Author: Don Kayembe

  • Paule Kagame: Scènes de liesse à Goma suite à une rumeur sur la mort de Kagamé

    Paule Kagame: Scènes de liesse à Goma suite à une rumeur sur la mort de Kagamé

    cerceuil- kagame-À la suite d’une folle rumeur sur la mort du président rwandais Paul Kagamé, des habitants de Goma, dans l’est de la RDC, sont descendus vendredi dans les rues de la ville pour manifester leur joie. Une “fausse nouvelle” rapidement démentie par Kigali. Mais comment et pourquoi celle-ci s’est-elle propagée ?

    C’est l’histoire d’une folle rumeur sur la mort du président rwandais Paul Kagamé. Celle-ci s’est propagée, le 10 janvier, dans l’est de la RDC. À Goma, Beni et Butembo, des habitants sont descendus dans les rues pour “célébrer la disparition” de celui qu’ils accusent d’être “le parrain des rébellions” à répétition dans le Kivu.

    Les autorités rwandaises ont vite démenti la “fausse nouvelle”, assurant que le président Paul Kagamé “se porte bien” et qu’il a même reçu dans la matinée des étudiants américains dans le cadre d’audiences prévues de longue date.

    Mais d’où est venue la rumeur ? Les réseaux sociaux sont vraisemblablement en cause. Des tweets ont indiqué tôt le matin la disparition de l’homme fort de Kigali, mais en se fondant sur la “page nécrologique anticipée” de Paul Kagamé sur le site Necropedia.

    Et le président rwandais de se trouver, le 10 janvier, en tête des “nécrologies anticipées les plus populaires”, au milieu d’autres :

    Sauf qu’”une nécrologie anticipée est par définition rédigée avant le décès de la personne”, avertit Necropedia, qui souligne qu’”il ne s’agit en aucun cas ici de l’annonce d’un décès, ni de son anticipation”. Sur chacune de ses pages nécrologiques, le site précise également que “ce qui suit n’est pas de l’information. Personne n’est mort”.

    Une précision qui a visiblement échappé à toutes les personnes descendues dans les rues de principales villes du Nord-Kivu. Pour eux, Paul Kagamé était bien mort. À Goma, des jeunes ont même défilé avec un cercueil, suggérant qu’ils allaient enterrer le président rwandais.

    Un camion de la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco) a même été “réquisitionné” par la population, rapporte Esther Nsapu, une journaliste sur place. “Des écoles ont fermé leurs portes”, ajoute-t-elle.

    Depuis New-York, Olivier Nduhungirehe, le représentant adjoint du Rwanda aux Nations unies, a réagi sur son compte twitter. Il a regretté que la population de Goma soit encore “bloquée au Moyen-âge : l’information y circule par pigeons voyageurs.”

    Avec Jeune Afrique

  • Assassinat de Mamadou Ndala, une affaire de sous ?- l’enquête s’oriente vers la piste FARDC

    Assassinat de Mamadou Ndala, une affaire de sous ?- l’enquête s’oriente vers la piste FARDC

    ndala-kabila-L’enquête sur l’assassinat du colonel Mamadou Ndala se poursuit à Beni, dans l’est de la RDC. Loin de la version officielle de départ, qui attribuait l’attaque à la roquette ayant tué l’officier aux rebelles ougandais de l’ADF, la piste d’un règlement des comptes au sein de l’armée paraît désormais la plus “sérieuse”.

    “Nous sommes sur une piste sérieuse.” Richard Muyej, le ministre congolais en charge notamment de la Sécurité, ne nous en dira pas plus. Comme lui, la plupart des responsables congolais restent discrets sur l’avancée de l’enquête ouverte à la suite de l’attaque à la roquette, le 2 janvier, contre la jeep du colonel Mamadou Ndala, à quelque 10 km de la ville de Beni, dans l’est de la RDC.

