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  • FIN DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE À KANANGA : L’Ecole d’administration et l’AcadĂ©mie militaire ferment leurs portes

    FIN DE L’ANNÉE ACADÉMIQUE À KANANGA : L’Ecole d’administration et l’AcadĂ©mie militaire ferment leurs portes

    FARDC- KANANGA-VĂ©ritable double cĂ©rĂ©monie Ă  Kananga au KasaĂŻ Occidental. L’Ecole d’administration et l’AcadĂ©mie militaire de cette capitale provinciale ont clĂŽturĂ© leur annĂ©e acadĂ©mique.

    125 stagiaires sur les 177 entrĂ©s Ă  l’Ecole d’administration ont reçu leurs brevets 1, 2 et 3. A l’acadĂ©mie militaire, ce sont 71 sur les 126 stagiaires inscrits pour le cycle de trois ans. Ces stagiaires de l’AcadĂ©mie militaire sont les premiers Ă  avoir suivi, depuis 1997, la totalitĂ© de leur cursus de formation en RD-Congo. Cette 26Ăšme promotion ordinaire est ainsi trĂšs fiĂšre d’avoir terminĂ© toute leur formation au pays et d’ĂȘtre dĂ©sormais des produits made in DRC. Cette double cĂ©rĂ©monie a Ă©tĂ© prĂ©sidĂ©e par le vice- Premier ministre et ministre de la DĂ©fense nationale et des anciens combattants, Alexandre Luba Ntambo.
     
    Faisant partie de la 4Ăšme rĂ©gion militaire de Kananga, l’Ecole d’administration et l’AcadĂ©mie militaire ont organisĂ© leurs premiĂšres collations aprĂšs leur rĂ©novation en 2011 et 2012. VĂ©ritable relance du systĂšme de la formation militaire. Cette relance s’inscrit dans le cadre du programme d’action Ă©laborĂ© et signĂ© conjointement par le ministĂšre de la DĂ©fense nationale et des anciens combattants et la Mission de conseil et d’assistance en matiĂšre de rĂ©forme du secteur de sĂ©curitĂ© dans le domaine de la dĂ©fense -EUSEC/RD-Congo en janvier 2010. RenouvelĂ© annuellement, ce programme d’action soutient la mise en Ɠuvre du plan de rĂ©forme de l’armĂ©e tel que dĂ©fini par les autoritĂ©s RD-congolaises. «A la fin de leur formation, les officiers et sous-officiers de l‘Ecole d’administration vont appuyer le ministĂšre de la DĂ©fense et des anciens combattants ainsi que les Forces armĂ©es dans la gestion du personnel, des matĂ©riels et des finances dans les unitĂ©s et services centraux.

    Ces promotions ont Ă©galement Ă©tĂ© formĂ©es en SystĂšme informatique pour la gestion et l‘administration des militaires –SINGAMIL- afin de faciliter la mise Ă  jour de la base de donnĂ©es des militaires», prĂ©cise le communiquĂ© de presse d’EUSEC/RD-Congo. Le mĂȘme document a rĂ©vĂ©lĂ© qu’à l’AcadĂ©mie militaire, les Ă©lĂšves officiers de la 26Ăšme promotion ordinaire ont obtenu le diplĂŽme de graduĂ© en Sciences sociales et militaires. Egalement. indique-t-on, durant ces trois ans d’études, ils ont Ă©tĂ© formĂ©s aux plans acadĂ©mique, militaire, Ă©thique, mental et physique par un encadrement sĂ©lectionnĂ© avec l’appui du partenariat militaire belge. Pour le petit rappel, c’est depuis janvier 2010 qu’EUSEC/RD-Congo finance les travaux de rĂ©novation des bĂątiments et la fourniture de mobilier adĂ©quat pour ces deux instituts. «La Mission EUSEC/RD-Congo continue d’aider ces deux Ă©coles avec des supports de cours, des kits scolaires, du matĂ©riel informatique et en rĂ©munĂ©rant les indemnitĂ©s des professeurs civils.

    L‘amphithéùtre de l‘AcadĂ©mie militaire d’une capacitĂ© d’accueil de 471 places assises est en cours de rĂ©novation par EUSEC/RDCongo et sera prochainement remis au commandant de l’acadĂ©mie», signale-t-on. Plusieurs autoritĂ©s militaires et civiles de la RD-Congo ont pris part Ă  cette double cĂ©rĂ©monie. Il s’agit notamment du vice- Premier ministre et ministre de la DĂ©fense nationale et des anciens combattants, Alexandre Luba Ntambo, qui a Ă©galement reprĂ©sentĂ© le Chef de l’Etat et Commandant suprĂȘme des Forces armĂ©es. Le reprĂ©sentant du RaĂŻs Ă©tait accompagnĂ© du gĂ©nĂ©ral de brigade Ekuba, chef d’Etat-major gĂ©nĂ©ral adjoint, chargĂ© des opĂ©rations et reprĂ©sentant du chef d’Etat-major gĂ©nĂ©ral, du commandant de l’Ecole d’administration, le brigade Sasa sans oublier le commandant de l’AcadĂ©mie militaire, le gĂ©nĂ©ral Kibonge.

