Author: Don Kayembe

  • L’avenir de la RDC : un tournant décisif de la politique américaine dans les Grands Lacs africains

    L’avenir de la RDC : un tournant décisif de la politique américaine dans les Grands Lacs africains

    John_Kerry-Le communiqué du Département d’Etat américain daté du 21 juillet dernier a manifestement remué les esprits des Congolais. Tant il a, sans la moindre ambigüité, pointé nommément du doigt le Rwanda de Paul Kagamé, sommé de retirer « immédiatement » ses troupes de la République démocratique du Congo, qu’il a semblé marquer un tournant de la politique américaine dans les Grands Lacs africains. En effet, les USA ont, enfin, reconnu formellement une évidence de plus d’une décennie : la RDC est victime de l’agression rwandaise. Au regard des prescrits de la Charte constitutive de l’ONU, le Rwanda devrait, en marge de la récente réunion de haut niveau du Conseil de sécurité, être sérieusement blâmé, à défaut de subir des sanctions prévues en cas d’actes d’agression. D’autant plus qu’il est tenu de faire montre d’exemplarité, en siégeant au sanctuaire de cette organisation internationale chargée de maintenir la paix et la sécurité internationales. Coup de théâtre. C’est une simple Déclaration – document dénué de toute contrainte sur les parties prenantes – qui a sanctionné cette séance de travail, renvoyant dos à dos Rwandais et Congolais. En effet, les nébuleuses FDLR ont autant que le fameux M23 attiré l’attention du Conseil. D’où, les exhortations faites aux uns et aux autres de respecter leurs engagements pris dans l’«accord-cadre». Barack Obama verserait-il donc dans la duplicité ? La politique internationale n’est pas l’armée du salut. En dépit des normes censées favoriser l’ordre et la paix au sein de la société internationale, les intérêts des sociétaires, constituant le mobile de leur agir dans un sens ou dans un autre, priment inopportunément sur les valeurs humaines. Après la guerre froide, les USA ont redéfini leur politique africaine dans un contexte international donnant libre cours à la mondialisation dans son avers (économique) et son revers (sécuritaire). Ce, en poursuivant entre autres objectifs : la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance, le développement du commerce international, la lutte contre le terrorisme (leur nouvel ennemi).

    Aveuglés assurément par la boulimie du pouvoir, les gouvernants zaïrois d’alors n’avaient pas su ou voulu lire correctement les signes de temps. Pour n’avoir certainement pas pris la balle au bond, alors que le système international subissait une métamorphose au profit de « l’Empire américain », Kinshasa s’est marginalisé au niveau régional jusqu’à en payer un lourd tribut. Ce, après que les USA eurent pourtant utilisé le Maréchal Mobutu jusqu’à l’écailler, installé sur le trône Laurent-Désiré Kabila avant de lui donner carton rouge…

    La vie est dynamique. La politique aussi. La RDC peut rejouer le rôle de gendarme de la sous-région. Comme elle peut s’enfoncer davantage aux enfers. Tout est fonction, suivant la nature et les besoins du système international, du choix qu’elle opère et sa capacité à l’assumer. Il revient à la classe politique congolaise – aux gouvernants actuels et potentiels- et à la société civile non seulement de bien penser la place et le rôle de ce pays sur l’échiquier régional mais aussi de travailler méthodiquement, chaque acteur en ce qui le concerne, à cette fin. Sous peine de faire sciemment ou inconsciemment le jeu de l’ennemi. « La bonne volonté trouve le moyen et l’opportunité ». Ce n’est pas en se tournant vers New York que la RDC verra forcément le salut.

    « L’ONU ne serait-elle pas toujours un machin ? ». Les USA viennent à nouveau d’en administrer la preuve à la suite de la dernière réunion du Conseil de sécurité sur les Grands Lacs. A défaut de bénéficier, à l’instar du régime de Kagame, des relais au sein de l’administration américaine pour faire prévaloir ses droits primaires, la RDC peut réussir à renverser la vapeur en s’attirant la sympathie de « l’Empire ». Ceci pourrait requérir d’elle de s’évertuer à incarner les valeurs (de démocratie, de bonne gouvernance, de respect des droits de l’homme …) dont les Américains se sont érigés en défenseurs. Ce pari peut être gagné quoique très exigeant.

