Author: Don Kayembe

  • A Goma, la guerre sur fond de rumeurs

    A Goma, la guerre sur fond de rumeurs

    radio-A l’est du Congo, la population a confiance en son armée pour lutter contre les rebelles du M23, mais pas dans l’ONU. Dans une région où il y a peu d’information, la « radio des rumeurs » fonctionne en continu. Et alimente un peu plus cette guerre sans fin.

    Le conflit qui oppose les rebelles du M23 et l’armée congolaise (FARDC) près de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, dans l’est du pays, s’est intensifié depuis le 14 juillet. La lutte se déroule sur deux champs de bataille : à l’arme lourde autour de Kanyaruchinya, une ville désertée par ses habitants, située à 14 km au nord de Goma ; et dans l’usine à rumeurs du Nord-Kivu. Le feu nourri des FARDC perturbe le M23, tandis que des critiques acérées et des attaques verbales s’en prennent à la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).

    Le jeudi 18 juillet, des manifestations se sont déroulées à Goma contre la MONUSCO. La police a dû faire usage de gaz lacrymogènes et tirer en l’air à titre d’averstissement. Les ONG étrangères ont recommandé à leurs employés de ne pas sortir de chez eux, et le contingent pakistanais de la MONUSCO s’est préparé à multiplier ses patrouilles, voire à intervenir par la force.

    Le colonel Mamadou Ndala, qui commande la campagne des FARDC, avait défilé en héros dans les rues de Goma le matin même. Les passants et les motards (chauffeurs de moto-taxi) avaient escorté sa Land Cruiser camouflée et équipée d’une mitrailleuse dans tout le centre-ville. Le colonel avait inspecté un camion qu’on chargeait de carburant pour les troupes du front et visité le poste de commandement du 802e régiment d’infanterie de Goma.

    Quatre jours après la reprise des combats, au cours desquels plus de 100 rebelles auraient été tués, le colonel Ndala est manifestement adoré par les habitants de Goma. Amical, arborant un sourire radieux, c’est un personnage aimable et que l’imagination populaire de cette ville couverte de lave [le volcan Nyiragongo qui surplombe la ville est l’un des plus actifs au monde et a recouvert a deux reprises la ville] a pratiquement élevé au rang de saint. Une femme m’explique pourquoi il est si populaire à force de gestes menaçants : le colonel est l’homme qui va trancher la gorge au M23.

    Le soutien dont jouit le colonel Ndala n’a d’égal que l’hostilité que suscite la MONUSCO dans la population. Cela m’apparaît on ne peut plus clairement alors que je suis le colonel à travers la ville pour obtenir une interview. Devant un hôpital, une femme de soldat me jette une pierre qui me touche à la jambe. Puis mes oreilles sont assaillies d’insultes en swahili et lingala, deux des quatre langues nationales de la RDC. Mon chauffeur et moi expliquons à une foule menaçante de femmes et d’enfants, lui en swahili et moi en mauvais lingala, que je ne fais pas partie de la MONUSCO. Finalement, la femme qui m’a lancé la pierre me fait un sourire d’excuse et la haine laisse la place au désir de m’aider à faire mon travail.

    Alors que nous quittons la ville et suivons le colonel Mamadou sur la route de l’aéroport, nous apprenons la grande rumeur du jour : le colonel aurait été appelé à Kinshasa et serait affecté dans une autre province.

    Les rumeurs vont bon train en RDC. En 2010, les shégués (enfants des rues) de Kinshasa s’étaient moqués de mon smartphone et m’avaient expliqué que le radiotrottoir était « plus rapide que l’Internet ». A Goma, des adolescents tout excités racontaient des rumeurs à la Elvis sur la mort de Michael Jackson : la CIA était dans le coup et le roi de la pop vivait en fait à Lubumbashi [capitale de l’Etat du Katanga, situé à l’extrême sud du pays] et s’apprêtait à sortir un nouveau single. Les rumeurs récentes ont toutefois des implications plus sérieuses.

    La rumeur du départ du colonel pour Kinshasa s’est répandue et les cris « N’y va pas ! » et « Il n’ira pas ! » fusent au milieu des nuages de poussière que soulèvent la Land Cruiser et son escorte, qui foncent sur la route inachevée qui mène à l’aéroport… et le dépassent. Il est facile de prouver qu’une rumeur est sans fondement. Mamadou ne partait pas pour Kinshasa, et les choses auraient dû s’arrêter là.

