Author: Don Kayembe

  • Au Sénégal, la NBA veut mettre la main sur les pépites africaines

    Au Sénégal, la NBA veut mettre la main sur les pépites africaines

    La première « NBA Academy Africa » a été officiellement lancée lundi 26 novembre à Saly, au sud de Dakar. Amadou Gallo Fall, vice-président de la ligue américaine, explique à Jeune Afrique pourquoi le choix du Sénégal était « logique », et détaille les objectifs de ce centre de formation.

    Deux terrains de baskets flambant neufs, de nouveaux dortoirs et dix-huit immenses gaillards originaires de huit pays d’Afrique avec, en ligne de mire, l’élite du basket mondial. La NBA a inauguré lundi 26 novembre sa première Académie africaine à Saly. Celle-ci pourra accueillir jusqu’à 24 jeunes par promotion âgés de 14 à 20 ans, qui seront formés par d’anciens professionnels issus de la ligue américaine afin, un jour peut-être, d’enfiler le maillot d’une équipe universitaire aux États-Unis, voire de rejoindre l’un des clubs mythiques de la NBA.

    Un premier coup d’envoi avait été donné à cette NBA Academy en 2017, à travers un partenariat avec l’ONG Seed-project. Un camp d’entraînement avait été installé à Thiès, avec pour objectif de donner aux jeunes Sénégalais l’accès à une éducation de qualité via un programme sport-étude basket. Aujourd’hui, la NBA concrétise donc son projet dans les murs de l’institut Diambars, le centre de formation de football fondé par Jimmy Adjovi-Boco, Bernard Lama et Patrick Vieira.

    Le centre de formation rejoint la liste des établissements créés depuis 2016 dans des zones « à fort potentiel » – en Chine, en Inde, au Mexique ou encore en Australie – avec pour objectif déclaré de contribuer à faire émerger les talents du continent et structurer le basket-ball africain.


    >>> À LIRE – [Infographie] Dakar, premier hôte africain des JO de la jeunesse 


    Le gotha du basket sénégalais avait fait le déplacement pour couper le ruban de la « NBA Academy Africa » : le ministre sénégalais des Sports, Matar Ba, le président de la Fédération international de basket-ball Afrique (Fiba), Hamane Niang, ainsi que d’anciens joueurs de NBA, dont le pivot sénégalais Cheikh Samb et le Nigérian Olumide Oyedeji. Présent, également, Amadou Gallo Fall, vice-président de la NBA et directeur général de la NBA Afrique, revient pour Jeune Afrique sur les ambitions de cette académie, première du genre sur le continent.

    Jeune Afrique : Pourquoi la NBA a-t-elle décidé de s’installer en Afrique ? Et au Sénégal en particulier ?

    Amadou Gallo Fall : La NBA veut développer le basket à l’échelle mondiale. C’est aussi une manière de célébrer les icônes du championnat américain venues de partout dans le monde : un quart des joueurs de la NBA viennent de l’étranger. Nous avons ouvert un bureau en Afrique du Sud, en 2010, et organisé des camps de baskets et des programmes tels que « basket-ball without borders », lors desquels nous avons détecté un potentiel énorme pour développer le jeu sur le continent et attirer les fans.

    Ensuite, le Sénégal était un choix logique, car il a une très forte tradition de basket. De grands joueurs en sont originaires, comme Makhtar Ndiaye ou Mamadou NDiaye, les équipes nationales ont remporté de grands titres à l’international et il y a un réel engouement pour ce sport.

    Quel est l’objectif de cette académie africaine ?

    Le basket est le deuxième sport au monde. Et, dans la plupart des pays, il n’est plus nécessaire de le vendre. Le Sénégal fait partie de ceux-là : le talent est là, le sport est populaire, le nombre de joueurs africains qui arrivent en NBA est en hausse. Depuis 2016, la NBA se concentre donc sur la détection et la formation de talents. Il nous fallait créer une structure solide pour faire le pont entre les pays africains et la NBA.

    L’objectif est de recruter les meilleurs, à tous les niveaux. Les meilleurs talents sur le terrain, mais aussi les meilleurs entraîneurs. Et l’idée n’est pas de se concentrer uniquement sur le sport. Le premier critère de sélection repose évidemment sur les aptitudes techniques et athlétiques. Mais le bulletin de note est important aussi. L’apprentissage est une obligation.

    DR / Barry Aldworth

    Nous avons des jeunes talentueux dont certains étaient en rupture scolaire. L’idée est de les remettre à niveau

    Justement, tous les étudiants n’auront sans doute pas la chance d’accéder à la NBA ? Quel est le « plan B » pour les autres ?

    En effet, seul un petit pourcentage de ces élèves atteindra la NBA. L’objectif, plus réaliste, est de leur permettre d’intégrer de grandes universités ou d’autres ligues professionnelles, également prestigieuses. Il est important, également, de leur assurer des bases académiques suffisantes. Nous avons des jeunes talentueux dont certains étaient en rupture scolaire. L’idée est de les remettre à niveau. Pour d’autres, il s’agira de proposer des formations professionnalisantes, comme nous le faisons dans d’autres académies. Au fil des ans, il faudra également mettre l’accent sur l’entrepreneuriat.


    >>> À LIRE – Agents véreux, escrocs et traite moderne… le sordide business autour des jeunes footballeurs africains


    L’idée de départ était de créer une académie mixte. Quand les jeunes basketteuses africaines auront-elle accès à votre établissement ?

