Le ministère marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a reçu l’ambassadeur d’Algérie, lundi 26 novembre à Rabat. Il demande une réponse officielle de l’Algérie à la « main tendue » par Mohammed VI sur le dossier du Sahara occidental.
Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, s’est entretenu lundi 26 novembre avec l’ambassadeur d’Algérie à Rabat afin d’exiger une réponse à la main tendue du roi Mohammed VI. « Cette rencontre intervient après plusieurs démarches, formelles et informelles, entreprises vainement, dix jours durant, afin d’établir un contact avec les autorités algériennes à un niveau ministériel », explique le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
Rabat prône une initiative bilatérale
Cette rencontre intervient suite à la lettre adressée par l’Algérie au Secrétariat général de l’Union du Maghreb arabe (UMA), le 23 novembre, appelant à la tenue du Conseil des ministres des affaires étrangères de l’UMA. Une réponse qui ne satisfait pas Rabat, qui estime qu’elle « est sans rapport avec l’initiative royale » car « celle-ci est bilatérale, alors que la démarche algérienne s’inscrit dans le cadre de la relance de la construction régionale ».
En effet, dans son traditionnel discours de la Marche verte, mardi 6 novembre, Mohammed VI avait proposé « la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation ». Et le souverain d’affirmer : « Nous réitérons notre engagement à œuvrer main dans la main avec nos frères en Algérie ».
Si le ministère marocain indique qu’il « n’a pas d’objection de principe quant à la tenue d’une réunion du Conseil des Ministres des Affaires étrangères de l’UMA », il insiste sur le fait qu’il « ne peut que douter que cette 35e réunion ministérielle puisse parvenir à des résultats tangibles, différents des 34 précédentes, en l’absence d’une bonne préparation et d’un dialogue direct responsable entre deux Etats membres de l’UMA ». Le dialogue voulu par le Royaume doit donc être « bilatéral, direct et sans intermédiaires » précise le communiqué.
Alger tarde à répondre sur le fond
Lors de cette entrevue avec l’ambassadeur d’Algérie à Rabat, le ministre a réitéré le souhait du Maroc d’obtenir une réponse officielle des autorités algériennes à la volonté de voir se mettre en place un mécanisme politique de dialogue et de concertation avec l’Algérie, tel que défendu par Mohammed VI. Le Maroc « demeure ouvert et attentif à toutes propositions de l’Algérie concernant le niveau, les déclinaisons, l’ordre du jour, les modalités et le rythme de ce dialogue bilatéral », précise le communiqué.
Depuis cette annonce, le président algérien s’est contenté, lors de son traditionnel message à l’occasion de l’indépendance du pays, sa « détermination » à « consolider les relations de fraternité et de solidarité qui unissent » les deux voisins et à des « relations bilatérales basées sur le respect mutuel ». Des termes qui sont, peu ou prou, ceux utilisés dans les messages qu’adresse le chef d’État algérien au roi du Maroc à l’occasion des fêtes nationales ou religieuses. Le ministère marocain des Affaires étrangères se dit cependant « ouvert et optimiste quant au futur des relations entre les deux pays frères ».
L’audition du général Gilbert Diendéré, l’un des principaux accusés de la tentative de coup d’État de 2015, s’est ouverte lundi 26 novembre devant la justice militaire burkinabè. L’ancien bras droit de Blaise Compaoré réfute avoir « commandité » le putsch et pointe la responsabilité de l’ancien Premier ministre de la Transition, Yacouba Isaac Zida.
C’était l’affluence des grands jours à l’ouverture de l’audience, lundi matin, à la salle des banquets de Ouaga 2000 où le procès des auteurs présumés du putsh manqué de septembre 2015 se tient depuis plus de dix mois. Les bancs du public et de la presse ont été pris d’assaut pour entendre la version des faits du général Gilbert Diendéré. Avec une question, sur toutes les lèvres : l’audition de celui qui avait pris les rênes du Conseil national pour la démocratie va-t-elle, enfin, permettre de situer les responsabilités dans la tentative de putsch et d’éclairer les ramifications politiques de ce qui fut qualifié de « coup d’État le plus bête du monde » ?
Poursuivi notamment pour attentat à la sûreté de l’État, meurtres et coups et blessures, « Golf » – comme le surnomme les burkinabè – a quitté son habituelle réserve pour se montrer particulièrement prolixe, et même offensif, à la barre du tribunal militaire présidé par le magistrat Seydou Ouedraogo.
Une allégation en contradiction avec le témoignage du chef des opérations du coup d’État, l’adjudant-chef Eloi Badiel, qui avait directement mis en cause le général Diendéré. « Le 16 septembre 2015, vers 10h00, le sergent-chef [Roger] Koussoubé m’a informé que le général [Diendéré] a instruit de procéder à l’arrestation des autorités de la Transition », avait affirmé l’adjudant-chef lors de son audition, en juillet. Un ordre « indirect », précisait alors ce témoin, qui affirmait dans le même temps n’avoir pas eu de contact direct avec Diendéré pour recevoir cet ordre.
