Author: Don Kayembe

  • La Cour constitutionnelle va trancher en RDC

    La Cour constitutionnelle va trancher en RDC

    Les deux candidats ont respectivement introduits des requêtes auprès de la cour constitutionnelle.

    L’un, exige l’annulation de la présidentielle tandis que l’autre, demande la suspension de la proclamation des résultats définitifs en attendant l’organisation des élections à Beni, Butembo et Yumbi.

    Les localités où les scrutins ont été annulés à cause de l’épidémie d’Ebola et l’insécurité.

    Martin Fayulu, membre de la coalition Lamuka arrivé deuxième, lors de la présidentielle a introduit son recours la semaine dernière auprès de la Cour.

    Les arguments de Fayulu

    Dans sa requête, il spécifie que selon les procès-verbaux et fiches des résultats en sa possession, il a recueilli deux millions de voix plus que celles qui lui ont été attribuées par la CENI.

    Et pour le juriste, Georges Kapiamba, “s’il arrive à démontrer avec preuve à l’appui que c’est lui qui a eu plus de voix, la Cour peut statuer dans le sens d’une annulation de la décision de la CENI et le proclamer comme président de la république élu. Mais s’il ne fournit pas assez de preuves, sa requête sera déclarée recevable mais non fondée”.

    Un autre argument présenté par le candidat de Lamuka est l’écart de voix entre Felix Tshisekedi et lui. Pour Martin Fayulu cet écart de voix serait lié à l’annulation des votes dans les territoires de Beni, Butembo et Yumbi, soit 1. 359.000 personnes privées de vote.

    “La décision prise par la CENI dans la forme actuelle, est une décision administrative et par conséquent, la Cour constitutionnelle devra se déclarer incompétente”, a estimé Georges Kapiamba.

    L’autre décision très attendue de la Cour constitutionnelle est le recomptage des voix.

    “C’est prévu dans la loi que les juges peuvent ordonner le recomptage des voix, lorsque par exemple l’ordre d’arrivée est disputé”, selon Georges Kapiamba de l’Association congolaise pour l’accès à la justice.  

    En attendant l’audience publique, les différentes parties impliquées dans le processus préparent soigneusement leurs argumentaires.

     

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  • Football: le Maroc veut organiser la CAN-2025

    Football: le Maroc veut organiser la CAN-2025

    Le Royaume chérifien voulait organiser la Coupe du monde 2026, une compétition que le comité de la FIFA a attribuée au trio Etats-Unis, Canada et Mexique. 
    Qui peut le plus, peut le moins, le Maroc était pressenti pour accueillir la CAN-2019. Mais selon le quotidien “Al Akhbar” qui cite la Fédération marocaine de football, le Royaume chérifien a refusé d’accueillir cette compétition pour ne pas entrer en conflit avec les autorités camerounaises à qui la Confédération africaine de football CAF ne faisait plus confiance.

    La Guinée prioritaire pour accueillir la CAN-2025

    Naby Keita et ses coéquipiers célèbrent le but guinéen

     

    Le Maroc compte déposer son dossier pour l’édition 2025 en attendant que la CAF se prononce justement sur le potentiel dont dispose la Guinée pour organiser cet évènement. 
    Au cas contraire, le Maroc est prêt à accueillir la CAN-2027, mais là aussi, la candidature marocaine fera face à celles du Sénégal, de la Gambie et de la Mauritanie.

    Le tirage au sort de la finale de la Ligue des nations UEFA 

    Les matches de demi-finales opposeront le 05 juin le Portugal à la Suisse, à Porto. Le 06 juin, les Pays-Bas affronteront l’Angleterre à Guimaraes, toujours au Portugal.

    Le match pour la 3e place ou la petite finale, se tiendra le 09 juin à Guimaraes, la grande finale se déroulera le même jour mais dans la ville de Porto.

    Le Rallye Dakar-2019: 26% des cas d’abandons

    C’est-à-dire 84 abandons sur un total de 331 participants. Un nombre calculé pourtant au terme de la 5e étape de cette course qui était lundi à sa 7e étape.