    Quand nous avons lancé l’idée en 2016, nous avons créé des camps de basket pour détecter les talents parmi les filles. Le premier a eu lieu en mai 2017 et a réuni 24 filles d’une douzaine de pays. Un nouveau vient d’avoir lieu, en octobre, en présence notamment de Jennifer Azzi, ex-star américaine de la WNBA (Women’s National Basketball Association). Mais pour le moment, les filles ne peuvent pas intégrer l’internat. Pour cela, nous devons encore peaufiner quelques détails. Mais elles font déjà partie du projet de la « NBA Academy ».

    DR / Barry Aldworth

    Aujourd’hui, des pays comme le Sénégal, le Rwanda, l’Angola ou le Congo Brazzaville se dotent de salles modernes. Et d’autre pays suivront

    Matar Ba, le ministre sénégalais des Sports a fait part de son souhait d’accueillir un NBA Game Africa à Dakar. Ces matchs d’exhibition rassemblent les plus grosses stars du championnat américain et ont lieu tous les ans en Afrique du Sud. Le Sénégal est-il en mesure d’accueillir un tel événement ?

    C’est une bonne nouvelle de voir ce niveau d’engagement et d’intérêt. Nous avons visité la Dakar Arena et elle n’a rien à envier aux salles les plus modernes du monde. Elle répond à tous les standards internationaux, donc pourquoi pas !

    Jusqu’à maintenant, les principaux freins étaient infrastructurels et nombre de pays du continent avaient du retard sur l’Afrique du Sud ou le Maghreb. Aujourd’hui, des pays comme le Sénégal, le Rwanda, l’Angola ou le Congo Brazzaville – qui a accueilli les Jeux africains de 2015 -, se dotent de salles modernes. Et d’autre pays suivront. Cela augure bien des choses pour l’avenir du basket-ball en Afrique, où le sport doit être vu comme un véritable levier de développement socio-économique et la création d’emplois.

    N’y a-t-il pas un risque de vider les championnats locaux de leurs talents ?

    Au contraire ! L’esprit est d’aller vers le développement de l’écosystème local dans le but de créer une ligue forte, qui dispose de gros moyens, de super entraîneurs. À terme, cela permettra notamment de renforcer les équipes nationales. Nous voulons recréer en Afrique cette émulation que l’on trouve dans les salles de basket aux États-Unis.

    Les jeunes joueurs de l’Académie auront accès à d’autres ligues en fonction de leurs opportunités, mais l’objectif est aussi de créer une ligue africaine ambitieuse et capable d’attirer à son tour des joueurs du monde entier.

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  • Assassinat des experts de l’ONU : les ” Congo files ” dévoilent les interrogations sur le rôle de Kinshasa

    Assassinat des experts de l’ONU : les ” Congo files ” dévoilent les interrogations sur le rôle de Kinshasa

    L’enquête de RFI, Le Monde, Foreign Policy, Süddeutsche Zeitung et la télévision suédoise SVT, après une fuite de documents internes de l’ONU, met en évidence les embûches placées sur le chemin des enquêteurs onusiens suite à la disparition de deux de leurs experts, l’Américain Michael Sharp et la Suédo-Chilienne Zaida Catalan.

    Michael Sharp et Zaida Catalan. Un an et demi après leur mort, les noms des deux experts de l’ONU, assassinés alors qu’ils enquêtaient sur les exactions des autorités congolaises et des miliciens Kamuina Nsapu, dans la province du Kasaï-central, continuent d’évoquer une affaire non résolue et le jeu trouble des autorités congolaises.

    L’enquête « Congo files » menée par RFI, Le Monde, Foreign Policy, Süddeutsche Zeitung et la télévision suédoise SVT, sur la base d’une fuite de documents internes de l’ONU, et publiée mardi 27 novembre, montrent que les divers enquêteurs onusiens envoyés sur place s’interrogent sur le rôle de Kinshasa dans cette affaire. Leurs doutes naissent dès les premiers jours suivant la disparition des deux experts, le 12 mars 2017, alors que les casques bleus positionnés dans la région sont partis à leur recherche.


    >>> À LIRE – RDC : Michael Sharp et Zaida Catalán, experts de l’ONU et « héros »


    « Dans les jours qui ont suivi, il y a eu un face-à-face sur la route de l’aéroport entre les FARDC et les casques bleus uruguayens qui voulaient enquêter dans la zone de disparition », indique un enquêteur onusien cité dans l’article de RFI et du Monde.  « Les conditions d’enquête sont difficiles : pas d’Internet, peu d’eau, un seul 4×4 et des militaires congolais qui restreignent leurs déplacements et nuisent à leur travail », peut-on lire dans les notes confidentielles.

    Le mystérieux Jean-Bosco Mukanda

    Les enquêteurs identifient rapidement un témoin au rôle trouble, qui semble avoir des liens avec les miliciens Kamuina Nsapu et les autorités : Jean-Bosco Mukanda. « Âgé de 36 ans, il n’est officiellement qu’un enseignant de la petite bourgade délaissée de Bunkonde et un bon père de six enfants. Mais il semble avoir tout vu, tout su. » Ils écrivent même rapidement un document à son sujet, intitulé « témoin ou participant ? ». C’est ce même Mukanda qui permettra aux enquêteurs de retrouver les corps des deux experts, le 27 mars 2017.

