Author: Don Kayembe

  • Fibre optique : les abonnés d’Airtel ont désormais droit à une exploitation à haut débit

    Fibre optique : les abonnés d’Airtel ont désormais droit à une exploitation à haut débit

    fibre_optique_travo-Chose promise, chose due. Le Ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, Tryphon Kin-Kiey Mulumba a réussi son pari. Celui de jouer à la facilitation pour le rapprochement des vues entre la Société Congolaise des Postes et Télécommunications et l’Opérateur Télécom Airtel au sujet de la signature d’un contrat pour l’exploitation de la fibre optique. Les inquiétudes présentées par cet opérateur au sujet de la qualité technique et technologique de la fibre ont été élaguées. La polémique autour de l’offre de prix a été close. Des longues et laborieuses négociations commerciales ont abouti à un compromis. C’est parti pour des noces de miel entre les deux parties qui ont signé, la semaine dernière, un protocole d’accord relatif à la location des capacités de la fibre optique Kinshasa-Moanda. Après le succès de sa médiation, le Ministre Kin-Kiey entend convaincre Orange RDC, l’autre géant du GSM, et Microcom, le major du service internet, dont les négociations avec la SCPT sont très avancées. La cérémonie s’est déroulée au Cabinet des PT&NTIC qui a accueilli le même jour, la dernière phase des négociations entre les deux entreprises commerciales. L’homme le plus heureux, le Ministre des PT&NTIC s’est félicité de la signature de ce protocole, indiquant que c’était un grand jour pour la fibre optique, la SCPT et Airtel. «L’essentiel, c’est que les deux sociétés ont fini par se rapprocher, lançant ainsi un signal positif et concret en direction du marché des télécommunications, mais aussi et surtout, des clients d’Airtel-Congo qui vont désormais avoir droit au haut débit », a déclaré le Ministre.

    Aussi, a-t-il confirmé que le processus de location des capacités va s’accélérer dans les tout prochains jours, avec les signatures très attendues de la société Orange, l’autre géant du GSM, ainsi que de MICROCOM, le major du service internet, dont les négociations avec la SCPT sont très avancées. Ces sociétés, s’est-il réjoui, viennent s’ajouter à celles opérant déjà sur la fibre, à l’instar de Standard Telecom, Global et Ogefrem. Déjà, de grandes administrations mais aussi des banques sont séduites par la qualité du service offert par la SCPT. «Toutes ces signatures qui vont se poursuivre en cascade sont la preuve que le Gouvernement de la République est pleinement engagé dans le processus d’intégration de la RDC à la société de l’information ainsi que dans son projet d’apporter le haut débit et la modernité à tous les Congolais», a conclu le Ministre Tryphon Kin-Kiey Mulumba, plus que jamais déterminé à atteindre tous les résultats que lui a assignés la lettre de mission de son Ministère pour l’année en cours.

    SCPT-Airtel : des noces de miel

    L’Administrateur-Directeur Général adjoint de la SCPT, qui a signé le protocole d’accord au nom de son entreprise, a remercié le Ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, pour son implication personnelle dans l’accélération des négociations auxquelles il a donné un coup de pouce déterminant. « Airtel, c’est un partenaire de longue date. Tous les autres opérateurs vont rejoindre la fibre optique. Nous, en tant qu’entreprise qui commercialise la fibre optique, avons la préoccupation de mobiliser autant de partenaires que d’opérateurs locaux. L’objectif étant bien entendu de maximiser les recettes. La SCPT va augmenter le haut débit, pour ce faire. Nous avons tout intérêt à mettre en place un service de qualité », a-t-il fait savoir à la presse.

    Le Représentant d’Airtel-Congo est allé dans le même sens, remerciant le Ministre Kin-Kiey pour avoir personnellement supervisé le processus des négociations et la SCPT pour avoir tout mis en œuvre pour le rapprochement des positions des deux sociétés. Il a souhaité qu’après la signature, les rencontres entre techniciens aient lieu dans les meilleurs délais afin de rencontrer les attentes de la clientèle. « Nous souhaitons que les choses aillent vite, pour que nous passions de la phase technique à la phase commerciale (…) la fibre optique est un passage obligé pour la qualité. C’est une exigence technologique majeure », a souligné Monsieur Joh, Représentant les intérêts d’Airtel.

    15 millions de congolais goûtent déjà au haut débit grâce à la fibre optique

    Après l’inauguration de la station d’atterrage de Moanda, le 8 juillet dernier, et le lancement de la connexion internationale au câble sous-marin du Consortium Wacs par le Chef de l’Etat, l’étape de l’exploitation commerciale de la fibre optique était très attendue par l’ensemble de l’opinion.
    Airtel arrive ainsi après Standard, Global et Vodacom faisant ainsi basculer plus de 15 millions d’abonnés dans le haut débit. Ce protocole d’accord sur la location des capacités de la fibre optique Kinshasa-Moanda confirme la détermination du Ministre Kin-Kiey d’engager la RDC dans le processus d’intégration à la société de l’information et d’apporter le haut débit à toutes les bourses.

