Author: Don Kayembe

  • A quoi joue Sassou-Nguesso ?-Congo-Brazza – RD Congo – Rwanda

    A quoi joue Sassou-Nguesso ?-Congo-Brazza – RD Congo – Rwanda

    Kagame et SassouLorsque se produit un malheur dans la maison d’un être cher, et qu’on aurait pu le prévenir, on s’en veut pour longtemps de ne pas l’avoir fait. Le Congo-Brazza et ses chaleureux habitants ont toujours été pour les Congolais de la RDC une seconde patrie, une terre de répit durant les moments difficiles, trop fréquents au Congo de Lumumba. Mais tout ceci risque de devenir du passé en mesure que se renforcent les relations entre Denis Sassou-Nguesso, Président du Congo-Brazza et Paul Kagamé, Président du Rwanda. Pour tous ceux qui ont été témoins de la succession des évènements dans l’Est du Congo au cours des deux dernières décennies, où un havre de paix, le Kivu, a été transformé en gigantesque abattoir, il n’y a rigoureusement rien de rassurant dans le rapprochement entre Brazzaville et Kigali. On est peut-être à la veille d’une nouvelle catastrophe en Afrique centrale, et l’analyse des premiers indices n’est guère rassurante.

    Une ligne aérienne Kigali-Brazzaville

    Un accord de coopération entre Kigali et Brazzaville a été conclu, et un premier vol, un cargo, a décollé de l’aéroport rwandais vers Brazzaville le 06 mai 2013 avec à bord 30 tonnes de marchandises[1]. Selon le ministre rwandais du commerce et de l’industrie, François Kanimba, l’avion transportait essentiellement des produits agricoles comme la viande, le haricot et de petits poissons séchés.

    Il est prévu qu’un appareil effectue chaque semaine un vol avec à bord des produits agricoles comme les farines de manioc et de maïs, le haricot, la viande, les fruits, et les légumes. Une information officielle qui devrait mettre la puce à l’oreille.

    Mobiliser un avion pour transporter 30 tonnes de légumes, de fruits, de farine de manioc,… d’un pays comme le Rwanda qui manque d’espace agricole (419 hab./km²) vers un pays comme le Congo-Brazza disposant de vastes terres inexploitées (13 hab./km²)…

    Par ailleurs, on voit mal une compagnie aérienne rester longtemps rentable en convoyant des légumes vers un pays couvert au 2/3 de forêt équatoriale, et qui en produit déjà presqu’en excès. Et des petits poissons séchés du Rwanda vers un Congo-Brazza qui dispose de 169 km de littoral sur l’Océan Atlantique[2], où il suffit de jeter les filets dans l’eau pour « ramasser » du poisson en abondance.

    On peine à croire qu’une telle information officielle a pu passer sans susciter des interrogations. On comprendrait plutôt que des denrées alimentaires partent du Congo vers un Rwanda surpeuplé et privé de terres agricoles.

    Qui croit toujours que des avions vont amener, chaque semaine, à Brazzaville, trente tonnes de légumes, de farines de manioc et de petits poissons,… ?

    Menace sur les réfugiés hutus

    Une petite communauté des Hutus rwandais est installée au Congo Brazzaville depuis 1997. On leur a demandé de rentrer au Rwanda avant le 30 juin dernier sous peine de perdre leur statut de réfugiés[3]. Les 8.000 Rwandais ont fait la sourde oreille et ont donc, officiellement, perdu leur statut, un choix difficile mais assumé, et il y a lieu d’éprouver de la compréhension à leur égard.

    En effet, ces hommes et ces femmes sont les survivants, voire les rescapés de la Première Guerre du Congo (1996-97)[4]. Nombreux ont quitté le Rwanda à pied pour se réfugier dans l’Est de la République Démocratique du Congo en juillet 1994, après la prise du pouvoir par les rebelles tutsis du FPR, le mouvement de l’actuel Président rwandais Paul Kagamé.

    Devoir de mémoire

    Certains Hutus seraient même originaires du Nord du Rwanda qu’ils ont dû quitter, poussés vers Kigali par les combattants du FPR, Kigali qu’ils vont devoir quitter, à nouveau pour se réfugier dans l’Est du Zaïre, l’actuelle RDC, en 1994. Mais en 1996, l’armée rwandaise envahit l’Est du Congo et bombarde les camps du HCR où étaient massés les réfugiés hutus.

    C’est le début d’un massacre à grande échelle que vont subir les Hutus qui tentent de fuir dans la forêt, à l’Ouest. Ils vont devoir traverser toute la République Démocratique du Congo, à pied, sur une distance quasiment entre Moscou et Paris (plus de 2.710 km). Le rapport du Projet Mapping d’août 2010 doit être lu et relu avec attention dans les familles des survivants hutus du Congo-Brazzaville. Difficile pour ces rescapés des massacres dans les forêts du Congo, de percevoir avec sérénité le rapprochement entre Brazzaville et Kigali.