    Mais l’enquête ne se termine pas là. Des agents de l’ONU vont essayer de découvrir l’identité des assassins et leurs motivations. « Deux agents du JMAC, le service de renseignement civil de la Monusco, sont dépêchés à Kananga à compter du 16 avril pour soutenir l’équipe de recherche de l’ONU. Dans leur rapport interne, ils disent d’emblée avoir rencontré le responsable local de l’Agence nationale de renseignement (ANR), soulignant sa « position extrêmement défensive et les griefs de ce dernier à l’encontre des experts » « .

    À New York, le Département des affaires politiques des Nations unies redoute déjà les conséquences politiques

    Par ailleurs, le général djiboutien Abdounasir Awale, chef de la police de l’ONU (UNPOL), « constitue une « task force » composée de six enquêteurs. Ce militaire veut faire avancer le dossier alors qu’à New York, le Département des affaires politiques des Nations unies « redoute déjà les conséquences politiques ».

    « Sans le savoir, ce haut gradé djiboutien lance, depuis Kinshasa, une enquête qui le mènera à questionner la version des autorités congolaises, lit-on encore dans l’article de RFI et du Monde. Ses policiers déployés sur le terrain retrouvent l’intriguant Jean-Bosco Mukanda. L’informateur a été arrêté par l’armée congolaise le 8 avril 2017 dans la matinée, à Bunkonde, accusé d’avoir menacé un prétendu milicien, selon ses dires. Quelques heures après, il est libéré, sans plus d’explications. Et il reprend contact avec l’ONU. »

    Le gouvernement impliqué ?

    Les hommes d’Awale se heurtent à leur tour à des difficultés dans leurs relations avec les autorités. « L’information est de moins en moins accessible. Il y a de plus en plus de secret. L’équipe a aussi constaté un engagement faible de l’auditorat militaire de Kananga dans cette enquête », écrivent-ils.

    Entre temps, une vidéo de l’exécution de Michael Sharp et Zaida Catalan a été obtenue par les enquêteurs, avant que les autorités congolaises se s’empressent de la diffuser à la presse à Kinshasa. Dans leurs notes confidentielles, les enquêteurs de l’ONU s’interrogent. « Jean-Bosco [Mukanda] n’est-il pas la même personne qui filme et parle sur la vidéo ? » Ils vont même jusqu’à poser des questions plus lourdes encore : « La vidéo a-t-elle été produite/arrangée pour faire porter la responsabilité du meurtre aux Kamuina Nsapu ? Le gouvernement est-il impliqué ? Est-ce que cette vidéo a été faite pour torpiller notre enquête et à des fins politiques ? »

    La Task Force a le sentiment que le procureur militaire cache d’autres aspects qui pourraient impliquer l’influence du gouvernement

    Dans une note confidentielle du 12 mai 2017, ils dressent un constat accablant sur l’enquête congolaise de l’auditorat militaire : « L’équipe de la Task Force a le sentiment que le procureur militaire se satisfait de la vidéo et des aveux sans autres détails de l’unique suspect, Ilunga Evariste. Et ce, afin de cacher d’autres aspects du meurtre qui pourraient impliquer l’influence cachée du gouvernement dans ce dossier. »

    Contacté par RFI, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé, a déclaré : « si les Nations unies ont des informations qui indiquent qu’un agent de l’État s’est rendu coupable d’actes délictueux ou criminels, nous serions reconnaissants aux Nations unies de remettre ces informations […] pour que des poursuites soient engagées ». Il dit par ailleurs « n’avoir aucun élément qui indique des entraves » aux diverses enquêtes de l’ONU.

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  • Le Nigeria défendra son titre contre l’Afrique du Sud en CAN féminine

    Le Nigeria défendra son titre contre l’Afrique du Sud en CAN féminine

    Le Nigeria défendra son titre de champion d’Afrique contre l’Afrique du Sud samedi à Accra, la capitale ghanéenne.

    Grâce à leurs victoires en demi-finales, les Nigérianes et les Sud-africaines se qualifieront également pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA en France, la huitième pour le Nigeria et la première pour l’Afrique du Sud.

    Les Super Falcons du Nigeria ont eu besoin de passer l’étape des tirs au but pour battre le Cameroun après 120 minutes sans but, tandis que l’Afrique du Sud battait le Mali 2 : 0 dans l’autre demi-finale.

    A lire aussi :Défaite des Black Queens du Ghana

    Le Cameroun et le Mali doivent maintenant se qualifier pour le match de barrage pour la troisième place de la journée vendredi, où le vainqueur se verra offrir une place en Coupe du Monde.

    Lors de la première demi-finale, qui était une répétition des deux dernières finales de la CAN féminine, le Nigeria et le Cameroun ont passé plus de 120 minutes sans marquer un but.

    Il y a eu plus d’animation lors des tirs au but après le match. Les Nigérians ont inscrit les quatre buts de leur équipe ; Ngozi Ebere marquant le penalty décisif.

    Le Cameroun a été défait à la suite des deux tentatives ratées des joueuses Gaëlle Enganamouit et Geneviève Ngo Mbeleck.

    A lire aussi :Déluge de buts à la CAN féminine

    Il s’agissait de la première séance de tirs au but de ce tournoi en 10 ans et de la dixième victoire du Nigeria sur le Cameroun en CAN féminine.

    Les Banyana Banyana, menée par la capitaine Janine Van Wyk sont entrée dans l’histoire en atteignant leur première phase finale de Coupe du Monde grâce à un but en chaque période contre le Mali.

    Les deux équipes avaient revendiquées des penaltys rejetés par l’arbitre : le Mali pour un ballon touché de la main et l’Afrique du Sud pour une faute.