    Parmi les causes qui compliquent la course, les dunes de sable au Pérou où se déroule d’ailleurs cette compétition. 
    Au terme de la 7e étape, le Qatari Nasser Al Attiyah et le Français Matthieu Baumel sont provisoirement en tête. Ils concourrent sous la marque Toyota.
     

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  • Ali Bongo de retour provisoirement au Gabon

    Ali Bongo de retour provisoirement au Gabon

    Ali Bongo est retourné dans son pays, une semaine après la tentative de coup d’Etat du 7 janvier. Il est absent de son pays depuis le 24 octobre dernier suite à un accident vasculaire cérébral, AVC.

    Depuis son hospitalisation à Ryad en Arabie Saoudite, les rumeurs n’ont cessé de courir sur son état de santé, certains n’hésitant pas à le donner mort.

    Il a fallu plusieurs semaines avant que les autorités de Libreville ne reconnaissent que le président Bongo avait fait un AVC, et plusieurs semaines avant que des images de ce dernier ne soient diffusées.

    Sa seule apparition télévisée, lors des traditionnels vœux de la Saint Sylvestre, a été enregistrée depuis le Maroc où il fut transféré début décembre pour y poursuivre sa convalescence.

    Le président Ali Bongo sera présent à la cérémonie de prestation de serment des 38 membres de son nouveau gouvernement ce mardi au palais présidentiel de Libreville.

    C’est ce qu’a confirmé Alain-Claude Bilie-By-Nzé, ministre d’Etat chargé des sports dans le nouveau gouvernement. Ecoutez l’interview en cliquant sur l’image.

    La prestation de serment du nouveau gouvernement intervient quatre jours après la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale, après huit mois sans députés.

     

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  • 2018, année particulièrement meurtrière au Burundi

    2018, année particulièrement meurtrière au Burundi

    La conclusion de l’ONG “Forum pour la conscience et le développement” (Focodé) est sans équivoque : l’année 2018 a été particulièrement violente au Burundi. Focodé a initié en 2016 une campagne de dénonciation des cas de disparitions forcées dans ce pays en crise.

    Ndondeza sans réponse

    La campagne, dénommée “Ndondeza” (en français “où sont-ils”) s’adresse aux autorités burundaises et à la communauté internationale. Pour la seule année 2018, l’ONG Focodé dit avoir recensé 28 cas de disparition forcée auxquels le pouvoir répond par le silence.

     

    Les victimes seraient en majorité des militants de l’opposition mais aussi des membres du parti au pouvoir, le Cndd-Fdd. L’ONG vient de clore une semaine de communication sur sa campagne. Son président Pacifique Nininahazwe indique que les autorités burundaises n’ont jamais prouvé le contraire des accusations portées contre elles.

    Pour écouter l’interview avec Pacifique Nininahazwe, cliquez sur l’image principale de l’article !

    En plus des 28 cas de disparition forcée recensés par Focodé en 2018, s’ajoutent une vingtaine d’autres cas documentés la même année. L’ONG indique avoir documenté, depuis le début de la campagne Ndondeza en 2016, au total 107 cas de disparitions forcées. Mais selon Pacifique Nininahazwe, ce chiffre serait largement en-dessous du nombre réel de disparitions dans le pays.

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  • Élections générales en RDC : la contestation grandit

    Élections générales en RDC : la contestation grandit

    C’est ce mardi 15 janvier 2019 que la Cour constitutionnelle va démarrer à Kinshasa l’examen des différents recours portant sur l’élection présidentielle du 30 décembre dernier. Plusieurs candidats malheureux  des élections législatives et provinciales ont déposé des recours en annulation ou en contestation de ces résultats. C’est donc pour éviter une crise post-électorale que plusieurs institutions sous régionales, la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) et la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL) ont demandé tour à tour à la Céni de recompter les voix.

    Selon Edgar Lungu, le président en exercice de la SADC, un “recomptage de voix permettrait de rassurer à la fois les vainqueurs et les perdants”. Une position qu’a aussi adoptée Denis Sassou Nguesso, le président du Congo voisin, et par ailleurs président en exercice de la CIRGL.

