Author: Don Kayembe

  • La passivitĂ© de la BCC- Croissance Ă©conomique au ralenti

    La passivité de la BCC- Croissance économique au ralenti

    bcc-Une fois de plus la Banque centrale du Congo (BCC) a gardĂ© inchangĂ© son dispositif de politique monĂ©taire, maintenant Ă  3% son taux d’intĂ©rĂȘt directeur et Ă  7% le coefficient des rĂ©serves obligatoires. La BCC justifie cette dĂ©cision par le fait que tous les objectifs de la politique monĂ©taire ont Ă©tĂ© atteints. Pourtant sur le terrain, les chiffres disent le contraire. La vĂ©ritĂ© est que l’Institut d’émission est inactif et inexistant lĂ  oĂč on l’attend le plus. Les premiers signes d’essoufflement sont dĂ©jĂ  visibles, notamment au niveau du taux de croissance Ă©conomique, qui n’atteindra pas 8,3% Ă  fin 2013, comme prĂ©vu. Une passivitĂ© dĂ©routante.

    La Banque centrale du Congo (BCC) est absente dans la mise en Ɠuvre de la politique Ă©conomique du pays. Elle est tellement absente que les choses se gĂątent sans qu’elle ne puisse activer les instruments de politique monĂ©taire Ă  sa disposition, lesquels peuvent bien l’aider Ă  empĂȘcher la  surchauffe. Et pourtant, au niveau du gouvernement, des efforts sont consentis en soutien Ă  la politique budgĂ©taire de maniĂšre Ă  contenir les chocs.

    Des chiffres apportent un tĂ©moignage qui crucifie l’institut d’émission. Les rĂ©alisations de croissance en avril 2013 ont projetĂ© un taux de croissance Ă©conomique fin 2013 de 7,9%. Deux mois aprĂšs, soit en juin 2013, les mĂȘmes rĂ©alisations ont ramenĂ© cette croissance Ă  7,8% contre les prĂ©visions fin 2013 de 8,3%. Une tendance baissiĂšre qui pourrait se consolider jusqu’à dĂ©cembre 2013 et confirmer ainsi le ralentissement de l’activitĂ© Ă©conomique.

    Dans les faits, la BCC ressemble Ă  tout, sauf Ă  une Banque centrale. Sa politique monĂ©taire actuelle n’existe que de nom. Bien plus, elle est aveugle et ne s’inscrit pas dans une vision d’ensemble. Elle se distingue par l’absence de rĂ©alisme. Lorsque la dollarisation reprĂ©sente 95 pour cent de l’Ă©conomie, cela signifie que la monnaie nationale ne reprĂ©sente plus que 5 pour cent de la masse monĂ©taire globale.

    La politique monĂ©taire de la BCC porte sur la masse monĂ©taire sous son contrĂŽle, c’est-Ă -dire, la masse monĂ©taire en franc congolais. Autrement dit, c’est sur une quantitĂ© nĂ©gligeable de masse monĂ©taire dans le pays. De ce point de vue, elle ne peut pas produire d’effet tangible sur l’économie.

    Alors que la stabilitĂ© du cadre macroĂ©conomique est rĂ©putĂ©e relative, la BCC s’est pratiquement repliĂ©e sur elle-mĂȘme, se contentant de subir les Ă©vĂ©nements au lieu de les prĂ©cĂ©der. Des spĂ©cialistes du secteur sont formels : la stabilitĂ© actuelle est l’effet de la politique budgĂ©taire. La politique monĂ©taire, quant Ă  elle, est quasi-inexistante. Motif : la BCC brille par son absence ou son inaction lĂ  oĂč elle devait se montrer plus entreprenante.

    Illustration. En dĂ©cembre 2011, la circulation fiduciaire s’est Ă©levĂ©e Ă  615,345 milliards de FC. Elle est passĂ©e en dĂ©cembre 2012 Ă  595,164 milliards de FC, pour se fixer en aoĂ»t 2013 Ă  588,980 milliards de FC.

    A la lecture de ces statistiques, l’on constate que les moyens de paiement en monnaie nationale dĂ©tenus par les agents Ă©conomiques, principalement les mĂ©nages et les entreprises, sont pratiquement en chute libre depuis dĂ©cembre 2012. Pendant la mĂȘme pĂ©riode, les dĂ©pĂŽts en devises ont connu une nette explosion. Ainsi, en dĂ©cembre 2011, les dĂ©pĂŽts en devises ont Ă©tĂ© Ă©valuĂ©s Ă  1 610,812 milliards de FC. Ils sont passĂ©s Ă  2 020,524 milliards de FC en dĂ©cembre 2012, avant de se fixer Ă  2 140,250 milliards de FC en aoĂ»t 2013.

    Le constat est bien simple. De mĂȘme que la circulation fiduciaire hors banque diminuait, de mĂȘme les dĂ©pĂŽts en devises s’accroissaient. Comme si l’effritement des liquiditĂ©s en circulation Ă©tait compensĂ© par l’expansion des devises dans l’économie. Un phĂ©nomĂšne qui s’explique par la forte dollarisation de l’économie. En fait, les moyens de paiement en devises compensent ceux en franc congolais.

    Qu’est-ce qui se serait passĂ© si l’économie congolaise n’était pas dollarisĂ©e ? La consĂ©quence la plus probable est la contraction de l’activitĂ© Ă©conomique. Or, des chiffres concordants renseignent dĂ©jĂ  une rĂ©vision Ă  la baisse des prĂ©visions de croissance de l’économie congolaise. PrĂ©vue Ă  8,3% Ă  fin 2013, ce taux de croissance a Ă©tĂ© revu Ă  la baisse – 7,8%- pour la mĂȘme pĂ©riode. L’écart paraĂźt certes minime mais, il traduit le dĂ©sarroi dans lequel se retrouve l’économie congolaise, si rien ne fait entre-temps pour ramener les Ă©quilibres Ă  des niveaux de stabilitĂ© rassurante.

    Les pistes Ă  explorer

    Le remÚde pour y arriver passe par une gestion rationnelle des liquidités. Une mission qui revient de droit à la BCC. En pareille circonstance, celle-ci peut se servir des instruments en sa possession, notamment le taux directeur et le Billet de trésorerie (BTR). Elle peut, à ce propos, baisser davantage son taux directeur pour ramener les banques et éventuellement les agents économiques à solliciter davantage de crédits. Ce qui, par effet domino, peut susciter une création de la monnaie, augmentant la circulation fiduciaire en monnaie nationale.

    De mĂȘme, la Banque centrale peut diminuer les fourchettes d’appel des BTR. Ce qui aura pour effet de faire porter davantage les agents Ă©conomiques vers la monnaie, avec effet prĂ©visible la crĂ©ation d’une masse supplĂ©mentaire de monnaie nationale. Bien sĂ»r aussi que la BCC peut faire appel Ă  la politique de change par la vente et l’achat des devises.

    Malheureusement, la portée de cette mesure est fort réduite du fait que, en raison de la dollarisation, les devises se posent comme substitut de la monnaie nationale pour les agents économiques. Dans ce contexte, la baisse du coefficient des réserves obligatoires paraßt moins probable.

    Dans les faits, la BCC navigue à vue. Elle est sans repÚre. Elle est en déphasage avec la politique budgétaire. Cette question est-elle évoquée lors des rencontres de la Troïka stratégique? That is the question.

    Il est vrai que l’économie congolaise court un grand danger. Si la BCC maintient ce cap improductif – comme c’est malheureusement le cas – des Ă©quilibres durement acquis risquent de fondre comme neige au soleil. C’est le cas des rĂ©serves internationales du pays qui prennent dĂ©jĂ  une courbe descendante.

    Evolution des réserves internationales (en millions Usd)

    Période    Déc. 2012    mars 2012    avril 2013    mai 2013    Juin 2013    Juil. 2013
    Réserves internationales
    1.271,7     1.752,7          1.745,8     1.685,3        1.677,1     1.670,8

    La tendance est inquiĂ©tante. Car aprĂšs avoir reconstituĂ© ses rĂ©serves en devises jusqu’à atteindre le pic de 1 752,7 millions Usd en mars 2012, la RDC est pour le moment en train d’entamer la consommation de ses rĂ©serves. Si cette tendance se poursuit, la RDC risque de se retrouver en dĂ©faut des paiements en devises. Un recadrage s’impose. Ce qui, dans l’avenir, posera des problĂšmes en termes d’importations.

    CombinĂ©e Ă  la contraction dĂ©jĂ  visible de l’activitĂ© Ă©conomique – les prĂ©visions de croissance Ă  fin 2013 ayant Ă©tĂ© revues Ă  7,8% contre 8,3%- il y a de bonnes raisons pour la BCC de sortir de sa lĂ©thargie et  d’intervenir.

    Ne faudrait-il pas rĂ©gler la gestion des liquiditĂ©s pour soutenir la croissance ? Pour autant que les Ă©missions en monnaie nationale sont faites en fonction des besoins de l’économie, autrement dit, pour soutenir le rythme de croissance Ă©conomique.

    La BCC s’est mise Ă  l’écart alors que c’est sur ce terrain qu’elle Ă©tait attendue pour agir, jouer son rĂŽle. Les tableaux ci-aprĂšs prouvent Ă  suffisance une passivitĂ© Ă  conjurer absolument.

    Situation des écarts par rapport à la cible du cadre macroéconomique (en milliards de Fc)

    Agrégats    Cible Déc. 2012    Réalisation
    Déc. 2012    Ecart    Cible mars 2013    Réalisation mars 2013    Ecart    Cible juillet 2013    Réalisation juillet 2013    Ecart
    Base monétaire    1.107,6    850,9    -256,7    904,8    867,1    -37,7    944,8    823,5    -121,3

    Ces Ă©carts traduisent l’inaptitude de la BCC Ă  suivre la cadence de la politique budgĂ©taire. Chaque fois que le TrĂ©sor ponctionne des liquiditĂ©s par la rĂ©alisation des excĂ©dents budgĂ©taires, la BCC n’a pas pu injecter des moyens de paiements nĂ©cessaires dans l’économie.

    Le tableau suivant, qui donne le rythme (en millions de Fc) des Ă©missions en monnaie nationale jusqu’au 21 aoĂ»t 2013, est plus Ă©loquent sur le sujet.

    Rubrique    Janv.    Février    Mars    Avril    Mai    Juin    Juillet    Août    Cumul/An

    Emissions prévues    24.000    28.700,0    16.500,0    22.500,0    11.000,0    15.000,0    9.861,2    3.096,7    130.658,0
    Emissions réalisées    14.610

    13.687,5    11.620,0    15760,0    6.835,0    8184,0    7989,6    2967,2    81.653,3

    Tout compte, la BCC n’a pas suivi le rythme de croissance de l’économie congolaise. Elle est restĂ©e passive, enfermĂ©e dans une politique monĂ©taire d’école – sans effet rĂ©el sur le terrain. Il est temps qu’elle sorte de son carcan classique, en jouant vĂ©ritablement son rĂŽle de contrepoids de la politique budgĂ©taire. En poursuivant son rythme actuel, elle entrainera avec elle l’économie congolaise dans le gouffre.

  • ArrivĂ©e de Mary Robinson, envoyĂ©e spĂ©ciale de l’ONU pour les Grands Lacs

    ArrivĂ©e de Mary Robinson, envoyĂ©e spĂ©ciale de l’ONU pour les Grands Lacs

    MARY ROBINSON-L’envoyĂ©e spĂ©ciale de l’ONU pour la rĂ©gion des Grands Lacs, Mary Robinson, est arrivĂ©e dimanche soir Ă  Kinshasa dans le cadre d’une tournĂ©e rĂ©gionale qui la conduira en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, ainsi qu’en Ouganda et au Rwanda voisins, a constatĂ© un journaliste de l’AFP.
    Elle a Ă©tĂ© accueillie Ă  son arrivĂ©e par Martin Kobler, le chef de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco). Elle n’a fait aucune dĂ©claration Ă  sa sortie d’avion. Mary Robinson “part demain (lundi) Ă  Goma”, dans l’est de la RDC, et “rencontrera notamment les autoritĂ©s provinciales et la sociĂ©tĂ© civile (associations, syndicats, organisations religieuses…)”, a-t-on appris dimanche auprĂšs de la Monusco. Selon le programme de la tournĂ©e, encore provisoire, Mary Robinson reviendra mardi Ă  Kinshasa, oĂč elle pourrait s’entretenir avec des autoritĂ©s. Mercredi, l’ex-prĂ©sidente de l’Irlande se rendra en Ouganda puis s’envolera pour Kigali, oĂč elle doit arriver vendredi. Cette visite intervient alors que l’armĂ©e et la Monusco ont menĂ© ces derniers jours de grosses offensives et gagnĂ© du terrain contre la rĂ©bellion du Mouvement du 23 mars (M23), principal groupe armĂ© du Nord-Kivu (est). Cette opĂ©ration a Ă©tĂ© lancĂ©e aprĂšs que des obus meurtriers ont frappĂ© le 22 aoĂ»t Goma, la capitale provinciale. Les rebelles du M23, qui opĂ©raient auparavant dans une prĂ©cĂ©dente rĂ©bellion, avaient signĂ© en 2009 un accord avec Kinshasa pour ĂȘtre intĂ©grĂ©s dans l’armĂ©e nationale congolaise. Certaines garanties importantes que leur offraient l’accord n’ayant pas Ă©tĂ© respectĂ©es, selon eux, ils ont repris les armes. L’ONU affirme que le M23 est soutenu par le Rwanda et l’Ouganda, ce que dĂ©mentent ces deux pays voisins de la RDC. (Belga)

  • Ban Ki-moon hausse le ton contre le Rwanda

    Ban Ki-moon hausse le ton contre le Rwanda

    BAN-RDC-L’ONU persiste et signe sur sa conviction que les obus tirĂ©s sur le Rwanda l’ont Ă©tĂ© par le M23 et non par l’armĂ©e congolaise. AprĂšs les dĂ©clarations du chef des opĂ©rations de maintien de paix de l’ONU (Monusco), le 29 aoĂ»t lors d’une rĂ©union Ă  huis clos devant le Conseil de sĂ©curitĂ© selon lesquelles des soldats rwandais s’étaient infiltrĂ©s ces derniers jours au Nord-Kivu pour appuyer les rebelles du M23, c’est au tour du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies Ban Ki-moon d’enfoncer le clou et de confirmer publiquement ces accusations. Avec correspondant RFI Ă  New York, Karim Lebhour L’ONU est convaincue que c’est le M23 qui tire des obus contre le Rwanda et non les forces congolaises. Jusqu’ici ces accusations n’avaient Ă©tĂ© faites qu’à huis clos. Ban Ki-moon le dit maintenant trĂšs officiellement dans une dĂ©claration. Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral parle de « tirs non ciblĂ©s du M23 » dans les zones frontaliĂšres du Rwanda et sur les positions des casques bleus. Cette affirmation de Ban Ki-moon est en contradiction directe avec la version du Rwanda qui accuse l’armĂ©e congolaise de tirer son territoire et menace d’intervenir. Cette dĂ©claration est de nature Ă  tendre encore un peu plus les relations entre le Rwanda et les Nations unies. MĂȘme si Ban Ki-moon ne va pas jusqu’à le dire publiquement, la thĂšse parmi les diplomates onusiens est que le Rwanda se sert du M23 pour provoquer des incidents et justifier une intervention militaire. Le reprĂ©sentant rwandais s’est retrouvĂ© trĂšs isolĂ© jeudi devant le Conseil de sĂ©curitĂ©. « Si je dois croire quelqu’un, lui a lancĂ© l’ambassadeur du Guatemala, je fais confiance Ă  la parole de l’ONU avant celle du Rwanda ».Direct.cd

  • Vers une intervention armĂ©e « officielle » du Rwanda en RDC ?

    Vers une intervention armée « officielle » du Rwanda en RDC ?

    char-Selon des sources diplomatiques, Paul KagamĂ© le PrĂ©sident rwandais a rĂ©uni son ministre des Affaires Ă©trangĂšres et son chef d’Etat major pour Ă©voquer une intervention armĂ©e dans l’est de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC), suite aux tirs sur son territoire.
     Les relations entre le Rwanda et la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC) n’ont jamais Ă©tĂ© au beau fixe. Mais cette fois-ci, l’incendie diplomatique qui oppose Kinshasa Ă  Kigali est trĂšs grave. Le rĂ©gime de Paul KagamĂ© a accusĂ© les forces armĂ©es congolaises en confrontation avec les rebelles du M23 dans l’est de la RDC d’avoir Ă©mis des tirs d’obus sur son territoire. « Cette provocation ne peut plus ĂȘtre tolĂ©rĂ©e. Nous n’hĂ©siterons pas Ă  dĂ©fendre notre territoire », a indiquĂ© la ministre rwandaise des Affaires Ă©trangĂšres Louise Mushikiwabo.

    Les autoritĂ©s congolaises et la Mission de l’Onu en RDC pour la paix (Monusco) qui prĂȘte main forte aux soldats congolais ont rejetĂ© ces allĂ©gations. Selon l’Onu, ces tirs proviendraient du M23. Dans un communiquĂ©, Ban Ki-moon « condamne en particulier les tirs non ciblĂ©s Ă©manant du M23 qui ont causĂ© des morts, des blessĂ©s et des dĂ©gĂąts matĂ©riels parmi la population civile Ă  l’est de la RDC et dans les zones frontaliĂšres au Rwanda, de mĂȘme que parmi les casques bleus ». L’institution accuse l’armĂ©e rwandaise de soutenir la rĂ©bellion et de s’ĂȘtre infiltrĂ©e dans l’est de la RDC. Des propos que la ministre rwandaise des Affaires Ă©trangĂšres a dĂ©menti sur Twitter. « Non (…), les troupes rwandaises ne sont pas en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (pour le moment) », a-t-elle Ă©crit.

    « Le Rwanda a une force de frappe énorme »

    Pour de nombreux observateurs, les accusations du rĂ©gime de KagamĂ© Ă  l’encontre des autoritĂ©s congolaises ne sont pas anodines. Kigali cherche simplement un prĂ©texte pour « entrer en guerre avec la RDC ». Selon des sources diplomatiques, « Paul KagamĂ© a rĂ©uni ces derniĂšres heures son chef d’état-major et sa ministre des Affaires Ă©trangĂšres pour Ă©voquer une intervention prochaine des troupes rwandaises dans l’est de la RDC, Ă  Goma ».