    A la demi-heure de jeu, l’Afrique du Sud réussit une percée qui permet à Thembi Kgatlana de tromper la gardienne malienne Adoudou Konate.

    Kgatlana totalise cinq buts, ce qui fait d’elle la meilleure buteuse lors de cette CAN au Ghana.

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    Le Mali n’a pas cessé d’insister pour égaliser mais n’a pu concrétiser ses passes décisives dans la surface de réparation.

    L’Afrique du Sud s’est assurée de la victoire à neuf minutes de la fin, lorsque Lebohang Ramalepe, d’une frappe du côté droit de la surface de réparation a nettoyé le coin supérieur gauche du filet de la gardienne malienne.

    Cette victoire a déclenché des célébrations endiablées sous la houlette de Van Wyk, qui a déclaré avant le tournoi que ce serait un tournoi émouvant pour elle et plusieurs joueuses seniors, car ce pourrait être la dernière chance pour l’une d’entre elles de se qualifier pour une Coupe du Monde.

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  • Satellite : l’Éthiopie se lancera à la conquête du ciel en septembre 2019

    Satellite : l’Éthiopie se lancera à la conquête du ciel en septembre 2019

    L’Éthiopie aura à partir de septembre 2019 son propre satellite, grâce à l’aide de la Chine, qui doit prendre en charge 75 % des 8 millions de dollars nécessaires au développement de la capsule.

    Le tout premier satellite éthiopien devrait être lancé depuis le territoire chinois au mois de septembre 2019, a annoncé le directeur général du Ethiopian Space Science and Technology Institute (Essti) d’Addis-Abeba, Solomon Belay Tessema, cité par le journal The East African.

    Si la Chine va contribuer massivement à la réalisation de ce projet – Pékin a promis 6 millions de dollars (5,3 millions d’euros) quand le coût total du satellite est évalué à 8 millions de dollars -, les commandes et le contrôle resteront en Éthiopie. « Le transfert de technologie induit permettra aux scientifiques éthiopiens de designer, construire et lancer eux-mêmes leur deuxième satellite, de manière indépendante », assure en outre Solomon Belay Tessema.

    Données environnementales

    20 ingénieurs éthiopiens en aérospatiale sont impliqués dans le projet, qui sera aussi suivi par une soixantaine d’étudiants de master et de doctorants de l’Essti et de l’Observatoire astronomique et centre de recherche d’Entoto, le premier de son genre en Afrique de l’Est, opérationnel depuis 2015.

    Avec cet engin, destiné selon Solomon Belay Tessema à recueillir des données sur l’eau, l’agriculture, le changement climatique et l’environnement, l’Éthiopie rejoint l’Afrique du Sud, l’Égypte, le Nigeria, l’Algérie, le Maroc, le Ghana et le Kenya, tous détenteurs de leurs propres satellites d’observation. Luanda a aussi tenté l’aventure en décembre 2017, mais a perdu quatre jour plus tard le contrôle de son appareil, Angosat-1, lancé depuis le cosmodrome de Baïkonour au Kazakhstan.

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  • Exclusif. RDC – Moïse Katumbi : ” Je reste dans le camp de Martin Fayulu “

    Exclusif. RDC – Moïse Katumbi : ” Je reste dans le camp de Martin Fayulu “

    Après l’annonce de leur « ticket », les opposants Vital Kamerhe et Félix Tshisekedi ont tour à tour lancé un appel du pied à Moïse Katumbi, l’un des poids lourds de l’opposition en RDC. Dans des confidences à Jeune Afrique, ce dernier leur oppose une fin de non-recevoir.

    C’est acté. Pour la présidentielle du 23 décembre, Félix Tshisekedi devra se passer du soutien de Moïse Katumbi. Son désormais ex-allié, contraint à l’exil depuis plus de deux ans, explique à Jeune Afrique, mardi 27 novembre, pourquoi il a finalement décidé de réserver une fin de non-recevoir au ticket Vital Kamerhe-Félix Tshisekedi.


    >>> À LIRE – Présidentielle en RDC : les coulisses des tractations entre Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe


    Ces deux opposants qui ont uni leurs forces après leur retrait simultané de la coalition Lamuka [Réveille-toi, en lingala], constituée à Genève autour de la candidature de Martin Fayulu, ont multiplié ces dernières heures des messages subliminaux en direction de l’homme d’affaires et ancien gouverneur du Katanga.

    « Moïse Katumbi a toujours dit que Félix Tshisekedi était son candidat. Nous présentons aujourd’hui le ticket qu’il souhaitait. Serait-il capable de mobiliser les autres pour nous rejoindre ? », lui a lancé, le 23 novembre, Vital Kamerhe depuis Nairobi, quelques instants seulement après le ralliement de ce dernier à Félix Tshisekedi.

    La fin du suspense

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  • Thomas Partey : “J’ai commencé dans un petit village”

    Thomas Partey : “J’ai commencé dans un petit village”

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    Cette semaine, BBC Afrique présente les cinq joueurs nommés pour le trophée BBC du footballeur africain 2018. Aujourd’hui, c’est au tour de Thomas Partey, le milieu de terrain de l’Atletico Madrid et du Ghana.

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    Lorsque Thomas Partey de l’Atletico Madrid est entré en scène à Lyon lors de la finale de la Ligue Europa, en mai, cela signifiait l’aboutissement d’un voyage entre les terrains poussiéreux des villages du Ghana et la première place du football européen.

