objectif principal d’organiser des élections crédibles, de restaurer l’ordre constitutionnel et de permettre un nouveau système de gouvernance où les droits fondamentaux soient respectés.
« Le refus de Kabila de quitter ses fonctions comme l’exige la Constitution a plongé la RD Congo dans une crise politique, économique et des droits humains, qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la région », a conclu Ida Sawyer. « Pour éviter que la situation déjà explosive ne dégénère, les partenaires régionaux et internationaux de la RD Congo devraient faire pression sur Kabila pour qu’il se retire afin de permettre l’organisation d’élections pacifiques et crédibles. »
-Apres deux reports de l’election presidentielle, l’opposition congolaise en appelle a la rue pour faire partir Joseph Kabila. Mais la repression policiere et l’inconstance des opposants decouragent pour l’instant les Congolais. Explications.
La grande marche de l’opposition pour réclamer le départ de Joseph Kabila du 30 novembre s’est finalement transformée… en journée ville morte, faute de troupes dans les rues. Depuis fin 2016 et les violentes manifestations pour l’absence d’élections pour remplacer président Joseph Kabila arrivé fin mandat, les manifestations de l’opposition sont systématiquement interdites et fortement réprimées par la police congolaise. La dernière mobilisation du 30 novembre n’a pas échappé à la règle. Annoncée comme une grande marche pour exiger que Joseph Kabila quitte le pouvoir, la mobilisation a tourné court pour se terminer en une timide journée ville morte. Une stratégie bien peu efficace pour qui veut faire partir un chef d’Etat qui s’accroche à son fauteuil.
Que manque-t-il à l’opposition pour réussir à mobiliser la rue ? La violente répression policière qui s’abat à chaque appel à manifester constitue sans aucun doute la première raison de la faible mobilisation populaire. En janvier 2015, la forte mobilisation contre la loi électorale qui repoussait la tenue de la présidentielle s’était soldée par un bilan « d’au moins 50 morts » selon les ONG internationales. Idem pour les manifestations de fin 2016. La répression policière massive avait également fait une cinquantaine de victimes et plusieurs centaines de blessés. Depuis, les manifestants se font plus rares dans les rues à chaque appel de l’opposition, mais les arrestations continuent de se multiplier. Au moins 186 personnes ont été arrêtées le 30 novembre selon le Bureau Conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH).
Réitérerlamobilisationde2015
Particularité cette fois-ci, les forces de sécurité ont ciblé de nombreux leaders de l’opposition. Jean-Marc Kabund, le secrétaire général de l’UDPS, et Martin Fayulu, du Rassemblement, ont été interpelés alors qu’ils tentaient de rejoindre la marche. Tout comme Aimé Nzuzi, secrétaire général adjoint de la Démocratie chrétienne et le député Olivier Endundo. Le reste des arrestations ont concerné des militants de partis politiques d’opposition, mais surtout des sympathisants de mouvements citoyens comme la Lucha, très actifs à chaque mobilisation. Mais la population apparaît dans sa grande majorité lassée par une crise politique sans fin, à l’issue incertaine.
L’opposition sait bien qu’il faudra du temps pour enclencher un nouveau cycle de la contestation, comme celui de 2015. A l’époque, plusieurs marches et journées ville morte avortées avaient précédé les trois jours de forte mobilisation populaire qui avaient fini par faire plier le pouvoir. Une montée en puissance nécessaire pour avoir le temps de sensibiliser la population aux risques que faisaient courir la nouvelle loi électorale sur la tenue des élections. Deux ans plus tard, la situation a peu évolué en République démocratique du Congo : les élections ont été reportées par deux fois, et l’impasse politique est total. Le pouvoir tente à nouveau de reculer les échéances grâce à une loi électorale qui prévoit un « seuil de représentativité » qui verrouille l’hégémonie du parti présidentiel, et une nouvelle « machine à voter » électronique, que l’opposition appelle déjà la « machine à tricher ». Pourtant, l’opposition peine cette fois-ci à mobiliser. Pour quelles raisons ?