    Sauf qu’il n’en est rien. L’idée même que le gouvernement central puisse empêcher Mamadou et les FARDC d’obtenir la victoire suffit à entretenir la colère. Une banderole proclame ainsi : « Mamadou reste et Kabila [président de la RDC] part. RIP Kabila. » Alors qu’il franchit les barrages de police pour foncer vers la ligne de front, les motards ne peuvent plus suivre le colonel, mais la foule continue à scander des slogans et les événements tournent à la manifestation.

    Un jeune homme nous déclare : « Si le colonel Mamadou s’en va, nous attaquerons tous les bâtiments de la MONUSCO. » Un autre souligne que leur homme pourrait vaincre le M23, mais que la MONUSCO l’en empêche.

    Le groupe de motards se disperse, rattrapé par la nécessité de repartir gagner son pain et par les appels au calme de Jean-Marie Malosa, le chef de la police du district de Nyragonga. Une fois les motards calmés et partis, celui-ci se dit content de voir que « la population est derrière l’armée ». Cet épisode permet en effet de tirer la leçon comme quoi la population soutient l’armée et le moral est bon.

    Les Nations unies suscitent beaucoup de frustrations à Goma. En novembre 2012, la MONUSCO n’a pas protégé la ville et le M23 l’a occupée pendant dix jours. Les habitants se souviennent d’avoir vu les soldats onusiens regarder sans rien faire les troupes du M23 déferler dans les rues et piller les bâtiments publics et un hôpital.

    Non seulement les gens ont l’impression que la MONUSCO ne les protège pas, mais ils sont convaincus que ses membres sont surpayés, en argent, en droits et en faveurs sexuelles. Des règles plus strictes ont été adoptées pour limiter les scandales sexuels, mais les salaires de la MONUSCO sont toujours largement considérés comme trop élevés.

    D’après les motards à qui j’ai parlé au cours de la semaine dernière, l’argent abonde à Goma. Les habitants pensent toutefois que cet argent n’arrive pas jusqu’à eux. « Les expatriés sont là pour gagner de l’argent et le rapporter chez eux », me confie un vendeur des rues.

    Les Nations unies espèrent que cette méfiance diminuera une fois que la brigade d’intervention qui vient d’être formée atteindra sa pleine capacité, le mois prochain. Constituée de Sud-Africains, de Malawites et de Tanzaniens, la brigade, qui a [pour la première fois] un mandat offensif pour combattre les milices rebelles, est en cours de déploiement à Sake, dans le Nord-Kivu.

    Les rumeurs se propagent à toute vitesse, et Goma est une poudrière. Une fois qu’une rumeur a pris, il est difficile de la faire taire. Même si le colonel Mamadou se dirigeait vers le front, et non vers l’aéroport, les motards se sont accrochés à l’idée que leur sauveur était envoyé ailleurs – et que cela, d’une façon ou d’une autre, était de la faute de la MONUSCO.

    Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement à Kinshasa, et le colonel Hamuli, le porte-parole des FARDC à Goma, ont appelé au calme et à l’arrêt des manifestations contre la MONUSCO sur Radio Okapi [une radio congolaise financée par l’ONU]. Selon eux, le M23 utilise les rumeurs pour déstabiliser la ville.

    La bataille pour le contrôle du discours ne se déroule pas uniquement via le radiotrottoir. Les échauffourées sont également permanentes en ligne. De Twitter aux blogs, information et désinformation jouent un rôle important dans la perception de la situation au Nord-Kivu. Twitter regorge d’inventions flagrantes, divers comptes présentent tous les jours depuis lundi [15 juillet] des états erronés de la position des combattants du M23, ainsi que d’autres rumeurs. La situation est tellement explosive et les informations si douteuses circulent tellement vite que c’est peut-être une bénédiction qu’il y ait si peu de gens ayant accès à l’Internet en RDC.

    Même si la brigade d’intervention arrive et fait un peu diminuer la haine vis-à-vis de la MONUSCO, les motards ne seront pas entièrement satisfaits. Ils continueront à se plaindre parce que le personnel des Nations unies et de l’aide se sont pas autorisés à faire appel à leurs services pour des raisons de sécurité. Il sera aussi difficile de conquérir la puissante radio trottoir que de s’attaquer au M23.