    Toutefois le Rwanda se retrouve « trĂšs isolĂ© sur la scĂšne internationale », selon Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale au centre de rĂ©flexion International Crisis Group (ICG). Il met Ă©galement en exergue la prĂ©sence des casques bleus qui se retrouvent finalement au milieu du conflit. « Maintenant les casques bleus sont trĂšs impliquĂ©s. Il y a donc un risque de confrontation entre les casques bleus et le Rwanda, ce qui serait catastrophique pour les soldats de l’ONU ». D’aprĂšs cette source congolaise locale , qui a prĂ©fĂ©rĂ© garder l’anonymat, « l’armĂ©e rwandaise, qui bĂ©nĂ©ficie d’une formation solide prodiguĂ©e par les Etats-Unis, a une force de frappe Ă©norme. Elle pourrait pĂ©nĂ©trer dans Goma en quelques heures. Alors que l’armĂ©e congolaise ne dĂ©tient pas les Ă©quipements nĂ©cessaires pour faire face aux troupes rwandaises ».

    Pour cet ex-conseiller du dĂ©funt PrĂ©sident congolais assassinĂ©, Joseph DĂ©sirĂ© Kabila, « le Rwanda a toujours attaquĂ© la RDC. Les troupes rwandaises sont infiltrĂ©es en RDC depuis de nombreuses annĂ©es. Cela ne date pas d’aujourd’hui. On sait que les rebelles du M23 sont Rwandais et non Congolais. S’ils attaquent Goma, ce sera juste une officialisation de leur entrĂ©e en guerre contre la RDC, mais il n’y a rien de nouveau ».

    .