    Les autorités de Kigali, qui commencent à perdre du prestige sur le plan international, suite à l’affaire du M23, craignent, manifestement, que Brazzaville puisse éventuellement servir de point de concertation des opposants rwandais en exil. Kinshasa est trop infiltré par les agents du régime de Paul Kagamé. En effet, à la suite de négociations secrètes entre Joseph Kabila et Paul Kagamé, de nombreux agents rwandais ont été placés dans les hautes instances des institutions de la RDC. Cela transparait, par exemple, dans l’affaire Bosco Ntaganda, telle qu’elle a été commentée par le général rwandais en exil Patrick Karegeya[5].

    Pour les opposants à Paul Kagamé, la RDC n’est pas un pays sûr. Le Congo-Brazza, en revanche, proche de Paris, aurait pu être un point d’ancrage dans la lutte contre la dictature rwandaise. Nous sommes donc plus proches d’une coopération destinée à démanteler la résistance rwandaise que d’une coopération économique entre le Rwanda de Paul Kagamé et le Congo de Sassou-Nguesso.

    L’affaire de trente tonnes de légumes et de petits poissons rwandais devient dès lors un habillage assez grotesque.

    L’ambassadrice britannique à Brazzaville

    Et dans ce contexte où se mêlent intrigues et fausses apparences, on entend parler un haut diplomate britannique. La nouvelle ambassadrice de la Grande Bretagne à Brazzaville a consacré sa première déclaration à un sujet assez curieux, lorsqu’on se situe du côté du Congo-Brazza. En effet, le 07 août dernier, Madame Diane Corner a déclaré que son pays va travailler avec le Président Sassou-Nguesso « dans la recherche des solutions pour la stabilité et la paix durable dans la région des Grands Lacs »[6]. On s’attend à ce qu’un diplomate étranger à Brazzaville parle de la Centrafrique, du Gabon, ou de tout autre pays avec lequel le Président congolais a des affinités « naturelles » du fait de la proximité culturelle des peuples du Golfe de Guinée. Le Congo-Brazzaville n’a pas d’expertise dans les conflits de la Région des Grands-Lacs.

    Si les Britanniques parviennent à convaincre Denis Sassou-Nguesso de s’impliquer dans la crise de la région des Grands-Lacs, il faut s’attendre à ce que le Président congolais devienne essentiellement un simple « pion » des Anglo-Saxons qui lui dicteront ce qu’il aura à faire, parce qu’il ne maitrise pas le sujet.

    Sachant que ce sont les Britanniques et les Américains qui parrainent Paul Kagamé dans sa sanglante campagne visant à détruire la Patrie de Lumumba, depuis près de deux décennies, Denis Sassou-Nguesso deviendrait un des leurs. Il s’afficherait officiellement comme un médiateur de bonne foi, mais, officieusement, il jouerait, malgré lui, le jeu de Londres et Washington à l’origine de l’interminable tragédie de l’Est du Congo : plus de six millions de morts[7].

    Les Congolais du Congo-Brazza ont une histoire millénaire de fraternité sans tâche avec leurs cousins de l’autre rive du fleuve Congo. Ils devraient rappeler à leur Président qu’il est au point de mettre le doigt dans un engrenage qui risque de broyer son peuple comme les Congolais du Kivu sont aujourd’hui en train d’être broyés.

    Gouverner, c’est prévoir, et pour prévoir, il faut savoir méditer les expériences du passé, surtout les plus douloureuses.

    Boniface MUSAVULI– agoravox

  • Tshisekedi à Brazza, Sassou démine le terrain

    Tshisekedi à Brazza, Sassou démine le terrain

    etienne-C’est aujourd’hui samedi que le président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Etienne Tshisekedi wa Mulumba, traverse le fleuve Congo pour répondre à l’invitation du président Denis Sassou Nguesso. La rencontre est cruciale. Dans les milieux politiques, on espère qu’elle permettra de libérer le navire de concertations nationales qui prend l’eau de toutes parts, bien avant qu’il ne prenne le large. Médiateur attitré, Sassou tente  de déminer le terrain en vue de relancer la machine grippée du dialogue entre la classe politique congolaise.

    Le président du Congo/Brazzaville réconforte, chaque jour qui passe, sa position de principal médiateur de la crise congolaise. Sollicité par les autorités de la République démocratique du Congo, Denis Sassou Nguesso, se montre disponible concernant la tâche, pas facile, de réconcilier ses frères d’en face.

    Le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, a été le premier à inaugurer le ballet diplomatique de l’autre côté du fleuve Congo. Il a été vite relayé par le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya. Les membres du présidium des concertations nationales, Léon Kengo et Aubin Minaku – sans doute mandatés par le président de la République – leur ont emboité le pas.

