Author: Don Kayembe

  • Le pape François déplace des montagnes

    Le pape François déplace des montagnes

    Pape Francis-Refusant de s’installer dans ses luxueux appartements de fonction, prêchant la tolérance vis-à-vis des homosexuels, le nouveau pape, François, bouscule les habitudes. Sur la forme comme sur le fond : il cherche à réformer le Vatican.

    “L’Église ne doit pas avoir peur de changer ses vieilles structures”, affirmait le pape François dans l’une de ses homélies, le mois dernier. Le résumé, en une phrase, de la ligne directrice qu’il entend donner à son pontificat – au sens matériel, dans le fonctionnement de la curie, comme au sens spirituel. Arrivé sur le trône de Pierre en mars, le nouveau souverain pontife a entrepris, au terme de plusieurs mois de réflexion, de grandes réformes.

    Gouverner pour l’exemple

    Celle de la curie romaine était attendue, après le scandale Vatileaks (la fuite, en mai 2012, de documents révélant l’existence d’un large réseau de corruption au Vatican). Favorable à la collégialité, François a chargé une commission consultative de huit cardinaux de réfléchir sur ce sujet. Point important : aucun de ses membres (parmi lesquels figure un Africain, le Congolais Laurent Monsengwo Pasinya) n’est issu de la curie. Leur réunion à Rome avec le souverain pontife, qui se tiendra du 1er au 3 octobre prochain, marquera certainement une nouvelle étape. “Il prépare la réforme de la curie romaine avec détermination, en consultant beaucoup, souligne le père Éric Jacquinet, responsable de la section jeunes du Conseil pontifical pour les laïcs, à Rome, et coorganisateur des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ). Son entourage est marqué par sa capacité de travail et par sa grande écoute. Il veut gouverner par l’exemple.” Et avec une main de fer dans un gant de velours, selon bon nombre de vaticanistes.

    En s’appuyant sur le texte de “Constitution dogmatique de l’Église” Lumen Gentium, issu du concile Vatican II, le pape prône aussi, de manière plus insistante que tous ses prédécesseurs, la décentralisation des structures de l’Église. Lui qui aime à se présenter d’abord comme l’évêque de Rome, plutôt que comme le pasteur suprême de l’Église catholique, souhaite que les différents épiscopats du monde participent davantage aux prises de décision.

    La pauvreté comme mode de vie

    Fortement imprégné de la spiritualité franciscaine, le premier pape jésuite de l’Histoire incite fidèles, prêtres, évêques et cardinaux, sans distinction, à vivre en cohérence avec le message de l’Évangile, dans la pauvreté et l’humilité. Avec lui, les deniers de l’Église semblent entre de bonnes mains. Lorsqu’il est arrivé au début des années 1990 à Córdoba, en Argentine, les finances de la communauté jésuite locale étaient dans un piteux état. Lorsqu’il en est reparti, moins de deux ans plus tard, celle-ci n’avait plus un peso de dette.

    Estimant que le clergé doit montrer l’exemple, François ne le ménage pas. “J’ai mal quand je vois un prêtre dans une belle voiture”, avait-il ainsi lancé lors d’une réunion, à Rome, avec les nonces apostoliques du monde entier. Lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio avait l’habitude de raccommoder lui-même ses vêtements et de se faire la cuisine. Sa nouvelle charge à la tête de l’Église lui a conféré des privilèges qu’il est difficile de rejeter. Il a cependant choisi de ne pas occuper les appartements pontificaux et de rester à la résidence Sainte-Marthe, l’hôtellerie du Vatican, pour, a-t-il expliqué, ne pas vivre isolé.

    En venant aux JMJ à Rio de Janeiro, fin juillet, il déclarait : “Je n’ai ni or ni argent, mais je vous apporte ce qui m’a été donné de plus précieux : Jésus Christ.” À peine élu pape, il a d’ailleurs troqué l’anneau en or que portaient ses prédécesseurs contre de l’argent doré. Même chose pour ses mocassins, noirs et non rouges. Enfin, au Brésil, François portait lui-même une mallette noire dont il a détaillé le contenu aux journalistes : son agenda, un livre de sainte Thérèse, un rasoir. Pour lui, il est “normal” de voyager avec sa valise, même pour un pape.

    Qualifiant l’Église de “pauvre parmi les pauvres”, le souverain pontife souhaite plus de transparence et de respect des lois au Vatican, pour rompre avec les scandales financiers qui ont entaché la réputation de l’Institut pour les oeuvres de religion (IOR, la banque vaticane), dont il a obtenu la démission du directeur général, Paolo Cipriani, et du directeur général adjoint, Massimo Tulli. L’arrestation, le 28 juin, de Nunzio Scarano, l’ex-chef de la comptabilité de l’Administration du patrimoine du siège apostolique (Apsa, l’agence qui gère le patrimoine du Vatican), soupçonné d’avoir servi d’intermédiaire pour des virements suspects en provenance de Monaco à travers l’IOR, a défrayé la chronique. Deux jours plus tôt, le pape avait créé une commission spéciale d’enquête pour s’assurer que les activités de la banque, très présente dans le domaine caritatif, soient en harmonie avec la mission de l’Église. “Je ne sais pas ce que va devenir l’IOR. Certains disent qu’il faudrait peut-être que ce soit une banque, d’autres que ce soit un fonds d’aide, et d’autres veulent le fermer. J’ai confiance dans le travail […] de la commission”, a-t-il déclaré à la presse.

    Un charisme adapté à la jeunesse

    Tout en insistant sur le fait que “si certains font scandale, il y a aussi beaucoup de saints à la curie”, le pape a renforcé les sanctions contre la pédophilie, la corruption et le blanchiment d’argent, dans un motu proprio du 11 juillet, poursuivant ainsi la réforme du code pénal initiée par Benoît XVI et mettant en adéquation les lois du Saint-Siège avec les conventions internationales.

