Author: Don Kayembe

  • Rwanda recrute pour M23

    Rwanda recrute pour M23

    Militaires-rwandais2-Quatre Rwandais ont déclaré à la BBC que l’armée les a recrutés de force pour se battre pour le groupe rebelle M23 dans l’est de la République démocratique du Congo.

    Les quatre ont indiqué qu’ils avaient demandé l’asile en Ouganda, après avoir fui les combats.

    L’armée rwandaise a rejeté leurs allégations, les accusant d’avoir monté de toute pièce leurs histoires dans le but d’obtenir l’asile.

    La semaine dernière, les Etats-Unis ont demandé au Rwanda de cesser de soutenir le M23.

    Les experts des Nations Unies et les autorités congolaises indiquent que le Rwanda continue d’envoyer des troupes pour soutenir les rebelles.

    Quelques 800.000 personnes ont été déplacées dans la region de l’est de la RDC, riche en ressources minières depuis le debut de la rébellion du M23 en Avril 2012.

    Ces combattants du M23 proviennent essentiellement de la communauté tutsie.

    Mais le Rwanda dément soutenir le groupe armé.

    L’ONU a donné un ultimatum aux habitants de Goma jusqu’à 14H00 GMT jeudi pour désarmer, à défaut de quoi, la force sera utilisée.

    Une nouvelle brigade d’intervention de 3.000 hommes a été déployée pour lutter contre divers groupes armés, y compris le M23.

    Les quatre déserteurs, parmi lesquels figurent un homme qui se présente comme un capitaine de l’armée rwandaise, ont parlé à la BBC sous couvert d’anonymat.

    Il a déserté après avoir vu mourir de nombreuses personnes innocentes, a-t-il-dit.

    Il a indiqué que le président rwandais Paul Kagame est le commandant en chef du M23.

    “Tout ce qu’il dit doit être fait», a-t-il-ajouté.

    Mr. Paul Kagame a toujours nié soutenir les rebelles.

    Un autre déserteur, qui se décrit comme un étudiant en médecine, a déclaré à la BBC qu’il a été «kidnappé» par des soldats dans la ville frontalière de Gisenyi en Août 2012 et conduit de l’autre côté de la frontière où il a soigné plus de 300 autres recrues blessées dans les combats.

    “Ils les ont emmenées au front avant même de terminer leur formation», a-t-il declaré.

    Le porte-parole de l’armée rwandaise Joseph Nzabamwita a indiqué qu’il ne pouvait commenter que si la BBC divulguait les noms de ses sources, ajoutant que les concernés doivent avoir monté leur histoire afin de demander l’asile.

    BBC

  • Crise au Nord-Kivu : Kinshasa pousse son avantage

    Crise au Nord-Kivu : Kinshasa pousse son avantage

    onu-Dans le Nord-Kivu, en RDC, l´armée loyaliste prend sa revanche sur le M23. En parallèle, le gouvernement déploie une intense activité diplomatique pour gagner un maximum de pays à sa cause. Au détriment de Kigali.

    Depuis la reprise des combats dans la province du Nord-Kivu entre l´armée loyaliste et les rebelles du Mouvement du 23-Mars (M23), en ce mois de juillet, les lignes bougent. Pour la première fois depuis longtemps, les observateurs notent un « comportement inhabituel » de la part des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Entendez : elles sont beaucoup plus offensives.

    Et parallèlement, l´ensemble des pays qui, en février, ont signé l´accord-cadre d´Addis-Abeba ne considèrent plus la RDC comme un obstacle au retour à la paix dans la région des Grands Lacs. « La main du Rwanda derrière le M23 était devenue tellement visible que Kinshasa a réussi à rallier beaucoup d´États à sa cause », affirme Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale à l´ONG International Crisis Group. Le fait que le Rwanda ait toujours démenti apporter le moindre soutien aux rebelles « n´a pas empêché un changement d´attitude, des Anglo-Saxons notamment, à l´égard de Kigali, poursuit le chercheur. Avoir réussi à desserrer l´étreinte des rebelles sur Goma marque une évolution très importante pour les Congolais ».

    La prise de Goma, chef-lieu du Nord-Kivu, par le M23 en novembre 2012 a en effet été un tournant. « Après la chute de la ville, la hiérarchie militaire s´est retrouvée sous le feu des critiques. On lui a reproché son manque de savoir-faire. Et ces critiques ont porté… » estime Juvénal Munubo Mubi, député et rapporteur de la sous-commission forces armées à l´Assemblée nationale. Quelques jours à peine après la perte de Goma, le gouvernement congolais avait suspendu le général Gabriel Amisi Kumba, chef d´état-major de l´infanterie, et nommé François Olenga à sa place.

    Jusque-là, cet officier de 64 ans se consacrait davantage à ses affaires commerciales qu´à la guerre : rien d´étonnant à ce qu´il ait été perçu, lors de sa nomination, comme un général d´opérette de plus. « C´était un jugement hâtif, indique un cadre de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en RD Congo (Monusco) à Kinshasa. Olenga a changé le visage de l´armée de terre en apportant un surcroît de combativité, de motivation et de discipline à la troupe. Aujourd´hui, après la mise à l´écart des brebis galeuses, la chaîne de commandement est claire. Les militaires reçoivent régulièrement leurs soldes et des primes. La logistique ne fait plus défaut et les trahisons ne sont pratiquement plus possibles. »

    Endormir le mouvement rebelle pour l’affaiblir

    En même temps, comme le souligne François Muamba Tshishimbi, coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l´accord d´Addis-Abeba, « la RD Congo a soigneusement évité de se mettre à dos la communauté internationale ». Elle a accepté notamment d´ouvrir des négociations avec le M23 à Kampala (Ouganda). Cette initiative, dont les autorités congolaises savaient dès le départ qu´elle ne servirait à rien, a permis d´endormir le mouvement rebelle et de le mener à l´impasse. « Pendant ces six mois de “distraction”, la RD Congo s´est renforcée politiquement et diplomatiquement, a réorganisé son armée et pris un avantage tactique », confie un observateur. De son côté, le M23 s´est beaucoup affaibli, surtout en mars, lors des combats fratricides qui ont vu les troupes de Bosco Ntaganda se réfugier au Rwanda et le chef rebelle se livrer aux Américains pour être transféré à la Cour pénale internationale, où il doit répondre de crimes de guerre et de crimes contre l´humanité.

