Author: Don Kayembe

  • RDC:Création d’une compagnie nationale congolaise : objectif, sortir de la liste noire de l’UE

    RDC:Création d’une compagnie nationale congolaise : objectif, sortir de la liste noire de l’UE

    Avion au decollage-La République démocratique du Congo (RDC) scrute l’horizon des transporteurs internationaux en vue de la création de sa propre compagnie aérienne dans la perspective de sortir de la liste noire établie par l’Union européenne. Des représentants de Brussels Airlines, de Turkish Airlines, de Kenya Airways et d’Ethiopian Airlines ont donc ainsi été rencontrés par les autorités congolaises, et les transporteurs intéressés doivent déposer une proposition avant la fin août. La RDC veut ainsi assainir le secteur de l’aviation civile, qui a longtemps été la cible de critiques diverses au regard de nombreux et récurrents accidents d’avions ayant lieu dans le pays et qui a conduit l’UE à prendre des mesures à son encontre.

    Boureima LANKOANDE- Burkina 24

  • RDC: nouveaux combats au nord de Goma

    RDC: nouveaux combats au nord de Goma

    Militaires au front
    Militaires au front

    – Des affrontements opposaient jeudi matin le mouvement rebelle M23 et l’armée gouvernementale congolaise au nord de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris de sources militaires dans cette ville, capitale de la province du Nord-Kivu.

    Les combats, qui ont débuté mercredi soir, se déroulent à proximité des villages de Mutaho et Kibati, situés à une vingtaine de kilomètres de Goma, selon les mêmes sources.

    Selon un officier des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), les troupes régulières ont été attaquées sur les positions qu’elle occupent depuis mi juillet à environ 20 kilomètres de la capitale régionale. L’officier, qui a préféré garder l’anonymat, n’a donné aucun bilan de ces tirs effectués selon lui “à l’arme lourde”.

    Le major Modeste Bahati, officier de renseignement du M23, interrogé par l’AFP, a confirmé ces combats et a accusé l’armée d’avoir voulu déloger le mouvement rebelle de ses positions autour de Kibati. “Nos forces restent sur leurs positions”, a-t-il dit sans donner non plus de bilan des affrontements.

    Mi-juillet, après environ deux mois de trêve, les combats avaient repris entre l’armée et le M23. Au cours des premiers jours, le gouvernement avait annoncé la mort de 120 rebelles et de 10 soldats. Depuis, les affrontements ont repris épisodiquement sans être suivis de mouvements importants autour de l’axe Kibati-Mutaho.

    Le M23 est actif depuis mai 2012 dans la province riche et instable du Nord-Kivu. Il est essentiellement composé de Tutsi congolais intégrés dans les FARDC à la faveur d’un accord de paix signé en 2009. Ils se sont mutinés en avril 2012, estimant que cet accord n’avait jamais été pleinement respecté.

    Kinshasa et l’ONU ont accusé le Rwanda et l’Ouganda de soutenir le M23, ce que ces deux pays voisins de la RDC ont toujours démenti.

    AFP

  • Courte défection d’un traitre: LE COLONEL BISAMAZA RATTRAPE PAR SES TURPITUDES

    Courte défection d’un traitre: LE COLONEL BISAMAZA RATTRAPE PAR SES TURPITUDES

    soldat tueHuit jours seulement après avoir fait défection des FARDC avec une soixantaine d’hommes, quelques officiers et une cargaison de munitions, cet officier vient d’être tué par les vaillantes forces régulières de la RDC. Un signale fort en direction de la Monusco et qui confirme que si cette mission onusienne n’avait pas fait ralentir les forces régulières, le M23 se conjuguerait aujourd’hui au passé.

     

    La nouvelle n’a pas fini de défrayer la chronique qu’elle se trouve déjà à son épilogue. Il y a seulement huit jours, soit le 12 août dernier, que le Colonel Richard Bisamaza, commandant intérimaire du premier secteur des FARDC à Beni, faisait défection avec une soixante d’éléments ainsi que quelques officiers. Les déserteurs avaient emporté une quantité de munitions estimée importante et comptaient rejoindre le M23 à Rutshuru pour combattre contre les forces régulières.

