Author: Don Kayembe

  • CÔTE D’IVOIRE :  LE FPI ANNONCE LA CANDIDATURE DE LAURENT GBAGBO POUR L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2015.

    CÔTE D’IVOIRE : LE FPI ANNONCE LA CANDIDATURE DE LAURENT GBAGBO POUR L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2015.

    Gbagbo Laurebt-Laurent Gbagbo peut-il retourner en Côte d’ivoire en cette année 2014 afin de pouvoir prendre par aux élections présidentielles de 2015 ? Difficile de l’affirmer quand on sait qu’il est détenu par la « Cour Pénale Internationale (CPI) » à la Haye depuis plus de deux ans et qu’il est en instance de jugement. Mais ses partisans ne désespèrent pas. Ils continuent de croire dur comme fer que l’ancien Président de la Côte d’ivoire peut toujours opérer un retour au pays dans le cadre de la prochaine élection présidentielle d’octobre 2015 pour laquelle il devra être théoriquement candidat du « Front Populaire ivoirien (FPI) ».

    Et ils l’ont fait savoir samedi à Abidjan dans la Commune de Yopougon au cours d’un meeting marquant le premier anniversaire de l’arrestation de Charles Blé Goudé et qui a rassemblé environ 500 mille militants et sympathisants de Laurent Gbagbo. En effet, Charles Blé Goudé, le leader des jeunes patriotes a été arrêté le 17 janvier 2013 au Ghana, puis extradé le lendemain à Abidjan où il est depuis lors, gardé dans un lieu tenu au secret par les autorités ivoiriennes. Sa situation n’est pas encore clarifiée par les autorités ivoiriennes. Abidjan doit indiquer le 13 avril 2014 ce qu’il compte faire de l’ancien ministre de la jeunesse de Laurent Gbagbo et clarifié où il sera jugé.

    La « CPI » exige son transfert vers la Haye depuis quelques mois. Egalement au menu du meeting l’actualité politique du pays. Le meeting a été présidé par le Président du « Front populaire ivoirien (FPI) », Pascal Affi N’guessan et Michel Gbagbo, le fils de l’ancien Chef de l’État. M. N’guessan a fait remarqué l’échec de la dictature du pouvoir d’Alassane Ouattara et considère le dialogue politique en cours dans le pays comme un « processus de rétrocession du pouvoir » que le « FPI » a perdu en novembre 2010. Michel Gbagbo pour sa part a souligné que la libération de son père, Laurent Gbagbo est une « question d’intérêt national ».

    Quant au dialogue entre le gouvernement et le « FPI », il pense qu’il n’est pas possible tant que son père est en prison. C’est alors qu’Abou Cissé, présenté comme l’oncle de l’actuel Président ivoirien Alassane Ouattara, annonce que

    « Laurent Gbagbo sera libéré avant la fin de l’année (2014) » avant d’ajouter « qu’il sera candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2015 ». Mercredi dernier 15 janvier 2014, le gouvernement ivoirien et le « FPI » ont exprimé le leur détermination à trouver « des consensus » pour un contexte électoral « crédible » en 2015.

     

    Cordialement,
    La Direction du « RÉSEAU NERRATI-PRESS ».

  • BURKINA FASSO :  DÉMONSTRATION DE FORCE DE L’OPPOSITION CONTRE LA RÉFORME CONSTITUTIONNELLE.

    BURKINA FASSO : DÉMONSTRATION DE FORCE DE L’OPPOSITION CONTRE LA RÉFORME CONSTITUTIONNELLE.

    burkinabe-Très forte mobilisation dans les rues de plusieurs villes du Burkina Faso ce samedi 18 janvier 2014. Si la police parle de 10 000 manifestants, selon l’« Agence France-Presse », les organisateurs parlent, eux, de 250 000 personnes à Ouagadougou et 500 000 à travers le pays. L’opposition dénonce la révision de l’article 37 de la Constitution limitant à deux quinquennats les mandats présidentiels. Elle permettrait au président Blaise Compaoré de se présenter pour un troisième mandat en 2015. La manifestation s’est déroulée dans le calme à Ouagadougou, en présence des leaders historiques du parti présidentiel qui viennent de démissionner du « Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) ».

     Ils sont arrivés ensemble ce samedi matin 18 janvier 2014, ils étaient assis l’un à côté de l’autre pendant le meeting, Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition et Roch Marc Christian Kaboré, l’ancien président de l’Assemblée nationale qui a été ovationné par la foule. C’était impensable il y a quelques semaines encore.

    Derrière eux, des dizaines de milliers de personnes sous une pluie battante, une pluie hors saison qui fait dire aux manifestants que la journée est bénie. La marche s’est déroulée dans le calme. Beaucoup de détermination dans la foule. « On n’est pas là pour plaisanter, il faut que Blaise Compaoré renonce à son projet, qu’il termine son mandat et qu’il parte », lance un manifestant. « Depuis que je suis né, je n’ai connu qu’un seul président et j’ai un fils aujourd’hui », explique-t-il. « Vingt-sept ans, ça suffit ! », renchérit un jeune, sifflet à la bouche. « Nous sifflons la fin du match, pas question d’accepter qu’il joue les prolongations ».

    Ce samedi soir 18 janvier 2014, Zéphirin Diabré parle d’un jour « historique ». C’est la plus grande manifestation qu’ait connue le pays, selon lui. « Quelque chose est en train de se passer, ici, fait observer un leader de la société civile. L’opposition n’est plus petite au Burkina Faso ».

    Pour l’opposition, cette marche est déjà un succès et marque une nouvelle étape importante dans sa lutte : « Désormais, rien ne sera plus comme avant, car le pouvoir de Blaise Compaoré a tremblé ». Mais, rassure Hama Arba Diallo, « il n’y aura pas de chaos » si Blaise quitte le pouvoir, en réplique à « ceux qui agitent le chiffon rouge du chaos ». « Le changement n’entraînera aucun chaos », a aussi lancé Zéphirin à l’endroit des partenaires du Burkina Faso.

    La marche de ce 18 janvier 2014 intervient à un moment où les faiblesses se font voir au grand jour chez les adversaires de l’opposition, notamment le parti au pouvoir. Il se lisait dans les discours du jour un sentiment de victoire définitive sur le parti au pouvoir dont des anciens membres, démissionnaires, ont grossi les rangs des manifestants. Beaucoup les attendait à cette marche. Ils ont répondu présents, Roch et le Laarlé Naaba, dernier démissionnaire en date, aux côtés des autres chefs de partis d’opposition, Simon Compaoré un peu plus en retrait.

    Les démissionnaires du « CDP » ont été accueillis par la foule des manifestants et par les chefs de partis d’opposition, ce samedi 18 janvier 2014 Dans les discours, les allusions à la chute du « CDP », jusqu’à un passé récent qualifié de méga parti, se faisaient avec ironie et délectation. « Le caleçon du « CDP » est dehors, et c’est même un caleçon déchiré », a ironisé Zéphirin, qui a pour l’occasion salué  le courage des démissionnaires et invité   »tous ceux qui, au « CDP », sont saisis par le doute, et qui hésitent encore, à prendre leur courage à deux mains […] et à quitter le navire pendant qu’il est encore temps ».

     

    Cordialement,
    La Direction du « RÉSEAU NERRATI-PRESS

  • Un budget 2014 pour la RD Congo

    Un budget 2014 pour la RD Congo

    Parlementaires-Alors que le Parlement congolais vient de rendre caduc le projet de loi de finances pour l’exercice 2014 proposé par Premier ministre Augustin Matata Ponyo, le dernier ouvrage de Gaspard-Hubert Lonsi Koko intitulé « Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs » propose un contre-projet d’avant-garde et cohérent à l’attention des Congolaises et aux Congolais, dont le budget global s’élève à 7,75 milliards d’euros – soit 10,2 milliards de dollars US. Sachant que plusieurs milliards d’euros sont sans cesse gaspillés à cause de la corruption et du manque de rigueur dans la gestion de la chose publique, pour ce qui est de cette initiative, des précautions ont été prises afin que le budget 2014 puisse correspondre aux dépenses réelles et croître chaque année au profit du développement économique et du bien-être des populations.

    L’intérêt général

    Par rapport à l’exercice 2013, lequel avait accordé 4,62 milliards d’euros aux services de la présidence de la République et du Parlement, il serait plus logique de consacrer globalement 155 millions d’euros au Secrétariat général de la présidence de la République, au Secrétariat général du gouvernement et aux services chargés des relations avec le Parlement – soit 51,7 millions d’euros par an à chacune des trois structures. L’objectif poursuivi consiste avant tout à privilégier l’intérêt général dans tous les secteurs ministériels. En guise d’exemple, le ministère de la Justice, des droits humains et des libertés publiques disposera de 574,275 millions d’euros ; celui de l’Education nationale et de l’enseignement supérieur sera doté d’un budget de 875,750 millions d’euros ; le ministère de l’Agriculture, de la pêche, du développement rural, des PME/PMI aura 631,750 millions d’euros alors que celui de l’Energie, de l’eau, des mines et des hydrocarbures bénéficiera de 540,275 millions d’euros…

    La géostratégie et le progrès social

    Ayant à l’esprit à la fois la situation géostratégique et le contexte géopolitique, conscient du fait que la sécurité de la République Démocratique du Congo dépend en partie de la stabilité de ses voisins, M. Lonsi Koko estime que la diplomatie devra jouer un rôle déterminant. Ainsi un budget de 298,375 millions d’euros sera-t-il attribué au ministère des affaires étrangères. La finalité consistera, bien entendu, à mener à bien des négociations en vue de parvenir sur le plan régional à un pacte de stabilité des systèmes régionaux communs de sécurité et de défense.

    Par ailleurs, un budget important d’un montant de 2,52 milliards d’euros, soit 32,50 % du budget annuel qui est proposé au peuple congolais, sera consacré à la création d’emplois, à l’éducation nationale et à l’enseignement supérieur, ainsi qu’à la défense, la sécurité et la protection civile. Il est impératif de permettre la circulation des biens et des personnes dans l’espace national, facteur indispensable au développement économique et au progrès social.

