Author: Don Kayembe

  • Kabete Katoto et Tribert Rujugiro:Les financiers du rebelle Nkunda

    Kabete Katoto et Tribert Rujugiro:Les financiers du rebelle Nkunda

    katebe-Le rapport du groupe d’experts mandaté par le Conseil de sécurité des Nations unies pour vérifier l’application de la résolution 1533 du 12mars 2004, qui réaffirme la nécessité d’”empêcher la fourniture d’armes et de tout matériel ou assistance [] aux groupes armés opérant dans le Nord et le Sud Kivu“, outre qu’il dénonce le soutien du Rwanda au groupe rebelle de Laurent Nkunda (lire ci-dessous), met en cause deux personnalités, nommément citées, dont un Belgo-Congolais, dans son financement, a révélé samedi l’agence Belga. Or, Kabete Katoto, qui a un domicile près de Bruges, et Tribert Rujugiro, un Rwandais, ont en commun d’être des hommes d’affaires fortunés qui connaissent quelques ennuis avec la justice.

    Kabete Katoto, qui a la double nationalité belge et congolaise, n’est autre que le grand frère du très actif gouverneur de la province du Katanga, Moïse Katumbi (lire LLB du 18/03/2008). Kabete Katotbo, alias Raphaël Soriano, a bâti son succès sur des activités dans le secteur des pêcheries. Mais il connaîtrait aujourd’hui quelques déboires; il serait poursuivi par la justice britannique pour détournement de fonds publics (quelque 20millions de dollars) dans une affaire commerciale au préjudice de l’Etat zambien.

    Katebe Katoto a tâté de la politique après l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila, se déclarant alors candidat à la présidence. En 2003, il est un éphémère vice-Président du Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD), vitrine politique de la rébellion soutenue par le Rwanda. Bien qu’il se soit aussi, un temps, allié au parti d’opposition UDPS pour contester le pouvoir de Joseph Kabila, le journal “Le Potentiel” le dénonçait en janvier2006 comme un soutien financier de Laurent Nkunda et l’accusait, avec d’autres, de complot. “Des informations de plus en plus concordantes font état d’un complot planifié pour porter un coup dur au processus de transition” qui débuterait par “une imminente attaque contre la ville de Goma par des éléments fidèles à Nkunda“, affirmait alors le quotidien kinois.

    Par les épouses

    Les experts de l’Onu avancent notamment comme preuve du financement du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda un virement bancaire, au nom de l’épouse de M.Katoto, Nele Devriendt, depuis un établissement ING à la Banque commerciale du Rwanda, au nom de Elisabeth Uwasse, résidant à Gisenyi et qui n’est autre que l’épouse de Laurent Nkunda.

    Le ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht, réagissant à la publication du rapport, a affirmé que “la Belgique coopérerait pleinement avec le groupe d’experts pour mettre en évidence des ressortissants belges ou des entreprises (lire ci-contre) qui violeraient le régime des sanctions imposées par l’Onu”.

    La seconde personnalité épinglée pour le financement des rebelles congolais est Tribert Rujugiro. Et cette mise en cause-là illustre directement la collusion dénoncée entre le pouvoir rwandais et Laurent Nkunda. Tribert Rujugiro est lui aussi un homme d’affaires, rwandais, qui a prospéré dans l’industrie du tabac et dont les activités s’étendent désormais jusqu’en Afrique australe, Afrique de l’Est et de l’Ouest. Or, il était en 2005 l’un des douze commissaires du comité exécutif national du Front patriotique rwandais, le parti au pouvoir à Kigali, et est depuis mai2006, à la tête du “Rwanda Investment Group”, un groupe d’investisseurs du secteur privé, actif dans les domaines de l’énergie, la cimenterie et les services de haute valeur ajoutée. Interrogé par l’hebdomadaire “Jeune Afrique”, il affirmait récemment défendre l’idée d’” un patriotisme économique ” au bénéfice du Rwanda.

    Mais lui aussi ne semble pas avoir connu un parcours sans accrocs. Il a été arrêté le 13octobre dernier en Grande-Bretagne dans le cadre d’une enquête pour malversations en Afrique du Sud. Libéré trois jours plus tard, il serait tenu de rester au Royaume-Uni dans l’attente d’une extradition. Entre autres éléments avancés concernant les accointances entre Tribert Rujugiro et les rebelles congolais, le rapport de l’Onu cite des témoins qui ont affirmé qu’il a tenu plusieurs rencontres avec des leaders du CNDP, dont Laurent Nkunda, dans la ferme qu’il possède à Kilolirwe, dans le Masisi congolais. Dont il a, qui plus est, confié la gérance à un colonel rebelle, Innnocent Gahizi.

    Les experts de l’Onu ont mis la main sur un courriel daté de 6juin 2008 dans lequel ce dernier explique à Tribert Rujugiro qu’il dispose du matériel et des hommes et qu’il se prépare à faire mouvement vers la “ville”. Au mois d’août, les rebelles de Laurent Nkunda lançaient une offensive contre Goma, déclenchant la crise militaire, humanitaire et politique actuelle. Si tel est le message que le colonel du CNDP transmettait à l’homme d’affaires rwandais, cela en dit long sur la proximité entre Kigali et Laurent Nkunda.