    Laetitia Mbuyi

    La Prosperite

  • La ville frontalière rwandaise de Gisenyi en état d’alerte

    La ville frontalière rwandaise de Gisenyi en état d’alerte

    Les militaires Rwandais en Uniformes de FARDC quittent la RDC-L’armée rwandaise a discrètement renforcé sa présence sur la frontière entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC), dans un contexte de vive tension entre les deux pays après la chute d’obus sur la ville frontalière de Gisenyi.
    L’armée rwandaise a discrètement renforcé sa présence sur la frontière entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC), dans un contexte de vive tension entre les deux pays après la chute d’obus sur la ville frontalière de Gisenyi.
    “On est un peu inquiet après ce qui s’est passé ici, mais on a vu que notre armée est là, et donc on est rassuré”, explique James, venu participer au stade de Gisenyi à un meeting du Front patriotique rwandais (FPR), le parti au pouvoir.
    Depuis jeudi, les habitants de cette ville plantée au pied des collines verdoyantes sur les bords du lac Kivu ont constaté des mouvements militaires “inhabituels” mais discrets aux abords de la cité.
    Des blindés, des hommes et du matériel militaire ont été aperçus en train de converger vers des positions à la frontière avec la RDC, selon les témoignages.
    Au pied de la chaîne des volcans, la frontière serpente ici au milieu des terres noires volcaniques, le long de villages dispersés, dans un inextricable maquis de champs de bananiers et de forêts d’eucalyptus.
    Canon tourné vers la RDC
    “J’ai vu cinq tanks et des armes lourdes transportées par de gros camions passer près de chez moi. J’habite au bord de la route”, explique Umulisa, villageoise de Ruzini, à environ 15 km au nord de Gisenyi. “Je n’en avais jamais vu avant. Ils sont partis en direction de la frontière”.
    Cette femme de ménage raconte que des chars sont également postés sur le mont Rubavu, une colline stratégique qui surplombe Gisenyi, toute comme la ville congolaise de Goma toute proche, la capitale régionale du Nord-Kivu en guerre.
    “Nous avons l’habitude de passer par la colline pour aller travailler à Gisenyi. C’est un raccourci, mais depuis qu’ils sont là, on n’ose plus y aller”, confie-t-elle.
    Un char de combat stationne sur la colline en question, le canon tourné vers le territoire congolais, a constaté dimanche une journaliste de l’AFP. Des véhicules militaires et des armes lourdes ont également été aperçus dans les environs ces derniers jours.
    “D’où nous nous trouvons, nous entendons bien mieux les combats du Congo qu’à Gisenyi. On a peur que cela puisse arriver jusqu’ici”, ajoute Umulisa. “En plus, on se dit que si les militaires sont ici, ce n’est sûrement pas pour rien…”.
    Ces mouvements font suite à la chute de deux obus d’origine indéterminée sur Gisenyi jeudi qui ont fait un mort, alors que de l’autre côté de la frontière, les combats faisaient rage au nord de Goma entre l’armée congolaise, appuyée par les casques bleus des Nations unies, et la rébellion du M23, que Kigali est accusée de soutenir, malgré ses démentis.
    Le Rwanda a vertement réagi, accusant les forces congolaises “d’intensifier leur bombardement délibéré du territoire rwandais”.
    Des bombardements “inacceptables”
    Selon Kigali, ce sont au moins dix obus qui sont tombés pour la seule journée de jeudi sur toute la région de Gisenyi. Et “un total de 34 obus ont été tirés sur le Rwanda au cours du mois écoulé par les forces de RDC”.
    Pour le secrétaire de l’Onu Ban Ki-Moon en revanche, ces tirs non-ciblés sont le fait du M23. Et l’ONU a fait état “d’informations crédibles et cohérentes” sur un soutien de l’armée rwandaise aux rebelles du M23 dans les combats en cours.
    Accusé régulièrement depuis octobre 2012 de soutenir le M23, rébellion à majorité rwandophone, dans l’est de la RDC, le Rwanda a toujours fermement démenti, de même que Kampala, également accusé.
    Pour la ministre rwandaise des Affaires étrangères, le “bombardement incessant du territoire rwandais est inacceptable, comme il le serait pour quelque nation souveraine que ce soit. Les civils rwandais sont visés par les forces de RDC”.
    “Nous avons exercé de la retenue aussi longtemps que possible mais cette provocation ne peut plus être tolérée”, a-t-elle menacé: “nous n’hésiterons pas à défendre notre territoire”.
    Lundi matin, la situation état parfaitement calme dans Gisenyi, où la population vaquait à ses occupations, a constaté l’AFP. Boutiques et échoppes étaient ouvertes, et le marché normalement fréquenté.
    Interrogée par l’AFP sur la présence croissante de l’armée rwandaise sur la frontière, Mme Mushikiwabo n’a pas souhaité commenter, mais n’a pas démenti le fait que le Rwanda est état d’alerte.
    “Le Rwanda est préparé à défendre ses citoyens et son territoire, tout en poursuivant le chemin politico-diplomatique de concert avec la région”, a-t-elle répété.
    AFP
  • A Goma, Mary Robinson appelle le M23 à “désarmer”

    A Goma, Mary Robinson appelle le M23 à “désarmer”

    mary_robinson_a_goma_0– L’envoyée spéciale de l’ONU pour les Grands Lacs, Mary Robinson, a exhorté lundi à Goma les rebelles congolais du M23 à “désarmer” alors que les Forces armées de la République démocratique du Congo (RDC) envisagent de poursuivre leur offensive après leur récente progression. Le Mouvement du 23 mars (M23) “doit cesser la violence, doit se désarmer comme le Conseil de sécurité (de l’ONU) l’a demandé”, a déclaré Mme Robinson après avoir rencontré Julien Paluku, gouverneur du Nord-Kivu, la province dont Goma est la capitale. On a essayé “une réponse militaire qui a réussi”, maintenant “il y a une fenêtre de possibilités politiques”, a-t-elle ajouté, insistant une nouvelle fois sur la nécessité de privilégier également une résolution politique au conflit qui oppose le M23 aux forces loyalistes depuis mai 2012 dans cette province riche et instable. “La RDC et la région ont besoin de paix, de stabilité et de développement économique. Cela ne peut être réalisé qu’en s’attaquant aux causes profondes du conflit à travers un processus politique global”, avait-elle déclaré dimanche à son arrivée à Kinshasa. Traduisant la lassitude d’une partie de la population, Julien Paluku a déclaré à Mme Robinson que les “pourparlers” étaient “inopportuns” et que, “faute d’une offensive militaire”, ses administrés attendaient “purement et simplement la dissolution” du M23. Du 23 au 30 août, l’armée et la brigade d’intervention de la Mission de l’ONU pour la stabilisation du Congo (Monusco) ont repris l’offensive contre le M23, et la rébellion s’est repliée vendredi de la ligne de front, alors à une quinzaine de kilomètres au nord de Goma, pour regagner Kibumba, à une trentaine de kilomètres de la ville. Lundi, la situation était calme. Un officier supérieur de l’armée a affirmé sous le couvert de l’anonymat qu’une offensive sur Kibumba était prévue “dans un futur proche”. Plus tard, le porte-parole de l’armée au Nord-Kivu, le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, a affirmé à l’AFP qu’après les “combats terribles” de la semaine précédente, les troupes de Kinshasa devaient “consolider l’Est sachant que le Rwanda est derrière”, a-t-il ajouté.