    8,5 % de taux de croissance en 5 ans

    Tout a été bien pensé en amont pour que la croissance économique, très dégradée en République Démocratique du Congo à cause de l’incohérence des politiques ayant été menées depuis 2001, puisse progresser nettement de 10 % en 2014 à 18,25 % en 2019 – soit une évolution de 8,25 % en 5 ans. Rappelons que, selon les estimations du PIB réalisées à la fin décembre 2012, la croissance économique avait atteint le taux de 7,2 % alors qu’elle sera, au regard de la nouvelle vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands lacs africains, de 10 % en décembre 2014 – soit une hausse de 2,8 % – et de 11,65 % en 2015, au lieu de 10,5 % que prévoit le gouvernement de l’actuel Premier Ministre Augustin Matata Ponyo, soit une progression de 1,15 %.

    Les enjeux du troisième millénaire

    L’objectif du chiffrage dudit projet de société pend évidemment en compte les moyens dont le gouvernement de la République Démocratique du Congo aura besoin dans la déclinaison de sa politique tant intérieure que régionale. Cela permettra non seulement de vérifier la crédibilité des arguments pragmatiquement avancés dans « Ma vision pour le Congo-Kinshasa et la région des Grands Lacs », mais surtout de constater la rentabilité et l’équilibre financier du programme qui est décliné. Ainsi le peuple congolais réalisera-t-il le sérieux de la future administration qu’on lui propose, laquelle a trait à l’émergence d’un pays à jamais prospère et à la hauteur des enjeux du troisième millénaire.

    Charlotte Mondo

  • Qui veut la zizanie au Palais : Avis d’un plan de renversement de Kabila

    Qui veut la zizanie au Palais : Avis d’un plan de renversement de Kabila

    kabila 1-Les analystes ont entrepris de faire un sérieux décryptage des événements sinistres de fin décembre et début janvier. Ils en déduisent que les ennemis de la RD-Congo ont changé de stratégie et n’excluent pas la possibilité de déstabilisation du pouvoir du Raïs en visant directement son entourage immédiat.

    Après avoir tenté de déstabiliser les FAROC avec l’assassinat de Mamadou Ndala, et de démobiliser la population par des attaques des sites stratégiques, les ennemis de la RD-Congo ciblent à présent l’entourage du Chef de l’Etat qu’ils cherchent à opposer pour neutraliser Joseph Kabila.

    La guerre à laquelle la République Démocratique du Congo fait face n’est pas que militaire. Elle prend plusieurs facettes avec pour cible la personne du Chef de l’Etat, garant de la Nation. Et la mise en déroute du M23 a, certes, ébranlé les ennemis du pays, mais elle semble avoir ravivé leur hargne pour la matérialisation de leur projet de balkanisation de la RDCongo, à défaut de prendre le pouvoir.

    Pour y parvenir, tous les moyens sont bons. A commencer par les attaques contre des sites stratégiques à Kinshasa. Kindu et Kolwezi qui ont participé également à cette fin. Et le choix du jour de ces alertes n’était pas fortuit. Il fallait frapper fort pour semer la terreur au moment où les RD-Congolais s’apprêtaient à fêter la Saint Sylvestre.

    La guerre de sabotage s’est intensifiée avec l’odieux assassinat du Colonel Mamadou Ndala, avait manifestement pour but de saper le moral des FARDC tout en brisant la bonne entente qui s’observait entre les troupes et leur commandement. Il visait aussi à semer le doute dans le chef de la population qui avait refait confiance au Chef de l’Etat et au gouvernement dans la lutte contre les agresseurs.

    A en croire ces observateurs, la bataille vise à présent le cabinet du Président de la République. Certains titres de presse -plus de trois- parus ce lundi ont trahi une campagne orchestrée pour semer la zizanie au Palais de la Nation. En effet, la campagne menée autour des rumeurs avancées d’un chambardement à la Présidence de la République implique certaines personnalités dans le but manifeste de les opposer et entretenir ainsi la pagaille. De même, en insinuant des antagonismes entre des factions tribales autour du Président de la République, ces agents de la déstabilisation savent qu’en y touchant, on peut aussi ébranler Kabila et lui priver la paix.

    Rejoindre le camp de la patrie
    En effet, les auteurs de ce coup ont certainement compris que Kabila est de nouveau monté en puissance à la suite de la cohésion renforcée qui s’observe depuis la tenue des Concertations Nationales. Il est alors question, pour eux, de briser cet élan de cohésion pour l’empêcher de poursuivre aisément son programme de relance de la reconstruction nationale tel qu’il l’a annoncé lors de sa récente tournée à l’Est et au centre de la RDC.

    La même préoccupation sous-tend les critiques latentes sur la longue attente du gouvernement de cohésion nationale annoncé par le Président de la République début décembre 2013. Tout est donc fait pour créer une tension peu propice à la réflexion, aiguiser les appétits du pouvoir autour du Président de la République que l’on ne sait pas atteindre directement, mais que l’on cherche à déstabiliser en diffusant de fausses rumeurs. Dans l’entourage immédiat du Raïs, les personnalités évoquées dans cette campagne de déstabilisation affichent, par contre, leur sérénité et n’ont leur regard que vers le Chef de l’Etat. Leur préoccupation et de l’aider à réaliser son programme de pacification du pays et de son développement. «C’est trop friche de chercher à jouer sur le moral des gens en espérant les ébranler», affirme l’un d’entre eux qui ajoute que «la, RD-Congo a besoin des réflexions pour renforcer les efforts de reconstruction et non des stratagèmes diaboliques qui n ‘ont pour but que de le maintenir dans un équilibre instable». «Que gagne-t-on en cherchant à empêcher le pays d’aller de l’avant?», s’interroge un autre qui invite ces prophètes de malheur a «rejoindre le camp de la patrie, s ‘ils aiment vraiment noire pays».

    Après des années de guerre et d’instabilité, la RD-Congo est en train retrouver son équilibre et de s’ouvrir de nouvelles perspectives dans le concert des Nations. Les évolutions démocratiques qu’a connues le pays ont créé les conditions dune conquête tout aussi démocratique du pouvoir. La vraie valeur d’une société se mesure donc par l’aptitude de ses élites à œuvrer à son renforcement plutôt qu’à des initiatives pour son arriération. A chacun donc de choisir le bon et la Nation n’en sortira que grandie.

    Tino MABADA
    Congo News

  • Ils ont amnistié le M23

    Ils ont amnistié le M23

    Integralite du discours de Joseph Kabila sur l’état de la nation .-En République Démocratique du Congo, le sénat a adopté vendredi 10 janvier un projet de loi d’amnistie devant bénéficier aux combattants du M23. Le texte soulève des interrogations non seulement par rapport à son opportunité, mais surtout par rapport à la légitimité de la démarche du pouvoir de Kinshasa. En effet, le pays est toujours déchiré par la violence des groupes armés, dont certains pourraient se conforter à l’idée qu’à leur tour, ils pourront bénéficier de mesures d’amnistie. Sur le principe, rien ne justifie les privilèges accordés au M23 et qui ne bénéficieraient pas aux autres groupes armés.

    Pour justifier sa démarche, le gouvernement évoque la nécessité, pour le Congo, de se conformer aux contestables[1] engagements de Nairobi du 12 décembre dernier. Ils prévoyaient l’adoption d’une loi d’amnistie. Mais l’argument est loin d’être convainquant lorsqu’on examine la question de l’opportunité de la démarche et sa légitimité. Surtout lorsqu’on réalise que l’initiative du gouvernement se traduit, de fait, par la perpétuation de la culture de l’impunité, la souffrance des victimes étant, une fois de plus, complètement passée sous silence.

    Un projet de loi inopportun

    Une loi d’amnistie, en principe, n’est envisageable qu’une fois la nation acquiert la certitude que « la guerre est finie ». Or, dans le cas du M23, on en est encore loin. Le dernier rapport des experts de l’ONU indique clairement que le Rwanda et l’Ouganda continuent de renforcer militairement le M23[2]. De son côté, le patron de la Monusco, Martin Kobler, a fait entendre, ce lundi 13 janvier, que le M23 mène, à nouveau, des incursions dans l’Est du Congo, notamment dans le District d’Ituri[3].

    Ces incursions ont commencé bien avant, puisqu’il est maintenant établi que les combattants qui avaient investi la cité de Kamango[4], le 25 décembre dernier, étaient bel et bien une coalition ADF/Nalu-UPDF (armée ougandaise), le nouveau visage du M23, version Kampala[5].

    Dès lors, le projet de loi voté par le sénat congolais, au profit d’un groupe armé toujours actif, résonne comme une promesse de Kinshasa selon laquelle l’amnistie est acquise, quoi qu’il en soit. Le message envoyé par un vote comme celui-là est un désastre complet parce qu’il consiste à conforter les combattants « rwando-ougandais » dans leur logique de « la guerre sans fin ». Certains combattants en seraient à leur cinquième agression contre le Congo après avoir servi dans les rangs de l’AFDL (Première Guerre du Congo), du RCD (Deuxième Guerre du Congo), des groupes armés comme l’UPC-Thomas Lubanga, du CNDP-Laurent Nkunda et maintenant du M23. Pire, le gouvernement congolais a reconnu que des récidivistes pourront bénéficier de la loi d’amnistie.

    Le message est aussi désastreux vis-à-vis des autres groupes armés, nationaux et étrangers[6]. Ils redécouvrent le même « Congo-Etat-faible » qu’ils commençaient pourtant à craindre après la récente offensive « musclée » des FARDC appuyées par la brigade d’intervention de la Monusco.

    Sur la légitimité de la démarche

    Le gouvernement congolais a mis en avant l’argument des engagements, au plan international, pris à Nairobi aux termes des pourparlers de Kampala. On relève au passage qu’un gouvernement, qui est supposé tirer sa légitimité des mains de son peuple, semble privilégier les recommandations des partenaires étrangers en manquant d’invoquer une seule fois la référence au « peuple congolais ».

    Au-delà de cette absence criante d’empathie entre les autorités et leurs populations, on relève que les engagements de Nairobi s’inscrivent dans un cadre qui suppose que le gouvernement congolais ne doit pas être le seul à se sentir lié. En effet, aux termes des accords d’Addis-Abeba du 24 février 2013[7], dont découlaient les pourparlers de Kampala et les engagements de Nairobi, les pays comme le Rwanda et l’Ouganda devaient s’acquitter d’un ensemble d’obligations en tant que signataires.