    REVISION DE LA CARTE DES ALLIANCES

    En effet, les USA finiront indubitablement, quelque soit la longueur du temps, par revoir, au gré de l’évolution de leurs intérêts en Afrique en général et dans les Grands Lacs en particulier, la carte de leurs alliances. Reste à savoir la lecture qu’ils font ou feront, au regard de leur nouvel agenda, de l’importance stratégique de chacun des acteurs de la région ou de la sous-région. Il ne suffit pas, pour la RDC, de présenter le chapelet des ressources naturelles dont elle regorge ou des atouts dont elle dispose pour s’attribuer une certaine envergure dans la sous-région. Encore faut-il qu’elle accepte et prouve ses capacités de participer efficacement dans la lutte contre les menaces qui hantent les USA.

    C’est ce qui, à mon sens, expliquerait que, malgré les déclarations publiques et des sanctions symboliques contre le régime de Paul Kagame, la diplomatie rwandaise continue à marquer des points et à bénéficier de la complicité passive des puissances anglo-saxonnes. C’est ainsi que, par exemple, malgré de nombreux réquisitoires contre son action déstabilisatrice dans l’est de la RDC, le Rwanda a réussi, en juin dernier, à obtenir la nomination de l’un de ses généraux à la tête de la Mission de l’ONU pour la consolidation de la paix au Mali. Contradiction, en vertu du bon sens !

    Contrairement à ce que d’aucuns pensent, le problème en RDC me parait moins politique que sécuritaire. D’où l’appel lancé par le Président américain, début juillet à Dar es-Salaam, à l’endroit de son homologue Joseph Kabila –n’est-ce pas là une forme tacite de la reconnaissance de sa légitimité ? – pour « faire plus et mieux » dans les réformes sécuritaires. Que faire justement pour rétablir les équilibres structurels au niveau sécuritaire au Kivu, un espace géopolitique à la fois utile et critique? C’est toucher la racine des problèmes qui minent la partie orientale du pays tout en renforçant la discipline et les capacités opérationnelles de l’armée et de la police nationales. Il sied de réfléchir froidement et profondément sur la gestion efficace de la forte pression démographique dans la partie orientale du pays et des problèmes fonciers qui en découlent, la culture de la tolérance intercommunautaire à inculquer aux populations locales, les remèdes que la RDC pourrait donner aux maux qui rongent ses voisins rwandais, ougandais et burundais aux dimensions territoriales exigües. Encore faut-il que « l’Empire » soutienne ces efforts.

    CONCERTATIONS NATIONALES, QUEL CONTENU ?

    L’opportunité des « concertations nationales » devrait donc, à mon humble avis, davantage relever des préoccupations sécuritaires que des considérations politiques (politiciennes). L’avenir de la RDC dépend, face aux pesanteurs visant à maintenir ce pays dans le gouffre et aux efforts pour l’en libérer, du sens de dépassement, de maturité politique, du patriotisme des membres de la classe politique et de la société civile congolaise conviés à ces assises.

    Une digression. En vertu de l’alinéa b de l’article 14 de la résolution 2098, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la RDC ne devrait qu’offrir ses bons offices en vue de l’organisation d’un dialogue politique transparent et sans exclusif. Rappelons que la facilitation (c’est-à-dire les bons offices) et la médiation ne sont pas synonymes. Le rôle du facilitateur ne consiste qu’à rapprocher les antagonistes en vue d’entamer ou de reprendre le dialogue ; une fois le pont jeté, il est censé s’éclipser ou faire office d’observateur.

    Il n’est nullement partie prenante aux pourparlers. Le médiateur, par contre, en plus de la tâche de rapprocher les parties en présence, participe aux discussions et peut aller jusqu’à leur proposer la voie de sortie de crise. La facilitation peut se muer en médiation si les parties y donnent implicitement ou explicitement leur acquiescement. Tout compte fait, le débat autour de la 2098 ne pourrait que profiter aux boutefeux. Car ce sont les Congolais qui ont, les premiers sinon exclusivement, droit au chapitre.

    Aux Congolais donc de bien décider de l’avenir de leur pays dans les Grands Lacs africains face à la politique des puissances anglo-saxonnes en général et des USA en particulier dans cette partie d’Afrique. A défaut d’anticiper, la RDC courra toujours le risque de subir les décisions d’ailleurs.

    MARTIN ZIAKWAU L.