    Âgé de 76 ans, François est un pape imprévisible, tant en matière de protocole – qu’il n’affectionne guère – que dans ses discours, qu’il s’entête à prononcer sans les corrections de la secrétairerie d’État (le “gouvernement” du Vatican). Sans céder au sensationnalisme, il apparaît spontané, simple et chaleureux, comme au cours des JMJ, qui ont réuni jusqu’à 3,7 millions de jeunes à Rio de Janeiro. “Lors de ces JMJ, le nouveau pape s’est dévoilé. Sa proximité avec les gens a touché le coeur des jeunes, explique le père Jacquinet. Son discours est tout aussi profond que celui de Benoît XVI, mais plus simple. Son charisme est très adapté à la jeunesse.”

    La tolérance, pour les gays comme pour les enfants nés hors-mariage

    Durant le vol de retour, François est venu parler avec les journalistes dans l’avion, de façon imprévue. Il a répondu à toutes les questions, du rôle des femmes dans l’Église à la situation des divorcés remariés. Une rupture avec les habitudes de Benoît XVI, qui préférait préparer ses réponses à l’avance. “Si une personne est gay et qu’elle cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? Le catéchisme de l’Église catholique dit très bien qu’on ne doit pas marginaliser les homosexuels. Ils sont nos frères. Le problème n’est pas d’avoir cette tendance, c’est de faire du lobbying”, a-t-il lancé au cours de cet échange.

    Une prise de position qui a suscité de nombreux commentaires dans la presse, poussant Mgr Timothy Dolan, archevêque de New York, à tempérer : “Le pape François serait le premier à dire : “Ma mission n’est pas de changer l’enseignement de l’Église, mais de le présenter le plus clairement possible.”” À l’inverse de ce que beaucoup annonçaient, François n’entend donc pas modifier la doctrine, seulement l’aménager sur la forme. Soucieux d’offrir l’image d’une Église qui ne soit plus enfermée dans des codes rigides, il prône l’accueil des personnes dans leur diversité. Lorsqu’il était archevêque de Buenos Aires, il reprochait ainsi aux prêtres refusant le baptême aux enfants nés hors mariage de laisser les plus fragiles aux portes des églises.

    À l’instar de ses prédécesseurs – il ne manque d’ailleurs jamais d’évoquer Jean-Paul II et Benoît XVI et de s’appuyer sur leurs écrits -, François dénonce aussi la pensée économique capitaliste, qui favorise l’exclusion et met à l’écart ceux qui ne sont plus utiles à la société, les personnes âgées, les handicapés, les plus faibles.

    Celui que l’on surnomme le pape des pauvres ne perd donc pas une minute depuis son élection sur le trône de Pierre, afin de marquer son empreinte. Au Brésil, il a déjà laissé une trace bien visible de son passage : sur l’immense terrain qui, rendu impraticable par la pluie, n’a pas pu accueillir les jeunes des JMJ pour la veillée de prière et la messe d’envoi, des logements seront construits par la municipalité de Rio de Janeiro pour 20 000 pauvres, à l’initiative de l’Église.

    Une main tendue aux musulmans

    À peine rentré du Brésil, renonçant aux traditionnelles vacances papales à Castel Gandolfo, François a adressé le 2 août un message personnel “aux musulmans partout dans le monde”, à l’occasion de l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du ramadan. Les appelant “chers amis”, il les invite à réfléchir à “la promotion du respect mutuel à travers l’éducation” et exhorte les deux religions monothéistes à “éviter la critique injustifiée ou diffamatoire” de l’autre. Le pape a également appelé à ne pas traiter les chrétiens en citoyens de seconde zone et à ne pas les expulser de leur terre d’origine, notamment au Moyen-Orient. D’ordinaire, c’est le Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux qui adresse ce message annuel. Cette fois, François a tenu à imiter Jean-Paul II, qui l’avait fait en personne en 1991. Le 8 juillet, il avait déjà salué les musulmans qui entamaient le ramadan, lors de sa venue sur la petite île italienne de Lampedusa, au large des côtes tunisiennes, afin de rencontrer des migrants venus d’Afrique. Honorant la mémoire de ceux qui avaient perdu la vie en Méditerranée, il avait reproché au monde occidental son “indifférence” face à leur sort. “Nous avons perdu le sens de la responsabilité fraternelle”, avait-il déploré. “Que Lampedusa soit un phare pour le monde entier et que nous ayons le courage d’accueillir ceux qui cherchent une vie meilleure.” En avril, lors de la messe du Jeudi saint, le pape avait lavé les pieds de douze détenus, dont une jeune Serbe musulmane.

    Par Marie Villacèque, à Rio de Janeiro

  • RDC : le ministre belge Didier Reynders opposé à la réintégration des rebelles du M23 dans l’armée

    RDC : le ministre belge Didier Reynders opposé à la réintégration des rebelles du M23 dans l’armée

    Reynders-Tshibanda-Pour Didier Reynders, le gouvernement congolais a fait le “maximum” dans les pourparlers de sortie de crise avec le Mouvement du 23-Mars (M23), rébellion active dans l’est du pays. En visite en RDC, le ministre belge des Affaires étrangères a estimé, le 14 août, que les rebelles du M23 ne devraient plus être réintégrés dans l’armée congolaise.

    “Je crois qu’en matière d’impunité et de réintégration il y a des limites, une ligne rouge à ne pas franchir. J’ai le sentiment – après on peut toujours discuter à la marge – mais j’ai le sentiment que le maximum a été fait” par le gouvernement congolais, a déclaré, le 13 août, le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, lors d’un point-presse, au dernier jour de sa visite en RDC.

    À force d’incorporer des indisciplinés on incorpore l’indiscipline.

    Des pourparlers entre Kinshasa et le Mouvement du 23-Mars (M23) se sont ouverts début décembre à Kampala, capitale de l’Ouganda. “Je pense que l’autorité congolaise est allée au-delà de ce qui est possible. (. . .) On ne peut pas demander aux Congolais, et moi je souhaite d’ailleurs qu’ils ne le fassent pas, de réintégrer dans l’armée et sur place des gens qui se sont rebellés une fois, deux fois, trois fois”, a-t-il ajouté. “À force d’incorporer des indisciplinés on incorpore l’indiscipline”, a-t-il insisté.