    Ces accords engageaient leurs signataires à « ne pas tolérer, ni fournir une assistance ou un soutien quelconque à des groupes armés » et « ne pas héberger ni fournir une protection de quelque nature que ce soit aux personnes accusées de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité, d’actes de génocide ou de crimes d’agression, ou aux personnes sous le régime de sanctions des Nations Unies » (article 5). Kampala et Kigali ont signé ces accords mais n’en respectent pas un seul. Les combattants du M23 ont bel et bien été accueillis sur le territoire des deux pays. L’Ouganda a même annoncé qu’il en avait accueilli 1.600, soit dix fois plus que les estimations des experts[8]. Le Rwanda en a également accueilli et n’envisage aucunement de les extrader.

    Quel intérêt le Congo aurait-il à honorer des engagements internationaux que les autres signataires ont entrepris de bafouer allégrement ? Les engagements internationaux ont toujours reposé sur le principe de réciprocité.

    En réalité, il apparait assez clairement que le sénat a voté la loi d’amnistie pour se conformer à la volonté du gouvernement, qui, lui-même, sur ce sujet, ne fait qu’appliquer les « ordres » du Président Kabila. Or, le Président Kabila, et c’est de notoriété publique, veille à ne pas mécontenter son homologue ougandais, Yoweri Museveni, à la fois médiateur international et parrain du M23. Ce qui contribue à conforter les tenants du discours selon lequel le Congo ne serait pas une nation souveraine[9].

    L’abandon des victimes et la consécration de l’impunité

    Le texte prévoit une étrange disposition selon laquelle « Toute personne victime de faits infractionnels commis par les bénéficiaires de la loi d’amnistie a la possibilité de saisir les juridictions étatiques territorialement et matériellement compétentes pour obtenir réparation ». Donc, des poursuites au civils à défaut de poursuites au pénal, avec à la clé la possibilité pour les victimes d’obtenir réparation.

    Quelqu’un a-t-il remarqué que les victimes ne bénéficieront pas des services du ministère public, le gouvernement devant garantir l’effectivité de l’amnistie ? Elles devront ainsi, soit s’octroyer les services d’un avocat soit « laisser tomber ». En effet, les membres de M23, n’étant pas réputés pour être des nantis, on n’imagine pas qu’ils puissent s’acquitter des préjudices matériels causés à leurs victimes, contrairement à ce que tente de faire croire le texte du gouvernement. C’est pourtant à un gouvernement qu’il revient d’assumer la charge de ses citoyens, victimes des violences armés, une obligation qui découle de la mission de l’Etat consistant à la protection des personnes et de leurs biens.

    Finalement, ce projet de loi, malgré les discours officiels, s’inscrit dans la vieille tradition de l’impunité qui fait le lit des guerres à répétition dont le Congolais n’ont pas fini d’être meurtris, comme en témoigne la relance en cours du M23.

    Boniface MUSAVULI (AngoraVox)

  • un drone d’observation de l’ONU hors service après un accident

    un drone d’observation de l’ONU hors service après un accident

    Drone Americain
    Drone Americain

    – Un des deux drones d’observation récemment mis en service par l’ONU dans l’Est de la République démocratique du Congo s’est retrouvé “hors service” mercredi après un accident à l’atterrissage, a-t-on appris auprès des Nations unies.

    L’accident, qui n’a pas fait de victime, s’est produit à l’aéroport de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, vers 10h00 (08h00 GMT) a indiqué à l’AFP Carlos Araujo, porte-parole de la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco).

    L’aéronef sans pilote “est sorti de la piste pendant son atterrissage”, a ajouté M. Araujo, alors que l’ONU avait parlé dans un premier temps d’un crash à l’atterrissage.

    L’appareil “a souffert de dégâts et il est hors service”, a encore indiqué M. Araujo, contredisant la version d’un officier de la force aérienne congolaise à l’aéroport de Goma, selon qui l’avion avait été “complètement détruit”. Un photographe de l’AFP est parvenu à prendre une photo de l’appareil gisant le nez en avant dans les herbes hautes entre la piste et l’enceinte en pierre de lave de l’aéroport.

    Selon le lieutenant-colonel Prosper Basse, porte-parole militaire de la Monusco, les Nations unies ont lancé “des enquêtes pour savoir quelle est la cause technique à l’origine de cet accident”.

    Les circonstances de l’accident n’étaient pas encore élucidées en fin de journée.

    La Monusco dispose encore d’un drone opérationnel et espère obtenir le remplacement de l’appareil cassé dans un délai de trois semaines dans le cadre du contrat qu’elle a passé avec la société Selex ES, la filiale du groupe d’aéronautique et de défense italien Finmeccanica qui construit ces engins. Les drones mis à la disposition de l’ONU sont téléguidés par des employés de Selex et non par des Casques bleus.

    La Monusco est la première force de l’ONU à utiliser des drones. Ceux-ci avaient été lancés en fanfare début décembre.

    Le chef des opérations de maintien de la paix des Nations unies avait alors déclaré que ces appareils étaient “un outil incomparable” pour “pouvoir s’attaquer” aux nombreux groupes armés actifs dans l’Est, dans les régions du Nord et du Sud-Kivu, que les Casques bleus ont pour mission de neutraliser.

    La Monusco utilise le modèle de drone Falco, qui, selon le constructeur, est capable de voler jusqu’à 5.000 mètres d’altitude et dispose d’un rayon d’action de 200 km pour une autonomie de vol de 8 à 14 heures.

    D’ici à la fin du mois de mars, la Mission de l’ONU doit être dotée de cinq drones qui lui permettront d’observer 24 heures sur 24 aussi bien les groupes armés que les mouvements de population, notamment dans les zones boisées particulièrement nombreuses et denses dans les deux Kivus, et d’assurer un contrôle de la frontière entre la RDC et l’Ouganda, afin de dissuader ces deux pays d’apporter un soutien à certaines milices congolaises.

    Avec AFP

  • La guerre des Katangais

    La guerre des Katangais

    Joseph inquiet
    Joseph inquiet

    -L’accalmie en RDC aura été de courte durée. Les attaques meurtrières du 30 décembre ont démontré la faiblesse des services de renseignements, et prouvé que les ennemis de Kabila étaient loin d’avoir renoncé. Gardera-t-il le pouvoir en 2016 ? Qui le menace ? Comment stabiliser un pays aussi vaste et complexe ?

    La victoire, en octobre 2013, de l’armée congolaise sur les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23) a laissé croire que Joseph Kabila pouvait désormais dormir tranquille. Las, les attaques menées le 30 décembre contre des sites stratégiques à Kinshasa (l’aéroport de Ndjili, le siège de la radiotélévision nationale et celui de l’état-major de l’armée), ainsi qu’à Lubumbashi, Kolwezi (Katanga) et Kindu (Maniema) prouvent le contraire. D’autant plus que, le même mois, un groupe armé présenté comme les Forces alliées démocratiques-Armée nationale pour la libération de l’Ouganda (ADF-Nalu) s’est emparé du village de Kamango, dans le Nord-Kivu, avant d’en être délogé. Deux événements qui montrent à quel point la stabilité de la République démocratique du Congo reste fragile et qu’il suffit d’un rien pour la perturber.

    Les opérations du 30 décembre, qui ont coûté la vie – officiellement – à quelque 100 personnes, ont été revendiquées, sans la moindre hésitation, par Paul-Joseph Mukungubila, autoproclamé “prophète de l’Éternel” d’un “ministère de la restauration à partir de l’Afrique noire” basé à Lubumbashi. Depuis des années, cet évangéliste katangais de 67 ans (candidat à l’élection présidentielle de 2006) se croit investi d’une mission divine : “libérer le Congo des Rwandais”. Dans cette catégorie, il place celui qu’il appelle “Kanambe”, entendez Joseph Kabila, cible de toutes ses flèches. Un comble pour ce dernier, que Kigali n’a jamais ménagé ! Le pasteur a même déclaré préférer soutenir “Azarias Ruberwa [le président du Rassemblement congolais pour la démocratie, RCD], un Tutsi rwandais qui veut devenir congolais officiellement, que Kanambe [qui] est un usurpateur”. Dans la foulée, il a maudit son “cousin”, Laurent-Désiré Kabila, feu le père de Joseph Kabila.

    Comme bon nombre de pasteurs évangéliques, il jouit d’une audience au-delà du Katanga. En 2010 déjà, les services congolais l’avaient soupçonné de préparer une action armée en recrutant d’anciens miliciens Maï-Maï. Il s’était défendu en affirmant qu’il ne faisait que recueillir des “brebis égarées”. L’affaire en était restée là. Début décembre 2013, Mukungubila était revenu à la charge en diffusant des tracts où il se plaignait notamment de n’avoir pas été invité aux concertations nationales convoquées par le pouvoir dans la capitale du 7 septembre au 5 octobre. La tension était encore montée d’un cran après la signature, le 12 décembre, de la “déclaration de Nairobi” par le gouvernement et l’ex-M23, alors qu’une large majorité de Congolais ne voulait pas en entendre parler. Pour beaucoup, cette déclaration est un blanc-seing délivré par Kabila à ceux qui prennent les armes, même quand ils sont vaincus. En réalité, le président congolais a dû subir une forte pression de la communauté internationale, dont celle de Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU, qui estimait un accord politique avec le M23 absolument nécessaire. Cette pression s’est encore accentuée le 6 décembre, lorsque François Hollande, le président français, a reçu dans la plus grande discrétion son homologue congolais à l’Élysée. Kabila n’a eu d’autre choix que de se plier aux desiderata de ses partenaires internationaux.

    Numbi faisait office d’émissaire du président

    C’est dans ces conditions qu’est survenue, le 28 décembre, la confirmation de Charles Bisengimana à la tête de la police nationale, en remplacement de John Numbi. Avant sa suspension en 2010 pour son rôle présumé dans l’assassinat du militant des droits de l’homme Floribert Chebeya et de son collaborateur Fidèle Bazana, l’ex-patron de la police jouait auprès de Kabila, dans le domaine de la sécurité, un rôle presque équivalent à celui d’Augustin Katumba Mwanke, éminence grise du chef de l’État, décédé en 2012 dans un accident d’avion, pour les autres affaires. La confiance de Kabila en Numbi était telle qu’il faisait office d’émissaire du président auprès des autorités rwandaises. Il ne cachait d’ailleurs pas sa grande amitié avec James Kabarebe, actuel ministre de la Défense de Kagamé.