    AfricaNEWS

  • Une rĂ©serve de 3 milliards de barils de pĂ©trole trouvĂ©e dans l’est de la RDC

    Une rĂ©serve de 3 milliards de barils de pĂ©trole trouvĂ©e dans l’est de la RDC

    -Une rĂ©serve potentielle de trois milliards de barils de pĂ©trole a Ă©tĂ© dĂ©couverte dans l’est de la RĂ©publique DĂ©mocratique Du Congo par une filiale du groupe Fleurette, appartenant au puissant homme d’affaires israĂ©lien Dan Gertler, annonce le groupe dans un communiquĂ©. AprĂšs deux phases de tests sismiques au niveau des blocs I et II du lac Albert, des « analyses indiquent l’existence d’environ trois milliards de barils », une rĂ©serve qui pourrait ĂȘtre de mĂȘme ampleur cĂŽtĂ© ougandais du lac, explique le communiquĂ©. Le rĂ©sultat des tests sismiques, qui ont coĂ»tĂ© « plus de 20 millions de dollars », « montrent des ressources potentielles considĂ©rables qui peuvent » augmenter « fondamentalement (
) le PIB de la RDC si elles sont extraites et exportĂ©es de façon sĂ»re et Ă©conomique », prĂ©cise le texte. Selon Oil of DRCongo, la filiale pĂ©troliĂšre de Fleurette, une production de 50.000 barils par jour « augmenterait le PIB de la RDC de 25 % ». Elle est actuellement en pleine Ă©tude de faisabilitĂ© et s’est notamment fixĂ©e pour prochaine Ă©tape de forer deux puits d’exploration. La prĂ©paration des activitĂ©s de forage nĂ©cessitera d’importants travaux, comme de nouvelles routes et un nouveau port, et se traduira par une « dĂ©localisation de certaines communautĂ©s locales » de la rĂ©gion, nichĂ©e dans le nord de la province riche et instable du Nord-Kivu. M. Gertler, dont le magazine spĂ©cialisĂ© amĂ©ricain Forbes Ă©value la richesse Ă  2,2 milliards de dollars, est un proche du chef de l’État congolais Joseph Kabila. Il a consolidĂ© sa fortune en achetant des permis miniers en RDC dans des conditions opaques.

    (Avec les rĂ©dactions du Soir en ligne, du Soir, d’AFP, d’AP et de Belga)

  • PressĂ© par les milieux d’affaires amĂ©ricains, Obama renoue avec un continent qui attendait beaucoup de lui

    PressĂ© par les milieux d’affaires amĂ©ricains, Obama renoue avec un continent qui attendait beaucoup de lui

     
    macky sall - Obama-Le discours sur les « opportunitĂ©s » de l’Afrique, qui dominera le sommet, s’accompagne d’un grand pragmatisme de la part de Washington sur les enjeux de sĂ©curitĂ©.
    «L’Afrique a besoin d’institutions fortes, pas d’hommes forts», avait lancĂ©, en juillet 2009, Barack Obama au Ghana, oĂč il effectuait son premier voyage sur le continent d’origine de son pĂšre, kĂ©nyan. Encore tout aurĂ©olĂ© par son Ă©lection historique, le premier prĂ©sident mĂ©tis de l’histoire amĂ©ricaine avait tenu un discours de vĂ©ritĂ© Ă  ses hĂŽtes, appelant le continent Ă  assumer ses responsabilitĂ©s, au lieu de blĂąmer l’Occident pour ses Ă©checs.
    Cinq ans plus tard, sous la pression d’un monde des affaires amĂ©ricain qui constate la spectaculaire percĂ©e Ă©conomique de la Chine sur le continent, Barack Obama relance sa politique africaine, en conviant Ă  Washington la plupart des dirigeants d’Afrique pour un sommet sans prĂ©cĂ©dent dans l’histoire des États-Unis. Pendant trois jours, pour une grande premiĂšre, la capitale amĂ©ricaine va se mettre Ă  l’heure africaine, avec prĂšs de cent Ă©vĂ©nements autonomes, organisĂ©s en marge de la rĂ©union officielle des chefs d’État. Mais cette fois, l’angle d’attaque est l’économie et l’investissement, mĂȘme si les officiels s’empressent de souligner que la bonne gouvernance reste «un Ă©lĂ©ment indispensable au succĂšs du dĂ©veloppement Ă  long terme». «La prioritĂ© est de changer l’image de l’Afrique» jusqu’ici surtout dĂ©finie par ses conflits, explique au Figaro le sous-secrĂ©taire d’État en charge des Affaires africaines, Robert Jackson.