    Cette avalanche de pression est pourtant saluée par le candidat de la coalition Lamuka (ndlr, Réveillez-vous en langue linguala), Martin Fayulu.

    Cependant, sans la remettre en question, l’analyste politique et économique congolais, Al Kitenge estime que cette posture n’est pas réaliste :

    “Je ne crois pas que ça soit réaliste quand vous regardez les difficultés logistiques qu’il y a dans le pays. Si on doit refaire cet exercice, il faut compter éventuellement un mois pour être en mesure de faire les choses dans l’ordre, ce que la Céni n’a pas été capable de faire. Est-ce que le processus a été  transparent dès le début? La réponse est non. Pourquoi, voulez-vous qu’il soit transparent de manière spectaculaire à la fin?”

     

    Compilation des bulletins non achevée

    En plus de deux candidats malheureux à l’élection présidentielle du 30 décembre 2018 (Martin Fayulu et Théodore Ngoy), plusieurs candidats aux scrutins législatifs nationaux et provinciaux dénoncent de nombreuses irrégularités. Si la Céni a publié avant l’échéance prévue les résultats de ces élections, certains candidats de l’opposition, bien qu’élus, ont regretté que les compilations des bulletins de vote n’étaient pas achevées au moment de la publication des résultats provisoires.

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    Juvénal Munubo Mubi (UNC) : “La Céni a envoyé les résultats par clés USB”

    “La Céni a relevé les résultats sur la base des clés USB des machines à voter. Donc c’était une sorte de transmission électronique des résultats. La transmission électronique des résultats, si c’est ce qui a été appliqué, on devrait en faire part aux parties prenantes comme le dit la loi électorale”, a soutenu Juvénal Munubo Mubi, réélu à Walikale dans le Nord-Kivu, pour le compte de l’UNC, l’Union pour la nation congolaise de Vital Kamerhe.

     

    Le pouvoir accuse l’opposition

    Du côté Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie du président sortant Joseph Kabila, c’est un autre son de cloche. François Nzekuye, député réélu du territoire de Rutshuru du PPRD, accuse les candidats de l’opposition d’avoir été en accointance avec certains groupes armés.

    “C’est plutôt nous qui devons dénoncer les irrégularités à Rutshuru (ndlr un des territoires du Nord-Kivu). Parce que la moitié du territoire est occupé par des groupes armés qui ont empêché aux candidats de la majorité d’accéder à ces parties du territoire pour y battre campagne. Et ils ont imposé à la population de ne voter que pour les candidats de l’opposition”, a-t-il expliqué à la DW.

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    François Nzekuye : “les groupes armés nous ont empêché de battre campagne”

     

    Les religieux montent au créneau

    Restée discrète jusqu’à présent, l’Église du Christ au Congo affirmé ce lundi prendre acte des résultats contestés de l’élection présidentielle du 30 décembre en RDC.

    La principale force protestante du pays, et qui a déployé 10.000 observateurs électoraux le jour du scrutin, demande aux juridictions compétentes de “dire le droit” sur les différents contentieux électoraux en vue, dit-elle, de garantir la paix sociale.

    Avant elle, l’influente Église catholique qui avait déployé 40.000 observateurs avait aussi mis en doute les résultats que la Céni a publiés.

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  • Richard Grenell, l’ambassadeur pas comme les autres

    Richard Grenell, l’ambassadeur pas comme les autres

    Et ce lundi le Handelsblatt publie l’intégralité de la lettre. Elle débute ainsi : “Comme vous le savez, les Etats-Unis sont ferment opposés au gazoduc Nord Stream 2”. Le diplomate fait savoir son “inquiétude quant au comportement agressif de la Russie, notamment l’utilisation par Moscou des ressources énergétiques comme levier politique et économique.” 