    Deuxième front ?

    L’ONU accuse le Rwanda et l’Ouganda, voisins de la RDC, de soutenir le M23, ce que les deux pays intéressés démentent.

    Mercredi, Mary Robinson doit se rendre à Kampala pour un sommet extraordinaire de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et, vendredi, à Kigali.

    Il est “très important” que chaque pays signataire de “l’accord-cadre soit sérieux”, a-t-elle encore dit, faisant référence au document signé fin février et par lequel 11 pays africains, dont le Rwanda et l’Ouganda, se sont engagés à ne soutenir aucun groupe armé dans l’Est congolais.

    “Nous, nous n’attaquons pas”, a assuré le lieutenant-colonel Hamuli, laissant entendre que l’armée ne faisait que repousser des attaques rebelles.

    Dans un communiqué, le M23 a cependant accusé le gouvernement d’avoir “déjà amassé des troupes et des chars de combat, afin d’ouvrir un nouveau front militaire à Mabenga”, localité située à quelque 90 kilomètres au nord de Goma.

    Selon une source militaire occidentale, des chars de l’armée ont été déployés récemment aux abords de Mabenga, au nord-ouest de la zone de quelque 700 kilomètres carrés contrôlée par les rebelles, qui luttent notamment pour une meilleure représentation des droits des Tutsis congolais.

    Par Kathy KATAYI

    AFP

  • Rwanda : des mouvements militaires signalés à l’extérieur de Gisenyi

    Rwanda : des mouvements militaires signalés à l’extérieur de Gisenyi

    Soldats Rwandais
    Soldats Rwandais

    -Le Rwanda, pointé du doigt par la communauté internationale pour son soutien aux rebelles du M23, accuse -contrairement à l’ONU- l’armée congolaise d’être à l’origine des tirs qui ont touché son territoire. Deux obus sont tombés le 29 août sur la ville de Gisenyi et ont fait un mort. La ministre des Affaires étrangères rwandaise avait alors de nouveau accusé son voisin d’être à l’origine de ces tirs et avait haussé le ton prévenant que le Rwanda serait prêt à défendre son territoire. Depuis, des mouvements militaires discrets ont été signalés à l’extérieur de la ville.

    « On est un peu inquiet, mais tout va bien. La situation est calme ». C’est le même refrain que l’on entend aux quatre coins de la ville de Gisenyi depuis jeudi. Malgré la chute de deux obus sur la ville, les boutiques n’ont jamais fermé et les activités continuent normalement. Seul changement notable pour les habitants, des manœuvres militaires inhabituelles mais discrètes opérées aux alentours de la ville.

    Si à Gisenyi, cette présence rassure, il n’en est pas forcément de même dans les localités aux alentours. Umulisa, est une habitante de Ruzini, située à environ 15 km au nord de Gisenyi : « J’habite au bord de la route et c’est là que nous les avons vu passer. On a vu des armes et des chars de combat que les militaires faisaient descendre vers la frontière ».

    Cette femme de ménage raconte que des tanks sont également stationnés sur le mont Rubavu, colline stratégique qui surplombe la ville de Gisenyi, tout comme celle de Goma. Depuis, elle raconte que les habitants n’osent plus emprunter ce raccourci pour rejoindre la ville. Et Umulisa est inquiète : « Cela nous fait peur lorsque les combats se rapprochent de la frontière. On a peur qu’ils traversent et s’attaquent au Rwanda. Nous entendons plus les combats que ceux qui sont en ville. Nos affaires sont toujours emballées ».

    Contactée par RFI dimanche, la ministre des Affaires étranfères du Rwanda, Louise Mushikiwabo, n’a pas souhaité commenter ce renforcement militaire, mais n’a pas démenti que le Rwanda demeurait en état d’alerte. Elle a également répété que Kigali était prêt à défendre ses citoyens et son territoire.

    RFI

  • La passivité de la BCC- Croissance économique au ralenti

    La passivité de la BCC- Croissance économique au ralenti

    bcc-Une fois de plus la Banque centrale du Congo (BCC) a gardé inchangé son dispositif de politique monétaire, maintenant à 3% son taux d’intérêt directeur et à 7% le coefficient des réserves obligatoires. La BCC justifie cette décision par le fait que tous les objectifs de la politique monétaire ont été atteints. Pourtant sur le terrain, les chiffres disent le contraire. La vérité est que l’Institut d’émission est inactif et inexistant là où on l’attend le plus. Les premiers signes d’essoufflement sont déjà visibles, notamment au niveau du taux de croissance économique, qui n’atteindra pas 8,3% à fin 2013, comme prévu. Une passivité déroutante.

    La Banque centrale du Congo (BCC) est absente dans la mise en œuvre de la politique économique du pays. Elle est tellement absente que les choses se gâtent sans qu’elle ne puisse activer les instruments de politique monétaire à sa disposition, lesquels peuvent bien l’aider à empêcher la  surchauffe. Et pourtant, au niveau du gouvernement, des efforts sont consentis en soutien à la politique budgétaire de manière à contenir les chocs.

    Des chiffres apportent un témoignage qui crucifie l’institut d’émission. Les réalisations de croissance en avril 2013 ont projeté un taux de croissance économique fin 2013 de 7,9%. Deux mois après, soit en juin 2013, les mêmes réalisations ont ramené cette croissance à 7,8% contre les prévisions fin 2013 de 8,3%. Une tendance baissière qui pourrait se consolider jusqu’à décembre 2013 et confirmer ainsi le ralentissement de l’activité économique.