    Numbi, qui, officiellement, n’avait plus d’autre activité que la gestion de sa ferme dans les environs de Lubumbashi, a-t-il mal vécu ce passage de la lumière à l’ombre ? Quoi qu’il en soit, on le soupçonnait déjà de préparer sa revanche. Le caractère coordonné des attaques du 30 décembre est venu accréditer cette thèse. Mais il s’est défendu en déclarant : “Voilà le mal qui ronge le pays : les mensonges au lieu que les gens travaillent [sic].”

    Quand nous avons rencontré le général Numbi à Goma, en 2009, il a répondu à notre question sur son éventuelle ambition présidentielle par un simple sourire. Était-ce une façon de dire qu’il se contentait d’être le bras armé de Kabila ? Mystère.
    Inquiets de voir Kabila se retirer en 2016

    Les Katangais seraient-ils mécontents ? Par Katangais, il faut entendre les Lubas du Katanga, ethnie du chef de l’État. Qu’il y ait des gens ambitieux dans cette communauté – on cite souvent Jean-Claude Masangu, l’ancien gouverneur de la Banque centrale, qui rêverait de devenir Premier ministre ou président -, quoi de plus normal ? Que certains Katangais pensent que le pouvoir actuel est leur propriété, c’est possible. Que d’autres soient inquiets de voir Kabila se retirer en 2016, c’est d’actualité. Pour le moment, rien n’est clair, l’intéressé ne s’étant pas exprimé clairement sur la question. Mais, à en croire Aubin Minaku, le président de l’Assemblée nationale, qui s’exprimait sur une radio internationale, “Kabila partira en 2016”. Trois mois après, l’intéressé n’a pas confirmé. Seul signe tangible, sa récente tournée dans certaines provinces, qui avait des allures de précampagne électorale selon certains observateurs. De toute façon, si Kabila décide de se représenter en 2016, il devra d’abord modifier la Constitution. Ce qui n’est pas gagné d’avance !

    Mais les événements du 30 décembre remettent à l’ordre du jour une question fondamentale : le professionnalisme et l’efficacité de l’armée, de la police et des services de sécurité. Un général de l’armée congolaise, qui a requis l’anonymat, résume le problème : “Les services de renseignements ont toujours minimisé le cas Mukungubila. L’armée souffre d’un déficit d’équipement d’intervention rapide. Les militaires chargés de la sécurité de l’état-major au camp Tshatshi avaient des AK-47 sans munitions. Il a fallu attendre des renforts de l’extérieur. Il y a un problème de confiance. Comme à l’époque de Mobutu, seule la Garde républicaine est mieux armée.” Dans ces conditions, le chef de l’État risque de perdre tout le bénéfice tiré de la victoire sur le M23. L’un des héros de cette guerre, le colonel Mamadou Ndala, est mort le 2 janvier dans le Nord-Kivu, après être tombé dans une embuscade tendue, dit-on, par des “rebelles ougandais”.

    Avec Jeune Afrique

  • Budget pour l’exercice 2014. Matata reçoit le quitus des députés.

    Budget pour l’exercice 2014. Matata reçoit le quitus des députés.

    matata-Budget pour l’exercice 2014. Matata reçoit le quitus des députés. Approuvé par la plénière, le projet de budget 2014 envoyé à l’ECOFIN pour enrichissement
    *Au cours des débats portant sur le projet de loi de finances 2014, il a été constaté que l’Assemblée nationale partage les mêmes préoccupations que le Gouvernement de la République, celles de voir s’améliorer, assez rapidement et de manière significative, les conditions de vie de la population. Raison pour laquelle le projet de budget 2014 a été approuvé par la plénière, avant son envoi à l’ECOFIN pour enrichissement
     
    *Pour le Premier ministre, les défis du développement tels qu’ils ressortent du programme d’action du Gouvernement requièrent que l’on puisse sortir des sentiers battus et innover, pour nous doter des moyens de notre politique. A cet égard, le Gouvernement n’a d’autres choix que de poursuivre et consolider les réformes engagées
     
    C’est le samedi 11 janvier que l’Assemblée nationale a approuvé le projet du budget pour l’exercice 2014, avant de l’envoyer à la Commission économique, financière et contrôle budgétaire pour enrichissement. Dans cette Commission, tous les ministres et mandataires concernés y sont conviés pour rencontrer les préoccupations pertinentes soulevées par les députés nationaux. Pour ce faire, ils ont dix jours pour finaliser le travail, avant d’envoyer la loi financière au Sénat pour une seconde lecture. Ci-dessous, les éléments de réponses du Premier ministre aux questions des députés nationaux :
    Eléments de réponse du Premier ministre aux questions des Honorables Députés sur le projet de loi de finances de l’exercice 2014
     
    Qu’il me soit permis de remercier les Honorables Députés pour les questions adressées au Gouvernement dans le cadre de l’examen du projet de Loi de Finances 2014. Le Gouvernement apprécie autant la qualité des préoccupations soulevées que des propositions formulées par l’Auguste Assemblée.
     
    Dans le souci de rencontrer autant que possible les nombreuses et légitimes préoccupations des Honorables Députés, mon intervention de ce jour portera sur cinq volets. Le premier sera consacré au point de clarification sur certains concepts qui sont souvent revenus au cours des débats. Les quatre autres volets tableront respectivement sur les recettes, les dépenses, le niveau des soldes budgétaires et les questions transversales.
     
    1. EN CE QUI CONCERNE LES ELÉMENTS DE CLARIFICATION
     
    Tout en reconnaissant la pertinence des observations sur la relation entre, d’une part, la croissance économique et les conditions sociales de la population, et d’autre part, la croissance et l’inflation, j’aimerais souligner ce qui suit :
    Nous savons tous que la croissance s’entend comme l’augmentation en termes réels des richesses produites par les résidents nationaux ou étrangers d’un pays au cours d’une année donnée. Et ces richesses qui déterminent le potentiel fiscal sont captées par le Produit Intérieur Brut. Ainsi, quand une économie réalise un taux de croissance de 8% sur une année, cela veut tout simplement dire que le niveau de richesses s’est accru de 8%. Toutefois, il importe de noter que la relation entre la croissance et la transformation des conditions de vie de la population dépend du niveau initial des richesses produites et de la distribution de cette richesse.
     
    En effet, ce n’est pas parce que les économies de l’Afrique Subsaharienne réalisent, au cours de ces vingt dernières années des taux de croissance élevés en termes de production des richesses, que les conditions de vie de leurs populations sont devenues meilleures que celles des économies avancées.
     
    Bien que l’Afrique au Sud du Sahara aligne entre 2005 et 2013 une croissance moyenne annuelle de 5,4% contre 2,4% aux Etats Unis et 0,6% à la Zone EURO, le niveau du Produit intérieur brut de l’Afrique est encore largement en deçà de celui des Etats Unis et de la Zone Euro. Concrètement, avec un PIB par tête d’environ 236 USD en 2012, pour devenir, d’ici à l’an 2020, une économie à revenu intermédiaire dont le PIB minimum par tête sera de 1.035 USD, la RDC doit aligner impérativement et continuellement, à partir de 2014, un taux de croissance moyen d’environ 11% l’an. Et tout est possible, si nous y croyons et travaillons durement en vue de réaliser la Révolution de la modernité prônée par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, à qui je réitère mes hommages les plus déférents.
     
    Sur cette lancée, la RDC deviendra pays émergeant dont le PIB minimum par tête est de 4.086 USD, à l’horizon 2030. En maintenant le même effort de croissance, elle sera dans le groupe des pays développées avec un PIB par tête minimum de 12.616 USD, d’ici 2050.
     
    En ce qui concerne la relation entre la stabilité du cadre macroéconomique et le social, je voudrais souligner le fait que les populations les moins aisées en sont les plus grandes bénéficiaires. En effet, lorsque les prix augmentent ou que la monnaie nationale se déprécie, ce sont ceux qui perçoivent leur revenu en francs congolais, généralement non indexé au coût de la vie, qui en payent le prix le plus fort. Les cordonniers, les enseignants, les fonctionnaires, les mamans maraichères, les étudiants savent que la stabilité macroéconomique est un facteur qui influe positivement et directement sur le niveau de vie des citoyens.
     
    Par ailleurs, cette stabilité macroéconomique obtenue grâce à une gestion budgétaire et monétaire rigoureuses a également permis le financement de la construction et réhabilitation de près de 456 écoles à travers le pays ainsi que le rééquipement de plusieurs centres hospitaliers dans 277 zones de santé. En conséquence, les derniers chiffres de la Banque mondiale sur la pauvreté en RDC indiquent que le niveau de pauvreté a baissé, passant de 71% en 2005 à 63% en 2012, soit une diminution moyenne de 1 point de pourcentage par an.
     
    Le développement est un travail de longue haleine. Mais il faut qu’il commence tel que le Chef de l’Etat l’a entrepris depuis 2001. Le consensus entre tous les grands courants en économie porte sur le fait qu’une croissance forte va de pair avec une inflation faible. Relâcher l’effort de stabilisation macroéconomique visant à obtenir et maintenir des taux d’inflation faibles et stables RDC.
     
    Or la stabilisation est le résultat des politiques macroéconomiques rigoureuses basées sur la bonne gouvernance et la transparence. Après les années perdues de 1990 à 2000, la RDC n’a plus droit à l’erreur. Quatre de nos neuf voisins sont déjà pays à revenu intermédiaire. Trois grâce au pétrole notamment, l’Angola, la République du Congo et le Sud Soudan. Le quatrième grâce au cuivre, la Zambie. Et la RDC a le cuivre, le pétrole, le diamant, l’or, le Coltan, les forêts, mais aussi l’eau douce, etc. !
     
    Pour transformer nos potentialités en richesses, il faut des réformes courageuses qui ont besoin du soutien de tous, et en particulier de l’Assemblée Nationale, du Sénat, de l’Exécutif et du pouvoir judicaire.
     
    Ce sont ces réformes inévitables que le Gouvernement, avec le leadership et l’appui crucial du Président de la République, est entrain de mettre en œuvre : lutter contre la corruption et les rentes de situation dans tous les secteurs, améliorer le climat des affaires, la gouvernance et la transparence. C’est le passage obligé. Il n’y a pas d’autres issues.
     