    Partenariat stratégique

    À l’exception des dirigeants de Centrafrique et de ceux d’ErythrĂ©e, du Soudan et du Zimbabwe Ă  l’index de la communautĂ© internationale, tous les chefs d’État ont Ă©tĂ© invitĂ©s, mĂȘme si certains violent des droits de l’homme. «Il y a une prise de conscience sincĂšre que l’Afrique pĂšse de plus en plus lourd. Douze des vingt Ă©conomies Ă  la croissance la plus rapide sont en Afrique», poursuit le diplomate, soulignant l’importance du partenariat stratĂ©gique avec le NigĂ©ria, l’Angola et l’Afrique du Sud.
    «Nous devons ĂȘtre plus engagĂ©s et souligner les promesses Ă©conomiques du continent africain», insiste Jackson, citant l’importance du soutien que le prĂ©sident veut apporter «aux jeunes leaders», avec lesquels un sommet informel s’est tenu la semaine derniĂšre. MalgrĂ© les guerres et conflits Ă  rĂ©pĂ©tition, le directeur du programme Afrique de l’Atlantic Council, Peter Pham, confirme qu’il «est urgent de redĂ©finir la perception amĂ©ricaine de l’Afrique, que nous continuons de voir, Ă  tort, comme une terre oĂč il faut faire l’aumĂŽne au lieu de percevoir les opportunitĂ©s d’investissement». «Nous sommes en retard, dans tous les sens du terme», martĂšle aussi la reprĂ©sentante Karen Bass, trĂšs impliquĂ©e.
    Beaucoup d’observateurs affirment que la prĂ©sidence Obama n’a pas Ă©tĂ© Ă  la hauteur des espoirs qu’avaient mis en lui les Africains. «Leurs attentes Ă©taient trop grandes, si on lit le programme Ă©lectoral d’Obama, on voit bien qu’il n’y parlait pas beaucoup de l’Afrique», tempĂšre Peter Pham.
    La reprĂ©sentante Karen Bass affirme pour sa part que les multiples initiatives lancĂ©es par un prĂ©sident qui ne s’est rendu que deux fois en Afrique n’ont pas «la reconnaissance mĂ©diatique qu’elles mĂ©ritent». Elle affirme toutefois que l’AmĂ©rique doit mettre les bouchĂ©es doubles en matiĂšre d’investissements, face Ă  une Chine dont les Ă©changes commerciaux avec l’Afrique ont atteint 210 milliards en 2013, contre 85 pour les États-Unis. Les AmĂ©ricains travaillent actuellement sur de grands projets d’électrification, menĂ©s par la compagnie General Electric, prĂ©cise-t-elle. «Alors que PĂ©kin apporte sa propre main-d’Ɠuvre, GE investit dans la formation de la main-d’Ɠuvre, un plus Ă  long terme», dit Bass.

    Le Figaro

  • Dementi de l’UDPS au sujet de l’evacuation du President E. Tshisekedi

    Dementi de l’UDPS au sujet de l’evacuation du President E. Tshisekedi

    Etienne Tshisekedi revele son message de Campagne et de son gouvernement-La Radio et TĂ©lĂ©vision Nationale Congolaise, RTNC en sigle, vient de diffuser sur une bande passante durant l’émission de chronique musicale Karibu VariĂ©tĂ©s, ce dimanche 10 aoĂ»t 2014, les nouvelles inquiĂ©tudes autour de la santĂ© du Leader de l’opposition M. Etienne TSHISEKEDI.

    Le correspondant international de la RTNC Ă  l’aĂ©roport international de N’djili affirme que l’autorisation de survol et d’atterrissage d’un avion ambulance a Ă©tĂ© accordĂ© pour Ă©vacuer en Afrique du Sud ou en Europe, Etienne TSHISEKEDI qui Ă©tait admis pour les soins intensifs depuis le 3 juillet 2014 Ă  l’hĂŽpital Monkole de Kinshasa.

