Author: Don Kayembe

  • Sénégal: les étudiants du privé en colère

    Sénégal: les étudiants du privé en colère


    Par
    RFI

    Publié le 27-11-2018
    Modifié le 27-11-2018 à 01:15

    Au Sénégal, près de 40 000 étudiants passés de l’enseignement public au secteur privé sont sur le carreau depuis plus d’un mois car l’Etat qui est à l’origine de ce transfert faute de place dans les facultés, refuse, pour le moment, de régler la facture. Ce dimanche, en expliquant que l’Etat n’avait pas budgété suffisant de fonds et qu’il ne pouvait pas payer une dette qui n’était pas claire, le ministre des Finances Amadou Ba a provoqué la colère de ces étudiants qui ont manifesté ce lundi puis affronté les forces de l’ordre.

    A l’origine de la colère, cet aveu d’Amadou Ba à l’Assemblée nationale : « Donc cette année nous avions des inscriptions budgétaires qui malheureusement ne permettent pas de couvrir les charges…»

    Pour Zacharia Niasse, porte-parole des étudiants passés du public au privé à la demande de l’Etat, cette déclaration du ministre des Finances est une agression. « C’est pourquoi nous ripostons à cette agression. Aujourd’hui ce sont eux qui ont orienté les étudiants dans les écoles privées, ils savent quel est le montant précis qu’il doit payer. C’est qu’ils veulent nous leurrer. On n’a plus d’école, nous sommes dans la rue depuis un mois ! »

    Sur les 16 milliards de francs CFA de dette, l’Etat a indiqué pouvoir en payer pour le moment trois aux écoles privées. Une aberration pour Colly qui étudie dans une école de Management : « Que l’Etat paie la dette pour que nous puissions retourner dans les salles. »

    Des étudiants, cailloux à la main, prêts à en découdre pour retourner sur les bancs. Prêts aussi à discuter, comme Souleymane : « On avait toutes les autorités de ce pays pour pouvoir régler cette question. Mais qu’est-ce qu’on va faire ? Si on nous pousse à faire la violence, on va la faire pour régler la question. Mais si on privilégie le dialogue, on va le faire. »

    Les étudiants ont donc appelé à une rencontre avec les ministres de l’Enseignement supérieur et des Finances. Une première réunion s’est tenue la semaine passée mais les grévistes n’y ont pas été conviés.

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  • Madagascar: que contient le projet de loi de Finances 2019?

    Madagascar: que contient le projet de loi de Finances 2019?


    Par
    RFI

    Publié le 27-11-2018
    Modifié le 27-11-2018 à 01:09

    Les députés se réunissent aujourd’hui en séance plénière en vue de l’examen et de l’adoption du projet de loi de Finances (PLF) pour 2019. L’examen a commencé hier. Ce projet de loi, le plus important de l’année, instaure le budget de l’Etat, ses recettes et ses dépenses : le PLF brosse ainsi le tableau économique du pays. Quelles sont ses grandes orientations ?

    D’abord, les indicateurs économiques. Selon le texte, la croissance malagasy continue d’afficher un taux positif, elle est en légère accélération. En 2019, la croissance est prévue à 5,2%, soit le même taux qu’en 2018. Comme pour ces deux dernières années, c’est le secteur secondaire, celui de l’industrie donc, qui va être le secteur porteur de l’économie.

    → RELIRE : Madagascar: la loi de Finances présentée dans un contexte particulier

    Quels sont les domaines que l’Etat souhaite prioriser ? On va vers un renforcement du secteur social. La santé, l’éducation, l’eau, l’assainissement et la protection sociale sont des priorités nationales pour l’Etat : par exemple, le crédit alloué à l’éducation enregistre une hausse de 16,2%. Autre priorité : désenclaver les zones rurales, surtout celles à fort potentiel économique en construisant des routes. Les ministères concernés obtiendront une part de 9% du budget (soit une hausse de deux points).