  • RDC: l’armée pilonne les positions du M23 à Rumangabo

    RDC: l’armée pilonne les positions du M23 à Rumangabo

    Des militaires congolais arrivent à Goma, le 3 décembre 2012 © AFP
    Des militaires congolais arrivent à Goma, le 3 décembre 2012
    © AFP

    -Le camp de Rumangabo, situé à 50 kms au nord de Goma dans le territoire de Rutshuru, a connu «un intense bombardement » en fin de la matinée de ce mercredi 24 juillet de la part des FARDC, ont indiqué des sources locales. Quelques personnes ont été blessées, selon les mêmes sources. La rébellion du M23 quant à elle parle d’au moins 15 civils tués. De son côté, le porte-parole des FARDC n’a pas réagi à ce dernier développement de la situation sur le terrain.

     

    Les habitants de Gisigari disent avoir vu environs de 11h30 locales ce mercredi, trois hélicoptères des FARDC larguer plusieurs bombes sur cette importante base militaire du M23 à Rumangabo.

    L’événement a surpris même les combattants du M23 eux-mêmes. Quelques instants plus tard, ils ont été vus  courir dans tous les sens dans la chefferie. Quelques-uns ont tout de même tiré plusieurs balles en direction des hélicoptères.

    Cette situation a créé la panique au sein de la population des villages environnant au camp de Rumangabo.

    Le M23, qui a confirmé l’information, a accusé les FARDC de n’avoir pas épargné, dans ce bombardement, les habitants civils autour du camp de Rumangabo. De son côté, le porte-parole des FARDC au Nord-Kivu, se garde jusque là de tout commentaire sur la question.

    Les combats entre FARDC et M23 avaient repris le 14 juillet dernier dans le groupement de Kibati. Mais une relative accalmie était observée sur les lignes de front jusqu’au mercredi 17 juillet.

    Ce jour-là, les FARDC avaient intensifié leurs bombardements sur les positions tenues par le M23 sur les collines avoisinant les localités de Kanyarucinya et Kibati, à une quinzaine de kilomètres au Nord de Goma. Des chars, des mortiers et des mitrailleuses lourdes montées sur des affuts avaient pilonné pendant une partie de l’après-midi les positions du M23.

  • RDC : l’armée passe à l’offensive dans le Kivu

    RDC : l’armée passe à l’offensive dans le Kivu

    fardc_01-En difficulté, les rebelles du M 23, attaqués par plusieurs groupes armés, ont du mal à conserver leurs positions.
    La maison d’André a déjà été pillée deux fois ces cinq derniers mois. Matelas, ustensiles de cui­sine, cahiers d’école, tout est parti, et pourtant le père de famille sait bien que «les hommes en armes» n’hésiteront pas à revenir. La semaine dernière, un jeune homme de 23 ans a été assassiné alors qu’il tentait de s’opposer à des voleurs ; alors, chaque jour, à la nuit tombée, André installe ses enfants sur des nattes dans un bosquet derrière son enclos pour passer la nuit à la belle étoile.
    «Voilà où nous en sommes arrivés. Je ne suis même plus en sécurité sous mon propre toit», dit-il. À Rutshuru, le fief des rebelles du M23, la situation sécuritaire n’a fait que se dégrader depuis la scission du mouvement en mars. Les attaques de groupes armés adverses se sont multipliées, sans que les rebelles ne puissent les endiguer faute de troupes.
    La reprise des affrontements entre l’armée gouvernementale et les rebelles il y a une semaine a intensifié la cadence des pillages, le M23 ayant concentré ses forces au sud pour combattre l’armée. Pour André et les habitants des villages sous occupation rebelle, la situation est devenu insoutenable.
    «Nous sommes fatigués. Chaque jour, nous nous réveillons avec des nouvelles de meurtres, violence sexuelle…Ce n’est pas forcément le M23 qui fait ça, mais ils ne savent pas nous défendre. L’armée doit revenir», dit Séraphin, un étudiant.
    Première victoire des troupes gouvernemen­tales en un an