Commanditaire ou médiateur ?
Theo Renaut/AP/SIPA
L’instruction du dossier n’a pas pu établir que mon client était le commanditaire du coup d’État
L’issue du débat sur ce point précis sera cruciale, et la défense en a particulièrement conscience. Me Mathieu Somé, avocat du général Diendéré, l’affirme : « L’instruction du dossier n’a pas pu établir que mon client était le commanditaire du coup d’État. »
Son client s’est employé à suivre cette ligne, affirmant vouloir « exposer la situation qui a favorisé les événements du 16 septembre ». À en croire le témoignage de Gilbert Diendéré, face à l’intransigeance des soldats du RSP, les personnalités de la société civiles – en l’occurrence Mgr Paul Ouédraogo et l’ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo – qui ont tenté une médiation aux côtés de la hiérarchie militaire pour ramener l’ex-garde présidentielle à renoncer au coup de force ont constaté la vacance du pouvoir, et demandé à l’armée d’assumer.
Diendéré a également voulu démontrer ce qu’il qualifie de « comportement machiavélique » des responsables de la Transition. Égrenant un chapelet de « frustrations » au sein de l’armée, provoquées selon lui par les agissements du lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, l’accusé a expliqué avoir voulu jouer rôle de médiation entre l’ancien Premier ministre de la Transition et les soldats mécontents du RSP.
« Après s’être fait chef de l’État, puis chef du gouvernement suite au coup d’État du 30 octobre, Zida a cherché à prolonger la Transition en violation de la Charte adoptée illégalement pour réaliser son agenda. Pour cela, il avait besoin de prendre le contrôle des finances publiques de l’État, de l’administration, ainsi que de l’armée « , martèle le général à la barre.
La charge contre Zida
Theo Renaut/AP/SIPA
Entre février et juin 2015, Zida a mené une campagne de désinformation contre le RSP et moi-même
La thèse de Gilbert Diendéré ? En s’appropriant le ministère de la Défense, Zida manœuvrait en fait pour mettre l’armée au pas, notamment en mettant à la retraite anticipée les officiers plus gradés que lui. L’accusé s’est également longuement attardé sur la volonté affichée par Zida de dissoudre le RSP, en dépit des recommandations d’un rapport commandé par le président Michel Kafando qui préconisait plutôt une réforme du corps.
« Entre février et juin 2015, Zida a mené une campagne de désinformation contre le RSP et moi-même qui m’évertuais à aplanir les divergences entre lui et les soldats. J’avais toujours dit que ce corps est un maillon important de la chaîne de lutte contre le terrorisme. Si vous brisez ce maillon, vous affaiblissez notre système de sécurité. C’est la situation que nous vivons aujourd’hui », a lancé l’officier.
Interrogé par le président du tribunal sur l’existence de clans au sein du RSP, le général Diendéré a botté en touche. « Je ne suis pas très bien informé sur ce problème. Zida contrôlait des éléments comme ceux qui sont venus me chercher le 30 décembre 2014. En tant que responsable militaire, je n’ai pas à favoriser des clans dans une unité militaire », a-t-il simplement répondu.
L’audience, qui doit se terminer à 17h ce lundi, reprendra mardi.
Installé dans la ville nouvelle de Diamniadio, le campus franco-sénégalais sera bien plus un espace de conception de nouveaux programmes qu’un centre d’enseignement en soi.
Il est bien appelé « campus », pourtant, il n’accueillera pas forcément des milliers d’étudiants en amphithéâtre. Le projet de campus franco-sénégalais, soutenu depuis 2017 par le président français, Emmanuel Macron et son homologue sénégalais, Macky Sall, devrait être opérationnel à la rentrée 2019 à Diamniadio, ont réaffirmé vendredi 16 novembre, Frédérique Vidal, ministre française de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et son homologue sénégalais, Mary Teuw Niane, lors d’un point presse tenu à l’issue du second comité de pilotage organisé sur le sujet. Le projet s’inscrit dans la droite ligne de la nouvelle stratégie française en termes d’enseignement supérieur à l’international.
Dix-sept licences et masters ont été validés par le comité technique et adoptés par le comité de pilotage. »
Incubateur à formation
Parallèlement aux enseignements, le campus est conçu pour être un incubateur dédié au développement de nouveaux formats d’enseignement, grâce à la coopération entre chercheurs français et sénégalais. « Il ne s’agit pas de regrouper en un même endroit ce qui existe déjà mais de construire de nouvelles choses qui ne pourraient pas se faire sans une coopération entre nos deux pays », confirme Frédérique Vidal.