    Il ne manquait plus à l’appel que le président de l’UDPS. Sauf changement de dernière minute, c’est ce samedi qu’Etienne Tshisekedi effectue la traversée du Pool Malebo. Naturellement, à l’invitation de Denis Sassou. Sur le plan protocolaire, indiquent des sources concordantes, tout serait réglé comme une horloge. Le séjour du sphinx de Limete à Brazzaville serait de 48 heures. Temps suffisant pour un échange fructueux entre les deux personnalités.

    Tshisekedi à Brazzaville,  l’événement vaut toute sa portée politique en ce moment même où la RDC négocie difficilement le virage qui mène aux concertations nationales.  Sur le plan national, les différentes parties impliquées dans ce forum, notamment la Majorité, l’Opposition (parlementaire et extraparlementaire) et la Société civile, ont engagé des pourparlers directs avec le présidium pour baliser la voie.

    Depuis le jeudi 15 août 2013, le présidium des concertations a initié des consultations internes avec des groupes de contact représentant les trois composantes à ce forum. Une démarche qui précède la constitution du comité préparatoire aux concertations.

    Le démineur

    Le ballotage est tel qu’à ce jour, il est difficile de fixer une date d’ouverture de ces concertations. Puisque le forum national bat de l’aile, le président Denis Sassou Nguesso est rentré dans la danse pour en assurer l’équilibre, peu importe la casquette qui lui irait le mieux : médiateur, facilitateur ou accompagnateur.

    Sa tâche n’est pas facile du tout, mais il a l’obligation de dénouer les amarres qui bloquent le navire « concertations nationales » au rivage. Le défi que Denis Sassou Nguesso doit relever consiste – tout le monde l’espère – à faire fléchir Etienne Tshisekedi en obtenant son implication dans ce forum de tous les enjeux. D’autant qu’aux termes de l’Ordonnance présidentielle l’organisant, il s’agit d’obtenir la cohésion nationale face à l’agression du pays.

    Dans la lettre d’invitation qu’il a adressée à Etienne Tshisekedi, le président du Congo/Brazzaville dit saisir «l’opportunité » que lui offre la rencontre avec Tshisekedi pour échanger « sur quelques sujets d’intérêt partagé ». Quels sont donc ces sujets d’intérêt partagé ? Il n’est pas exclu que les concertations nationales en fassent partie.

    Que Tshisekedi fasse le déplacement de Brazzaville avec son épouse, il y a aussi raison à spéculer. Denis Sassou Nguesso envisagerait-il de s’appuyer sur celle que les combattants de l’UDPS appellent affectueusement « Mama Marthe », l’épouse de Tshisekedi pour garantir le succès de sa démarche ? Ce n’est pas exclu.

    Pour l’instant, tous les regards sont fixés sur Brazzaville d’où pourrait partir un déclic qui ferait sauter le goulot d’étranglement, non seulement des concertations nationales mais aussi du dénouement de la crise politique persistante. Meurtri par tant d’années de souffrance, le peuple congolais en serait le grand bénéficiaire.

    La classe politique congolaise et tous les acteurs impliqués dans ce forum national devraient intégrer cette donne dans leurs calculs. Chacun devrait mettre un peu d’eau dans son vin pour faire avancer la machine. Il s’agit avant tout de sauver le pays, dont la survie dépend aujourd’hui de la cohésion nationale qui découlera des travaux des concertations nationales.

    le potemtiel

  • Le pape François déplace des montagnes

    Le pape François déplace des montagnes

    Pape Francis-Refusant de s’installer dans ses luxueux appartements de fonction, prêchant la tolérance vis-à-vis des homosexuels, le nouveau pape, François, bouscule les habitudes. Sur la forme comme sur le fond : il cherche à réformer le Vatican.

    “L’Église ne doit pas avoir peur de changer ses vieilles structures”, affirmait le pape François dans l’une de ses homélies, le mois dernier. Le résumé, en une phrase, de la ligne directrice qu’il entend donner à son pontificat – au sens matériel, dans le fonctionnement de la curie, comme au sens spirituel. Arrivé sur le trône de Pierre en mars, le nouveau souverain pontife a entrepris, au terme de plusieurs mois de réflexion, de grandes réformes.

    Gouverner pour l’exemple

    Celle de la curie romaine était attendue, après le scandale Vatileaks (la fuite, en mai 2012, de documents révélant l’existence d’un large réseau de corruption au Vatican). Favorable à la collégialité, François a chargé une commission consultative de huit cardinaux de réfléchir sur ce sujet. Point important : aucun de ses membres (parmi lesquels figure un Africain, le Congolais Laurent Monsengwo Pasinya) n’est issu de la curie. Leur réunion à Rome avec le souverain pontife, qui se tiendra du 1er au 3 octobre prochain, marquera certainement une nouvelle étape. “Il prépare la réforme de la curie romaine avec détermination, en consultant beaucoup, souligne le père Éric Jacquinet, responsable de la section jeunes du Conseil pontifical pour les laïcs, à Rome, et coorganisateur des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Son entourage est marqué par sa capacité de travail et par sa grande écoute. Il veut gouverner par l’exemple.” Et avec une main de fer dans un gant de velours, selon bon nombre de vaticanistes.