    Enfin, en se tournant vers l´ONU, les Congolais ont amené Ban Ki-moon, son secrétaire général, à s´engager personnellement dans la création de la brigade d´intervention en passe d´être déployée dans le Nord-Kivu. Estimant que les échanges sont à la fois propices à la paix et au développement régional, Kinshasa a également insisté pour qu´un volet économique soit inclus dans ce plan d´ensemble. Message reçu par Ban Ki-moon, qui s´est rendu en RDC, en mai, en compagnie de Jim Yong Kim, le président de la Banque mondiale. Résultat : 1 milliard de dollars (près de 757 millions d´euros) seront débloqués pour des projets économiques dans la région des Grands Lacs.

    Simultanément, Kinshasa a lancé toute une série d´offensives diplomatiques dans plusieurs pays clés, notamment aux États-Unis. Objectif : faire reconnaître que la guerre était attisée de l´extérieur. La visite d´Augustin Matata Ponyo à Washington, en février, s´est inscrite dans ce cadre. Le Premier ministre congolais s´est entretenu entre autres avec Susan Rice, à l´époque ambassadrice des États-Unis aux Nations unies et considérée comme un soutien important du Rwanda.

    « L´attitude de Washington envers Kigali a aussi beaucoup évolué grâce au lobbying de la France », suggère une source proche du gouvernement de Kinshasa. En juin 2012, Susan Rice avait retardé la publication du rapport du groupe d´experts sur la RDC, qui dénonçait déjà la responsabilité des Rwandais. Le 23 juillet dernier, les États-Unis ont, à l´inverse, paru prendre la tête des critiques contre Kigali en l´appelant « à cesser immédiatement tout soutien au M23 ».

    Une implication importante des États-Unis

    Si cette déclaration du département d´État américain a réjoui Kinshasa, au Rwanda, en revanche, on s´emploie à en relativiser la portée. D´abord, parce qu´elle a été faite par la porte-parole du département d´État lors d´un briefing très général. Ensuite, parce que ce n´est pas la première fois que Washington tance Kigali.
    L’accord cadre d’Addis-Abeba,
    signé par onze pays. © J.A.

    Quoi qu´il en soit, le Rwanda a effectivement perdu des partisans à Washington : Susan Rice n´a pas succédé à Hillary Clinton à la tête du département d´État, comme elle l´espérait (elle a été nommée conseillère de Barack Obama à la sécurité nationale). Et John Kerry, qui a hérité du poste, n´a pas tardé à procéder à des changements d´importance. Johnnie Carson, le secrétaire d´État adjoint à l´Afrique, a été remplacé par Linda Thomas-Greenfield. Et Russ Feingold, que Kigali perçoit comme plutôt hostile à sa cause, a été nommé envoyé spécial pour la région des Grands Lacs. Ce qui n´empêche pas les Rwandais de continuer à se féliciter de « l´excellence » de leurs relations avec le Pentagone. En dépit de la suspension, plutôt symbolique, de 200 000 dollars d´aide pour le financement d´une académie militaire, en juillet 2012, les États-Unis ont maintenu l´essentiel de leur assistance au Rwanda : 200 millions de dollars sont prévus pour 2013.

    Jeune Afrique

  • EN RDC, le débat sur une éventuelle révision de la Constitution va bon train

    EN RDC, le débat sur une éventuelle révision de la Constitution va bon train

    KABILA-Depuis la publication par Evariste Boshaba, le secrétaire général du PPRD, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie du président Joseph Kabila, d’un ouvrage défendant la révision constitutionnelle, plusieurs secteurs congolais prêtent au président Kabila l’intention de briguer un troisième mandat.

    Le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle est très animé au sein de l’opinion. A Lubumbashi, les expressions «Touche pas » comme « Touche pas à ma Constitution » est devenu une sorte de salutation pour de nombreuses personnes. Comme l’explique un jeune Katangais : « A Lubumbashi, les jeunes n’y voient pas d’intérêt (à un nouveau mandat NDLR), en particulier puisque ça fait déjà deux mandats où il n’y a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent et un troisième mandat, qu’apporterait-il de plus? »

    Dans la capitale Kinshasa, les membres de la Majorité présidentielle (MP) essayent de rassurer leurs concitoyens sur les bonnes intentions du président Joseph Kabila. Le député de la Majorité présidentielle, Francis Kalombo explique : « Joseph Kabila c’est un homme de parole, il ne va pas modifier la Constitution. » Pourtant, lors des dernières élections, une disposition concernant le nombre de tours a été changée. « Bien sûr, assure à RFI Francis Kalombo, cette disposition d’abord n’était pas verrouillée et là en plus, si nous l’avons modifiée, c’est simplement parce qu’il n’y avait pas de moyens pour organiser les élections. »

    RFI

  • Mise en œuvre du projet grand Inga : un émissaire de la banque mondiale chez Matata