    Selon les diffĂ©rentes sources contactĂ©es sur place Ă  Kinshasa dont les membres de la famille biologique ainsi que le Directeur de cabinet du PrĂ©sident Etienne TSHISEKEDI ont dĂ©menti la nouvelle reprise dans le corps du journal tĂ©lĂ©visĂ© des 13h30’ locales.
    Il faut noter que le SecrĂ©taire national de l’UDPS chargĂ© des relations extĂ©rieures, FĂ©lix Tshisekedi, contactĂ© en juillet dernier par la RFI, avait assurĂ© que son pĂšre n’est pas hospitalisĂ© et se porte bien.
    L’opposant congolais a dĂ», selon son fils « aller une ou deux fois Ă  des consultations. C’est normal. Il ne doit pas recevoir des soins qu’à la maison. Donc, il y a parfois nĂ©cessitĂ© de se dĂ©placer, d’aller en observation, des choses comme ça. Mais il n’est pas hospitalisĂ©. Il est Ă  la maison, il rĂ©cupĂšre tout Ă  fait normalement. »
    Evoquant les rumeurs concernant une Ă©ventuelle paralysie d’Etienne Tshisekedi, il affirme qu’il convient d’attendre. « On verra dans quelques semaines, lorsqu’il sera lĂ . On verra qui – de ceux qui disent ça et de nous – avaient raison », a-t-il martelĂ©.
    Selon les mĂȘmes sources, le PrĂ©sident Etienne Tshisekedi prĂ©pare des tournĂ©es Ă  l’extĂ©rieur du pays pour des contacts et le bilan mĂ©dical.

    Rédaction

  • Obama va annoncer 14 milliards de dollars d’investissements amĂ©ricains en Afrique

    Obama va annoncer 14 milliards de dollars d’investissements amĂ©ricains en Afrique

    obama dubbing-Les dirigeants des Etats-Unis et de l’Afrique, rĂ©unis en sommet historique Ă  Washington, vont parler mardi commerce et investissements, avec l’espoir pour l’AmĂ©rique de refaire une partie de son retard sur l’Europe et la Chine.

    Le prĂ©sident Barack Obama va annoncer qu’un ensemble de sociĂ©tĂ©s amĂ©ricaines se sont engagĂ©es Ă  investir 14 milliards de dollars sur le continent, selon un responsable de la Maison Blanche.

    Ces investissements, dont le calendrier n’a pas Ă©tĂ© prĂ©cisĂ©, se concentreront sur les secteurs de la construction, des Ă©nergies propres, de la banque et des technologies de l’information.

    AprĂšs une premiĂšre journĂ©e lundi consacrĂ©e Ă  la dĂ©mocratie et aux droits de l’homme, le sommet Etats-Unis/Afrique doit se recentrer sur l’objectif central de cette rĂ©union prĂ©parĂ©e pendant un an par le prĂ©sident Barack Obama qui voit dans le continent africain la “prochaine +success story+ mondiale”.

    L’administration amĂ©ricaine et les gĂ©ants de l’industrie espĂšrent tisser des liens Ă©conomiques solides avec l’une des rĂ©gions les plus prometteuses de la planĂšte au taux de croissance plus Ă©levĂ© que ceux du reste du monde. Le FMI table sur un taux de 5,8% en 2015.

    Il faut dire que la premiĂšre puissance mondiale est largement distancĂ©e en Afrique par l’Union europĂ©enne, solidement en tĂȘte grĂące aux liens historiques et coloniaux de certains Etats membres, et par la Chine qui a soif de matiĂšres premiĂšres.

    En 2013, les Ă©changes commerciaux entre l’Afrique et PĂ©kin ont atteint 210 milliards de dollars, contre 85 milliards de dollars entre Washington et les pays africains.

    Le secrĂ©taire d’Etat John Kerry n’y est pas allĂ© par quatre chemins lundi: “Je le dis sans complexe: nous voulons et nous allons travailler dur pour que davantage d’entreprises amĂ©ricaines investissent en Afrique”.

    “Nous voulons Ă©galement qu’il y ait plus d’entreprises africaines qui investissent ici, aux Etats-Unis, et il n’y a pas de raison qu’elles ne le puissent pas”, a martelĂ© le ministre des Affaires Ă©trangĂšres.

    Le prĂ©sident Obama, son prĂ©dĂ©cesseur Bill Clinton, John Kerry et un arĂ©opage de capitaines d’industrie (General Electric, Coca-Cola, Walmart) devraient s’exprimer mardi devant le forum des Affaires USA-Afrique.

    “La croissance est lĂ , maintenant, et pour de vrai. Il n’y a aucune raison que les milieux d’affaires amĂ©ricains ne rattrapent pas” leur retard, a lancĂ© le patron de General Electric Jeffrey Immelt.

     

    – “Ils sont venus et ont investi”-

     

    Mais mĂȘme des responsables officiels amĂ©ricains reconnaissent que le principal outil d’Ă©changes entre l’AmĂ©rique et l’Afrique – l’Agoa (African Growth and Opportunity Act) – n’est plus adaptĂ©. Ce programme amĂ©ricain accordant des avantages commerciaux Ă  certains produits africains date de 2000 et doit en principe ĂȘtre renouvelĂ© en 2015.