    En s’appuyant sur le texte de “Constitution dogmatique de l’Église” Lumen Gentium, issu du concile Vatican II, le pape prône aussi, de manière plus insistante que tous ses prédécesseurs, la décentralisation des structures de l’Église. Lui qui aime à se présenter d’abord comme l’évêque de Rome, plutôt que comme le pasteur suprême de l’Église catholique, souhaite que les différents épiscopats du monde participent davantage aux prises de décision.

    La pauvreté comme mode de vie

    Fortement imprégné de la spiritualité franciscaine, le premier pape jésuite de l’Histoire incite fidèles, prêtres, évêques et cardinaux, sans distinction, à vivre en cohérence avec le message de l’Évangile, dans la pauvreté et l’humilité. Avec lui, les deniers de l’Église semblent entre de bonnes mains. Lorsqu’il est arrivé au début des années 1990 à Córdoba, en Argentine, les finances de la communauté jésuite locale étaient dans un piteux état. Lorsqu’il en est reparti, moins de deux ans plus tard, celle-ci n’avait plus un peso de dette.

    Estimant que le clergé doit montrer l’exemple, François ne le ménage pas. “J’ai mal quand je vois un prêtre dans une belle voiture”, avait-il ainsi lancé lors d’une réunion, à Rome, avec les nonces apostoliques du monde entier. Lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio avait l’habitude de raccommoder lui-même ses vêtements et de se faire la cuisine. Sa nouvelle charge à la tête de l’Église lui a conféré des privilèges qu’il est difficile de rejeter. Il a cependant choisi de ne pas occuper les appartements pontificaux et de rester à la résidence Sainte-Marthe, l’hôtellerie du Vatican, pour, a-t-il expliqué, ne pas vivre isolé.

    En venant aux JMJ à Rio de Janeiro, fin juillet, il déclarait : “Je n’ai ni or ni argent, mais je vous apporte ce qui m’a été donné de plus précieux : Jésus Christ.” À peine élu pape, il a d’ailleurs troqué l’anneau en or que portaient ses prédécesseurs contre de l’argent doré. Même chose pour ses mocassins, noirs et non rouges. Enfin, au Brésil, François portait lui-même une mallette noire dont il a détaillé le contenu aux journalistes : son agenda, un livre de sainte Thérèse, un rasoir. Pour lui, il est “normal” de voyager avec sa valise, même pour un pape.

    Qualifiant l’Église de “pauvre parmi les pauvres”, le souverain pontife souhaite plus de transparence et de respect des lois au Vatican, pour rompre avec les scandales financiers qui ont entaché la réputation de l’Institut pour les oeuvres de religion (IOR, la banque vaticane), dont il a obtenu la démission du directeur général, Paolo Cipriani, et du directeur général adjoint, Massimo Tulli. L’arrestation, le 28 juin, de Nunzio Scarano, l’ex-chef de la comptabilité de l’Administration du patrimoine du siège apostolique (Apsa, l’agence qui gère le patrimoine du Vatican), soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire pour des virements suspects en provenance de Monaco à travers l’IOR, a défrayé la chronique. Deux jours plus tôt, le pape avait créé une commission spéciale d’enquête pour s’assurer que les activités de la banque, très présente dans le domaine caritatif, soient en harmonie avec la mission de l’Église. “Je ne sais pas ce que va devenir l’IOR. Certains disent qu’il faudrait peut-être que ce soit une banque, d’autres que ce soit un fonds d’aide, et d’autres veulent le fermer. J’ai confiance dans le travail […] de la commission”, a-t-il déclaré à la presse.

    Un charisme adapté à la jeunesse

    Tout en insistant sur le fait que “si certains font scandale, il y a aussi beaucoup de saints à la curie”, le pape a renforcé les sanctions contre la pédophilie, la corruption et le blanchiment d’argent, dans un motu proprio du 11 juillet, poursuivant ainsi la réforme du code pénal initiée par Benoît XVI et mettant en adéquation les lois du Saint-Siège avec les conventions internationales.

    Âgé de 76 ans, François est un pape imprévisible, tant en matière de protocole – qu’il n’affectionne guère – que dans ses discours, qu’il s’entête à prononcer sans les corrections de la secrétairerie d’État (le “gouvernement” du Vatican). Sans céder au sensationnalisme, il apparaît spontané, simple et chaleureux, comme au cours des JMJ, qui ont réuni jusqu’à 3,7 millions de jeunes à Rio de Janeiro. “Lors de ces JMJ, le nouveau pape s’est dévoilé. Sa proximité avec les gens a touché le coeur des jeunes, explique le père Jacquinet. Son discours est tout aussi profond que celui de Benoît XVI, mais plus simple. Son charisme est très adapté à la jeunesse.”