    Il parle de la sécurité pour l’Ukraine, par où le gaz passe actuellement et qui, sans gazoduc, serait à la merci de Moscou. “Nous insistons sur le fait que les entreprises qui opèrent dans le domaine des pipelines pour l’exportation d’énergie russe s’engagent dans des activités qui comportent un risque significatif de sanctions.”  L’ambassadeur ajoute qu’il en va de la réputation des entreprises allemandes.

    “Lex Grenell”, la loi Grenell, commente la Süddeutsche Zeitung. “Richard Grenell aime se comporter comme un homme politique. Le rôle du diplomate ne lui suffit pas”. 
    Le journal rappelle les débuts fracassants de cet ambassadeur pas comme les autres. L’envoyé de Trump avait donné une interview au site d’extrême droite nationaliste Breitbart News l’été dernier pour y déclarer qu’il soutiendrait des conservateurs en Europe qui se soulèvent contre les élites. 
    De la “Postdiplomatie” avait à l´époque titré Die Zeit en appelant le gouvernement à montrer à l’ambassadeur américain “quelles étaient les limites à ne pas dépasser”.

    Sur le front économique aussi ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis “se permettent” ce genre de manœuvres, explique la Süddeutsche Zeitung. “Quand ils ne pouvaient pas convaincre les acteurs politiques européens de ne pas faire d’affaires avec l’Iran, ils ont également menacé les entreprises européennes de sanctions.” Pour le quotidien, certes “le projet Nord Stream 2 fait débat parce qu’il devrait augmenter la dépendance de l’Allemagne vis-à-vis du gaz russe mais les décisions reviennent aux gouvernements européens et allemands et non pas à Washington et encore moins à leurs ambassadeurs.”

     

    Cellule d’extrême droite au sein de la police allemande

    De la lettre d’intimidation politique de l’ambassadeur américain, on passe à la lettre de menaces de mort qu’a reçue en Allemagne une avocate allemande d’origine turque qui avait notamment défendu une victime du groupe terroriste d’extrême droite allemand NSU. 
    Elle s’appelle Seda Basai Yildiz. Signé NSU 2.0 du nom de ce groupe, le langage est on ne peut plus crû. On y menace “d’arracher la tête à sa fille”, de s’occuper “comme il se doit de son équipe de mangeurs de döner kebab”.

    L’avocate avait déjà été la destinataire d’une lettre signée NSU 2.0 en décembre. L’enquête avait alors mené vers un commissariat de Francfort et cinq policiers d’extrême droite, suspendus depuis.

    Depuis, la police tente de réagir pour redorer son blason, explique le Tagesspiegel de Berlin. “Les policiers de Francfort ne sont pas des nazis” peut-on lire dans une lettre, encore une, signée par des fonctionnaires de police appelant à éviter les “préjugés et les généralisations”. “Les coupables veulent m’intimider, mais je n’abandonnerai pas“, a déclaré l’avocate à la Süddeustche Zeitung.

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  • Theresa May joue son va-tout sur le Brexit

    Theresa May joue son va-tout sur le Brexit

    Ne pas voter pour l’accord pour l’accord sur le Brexit porterait “un coup fatal” à la confiance du peuple britannique et à la démocratie parce que ce sont les Britanniques qui ont décidé, par référendum, de quitter l’Union européenne : voilà l’argument massue brandi par Theresa May pour finir de convaincre les députés de voter, mardi 15 janvier, en faveur de l’accord négocié avec Bruxelles.

    Le gouvernement britannique s’est engagé à publier une lettre de l’Union européenne qui contient toutes les “assurances” données par Bruxelles sur l’accord du Brexit. Mais l’UE prévient d’ores et déjà qu’il ne sera pas possible de modifier l’accord négocié.
    Pour rappel, le Royaume-Uni est censé sortir le 29 mars à minuit de l’Union européenne.

    Sandrine Blanchard a demandé à Philippe Marlière pourquoi Theresa May a si peur que les députés rejettent son accord.

    Philippe Marlière est professeur de sciences politiques au University College London. Ecoutez sa réponse en cliquant sur la photo ci-dessus.