    Côté négatif, il est prévu que l’ariary continue sa dépréciation en 2019 par rapport aux principales devises. En cause : le creusement continu du déficit de la balance commerciale, la dépendance de Madagascar vis-à-vis des aides extérieures et la prééminence du dollar américain au niveau du commerce international.

    Cependant, la dépréciation devrait être limitée grâce aux exports de vanille et de produits manufacturés, explique le projet de loi, sur lesquels on attend une accumulation d’importantes réserves de change. La dette publique elle aussi s’alourdit légèrement pour 2019 et s’élève à 374 milliards d’ariary environ.

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  • RDC: Emmanuel Ramazani Shadary en meeting dans le Haut-Katanga

    RDC: Emmanuel Ramazani Shadary en meeting dans le Haut-Katanga


    Par
    RFI

    Publié le 27-11-2018
    Modifié le 27-11-2018 à 00:11

    Le candidat du Front commun pour le Congo (FCC), la coalition au pouvoir, était ce lundi à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, fief de l’opposant Moïse Katumbi. Originaire du Maniema, il s’est présenté en fils du terroir dans cette province d’où est également originaire Joseph Kabila.

    C’est à 14h45 qu’Emmanuel Ramazani Shadary a débuté son meeting dans un stade Kibasa Maliba rempli. Pendant environ une heure, il a rendu hommage à Joseph Kabila et a expliqué pourquoi il a décidé de lancer sa campagne à Lubumbashi. Il a expliqué également que sa femme ainsi que ces deux premiers enfants sont nés dans l’ex-province du Katanga et que lui-même y a passé l’essentiel de sa vie. « Toute ma vie, toute ma scolarité, toute mon expérience en politique ont commencé ici au Katanga », a-t-il déclaré.

    Il a affirmé avoir remarqué que les ressources minières ne profitaient pas assez aux fils et filles de cette région. Ainsi, toujours selon son constat, beaucoup de jeunes sont touchés par le chômage.

    C’est pour toutes ces raisons, a-t-il ajouté, qu’il sollicite leurs suffrages. « Je vous implore Katanga donnez moi vos voix. Votez pour moi. Faites preuve de respect envers le rais Joseph Kabila. Mes frères du Katanga, votez pour moi à cause du Rais Kabila. Mes frères, aidez-moi ! »

    C’est le troisième meeting de Shadary après Kinshasa et Mbuji-Mayi, tous réputés fiefs de l’opposition.

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  • Tunisie: la venue du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman fait polémique

    Tunisie: la venue du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman fait polémique


    Par
    RFI

    Publié le 26-11-2018
    Modifié le 26-11-2018 à 23:12

    Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, attendu ce 27 novembre à Tunis dans le cadre d’une tournée dans plusieurs pays arabes, sera reçu par le président de la République. Une visite contre laquelle s’insurge la société civile locale.

    Le ton est ferme et les positions très claires. De nombreux représentants de la société civile tunisienne s’opposent à la venue du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, au cœur d’une tourmente après le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat saoudien en Turquie. Riyad soutient financièrement plusieurs pays du Maghreb, mais son prince héritier n’est pas pour autant bienvenu dans ces pays.

    Pour Messaoud Romdhani, le président du Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES), le refus de cette visite se base sur trois raisons majeures : « La première, c’est la mort de Khashoggi, un crime ignoble. Deuxième chose, c’est la guerre yéménite où il y a des dizaines de milliers de civils, morts et blessés. Et troisième chose, la situation des droits de l’homme dans ce pays. »

    Une centaine de manifestants a battu le pavé de l’avenue Habib-Bourguiba ce lundi soir contre la venue du « bourreau de femmes » comme ils appellent le prince héritier. Les conditions des droits de l’homme en Arabie saoudite ont incité un collectif de 50 avocats à saisir la justice contre sa visite.

    « Profaner la terre de la révolution »

    Sur un immeuble de la ville, une immense affiche sur laquelle apparaît la silhouette du prince, tronçonneuse à la main, et ces mots : « Ne viens pas profaner la terre tunisienne de la révolution » habille la façade des locaux du syndicat des journalistes.