    Doctorant en Relations Internationales/Assistant à l’IFASIC

    Source le Potentiel

  • la Monusco va s’occuper des problèmes du Kivu avec “vigueur”

    la Monusco va s’occuper des problèmes du Kivu avec “vigueur”

    kobler-onu-Le nouveau chef de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo (Monusco), Martin Kobler, a promis samedi de s’occuper avec “vigueur” des problèmes d’instabilité au Kivu, où il a effectué sa première visite.

    “C’est important de résoudre le problème des groupes armés, de restaurer l’autorité de l’Etat et de remplir notre mandat avec toute vigueur. Je vous promets de m’occuper des problèmes de Kivu, de Goma et des groupes armés avec toute ma vigueur”, a-t-il déclaré à Goma, capitale de la province riche et instable du Nord-Kivu.

    Il a notamment rencontré Feller Lutaichirwa, le vice-gouverneur du Nord-Kivu, où l’on recense près d’un million de déplacés. “Sa population attend que la paix soit recouvrée, que les déplacés puissent retourner et que les groupes armés soient désarmés”, a souligné le vice-gouverneur, cité par Radio Okapi.

    L’Est de la RDC est en proie à une instabilité chronique depuis près de deux décennies.

    Depuis mai 2012, l’armée combat au Nord-Kivu le Mouvement du 23 mars (M23). Des experts de l’ONU affirment que le Rwanda et l’Ouganda le soutiennent, ce que réfutent ces voisins de la RDC. Des groupes armés, locaux et étrangers, ont profité de la traque contre le M23 pour gagner du terrain et commettre des exactions contre les civils.

    Le 1er août, la Monusco a commencé avec sa brigade d’intervention,  au mandat offensif,  la sécurisation de Goma et sa zone proche. Peu après, le M23 a menacé de reprendre la capitale provinciale, qu’il avait occupée une dizaine de jours fin novembre.

    Sur place depuis 1999, la Monusco est la plus importante mission de maintien de la paix onusienne au monde avec environ 17.000 soldats. Le Conseil de sécurité de l’ONU a créé en mars une brigade d’intervention pour la renforcer. A terme, cette brigade doit compter 3.000 hommes chargés de combattre les groupes armés actifs de l’Est congolais.

    Slate Afrique

  • La SADC appelle à la levée des sanctions contre le Zimbabwe

    La SADC appelle à la levée des sanctions contre le Zimbabwe

    SADC– Les dirigeants d’Afrique australe réunis dimanche au Malawi ont appelé les occidentaux à lever les sanctions contre le Zimbabwe, après avoir entériné la réélection du président Robert Mugabe.

    La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a également appelé à la tenue d’une conférence internationale urgente sur la situation dans les Grands Lacs, et elle s’est félicitée de l’évolution à Madagascar dans la perspective de l’élection présidentielle.

    La SADC a demandé “la levée de toutes les formes de sanctions jusqu’ici imposées au Zimbabwe” contre des entreprises  ou des individus, à la clôture de son sommet annuel organisé à Lilongwe.

    “Je crois que le Zimbabwe mérite mieux, les Zimbabwéens ont assez souffert,” a déclaré la toute nouvelle présidente de la SADC, la dirigeante du Malawi Joyce Banda.

    L’Union européenne avait suspendu en début d’année la plupart des sanctions imposées en 2002 et qui ne visent plus que dix personnalités dont Mugabe, toujours persona non grata, et deux sociétés. Les Etats-Unis avaient imposé en mars 2003 des sanctions contre Mugabe et une liste de ses proches.

    La SACD a loué le gouvernement du Zimbabwe “pour la manière pacifique dont ont été conduites les élections” et félicité Mugabe et son parti, la ZANU-PF, pour leur écrasante victoire.

    Manifestant encore davantage leur soutien à Mugabe, les dirigeants d’Afrique australe l’ont nommé président suppléant du groupe et ont décidé que le Zimbabwe accueillerait le prochain sommet de la SADC en juillet 2014.

    Le président du Botswana, Ian Khama, dont le pays avait pourtant demandé un audit sur la régularité de l’élection de Mugabe, l’a rencontré en marge du sommet, selon des sources proches du sommet.

    A 89 ans, Robert Mugabe est le plus âgé des dirigeants africains et va entamer son septième mandat, pour une durée de cinq ans. Il était arrivé au pouvoir à l’indépendance du Zimbabwe en 1980.

    Il devrait prêter serment jeudi, a indiqué son porte-parole, George Charamba, dimanche à l’AFP à Lilongwe.