    >> Lire aussi : RDC – Bertrand Bisimwa, chef politique du M23 : “Nous attendons un projet d’accord de Kinshasa”

    Didier Reynders est aussi revenu sur l’accord-cadre du 24 février, signé par onze pays africains, dont le Rwanda et l’Ouganda. “Il faut que tous les pays, les 11, participent de manière positive à la mise en œuvre des accords d’Addis, et donc c’est clair qu’on a besoin de voir – en Ouganda, au Rwanda – une volonté de participer à la solution, et ne pas être accusés de participer au problème”, a-t-il martelé.

    “Il faut donner du temps au temps (. . . ) mais les attentes sont très, très élevées dans la population et à un moment donné, ça va être une perte de crédibilité totale pour la communauté internationale si rien ne change” après l’accord-cadre et l’envoi d’une brigade d’intervention de l’ONU, a-t-il prédit.

    Didier Reynders a également évoqué ces questions sécuritaires avec le président congolais Joseph Kabila, puis avec le Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Lundi, ce sujet avait été abordé avec le chef de la diplomatie congolaise Raymond Tshibanda.

    Après un séjour de trois jours, le ministre a quitté la RDC, ancienne colonie belge, via Lubumbashi, deuxième ville du pays et capitale de la province du Katanga. Il s’envolera ensuite pour Nairobi et Le Caire pour la suite de son périple africain.

    (Avec AFP)

  • Didier reynders lance le chantier de la nouvelle ambassade à Kinshasa

    Didier reynders lance le chantier de la nouvelle ambassade à Kinshasa

    Didier Reynders à son arrivée à Kinshasa / photo Belga
    Didier Reynders à son arrivée à Kinshasa / photo Belga

    -Ni pierre, ni brique, ni le moindre clou, plus rien n’atteste des six villas qui s’étendaient sur 1, 8 hectares au cœur du quartier résidentiel de la Gombe et qui appartenaient pour moitié à la curatelle de la Sabena et pour moitié à son héritière Brussels Airlines. Seules de profondes excavations, bordées d’arbres centenaires rappellent les vastes piscines d’antan. C’est sur un terrain nu, ameubli, que Didier Reynders a planté profondément une jeune pousse de «wenge » cet arbre emblématique de la forêt congolaise. Il a ainsi donné le coup d’envoi aux travaux qui, en 2015, devraient donner à la Belgique une ambassade digne de ce nom, remplaçant enfin le bâtiment vétuste ceint de hauts grillages situé en face des Galeries présidentielles et où rien n’a été modifié depuis les années 60.
    Pour le ministre des Affaires étrangères, le lancement de ce projet de prestige représente un pari sur l’avenir, sur le développement du Congo, sur la contribution que ce pays peut apporter au développement de toute la région. La mise en chantier de cette nouvelle chancellerie doit en effet beaucoup à Didier Reynders : il y a des années que Me Van Buggenhout, le curateur de la Sabena, avait attiré l’attention de l’Etat belge sur le caractère exceptionnel de ce patrimoine immobilier, situé au cœur de la ville, aussi visible que d’accès aisé et très convoité par les innombrables promoteurs qui s’arrachent désormais la moindre parcelle disponible. Il fallut que Reynders entre en fonctions pour que les autorités belges, titillées peut-être par l’exemple de la nouvelle ambassade de France, un ancien bâtiment magnifiquement rénové, se décident à prévoir un budget de 10,5 millions d’euros pour donner à la Belgique une représentation diplomatique à la hauteur du prestige qu’ elle conserve au sein de la population.
    La cérémonie fut d’ailleurs hautement symbolique : où donc, ailleurs qu’à Kinshasa, pourrait on entendre une chorale vêtue de rouge, jaune et noir entonner une Brabançonne chantée dans une alternance de français et de néerlandais, où donc les plus hautes autorités du pays, le Premier Ministre, le Ministre des Affaires étrangères, plusieurs membres du gouvernement, le commandant en chef de l’armée, tiendraient ils à être présents et à se féliciter de cette volonté de présence de l’ancienne métropole ?
    Sur le plan pratique, un couac de dernière minute a empêché la pose de la première pierre. Le 31 juillet dernier en effet, un avis du Conseil d’Etat a brisé la procédure négociée qui avait été retenue et imposé l’ouverture d’un appel d’offres international, à la suite d’ une plainte qui avait été déposée par la société Besix, mécontente d’avoir été écartée du projet. Les entreprises intéressées auront donc deux mois supplémentaires pour présenter leur candidature à un jury présidé par l’ancien ambassadeur de Belgique à Kinshasa, Dominique Struye mais elles devront répondre à certaines exigences spécifiques, dans le domaine de la sécurité notamment, surtout en ces temps de « grandes oreilles » et d’écoutes téléphoniques….
    Le drapeau belge ne flottera pas seul sur le Boulevard du 30 juin : la nouvelle chancellerie sera aussi celle du Benelux, car les intérêts du Luxembourg y seront représentés et les Pays Bas partageront les locaux avec leurs voisins du Sud.
    Le Centre Wallonie Bruxelles avait été invité, lui aussi, à installer dans la vaste parcelle « fédérale » son centre de spectacles sinon ses bureaux, mais -autonomie et régionalisation obligent- la proposition a été déclinée.
    La construction de la nouvelle chancellerie contribuera aussi au renouveau d’une artère majestueuse désormais sillonnée par des autobus flambant neufs qui marquent déjà un arrêt devant le futur chantier…