    « Le régime saoudien est un régime dictatorial. On est contre cette visite », estime Mohamed Mâali, du Centre pour la liberté de la presse.

    L’escale tunisienne du prince ben Salman s’accompagnerait d’un dépôt à la Banque centrale de deux milliards de dollars et de la fourniture de pétrole à des tarifs préférentiels.

    Jamel M’Sallem, président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), sera très attentif : « Nous sommes vigilants pour refuser toute forme d’ingérence dans la gestion de notre phase de transition démocratique. » Cette visite est la première d’un membre de la famille royale saoudienne depuis la révolution de 2011.

    ►A (ré)écouter : La richesse de l’Arabie saoudite la rend-elle intouchable ?

    ■ Ailleurs au Maghreb

    Si c’est en Tunisie que la protestation bat tous les records et où les syndicats et les associations sont les plus hostiles à la visite, en Algérie et en Mauritanie, au-delà des réseaux sociaux, d’autres voix protestataires, plus politiques, se font entendre également.

    Enfin, si le Maroc, allié traditionnel et historique de Riyad figurait au programme de cette tournée, il n’y est plus, désormais. Un signe supplémentaire des tensions silencieuses entre les deux royaumes.

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  • RCA: le cardinal Nzapalainga s’exprime sur la situation politique et sécuritaire

    RCA: le cardinal Nzapalainga s’exprime sur la situation politique et sécuritaire


    Par
    RFI

    Publié le 26-11-2018
    Modifié le 26-11-2018 à 22:31

    En République centrafricaine (RCA), l’Eglise catholique a décidé de prendre la parole, lundi 26 novembre, à Bangui, la capitale. Une grande conférence de presse à la résidence du cardinal Nzapalainga, l’archevêque de Bangui, a été organisée à laquelle des responsables politiques et des représentants des ambassades ont assisté.

    Ce 26 novembre, l’Eglise centrafricaine a notamment souhaité lancer un message fort au gouvernement et à la Minusca, la Mission de l’ONU en RCA, pour travailler de manière plus efficace, sur le terrain, afin de protéger les civils.

    Dans un contexte de retour des violences dans le pays et après une visite de trois jours sur le terrain, à Alindao, ville du centre du pays théâtre de violences affrontements, le cardinal Nzapalainga, archevêque de la capitale Bangui, a tenu à s’exprimer.

    Il rapporte des témoignages d’Alindao décrivant des « incendies systématiques », un « déferlement de violence ». Il dénonce les groupes armés qui font la guerre pour des postes politiques.

    « Nous condamnons, nous demandons à ce que la vérité soit dite sur ce qui se passe, a déclaré le cardinal Nzapalainga. Aucun des deux groupes ne m’a annoncé qu’ils ont perdu des hommes alors que nous avons des civils, des enfants qui sont morts. Allons-nous assister au massacre de nos populations innocentes ? On ne peut pas marcher dans le sang des Centrafricains pour être ministre, pour s’enrichir ».

    Les prêtres « pas des protecteurs des anti-balaka »

    L’Eglise catholique est souvent considérée comme ayant un parti pris dans le conflit. Monseigneur Nongo-Aziagbia, vice-président de la Conférence épiscopale centrafricaine, met les populations en garde contre les manipulations politiques ou religieuses.

    « L’Eglise catholique, à travers sa hiérarchie, les prêtres sont considérés comme les protecteurs des anti-balaka. Il y a aussi un fort amalgame comme quoi l’Eglise protège uniquement les chrétiens. Au-delà de toutes ces fausses accusations, on est en train de nous pousser vers une guerre de religion, ici en Centrafrique. Nous tenons à promouvoir la paix, l’unité de la République centrafricaine », a déclaré monseigneur Nongo-Aziagbia.

    L’Eglise catholique, accompagnée de la communauté islamique centrafricaine, appellent à ne pas célébrer la fête nationale, ce 1er décembre, mais à commémorer les victimes de ces dernières semaines.

    Une partie de l’opposition s’est réunie, lundi 26 novembre au soir, et a appelé à ne pas participer à la marche du 1er décembre et a appelé à une opération « ville morte » du 1er au 3 décembre.