Dix-sept nouvelles formations
À l’issue de cette deuxième rencontre ministérielle, dix-sept licences et masters ont été validés par le comité technique et adoptés par le comité de pilotage. Ils concernent des secteurs de formation retenus comme prioritaires par le Plan Sénégal émergent : l’agronomie, l’agroalimentaire, le numérique, le renforcement des capacités et la formation des formateurs. Dix-neuf autres projets pédagogiques sont en cours d’adoption. Certains d’entre-eux se feront sur les campus d’écoles déjà implantées à Diamniadio ou ailleurs au Sénégal.
D’autres travaux de coopération sont consacrés au développement de programmes de reconnaissance des savoirs et savoirs-faire sous la forme de validation des acquis d’expérience (VAE) et de formation tout au long de la vie. Le but pour Mary Teuw Niane : « répondre aux attentes du monde socio-économique ». Dans ce cadre, le groupe Eiffage a marqué son intérêt de confier l’ensemble de ses formations en VAE au campus franco-sénégalais, « notamment pour la formation des formateurs et la formations des jurys », explique le ministre sénégalais.
Pour insister sur l’aspect collaboratif du projet, une charte des valeurs a été signé par Olivier Faron, l’administrateur du Cnam et Oumar Niang, directeur de l’Institut supérieur d’enseignement professionnel de Diamniadio.
Le campus, installé sur un terrain de sept hectares dans la ville nouvelle de Diamniadio réunira côté français, le Conservatoire nationale des arts et métiers (Cnam), l’Institut Mines Télécom (IMT), l’université de Bretagne Sud (UBS), l’université technologique de Troyes (UTT), Agreenium, SupAgro, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).
Côté sénégalais, le projet fédère l’université Cheikh Anta Diop (Ucad), l’université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB), l’université du Sine Saloum Elhaj Ibrahim Niass (Ussein), l’université de Thiès, l’université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ), l’université virtuelle du Sénégal (UVS), Bordeaux école de management (BEM), l’École supérieure de commerce de Dakar (Sup de co Dakar), l’Institut technique de commerce (Itecom), l’Institut supérieur d’enseignement professionnel de Thiès (Istec).
Face à la question de l’identité nationale en Côte d’Ivoire, relancée par les élections locales d’octobre dernier et la résurgence de concepts identitaires, le peuple doit exiger des hommes politiques des débats nobles devant rythmer la vie de toute une nation.
De fait, ces élections ont fait resurgir les vieux démons d’un concept identitaire, « l’ivoirité », qui a contribué au cours des dernières années à fragiliser l’unité nationale et précipiter le pays dans une crise sans précédent.
À l’occasion de ces élections locales, certains candidats ont été régulièrement renvoyés à leurs origines, comme pour leur signifier qu’ils n’auraient pas cocher toutes les cases pour mériter d’être ivoiriens. Fraîchement élu maire d’Azaguié (sud de la Côte d’Ivoire), l’ancien président de l’Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly, dénonçait dans une vidéo publiée sur YouTube l’attitude de ses adversaires l’ayant traité d’étranger durant les joutes électorales.
Mi-août 2018, en prélude des élections, l’ancien ministre Lida Kouassi affirmait ne pas comprendre que des personnes soient « parachutées » dans des localités dont ils ne sont pas originaires pour y être élues. Dès l’annonce de ses ambitions politiques en 2016, le candidat Fabrice Sawegnon, qui concourait dans la commune du Plateau (Abidjan), s’est vu rappeler ses origines béninoises, conduisant ce dernier à se justifier en ces termes : « Je suis d’origine béninoise, j’assume. Je suis Ivoirien, j’assume. »
Le déroulement de ces élections aura clairement démontré que la cohésion sociale reste fragile
À l’ère des réseaux sociaux, cette tendance est devenue virale, aboutissant à un nouveau concept, « Ivoirien d’abord », qui rappelle étrangement son ancêtre mentionné plus haut. Si ce concept reste louable dans son esprit, le contexte dans lequel il apparaît suscite des interrogations. C’est pourquoi je m’aligne à la position de ceux qui, à ce concept, en opposent un autre, « la Côte d’Ivoire d’abord », qui privilégie la nation au-delà des individus. Le déroulement de ces élections aura clairement démontré que la cohésion sociale reste fragile.
Que le peuple impose leur agenda aux politiciens
Bien qu’étant un sujet crucial et omniprésent dans les débats publics partout dans le monde, la question de l’identité nationale peut produire un effet de massue si elle est maladroitement posée. C’est pourquoi, dans un pays où le principe d’État-nation reste à construire, ce débat doit être conduit avec maturité pour éviter d’entraver l’élan de réconciliation nationale.
Ces politiciens bâtissent leur crédibilité autour du discours de la division qu’ils entretiennent à souhait
En Côte d’Ivoire, le débat sur l’identité nationale a toujours été un fonds de commerce au service des ambitions des politiciens. D’un côté, les uns, s’arrogeant le rôle de porte-parole d’une frange de la population, se considèrent comme étant les « vrais » Ivoiriens, brandissant la menace de pseudos envahisseurs pour fédérer autour d’eux. En face, leurs challengers, agitant les fibres de la victimisation, parviennent à mobiliser aisément tous ceux qui sont potentiellement visés par l’autre camp.