    “Ce n’est pas facile pour un gars comme moi de venir d’un milieu où je n’avais rien à faire à ce niveau”, a déclaré le joueur âgé de 25 ans.

    “J’ai commencé dans un petit village où mon père était le responsable de l’équipe.

    Il a fait beaucoup de sacrifices dont il ne m’a jamais parlé.

    Il vendait ses affaires pour essayer de me procurer de nouveaux crampons.”

    Détails du vote

    Les 5 nominés de cette année sont Medhi Benatia (Maroc), Kalidou Koulibaly (Sénégal), Sadio Mane (Sénégal), Thomas Partey (Ghana) et Mohamed Salah (Égypte).

    Le vote se termine le 2 décembre à 20h00 GMT.

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    Les résultats définitifs seront annoncés en télé, radio et via Facebook Live le 14 décembre à partir de 17h30 GMT.

    La défaite de Marseille par l’Atletico pour remporter la Ligue Europa marquait la fin d’une belle saison 2017-18 pour le milieu de terrain.

    Partey a encore une fois quitté le banc des remplaçants lors de la finale de la Super Coupe UEFA à Tallinn en août, une occasion qui ajoute encore du piquant car Atletico affrontait le féroce rival du Real Madrid.

    Partey devint le premier Ghanéen à participer à une Super Coupe. Il assista Saul Niguez, ce qui donna l’avantage à Atletico.

    Ils ont gagné 4-2.

    “Ce fut une excellente saison parce que nous étions deuxièmes de la ligue et que nous avions gagné la Ligue Europa et remporté la Super Coupe face au Real Madrid”, a déclaré Partey.

    “Je me sens bien, c’est un rêve devenu réalité.”

    Copyright de l’image Getty Images

    Ce rêve a commencé loin du glamour madrilène en jouant pour son équipe locale à Krobo Odumase, dans l’est du Ghana.

    “C’était un bon garçon, très respectueux et qui relevait tous les défis”, a déclaré Ibrahim Issaka, l’un de ses premiers entraîneurs.

    “Je savais que Partey deviendrait une star parce qu’il pouvait jouer n’importe où.”

    Partey est issu d’une longue lignée de milieux de terrain défensifs ghanéens, tels que Stephen Appiah, Sulley Muntari et Michael Essien, qui se sont taillé une place de choix parmi les leaders du football européen.

    Il a quitté l’Afrique pour rejoindre le club espagnol en 2011, au cours d’un voyage secret

    “J’ai essayé de ressembler à Michael Essien en utilisant son intelligence et ses capacité d’attaque. J’utilise la force de Yaya Touré”, dit-il.

    Ce sont les compétences naturelles de Partey qui l’ont aidé à se faire repérer par les recruteurs de l’Atletico.

    Il a quitté l’Afrique pour rejoindre le club espagnol en 2011, au cours d’un voyage secret dont même ses parents n’étaient pas au courant.

    “Je suis monté dans une voiture, ils m’ont emmené dans la capitale, ils m’ont donné mon passeport et m’ont dit : “Aujourd’hui, tu voyages”, a-t-il déclaré à Marca cette année.

    “Mon père n’était pas à la maison. Personne de ma famille ne savait quoi que ce soit, ni que j’y allais ce jour-là, car cela leur aurait causé beaucoup de problèmes. Je me suis rendu en Espagne et c’était six ou sept mois avant que quiconque ne se rende compte que je n’étais plus au Ghana.”

    Son premier entraîneur en Espagne était l’ancien milieu de terrain de l’Atletico Madrid, Alfredo Santaelena.

    “Dès que nous [les entraîneurs] l’avons vu, nous avons tous convenu qu’il serait un joueur du futur”, a déclaré Alfredo.

    “C’est un joueur avec un talent inné.”

    Après des emprunts à Majorque et à Almeria, Partey a fait ses débuts à l’Atletico en 2015 et a grandi sous les conseils de Diego Simeone.

    “Nous savons tous que c’est un excellent entraîneur, l’un des meilleurs entraîneurs de la planète. Il m’a aidé à m’adapter à n’importe quel poste dans lequel il m’a placé”, a déclaré Partey, qui compte 17 sélections.

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    C’était notamment le cas lors du match aller de la demi-finale de l’Europa League la saison dernière, alors que l’Atletico se rendait à Arsen

    Sime Vrsaljko ayant été expulsé dans les 10 premières minutes, Partey a dû couvrir à l’arrière. Il a superbement travaillé sans relâche alors que l’Atletico se battait pour obtenir un match nul 1-1, malgré plus de 80 minutes passées avec 10 hommes.

    Avec son travail acharné, sa détermination et sa résilience mentale, cette performance a montré pourquoi Partey était l’une des stars montantes du football africain.

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  • Présidentielle en RDC : les 10 hommes clés du dispositif de Martin Fayulu

    Présidentielle en RDC : les 10 hommes clés du dispositif de Martin Fayulu

    Le candidat commun de la coalition Lamuka, Martin Fayulu, a révélé le 26 novembre la liste de son « état-major » de campagne. On y retrouve ses proches mais surtout des lieutenants de Jean-Pierre Bemba et de Moïse Katumbi, ses principaux alliés. Zoom sur le dispositif.

    Il n’a pas encore officiellement démarré sa campagne, mais son nom est partout. Martin Fayulu, candidat surprise de la coalition Lamuka [« Réveille-toi », en lingala], gagne chaque jour en notoriété. Réputé pour son activisme sur le terrain aux côtés des manifestants anti-Kabila, l’ex-député pousse même son avantage sur les réseaux sociaux : il a gagné plus de 100 000 nouveaux followers sur Twitter depuis sa désignation, le 11 novembre.