    En mars, le M23 s’était scindé en deux factions rivales qui se sont affrontées pendant dix jours avant que 600 rebelles ne traversent la frontière pour trouver refuge au Rwanda. Affaibli par ces querelles intestines, le mouvement n’a, depuis, pas totalement recouvert le contrôle de son territoire, et l’assaut lancé le dimanche 14 juillet a permis à l’armée de reprendre plusieurs positions des mains des rebelles, la première victoire des troupes gouvernemen­tales contre le M23 en un an.
    Après avoir repris aux rebelles Mutaho et Kanyaruchinya à 10 kilomètres de Goma, le chef-lieu du Nord-Kivu, l’armée se bat depuis plusieurs jours pour Kibati, un ensemble de collines un peu plus au nord.
    Une victoire bien modeste, à peine deux kilomètres du territoire national reconquis, mais le symbole s’avère puissant. Jamais la population de Goma et de ses environs n’a soutenu l’armée gouvernementale, plus connue pour son indiscipline que son efficacité, avec une telle ferveur.
    Au sein de la rébellion du M23, l’humeur est variable et l’on cache son désarroi comme on peut. La branche politique se lamente de l’inflexibilité de Kinshasa, qui se refuse à négocier malgré la promesse formulée en novembre lorsque les rebelles avaient pris Goma.
    Le commandement militaire se dit, lui, serein. Sur la ligne de front, pourtant, les troupes avouent se battre «pour leur survie». Les munitions saisies à Goma en novembre ne seront pas éternelles et le soutien du Rwanda se ferait plus rare, si l’on en croit le dernier rapport des experts de l’ONU. De chaque côté, la question demeure «Pour combien de temps?»

    Mélanie Gouby

    Le Figaro

  • Gabriel Kyungu offre le bouclier katangais à Joseph Kabila

    Gabriel Kyungu offre le bouclier katangais à Joseph Kabila

    Kyungu wa Kumwanza parle du vole d’argent de l’etat, mais veut la nomination pour aller voler comme eux.Dès cette semaine, le leader de l’UNAFEC entame une tournée dans les villes, territoires et villages du Katanga pour prêcher la cohésion et la solidarité autour du Raïs.

    Un grand meeting-démenti. Car, certains détracteurs expliquaient le séjour à Kinshasa de « l’homme-évènement » du Katanga par la peur des « Bakata Katanga ». Alors que le grand leader du Katanga qui rivalise d’ardeur avec les leaders d’autres provinces de la RDC prenait part à des contacts sur les Concertations nationales. Voilà qui justifie la grande mobilisation observée samedi 20 juillet à la Kenya dans la ville de Lubumbashi, chef-lieu de la province du Katanga. Des milliers et des milliers de personnes ont ainsi répondu à l’appel du leader de l’Union nationale des fédéralistes du Congo, Gabriel Kyungu wa Kumwanza. Pour l’occasion, la permanence de l’Unafec et toutes les rues avoisinantes étaient noires de monde. Tous avaient soif d’écouter le grand Kyungu.

    Gabriel Kyungu avait-il fui les « Bakata Katanga » ou était-il en résidence surveillée ? Non, répond ce leader lors de son meeting comme pour balayer d’un revers de la main toutes les rumeurs. S’il s’est retrouvé à Kinshasa le 11 juillet dernier, le jour où, coïncidence oblige, les « Bakata Katanga » projetaient leur «coup», c’était simplement dans le cadre de certaines concertations au sujet de la grand-messe politique nationale qui s’annonce. Rien de plus, et surtout avoir avec des rumeurs folles. Arrivé sur le lieu du meeting à 17h00’, alors que la foule s’était amassée depuis 14h00’, Gabriel Kyungu wa Kumwanza, avec le franc-parler dont il détient seul le secret, a lancé un véritable défi à tous ses détracteurs. Il entame, dès la semaine prochaine, une tournée dans tout le Katanga.

    UN TAM-TAM DE RASSEMBLEMENT AUTOUR DE JOSEPH KABILA

    Sans détour, Kyungu a appelé les Katangais à l’unité et à la cohésion autour de Joseph Kabila. Pour celui que l’on appelle affectueusement «baba», le Raïs doit considérer le Katanga comme sa chambre à coucher, c’est-à-dire l’endroit où il doit être tranquille. Aussi, poursuit Gabriel Kyungu, les Katangais ne doivent pas se laisser distraire par des querelles byzantines, des divisions inutiles, l’heure est désormais au rassemblement. Le moment est arrivé pour un tam-tam de rassemblement autour de Joseph Kabila. Car, martèle-t-il, le Katanga doit redevenir un bloc uni comme ce fut le cas sous Moïse Tshombe, Godefroid Munongo, Janson Sendwe … de grands leaders, tout comme à l’époque de Nguz Karl-i-Bond. Bref, Gabriel Kyungu bat le rappel des Katangais comme le furent tous ces grands leaders.