    La tolérance, pour les gays comme pour les enfants nés hors-mariage

    Durant le vol de retour, François est venu parler avec les journalistes dans l’avion, de façon imprévue. Il a répondu à toutes les questions, du rôle des femmes dans l’Église à la situation des divorcés remariés. Une rupture avec les habitudes de Benoît XVI, qui préférait préparer ses réponses à l’avance. “Si une personne est gay et qu’elle cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? Le catéchisme de l’Église catholique dit très bien qu’on ne doit pas marginaliser les homosexuels. Ils sont nos frères. Le problème n’est pas d’avoir cette tendance, c’est de faire du lobbying”, a-t-il lancé au cours de cet échange.

    Une prise de position qui a suscité de nombreux commentaires dans la presse, poussant Mgr Timothy Dolan, archevêque de New York, à tempérer : “Le pape François serait le premier à dire : “Ma mission n’est pas de changer l’enseignement de l’Église, mais de le présenter le plus clairement possible.”” À l’inverse de ce que beaucoup annonçaient, François n’entend donc pas modifier la doctrine, seulement l’aménager sur la forme. Soucieux d’offrir l’image d’une Église qui ne soit plus enfermée dans des codes rigides, il prône l’accueil des personnes dans leur diversité. Lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires, il reprochait ainsi aux prêtres refusant le baptême aux enfants nés hors mariage de laisser les plus fragiles aux portes des églises.

    À l’instar de ses prédécesseurs – il ne manque d’ailleurs jamais d’évoquer Jean-Paul II et Benoît XVI et de s’appuyer sur leurs écrits -, François dénonce aussi la pensée économique capitaliste, qui favorise l’exclusion et met à l’écart ceux qui ne sont plus utiles à la société, les personnes âgées, les handicapés, les plus faibles.

    Celui que l’on surnomme le pape des pauvres ne perd donc pas une minute depuis son élection sur le trône de Pierre, afin de marquer son empreinte. Au Brésil, il a déjà laissé une trace bien visible de son passage : sur l’immense terrain qui, rendu impraticable par la pluie, n’a pas pu accueillir les jeunes des JMJ pour la veillée de prière et la messe d’envoi, des logements seront construits par la municipalité de Rio de Janeiro pour 20 000 pauvres, à l’initiative de l’Église.

    Une main tendue aux musulmans

    À peine rentré du Brésil, renonçant aux traditionnelles vacances papales à Castel Gandolfo, François a adressé le 2 août un message personnel “aux musulmans partout dans le monde”, à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan. Les appelant “chers amis”, il les invite à réfléchir à “la promotion du respect mutuel à travers l’éducation” et exhorte les deux religions monothéistes à “éviter la critique injustifiée ou diffamatoire” de l’autre. Le pape a également appelé à ne pas traiter les chrétiens en citoyens de seconde zone et à ne pas les expulser de leur terre d’origine, notamment au Moyen-Orient. D’ordinaire, c’est le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux qui adresse ce message annuel. Cette fois, François a tenu à imiter Jean-Paul II, qui l’avait fait en personne en 1991. Le 8 juillet, il avait déjà salué les musulmans qui entamaient le ramadan, lors de sa venue sur la petite île italienne de Lampedusa, au large des côtes tunisiennes, afin de rencontrer des migrants venus d’Afrique. Honorant la mémoire de ceux qui avaient perdu la vie en Méditerranée, il avait reproché au monde occidental son “indifférence” face à leur sort. “Nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle”, avait-il déploré. “Que Lampedusa soit un phare pour le monde entier et que nous ayons le courage d’accueillir ceux qui cherchent une vie meilleure.” En avril, lors de la messe du Jeudi saint, le pape avait lavé les pieds de douze détenus, dont une jeune Serbe musulmane.

    Par Marie Villacèque, à Rio de Janeiro

  • RDC : le ministre belge Didier Reynders opposé à la réintégration des rebelles du M23 dans l’armée

    RDC : le ministre belge Didier Reynders opposé à la réintégration des rebelles du M23 dans l’armée

    Reynders-Tshibanda-Pour Didier Reynders, le gouvernement congolais a fait le “maximum” dans les pourparlers de sortie de crise avec le Mouvement du 23-Mars (M23), rébellion active dans l’est du pays. En visite en RDC, le ministre belge des Affaires étrangères a estimé, le 14 août, que les rebelles du M23 ne devraient plus être réintégrés dans l’armée congolaise.