    Mise en œuvre du projet grand Inga : un émissaire de la banque mondiale chez Matata

    Barrage d'Inga-Le projet Grand Inga, pour lequel le monde se mobilise à mettre en œuvre dans la province du Bas-Congo (Ouest de la RDC), a été au centre de l’audience que le Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, a accordée hier jeudi à Jamal Saghir, directeur de Département du développement durable pour la région Afrique de la Banque mondiale.
    Le sujet est classé prioritaire à la Banque mondiale au point qu’elle a délégué en RDC l’un de ses experts pour s’entretenir avec les instances de décision du gouvernement congolais.
    « Nous avons eu l’honneur de rencontrer le Premier ministre ce matin (NDLR jeudi 25 juillet) pour discuter d’un projet vital pour le développement économique du pays, c’est le projet Grand Inga. C’est un projet hydraulique comme qui a une capacité extraordinaire. C’est un projet gigantesque. Ça sera le plus grand projet hydroélectrique au monde après le barrage des Trois Gorges en Chine », a dit plein d’enthousiasme l’expert de la Banque mondiale, réaffirmant à l’occasion la ferme, volonté de son institution d’accompagner la RDC.
    Quant au contenu des discussions engagées avec le chef du gouvernement, Jamal Saghir s’est voulu rassurant : « Nous avons discuté avec le Premier ministre comment ce site va être développé. Quel est l’appui de la Banque mondiale et d’autres bailleurs de fonds ? Quels sont ceux du secteur privé ? ». Il a fait savoir que la Banque mondiale cherche à obtenir du gouvernement « une feuille de route dans laquelle nous devons fonctionner ».
    Pleinement engagé dans divers projets autant en RDC que dans la sous-région, l’expert de la Banque mondiale n’a pas manqué de faire un lien avec les répercussions de ce projet dans divers secteurs. « Nous pensons que ce projet est stratégique au développement du secteur minier et c’est un projet aussi stratégique au niveau de la sous-région pour l’exportation vers l’Afrique du Sud et les autres pays de la région ».
    Alors que le projet se trouve dans la phase des études de faisabilité, Jamal Saghir a indiqué que « la Banque mondiale est prête à apporter une assistance technique autour de 50 à 60 millions de dollars américains pour aider à développer ce projet et nous allons travailler avec les autres bailleurs de fonds pour essayer d’avancer la préparation technique de ce projet ».
    LE POTENTIEL –
  • 20 juillet 1993-20 juillet 2013: Le Syndicat des refoulés du Shaba interpelle!

    20 juillet 1993-20 juillet 2013: Le Syndicat des refoulés du Shaba interpelle!