    Dans les faits, la BCC ressemble à tout, sauf à une Banque centrale. Sa politique monétaire actuelle n’existe que de nom. Bien plus, elle est aveugle et ne s’inscrit pas dans une vision d’ensemble. Elle se distingue par l’absence de réalisme. Lorsque la dollarisation représente 95 pour cent de l’économie, cela signifie que la monnaie nationale ne représente plus que 5 pour cent de la masse monétaire globale.

    La politique monétaire de la BCC porte sur la masse monétaire sous son contrôle, c’est-à-dire, la masse monétaire en franc congolais. Autrement dit, c’est sur une quantité négligeable de masse monétaire dans le pays. De ce point de vue, elle ne peut pas produire d’effet tangible sur l’économie.

    Alors que la stabilité du cadre macroéconomique est réputée relative, la BCC s’est pratiquement repliée sur elle-même, se contentant de subir les événements au lieu de les précéder. Des spécialistes du secteur sont formels : la stabilité actuelle est l’effet de la politique budgétaire. La politique monétaire, quant à elle, est quasi-inexistante. Motif : la BCC brille par son absence ou son inaction là où elle devait se montrer plus entreprenante.

    Illustration. En décembre 2011, la circulation fiduciaire s’est élevée à 615,345 milliards de FC. Elle est passée en décembre 2012 à 595,164 milliards de FC, pour se fixer en août 2013 à 588,980 milliards de FC.

    A la lecture de ces statistiques, l’on constate que les moyens de paiement en monnaie nationale détenus par les agents économiques, principalement les ménages et les entreprises, sont pratiquement en chute libre depuis décembre 2012. Pendant la même période, les dépôts en devises ont connu une nette explosion. Ainsi, en décembre 2011, les dépôts en devises ont été évalués à 1 610,812 milliards de FC. Ils sont passés à 2 020,524 milliards de FC en décembre 2012, avant de se fixer à 2 140,250 milliards de FC en août 2013.

    Le constat est bien simple. De même que la circulation fiduciaire hors banque diminuait, de même les dépôts en devises s’accroissaient. Comme si l’effritement des liquidités en circulation était compensé par l’expansion des devises dans l’économie. Un phénomène qui s’explique par la forte dollarisation de l’économie. En fait, les moyens de paiement en devises compensent ceux en franc congolais.

    Qu’est-ce qui se serait passé si l’économie congolaise n’était pas dollarisée ? La conséquence la plus probable est la contraction de l’activité économique. Or, des chiffres concordants renseignent déjà une révision à la baisse des prévisions de croissance de l’économie congolaise. Prévue à 8,3% à fin 2013, ce taux de croissance a été revu à la baisse – 7,8%- pour la même période. L’écart paraît certes minime mais, il traduit le désarroi dans lequel se retrouve l’économie congolaise, si rien ne fait entre-temps pour ramener les équilibres à des niveaux de stabilité rassurante.

    Les pistes à explorer

    Le remède pour y arriver passe par une gestion rationnelle des liquidités. Une mission qui revient de droit à la BCC. En pareille circonstance, celle-ci peut se servir des instruments en sa possession, notamment le taux directeur et le Billet de trésorerie (BTR). Elle peut, à ce propos, baisser davantage son taux directeur pour ramener les banques et éventuellement les agents économiques à solliciter davantage de crédits. Ce qui, par effet domino, peut susciter une création de la monnaie, augmentant la circulation fiduciaire en monnaie nationale.

    De même, la Banque centrale peut diminuer les fourchettes d’appel des BTR. Ce qui aura pour effet de faire porter davantage les agents économiques vers la monnaie, avec effet prévisible la création d’une masse supplémentaire de monnaie nationale. Bien sûr aussi que la BCC peut faire appel à la politique de change par la vente et l’achat des devises.

    Malheureusement, la portée de cette mesure est fort réduite du fait que, en raison de la dollarisation, les devises se posent comme substitut de la monnaie nationale pour les agents économiques. Dans ce contexte, la baisse du coefficient des réserves obligatoires paraît moins probable.

    Dans les faits, la BCC navigue à vue. Elle est sans repère. Elle est en déphasage avec la politique budgétaire. Cette question est-elle évoquée lors des rencontres de la Troïka stratégique? That is the question.

    Il est vrai que l’économie congolaise court un grand danger. Si la BCC maintient ce cap improductif – comme c’est malheureusement le cas – des équilibres durement acquis risquent de fondre comme neige au soleil. C’est le cas des réserves internationales du pays qui prennent déjà une courbe descendante.

    Evolution des réserves internationales (en millions Usd)

    Période    Déc. 2012    mars 2012    avril 2013    mai 2013    Juin 2013    Juil. 2013
    Réserves internationales
    1.271,7     1.752,7          1.745,8     1.685,3        1.677,1     1.670,8

    La tendance est inquiétante. Car après avoir reconstitué ses réserves en devises jusqu’à atteindre le pic de 1 752,7 millions Usd en mars 2012, la RDC est pour le moment en train d’entamer la consommation de ses réserves. Si cette tendance se poursuit, la RDC risque de se retrouver en défaut des paiements en devises. Un recadrage s’impose. Ce qui, dans l’avenir, posera des problèmes en termes d’importations.

    Combinée à la contraction déjà visible de l’activité économique – les prévisions de croissance à fin 2013 ayant été revues à 7,8% contre 8,3%- il y a de bonnes raisons pour la BCC de sortir de sa léthargie et  d’intervenir.

    Ne faudrait-il pas régler la gestion des liquidités pour soutenir la croissance ? Pour autant que les émissions en monnaie nationale sont faites en fonction des besoins de l’économie, autrement dit, pour soutenir le rythme de croissance économique.

    La BCC s’est mise à l’écart alors que c’est sur ce terrain qu’elle était attendue pour agir, jouer son rôle. Les tableaux ci-après prouvent à suffisance une passivité à conjurer absolument.