    Son principal rival, le Premier ministre Morgan Tsvangirai, avait renoncé vendredi à contester en justice la validité de l’élection, entachée selon lui de fraudes massives. Son parti avait assuré que le procès aurait été de toute façon “une parodie de justice”.

    Des militants pour la démocratie au Zimbabwe, présents au sommet, ont critiqué le fait que la SADC entérine ainsi la victoire de Mugabe. La SADC “a déçu les Zimbabwéens”, “cela tue les espoirs des gens de changer les choses à travers un processus électoral”, a dit à l’AFP Thabani Nyoni, porte-parole de la Coalition crise au Zimbabwe qui regroupe 70 entités.
    La mission d’observation de la SADC, qui comptait 600 membres, a jugé que les élections avaient été libres et pacifiques, mais ne s’est toujours pas prononcé sur leur équité.

    Joyce Banda a expliqué aux journalistes que la SADC attendait les rapports de ses observateurs et de l’Union africaine avant de pouvoir déclarer l’élection honnête et crédible.
    Aucun observateur occidental n’avait été autorisé sur le terrain pour ces élections générales.
    A l’issue du scrutin, l’Union européenne a relevé “des irrégularités présumées”, “la participation incomplète, ainsi que des faiblesses identifiées dans le processus électoral et le manque de transparence”.

    La SADC a également évoqué durant son sommet le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo, appelant à l’organisation “en urgence” d’une conférence internationale sur la région des Grands Lacs.

    Enfin,  les dirigeants d’Afrique australe ont salué “l’audace” de la Cour électorale malgache qui a annulé trois candidatures contestées à la présidentielle, dont celle de l’actuel homme fort de Madagascar Andry Rajoelina. La SADC a demandé une accélération du processus pour l’organisation de l’élection attendue depuis quatre ans sur la Grande île.

    AFP

  • Egypte: 25 policiers tués, attaque la plus meurtrière depuis des années

    Egypte: 25 policiers tués, attaque la plus meurtrière depuis des années

    egypte soldat– La police égyptienne a été frappée lundi par l’attaque la plus meurtrière depuis des années dans le pays avec au moins 25 morts dans le Sinaï, en pleine crise entre l’armée et les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi.

    Alors que plus de 800 personnes, essentiellement des manifestants pro-Morsi, ont été tuées dans le pays en six jours, les violences ont encore connu une nouvelle escalade avec cet attentat dans la péninsule instable du Sinaï, après la mort dimanche soir de 36 prisonniers islamistes.

    Et la crise pourrait encore s’aggraver, les deux parties campant sur leurs positions. Les pro-Morsi ont appelé à de nouvelles manifestations au Caire après la prière de l’après-midi (vers 14H00 GMT) et l’homme fort du pays, le général Abdel Fattah al-Sissi, a promis une réponse “des plus énergiques” aux islamistes ayant fait le choix de la “violence”.

    Dans le pays, les médias unanimes et une grande partie de la population qui considèrent désormais les Frères musulmans, l’influente confrérie de M. Morsi, comme des “terroristes”, soutiennent la méthode forte de l’armée, qui a suscité à l’étranger une vague de critiques de plus en plus virulentes.

    Les dirigeants de l’Union européenne se sont ainsi dit prêts à “réexaminer” ses relations avec Le Caire s’il n’était pas mis fin aux violences, en particulier contre les manifestants, assurant que le retour au calme était de la responsabilité de l’armée et du gouvernement intérimaire qu’elle a installé.

    Les ambassadeurs auprès de l’UE chargés des questions de sécurité, rappelés d’urgence par la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, étaient réunis lundi à Bruxelles.

    L’Arabie saoudite, la Jordanie et l’Autorité palestinienne ont de leur côté dit soutenir les autorités “contre le terrorisme”, un avis partagé par Israël.

    Dans la péninsule désertique du Sinaï, devenue la base arrière de nombreux groupes islamistes armés, des assaillants ont attaqué lundi à la roquette deux minibus de la police, tuant au moins 25 policiers, une attaque qualifiée de “terroriste” par le gouvernement.

    Embouteillages et armée au Caire

    Les violences meurtrières contre les forces de l’ordre se sont multipliées depuis la destitution de M. Morsi le 3 juillet dans cette région frontalière d’Israël et de la bande de Gaza. L’Egypte a refermé le point de passage de Rafah avec la bande de Gaza contrôlée par les islamistes du mouvement palestinien Hamas.