    kyunguk*Ils se sont souvenus 20 ans après, de l’épuration kasaïenne de triste mémoire. Abandonnant ainsi sur la terre Shabienne les fruits de la vigueur de leur jeunesse. Convertis en Syndicat des refoulés du Shaba, ils se sont assignés un certain nombre d’objectifs. Au nombre de ceux-ci, ils avouent avoir réalisé 70% de ces objectifs. L’action phare du SRS durant cette période est le dépôt, par le canal de son partenaire Avocats Sans frontières/RDC «ASF/RDC», de la plainte contre Kyungu wa Kumwanza et consorts, sur le bureau du Procureur de la Cour pénale Internationale, CPI, à la Haye. Ci-après, l’intégralité de leur interpellation.
    Syndicat des Refoulés du Shaba
    N/ Réf : 012805/ SRS/PN/ INT/13
    Kinshasa, le 28/05/2013
    A tous les hommes et à toutes les femmes épris de paix et de justice
    Madame, Mademoiselle, Monsieur,
    Objet : Interpellation
    Le Syndicat des Refoulés du Shaba (SRS), créé le 20 juillet 1993 à Mbuji-Mayi, totalisera vingt (20) ans de vie le 20 juillet 2013, nous avons envie de dire, deux ans de vie et 18 ans de survie.
    Deux ans de vie car de juillet 1993 à janvier 1995, il a réussi, tant soit peu, dans la concorde, la paix, l’unité, le même esprit avec tous ses membres ; la mission à court terme que ces derniers lui avaient confiée à savoir :
    1. Canaliser tous les efforts pour l’intégration rapide et harmonieuse de chacun de ses membres dans son nouveau milieu d’installation (article 6 alinéa 1 des statuts)
    2. Chercher et obtenir des aides pour soulager la misère de ses membres (article 6 alinéa 3)
    3. Défendre les intérêts de ses membres (article 6 alinéa 4)
    4. Solidariser afin de faire face aux problèmes communs de ses membres (article 6 alinéa 5)
    5. L’encadrement de ses membres (article 6 alinéa 6)
    6. Sensibiliser l’opinion tant nationale qu’internationale sur le véritable drame de la communauté Kasaïenne au Shaba (article 6 alinéa 7)
    7. Obtenir de l’Etat congolais des facilités pour l’intégration rapide de ses membres (article 6 alinéa 9)
    8. Création et publication d’un mensuel intitulé « Refoulés du Shaba » devant servir d’organe de liaison entre ses membres (article 6 alinéa 10)
    En effet, sans fausse modestie, nous pouvons affirmer sans peur d’être contredits que durant cette période (juillet 1993 à janvier 1995), si tout ce qui précède n’a pas été réalisé à 100%, ils ont été réalisés au moins à 60-70 %, comme peuvent le prouver quelques réalisations ci-après :
    1. Avoir réussi à faire débloquer la distribution d’aide aux refoulés, distribution qui avait été suspendue pendant plus d’un mois (début juillet 1993-mi août 1993) par les organismes distributeurs d’aide internationaux (PAM, MSF, CARITAS-CONGO, OXFAM,…) qui protestaient ainsi contre le pouvoir de l’Etat congolais qui, en fait continuait la persécution du refoulé du Shaba sur sa propre terre d’origine, en détournant l’aide lui destinée. Quel gâchis ?
    2. Avoir joué d’août 1993 à janvier 1995 le rôle exclusif de «canal de distribution d’aide destinée aux refoulés pour la ville de Mbuji –Mayi (plus ou moins 500.000 refoulés)
    3. Avoir veillé que le terrain de Tshibombo débaptisé site BASHALA qui avait été accordé aux refoulés pour leur installation soit réellement utilisé à cet effet.
    4. Etre resté l’œil vigilant du refoulé sur la réalisation continue des services sociaux (approvisionnement en eau potable, soins de santé, scolarisation des enfants …), décidés au bénéfice des refoulés du site BASHALA.
    5. Avoir été pendant toute cette période d’août 1993 à janvier 1995 le seul intermédiaire valable des refoulés reconnu par tous les organismes de fourniture d’aide aux refoulés dans le Kasaï Oriental.
    6. Avoir aidé à un début de réinsertion harmonieuse des refoulés dans le Kasaï Oriental
    7. Par son message n° SRS0011093 du 09/10/1993 avoir poussé la direction générale de la Société Ferroviaire de l’Est (SFE) à s’occuper des Kasaïens, agents de cette société, chassés de Kalemie et s’étant rendus à Uvira au Sud Kivu, conformément aux prescrits de la convention collective et aux instructions permanentes de l’Entreprise.
    8. Avoir obtenu la main d’association des Avocats Sans frontières (ASF)
    9. Avoir été reçu pendant deux fois, par le Premier Ministre élu à la CNS, Etienne Tshisekedi, qui nous mettra en contact le 18 février 1994 avec Maître MUKENDI qui était chargé de la Cellule des refoulés de la primature et en mars 1995, avec le feu Norbert MAMBA alors conseiller à la primature chargé des refoulés.
    10. Existence depuis avril 1995 d’un bulletin hebdomadaire de formation et de sensibilisation dénommé « SOS REFOULES » créé avec l’aide de la Fondation ARENA mais, qui malheureusement ne fera pas long feu par manque de soutien, que disons-nous, de votre soutien.
    Dix huit ans de survie car la période allant de 1996 au premier semestre 2011 est caractéristique d’essoufflement de l’association, période marquée par peu d’actions et de réussites telles la séance de travail et la remise d’un memo à Monsieur GARETON, rapporteur spécial de l’ONU pour les droits de l’homme en RDC en mission à Kinshasa le 21/02/1999 ; et la pression sur les dirigeants de la Société Nationale des Chemins de Fer Congolais, (SNCC) qui reconnurent par leur lettre n° 383/DGP/99 du 04 août 1999 que les agents kasaïens de la Société des Chemins de fer de l’Est, SFE en sigle, filiale du Holding SNCC, étaient contraints de quitter leurs lieux de travail en 1993 pour des raisons politiques, pression exercée notamment par la lettre du syndicat n°010801/ SRS/CNE/M/DG/SNCC/99 du 08 janvier 1990 à laquelle référence avait été faite dans la précitée.
    L’action phare du SRS durant cette période est le dépôt par le canal de son partenaire Avocats Sans frontières/ RDC «ASF/RDC», de la plainte contre KYUNGU WA KUMWANZA et consorts, sur le bureau du Procureur de la Cour pénale Internationale, CPI, à la Haye.
    A partir du deuxième semestre 2011 nous assistons à une reprise remarquable des activités avec quatre correspondances et des réunions organisées par la primature dans le cadre de l’institution gouvernementale « Cadre Permanent du Dialogue social ».
    Mais la véritable sortie de l’association de sa torpeur est arrivée au début 2013 avec l’encadrement de la plate- forme politique «Coalition des patriotes pour la République », CPR en sigle, dont le SRS est membre fondateur.
    A cette occasion de 20 ans de vie du Syndicat, les refoulés du Shaba, survivants de cette épuration ethnique du 20ème siècle finissant, qui avaient été chassés comme des chiens de leurs maisons, de leurs camps, de leurs activités, … abandonnant ainsi derrière eux tout le fruit de travail de la vigueur de leur jeunesse et se trouvant aujourd’hui, en plus de mauvais souvenirs emportés de ce drame, sans repère car abandonnés à eux-mêmes par tous du moment que vous avez un cœur de chair. Ils vous prient de soutenir leur juste combat qui consiste à les rétablir dans leurs droits aliénés et à prévenir de tels comportements à l’avenir en appuyant leurs actions déjà engagées pour la poursuite des auteurs et acteur de ce crime.
    Espérant que cette fois-ci c’est la bonne et que cette interpellation ne vous laissera pas indifférent comme par le passé, les refoulés du Shaba survivants de l’épuration ethnique de 1992-1993 au Shaba vous remercient d’avance de votre engagement pour qu’ils puissent eux aussi vivre et qu’un tel drame ne puisse plus jamais se produire en RD Congo.
    Remy LUKUSA Wakudingabo
    Président
    Alain Mukadi Kazadi Secrétaire Exécutif