    Situation des écarts par rapport à la cible du cadre macroéconomique (en milliards de Fc)

    Agrégats    Cible Déc. 2012    Réalisation
    Déc. 2012    Ecart    Cible mars 2013    Réalisation mars 2013    Ecart    Cible juillet 2013    Réalisation juillet 2013    Ecart
    Base monétaire    1.107,6    850,9    -256,7    904,8    867,1    -37,7    944,8    823,5    -121,3

    Ces écarts traduisent l’inaptitude de la BCC à suivre la cadence de la politique budgétaire. Chaque fois que le Trésor ponctionne des liquidités par la réalisation des excédents budgétaires, la BCC n’a pas pu injecter des moyens de paiements nécessaires dans l’économie.

    Le tableau suivant, qui donne le rythme (en millions de Fc) des émissions en monnaie nationale jusqu’au 21 août 2013, est plus éloquent sur le sujet.

    Rubrique    Janv.    Février    Mars    Avril    Mai    Juin    Juillet    Août    Cumul/An

    Emissions prévues    24.000    28.700,0    16.500,0    22.500,0    11.000,0    15.000,0    9.861,2    3.096,7    130.658,0
    Emissions réalisées    14.610

    13.687,5    11.620,0    15760,0    6.835,0    8184,0    7989,6    2967,2    81.653,3

    Tout compte, la BCC n’a pas suivi le rythme de croissance de l’économie congolaise. Elle est restée passive, enfermée dans une politique monétaire d’école – sans effet réel sur le terrain. Il est temps qu’elle sorte de son carcan classique, en jouant véritablement son rôle de contrepoids de la politique budgétaire. En poursuivant son rythme actuel, elle entrainera avec elle l’économie congolaise dans le gouffre.

  • Arrivée de Mary Robinson, envoyée spéciale de l’ONU pour les Grands Lacs

    Arrivée de Mary Robinson, envoyée spéciale de l’ONU pour les Grands Lacs

    MARY ROBINSON-L’envoyée spéciale de l’ONU pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson, est arrivée dimanche soir à Kinshasa dans le cadre d’une tournée régionale qui la conduira en République démocratique du Congo, ainsi qu’en Ouganda et au Rwanda voisins, a constaté un journaliste de l’AFP.
    Elle a été accueillie à son arrivée par Martin Kobler, le chef de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco). Elle n’a fait aucune déclaration à sa sortie d’avion. Mary Robinson “part demain (lundi) à Goma”, dans l’est de la RDC, et “rencontrera notamment les autorités provinciales et la société civile (associations, syndicats, organisations religieuses…)”, a-t-on appris dimanche auprès de la Monusco. Selon le programme de la tournée, encore provisoire, Mary Robinson reviendra mardi à Kinshasa, où elle pourrait s’entretenir avec des autorités. Mercredi, l’ex-présidente de l’Irlande se rendra en Ouganda puis s’envolera pour Kigali, où elle doit arriver vendredi. Cette visite intervient alors que l’armée et la Monusco ont mené ces derniers jours de grosses offensives et gagné du terrain contre la rébellion du Mouvement du 23 mars (M23), principal groupe armé du Nord-Kivu (est). Cette opération a été lancée après que des obus meurtriers ont frappé le 22 août Goma, la capitale provinciale. Les rebelles du M23, qui opéraient auparavant dans une précédente rébellion, avaient signé en 2009 un accord avec Kinshasa pour être intégrés dans l’armée nationale congolaise. Certaines garanties importantes que leur offraient l’accord n’ayant pas été respectées, selon eux, ils ont repris les armes. L’ONU affirme que le M23 est soutenu par le Rwanda et l’Ouganda, ce que démentent ces deux pays voisins de la RDC. (Belga)

  • Ban Ki-moon hausse le ton contre le Rwanda

    Ban Ki-moon hausse le ton contre le Rwanda

    BAN-RDC-L’ONU persiste et signe sur sa conviction que les obus tirés sur le Rwanda l’ont été par le M23 et non par l’armée congolaise. Après les déclarations du chef des opérations de maintien de paix de l’ONU (Monusco), le 29 août lors d’une réunion à huis clos devant le Conseil de sécurité selon lesquelles des soldats rwandais s’étaient infiltrés ces derniers jours au Nord-Kivu pour appuyer les rebelles du M23, c’est au tour du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon d’enfoncer le clou et de confirmer publiquement ces accusations. Avec correspondant RFI à New York, Karim Lebhour L’ONU est convaincue que c’est le M23 qui tire des obus contre le Rwanda et non les forces congolaises. Jusqu’ici ces accusations n’avaient été faites qu’à huis clos. Ban Ki-moon le dit maintenant très officiellement dans une déclaration. Le secrétaire général parle de « tirs non ciblés du M23 » dans les zones frontalières du Rwanda et sur les positions des casques bleus. Cette affirmation de Ban Ki-moon est en contradiction directe avec la version du Rwanda qui accuse l’armée congolaise de tirer son territoire et menace d’intervenir. Cette déclaration est de nature à tendre encore un peu plus les relations entre le Rwanda et les Nations unies. Même si Ban Ki-moon ne va pas jusqu’à le dire publiquement, la thèse parmi les diplomates onusiens est que le Rwanda se sert du M23 pour provoquer des incidents et justifier une intervention militaire. Le représentant rwandais s’est retrouvé très isolé jeudi devant le Conseil de sécurité. « Si je dois croire quelqu’un, lui a lancé l’ambassadeur du Guatemala, je fais confiance à la parole de l’ONU avant celle du Rwanda ».Direct.cd

  • Vers une intervention armée « officielle » du Rwanda en RDC ?

    Vers une intervention armée « officielle » du Rwanda en RDC ?

    char-Selon des sources diplomatiques, Paul Kagamé le Président rwandais a réuni son ministre des Affaires étrangères et son chef d’Etat major pour évoquer une intervention armée dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), suite aux tirs sur son territoire.
     Les relations entre le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC) n’ont jamais été au beau fixe. Mais cette fois-ci, l’incendie diplomatique qui oppose Kinshasa à Kigali est très grave. Le régime de Paul Kagamé a accusé les forces armées congolaises en confrontation avec les rebelles du M23 dans l’est de la RDC d’avoir émis des tirs d’obus sur son territoire. « Cette provocation ne peut plus être tolérée. Nous n’hésiterons pas à défendre notre territoire », a indiqué la ministre rwandaise des Affaires étrangères Louise Mushikiwabo.