    UNE GRANDE TOURNEE DANS TOUT LE KATANGA EN GESTATION

    Pour matérialiser sa vision et resserrer les liens des Katangais, Gabriel Kyungu entreprend, dès la semaine qui commence, une tournée à travers les villes, territoires, villages du Katanga (Kalemie, Ankoro, Moba, Mituaba, Sandoa, Dilolo et Kolwezi), y compris donc là où il y a des tensions. Il sera partout. Objectif de ce périple, prêcher la cohésion et la solidarité autour de Joseph Kabila. Le patron de l’Unafec bat le rappel des troupes en prévision des enjeux du moment. Il ne jure désormais que par la mobilisation des Katangais autour du chef de l’Etat en cette période où l’on s’approche de la tenue des Concertations nationales. Au cours de ce meeting monstre, Gabriel Kyungu a été introduit par l’incontournable Bamoïna, premier secrétaire général adjoint de l’Unafec en présence des cadres provinciaux d’autres partis de la Majorité présidentielle. M. M.

    Forum des As

  • Crise en Rdc : Alpha Condé soutient la médiation de Sassou Nguesso !

    Crise en Rdc : Alpha Condé soutient la médiation de Sassou Nguesso !

    Alpha Conde, Président de la Guinée
    Alpha Conde, Président de la Guinée

    -Le président guinéen Alpha Condé, en visite au Congo-Brazzaville, a affirmé samedi qu’il soutient les efforts de son homologue congolais Denis Sassou Nguesso dans la recherche des solutions pour la pacification de l’Est de la Rdc.

    « Aujourd’hui la situation est un peu difficile au Congo- Kinshasa, et nous pensons que le président Sassou est le mieux placé pour faire la médiation », a déclaré le chef d’Etat guinéen, au cours d’un point de presse à l’issue de sa visite de 48 heures en terre congolaise qui a débuté vendredi.

    « Mon voyage avait comme raison principale de venir l’encourager et voir comment échanger avec lui pour le soutenir dans cette politique de médiation, tous les différents acteurs en conflits ont confiance en lui, c’est pour lui apporter notre soutien, pour qu’il puisse réussir cette médiation, que je suis venu à Brazzaville », a indiqué M. Condé.

    Selon lui, la République Démocratique du Congo (RDC) est dans une situation très importante, qui mérite une attention toute particulière car, « si on peut trouver une solution à la crise que connait ce pays, cela peut être très important pour toute l’Afrique », a-t-il mentionné.

    S’agissant de la situation politico-sécuritaire qui prévaut dans son pays, le président Condé a laissé entendre que son gouvernement est en train de tout mettre en œuvre pour sécuriser tout le territoire guinéen et permettre ainsi, le bon déroulement des élections législatives prévues pour cette année.

    « Nous sommes actuellement en train de fouiller partout afin de récupérer les armes en circulation, je pense que cela en général et en aucun cas la tenue des élections », a-t-il conclu.

    Sur l’initiative de la Conférence internationale pour la région de grands lacs (CIRGL), M. Sassou Nguesso assume depuis janvier dernier la présidence tournante de cette institution, en qualité de facilitateur dans le conflit militaire qui oppose les forces armées régulières de la RDC aux rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC).

    Après Théodoro Obiang Nguema : « le prix de la sagesse bantoue » sera octroyé à Denis Sassou Nguesso en 2014

    Le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, recevra en janvier prochain, le « Prix de la sagesse bantoue », qui lui sera décerné en 2014 par le Centre international des civilisations bantoues (CICIBA).

    A en croire Chine nouvelle, la directrice du CICIBA, Mme Anne Marie Okome Mba, a donné cette information à l’issues de son entretien avec le ministre congolais de la Culture et des Arts, Jean Claude Ngakosso, en marge de la 9ème édition du festival panafricain de musique (Fespam). « Tous les 8 janviers, le CICIBA fête la journée mondiale des peuples bantous, el le CJCJBA a décidé, d’honorer ses pères fondateurs en leur attribuant un prix, intitulé Prix de la sagesse bantoue qui sera attribué cette année 2013 au président Théodoro Obiang Nguema de la Guinée Equatoriale et en 2014 au chef de l’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso », a indiqué Mme Mba, soulignant que ce prix fut décerné en 2009 à titre posthume au défunt président gabonais Omar Bongo Ondimba.

    « Le CICIBA occupe la vice-présidence du Fespam, et nous avons été invité à assister à la 9ème édition de ce festival. Nous avons ensuite profité de cette occasion, pour rencontrer le ministre de la culture et des arts, puisqu’il est le vice- président du conseil d’administration du CICIBA, afin qu’il se prépare pour la remise du prix de la sagesse bantoue au président Sassou Nguesso », a-t-elle expliqué.