    La Pros.
    La prosperite

  • Crainte sur l’offensive de l’Onu en RDC

    Crainte sur l’offensive de l’Onu en RDC

    MONUC-Refugees International, une organisation humanitaire, redoute que les opérations militaires prévues par la nouvelle brigade d’intervention onusienne dans l’Est de la République démocratique du Congo aggrave la situation humanitaire.
    Cette force composée de 3.000 soldats, récemment mise sur pied, est mandatée par les Nations unies pour combattre les groupes rebelles dans la région. Des détachements ont commencé d’effectuer des patrouilles.
    Cet avertissement a été rendu public alors que le Conseil de sécurité est réuni pour discuter de la situation en RDC.
    La réunion du Conseil sera présidée par le secrétaire d’Etat américain John Kerry.
    Les Nations unies sont confrontées au classique dilemme:
    – on les critique de ne pas agir avec suffisamment de fermeté, par exemple lorsque l’an passé les combattants du M23 sont entrés dans Goma.
    Et maintenant qu’elles sont déterminées à agir, elles font aussi l’objet de critiques de la part d’agences humanitaires qui craignent les conséquences sur la situation humanitaire.
    On estime actuellement à 2 millions et demi le nombre des déplacés à cause de l’instabilité dans la région due aux groupes armés.
    Refugees International demande aux Nations unies établissent d’établir des règles d’intervention afin de protéger les civils d’éventuelles conséquences lorsque l’offensive prévue sera lancée.
    Faute de quoi, affirme l’organisation humanitaire, le nouveau mandat, qualifié “d’agressif” serait plus dommageable que bénéfique.
    Médecins sans frontières, l’organisation humanitaire, a récemment fait part de sa préoccupation au sujet du manque de clarté entre les opérations humanitaires et le rôle militaire de l’Onu.
    MSF ne souhaite avoir aucune force militaire, y compris des casques bleus, stationnés près de leurs centres de soins.
    L’organisation craint qu’ils ne soient la cible d’attaques par des milices.
    La brigade spéciale d’intervention en RDC est composée de soldats sud-africains, tanazaniens et malawites.
    Lundi 22 juillet dans un rapport, Human Rights Watch a affirmé que des rebelles du M23 ont “exécuté sommairement au moins 44 personnes et violé au moins 61 femmes et jeunes filles depuis mars”, dans l’est de la RDC.
    “Des habitants de la région et des rebelles déserteurs ont décrit de récentes activités attestant que les forces criminelles du M23 ont reçu de l’aide en provenance du Rwanda”, écrit l’ONG.
    “Parmi ces activités figurent des mouvements réguliers du Rwanda vers la RDC d’hommes en uniforme de l’armée
    rwandaise, et l’approvisionnement du M23 en munitions, en vivres et autres fournitures provenant du Rwanda”.
    Le M23 est actif depuis mai 2012 dans le Nord-Kivu, une province riche en minerais.
    Il est essentiellement composé de Tutsi congolais intégrés à l’armée congolaise après un accord de paix signé en mai 2009.
    Ils se sont mutinés en avril 2012, estimant que cet accord n’avait jamais été respecté par les autorités de Kinshasa.
    Le gouvernement rwandais a toujours démenti tout lien avec le M23.
    Le président rwandais Paul Kagame a qualifié ces accusations de “ridicules”.
    La porte-parole du Département d’Etat, Jennifer Psaki a refusé de préciser s’il y avait eu des contacts entre
    Washington et Kigali après la publication du rapport de HRW, notant simplement que la Maison Blanche partageait les vues du département d’Etat.
    BBC
  • Kikwete en colère contre Kagame à qui il promet le sort d’Idi Amin Dada

    Kikwete en colère contre Kagame à qui il promet le sort d’Idi Amin Dada

    Jakaya Kikwete, president of Tanzania, answers questions at a press conference at the United Nations (UN) building in Addis Ababa, Ethiopia, during the 12th African Union (AU) Summit.-Le Président de la Tanzanie Jakaya Kikwete promet de faire subir le sort d’Idi Amin Dada à quiconque tenterait de s’attaquer à son pays.

    Le cap des boutades et des menaces est désormais dépassé. Le ton est martial et sans ambages entre Dar Es-Salaam et Kigali. Jakaya Kikwete ne s’encombre plus de formules diplomatiquement correctes pour s’adresser à son homologue Kagame du Rwanda. Le successeur de Mwalimu Julius Nyerere promet de faire subir le sort d’Idi Amin Dada à quiconque tenterait de s’attaquer à son pays, la Tanzanie. La confrontation entre les deux capitales devient inévitable voire imminente.

    A l’occasion de la fête nationale de son pays, la Tanzanie, le président Jakaya Kikwete a mis à profit cette opportunité pour s’adresser ouvertement à son homologue rwandais Paul Kagame, selon des sources sur place. A les en croire, cette escalade est la réaction du président tanzanien après les allégations mensongères des officiels de Kigali sur la présence d’un officier tanzanien, de la Brigade d’intervention de la Monusco, aux côtés des génocidaires FDLR. Une information démentie de la manière la plus claire et la plus catégorique par les Nations-unies.

    A travers cette action de sape, Kigali voulait discréditer la Tanzanie et donc justifier une éventuelle agression de ce pays qui a offert ses dignes filles et fils pour la cause de la paix dans la sous-région des Grands lacs africains dans le cadre de la Brigade spéciale onusienne d’intervention avec comme mission de traquer les forces négatives qui écument l’Est de la République démocratique du Congo.

    Pendant ce temps, les Etats-Unis affirment détenir des preuves irréfutables de la présence d’éléments de l’armée régulière rwandaise sur le sol congolais, combattant avec le M23.