    En s’enfuyant, Bisamaza se savait déjà dans le collimateur des instances disciplinaires et de l’armée et devaient répondre à une convocation de sa hiérarchie à Kinshasa. Il avait plutôt préféré se retirer à Eringeti, village où est le 807e régiment des FARDC, une unité que le fugitif dirigeait avant qu’il n’assure l’intérim du commandant du premier secteur de l’armée congolaise à Beni, deuxième ville plus importante de la province du Nord-Kivu.

    Mal en a pris à Bisamaza qui n’a pas su évaluer le niveau d’efficacité que les FARDC ont atteint à ce jour. Pas plus tard qu’hier, en effet, le Colonel Bisamaza a péri dans des combats entre les FARDC et sa bande dans le secteur de Bapere au nord-ouest du territoire de Beni. Pour l’heure, le reste de ses hommes font l’objet d’une traque des forces régulières, mais le commandant des opérations dans la région les invite à regagner les rangs de l’armée nationale.

    La mésaventure que vient de connaître Bisamaza devrait donner l’indication de l’organisation qui s’est installée au sein des FARDC pour lui conférer une efficacité à toute épreuve, et ainsi prévenir tous les traitres quant au sort qui peut être le leur en cas d’aventure. Ce n’est donc pas pour rien que les populations du Nord-Kivu et de l’ensemble du pays jusqu’au sein de la diaspora se sont rangées derrière l’armée nationale de laquelle elles attendent l’anéantissement définitive de l’aventure rwandaise en RDC à travers les FARDC.

    Tout le mérite revient au Commandant suprême des FARDC, Joseph Kabila Kabange, dont la détermination à préserver l’intégrité territoriale produit aujourd’hui des fruits reconnus par tous et toutes tendances politiques confondues. Pour la première foi, en effet, une unanimité se dégage quant à la reconnaissance de la montée en puissance des FARDC, une montée qui redonne confiance et fonde les nouveaux espoirs des Congolais quant à un avenir paisible pour le développement de leur pays.

    Cette nouvelle donne devrait interpeller la communauté internationale en général et la Monusco en particulier quant à la nécessité d’éradiquer au plus tôt la menace M23. Tout le monde s’accorde pour dire, en effet, que si la mission onusienne n’avait pas ralenti l’élan des forces régulières, ce mouvement pro-rwandais se conjuguerait aujourd’hui au passé. Les Congolais sont de plus en plus convaincus qu’en définitive, l’instabilité de la RDC est un fonds de commerce pour certaines puissances qui veulent que la mission onusienne s’éternise en RDC pour en tirer de macabres prébendes sur les cadavres des Congolais.

    Pascal Debré Mpoko

  • Kinshasa : les transports en commun se modernisent

    Kinshasa : les transports en commun se modernisent

    BUS-Pour remédier à la pénurie de transports en commun à Kinshasa, la capitale congolaise, le gouvernement congolais fait feu de tout bois : achat de bus, création de lignes, incitations fiscales…

    Kinshasa, c’est près de 10 000 km2 et 10 millions d’habitants. Une ville quatre fois plus grande que le Luxembourg, aussi peuplée que le Bénin… et longtemps dépourvue de moyens de transport publics dignes d’une agglomération moderne. Pour la majorité des Kinois, éparpillés dans les 24 communes qui composent la capitale congolaise, se déplacer relève souvent du cauchemar ou de l’épreuve de gymnastique. « Pour monter à bord d’un taxi-bus, il faut batailler : bousculades, tiraillements, insultes… Certains n’hésitent pas à entrer par la fenêtre, et le chauffeur ne démarre que lorsque les clients sont entassés comme des sardines sur des bancs. Un vrai capharnaüm », raconte Thomas Pemba. Étudiant à l’Institut supérieur de commerce de Kinshasa, il prend chaque matin ces « combis » aux allures vieillottes qui assurent les mouvements quotidiens de la population dans la ville.

    Les fourgonnettes surchargées causent tant d’accidents qu’on les surnomme esprits de mort.