  • Traque du M23, Reynders contre Robinson

    Traque du M23, Reynders contre Robinson

    Didier-Le Vice Premier Ministre belge est contre le coup de frein et l’ordre de rétropédalage venu de New York, émanant de Mary Robinson soutenue par le Secrétaire général des Nations unies, Ban ki-Moon, selon la journaliste belge Collette Braeckman. L’homme d’Etat belge en charge des Affaire étrangères actuellement en séjour en RD-Congo est contre la prime à la Kalachnikov. A en croire ses propos, il n’est pas du tout question d’intégrer les tueurs et les indisciplinés dans les rangs de l’armée régulière. «On doit promouvoir les négociations avec les rebelles dans la mesure où ils acceptent de déposer les armes. Il appartient aux responsables di, M23 de voir ce qui est la table. La MONUSCO a un rôle offensif. Elle doit aujourd’hui lutter contre les violences en passant essentiellement à des opérations plus offensives», affirme le VPM belge depuis la cité d’Inga au Bas-Congo. Une déclaration beaucoup plus tranchante que les tergiversations de Mary Robinson, plutôt favorable à une solution politique avec le M23. Décidément, la Belgique parie sur l’avenir de la RD-Congo. Deux signes indéniables l’attestent : en visite officielle dans l’ancienne colonie belge, Didier Reynders, le Vice-premier ministre belge des Affaires étrangères a coup sur coup donné le coup d’envoi des travaux de construction de la nouvelle ambassade du Royaume de Belgique à Kinshasa, où seront également représentés le intérêts du Luxemburg via la chancellerie des Pays Bas, puis, il a rappelé à l’ordre la MONUSCO dans le dossier de la traque des rebelles du M23. Aussi, la Belgique tient au développement et à la pacification de la RD-Congo. Depuis le site d’Inga, où il s’est rendu le mardi 13 août 2013, en visite de travail, Reynders a fait une déclaration qui tranche avec nette l’approche de Mary Robinson, l’envoyée spéciale du Secrétaire général des Nations unies dans les Grands Lacs, sur la gestion du dossier M23 et le nouveau mandat de la MONUSCO.

    L’homme d’Etat belge n’y est pas allé par le dos de la cuillère. Depuis Inga dans le Bas-Congo où il a effectué une visite éclair hier mardi, le patron de la diplomatie belge a fustigé l’inaction de la MONUSCO fasse aux différentes menaces et assauts du M23 sur la ville de Goma et ses environs. Inacceptable, le comportement de MONUSCO dont le mandat a été déjà transformé par une résolution votée à l’unanimité au Conseil de sécurité des Nations unies. Il promet de débattre du sujet avec le patron de la mission des Nations unies en RD-Congo dès son retour à Kinshasa. Le face à face entre l’homme d’Etat belge et Martin Kobler, le nouveau patron de la MON USCO est inévitable. Reynders veut des explications sur le comportement assez complice de la MONUSCO dans ce qui se passe à l’Est de la RD-Congo. Selon lui, New York a déjà fait son boulot. Il a doté la mission onusienne d’une résolution qui lui donne mandat de désarmer toutes les forces négatives qui écument l’Est de la RD-Congo en vue de préserver la vi des populations civiles et favoriser un climat de paix et de sécurité. Mais sur le terrain, que des contradictions et des hésitations ! Après avoir lancé un ultimatum de 72 heures à tous les groupes armés opérant au Nord-Kivu, la MONUSCO traine le pied jusqu’aujourd’hui pour appliquer les sanctions prévues dans son communiqué diffusé à cet effet. Une situation qui frise la trahison ! Il y a cependant une actrice bien identifiée qui serait à la base de cette ambiguïté : Mary Robinson, l’envoyée spéciale du Secrétaire général d Nations unies dans la région des Grands Lacs.

    Elle s’affiche clairement pro-négociations politiques avec le mouvement rebelle pro-rwandais du M23. Ce qui entrave l’objet même du nouveau mandat assigné à la MONUSCO dans la résolution 2096. «Les Nations unies poursuivent un seul objectif la paix durable. Entant qu‘envoyée spéciale du Secrétaire général, je n‘ai aucun agenda personnel que celui d’aider ce pays de la région à trouver la paix pour que les populations et le pays puissent aller de l‘avant», tentait de justifier Mary Robinson, au cours d’une interview accordée la semaine dernière à radio Okapi. Ça parait tout de même curieux! Robinson dit à la fois vouloir promouvoir un climat de paix et de sécurité pour des populations civiles mais tout en s’interposant à la démarche de la mission onusienne de mettre hors état de nuire tout individu armé qui menacerait la sécurité des populations civiles. C’est une grave confusion. Ou tout simplement, l’envoyée spéciale de Ban Ki-Moon qui a élu domicile à Kinshasa et qui ne cesse de multiplier les pressions sur le gouvernement RD-Congolais a un agenda personnel, mieux un autre plan qui ne fait que renforcer le doute sur sa crédibilité.

    Henry MBUYI
    Africa News

  • la polémique continue à propos de la gestion de la fibre optique

    la polémique continue à propos de la gestion de la fibre optique

    Fible1– Depuis la fin des travaux d’installation de la fibre optique en République démocratique du Congo, la gestion de l’infrastructure de télécommunications a été confiée à la Société Commerciale des Postes et Télécommunications (SCPT). Mais d’après M. Ekunda, le président de la délégation syndicale nationale de la société, plusieurs contestations se sont faites entendre dans les milieux politique et celui des affaires. Elles portent sur des doutes quant aux capacités managériales de la SCPT nécessaires pour offrir un service de qualité aux divers usagers. Pour M. Ekunda, le gouvernement n’aide pas assez la SCPT à qui il a confié la gestion et l’exploitation de la fibre optique. Selon lui, on ne l’a pas beaucoup vu lors des nombreuses tentatives des « ennemis » de la SCPT pour lui arracher la gestion de la fibre optique. N’eut été la confiance renouvelée du chef de l’Etat. Actuellement, la SCPT procède à la vente des capacités aux opérateurs télécom privés avant de procéder elle-même à son exploitation. Les négociations sont en cours. Rejetant les dires de malfaçons lors de l’installation du câble, la société pense que pour éviter tout problème sur la fibre optique, il faudra plutôt sensibiliser les populations sur la nécessité de ne pas la vandaliser.
    (Agence Ecofin)
  • la nécessité d’appliquer l’accord-cadre s’impose