    “Il est clair que l’Afrique de 2014 n’est pas l’Afrique de 2000”, a reconnu le reprĂ©sentant amĂ©ricain au Commerce, Michael Froman.

    “Beaucoup d’entre vous se dĂ©tournent de ce systĂšme unilatĂ©ral d’avantages et scellent des accords avec des partenaires commerciaux, comme le fait l’Union europĂ©enne”, a-t-il dit devant des chefs d’entreprise.

    Mais il faudra aussi rompre avec une image de l’Afrique trop souvent associĂ©e “aux conflits, Ă  la maladie et la pauvretĂ©”, comme l’a reconnu Susan Rice, conseillĂšre Ă  la sĂ©curitĂ© nationale de la Maison Blanche, admettant que les AmĂ©ricains avaient “encore beaucoup de travail pour faire Ă©voluer une vision dĂ©passĂ©e dans laquelle l’Afrique est souvent marginalisĂ©e”.

    Des entrepreneurs africains dénoncent aussi les vieux stéréotypes qui ont la vie dure aux Etats-Unis.

    “Je suis un peu surpris par tous ces Africains que j’ai rencontrĂ©s dans l’avion (…) venant en AmĂ©rique pour dire Ă  des hommes d’affaires chevronnĂ©s +eh vous savez, il y a de bonnes opportunitĂ©s en Afrique+”, a ainsi ironisĂ© le magnat des tĂ©lĂ©coms Mo Ibrahim, d’origine soudanaise et devenu l’un des premiers milliardaires africains.

    “Partout en Afrique il y a des hommes d’affaires chinois, brĂ©siliens. Aucun d’entre nous n’est allĂ© au BrĂ©sil, en Asie ou en Chine pour leur demander de venir et d’investir en Afrique. Ils se sont dĂ©brouillĂ©s, ils sont venus et ont investi”, a conclu l’entrepreneur.

    AFP

  • A Washington, Evariste Boshab dĂ©voile l’absurditĂ© de la rigiditĂ© d’une constitution

    A Washington, Evariste Boshab dĂ©voile l’absurditĂ© de la rigiditĂ© d’une constitution

    boshab-Au nombre des sujets qui occupent les participants au sommet USA-Afrique qui s’est ouvert lundi 4 aoĂ»t 2014 Ă  Washington, les questions politiques occupent une bonne place. Le meeting organisĂ© hier sur la question a connu une grande affluence aussi bien des Ă©lus amĂ©ricains que de plusieurs acteurs politiques des pays invitĂ©s.

    Parmi les intervenants d’hier, Evariste Boshab, SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral du PPRD, a planchĂ© sur le thĂšme de « la problĂ©matique de la stabilitĂ© constitutionnelle en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo ».

    AprĂšs avoir fait un rappel des rĂ©visions constitutionnelles intervenues depuis l’époque coloniale jusqu’à ce jour en insistant sur les motivations de ces rĂ©visions, le professeur Boshab, auteur d’un ouvrage sur la rĂ©vision constitutionnelle, a commencĂ© par dissiper les malentendus autour des rĂ©visions constitutionnelles que d’aucuns croient ĂȘtre des germes d’instabilitĂ© des pays concernĂ©s. Il a notĂ© que la Constitution congolaise portait dĂ©jĂ  les germes de la nĂ©cessitĂ© de son rĂ©amĂ©nagement, dĂ©jĂ  par le fait que les « constituants » de l’époque n Ȏtaient pas des Ă©lus du peuple, mais des reprĂ©sentants de leurs formations politiques respectives. DĂ©jĂ  en son temps, aprĂšs le rĂ©fĂ©rendum constitutionnel, la ConfĂ©rence Episcopale Nationale du Congo avait, dans une dĂ©claration, appelĂ© Ă  des amĂ©nagements, en ces termes : « parmi les tĂąches premiĂšres Ă  accomplir dĂšs le dĂ©but de la premiĂšre lĂ©gislature de la troisiĂšme RĂ©publique, les suivantes sont prioritaires, celle de procĂ©der, au niveau du Parlement National, Ă  l’examen de propositions d’amendements ou de complĂ©ments jugĂ©s trĂšs importants, et mĂȘme vitaux, pour garantir le bon avenir du pays, sur le plan politique et Ă©conomique. »

    Abordant la question de la frĂ©quence et des moments de la rĂ©vision de la constitution, le SG du PPRD a notĂ© que la constitution congolaise prĂ©voit clairement les contextes oĂč ne peut intervenir aucune constitution. Celle-ci peut, indique Boshab qui cite Charles Debbasch et Jean-Marie Pontier, peut intervenir Ă  tout moment, sauf dans le cas de la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo, dans les 5 hypothĂšses prĂ©vues Ă  l’article 219 de la Constitution : « Aucune rĂ©vision ne peut intervenir pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou l’état de siĂšge ni pendant l’intĂ©rim Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique ni lorsque l’AssemblĂ©e nationale et le SĂ©nat se trouvent empĂȘchĂ©s de se rĂ©unir librement ».