    Le CICIBA, crée 1983, est chargé de rechercher, collecter et de vulgariser la civilisation bantoue qui regroupe les pays membres et 22 pays observateurs, tous membres de la communauté économique des pays de l’Afrique de l’Est (SAI)C). Le Bantous sont constitués de l’ensemble des populations africaines vivant au Sud de 1’Equateur. Ils sont présents au Nigeria, au Cameroun, au Gabon, en Centrafrique, au Congo- Brazzaville, en RD Congo, en Angola, en Zambie, au Kenya ainsi que dans tous les pays de la SADC.

    Le Palmarès/Le Potentiel

  • RDC: nouveaux combats entre l’armée et la rébellion M23

    RDC: nouveaux combats entre l’armée et la rébellion M23

    Armee_sud_africaine– L’armée gouvernementale et les rebelles du Mouvement du 23 mars se sont de nouveau affrontés lundi près de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, ont déclaré les belligérants.

    Les affrontements ont débuté dans la matinée, marquant une reprise des combats après une trêve relative observée depuis jeudi dernier. Ils avaient cessé en fin de journée, selon les rebelles qui affirment n’être qu’à 4 km de Goma mais ne pas vouloir prendre la ville.

    Leur porte-parole, le lieutenant-colonel Vianney Kazarama, a déclaré à l’AFP que le gouvernement avait utilisé des hélicoptères pour pilonner les positions du M23 dans la zone de Kibati et Uvira, “mais sans succès”.

    Un officier de l’armée régulière (FARDC) a confirmé ces affrontements. “Le M23 est en train de tirer des obus de mortiers à partir de Kibumba et nous nous avons engagé des hélicoptères pour bombarder les positions ennemies”, a-t-il dit sous couvert d’anonymat.

    Dans l’après-midi, un officier des forces gouvernementales a déclaré à l’AFP que les combats connaissaient une “accalmie”. Le porte-parole du M23 a ensuite indiqué qu’ils avaient cessé.

    L’armée était injoignable pour donner un bilan mais à Kinshasa le porte-parole du gouvernement a accusé lundi le M23 de meurtres, viols et pillages la semaine dernière.

    “Les éléments du groupe rebelle M23 ont commis de graves exactions au cours de la semaine dernière dans la cité de Kiwandja, au Nord-Kivu. Le bilan de ces violences fait état de 10 maisons et 15 boutiques pillées, 13 jeunes tués, 7 femmes violées et 13 personnes blessées”, a déclaré Lambert Mende.

    Le lieutenant-colonel Kazarama pour sa part affirmé: “Nous avons tué 35 militaires et FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda, une rébellion hutu) et capturé 20 militaires et FDLR”. Ce bilan n’était pas vérifiable de source indépendante.

    Le lieutenant-colonel Kazarama a assuré que la position du M23 la plus proche de Goma se situait à 4 kilomètres de la capitale provinciale.

    “Nous avons cette capacité d’arriver à Goma, mais ce n’est pas notre objectif, a-t-il précisé. Notre objectif est d’amener le gouvernement à dialoguer.”

    Le M23 avait occupé Goma une dizaine de jours en novembre et s’en était retiré sous la pression de pays de la région et en échange d’un dialogue avec Kinshasa.

    Ce dialogue ouvert en décembre à Kampala, en Ouganda, est au point mort et ce blocage a débouché sur une violente reprise des affrontements le 14 juillet.

    Le M23 est essentiellement composé de Tutsi congolais intégrés dans les FARDC à la faveur d’un accord de paix signé en 2009 mais qui se sont mutinés en avril 2012, estimant que cet accord n’avait jamais été pleinement respecté.

    Kinshasa et l’ONU ont accusé le Rwanda et l’Ouganda de soutenir le M23, ce que ces deux pays voisins de la RDC ont démenti.

    AFP

  • RDC: reprise des combats entre FARDC et M23

    RDC: reprise des combats entre FARDC et M23

    Les 4 jours de combat a l’Est de la RDC en images sur LAVDC-Des combats à l’arme lourde, des tirs rapprochés, ont eu lieu toute la journée de ce 22 juillet entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et les rebelles du M23, après plusieurs jours d’une relative accalmie. Il est trop tôt pour faire un bilan des combats. Les belligérants se renvoient la responsabilité de l’attaque et revendiquent tous deux la victoire.