    la nécessité d’appliquer l’accord-cadre s’impose

    didier_reynders- Tshibanda-Afin d’arriver à une situation d’apaisement en RD Congo, le ministre belge des Affaires Etrangères, en visite officielle depuis hier dans ledit pays, met l’accent sur le caractère impératif de l’application de l’accord-cadre signé par onze Etats le 24 février dernier. Visant principalement la stabilité de l’Est de la République Démocratique, cet accord devrait aider à renforcer le processus de paix national, voire même régional. Pour rappel, la RDC, en particulier la région Est continue de subir des cycles de conflit récurrents et des violences persistantes de la part de groupes armés tant nationaux qu’étrangers. Les conséquences de ces violences sur les populations sont plus que dévastatrices. Par exemple, des actes d’abus sexuels et de graves violations des droits de l’Homme sont, régulièrement et quasi-quotidiennement, utilisés comme des armes de guerre. En réaction à ces atteintes aux droits de la personne, plusieurs agglomérations, notamment dans le Nord-Kivu, ont observé des journées ville-morte pour dénoncer l’insécurité dans leur région et, partant, dans le pays.De sources concordantes, les activités socio-économiques sont restées paralysées. Face à cette réalité, les populations appellent le gouvernement à mettre en œuvre des actions de grande envergure afin de créer des conditions de vie plus stables. C’est donc dans la même logique de cet appel que s’inscrit l’intérêt de la visite du ministre belge. Celui-ci pose comme condition sine qua none à la paix dans ledit Etat, et même dans toute l’Afrique centrale, l’application de l’accord-cadre. En clair, selon le chargé belge des Affaires Etrangères, un apaisement des tensions en RDC passe nécessairement par la mise en œuvre de la feuille de route établie à son propos.
    Le Griot
  • Désertion successive des officiers ex-CNDP

    Désertion successive des officiers ex-CNDP

    nkunda-dance-En 18 mois, quatre officiers supérieurs des FARDC issus des rangs du CNDP ont fait désertion de manière spectaculaire. La dernière en date est celle du colonel Bisambaza, commandant intérimaire du premier secteur des FARDC à Beni dans le Nord-Kivu. Dans sa fuite, le colonel a embarqué, avec armes et munitions, 60 des éléments sous ses ordres. Direction : Rutshuru pour joindre le M23. Plus de dessin pour confirmer que l’armée nationale est littéralement infiltrée. D’où, un nettoyage à fond des écuries s’impose ; et d’urgence.

    Au commencement de la fragilité des Forces armées de la RDC (FARDC) étaient tous les accords d’intégration, de brassage et de mixage signés depuis Sun City en 2002 avec différents mouvements rebelles et groupes armés. Aujourd’hui, la RDC paie le prix de ses propres turpitudes. L’armée nationale est infiltrée dans tous ses compartiments, à telle enseigne qu’elle se trouve par moment dans l’incapacité de jouer son rôle. En témoignent des désertions successives des ex-militaires CNDP, intégrés dans les FARDC au terme de l’accord de Goma du 23 mars 2009.

    Sentant leur mouvement en difficulté face aux dernières offensives des FARDC, ces officiers supérieurs véreux ne peuvent plus se contenir. Ils se disent qu’il est temps de prêter main forte à leurs vrais compagnons d’armes qu’ils avaient quitté momentanément pour noyauter les FARDC de l’intérieur. Au point où, aujourd’hui, certaines débâcles de l’Armée nationale peuvent être élucidées. 

    La dernière désertion au sein des FARDC en date est celle d’un officier ex-CNDP, colonel de son état. Il a quitté les rangs des FARDC en compagnie de 60 hommes de troupes, emportant armes et munitions dans le Nord-Kivu. C’en est donc trop pour une armée en phase de restructuration. De go, le débat sur la situation réelle des FARDC se trouve relancé.

    Il y a des questions qui méritent nécessairement une réponse de la part de ceux qui gèrent l’armée congolaise. Qui fait partie de l’armée ? Quel est son niveau de formation ? Fait-il preuve de loyauté envers la hiérarchie et les institutions du pays ? Voilà des questions qui devraient faire l’objet d’un grand débat national pour s’assurer réellement de l’identité de ceux qui servent sous le drapeau.

    L’on doit comprendre comment un officier supérieur des FARDC arrive à se détourner d’un ordre de sa hiérarchie et trouve le temps de déserter en toute quiétude.

    UNE DESERTION QUI INTERPELLE

    Selon radio Okapi qui relaie l’information, citant des sources sécuritaires de la province du Nord-Kivu, le commandant intérimaire du premier secteur des FARDC à Beni, le colonel Richard Bisambaza, quelques officiers ainsi qu’une soixante d’éléments ont fait défection le lundi 12 août dans la soirée à Beni. A en croire l’administrateur du territoire de Beni qui a confirmé l’information, les déserteurs ont emporté une importante quantité de munitions avant de se retirer dans la brousse à Samboko, un village situé à environ 90 Kilomètres au Nord-ouest de Beni.

    Tout est parti, confirment des sources concordantes, du refus du colonel Richard Bisambaza de se rendre le dimanche 11 août 2013 à Kinshasa pour répondre à une convocation de sa hiérarchie. Craignant un châtiment de ses chefs hiérarchiques, le colonel déserteur a donc décidé de se retirer à Eringeti, à environ 60 kilomètres au Nord-est de Beni. C’est dans ce village, indiquent les sources, qu’est déployé le 807ème régiment des FARDC, une unité dirigée jadis par le colonel Richard Bisambaza avant qu’il n’assure l’intérim du commandant du premier secteur de l’armée nationale à Beni.

    Il n’y a pas de doute que le point de chute du colonel déserteur soit Rutshuru, territoire sous contrôle du M23. Reflexe, somme toute, naturel. Comme les trois autres officiers supérieurs ex-CNDP qui l’ont précédé dans cette voie de la trahison, le colonel Bisambaza a donc réédité l’exploit, en fournissant la preuve que lui et tous les autres étaient de faux chauves dont les cheveux ont repoussé avant qu’ils n’aient fini leur sale besogne de noyautage. 

    Cette défection intervient dans l’intervalle de 18 mois, après celles des colonels Albert Kahasha, Seko Mihigo et Mboneza, précisent les sources sécuritaires de la province. Cela pose problème, dans la mesure où  les défections enregistrées jusqu’à ce jour concernent particulièrement  les militaires ex-CNDP. Faut-il un dessin pour établir leur connivence avec le M23 ?  Refuser de le reconnaître serait faire preuve de naïveté ou de complicité.

    De là à remonter jusqu’à Kigali, il y a qu’un pas, vite franchi. Dire que le M23 est totalement pris en charge par le Rwanda est un secret de polichinelle. Or, le M23 n’est que l’autre face du CNDP. 

