Author: Don Kayembe

  • Le Rwanda bloque des sanctions de l’Onu contre le M23

    Le Rwanda bloque des sanctions de l’Onu contre le M23

    Conseil de Sécurité de l'ONU
    Conseil de Sécurité de l’ONU

    -Le Rwanda a bloqué au Conseil de sécurité de l’Onu une initiative de la France et des Etats-Unis en faveur de sanctions contre deux commandants des rebelles du M23, actifs dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-on appris mercredi auprès de plusieurs diplomates.

    Les Etats-Unis et la France ont présenté au Conseil des documents selon lesquels le colonel Vianney Kazarama, porte-parole du M23, et le commandant Erick Mboneza avaient commis des crimes qui les exposent à des sanctions de l’Onu.

    Les documents font aussi référence à un rapport d’experts de l’Onu, qui dit qu’Erick Mboneza et un autre commandant du M23, le colonel Kaina, ont été vu en compagnie d’officiers rwandais entre mars et mai 2013.

    Les experts de l’Onu et les Etats-Unis accusent régulièrement le Rwanda de soutenir le M23, ce que dément catégoriquement Kigali.

    Des pourparlers entre la RDC et le M23, organisés à Kampala, capitale de l’Ouganda, à la suite de la brève occupation de Goma par les rebelles fin 2012, se sont depuis enlisés, provoquant de nouvelles hostilités et des tensions entre Kinshasa et Kigali.

     

    Par REUTERS

  • L’armée (FARDC) et l’ONU à l’offensive au nord de Goma

    L’armée (FARDC) et l’ONU à l’offensive au nord de Goma

    Des soldats de l'armée régulière congolaise. © AFP
    Des soldats de l’armée régulière congolaise. © AFP

    – L’armée congolaise et les casques bleus poursuivaient jeudi leur offensive contre les rebelles du M23 à une quinzaine de kilomètres au nord de Goma, dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), selon des témoins et la rébellion.

    Après une pause nocturne, les tirs d’artillerie ont repris vers 08H00 (06H00 GMT), dans la région de Kibati, ont indiqué des témoins à l’AFP.

    La situation a été “relativement calme sur tous les fronts pendant la nuit […] jusqu?à ce matin vers 7H00”, quand l?infanterie de la coalition des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la brigade d’intervention de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), “appuyée par l?artillerie, a relancé les attaques sur l?axe Kanyaruchinya-Goma”, a indiqué pour sa part le M23 dans un “bulletin militaire”.

    Dans ce document, le M23 accuse les FARDC de combattre au côté des rebelles hutus rwandais du Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR), et affirme que des obus tirés par les FARDC “tombent dans les quartiers populaires de Goma et Gisenyi” au Rwanda.

    Capitale de la province du Nord-Kivu, Goma fait face à la ville de Gisenyi, qui la jouxte de l’autre côté de la frontière rwandaise.

    Après une semaine d’affrontements marquée par quelques accalmies, les troupes loyalistes et de l’ONU sont nettement passées à l’offensive, mercredi, en intensifiant la pression sur le M23.

    Jeudi, les hélicoptères d’attaque de l’ONU sont entrés en action pour le deuxième jour de suite, a indiqué à l’AFP le colonel Prosper Basse, porte-parole militaire de la Monusco.

    L’objectif, a-t-il ajouté, est de “dégager” le M23 des positions qu’il tient sur des collines et “à partir desquelles il tire sur les populations civiles”.

    Du côté rwandais de la frontière, le vice-maire de Gisenyi, Ezechiel Nsengiyumva Buntu, a affirmé à l’AFP qu’une Rwandaise avait été tuée et son enfant grièvement blessé dans la matinée par un obus tiré “volontairement” de RDC.

    Le Rwanda accuse régulièrement l’armée de la RDC de bombarder délibérément le côté rwandais de la frontière, à l’occasion de combats contre les rebelles.

    Le Nord-Kivu est une province extrêmement riche en minerais et l’une des régions les plus densément peuplées de la RDC. L’instabilité y est chronique depuis près de vingt ans, et le M23 (Mouvement du 23 mars) actif depuis mai 2012. Kinshasa et l’ONU accusent le Rwanda et l’Ouganda de soutenir ce groupe de rebelles, qui revendique une meilleure reconnaissance des populations tutsies congolaises, ce que les deux pays ont toujours démenti.