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  • Le Zimbabwe veut relancer sa propre devise

    Le Zimbabwe veut relancer sa propre devise

    Le Zimbabwe veut reprendre la main sur sa monnaie. Depuis dix ans, à cause de l’inflation, il n’y a plus de devise nationale. Les échanges se font en dollars américains. Mais cela n’a pas suffi à relancer l’économie. Les nuages s’accumulent et la nouvelle administration n’arrive à pas regagner la confiance des marchés. Seule solution selon les autorités : revenir au dollar zimbabwéen.

    Il y a dix ans, l’argent ne valait plus rien au Zimbabwe. Un billet de banque de 100 000 milliards de dollars zimbabwéens, bout de papier à quinze chiffres, ne payait même pas un ticket de bus.

    De dévaluation en dévaluation, le gouvernement a dû trancher. La monnaie nationale a été abandonnée et le dollar américain est devenu la devise de référence. Mais dans les rues d’Harare, on trouve aussi des yuan chinois, des yen japonais, des roupies indiennes ou des rands sud-africains.

    Mais malgré ces solutions de secours, la confiance n’est pas revenue. Les investisseurs ne croient toujours pas en l’économie zimbabwéenne. Ils ne veulent pas laisser leur capital au Zimbabwe.

    Petit à petit, les dollars américains, qui devaient relancer la machine, se sont faits de plus en plus rares. Aujourd’hui, l’inflation et les pénuries sont de retour. Les prix du carburant et des médicaments recommencent à grimper.

    Comment s’en sortir ? Les autorités font un pari risqué : revenir à la monnaie locale d’ici à la fin de l’année en espérant calmer le jeu. Et retrouver un peu de sérénité financière.

     

  • Elections en RDC: les grandes lignes des résultats provisoires

    Elections en RDC: les grandes lignes des résultats provisoires

    En RDC, le processus électoral est toujours aussi contesté. La coalition Lamuka qui a soutenu l’opposant Martin Fayulu à la présidentielle, a déposé ses recours dans la matinée de ce samedi 12 janvier, pour la présidentielle. Martin Fayulu, arrivé deuxième, revendique 61% des sièges. La Commission électorale (Céni) a fini, dans la nuit de vendredi à ce samedi,  par donner les résultats des élections législatives. Le président proclamé, Felix Tshisekedi, aurait moins d’une cinquantaine de sièges, Lamuka aurait moins d’une centaine sièges et le Front commun pour le Congo (FCC), coalition au pouvoir, revendique, elle, une majorité absolue.

    Le Front commun pour le Congo, coalition qui rassemble les partis pro-Kabila, a revendiqué entre 250 et 300 députés. Ce serait un peu moins qu’en 2011. Cependant, il est extrêmement difficile de faire la filiation de tous les regroupements politiques et les candidats et c’est aussi l’une des particularités de l’ère Kabila. Les partis s’effacent derrière des regroupements, reconfigurables à souhait après les élections et c’est ce qui explique que le décompte soit difficile à faire.

    Dans le détail, le PPRD, parti présidentiel, devrait perdre quelques sièges par rapport aux précédentes élections. C’est donc grâce à ses alliés que le FCC revendique, aujourd’hui, la majorité absolue.

    Evidemment, dans les rangs de l’opposition, de la société civile, comme chez les observateurs, on s’étonne de ce score très élevé. La coalition qui détient le moins de voix à la présidentielle (4 millions pour son candidat Emmanuel Ramazani Shadary) raflerait 70 % des sièges ou même plus.

    Quant aux coalitions de l’opposition, Cach et Lamuka, elles se retrouvent largement minoritaires tout en ayant recueilli plus de de 70 % des suffrages à la présidentielle. En effet, selon le premier décompte de Cach, la coalition de Félix Tshisekedi, l’UDPS, a au moins 31 députés et pour l’UNC et alliés de Vital Kamerhe, 18 députés. On se dit déjà prêt à introduire des recours. La coalition Lamuka qui revendique 61 % des voix à la présidentielle pour Martin Fayulu, pourrait ainsi devenir la deuxième force politique à l’Assemblée, tout en totalisant moins d’une centaine de sièges.