    NETTOYER LES ECURIES D’AUGIAS

    En effet, depuis l’accord de Sun City en 2002, la RDC a perdu tout contrôle de son système de défense. Cet accord, suivi d’autres plus compromettants pour les FARDC tels que l’accord de Goma de 2009, n’ont fait que fragiliser davantage la RDC. Dans son état actuel, l’armée nationale est un corps hétéroclite, un assemblage d’éléments issus des mouvements et groupes armés.

    Comment recréer l’esprit de corps au sein d’une telle structure ? Pas facile, en tout cas. Pourtant, c’est l’image qu’on a aujourd’hui de l’armée congolaise. Ainsi, des officiers, particulièrement ceux opérant dans la partie Est, peuvent refuser un ordre de permutation vers une autre zone militaire et trouver une raison de quitter les rangs.

    Le ver est dans le fruit. C’est le moins que l’on puisse dire. L’armée nationale doit être nettoyée de fond en comble pour la débarrasser de brebis galeuses qui plombent son action lorsqu’il s’agit de remplir sa mission.

    Aujourd’hui, il devient évident que des opérations d’intégration, de brassage ou de mixage qui ont ramené sous les drapeaux des militaires aux origines douteuses ont été préméditées sous la dictée des décideurs au sein de la communauté internationale. Objectif : empêcher la RDC de se doter d’une armée véritablement républicaine, capable de défendre l’intégrité territoriale.

    Aujourd’hui que des faits ont mis à l’évidence le degré d’infiltration des FARDC, il est temps d’engager un nettoyage à fond des officiers et des hommes de troupes, ainsi que l’ensemble des services de sécurité. L’efficacité de FARDC en dépend.

    (Internet)

  • Les concessions de Joseph Kabila à l’opposition

    Les concessions de Joseph Kabila à l’opposition

    Intégralité:Discours des Vœux 2013 de Joseph Kabila, Pdt de la RDC-Joseph Kabila a reculé face à la pression de ses opposants. Il a fait une première concession en acceptant la mise en place d’une commission préparatoire. Le présidium des Concertations nationales en a fait part à la délégation du MLC reçue au Palais du peuple, dans l’après-midi du 12 août. Ce comité sera composé de trente membres, à raison de 10 pour la majorité et autant pour l’opposition et la société civile.

    Sauf imprévu, ce comité pourrait commencer ses travaux dans les quarante-huit heures pour laisser la place à la convocation des concertations proprement dites avant le 20 août prochain. Kabila tient à cette date puisque le voisin Denis Sassou N’Guesso -le médiateur préssenti- qu’il compte inviter à l’inauguration prend ses vacances à partir du même 20 août. Face à Léon Kengo et Aubin Minaku, la délégation du MLC s’est contentée d’écouter.

    La position du parti bembiste n’allait être connue qu’après examen au niveau du bureau politique du parti. Tout laisse croire que les Bembistes pourraient reconsidérer leur boycott à savoir que le régime a fait également une concession sur la représentation paritaire et le vote par consensus.

    Dans l’entre-temps, Léon Kengo wa Dondo a dévoilé son appât. Alors qu’il était acculé face aux opposants venus, à sa résidence, sise avenue Batetela, s’enquérir de sa position sur la convocation des Concertations nationales, l’ancien Premier ministre de Mobutu a carrément jeté l’os à la figure à ses hôtes. “Dans tous les cas de figure, nous aboutirons à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale”, a lâché les maître des céans à ses visiteurs. C’est dit et dit à l’effet de provoquer une ruée dans une classe politique connue pour son mercantilisme légendaire.

    C’est lui qui le dit le sait très bien pour l’avoir expérimenté en 1994 lorsqu’il avait réussi a débaucher plusieurs opposants avant de se faire élire Premier ministre au détriment d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Cette fois-ci, les choses ne se présentent pas de la même façon.

    A l’époque, le Zaïre de Mobutu traversait une transition politique dans un paysage politique bipolarisé entre les PFC -Forces politiques du Conclave et l’USORAL -Union sacrée de l’opposition radicale et alliés. Les uns et les autres n’avaient à se prévaloir d’aucune légitimité. Aujourd’hui, il y a eu les élections du 28 novembre 2011.

    Même si les résultats de ce scrutin restent controversés, ce n’est pas Joseph Kabila, qui en est le principal bénéficiaire, qui contestera qu’elles ont mis en place une opposition parlementaire bien identifiée. Et lorsque celle-ci éconduit Kengo, qu’est-ce qu’il en reste de légitimité à la représentation de l’opposition aux Concertations nationales. De cette opposition parlementaire, seul le groupe des Libéraux de José Makila participe aux discussions ouvertes à Notre Dame de Fatima, dans la suite du Conclave de Limete. L’UNC n’y prend pas.

    Le MLC avait déjà tout boycotté, s’en tenant à la position formulée au CEPAS en réaction à l’ordonnance présidentielle sur la convocation des Concertations nationales. La représentation parlementaire de l’UDPS préserve sa position traditionnelle fondée sur la revendication de l’impérium au profit de Tshisekedi quoique ce dernier considère ses élus qui siègent au Palais du peuple comme autoexclus de l’UDPS.

    Déjà qu’à Fatima même, Kengo n’a pas la manœuvre facile. Il est venu ne personne, dans la matinée du samedi 10 août, pour tenter de convaincre sur ce qu’il a réussi à arracher à Joseph Kabila. Entre autres, la promesse sur la mise en place préalable d’une commission préparatoire, une représentation paritaire entre la majorité, l’opposition et la société et la prise de décision par concensus aux Concertations nationales. Dans l’après-midi du même samedi, il recevait la délégation de l’opposition officiellement au nom du présidium des Concertations nationales ensemble avec Aubin Minaku. Kengo a réitéré les mêmes propos à côté de Minalu qui n’a pas fait de commentaire.

    Est-ce à dire que qui ne dit mot consent? Négatif puisque la délégation de la majorité a tout rejeté en bloc au sortir d’une audience précédente, une heure auparavant, avec le même présidium. Il faut donc reconnaître que Kengo cherche à faire du forcing, intéressé qu’il est de la promesse de prendre la direction du gouvernement d’union nationale envisagé. Si son ambition est légitime, la contrepartie à Kabila de lui concéder que son mandat commence à courir à partir de 2013, sous prétexte de la guerre du M-23, est de nature à éloigner le prétendu souci de parvenir à la cohésion nationale.