    >>> À LIRE – Présidentielle en RDC : Martin Fayulu ne lâche rien


    C’est l’une des retombées du soutien à sa candidature à la présidentielle de Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, deux poids lourds de l’opposition en RDC. Et Martin Fayulu leur a rendu la pareille le 26 novembre, en révélant la composition de son « état-major » de campagne, dont les principales fonctions reviennent aux lieutenants de ses deux alliés.

    La direction nationale de campagne de Martin Fayulu a été confiée à Pierre Lumbi. Cet ancien conseiller spécial du président Joseph Kabila est aujourd’hui président du G7, regroupement politique des frondeurs de la majorité au pouvoir qui avaient choisi de soutenir la candidature – désormais impossible – de Moïse Katumbi à la présidentielle.

    Équilibre Est-Ouest

    Un choix qui serait justifié par le besoin d’équilibre géographique : « Notre candidat est de l’Ouest, son directeur de campagne devait être de l’Est. C’est pourquoi Pierre Lumbi, qui vient du Grand Kivu, a été désigné », explique un leader de Lamuka.

    Trois autres proches de Moïse Katumbi ont également été nommés à des postes stratégiques : son directeur de cabinet et porte-parole Olivier Kamitatu sera en charge de la communication et des nouvelles technologiques de l’information et de la communication du candidat Martin Fayulu, son allié et patriarche Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza s’occupera de la campagne au Katanga – aujourd’hui démembré en quatre provinces – et son conseiller principal et bras droit Salomon Idi Kalonda Della tiendra la trésorerie.

    Le camp Bemba présent

    L’opposant Jean-Pierre Bemba, candidat invalidé, a également placé ses hommes dans le dispositif Fayulu. La secrétaire générale de son parti Mouvement de libération du Congo (MLC), Eve Bazaiba, a été nommée directrice de campagne adjointe en charge des médias et porte-parole de Martin Fayulu.

    Désiré Mbonzi wa Mbonzi et Fidèle Babala, deux autres ténors du MLC, prendront eux respectivement le volet « mobilisation et propagande » et la gestion de la campagne dans la ville de Kinshasa.

    Quant au candidat Martin Fayulu lui-même, trois de ses fidèles comptent parmi les 10 hommes clés de son équipe de campagne. Il s’agit de son compagnon de lutte et ami Albert Fabrice Puela, député de Matadi (ouest du pays), du professeur Mathieu Kalele-ka-Kabila, coordonnateur adjoint de la Dynamique de l’opposition et du rappeur Alex Dende alias Lexxus Legal, candidat aux législatives dans la capitale.

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  • RDC : pas d’observateurs de l’Union européenne aux élections du 23 décembre

    RDC : pas d’observateurs de l’Union européenne aux élections du 23 décembre

    Les observateurs de l’Union européenne (UE) n’ont pas été invités à superviser les élections cruciales prévues en République démocratique du Congo le 23 décembre, à la différence de leurs collègues de l’Union africaine (UA), a-t-on appris lundi.

    ​ »Il n’y aura pas d’invitations pour des observateurs de l’Union européenne et ceux de la Fondation Carter pour les élections du 23 décembre« , a déclaré un responsable de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

    « La Fondation Carter a un problème avec le ministère congolais des Affaires étrangères. Son rapport sur les élections de 2011 a failli provoquer la guerre dans le pays. Ils avaient fait preuve d’un manque évident de professionnalisme », a encore expliqué la source.

    La Fondation Carter, qui affirme promouvoir la démocratie et les droits de l’Homme dans le monde, a été fondée en 1982 par l’ancien président américain et prix Nobel de la paix Jimmy Carter.

    « La Céni a invité des observateurs de l’Union africaine, de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC), de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Est-ce que les élections ne sont valables que si l’UE et le Centre Carter sont là ? », s’est emporté ce responsable.

    L’UE a sanctionné une quinzaine de personnalités congolaises (gel des avoirs et des visas) pour atteinte aux droits de l’homme après la fin du deuxième et dernier mandat du président Joseph Kabila fin 2016 et le report des élections.

    Parmi ces personnalités figure le candidat du pouvoir à l’élection présidentielle, l’ancien ministre de l’Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary.

    21 candidats en course

    Les élections présidentielles, législatives nationales et provinciales sont prévues le 23 décembre. Vingt-et-un candidats à la présidentielle ont été retenus par la commission électorale pour concourir à la succession du président Kabila, au pouvoir depuis 18 ans.

    Joseph Kabila avait succédé à son père Laurent-Désiré, après son assassinat en 2001. Il avait été élu en 2001 et réélu pour cinq ans dans la contestation en 2011. Son mandat s’est achevé en décembre 2016.

    En février 2012, le Centre Carter avait estimé que les résultats de la présidentielle et des législatives de 2011 manquaient de crédibilité à cause des irrégularités constatées au cours des opérations électorales.

    Dans un autre rapport en novembre 2017, le Centre Carter a estimé que plus de 750 millions de dollars de recettes minières ne pouvaient être retracés dans les livres de compte de l’État congolais.