    Il est donc absurde de parler de rĂ©visions rĂ©pĂ©titives d’une constitution parce que, selon Evariste Boshab, « Parler des rĂ©visions rĂ©pĂ©titives de maniĂšre abstraite, semble abusif. En effet, faudra-t-il Ă©tablir un sĂ©quencement qui indique la durĂ©e Ă  partir de laquelle une rĂ©vision peut ĂȘtre opĂ©rĂ©e, alors que le constituant n’a rien prĂ©vu de pareil ? Si tant est que toute rĂ©vision de la Constitution est une rĂ©ponse Ă  une question non rĂ©solue, oubliĂ©e ou nouvelle, comment peut-on Ă  l’avance deviner que pareille prĂ©occupation n’apparaitrait qu’aprĂšs tant d’annĂ©es ? Pareil calcul ne serait qu’illusoire. »

    Quant aux dispositions dites intangibles de la constitution qui font dĂ©bat aujourd’hui en Afrique, l’orateur, qui les considĂšre comme « des normes supra-constitutionnelles », estime que ce serait une reconnaissance de « la possibilitĂ© de limiter le pouvoir souverain et, par consĂ©quent, de supprimer la souverainetĂ© du peuple exerçant la compĂ©tence constituante », la doctrine majoritaire pense que « il ne peut pas y avoir d’autolimitation du pouvoir constituant, en imposant par exemple le respect de tel ou tel principe, ou encore le maintien de telle ou telle autre forme de Gouvernement, car jamais une volontĂ© n’est Ă©ternellement limitĂ©e par le seul effet des obligations qu’elle donne. Il est toujours possible que le souverain revienne sur les rĂšgles qu’il avait dĂ©finies et qu’il en adopte de nouvelles ».

    Et qu’en est-il du sort et du rĂŽle du peuple, souverain primaire, dans tout cela ? Sur cette question, Evariste Boshab considĂšre qu’en l’absence de statistiques sur une Ă©ventuelle consultation du peuple dans ce dĂ©bat, il est difficile d’évaluer le dĂ© de sa consultation. « Pour l’instant, ce sont les officines politiques qui distillent ce qu’elles veulent bien dire, sans devoir Ă©taler toutes les possibilitĂ©s afin que le peuple fasse un choix utile. Il revient aux partis politiques et aux pouvoirs publics de ramener ce dĂ©bat au niveau de la population, source de tout pouvoir, afin que celle-ci s’en approprie et tranche ».

    Enfin, abordant la problĂ©matique de l’alternance politique en 2016, le SG du PPRD a Ă©tĂ© on ne peut plus clair : « A la veille de chaque Ă©lection dĂ©mocratique, l’alternance est toujours Ă  l’ordre du jour. Il semble cependant important d’opĂ©rer une distinction entre le dĂ©sir des hommes politiques et la sanction politique qui est de la compĂ©tence exclusive du peuple souverain. C’est au peuple seul qu’il appartient de sanctionner soit nĂ©gativement en Ă©conduisant la MajoritĂ© en place, soit positivement en la reconduisant.

    Dans le cas d’espĂšce, le juge de l’urgence, c’est le peuple souverain. Que l’on attende donc 2016 pour lui donner l’occasion de se prononcer librement, au lieu d’occulter par une campagne prĂ©coce, le fait que le mandat confiĂ© en 2011 Ă  la MajoritĂ© actuelle est encore en cours, et que les rĂšgles et pratiques dĂ©mocratiques exigent que le mandat soit consommĂ© jusqu’à la nouvelle Ă©lection. Ne pas faire droit Ă  cette exigence serait Ă©courter, en fait, la durĂ©e du mandat. Or, le constitutionnalisme postule Ă©galement que l’on ne puisse pas perturber, par des manƓuvres politiciennes, l’exercice d’un mandat, rĂ©guliĂšrement acquis du peuple.

    Quel entendement assigne-t-on Ă  l’alternance dĂ©mocratique ? Certes, changer de majoritĂ© est considĂ©rĂ©, par moments, comme un indice de vitalitĂ© dĂ©mocratique. Mais, si le peuple souverain reconduit la mĂȘme majoritĂ© pendant un temps relativement long, va-t-on l’obliger Ă  se dĂ©dire ? On ne peut pas demander Ă  la MajoritĂ© en place de se saborder pour qu’il y ait alternance, mais plutĂŽt, Ă  ceux dont l’ambition est de remplacer la MajoritĂ© en place de mieux affiner leur projet de sociĂ©tĂ© pour gagner la prĂ©fĂ©rence du peuple. »

    Ci-dessous l’intĂ©gralitĂ© de l’exposĂ© d’Evariste Boshab Ă  Washington.

    Yvon Ramazani

    Envoyé spécial BSC à Washington

    LA PROBLEMATIQUE DE LA STABILITE CONSTITUTIONNELLE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

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    Par le professeur Evariste BOSHAB,

    Secrétaire Général du PPRD

    Washington DC, août 2014

    Parler de la stabilitĂ© constitutionnelle suppose s’intĂ©resser Ă  la maniĂšre dont la Constitution a Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e et aux mĂ©canismes mis en place pour sa modification Ă©ventuelle. C’est en apprĂ©ciation de ces mĂ©canismes que l’on estime qu’une Constitution est soit rigide soit souple.

    En tout état de cause, une Constitution stable ne signifie pas une Constitution immuable, mais plutÎt, celle qui enregistre les aménagements et réaménagements ultérieurs, en conformité avec les mécanismes prescrits à cet effet.

    Dans le cas de la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo, un bref rappel historique s’impose.

    A. La loi sur le Gouvernement du Congo-belge du 18 octobre 1908

    Accordant une personnalitĂ© juridique, au Congo, distincte de celle de la mĂ©tropole, loi discriminatoire en ce qu’elle distingue les belges, les immatriculĂ©s et les indigĂšnes, Ă©laborĂ©e par le Parlement belge, cette loi ne peut pas ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme une vĂ©ritable Constitution quand bien mĂȘme une bonne partie est consacrĂ©e Ă  l’exercice du pouvoir. Il s’agit d’un pouvoir rĂ©pressif auquel les Congolais ne participent pas. Ils le subissent. C’est la loi du plus fort.

    B. La loi fondamentale du 19 mai 1960 relative aux structures du Congo

    Constitution octroyĂ©e par le Parlement belge afin d’éviter un vide le jour de la proclamation de l’indĂ©pendance ; elle met en place les institutions tellement complexes et compliquĂ©es qu’en contact avec la rĂ©alitĂ© et surtout en raison de l’inexistence d’une culture dĂ©mocratique, il va y avoir explosion et implosion Ă  la suite de la manipulation extĂ©rieure, de sorte que la Constitution va s’avĂ©rer incapable de rĂ©guler pacifiquement les conflits internes.

    Tant et si bien que le vocable « congolisation » signifiant la Cour du roi Petaud, verra le jour. Le Congo va devoir s’enliser dans une profonde crise institutionnelle dont les sĂ©quelles se font encore sentir.

    C. La Constitution du 01 août 1964

    Alors que ce sont les chambres Ă©lues qui devraient faire cesser les provisoires en proposant Ă  la nation une Constitution dĂ©finitive, le PrĂ©sident Kasavubu crĂ©e[1]<!–[endif]–> une commission constitutionnelle qui se rĂ©unit Ă  Luluabourg du 10 janvier au 11 avril 1964, pour produire un projet Ă  soumettre au rĂ©fĂ©rendum. Les tergiversations du PrĂ©sident Kasavubu Ă  dĂ©signer comme Premier Ministre le chef du Parti majoritaire Ă  l’AssemblĂ©e Nationale, vont justifier, le 24 novembre 1965, l’intervention du Haut Commandement de l’ArmĂ©e, dirigĂ© par le Lieutenant-colonel Joseph-DĂ©sirĂ© Mobutu, paralysant ainsi l’élan dĂ©mocratique.

    D. La Constitution du 24 juin 1967

    Mettant en place un rĂ©gime prĂ©sidentiel qui, trĂšs vite, tournera au prĂ©sidentialisme, cette Constitution avait Ă©tĂ© Ă©laborĂ©e par un groupe restreint avant d’ĂȘtre soumise au rĂ©fĂ©rendum. Elle connaitra tellement des modifications que la rĂ©vision du 15 aoĂ»t 1974 est considĂ©rĂ©e comme une nouvelle Constitution, tant elle est en rupture profonde avec le texte de base de 1967. Elle installera la dictature jusqu’à ce que la voix de sans voix triomphe pour la tenue d’une confĂ©rence nationale souveraine. Il va s’en suivre une transition transitionnaire qui sera balayĂ©e par les forces de l’AFDL.

    E. Les périodes de transition

    Du 25 novembre 1990 au 04 avril 2003, se succéderont plusieurs Constitutions et lois constitutionnelles élaborées par les protagonistes pour essayer, en vain, de mettre fin à la crise institutionnelle. La longue période de dictature a créé un pli mental tel que se référer au peuple de qui procÚde tout pouvoir devient une véritable gageure.

    F. La Constitution du 18 février 2006

    La transition dĂ©butant le 04 avril 2003 avec un PrĂ©sident de la RĂ©publique, 4 Vice-prĂ©sidents et un Gouvernement atypique dont les membres sont dĂ©signĂ©s par leurs composantes et entitĂ©s, ayant permis tant soit peu une certaine stabilitĂ©, l’erreur congĂ©nitale de confier la rĂ©daction de la Constitution aux personnalitĂ©s n’ayant reçu aucun mandat du souverain primaire se perpĂ©tue : l’avant-projet et le projet de Constitution seront rĂ©digĂ©s par le SĂ©nat et l’AssemblĂ©e Nationale dont les membres n’ont pas Ă©tĂ© Ă©lus, mais plutĂŽt, dĂ©signĂ©s discrĂ©tionnairement par les anciens belligĂ©rants.

    Ceci pousse la ConfĂ©rence Ă©piscopale nationale du Congo, dans sa dĂ©claration du 04 mars 2006, Ă  dire : « parmi les tĂąches premiĂšres Ă  accomplir dĂšs le dĂ©but de la premiĂšre lĂ©gislature de la troisiĂšme RĂ©publique, les suivantes sont prioritaires, celle de procĂ©der, au niveau du Parlement National, Ă  l’examen de propositions d’amendements ou de complĂ©ments jugĂ©s trĂšs importants, et mĂȘme vitaux, pour garantir le bon avenir du pays, sur le plan politique et Ă©conomique. »

    Alors que la Constitution du 18 fĂ©vrier 2006 n’avait mĂȘme pas totalisĂ© un mois, les pĂšres de l’église ont estimĂ© qu’il y avait tellement des mal façons qu’un toilettage intĂ©gral devrait ĂȘtre dĂ©crĂ©tĂ© et exĂ©cutĂ© par les personnes dĂ»ment mandatĂ©es par le peuple, c’est-Ă -dire les Ă©lus.

    C’est donc, cette logique qui doit pouvoir nous guider pour rĂ©pondre aux interrogations qui nous prĂ©occupent en ayant prĂ©sent Ă  l’esprit que depuis l’indĂ©pendance de la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo jusqu’à ce jour, le mode d’élaboration de diffĂ©rentes Constitutions, pĂ©chant contre l’exigence de confier cette tĂąche aux personnes mandatĂ©es Ă  cet effet par le peuple, constitue l’une des grandes faiblesses sinon l’une des causes majeures du tango constitutionnel qui ne permet pas au pays d’émerger, en s’assumant par les options qui sĂ©curisent le prĂ©sent, tout en balisant le chemin de l’avenir.

    C’est en tenant compte de cet impĂ©ratif majeur qu’il va falloir rencontrer briĂšvement les 5 interrogations soumises Ă  notre rĂ©flexion.

    1. L’importance du respect de la Constitution dans le renforcement des institutions dĂ©mocratiques

    Il est indĂ©niable qu’entendue comme Loi suprĂȘme, la Constitution est entourĂ©e d’une protection spĂ©ciale en ce que son respect contribue Ă  l’équilibre des pouvoirs. Ceci signifie que des mĂ©canismes particuliers doivent ĂȘtre prĂ©vus pour sa rĂ©vision. Mais, si le constituant lui-mĂȘme n’a rien prĂ©vu de pareil, la Constitution peut ĂȘtre modifiĂ©e comme toute autre loi. Ceci pour simplement dire que c’est le constituant qui doit prĂ©voir une protection plus accrue de la Constitution pour garantir, par ricochet, les droits et libertĂ©s des citoyens. Il ne saurait donc, y avoir respect de la Constitution tant que le constituant ne l’a pas, par les mĂ©canismes spĂ©cifiques, placĂ©e au-dessus d’autres lois.

    La tendance aujourd’hui, avec le triomphe du constitutionnalisme et la mise en place des Cours constitutionnelles, est d’accorder une place de choix Ă  la Constitution, dans la hiĂ©rarchie des normes, pour mieux protĂ©ger les citoyens. C’est en combinant le contrĂŽle de la constitutionnalitĂ© des lois et les mĂ©canismes spĂ©ciaux de la rĂ©vision que la protection de la Constitution se trouve mieux assurĂ©e.[2] La RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo s’est inscrite dans cette logique par la mise en place de sa Cour constitutionnelle.

    S’agissant des dispositions dites intangibles qui font dĂ©bat aujourd’hui en Afrique, et donc, des normes supra-constitutionnelles, ce serait une reconnaissance de « la possibilitĂ© de limiter le pouvoir souverain et, par consĂ©quent, de supprimer la souverainetