Author: Don Kayembe

  • « Pour comprendre une partie de la guerre de l’est de la RDC, il faut s’arrêter sur le lac Albert  »

    « Pour comprendre une partie de la guerre de l’est de la RDC, il faut s’arrêter sur le lac Albert »


    Dossier Réalisé Par Dr Frankeur Nganga et Rodrigue Fénelon

    soldat-Anciennement appeler Lac MOBUTU SESE SEKO, le lac Albert est l’un des plus grands lac d’Afrique, il se trouve dans la région dite des grands lacs, sur la chaine des lacs de la vallée du grand rift, à la frontière entre l’Ouganda et la république Démocratique du Congo. Le lac Albert est bordé au nord ouest par les montagnes bleus qui forment la ligne de partage entre les eaux du bassin du Nil et celle du bassin du Congo ; au sud est par le lac Victoria l’une de ses sources provenant  du Nil Victoria et au sud ouest par la rivière SEMLIKI en provenance du lac EDOUARD et à l’extrémité nord, il y’a le Nil Albert connu sous le nom de Nil des montagnes, lorsqu’il pénètre au Soudan.

    L’Ouganda possède 57% du lac Albert alors que la RDC n’en possède que 43%, il est l’un des lacs les plus poissonneux au monde, du côté Ougandais par exemple, les captures de poissons sont évaluées à 22.000 tonnes/an dont 60% sont des TILAPIA (le lac Albert a un nombre important d’espèces de poissons, mais 50% sont en voie de disparition), la flotte de pêche sur le lac est passée de 760 bateaux au milieu des années 1960 à près de 6.000 en 2011.

    Le lac Albert est une poule aux œufs d’or noir, puisque se trouvant sur le bassin sédimentaire du GRABEN ALBERTINE qui contient prés de 2 milliards de barils d’hydrocarbures  et de gaz naturels qui de ce fait, se trouve au centre d’une grande querelle entre la RDC et l’Ouganda à cause de la limite maritime des deux états . Cette querelle est l’un des grands enjeux de la situation dans la région des grands lacs, l’une des épines dorsal de la guerre de l’Est de la RDC.

    La présence de pétrole sur le lac Albert a été décelé depuis longtemps, le côté Ougandais a été exploré dès 1938 par SHELL et entre 1952 et 1954 du côté congolais ; il a fallu attendre 1997 et la signature d’un premier contrat d’exploration entre le gouvernement Ougandais et HERITAGE Oïl et ensuite avec le gouvernement congolais, le 02 Juin 2002 portant sur l’exploration d’un immense périmètre de 30.000 km carré, allant de la ville de RUTSHURU au sud du lac EDOUARD jusqu’à MAHAGI à la pointe nord du lac Albert.

    L’Ouganda étant très avancé dans la phase d’exploration, le gouvernement congolais accuse les sociétés travaillant en Ouganda de forer sur la nappe pétrolière congolaise, donc de voler le pétrole congolais, de son côté Kampala accuse Kinshasa de violer son territoire, les autorités Ougandaises reprochent, à Kinshasa d’avoir établit un poste sur la rive transfrontalière du lac Albert.  GOLI par exemple, dans le territoire de MAHAGI (en Ituri, RDC) limitrophe du district Ougandais de NEBRI, fait l’objet d’un contentieux entre les deux pays, car la RDC y a établit un poste frontière. Les deux pays convoitent également l’île de RUKWANZI à la pointe sud du lac, une véritable éponge saturée de pétrole.

    Selon un expert Ougandais, les inquiétudes émises par le gouvernement congolais qui accuse l’Ouganda de forer sur sa nappe pétrolière ne sont pas techniquement fondées, car le pétrole du GRABEN ALBERTINE n’est pas une nappe souterraine unique sur un champ, mais plutôt plusieurs blocs qui regorgent chacun une quantité bien évaluée, l’exploration et l’exploitation des blocs qui se trouvent sur la zone de démarcation font toujours l’objet d’un accord entre les deux états concernés, selon une législation internationale bien connue de tous les opérateurs pétroliers. Malgré ces affirmations, des intellectuels congolais parlent de pompage criminel du brut congolais sur le bassin commun du Graben Albertine par l’Ouganda

    Tant bien et malgré, un face à face officieux à exister et existe entre les armées des deux pays. En début Août 2007, un ingénieur Britannique qui prospectait pour HERITAGE Oïl, sur la partie Ougandaise du lac a été retrouvé mort, Kampala avait accusé l’armée congolaise d’être l’auteur, du meurtre et quelques temps après, les forces armées congolaises (FARDC) ont fait prisonniers 4 soldats des forces de défense patriotique Ougandaise (UPDF), deux jours plu tard, les deux armées, se sont affrontés autour d’une embarcation de la compagnie pétrolière HERITAGE Oil. Le 08 Septembre 2007 JOSEPH KABILA KABANGUE et YOWERI KAGUTA MUSEVENI signent un accord «LES ACCORDS DE NGORDOTO (Tanzanie)« pour le respect des frontières hérités de la colonisation et prévoir, l’exploitation commune des nappes pétrolières du lac Albert.  Le 25 Septembre, 17 jours seulement après les accords, un accrochage mortel entre FARDC et UPDF à eu lieu, un véritable échec pour le dialogue Ougando-Congolais, mise en scène  ou oiseau de mauvais augure pour les deux états, En tous cas, le président Joseph Kabila est accuser de haute trahison par l’opposition en étant de mèche avec le Rwanda et l’Ouganda(avec une main noire occidental derrière) dans la déstabilisation de l’est de la RDC, une déclaration de l’opposition existe et parle de preuve de complicité .L’ancien ministre de la justice de Laurent désirée Kabila  Père :Mwenze Kongolo dans son point de presse du 13 août 2012 à corroborer cette accusation .

    A côté de cela, il y’a une attitude commune au niveau des deux gouvernements, c’est celle d’écarter systématiquement la société civile, des activités liées au domaine pétrolier, les deux gouvernements ont par le passé été accusés de secrets et de mise en œuvres des politiques d’exclusions de la société civile. En 2007, des membres de la société civile ont été exclus des commissions mixtes de sécurité entre les deux pays et des négociations des accords de pétrole. Pour preuve, un groupe de journalistes et d’activistes de la société civile de l’Afrique de l’EST qui ont accompagnés des membres de l’assemblée législative dans la visite des puits de pétrole dans le comté de TONYA KAISO du côté Ougandais furent impitoyablement refoulés, ce qui a fait croire que le gouvernement Ougandais avait quelque chose à cacher dans l’exploitation des sites. Il faut noter aussi que ces sites sont gardés par SARACEN UGANDA une compagnie de sécurité proche du général  SALIM SALEH, le frère de MUSEVENI.

    Les territoires de RUTSHURU et LUBERO, autour du lac Albert côté RDC sont les zones à forte densité miliciennes où les groupes armées se battent régulièrement entre eux. C’est un véritable sanctuaire de milices. Déjà en Mars 2003 AMNESTY International avait accusé l’Ouganda d’instrumentaliser le conflit ethnique dans cette zone et que tous les groupes armés présent étaient d’une manière ou d’une autre des protégés du gouvernement Ougandais et rwandais pour des raisons liées à l’exploitation des richesses. Certains observateurs pensent également que le président ougandais c’est immensément enrichit dans le pillage de l’or, autres minéraux précieux et l’exploitation du bois rares et précieux de cette zone de la RDC .

    Le 08 juillet 2012, la rébellion du M23 s’était emparé de la ville de RUTSHURU et y a établit sa base. Le nouveau rapport de l’ONU sur la guerre de l’Est de la RDC qui été publiée en Novembre 2012 et dont les principaux points ont été  commentés par l’agence RUTEURS, accuse l’Ouganda et le Rwanda de soutenir la milice M23 depuis Avril 2012, l’armée Ougandaise aide ce mouvement à étendre son contrôle sur ce riche territoire, elle aurait également appuyé le M23 dans une série d’attaques autours desquelles un Casque Bleu a été tué en Juillet 2012.

    Le gâteau du lac Albert, côté Ougandais est subdivisé en 5 blocs, évalués autour de 1,1 milliards de barils. Les blocs 1, 2, 3 et 4 réputés potentiellement rentable sont partagés entre 3 grandes compagnies à savoir : TULLOW Oil, CNOOC et TOTAL. C’est TULLOW Oil qui a signé le contrat de partage de la production avec le gouvernement Ougandais et a cédé pour 2,9 milliards de dollars américain, un tiers de ses actifs à CNOOC et TOTAL ; un oléoduc passera par le nord du Kenya pour atteindre la côte Est (Port de MOMBASSA), Les travaux sont estimés entre 2,5 et 5 milliards de dollars, TULLOW Oil, CNOOC et TOTAL joignent leurs forces sur un projet de développement composés de 3 centres pétro-gaziers : BULIISA, KAISO TONYA et KINGFISHER. La production visée, totalise 200.000 barils /jours sur 700 puits, pendant 30 ans ; le coût de développement sera compris entre 8 et 12 millions de dollars.

    Le côté Congolais du lac est subdivisé en 5 blocs, les données sismiques, évaluent les réserves pétrolières dans les entrailles du côté RDC, à 800 millions de barils soit 150.000 barils/jours et le gouvernement Congolais envisage de construire un oléoduc de plus de 6500 Km reliant l’Est du pays à la côte atlantique « hydrocarbures du cœur de l’Afrique à l’Atlantique », un projet irréaliste. Les blocs 1 et 2 qui couvrent la rive ouest du lac sont les plus convoités, d’abord par TULLOW Oil en 2006, mais le Président Joseph KABILA a refusé de donner à TULLOW Oil l’autorisation d’exploration et le 18 Juin 2010, il avait approuvé le contrat de partage de production en faveur de CAPRIKAT Ltd et FOXWHELP Ltd contrôlé par le très influent et jeune homme d’affaire Israélien DAN GERTLER(il est née en 1973), également présent dans le diamond et le cuivre en RDC, président de DGI (DAN GERTLER INTERNATIONAL) l’un des plus grands vendeur de diamond au monde.

    Lors de la signature du contrat, CAPRIKAT Ltd a été représenté par l’un de ses actionnaires Clive ZUMA KHULUBUSE, neveu du Président Sud Africain Jacob ZUMA et FOXWHELP Ltd par Michael HULLEY, l’avocat privé de Jacob ZUMA qui d’ailleurs a été accusé d’avoir été très actif dans la signature du dit contrat. Les bonus versés par CAPRIKAT Ltd et FOXWHELP s’élève à 3 millions de dollars US par blocs, alors qu’une estimation de la valeur du seul bloc II est de 20 millions de dollars. Le 21 Septembre 2010, la haute cour de justice des îles vierges dans une décision temporaire a opté pour le gel des activités de CAPRIKTAT Ltd et de FOXWHELP Ltd qui sont domiciliés aux îles vièrges, suite à une plainte de TULLOW Oil, domicilié également aux îles vierges. La même année CAPRIPTAT Ltd et FOXWHELP Ltd avaient dépensé 50 millions de dollar pour des études sismiques 2D et cette année, ils ont conduits des études sismiques 3D et forer 2 forages d’exploration pour un coût de 50 millions de dollars et négocié un partenariat avec TOTAL et CNOOC.

    Le bloc III a été accordé à TOTAL et ce dernier est en partenariat avec la société Sud Africaine SAC OIL. Le bloc IV a été accordé fin 2011 à ALBATROS OIL DRC filiale Congolaise d’un consortium Canado-américain basé à Houston (USA). Cette société a injecté pour les deux premières années pour la phase de prospection un peu plus  de 700 millions d’USD, y compris pour le permis octroyé sur le GRABEN  TANGANYKA au nord de la RUZIZI et KIGOMA. Le bloc V a été attribué le 05 Décembre 2007 à DOMINION PETROLEUM CONGO, une société Sud Africaine, SOCO PLC et COHYDRO, le bloc couvre 50% de la superficie du Parc National des VIRUNGA, le plus vieux parc d’Afrique, patrimoine mondial de l’humanité ; en Octobre 2011, SOCO a été autorisé de mener des activités d’exploration dans le Parc National des VIRUNGA, se confrontant à deux logiques contradictoires, celle du profit généré par l’Or Noir et celle de la conservation de la nature.

    En somme, un minimum de 5 années  séparent, l’Ouganda et la RDC en matières de recherches et d’exploitation proprement dite, l’Ouganda compte débuter sa production d’ici 2014. La situation de  sanctuaire de plusieurs groupes armés et de jungle politique du côté de la RDC, organisé de main de maitre par l’Ouganda qui deviendra bientôt un producteur de « pétrole du sang » pour prendre l’expression d’EDWARD ZWICK, le réalisateur du film « le Diamond de sang », la fait trainer . GEORGES CLEMENCEAU,  n’avait-il pas dit « qu’une goutte de pétrole vaut une goutte de sang ». Quand  au pétrole congolais du lac albert, il sera produit aux prix des larmes et du risque de la disparition de 200 espèces de mammifères dont plus d’un quart de la population mondiale des gorilles,700 espèces d’oiseaux, prés de 2000 plantes  dont 10% sont endémique à cette zone ,donc la perte du statut de patrimoine mondiale de l’humanité du Parc National des Virunga qui fait partie du vaste bassin forestier dénommé « le Bassin du Congo » .

    Enfin en ouvrant grand mon œil sur l’est de la RDC, nous constatons  que les Etats unis entretiennent une très importante ambassade à Goma dans le KIVU (comme à l’époque, le Camp Bondsteel à l’est du Kosovo avec sa « Task Force East »). Seront-ils, comme pour le Kosovo, les premiers à reconnaitre 2 nouveaux états, à savoir le Kivu et l’Ituri ? nous nous souviendrons  que dans une Brève histoire de l’avenir, édition Fayard 2006, Jacques Attali avait parlé de la disparition de la RDC d’ici 2020, en d’autres termes, la balkanisation de la RDC, par les puissances occidentales via l’Ouganda et le Rwanda qui tiennent cette zone avec des tenailles pour s’assurer l’accès illimitée de ses immenses richesses minières pour les prochaines décennies avec la complicité des multinationales anglo-américaines.

    La récente offensive militaire du M23 qui s’est soldée par la prise de Goma on dit long sur la complexité de la crise et des enjeux géostratégiques de la région des grands lacs où se développe au grand dame des nations unies qui dispose de l’une des plus importantes missions militaires soit 19000 hommes un courtage militaro-minier et politique dont le peuple de la RDC paie le plus lord tribu .

    Devrons nous comprendre malgré les appels et la réaffirmation de l’intangibilité des  frontières que l’avenir de la RDC est entrain d’être une fois de plus sceller par les firmes occidentales qui profitent du chaos permanent entretenu par les groupes armées à la solde du Rwanda pour mettre en exergue le plan de la balkanisation de la RDC ?

    En se rappel, lors de l’avancée du mouvement de Laurent désiré Kabila encadré par le Rwanda et l’Ouganda, avait révélé au grand jour l’ambition démesuré du Rwanda d’envahir une partie du Congo pour les cause d’espace vitale ; et on s’en souvient en son temps que le président Kagamé avait demandé clairement la révision des tracés frontaliers hérité de la colonisation ; puis plus tard à Nicolas Sarkozy de demander la gestion régionale des richesses de la RDC. Toutes ces pistes si les congolais n’y prennent pas grade conduira lentement mais sûrement le pays vers le morcellement planifier par les puissances occultes qui opèrent dans l’Est de la RDC. Le président Kabila devrait revoir son positionnement diplomatique dans la région et consulté l’ensemble des forces vives de la RDC pour éviter au pays un psychodrame car le pays de Lumumba ne mérite pas cette humiliation .ce dernier l’avait perçu au lendemain des indépendances c’est ce qui l’avait emmené d’opter pour l’Etat unitaire au détriment de l’Etat fédéral souhaité par les belges et les occidentaux qui n’avaient pas hésité un seul instant de soutenir la sécession de Moise Tchombé. La RDC devrait se rappeler du message de Henri Kissinger au sujet du soudan . Ce dernier déclarait en 1960 que  « tôt ou tard le soudan du sud se détachera du soudan du nord et nous nous y emploierons » 50 ans plus tard ce vœux machiavélique de l’axe qui imposa au monde le nouvel ordre mondial actuel  se réalisa.  C’est dans ce contexte qu’il est impérieux d’instaurer un dialogue régional entre le Rwanda, l’Ouganda et la RDC avec l’implication de la Belgique, des Etats unis ,de la Grande Bretagne ,de la France et de l’Union Africaine en vue de trouver une issue a la crise qui secoue l’Est de la RDC ;car les groupes armées qui opèrent dans  l’Est de la RDC ne sont que des marionnettes téléguidés par le Rwanda qui met en exergue sa politique de la légitime défense préventive dans laquelle elle se camouffle pour continuer a maintenir son influence dans une partie de la RDC dont il dispose de puissantes ramifications a travers les congolais d’origine Rwandophones connu sous le vocable de Banian Mulengué qui constitue l’ossature du M23.

    La région des Grands Lacs,on ne le dira jamais assez demeure la région la plus riche de la planète qui a elle seule peut enclencher le développement du continent et du monde ;voila pour quoi personne n’a intérêt de la stabiliser durablement car le chao qui y règne depuis les années 60 profite aux puissances occultes internes et externes .on se rappel que même le « CHE »El commandanté y a séjourné au plus fort des tensions de la guerre froide. C’est dans cette partie du monde que l’Uranium qui a servi à fabriquer la bombe atomique largué au Japon avait exporté tout comme le cobalt qui renforça les industries nucléaires soviétiques. C’est toujours dans cette région de l’Est de la RDC qu’on exploite le coltan, minerais à l’origine de la fabrication puces téléphonique et certaines composantes des ordinateurs portables.

    L’Est de la RDC est par conséquent une véritable poule aux œufs d’or.

    Source: L’oeil d’Afrique

  • Julien PALUKU KAHONGYA A MADAME MARY ROBINSON

    Julien PALUKU KAHONGYA A MADAME MARY ROBINSON

    PALUKU PALUKU- MARY-PRESENTATION DU GOUVERNEUR DU NORD-KIVU A L’OCCASION DE L’ARRIVEE A GOMA DE MADAME MARY ROBINSON ENVOYEE SPECIALE DU SECRETAIRE GENERAL DE L’ONU DANS LA REGION DES GRANDS LACS
    Madame l’Envoyée Spéciale,
    La Province du Nord-Kivu a l’honneur de vous saluer et vous remercier pour le travail combien louable que la Communauté Internationale ne cesse de fournir à l’ensemble du peuple congolais et à ses dirigeants pour une paix durable.
    La population note avec satisfaction le souci qui vous anime en ces moments où les espoirs de paix sont désormais permis à travers l’engagement de la Brigade d’intervention aux côtés des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).
    Madame l’Envoyée Spéciale,
    Après avoir suivi la présentation sur Power Point du condensé des récents événements et des dégâts y relatifs, il est important que je porte à votre connaissance les attentes de la population telles que formulées par les différentes composantes que j’ai rencontrées.

    Quelles sont les attentes de la population au Nord-Kivu

    1.   La poursuite des offensives militaires aux fins de la libération immédiate des territoires occupés par le M23 pour :
    –      Mettre fin aux souffrances endurées dans les camps des déplacés et refugiés ;
    –      Une reprise apaisée de la rentrée scolaire qui est reportée au lundi 9 septembre 2013 pour Goma et Nyiragongo ;
    –      Mettre fin aux actes de violation et sévisses auxquels le M23 s’adonne à longueur de journée (meurtres, assassinats ciblés : le cas du chef de quartier Buturande à Kiwanja, enrôlement des enfants soldats…)
    Cette activité devrait rapidement se faire par les éléments des FARDC appuyés par la Brigade d’intervention de la Monusco.
    2.   S’agissant de Kampala
    La population du Nord-Kivu estime que les pourparlers de Kampala sont inopportuns étant donné que c’est le M23 lui-même qui a brisé l’élan en choisissant l’option militaire le 14 juillet dernier.
    Le M23 s’est révélé être un mouvement terroriste avec les derniers événements confirmés par le Secrétaire Général des Nations Unies à savoir le largage des bombes à Goma(RDC) et Gisenyi (Rwanda) tuant et blessant des populations civiles.
    A ce sujet, faute d’une offensive militaire, la population du Nord-Kivu attend purement et simplement la dissolution de ce mouvement terroriste (M23).
    Elle attend par ailleurs  le déploiement sur terrain des enquêteurs de la Cour Pénale Internationale car nombreux sont ceux qui pensent que « larguer des bombes dans les grandes concentrations des populations comme GOMA et GISENYI sur des civils est constitutif de crime de guerre ».  La CPI est très attendue au Nord-Kivu pour enquêter également sur les autres crimes de guerre, crimes contre l’humanité et les violations de droit de l’homme plusieurs fois dénoncés par les experts des Nations Unies et Human Right Watch. Cette présence de la CPI permettrait d’identifier les acteurs internes et externes en vue de leur arrestation et partant, la limitation des crimes dans la Région des Grands Lacs.
    3.   S’agissant des preuves sur l’implication du Rwanda, la population du Nord-Kivu pense qu’il est aussi simple que cela ne devrait pas susciter des polémiques :
    –      D’abord la résistance opposée par le M23 au niveau de KIBATI ainsi que l’artillerie (munitions, armes lourdes), et les moyens humains dont le nombre croissant sur le champ de bataille a suscité la curiosité de plus d’une personne.
    –      Ensuite les indications trouvées sur les quelques corps tombés sur le champ de bataille à Kibati même (tenues militaires rwandaises, insignes de l’armée rwandaise trouvées sur les corps, …)
    –      Enfin les blessés de guerre et les deuils organisés au Rwanda sont aussi des axes à explorer dans le cadre des enquêtes à diligenter à ce sujet.
    S’il y a des blessés de guerre dans les hôpitaux rwandais, l’opinion s’interroge si au Rwanda il y a une seule localité où on note des affrontements militaires pour justifier des nombreux cas d’hospitalisation des militaires à Gisenyi, à Ruhengeri, à Kigali et ailleurs.
    Pour cela, la population demande que le mécanisme conjoint de vérification et les experts de Madame l’Envoyée Spéciale du Secrétaire Général de l’ONU soient mis à contribution pour tirer toutes les conclusions qui mettront fin à toutes les spéculations.
    Le même mécanisme et les mêmes experts devront être déployés à KIBUMBA, précisément à KABUHANGA où l’on note en ce moment la traversée des troupes rwandaises. Des sources crédibles des populations vivant dans cette partie ont fourni ces renseignements depuis le dimanche 1er septembre 2013.
    4.   S’agissant des relations entre la RDC et le Rwanda
    Celles-ci semblent être tendues ces derniers temps surtout lorsque tout le monde a assisté au mouvement des blindés et chars de l’armée rwandaise partant de Kigali pour Gisenyi dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 août 2013. A l’heure qu’il est, ces engins de la guerre ainsi que les troupes rwandaises sont fortement amassés le long de la frontière rwandaise de la Grande barrière vers Kibumba, précisément à Kabuhanga en territoire rwandais et sur une partie du territoire congolais.
    Pour apaiser cette tension, les services de renseignement congolais ont demandé aux services de renseignement rwandais de saisir ensemble les Nations Unies pour une enquête internationale au sujet des obus tombés sur les sols congolais et rwandais, de leur provenance ainsi que de leurs auteurs. La partie congolaise s’est butée au refus catégorique des services rwandais.
    Par ailleurs, dans le même cadre, la Monusco a proposé aux autorités rwandaises une commission tripartite Monusco-RDC-Rwanda pour diligenter les mêmes enquêtes sans recevoir aucune suite de la partie rwandaise. Cela saute aux yeux de la population comme une volonté délibérée d’entretenir le flou et donc de justifier une éventuelle incursion sur le territoire congolais.
    A ce sujet, la population a accueilli favorablement la précision du Secrétaire Général des Nations Unies par rapport à la provenance des obus  qui sont tombés à Goma (RDC) et à Gisenyi (Rwanda).
    La même population s’interroge aujourd’hui sur le silence de la Communauté Internationale face à l’attroupement des forces de l’armée rwandaise et des chars à la frontière alors qu’il n’y a pas de guerre déclarée entre les deux pays.
    5.   S’agissant de l’accord cadre et la résolution 2098
    La population du Nord-Kivu a salué l’engagement de la Communauté Internationale à accompagner les efforts de paix du Président Joseph KABILA en vue d’alléger les souffrances atroces d’un peuple meurtrie depuis plus de 20 ans.
    Et depuis lors, la population a noté avec satisfaction le déploiement du contingent de la Brigade d’Intervention mais se pose la question sur le retard accusé dans le déploiement du contingent malawite.
    A ce jour, la satisfaction de la population est grande lorsqu’elle a vu finalement le verrou de KIBATI, forteresse du M23, sauté grâce à la conjugaison des forces de la Monusco et des FARDC. L’Autorité Provinciale réitère la compassion de toute la population à l’occasion du décès du casque bleu tombé sur le champ d’honneur.
    Le vœu le plus ardent, c’est que le démantèlement du M23 se fasse le plus rapidement possible afin de permettre à la Brigade de passer aux étapes suivantes à savoir : la neutralisation des FDLR, ADF-NALU et tous les groupes maï-maï.
    Voilà pourquoi, la population voudrait avoir une compréhension de ce qu’on appelle « Solution politique »
    A notre avis, l’accord cadre ayant été signé par 11 Etats de la Région des Grands Lacs, le dialogue politique signifie que les Chefs d’Etats de la Région doivent poursuivre le renforcement des relations entre eux pour que ce qui se passe à l’Est de la RDC n’embrase pas l’ensemble de la Région.
    Si ce n’est pas cela la solution politique, la population a soif de savoir si par l’option politique,  on veut parler des négociations avec le M23, les FDLR et les ADF-NALU respectivement par les gouvernements congolais, rwandais et ougandais !
    Sinon, qu’attend alors la Brigade d’Intervention pour neutraliser lesdites forces qualifiées de forces négatives  par les Nations Unies, l’Union Africaine, la SADEC et la CIRGL?
    S’agissant des engagements des pays de la Région, la population se pose la question si refuser d’exécuter les mandats émis par la RDC ne constitue pas une violation de l’accord cadre par le Rwanda qui tient à garder sur son sol Messieurs Jean Marie RUNIGA, Baudouin NGARUYE et plus de 700 militaires déversés au Rwanda en mars 2013 à la suite des affrontements entre l’aile Bosco Ntaganda et l’aile Makenga.
    Et pourtant au point 5 de l’accord cadre, signé par les Etats de la Région des Grand-Lacs, il est dit que les Etats renouvellent l’engagement à :
    –      Ne pas tolérer, ni fournir une assistance ou un soutien quelconque à des groupes armés ;
    –      Ne pas héberger ni fournir une protection de quelque nature que ce soit aux personnes accusées de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, d’actes de génocide ou de crimes d’agression, ou aux personnes sous le régime de sanctions des Nations Unies ;
    –      Faciliter l’administration de la justice, grâce à la coopération judiciaire dans la Région.
    La population du Nord-Kivu se demande pourquoi ne fait-on pas une évaluation de tous ces engagements !
    Plus récemment encore, c’est le même Rwanda qui a refusé, au siège des Nations Unies à New York,  que certains commandants du M23 soient placés sous sanction des Nations Unies.
    Tous ces éléments réunis suscitent des inquiétudes dans le chef de la population qui s’interroge sur l’agitation du Rwanda à chaque fois que la RDC et les Nations Unies (Brigade d’intervention) veulent en découdre avec un mouvement  rebelle (M23) supposé être un problème interne à la RDC.
    Sur un autre chapitre relatif à la solution à la crise de l’Est de la RDC, voici ce qui parait inacceptable aux yeux de la population :
    1.   L’amnistie des criminels du M23, FDLR, ADF-NALU, maï-maï : pour le cas du M23, la plupart de ses éléments ont déjà bénéficié de l’amnistie deux fois durant. Il est donc inacceptable que la RDC continue à amnistier les personnes qui tombent sous le coup de récidive comme pour consacrer l’impunité pourtant décriée par la Communauté Internationale.
    2.   L’intégration en bloc des éléments criminels du M23 dans les forces armées de la RDC. Les ratés du brassage et du mixage au sein des FARDC ont suffisamment démontré que ce schéma est suicidaire pour une armée qui se veut moderne, professionnelle et respectueuse des droits de l’homme. A ce sujet, la Communauté Internationale ne doit pas demander à la RDC de reformer son armée et à la fois l’amener à dialoguer avec les criminels en vue de leur intégration dans cette même armée. Il faut ici rappeler que la RDC dispose déjà d’une Loi qui organise les Forces armées ainsi que les critères de recrutement à leur sein. Or tout le monde sait qu’au sein du M23 existent des enfants soldats et des civils recrutés par force, ce qui va à l’encontre avec les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et autres.
    3.   L’intégration politique des cadres du M23 : la plupart d’entre eux sont sous sanction des Nations Unies et le M23 lui-même a été globalement placé sous sanction en décembre 2012 et janvier 2013 au même titre que Jean Marie RUNIGA (ancien leader politique), Eric BADEGE, …
    La population se demande quel type de société allons-nous construire en RDC si on doit faire régulièrement allégeance à ceux qui tiennent les armes contre leur pays.
    Voilà traduites, de façon très brèves les attentes de la population du Nord-Kivu telles qu’exprimées à travers les dialogues sociaux organisés avec toutes les couches par l’Autorité Provinciale.
    Au demeurant, la population remercie la Communauté Internationale et  attend d’elle l’accompagnement sincère des efforts du Président Joseph KABILA que l’Autorité Provinciale traduit en termes pratiques aux côtés du Bureau de la Monusco installé à Goma.
                                                    = : Honorable Julien PALUKU KAHONGYA :=
  • Les concertations s’engagent mal en l’absence de l’opposition