    L’accalmie des derniers jours est terminée. Du côté des FARDC, on affiche la plus totale satisfaction. L’armée congolaise assure avoir pris de nouvelles positions aux rebelles du Mouvement du 23-Mars et notamment autour de Kibati.

    C’est sur les collines situées autour de cette localité que les efforts des soldats congolais ont porté, avec pour objectif de scinder les rebelles du M23 en deux groupes et de rendre très difficile l’approvisionnement pour l’un des deux.

    Selon plusieurs sources, l’armée congolaise aurait effectivement pris la position dite de Kibati « village », mais ce que les soldats visaient, c’est surtout la colline dite Des trois antennes, la plus élevée. C’est elle qui pourrait leur donner le contrôle de tout le secteur de Kibati.

    Du côté du M23, on affirme tenir toutes ces positions, avoir repoussé les différentes offensives des FARDC – appuyées, toujours selon le M23, par des bataillons de FDLR, les rebelles hutus rwandais. Des offensives ont été menées tous azimuts depuis le parc des Virungas, le Niyaragongo et Munigi, la position FARDC située au sud de Kibati.

    On parle de combats d’une rare intensité dans un mouchoir de poche. Mais chaque camp semble déterminé et se bat pour conserver ou gagner le moindre kilomètre de terrain.

    RFI

  • Côte d’Ivoire -Chine : dix milliards de dollars pour la Côte d’Ivoire

    Côte d’Ivoire -Chine : dix milliards de dollars pour la Côte d’Ivoire

    Ouattara-BTP_AFPD’ici à six ans, la Chine pourrait octroyer dix milliards de dollars de prêts à la Côte d’Ivoire pour financer de grands projets d’infrastructures.

    Selon Albert Mabri Toikeusse, ministre chargé du Plan et du Développement, interrogé par l’agence Bloomberg, la Chine pourrait prêter 10 milliards de dollars à la Côte d’Ivoire à des taux préférentiels sur les six prochaines années afin de financer des projets d’infrastructures. Un montant deux fois plus important que l’annonce faite par le président Ouattara il y a un an lors de son retour de Pékin.

    Des contrats de gré à gré

    La majorité des prêts concessionnels seront octroyés par Exim Bank, augmentant encore les passations de contrats publics de gré à gré en Côte d’Ivoire, Pékin exigeant que les travaux soient réalisés par des groupes chinois. Contacté par Bloomberg, le conseiller économique chinois Lu Pang n’a pas souhaité commenter l’information. Environ 2,5 milliards de dollars seront consacrés à l’expansion du port d’Abidjan qui, outre la Côte d’Ivoire, dessert également le Mali et le Burkina Faso.

    Deux autres milliards devraient être utilisés pour construire une voie ferrée entre la ville de Man, située non loin de la frontière guinéenne, et San Pedro, le second port du pays. Toujours dans l’Ouest, l’entreprise chinoise Sinohydro a commencé la construction du barrage hydroélectrique de Soubré, d’une puissance de 275 megawatt pour un montant de 500 millions de dollars. Au mois de janvier, la Chine avait également accordé un financement de 120 millions d’euros destiné à la réalisation de l’autoroute entre Abidjan et Grand Bassam. Cent millions d’euros avaient déjà été octroyés en 2012 pour renforcer l’approvisionnement en eau potable de la capitale à partir de la nappe de Bonoua.

    Cantonné au BTP

    Le partenariat entre le Chine et la Côte d’Ivoire a débuté dans les années 1990 par le financement de projets relativement modestes comme le périmètre rizicole de Divo, la construction du palais de la culture ou de l’hôpital de Gagnoa (9 millions de dollars). Si l’Empire du Milieu est depuis largement monté en puissance, ses intérêts restent pour le moment cantonnés au secteur du BTP.

    Interrogé par Jeune Afrique au mois d’avril, Pang Lu n’envisageait pas d’inciter ses concitoyens à investir dans les domaines pétrolier, minier ou même agricole à l’exception de la fourniture d’intrants ou de produits phytosanitaires. Une trentaine d’entreprises chinoises, pour la plupart publiques, seraient actuellement présentes en Côte d’Ivoire. « Nous sommes encore très loin des Français », précisait-il alors.