    RCA: après le retour au calme à Alindao, quels besoins ont les populations ?

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  • Afrique du Sud: instauration d’un salaire minimum

    Afrique du Sud: instauration d’un salaire minimum


    Par
    RFI

    Publié le 26-11-2018
    Modifié le 26-11-2018 à 22:26

    En Afrique du Sud, cela faisait des années que le gouvernement en parlait et c’est chose faite : le pays a désormais un salaire minimum national. Le chef de l’Etat Cyril Ramaphosa a confirmé lundi la loi instaurant un salaire minimum dans l’ensemble du pays. Celui-ci est désormais fixé à 20 rands de l’heure, soit 1,27 euro de l’heure, qui devrait être applicable à partir du 1er janvier 2019. C’est peu, indiquent les syndicats, mais c’est un début.

    Selon les syndicats, 6 millions de Sud-Africains devraient être concernés par ce salaire minimum. Il devrait toucher l’ensemble des travailleurs du pays sauf dans certains secteurs qui ont déjà leur propre grille salariale, comme les employés de maison ou les travailleurs agricoles.

    Cela faisait des années que le gouvernement en parlait coincé entre ses promesses de réduire les inégalités et sa crainte d’effrayer les investisseurs étrangers.

    Pour ses partisans, ce salaire minimum va permettre de s’attaquer à la pauvreté. Ses détracteurs, eux, pensent qu’au contraire ce revenu minimum risque d’accentuer le chômage – qui est déjà à 27% – de nombreux employeurs n’ayant pas les moyens de relever leur rémunération.

    En tout cas, la plupart des syndicats se sont réjouis de cette annonce même s’ils estiment que ce salaire est loin d’être un revenu suffisant.

    Le gouvernement a d’ailleurs admis qu’il ne s’agit en aucun cas d’un salaire minimum vital, mais affirme qu’il s’agit d’un premier pas pour réduire la pauvreté dans le pays le plus industrialisé du continent.

    (Ré) écouter : Afrique du Sud: les difficultés de travail des immigrés congolais (Afrique économie)

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  • Présidentielle en RDC : l’UA demande à l’UE de lever les sanctions contre Ramazani Shadary

    Présidentielle en RDC : l’UA demande à l’UE de lever les sanctions contre Ramazani Shadary

    Dans un communiqué daté du 19 novembre mais publié une semaine plus tard, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine demande la levée des sanctions internationales, celles de l’UE en particulier, qui frappent Emmanuel Ramazani Shadary, candidat de la coalition au pouvoir à la présidentielle en RDC.

    « C’est moi qui ai mené ce plaidoyer auprès de l’Union africaine et j’ai été entendu ! » se félicite, lundi 26 novembre, Barnabé Kikaya Bin Karubi. Il y a une semaine c’est ce principal conseiller diplomatique du président congolais, Joseph Kabila, qui a été dépêché à Addis Abeba pour « donner la lecture officielle sur quelques sujets de l’heure qui intéressent la vie de la RDC » devant le Conseil de paix et de sécurité de l’UA.

    Dans sa déclaration, reprise dans un document de cinq pages que Jeune Afrique a pu consulter, le diplomate congolais s’est employé à peindre un tableau plutôt satisfaisant, à ses yeux, de la situation politique en RDC, à quelques jours des élections présidentielle, législatives et provinciales prévues le 23 décembre. « Ce cap demeure irréversible », a-t-il notamment souligné.

    Sanctions injustes et arbitraires ?

    Barnabé Kikaya Bin Karubi a surtout profité de cette réunion pour « rappeler que plusieurs personnalités civiles et militaires [congolaises] sont sous le coup de sanctions de l’Union européenne ». Parmi elles, Emmanuel Ramazani Shadary, candidat porté par le Front commun pour le Congo (FCC), plateforme électorale de la majorité au pouvoir.