    AFP

  • In English: Intervention Force Brigade (FIB) Drill in Sake, D.R. Congo

    In English: Intervention Force Brigade (FIB) Drill in Sake, D.R. Congo

    Armee_sud_africaine-The newly formed Intervention Force Brigade (FIB) held a drill exercise at their base in the town of Sake, some 25 km west of Goma the capital of North Kivu province.

    First to display their might were South African Special forces assigned to FIB. From section attacks also known as A-coy to platoon attacks or B-coy, as well as mortar and platoon machine guns.

    Two thirds of the Intervention Force Brigade troops have already arrived in Goma, and have been conducting drill exercises like this in preparation for deployment and engagement.

    SOUNDBITE (English) Colonel Abdoul Ndiaye, Military Public Information Officer, MONUSCO:
    “The purpose of this is just to show the people that two thirds of the soldiers who are here are fully operational. And you have to bear in mind that if there is a request to conduct a special task, as a commander, you need to have all your components of this formation to be on the ground to start the operations.”

    The Intervention force comprises of troops from South Africa and Tanzania as well as soldiers from Malawi due in Congo. The troops in Sake have already begun patrolling Goma and the surrounding areas. 

    The remaining one third of the troops from the Malawi Defense Force is expected to arrive in Goma soon to complete the formation to full strength.

    Tanzanian soldiers also exhibited their military tactics, including support section maneuvers, night protection and attacks as well as extractions.

    SOUNDBITE (English) Colonel Abdoul Ndiaye, Military Public Information Officer, MONUSCO:
    “You have seen the soldiers, they have the morale because they are aware of the expectations of the Congolese people they’re aware of the expectations of the international community. They know that there are many expectations on their hands and they’re ready for the challenge.”

    The FIB is a force that comprises different units of well organized soldiers with planning and techniques on how to use assorted weapons. On display was also the use and operation of heavy ground artillery operated by the Tanzanian special force.

    The soldiers have the military capacity to engage and defeat the enemy in battle. 

    SOUNDBITE (English) Colonel Abdoul Ndiaye, Military Public Information Officer, MONUSCO:
    “The people are now in a hurry, they’re impatient, and they would like to see the FIB (Force Intervention Brigade) on the ground carrying out its operations. But it will be done very soon because we’re just waiting for the main part of the Malawians to arrive. And those you saw this morning like the South Africans, Tanzanians and the Malawians are also operational soldiers.”

    The Security Council approved the creation of its first-ever “offensive” combat force, intended to carry out targeted operations to “neutralize and disarm” the notorious 23 March Movement (M23), as well as other Congolese rebels and foreign armed groups in strife-raven eastern Democratic Republic of Congo.

    Acting on the recommendations of Secretary-General Ban Ki-moon and answering the call of Governments in Africa’s Great Lakes region, the Council unanimously adopted resolution 2098 (2013). By that action, it extended until 31 March 2014, the mandate of the United Nations Organization Stabilization Mission in the Democratic Republic of the Congo (MONUSCO) and created, on an exceptional basis,” within the operation’s existing 19,815 strong force.

    The security situation in the eastern part of the Democratic Republic of the Congo remains tense with the recent fighting from M23 and ADF rebels groups that are still active in North Kivu.

  • FARDC est en bonne position », a rassuré Madnodje Mounoubaï, de l’ONU

    FARDC est en bonne position », a rassuré Madnodje Mounoubaï, de l’ONU

    soldats rsa-Un nouvel obus, dont la provenance n’est pas spécifiée, est tombé en plein centre-ville de Goma, côté de l’église CFMCI, dans la matinée du jeudi 29 août 2013, selon une source locale citée par la Voix de l’Amérique.

    « Des combats violents se poursuivent entre les forces loyalistes et les rebelles du M23. Le bilan est très lourd (de tous les côtés), et même un casque bleu de l’Onu a été tué, engagé aux côtés des FARDC au front. A Goma, hier tard dans la soirée, des obus sont tombés dans les quartiers Majengo et Bujovu causant 2 morts et plusieurs blessés », a-t-elle indiqué.

    « Ce matin (jeudi), des tirs se poursuivent au loin de la ville stratégique et des obus indiscriminés chutent dans les quartiers résidentiels où il y a une forte concentration de la population. Les habitants vivent donc la peur au ventre et ne savent à quel sain se vouer », selon la même source.