    Les autorités congolaises et la Mission de l’Onu en RDC pour la paix (Monusco) qui prête main forte aux soldats congolais ont rejeté ces allégations. Selon l’Onu, ces tirs proviendraient du M23. Dans un communiqué, Ban Ki-moon « condamne en particulier les tirs non ciblés émanant du M23 qui ont causé des morts, des blessés et des dégâts matériels parmi la population civile à l’est de la RDC et dans les zones frontalières au Rwanda, de même que parmi les casques bleus ». L’institution accuse l’armée rwandaise de soutenir la rébellion et de s’être infiltrée dans l’est de la RDC. Des propos que la ministre rwandaise des Affaires étrangères a démenti sur Twitter. « Non (…), les troupes rwandaises ne sont pas en République démocratique du Congo (pour le moment) », a-t-elle écrit.

    « Le Rwanda a une force de frappe énorme »

    Pour de nombreux observateurs, les accusations du régime de Kagamé à l’encontre des autorités congolaises ne sont pas anodines. Kigali cherche simplement un prétexte pour « entrer en guerre avec la RDC ». Selon des sources diplomatiques, « Paul Kagamé a réuni ces dernières heures son chef d’état-major et sa ministre des Affaires étrangères pour évoquer une intervention prochaine des troupes rwandaises dans l’est de la RDC, à Goma ».

    Toutefois le Rwanda se retrouve « très isolé sur la scène internationale », selon Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale au centre de réflexion International Crisis Group (ICG). Il met également en exergue la présence des casques bleus qui se retrouvent finalement au milieu du conflit. « Maintenant les casques bleus sont très impliqués. Il y a donc un risque de confrontation entre les casques bleus et le Rwanda, ce qui serait catastrophique pour les soldats de l’ONU ». D’après cette source congolaise locale , qui a préféré garder l’anonymat, « l’armée rwandaise, qui bénéficie d’une formation solide prodiguée par les Etats-Unis, a une force de frappe énorme. Elle pourrait pénétrer dans Goma en quelques heures. Alors que l’armée congolaise ne détient pas les équipements nécessaires pour faire face aux troupes rwandaises ».

    Pour cet ex-conseiller du défunt Président congolais assassiné, Joseph Désiré Kabila, « le Rwanda a toujours attaqué la RDC. Les troupes rwandaises sont infiltrées en RDC depuis de nombreuses années. Cela ne date pas d’aujourd’hui. On sait que les rebelles du M23 sont Rwandais et non Congolais. S’ils attaquent Goma, ce sera juste une officialisation de leur entrée en guerre contre la RDC, mais il n’y a rien de nouveau ».