Ainsi, ces politiciens bâtissent leur crédibilité autour du discours de la division qu’ils entretiennent à souhait. Disons que la tâche leur a également été facilitée par les citoyens qui renoncent à exiger une offre politique sérieuse adressant les problématiques réelles.
Le peuple doit exiger de ces derniers des débats nobles devant rythmer la vie de toute nation aspirant au développement
Il appartient donc au peuple d’en finir avec cette spirale négative en réfutant l’agenda électoral imposé par les techniciens de la politique, et exiger de ces derniers des débats nobles devant rythmer la vie de toute nation aspirant au développement.
La cohésion sociale est possible
L’année 2020 est celle de la prochaine élection présidentielle. 2020, c’est l’horizon que scrutent tous les Ivoiriens avec inquiétude et espoir. 2020, c’est aussi l’occasion de renouveler le personnel politique en fin de cycle. Le peuple de Côte d’Ivoire devrait saisir cette opportunité de recomposition de l’écosystème politique pour couper l’herbe sous le pied des futurs aspirants à la magistrature suprême et les pousser à proposer des projets de développement en phase avec les grands défis du moment.
La construction de la cohésion sociale est possible et indispensable
De plus, le Rwanda, régulièrement cité en exemple pour avoir surmonté ses divisions internes pour bâtir un pays prospère après une profonde crise identitaire, envoie un message clair à la Côte d’Ivoire. À savoir que non seulement la réalisation de la cohésion sociale n’est pas impossible, mais surtout, qu’elle est un préalable incontournable pour bâtir une nation stable et prospère.
Houssein Saloum, l’entraîneur de l’équipe de football féminin du Mali, espère venir à bout des Sud-Africaines en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) féminine de football 2018.
Une victoire contre l’Afrique du Sud ce soir à 18h30, à Cape Coast, donnerait aux Maliennes la chance de représenter l’Afrique à la Coupe du monde Femmes qui aura lieu en France en 2019.
En effet, la compétition sert aussi de tournoi qualificatif pour la Coupe du monde féminine de football 2019, les trois premiers se qualifiant pour le Mondial.
Le Mali s’est qualifié pour les demi-finales de la CAN féminine du groupe A vendredi, tandis que son hôte, le Ghana, a été éliminé avec l’Algérie.
La treizième édition de la CAN féminine de football Total 2018 met aux prises les meilleures sélections africaines féminines de football affiliées à la Confédération africaine de football (CAF).
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La compétition prendra fin le 1er décembre 2018.
Les matchs ont lieu entre Accra et Cape Coast au Ghana.
Publié le 26-11-2018 Modifié le 26-11-2018 à 16:14
Couronné par le prestigieux prix Amadou Kourouma pour son troisième roman Le Tambour des larmes (2015), l’écrivain mauritanien Beyrouk s’est imposé comme l’une des grandes plumes des lettres africaines. Empreint de lyrisme et convoquant des personnages de femmes à la fois lumineux et puissants, les romans de Beyrouk mettent en scène des sociétés patriarcales sahariennes se frayant difficilement leur chemin vers la modernité. Son nouveau roman Je suis seul raconte le triste destin d’une cité du désert tombée aux mains des fanatiques religieux.
« Je n’ai jamais arrêté de lire », aime répéter le romancier Beyrouk, natif d’Atar, ville du nord de la Mauritanie, et fils d’un père instituteur à l’école coloniale. Si c’est à son père qu’il doit avoir connu Victor Hugo et les grands classiques de la littérature française, le romancier doit à sa propre curiosité sa découverte des gestes et des légendes des sociétés sahariennes.
Proche de la tradition des conteurs mauritaniens qui sont très poétiques dans leurs déclamations, le Mauritanien a écrit un recueil de nouvelles et quatre romans, situés au carrefour des traditions européenne et africaine. Racontés dans une langue puissamment poétique, la fiction de Beyrouk met en scène la réalité encore féodale des sociétés maures du désert, avec des figures de femmes saisissantes d’irrévérence et de courage. Je suis seul, le nouveau roman sous la plume de cet auteur mauritanien francophone, s’inscrit dans cette lignée.
En attendant Nezha
A mi-chemin entre En attendant Godot et Les Mille et une nuits, ce nouveau roman raconte un récit haletant de trahison et de survie de l’amour au temps de haine et de violence jihadistes. Il faut lire ce livre bref et intense d’une centaine de pages comme un conte des temps modernes, avec ses sultans misogynes et ses Schéhérazades qui s’activent dans les coulisses contre l’obscurantisme.