Despoliticienstrèsvolatiles
L’inconsistance et l’inconstance politique des opposants à Joseph Kabila participent grandement au sentiment de défiance des Congolais vis à vis du personnel politique d’opposition. De nombreux leaders de l’opposition viennent en effet des rangs de la majorité présidentielle, qu’ils ont quitté, non pas sur des désaccords politiques avec Joseph Kabila, mais parce qu’ils jugeaient que le président congolais ne leur laissait pas assez d’espace. Ce fut le cas de Vital Kamerhe, puis de Moïse Katumbi, mais aussi d’Olivier Kamitatu ou de Pierre Lumbi, qui n’ont jamais critiqué la répression politique ou la corruption lorsqu’ils étaient dans la majorité. Dans le sens inverse, un certain nombre d’opposants ont rejoint le pouvoir, en acceptant des portefeuilles ministériels. Oubliant d’un coup de baguette magique, les critiques qu’ils proféraient à l’encontre de Joseph Kabila. Et la liste est longue. Citons les derniers en date, comme Samy Badibanga et Bruno Tshibala qui ont accepté le poste de Premier ministre contre la volonté de leur propre formation politique, l’UDPS.
Qui croire ? A qui faire confiance ? Léon Engulu, philosophe et ancien coordonnateur adjoint du Mécanisme National de Suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, résume assez bien sur son compte Twitter la grande confusion qui règne dans la classe politique congolaise : « Où donner de la tête? Les opposants avec qui je débattais sur les plateaux télé sont aujourd’hui dans la Majorité, archi-convaincus. Ceux qui m’applaudissaient de cette Majorité sont dans l’opposition, hyper-convertis. Virevolte et volte face, voilà les politiciens congolais ! ».
Enattendantle19décembre2017
Pour l’heure, aucun leader n’émerge clairement dans la galaxie des opposants. Moïse Katumbi, le plus en vue, est en exil forcé en Europe, harcelé par la justice congolaise depuis qu’il s’est déclaré candidat à la succession de Joseph Kabila. Son réel poids politique est incertain et bon nombre d’observateurs confondent l’engouement populaire pour le patron de l’équipe de foot et l’adhésion à un projet politique. Quant à Félix Tshisekedi, allié de circonstance à Moïse Katumbi, il peine à s’imposer sur la scène politique. Peu charismatique, le fils de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, a raté son entrée en piste lors de deux manifestations qu’il avait lui-même organisé. Le patron du Rassemblement était« absent » de Kinshasa le jour de la grande mobilisation du 10 avril 2017, et il a manqué le départ de la marche du 30 novembre 2017, attendant en vain les militants qui devaient venir le chercher à son domicile… et qui ne sont jamais arrivés.
Pour l’instant, force est de constater que l’opposition n’arrive pas à cristalliser la colère des Congolais. De part une répression féroce, mais aussi à cause d’un manque de leadership et de confiance au sein de l’opposition. Pourtant, la colère et bien là et les atermoiements sans fin de Joseph Kabila pour retarder les échéances électorales, ont fini par lasser tout le monde, y compris dans son propre camp. L’opposition n’a d’autre choix que de retenter sa chance dans la rue. Joseph Kabila Kabila n’est visiblement pas décidé à partir et la communauté internationale ne semble pas disposée à le chasser de force. Au sein de l’opposition, nombreuses sont les critiques sur le manque de stratégie et de coordination des principaux leaders. Beaucoup se tournent vers le Togo, où la répression policière est forte, l’opposition divisée, mais où le peuple manifeste régulièrement et massivement dans les rues pour faire pression sur Faure Gnassingbé. L’opposition congolaise a d’ors et déjà pris rendez-vous une nouvelle fois avec les Congolais dans la rue. Ce sera le 19 décembre prochain pour une « marche de sommation ». En espérant que cette fois-ci… ce sera la bonne.