    “Je crois qu’en matière d’impunité et de réintégration il y a des limites, une ligne rouge à ne pas franchir. J’ai le sentiment – après on peut toujours discuter à la marge – mais j’ai le sentiment que le maximum a été fait” par le gouvernement congolais, a déclaré, le 13 août, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, lors d’un point-presse, au dernier jour de sa visite en RDC.

    À force d’incorporer des indisciplinés on incorpore l’indiscipline.

    Des pourparlers entre Kinshasa et le Mouvement du 23-Mars (M23) se sont ouverts début décembre à Kampala, capitale de l’Ouganda. “Je pense que l’autorité congolaise est allée au-delà de ce qui est possible. (. . .) On ne peut pas demander aux Congolais, et moi je souhaite d’ailleurs qu’ils ne le fassent pas, de réintégrer dans l’armée et sur place des gens qui se sont rebellés une fois, deux fois, trois fois”, a-t-il ajouté. “À force d’incorporer des indisciplinés on incorpore l’indiscipline”, a-t-il insisté.

    >> Lire aussi : RDC – Bertrand Bisimwa, chef politique du M23 : “Nous attendons un projet d’accord de Kinshasa”

    Didier Reynders est aussi revenu sur l’accord-cadre du 24 février, signé par onze pays africains, dont le Rwanda et l’Ouganda. “Il faut que tous les pays, les 11, participent de manière positive à la mise en œuvre des accords d’Addis, et donc c’est clair qu’on a besoin de voir – en Ouganda, au Rwanda – une volonté de participer à la solution, et ne pas être accusés de participer au problème”, a-t-il martelé.

    “Il faut donner du temps au temps (. . . ) mais les attentes sont très, très élevées dans la population et à un moment donné, ça va être une perte de crédibilité totale pour la communauté internationale si rien ne change” après l’accord-cadre et l’envoi d’une brigade d’intervention de l’ONU, a-t-il prédit.

    Didier Reynders a également évoqué ces questions sécuritaires avec le président congolais Joseph Kabila, puis avec le Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Lundi, ce sujet avait été abordé avec le chef de la diplomatie congolaise Raymond Tshibanda.

    Après un séjour de trois jours, le ministre a quitté la RDC, ancienne colonie belge, via Lubumbashi, deuxième ville du pays et capitale de la province du Katanga. Il s’envolera ensuite pour Nairobi et Le Caire pour la suite de son périple africain.

    (Avec AFP)

  • Didier reynders lance le chantier de la nouvelle ambassade à Kinshasa

    Didier reynders lance le chantier de la nouvelle ambassade à Kinshasa

    Didier Reynders à son arrivée à Kinshasa / photo Belga
    Didier Reynders à son arrivée à Kinshasa / photo Belga

    -Ni pierre, ni brique, ni le moindre clou, plus rien n’atteste des six villas qui s’étendaient sur 1, 8 hectares au cœur du quartier résidentiel de la Gombe et qui appartenaient pour moitié à la curatelle de la Sabena et pour moitié à son héritière Brussels Airlines. Seules de profondes excavations, bordées d’arbres centenaires rappellent les vastes piscines d’antan. C’est sur un terrain nu, ameubli, que Didier Reynders a planté profondément une jeune pousse de «wenge » cet arbre emblématique de la forêt congolaise. Il a ainsi donné le coup d’envoi aux travaux qui, en 2015, devraient donner à la Belgique une ambassade digne de ce nom, remplaçant enfin le bâtiment vétuste ceint de hauts grillages situé en face des Galeries présidentielles et où rien n’a été modifié depuis les années 60.
    Pour le ministre des Affaires étrangères, le lancement de ce projet de prestige représente un pari sur l’avenir, sur le développement du Congo, sur la contribution que ce pays peut apporter au développement de toute la région. La mise en chantier de cette nouvelle chancellerie doit en effet beaucoup à Didier Reynders : il y a des années que Me Van Buggenhout, le curateur de la Sabena, avait attiré l’attention de l’Etat belge sur le caractère exceptionnel de ce patrimoine immobilier, situé au cœur de la ville, aussi visible que d’accès aisé et très convoité par les innombrables promoteurs qui s’arrachent désormais la moindre parcelle disponible. Il fallut que Reynders entre en fonctions pour que les autorités belges, titillées peut-être par l’exemple de la nouvelle ambassade de France, un ancien bâtiment magnifiquement rénové, se décident à prévoir un budget de 10,5 millions d’euros pour donner à la Belgique une représentation diplomatique à la hauteur du prestige qu’ elle conserve au sein de la population.
    La cérémonie fut d’ailleurs hautement symbolique : où donc, ailleurs qu’à Kinshasa, pourrait on entendre une chorale vêtue de rouge, jaune et noir entonner une Brabançonne chantée dans une alternance de français et de néerlandais, où donc les plus hautes autorités du pays, le Premier Ministre, le Ministre des Affaires étrangères, plusieurs membres du gouvernement, le commandant en chef de l’armée, tiendraient ils à être présents et à se féliciter de cette volonté de présence de l’ancienne métropole ?
    Sur le plan pratique, un couac de dernière minute a empêché la pose de la première pierre. Le 31 juillet dernier en effet, un avis du Conseil d’Etat a brisé la procédure négociée qui avait été retenue et imposé l’ouverture d’un appel d’offres international, à la suite d’ une plainte qui avait été déposée par la société Besix, mécontente d’avoir été écartée du projet. Les entreprises intéressées auront donc deux mois supplémentaires pour présenter leur candidature à un jury présidé par l’ancien ambassadeur de Belgique à Kinshasa, Dominique Struye mais elles devront répondre à certaines exigences spécifiques, dans le domaine de la sécurité notamment, surtout en ces temps de « grandes oreilles » et d’écoutes téléphoniques….
    Le drapeau belge ne flottera pas seul sur le Boulevard du 30 juin : la nouvelle chancellerie sera aussi celle du Benelux, car les intérêts du Luxembourg y seront représentés et les Pays Bas partageront les locaux avec leurs voisins du Sud.
    Le Centre Wallonie Bruxelles avait été invité, lui aussi, à installer dans la vaste parcelle « fédérale » son centre de spectacles sinon ses bureaux, mais -autonomie et régionalisation obligent- la proposition a été déclinée.
    La construction de la nouvelle chancellerie contribuera aussi au renouveau d’une artère majestueuse désormais sillonnée par des autobus flambant neufs qui marquent déjà un arrêt devant le futur chantier…