    C’est depuis jeudi dernier que la capitale de la province du Nord-Kivu est victime d’obus tirés par la rébellion du M23 et ses alliés rwandais.

    « Au total, nous avons essuyé cinq obus. Il y a une partie qui est tombée autour de l’université de Goma, une autre autour de la prison centrale, et d’autres dans des quartiers habités de la ville de Goma. Ce qui a inquiété l’ensemble de la population, alors que tout le monde était en train de suivre les affrontements, à plus de 15 km, entre les FARDC et les éléments du M23 », a expliqué le même jour le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, à RFI.

    « Le bilan actuel et provisoire est de quatre morts et douze blessés enregistrés. Mais, comme les obus sont tombés dans des endroits différents, il est trop tôt pour donner un bilan définitif », a-t-il précisé.

    Samedi 24 août, d’autres obus sont tombés sur la ville de Goma. « Non seulement que la guerre a repris, mais des obus ont été tirés à partir de la colline de Rubavu au Rwanda tuant ainsi sept de nos concitoyens et détruisant quelques immeubles des particuliers. Je condamne avec la dernière énergie ces tueries et surtout ces largages de bombes dans une ville à forte concentration. Ce cas constitue un crime contre l’humanité et un véritable casus belli », s’est indigné le député national Konde Vila-Kikanda, élu de Goma.

    Des rebelles du M23 repoussés près de Goma

    Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), soutenues par la Mission de l’ONU pour la stabilisation de la République démocratique du Congo (Monusco), ont repoussé des rebelles sur les hauteurs de Kibati, à une dizaine de kilomètres au nord de Goma.

    « Un casque bleu a été tué, cinq autres ont été blessés – trois Tanzaniens et deux Sud-Africains – lors de cette opération. Hélicoptères de combat de la Monusco, artillerie de la Brigade internationale d’intervention en appui aux FARDC : c’est désormais cette puissance de feu qui réagit sur le terrain face à la rébellion du M23 et des autres groupes armés de la région », a indiqué la Monusco.

    « En riposte aux attaques du M23, nos hélicoptères ont commencé à tirer sur les positions du M23 à la hauteur de ce qu’on appelle ici les +Collines des Trois Tours+ », a précisé à RFI le porte-parole de la Monusco, Madnodje Mounoubaï.

    Il s’agit là, a-t-il expliqué, d’un soutien à une opération militaire des FARDC qui ont aussi à neutraliser cette position du M23. « Tous les éléments de la Brigade d’intervention qui sont sur place sont engagés dans cette opération, y compris aussi certaines brigades qui étaient déjà en place. Il semblerait que les FARDC soient en bonne position », a rassuré Madnodje Mounoubaï.

  • In English- Anglican Church:Rwanda Preparing for War?

    In English- Anglican Church:Rwanda Preparing for War?

    Paul Kagame traqué par la presse dans son role nocif en RD Congo -According to Jean-Michel Dumont, M23 fired three rounds of artillery into Rwanda this morning, adding to the false flag attacks they have launched in the past. Rwanda acts as both arsonist and fireman in the Democratic Republic of the Congo, and given the recent setbacks that its armed militia, M23, has suffered, it seems like Paul Kagame may be laying down a false pretext that will allow him to openly invade the DRC for a third time in the past 19 years.
    Pikkie Greeff ‏reports on Twitter that: “M23 logistical supply lines from Rwanda being bombarded by Ukrainian helicopter gunships this morning, SA (south African) troops support from ground.”
    Kagame cannot afford to lose the mining wealth he steals from the DRC because it is a large part of what keeps Rwanda’s budget afloat. Furthermore, Rwanda teaches school children and military personnel that the Kivu Provinces of the DRC were once part of Rwanda, with the obvious implication being that they should be part of it again.
    Yesterday, the Rwandan military “invited all able bodied Rwandans aged between 18 and 23 to register for military training.” A young Rwandan who fled to Uganda to escape forcible enlistment in M23 was found by Ugandan police dumped in a cemetery after being tortured. Rwanda’s recriminations extend to foreign nations.
    Meanwhile, Anglicans in America who are connected to Rwanda are predictibly silent about their counterparts in Rwanda. Praying for peace in the DRC is not credible if your nation is the one stirring up war.
  • Un Casque bleu tué près de Goma où l’ONU pilonne les rebelles

    Un Casque bleu tué près de Goma où l’ONU pilonne les rebelles

    MONUC-Helico– Un Casque bleu a été tué et trois autres ont été blessés mercredi dans l’est de la République démocratique du Congo où des hélicoptères et l’artillerie de la force de l’ONU en RDC ont pilonné des positions des rebelles du M23 en soutien aux forces de Kinshasa.