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  • [Du côté de chez Mandela] Wally Serote, poète officiel

    [Du côté de chez Mandela] Wally Serote, poète officiel

    Connaissez-vous Carol Ann Duffy (Grande-Bretagne), Tracy K. Smith (Etats-Unis), Georgette Leblanc (Canada) ou Naomi Perquin (Pays-Bas) ? Toutes sont « poètes laurés » de leur pays. Nommées pour des périodes plus ou moins longues, ces jeunes femmes sont invitées à écrire un poème à l’occasion d’un événement important.

    L’Afrique du Sud démocratique a adopté cette coutume, héritée du Saint Empire germanique. Jusqu’à présent, le gouvernement de Pretoria n’a désigné comme « poet laureate » que des auteurs blanchis sous le harnais, tel le barde zoulou Mazisi Kunene (2006), le doux guérillero Keorapetse Kgositsile (2018), et tout récemment Wally Mongane Serote, né en 1944.

    Le visage buriné de Serote dévoile la vie difficile qui fut la sienne, comme si ses rides profondes cachaient des années de colère. Il a tout connu, depuis sa naissance dans le quartier bientôt rasé de Sophiatown : la ségrégation, l’arrestation, le confinement solitaire. Dans sa jeunesse il est séduit par les thèses de la Conscience noire de Steve Biko. Grâce à une bourse Fulbright, il obtient un diplôme de l’université de Columbia, mais sera contraint à l’exil. Il rejoint l’ANC et travaille dans plusieurs pays différents.

    A son retour au pays, en 1990, l’ANC le nomme responsable pour les questions culturelles. Je me souviens de son entrevue avec une délégation française chargée dès 1992 de nouer des contacts : d’un ton soviétique, Wally avait souligné l’importance des arts dans l’émancipation du peuple, laissant pantois son auditoire.

    Depuis, après un mandat de député, il a beaucoup évolué. Il a disparu deux ans pour devenir sangoma, c’est-à-dire un guérisseur traditionnel. A ses amis blancs, dont Nadine Gordimer, il détaillait la part de psychologie qui entre dans le jet des osselets et les vertus réelles des plantes médicinales.

    Le site officiel garant du « Label Afrique du Sud » présente une liste des 31 livres que tout Sud-Africain devrait lire. Dans cette prestigieuse sélection figure le roman To every birth its blood, écrit en 1981 par Wally Serote (traduit en en français sous le titre Alexandra, mon amour, ma colère, par Christine Delanne-Abdelkrim). A juste titre, car en prenant comme modèle le township d’Alexandra, imbriqué dans Johannesburg, l’auteur décrit l’apathie des victimes de l’apartheid, progressivement secouées par les révoltes et la violence sous toutes ses formes.

    En revanche, ses romans suivants m’ont paru plus touffus, moins ancrés dans le vécu. Gods of Our Time en 1999 fait intervenir de nombreux personnages au temps de l’état d’urgence, se demandant comment quitter le pays pour poursuivre le combat. Scatter the Ashes and Go, en 2002, traite du retour peu idyllique d’anciens guérilleros. Rumours, en 2012, se noie dans de longues considérations politiques. Keke, ancien commandant pendant la guerre de libération, se sépare de son épouse et sombre dans la misère. Alors que les filles de ses connaissances se font exclure de leur école pour un Rainbow Act (fellation en groupe), il se fait tabasser en voulant conserver son bout de trottoir. Une jeune Sahélienne l’emmène dans un Mali à peine esquissé, pour des discussions sur le rôle des ancêtres. De retour à Johannesburg, Keke se réconcilie avec son épouse, ses ancêtres et sa famille. Le roman en appelle à une Renaissance africaine, meilleure que la Renaissance européenne, qui était fondée sur l’esclavage.

    Ces dernières années, Serote a piloté la mise en route du Freedom Park à Pretoria. Ce jardin se veut un parcours historique et philosophique, face au massif Voortrekker Monument, glorifiant la saga des pionniers boers.

    Son emploi de poète lauré, tout compte fait, lui convient bien, car c’est dans ce genre qu’il excelle. André Brink s’en inspira pour titrer son roman (Prix Médicis étranger 1980), et bien d’autres vibrèrent en lisant ce poème que Wally Serote dédia à Don M., assigné à résidence.

    C’est une saison blanche et sèche

    les feuilles brunies ne durent pas, leur vie brève se dessèche

    et le cœur brisé, elles plongent doucement vers la terre

    en ne saignant même pas

    C’est une saison blanche et sèche mon frère

    les arbres seuls connaissent la douleur, qui se dressent encore

    secs comme l’acier, leurs branches sèches comme du fil de fer

    c’est vrai que la saison est blanche et sèche

    mais les saisons finissent par passer


    Traduction Katia Wallisky

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  • Restitution d’œuvres d’art africaines: le cas de l’Algérie

    Restitution d’œuvres d’art africaines: le cas de l’Algérie

    Depuis la décision prise par Emmanuel Macron le 23 novembre de restituer 26 œuvres d’art au Bénin, la question de la restitution d’œuvres africaines reste au cœur de l’actualité. Parmi les sujets qui animent les débats : pourquoi le rapport commandé par le président français auprès de l’historienne d’art française Bénédicte Savoy et l’universitaire et écrivain sénégalais Felwine Sarr s’est limité à la partie subsaharienne de l’Afrique et a écarté des pays comme l’Algérie ? Entretien avec Zahia Rahmani, commissaire en 2016 de « Made in Algeria », la première grande exposition sur l’Algérie en France, et responsable du domaine de recherche « Histoire de l’art mondialisée » à l’Institut national d’histoire de l’art à Paris.