  • Traque du M23, Reynders contre Robinson

    Traque du M23, Reynders contre Robinson

    Didier-Le Vice Premier Ministre belge est contre le coup de frein et l’ordre de rétropédalage venu de New York, émanant de Mary Robinson soutenue par le Secrétaire général des Nations unies, Ban ki-Moon, selon la journaliste belge Collette Braeckman. L’homme d’Etat belge en charge des Affaire étrangères actuellement en séjour en RD-Congo est contre la prime à la Kalachnikov. A en croire ses propos, il n’est pas du tout question d’intégrer les tueurs et les indisciplinés dans les rangs de l’armée régulière. «On doit promouvoir les négociations avec les rebelles dans la mesure où ils acceptent de déposer les armes. Il appartient aux responsables di, M23 de voir ce qui est la table. La MONUSCO a un rôle offensif. Elle doit aujourd’hui lutter contre les violences en passant essentiellement à des opérations plus offensives», affirme le VPM belge depuis la cité d’Inga au Bas-Congo. Une déclaration beaucoup plus tranchante que les tergiversations de Mary Robinson, plutôt favorable à une solution politique avec le M23. Décidément, la Belgique parie sur l’avenir de la RD-Congo. Deux signes indéniables l’attestent : en visite officielle dans l’ancienne colonie belge, Didier Reynders, le Vice-premier ministre belge des Affaires étrangères a coup sur coup donné le coup d’envoi des travaux de construction de la nouvelle ambassade du Royaume de Belgique à Kinshasa, où seront également représentés le intérêts du Luxemburg via la chancellerie des Pays Bas, puis, il a rappelé à l’ordre la MONUSCO dans le dossier de la traque des rebelles du M23. Aussi, la Belgique tient au développement et à la pacification de la RD-Congo. Depuis le site d’Inga, où il s’est rendu le mardi 13 août 2013, en visite de travail, Reynders a fait une déclaration qui tranche avec nette l’approche de Mary Robinson, l’envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations unies dans les Grands Lacs, sur la gestion du dossier M23 et le nouveau mandat de la MONUSCO.

    L’homme d’Etat belge n’y est pas allé par le dos de la cuillère. Depuis Inga dans le Bas-Congo où il a effectué une visite éclair hier mardi, le patron de la diplomatie belge a fustigé l’inaction de la MONUSCO fasse aux différentes menaces et assauts du M23 sur la ville de Goma et ses environs. Inacceptable, le comportement de MONUSCO dont le mandat a été déjà transformé par une résolution votée à l’unanimité au Conseil de sécurité des Nations unies. Il promet de débattre du sujet avec le patron de la mission des Nations unies en RD-Congo dès son retour à Kinshasa. Le face à face entre l’homme d’Etat belge et Martin Kobler, le nouveau patron de la MON USCO est inévitable. Reynders veut des explications sur le comportement assez complice de la MONUSCO dans ce qui se passe à l’Est de la RD-Congo. Selon lui, New York a déjà fait son boulot. Il a doté la mission onusienne d’une résolution qui lui donne mandat de désarmer toutes les forces négatives qui écument l’Est de la RD-Congo en vue de préserver la vi des populations civiles et favoriser un climat de paix et de sécurité. Mais sur le terrain, que des contradictions et des hésitations ! Après avoir lancé un ultimatum de 72 heures à tous les groupes armés opérant au Nord-Kivu, la MONUSCO traine le pied jusqu’aujourd’hui pour appliquer les sanctions prévues dans son communiqué diffusé à cet effet. Une situation qui frise la trahison ! Il y a cependant une actrice bien identifiée qui serait à la base de cette ambiguïté : Mary Robinson, l’envoyée spéciale du Secrétaire général d Nations unies dans la région des Grands Lacs.

    Elle s’affiche clairement pro-négociations politiques avec le mouvement rebelle pro-rwandais du M23. Ce qui entrave l’objet même du nouveau mandat assigné à la MONUSCO dans la résolution 2096. «Les Nations unies poursuivent un seul objectif la paix durable. Entant qu‘envoyée spéciale du Secrétaire général, je n‘ai aucun agenda personnel que celui d’aider ce pays de la région à trouver la paix pour que les populations et le pays puissent aller de l‘avant», tentait de justifier Mary Robinson, au cours d’une interview accordée la semaine dernière à radio Okapi. Ça parait tout de même curieux! Robinson dit à la fois vouloir promouvoir un climat de paix et de sécurité pour des populations civiles mais tout en s’interposant à la démarche de la mission onusienne de mettre hors état de nuire tout individu armé qui menacerait la sécurité des populations civiles. C’est une grave confusion. Ou tout simplement, l’envoyée spéciale de Ban Ki-Moon qui a élu domicile à Kinshasa et qui ne cesse de multiplier les pressions sur le gouvernement RD-Congolais a un agenda personnel, mieux un autre plan qui ne fait que renforcer le doute sur sa crédibilité.

    Henry MBUYI
    Africa News

  • la polémique continue à propos de la gestion de la fibre optique

    la polémique continue à propos de la gestion de la fibre optique

    Fible1– Depuis la fin des travaux d’installation de la fibre optique en République démocratique du Congo, la gestion de l’infrastructure de télécommunications a été confiée à la Société Commerciale des Postes et Télécommunications (SCPT). Mais d’après M. Ekunda, le président de la délégation syndicale nationale de la société, plusieurs contestations se sont faites entendre dans les milieux politique et celui des affaires. Elles portent sur des doutes quant aux capacités managériales de la SCPT nécessaires pour offrir un service de qualité aux divers usagers. Pour M. Ekunda, le gouvernement n’aide pas assez la SCPT à qui il a confié la gestion et l’exploitation de la fibre optique. Selon lui, on ne l’a pas beaucoup vu lors des nombreuses tentatives des « ennemis » de la SCPT pour lui arracher la gestion de la fibre optique. N’eut été la confiance renouvelée du chef de l’Etat. Actuellement, la SCPT procède à la vente des capacités aux opérateurs télécom privés avant de procéder elle-même à son exploitation. Les négociations sont en cours. Rejetant les dires de malfaçons lors de l’installation du câble, la société pense que pour éviter tout problème sur la fibre optique, il faudra plutôt sensibiliser les populations sur la nécessité de ne pas la vandaliser.
    (Agence Ecofin)
  • la nécessité d’appliquer l’accord-cadre s’impose

    la nécessité d’appliquer l’accord-cadre s’impose

    didier_reynders- Tshibanda-Afin d’arriver à une situation d’apaisement en RD Congo, le ministre belge des Affaires Etrangères, en visite officielle depuis hier dans ledit pays, met l’accent sur le caractère impératif de l’application de l’accord-cadre signé par onze Etats le 24 février dernier. Visant principalement la stabilité de l’Est de la République Démocratique, cet accord devrait aider à renforcer le processus de paix national, voire même régional. Pour rappel, la RDC, en particulier la région Est continue de subir des cycles de conflit récurrents et des violences persistantes de la part de groupes armés tant nationaux qu’étrangers. Les conséquences de ces violences sur les populations sont plus que dévastatrices. Par exemple, des actes d’abus sexuels et de graves violations des droits de l’Homme sont, régulièrement et quasi-quotidiennement, utilisés comme des armes de guerre. En réaction à ces atteintes aux droits de la personne, plusieurs agglomérations, notamment dans le Nord-Kivu, ont observé des journées ville-morte pour dénoncer l’insécurité dans leur région et, partant, dans le pays.De sources concordantes, les activités socio-économiques sont restées paralysées. Face à cette réalité, les populations appellent le gouvernement à mettre en œuvre des actions de grande envergure afin de créer des conditions de vie plus stables. C’est donc dans la même logique de cet appel que s’inscrit l’intérêt de la visite du ministre belge. Celui-ci pose comme condition sine qua none à la paix dans ledit Etat, et même dans toute l’Afrique centrale, l’application de l’accord-cadre. En clair, selon le chargé belge des Affaires Etrangères, un apaisement des tensions en RDC passe nécessairement par la mise en œuvre de la feuille de route établie à son propos.
    Le Griot