Au cœur de l’intrigue, l’attente becketienne jamais comblée d’un sauveur (d’une sauveuse, en l’occurrence), sur fond de déréliction et de néant qui menacent de toutes parts. Construit comme un monologue intérieur ou une soliloque, Je suis seul donne à entendre la parole d’un narrateur sans nom pris au piège de ses propres défaillances et de l’Histoire avec un grand « H ».
L’homme est un bon vivant, un intellectuel opportuniste, recherché par les fondamentalistes à cause de ses articles dans la presse se moquant de la religion. Il n’a pas vu venir la chute du régime qu’il soutenait. Sa ville a été prise d’assaut par les jihadistes qui font régner la terreur et la haine au nom de la pureté religieuse. L’homme a dû trouver refuge dans la maison de son ancienne compagne, Nezha. Elle le cache dans une chambre étroite, les volets tirés : elle lui a interdit d’allumer la lumière de peur d’attirer l’attention des fanatiques qui paradent dans les rues. Dans la pénombre et le silence, l’homme traqué attend le retour de la belle Nezha, pour qu’elle l’aide à quitter la ville. Mais celle-ci, sortie vaquer à ses occupations, tarde à revenir. « Combien de temps durera encore cet enfermement ? », s’interroge le prisonnier. « Combien de temps supporterais-je de rester claquemuré dans un caveau sombre où la lumière est interdite ? » Cet huis clos est le décor oppressant où se déroule l’action du roman.
L’attente du protagoniste est ponctuée de flashbacks sur son passé. Ascension, amour, trahison. L’homme se souvient de la jeune Nezha qu’il avait autrefois aimée, avant de l’abandonner pour les beaux yeux de Selma. Fille du maire tout-puissant de la cité, celle-ci l’avait séduit pour mieux asservir ses talents d’écriture à la cause des siens. « C’est vrai, se souvient le narrateur, c’était plutôt flatteur, la fille du maire qui courait après moi, «tu es fou me disaient mes amis, c’est une chance, ne la laisse pas passer » et elle était belle aussi, Selma, et elle avait les seins orgueilleux des filles de parvenus, et le sourire insolent des beautés qui se savent, moi, je n’ai fait que tendre les mains pour recueillir les raisins de ma lâcheté, j’ai tout acheté à la fois, le mépris de moi-même, la voiture, le boulot, l’argent, et une femme que je n’aimais pas. »
La revanche de l’Histoire
L’histoire de cet homme sans nom ressemble à celle de beaucoup d’auxiliaires du pouvoir dans des pays musulmans. Complices des régimes corrompus et des « buveurs de sang » des populations vivotant dans la misère, ces affidés ambitieux des puissants du moment n’imaginent pas que les oubliés et les humiliés de l’Histoire peuvent se venger en s’appuyant sur les forces obscures de la société.
Journaliste de profession, le narrateur-protagoniste de Je suis seul avait fait autrefois la Une de son journal avec son article intitulé « No pasaran », qui faisait l’éloge du régime véreux en place et exaltait l’héroïsme de ses soldats. Or ces armées héroïques n’ont pas su résister aux soldats ennemis qui « sont rentrés dans la ville sans même combattre ou très peu », alors que les puissants ont pris la fuite, « emportant avec eux les fruits de leur ultime pillage ».
Son aveuglement intéressé de jadis n’empêche pas le héros ou plutôt l’anti-héros de Beyrouk de faire preuve de perspicacité dans son analyse de la nature du régime islamiste qui a pris le pouvoir dans sa ville. Il les qualifie de « barbares », qui « ne connaissent pas de luminosités, qui ont le corps rêche et l’esprit retors ». « Tout s’est éteint ici, même l’esprit ».
Et d’ajouter : « Quand on n’aime pas le soleil qui se lève ou se couche, quand on n’aime pas le sourire d’un enfant, quand on n’aime pas le corps et les cheveux des femmes, quand des petites choses ne vous ravissent pas, par exemple un enfant nu qui échappe à sa mère et qui court, court, de ses petites jambes, ou des jeunes gens qui se regardent, l’amour dans les yeux , ou je ne sais quoi encore d’ordinaire et de beau ; quand vous avez l’esprit sec et que le corps vous brûle de vouloir tout brûler, on devrait bien vous aider, vous pousser à quitter un monde que vous haïssez et qui bien sûr ne peut pas vous aimer… » Pour lui, ces fanatiques sont plus proches de la mort que des vivants, des ténèbres que du soleil.
Poésie du désespoir
Il y a une grande lucidité et surtout beaucoup de poésies dans ces lignes. Une poésie du désespoir, qui est devenue la marque de fabrique des récits de Beyrouk. Ce lyrisme constitue l’originalité de ce livre inspiré des violences terroristes devenues le quotidien de notre monde. Il va bien avec la tragédie que raconte ce roman, une tragédie qui dépasse la première personne du titre pour englober l’ensemble de la société humaine, menacée par la haine destructrice et la terreur sans fin des lésés, des marginaux et des croyants.