    Jeuneafrique
  • RDC – Belgique : Albert II, les Congolais et le devoir de mémoire

    RDC – Belgique : Albert II, les Congolais et le devoir de mémoire

    Albert- Joseph-Albert II, le roi des Belges, a annoncé son “intention” de passer le flambeau à son fils, le prince héritier Philippe, le dimanche 21 juillet. En près de deux décennies de règne, il n’aura visité officiellement la RDC qu’une seule fois. Que retiendra-t-on de sa relation avec l’ancienne colonie belge, autrefois propriété privée de Léopold II, son arrière-grand oncle ?

    Une seule visite officielle en RDC en près de vingt ans de règne. Albert II, le roi des Belges, n’aura pas beaucoup fréquenté l’ancienne « propriété privée » de son arrière-grand oncle Léopold II, également ex-colonie de la Belgique (1908-1960). Une présence bien discrète pour un monarque pourtant décoré, dès 1969, alors qu’il n’était que prince, du Grand cordon du léopard, lors de sa première visite au Congo indépendant…

    Il a fallu attendre les festivités du cinquantenaire de l’indépendance de la RDC, en 2010, pour voir de nouveau Albert II fouler le sol congolais. « C’est le seul moment marquant dans sa relation de roi des Belges avec le Congo », souligne Pierre Verjans, membre de la Cellule d’appui politologique Afrique-Caraïbes (Capac) de l’Université de Liège, qui s’intéresse au microcosme politique belgo-congolais.

    “Fin d’une époque”

    « Sa présence à Kinshasa était appréciable parce qu’elle témoignait aux Congolais le soutien de la Belgique au processus de démocratisation du pays », explique le chercheur. Malheureusement, le roi évitera toute prise de parole en public tout au long de son séjour. « Un silence abasourdissant », regrette Pierre Verjans, rappelant que la population congolaise voulait, elle, « entendre le roi des Belges » sur plusieurs questions : politique interne, relation avec la Belgique, situation sécuritaire dans la région des Grands lacs…

    L’occasion ne se présentera pas une deuxième fois puisque le roi des Belges a annoncé son « intention d’abdiquer le 21 juillet » en faveur de son fils aîné Philippe. « C’est la fin d’une époque », lâche, ému, Lambert Mende.

    “Albert II a plusieurs fois pesé de son poids symbolique pour le financement de certains projets en RDC.”

    Pour le porte-parole du gouvernement congolais, le « roi qui se retire » avait toujours eu une « sensibilité » aux problèmes sociaux auxquels la RDC est souvent confrontée. « Il a plusieurs fois pesé de son poids symbolique, dans les limites de son pouvoir royal, pour le financement de certains projets de la coopération belge au Congo », assure-t-il, faisant notamment allusion à la réhabilitation en 2010 du centre hospitalier Roi Baudouin à Masina, dont la première pierre avait été posée en 1985 par le frère aîné du roi Albert II.

    Devoir de mémoire

    Aux yeux de l’historien d’origine congolaise Elikia M’Bokolo en revanche, « les Congolais sont plutôt indifférents » à l’égard du roi Albert II. Et « son abdication est un non événement pour la RDC », ajoute le spécialiste de l’histoire africaine qui présente, chaque semaine, l’émission Mémoires d’un continent sur les ondes de RFI.

    « N’oublions pas que Albert II est un descendant de Leopold II, celui-là même qui a commis des crimes innombrables en RDC, alors État indépendant du Congo, sa propriété. Toute la fortune de cette famille royale en Belgique vient des pillages des ressources naturelles congolaises », rappelle Elikia M’Bokolo, regrettant que « les dirigeants congolais [soient] moins engagés sur les enjeux de mémoire ». Un terrain glissant sur lequel Congolais et Belges sont encore loin de se mettre d’accord.

    « L’ensemble des décideurs belges par exemple admettent que beaucoup de fautes ont été commises au Congo à l’époque du roi Léopold II, mais ils restent convaincu que le souverain a également permis l’accession de cette partie de l’Afrique à la modernité », explique le chercheur Pierre Verjan. « Cette position n’est cependant pas largement soutenue par l’opinion publique belge », précise-t-il.

    L’Histoire retiendra, elle, que c’est sous le règne du roi d’Albert II que « la Belgique a assumé, en 2001, sa responsabilité en tant qu’État dans la participation des Belges – alors commis à des fonctions publiques – dans tout le processus de l’assassinat du premier Premier ministre congolais, Patrice Lumumba », note Pierre Verjan. Une première pierre sans doute dans le « chantier de devoir de mémoire » entre les deux pays.

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    Par Trésor Kibangula