    La Libre

  • Les raisons d’une lutte noble pour un Congo-Kinshasa de nos rêves

    Les raisons d’une lutte noble pour un Congo-Kinshasa de nos rêves

    tshiyoyoDepuis la nuit des temps, l’histoire qui se joue et se raconte au Congo-Kinshasa a toujours été celle conçue et initiée par d’autres peuples que par des Congolais eux-mêmes. De l’homme congolais, jamais il n’a été question en tant quesujetsouverain et acteurayant constamment à l’esprit la poursuite de son propre dessein. Le Congolais se laisse entrevoir comme un simple gadget, un personnage-objet qui est repris, mais sans tenir compte de sa présence, dans un projet d’un ailleurs à la fois lointain et hostile à l’affirmation d’une identité congolaise. C’est le tout premier écueil barre la route de l’existence d’un soi responsable et autonome. Voilà qui explique le fait que l’on parlât abondamment, et par des Congolais eux-mêmes aussi, de la Belgique au Congo, de la France, de l’Amérique, du Royaume-Uni. Et aujourd’hui encorede l’Allemagne, avec son retour sur la scène internationale ; et du Rwanda de Paul Kagamé. Toutes ces forces réunies et opposées à l’idée d’un Congo souverain ont récemment invité les peuples du Congo-Kinshasa à partager ce qu’elles considèrent comme étant leur richesse nationale avec leurs voisins nommément cités, tels que le Rwanda et l’Ouganda. Dans le cas contraire, le Congo, comme un ensemble de peuples ayant un passé et une histoire communs faisant d’eux une nation à protéger et ayant des intérêts à défendre, serait menacé de disparition.. Cependant, les tenants de ce discours, les Anglo-saxons et leurs alliés, ont manqué de préciserque le Congo-Kinshasa n’a jamais disposé d’une richesse économique ou naturelle qui lui fût propre.Du moment qu’il demeure occupé, et ce, depuis Berlin 1885.Aussi longtemps que des Congolais refuseront ou feront semblant de regarder en face les causes des maux dont ils souffrent, tout ce qui sera entrepris comme tentative de solution ne conduira nulle part. Ils tourneront en rond en perdant inutilement du temps à cause de leur mauvaise lecture de situation à l’origine de leur misère.

     

    On ne saura nous accuser de déresponsabiliser l’homme congolais en arguant que nous faisons reposer la responsabilité de ses maux uniquement sur l’Autre. Cela serait une faire preuve de cécité et d’ignorance vis-à-vis de la façon dont opère le processus d’aliénation et de ses effets sur l’homme aliéné.Le Congolais ne vit pas isolé et seul dans un enclos. L’échec de sa rencontre avec l’Autre, celui qui l’a vaincu, a laissé de nombreuses séquelles dans sa vie. Cette malencontre a instauré un rapport de dominant à dominé. Et jusqu’à ce jour, il n’a pas changé de nature. Sinon, comment se l’expliquer et dans des termes plus clairs, le fait que des Belges, des Français, des Anglo-saxons ainsi que leurs alliés s’empressassent de parler en lieu et place de l’homme congolais quand il s’agit du Congo ?Pourquoi ce que Londres, Paris, Bruxelles, Washington, Bonn et leurs médias dominants tels que RFI, BBC, CNN….disent sur le Congo serait plus important et plus crédible que ce que dit le Congolais lui-même ?Souvent, nous entendons des Congolais clamer à haute voix : “L’Amérique a dit ceci ; la France a dit cela. Ou encore l’Allemagne et Louis Michel auraient déclaré ceci”.Dans l’imaginaire de ces compatriotes, les dirigeants des pays susmentionnés passeraient pour les mieux informés et les mieux outillés quand il faut traiter des questions relevant du désir de l’homme congolais. Et à force de violer son imaginaire, ils lui privent de son droit naturel à la parole. Et à force de tout mettre dans sa bouche, ils lui privent de son droit naturel à la parole. Alors, le Congolais serait toujours ce grand nègre et bon enfant, qui ne sauraitporter seul sa pensée ? Bon nombre d’entre nous trouvent un malin plaisir à réciter des slogans qui contredisent notre statut du dominé. Actuellement, c’est tout faux de faire croire que les peuples congolais désirent des élections, libres ou pas, alors que l’état du pays recommande à notre peuple d’assumer son destin historique.Mais qui a dit, et à qui, que des Congolais souhaiteraient dialoguer entre eux, en lui indiquant même la forme du dialogue en question ? D’un côté, on dit aux peuples congolais que des « facilitateurs internationaux ont décidé du départ de « Joseph Kabila ». Et de l’autre, ces derniers imposent et renouvellent leur soutien à Eden Kodjo qui bataille pour le maintien de « Joseph Kabila » alors qu’il est censé quitter le pouvoir. L’inquiétante prise en charge de l’homme congolais par l’Autre l’étrangle, le bâillonne et le tue. Et son cri de vivre comme un être pensant et créateur de son environnement reste inaudible. Ainsi corrompu de l’intérieur, le Congolais rejette son identité. Il refuse de reconnaître son état de dépendance, son état de dominé, avant d’amorcer le combat d’être par lui-même.L’homme congolais, et plus particulièrement celui qui se targue d’être son politique,est tout ce qu’il y a de plus faux. Tout est faux en lui. En effet, c’est le double de son maître, le perroquet par excellence qui embrasse la démocratie, l’état de droit, qui fonde des partis politiques, mais sans se demander si l’état actuel de la nation exige l’unité ou la division que le multipartisme instaure. La démocratie dans un État sous occupation affaiblit l’idée de la nation car c’est à travers elle que l’ennemi passe en vue de d’opposer les uns contre les autres. Ce faisant, il contrôle ses proies.

     

    Deuxième écueil, c’est la prise en charge du nègre congolais. De quoi tout ce beau monde parle quand il lui arrive d’aborderle cas du Congo-Kinshasa dans ses rencontres et autres messes du même genre ?Il est plus question du cuivre, de l’uranium, de l’or, du diamant, du coltan, du pétrole, des eaux, mais jamais de l’homme congolais qui, pour nous, reste la seule et uniqueressource fondamentale et sans laquelle toutes les autres envies et convoitises secondaires perdent leur sens. L’astuce a été trouvé pour caresser le Congolais dans le sens du poil. Il est flatté d’entendre son maître déclaré, et ce à travers presque tous les manuels scolaires et académiques,ainsi que dans toute la presse que « Le Congo est un pays riche. Et à ce sujet, la formule consacrée est suivante : le Congo est un scandale géologique ». Alors, une fois que ce venin est inoculé, il paralyse la capacité du Congolais de penser par lui-même. Il se contente de répéter des mots creux et vides de sens débités par son maître et ses médias. Incapable d’une certaine élévation d’esprit, la fausse élite congolaise entonne à son tour le même refrain en ignorant la vertu soporifique de cette musique. Elle endort juste pour justifier la mainmise du maître sur des « richesses » que des Congolais, déclarés incompétents, ne sauraient transformer en leur avantage. D’où l’exploitation de l’homme congolais, son instrumentalisation, sa course folle derrière une notion insensée de développement ficelée par son maître.Les massacres des peuples, des populations, s’enchaînent dans le but d’effacer l’être, d’exclure le Congolais de sa terre, de le vider de son essence. Rappelons que les Congolais sont tués non pas parce que l’Autre voudrait prendre son coltan ; mais parce qu’il le méprise. Ce n’est pas le coltan. Non. C’est l’instinct de domination, le mépris, le racisme et la cupidité qui expliquent les crimes commis contre les Congolais.