    © Afrik.com – 2013 – tous droits rĂ©servĂ©s
  • I Have A Dream

    I Have A Dream

    L’hĂ©ritage de Martin Luther King 50 ans aprĂšs le sermon de Lincoln Memorial
    RĂȘve fracassĂ© ou changement dans la bonne direction ?
    ‘‘Ils ont tuĂ© le rĂȘveur mais pas le rĂȘve !’’ RĂ©vĂ©rend Pasteur Jesse Louis Jackson
    Par Joël Asher Lévy-Cohen
    Martin Luther King-Au 21e, tout comme au 20e siĂšcle, s’il existe un État dans l’univers terrestre qui a dĂ©clenchĂ© autant de passion que de fascination, il serait tout Ă  fait logique de mentionner le pays de l’Oncle Sam. Ceci en raison de son histoire politique de libĂ©ration du joug colonial et de son systĂšme dĂ©mocratique. En effet, celui-ci invente trĂšs accidentellement le rĂ©gime Ă©tatique de la ‘‘RĂ©publique’’ au moment oĂč la planĂšte tout entiĂšre est dominĂ©e par des tĂȘtes couronnĂ©es ou monarchies. Il met rĂ©solument en place un systĂšme politique et dĂ©mocratique dont le fondement idĂ©ologique est, Ă  n’en pas douter, la libertĂ©. Aussi met-il trĂšs rapidement en place un rĂ©gime reprĂ©sentatif qui s’articule autour des notions cardinales de concurrence et d’alternance au plus haut sommet du pouvoir politique de l’État pour garantir sa stabilitĂ© institutionnelle et sa cohĂ©sion en tant qu’entitĂ© nationale.
    La passion et la fascination vouĂ©es au pays de l’Oncle Sam rĂ©sultent Ă©galement de sa superpuissance militaire couplĂ©e Ă  son gigantisme industriel, d’une part. Cela est d’autant plus vrai que c’est bel et bien le complexe militaro-industriel qui est le moteur de son Ă©conomie. Et d’autre part, elles dĂ©rivent de sa diversitĂ© ethnique et raciale. En effet, les États-Unis d’AmĂ©rique symbolisent, Ă  vrai dire, le monde entier dans leur constitution sociologique, dans leur configuration ethnoculturelle. Ce qui signifie en termes clairs que toutes les races de la planĂšte et tous les peuples de la terre y sont bel et bien reprĂ©sentĂ©s par des communautĂ©s humaines d’ailleurs fortement massifiĂ©es. Par consĂ©quent, s’il y a un mot qui pourrait naturellement rĂ©sumer cet Ă©tat de fait, ce sont bel et bien les termes kalĂ©idoscope ou mosaĂŻque qui, dans les circonstances, prĂ©vaudraient. Sans doute, en raison de la variĂ©tĂ© culturelle qui se superpose Ă  la diversitĂ© ethnique et raciale.
    Cependant, la reprĂ©sentativitĂ© ethnoculturelle et la variĂ©tĂ© raciale qui caractĂ©risent assurĂ©ment le gĂ©ant amĂ©ricain dans sa composition sociologique, sont Ă©videmment entachĂ©es par un mal profond. Elles sont manifestement rongĂ©es par une pathologie pernicieuse, sournoise, laquelle remonte, en rĂ©alitĂ©, Ă  la racine mĂȘme de la construction de ce pays bicentenaire. Il s’agit effectivement du racisme en tant qu’idĂ©ologie de domination humaine fondĂ©e intrinsĂšquement sur la suprĂ©matie d’une race, en l’occurrence blanche ou caucasienne, visiblement portĂ©e Ă  Ă©craser dans son cheminement Ă©volutif, tel un rouleau compresseur, toutes les autres composantes humaines pour des motivations non seulement subjectives mais purement illusoires. D’ailleurs fortement ancrĂ© dans les habitus et schĂšmes de perception, celui-ci se nourrit de l’injustice Ă©conomique et de l’exclusion sociale.
    C’est cette radiographie loufoque du pays de l’Oncle Sam qui tend Ă  chosifier l’ĂȘtre humain, plutĂŽt Ă  ignorer l’humanitĂ©, Ă  avilir cette crĂ©ature divine, dans ce qu’elle a de plus prĂ©cieux – Ă  savoir ‘‘la libertĂ© et la vie’’ – que le Dr Martin Luther King, a contribuĂ© Ă  mettre en lumiĂšre. Il y a de cela 50 ans, ce prophĂšte des temps modernes n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  fustiger virulemment un systĂšme politique et Ă©tatique qui Ă©trangle ses propres enfants, qui Ă©crase comme un ver de terre ses propres ressortissants. Ce serviteur de l’Éternel Dieu Tout-Puissant n’a pas du tout hĂ©sitĂ© Ă  bousculer les certitudes, Ă  rĂ©veiller les consciences endormies, Ă  ressusciter les esprits ensevelis en vue de mĂ©tamorphoser une sociĂ©tĂ© d’ailleurs fortement fossilisĂ©e par ses croyances et ses principes irraisonnables pour la mettre immĂ©diatement en marche forcĂ©e vers la libĂ©ration de l’ñme humaine emprisonnĂ©e par les phantasmes et le dĂ©lire narcissique.
    Depuis cette Ă©poque de l’activisme des droits civiques des annĂ©es cinquante et soixante, il est un fait que le visage des États-Unis d’AmĂ©rique a beaucoup changĂ© en profondeur. En raison de la volontĂ© politique des gouvernants au niveau fĂ©dĂ©ral de promouvoir tous azimuts une sociĂ©tĂ© plus ouverte voire mĂȘme plus tolĂ©rante. ConsĂ©quence immĂ©diate : ‘‘les minoritĂ©s raciales et ethnoculturelles occupent, de nos jours, bon nombre de plus hauts postes politico-administratifs’’. Celles-ci se distinguent Ă©galement sur les plans Ă©conomique, social et culturel. Ce paysage est d’ailleurs trĂšs largement symbolisĂ© par la prĂ©sidence dĂ©mocrate de Barack Hussein Obama, d’origine kenyane, de par son pĂšre. Tout comme par ‘‘la reine des talk show’’ Oprah Gail Winfrey.
    Toutefois, si la sĂ©grĂ©gation raciale a Ă©tĂ© effectivement abolie dans le corpus lĂ©gislatif, il n’en reste pas moins que dans les faits, le racisme et l’apartheid de facto ont encore de beaux jours devant eux dans le pays mythique de l’Oncle Sam. En effet, les relations interraciales sont toujours marquĂ©es du sceau de la mĂ©fiance rĂ©ciproque. Comme en tĂ©moigne l’affaire Trayvvon Martin en Floride. Il s’agit de la fin tragique d’un jeune africain-amĂ©ricain, apparemment assassinĂ© au cours d’une soi-disant rixe verbale ou altercation physique, en raison de la couleur de sa peau et de son faciĂšs par un vigile du nom de George Zimmerman. Au cours de ce procĂšs pour meurtre, lequel a vraiment suscitĂ© l’indignation et la mobilisation de l’opinion publique, le jury essentiellement composĂ© de femmes blanches a acquittĂ© sans autre forme de procĂšs le meurtrier au motif que les preuves matĂ©rielles rĂ©ellement fournies par les forces policiĂšres d’ailleurs juge et partie dans cette douloureuse affaire n’étaient pas assez suffisantes pour condamner Ă  l’enfermement ledit assassin.
    Par ailleurs, il arrive quelquefois que des tensions interraciales pourtant injustifiables soient alimentĂ©es, c’est-Ă -dire provoquĂ©es artificiellement voire mĂȘme manipulĂ©es dĂ©libĂ©rĂ©ment, par un certain nombre de puissants intĂ©rĂȘts tant politiques et sociaux qu’économico-financiers. Ces convulsions sont manigancĂ©es, orchestrĂ©es dans le strict but de distraire – [uniquement] – la population amĂ©ricaine, de dĂ©tourner son attention de vĂ©ritables enjeux nationaux. Comme en tĂ©moigne, d’ailleurs, le trĂšs mĂ©diatique procĂšs OJ Simpson destinĂ© Ă  maquiller la responsabilitĂ© directe et Ă©vidente, des États-Unis d’AmĂ©rique dans le gĂ©nocide au Rwanda en 1994. De ce fait, la politique en tant qu’art de gouvernement de la CitĂ© n’est-elle pas, par essence, l’exploitation des Ă©motions populaires, en d’autres termes l’exploitation de basses pulsions ?
    Une chose est sĂ»re et certaine, le Dr Martin Luther King rĂȘvait d’une sociĂ©tĂ© ouverte, tolĂ©rante et fraternelle fondĂ©e sur le dialogue interculturel et la communication interraciale. Or, aux États-Unis d’AmĂ©rique qui sont par dĂ©finition un pays multiethnique, multiculturel et multiconfessionnel, les races continuent toujours de se mĂ©fier rĂ©ciproquement Ă  l’image rĂ©pulsive de la peste. Ces agrĂ©gats humains continuent – malgrĂ© l’abolition de l’esclavagisme nĂ©grier – de s’ignorer. Un sentiment profondĂ©ment dictĂ© par la peur – Ă  tort ou Ă  raison injustifiĂ©e – de l’autre, son prochain. En raison de cette mĂ©fiance perpĂ©tuelle et de cette ignorance mutuelle, ce pays reste fondamentalement coupĂ© en strates sociologiques. En effet, les États-Unis d’AmĂ©rique sont profondĂ©ment divisĂ©s entre riches et pauvres. Ces deux couches sociales sont animĂ©es par la mĂȘme philosophie de spoliation. Les riches volent les pauvres et les pauvres volent les riches.
    Donc, ces deux groupes sociaux refusent rĂ©solument de s’entraider mutuellement. Ceci pour des raisons idĂ©ologiques, des vues essentiellement matĂ©rialistes. Comme en tĂ©moigne d’ailleurs le dĂ©bat sournois et pernicieux sur la nĂ©cessaire refonte de la fiscalitĂ© et le judicieux programme de l’assurance santĂ© d’ailleurs promus par l’administration dĂ©mocrate. Il convient de souligner que ces deux projets politiques permettraient assurĂ©ment de resocialiser des pans entiers de la population laissĂ©s pour compte par l’élite dirigeante, c’est-Ă -dire dĂ©libĂ©rĂ©ment abandonnĂ©s sur le bord de la route par les gouvernants.
    Les États-Unis d’AmĂ©rique demeurent fortement divisĂ©s entre races qui vivent continuellement de maniĂšre sĂ©parĂ©e. Ce qui revient Ă  dire que la coexistence ou la cohabitation interraciale relĂšve en soi d’une vue de l’esprit. En effet, chaque race, tout comme chaque ethnie, occupe un espace imaginaire ou investit un univers gĂ©ographique qu’elle revendique consciemment ou inconsciemment. Dans la sociĂ©tĂ© postindustrielle amĂ©ricaine, autant les Blancs qui occupaient jadis le centre-ville [au dĂ©but de l’ùre industrielle] vivent aujourd’hui cloĂźtrĂ©s dans les campagnes ou citĂ©s rurales, tout comme reclus dans les bourgades Ă©loignĂ©es, autant les minoritĂ©s Ă  la fois ethnoculturelles et raciales occupent les mĂ©gapoles et investissent les banlieues pĂ©riphĂ©riques d’agglomĂ©rations. Autant les Blancs sont installĂ©s majoritairement dans les États du centre et de l’Ouest du pays, d’ailleurs moins peuplĂ©s et trĂšs favorables au Grand Old Party (GOP) ou parti rĂ©publicain[i], autant les minoritĂ©s raciales et ethnoculturelles sont archi-concentrĂ©es dans la trĂšs grande majoritĂ© des États de l’Est du pays. Par nature, ceux-ci procĂšdent, pour la plupart, de la rĂ©volution industrielle du 19e siĂšcle.
    Par ailleurs, en matiĂšre de paix sociale et d’harmonie interraciale, de dialogue et de communication entre les diverses entitĂ©s raciales qui vivent rĂ©ellement sur le territoire amĂ©ricain, ce qui doit normalement prĂ©occuper le plus de nos jours, c’est la montĂ©e en puissance des groupes d’extrĂȘme droite favorables au ‘‘White Power’’. C’est l’accroissement exponentiel des milices armĂ©es jusqu’aux dents dont la seule et unique finalitĂ© – le dĂ©lire obsessionnel et le phantasme criminel – est de porter directement atteinte Ă  la vie physique de l’actuel prĂ©sident amĂ©ricain en raison de ses origines ethniques et raciales. Cette vision on ne peut plus surrĂ©aliste trouve mĂȘme Ă©cho au sein d’une classe politique voire partisane revancharde, ultraconservatrice, oĂč le langage politiquement correct a Ă©tĂ© littĂ©ralement sacrifiĂ© au profit d’un discours cru qui fait une large place Ă  des propos orduriers. Donc un langage farci, un discours serti d’insultes de bas Ă©tage, mĂątinĂ© de formules entiĂšrement dĂ©placĂ©es qu’une oreille sensĂ©e, une personne civilisĂ©e et un ĂȘtre conscient ne peuvent plus se permettre de gober, d’entendre ou d’écouter.
    En matiĂšre d’intĂ©gration socioĂ©conomique, l’égalitĂ© des droits demeure toujours un rĂȘve lointain. L’égalitĂ© entre les races, au mĂȘme titre que l’égalitĂ© entre les sexes, reste, toujours, un vain principe. C’est, Ă  vrai dire, un vƓu pieux. Les Ă©carts des revenus entre Blancs et Africains-amĂ©ricains ne se rĂ©trĂ©cissent point. Ils ont mĂȘme augmentĂ© en raison de la rĂ©cession Ă©conomique qui a manifestement exclu bon nombre de ressortissants des communautĂ©s ethnoculturelles et des minoritĂ©s raciales. Comme l’emploi est de plus en plus rare Ă  cause de la crise Ă©conomique, le peu qu’il pourrait y en avoir, revient automatiquement aux Blancs. MĂȘme Ă  qualification Ă©gale avec un autre membre de communautĂ©s ethnoculturelles visibles ou minoritĂ©s raciales. Donc, la notion de prĂ©fĂ©rence raciale est de rigueur ! Il y a lieu de noter que c’est l’administration fĂ©dĂ©rale du RĂ©publicain George Walker Bush Jr qui a dĂ©cidĂ© de mettre un terme dĂ©finitif Ă  la politique de discrimination positive qui favorisait les minoritĂ©s en matiĂšre d’emploi.
    Dans le domaine social du logement, il y a beaucoup de gens qui sont effectivement citoyens des États-Unis d’AmĂ©rique. Par contre, vu leur statut socioĂ©conomique, ceux-ci ne vivent pas du tout – [matĂ©riellement et moralement] – dans ce pays en tant que citoyens en raison de la tiers-mondisation et de la bidonvilisation de certains Ăźlots hermĂ©tiquement fermĂ©s du pays. Ce sont en vĂ©ritĂ© des ‘‘sans rien’’. En effet, ils n’ont pas de famille, d’emploi, de formation, d’éducation, de logement, tout comme de logement dĂ©cent tout court, etc. Bref, ils n’ont pas vĂ©ritablement de vie et d’existence. Ces pans entiers de la population amĂ©ricaine vivent complĂštement Ă  l’écart du systĂšme qui les ignore incessamment sauf pour les exiler dĂ©finitivement, pour de bon, dans les diffĂ©rents centres d’enfermement dissĂ©minĂ©s Ă  travers la vaste Ă©tendue du pays. Ces gens proviennent essentiellement des minoritĂ©s raciales visibles. Ils sont majoritairement noirs et de sexe masculin. Donc, des Africains-amĂ©ricains mĂąles. Leur avenir est complĂštement bouchĂ©. Leur sort est dĂ©jĂ  scellé  par le systĂšme en place. Ils n’ont visiblement aucun espoir. Ils n’ont Ă©videmment aucune perspective dans la vie.
    Par ailleurs, lorsqu’il a Ă©tĂ© envoyĂ© de force ad patres par un assassin bestial en 1968, le Dr Martin Luther King avait dĂ©jĂ  embrassĂ© d’autres causes sociales et humanistes que raciales. Lorsqu’il a Ă©tĂ© abattu Ă  Memphis dans le Tennessee, il y allait pour dĂ©fendre les Ă©boueurs en grĂšve autant qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  sensible au sort des ouvriers de l’industrie automobile et mĂ©tallurgique. Il avait Ă©galement commencĂ© Ă  dĂ©noncer vertement la folie meurtriĂšre des États-Unis d’AmĂ©rique directement impliquĂ©s dans la guerre du Vietnam. C’est sĂ»r et certain que le locataire actuel de la Maison Blanche lui rendra un vibrant hommage et saluera sa mĂ©moire. Les deux hommes sont intimement, intrinsĂšquement liĂ©s par le cĂ©lĂšbre sermon du MĂ©morial Lincoln Ă  Washington prononcĂ© en 1963 qui prĂ©disait dĂ©jĂ  une AmĂ©rique juste, solidaire et fraternelle. Le premier avait effectivement rĂȘvĂ© et le second est en rĂ©alitĂ© le rĂ©sultat de cette prĂ©monition. Les deux sont non seulement membres de la communautĂ© africaine-amĂ©ricaine mais Ă©galement apĂŽtres de la paix (prix Nobel de la paix).
    Toutefois, ce qui diffĂ©rencie profondĂ©ment les deux personnalitĂ©s africaines-amĂ©ricaines, est que l’une est rĂ©solument anti-guerre (Martin Luther King) et l’autre est pro-guerre (Barack Hussein Obama)[ii]. En effet, King fustigeait violemment la folie meurtriĂšre des dirigeants amĂ©ricains (le dĂ©mocrate Lyndon Baines Johnson) au Vietnam tandis que Obama qui n’autre que l’incarnation du prĂ©sident Ronald Wilson Reagan, le va t’en-guerre ou polĂ©marque rĂ©publicain – [dans une version purement pasteurisĂ©e] –, s’inscrit tout droit dans cette lignĂ©e martiale. Au nom de cette logique guerriĂšre – meurtriĂšre – contre le terrorisme intĂ©griste ou le fondamentaliste djihadiste ou islamiste, ce messager de la paix qui, pourtant, fait la guerre, tue sans remords et sans broncher des victimes innocentes, de surcroĂźt de tout jeunes enfants sans dĂ©fense, aussi bien au Pakistan ultraconservateur qu’en Afghanistan limitrophe et arriĂ©rĂ©. Pour se donner une bonne conscience, son administration gouvernementale qualifie non sans morgue ses bavures insensĂ©es et inhumaines de victimes collatĂ©rales de la lutte antiterroriste. Comme quoi l’hypocrisie, le mensonge et la langue de bois ont encore de belles annĂ©es en politique !
    http://www.youtube.com/watch?v=Lfw8yLNiyVo&hd=1
    http://www.youtube.com/watch?v=HRIF4_WzU1w&hd=1