    L’attentat de lundi au Sinaï porte à 73 le nombre de membres des forces de l’ordre tués dans cette région depuis la destitution de M. Morsi, selon un décompte de l’AFP. Il rappelle la violence islamiste orchestrée par les groupes al-Jihad et al-Gamaa al-Islamiya, qui avait fait 1.300 morts dans les années 1990.

    Cette attaque intervient au lendemain de l’annonce par la police de la mort de 36 détenus, tous des Frères musulmans, asphyxiés par du gaz lacrymogène pendant une tentative d’évasion. Ces détenus, soupçonnés d’avoir enlevé un officier de police, se trouvaient dans un convoi transportant plus de 600 prisonniers islamistes.

    Les autorités annoncent chaque jour avoir arrêté des dizaines de membres de la confrérie, dont des hauts dirigeants, pour “violence”, en particulier contre des bâtiments publics ou des églises.

    Dans un communiqué en anglais, les Frères musulmans ont estimé que la mort des détenus confirmait “la violence intentionnelle visant les opposants au coup d’Etat et l’assassinat de sang-froid dont ils sont les cibles”.

    Dimanche, les pro-Morsi avaient annulé des cortèges au Caire, invoquant des raisons de sécurité. Les manifestants islamistes redoutent à la fois d’être la cible des forces de l’ordre, désormais autorisées à tirer sur les manifestants hostiles, et des groupes d’auto-défense de résidents qui s’en prennent depuis plusieurs jours à leurs partisans et aux journalistes étrangers accusés d’avoir pris leur parti.

    “Assassinat de sang-froid”

    Face aux craintes de la montée du phénomène de justice de rue et dans un apparent geste d?apaisement, le gouvernement a cependant annoncé dimanche l’interdiction de ces “comités populaires”.

    Même si l’état d’urgence et le couvre-feu nocturne restaient en vigueur, le trafic a repris lundi matin au Caire, qui a retrouvé ses habituels embouteillages. Les habitants reprenaient le chemin du travail, tandis que des magasins étaient ouverts.

    Des axes de la capitale restaient contrôlés par des chars de l’armée, et le gouvernement a annoncé que les mosquées seraient désormais fermées en dehors des heures de prières, pour tenter d’éviter les rassemblements pro-Morsi.

    Premier président démocratiquement élu du pays, M. Morsi était accusé par ses détracteurs et des millions de manifestants d’avoir accaparé le pouvoir au profit des islamistes et d’avoir achevé de ruiner une économie déjà exsangue.

    AFP


  • 82 enfants libérés d’une milice Bakata Katanga

    82 enfants libérés d’une milice Bakata Katanga

    Mai Mai-Plus de 80 enfants, dont certains n’ont que huit ans et qui avaient été recrutés de force par la milice Bakata-Katanga, active dans la province instable du Katanga (est de la RDC) ont pu rejoindre leurs familles, a annoncé aujourd’hui l’ONU. La Mission de l’ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) “salue” dans un communiqué “la séparation de 82 enfants, dont 13 filles, du groupe armé Maï Maï Bakata-Katanga, survenue entre le 13 et le 15 août 2013”. “L’âge de ces enfants, selon la Mosnuco, varie entre 8 et 17 ans” et ils auraient été recrutés “durant les six derniers mois” par la milice. Les enfants, selon la Monusco, ont été “identifiés et séparés” des miliciens “grâce à une action combinée des agences oeuvrant dans le domaine de la protection de l’enfant”. Quarante d’entre eux ont été “immédiatement” ramenés à leur famille et les autres ont été pris en charge en attendant leur tour. “Nous sommes très préoccupés par les rapports faisant état de recrutements en cours, par le groupe Maï Maö Bakata-Katanga mais aussi par d’autres groupes à l’Est de la RDC”, a déclaré le chef de la Monusco, Martin Kobler, cité dans le communiqué. Il a rappelé que le recrutement d’enfants “pourrait constituer un crime de guerre”. La Monusco estime que, “depuis le début de cette année, 163 enfants, dont 22 filles, ont été séparés des Maï Maï Bakata-Katanga par la Monusco et les partenaires oeuvrant dans le secteur de la protection de l’enfant”. Le Katanga, d’où est originaire le chef de l’Etat Joseph Kabila, est régulièrement secoué par des velléités sécessionnistes. (Le Figaro)
  • A quoi joue Sassou-Nguesso ?-Congo-Brazza – RD Congo – Rwanda