    Recours et négociations

    Joint par RFI, Thotho Mabiku, l’un des conseillers de Félix Tshisekedi, commente ces résultats. « C’est un peu un sentiment de déception. Nous trouvons que c’est vraiment très peu de députés pour notre coalition mais pour nous, le plus important, pour le moment, c’est que nous avons l’alternance, un nouveau président élu », a-t-il déclaré.

    A la question de savoir s’ils vont avoir un contrôle effectif des institutions quand ils n’ont la majorité nulle part – à moins de rentrer dans la majorité, c’est-à-dire au sein du FCC – et qu’ils n’auront pas le Premier ministre qui contresigne l’essentiel des décisions du président, Thotho Mabiku répond que « la stratégie, nous laissons cela au président de la République ». « Nous croyons que les jours qui viennent seront très déterminants », souligne-t-il avant d’ajouter qu’ils ne rejettent pas les résultats.

    « Nous prenons d’abord acte de ce qu’il y a mais les recours ne manqueront pas parce qu’il y a des coins où nous estimons que nous aurions pu gagner. Or, les résultats que nous voyons sont autres », précise Thotho Mabiku, conseiller de Felix Tshisekedi.

    Ainsi, du côté de Cach, on réfléchit déjà à une stratégie qui passera nécessairement par la case Cour de justice mais aussi par des négociations notamment avec le FCC. En effet, avec 49 sièges à l’Assemblée, Cach ne peut pas revendiquer la primature et ne peut donc former un gouvernement.

    Le FCC va-t-il leur accorder certains ministères ? Ce que propose, aujourd’hui, le docteur Kodjo Ndukuma, du FCC, à Cach, c’est d’intégrer une nouvelle majorité au pouvoir ou bien d’entrer dans une phase de cohabition. Cach, de son côté, pense qu’avec son poste de président, Felix Tshisekedi aura une influence sur les autres institutions.

    « Une vaste blague »

    Martin Fayulu de son côté, avec la Dynamique de l’opposition, sa coalition, n’était même pas sûr, ce samedi matin, d’avoir un groupe parlementaire. Lamuka est encore en train de faire les comptes mais ils auraient moins d’une centaine de députés, ce qui en ferait, si les résultats se confirment, la deuxième forme politique à l’Assemblée. C’est notamment la plateforme électorale de Moïse Katumbi qui obtient le plus de sièges. C’est aussi celle qui présentait le plus de candidats de toute l’opposition.

    « C’est de la vaste blague. Monsieur Kabila s’est donné les deux tiers de l’Assemblée nationale parce qu’il pense, demain, avec sa coalition bidon, changer la Constitution. Et vous comprenez, comme je le disais, tout est cousu de fil blanc. Monsieur Kabila pense avoir trouvé quelqu’un qui va pérenniser son pouvoir. Le peuple congolais ne le laissera jamais faire cela. C’est pour cela que nous demandons le recomptage de toutes les voix sur toutes les élections, sur les trois élections : présidentielle, législatives nationales et législatives provinciales. Il faut recompter les voix. Et si monsieur Kabila et ses acolytes pensent liquider le Congo, nous, on ne le laissera pas », a déclaré, sur RFI, Martin Fayulu.

    Implications institutionnelles

    La victoire annoncée du FCC aux législatives pourrait avoir également des implications institutionnelles. C’est ce que redoutent les opposants à Joseph Kabila car les députés de la majorité pourront réformer la Constitution. Mais il faut attendre que tous ces résultats soient confirmés.

    Il y a des périodes de recours qui s’ouvrent et qui pourront durer plus de deux mois. A partir de là, quand les assemblées seront figées et si ces tendances se confirment, le FCC devrait avoir la majorité des sénateurs. Ce qui pourrait offrir à Joseph Kabila la possibilité de venir président du Sénat, c’est-à-dire deuxième personnage de l’Etat et qui, éventuellement, s’il arrivait quelque chose au président – s’il était par exemple empêché – pourrait prendre la tête des institutions.