    Les USA ont appelé « à un retrait immédiat » de ces troupes rwandaises. Combattre le M23 n’équivaut-il pas à combattre les troupes rwandaises ? Or, le fait pour la Tanzanie d’avoir accepté de doter cette force spéciale d’éléments aguerris ne fait pas l’affaire de Kigali, qui sent venir la fin de son aventure meurtrière dans la sous-région des Grands lacs africains. Aussi, des menaces ont-elles été proférées à l’égard de la Tanzanie par le M23 puis par Kigali. C’était sans compter avec la perspicacité de Dar Es-Salaam, ragaillardi par la visite du président Obama.
    Investie d’une autorité morale

    Investie quasiment d’une autorité morale sur les pays de la région, la Tanzanie reste le bastion d’où se conçoivent et se mènent toutes les actions progressistes de la sous-région. Des changements majeurs depuis les dernières décennies portent les marques de la Tanzanie ou sa bénédiction. Personne, parmi les dirigeants des Grands lacs africains, ne peut se permettre de nier l’influence tanzanienne dans n’importe quelle lutte.

    Loin d’être une action isolée, la présence du contingent tanzanien dans les rangs de la Brigade spéciale d’intervention de la Monusco était une démarche savamment réfléchie pour stabiliser la région. Que la RDC soit régulièrement déstabilisée par ses voisins, ces actions impactent négativement également sur la Tanzanie qui héberge des milliers de Congolais avec ce que cela suppose comme effet négatif.

    Par ailleurs, cette instabilité chronique dans l’Est de la RDC peut infester dangereusement l’ensemble de la sous-région. L’entrée en lice des Shebabs somaliens ne pouvait laisser dans l’indifférence les gouvernements responsables de la sous-région. L’urgence était donc de désinfecter la région. C’est dans ce cadre que Dar Es-Salaam s’est investi pour le nettoyage des forêts, savanes et montagnes de l’Est de la RDC où opèrent les forces négatives voire terroristes. Pour ce faire, Kagame aurait dû se frotter les mains d’autant plus que les FDLR seront également éradiquées par cette action d’envergure initiée par la communauté internationale.

    Par ailleurs, faisant foi aux vertus du dialogue, ce pays épris de paix et de stabilité a invité, par la bouche du président Jakaya Kikwete, tous les pays d’où s’organisent, se planifient et sont lancés les mouvements d’instabilité de dialoguer avec leurs rébellions respectives.

    Contre toute attente, c’est la levée des boucliers du côté de Kigali qui lance régulièrement le président tanzanien jusqu’à le qualifier de complicité avec les génocidaires FDLR. La colère de Jakaya Kikwete est ainsi justifiée. Les termes utilisés sont appropriés par leur fermeté afin de ramener Kagame sur terre.

    Le moment choisi est symbolique, selon nos sources à Dar Es-Salaam, le jour de la célébration de la journée d’indépendance du pays. Sans ambages, le président aurait mis en garde : « Quiconque tenterait de déstabiliser la Tanzanie ». Ne s’estimant pas bien compris, il aurait enfoncé le clou, en déclarant qu’il s’occuperait de Paul Kagame comme son pays s’était déjà occupé du président ougandais Idi Amin Dada.
    Réponse du berger à la bergère

    L’histoire renseigne qu’effectivement, l’armée tanzanienne avait défait le dictateur ougandais Idi Amin Dada en 1979. Ses successeurs étaient installés quasiment par le pays de Julius Nyerere. Dans l’ordre l’on citera Yusuf Lule, Godefroid Bianaisa pour boucler la série par Yoweri Kaguta Museveni, qui avait aussi reçu une assistance conséquente du maréchal Mobutu, selon des sources.

    A son tour, Kaguta Museveni a fait monter Paul Kagame à la tête du Rwanda après l’assassinat de Habyarimana. Aussi surprenant que cela puisse paraître, Paul Kagame s’attaque au pays mentor de son parrain Museveni !

    Lors de la réunion consacrée à la situation dans la région des Grands lacs africains au Conseil de sécurité à New-York, le représentant tanzanien a adopté un ton sans équivoque pour dénoncer : « Ceux qui vilipendent ceux qui cherchent les vraies solutions dans la région ». L’allusion est claire, la vraie paix passe par le dialogue entre les dictatures de Kigali et Kampala avec leurs rébellions respectives.

    Dar Es-Salaam qui ne porte plus des gants sait qu’il y a un challenge à gagner : le leadership responsable et pacifique tourné vers le développement de la région. Sans aucun doute, la question était abordée lors du dernier passage du président américain Barack Obama en Tanzanie. Jakaya Kikwete le fait avec une détermination évidente, sans crainte de qui que ce soit.

    Le Potentiel

  • La RDC émet 3 mandats d’arrêts contre des membres du M23 au Rwanda

    La RDC émet 3 mandats d’arrêts contre des membres du M23 au Rwanda

    Runiga et Makenga-La République démocratique du Congo a émis trois mandats d’arrêt internationaux contre quatre responsables de la rébellion congolaise Mouvement du 23 mars (M23) réfugiés au Rwanda depuis une scission du groupe armé, a annoncé vendredi un communiqué officiel du gouvernement.

    La RDC a “transmis, le 25 juillet 2013, par les voies diplomatiques d’usage à la République du Rwanda, trois mandats d’arrêts internationaux” visant quatre ressortissants congolais “réfugiés sur le territoire de la République du Rwanda”, indique le communiqué de Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

    L’un des mandats concerne à la fois Jean-Marie Runiga Lugerero, ex-président du M23, et le colonel Baudouin Ngaruye, “général de brigade autoproclamé du M23”, indique le texte. Un autre mandat cible le lieutenant-colonel Eric Badege, “colonel autoproclamé du M23”, et un dernier vise le colonel Innocent Zimurinda, est-il ajouté.

    Tous les quatre, visés par des sanctions de l’ONU, sont poursuivis pour “constitution d’un mouvement insurrectionnel; crimes de guerre; crimes contre l’humanité par meurtre, emprisonnement, tortures, viol, esclavage sexuel, persécution pour des motifs ethniques; crimes de guerre par tortures, enrôlement, conscription et utilisation de mineurs de moins de 15 ans dans des groupes armés”.

    Fin février, le M23 a éclaté: une branche soutenait le chef militaire, le général Sultani Makenga, et l’autre le président politique, Jean-Marie Runiga. Mi-mars, quelque 700 combattants pro-Runiga ont fui au Rwanda avec Jean-Marie Runiga et avaient été désarmés à leur arrivée au Rwanda, selon Kigali.

    Début février, la ministre rwandaise chargée des Réfugiés, Séraphine Mukantabana, avait expliqué à l’AFP que ceux qui voulaient renoncer “de manière définitive et volontaire” à leur statut militaire pourraient commencer les démarches pour demander le statut de réfugié. Ceux qui refuseront n’auront “pas droit à l’asile dans notre pays”, avait-elle assuré.

    Le gouvernement congolais, pousuit son communiqué, “attend avec intérêt la réponse du gouvernement du Rwanda”, rappelant que Kigali avait signé l’accord d’Addis-Abeba le 24 février. Par cet accord, les onze pays africains signataires s’engagent à ne pas soutenir ni protéger un groupe armé, quel qu’il soit dans l’est congolais.

    Le M23 est actif depuis mai 2012 dans la province riche et instable du Nord-Kivu. Il est essentiellement composé de Tutsi congolais intégrés dans l’armée congolaise après un accord de paix signé en 2009. Ils se sont mutinés en avril 2012, estimant que cet accord n’avait jamais été pleinement respecté.

    Des experts de l’ONU ont accusé le Rwanda et l’Ouganda d’appuyerle M23 – ce que ces pays voisins de la RDC ont toujours démenti.

    Jeuneafrique
  • Un présumé militaire Tanzanien capturé par le M23, l’affaire qui va embrasé la sous-région?

    Un présumé militaire Tanzanien capturé par le M23, l’affaire qui va embrasé la sous-région?

    Kikwete- Kagame-Depuis le vote de la résolution 2098 par le Conseil de sécurité de l’ONU et les contributions de la Tanzanie, de l’Afrique du Sud et du Malawi à composition de la brigade d’intervention spéciale de le l’ONU chargée de traquer les forces négatives dans l’Est du Congo, au nombre desquels le M23, ce mouvement avait lancé en vain au printemps dernier une série d’actions de lobbying et de séduction auprès des pays susmentionnés et des dirigeants de la SADC. Le M23 présente un militaire « Tanzanien » qui serait capturé  Le M23 est allé même menacer ces pays en promettant l’enfer à leurs troupes. Cela n’a pas été du goût du président tanzanien, qui ayant compris la manœuvre du M23 téléguidé depuis Kigali, a exiger au Rwanda et à l’Ouganda d’ouvrir un espace politique de dialogue avec leurs rébellions respectives installées en RDC. Depuis, c’est le grand « je t’aime moi non plus » entre Kagame, en perrte de vitesse, et  Kikwete, de plus en plus pressenti pour reprendre la direction et le leadership de la région des Grands Lacs. Ainsi, après son échec diplomatique et ses défaites militaires, le M23 passe à l’acte en exhibant la carte et les photos d’un militaire tanzanien capturé lors de derniers combats qui se sont déroulés les semaines écoulées au Nord-Kivu. Une stratégie de heurter la sensibilité de l’opinion publique tanzanienne afin de faire pression sur leur président pour retirer ses troupes du Congo. Quoi que tout à fait inopérationnelle, la présence dissuasive de la brigade d’intervention déjoue la tactique du m23 et son parrain rwandais. Ce dernier, par la voix de son président, Paul Kagame, dans une allocution tenue le 30 Juin 2013 devant la jeunesse Rwandaise s’est permis de s’attaquer au President Tanzanien, Kikwete en ces mots d’abord en Kinyarwanda : « Ces gens [le président tanzanien Jakaya Kikwete] vous venez d’entendre prendre langue avec les Interahamwe et FDLR et exhortant des négociations … des négociations? Moi, je n’ai même pas à discuter de ce sujet, parce que [s’exprimant ensuite en anglais pour que Kikwete le comprenne clairement] « je vais t’attendre » [le président tanzanien Jakaya Kikwete] à la bonne place et je vais te frapper! Il [le président tanzanien Jakaya Kikwete] ne méritait pas ma réponse. Je ne perds pas mon temps a lui répondre … c’est bien connu. Il ya une ligne qu’il ne faut jamais franchir. C’est impossible … ». La réponse du berger à la bergère ne s’est pas fait attendre, le président tanzanien a reagi avec fermeté en swahili cette fois-ci [pour que Kagame le comprenne bien et les analystes apprécieront cette rhétorique diplomatico-belliqueuse] en prévenant Kagame qu’il sera frappé comme un gamin. Voilà une passe d’armes diplomatiques qui ne cessera pas d’alimenter des débats dans la région. Ainsi, dans une communication faite le weekend dernier aux médias ougandais, les responsables du M23 ont annoncé avoir capturé un soldat tanzanien identifié au nom de Christopher George Yohana qui a déclaré avoir combattu avec au moins 70 autres ressortissants tanzaniens, experts en artillerie, aux côtés des FARDC/FDLR. Le M23 a même exhibé le passeport avec la photo du soldat tanzanien et a déclaré que l’intéressé était détenteur d’un fusil d’assaut AK47 avec le numéro de série 1372. Il commandait, au moment de sa capture une unité d’éléments des FDLR. Depuis l’annonce de cette information, le M23 est resté avare de déclarations à ce sujet. On comprend que désemparé, il tente par tous les moyens à justifier l’entrée officielle des troupes de son allié rwandais au Congo depuis que la communauté internationale a redoublé de pression sur l’implication du Rwanda au Congo. Le M23 et le Rwanda essayent de mener par tous les moyens, des actions pour discréditer les FARDC et la Monusco en ternissant leur image. Des allégations rejetées par les autorités tanzaniennes qui n’ont pas confirmé la détention d’un militaire tanzanien par le M23. Se dirige-t-on vers un remake Idi Amin Dada – Julius Nyerere ? Les invectives verbales entre Kagame et Kikwete font rappeler un précédent similaire qui s’est déroulé 38 ans plus tôt entre cette fois là l’Ouganda et la tanzanie. En octobre 1978, les troupes ougandaises d’Idi Amin Dada envahissent une partie du territoire tanzanien, dans la région de la Kagera. Julius Nyerere, le président tanzanien de l’époque, qui entretenait déjà de mauvaises relations avec Amin Dada, décide de punir son voisin envahissant. Avec l’aide de nombreux mouvements de résistance à la junte militaire, Nyerere crée le Front national de libération de l’Ouganda (UNLF) et l’UNLA. En avril 1979, l’UNLA occupe Kampala. Malgré un ultime appui de la part de la Lybie et du Soudan, Idi Amin Dada est contraint à l’exil en Libye. Des exilés ougandais vont former un gouvernement provisoire avec à sa tête Yusufu Lule. Le 27 mai 1980, Apolo Milton Obote, évincé du pouvoir par Idi Amin Dada en 1971, quitte la Tanzanie et revient au pays pour reprendre son poste de président le 15 décembre 1980. Milton Obote sera à son tour évincé du pouvoir en 1986 au profit de Yoweri Kaguta Museveni avec l’aide des services secrets zaïrois de Mobutu dirigés à l’époque par M. Honoré Ngbanda. Or à y regarder de près, la guerre des mots entre Kagame et Kikwete ressemble à s’y méprendre au scenario ci-haut décrit. Puisque l’histoire africaine reste un éternel retour à la case départ, le Rwanda risque de subir le sort et la correction affligés par la Tanzanie à l’ouganda en 1979. Un Kagame averti en vaut doublement (Mobutu et idi Amin) deux! Un trio en exercice de leurs derniers mandats présidentiels respectifs ? Ce qui est excitant pour les analystes politiques est de faire les projections sur ce que sera le leadership dans les années à venir des trois pays voisins qui occupent le bas du pavé de l’actualité macabre des Grands Lacs : Ouganda, RDC et Rwanda. En effet, Museveni et Kabila exercent leurs derniers mandats présidentiels jusqu’en 2016 et Kagame jusqu’en 2017. On sent déjà une certaine effervescence politique dans leurs pays respectifs. En Ouganda, Museveni doit décider s’il briguera un quatrième mandat en 2016. Cependant, même les électeurs qui reconnaissent son travail accompli depuis le coup d’Etat qui a renversé Milton Obote sont d’avis qu’il est temps de changer de dirigeant. Des rumeurs font état qu’il se préparerait à « léguer » le pouvoir à son fils, Muhoozi Kainerugaba (né le 24 Avril 1974 – voir photo ci-contre). Ce dernier a gravi de manière supersonique les échelons militaires et a connu une ascension fulgurante avec le grade de Général de brigade de l’armée ougandaise (UPDF) où il a est le commandant du Groupe de forces spéciales, qui englobe l’unité appelée Brigade de la Garde présidentielle chargée d’assurer la sécurité du président de l’Ouganda et aux monarques constitutionnels de l’Ouganda. Le groupe de forces spéciales est également chargé d’assurer la sécurité des installations pétrolières ougandaises. Il ne se passe pas un jour sans que la presse ougandaise fasse de ce « bébé général gâté et doré » ses choux gras. Au Rwanda, avec une fin de présidence de plus en plus controversée et décriée un peu partout, en plus d’être ternie par son implication négative au Congo, Kagame refuse de se prononcer sur son éventuelle succession à la tête du pays. Il a même évoqué la possibilité de convoquer un débat national à ce sujet: « le Rwanda d’aujourd’hui n’a pas été fait pour moi » s’exprimait-il sur Jeune Afrique et qu’il souhaitait que le débat sur son possible maintien à la tete de l’État se poursuive :« Le changement est nécessaire (…) mais il doit obéir à deux conditions : la poursuite du progrès dans tous les domaines et la sécurité nationale. Que je reste ou pas, il s’agit là d’impératifs absolus. » Quant au Congo voisin, on constate déjà une levée de boucliers au niveau de l’opposition, de l’église catholique et de la société civile quant aux tentatives de modification de la constitution en vue de permettre à Kabila de rempiler pour un troisième mandat avec la sortie test de la réaction de l’opinion publique du livre du Mazarin déchu Evariste Boshab ? Avec la tenue prochaine des concertations/dialogue sur la cohésion nationale, loa tension politique ne cessera sans doute de monter à chaque jours que l’on s’approche à petits pas de 2016, année de tous les dangers au Congo et dans la région. En 1986, un homme écrivait : « Le problème de l’Afrique en général et de l’Ouganda en particulier, ce n’est pas son peuple, mais les dirigeants qui veulent rester trop longtemps au pouvoir ». Cet homme n’était autre que Museveni lui-même, qui venait d’arriver à la tête du pays. Quelle est son opinion après avoir régné sans partage 27 ans à la tête de ce pays qu’un de ses généraux,détenu depuis, a jugé de prison à ciel ouvert ?

     

    Jean-Jacques Wondo

    Source:Direct.cd