    A quoi joue Sassou-Nguesso ?-Congo-Brazza – RD Congo – Rwanda

    Kagame et SassouLorsque se produit un malheur dans la maison d’un être cher, et qu’on aurait pu le prévenir, on s’en veut pour longtemps de ne pas l’avoir fait. Le Congo-Brazza et ses chaleureux habitants ont toujours été pour les Congolais de la RDC une seconde patrie, une terre de répit durant les moments difficiles, trop fréquents au Congo de Lumumba. Mais tout ceci risque de devenir du passé en mesure que se renforcent les relations entre Denis Sassou-Nguesso, Président du Congo-Brazza et Paul Kagamé, Président du Rwanda. Pour tous ceux qui ont été témoins de la succession des évènements dans l’Est du Congo au cours des deux dernières décennies, où un havre de paix, le Kivu, a été transformé en gigantesque abattoir, il n’y a rigoureusement rien de rassurant dans le rapprochement entre Brazzaville et Kigali. On est peut-être à la veille d’une nouvelle catastrophe en Afrique centrale, et l’analyse des premiers indices n’est guère rassurante.

    Une ligne aérienne Kigali-Brazzaville

    Un accord de coopération entre Kigali et Brazzaville a été conclu, et un premier vol, un cargo, a décollé de l’aéroport rwandais vers Brazzaville le 06 mai 2013 avec à bord 30 tonnes de marchandises[1]. Selon le ministre rwandais du commerce et de l’industrie, François Kanimba, l’avion transportait essentiellement des produits agricoles comme la viande, le haricot et de petits poissons séchés.

    Il est prévu qu’un appareil effectue chaque semaine un vol avec à bord des produits agricoles comme les farines de manioc et de maïs, le haricot, la viande, les fruits, et les légumes. Une information officielle qui devrait mettre la puce à l’oreille.

    Mobiliser un avion pour transporter 30 tonnes de légumes, de fruits, de farine de manioc,… d’un pays comme le Rwanda qui manque d’espace agricole (419 hab./km²) vers un pays comme le Congo-Brazza disposant de vastes terres inexploitées (13 hab./km²)

    Par ailleurs, on voit mal une compagnie aérienne rester longtemps rentable en convoyant des légumes vers un pays couvert au 2/3 de forêt équatoriale, et qui en produit déjà presqu’en excès. Et des petits poissons séchés du Rwanda vers un Congo-Brazza qui dispose de 169 km de littoral sur l’Océan Atlantique[2], où il suffit de jeter les filets dans l’eau pour « ramasser » du poisson en abondance.

    On peine à croire qu’une telle information officielle a pu passer sans susciter des interrogations. On comprendrait plutôt que des denrées alimentaires partent du Congo vers un Rwanda surpeuplé et privé de terres agricoles.

    Qui croit toujours que des avions vont amener, chaque semaine, à Brazzaville, trente tonnes de légumes, de farines de manioc et de petits poissons,… ?

    Menace sur les réfugiés hutus

    Une petite communauté des Hutus rwandais est installée au Congo Brazzaville depuis 1997. On leur a demandé de rentrer au Rwanda avant le 30 juin dernier sous peine de perdre leur statut de réfugiés[3]. Les 8.000 Rwandais ont fait la sourde oreille et ont donc, officiellement, perdu leur statut, un choix difficile mais assumé, et il y a lieu d’éprouver de la compréhension à leur égard.

    En effet, ces hommes et ces femmes sont les survivants, voire les rescapés de la Première Guerre du Congo (1996-97)[4]. Nombreux ont quitté le Rwanda à pied pour se réfugier dans l’Est de la République Démocratique du Congo en juillet 1994, après la prise du pouvoir par les rebelles tutsis du FPR, le mouvement de l’actuel Président rwandais Paul Kagamé.

    Devoir de mémoire

    Certains Hutus seraient même originaires du Nord du Rwanda qu’ils ont dû quitter, poussés vers Kigali par les combattants du FPR, Kigali qu’ils vont devoir quitter, à nouveau pour se réfugier dans l’Est du Zaïre, l’actuelle RDC, en 1994. Mais en 1996, l’armée rwandaise envahit l’Est du Congo et bombarde les camps du HCR où étaient massés les réfugiés hutus.