    Si l’UE maintient ces sanctions, ce serait une interférence au processus électoral en cours en RDC », selon Kikaya Bin Karubi

    En mai 2017, l’UE a en effet sanctionné le dauphin de Kabila, alors vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, pour avoir été « responsable de l’arrestation d’activistes et de membres de l’opposition, ainsi que de l’usage disproportionné de la force depuis sa nomination, tel que les mesures de répression violentes prises contre des membres du mouvement Bundu Dia Kongo (BDK) au Kongo central, la répression à Kinshasa en janvier et février 2017 et le recours disproportionné à la force et la répression dans les provinces du Kasaï ».

    « Ces sanctions sont injustes et arbitraires », affirme à Jeune Afrique Barnabé Kikaya, satisfait par « la demande du Conseil de paix et de sécurité à son partenaire de l’UE de lever toutes ces sanctions individuelles imposées à l’encontre de Ramazani Shadary et des autres proches du président Kabila ». À l’en croire, « si l’UE persiste à maintenir ces sanctions, ce serait une interférence au processus électoral en cours en RDC ».

    Au plus tard le 12 décembre, le Conseil de l’UE devait se prononcer sur le prolongement, ou pas, de ces mesures restrictives.

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  • Affaire Khashoggi : la visite de Mohamed Ben Salman à Tunis suscite l’indignation

    Affaire Khashoggi : la visite de Mohamed Ben Salman à Tunis suscite l’indignation

    L’annonce de la visite du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman, prévue le 27 novembre à Tunis, a provoqué une levée de boucliers au sein de la société civile.

    Tunis, au siège du Syndicat national des journalistes professionnels (SNJT), lundi 26 novembre. Une affiche montrant Mohamed Ben Salman (MBS) couvre une partie de la façade de l’établissement. On y voit le prince héritier saoudien, de dos, une tronçonneuse à la main. « Non à la profanation de la Tunisie, terre révolutionnaire », peut-on lire au dessus de l’illustration. Quelques centaines de mètres plus loin, la devanture du siège de l’Association des femmes démocrates (ATFD), une autre affiche montre un homme vêtu d’un habit traditionnel saoudien maniant un fouet. En lettres rouges : « Nous ne souhaitons pas la bienvenue au fouetteur de femmes ».

    Depuis l’annonce de la visite diplomatique du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman, prévue mardi 27 novembre dans le cadre d’une tournée dans six pays arabes (Émirats arabes unis, Bahreïn, Égypte, Tunisie, Mauritanie et Algérie), une partie de la société civile et de l’opposition tunisienne s’organise pour exprimer leur mécontentement. Un collectif de blogueurs, de journalistes et d’activistes ont chargé un collectif de cinquante avocats de porter plainte devant les tribunaux tunisiens pour s’opposer à cette visite.

    Après l’affaire Khashoggi

    Sur les réseaux sociaux, les internautes tunisiens ont réagi à la visite avec le hashtag « #LaAhlaWaLaSahlaBikaFiTounès » (« Tu n’es pas le bienvenu en Tunisie »). Des organisations, dont le SNJT, la Ligue des droits de l’homme ou encore l’ATFD ont appelé à manifester contre sa venue, lundi après-midi dans le centre de Tunis. D’autres, comme l’Union générale des étudiants tunisiens (UGET) de Sfax, ont appelé à manifester à Tunis et à Sfax mardi matin.

    Une indignation qui trouve ses origines dans l’affaire Khashoggi, journaliste saoudien opposant au régime, qui a été tué dans des conditions obscures au consulat saoudien d’Istanbul. Si l’enquête est encore en cours, la thèse d’une responsabilité du royaume saoudien dans le meurtre du journaliste est largement soutenue.