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  • I Have A Dream

    I Have A Dream

    L’héritage de Martin Luther King 50 ans après le sermon de Lincoln Memorial
    Rêve fracassé ou changement dans la bonne direction ?
    ‘‘Ils ont tué le rêveur mais pas le rêve !’’ Révérend Pasteur Jesse Louis Jackson
    Par Joël Asher Lévy-Cohen
    Martin Luther King-Au 21e, tout comme au 20e siècle, s’il existe un État dans l’univers terrestre qui a déclenché autant de passion que de fascination, il serait tout à fait logique de mentionner le pays de l’Oncle Sam. Ceci en raison de son histoire politique de libération du joug colonial et de son système démocratique. En effet, celui-ci invente très accidentellement le régime étatique de la ‘‘République’’ au moment où la planète tout entière est dominée par des têtes couronnées ou monarchies. Il met résolument en place un système politique et démocratique dont le fondement idéologique est, à n’en pas douter, la liberté. Aussi met-il très rapidement en place un régime représentatif qui s’articule autour des notions cardinales de concurrence et d’alternance au plus haut sommet du pouvoir politique de l’État pour garantir sa stabilité institutionnelle et sa cohésion en tant qu’entité nationale.
    La passion et la fascination vouées au pays de l’Oncle Sam résultent également de sa superpuissance militaire couplée à son gigantisme industriel, d’une part. Cela est d’autant plus vrai que c’est bel et bien le complexe militaro-industriel qui est le moteur de son économie. Et d’autre part, elles dérivent de sa diversité ethnique et raciale. En effet, les États-Unis d’Amérique symbolisent, à vrai dire, le monde entier dans leur constitution sociologique, dans leur configuration ethnoculturelle. Ce qui signifie en termes clairs que toutes les races de la planète et tous les peuples de la terre y sont bel et bien représentés par des communautés humaines d’ailleurs fortement massifiées. Par conséquent, s’il y a un mot qui pourrait naturellement résumer cet état de fait, ce sont bel et bien les termes kaléidoscope ou mosaïque qui, dans les circonstances, prévaudraient. Sans doute, en raison de la variété culturelle qui se superpose à la diversité ethnique et raciale.
    Cependant, la représentativité ethnoculturelle et la variété raciale qui caractérisent assurément le géant américain dans sa composition sociologique, sont évidemment entachées par un mal profond. Elles sont manifestement rongées par une pathologie pernicieuse, sournoise, laquelle remonte, en réalité, à la racine même de la construction de ce pays bicentenaire. Il s’agit effectivement du racisme en tant qu’idéologie de domination humaine fondée intrinsèquement sur la suprématie d’une race, en l’occurrence blanche ou caucasienne, visiblement portée à écraser dans son cheminement évolutif, tel un rouleau compresseur, toutes les autres composantes humaines pour des motivations non seulement subjectives mais purement illusoires. D’ailleurs fortement ancré dans les habitus et schèmes de perception, celui-ci se nourrit de l’injustice économique et de l’exclusion sociale.
    C’est cette radiographie loufoque du pays de l’Oncle Sam qui tend à chosifier l’être humain, plutôt à ignorer l’humanité, à avilir cette créature divine, dans ce qu’elle a de plus précieux – à savoir ‘‘la liberté et la vie’’ – que le Dr Martin Luther King, a contribué à mettre en lumière. Il y a de cela 50 ans, ce prophète des temps modernes n’a pas hésité à fustiger virulemment un système politique et étatique qui étrangle ses propres enfants, qui écrase comme un ver de terre ses propres ressortissants. Ce serviteur de l’Éternel Dieu Tout-Puissant n’a pas du tout hésité à bousculer les certitudes, à réveiller les consciences endormies, à ressusciter les esprits ensevelis en vue de métamorphoser une société d’ailleurs fortement fossilisée par ses croyances et ses principes irraisonnables pour la mettre immédiatement en marche forcée vers la libération de l’âme humaine emprisonnée par les phantasmes et le délire narcissique.
    Depuis cette époque de l’activisme des droits civiques des années cinquante et soixante, il est un fait que le visage des États-Unis d’Amérique a beaucoup changé en profondeur. En raison de la volonté politique des gouvernants au niveau fédéral de promouvoir tous azimuts une société plus ouverte voire même plus tolérante. Conséquence immédiate : ‘‘les minorités raciales et ethnoculturelles occupent, de nos jours, bon nombre de plus hauts postes politico-administratifs’’. Celles-ci se distinguent également sur les plans économique, social et culturel. Ce paysage est d’ailleurs très largement symbolisé par la présidence démocrate de Barack Hussein Obama, d’origine kenyane, de par son père. Tout comme par ‘‘la reine des talk show’’ Oprah Gail Winfrey.
    Toutefois, si la ségrégation raciale a été effectivement abolie dans le corpus législatif, il n’en reste pas moins que dans les faits, le racisme et l’apartheid de facto ont encore de beaux jours devant eux dans le pays mythique de l’Oncle Sam. En effet, les relations interraciales sont toujours marquées du sceau de la méfiance réciproque. Comme en témoigne l’affaire Trayvvon Martin en Floride. Il s’agit de la fin tragique d’un jeune africain-américain, apparemment assassiné au cours d’une soi-disant rixe verbale ou altercation physique, en raison de la couleur de sa peau et de son faciès par un vigile du nom de George Zimmerman. Au cours de ce procès pour meurtre, lequel a vraiment suscité l’indignation et la mobilisation de l’opinion publique, le jury essentiellement composé de femmes blanches a acquitté sans autre forme de procès le meurtrier au motif que les preuves matérielles réellement fournies par les forces policières d’ailleurs juge et partie dans cette douloureuse affaire n’étaient pas assez suffisantes pour condamner à l’enfermement ledit assassin.
    Par ailleurs, il arrive quelquefois que des tensions interraciales pourtant injustifiables soient alimentées, c’est-à-dire provoquées artificiellement voire même manipulées délibérément, par un certain nombre de puissants intérêts tant politiques et sociaux qu’économico-financiers. Ces convulsions sont manigancées, orchestrées dans le strict but de distraire – [uniquement] – la population américaine, de détourner son attention de véritables enjeux nationaux. Comme en témoigne, d’ailleurs, le très médiatique procès OJ Simpson destiné à maquiller la responsabilité directe et évidente, des États-Unis d’Amérique dans le génocide au Rwanda en 1994. De ce fait, la politique en tant qu’art de gouvernement de la Cité n’est-elle pas, par essence, l’exploitation des émotions populaires, en d’autres termes l’exploitation de basses pulsions ?
    Une chose est sûre et certaine, le Dr Martin Luther King rêvait d’une société ouverte, tolérante et fraternelle fondée sur le dialogue interculturel et la communication interraciale. Or, aux États-Unis d’Amérique qui sont par définition un pays multiethnique, multiculturel et multiconfessionnel, les races continuent toujours de se méfier réciproquement à l’image répulsive de la peste. Ces agrégats humains continuent – malgré l’abolition de l’esclavagisme négrier – de s’ignorer. Un sentiment profondément dicté par la peur – à tort ou à raison injustifiée – de l’autre, son prochain. En raison de cette méfiance perpétuelle et de cette ignorance mutuelle, ce pays reste fondamentalement coupé en strates sociologiques. En effet, les États-Unis d’Amérique sont profondément divisés entre riches et pauvres. Ces deux couches sociales sont animées par la même philosophie de spoliation. Les riches volent les pauvres et les pauvres volent les riches.