    Les concertations s’engagent mal en l’absence de l’opposition

    Kabila moto pasi– Les “concertations nationales” qui doivent s’ouvrir mercredi pour régler la crise sociale, politique et militaire en République démocratique du Congo (RDC) semblent mal s’engager en l’absence quasi certaine de l’opposition, qui devrait boycotter ces assises. Le président Joseph Kabila, réélu en 2011 à l’issue d’un scrutin contesté, avait initialement promis ces concertations pour le début de l’année 2013. Fin juin, il a signé une ordonnance précisant qu’elles porteraient sur la gouvernance, l’économie, le désarmement des groupes armés, les conflits communautaires et la décentralisation. Les échanges doivent durer une quinzaine de jours. Les états-généraux se dérouleront à Kinshasa, la capitale, Lubumbashi, la deuxième ville du pays et capitale de la province riche et instable du Katanga (sud-est) d’où est originaire M. Kabila, et Kisangani, la capitale de la Province Orientale (nord-est). L’organisation a été confiée aux présidents de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, et du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, considérés comme proches du pouvoir. Et le président Kabila doit lui-même prononcer le discours d’ouverture des travaux mercredi à Kinshasa, au Palais du peuple, siège du Parlement.
    Ces assises s’ouvrent après de longues discussions entre la majorité issue des élections législatives et présidentielle de 2011, l’opposition qui a rejeté le résultats de ces scrutins, et la société civile. Elles ont également lieu alors que l’armée congolaise, soutenu par les Casques bleus, progresse sur le terrain contre les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), dans l’est du pays, et dont les représentants ne sont pas conviés aux concertations. L’idéal d’un rassemblement national semble bien compromis. Les grands groupes parlementaires de l’opposition – l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le Mouvement de libération du Congo (MLC) et l’Union pour la nation congolaise (UNC) – exigent une improbable rectification du mode d’organisation des concertations, faute de quoi ils boycotteront le processus. Le dialogue devrait se limiter alors à un échange entre la majorité et une partie de la société civile. En juillet, près de 80 partis d’opposition avaient estimé que la forme retenue pour les assises ne correspondait pas à la recommandation de l’ONU d’organiser “un dialogue politique transparent et sans exclusive entre toutes les parties prenantes congolaises”.

    L’opposition demande que Mary Robinson, envoyée spéciale du secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, soit le “témoin” des concertations, et que le chef de l’Etat du Congo voisin, Denis Sassou Nguesso, en soit le “facilitateur”. Celui-ci avait dit en juillet être “disponible” pour assurer cette médiation.

    Alors que la majorité de la population vit dans un dénuement extrême et que l’Etat peine à imposer son autorité sur l’ensemble du territoire, face à de nombreux groupes armés, l’opposition souhaite que les discussions débordent du champ fixé par M. Kabila.

    Elle voudrait qu’elles concernent les violations massives des droits de l’Homme, l’enrôlement des enfants soldats, le pillage et le bradage des ressources naturelles, la formation d’une armée républicaine et moderne, la légitimité des institutions, et la corruption.

    Parmi les autres requêtes: la récusation du président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), l’abbé Appolinaire Malu-Malu, jugé proche de M. Kabila. Il est soupçonné de vouloir modifier l’article 220 de la Constitution pour permettre au président de briguer un troisième quinquennat.