    >>> À LIRE – Affaire Khashoggi : l’onde de choc


    Le timing de la tournée diplomatique n’est toutefois pas surprenant, selon Didier Billion, chercheur spécialiste de la Turquie et du Moyen-Orient à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) : « Le dirigeant saoudien a obtenu mardi dernier [le 20 novembre, ndlr] le soutien de Donald Trump. L’Union européenne n’a pas non plus mis des sanctions à exécution. De plus, des sources proches du palais rapportent que son père [le roi Salman, ndlr] aurait réaffirmé son appui à la succession de MBS au trône », explique le spécialiste. « C’est donc désormais au niveau local que la reprise de la course au leadership doit se jouer. »

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  • Algérie : Mouad Bouchareb, nouvel homme fort du FLN à quelques mois de la présidentielle

    Algérie : Mouad Bouchareb, nouvel homme fort du FLN à quelques mois de la présidentielle

    Le chef de l’État et président du Front de libération nationale (FLN), Abdelaziz Bouteflika, a nommé dimanche 25 novembre le président de l’Assemblée nationale coordinateur de l’instance dirigeante du parti. Une marque de confiance importante, à moins de cinq mois de l’élection présidentielle.

    C’est la première fois que le président de la République intervient ouvertement et publiquement dans la gestion du vieux parti. « Cette restructuration ne peut qu’obéir à un objectif et une échéance précis », commente un ex-membre du bureau politique du FLN.

    « À quelques mois de la présidentielle, cela répond à une volonté de neutraliser quelques membres du comité central et de ressouder les rangs. Au FLN, les membres des instances dirigeantes dissoutes n’arrivaient pas à dépasser les clivages et les ambitions. Une formule a été trouvée pour les faire taire : mettre en veilleuse les structures qui posent problème », renchérit un cadre du Rassemblement national démocratique (RND), le parti du Premier ministre Ahmed Ouyahia.


    >>> À LIRE – Algérie : la désignation de Mouad Bouchareb à la tête du FLN est-elle irrégulière ?


    Toutes les structures du parti ont également été dissoutes. Une manière de contourner son règlement intérieur, puisque l’article 36 de la loi organique du FLN stipule qu’en cas de vacance du poste de secrétaire général, l’intérim doit être assuré par le membre le plus âgé du bureau politique. Une session extraordinaire du comité central doit ensuite se tenir dans un délai de 30 jours, afin d’élire parmi ses membres un nouveau secrétaire général. Suivant ces critères, Mouad Bouchareb, 47 ans, n’était donc pas éligible pour diriger le FLN. D’abord du fait de son âge, et ensuite parce qu’il n’est membre ni du comité central, ni du bureau politique.

    L’instance transitoire dont il vient de prendre la tête – également composée des parlementaires et anciens membres du bureau politique Dalila Taieb, Mohamed Goumama, Saida Bounab, Mustapha Karim Rahiel, Samira Kerkouche et Said Lakhdari – aura pour mission de gérer les affaires courantes du parti et de préparer la tenue d’un congrès extraordinaire, qui se tiendra avant ou après le scrutin présidentiel de 2019. Aucune date n’a été avancée pour l’instant.

    Homme providentiel ?

    Confier les rênes du parti et sa restructuration à Mouad Bouchareb, en remplacement du démissionnaire Djamel Ould Abbès, n’est guère une surprise. Le 24 octobre dernier, il a été élu à la tête de l’Assemblée nationale, à la suite de l’éviction de Saïd Bouhadja. En coulisses, Mouad Bouchareb a coordonné avec succès la contestation des députés d’une coalition RND-FLN-TAJ-MPA pour empêcher le président de 80 ans de se rendre à son bureau. « Bouchareb est un jeune qui fonce et qui exécute avec zèle les consignes. Il bénéficie aussi de la confiance de Bouteflika. C’est l’homme de la situation », ajoute le cadre du RND contacté par Jeune Afrique.

    Député de Sétif depuis trois législatures, Bouchareb a occupé les fonctions de vice-président de l’Assemblée nationale populaire et président du groupe parlementaire de son parti, avant d’accéder au statut de troisième personnage de l’État à la faveur d’un concours de circonstances qui n’a pas livré tous ses secrets. « C’est à ce moment-là qu’on a décidé de lui confectionner un CV lui donnant la stature d’un homme d’État », pense un cadre du Rassemblement de l’espoir de l’Algérie (TAJ), le parti de l’ex-ministre des Travaux publics Amar Ghoul. « Tout a changé pour lui durant cette période. Il était sollicité tout le temps par téléphone par les hautes sphères de l’État », témoigne un député FLN.