     

    Lumumba est mort pour une certaine d’idée du Congo. Sa mort, comme celle de Gandhi en Inde, devrait servir à asseoir l’identitécongolaise. Il avait foi en l’homme congolais, en l’homme noir. C’est ce qui lui a fait dire, en s’adressant aux colons, qu’il leur suffisait de laisser l’homme noir libre pour que ce dernier montrât son génie à la face du monde. Mais personne ne le laissera libre si la liberté n’est pas inscrite comme une composante de ses gènes.L’environnement international qui change avec l’avènement de la Chine, de l’Inde, de la Russie et le déclin de l’Occident comme puissance doit faire rêver notre jeunesse et nous donner la possibilité de nous affirmer comme peuple et comme culture.

     

    Moi, je vous apporte du feu pour brûler la baraque. Ensemble, on la reconstruira aprèspar nos propres efforts.

     

    Likambooyoezalikamboyamabele…Likamboyamabele, likamboya makila.

     

     

    Mufoncol Tshiyoyo

    Génération Lumumba 1961

    Le Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
    004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo

     

     

     

  • Bilan à mi-parcours du dialogue

    Bilan à mi-parcours du dialogue

    kamerhe-Notre correspondant à Kinshasa, Poly Muzalia, fait le point sur le dialogue lancé depuis une semaine en République démocratique du Congo.

    Le consensus semble se dessiner sur la nécessité de refondre totalement le fichier électoral de la RDC, mais le blocage demeure, en ce qui concerne d’autres questions de l’agenda du dialogue politique.

    A ce forum prennent part 280 représentants de la majorité présidentielle, de l’opposition et de la société civile.

    Ils essaient de trouver des solutions à l’impasse dans laquelle se trouve le processus électoral, à trois mois de la fin du second mandat du président Joseph Kabila.

    Après un lancement timide des travaux, les participants ont tenté de connaître les raisons pour lesquelles l’élection présidentielle prévue à la fin de l’année risque de ne pas pouvoir se tenir à cette échéance.

    Devant les délégués, le président de la commission électorale a fait un état des lieux de la situation.

    Il a invoqué les contraintes d’ordre financier surtout et a souligné qu’il n’était pas possible d’organiser des élections crédibles sans un fichier électoral acceptable pour toutes les parties.

    joseph
    Image caption La question cruciale de savoir quel rôle compte jouer le président sortant Joseph Kabila (en photo) en cas de transition politique a été posée.

    A ce stade, trois possibilités ont été listées : utiliser le fichier électoral de 2011, qui est largement contesté par la classe politique congolaise, faire une révision partielle de ce fichier ou alors une refonte totale, ce qui pourrait durer jusqu’en juillet 2017, d’après les prévisions de la commission électorale.

    C’est vers cette dernière option que le consensus semble se dégager.

    La question de savoir quel scrutin organiser en premier a également été posée.

    La majorité souhaite commencer par les élections locales pour finir par la présidentielle et les législatives.

    L’opposition, elle, propose le contraire : commencer par le scrutin présidentiel et les législatives, pour finir par les locales.

    Les uns et les autres campent sur leurs positions.

    Mais une troisième voie pourrait se dégager, selon un délégué de la société civile, qui propose l’idée d’organiser tous les scrutins le même jour.

    Le report des élections prévues à la fin de cette année semble inéluctable.

    Des participants ont posé la question de savoir comment le pays sera dirigé lorsque les mandats des élus actuels arriveront à terme, en novembre prochain.

    La feuille de route du dialogue prévoit la signature d’un “accord politique” à la fin du forum.

     
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    Image caption L’ancien Premier ministre togolais, Edem Kodjo, désigné par l’Union africaine pour diriger le dialogue politique en RDC, est récusé par certains leaders de l’opposition congolaise.

    A mi-parcours du dialogue devant durer deux semaines, la majorité plaide pour une transition gérée de manière consensuelle avec l’opposition et la société civile.

    La question cruciale de savoir quel rôle compte jouer le président sortant Joseph Kabila dans cette éventuelle transition a été posée.

    Ses partisans souhaitent le voir rester en poste jusqu’à l’élection de son successeur.

    Mais les partis d’opposition représentés au forum souhaitent voir le président Kabila céder son fauteuil au président du Sénat, Léon Kengo.

    Il n’est pas exclu que, dans les tout prochains jours, les deux parties puissent s’entendre sur l’une ou l’autre des formules.

    Pour rappel, les leaders de l’opposition ont boycotté le dialogue politique, à l’exception de Vital Kamerhe.

    tshisekedi
    Image caption Etienne Tshisekedi (en photo), le principal leader de l’opposition, a boycotté le dialogue.

    Les absences d’Etienne Tshisekedi, de Moïse Katumbi et de Jean-Pierre Bemba (emprisonné à La Haye) constituent l’une des faiblesses de ce dialogue.

    Il s’agit de trois leaders politiques majeurs, qui ont choisi de ne pas participer au forum.

    L’aile dure de l’opposition constituée par ce trio estime que le dialogue ne fera que légitimer un troisième mandat du président Joseph Kabila.

    Cette opposition radicale envisage déjà des actions dites d’envergure, pour exiger le départ de M. Kabila et l’organisation de la présidentielle en novembre prochain, comme le prévoit la Constitution.

    Sa décision laisse présager une fin d’année mouvementée en République démocratique du Congo.

    BBC

  • Election dans le délai constitutionnel: «totalement impossible», selon Thambwe Mwamba

    Election dans le délai constitutionnel: «totalement impossible», selon Thambwe Mwamba

    tambwe-Le ministre de la Justice Alexis Thambwe Mwamba, co-modérateur du dialogue pour le compte de la Majorité présidentielle, estime qu’il est « totalement impossible » d’organiser les élections dans le délai constitutionnel.