    Par Habibou BANGRÉ

    AFP

  • Le top 10 des pays africains les plus espionnés par les USA

    Le top 10 des pays africains les plus espionnés par les USA

    nsa1_1-L’Afrique n’a pas été épargnée par le programme secret de surveillance des Etats-Unis, baptisé Prism. Ce dernier est destiné à collecter les données en ligne des gouvernements, des entreprises et des particuliers du monde entier – hormis ceux des Etats-Unis – et est associé au logiciel Boundless Informant qui permet d’analyser de manière précise et détaillée ces données. Ces programmes ont été dévoilés par l’ancien consultant de la NSA (National Security Agency), l’agence nationale de sécurité américaine chargée du renseignement, Edward Snowden, qui s’est confié au Guardian et Washington Post en juin dernier. Ils montrent aux yeux du monde comment les Etats-Unis espionnent l’Internet et certains réseaux de téléphonie. Depuis 2007, le programme Prism collecte les mails, les fichiers, les photos, les communications audio ou vidéo, toutes les informations transitant via le web. Les entreprises espionnées étant Microsoft, Google, Facebook, Skype, Yahoo !, YouTube, Paltalk, Aol et Apple. A titre illustratif, pour le seul mois de mars 2013, la NSA a analysé 97 milliards d’informations avec Boundless Informant. Les cinq pays les plus surveillés étant l’Iran (14 milliards d’informations recueillies), le Pakistan (13,5 milliards d’informations recueillies), la Jordanie (12,7 milliards d’informations recueillies), l’Egypte (7,6 milliards d’informations recueillies) et l’Inde (6,3 milliards d’informations recueillies). Plus encore, les communications téléphoniques d’une trentaine d’ambassades étrangères à Washington étaient écoutées, car des microphones y étaient installés.
    Rang Pays
    1er Egypte
    2e Kenya
    3e Libye
    4e Tanzanie
    5e Somalie
    6e Algérie
    7e Soudan
    8e Ouganda
    9e RD Congo
    10e Zimbabwe

    Les 10 pays africains les plus surveillés par les Etats-Unis

    L’Egypte occupe donc le quatrième rang mondial et le premier rang des pays africains les plus surveillés par les Etats-Unis, plus espionnée que la France.

    Elle est suivie par le Kenya, espionné au même titre que l’Allemagne. Vient ensuite l’Algérie espionnée au même titre que la Turquie. La Tanzanie (pays dans lequel le président Barack Obama s’est rendu le 1er juillet 2013), la Somalie, l’Algérie, le Soudan et l’Ouganda suivent et sont aussi surveillés par les Etats-Unis, au même degré de surveillance que la France. Les deux derniers sont la RD Congo et le Zimbabwe.

    Pendant sa récente tournée africaine (Sénégal, Afrique du Sud et Tanzanie), Barack Obama a pourtant déclaré, lors d’une conférence de presse en Tanzanie, que son pays voulait être le véritable partenaire de l’Afrique. « Je l’ai dit à travers l’Afrique, nous envisageons un nouveau modèle qui ne soit plus seulement basé sur l’aide et l’assistance mais sur le commerce et le partenariat », a-t-il déclaré. « Le but ultime, a poursuivi le président américain, est que les Africains construisent l’Afrique, pour les Africains. Et notre travail est d’être un partenaire dans ce processus, et la Tanzanie a été un de nos meilleurs partenaires ». Des partenaires qu’on espionne, dirait-on.

    Réponse d’Obama

    Au sujet des révélations d’Edward Snowden relayées par The Guardian et le Washington Post, Barack Obama ne s’est pas encore clairement expliqué aux Européens, qui, excédés, lui ont demandé des explications pressantes. Réagissant depuis Dar es Salam en Tanzanie où il était en visite le 1er juillet dernier, Obama a promis que les Etats-Unis fourniront à leurs alliés européens toutes les « informations » qu’ils réclament sur les activités d’espionnage électronique dont est accusée la NSA contre leurs représentations à Washington et à l’Onu. D’après le président américain, Washington continue « d’évaluer » le contenu d’articles de presse et les documents fournis par l’ancien consultant de la NSA Edward Snowden. Par la suite, les Etats-Unis « communiqueront de manière appropriée avec leurs alliés ». « Quand nous aurons une réponse, nous ferons en sorte de fournir toutes les informations voulues par nos alliés », a assuré Barack Obama, qui estime cependant que les pays vont toujours chercher l’information au-delà de ce qui est présenté dans la presse.

    Mais déjà, la Direction nationale du renseignement américain (ODNI), qui coordonne les activités des 17 agences de renseignement américaines, dont la NSA, avait indiqué que les Etats-Unis « répondront de façon appropriée » à l’UE et à ses Etats membres par les canaux diplomatiques. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry, premier officiel américain à réagir sur ce sujet, a d’ailleurs minimisé le sujet. « Je dirais que chaque pays dans le monde qui est impliqué dans les affaires internationales, de sécurité nationale, exerce de nombreuses activités afin de protéger sa sécurité nationale et toutes sortes d’informations qui peuvent y contribuer », a-t-il déclaré.

    Au moment où les gouvernements européens exigent des explications des Etats-Unis, les gouvernements africains, eux, restent encore muets face à ces révélations.

    Par Beaugas-Orain Djoyum pour le magazine Réseau Télécom No 63

    Agence Ecofin

  • Fibre optique : les abonnés d’Airtel ont désormais droit à une exploitation à haut débit

    Fibre optique : les abonnés d’Airtel ont désormais droit à une exploitation à haut débit

    fibre_optique_travo-Chose promise, chose due. Le Ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, Tryphon Kin-Kiey Mulumba a réussi son pari. Celui de jouer à la facilitation pour le rapprochement des vues entre la Société Congolaise des Postes et Télécommunications et l’Opérateur Télécom Airtel au sujet de la signature d’un contrat pour l’exploitation de la fibre optique. Les inquiétudes présentées par cet opérateur au sujet de la qualité technique et technologique de la fibre ont été élaguées. La polémique autour de l’offre de prix a été close. Des longues et laborieuses négociations commerciales ont abouti à un compromis. C’est parti pour des noces de miel entre les deux parties qui ont signé, la semaine dernière, un protocole d’accord relatif à la location des capacités de la fibre optique Kinshasa-Moanda. Après le succès de sa médiation, le Ministre Kin-Kiey entend convaincre Orange RDC, l’autre géant du GSM, et Microcom, le major du service internet, dont les négociations avec la SCPT sont très avancées. La cérémonie s’est déroulée au Cabinet des PT&NTIC qui a accueilli le même jour, la dernière phase des négociations entre les deux entreprises commerciales. L’homme le plus heureux, le Ministre des PT&NTIC s’est félicité de la signature de ce protocole, indiquant que c’était un grand jour pour la fibre optique, la SCPT et Airtel. «L’essentiel, c’est que les deux sociétés ont fini par se rapprocher, lançant ainsi un signal positif et concret en direction du marché des télécommunications, mais aussi et surtout, des clients d’Airtel-Congo qui vont désormais avoir droit au haut débit », a déclaré le Ministre.

    Aussi, a-t-il confirmé que le processus de location des capacités va s’accélérer dans les tout prochains jours, avec les signatures très attendues de la société Orange, l’autre géant du GSM, ainsi que de MICROCOM, le major du service internet, dont les négociations avec la SCPT sont très avancées. Ces sociétés, s’est-il réjoui, viennent s’ajouter à celles opérant déjà sur la fibre, à l’instar de Standard Telecom, Global et Ogefrem. Déjà, de grandes administrations mais aussi des banques sont séduites par la qualité du service offert par la SCPT. «Toutes ces signatures qui vont se poursuivre en cascade sont la preuve que le Gouvernement de la République est pleinement engagé dans le processus d’intégration de la RDC à la société de l’information ainsi que dans son projet d’apporter le haut débit et la modernité à tous les Congolais», a conclu le Ministre Tryphon Kin-Kiey Mulumba, plus que jamais déterminé à atteindre tous les résultats que lui a assignés la lettre de mission de son Ministère pour l’année en cours.