    Jusqu’ici, les différentes initiatives de l’État visant à améliorer les transports en commun kinois ont fait long feu. C’est au tour du gouvernement d’Augustin Matata Ponyo de s’attaquer au dossier. « Trois cents bus ont été commandés, sur fonds propres [plus de 31 millions d’euros]. Deux cents sont déjà arrivés et cinquante ont été mis en circulation le 30 juin, jour du 53e anniversaire de l’indépendance de la RD Congo », détaille Pacifique Kaoze Kitenge, conseiller à la primature. « Dans un premier temps, ils desserviront deux lignes pilotes : la première vers Ngiri-Ngiri (en passant par Kasa-Vubu, Lingwala et la commune de Kinshasa), la seconde vers Kintambo. Des communes proches du centre-ville qui répondent aux conditions optimales de circulation », explique le conseiller. Le projet est mis en œuvre progressivement pour éviter tout échec dû à la précipitation. Le gouvernement tient à réussir son pari. Une équipe de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) se trouve même sur place pour encadrer celles de Transport du Congo (Transco), la société publique qui vient d’être créée.

    Grande pompe

    « Ce n’est pas la première fois que l’État lance une entreprise pour gérer le réseau public de bus, note Daniela Mbeko, une jeune Kinoise. Récemment encore, il y a eu City Train. Où sont passés ces bus reçus en grande pompe ? Ici, le grand problème demeure la gestion des biens publics. Nous attendons de voir Transco à l’œuvre. » Cette tentative sera-t‑elle la bonne ? Le gouvernement Matata y croit et a pris certaines dispositions pour qu’elle produise les résultats escomptés. Une opération de sensibilisation des usagers aux bons comportements a été lancée, des arrêts et des abribus ont été construits et des conducteurs formés. La création d’une autorité de régulation des transports urbains est également à l’étude. Avec la Banque mondiale, le gouvernement congolais réfléchit aussi à la possibilité de mettre des minibus neufs à la disposition d’acteurs privés qui s’engageraient à les acheter au bout de trois ans.

    D’autres mesures sont prises pour inciter les entrepreneurs à participer à l’aventure. Désormais, les bus neufs importés en RD Congo et destinés aux transports en commun sont exonérés de droits de douane. De plus, « les véhicules comptant au moins douze places assises et vieux de moins de sept ans bénéficient d’un allègement fiscal et douanier », explique Pacifique Kaoze Kitenge. Une stratégie qui vise notamment à débarrasser progressivement Kinshasa de ses vieilles fourgonnettes Mercedes 207, surnommées esprits de mort. Souvent mal entretenues, elles causent de nombreux accidents de la circulation, mais restent surchargées de passagers.

    L’État envisage en outre sérieusement la création d’un tramway qui emprunterait deux itinéraires de 25 km chacun. Il desservirait dans un premier temps 12 des 24 communes de Kinshasa. Doté de 50 rames neuves d’une capacité de 350 passagers, il pourrait « transporter jusqu’à 250 000 voyageurs par jour », avance Pacifique Kaoze Kitenge, qui précise que le projet se trouve « en phase de montage financier ». Mais aucune date n’est encore arrêtée pour le lancement des travaux. « En 2009, le gouvernement évoquait déjà la piste d’un tramway à Kinshasa. À l’époque, une société spécialisée belge avait même été approchée, mais rien n’a été fait. Nous espérons que, cette fois-ci, les gouvernants ne se contenteront pas de beaux discours », confie un élu kinois, dubitatif.

    Le gouvernorat suit le mouvement

    Les autorités provinciales viennent de mettre en concession 100 minibus et font la chasse aux véhicules vétustes.

    Les spécialistes sont unanimes. Pour améliorer les conditions de transport en commun dans une ville aussi étendue et peuplée que Kinshasa, il faudrait au moins 2 000 bus modernes. Même le ministre provincial chargé des transports en est bien conscient. « Les quelque 200 ou 300 bus neufs [commandés par les autorités nationales] ne pourront pas résoudre tous les problèmes de transports en commun dans la capitale, reconnaît Godard Motemona, mais c’est déjà un bon début. »

    Arbitraire

    C’est pourquoi, parallèlement aux efforts de l’État, le gouvernorat de Kinshasa a acquis de son côté 100 minibus. « Nous avons concédé leur gestion à nos partenaires chinois pour profiter de leur savoir-faire dans ce domaine », avance le ministre. Et pour débarrasser la capitale congolaise de tous les moyens de locomotion qui « ne répondent pas aux normes », le gouvernement provincial veut désormais imposer « le strict respect de la réglementation ».