    “L’opération (menée par la Monusco au nord de Goma) est toujours en cours et nous venons d’apprendre qu’un Casque bleu a été tué et trois autres blessés”, a indiqué un porte-parole de l’ONU à New York, Farhan Haq.

    Un peu plus tôt, la Monusco avait annoncé à Kinshasa que ses hélicoptères de combat et son artillerie avaient ouvert le feu aux cotés des forces armées congolaises (FARDC) contre des positions des rebelles au nord de la capitale de la province du Nord-Kivu.

    Selon un communiqué de la Monusco, ses hélicoptères se sont “engagés” sur les collines de Kibati alors que “l’artillerie de la Brigade d’intervention (de la Monusco) et celle des FARDC (les forces gouvernementales congolaises) entraient en action contre les positions du M23”.

    Ces bombardements ont visé une zone située à une quinzaine de km au nord de Goma, où les affrontements intermittents entre l’armée régulière congolaise et le mouvement rebelle formé en mai dernier ont repris il y a une semaine.

    Le M23 “utilisait ces positions pour bombarder des zones peuplées”, a souligné M. Haq à New York.

    Les tirs s’étaient calmés au cours des deux derniers jours mais ils ont repris mercredi matin.

    Selon le porte-parole du l’ONU à New York, les FARDC ont engagé des hélicoptères de combat, des chars d’assaut et des troupes au sol tandis que les forces de la Monusco, “y compris la Brigade d’intervention”, utilisaient ses hélicoptères et son artillerie.

    La Monusco s’est dotée d’une brigade d’intervention qui devrait compter 3.000 hommes à effectifs pleins mais n’est pas encore totalement opérationnelle. Ils doivent renforcer la Monusco et ses 17.000 hommes souvent accusés d’inefficacité.

    Les casques bleus sont déjà intervenus aux cotés des forces congolaises jeudi, après que des obus étaient tombés sur les faubourgs de Goma et près d’une base des Nations unies, puis ce weekend après que de nouveaux bombardements qui ont fait au moins deux morts dans la population.

    Selon un major des FARDC sur la ligne de front et interrogé au téléphone par l’AFP, les pilonnages ont été “très violents” avant de se calmer mercredi en fin d’après-midi.

    Ils pourraient présager une offensive terrestre afin de faire reculer le Mouvement du 23 mars et mettre Goma hors de portée de son artillerie, a expliqué à l’AFP une source militaire occidentale.

    Dans un communiqué, le M23 a dénoncé une “offensive de grande envergure” sur toutes ses positions.

    Selon lui “plusieurs brigades d’infanterie FARDC et FDLR appuyées par des dizaines des chars et d’hélicoptères de combat, les troupes de la Brigade d’Intervention y compris, sont simultanément mis à profit et font face présentement à nos troupes sur l’axe Kanyarucinya-Kibati et à Mutaho”, des localités au nord de Goma.

    “Notre Mouvement, conclut le M23, constate que le choix de la violence fait par le gouvernement de Kinshasa pour le règlement de la crise est une mesure de rupture des négociations de Kampala” ouvertes sous l’égide de l’Ouganda après que le M23 se fut brièvement emparé de Goma en novembre.

    Pas de solution militaire selon l’ONU

    A Kinshasa, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, Martin Kobler, chef de la Monusco, a expliqué que celle-ci “combattait” aux cotés de l’armée régulière contre les groupes armés “qui ont ciblé la ville” et que cette action était destinée à “éliminer les menaces qui viennent des collines”.

    La mort de civils tués par des obus près de Goma le weekend dernier avait entrainé des manifestations contre la Monusco dont le mandat est de protéger la population.

    Deux manifestants ont été tués et les Casques bleus urugayens ont été accusés par des témoins d’avoir tiré sur la foule mais l’Uruguay a démenti, accusant la police congolaise d’être responsable.