    SCPT-Airtel : des noces de miel

    L’Administrateur-Directeur Général adjoint de la SCPT, qui a signé le protocole d’accord au nom de son entreprise, a remercié le Ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, pour son implication personnelle dans l’accélération des négociations auxquelles il a donné un coup de pouce déterminant. « Airtel, c’est un partenaire de longue date. Tous les autres opérateurs vont rejoindre la fibre optique. Nous, en tant qu’entreprise qui commercialise la fibre optique, avons la préoccupation de mobiliser autant de partenaires que d’opérateurs locaux. L’objectif étant bien entendu de maximiser les recettes. La SCPT va augmenter le haut débit, pour ce faire. Nous avons tout intérêt à mettre en place un service de qualité », a-t-il fait savoir à la presse.

    Le Représentant d’Airtel-Congo est allé dans le même sens, remerciant le Ministre Kin-Kiey pour avoir personnellement supervisé le processus des négociations et la SCPT pour avoir tout mis en œuvre pour le rapprochement des positions des deux sociétés. Il a souhaité qu’après la signature, les rencontres entre techniciens aient lieu dans les meilleurs délais afin de rencontrer les attentes de la clientèle. « Nous souhaitons que les choses aillent vite, pour que nous passions de la phase technique à la phase commerciale (…) la fibre optique est un passage obligé pour la qualité. C’est une exigence technologique majeure », a souligné Monsieur Joh, Représentant les intérêts d’Airtel.

    15 millions de congolais goûtent déjà au haut débit grâce à la fibre optique

    Après l’inauguration de la station d’atterrage de Moanda, le 8 juillet dernier, et le lancement de la connexion internationale au câble sous-marin du Consortium Wacs par le Chef de l’Etat, l’étape de l’exploitation commerciale de la fibre optique était très attendue par l’ensemble de l’opinion.
    Airtel arrive ainsi après Standard, Global et Vodacom faisant ainsi basculer plus de 15 millions d’abonnés dans le haut débit. Ce protocole d’accord sur la location des capacités de la fibre optique Kinshasa-Moanda confirme la détermination du Ministre Kin-Kiey d’engager la RDC dans le processus d’intégration à la société de l’information et d’apporter le haut débit à toutes les bourses.

    Laetitia Mbuyi

    La Prosperite

  • La ville frontalière rwandaise de Gisenyi en état d’alerte

    La ville frontalière rwandaise de Gisenyi en état d’alerte

    Les militaires Rwandais en Uniformes de FARDC quittent la RDC-L’armée rwandaise a discrètement renforcé sa présence sur la frontière entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC), dans un contexte de vive tension entre les deux pays après la chute d’obus sur la ville frontalière de Gisenyi.
    L’armée rwandaise a discrètement renforcé sa présence sur la frontière entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC), dans un contexte de vive tension entre les deux pays après la chute d’obus sur la ville frontalière de Gisenyi.
    “On est un peu inquiet après ce qui s’est passé ici, mais on a vu que notre armée est là, et donc on est rassuré”, explique James, venu participer au stade de Gisenyi à un meeting du Front patriotique rwandais (FPR), le parti au pouvoir.
    Depuis jeudi, les habitants de cette ville plantée au pied des collines verdoyantes sur les bords du lac Kivu ont constaté des mouvements militaires “inhabituels” mais discrets aux abords de la cité.
    Des blindés, des hommes et du matériel militaire ont été aperçus en train de converger vers des positions à la frontière avec la RDC, selon les témoignages.
    Au pied de la chaîne des volcans, la frontière serpente ici au milieu des terres noires volcaniques, le long de villages dispersés, dans un inextricable maquis de champs de bananiers et de forêts d’eucalyptus.
    Canon tourné vers la RDC
    “J’ai vu cinq tanks et des armes lourdes transportées par de gros camions passer près de chez moi. J’habite au bord de la route”, explique Umulisa, villageoise de Ruzini, à environ 15 km au nord de Gisenyi. “Je n’en avais jamais vu avant. Ils sont partis en direction de la frontière”.
    Cette femme de ménage raconte que des chars sont également postés sur le mont Rubavu, une colline stratégique qui surplombe Gisenyi, toute comme la ville congolaise de Goma toute proche, la capitale régionale du Nord-Kivu en guerre.
    “Nous avons l’habitude de passer par la colline pour aller travailler à Gisenyi. C’est un raccourci, mais depuis qu’ils sont là, on n’ose plus y aller”, confie-t-elle.
    Un char de combat stationne sur la colline en question, le canon tourné vers le territoire congolais, a constaté dimanche une journaliste de l’AFP. Des véhicules militaires et des armes lourdes ont également été aperçus dans les environs ces derniers jours.
    “D’où nous nous trouvons, nous entendons bien mieux les combats du Congo qu’à Gisenyi. On a peur que cela puisse arriver jusqu’ici”, ajoute Umulisa. “En plus, on se dit que si les militaires sont ici, ce n’est sûrement pas pour rien…”.
    Ces mouvements font suite à la chute de deux obus d’origine indéterminée sur Gisenyi jeudi qui ont fait un mort, alors que de l’autre côté de la frontière, les combats faisaient rage au nord de Goma entre l’armée congolaise, appuyée par les casques bleus des Nations unies, et la rébellion du M23, que Kigali est accusée de soutenir, malgré ses démentis.
    Le Rwanda a vertement réagi, accusant les forces congolaises “d’intensifier leur bombardement délibéré du territoire rwandais”.
    Des bombardements “inacceptables”
    Selon Kigali, ce sont au moins dix obus qui sont tombés pour la seule journée de jeudi sur toute la région de Gisenyi. Et “un total de 34 obus ont été tirés sur le Rwanda au cours du mois écoulé par les forces de RDC”.
    Pour le secrétaire de l’Onu Ban Ki-Moon en revanche, ces tirs non-ciblés sont le fait du M23. Et l’ONU a fait état “d’informations crédibles et cohérentes” sur un soutien de l’armée rwandaise aux rebelles du M23 dans les combats en cours.
    Accusé régulièrement depuis octobre 2012 de soutenir le M23, rébellion à majorité rwandophone, dans l’est de la RDC, le Rwanda a toujours fermement démenti, de même que Kampala, également accusé.
    Pour la ministre rwandaise des Affaires étrangères, le “bombardement incessant du territoire rwandais est inacceptable, comme il le serait pour quelque nation souveraine que ce soit. Les civils rwandais sont visés par les forces de RDC”.
    “Nous avons exercé de la retenue aussi longtemps que possible mais cette provocation ne peut plus être tolérée”, a-t-elle menacé: “nous n’hésiterons pas à défendre notre territoire”.
    Lundi matin, la situation état parfaitement calme dans Gisenyi, où la population vaquait à ses occupations, a constaté l’AFP. Boutiques et échoppes étaient ouvertes, et le marché normalement fréquenté.
    Interrogée par l’AFP sur la présence croissante de l’armée rwandaise sur la frontière, Mme Mushikiwabo n’a pas souhaité commenter, mais n’a pas démenti le fait que le Rwanda est état d’alerte.
    “Le Rwanda est préparé à défendre ses citoyens et son territoire, tout en poursuivant le chemin politico-diplomatique de concert avec la région”, a-t-elle répété.
    AFP
  • A Goma, Mary Robinson appelle le M23 à “désarmer”