    « Plus de place pour l’arbitraire, argue Godard Motemona. Ces engins vont disparaître d’eux-mêmes de la circulation parce qu’il ne leur sera plus possible de rouler à Kinshasa sans avoir satisfait à un contrôle technique obligatoire. » Encore faut-il que les contrôleurs ne cèdent pas, à leur tour, à la corruption. C’est là tout le problème… T.K.

    Jeuneafrique
  • Zimbabwe: Washington lèvera ses sanctions si Mugabe réforme

    Zimbabwe: Washington lèvera ses sanctions si Mugabe réforme

    Grace Mugabe– Les Etats-Unis lèveront leurs sanctions contre le Zimbabwe si le président réélu Robert Mugabe engage un processus de réformes politiques conforme à la volonté de son peuple, a affirmé lundi la diplomatie américaine.

    Réunis dimanche au Malawi, les dirigeants de pays Afrique australe ont appelé les Occidentaux à lever les sanctions contre Harare, après avoir entériné la réélection du président Mugabe.

    “Nous avons dit clairement au gouvernement zimbabwéen et à la région qu’un changement de la politique de sanctions des Etats-Unis n’interviendrait que dans un contexte de réformes pacifiques, transparentes et crédibles qui soient le reflet de la volonté du peuple zimbabwéen”,  a déclaré la porte-parole du département d’Etat Jennifer Psaki.

    Une levée des sanctions est “certainement envisageable, mais notre programme de sanctions ciblées restera en vigueur tant que ces conditions perdurent au Zimbabwe”, a insisté la responsable américaine.

    La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) avait réclamé dimanche “la levée de toutes les formes de sanctions jusqu’ici imposées au Zimbabwe” contre des entreprises ou des individus, à la clôture de son sommet annuel organisé à Lilongwe, capitale du Malawi. “Je crois que le Zimbabwe mérite mieux, les Zimbabwéens ont assez souffert,” a déclaré la nouvelle présidente de la SADC, la dirigeante du Malawi, Joyce Banda.

    L’Union européenne avait suspendu en début d’année la plupart des sanctions imposées en 2002 et qui ne visent plus que dix personnalités dont M. Mugabe, toujours persona non grata, et deux sociétés. Les Etats-Unis avaient imposé en mars 2003 des sanctions contre M. Mugabe et une liste de ses proches.

    A 89 ans, Robert Mugabe est le plus âgé des dirigeants africains et va entamer son septième mandat, pour une durée de cinq ans. Il était arrivé au pouvoir à l’indépendance du Zimbabwe en 1980. Il devrait prêter serment jeudi.

    AFP

  • Guinée: un préfet limogé après des manifs contre le président

    Guinée: un préfet limogé après des manifs contre le président

    Alpha Conde– Le préfet de la région de Kankan, dans l’est de la Guinée, a été limogé à la suite de manifestations de jeunes contre le pouvoir du président Alpha Condé la semaine dernière, ont annoncé lundi soir les médias d’Etat.

    Le préfet, Mohamed Iya Doumbouya, faisait partie des représentants de l’Etat, qui, avec le président Condé, avaient été copieusement hués lors d’une visite du chef de l’Etat dans sa région d’origine, la première depuis son élection en 2010.

    Des centaines de jeunes avaient perturbé la visite du président, reprochant au pouvoir de n’avoir rien fait pour le développement de Kankan, en particulier pour améliorer les services publics de base tels que l’eau et l’électricité.

    Une radio locale, Baté FM, qui avait largement rendu compte des manifestations, a été saccagée dimanche et son directeur, Moussa Diawara, recherché par les forces de sécurité pour “déstabilisation”, a dû s’enfuir au Mali voisin.

    Des salariés de la radio avaient accusé “des loubards et des partisans du régime” d’avoir attaqué et volé du matériel pour l’empêcher la station d’émettre.