    D’autre part, les experts électoraux observent qu’avec toutes ces forces politiques et avec cette répartition des sièges, si elle se confirme, le FCC pourra effectivement avoir suffisamment de sièges à l’Assemblée pour changer la Constitution et pour permettre un rééquilibrage des pouvoirs entre celui éventuellement du président et ceux du gouvernement des autres Assemblées.

     

  • ” Nombre de Tunisiens pensent que le terrorisme vient de Libye, tandis qu’en Libye on dit l’inverse “

    ” Nombre de Tunisiens pensent que le terrorisme vient de Libye, tandis qu’en Libye on dit l’inverse “

    Le chercheur tunisien Rafaa Tabib, spécialiste de la Libye, appelle les autorités de son pays à interroger le ravisseur des deux journalistes tunisiens disparus chez le voisin de l’est en 2014. Il revient pour Jeune Afrique sur les relations bilatérales et les écueils de la diplomatie tunisienne en Libye.

    Rafaa Tabib est chercheur en anthropologie politique, rattaché au CNRS, et professeur à l’université Manouba de Tunis. Il a récemment annoncé qu’un des ravisseurs des deux journalistes tunisiens, Sofiene Chourabi et Nadhir Guetari (disparus en Libye en 2014), aurait été arrêté par une milice de Misrata, et appelé les autorités tunisiennes à aller l’interroger. Une manière de questionner la diplomatie bilatérale.

    Jeune Afrique : Vous avez interpellé les autorités tunisiennes au sujet des deux journalistes tunisiens, est-ce une manière de dire qu’elles devraient faire plus ou autrement sur ce dossier ?

    Rafaa Tabib : À chaque fois que la question est évoquée, les initiatives prises sont un peu trop classiques, et malheureusement pas adaptées aux réalités du pays. Nombre d’institutions en Libye cachent des coquilles vides et ne sont que des vitrines sans prise sur la réalité. Dans cette affaire, des magistrats tunisiens ont par exemple déjà été envoyés rencontrer leurs homologues dans l’Est de la Libye, afin d’échanger des informations. Mais de quelles informations disposent les magistrats libyens, alors que la fragmentation des institutions ne permet pas de réunir des éléments plausibles et crédibles ?

    De toute façon, la justice en Libye a toujours été partiale. La société tribale impose d’autres formes de légalité, qui permettent de parvenir à des arrangements. Ajoutez-y le contexte de guerre civile : à aucun moment, la justice libyenne n’a donc été impliquée dans ce genre de dossiers. Comment peut-on espérer par ailleurs qu’un envoyé de la justice tunisienne puisse demander des informations auprès de chef tribaux et traditionnels ?

    il n’y a que les canaux dits « sociaux », c’est-à-dire traditionnels et tribaux, pour récolter des informations.

    Des observateurs appellent plus généralement la Tunisie à sortir de la « diplomatie de salon ». Alors que le contexte de transition démocratique impose une meilleure gouvernance et plus de transparence, les autorités tunisiennes peuvent-elles se permettre de faire autrement et de mobiliser des canaux parallèles ?

    Nous avons d’un côté un État jacobin centralisé qui se veut moderniste, et en face un pays miné par les milices et les structures traditionnelles. Dans ce contexte, il n’y a que les canaux dits « sociaux », c’est-à-dire traditionnels et tribaux, pour récolter des informations.

    Selon nos sources, un des ravisseurs des deux journalistes est le chef d’une assemblée d’Abjdabiya (ville du nord-est de la Libye), sorte de vitrine d’Ansar al-Charia (proche d’Al-Qaïda). La question qui se pose, c’est comment l’interroger, alors qu’il se trouve dans une prison tenue par des miliciens. Une situation compliquée par le fait que les mouvements terroristes et révolutionnaires fonctionnent souvent en vases communicants, et que nombre de combattants ont une double casquette ou changent de camp au gré des opportunités. C’est ce qu’on appelle le « jeu des labels ».

    Trouver le canal approprié reste un grand dilemme. Il y a beaucoup d’hésitations. Certains ne veulent pas agir sans cadre législatif. Des partis politiques essaient également de protéger les groupes avec lesquels ils ont de bons rapports.