Plusieurs fois primé pour son univers proche du théâtre antique, le Mauritanien livre avec ce quatrième opus une nouvelle version du désespoir et de la révolte d’Antigone. Ici, Antigone s’appelle Nezha, gardienne loyale, mais « gardienne de quoi, elle ne sait pas elle-même, gardienne peut-être de ses souvenirs, des promesses de bonheur qui sont devenues fumée », comme l’écrit Beyrouk avec ce sens du tragique qui caractérise son oeuvre..
Je suis seul, par Beyrouk. Editions Elyzad (Tunis), 106 pages, 14 euros.
Publié le 26-11-2018 Modifié le 26-11-2018 à 14:59
Les étudiants étrangers, hors Union européenne, paieront plus cher leur inscription dans les universités en France. Dès la rentrée 2019, pour s’inscrire en licence par exemple ce sera 2 770 euros contre 170 euros actuellement. A noter que près d’un étudiant étranger sur deux est Africain. Au Sénégal, l’annonce ne passe pas.
Etudiant à l’université Cheikh Anta Diop, Farba Niane, costume à fines rayures serait bien parti en France : « Non, là je n’y pense même pas. Je suis étonné. C’est énorme ». « Enorme », le coût d’une d’inscription l’année prochaine. Le calcul est simple : les frais dans les facultés françaises ont été multipliés par quinze.
Fatoumata Barry en sciences économiques renonce à finir sa licence en France : « Ça deviendra un rêve qui a été épuisé pour un bon nombre d’étudiants. Maintenant avec cette augmentation, je ne pense pas pouvoir en bénéficier. Mon niveau de vie, ma situation économique ne va pas pouvoir me permettre de faire ça. Donc c’est mon cas, et je sais que c’est le cas de beaucoup de personnes ».
Pourquoi une telle mesure ? Tous s’interrogent à l’image de Steven Sene, le président de l’amicale des étudiants : « C’est un moyen pour tout simplement limiter l’arrivée des Africains en masse en France. Ici, c’est extrêmement difficile de pouvoir exceller, par exemple dans l’enseignement supérieur. Donc ce sont les facteurs qui poussent les étudiants, la pauvreté et tout. On pourrait investir dans le pays, rester dans le pays, mais il va falloir que l’Etat accompagne ces étudiants ».
« C’est aux étudiants de s’adapter », ce sont les mots du ministre de l’Education nationale, Serigne Mbaye Thiam. En 2017, la France a accueilli dans ses universités près de 10 000 Sénégalais.
Publié le 26-11-2018 Modifié le 26-11-2018 à 14:37
Au Burkina Faso, le général Gilbert Diendéré est dans le box des accusés, ce lundi, dans le cadre du procès du coup d’Etat manqué de septembre 2015. L’ex-chef d’état-major de Blaise Compaoré est accusé d’attentat à la sûreté de l’état, meurtres, coups et blessures volontaires. Depuis cinq mois, plus de 80 personnes ont déjà été entendues, mais c’est la première fois depuis l’ouverture de ce procès que l’ex-bras droit de l’ancien président donne sa version des faits.
« Nous appelons à la barre le général Gilbert Diendéré », c’est par ses mots que le président du tribunal a invité le général Gilbert Diendéré à la barre. Tenue de combat « terre » du Burkina, béret rouge vissé sur la tête, l’ex-chef d’état-major particulier de l’ancien président Blaise Compaoré s’est avancé et a fait le salut militaire.
Après lui avoir présenté les faits qu’on lui reproche, le président du tribunal a demandé au général Gilbert Diendéré de reconnaître les faits. Mais avant toute chose, le général Diendéré a tenu à présenter ses condoléances aux familles éplorées, et de souhaiter une meilleure santé aux blessés.
Il réfute être le cerveau
« Je n’ai ni commandé ni planifié ni organisé ni exécuté ce que certains appellent le coup d’Etat », précise alors le général. Il explique que le coup d’Etat est l’œuvre de soldats de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle. Et face à la vacance du pouvoir constatée par les sages appelés à la rescousse, et alors que les soldats avaient refusé de libérer le président et les membres du gouvernement après les différentes manifestations, le général s’est vu obligé de prendre la tête du coup d’Etat, déclare-t-il au tribunal, bien que n’ayant pas été au début de l’action, pour éviter que le pays ne tombe pas dans le chaos.
Quelques minutes après, le président du tribunal a suspendu l’audience le temps de réaménager la salle, car de nombreuses personnes étaient encore à l’extérieur. Lors des audiences du jour, le général doit revenir sur le contexte général qui prévalait avant le coup d’Etat au sein de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle et au sein de l’armée burkinabè.
■ Un homme discret au cœur du système
Malgré ses près de deux mètres de haut, Gilbert Diendéré a toujours préféré la discrétion. Parlant peu et laissant la lumière à son compagnon d’armes, Blaise Compaoré.