    C’est le début d’un massacre à grande échelle que vont subir les Hutus qui tentent de fuir dans la forêt, à l’Ouest. Ils vont devoir traverser toute la République Démocratique du Congo, à pied, sur une distance quasiment entre Moscou et Paris (plus de 2.710 km). Le rapport du Projet Mapping d’août 2010 doit être lu et relu avec attention dans les familles des survivants hutus du Congo-Brazzaville. Difficile pour ces rescapés des massacres dans les forêts du Congo, de percevoir avec sérénité le rapprochement entre Brazzaville et Kigali.

    Les autorités de Kigali, qui commencent à perdre du prestige sur le plan international, suite à l’affaire du M23, craignent, manifestement, que Brazzaville puisse éventuellement servir de point de concertation des opposants rwandais en exil. Kinshasa est trop infiltré par les agents du régime de Paul Kagamé. En effet, à la suite de négociations secrètes entre Joseph Kabila et Paul Kagamé, de nombreux agents rwandais ont été placés dans les hautes instances des institutions de la RDC. Cela transparait, par exemple, dans l’affaire Bosco Ntaganda, telle qu’elle a été commentée par le général rwandais en exil Patrick Karegeya[5].

    Pour les opposants à Paul Kagamé, la RDC n’est pas un pays sûr. Le Congo-Brazza, en revanche, proche de Paris, aurait pu être un point d’ancrage dans la lutte contre la dictature rwandaise. Nous sommes donc plus proches d’une coopération destinée à démanteler la résistance rwandaise que d’une coopération économique entre le Rwanda de Paul Kagamé et le Congo de Sassou-Nguesso.

    L’affaire de trente tonnes de légumes et de petits poissons rwandais devient dès lors un habillage assez grotesque.

    L’ambassadrice britannique à Brazzaville

    Et dans ce contexte où se mêlent intrigues et fausses apparences, on entend parler un haut diplomate britannique. La nouvelle ambassadrice de la Grande Bretagne à Brazzaville a consacré sa première déclaration à un sujet assez curieux, lorsqu’on se situe du côté du Congo-Brazza. En effet, le 07 août dernier, Madame Diane Corner a déclaré que son pays va travailler avec le Président Sassou-Nguesso « dans la recherche des solutions pour la stabilité et la paix durable dans la région des Grands Lacs »[6]. On s’attend à ce qu’un diplomate étranger à Brazzaville parle de la Centrafrique, du Gabon, ou de tout autre pays avec lequel le Président congolais a des affinités « naturelles » du fait de la proximité culturelle des peuples du Golfe de Guinée. Le Congo-Brazzaville n’a pas d’expertise dans les conflits de la Région des Grands-Lacs.

    Si les Britanniques parviennent à convaincre Denis Sassou-Nguesso de s’impliquer dans la crise de la région des Grands-Lacs, il faut s’attendre à ce que le Président congolais devienne essentiellement un simple « pion » des Anglo-Saxons qui lui dicteront ce qu’il aura à faire, parce qu’il ne maitrise pas le sujet.

    Sachant que ce sont les Britanniques et les Américains qui parrainent Paul Kagamé dans sa sanglante campagne visant à détruire la Patrie de Lumumba, depuis près de deux décennies, Denis Sassou-Nguesso deviendrait un des leurs. Il s’afficherait officiellement comme un médiateur de bonne foi, mais, officieusement, il jouerait, malgré lui, le jeu de Londres et Washington à l’origine de l’interminable tragédie de l’Est du Congo : plus de six millions de morts[7].

    Les Congolais du Congo-Brazza ont une histoire millénaire de fraternité sans tâche avec leurs cousins de l’autre rive du fleuve Congo. Ils devraient rappeler à leur Président qu’il est au point de mettre le doigt dans un engrenage qui risque de broyer son peuple comme les Congolais du Kivu sont aujourd’hui en train d’être broyés.

    Gouverner, c’est prévoir, et pour prévoir, il faut savoir méditer les expériences du passé, surtout les plus douloureuses.

    Boniface MUSAVULI– agoravox

  • Tshisekedi à Brazza, Sassou démine le terrain

    Tshisekedi à Brazza, Sassou démine le terrain

    etienne-C’est aujourd’hui samedi que le président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Etienne Tshisekedi wa Mulumba, traverse le fleuve Congo pour répondre à l’invitation du président Denis Sassou Nguesso. La rencontre est cruciale. Dans les milieux politiques, on espère qu’elle permettra de libérer le navire de concertations nationales qui prend l’eau de toutes parts, bien avant qu’il ne prenne le large. Médiateur attitré, Sassou tente  de déminer le terrain en vue de relancer la machine grippée du dialogue entre la classe politique congolaise.

    Le président du Congo/Brazzaville réconforte, chaque jour qui passe, sa position de principal médiateur de la crise congolaise. Sollicité par les autorités de la République démocratique du Congo, Denis Sassou Nguesso, se montre disponible concernant la tâche, pas facile, de réconcilier ses frères d’en face.

    Le chef de l’Etat, Joseph Kabila Kabange, a été le premier à inaugurer le ballet diplomatique de l’autre côté du fleuve Congo. Il a été vite relayé par le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya. Les membres du présidium des concertations nationales, Léon Kengo et Aubin Minaku – sans doute mandatés par le président de la République – leur ont emboité le pas.

    Il ne manquait plus à l’appel que le président de l’UDPS. Sauf changement de dernière minute, c’est ce samedi qu’Etienne Tshisekedi effectue la traversée du Pool Malebo. Naturellement, à l’invitation de Denis Sassou. Sur le plan protocolaire, indiquent des sources concordantes, tout serait réglé comme une horloge. Le séjour du sphinx de Limete à Brazzaville serait de 48 heures. Temps suffisant pour un échange fructueux entre les deux personnalités.

    Tshisekedi à Brazzaville,  l’événement vaut toute sa portée politique en ce moment même où la RDC négocie difficilement le virage qui mène aux concertations nationales.  Sur le plan national, les différentes parties impliquées dans ce forum, notamment la Majorité, l’Opposition (parlementaire et extraparlementaire) et la Société civile, ont engagé des pourparlers directs avec le présidium pour baliser la voie.

    Depuis le jeudi 15 août 2013, le présidium des concertations a initié des consultations internes avec des groupes de contact représentant les trois composantes à ce forum. Une démarche qui précède la constitution du comité préparatoire aux concertations.

    Le démineur

    Le ballotage est tel qu’à ce jour, il est difficile de fixer une date d’ouverture de ces concertations. Puisque le forum national bat de l’aile, le président Denis Sassou Nguesso est rentré dans la danse pour en assurer l’équilibre, peu importe la casquette qui lui irait le mieux : médiateur, facilitateur ou accompagnateur.

    Sa tâche n’est pas facile du tout, mais il a l’obligation de dénouer les amarres qui bloquent le navire « concertations nationales » au rivage. Le défi que Denis Sassou Nguesso doit relever consiste – tout le monde l’espère – à faire fléchir Etienne Tshisekedi en obtenant son implication dans ce forum de tous les enjeux. D’autant qu’aux termes de l’Ordonnance présidentielle l’organisant, il s’agit d’obtenir la cohésion nationale face à l’agression du pays.

    Dans la lettre d’invitation qu’il a adressée à Etienne Tshisekedi, le président du Congo/Brazzaville dit saisir «l’opportunité » que lui offre la rencontre avec Tshisekedi pour échanger « sur quelques sujets d’intérêt partagé ». Quels sont donc ces sujets d’intérêt partagé ? Il n’est pas exclu que les concertations nationales en fassent partie.

    Que Tshisekedi fasse le déplacement de Brazzaville avec son épouse, il y a aussi raison à spéculer. Denis Sassou Nguesso envisagerait-il de s’appuyer sur celle que les combattants de l’UDPS appellent affectueusement « Mama Marthe », l’épouse de Tshisekedi pour garantir le succès de sa démarche ? Ce n’est pas exclu.

    Pour l’instant, tous les regards sont fixés sur Brazzaville d’où pourrait partir un déclic qui ferait sauter le goulot d’étranglement, non seulement des concertations nationales mais aussi du dénouement de la crise politique persistante. Meurtri par tant d’années de souffrance, le peuple congolais en serait le grand bénéficiaire.

    La classe politique congolaise et tous les acteurs impliqués dans ce forum national devraient intégrer cette donne dans leurs calculs. Chacun devrait mettre un peu d’eau dans son vin pour faire avancer la machine. Il s’agit avant tout de sauver le pays, dont la survie dépend aujourd’hui de la cohésion nationale qui découlera des travaux des concertations nationales.

    le potemtiel