    RFI : Dans le rapport sur la restitution des biens culturels africains, l’Algérie n’a pas été prise en compte, parce que l’Algérie, comme l’Égypte, ces deux pays « relèvent de contexte d’appropriation et impliquent des législations très différentes ». Comprenez-vous pourquoi l’Algérie a été écartée ?

    Zahia Rahmani : Dans le rapport, il est dit aussi que ce sont des pays qui ne relèvent pas du même schéma du patrimoine. L’Algérie, tout comme l’Égypte, n’a pas tout son patrimoine à l’extérieur du territoire. Cela a été une des choses qui ont été énoncées. Ce sont aussi des pays avec lesquels il y a des contentieux qui sont assez spécifiques, par exemple concernant la présence de collections dans le territoire algérien et qui – au moment de l’indépendance – ont nécessité un certain type de négociation. L’Algérie revendiquant ses collections comme étant son patrimoine. La France disant que ces collections étant en dépôt… Donc, il y a encore un certain nombre d’objets assez litigieux.

    Lors de son discours à Ouagadougou, en novembre 2017, le président français proclamait : « Je ne peux pas accepter qu’une large part du patrimoine culturel africain soit en France ». Lors de Made in Algeria, la première grande exposition sur l’Algérie en France, vous vous êtes rendue compte que pratiquement toutes les œuvres importantes pour raconter cette histoire se trouvaient dans des institutions en France. Peut-on dire que – comme pour le Bénin – une large part du patrimoine culturel algérien est aujourd’hui en France ?

    Ce ne sont pas du tout les mêmes objets. Moi, j’ai eu affaire à un patrimoine qui était, soit produit par des Français, et qui concernait le territoire algérien, soit produit par des Français pendant la colonisation. Cela pose le problème de la représentation de ce territoire et aussi la manière dont ils fabriquent une archive de ce pays. Le vrai problème que posent ces œuvres et ces archives, c’est leur disponibilité pour la société algérienne, la possibilité d’y accéder et les étudier sachant qu’en France, une grande partie de ces objets ne sont pas disponibles. Ce sont des objets qui sont dans des réserves ou même inconsultables pour certains. Par exemple, un des éléments les plus essentiels, La Prise de la smalah d’Abd-el-Kader, peint par Horace Vernet en 1845, est aujourd’hui considéré comme une des plus grandes œuvres du XIXe siècle. Elle fait plus de 21 mètres de long et 5 mètres de hauteur. Et elle est aujourd’hui inaccessible pour le grand public et les chercheurs.

    Il y a eu des restitutions, dont certaines très symboliques. En 2003, par exemple, le président Jacques Chirac avait restitué à l’Algérie le sceau du Dey d’Alger par lequel Husseyn Pacha avait scellé sa reddition en 1830. Aujourd’hui, la presse algérienne cite volontiers le mythique canon de « Baba Merzoug », une pièce d’artillerie de 7 mètres de long, installée à Brest depuis 1833. Selon vous, quelles sont les œuvres majeures prises pendant la colonisation et qui auraient aujourd’hui vocation à retourner en Algérie ?

    Concernant le canon, pour la France, il a joué un rôle spécifique puisqu’un consul de France a été – dit-on – mis dessus et renvoyé et donc tué au XVIIIe siècle. La vengeance des Français aurait été de le reprendre en 1830. Là, on voit très bien que ce n’est pas une question d’œuvres produites et symboliquement relevant du patrimoine de la société algérienne elle-même. Cela a à voir avec le fait que, dans le cas d’un conflit, les éléments symboliques ne cessent d’être déplacés. La France considère que c’est le patrimoine de son armée. L’Algérie considère que c’est le patrimoine de son histoire. On n’est pas dans le même cas de figure qu’une spoliation de type patrimonial. Un des aspects les plus marquants de la question coloniale et de la spoliation concernant l’Algérie, c’est l’arrachement et la dépossession d’un grand nombre de pièces et d’œuvres antiques qui étaient sur le territoire algérien et qui ont été emmenées en Europe…

    S’il y avait des restitutions à demander, à mon avis, ce n’est pas un enjeu autour d’objets. Cela serait la possibilité d’avoir accès à ce qui concerne la société algérienne et son histoire. L’accès aux archives, au corpus antique. Travailler à la manière comment on pourrait mettre à disposition ces objets, par exemple par la numérisation.

    Si aujourd’hui une restitution avait lieu ou l’accès était donné, qu’est-ce que cela pourrait changer pour l’Algérie, la société algérienne, la relation entre la France et l’Algérie ?

    Moi, j’étais très étonné par le succès de l’exposition Made in Algeria. De la forte présence de Français, mais aussi d’Algériens et de descendants de familles algériennes. C’est essentiel pour la société algérienne d’avoir la possibilité de jeter un regard sur son passé à travers les documents que nous possédons. Si ce n’est que pour pouvoir penser le présent et un futur différent.

    Si je prends le cas d’une ville comme Médéa qui a été peinte par Jean-Antoine-Siméon Fort. Dans nos archives, c’est le seul exemple que nous avons de l’architecture de cette ville. Dans nos archives, il est question de plusieurs corpus architecturaux qui ont été démolis, détruits, et dont on n’a quasiment pas de traces en Algérie. Imaginez que la société française, ici et maintenant, n’ait aucune archive de son passé récent. C’est un vide sidéral concernant de tout avant le XXe siècle. C’est impossible de structurer la pensée d’une société sur ce vide.

    ► Lire aussi : «Made in Algeria», les tracés toujours brûlants d’un passé douloureux, 30/3/2016

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