    “L’action militaire n’est pas une solution magique”, a toutefois averti M. Kobler, appelant à la poursuite des discussions de Kampala actuellement en panne.

    Le M23 est constitué d’anciens militaires congolais rwandophones qui se sont mutinés et ont trouvé, selon la RDC et les Nations unies, un appui -en hommes et en munitions- auprès des gouvernements ougandais et rwandais. Mais ces deux pays limitrophes nient toute assistance au mouvement rebelle.

    AFP

  • Les Rwandais craignent les retombées de la crise à Goma

    Les Rwandais craignent les retombées de la crise à Goma

    RD Congo Entretien avec Colette Braeckman, de retour du Nord Kivu-TV5MONDE-Scotchée à son ordinateur, parcourant tous les sites où il est question du Rwanda, Antoinette, une jeune étudiante en informatique, soupire : « nous avons trop d’adversaires, la position de la Tanzanie m’inquiète et désormais, même les Etats Unis nous critiquent… »
    Même si, officiellement, la situation dans le Nord Kivu est un « non sujet » aux yeux des officiels rwandais et si la presse ne l’évoque qu’au compte gouttes, il est évident qu’au sein de la population, l’inquiétude grandit, nourrie par des faits concrets : dans un camp proche de Butare, des réfugiés tutsis congolais affluent, des rumeurs et des témoignages font état de recrutement d’opposants hutus au sein de l’armée congolaise (voir notre reportage en page 8) et le week end dernier, en même temps que des obus tombaient sur Goma, les abords de la ville rwandaise de Gisenyi ont été touchés, sans qu’il y ait de victimes.
    Alors que tous les camps en présence se renvoient la responsabilité des tirs qui ont fait neuf morts, des dizaines de blessés et infligé de lourds dégâts matériels à Goma et que tous dénonçent la manipulation et la provocation, un communiqué particulièrement sévère du Département d’Etat a clairement pris position : il dénonce les actions du M23, les attaques contre la force des Nations unies et précise que, « selon des rapports onusiens crédibles, ce serait le M23 lui-même qui aurait tiré en direction du territoire rwandais. » S’inquiétant de la montée des tensions ethniques au Nord Kivu, le communiqué américain met en garde contre toute escalade militaire et surtout il réitère un appel au Rwanda afin qu’il s’abstienne de tout soutien au M23 et respecte l’intégrité territoriale du Congo.
    Venant à la suite des déclarations du secrétaire d’Etat John Kerry et d’une passe d’armes au Conseil de sécurité où le Rwanda a réussi de justesse à bloquer, samedi soir, une résolution très critique, le communiqué du Département d’Etat a aggravé le malaise diffus que l’on ressent à Kigali où l’opinion, peu informée des dessous de la guerre au Congo et d’éventuels débats internes, éprouve un sentiment d’encerclement.
    En effet, il y a des semaines que le ton monte entre les autorités rwandaises et tanzaniennes, depuis que le président Jakaya Kikwete a osé suggérer au président Kagame d’entamer lui aussi des négociations avec ses opposants armés, en l’occurrence les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, toujours considérées comme « génocidaires ». Depuis lors, les Rwandais ne sont pas loin de considérer que leurs voisins tanzaniens soutiennent les groupes armés hutus, la rumeur assure que le président Kikwete aurait épousé une cousine de feu le président Habyarimana et l’expulsion de quelque 2000 Rwandais (et Burundais) se trouvant en séjour illégal en Tanzanie a donné un tour concret aux soupçons et aux tensions diplomatiques…
    Alors qu’il ne s’agissait au départ que d’une simple mutinerie d’officiers tutsis qui refusaient d’être mutés à l’intérieur du Congo et qui exigeaient une amélioration de leurs soldes et de leurs grades, les revendications du M23 sont montées en puissance et sont aujourd’hui d’ordre politique. Mais surtout, la crise s’est internationalisée. Elle divise l’Afrique, où la Tanzanie, l’Afrique du Sud et le Malawi ont envoyé 3000 hommes au Nord Kivu, dans le cadre de la Brigade africaine d’intervention tandis que le Rwanda a resserré ses liens avec le Kenya et l’Ouganda. Alors que la situation dans l’Est du Congo fut longtemps décrite comme une crise oubliée, elle mobilise désormais les grandes puissances : début septembre, trois envoyés spéciaux pour les Grands lacs (l’Américain Feingold, l’Européen (et Belge) Koen Vervaeke et le représentante du secrétaire général de l’ONU, Mary Robinson) feront un voyage conjoint dans la région. Même la Belgique maintient la pression : si Kigali voue Didier Reynders aux gémonies après les fermes propos qu’il a tenus au Congo, le ministre de la Coopération Jean-Pascal Labille est attendu la semaine prochaine…
    Tout se passe comme si cette intense activité diplomatique avait aussi pour objectif de prévenir d’éventuels dérapages, où Goma, cette ville poussiéreuse et surpeuplée, serait devenue l’épicentre de plusieurs conflits, entre Kinshasa et le M23, entre le Rwanda et ses voisins, entre la section politique de l’Onu et le département maintien de la paix et, last but not least, entre les membres du Conseil de sécurité eux mêmes…