    Une partie du matériel volé à Baté FM, dont son émetteur, a cependant été ramené à la radio lundi, a appris l’AFP auprès de ses salariés.
     AFP

  • Un projet de lancement au Bas-Congo d’un bateau hôpital dans les eaux territoriales

    Un projet de lancement au Bas-Congo d’un bateau hôpital dans les eaux territoriales

    Bateau-M. Robin Mac Alpine, directeur de Mercy ships, une organisation américo-britannique, a soumis samedi à Matadi au gouverneur du Bas-Congo, Jacques Mbadu Nsitu, un projet de lancement d’un bateau hôpital dans les eaux territoriales congolaises, pour des soins de santé de proximité de qualité en faveur de la population, a appris l’ACP samedi du gouvernorat de province. Selon la source, Mercy ships, qui intrevient essentiellement dans les problèmes chirurgicaux, entend faire une prospection devant conduire à inventorier les différents malades à soigner durant 10 mois de son accostage, renforcer les capacités du personnel soignant congolais et réhabiliter deux ou trois hôpitaux dans la province. Le navire d’une grande capacité d’accueil comprend cinq blocs opératoires et dispose des chirurgiens spécialistes dans divers domaines sanitaires, a indiqué la source, soulignant que le projet a déjà été expérimenté dans plusieurs pays d’Afrique. Le choix du Bas-Congo dans le lancement de ce bateau hôpital dans les eaux territoriales congolaises, a-t-on fait savoir, se justifie par le fait que cette partie d’Afrique constitue la cible de beaucoup de besoins en termes de santé humaine. Le chef de l’exécutif provincial du Bas-Congo, a ajouté la source, a accordé une attention particulière à la réalisation de ce projet socio-sanitaire, la santé pour tous étant au centre de ses préoccupations.
    (Mediacongo)
  • Dedollarisation de l’économie: la Troïka stratégique approuve la feuille de route qui s’étale jusqu’en octobre 2013

    Dedollarisation de l’économie: la Troïka stratégique approuve la feuille de route qui s’étale jusqu’en octobre 2013

    Dollar- Franc Congolais-Comme promis, le Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Deogratias Mutombo a présenté hier à la Troïka stratégique une feuille de route devant conduire à la dedollarisation de l’économie congolaise. Cette feuille de route est en quelque sorte une matrice qui prévoit un ensemble des mesures qui vont s’étaler de fin août à octobre 2013. Comme chaque lundi de la semaine, celui-ci n’a pas échappé à la règle qui veut que le Gouvernement réunisse ses experts afin d’analyser l’évolution de la dernière situation économique du pays. Tous ces experts se sont retrouvés hier à la Primature aux côtés du Premier ministre Matata Ponyo. Deux points particuliers ont été examinés au cours de cette réunion. Le premier n’est que l’explication de la présence du ministre du Plan. Le deuxième point avait trait à la dedollarisation de l’économie congolaise. En effet, la présence du ministre du Plan se justifie par rapport au recensement de la population. « Le dernier recensement organisé dans notre pays date de juillet 1984. Ça fait quand même pas loin de 30 ans que nous n’avons pas dénombré la population », a indiqué Daniel Mukoko, Vice-premier ministre et ministre du Budget, au sortir de cette réunion, avant d’ajouter qu’aujourd’hui, le Premier ministre a voulu se rendre compte de l’Etat d’exécution de la feuille de route pour l’organisation du prochain recensement de la population. Il sied de souligner que l’échange a permis de fixer un certain nombre de principes en ce qui concerne la mise à disposition du Bureau central qui travaille sur cette activité, des moyens financiers nécessaires pour l’exécution de différentes activités.

    Le deuxième point à l’ordre du jour après trait à la dedollarisation de l’économie congolaise. Ici, Daniel Mukoko a expliqué que la semaine dernière, il a été annoncé que le Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), Deogratias Mutombo devait présenter la feuille de route pour la dedollarisation de l’économie congolaise. « Cette feuille de route a été examinée et approuvée par la Troïka stratégique. Elle prévoit un ensemble de mesures qui vont s’étaler de fin août à octobre de cette année.

    Il s’agit des mesures qui ont pour finalité l’utilisation croissante du Franc congolais dans les transactions courantes en Rd Congo. Le vice-premier ministre a donné l’exemple selon lequel, si vous recevez un transfert d’un de vos parents de l’Europe. Il n’y a pas de raisons par ce qu’il vous a envoyé l’argent.

    Il a libellé ce transfert en dollar et que la messagerie ou le service qui vous donne les encaisses le fasse en dollar ou en euro. « Parce que nous avons une monnaie nationale, il faut que cette monnaie retrouve progressivement toutes les fonctions de toutes les monnaies dans tous les pays du monde », a-t-il indiqué, tout en précisant que c’est un processus comme je vous le dis, les mesures qui ont été approuvées vont s’étaler jusqu’en octobre 2013.