    A Goma, Mary Robinson appelle le M23 à “désarmer”

    mary_robinson_a_goma_0– L’envoyée spéciale de l’ONU pour les Grands Lacs, Mary Robinson, a exhorté lundi à Goma les rebelles congolais du M23 à “désarmer” alors que les Forces armées de la République démocratique du Congo (RDC) envisagent de poursuivre leur offensive après leur récente progression. Le Mouvement du 23 mars (M23) “doit cesser la violence, doit se désarmer comme le Conseil de sécurité (de l’ONU) l’a demandé”, a déclaré Mme Robinson après avoir rencontré Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu, la province dont Goma est la capitale. On a essayé “une réponse militaire qui a réussi”, maintenant “il y a une fenêtre de possibilités politiques”, a-t-elle ajouté, insistant une nouvelle fois sur la nécessité de privilégier également une résolution politique au conflit qui oppose le M23 aux forces loyalistes depuis mai 2012 dans cette province riche et instable. “La RDC et la région ont besoin de paix, de stabilité et de développement économique. Cela ne peut être réalisé qu’en s’attaquant aux causes profondes du conflit à travers un processus politique global”, avait-elle déclaré dimanche à son arrivée à Kinshasa. Traduisant la lassitude d’une partie de la population, Julien Paluku a déclaré à Mme Robinson que les “pourparlers” étaient “inopportuns” et que, “faute d’une offensive militaire”, ses administrés attendaient “purement et simplement la dissolution” du M23. Du 23 au 30 août, l’armée et la brigade d’intervention de la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco) ont repris l’offensive contre le M23, et la rébellion s’est repliée vendredi de la ligne de front, alors à une quinzaine de kilomètres au nord de Goma, pour regagner Kibumba, à une trentaine de kilomètres de la ville. Lundi, la situation était calme. Un officier supérieur de l’armée a affirmé sous le couvert de l’anonymat qu’une offensive sur Kibumba était prévue “dans un futur proche”. Plus tard, le porte-parole de l’armée au Nord-Kivu, le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, a affirmé à l’AFP qu’après les “combats terribles” de la semaine précédente, les troupes de Kinshasa devaient “consolider l’Est sachant que le Rwanda est derrière”, a-t-il ajouté.

    Deuxième front ?

    L’ONU accuse le Rwanda et l’Ouganda, voisins de la RDC, de soutenir le M23, ce que les deux pays intéressés démentent.

    Mercredi, Mary Robinson doit se rendre à Kampala pour un sommet extraordinaire de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et, vendredi, à Kigali.

    Il est “très important” que chaque pays signataire de “l’accord-cadre soit sérieux”, a-t-elle encore dit, faisant référence au document signé fin février et par lequel 11 pays africains, dont le Rwanda et l’Ouganda, se sont engagés à ne soutenir aucun groupe armé dans l’Est congolais.

    “Nous, nous n’attaquons pas”, a assuré le lieutenant-colonel Hamuli, laissant entendre que l’armée ne faisait que repousser des attaques rebelles.

    Dans un communiqué, le M23 a cependant accusé le gouvernement d’avoir “déjà amassé des troupes et des chars de combat, afin d’ouvrir un nouveau front militaire à Mabenga”, localité située à quelque 90 kilomètres au nord de Goma.

    Selon une source militaire occidentale, des chars de l’armée ont été déployés récemment aux abords de Mabenga, au nord-ouest de la zone de quelque 700 kilomètres carrés contrôlée par les rebelles, qui luttent notamment pour une meilleure représentation des droits des Tutsis congolais.

    Par Kathy KATAYI

    AFP

  • Rwanda : des mouvements militaires signalés à l’extérieur de Gisenyi

    Rwanda : des mouvements militaires signalés à l’extérieur de Gisenyi

    Soldats Rwandais
    Soldats Rwandais

    -Le Rwanda, pointé du doigt par la communauté internationale pour son soutien aux rebelles du M23, accuse -contrairement à l’ONU- l’armée congolaise d’être à l’origine des tirs qui ont touché son territoire. Deux obus sont tombés le 29 août sur la ville de Gisenyi et ont fait un mort. La ministre des Affaires étrangères rwandaise avait alors de nouveau accusé son voisin d’être à l’origine de ces tirs et avait haussé le ton prévenant que le Rwanda serait prêt à défendre son territoire. Depuis, des mouvements militaires discrets ont été signalés à l’extérieur de la ville.

    « On est un peu inquiet, mais tout va bien. La situation est calme ». C’est le même refrain que l’on entend aux quatre coins de la ville de Gisenyi depuis jeudi. Malgré la chute de deux obus sur la ville, les boutiques n’ont jamais fermé et les activités continuent normalement. Seul changement notable pour les habitants, des manœuvres militaires inhabituelles mais discrètes opérées aux alentours de la ville.

    Si à Gisenyi, cette présence rassure, il n’en est pas forcément de même dans les localités aux alentours. Umulisa, est une habitante de Ruzini, située à environ 15 km au nord de Gisenyi : « J’habite au bord de la route et c’est là que nous les avons vu passer. On a vu des armes et des chars de combat que les militaires faisaient descendre vers la frontière ».

    Cette femme de ménage raconte que des tanks sont également stationnés sur le mont Rubavu, colline stratégique qui surplombe la ville de Gisenyi, tout comme celle de Goma. Depuis, elle raconte que les habitants n’osent plus emprunter ce raccourci pour rejoindre la ville. Et Umulisa est inquiète : « Cela nous fait peur lorsque les combats se rapprochent de la frontière. On a peur qu’ils traversent et s’attaquent au Rwanda. Nous entendons plus les combats que ceux qui sont en ville. Nos affaires sont toujours emballées ».

    Contactée par RFI dimanche, la ministre des Affaires étranfères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, n’a pas souhaité commenter ce renforcement militaire, mais n’a pas démenti que le Rwanda demeurait en état d’alerte. Elle a également répété que Kigali était prêt à défendre ses citoyens et son territoire.

    RFI