    Colette Braeckman

  • Tanzanie: 10.000 Burundais expulsés vers leur pays depuis mi-août

    Tanzanie: 10.000 Burundais expulsés vers leur pays depuis mi-août

    refugies– Environ 10.000 Burundais expulsés de Tanzanie, où ils vivaient depuis plusieurs années, sont arrivés ces deux dernières semaines au Burundi, a annoncé mardi la Croix-Rouge burundaise qui évoque “une situation humanitaire catastrophique”.

    La Tanzanie, terre de refuge de millions de réfugiés ayant fui les conflits à répétition de ces dernières décennies dans l’Est de l’Afrique, a entamé à la mi-août une vaste opération d’expulsion de Burundais, Rwandais et Congolais.

    Les raisons de ces expulsions n’ont pas été précisées, mais elles interviennent au milieu d’une grave crise diplomatique entre les présidents tanzanien Jakaya Kikwete et rwandais Paul Kagame.

    “Depuis la deuxième quinzaine du mois d’août, il y a des expulsions massives de Burundais vivant en Tanzanie et l’on chiffre à ce jour autour de 10.000 (le nombre de ) personnes qui ont déjà subi la mesure et sont arrivées au Burundi”, a déclaré à l’AFP le porte-parole de la Croix-rouge du Burundi, Alexis Manirakiza, précisant que “ces expulsions se poursuivent”.

    Ces arrivées ont été recensées essentiellement dans la province de Rutana (sud-est), frontalière de la Tanzanie, qui a déjà accueilli plus de 7.000 Burundais expulsés, selon cette source. Des chiffres confirmés par des responsables locaux.

    “C’est une situation humanitaire catastrophique, ces Burundais arrivent dans un état de fatigue extrême, dans un état de dénuement total et ont besoin de tout, eau, nourriture et abri”, a expliqué M. Manirakiza.

    Des responsables locaux ont affirmé que les réfugiés arrivaient “les mains totalement vides, séparés de leurs familles ou portant des stigmates de coups reçus de la part des forces de l’ordre de Tanzanie”.

    Le gouvernement burundais a assuré suivre la situation de près. Le président burundais Pierre Nkurunziza s’est envolé discrètement lundi pour Dar es-Saalam, a indiqué à l’AFP son porte-parole Léonidas Hatungimana.

    Le président “est préoccupé par l’expulsion de ces Burundais et les conditions dans lesquelles certaines personnes sont arrivées au Burundi. Il va donc s’enquérir auprès de son homologue tanzanien des raisons profondes” de la situation et “y remédier”, a expliqué M. Hatungimana, évoquant néanmoins une visite privée.

    Lors de la guerre civile au Burundi (1993-2006), la Tanzanie a abrité près d’un million de réfugiés burundais, dont la plupart ont regagné le pays, globalement pacifié. Restent quelque 150.000 Burundais à qui la Tanzanie avait promis la naturalisation et des dizaines de milliers d’autres, considérés comme illégaux par les autorités tanzaniennes.

    Il n’était pas possible de savoir à quelle catégorie appartenaient les réfugiés expulsés ces 15 derniers jours.

    En 2012, quelque 35.000 Burundais du camp de Mtabila, le dernier camp abritant des Burundais en Tanzanie, avaient été expulsés dans le cadre d’un accord négocié avec Bujumbura.

    AFP