    Le FLN n’est pas un parti aisé à diriger, donc il faut être à l’écoute et ne léser personne. Tout est une question d’équilibre

    Le nouveau président de l’instance dirigeante du FLN prône un discours conciliant. « Je peux être un réconciliateur et un unificateur des rangs du FLN. J’ai déjà mené à bien cette mission lorsque j’étais chef du groupe parlementaire du parti », confie Mouad Bouchareb. « Le FLN n’est pas un parti aisé à diriger, donc il faut être à l’écoute et ne léser personne. Tout est une question d’équilibre. Je suis capable de fédérer les dissidents et opposants de l’ancienne direction », certifie-t-il à ses proches.

    L’ascension de Bouchareb a été si fulgurante que certains n’hésitent pas à le présenter comme une personnalité présidentiable, en cas de défection de Bouteflika à cause d’une aggravation de son état de santé. Une possibilité rejetée par nos sources appartenant à l’alliance présidentielle. « Mouad Bouchareb est un homme qui sert une conjoncture et un agenda déterminés. Rien de plus », concluent-ils.

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  • L’humilité évidente de Sadio Mané, nommé pour le trophée BBC du footballeur africain 2018

    L’humilité évidente de Sadio Mané, nommé pour le trophée BBC du footballeur africain 2018

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    Cette semaine, BBC Afrique présente les cinq joueurs nommés pour le trophée BBC du footballeur africain 2018.

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    En première position, Sadio Mané, l’attaquant de Liverpool et du Sénégal.

    Après avoir marqué le premier but lors de la victoire 2-1 de Liverpool à Leicester City au début du mois de septembre, Sadio Mané aurait pu se contenter de célébrer.

    Mais le modeste attaquant sénégalais de 26 ans a préféré aider au nettoyage des toilettes d’une mosquée de Liverpool.

    L’image, largement partagée sur les réseaux sociaux, contrastait de manière frappante avec l’image stéréotypée du footballeur “choyé” de la Premier League.

    Copyright de l’image Getty Images

    Mané est heureux d’être à l’écart des projecteurs, selon l’imam de la mosquée Al Rahma, dans le quartier de Toxteth à Liverpool.

    Détails du vote

    Les 5 nominés de cette année sont Medhi Benatia (Maroc), Kalidou Koulibaly (Sénégal), Sadio Mane (Sénégal), Thomas Partey (Ghana) et Mohamed Salah (Égypte).

    Le vote se termine le 2 décembre à 20h00 GMT.

    Les résultats définitifs seront annoncés en télé, radio et via Facebook Live le 14 décembre à partir de 17h30 GMT.

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    “Sadio a demandé qu’aucune vidéo ne soit envoyée. Il voulait rester discret et ne le faisait pas pour la publicité”, a déclaré Abu Usamah Al-Tahabi.

    “Il vient souvent à la mosquée. Chez lui, il a une Bentley, mais il vient à nous dans une voiture banale, alors il est incognito.”

    “Ce n’est pas quelqu’un qui recherche la lumière. Il n’y a pas d’arrogance.”

    Cette humilité est évidente chez Mané.

    Avant la finale de la Ligue des champions en mai, il a offert des maillots de Liverpool aux habitants de sa ville natale de Bambali au Sénégal.

    “Il y en a 2 000 dans le village. J’ai acheté 300 maillots de Liverpool à envoyer aux habitants du village, afin que les supporteurs puissent s’habiller pour regarder la finale”, a déclaré Mané.

    C’est à Bambali que Mané a assisté au retour célèbre de Liverpool contre le Milan AC pour remporter la finale de la Ligue des champions 2005, à l’âge de 13 ans.

    Son domicile n’est jamais loin de son esprit.

    “Sadio vient d’une communauté pauvre. C’est le genre de gars qui va aider. Il a beaucoup d’initiatives et a contribué à la construction d’une mosquée dans son village d’origine”, a ajouté Al-Thabi.