    Une vidéo tournée quelques minutes après l’attaque (certaines images peuvent choquer) :

    Hypothèse ADF jugée “pas crédible”

    Quelle est la “piste sérieuse” dont parle le ministre ? Une chose semble acquise : il ne s’agit plus de celle qui accusait les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF) de la mort de l’officier, auréolé du renouveau des Forces armées de la RDC (FARDC). Une source proche de l’enquête le confirme à Jeune Afrique. “L’hypothèse des ADF, annoncée par Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement congolais, est en train d’être abandonnée car jugée hâtive et peu convaincante.” Et notre interlocuteur d’ajouter : “La zone [où a lieu l’attaque] était suffisamment occupée par les militaires des FARDC et les assaillants auraient été aperçus portant l’ancienne tenue de couleur verte de l’armée.”

    Mamadou Ndala craignait d’être trahi par ses propres frères d’armes.

    Me Omar Kavota, porte-parole de la société civile de Beni

    Même pour la société civile locale (associations, syndicats…), l’hypothèse d’une attaque ADF n’est pas crédible. Me Omar Kavota, son porte-parole, un des premiers à mettre en doute la version officielle attribuant d’emblée l’attaque aux rebelles ougandais, affirme que “les FARDC avaient déjà ratissé le terrain une semaine plus tôt et s’étaient déployées jusqu’à une soixantaine de kilomètres de Beni.” Selon lui, il faut donc chercher ailleurs les auteurs de l’attentat. “Au sein des FARDC, voire au-delà”, lâche-t-il. Me Kavota dit avoir rencontré, le 23 décembre, le colonel Mamadou Ndala au Rock Hôtel de Beni. “Il était confiant et déterminé à traquer les ADF comme il avait fait avec le M23 [Mouvement du 23-Mars, rébellion récemment défaite, NDRL]. Mais il craignait d’être trahi par ses propres frères d’armes”, se souvient-il.

    La révanche des ex-CNDP ?

    Crainte légitime ? Les premiers éléments de l’enquête semblent le démontrer. Des officiers de l’armée sont en effet soupçonnés d’avoir commandité l’attaque. Après qu’on a retrouvé le téléphone portable de son garde du corps sur le lieu de l’attaque, le colonel Tito Bizuru, numéro un des FARDC dans la ville de Beni, a été mis aux arrêts. Cet officier est un ancien rebelle du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple). Il avait réintégré l’armée en 2009 après la signature de l’accord du 23 mars qui avait mis fin à la rébellion de Laurent Nkunda.

    L’heure est à la suspicion au sein des FARDC. Et les ex-CNDP ne sont pas les seuls suspects.

    Après la mutinerie menée par plusieurs ex-combattants du CNDP en avril 2012, déclenchant la rébellion du M23, le colonel Bizuru n’avait pas fait défection. “Mais rien n’indique qu’il n’était pas resté en intelligence avec ses amis”, tacle un officier de l’armée à Beni qui a requis l’anonymat. Pour lui, “l’assassinat de Mamadou Ndala est un règlement de comptes des ex-CNDP, pour la plupart rwandophones, contre celui qui a vaincu le M23 qui bénéficiait du soutien du Rwanda”, accuse-t-il.

    L’heure est à la suspicion au sein des FARDC. Et les ex-CNDP ne sont pas les seuls suspects. L’étau se resserre également autour du général Muhindo, alias Mundos, commandant du secteur opérationnel à Beni. On reproche surtout à cet ancien commandant de la garde républicaine à Goma de “n’avoir pas mené avec vigueur la traque des assaillants du colonel assassiné”. Des rumeurs ont fait état de sa fuite, mais aux dernières nouvelles l’officier hundé était toujours dans la ville.

    Une affaire de sous ?

    Entretemps, d’autres arrestations et interpellations ont eu lieu. La dernière en date, celle d’un certain Lieutenant Kelvin, chef des services de renseignements militaires à Beni, est intervenue le 8 janvier dans la matinée. À en croire une source militaire sur place, l’officier aurait déclaré “avoir des informations sur les personnes qui ont planifié l’assassinat de Mamadou Ndala ainsi que sur la provenance de 300 000 dollars qui auraient été versés pour motiver certains soldats à exécuter ce plan”. Une piste que les enquêteurs prendraient “très au sérieux”, souligne notre source.

    S’agirait-il donc d’une simple affaire de sous ? Un élu local estime que les officiers militaires de Beni n’ont pas vu d’un bon oeil l’arrivée sur leur territoire du colonel Mamadou Ndala et de ses hommes. “Pour eux, Mamadou Ndala venait faire un job qu’ils n’ont pas pu faire : neutraliser l’ADF”.  “Depuis 2009 (date de leur affectation), ils ont transformé la zone d’opération de Ruwenzori – où se cachent les rebelles ougandais – en zone de commerce”, affirme-t-il, dénonçant des “arrangements” entre le commandement militaire de Beni et les chefs rebelles de l’ADF. L’enquête qui est en cours devra donc également apporter toute la lumière sur ces prétendues collusions contre-nature entre certains chefs de l’armée dans l’est de la RDC et les hommes de Jamil Mukulu.

    Avec Jeune Afrique

  • L’infiltration de combattants venus de Centrafrique inquiète la Monusco

    L’infiltration de combattants venus de Centrafrique inquiète la Monusco

    Seleka-RCA-La Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco) s’est dite mercredi inquiète de l’infiltration dans le nord du territoire congolais d’éléments armés venus de Centrafrique, craignant un effet déstabilisateur.

    Dans la province de l’Équateur (nord-ouest), “il y a des infiltrations d’éléments armés, des ex-FACA [Forces armées de la Centrafrique, NDLR], qui sont en train de traverser, qui sont déjà en RDC”, a déclaré le général Abdallah Wafi, le représentant spécial adjoint de l’ONU au Congo, lors d’une conférence de presse tenue le 8 janvier à Kinshasa.

    La FACA était le nom de l’armée centrafricaine jusqu’au renversement du président François Bozizé par la coalition rebelle Séléka en mars 2013.

    “Des ex-Séléka déjà présents en RDC”

    Dans la Province-Orientale (nord-est), “des éléments de la Séléka […] sont déjà sur le territoire congolais : leur présence a été signalée dans certaines localités (…) et des populations commencent à fuir ces zones-là”, a affirmé le général Abdallah Wafi, sans donner de précisions sur le nombre de ces combattants ni sur l’ampleur des déplacements de population.

    En mars 2013, aux premières heures de la prise de Bangui par la Séléka, des ex-soldats de la FACA s’étaient enfuis avec armes et bagages pour se réfugier de l’autre côté du fleuve Oubangui qui marque la frontière, dans la province de l’Équateur, a rappelé le responsable onusien.

    Le général Abdallah Wafi a dit partager la “préoccupation” d’un journaliste congolais qui lui demandait s’il ne fallait pas craindre que l’afflux, dans la partie nord du pays, de réfugiés et d’éléments armés venus de Centrafrique n’ait à long terme les mêmes effets que les mouvements de population et de guerriers en provenance du Rwanda à la suite du génocide de 1994. Leur venue est en grande partie à l’origine des maux dans le Kivu, déchiré par les conflits depuis près de vingt ans.

    Coup de force

    “Il faut prendre toutes les dispositions pour que ce qui s’est passé dans l’Est de la RDC ne se reproduise pas aujourd’hui dans l’Équateur ou la Province-Orientale”, a-t-il ajouté. “Ce qui nous préoccupe, a-t-il précisé cependant, c’est l’ensemble de la situation en RDC”, surtout après le coup de force apparent du 30 décembre qui a vu des insurgés lancer plusieurs attaques à Kinshasa, ainsi qu’à Lubumbashi, deuxième ville du pays, et à Kindu, réprimées dans le sang par les autorités.

    Contactée, Céline Schmitt, porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) à Kinshasa, a indiqué que la barre des 50 000 réfugiés centrafricains en RDC avait été franchie en décembre. Elle a également indiqué que plus de 3 000 citoyens congolais de Bangui étaient rentrés en RDC depuis le 31 décembre.

    “Le HCR, a-t-elle ajouté, a construit des structures d’urgence pour les héberger à Zongo, la ville qui fait face à la capitale centrafricaine sur la rive gauche de l’Oubangui.”

    (AFP)

  • Forte tension à Lubumbashi après de nouveaux combats- On cite John Numbi

    Forte tension à Lubumbashi après de nouveaux combats- On cite John Numbi

    John (Jean)  Numbi
    John (Jean) Numbi

    –Après les fidèles du pasteur, attaque de la ferme du Président et assaut des Bakata Katanga.

    Une forte tension règne en ce début d’année à Lubumbashi, capitale du Katanga, où certaines entreprises invitent leur personnel à ne pas circuler le soir.Après les meurtrières confrontations, il y a une semaine, entre forces de l’ordre et fidèles du pasteur Mukungubila (voir “La Libre” des 31 décembre et 2 janvier), des heurts auraient eu lieu le week-end dernier à la ferme du président Kabila, située à quelques dizaines de kilomètres de la ville en direction de la Zambie.

    Selon notre source, les assaillants pensaient que le chef de l’Etat serait présent, à tort. Des fuites auraient en effet permis à des militaires du chef de l’Etat de préparer “l’accueil” des agresseurs (“des troupes aguerries“, selon notre interlocuteur) qui auraient disparu après d’intenses échanges de tirs.

    De son côté, l’Agence France Presse cite un élu local, selon lequel des affrontements ont eu lieu dans la nuit de lundi à mardi entre l’armée et des Bakata Katanga, séparatistes katangais, à Kiziba, un village à une trentaine de kilomètres de Lubumbashi. Ces miliciens, souvent chargés de grigris et parmi lesquels figurent de nombreux adolescents, terrorisent la brousse du Nord-Katanga depuis des années. Début 2013, leurs attaques se sont rapprochées de Lubumbashi, prise pour cible à plusieurs reprises cette année.

    Selon “Jeune Afrique”, le dernier rapport des experts de l’Onu sur le Congo reprendrait l’accusation formulée le 26 mars 2013 par onze ONG locales qui avaient interrogé des détenus Bakata Katanga; ceux-ci affirmaient être appuyés par le général John Numbi, chef de la police congolaise originaire du Nord-Katanga et apparenté à un chef de milice qui sema la terreur dans la région, Makabé. Le général Numbi a été limogé en décembre dernier. Le 31 de ce mois, il avait démenti être complice du pasteur Mukungubila comme la rumeur le laissait alors entendre.

    Marie France Cross

  • Kabila ou M23 ? qui a tue Mamadou Ndala, l ’armée au coeur des soupçons

    Kabila ou M23 ? qui a tue Mamadou Ndala, l ’armée au coeur des soupçons

    ndla mamadou-Les premiers suspects arrêtés dans l’assassinat du colonel Mamadou Ndala sont tous des militaires de l’armée congolaise (FARDC). Un suspect, le général Moundos, un temps arrêté, s’évade avant d’être de nouveau placé en résidence surveillée à Beni.

    La Jeep de Mamadou Ndala après l’embuscade du 2 janvier 2014 © DR

    Qui a tué Mamadou Ndala ? Une semaine après l’assassinat du célèbre colonel de l’armée congolaise dans une embuscade au Nord-Kivu, de multiples interrogations demeurent sur les conditions et les commanditaires de l’attentat. La mort de Ndala, devenu entre temps « héros national« , a profondément choqué les Congolais. Ce colonel de l’armée régulière était considéré comme le principal artisan de la victoire des FARDC sur les rebelles du M23 en novembre 2013.

    « L’ancienne tenue des FARDC« 

    Quelques heures après l’annonce de la mort de Ndala, Kinshasa délivrait une première version. L’embuscade aurait été tendue par des rebelles ougandais (ADF-Nalu), présents dans la région et très actifs depuis la défaite du M23. Mais très vite, la piste ougandaise prend l’eau. Un garde du corps rescapé du colonel Ndala, le caporal Paul Safari, est  très affirmatif : « J’ai vu deux des assaillants, et ils portaient l’ancienne tenue verte des FARDC. Je ne crois pas que ce soit les ADF-Nalu« . Il faut dire également que les rebelles ougandais ne stationnaient pas directement sur le zone de l’attentat, mais plus loin, à une dizaine de kilomètres. Le mode opératoire ensuite, ressemble peu aux pratiques de ce groupe armé. La piste ADF-Nalu paraît donc peu crédible.

    « Aucun indice d’explosion« 

    Une deuxième zone d’ombre plane ensuite sur la version de l’embuscade délivrée par les autorités. Le véhicule du colonel Ndala aurait été touché par une roquette antichar. Au vue des images de l’attentat, cette théorie apparaît également bancale. Jean-Marie Ndambi, un expert en explosifs, consulté par le spécialiste de l’armée congolaise, Jean-Jacques Wondo, explique qu’un obus de roquette « contient une charge explosive qui s’enclenche au contact de sa cible. Dans le cas présent, on ne voit aucun indice d’explosion. Rien ne montre que ce véhicule a été touché par un obus d’une roquette antichar. Il a pris feu comme un véhicule incendié« . Apparaît alors une autre hypothèse sur la mort du colonel Ndala : l’assassinat à bout portant par un militaire de l’armée congolaise. Les images du corps carbonisé de Mamadou Ndala,  à côté de son véhicule, fait dire à Jean-Jacques Wondo que « le véhicule a été aspergé de matières inflammables, afin de masquer, les traces des balles sur le corps« .

    Kabila ou M23 ?

    La question est maintenant de savoir qui se cache derrière l’assassinat de Ndala ? A Goma, où la personnalité de Ndala a été élevée au rang de « sauveur de la RDC« ,  les regards se tournent vers Joseph Kabila. Le président congolais aurait été « gêné » par la popularité du colonel, présenté comme le vainqueur de la guerre contre le M23. Il faut dire que  Joseph Kabila a brillé par son absence sur le terrain pendant toute la guerre au Kivu. Lors de sa venue à Goma, le « héros«   acclamé par la population s’appelait Mamadou Ndala et non Joseph Kabila. Une autre piste évoque les rebelles du M23  qui auraient pu se venger de leur défaite face aux FARDC. Une thèse peu plausible dans l’état actuel de recomposition de la rébellion, très divisée. D’autant plus que pour le M23, la victoire des FARDC est plutôt à attribuer au soutien logistique de l’ONU sur le terrain.

    La piste Moundos

    Reste une dernière théorie. L’assassinat de Mamadou Ndal serait l’oeuvre d’un  règlement de compte à l’intérieur de l’armée congolaise. Une piste accréditée par les premières arrestations toutes effectuées au sein des FARDC. Les enquêteurs ont d’abord mis la main sur le colonel Tito Bizuru Ogabo et sur un garde du corps de Ndala. Mais il y a une piste plus sérieuse qui se dessine autour d’un militaire : le général Moundos, de la garde républicaine. Un temps interpellé, il se serait échappé avant d’être rattrapé et placé en résidence surveillée au camp militaire Mangango de Beni. Moundos était dans la région à la tête d’un bataillon envoyé par Joseph Kabila pour prêter main forte au colonel Mamadou Ndala au Nord-Kivu. Une « rivalité » entre les deux hommes est évoquée par plusieurs sources. D’autres pensent que Moundos aurait pu être « la main » du président congolais dans cette affaire.

    L’autre affaire Moundos

    Moundos apparaît également dans une autre affaire trouble, plus ancienne. Il s’agit du meurtre de l’homme d’affaire tutsi, Albert Prigogine, en 2008. Moundos est cité par l’avocat de la famille, comme le possible « organisateur » de l’assassinat de Prigogine. Le colonel Moundos (il n’était pas encore général), était alors le beau-frère de Musanganya, « un homme d’affaires connu de la place, avec lequel la victime était en conflit depuis plusieurs années ». Dans l’affaire Mamadou Ndala, l’arrestation de Moundos et surtout son évasion ne plaide pas beaucoup en sa faveur. La piste Moundos est sans doute la plus sérieuse à ce jour.

    Pas de résurrection pour les FARDC

    En dehors des suspects potentiels, l’assassinat de Mamadou Ndala constitue avant tout le révélateur de l’état de l’armée congolaise. Pour Thierry Vircoulon, responsable de l’Afrique centrale pour International Crisis Group (ICG), « l’embuscade dans laquelle est tombée Ndala remet en cause l’image des unités qui ont combattu le M23. Sur la vidéo de l’attaque, l’attitude des soldats congolais n’est pas très professionnelle. Si on ajoute à cela les soupçons d’une responsabilité interne à l’armée, nous sommes donc encore loin de la résurrection des FARDC comme on veut bien nous le dire. Les problèmes de l’armée restent entiers. »

    Entre le coup de force raté du 30 décembre, le regain de violence au Katanga et au Nord-Kivu et enfin l’assassinat du colonel Mamadou Ndala, l »année 2014 commence au plus mal pour le président Joseph Kabila. Après l’éphémère victoire de l’armée sur le M23, la RDC doit de  nouveau affronter une nouvelle zone de turbulence et attend toujours la formation d’un nouveau gouvernement.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • Révélations du gouvernement à la question d’actualité du sénateur Mutinga

    Révélations du gouvernement à la question d’actualité du sénateur Mutinga

    Senat Congolais
    Senat Congolais

    –Les services étaient au courant des attaques du 30 décembre. Qu’est-ce qui s’est passé le lundi 30 décembre 2013 ? C’est la quintessence de la question d’actualité que le sénateur Mutinga, également rapporteur de la Chambre haute du Parlement, a adressé simultanément au vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et au ministre de l’Intérieur. Dans leurs réponses, ces derniers ont fait des révélations, notamment, les services de sécurité et de défense étaient tous au courant de ces attaques qui ont causé mort d’homme et créé la psychose au sein de la population. Question : si tel est le cas, pourquoi a-t-on donc laissé faire, alors qu’on pouvait anticiper et étouffer le mal dans l’œuf ? Suspense !

    Contrairement à toutes les versions distillées dans l’opinion en rapport avec les attaques perpétrées le lundi 30 décembre 2013 simultanément à Kinshasa, Lubumbashi, Kolwezi et Kindu, le gouvernement vient finalement de rendre publique la version officielle des faits à la suite de la question d’actualité du sénateur Modeste Mutinga Mutuishayi. Hier mercredi, Alexandre Luba Ntambo, vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale, Richard Muyej Mangez, ministre de l’Intérieur, ont de la manière la plus officielle présenté à la nation le film des événements du lundi 30 décembre 2013.

    Que retenir des interventions de ces deux membres du gouvernement ? En tout cas, une chose – et c’est l’essentiel : les services de la défense et de sécurité étaient tous au courant de ce qui se tramait.

    Unanimement, les deux membres du gouvernement ont reconnu que les attaques du 30 décembre n’ont pas été une surprise d’autant que les services commis à la défense et à la sécurité du territoire national suivaient le mouvement des instigateurs. Autrement dit, les services étaient conscients de l’imminence de l’attaque, surtout qu’ils étaient au courant des dates projetées pour passer à l’action.

    Les membres du gouvernement ont tenté de balayer d’un revers de la main la première préoccupation du sénateur Mutinga, clairement exprimée en ces termes : « Etant donné que les attaques se sont déroulées de manière simultanée dans trois provinces, nous sommes en droit de conclure qu’il s’agissait d’une action planifiée et coordonnée. Comment nos services, dont on connaît l’efficacité habituelle, n’ont-ils pas eu vent de la préparation de ce complot afin de l’étouffer dans l’œuf ? »

    Pour le vice-Premier ministre et ministre de la Défense nationale, « les assaillants n’ont nullement surpris les forces de défense et de sécurité », alors que pour son collègue de l’Intérieur, « nos services étaient effectivement informés de la menace que présentait « le ministère de la Restauration » du prophète Mukungubila Mutombo ». Ce qui, selon lui, « a justifié la prise en charge de l’intéressé ».

    LES ZONES  D’OMBRE

    Seulement voilà. Si tel était le cas, pourquoi n’a-t-on pas anticipé ?  Pourquoi a-t-on laissé pourrir la situation jusqu’à subir les attaques du 30 décembre 2013 alors que l’on pouvait les empêcher et cueillir les insurgés sans qu’il y ait écoulement de sang ? Autant de questions qui taraudent les esprits, davantage ravivées avec les nouvelles révélations des membres du gouvernement. Que les services de défense et de sécurité aient été au courant, cela suppose qu’on pouvait bien éviter la centaine de morts qu’on a enregistrée dans cette journée.

    Par ailleurs, un os est survenu dans l’argumentaire des délégués du gouvernement à la Chambre haute du Parlement. Ils ont fait état une commission ad hoc qui devait apporter toute la lumière sur ce qui ce qui s’est réellement passé le 30 décembre 2013, simultanément à Kinshasa, Kindu, Lubumbashi et Kolwezi. « La suite de l’enquête, promet Alexandre Luba, permettra au gouvernement d’en savoir davantage sur les responsabilités, sur les ramifications et autres complicités éventuelles ». Point de vue également exprimé par Richard Muyej pour qui « les conclusions (de cette commission) détermineront le degré de responsabilité des uns et des autres ».

    Cette annonce aussi rassurante soit-elle laisse ouverte la voie à toutes sortes de supputations. C’est surtout sur l’absence d’une action de dissuasion du moment que les services de renseignements avaient fait leur travail. Ne dit-on pas que mieux prévenir que guérir?

    Le ministre de l’Intérieur trouve cependant une bonne raison de se défendre. Selon lui, « dès qu’il y a eu des indices d’insécurité, toutes affaires cessantes, les services de sécurité et de défense se sont déployés pour neutraliser les assaillants et rétablir ainsi l’ordre public qui était perturbé dans trois provinces ». « Le plus important à retenir, souligne-t-il, est que ces services se sont montrés à la hauteur de la tâche, comme en témoigne aujourd’hui la quiétude qui règne au sein de cet Hémicycle ». Soit !

    Toutefois, la question d’actualité du sénateur Mutinga a permis de lever un pan de voile sur les événements survenus le 30 décembre 2013. Les réponses de deux membres du gouvernement à la tribune du Sénat ont soulevé bien des préoccupations et non des moindres. Il s’agit de chercher à comprendre pourquoi les services de défense et de sécurité n’ont pas précédé ces événements ? N’avaient-ils pas reçu les ordres ?

    Ou cherchaient-ils encore à en savoir plus lorsque les assaillants sont entrés en action ?

    Cela laisse entrevoir l’existence des hics sinon des zones d’ombre autour de ces attaques. Le gouvernement se devait de crever l’abcès pour tirer cette affaire au clair. Peut-être la réponse viendra de la commission ad hoc, mise en place à cet effet.

    En encadré, la question d’actualité du sénateur Mutinga et la reconstitution telle que présentée par le ministre de l’Intérieur.

    Le Potentiel

  • Enquête sur l’assassinat de Mamadou : le général Moundos rattrapé par les commandos

    Enquête sur l’assassinat de Mamadou : le général Moundos rattrapé par les commandos

    commandosgk-is-87-Le général Moundos cité dans l’affaire de l’assassinat de feu général Mamadou Ndala a été rattrapé par les commandos de la branche du vaillant combattant abattu, lesquels se sont mis à ses trousses de l’annonce de sa fuite.

    L’officier supérieur avait disparu hier avant de se faire arrêter 24 heures après.

    Il serait en résidence surveillée au camp militaire Mangango de Beni, a indiqué une source militaire sous couvert de l’anonymat. Des officiels civils et militaires de la province ainsi que le patron de la Monusco sont descendus mardi à Beni pour s’informer comment et pourquoi Mamadou Ndala a été assassiné. Aussitôt arrivé, le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku a rassuré la population de Beni et Butembo que tout sera mis en œuvre pour que les auteurs de l’assassinat du général Mamadou Ndala répondent de leurs actes devant la justice.

    En outre, il a confirmé que  la traque des rebelles ougandais des Adf-Nalu sera menée avec la même détermination comme celle du M23. Pour sa part, le patron de la Monusco, Martin Kobler a apaisé la population de Beni sur la détermination des Nations  Unies à enrayer l’insécurité dans toute cette zone. Par la même occasion, il a réitéré le soutien de la Monusco à la population et  aux Fardc pour le retour rapide de la paix au Nord-Kivu.

    Du 7X7.CD

  • UDPS: Arrestation d’un haut responsable du premier parti d’opposition (UDPS)

    UDPS: Arrestation d’un haut responsable du premier parti d’opposition (UDPS)

    Logo_UDPS– Un haut responsable du principal parti d’opposition en République démocratique du Congo, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a été arrêté dans le centre du pays et transféré à Kinshasa, où il est détenu dans un lieu inconnu, a annoncé mardi cette formation.

    « Bruno Kabatshi, président fédéral de l’UDPS au Kasaï-oriental, a été arrêté le 2 janvier après un débat contradictoire avec un membre du PPRD » (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, au pouvoir), a affirmé à l’AFP Augustin Kabuya, porte-parole adjoint de l’UDPS.

    « Il s’est bien défendu. Après l’émission, il a été arrêté sur ordre du gouverneur de la province (Alphonse Ngoy Kasanji). On l’a acheminé directement à l’aéroport et on l’a transféré à Kinshasa à bord d’un avion cargo. Jusqu’à présent, on ne sait pas où il est », a ajouté M. Kabuya.

    Le chef de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, 81 ans, est né au Kasaï-occidental, province riche en diamants, comme sa voisine du Kasaï-oriental, mais dont les habitants sont très pauvres.

    Il rejette le résultat de la présidentielle et des législatives contestées du 28 novembre 2011, qui ont permis au président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se maintenir à la tête de l’Etat. Selon les résultats officiels, M. Tshisekedi était arrivé en deuxième place lors de cette présidentielle qui s’était jouée à un tour.

    AFP

  • Katanga en proie à de nouveaux combats

    Katanga en proie à de nouveaux combats

    Mai_Mai_Katanga-De violents affrontements ont opposé les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à des Maï-Maï Bakata Katanga dans la nuit de lundi à mardi 7 janvier, à la frontière entre la commune et le territoire de Kipushi, dans le village de Kiziba, près de Lubumbashi, la deuxième ville de la République démocratique du Congo.

    Kiziba est situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de cette ville, capitale du Katanga, riche et instable province minière. Un porte-parole militaire a confirmé qu’il y avait eu des combats, mais il a refusé de communiquer le moindre élément d’information complémentaire.

    UN CONTEXTE TROUBLÉ

    Des combats se sont aussi déroulés le 4 janvier dans la région du Katanga, région la plus riche du pays mais dont les ressources sont inégalement réparties entre le Sud, riche en cuivre et en cobalt, et le Nord, très déshérité.

    Originaires du nord de la province et sécessionnistes, les Bakata Katanga attaquent régulièrement des objectifs militaires. En mars et en novembre, ils ont été à l’origine de combats qui ont fait plusieurs dizaines de morts en plein centre de Lubumbashi, ville où les accrochages armés sont fréquents.

    Ces affrontements se sont déroulés dans un contexte troublé en RDC où une série d’attaques qualifiée d’« offensive terroriste » par le gouvernement avait fait plus de cent morts, lundi 30 décembre. 

    Des attaques avaient été signalées dans la capitale, Kinshasa, maus aussi à Lubumbashi, puis à l’aéroport international de Njili, et à celui de Kindu, capitale de la province diamantifère du Maniema, dans l’est du pays. De nombreux assaillants à Kinshasa se sont réclamés du pasteur Joseph Mukungubila Mutombo, qui se surnomme « prophète de l’Eternel » et a été candidat à la présidentielle de 2006 remportée par Joseph Kabila.

    Le Monde.fr