    2. S’AGISSANT DES RECETTES BUDGETAIRES
     
    Sur le volet « Recettes », les Honorables Députés ont émis de sérieuses inquiétudes sur leur modicité et le manque de réalisme dans l’élaboration de leurs prévisions.
     
    La question de la modicité des recettes courantes est récurrente. Elle fait ressortir une certaine contradiction avec les ambitions affichées dans le Programme d’Actions du Gouvernement, et renferme un certain scepticisme sur le réalisme de l’objectif de faire de la RDC un pays à revenu intermédiaire et un pays émergent dans un horizon acceptable. Aussi, est-il fustigé notamment :
     
     l’insuffisance d’efforts de mobilisation des recettes par les régies financières ;
     l’inefficacité des réformes menées jusque-là ;
     l’immobilisme et l’impunité devant l’ampleur du phénomène de faiblesse des recettes et du pillage des ressources naturelles notamment dans les secteurs minier et des hydrocarbures ;
     l’absence de recours aux financements innovants dans ces mêmes secteurs et celui de l’environnement ;
     les exonérations dont celles à durée indéterminée qui bénéficient aux opérateurs pétroliers ;
     le peu d’attention réservée à la disponibilité des imprimés de valeur, etc.
     
    Les préoccupations ainsi exprimées sont tout à fait légitimes dans la mesure où du niveau des recettes dépend étroitement la capacité de rencontrer les multiples besoins de la Nation en termes notamment de sécurité et de développement économique et social.
     
    S’il est vrai que les différentes péripéties de l’histoire économique et financière de notre pays depuis les années 70 expliquent encore aujourd’hui les difficultés de mise en place des conditions optimales pouvant permettre plus de coudées franches en matière de gestion des finances publiques, particulièrement une mobilisation significative des ressources internes, les défis du développement tels qu’ils ressortent du Programme d’actions du Gouvernement requièrent justement que nous puissions sortir des sentiers battus et innover, pour nous doter des moyens de notre politique.
    A cet égard, le Gouvernement n’a d’autre choix que de poursuivre et consolider les réformes engagées.
     
    Dans ce contexte, il convient de relever, s’agissant d’une des réformes phares qu’est la TVA, que celle-ci visait aussi bien l’accroissement des recettes que l’amélioration de la compétitivité des entreprises qui, de ce fait, devraient augmenter leur capacité de production en vue de l’élargissement de l’assiette fiscale.
     
    Les recettes de la TVA ont atteint 1.087,4 milliards de CDF en 2012, soit 4,2% du PIB. En 2013, elles se situent à 1.429,21 milliards de CDF, soit 7,2% du PIB.
     
    Le coefficient d’efficacité budgétaire de la TVA, qui mesure le montant de recettes de TVA porté par un point de TVA par rapport au PIB, place la RDC avec un indice de 44 au deuxième rang après la République Sud Africaine – notée avec un indice de 45,7- sur un échantillon de 21 pays sub-sahariens.
     
    Quoiqu’il en soit, bien que le rendement de la TVA soit supérieur à celui de l’ICA, conscient que certaines actions doivent être menées pour améliorer davantage le rendement fiscal de cet impôt, des dispositions sont envisagées pour une gestion optimale de celui-ci. Il s’agit essentiellement de :
     
    • l’acquisition d’un logiciel informatique intégré pour la saisie en temps réel des données relatives à la facturation ;
    • le renforcement des dispositifs d’échange des données entre les différents services ;
    • l’intensification des contrôles mixtes entre l’Administration fiscale et douanière ;
    • la maîtrise de toutes les opérations qui sont dans le champ d’application de la TVA.
     
    S’agissant de la lutte contre la fraude et autres facteurs qui impactent négativement sur les recettes, il importe de rappeler que l’organisation des assises sur l’état des lieux de la mobilisation des recettes publiques était une occasion d’interpellation de l’ensemble de notre société sur la nécessité d’une mobilisation plus accrue desdites recettes. Ces assises ont débouché sur plusieurs recommandations touchant la quasi-totalité des secteurs d’activité. S’il est bien de faire les assises, il est encore mieux de faire appliquer ses recommandations. C’est là, notre défi.
     
    En ce qui concerne spécialement les recettes mobilisées par les régies financières, il convient de noter qu’entre 2012 et 2013, l’on a enregistré un taux d’accroissement de l’ordre de 20% des recettes mobilisées. Ce résultat positif découle notamment de l’application de certaines recommandations découlant de cet atelier.
     
    En rapport avec les préoccupations soulevées sur la participation du secteur minier dans les recettes publiques, au regard du taux de croissance dont il est porteur, il y a lieu de noter que, pour assurer une attractivité plus compétitive à notre pays par rapport à d’autres qui convoitent les investissements dans ce secteur, le dispositif fiscal mis en place par la Loi n° 007/2002 du 11 juillet 2002 portant Code minier retient un certain nombre d’avantages qui grèvent les résultats des premières années d’exploitation des entreprises minières, à savoir :
     
     L’application du système d’amortissement exceptionnel dont le taux pour la première année est de 60 % ;
     La constitution de la provision pour reconstitution de gisement minier ;
     La constitution de la provision pour réhabilitation du site ;
     L’amortissement sur deux ans à compter de l’exploitation des dépenses de recherches et de développement ;
     Le report des déficits ordinaires et des amortissements réputés différés en période déficitaire.
     
    Aussi, le Gouvernement s’active-t-il à apporter des innovations majeures à l’occasion de la révision en cours du Code minier. Mais, il entend également encourager la transformation des minerais localement en vue d’une plus grande valeur ajoutée dans le but d’accroître la contribution du secteur au budget de l’Etat.
     
    Par ailleurs, cette contribution sera sans doute réévaluée lorsque les entreprises atteindront une certaine vitesse de croisière dans leurs exploitations et auront résorbé, conformément à la loi, les déficits reportés. A cette fin, nos différents services, l’administration fiscale notamment, devront être dotés de l’expertise appropriée en matière de contrôle. Des conventions fiscales seront également mises à profit en vue de pouvoir bénéficier de la collaboration des administrations fiscales et douanières des Etats partenaires.
     
    Quant au secteur des hydrocarbures, le Gouvernement a entamé, simultanément avec les efforts d’encadrement des ressources générées, une réforme du cadre juridique des hydrocarbures.
     
    En effet, avec l’entrée en vigueur de la Loi portant régime général des hydrocarbures, les préoccupations essentielles exprimées par les Honorables Députés dans ce secteur trouveront certainement des réponses adéquates. Je profite donc de l’occasion pour solliciter l’adoption de ce texte par votre auguste Assemblée, en vue de sa mise en œuvre dès l’exercice 2014.
     
    Néanmoins, la contribution des pétroliers producteurs au budget de l’Etat, en termes de recettes réalisées, a connu une évolution considérable ces dernières années (plus de 10% en 2013). Certes, tenant compte du niveau d’activité escompté, les prévisions 2014 sont inférieures à celles de l’exercice précédent, mais elles demeurent supérieures aux recettes effectives de 2013.
     
    Le Gouvernement s’emploiera aussi à tirer profit des financements innovants dans les deux secteurs précités ainsi que dans celui de l’environnement. Ainsi, dans le domaine de l’évaluation et de la certification des gisements, les réflexions sont en cours, avec le concours des partenaires à même de nous accompagner utilement à cet effet.
     
    Dans le secteur de l’environnement, s’agissant d’abord des retombées des conférences internationales sur le climat ainsi que du mécanisme REDD+ sur les recettes publiques pour l’exercice budgétaire 2014, le Gouvernement a initié un certain nombre de projets, en collaboration avec des Organisations Non Gouvernementales, des Centres de recherche et des sociétés privées.
     
    Lesdits projets donneront lieu notamment à des protocoles d’accord consacrant le partage équitable des bénéfices avec l’Etat, ainsi que la mise à disposition d’une quotité des recettes par tonne de crédit carbone vendue en faveur de la communauté locale concernée.
     
    Concernant les retombées financières, notre pays bénéficie d’un certain nombre d’allocations financières dont il pourra tirer profit particulièrement pour mieux préparer sa stratégie globale touchant l’ensemble des secteurs de la vie nationale, en vue d’un accès plus aisé aux ressources REDD+.
     
    Quant à la privatisation de l’exploitation des aires protégées, elle requiert que des principes soient posés en vue d’en garantir la bonne gouvernance, étant donné que les aires protégées sont à ce jour gérées par un établissement public dénommé Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN). Lesdits principes sont contenus dans le projet de loi sur la conservation de la nature, transmis à votre auguste Assemblée. Ce projet de loi prévoit l’implication du secteur privé dans l’exploitation de ces aires.
     
    Pour ce qui est du Tourisme, notre pays s’est engagé, depuis fin juin 2013, à dynamiser ce secteur, à travers l’adoption d’un « Plan Directeur intégré pour le Développement du tourisme en RDC », lequel dresse un état des lieux, fixe les stratégies, programmes et plans de relance, reprenant les différents axes propices à l’éclosion du tourisme, et ce, en partenariat avec le secteur privé.
     
    Par ailleurs, notre pays a repris, en 2013, la coopération bi et multilatérale avec notamment l’Organisation Mondiale du Tourisme, grâce à l’apurement progressif des arriérés de cotisation et ce, après 20 ans de suspension.
     
    D’une manière générale, une attention soutenue sera portée au renforcement de nos administrations, particulièrement à travers une informatisation intégrée, de manière à mieux appréhender toutes les opérations qui fondent les actes générateurs des recettes administratives et domaniales. Il est donc un fait que les capacités opérationnelles de ces administrations (tant la DGRAD que tous les services d’assiette) doivent être accrues en termes de modernisation et d’informatisation.
     
    En effet, la solution informatique, couplée avec l’utilisation du Web dont l’optimisation est aujourd’hui possible avec la fibre optique et l’énergie solaire, revêt, à notre avis, un caractère incontournable. A l’instar de la bancarisation, le Gouvernement s’emploiera à relever ce défi dans les meilleurs délais.
     