    Face à ce dilemme, quelles actions les autorités tunisiennes pourraient-elles envisager dans un cas comme celui-ci ?

    Je propose, dans ce cas de figure, de trouver une structure hybride. Des représentants de la société civile tunisienne, du monde des affaires, des clans du sud tunisien qui trouvent des prolongements en Libye, des chercheurs et des officiels, pourraient créer un organe national avec une base légale pour pouvoir travailler en Libye. Aujourd’hui, les autorités tunisiennes ne traitent pas avec la Libye profonde.

    On constate une absence de volonté et un manque d’engagement au niveau du ministère des Affaires étrangères, alors même que les Tunisiens sont très nombreux en Libye. Sur le terrain, une coopération existe par contre sur le plan sécuritaire, surtout pour identifier les mouvements terroristes à la frontière. Mais le problème se pose en termes d’action diplomatique. D’autant plus que les milices peuvent être liées à la fois au politique et impliquées dans des trafics.

    On parle pour certains d’embrigadement, mais l’idéologie de Daech n’est pas un mal incurable.

    Des associations appellent les autorités tunisiennes à agir également pour les Tunisiens, adultes et enfants, détenus en Libye et soupçonnés d’activités terroristes. Quelles peuvent être leurs marges de manœuvre ?

    Il faut absolument rapatrier les enfants, qui ne sont pas responsables de leur situation. On parle pour certains d’embrigadement, mais l’idéologie de Daech n’est pas un mal incurable. Nombre de Tunisiens pensent que le terrorisme vient de Libye, tandis qu’en Libye on dit l’inverse, car nombre de chefs de groupes terroristes sont Tunisiens. Je pense que la Tunisie a encore du mal à soulever cette question, par déni. Il n’y a pas de volonté de la part de la Tunisie d’ouvrir ce dossier du terrorisme.

    Un congrès libyen est attendu en cette rentrée. Quel rôle peut jouer la Tunisie pour aider à la stabilisation politique de son voisin ?

    La Tunisie a tout intérêt à jouer un rôle dans cette rencontre, mais on ne perçoit pas une telle volonté. C’est juste une réunion dont la date exacte n’est pas encore fixée, mais qui est décriée en Libye car elle risque de ramener une nouvelle élite autour la table des négociations, et que celle-ci souhaitera aussi récupérer sa part de pouvoir. On évoque en effet l’invitation de 170 à 300 personnalités, qui réclameront sans doute ensuite leur représentativité.

    On constate qu’à part les armes, rien ne sert en Libye. Mais beaucoup de ceux qui vivent de la rente institutionnelle, sans réelle légitimité, ne veulent pas se défaire de leurs privilèges. Le premier obstacle à la démocratie est l’élite politique. Selon moi, derrière cette dernière, toute la société libyenne avec sa complexité ne parvient pas à s’exprimer.

    Le gouvernement Sarraj, avec qui traite la Tunisie, n’a aucune emprise sur le terrain, sa légitimité est réduite.

    Les autorités tunisiennes ont aussi choisi d’inviter le Premier ministre libyen, Fayez al-Sarraj, au trentième sommet de la Ligue arabe prévu le 31 mars à Tunis. Sur le plan bilatéral, que peut-on attendre de cette visite ?

    Le gouvernement Sarraj, avec qui traite la Tunisie, n’a aucune emprise sur le terrain, sa légitimité est réduite. Certains groupes qui lui sont théoriquement affiliés- étant payés par l’État qui leur sous-traite la question sécuritaire- sont en fait des corps miliciens qui prennent un nom de brigade mais lui échappent. Il est seulement en position de signer des chèques mais la Tunisie est dans l’obligation d’accepter cet interlocuteur.

    Je conseillerais toutefois aux autorités d’inviter les autres belligérants avant la tenue de ce sommet arabe : le président du parlement, le général Haftar, et pourquoi pas d’autres clans. Cela lui permettrait de se tenir à égale distance de tous et de ne pas être partie prenante.

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