    Bien sûr qu’il y a beaucoup plus à faire. Mais au moins, nous avons là une matrice des mesures simples qui font sens et qui ne devront pas poser problème à ce qu’elles soient appliquées.

    Jean-Marie Nkambua – L’avenir

  • Kash, dessinateur quotidien du désordre congolais

    Kash, dessinateur quotidien du désordre congolais

    KASH– Le dessinateur congolais Kashoun Thembo, dit Kash, décrit chaque jour les événements et les malheurs de la République démocratique du Congo avec un trait et une analyse qui font mouche et n’épargnent personne.

    Chaque fin d’après-midi, il rejoint la rédaction du Potentiel, le journal de Kinshasa le plus lu, au tirage de 3.000 exemplaires. Le lendemain, ses caricatures sont la première chose que les lecteurs regardent. “Ce sont des dessins symboliques”, dit un marchand de journaux.

    La carte du Congo y est généralement présente et menacée par des voisins ou des exploitants miniers. Les Casques bleus sont toujours impeccables, mais rarement efficaces. Parfois les crânes humains jonchent le sol.

    “Je prends l’info et je la reproduis selon mes codes, les journalistes enrichissent, on discute, j’exagère mais je garde la quintessence de l’info”, dit Kash en citant Plantu, dessinateur au quotidien français Le Monde, qui estime qu’un bon croqueur de presse doit avoir “une bonne dose de mauvaise foi”.

    Pas de caricature gentille

    “Une caricature gentille, ça n’existe pas, on ne fait pas de caricature pour faire plaisir aux gens (…) c’est ma manière de participer au débat”, souligne cet homme jovial de 48 ans aux allures juvéniles avec sa casquette et son carton à dessin sous le bras.

    “Quand les gens râlent, mon chef me dit que j’ai tapé dans le mille”, renchérit ce membre de l’association “Cartooning for peace” (Dessins pour la paix, en anglais) montée par les dessinateurs de tous les pays.

    “Quand on me présente à des notables, ces gens-là sont très gentils, mais dès que j’ai le dos tourné, ils disent: méchant garçon”.

    Sur les conseils de ses proches, il a adopté son pseudonyme en 1992, sous le régime de Mobutu, afin de se protéger. Signe que les libertés progressent? Il n’a jamais été menacé.

    Né à Beni, dans le nord-est de la RDC, Kash a suivi les cours de l’école des Beaux-Arts à Kinshasa. Le déclic de sa carrière date de la mort de Bob Marley.

    “C’était en 81 et tout le monde voulait Bob Marley sur son tee-shirt. Je n’arrêtais pas de le dessiner. Mon père en me voyant avec autant d’argent dans les mains croyait que j’étais devenu voleur”, raconte-t-il.

    “Je regardais la télévision avec un crayon à la main (…) j’ai été formé ici sur le tas”, poursuit-il se rappelant que sa première caricature a été celle de Félix Houphouët-Boigny, l’ancien président de Côte d’Ivoire.

    Un professeur des beaux-arts de Kinshasa, qui avait travaillé à Bruxelles dans le studio du du célèbre dessinateur belge Hergé – créateur de Tintin – l’a repéré”, raconte le dessinateur, citant tous ses mentors. André Franquin, père de Gaston Lagaffe, reste son dessinateur préféré.

    Les Nations unies, les grandes puissances et le Rwanda voisins sont ses premières victimes. “Nous, les Congolais sommes les premiers fautifs, mais ils doivent arrêter de nous piller”, affirme Kash.

    Marié depuis 20 ans, il a quatre enfants dont l’aîné passait son baccalauréat cette année. Tous les ans, il va en Europe participer à un ou deux festivals.

    Même s’il vit dans un pays où les coupures d’eau et d’électricité sont fréquentes, malgré la richesse de sous-sol en matières premières, émigrer en Europe ne l’attire pas.

    Il estime ses revenus mensuels à 1.000 USD (750 euros) – bien plus que le salaire minimum de 90 dollars. Mais la vie est chère dans la capitale congolaise. Pour arrondir ses fins de mois, il dessine pour les représentations diplomatiques, qui aiment à offrir aux partants une caricature illustrant leur séjour.

    AFP