    L’autre préoccupation soulevée en matière de recettes, concerne à l’irréalisme dans l’élaboration des prévisions. Cette situation qui se caractérise par une surestimation des celles-ci, a pour conséquence que le taux d’exécution ne respecte pas les prescrits selon lesquels les prévisions de recettes sont des minima.
    Cette préoccupation interpelle autant le Gouvernement que l’Autorité budgétaire respectivement dans la projection et dans la fixation définitive desdites prévisions.
     
    Dans tous les cas, le Gouvernement s’emploiera à recourir à votre auguste Assemblée, conformément à la Loi sur les Finances publiques, s’il s’avère que des circonstances particulières nécessiteraient une rectification des prévisions budgétaires, pour que, au fur et à mesure, la gestion de nos finances publiques réponde aux exigences de la Loi en la matière dont la progressivité dans la mise en application y est du reste affirmée.
     
    3. EN CE QUI EST DES DEPENSES PUBLIQUES
     
    De nombreuses observations ont été faites au regard du nombre important d’enseignants en attente de paiement dits les « non-payés » ou NP. Il a, en effet, été constaté qu’au fil des années, l’accroissement de la population scolarisable a induit la création de nouvelles salles de classe. Face aux limitations des allocations au secteur de l’EPSP, le recrutement de nouveaux enseignants fut pris en charge par les parents d’élèves pendant plusieurs années.
     
    Ce sont ces compatriotes enseignants qui ont accepté de travailler sans être payés par leur employeur qu’est l’Etat, et qui, aujourd’hui, à la faveur de la décision prise par les Gouvernements successifs depuis 2007, de les payer progressivement selon les budgets disponibles, sont catégorisés « N.P. ».
     
    La politique mise en place par le Gouvernement de la République est la mécanisation progressive des enseignants en fonction des ressources budgétaires annuelles mises à la disposition du secteur de l’EPSP par l’Etat. En décembre 2013, le Trésor Public a payé un effectif de 345.088 enseignants, soit 125.000 nouvelles unités payées en 7 ans. L’EPSP compte encore 212.424 enseignants qui travaillent dans le Système en attente de paiement par le Trésor.
     
    Le Gouvernement, avec l’appui de ses partenaires, s’est engagé à libérer progressivement les ressources nécessaires en vue de liquider le stock des enseignants impayés. Le paiement depuis 2007 de plus de 125.000 nouveaux enseignants est le résultat du respect de cet engagement. Dans le cadre du budget 2014, il est prévu la prise en charge de 33.000 enseignants dont 12.500 sont impactés pour le compte du C2D dans le cadre de la coopération avec la République française.
     
    De l’autre côté, l’une des raisons qui expliquent le faible niveau de notre enseignement est la faiblesse de la formation initiale des enseignants à tous les niveaux : primaire, secondaire, supérieur et dans le secteur non formel. En effet, l’examen du niveau de qualification des enseignants au primaire fait ressortir que les enseignants D4 et D6 représentent environ 93% des effectifs. Et 20% des enseignants ont plus de 50 ans.
     
    Quant à la situation des enseignants au secondaire, seuls 17,4% des enseignants du secondaire public sont qualifiés contre 49% au privé. De même, 63% des enseignants qualifiés sont en milieu urbain. Les femmes ne représentent qu’environ 11% du corps enseignant localisées en majorité en milieu rural. Moins de 10% du corps enseignant sont âgés de plus de 50 ans et la majorité d’entre eux sont en milieu rural.
     
    Pour améliorer la qualité des apprentissages, en ce qui concerne la qualification des enseignants, le Gouvernement a, dans le cadre du Plan Intérimaire de l’Education, construit, réhabilité et équipé des centres de formation. Il a distribué des manuels scolaires aux élèves et révisé quelques programmes d’études. Des nombreuses formations sont organisées pour renforcer les capacités des enseignants en plein emploi.
     
    Le Gouvernement va poursuivre le développement des ressources humaines à travers la réforme de la formation initiale et l’opérationnalisation de la politique de formation continue des enseignants.
     
    Aussi, avec l’appui des partenaires, le Gouvernement va continuer l’implantation des centres des ressources dans les provinces qui en sont dépourvues, notamment le Bas-Congo, le Kasaï Occidental, le Maniema et le Sud-Kivu.
     
    L’encadrement pédagogique de proximité par le développement d’outils, la formation des inspecteurs et des directeurs d’écoles sera renforcé. Plus de 2000 inspecteurs actuellement en formation vont au courant de cette année scolaire être affectés dans les différentes provinces éducationnelles du pays. II sera aussi procédé à la réforme des humanités pédagogiques par l’amélioration de la qualité, la révision des programmes, la professionnalisation de la formation et la révision des critères d’accès.
     
    Aussi, le dialogue et les synergies avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et Recherche Scientifique pour la formation des enseignants du secondaire afin de répondre aux exigences de la formation initiale et continue et aux besoins quantitatifs en enseignants seront renforcés.
     
    Ceci est le prix à payer pour avoir un stock suffisant de capital humain de grande valeur pour garantir l’émergence d’une classe moyenne et du pays au cours des prochaines années.
     
    Plusieurs honorables députés ont dénoncé ce qui leur apparait comme des allocations disproportionnées et inéquitables en matière de rétrocessions aux provinces.
     
    Depuis 2010, le Gouvernement assure la régularité de paiements de la rétrocession en faveur des provinces. Certes, la quotité de la retenue à la source de 40% n’est pas encore effective. Dans la réalité de notre pays, une minorité des provinces contribue à la quasi-totalité des recettes nationales. C’est pourquoi, pour le moment, tenant compte des ressources limitées et des besoins locaux de développement, le Gouvernement adjuge, par le biais du Ministère des Finances, une redistribution des ressources nationales en veillant au principe d’équilibre.
     
    Le secteur routier a une place de choix dans le programme du Gouvernement. C’est pour cette raison que le Gouvernement débourse un montant mensuel de CDF 10 milliards pour la construction et la réhabilitation des infrastructures routières. Et pour faciliter la circulation des personnes et de leurs biens à travers le pays, l’Office des Routes a été largement mis à contribution.
     
    Le projet de réunification routière a été mis en place par le Gouvernement. Ce projet a pour vocation de relier toutes les grandes villes du pays. Ayant lancé les travaux en 2012, un montant total de CDF 42 milliards a été déboursé à ce jour. Les efforts vont se poursuivre au cours de l’année 2014.
     
    En ce qui concerne le paiement de la Dette intérieure, le Gouvernement va matérialiser la volonté exprimée par Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat lors de son allocution devant les deux Chambres du Parlement réunies en Congrès en date du 23 octobre 2013 consistant à payer progressivement dès cette année la dette publique intérieure certifiée jusqu’à son apurement au cours des prochains exercices. Il faudra tenir compte des capacités financières réelles du pays. Une Commission est à pied d’œuvre au Ministère des finances.
     
    Avec la discipline de maîtrise de la dépense publique en veillant essentiellement sur la qualité de la dépense, le Gouvernent s’emploiera à ne pas alimenter le stock de la dette intérieure comme ce fut le cas par le passé. Pour ce qui est des dépenses en général, le Gouvernement va tout mettre en œuvre pour accélérer les processus de passation des marchés en respectant les textes légaux et règlementaires en la matière en se conformant aux principes d’économie et d’efficacité qui fondent les marchés publics dans le but de garantir une affectation judicieuse des ressources publiques.
    S’agissant de certaines dépenses dénoncées par certains Honorables Députés, permettez-moi d’évoquer l’aéronef acquis en faveur du Gouvernement. Cet appareil n’est pas réservé à l’usage du Premier Ministre, mais plutôt de tous les Officiels de la République. Je l’ai d’ailleurs le moins utilisé depuis qu’il a été acquis. L’avion a même été acquis selon les exigences de la transparence et le dossier a été approuvé en Conseil des Ministres.
     
    Les bâtiments de la Primature, au regard de leur âge et de leur état nécessitaient une cure de réhabilitation et de rénovation pour les remettre aux standards exigés. Tous les anciens Premiers Ministres que j’ai invités à la Primature après les travaux l’ont reconnu. Ce travail est fait pour l’honneur de la République et n’est pas lié à une mandature.
     
    C’est dans ce même objectif que nous avons levé l’option de réhabiliter la résidence du Premier Ministre située dans la commune de Ngaliema, à la frontière de la concession de Chanimetal. La plupart des bâtiments de l’Etat ayant été spoliés, le Premier Ministre actuel est locataire à la Gombe, dans une résidence appartenant à des privés, qui ne renferme ni confort, ni sécurité liés à la fonction.
     
    4. LES SOLDES BUDGETAIRES
     
    Certains Honorables Députés sont revenus sur la question des sous-comptes ouverts par le Gouvernement pour améliorer le suivi des projets prioritaires de transformation structurelle de notre économie.
     
    Je voudrais d’abord vous rassurer qu’il ne s’agit nullement d’une stratégie visant à camoufler les ressources du Trésor public ou à duper Votre Auguste Assemblée sur la gestion de la chose publique. Ces sous-comptes sont gérés suivant l’esprit des articles 59 à 61 de la Loi n° 11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques.
     
    Pour Votre Gouverne, cette stratégie avait été recommandée notamment par nos principaux partenaires au développement dans le cadre de la gestion des dépenses liées aux ressources PPTE, du Programme National Multisectoriel de Lutte contre le SIDA (PNMLS), du Programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) et de plusieurs autres programmes, et récemment, par la France dans le cadre du Contrat de Désendettement et Développement (C2D).
     
    Les grands projets d’investissement comme la construction de l’Aéroport International de N’Djili, la construction des centres de santé, des hôpitaux, des écoles et j’en passe, que le Gouvernement réalise sous le leadership du Président de la République requièrent l’ouverture des sous comptes spécifiques non pas seulement pour assurer leur finalisation mais aussi pour faciliter le suivi et le contrôle par toutes les institutions de la République, y compris Votre Auguste chambre dans le cadre des contrôles parlementaires.
     
    Il est important de souligner que tous les sous comptes de l’Etat sont agrégés dans la position nette du Gouvernement auprès du système bancaire publiée par la Banque Centrale et soumise à l’appréciation de Votre Auguste Assemblée par le Gouvernement, lors de la présentation du projet de loi portant Reddition des comptes du Gouvernement Central. Il n’y a aucune volonté de cacher quoi que ce soit. On ne peut rien dissimuler sous le soleil et la transparence totale.
     