Dès le début des années 80, ce militaire athlétique a travaillé dans l’ombre, mais tout près des dirigeants du Burkina Faso. Lorsque Thomas Sankara a pris la tête du pays en 1983, c’est Gilbert Diendéré qui en a fait l’annonce à la radio. Avant d’être soupçonné quelques années plus tard d’avoir participé à l’assassinat du jeune leader panafricaniste, dont il a supervisé l’arrestation.
A ce moment-là, en 1987, Gilbert Diendéré est à la tête du régiment de sécurité présidentielle, unité d’élite qu’il dirige pendant trente ans. Cette fonction le place au cœur du système. Durant toutes ces années, il a déjoué une tentative de coup d’Etat, géré de nombreux dossiers sensibles comme le Libéria ou la Côte d’Ivoire. A tel point, qu’un journal burkinabè a dit de lui qu’il savait à l’avance les coups d’Etat se préparant dans la région. Toutes les informations recueillies par les services de renseignements passaient par lui, et il était également un interlocuteur privilégié des Américains et des Français, ce qui l’a conduit à jouer un rôle important dans les négociations pour la libération d’otages occidentaux.
Alors que le dialogue direct entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié est rompu depuis de longues semaines, le président du PDCI assure dans une interview accordée le 26 novembre au quotidien « Nouveau Réveil », qu’ « il n’y a pas de rupture » entre les deux hommes.
Dans une interview accordée au Nouveau Réveil (quotidien pro-PDCI) le 26 novembre, l’ancien chef de l’État revient les raisons qui l’ont amené à refuser d’intégrer le parti unifié, RHDP. Il déclare notamment avoir remis à Henriette Diabaté et Kandia Camara, respectivement présidente et secrétaire générale du RDR, toutes deux reçues le 6 juillet à Daoukro, des documents qui « comportaient les réserves du PDCI sur les dispositions transitoires du projet des statuts du parti unifié RHDP. Cette réserve précisait, à juste titre, la nécessité de maintenir le RHDP sous forme d’un groupement politique, conformément à la loi de 1993 relative aux partis et aux groupements politiques. Cette loi n’autorise pas la fédération des partis politiques, comme stipulée dans l’article 40 du projet des statuts du parti unifié. À ce jour, aucune suite n’a été donnée à cette réserve », dit-il.
Au PDCI, nous savons ce que nous voulons et où nous allons
Rappel à l’ordre des membres pro-RHDP
Henri Konan Bédié se montre particulièrement véhément à l’encontre de ceux au sein de son parti qui tentent de sauver l’alliance avec le RHDP. Dans une pétition publiée le 22 novembre, des élus et cadres du PDCI l’appelaient notamment à revenir sur sa décision et à reprendre les négociations. « Cette affaire est une arnaque pour se maintenir à un poste. Nous, au PDCI, nous savons ce que nous voulons et où nous allons. J’opposerai une fin de non-recevoir à cette pétition ainsi qu’à ses signataires », a-t-il déclaré.
Le Sphinx de Daoukro s’en prend personnellement à Patrick Achi, accusant le secrétaire général de la présidence d’avoir « berné » son neveu Jean-Marc Bédié. Ce dernier a été relevé de ses fonctions pour s’être dit mandaté par Henri Konan Bédié afin d’encourager les cadres du parti à signer ladite pétition.
Bientôt verra le jour la plateforme des partis politiques qui partagent la même vision d’une Côte d’Ivoire réconciliée
La plateforme des partis politiques en cours
Enfin, le président du PDCI a évoqué la mise en place de la plateforme des partis politiques annoncée depuis plusieurs semaines. « Les négociations se poursuivent et avancent normalement. Nous avons été retardés par les décès successifs que nous avons eus dans les différentes branches de nos futurs alliés. Bientôt, verra le jour la plateforme des partis politiques qui partagent la même vision d’une Côte d’Ivoire réconciliée, une Côte d’Ivoire [en un] État de droit et de paix. Ce sera une plateforme des plus élargies », a-t-il promis.
La prise de parole de Bédié intervient au moment où son parti lanceune grande campagne d’adhésion de ses militants. Entamée le 24 novembre, cette opération d’identification des supporters du parti historique va s’étaler jusqu’à la présidentielle de 2020. Le parti vise 500 000 adhésions dans les trois prochains mois, le double d’icila présidentielle.
Yves Dabila, 21 ans, s’installe lentement mais sûrement, que ce soit avec son club, Lille, ou en équipe nationale de Côte d’Ivoire. Ce défenseur central, réputé pour son sérieux, espère néanmoins jouer plus souvent en Championnat de France et disputer la Coupe d’Afrique des nations 2019 avec les « Eléphants ».
Ce 25 novembre, Yves Dabila a disputé le septième match de sa saison 2018-2019 avec Lille. L’Ivoirien âgé de 21 ans était titulaire lors d’une défaite 2-0 à Nice, en Championnat de France (Ligue 1). C’était sa première apparition depuis un match de Coupe de la Ligue à Strasbourg (0-2), le 30 octobre.
Depuis plusieurs mois, le temps de jeu du jeune défenseur central est, de fait, assez aléatoire. « Ça ne me perturbe pas, a-t-il toutefois assuré à rfi.fr, le 6 novembre dernier. Je suis en phase d’apprentissage. Je continue à apprendre. Cette situation est bénéfique. Elle me permet de me bonifier progressivement ». Poli et policé, l’intéressé ne revendique rien du tout. « Je suis jeune, répond-il. J’ai devant moi deux cadres, José Fonte et Adama Soumaoro. J’essaie tant bien que mal, lorsque le coach fait appel à moi, de répondre présent. Pour le moment, c’est le plus important ».
«Toujours rester concentré»
Peu expérimenté, Yves Dabila tente donc de faire front avec ses armes à un poste qui requiert pourtant pas mal d’expérience. « L’essentiel, c’est de toujours rester concentré, d’être bien à l’écoute de ses coéquipiers et de toujours se mettre au service du collectif », théorise-t-il.
Pour progresser, il observe en outre avec attention ses coéquipiers plus expérimentés ainsi que les références internationale en la matière. « En sélection,il y a Eric Bailly, souligne le Lillois. En-dehors de l’équipe nationale, il y a des joueurs comme Sergio Ramos, Thiago Silva, Raphaël Varane qui, pour moi, sont au top top niveau. J’essaie de m’inspirer des côtés positifs de chacun d’eux ».
De Yopougon à Monaco
Avant d’arriver dans le Nord de la France en juillet 2017, le natif de Kouassi-Datèkro (Nord de la Côte d’Ivoire) a débuté le football dans un petit club de quartier. En 2010, il est repéré par le Cissé Institut FC, un centre de formation situé à Yopougon. « C’est là-bas que tout a vraiment commencé, raconte-t-il. Petit à petit, on a fait des tournois en Europe. Au niveau local, on a remporté des trophées. On a fait beaucoup de matches jusqu’à ce que j’arrive à Monaco ».
En 2014, le club de la Principauté, qui évolue dans le Championnat de France, repère le pensionnaire du Cissé Institut FC lors d’une compétition. « Neuf mois après, j’ai intégré l’ASM, se souvient le désormais ex-Monégasque. Ça a été mon point de départ, en Europe ».
Un début d’apprentissage délicat
Durant un peu moins de trois saisons, Yves Dabila observe Monaco jouer les premiers rôles en Ligue 1 (L1). Il dispute même la première rencontre de sa carrière avec les pros, un soir de lourde défaite (0-5) en demi-finale de Coupe de France, les futurs champions ayant aligné une équipe bis face au Paris Saint-Germain.
Conscient du fait qu’il sera difficile de s’imposer dans le Sud, l’Ivoirien se laisse alors séduire par les approches du LOSC. Il s’engage ainsi jusqu’en 2020. Et, après quelques pas en équipe réserve, Yves Dabila intègre progressivement le groupe pro nordiste, au cours d’une saison 2017-2018 très difficile pour les Nordistes. Un contexte particulièrement tendu qui force ainsi le concerné à grandir plus rapidement que prévu.
Disputer un premier match avec la Côte d’Ivoire…
Ses premières sorties en L1 sont en tout cas suffisamment convaincantes pour qu’Yves Dabila soit appelé en renfort en équipe nationale, en mars 2018, en vue d’un match amical face au Togo, organisé non-loin de Lille. « Ça avait été un honneur pour moi d’être appelé chez les A, glisse celui qui évoluait alors en sélection des moins de 23 ans. C’était un rêve de gosse. Et puis, ça a été un plaisir de m’intégrer à ce groupe. Parce qu’en équipe nationale, il y a des joueurs qui vivent bien ensemble ».
Convoqué à plusieurs reprises, Yves Dabila n’a revanche toujours pas revêtu officiellement la tunique des « Eléphants ». « Ce n’est pas frustrant, relativise-t-il une nouvelle fois. Il faut bosser. Le coach [le sélectionneur Ibrahima Kamara, Ndlr] garde un œil sur tout le monde. Quand il voudra faire appel à mes services sur le terrain, ce sera à moi de répondre présent. Il ne faut pas oublier qu’il y a des anciens déjà en place, qui jouent dans des gros clubs. Je les observe et j’apprends à leur contact ».
…puis la CAN 2019
Non-retenu pour le match nul en Guinée, qui a qualifié la Côte d’Ivoire à la CAN 2019, Yves Dabila n’en espère pas moins disputer la Coupe d’Afrique des nations, l’été prochain. « C’était l’un de mes grands objectifs, en début de saison, assurait-il, début novembre. Faire une grosse saison avec Lille puis aller au Cameroun, ça fait partie de mes buts ».