Author: Don Kayembe

  • RDC: l’affaire de la fosse commune de Maluku prend de l’ampleur

    RDC: l’affaire de la fosse commune de Maluku prend de l’ampleur

    FOSSE COMMUNE-C’est une affaire qui prend de l’ampleur à Kinshasa celle de la «fosse commune de Maluku». Plus de 400 personnes ont été inhumées de nuit dans un cimetière situé à plus de 100 km de la capitale. Les autorités congolaises confirment avoir enterré 424 personnes de nuit le 19 mars dernier, mais il s’agirait selon elles d’indigents et de bébés mort-nés, et non des victimes des manifestations de janvier dernier, comme s’en inquiètent certaines organisations de la société civile.

    C’est un tas de sable entouré d’herbes hautes. Pour le trouver, il faut faire plus de 100 km par la route et suivre une petite piste. C’est là que, derrière un cimetière, on tombe sur un grand carré de terre fraîchement retourné. Aucune croix, ni aucune pierre tombale. Une fosse commune qui aurait pu passer totalement inaperçue, s’il n’y avait pas eu autant de témoignages d’habitants pour la signaler.

    D’ailleurs, dans les environs, nombreux sont ceux qui disent avoir vu vers 4h du matin, des camions recouverts de bâches en plastique. Les personnes qui ont entrepris de les décharger leur auraient dit qu’il s’agissait de cadavres et demandé à ceux qui passaient par là de s’éloigner du fait de l’odeur très forte de corps en putréfaction.

    Une femme qui revient des champs juste à côté raconte ce qu’elle a vu : « Il était 4h et il y avait beaucoup de cadavres dans des sacs en plastique. On les a enterrés ici, on les a déversés tous dans une même fosse ». Une autre femme un plateau d’ignames et de légumes sur la tête témoigne : « Je n’ai pas vu les corps, mais lorsqu’ils sont arrivés ils nous ont dit que ce sont des cadavres en état de décomposition et qu’il ne fallait pas s’approcher du fait de l’odeur malsaine ».

    Les autorités sommées de s’expliquer la semaine dernière ont confirmé que 424 corps ont été enterrés là. Des indigents, des corps non réclamés, mais aussi 300 mort-nés, selon le ministère de l’Intérieur.

    Mais à Maluku cette version des faits ne convainc pas : « Pourquoi enterrer la nuit entre 2h et 4h du matin ? Et d’ailleurs en voyant ces corps je ne pense pas que ce soit des bébés ou des fausses-couches », s’interroge un habitant.

    Aucun élément par contre n’a été donné sur l’identité de ces corps ou le choix de ce site. Mais depuis la semaine dernière, les autorités congolaises ont elles-mêmes ouvert deux enquêtes : l’une militaire et l’autre civile. Lundi, des magistrats militaires se sont rendus sur le site pour interroger des habitants. Une équipe de la police scientifique était aussi sur place.

    Une partie de la société civile s’inquiète que les corps de personnes tuées au cours des manifestations de l’opposition en janvier – dont certaines familles n’ont pas récupéré les corps – se trouvent dans cette fosse. Le ministère de l’Intérieur dément, mais le doute persiste dans la population et pour les organisations de protection des droits de l’homme.

    Human Rights Watch réclame une enquête indépendante et crédible. Les autorités congolaises doivent maintenant décider si elles vont ou non exhumer ces corps pour faire toute la lumière sur cette étrange fosse commune. Au nom du gouvernement, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Evariste Boshab s’est déjà engagé à autoriser l’exhumation de ces corps pour les besoins de l’enquête si la demande devait lui être faite.

    (RFI)

  • Troisième mandat de Kabila: la fronde gronde au sein de la majorité

    Troisième mandat de Kabila: la fronde gronde au sein de la majorité

    Antoine Kyungu-La fronde semble s’installer profondément au sein de la majorité en République démocratique du Congo. Après le Mouvement social pour le renouveau (MSR) et quelques leaders qui se sont déjà prononcés contre un éventuel troisième mandat de Joseph Kabila à la présidence de la République, l’Union nationale des fédéralistes congolais (Unafec), vient de décider de présenter un candidat à la présidence de la République.

    C’est non sans difficulté que l’Unafec a organisé son congrès extraordinaire à Lubumbashi. Rassemblement dispersé samedi matin par des hommes en uniforme, qui ont aussi tenté d’empêcher toute sortie de sa résidence à Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, le leader de ce parti de la majorité, également président de l’Assemblée provinciale du Katanga.

    Première résolution importante de ces assises : l’Unafec décide de présenter un candidat à la présidentielle de 2016, en plus de ceux qui seront positionnés à tous les autres postes pour le cycle électoral. L’Unafec est donc le premier parti de la majorité à prendre une telle position qui, vraisemblablement, va à l’encontre de l’esprit de la famille politique.

    L’Unafec dénonce le découpage territorial

    Il faut dire que les assises de Lubumbashi s’insurgent également contre le découpage territorial, que les participants ont qualifié de « précipité et d’arbitraire ». Ils exigent de ce fait que le gouvernement central restitue à chaque province, les 40% sur les recettes perçues au plan national. Joint par RFI, le porte-parole de la majorité, Sébastien Luzanga Shamandevu, a promis de réagir dans les heures qui viennent.

    (RFI)

  • France : Claude Guéant placé en garde à vue dans l’enquête sur le financement libyen de Sarkozy

    France : Claude Guéant placé en garde à vue dans l’enquête sur le financement libyen de Sarkozy

    Claude Guéant, ancien ministre de l’Intérieur et fidèle lieutenant de Nicolas Sarkozy, a été placé en garde à vue vendredi matin dans l’enquête sur les accusations de financement libyen de la campagne de l’ancien président français en 2007.

    Claude Guéant, ancien ministre de l’Intérieur, a été placé vendredi 6 mars au matin en garde à vue. L’ex-“premier flic de France” est soupçonné d’avoir participé à un éventuel financement libyen de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007.

    Des juges d’instruction du pôle financier de Paris s’interrogent notamment sur la découverte, en 2013, d’un virement de 500 000 euros sur le compte de l’ancien ministre de l’Intérieur, qui fut pendant dix ans le bras droit de Nicolas Sarkozy. Claude Guéant, qui fut également secrétaire général de l’Élysée, avait justifié ce virement par la vente à un avocat malaisien de deux tableaux d’un peintre flamand du XVIIe, Andries van Eertvelt. Mais des experts ont contesté la valorisation de ces oeuvres.

    Trois gardes à vue dans trois affaires différentes

    Les accusations d’un financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy (président de 2007 à 2012) avaient vu le jour entre les deux tours de la campagne présidentielle de 2012. Le site Mediapart avait alors publié un document évoquant un accord de Mouammar Kadhafi pour financer la campagne de Sarkozy qui, de son côté, assure qu’il s’agit d’un faux.

    Une information judiciaire a été ouverte en avril 2013 sur ces accusations, notamment pour corruption active et passive et trafic d’influence. C’est la troisième fois que Claude Guéant est placé en garde à vue dans le cadre d’affaires différentes. Il l’avait été une première fois fin 2013 dans un dossier de primes versées en liquide alors qu’il dirigeait le cabinet de Nicolas Sarkozy quand ce dernier était ministre de l’Intérieur. Il avait également été placé en garde à vue en mai 2014, dans l’affaire d’un arbitrage controversé entre l’homme d’affaires Bernard Tapie Tapie et la banque Crédit Lyonnais.

    (Avec AFP)

  • Tournoi de Miami : 8e sacre de Serena

    Tournoi de Miami : 8e sacre de Serena

    SERENA-La n° 1 mondiale Serena Williams a remporté pour la huitième fois de sa carrière le tournoi de tennis de Miami (Etats-Unis d’Amérique).

    Williams a dominé l’Espagnole Carla Suarez 6-2, 6-0 en finale, samedi.

    L’Américaine de 33 ans compte désormais à son palmarès 66 titres, dont les trois dernières éditions du tournoi de Miami.

    Elle a battu Suarez en 56 minutes. Depuis 2015, Serena Williams en est à sa 19e victoire consécutive, sans aucune défaite.

    Elle entre dans un club très fermé, celui des joueuses ayant remporté le même tournoi huit fois, qui comprend Martina Navratilova – avec un record de 12 titres à Chicago -, mais aussi Chris Evert et Steffi Graf.

    (BBC)

  • Fidel Castro réapparait

    Fidel Castro réapparait

    CASTRO-L’ancien président cubain, Fidel Castro, est apparu en public pour la première fois depuis quatorze mois.

    Le leader communiste à la retraite est plein de vitalité, selon la presse cubaine, qui a publié des images de la rencontre.

    Fidel Castro a rencontré une délégation officielle de 33 membres venue du Venezuela, rencontre qui a eu lieu dans un établissement scolaire.

    Selon un journal cubain qui a publié les images de la rencontre, Fidel Castro, habillé d’un survêtement bleu et blanc et coiffé d’une casquette noire, a salué chacun des membres de la délégation vénézuélienne.

    Fidel Castro a exprimé sa plus profonde préoccupation pour la bataille que livre la nation latino-américaine afin que sa souveraineté et son intégrité soient respectées, a révélé le quotidien cubain, faisant référence aux sanctions imposées au Venezuela par les Etats-Unis.

    Fidel Castro était un proche d’Hugo Chavez, l’ancien président vénézuélien dont le pays fournissait à Cuba du pétrole bon marché.

    Depuis qu’il a abandonné le pouvoir en 2006 pour raisons de santé, Fidel Castro n’est sorti en public qu’à de très rares occasions, la dernière remontant au 8 janvier 2014.

    (BBC)

  • RDC : la province du Katanga reste secouée par le cholera

    RDC : la province du Katanga reste secouée par le cholera

    cholera— Malgré les efforts consentis par la communauté humanitaire et les autorités locales, la province du Katanga, dans le sud de la RD Congo, reste secouée par le cholera, où plus de 840 personnes sont mortes entre 2012 à 2014, rapporte une note d’information du Bureau de la coordination des Affaires humanitaire (OCHA) publié jeudi.

    “Dans la province minière du Katanga, le choléra fait des ravages. De 2012 à 2014, plus de 31.370 cas ont été enregistrés dans la province, 843 personnes en sont mortes durant la période”, indique le même rapport.

    “En 2013, la seule province avait enregistré deux fois plus de cas de choléra que toutes les autres provinces de la RDC réunies”, selon le rapport.

    En 2006, une étude menée par un professeur congolais1 a identifié huit villes de l’est de la RDC comme zones sources de choléra. Cette enquête notait que la majorité de ces foyers était située en bordure des lacs.

    Cette étude a conduit à l’élaboration du Plan national 2 d’élimination du choléra. Sept ans plus tard, le choléra est installé durablement comme priorité sanitaire.

    (Xinhua)
  • RDC-Chine: Kinshasa, l’impossible visa pour la Chine

    RDC-Chine: Kinshasa, l’impossible visa pour la Chine

    passeports-biometriques-Pour obtenir un visa pour la Chine, il faut attendre plus d’un mois et dépenser beaucoup d’argent pour obtenir le visa d’un mois avec une seule entrée, au lieu de douze mois et avec multiple entrées comme avant. «L’ambassade de Chine refuse de visa à nous commerçants. Avant, elle nous accordait, pour la première fois, un visa à une entrée à 110 dollars. Si vous revenez pour la deuxième fois, vous recevez un visa à deux entrées pour 160 dollars. Et pour la troisième fois, vous recevez un visa d’une année à 330 dollars. Mais, actuellement même ceux qui ont déjà fait dix voyages n’ont qu’un mois avec entrée unique pour 330 dollars américains», témoigne un commerçant qui fait ses achats régulièrement en Chine.

    Il faut venir à 3 heures du matin faire la queue à l’ambassade de Chine pour « tenter la grâce du jour », se plaint-il.

    «Et quand ils [agents de l’ambassade] viennent, ils ne servent que quatre ou cinq personnes. Les autres sont renvoyées sans suite. Il y a des gens qui sont déjà venus ici, il y a trois ou quatre mois, sans être servis. Nous voulons que le consul nous dise ce qui se passe par rapport à la durée du visa qui est passé de douze mois à seulement un et à 330 dollars», renchérit un autre opérateur économique.

    D’après lui, l’ambassade exige désormais une lettre d’invitation en Chine qui s’obtient à 500 dollars américains auprès des agences de voyage que des ressortissants chinois ont créées à Kinshasa.

    Après plusieurs tractations mardi, les représentants des commerçants ont été reçus par les services de l’ambassade qui ont expliqué que le déficit dans l’accueil des demandeurs de visa est dû à la vétusté des machines. «Les choses pourront rentrer dans l’ordre sous peu», leur aurait-on promis.

    (MondAfrique)
  • RDC : action en justice pour relancer l’enquête sur la mort de Chebeya

    RDC : action en justice pour relancer l’enquête sur la mort de Chebeya

    John Numbi et Feu Chebeya
    John Numbi et Feu Chebeya

    -La famille du défenseur des droits de l’Homme congolais Floribert Chebeya, assassiné en juin 2010 à Kinshasa, a lancé vendredi une procédure judiciaire destinée à obtenir un complément d’enquête afin de faire toute la lumière sur sa mort, a-t-on appris auprès de son avocat.

    Me Jean-Joseph Mukendi a indiqué à des journalistes avoir déposé devant la Cour suprême de justice congolaise une “requête de prise à partie” contre le procureur général de la justice militaire, chargée d’instruire l’affaire.

    Cette procédure vise à obtenir que le général John Numbi, ancien chef de la police congolaise, soit entendu au cours de l’instruction.

    Fondateur de l’ONG La voix des sans voix (VSV), Floribert Chebeya avait été retrouvé mort dans sa voiture en périphérie de Kinshasa le 2 juin 2010. La veille, il s’était rendu à l’inspection générale de la police congolaise, avec son chauffeur, Fidèle Bazana, pour y rencontrer le général Numbi.

    A l’issue d’une enquête dénoncée comme bâclée par les parties civiles, des organisations de défense des droits de l’Homme et plusieurs chancelleries occidentales, cinq policiers ont été condamnés en 2011 (quatre à mort et un à la prison à vie) pour le meurtre de Chebeya et de Bazana, dont le corps n’a jamais été retrouvé.

    Les plaignants avaient demandé en vain la comparution du général Numbi : celui-ci avait été étendu par le tribunal comme simple témoin.

    En 2012, l’un des condamnés à mort, alors en fuite et réfugié aujourd’hui au Sénégal, avait mis en cause le général dans la fin tragique de Chebeya et Bazana. Sur la base de son témoignage, la famille de Chebeya a déposé une plainte visant l’officier la même année et attend depuis lors – en dénonçant un “déni de justice” – que la justice militaire (compétente pour les affaires impliquant des policiers) rouvre l’enquête.

    “Le souci de la famille Chebeya est uniquement la découverte de la vérité”, a déclaré Me Mukendi, “c’est dans ce souci de vérité [… que] nous avons déposé une plainte”.

    Le général Numbi a toujours affirmé n’avoir jamais rencontré Chebeya. Lors du procès, il avait déclaré ne lui avoir “jamais” donné rendez-vous. Suspendu de ses fonctions quelques jours après le meurtre, qui avait suscité une vive consternation en RDC et à l’étranger, le général a été officiellement démis en décembre 2013.

    Commencé en juin 2012, le procès en appel des cinq policiers condamnés en première instance (dont trois sont en fuite) a été suspendu en mai 2013. Il doit reprendre le 21 avril à Kinshasa devant la Haute Cour militaire congolaise.

    (AFP)

  • Chrétiens persécutés : le pape et le Vatican dénoncent le “silence complice”

    Chrétiens persécutés : le pape et le Vatican dénoncent le “silence complice”

    pape-Le pape François et le Vatican ont haussé le ton en célébrant Pâques, contre “le silence complice” et “l’indifférence” devant la “furie jihadiste” qui frappe les chrétiens, et vient encore de se déchaîner au Kenya.

    Le pape argentin, qui a commémoré vendredi la “passion du Christ” (sa crucifixion à Jérusalem), devait présider samedi soir la Veillée pascale, qui célèbre, selon la croyance chrétienne, la résurrection de Jésus.

    Sous le choc de la tragédie du Kenya, la dénonciation de la violence jihadiste a pris le pas sur tous les autres thèmes de paix et de justice évoqués à Pâques.

    Jorge Bergoglio a condamné dès vendredi matin la “brutalité insensée” du massacre des jihadistes Shebab contre les étudiants de Garissa dans l’est du Kenya, qui a fait 148 morts. “Tous les responsables doivent redoubler leurs efforts afin de mettre un terme à une telle violence”, a demandé le chef d’1,2 milliard de catholiques.

    Avant d’exécuter froidement leurs victimes, les Shebab ont séparé les musulmans des non-musulmans en fonction de leurs habits, et gardé en otage les seconds. “+Nous ne craignons pas la mort, cela va être de bonnes vacances de Pâques pour nous+”, ont ironisé les assaillants, d’après le témoignage d’un survivant.

    Au Vatican, on s’irrite du fait que la multiplication des persécutions de chrétiens –par des individus ou des groupes islamistes– de l’Irak au Kenya en passant par la Libye, le Pakistan ou le Nigeria, ne soit pas plus dénoncée, y compris par les autorités occidentales et musulmanes.

    “Aujourd’hui nous voyons nos frères persécutés, décapités et crucifiés pour leur foi en Toi, sous nos yeux ou souvent avec notre silence complice”, a accusé d’une voix sombre Jorge Bergoglio à la fin du Chemin de Croix vendredi soir au Colisée, s’adressant au Christ, “prince de la paix”.

    Les méditations de cette “Via Crucis” retransmise en mondiovision, ont rappelé que “des hommes et femmes sont emprisonnés, condamnés ou même tués seulement parce qu’ils sont croyants”.

    “Ils n’ont pas honte de la Croix. Ils sont de magnifiques exemples”, proclamait un lecteur, citant l’exemple du “martyr” catholique pakistanais, l’ancien ministre pour les minorités Shahbaz Bahtti, assassiné le 2 mars 2011.

    Auparavant, lors d’une célébration solennelle dans la basilique Saint-Pierre, “la furie jihadiste” avait été dénoncée. Le prédicateur de la Maison pontificale, le prêtre franciscain italien Raniero Cantalamessa, avait rappelé les 21 coptes égyptiens assassinés en février par un groupe jihadiste en Libye “en “murmurant le nom de Jésus”.

    ‘Victimes désignées’

    “Les chrétiens ne sont certainement pas les seules victimes, mais on ne peut ignorer qu’ils sont les victimes désignées et les plus fréquentes dans de nombreux pays”, avait-il fustigé.

    “Qui a à coeur le sort de sa propre religion ne peut demeurer indifférent”, avait-il ajouté dans un propos qui paraissait s’adresser aussi aux musulmans.

    Le Vatican -notamment par la bouche de l’énergique ministre du dialogue interreligieux, le cardinal français Jean-Louis Tauran- ne cesse de plaider pour que ses interlocuteurs musulmans comme l’université sunnite Al-Azhar du Caire prennent position plus clairement, en se distançant des islamistes et de toute persécution anti-chrétienne.

    La prise surprise de la ville irakienne de Mossoul, à l’été dernier, par le groupe Etat islamique (EI) a été un tournant. Il a conduit le Saint-Siège à se montrer plus incisif face aux ambiguités de certaines autorités musulmanes.

    En décembre, François avait demandé à “tous les dirigeants musulmans du monde, politiques, religieux, universitaires” à “se prononcer clairement” contre la violence jihadiste. Il prenait soin de parler des autres minorités religieuses persécutées comme les yazidis.

    Récemment, le souverain pontife reprochait à la communauté internationale de “vouloir cacher” les persécutions contre les chrétiens.

    Selon un éditorial du quotidien La Stampa, “l’islam doit bannir des mosquées ceux qui prèchent le terrorisme. Trop souvent derrière les condamnations du terrorisme par le monde musulman résonne l’écho d’une compréhension. L’islam doit sortir de l’ambiguité”.

    D’après l’organisation protestante Portes ouvertes (Open Doors), en moyenne chaque mois, 322 chrétiens sont tués en raison de leur religion, et 214 églises détruites ou endommagées, notamment en Afrique.

    En 2014, 4.334 chrétiens de toutes confessions (catholiques, protestants, anglicans, orthodoxes) ont été tués, dont 2.484 au Nigeria, 2.484 en Centrafrique, 271 en Syrie, 119 au Kenya et 87 en Irak, selon son rapport annuel World Watch Monitor.

    (AFP)