    [i] Les seules et uniques exceptions qui confirment, à n’en pas douter la rùgle, dans l’Ouest du pays, sont les États de Californie, de Washington et d’Oregon – dans une moindre proportion – qui sont, dans l’ensemble, pluriethniques et multiraciaux.
    [ii] Les prochaines victimes expiatoires de la politique vengeresse des États-Unis d’AmĂ©rique sous Barack Hussein Obama sont, Ă  n’en point douter, l’Iran et la Syrie, et ce aprĂšs la Jamahiriya libyenne de Mouammar-el-Kadhafi.
  • Le M23 exige du gouvernement une reprise des nĂ©gociations

    Le M23 exige du gouvernement une reprise des négociations

    M23– Les rebelles du M23 ont exigĂ© samedi du gouvernement congolais qu’il reprenne dans un “bref dĂ©lai” les pourparlers de sortie de crise, menaçant en cas contraire de reprendre d’anciennes positions qu’ils occupaient dans l’Est de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo (RDC).

    “Nous exigeons du gouvernement congolais le retour dans un bref dĂ©lai Ă  la table de nĂ©gociations pour trouver une solution politique Ă  la crise”, Ă©crit le prĂ©sident politique du M23 (Mouvement du 23 Mars), Bertrand Bisimwa, dans un communiquĂ©.

    “Si le gouvernement congolais poursuivait l’option militaire au dĂ©triment des pourparlers de Kampala”, capitale de l’Ouganda, “nos forces armĂ©es se rĂ©servent le droit de reprendre le contrĂŽle” des positions que les Etats de la ConfĂ©rence internationale sur la rĂ©gion des Grands Lacs (CIRGL) leur avaient “assignĂ©es” le 24 novembre, ajoute-t-il.

    Fin novembre, aprĂšs une offensive-Ă©clair, le M23 s’Ă©tait emparĂ© de Goma, la capitale de la province riche en minerais et instable du Nord-Kivu. La CIRGL lui a promis l’ouverture d’un dialogue avec Kinshasa s’il se retirait Ă  20 km de la ville, mais la rĂ©bellion Ă©tait toujours restĂ©e aux abords. Quant au dialogue de Kampala, il s’est ouvert en dĂ©cembre mais est actuellement au point mort.

    L’armĂ©e et la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) ont lancĂ© le 23 aoĂ»t une grosse offensive contre le M23. Vendredi, le groupe armĂ© a annoncĂ© un “cessez-le-feu unilatĂ©ral” et son retrait de Kanyarucinya, son poste le plus avancĂ©, Ă  une dizaine de kilomĂštres au nord de Goma. Cette dĂ©cision vise Ă  “crĂ©er un climat de paix favorable” pour un “rĂšglement politique de la crise”, selon le communiquĂ©.

    “Ils ne se sont pas retirĂ©s, ils ont Ă©tĂ© dĂ©faits”, a pour sa part affirmĂ© samedi Ă  l’AFP le lieutenant-colonel Olivier Hamuli, porte-parole de l’armĂ©e au Nord-Kivu. L’armĂ©e et les autoritĂ©s congolaises ont indiquĂ© Ă  l’AFP avoir repris le contrĂŽle de Kibumba et avoir repoussĂ© le M23 au-delĂ  de cette localitĂ©, situĂ©e Ă  une trentaine de kilomĂštres au Nord de Goma.

    Vendredi, le ministre de la Communication congolais, Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, avait dĂ©clarĂ© que le repli du M23 Ă  lui seul n’Ă©tait “pas acceptable”. La “seule solution”, avait-il ajoutĂ©, est que le M23 cesse d’exister sous sa forme militaire et que ses membres non combattants “articulent clairement leurs revendications”.

    “Vous ne verrez pas Goma”

    “Nous n’allons pas inviter le M23 aux concertations nationales”, qui doivent s’ouvrir mercredi 4 septembre Ă  Kinshasa pour dix Ă  quinze jours, avait-il ajoutĂ©.

    Ces concertations nationales sont le volet politique des efforts, soutenus par la communautĂ© internationale, pour sortir de la crise. Les autres volets, ainsi que l’ont dit cette semaine M. Mende et le chef de la Monusco, Martin Kobler, sont l’action militaire contre les rebelles (qui n’apporte cependant pas de “solution magique”, selon M. Kobler), et l’action diplomatique dans le cadre des pourparlers de Kampala.

    Le M23 est actif depuis mai 2012 au Nord-Kivu. Ses hommes revendiquent la pleine application de l’accord de 2009 qui a rĂ©gi leur intĂ©gration dans l’armĂ©e, aprĂšs qu’ils ont acceptĂ© de quitter une autre rĂ©bellion oĂč ils opĂ©raient. Des experts de l’ONU ont accusĂ© le Rwanda et l’Ouganda, voisins de la RDC, de soutenir le M23. Kigali et Kampala ont toujours dĂ©menti.

    AFP

  • Noel K. Tshiani, Interview avec Chantal Zock– La Libre Belgique

    Noel K. Tshiani, Interview avec Chantal Zock– La Libre Belgique

    Noel Tshiani-Chantal Zock: Vous venez de publier aux Ă©ditions De Boeck Ă  Bruxelles un livre dont le titre est « la bataille pour une monnaie nationale crĂ©dible ». Votre livre est prĂ©facĂ© par Professeur Christian De Boissieu, PrĂ©sident du Conseil d’Analyse Economique en France. Qu’est-ce qui vous a poussĂ© Ă  publier un livre d’une telle envergure ?

    Noel K. Tshiani : Quand je visite mon pays, la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo, je me crois  dans un coin des Etats Unis d’AmĂ©rique ! Le dollar amĂ©ricain circule librement et est mĂȘme devenu la monnaie la plus utilisĂ©e dans les transactions commerciales sur toute l’étendue de la RĂ©publique.  Les prix des biens dans les magasins sont affichĂ©s en dollar, les paiements des biens et services s’effectuent en dollar, 90 pour cents des dĂ©pĂŽts bancaires sont en dollar, et les cambistes sont partout sur les rues pour faire du change essentiellement du dollar et de l’euro contre la monnaie nationale. Le marchĂ© parallĂšle de change se trouve sur la rue devant l’entrĂ©e principale de l’Ambassade des Etats Unis d’AmĂ©rique dans ce pays. Les clients sur ce marchĂ© sont multiples et incluent les nationaux, les trafiquants, les officiels, les diplomates et les fonctionnaires internationaux. Le bradage de la monnaie nationale se passe au vu et au su de tout le monde.

    Un touriste Ă©tranger qui vient dans ce pays pour la premiĂšre fois peut passer trois mois ou plus dans ce pays sans toucher une seule fois la monnaie nationale car le dollar amĂ©ricain est acceptĂ© et prĂ©fĂ©rĂ© partout : dans les hĂŽtels, les restaurants, le transport, les services publics, et mĂȘme dans les petites alimentations des quartiers populaires. C’est ce constat qui m’a poussĂ© a me poser la question de savoir ce que ce pays, tout comme tout autre pays en dĂ©veloppement dans la mĂȘme situation, peut faire pour avoir une monnaie nationale crĂ©dible. J’ai donc mis cette rĂ©flexion sous forme de l’ouvrage que vous avez devant vous.

     

    Chantal Zock: La RDC n’avait-elle pas fait une rĂ©forme monĂ©taire en 1997 justement pour se doter d’une monnaie nationale crĂ©dible.

    NOEL K. TSHIANI : Au changement du rĂ©gime politique en 1997, le systĂšme monĂ©taire congolais souffrait de nombreux dysfonctionnements graves ,  Ă  savoir la multiplicitĂ© d’espaces monĂ©taires ainsi que de taux de change ; la perte de confiance gĂ©nĂ©ralisĂ©e dans la monnaie nationale du fait de l’instabilitĂ© persistante de sa valeur interne et externe ; la dollarisation excessive de l’Ă©conomie ; la pĂ©nurie de signes monĂ©taires au sein du systĂšme bancaire ; la rupture de la paritĂ© interne entre la monnaie scripturale et la monnaie fiduciaire ; la dĂ©sintermĂ©diation accrue attestĂ©e par une importante circulation fiduciaire hors banques, et la dĂ©sarticulation des paiements ; la diminution drastique du taux de liquiditĂ© de l’Ă©conomie, atteignant 4,3% en 1997 contre 10 au cours des pĂ©riodes antĂ©rieures. Pour faire face Ă  ces dysfonctionnements,  le nouveau gouvernement de la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo incarnĂ© par Mzee Laurent DĂ©sire Kabila avait dĂ©cidĂ©, dĂšs le mois de mai 1997, de confier Ă  la Banque Centrale du Congo la tĂąche d’opĂ©rer une rĂ©forme monĂ©taire impliquant le changement de l’unitĂ© monĂ©taire. C’est dans ce cadre que le franc congolais a Ă©tĂ© conçu et mis en circulation en juin 1998 en remplacement du ZaĂŻre monnaie devenu symbole de l’échec du rĂ©gime dĂ©chu du Mareshal Mobutu Sese Seko.

    La rĂ©forme monĂ©taire de 1997 poursuivait les objectifs majeurs suivants : l’unification de l’espace monĂ©taire regroupant toutes les diffĂ©rentes zones monĂ©taires prĂ©cĂ©dentes dont la zone monĂ©taire de deux KasaĂŻ qui utilisait les anciens zaĂŻres, la zone monĂ©taire du reste du pays qui acceptait les nouveaux zaĂŻres; la stabilitĂ© des prix intĂ©rieurs dans un pays oĂč les taux d’inflation Ă©taient dans les mille pour cent; la stabilitĂ© du taux de change qui fluctuait constamment Ă  la baisse ; le rĂ©tablissement du systĂšme des paiements ; la restructuration du systĂšme bancaire ; la relance de l’activitĂ© Ă©conomique ; et enfin l’institution d’une nouvelle unitĂ© monĂ©taire dĂ©nommĂ©e « le franc congolais ».

    Chantal Zock: Quinze plus tard aprÚs cette réforme monétaire, quelle évaluation faites vous du chemin parcouru et des résultats obtenus ?

     

    NOEL K. TSHIANI : La monnaie est le signe le plus visible de la performance Ă©conomique d’un pays. Le Congo a connu depuis plusieurs dĂ©cennies une expĂ©rience inflationniste sans prĂ©cĂ©dent. Sur les quinze derniĂšres annĂ©es, le taux d’inflation moyen est de 104 pour cent par an. Cette situation a fait perdre Ă  la monnaie beaucoup de sa valeur et sa crĂ©dibilitĂ©. Introduite en 1998 Ă  la paritĂ© de 1,3 francs congolais pour un dollar amĂ©ricain, la monnaie congolaise s’est dĂ©prĂ©ciĂ©e Ă  940 francs congolais contre le billet vert en Novembre  2012. L’évaluation que l’on fait de ces quinze derniĂšres annĂ©es est un constat d’échec car le franc d’aujourd’hui ne vaut plus rien par rapport Ă  celui que le pays avait introduit en juin 1998. Pour bien apprĂ©hender cet Ă©chec, l’équivalent en franc congolais de cent mille dollars en 1998 ne vaut plus aujourd’hui en Novembre 2012 qu’à peine cinquante trois cents d’un dollar amĂ©ricain.

    La reforme monĂ©taire Ă©tait sensĂ©e marquer le grand changement dans la gestion de la chose publique et inspirer confiance dans l’avenir du pays. Elle Ă©tait supposĂ©e contribuer Ă  la stabilisation ou Ă  l’amĂ©lioration du pouvoir d’achat des congolais. Mais c’est l’inverse qui s’est produit. Sur une pĂ©riode de quinze ans depuis le lancement du franc congolais en 1998, la monnaie nationale s’est dĂ©prĂ©ciĂ©e de prĂšs de 100.000 pour cents et ne vaut plus rien aujourd’hui.

    Chantal Zock: Que faut il faire maintenant ?

    NOEL K. TSHIANI : Il me semble opportun de repenser la monnaie congolaise ainsi que la structure et le fonctionnement du systĂšme financier congolais afin de les adapter aux impĂ©ratifs de dĂ©veloppement Ă©conomique du pays. Une telle rĂ©flexion doit inclure la reforme de la Banque Centrale du Congo en tant qu’autoritĂ© monĂ©taire et catalyseur du dĂ©veloppement du secteur financier et du marchĂ© des capitaux, la restructuration profonde et totale de la monnaie nationale et la redĂ©finition d’une stratĂ©gie et d’une vision de dĂ©veloppement du secteur financier en fonction des ambitions de dĂ©veloppement Ă©conomique d’un pays aussi riche en ressources et vaste qu’est la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo.

    Chantal Zock: Pourquoi faut il repenser la structure et le fonctionnement du systÚme financier congolais ?

    NOEL K. TSHIANI : En ce moment en 2012, la configuration du systĂšme bancaire congolais se prĂ©sente comme suit : 23 banques commerciales; 120 coopĂ©ratives d’épargne et de crĂ©dit ; 19 institutions de micro finance ; 34 messageries financiĂšres ; et 12 bureaux de change. Toutes ces banques et Ă©tablissements de crĂ©dits ont une caractĂ©ristique commune : ils comptent au total Ă  peine 80 agences bancaires en grande partie concentrĂ©s Ă  Kinshasa, et n’ont pas d’actionnaires congolais importants dans leur capital. On trouve plutĂŽt des banques commerciales et Ă©tablissements de crĂ©dits dont les capitaux appartiennent aux banques Ă©trangĂšres, et aux bilatĂ©raux et autres banquiers privĂ©s Ă©trangers. Il y a lieu de dire que les congolais ont perdu le contrĂŽle du systĂšme bancaire et de la monnaie du fait de l’origine des capitaux d’une part, et de la dollarisation de l’économie d’autre part.

    Je n’ai rien contre l’arrivĂ©e des capitaux Ă©trangers, mais il faut qu’il y ait une juste dose des capitaux nationaux et Ă©trangers pour qu’on ait un systĂšme bancaire Ă©quilibrĂ© qui rĂ©ponde vĂ©ritablement aux besoins de dĂ©veloppement du pays et de soutien au secteur privĂ© national. Certains personnes justifient la disparation des nationaux de l’actionnariat des banques et Ă©tablissements financiers au Congo par le fait que ceci constitue la principale caractĂ©ristique du systĂšme bancaire et financier en Afrique.  Je pense que cette attitude est trĂšs irresponsable car elle implique une abdication devant ses responsabilitĂ©s et une incapacitĂ© Ă  changer les choses pour le bien du peuple congolais. La RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo est un grand pays de 72 millions d’habitants, et donc potentiellement une trĂšs grande Ă©conomie Ă©mergeante. Ce qui n’est pas possible dans certains pays Africains, est tout Ă  fait rĂ©alisable dans ce sous-continent si l’on met de l’imagination et le savoir faire collectif au service du peuple congolais sans exclusion aucune.

    Il est normal que diffĂ©rents pays se font concurrence pour attirer des capitaux Ă©trangers. La RDC doit aussi mener ce combat avec bravoure, mais pas aveuglement au point d’exclure les nationaux de l’actionnariat des banques au motif simpliste que dans le passĂ©, certaines banques dĂ©tenues par les nationaux sont tombĂ©es en faillite faute de gestionnaires compĂ©tents. Je n’accepte pas cet argument fataliste et pessimiste dĂ©gradant. Les actionnaires congolais ont besoin de beaucoup de soutiens de la part des autoritĂ©s politiques et monĂ©taires pour percer dans un secteur qui leur reste encore trĂšs fermĂ©. Un pays qui ne contrĂŽle pas sa monnaie et son systĂšme financier, ne contrĂŽle pas son Ă©conomie.

    Chantal Zock: Il y a eu quand mĂȘme beaucoup de banques liquidĂ©es pendant ces derniĂšres annĂ©es en RDC. Est-ce que cela a affectĂ© la confiance dans le systĂšme dans le systĂšme financier ?

    NOEL K. TSHIANI : Je dĂ©plore la maniĂšre dont certaines banques sont brutalement liquidĂ©es sans que les dĂ©posants soient remboursĂ©s de leurs dĂ©pĂŽts et n’aient mĂȘme pas un seul moyen de recours. De 2000 Ă  ce jour, dix banques ont Ă©tĂ© liquidĂ©es en RDC. La derniĂšre liquidation est celle de la Banque Congolaise intervenue en Janvier 2011.

    Quand il n’y a pas d’institution de garantie des dĂ©pĂŽts, il est Ă©vident que les dĂ©posants font confiance Ă  l’autoritĂ© monĂ©taire qui assure la surveillance et le contrĂŽle du systĂšme bancaire. En cas de liquidation d’une banque commerciale tel est le cas actuellement de la Banque congolaise et de toutes les autres liquidations antĂ©rieures, il faut que la Banque Centrale du Congo et le Gouvernement assument la responsabilitĂ© des dĂ©pĂŽts, sinon l’on dĂ©truit davantage la confiance du public dans le systĂšme bancaire. Une telle confiance est dĂ©jĂ  au plus bas niveau dans un pays oĂč le taux de bancarisation n’est que de 0,9 pour cent de la population (soit environ 650.000 comptes bancaires sur une population de 72 million d’habitants), de loin infĂ©rieur Ă  la moyenne africaine de 25 pour cent. A ma connaissance, c’est l’un des taux de bancarisation les plus faibles du monde. Le pays ne peut  donc pas se contenter de la situation actuelle du systĂšme bancaire qui ne peut vĂ©ritablement pas soutenir le dĂ©veloppement Ă©conomique et satisfaire aux besoins rĂ©els du secteur privĂ© et du public congolais. Un tel constant interpelle les dĂ©cideurs et exigent une nouvelle vision, et une autre façon de faire les choses.

    Mon avis, Il faut lier le dĂ©veloppement du secteur financier congolais Ă  l’évolution du secteur privĂ© et de l’économie dans le pays. Les banques et Ă©tablissements financiers accompagnent le secteur privĂ©. Pour que le secteur financier se dĂ©veloppe, il faut que le secteur privĂ© Ă©volue dans un environnement favorable Ă  son expansion. C’est pour cela que les autoritĂ©s gouvernementales doivent accĂ©lĂ©rer les reformes visant l’amĂ©lioration de l’environnement des affaires.

     

    Chantal Zock: Revenons à la monnaie congolaise. Quelles sont les causes de la chute vertigineuse de la monnaie nationale congolaise depuis 1997 ?

    NOEL K. TSHIANI : Les causes de la chute de la monnaie congolaise sur les quinze derniĂšres annĂ©es sont multiples et incluent la culture de tricherie au niveau de la haute direction de la Banque Centrale du Congo (un mandat du gouverneur de la Banque Centrale du Congo initialement prĂ©vu pour cinq en 1997 renouvelable une fois,  a Ă©tĂ© Ă©tendu de façon secrĂšte Ă  quinze ans Ă  travers des manƓuvres frauduleuses entre le Gouverneur de la Banque centrale du Congo et ses complices au niveau de la PrĂ©sidence), l’absence d’une vision de dĂ©veloppement du secteur financier, l’absence d’une distance suffisante entre la Banque centrale et la branche exĂ©cutive du gouvernement, les questions de gouvernance et de conflits d’intĂ©rĂȘts au niveau de l’autoritĂ© monĂ©taire et de certaines institutions financiĂšres importantes, la qualitĂ© des produits et  services de la banque centrale, l’absence des incitations appropriĂ©es pour le personnel de la banque centrale, le comportement affairiste des dirigeants de la Banque Centrale du Congo  et enfin l’environnement inappropriĂ© de la banque y compris des infrastructures physiques, systĂšmes d’information et procĂ©dures de fonctionnement et de gestion de risques.

    Toutes ces dĂ©faillances amplifient les consĂ©quences dans un contexte national marquĂ© par un environnement politique instable pendant plusieurs annĂ©es, le manque de cohĂ©rence entre les politiques monĂ©taire et budgĂ©taires, le manque d’une stratĂ©gie cohĂ©rente de dĂ©veloppement du pays, l’inexistence de politiques Ă©conomiques et financiĂšres saines, l’absence totale d’une discipline budgĂ©taire et fiscale, l’insuffisance de la production nationale, et la mauvaise gestion des ressources à  plusieurs niveaux.

    Chantal Zock: Vous parlez de manque de vision de dĂ©veloppement du secteur financier, mais il y a quand augmentation du nombre des banques en RDC pendant les quinze derniĂšres ? Qu’en dites vous ?

    NOEL K. TSHIANI : Je partage le constat que les banques et Ă©tablissements financiers fleurissent au Congo pendant ces quinze derniĂšrres annĂ©es (ce qu’il faut saluer d’ailleurs). Mais la question fondamentale reste celle de l’adĂ©quation du systĂšme financier Congolais dans son ensemble aux besoins de dĂ©veloppement du pays. C’est pour cela que j’appelle Ă  une prise de conscience nationale pour que la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo se dote en urgence d’une vision claire de dĂ©veloppement du secteur financier qui soutienne les ambitions de croissance Ă©conomique accĂ©lĂ©rĂ©e et d’un dĂ©veloppement Ă©conomique et social axĂ© sur la dynamique du secteur privĂ©. Sans cette vision, la multiplicitĂ© de petites banques Ă©trangĂšres concentrĂ©es pour l’essentiel Ă  Kinshasa, reste sans impact tangible et rĂ©el sur le vĂ©cu quotidien des Congolais et sur l’économie nationale. Il faut encourager l’émergence des trois ou quatre grandes banques nationales qui accompagneraient le dĂ©veloppement Ă©conomique du pays et qui seraient un relais de la vision de l’autoritĂ© monĂ©taire et du leadership politique du pays.

    Chantal Zock: Vous dites dans votre livre que l’économie de la RDC est dollarisĂ©e Ă  90 pour cent ? Est-ce une bonne ou mauvaise chose  pour le pays ?

    NOEL K. TSHIANI : Je tiens Ă  rappeler que la Constitution de la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo (complĂ©tĂ©e par l’article 7 de la Loi 005/2002 du 7 Mai 2002 sur l’Organisation et le Fonctionnement de la Banque Centrale du Congo) est trĂšs claire dans ses articles 170 et 176 qui stipulent d’une part que l’unitĂ© monĂ©taire de la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo est le franc congolais ; et d’autre part que « la Banque Centrale du Congo est seule habilitĂ©e, sur le territoire national, Ă  Ă©mettre des billets et piĂšces de monnaie ayant cours lĂ©gal. Les monnaies et piĂšces de monnaie ayant cours lĂ©gal sont  libellĂ©es dans l’unitĂ© monĂ©taire de la RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, le franc congolais ou dans ses sous-unitĂ©s». La situation monĂ©taire actuelle de la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo se caractĂ©rise par les Ă©lĂ©ments suivants : le manque d’unification de l’espace monĂ©taire  Ă©tant donnĂ© que plusieurs monnaies circulent concomitamment sur toute l’étendue de la RĂ©publique, et notamment le Franc congolais, le dollar amĂ©ricain, l’euro, le franc CFA, le schilling ougandais, le franc rwandais, le kwacha zambien, le kwanza angolais et le schilling tanzanien ; l’instabilitĂ© chronique du taux de change qui est passĂ© de 1,3 francs congolais en juin 1998 Ă  940 Francs congolais contre un dollar amĂ©ricain en Novembre  2012 ; l’instabilitĂ© continue des prix; le dysfonctionnement du systĂšme des paiements ; la paralysie du systĂšme bancaire ; la stagnation de l’activitĂ© Ă©conomique ; et l’absence de l’exclusivitĂ© monĂ©taire avec la dollarisation poussĂ©e et Ă©hontĂ©e de l’économie. La dollarisation qui laisse le dollar amĂ©ricain circuler librement au Congo constitue une violation fragrante de ces dispositions constitutionnelles.  Et toute rĂ©glementation de change qui autorise et officialise la dollarisation est aussi contraire Ă  ces dispositions constitutionnelles. C’est pour cette raison que je pense qu’il est temps qu’on respecte la constitution du pays tant que ces dispositions constitutionnelles n’ont pas Ă©tĂ© modifiĂ©es.

    La dollarisation appauvrit la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo au profit des Etats Unis d’AmĂ©rique et favorise le blanchiment d’argent salle. Les revenus de seigneuriage reviennent logiquement Ă  l’émetteur de la monnaie en circulation dans un pays. Les revenus de seigneuriage sur les dollars circulant en RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo ne reviennent ni Ă  la Banque Centrale du Congo, ni Ă  la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo, mais plutĂŽt Ă  l’émetteur des dollars qui est la RĂ©serve FĂ©dĂ©rale des États Unis d’AmĂ©rique (Banque Centrale AmĂ©ricaine). Comme Il n’existe pas d’accord de rĂ©trocession des revenus de seigneuriage entre la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo et les Etats Unis d’AmĂ©rique, les Etats Unis d’AmĂ©rique se font du bĂ©nĂ©fice (revenus de seigneuriage) en laissant circuler leur monnaie en RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo au moment oĂč les pertes d’exploitation de la Banque Centrale du Congo (devenues chroniques depuis un certain temps) sont financĂ©es par des subventions d’exploitation qu’approuve le Parlement congolais annĂ©e aprĂšs annĂ©e Ă  la demande de l’autoritĂ© monĂ©taire. Mon estimation est que la RDC perd prĂšs de 600 millions de revenus de seigneuriage chaque annĂ©e. Ce phĂ©nomĂšne constitue un vĂ©ritable flĂ©au qui interpelle la Banque Centrale du Congo, et le Gouvernement si on veut d’une part reprendre le contrĂŽle de sa monnaie et recouvrer la souverainetĂ© monĂ©taire nationale, et d’autre part mettre fin au dĂ©ficit de l’autoritĂ© monĂ©taire en diversifiant ses sources de revenus, y inclus ceux de seigneuriage.

    Chantal Zock: Comment mettre fin Ă  la dollarisation de l’économie en RDC ?