    Ces précisions ayant été données, il conviendrait donc de noter que les provisions constituées en 2012 et qui ont été à la base des marges de trésorerie enregistrées au cours de cet exercice budgétaire et d’une amélioration substantielle de la Position nette du Gouvernement auprès du système bancaire, sont bien justifiées.
     
    Sans ces marges, il serait difficile d’assurer la paie vers le 15 de chaque mois comme c’est le cas aujourd’hui, de stabiliser le cadre macroéconomique et de faire face à certains déficits conjoncturels survenant en cours d’exécution du budget.
     
    5. DES QUESTIONS TRANSVERSALES
     
    Certaines autres préoccupations légitimes ont été soulevées par les Honorables Députés ayant trait à l’agriculture, au climat des affaires, des réformes des finances publiques et de la politique salariale.
     
    CONCERNANT L’AGRICULTURE
     
    Je voudrais rassurer l’Auguste Assemblée que, pour rencontrer cette préoccupation, votre Gouvernement a entrepris, depuis 2012, la mise en œuvre des politiques de soutien au secteur agricole à travers le financement de la campagne agricole, la relance du domaine agro-industriel présidentiel de la N’Sele et envisage le développement progressif des parcs agro-industriels dans les différentes provinces du pays.
     
    Au niveau de la campagne agricole, les appuis ont porté sur le recrutement des moniteurs agricoles pour accompagner les activités culturales et leur préparation ainsi que sur les interventions dans les provinces à concurrence de CDF 21 milliards. Ces interventions ont été validées par toutes les provinces bénéficiaires et sont affectées à la relance de la production végétale, animale et à l’accès à l’eau potable dans les milieux ruraux.
     
    S’agissant de la relance de la ferme DAIPN, l’année 2013 a marqué la renaissance de cette unité qui avait joué un grand rôle dans l’approvisionnement des marchés en volailles. En vue d’appuyer la relance de DAIPN, le Gouvernement a signé avec un groupe privé, en mai 2013, un contrat d’ingénierie et de construction dudit domaine.
     
    Le premier volet du contrat concerne l’exploitation et la gestion du DAIPN pour 5 ans, et le second volet porte sur l’ingénierie, l’approvisionnement, la construction pour la valorisation, la réhabilitation et le développement du DAIPN pour une durée de 4 ans.
     
    Par ailleurs, depuis le début de l’année 2013, une stratégie visant le développement des parcs agro-industriels a été adoptée par le Gouvernement, afin de répondre aux défis de la modernisation des systèmes de production agricole et de stimuler une croissance économique soutenue, entre autres par le secteur agricole. Cette stratégie repose sur trois axes, à savoir : i) le développement des fermes commerciales ; ii) l’appui aux petits fermiers vivant dans la périphérie des sites sélectionnés et iii) le développement des coopératives agricoles à haute intensité de capital, de technologie ou de main d’œuvre.
     
    S’AGISSANT DU CLIMAT DES AFFAIRES
     
    Le Gouvernement a fourni des efforts pour la mise en œuvre des réformes au niveau des quatre indicateurs Doing Business, à savoir : (i) la création d’entreprise, (ii) l’octroi du crédit à l’économie, (iii) le commerce transfrontalier, et (iv) le paiement des taxes, impôts et autres redevances.
     
    En effet, le Gouvernement a accéléré la mise en place du Guichet unique pour la création d’entreprises sur fonds propres, lequel permet la création des entreprises en trois jours, réduisant ainsi aux entrepreneurs et investisseurs les longs délais et les procédures auxquels ils étaient jadis soumis. En 2013, 1.642 entreprises (sociétés et établissements) ont été créées.
     
    LA REFORME DES FINANCES PUBLIQUES
     
    Dès l’adoption et la promulgation de la loi de finances 2014, le Gouvernement formulera ses instructions relatives à l’exécution de la loi de finances à travers la circulaire y relative.
     
    Il nous faut noter que l’année 2014 connaitra une accélération dans la mise en œuvre du plan d’action stratégique pour la réforme des finances publiques qui vise notamment l’amélioration des modalités d’exécution des dépenses budgétaires et le renforcement du système comptable et de gestion de la trésorerie. En effet, différents textes réglementaires de mise en œuvre de la loi relative aux finances publiques ont déjà été pris :
     
     le Décret portant nouveau Règlement Général sur la Comptabilité Publique consacrant la comptabilité en partie double y compris dans les régies financières ;
     le Décret portant Plan Comptable Général consacrant une nomenclature unique comptable et budgétaire ;
     le Décret portant Règlement d’Administration des Comptables Publics ;
    Par ailleurs, la mise en œuvre efficace de ces instruments nouveaux passera par la création au sein de chaque ministère dépensier des Directions Administratives et Financières (DAF) ainsi que par le renforcement des Directions des Etudes et Planification (DEP).
     
    EN CE QUI CONCERNE LA POLITIQUE SALARIALE
     
    Il y a lieu de noter que l’enveloppe des rémunérations a sensiblement évolué entre 2007 et 2013. Cette évolution s’explique par l’augmentation des effectifs budgétisés qui sont passés de 998.000 à 1.200.000 avec une priorité accordée au secteur de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel, mais aussi par l’amélioration des barèmes dans certains secteurs.
     
    Pour l’exercice 2014, il est prévu une certaine amélioration de traitement de base ainsi que la poursuite de la mécanisation de près de 16.000 enseignants au niveau de l’éducation de base.
     
    Pour une bonne maîtrise de la situation salariale dans l’avenir, votre Gouvernement est engagé à mettre en place une politique salariale, outil nécessaire pour la gestion du personnel. La nouvelle Loi relative aux finances publiques permet désormais, lors de l’examen du projet de loi de finances, que le vote unique puisse porter sur :
     
     les plafonds d’autorisations des emplois par le pouvoir central ;
     la création d’emplois nouveaux ;
     et la répartition des emplois autorisés.
     
    Les débats sur l’état des plafonds d’autorisations des emplois rémunérés et la création d’emplois nouveaux seront donc l’occasion pour l’autorité budgétaire de fixer les principes pour la création des emplois et les crédits y relatifs. Ce qui devrait permettre une réelle projection des emplois publics et de la masse salariale, et à terme de résoudre la question récurrente des Nouvelles Unités et des Non-Payés.
     
    Soucieux de parvenir à la rationalisation des salaires et des primes, le Gouvernement a défini un chronogramme d’actions à mener à court et moyen termes avec l’ambition d’améliorer les conditions salariales des fonctionnaires. La première étape consiste en l’unification de différentes bases de données de la paie et l’élaboration d’un fichier unique intégrant le traitement de base, les primes permanentes et non-permanentes et le numéro de compte bancaire de chaque fonctionnaire.
     
    Cette étape permettra de réaliser des simulations et projections pour les différents exercices budgétaires. Elle facilitera ainsi la préparation des règlements d’administration fixant les traitements de base et les primes de différentes catégories professionnelles dans le respect de la proportionnalité prescrite par les statuts.
     
    Ainsi, le Gouvernement s’attèle, dans le cadre de la bancarisation, à créer ce fichier unique de la paie permettant de maîtriser les effectifs et la masse salariale, en vue de rationaliser les rémunérations, de créer la caisse de pension et de rajeunir le personnel.
     
    6. EN CONCLUSION
     
    Au cours des débats portant sur ce projet de loi de finances 2014, j’ai effectivement constaté que l’Auguste Assemblée partage les mêmes préoccupations que Votre Gouvernement, celles de voir s’améliorer, assez rapidement et de manière significative, les conditions de vie de notre population.
     
    Je suis conscient de l’ampleur et de la délicatesse de la tâche pour répondre aux attentes du peuple ; mais, également, je pense que la population apprécie à sa juste valeur les efforts que nous conjuguons pour résoudre ces problèmes. Certains demandent plus de temps, plus d’une année, mais l’espoir, la volonté et la détermination d’aller plus loin animent Votre Gouvernement.
     
    Pour confirmer son engagement en faveur de la gestion axée sur les résultats et sa volonté de rendre compte en toute transparence des résultats obtenus, votre Gouvernement avait procédé en mai 2013, sous le leadership du Président de la République, à l’évaluation et à la publication des résultats de la mise en œuvre de la feuille de route de l’action du Gouvernement.
     
    Pour votre gouverne, la feuille de route de mise en œuvre du Programme d’Actions du Gouvernement faisait suite à l’engagement souscrit, devant votre Auguste Assemblée, de mettre sur pied un dispositif de suivi-évaluation et avait été transmise à votre Institution. Dans le même état d’esprit, le Gouvernement procédera à la prochaine évaluation de son action.
     
    Sur ce, j’espère, qu’ensemble, nous mettrons en place les conditions nécessaires pour la création des richesses nationales. Ainsi, votre Gouvernement ne ménagera aucun effort pour la redistribution équitable du revenu national en vue de l’amélioration de la qualité de vie de notre chère population.
     
    Voilà pourquoi, je sollicite humblement de la plénière la recevabilité et le vote du projet de loi de finances de l’exercice 2014 en vue de doter votre Gouvernement des moyens de son action.
     
    Je vous remercie.
    __._,_.___

    Le Potemtiel

  • Le chemin de la croix de Malumalu

    Le chemin de la croix de Malumalu

     
    CENI logo
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    -Cycle électoral 2014-2016 et préalables posés par les Concertations nationales

    L’année 2014 sera « une année électorale ». C’est la promesse maintes fois réitérée par le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), l’abbé Apollinaire Malumalu.  Aussi l’abbé-président multiplie-t-il des consultations pour rallier un maximum d’acteurs à sa cause. Des impératifs, notamment du recensement imposé par les concertations nationales, de l’échéance constitutionnelle  fatidique de 2016, de l’indisponibilité des moyens financiers et d’un arsenal juridique réaménagé font du processus une course d’obstacles, imposant à l’abbé-président un chemin de la croix.