    Que vaudra un gouvernement d’union nationale sans l’UDPS, le MLC et l’UNC. Et un gouvernement d’union nationale pour apporter quelle solution à quel problème là où le plus urgent et fondamental est de recadrer le processus électoral.
    H.M. MUKEBAY

    Direct CD

  • Kingakati :la bombe de Kabila

    Kingakati :la bombe de Kabila

    Joseph Kabila: La RDC n’est pas du tout complexée par le niveau de la démocratie.-Comment décoder le message présidentiel de Kingakati ? C’est la question la mieux partagée dans le gotha politique. Retour sur une annonce qui bouscule bien des calculs. Dans l’Opposition comme au sein de la Majorité.
     
    Kingakati, vendredi 9 août 2013. Tout ce que la kabilie compte des têtes couronnées ou presque répond présent à l’invitation de l’Autorité morale. Rencontre tant attendue et tant redoutée aussi. Avec raison. Car, lorsqu’il prend la parole, Joseph Kabila prend date avec l’Histoire. Une annonce majeure. Dans ce pays, nous devons apprendre à assister à une passation civilisée des pouvoirs entre un président sortant et celui entrant, dit en substance le chef de l’Etat.  La RDC doit devenir, de ce point de vue, un pays normal. Surprise voire stupeur dans l’assistance. Mines plus interrogatives que compréhensives parmi les sociétaires de la Majorité.
     
    Que veut dire le Raïs ? A la fois ce que l’on comprend au premier degré et sans doute ce que ne laisse transparaître ce message inattendu. D’abord, le Président coupe l’herbe sous les pieds à tous ceux qui, dans l’Opposition et dans certaines officines,  lui intentaient  presque par principe un procès ” en tentative de  violation de la Constitution “. Garant de la Loi fondamentale, le chef de l’Etat entend la respecter et aussi la faire respecter. 
     
    Cette annonce bouscule tout autant nombre d’opposants qu’elle désarçonne certains kabilistes.  Face à une certaine opposition qui s’agitait davantage par peur que par conviction, la mise au point présidentielle vide le ” fonds de commerce ” d’une bonne partie de  sa substance.  Au touche pas à mon 220, le président frappe plus fort : ” touche pas à ma Constitution ” !
     
    Qui fait mieux !
     
     Au sein même de la Majorité, le renouvellement de l’engagement présidentiel crée aussi la panique.  Certains dans la kabilie se demandent ce qu’ils vont devenir ! Bonjour la fameuse incertitude du lendemain.  Aux uns et aux autres, Kabila, fidèle à sa filiation nationaliste, aurait fait remarquer qu’il y a des gens qui se croient plus importants que le pays et le peuple. Rien n’est plus faux.
     
    Reste que s’il a cru bon de rappeler son attachement à la norme constitutionnelle, le Président, selon des sources croisées, ne s’est pas prononcé sur l’après- Concertations nationales.                   
     
    Dans l’hypothèse vraisemblable, du point de vue de la jurisprudence zaïro-congolaise, où ce énième forum national déboucherait même au minimum sur une proposition d’ajustement de l’équipe gouvernementale, qu’en serait-t-il de la Constitution ? S’il a clos une polémique politicienne dont il était au centre bien malgré lui, Joseph Kabila  place désormais le reste de la classe politique, toutes tendances confondues, devant ses responsabilités.        
    José NAWEJ
    Forum des As
  • L’étrange rôle de Sassou Nguesso aux concertations nationales en RDC

    L’étrange rôle de Sassou Nguesso aux concertations nationales en RDC

    kabila-Sassou-Le Présidium des concertations nationales a jeté le pavé dans la marre. C’était au cours d’un face-à-face avec une frange importante de l’Opposition, le samedi dernier à Notre Dame de Fatima, dans une rencontre dite de clarification et de mobilisation tous azimuts de la classe politique et de la société civile en vue de leur participation aux concertations nationales. A l’occasion, Kengo wa Dondo a démontré, preuve à l’appui, que toutes les revendications de l’opposition en rapport avec lesdites concertations ont trouvé des réponses. Le Présidium y a réservé une suite conséquente. Il s’agit du principe de mise en place d’un Comité préparatoire paritaire, comprenant 10 délégués provenant de la Mouvance présidentielle, 10 de l’Opposition et 10 de la Société Civile ; le consensus comme mode de prise de décision lors de ces assises ; le caractère inclusif des concertations ; le principe de faire appel à l’accompagnement du Président Denis SASSOU NGUESSO du Congo/Brazzaville en cas de blocage. ‘‘Le Présidium pèsera de tout son poids, pour ne pas recourir au vote. Mais, au cas où l’on n’arriverait pas à un consensus, l’on fera appel à certaines personnalités qui nous entourent pour sortir du blocage’’. Ici, le Présidium fait certainement allusion à la médiation du Président Sassou Nguesso de la République du Congo, qu’il a rencontré la semaine dernière. Toutefois, faut-il le souligner, il va s’agir plutôt d’un ‘‘accompagnement à la carte’’, c’est-à-dire, en cas de blocage. Comme quoi, c’est Kengo et Minaku qui arbitrent et Denis Sassou accompagne les concertations nationales à la carte. Le format souhaité par une certaine opposition ne sera pas d’application.