    La fin de la dollarisation de l’économie ne se dĂ©crĂšte pas du jour au lendemain par une baguette magique. Si cet avis est partagĂ©, il ne reste pas moins vrai qu’il faut que le Congo ait un plan clair avec un horizon temporel raisonnable pour mettre fin Ă  la dollarisation afin de ne pas laisser perdurer la situation actuelle indĂ©finiment.  C’est Ă  ce prix que le pays reprendrait le contrĂŽle non seulement de sa monnaie, de son systĂšme financier et aussi de son Ă©conomie. Il est bien entendu que dans cet horizon temporel raisonnable et rĂ©aliste, il faut que la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo continue Ă  renforcer sa crĂ©dibilitĂ© Ă  travers une gestion macroĂ©conomique rigoureuse notamment en maintenant un niveau d’inflation faible, rĂ©gulier et prĂ©visible, ce qui n’est pas Ă©vident lorsqu’on ne contrĂŽle pas entiĂšrement la masse monĂ©taire circulant dans le pays.  La question de la qualitĂ©, du degrĂ© et de la pĂ©rennitĂ© de la stabilisation macroĂ©conomique est ainsi posĂ©e. Sans verser dans la thĂ©orie, une loi sur la reforme du systĂšme de paiement au Congo s’impose. Une telle loi devrait couvrir les moyens de paiements conformes aux dispositions constitutionnelles en vigueur, la monnaie acceptable pour les transactions dans le pays, les sanctions et amendes des rĂ©cidivitĂ©s, et surtout le dĂ©lai raisonnable et rĂ©aliste pour le passage d’un systĂšme de dollarisation Ă   celui oĂč une monnaie nationale crĂ©dible devient effective conformĂ©ment Ă  la constitution du pays.  La fin de la dollarisation doit ĂȘtre prĂ©cĂ©dĂ©e et accompagnĂ©e d’une longue campagne de communication pour que la population comprenne le bien-fondĂ© de la dĂ©marche et s’approprie le processus. Il faudra donc faire un bon mĂ©lange des rĂšgles de dollarisation basĂ©es sur le marchĂ© et la persuasion, et une certaine dose de rĂšglementation. La seule bonne volontĂ© ne suffit.

    Chantal Zock: Faut il aussi faire une rĂ©forme monĂ©taire dans la cadre de votre bataille pour doter la RDC d’’ une monnaie nationale crĂ©dible ?

    NOEL K. TSHIANI : Etant donnĂ© que institutions de la RĂ©publique sont en place, et parce que l’indĂ©pendance de la Banque centrale est prescrite dans la constitution du pays et dans ses statuts, je pense qu’il est opportun de  procĂ©der Ă  la rĂ©forme profonde de la Banque Centrale du Congo, du secteur financier et du secteur de la monnaie qui devra constituer un appui important aux efforts de mobilisation de ressources indispensables pour la mise en Ɠuvre d’une vĂ©ritable nouvelle vision de dĂ©veloppement du pays. Cette rĂ©forme doit constituer un bon complĂ©ment aux efforts de redressement Ă©conomique entrepris par le gouvernement dans tous les secteurs afin de relancer l’économie nationale et crĂ©er la base d’une croissance Ă©conomique durable, condition sine qua non pour crĂ©er des emplois massifs et amĂ©liorer les conditions sociales de la population.

    Une nouvelle rĂ©forme monĂ©taire est vraiment nĂ©cessaire pour plusieurs raisons. D’abord parce que la nomenclature actuelle des billets de banque est hors d’état d’usage. Le coĂ»t de fabrication des billets Ă©tant devenu trop Ă©levĂ© par rapport Ă  leur valeur faciale, la monnaie congolaise est devenue difficilement utilisable. L’introduction en juillet 2012 des billets de 1.000 Ă  10.000 francs congolais n’est pas suffisante et ne constitue a mon avis qu’un palliatif qui ne rĂ©sout pas les problĂšmes liĂ©s a l’irrationalitĂ© de la monnaie congolaise dans sa configuration actuelle. Ensuite il existe deux masses monĂ©taires distinctes au Congo : une masse monĂ©taire en franc congolais et une masse monĂ©taire en dollar. La Banque centrale ne contrĂŽle pas la masse monĂ©taire en dollar qui est la plus importante en volume. De ce fait, la Banque centrale ne peut pas conduire une politique monĂ©taire crĂ©dible car tous ses instruments (taux directeurs, taux de rĂ©serves obligatoires, et interventions sur le marchĂ© de change) sont sans effet rĂ©el et durable sur l’économie.

    La reforme monĂ©taire ne doit pas ĂȘtre comprise comme l’introduction de signes monĂ©taires de grande dĂ©nomination qui sont d’ailleurs porteurs d’un effet psychologique hyper-inflationniste important. L’introduction de tels billets ne peut qu’entrainer des consĂ©quences dĂ©vastatrices sur le pouvoir d’achat de la population. Le public congolais en a dĂ©jĂ  souffert dans le passĂ©.

    Pour faire face Ă  cette situation, la Banque centrale et le gouvernement doivent travailler de concert pour rĂ©tablir une discipline pouvant permettre la conception et la mise en Ɠuvre d’une politique monĂ©taire et de change saine et crĂ©dible. Une telle discipline implique d’une part la mise en place d’un Etat de droit fonctionnel et le respect des statuts de la Banque, et d’autre part le soutien de la politique Ă©conomique du gouvernement et de la vision du leadership politique du pays ; le respect des principes de l’orthodoxie budgĂ©taire et financiĂšre; une bonne coordination entre les politiques monĂ©taires et budgĂ©taires, l’engagement et le leadership du ministĂšre des finances dans la restructuration du secteur financier, et l’engagement de la Banque centrale Ă  se restructurer elle-mĂȘme pour devenir une institution moderne en hommes, instruments, politiques et infrastructures. Cette discipline exige une volontĂ© politique ferme pour mettre fin Ă  la dollarisation qui fait perdre au Congo et Ă  la Banque centrale les revenus de seigneuriage et de change, et contribue Ă  aggraver le dĂ©ficit de l’autoritĂ© monĂ©taire et du budget de l’Etat. La dollarisation qui avait permis Ă  l’économie congolaise de survivre pendant la pĂ©riode de guerre marquĂ©e par l’instabilitĂ© chronique du cadre macroĂ©conomique et l’hyperinflation, ne se justifie plus aujourd’hui comme systĂšme monĂ©taire dans un pays souverain. La dollarisation ne permet pas Ă  la Banque centrale de jouer son rĂŽle de prĂ©teur de dernier ressort en cas de difficultĂ©s du systĂšme financier, et constitue un signe visible de perte de la souverainetĂ© monĂ©taire par le Congo. La banque centrale et le gouvernement doivent y mettre fin de toute urgence afin de rĂ©tablir la souverainetĂ© monĂ©taire nationale dans l’intĂ©rĂȘt supĂ©rieur du pays et du peuple congolais.

    Les perspectives pour  une monnaie nationale crĂ©dible sont liĂ©es Ă  celle de l’économie congolaise et exigent la poursuite des rĂ©formes multisectorielles, en particulier dans le domaine de l’assainissement des finances publiques, du renforcement de l’intĂ©gration Ă©conomique nationale, de la stabilitĂ© socio-politique, de l’amĂ©lioration de la gouvernance politique et Ă©conomique, de la mise en place d’un environnement incitatif pour le secteur privĂ©, de la construction des infrastructures Ă©conomiques et sociales, de la valorisation des ressources humaines et naturelles et de la relance durable de la production nationale. Je suis conscient du fait qu’on ne peut pas simplement combattre la dollarisation par une baguette magique. Il faut y aller par Ă©tapes, en commençant par changer les conditions qui ont conduit Ă  la perte de confiance dans la monnaie nationale. C’est pour cette raison qu’une stratĂ©gie globale de dĂ©veloppement du secteur financier, de dĂ©veloppement du secteur privĂ© et de relance Ă©conomique est primordiale. C’est pour cela qu’il faut inscrire cet exercice dans le cadre d’un programme intĂ©grĂ© visant Ă  mettre en place au prĂ©alable un vĂ©ritable Etat de droit et RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo.

    Chantal Zock: Un mot de la fin ?

    NOEL K. TSHIANI : Un pays qui ne contrĂŽle pas sa monnaie et son systĂšme financier, ne contrĂŽle pas son Ă©conomie. La monnaie est un levier important de gestion macroĂ©conomique. Une politique monĂ©taire crĂ©dible ne peut ĂȘtre menĂ©e au Congo tant que l’on n’aura pas rĂ©tabli la confiance dans le pays et dans sa gouvernance d’une part, d’autre part dans l’économie nationale et dans le franc congolais pour en faire la seule monnaie ayant court lĂ©gal sur l’étendue de la RĂ©publique conformĂ©ment Ă  la constitution du pays. Si, au sortir de la deuxiĂšme guerre mondiale, les Allemands avaient rĂ©ussi a sortir leur pays de la merde pour se donner une Ă©conomie florissante et une monnaie nationale crĂ©dible, cela est tout a fait aussi possible dans ce mon pays, mais moyennant une certaine façon de faire les choses et de gĂ©rer le pays. A mes compatriotes, je voudrais dire qu’une monnaie nationale crĂ©dible est tout Ă  fait possible en RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo. Mais pour cela, nous devrons situer cette vision dans le cadre des rĂ©formes d’ensemble englobant la politique, l’économie et la monnaie.