    “Il est très abordable et un peu timide”

    La personnalité de Mané l’a également aidé à devenir un favori des supporters de Liverpool.

    “Les fans l’aiment parce qu’il est humble. À Liverpool, la pire chose à faire est d’être sûr de soi. Il n’est pas du tout comme ça”, déclare John Gibbons du podcast The Anfield Wrap.

    Gibbons explique que “tout le monde à Liverpool trouve Mané vraiment abordable” et explique comment une rencontre fortuite avec un fan dans un supermarché met en valeur son caractère discret.

    Copyright de l’image Getty Images

    “Il faisait des emplettes dans un supermarché en costume traditionnel lorsqu’un fan tenant un bébé a demandé une photo.

    “Mané est alors là, tenant le bébé et souriant. C’est le fait qu’il est dans un supermarché normal. Beaucoup de personnes qui l’ont rencontré ont dit qu’il était très abordable et un peu timide.”

    Sur le terrain, Mané est également heureux de se mettre en retrait pour le bénéfice de l’équipe.

    “Quand Liverpool l’a signé, il était à droite et était probablement le joueur de la saison. Ensuite, nous signons [Mohamed] Salah et Sadio passe à gauche”, a déclaré Gibbons.

    “Il n’a fait aucune réclamation et a poursuivi […] pendant que Salah était la star.”

    Mané n’est pas un homme qui réclame des comptes. Dans un match récent contre Arsenal, il avait un but incorrectement exclu pour hors-jeu.

    Lors de son entretien après le match, il a refusé de critiquer les officiels et a même évoqué la journée d’ouverture de la saison.

    Ce désintéressement n’est pas une surprise pour Mike Hughes de BBC Radio Merseyside Sport.

    “Après un match, j’essaie de le faire décrire le rôle important qu’il a joué, mais il a toujours hâte de minimiser son rôle et de bousculer tous les autres membres de l’équipe.

    “Cela montre juste le caractère de l’homme.”

    “L’un de mes meilleurs jours à ce jour dans le football”

    Dans une équipe de Liverpool qui continue à progresser sous la direction de Jurgen Klopp, Mané reste un artiste hors pair.

    Il était un membre essentiel de l’équipe qui a atteint la finale de la Ligue des champions, inscrivant 10 buts dans la compétition.

    Il a également terminé la saison de Premier League avec 10 buts, jouant un rôle clé dans le redoutable avant-match des Reds, aux côtés de Roberto Firmino et Salah.

    Mané, qui est arrivé à Anfield via Metz, le Red Bull Salzburg et Southampton, est ensuite devenu le premier joueur sénégalais à marquer un but en finale de la Ligue des champions.

    En dépit de ses efforts, le Real Madrid s’est imposé 3: 1, procurant à Mané un souvenir aigre-doux de l’occasion.

    “J’ai marqué en finale de la Ligue des champions. J’étais très heureux, mais après, le résultat est plus important”, a-t-il déclaré.

    Mané n’a pas mis longtemps à surmonter le résultat décevant en Ukraine, alors qu’il se dirigeait vers la Coupe du monde en Russie avec le Sénégal.

    Lors du deuxième match de groupe de son équipe contre le Japon à Ekaterinbourg, Mané a inscrit son premier but en phase finale de la Coupe du monde.

    “L’un de mes meilleurs jours à ce jour dans le football”, a été la description donnée par Mané. Ce fut aussi un moment de rachat sur la scène internationale.

    En janvier 2017, Mané avait raté le but lors d’une séance de tirs au but contre le Cameroun en quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN).

    Le Cameroun l’emportait avec le prochain coup de pied et Mané, inconsolable, était aidé par ses coéquipiers.

    Mané, qui vient de signer un nouveau contrat à long terme avec Liverpool, a également prospéré en Premier League cette saison, avec six buts dans les 13 matchs d’ouverture des Reds.

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    Il ne voudrait cependant pas s’attarder sur cette statistique.

    Pour lui, la gloire d’une équipe l’emportera toujours sur l’éclat individuel.

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