    Donc, ces deux groupes sociaux refusent résolument de s’entraider mutuellement. Ceci pour des raisons idéologiques, des vues essentiellement matérialistes. Comme en témoigne d’ailleurs le débat sournois et pernicieux sur la nécessaire refonte de la fiscalité et le judicieux programme de l’assurance santé d’ailleurs promus par l’administration démocrate. Il convient de souligner que ces deux projets politiques permettraient assurément de resocialiser des pans entiers de la population laissés pour compte par l’élite dirigeante, c’est-à-dire délibérément abandonnés sur le bord de la route par les gouvernants.
    Les États-Unis d’Amérique demeurent fortement divisés entre races qui vivent continuellement de manière séparée. Ce qui revient à dire que la coexistence ou la cohabitation interraciale relève en soi d’une vue de l’esprit. En effet, chaque race, tout comme chaque ethnie, occupe un espace imaginaire ou investit un univers géographique qu’elle revendique consciemment ou inconsciemment. Dans la société postindustrielle américaine, autant les Blancs qui occupaient jadis le centre-ville [au début de l’ère industrielle] vivent aujourd’hui cloîtrés dans les campagnes ou cités rurales, tout comme reclus dans les bourgades éloignées, autant les minorités à la fois ethnoculturelles et raciales occupent les mégapoles et investissent les banlieues périphériques d’agglomérations. Autant les Blancs sont installés majoritairement dans les États du centre et de l’Ouest du pays, d’ailleurs moins peuplés et très favorables au Grand Old Party (GOP) ou parti républicain[i], autant les minorités raciales et ethnoculturelles sont archi-concentrées dans la très grande majorité des États de l’Est du pays. Par nature, ceux-ci procèdent, pour la plupart, de la révolution industrielle du 19e siècle.
    Par ailleurs, en matière de paix sociale et d’harmonie interraciale, de dialogue et de communication entre les diverses entités raciales qui vivent réellement sur le territoire américain, ce qui doit normalement préoccuper le plus de nos jours, c’est la montée en puissance des groupes d’extrême droite favorables au ‘‘White Power’’. C’est l’accroissement exponentiel des milices armées jusqu’aux dents dont la seule et unique finalité – le délire obsessionnel et le phantasme criminel – est de porter directement atteinte à la vie physique de l’actuel président américain en raison de ses origines ethniques et raciales. Cette vision on ne peut plus surréaliste trouve même écho au sein d’une classe politique voire partisane revancharde, ultraconservatrice, où le langage politiquement correct a été littéralement sacrifié au profit d’un discours cru qui fait une large place à des propos orduriers. Donc un langage farci, un discours serti d’insultes de bas étage, mâtiné de formules entièrement déplacées qu’une oreille sensée, une personne civilisée et un être conscient ne peuvent plus se permettre de gober, d’entendre ou d’écouter.
    En matière d’intégration socioéconomique, l’égalité des droits demeure toujours un rêve lointain. L’égalité entre les races, au même titre que l’égalité entre les sexes, reste, toujours, un vain principe. C’est, à vrai dire, un vœu pieux. Les écarts des revenus entre Blancs et Africains-américains ne se rétrécissent point. Ils ont même augmenté en raison de la récession économique qui a manifestement exclu bon nombre de ressortissants des communautés ethnoculturelles et des minorités raciales. Comme l’emploi est de plus en plus rare à cause de la crise économique, le peu qu’il pourrait y en avoir, revient automatiquement aux Blancs. Même à qualification égale avec un autre membre de communautés ethnoculturelles visibles ou minorités raciales. Donc, la notion de préférence raciale est de rigueur ! Il y a lieu de noter que c’est l’administration fédérale du Républicain George Walker Bush Jr qui a décidé de mettre un terme définitif à la politique de discrimination positive qui favorisait les minorités en matière d’emploi.
    Dans le domaine social du logement, il y a beaucoup de gens qui sont effectivement citoyens des États-Unis d’Amérique. Par contre, vu leur statut socioéconomique, ceux-ci ne vivent pas du tout – [matériellement et moralement] – dans ce pays en tant que citoyens en raison de la tiers-mondisation et de la bidonvilisation de certains îlots hermétiquement fermés du pays. Ce sont en vérité des ‘‘sans rien’’. En effet, ils n’ont pas de famille, d’emploi, de formation, d’éducation, de logement, tout comme de logement décent tout court, etc. Bref, ils n’ont pas véritablement de vie et d’existence. Ces pans entiers de la population américaine vivent complètement à l’écart du système qui les ignore incessamment sauf pour les exiler définitivement, pour de bon, dans les différents centres d’enfermement disséminés à travers la vaste étendue du pays. Ces gens proviennent essentiellement des minorités raciales visibles. Ils sont majoritairement noirs et de sexe masculin. Donc, des Africains-américains mâles. Leur avenir est complètement bouché. Leur sort est déjà scellé  par le système en place. Ils n’ont visiblement aucun espoir. Ils n’ont évidemment aucune perspective dans la vie.
    Par ailleurs, lorsqu’il a été envoyé de force ad patres par un assassin bestial en 1968, le Dr Martin Luther King avait déjà embrassé d’autres causes sociales et humanistes que raciales. Lorsqu’il a été abattu à Memphis dans le Tennessee, il y allait pour défendre les éboueurs en grève autant qu’il était déjà sensible au sort des ouvriers de l’industrie automobile et métallurgique. Il avait également commencé à dénoncer vertement la folie meurtrière des États-Unis d’Amérique directement impliqués dans la guerre du Vietnam. C’est sûr et certain que le locataire actuel de la Maison Blanche lui rendra un vibrant hommage et saluera sa mémoire. Les deux hommes sont intimement, intrinsèquement liés par le célèbre sermon du Mémorial Lincoln à Washington prononcé en 1963 qui prédisait déjà une Amérique juste, solidaire et fraternelle. Le premier avait effectivement rêvé et le second est en réalité le résultat de cette prémonition. Les deux sont non seulement membres de la communauté africaine-américaine mais également apôtres de la paix (prix Nobel de la paix).
    Toutefois, ce qui différencie profondément les deux personnalités africaines-américaines, est que l’une est résolument anti-guerre (Martin Luther King) et l’autre est pro-guerre (Barack Hussein Obama)[ii]. En effet, King fustigeait violemment la folie meurtrière des dirigeants américains (le démocrate Lyndon Baines Johnson) au Vietnam tandis que Obama qui n’autre que l’incarnation du président Ronald Wilson Reagan, le va t’en-guerre ou polémarque républicain – [dans une version purement pasteurisée] –, s’inscrit tout droit dans cette lignée martiale. Au nom de cette logique guerrière – meurtrière – contre le terrorisme intégriste ou le fondamentaliste djihadiste ou islamiste, ce messager de la paix qui, pourtant, fait la guerre, tue sans remords et sans broncher des victimes innocentes, de surcroît de tout jeunes enfants sans défense, aussi bien au Pakistan ultraconservateur qu’en Afghanistan limitrophe et arriéré. Pour se donner une bonne conscience, son administration gouvernementale qualifie non sans morgue ses bavures insensées et inhumaines de victimes collatérales de la lutte antiterroriste. Comme quoi l’hypocrisie, le mensonge et la langue de bois ont encore de belles années en politique !
    http://www.youtube.com/watch?v=Lfw8yLNiyVo&hd=1
    http://www.youtube.com/watch?v=HRIF4_WzU1w&hd=1


    [i] Les seules et uniques exceptions qui confirment, à n’en pas douter la règle, dans l’Ouest du pays, sont les États de Californie, de Washington et d’Oregon – dans une moindre proportion – qui sont, dans l’ensemble, pluriethniques et multiraciaux.
    [ii] Les prochaines victimes expiatoires de la politique vengeresse des États-Unis d’Amérique sous Barack Hussein Obama sont, à n’en point douter, l’Iran et la Syrie, et ce après la Jamahiriya libyenne de Mouammar-el-Kadhafi.