    Visiblement, les autorités congolaises qui en ont fait la demande, ont tracé les limites de ses bons offices. Pour la simple et bonne raison qu’elles auront tout donné, pour permettre à la République de consolider la cohésion, objectif ultime de ces assises. Elles ont tout donné, parce qu’elles ont répondu à tous les préalables de l’Opposition. Il a été demandé, par ailleurs, aux trois composantes de réfléchir, endéans 48 heures, pour revisiter les thématiques proposées par l’Ordonnance n°13/078 du 26 juin 2013. A la fin des concertations, a révélé le Présidium, une résolution sera adoptée, pour la mise sur pied d’un nouveau Gouvernement, après la requalification de la majorité. Un Gouvernement de large Union nationale qui mettra ensemble des membres de l’actuelle majorité, élargie à l’opposition et à la société civile. Un gouvernement qui n’est pas de transition et qui fonctionnera dans les strictes limites de la Constitution du 18 février 2006. C’est manifestement un contenu politique qui manquait, jusque-là, à ce grand rendez-vous. Qu’en sera-t-il des membres de l’actuelle équipe, surtout sa locomotive qui, jusqu’ici, s’est battue bec et ongle, pour maintenir les agrégats macro-économiques ? Mystère ! Ils sont pris à contre-pieds par le Présidium des concertations nationales. Ils, ce sont les regroupements politiques de l’Opposition, principalement l’Udps & Alliés, le MLC, l’UNC et l’UN. Ces rassemblements et partis avaient promptement réagi aux propos tenus par le Présidium des Concertations nationales au lendemain de sa toute première apparition médiatique depuis sa désignation par Ordonnance n°13/078 du 26 juin 2013. Lors de ce point de presse tenu le lundi 5 août dernier, le Présidium avait annoncé le début des consultations, la nomination du Secrétariat Technique et le vote du Budget des concertations nationales. Sans chercher à approcher l’organe dirigeant de ces assises pour en savoir davantage, l’Opposition n’a pas attendu des explications supplémentaires pour prendre ses distances vis-à-vis de cette grand-messe. Pour elle, du moins à la date du 5 août 2013, aucune de ses préoccupations et propositions soulevées et contenues dans ses déclarations du 1er juillet 2013 n’a été prise en compte. Plus particulièrement la demande de la mise en place préalable du comité préparatoire paritaire qui devrait rendre l’organisation et la tenue de ces assises réellement inclusives et transparentes, gage de la réconciliation et de la cohésion. Ce camp politique avait, à l’occasion, rejeté toute démarche qui ne tiendrait pas compte des préalables proposés et décliné toute participation à des concertations ‘‘préfabriquées en faveur d’un schéma maléfique déjà arrêté au détriment du bien-être du peuple congolais et au profit des intérêts partisans’’.

    Des avancées Pour couper court à toute sorte de divagation, mieux pour rassurer tout le monde, l’Honorable Kengo wa Dondo a rencontré, le samedi dernier, juste après son retour de Brazzaville, une frange importante des partis de l’opposition. S’adressant à ses interlocuteurs, dans un discours musclé de mobilisation de politiques de tous bords, Léon Kengo wa Dondo a affirmé, sans équivoque, que toutes les conditionnalités de l’opposition à la participation aux concertations nationales ont été prises en compte. A commencer par la mise sur pieds d’un Comité préparatoire paritaire, regroupant les membres de la Majorité Présidentielle, de l’Opposition et de la Société Civile. Une structure pourtant non prévue par l’Ordonnance du 26 juin 2013 portant création, organisation et fonctionnement des concertations nationales. Celle-ci, a indiqué le Présidium, aura, entre autres, missions de revisiter les cinq thématiques contenues dans l’Ordonnance présidentielle du 26 juin dernier et si possible, de les modifier, en y ajoutant ou encore en les reformulant autrement. Un délai de 48 heures a été requis. La dite Commission se chargera, par ailleurs, d’élaborer un programme gouvernemental minimum, lequel sera appliqué par un nouveau Gouvernement qui sortira de ces assises. Un Exécutif, faut-il préciser, qui n’est pas de transition et qui va fonctionner dans les limites de la Constitution du 18 février 2006. Une autre conditionnalité de l’Opposition prise en compte, c’est le mode de prise de décision qui, a fait savoir Léon Kengo, sera consensuel. Ici, Léon Kengo rassure : ‘‘le Présidium pèsera de tout son poids, pour ne pas recourir au vote. Mais, ‘‘au cas où on n’arriverait pas à un consensus, on fera appel à certaines personnalités qui nous entourent pour sortir du blocage’’. Par cette phrase, le Présidium fait certainement allusion à la médiation du Président Denis Sassou Nguesso de la République du Congo, qu’il a rencontré la semaine dernière. Il convient de noter cette précision de taille : il va s’agir tout simplement d’un ‘‘accompagnement à la carte’’, c’est-à-dire, en cas de blocage. Comme quoi, c’est Kengo et Minaku qui arbitrent et Denis Sassou accompagne les concertations nationales. Le format souhaité par une certaine opposition ne sera pas d’application. Visiblement, les autorités congolaises qui en ont fait la demande, ont tracé les limites de ces bons offices. Pour la simple et bonne raison qu’elles auront tout donné pour permettre à la République de consolider sa cohésion, objectif ultime de ces assises. Tout donné, parce qu’elles ont répondu à tous les préalables de l’Opposition. Reconfiguration de l’espace politique Des analystes les plus avisés sont d’avis que l’on s’achemine vers une reconfiguration de l’espace politique congolais. Déjà, le MPCR de Jean-Claude Vuemba met en garde ‘‘le Pouvoir MP contre toute tentative de débauchage de certains Leaders de l’Opposition en vue de la formation d’un Gouvernement d’Union Nationale en gestation par les Kabilistes avec inclusion des rebelles du M23 basés à Kampala, Capitale de l’Ouganda’’.

    Bien avant la séance de clarification du Présidium, nombre d’opposants avaient marqué leur accord de principe quant à leur participation sans condition aux concertations nationales. Ceux-ci y vont sans autre forme de procès. Ils auront, en face d’eux, les radicaux, les extrémistes, qui se disent non concernés, nonobstant tous les efforts fournis par le Présidium. De là, il va inévitablement sortir un autre groupe, assurément centriste, qui ne sera ni à gauche, ni à droite. Les déçus de la majorité et même ceux des opposants qui ne se seraient pas retrouvés dans la redistribution des cartes vont certains tourner le dos à ce qui se passe. Il en sera de même pour la société civile. Une certaine cohésion sera certes bâtie. Mais, la bipolarité, mieux la pluralité d’opinions va demeurer. Qu’à cela ne tienne, le Présidium qui a entamé les consultations le week-end dernier avec la société civile, ne va attendre davantage. Le train est parti, il faudra le rejoindre ou carrément reste à la gare et attendre une autre fois, qui ne viendra peut être pas. ‘’Le timing fixé ne souffrira d’aucune excuse, a martelé Kengo.

    Direct.cd