    Bâton de pèlerin en mains, l’abbé-président de la Commission électorale nationale indépendante, Apollinaire Malumalu, s’active à lever tous les obstacles qui jonchent le processus électoral qu’il entend relancer sur la période 2014- 2016. Mais, le schéma tracé par les concertations nationales, imposant un recensement général de la population avant toute élection en RDC impose des ajustements dans le projet de Malumalu.
    Toujours est-il que l’abbé Apollinaire Malumalu affiche clairement ses ambitions pour la suite du processus électoral. Selon lui, tout doit être mis en œuvre pour boucler le processus entre 2014 et 2016.
    Revenu à la tête de la CENI à la suite du désaveu collectif de son prédécesseur, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, et à la faveur d’un constat d’échec des élections de novembre 2011, Malumalu tient à relancer un processus électoral en panne. Pour l’instant, l’abbé-président multiplie des contacts avec les institutions pour tenter d’obtenir l’adhésion d’un grand nombre autour de son projet. Pour l’abbé Malumalu, ce nouveau compromis est ce chainon manquant pour relancer l’ensemble du processus.
    Mais, comment chercher un autre compromis dès l’instant où les délégués réunis dernièrement en concertations nationales se sont mis d’accord sur un certain nombre de préalables en vue d’aborder avec sérénité le processus électoral ? Si tel est le cas, de quel compromis parle donc le président de la CENI ? Est-ce à dire que, pour l’abbé Malumalu, le compromis issu des concertations nationales ne rassure pas. C’est toute la problématique.

    MALUMALU CONSULTE
    Néanmoins, pour l’instant, le président de la CENI consulte. A terme, il devait proposer une feuille de route qui rend compte de toutes les étapes du cycle électoral 2014-2016. Il a échangé le week-end dernier avec le bureau du Sénat. Des concertations sont également prévues avec des partis politiques et des acteurs de la Société civile.
    Pour Malumalu, la démarche consiste à dégager de manière consensuelle un schéma qui concilie les avis et considérations de tous les acteurs impliqués dans le processus (gouvernement, partis politiques, bailleurs de fonds et Société civile) tout en garantissant la poursuite du processus jusqu’à l’échéance de 2016.
    Recevant en décembre dernier l’ambassadeur de l’Italie en RDC, le président de la CENI a annoncé que « l’année 2014 sera une année électorale ». Il invitait par conséquent  tous les Congolais à se préparer aux grandes échéances qui se précisent. Par ailleurs, l’Abbé Malumalu avait réaffirmé le principal défi de son institution, à savoir organiser des élections chaque année à partir de 2014 jusqu’en 2016. Le président de la CENI a promis, à cet effet, de dérouler un chronogramme qui alignera au cours de cette année 2014, les élections urbaines, municipales et locales avant les provinciales, les sénatoriales et l’élection des gouverneurs, projetées pour 2015 ; le tout devant se terminer en 2016 par la présidentielle et les législatives
    « Nous sommes à pied d’œuvre », a-t-il souligné, annonçant que son institution s’attelait au lancement de « l’opération de fiabilisation du fichier électoral et de cartographie ». C’est dire que pour l’abbé Malumalu, rien ne peut obstruer, dès cette année 2014, la voie de la relance du cycle électoral pour la période 2014-2016. Mais selon lui, un compromis politique est indispensable pour garantir le succès du processus, avant bien sûr, de solliciter un apport des partenaires extérieurs.
    Revenir au schéma des concertations nationales
     Malgré la détermination de son président, la CENI doit au préalable débrayer le chemin menant à 2016.
    L’on se rappelle que les concertations nationales ont clairement levé l’option de faire du recensement général de la population un préalable pour des élections crédibles et apaisées. Dans son discours devant la nation, le président de la République s’est également appesanti sur le sujet. « J’ai noté aussi que, pour crédibiliser davantage les élections à venir, les délégués aux concertations nationales ont recommandé le recensement général et l’identification des Congolais. Ceci permettra la délivrance de nouvelles cartes d’identité. J’en conviens parfaitement, cela d’autant plus que le dernier recensement général remonte à 1984, soit il y a près de trente ans », a déclaré le chef de l’Etat.
    Entre-temps, le chef de l’Etat a enjoint la CENI « d’envisager, dès ce jour, la présentation au Parlement, dans le meilleur délai, du calendrier électoral et de poursuivre le cycle électoral en vue de procéder avec diligence, à l’organisation des élections locales, municipales, provinciales et sénatoriales ».
    Etant donné qu’un compromis s’est dégagé entre différents acteurs politiques et sociaux au terme des concertations nationales, le président de la CENI est indirectement soumis à l’obligation d’en tenir compte. Aux concertations nationales, le recensement de la population a été unanimement adopté comme préalable à tout processus électoral. Il en est ainsi autant pour la CENI. Ce qui n’est pas de l’avis de Malumalu qui y voit une entorse à son projet de boucler tout le processus entre 2014 et 2016.

    LES OBSTACLES-PREALABLES
    La volonté du président de la CENI ne suffit donc pas. Encore moins, sa seule compétence, tout comme celle de ses collaborateurs d’ailleurs. Une conjugaison favorable des facteurs contraignants conduira à une issue maîtrisée et apaisée du processus.
    De ce point de vue, le préalable de la révision constitutionnelle s’impose d’elle-même d’autant plus que nulle ne pourrait changer le mode d’élection des députés provinciaux sans passer par la Constitution. C’est le souhait exprimé le 23 octobre 2013 par le chef de l’Etat devant le Parlement réuni en congrès.
    Ce préalable – non des moindres – constitue un obstacle légal susceptible de freiner la marche du processus tel que le conçoit le président de la CENI. Un compromis à ce sujet au sein des institutions est nécessaire. Le dilemme de la date fatidique du 20 décembre 2016 se pose avec acuité – la loi électorale devant s’adapter inévitablement à cette évolution.
    La crainte de sombrer dans « un vide juridique » hante le président de la CENI. En dépit des dispositions transitoires prévues pour parer à toute éventualité.
    L’abbé Malumalu se trouve presque rattraper par la même pression que son prédécesseur, obligé bon gré mal gré d’organiser les élections, à n’importe quel prix, mais dans le délai arrêté d’avance et déclaré comme infranchissable. Ce qui induit inévitablement une logistique adéquate.
    La feuille de route que Malumalu compte élaborer risque de buter à un autre obstacle, considéré lui aussi comme un préalable. C’est celui lié au défi logistique. Ce dernier impératif avait eu raison du pasteur Daniel Ngoy Mulunda dans la mesure où tout s’était déroulé dans l’urgence. La précipitation dans la mise en œuvre du processus a eu des conséquences désastreuses en termes des résultats. Ngoy Mulunda en a d’ailleurs payé le prix.
    Les mêmes causes ne produisant les mêmes effets, Apollinaire Malumalu craint de retomber dans le même travers.
    Dans le projet de loi de finances 2014, la ligne budgétaire réservée à la CENI représente une portion congrue, ne pouvant soutenir l’ensemble du processus. Une pressente invitation est lancée aux bailleurs de fonds afin que des engagements clairs soient pris pour la réussite du cycle électoral dans le délai.
    Devant toutes les contraintes qui se dressent sur le schéma de Malumalu, une large compréhension de la classe politique, doublée d’un réel soutien logistique et financier des bailleurs de fonds, s’impose pour donner lieu à une feuille de route électorale acceptable et bancable.
    Avec Le Potentiel
  • UN BATAILLON BURUNDAIS STATIONNE AU CONGO

    UN BATAILLON BURUNDAIS STATIONNE AU CONGO

    armee-du.-burundi–Il y a des Etats qui se désintègrent complètement et qui sont  incapables d’assurer la sécurité des peuples. Le pire, c’est quand ces Etats n’arrivent plus à se faire respecter. La République Démocratique du Congo est le premier Etat en Afrique qui a déjà vu plus de militaires de plus de six pays fouler leur sol sans avoir été invités ou eu les autorisations. Le territoire est tellement vaste, désorganisé que  non seulement les Etats s’y invitent mais aussi les milices ou celui qui veut en créer.

    Le Burundi s’est invité régulièrement au Congo. Mais, certains croyaient que les militaires burundais ne franchissaient plus la Rusizi.

    Un bataillon burundais battu au Congo ce 23 décembre 2013

    Le colonel Kabisa commande la 1 ère région militaire. A l’Etat Major de l’armée burundaise, certains officiers disent qu’il commande plutôt un bataillon au Congo. Ils n’ont pas tort. Un bataillon conduit par le colonel Kabisa séjourne au Congo. Ce bataillon a plusieurs positions en face de Rukoko mais du côté du Congo. Ce bataillon est composé des militaires burundais mais aussi de 200 miliciens Imbonerakure. L’armée burundaise frise le ridicule en armant des tueurs imbonerakure pour l’épauler. Si le Burundi envoie plus de 6 000 militaires à l’étranger, il n’arrive plus à constituer un bataillon en ordre de bataille sans recourir aux imbonerakure! Serait-il en train d’entraîner des imbonerakure pour une mission ultérieure obscure comme des massacres généralisés?

    Les 200 miliciens imbonerakure sont fortement armés et sont payés 150 000 frs chacun par mois par la Documentation ou sur le budget de l’Amisom qui est mal géré au Burundi.

    Un militaire tué et plusieurs blessés au Congo

    La mission au Congo semble floue. Le motif avancé est de traquer les rebelles burundais. Qui sont ces rebelles qui n’attaquent pas le Burundi? Sont-ils basés au Congo? A force de les chercher, on finit par les trouver. La rencontre a eu lieu deux jours avant noël. Le 23 décembre 2013, une position de ce bataillon burundais a été attaquée et défaite. Le bilan de cette attaque de la position par des rebelles au Congo sont d’un mort, un ancien FAB, et plusieurs blessés, surtout des imbonerakure. 5 armes dont deux mitrailleuses ont été emportées par les rebelles après la fuite des militaires survivants. C’est un bilan lourd et l’armée garde secrètement cette information.

    Le ministre de la Défense est au courant de cette présence armée au Congo. Il sait aussi que des milices imbonerakure accompagnent les militaires et il ne doit pas ignorer la sinistre mission qui sera allouée aux imbonerakure les années à venir.

    Des questions restent posées. Pourquoi les militaires burundais sont-ils au Congo pour se battre contre un ennemi invisible? Pourquoi cette proximité de l’armée et la milice imbonerakure alors qu’avant, cette milice était plutôt proche de la police?

    Dans d’autres pays démocratiques, il devrait y avoir les démissions du ministre de la défense, du chef d’Etat major de l’armée et le chef des renseignements militaires (G2).  

    Avec Burundi.news- Par Gratien Rukindikiza