    « Les débats tels qu’ils ont été présentés et ma conviction personnelle, ce que le délai constitutionnel entendu comme élection [présidentielle] devant se dérouler au cours de cette année, ça c’est mon entendement et aussi l’entendement de beaucoup de personnes qui sont intervenues dans cette salle, est totalement impossible. Mais, d’autres parmi les délégués estiment qu’il est encore possible », a-t-il déclaré mercredi 7 septembre après les débats au sujet du calendrier électoral lors des travaux du dialogue.

    Le mandat de l’actuel chef de l’Etat congolais s’achève en décembre prochain.

    La commission électorale a lancé en juillet l’opération de révision du fichier électorale qui devrait durer 16 mois pour aboutir à la refonte totale de ce fichier électoral avant l’organisation des élections.

    Mais elle a proposé deux autres options pour l’organisation des élections: l’utilisation du fichier électoral de 2011 ou la révision partielle de ce fichier.

    Pour Thambwe Mwamba, aller aux élections sans renouveler le fichier électoral « signifierait qu’on laisserait de côté à peu près dix-sept millions d’électeurs qui ne seraient pas pris en compte ».

    Le co-modérateur de la majorité indique cependant que les discussions vont se poursuivre.

    « Nous allons poursuivre les débats sur cette question mais les exposés techniques qui ont été faits par des gens extrêmement compétents ont démontré l’impossibilité de pouvoir tenir ce délai constitutionnel », conclut-il.

    Nécessité d’un accord politique

    Pour sa part, le co-modérateur de l’opposition, Vital Kamerhe, a indiqué que sa composante s’en tient toujours au respect de la Constitution. Il estime nécessaire de trouver un accord politique pour sortir de l’impasse électorale.

    «Ce que nous recherchons ici, c’est un consensus qui doit se constater par un accord politique», a-t-il indiqué.

    Un accord qui devra mettre fin aux divergences sur le fichier électoral.

    « Pour aller aux élections avec un fichier que la majorité qualifie de corrompu, l’opposition dit qu’il infecté par un virus et la société civile estime qu’il est inapproprié, il faut un accord politique », a conclu M. Kamerhe.

    RO

  • «Prolongation du mandat de Kabila : un scénario déjà écrit»

    «Prolongation du mandat de Kabila : un scénario déjà écrit»

    edem-kamerhe-Bien avant que la plénière ne se fixe sur les trois scénarii proposés par la Céni, Edem Kodjo s’est empressé d’étaler sa préférence. Il a pris parti pour les « 16 mois et un jour », courant à partir de février 2016, contre les « 10 mois et demi » proposés par les Nations unies à compter du 30 juillet 2016. Quid ? Edem Kodjo est enfin sorti de sa tanière. En lieu et place de faciliter le dialogue, le Togolais est venu plutôt faciliter la prolongation du mandat du président Joseph Kabila, suivant un scénario écrit d’avance.

    Le deuxième jour du dialogue politique de la Cité de l’Union africaine (UA) a été consacré à l’évaluation du processus électoral. A l’occasion, le président de la Céni, Corneille Nangaa, a fait le point du travail abattu dans la perspective de l’organisation d’élections apaisées, crédibles et transparentes. « L’évaluation du processus électoral (problématique du système électoral) ; le fichier électoral ; la séquence des élections ; le calendrier électoral ; les mesures d’équité et de transparence ; la sécurisation du processus électoral ; le budget et le financement des élections », sont des questions sur lesquelles la Céni attend avoir des réponses précises des participants au dialogue politique.

     

    Dans son exposé inaugural, le président de la Céni a présenté à la plénière trois scénarios possibles pour la relance du processus électoral. La première option consistait en la prise en compte du fichier électoral dans sa forme actuelle, quand bien même celui-ci serait jugé « infecté » par l’Opposition, « corrompu », selon la Majorité, et « inapproprié », de l’avis de la Société civile. La deuxième option renvoyait, selon Corneille Nangaa, à l’actualisation du fichier électoral actuel, en y intégrant notamment les nouveaux majeurs, les Congolais de la diaspora, après avoir, éventuellement, élagué les morts. Enfin, la dernière option consistait en la refonte du fichier électoral et, donc, la reprise des opérations d’enrôlement et d’identification des électeurs.

     

    Une mascarade

     

    Pour le président de la Céni, il revenait au dialogue politique de trancher sur l’option à mettre en œuvre. Une fuite en avant. Car, l’option a été levée sans que les parties congolaises ne soient consultées. Depuis juillet 2016, la Céni procède, à partir de la phase expérimentale de la province du Nord-Ubangi, à la refonte du fichier électoral par l’enrôlement et l’identification des électeurs. L’exposé de son président devant la plénière du dialogue était une mascarade. L’opération de refonte du fichier électoral est déjà mise en œuvre. Ce qui prouve l’adoption du troisième scénario présenté par Corneille Nangaa.

    En faisant semblant de se plier au dialogue dans le choix d’une option, le président de la Céni s’est offert en spectacle, le jeu consistant à remplir une formalité qui n’avait aucune influence sur l’option déjà en œuvre au niveau de la centrale électorale. Tout étant boutiqué d’avance, le facilitateur Edem Kodjo est rentré dans la danse dont il connaissait bien les pas. C’est ce qui ressort de son communiqué du 6 septembre 2016.

    Dans ce document, le facilitateur confirme son choix, lequel a été opéré par son mandant. Il note dans ledit communiqué que « les deux exposés (Ndlr ceux de la Céni et des Nations unies) présentent des points de convergence pour ce qui est des enjeux et de l’état des lieux du processus électoral ». Il continue en faisant remarquer que « des divergences résident cependant au niveau de la durée d’enrôlement des électeurs. 16 mois et demi pour la Céni à partir de février 2016 et 10 mois et demi pour les Nations unies à partir du 30 juillet 2016 ».

    Ce qui saute aux yeux tout de suite, c’est que Edem Kodjo s’est déjà mis dans le troisième schéma proposé par la Céni, c’est-à-dire celui de la refonte du fichier électoral, en réduisant les divergences à la seule « durée d’enrôlement des électeurs ». Si tel est le cas, pourquoi continue-t-on à débattre de cette question ? Réponse : l’imposture se met en place au niveau du dialogue de la Cité de l’UA.

    Kodjo s’est dévoilé

    A tout prendre, il y a une logique qui régente le dialogue piloté par Edem Kodjo. Les 14 jours que se sont donné les délégués à ce forum national qui pèche par son exclusion et son ton monologue, malgré les apparences, ne servent qu’à jouer aux prolongations en entretenant un faux suspense. Ce qui est vrai c’est que les conclusions de ce forum ont déjà été pensées et ficelées au plus haut niveau de la Majorité présidentielle. La trahison est venue de l’amateurisme du Togolais qui s’est précipité à faire mention de la refonte du fichier électoral, au moment où aucun compromis n’a encore été dégagé à la plénière.

    Ils ont raison ceux qui, à l’instar de principaux partis du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, continuent à fustiger le penchant très prononcé d’Edem Kodjo envers la Majorité présidentielle, et par ricochet, son autorité morale, Joseph Kabila.

    En réalité, Edem Kodjo reste fidèle à la ligne et au schéma qu’on lui a dictés. Toute sa mission se réduit aujourd’hui à la question de savoir combien de temps il faut pour arriver aux scrutins. Qu’importe le temps que ça prendra. C’est tout le sens du dialogue qui se tient présentement à la Cité de l’UA. Tout compte fait, Edem Kodjo exécute une mission qui se réduit en la prolongation du mandat du président Kabila. Un schéma tracé à l’avance et qu’il exécute à la lettre, sous la supervision des ténors de la Majorité présidentielle.

  • Ce jour-là : le 7 septembre 1997, Mobutu s’éteint loin du Zaïre

    Ce jour-là : le 7 septembre 1997, Mobutu s’éteint loin du Zaïre

    mobutu-Le maréchal Mobutu n’aura pas survécu à la perte de son pays en mai 1997. Il s’éteint en exil au Maroc à la suite d’un cancer. Sa mort et son enterrement se font dans une discrétion qui contraste fort avec l’exercice du pouvoir qui le caractérisait.

    Loin, très loin des bords du fleuve Congo et de sa ville natale de Lisala, le maréchal-fondateur zaïrois, désormais en exil, rend son dernier souffle le 7 septembre 1997 sur les côtes marocaines à Rabat. Mobutu n’aura pas fait long feu après la perte de « son pays ».

    Cela faisait des années que Mobutu était gravement malade, atteint d’un cancer de la prostate. Le Zaïre des dernières années de son règne est à l’image de sa santé. Le pays est enlisé dans un processus de démocratisation depuis 7 ans et en proie à une foudroyante rébellion, l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) de Laurent-Désiré Kabila, qui a causé sa chute.

    Le gargantua de la gloire, le monarque qui usait parfois de la troisième personne pour parler de lui-même, l’Ubu roi du Zaïre est enterré lors d’une cérémonie qui paraît bien étonnante comparée à ses trente années de règne. Une semaine après son décès, le 13 septembre, dans la plus simple discrétion Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu wa Zabanga (en français : le guerrier tout-puissant qui grâce à son endurance et son inflexible volonté vole de victoire en victoire et sème la désolation sur son passage), est inhumé dans le carré européen du cimetière de Rabat en présence de sa famille et de ses plus proches qui l’ont suivi dans son exil.

    Chassé-croisé zaïrois

    Sa fuite du Zaïre fut rocambolesque. Pressé par les troupes du Mzee, Laurent-Désiré Kabila, le léopard quitte Kinshasa le 16 mai en toute hâte pour son fief : Gbadolite. Le 17 mai, le Zaïre vit un chassé-croisé historique. Les troupes de l’AFDL entrent dans Kinshasa, alors plongé dans un calme sidérant. La veille, dans les profondeurs de la forêt équatoriale, à Gbadolite, l’avion de Mobutu décolle tout en essuyant des rafales tirées par des soldats de la rébellion.

    Quelques heures plus tard, l’ex-homme fort zaïrois atterrit à Lomé, accueilli par un de égaux sur le plan de la longévité au pouvoir : Gnassingbé Eyadéma. L’escale à Lomé n’est pas trop longue. Le 23 mai, un autre exil l’attend.

    Le maréchal-fondateur devenu paria

    L’ancien relais et homme de confiance des Occidentaux en Afrique, pendant la Guerre froide, est désormais perçu comme un paria.

    L’accès à sa demeure de villégiature, à Roquebrune-Cap-Martin, sur la french riviera lui est refusé par les autorités françaises. Mobutu n’ira donc pas se soigner et couler de vieux jours sous le soleil de Provence.

    Son salut vient du souverain chérifien, Hassan II, qui l’invite à Rabat.  Mobutu Sese Seko est très affaibli par la maladie, un cancer de la prostate diagnostiqué en 1989, mais non-soigné. Ce n’est qu’en 1996 que Mobutu a entamé un traitement, le conduisant à quitter son Zaïre natal à plusieurs reprises pour les cliniques suisses et françaises. Le crépuscule de l’autocrate se fait en quelque sorte au ban des « grands hommes », sa mort ne suscite que peu de réactions dans les chancelleries, notamment occidentales.

    Aujourd’hui, la tombe de l’ancien homme fort du Zaïre jouxte les sépultures anonymes de compatriotes migrants, morts noyés dans la méditerranée.

    Et bien que la question du rapatriement en terre congolaise de la dépouille du chantre de la zaïrianisation soit régulièrement abordée, pour l’heure aucune disposition concrète ne laisse entrevoir une inhumation de Mobutu dans son pays natal.

    JA

  • La Gécamines candidate au rachat du mégaprojet minier TFM

    La Gécamines candidate au rachat du mégaprojet minier TFM

    mine_or2-La Gécamines a fait une offre pour le rachat de la participation majoritaire du groupe américain Freeport-McMoran dans le méga-gisement minier de Tenke Fungurume Mining, dans le sud-est de la RD Congo. Le groupe américain avait accepté, en mai, l’offre de 2,6 milliards de dollars d’une société chinoise. Une transaction contestée par la Gécamines.

    La Générale des carrières et des mines (Gécamines), qui gère les actifs publics miniers au Katanga, a déposé une offre de rachat de la participation de l’américain Freepor- McMoran dans le gisement de cuivre de Tenke Fungurume, dans le sud-est de la RD Congo. Cette information a été rapportée par Reuters et confirmée à Jeune Afrique ce mercredi 07 septembre par les services de communication de la Gécamines.

    Aucun détail n’est disponible pour le moment quant au montant de l’offre de la Gécamines.

    Freeport-McMoran détient 56 % du projet minier TFM à travers TF Holdings, immatriculé aux Bermudes. En mai 2016, Freeport-McMoran a accepté une offre de 2,65 milliards de dollars du groupe chinois China Molybdenum pour sa participation majoritaire dans TFM.

     

    Cette annonce a provoqué une vive réaction de la part de la Gécamines et des autorités congolaises, outrées de ne pas avoir été préalablement averties du projet de cession du « premier producteur de cuivre du pays », comme l’a rappelé fin mai Martin Kabwelulu Labilo, le ministre congolais des Mines, dans un courriel de réponse aux questions de Jeune Afrique.

    En 2015, Freeport-McMoran a vendu 467 millions de livres de cuivre et 35 millions de livres de cobalt, extraites de la mine de Tenke Fungurume Mining, au prix moyen de 2,42 dollars par livre de cuivre et de 8,21 dollars par livre de cobalt.

    Partenaires techniques et financiers

     

    Plusieurs incertitudes entourent l’offre de la Gécamines, notamment en ce qui concerne sa capacité à mobiliser le financement nécessaire pour cette acquisition. Selon nos informations, l’entreprise congolaise devrait s’appuyer sur des partenaires industriels et financiers, dont l’identité n’a pas été dévoilée.

    L’offre de rachat de TFM intervient dans une conjoncture difficile pour les entreprises minières congolaises, durement affectées par le recul des cours des minerais, et alors que la Gécamines est engagée dans un ambitieux programme de modernisation, qui prévoit déjà jusqu’à 717 millions de dollars d’investissements dans ses installations.

    Outre la Gécamines et China Molybdenum, le groupe canadien Lundin Mining, associé de Freport-McMoran au sein de TF Holdings, pourrait user de son droit de préemption pour racheter la participation du groupe américain dans le projet minier de Tenke Fungurume. Lundin Mining a jusqu’au 15 septembre pour activer cette option.

    JA

  • Après l’avoir endurci: Le G7 supplie Tshisekedi d’aller au dialogue !

    Après l’avoir endurci: Le G7 supplie Tshisekedi d’aller au dialogue !

    Moise et G7-Deux quotidiens paraissant à Kinshasa l’ont relevé dans leurs livraisons respectives du mardi 6 septembre 2016. Avec pour titre «Pour faire barrage à un compromis politique bidon et anticonstitutionnel, Tshisekedi doit conduire le ‘Rassemblement’ au dialogue», le premier considère qu’«Un contrepoids s’impose à l’heure actuelle pour contourner le schéma de la Majorité présidentielle visant à s’accrocher au pouvoir au moyen du dialogue. C’est le rôle que doit jouer Etienne Tshisekedi en assouplissant sa position afin de faire barrage à un compromis politique bidon et anticonstitutionnel mijoté par le pouvoir. En lieu et place du boycott, il a tout intérêt  à créer l’événement en allant, flanqué de son ‘Rassemblement’, s’approprier ces négociations dont il est l’initiateur et le défenseur». Avec sa manchette «Le G7 change de stratégie : rejoindre le dialogue, puis le détruire de l’intérieur», le second note : «Le Groupe de 7 partis dissidents vient prendre place au tour de la table du Dialogue pour une raison strictement tactique, vieille comme le monde. Mettre le pied à l’étrier pour bloquer la machine afin que rien n’avance, et qu’aucune résolution ne soit prise. Ce n’est pas un canular. L’information résulte des sources crédibles. Le G7 se préparerait à entrer au Dialogue Politique National Inclusif. Et ce, sans Moïse Katumbi ! Pourquoi  maintenant ? Qu’est ce qui se cache derrière ce revirement ? Ce qui inquiète davantage, c’est que c’est l’ancien gouverneur du Katanga qui aurait, lui-même, ordonné à ses collègues, dissidents de la mouvance présidentielle, de changer de stratégie»

                Il y a lieu de le souligner d’emblée : depuis un certain temps, le premier s’affiche ouvertement pro-Katumbi. Il a renoué avec Etienne Tshisekedi à la faveur du conclave de Bruxelles-Genval liant les deux acteurs politiques. Le second s’affiche pro-Kabila. Il s’agit, on s’en doute, des journaux «Le Potentiel» et «L’Avenir» dont les sièges sont côte-à-côte, avenue Kongo Central.

    « L’Avenir » de l’honorable Pius Muabilu introduit son papier par le rappel du  parcours sinueux de quelques ténors du G7. Notamment Pierre Lumbi, Olivier Kamitatu et Mwando Simba. Se demandant comment « peut-on sereinement construire un projet solide avec un  groupe dirigé par ce trio, coutumier de trahisons», le quotidien révèle que «Jusqu’ici le G7 vit comme une sangsue, tirant la subsistance vitale du sang de ceux qu’elle approche et s’y accroche». Et de déduire : «Aujourd’hui, après avoir sucé autant que faire se peut le ‘régime Kabila’; après avoir manipulé et tiré la manne financière qu’il pouvait de Moïse Katumbi ; après avoir essayé de profiter du solde de popularité qui reste encore à Etienne Tshisekedi, le groupe des traîtres patentés tente de voler de ses propres ailes ». Objectif ? Entrer au Dialogue.

                Pro-G7, «Le Potentiel» de l’honorable Modeste Mutinga ne cite nulle part ce regroupement dans son article. Il met plutôt sous pression Etienne Tshisekedi en lui faisant observer qu’«En fermant la porte à toute forme de compromis pour lever le bouclier à sa participation à ces assises», le président national de l’Udps et «Rassemblement» «ont engagé un pari qui risque d’être contreproductif». En effet, soutient-il «Dans différents cercles politiques, le sujet alimente désormais les discussions». Et de se demander si «Etienne Tshisekedi serait-il en train de s’isoler en ravivant davantage un radicalisme et une intransigeance qui commencent à gêner la communauté internationale» !

                Le journal lui au lider maximo qu’il a été «le premier à réclamer un dialogue avec le camp présidentiel au lendemain de la crise postélectorale de 2011», que «La Majorité présidentielle a boudé, dans un premier temps» et que «…la persistance de la crise postélectorale, suivie du retour du feu l’abbé Malumalu aux commandes de la Céni», avait fait bouger les lignes. D’où l’Accord-cadre d’Addis-Abeba de 2013.

                Sous l’intertitre «Prendre Kabila au mot», le journal affirme que c’est sous la pression de la communauté internationale qu’en 2015 le Chef de l’Etat a réchauffé «le projet en en fixant les objectifs et le cadre». Il reprend même en citation certains propos du discours sur l’état de la Nation du 15 décembre 2015, notamment l’impératif de «trouver des solutions consensuelles aux questions majeures qui minent le processus électoral, ouvrant ainsi la voie à des élections crédibles et apaisées». Il va même jusqu’à flatter l’orgueil du Raïs en évoquant la main tendue «à tous les courants politiques et sociaux en indiquant » et sa conviction sur le fait que «ce n’est pas par la violence que nous réglerons nos divergences. Ce n’est pas non plus des Nations Unies, de l’Orient ou de l’Occident que viendront les solutions à nos problèmes. Mais plutôt de nous-mêmes, et par le dialogue entre des Congolaises et des Congolais, mus par la fibre patriotique, et inspirés par l’appel à l’auto-détermination et à l’auto-prise en charge, toujours d’actualité, de nos deux héros nationaux, Patrice Emery Lumumba et M’zée Laurent Désiré Kabila».

    Il salue l’adhésion de la communauté internationale «à la vision d’un dialogue inclusif en désignant un facilitateur international». Ce qui amènera le Conseil de sécurité, poursuit-il, à prendre la résolution 2277 «venue sceller les contours du dialogue en le quadrillant dans les limites de la Constitution».

    Constatant l’ouverture du Dialogue le 1er septembre 2016 «après moult tergiversations », et ce en l’absence d’Etienne Tshisekedi et de ses alliés en raison «de la non prise en compte complète des préalables posés par le Rassemblement», «Le Potentiel» suggère le changement de cap en relevant le fait selon lequel «L’histoire politique de la RDC renseigne que la politique de la chaise vide n’a jamais payé ».

    C’est sous l’intertitre «Contrer la Majorité de l’intérieur» qu’il appelle clairement Etienne Tshisekedi à se souvenir de «l’art de compromis» qu’est par essence la politique. Et de conclure : «Quoi de plus normal que Tshisekedi se déplace vers la cité de l’UA pour imposer un compromis dans le strict respect de la Constitution et de la résolution 2277 des Nations unies. Tshisekedi peut et doit créer l’événement en amenant le ‘Rassemblement’ au dialogue. C’est le seul moyen d’empêcher l’adoption d’un compromis politique bidon et anticonstitutionnel».

                Le G7, juste un rappel, n’apparaît nullement dans cet article. Moïse Katumbi une fois, et juste pour la cessation des poursuites judiciaires.

    Que de temps et d’énergies encore perdus !

                Ce plaidoyer à la fois remarquable et pathétique a une explication. Une seule alors : le refus manifeste de la Communauté internationale de céder à ce qui vire de plus en plus au chantage dans le chef de Rassemblement, sinon de l’Udps.

                Dans l’avant-dernière livraison intitulée «Surenchère des préalables : Tshisekedi joue avec les nerfs des partenaires extérieurs…», résumé est fait des injonctions des Etats-Unis, de l’Onu, de l’Ua et de l’Ue en vue de la participation de «Rassemblement» au Dialogue. Déjà, les révélations du facilitateur international Edem Kodjo sur les contacts Mp-Udps à l’hôtel Raphaël à Paris contenues dans le discours-papier lors de la cérémonie d’ouverture du Dialogue à la cité de l’Union africaine le 1er septembre 2016 ont convaincu les observateurs nationaux et internationaux du double langage d’Etienne Tshisekedi. Pire, dans la fameuse nouvelle feuille de route du 31 août 2016, «Rassemblement» ouvre ce qui convient d’être considéré comme la boîte de Pandore en ce qu’il étend l’ordre du jour aux questions relatives à la Territoriale, à l’Armée, à la Police, aux Services de Sécurité, aux Sociétés d’Etat et aux Etablissements publics. Or, dans l’Acte final de Bruxelles-Genval du 10 juin 2016, les exigences portaient entre autres sur l’organisation des élections dans les délais constitutionnels, la mise en œuvre intégrale de la Résolution 2277, la décrispation de l’espace politique, l’organisation de la Céni et de la Cour constitutionnelle…

                Au final, pour paraphraser Stève Mbikayi, on croyait avec Bruxelles-Genval que Tshisekedi devait amener le G7 au Dialogue, mais on se rend plutôt compte du contraire : c’est le G7 qui l’en éloigne.

                Le plaidoyer du journal «Le Potentiel» a donc tout d’un rétropédalage : G7 entreprend de ramener le président national de l’Udps à ce forum.

                Que de temps et d’énergies encore perdus !

                Mais, surtout, qui s’amuse à se jouer d’Etienne Tshisekedi…

     

    Omer Nsongo die Lema

  • La CENCO pose des conditions pour «maintenir sa participation» au dialogue

    La CENCO pose des conditions pour «maintenir sa participation» au dialogue

    Evequescardinal-DIAS1-La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a réitéré mardi 6 septembre son appel pour «un dialogue inclusif», qui respecte les dispositions de la constitution congolaise.

    «La CENCO ne pourra pas maintenir sa participation à ce dialogue si le respect de ces exigences fondamentales n’était pas assuré», ont martelé les évêques catholiques dans un communiqué de presse publié à Kinshasa.

    Pour obtenir un «dialogue national franc et sincère, susceptible de résoudre la crise actuelle que connaît le pays», la CENCO invite toutes les parties prenantes à assurer son caractère inclusif.

    Les évêques catholiques estiment qu’un «dialogue incluant les grandes familles politiques de l’opposition donnerait plus de chance au pays d’aboutir à la résolution de la crise actuelle de manière consensuelle et durable».

    Dans ce cadre, les évêques apprécient les «gestes encourageants posés par le Gouvernement » en libérant certains prisonniers politiques et d’opinion.

    Ils souhaitent, cependant, que ces mesures de grâce soient étendues à «d’autres personnes se trouvant dans les mêmes conditions», sans les citer.

    En outre, «le dialogue devrait se dérouler dans le respect absolu du cadre constitutionnel», indique le communiqué de la CENCO, insistant sur les articles verrouillés de la constitution ayant trait au mandat présidentiel et l’alternance démocratique au pouvoir.

    Le dialogue convoqué fin 2015 par le président Kabila s’est ouvert le 1er septembre à Kinshasa sans une partie de l’opposition, qui a posé certaines conditions. Il s’agit notamment de la libération de tous les prisonniers politiques, la fin des poursuites judiciaires contre certains opposants et le départ du facilitateur Edem Kodjo.

  • Dialogue en dents de scie : la Majorité présidentielle dans le dilemme

    Dialogue en dents de scie : la Majorité présidentielle dans le dilemme

    Le dialogue sera un moment e vérité. Celui où les attentes des uns et des autres apparaîtront au grand jour. Puisqu’à l’issue de ces pourparlers, des résolutions claires devront être arrêtées pour sortir la République démocratique du Congo de l’impasse dans laquelle la majorité dirigeante l’a plongée.

    Il n’y a aucun doute. La situation que vit le Congo-Kinshasa aujourd’hui n’est pas une fatalité. Elle a été conçue et mise en œuvre par la Majorité présidentielle qui n’ jamais fait mystère de son projet de pérenniser son autorité morale à la tête du pays. Ce, en dépit du fait que l’actuel locataire du Palais de la Nation est arrivé à son deuxième et dernier mandat conformément à la Constitution.

    LES REVENDICATIONS CORSÉES DU RASSEMBLEMENT

    Ce projet de la famille politique du chef de l’Etat n’a jamais été enterré. L’heuré est désormais arrivée pour que la vérité éclate. Le dialogue a déjà donné le ton malgré son caractère non représentatif. Les revendications et les attentes, notamment de l’opposition, présente ou absente du dialogue, sont connues.

    Le camp de Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement a préféré boycotter ce dialogue. Pour Etienne Tshisekedi et ses alliés, le pouvoir de Kinshasa doit mettre en œuvre de manière « intégrale » sa feuille de route, remise le 2 septembre à Joseph Kabila via Denis Sassou Nguesso pour la tenue d’un «dialogue véritable, crédible et inclusif » ainsi que pour le déblocage du processus électoral.

    A la lecture des termes de référence de cette feuille de route, le Rassemblement a adopté une position maximaliste. La majorité au pouvoir doit remplir tous les préalables favorisant la décrispation du climat politique avant la tenue du dialogue. Allusion  faite à la libération de tous es prisonniers politiques, à l’abandon des poursuites judiciaires « arbitraires » contre les opposants et les membres de la Société civile et à la réouverture des médias fermés « injustement » par le gouvernement.

    Bien plus, pour le Rassemblement, avant le début des négociations, toutes les parties devront s’engager, au préalable, à respecter : l’intangibilité du pacte républicain issu de Sun City, la Constitution du 18 février 2006, la primauté de l’Etat de droit ainsi que la résolution 2277 du Conseil de sécurité: Seule la satisfaction de tous ces préalables, auxquels il faut ajouter la récusation du facilitateur du dialogue, peut laisser la voie libre à la tenue du dialogue. Ces exigences n’étant pas encore remplies, ces opposants sèchent les travaux du dialogue.

    LA STRATÉGIE DE LA DYNAMIQUE INTERNE

    Les opposants qui prennent part au dialogue ont, eux, préféré tenir compte de quelques avancées réalisées par le gouvernement dans la libération de certains prisonniers politiques et l’ouverture des 3 médias appartenant aux acteurs politiques de l’opposition.

    Cependant ces opposants continuent à revendiquer des mesures complètes et définitives de l’intérieur.

    « Monsieur le facilitateur, nous portons sur nous des frustrations, des revendications des demandes et des requêtes de tout le monde ; des présents, tout comme des absents », a déclaré Vital Kamerhe, co-modérateur pour le compte de l’opposition au dialogue, lors de la cérémonie d’ouverture de ce forum à la cité de l’Union africaine.

    Ces revendications auxquelles Vital Kamerhe fait allusion sont, pour l’essentiel, les mêmes que celles du Rassemblement. « Vous êtes facilitateur, votre rôle se limite à nous mettre ensemble… pour voir qui sera e premier à violer la Constitution. D’ailleurs, les gens de la Majorité l’ont démontré à l’issue des travaux du comité préparatoire. Je n’ai pas noté qu’ils ont demandé un troisième mandat pour le président Kabila. Le document est là. En tout cas, cela ne viendra pas de nous et nous ne l’accepterons pas », a dit Vital Kamerhe, insinuant qu’ils sont à pour veiller à ce que la loi suprême ne soit pas violée. Dont acte.

    Entre les revendications maximalistes du Rassemblement et celles des opposants prenant part au dialogue, il faut die que la Majorité présidentielle n’aura pas la tâche facile. Déjà, elle sera obligée de se plier aux lignes directrices de ce dialogue qui restent le respect de la Constitution, l’application de la résolution 2277 et l’exigence de la poursuite du processus démocratique à travers des élections libres, transparentes et apaisées.

    UNE MAJORITÉ COINCÉE

    Outre l’Opposition qui prend part au dialogue, l’Eglise catholique, la communauté internationale et le peuple congolais portent tous les mêmes exigences : le respect du pacte républicain. Autant dire qu’au dialogue, la Majorité présidentielle est entre le marteau et enclume. Elle n’aura pas d’autre alternative que de se soumettre à l’ordre établi dont elle a d’ailleurs bénéficié de fruits pendant deux quinquennats démocratiques.

    Comme lors des concertations d’octobre 2013 où la famille du chef de l‘Etat n’a pas su faire passer son idée de modification de la Constitution, à ce dialogue politique national, toute idée d’un troisième mandat pour l’actuel président de la République ou tout projet de changer l’ordre politique en cours n’a pas, a priori, de chance de passer.

    LE POTENTIEL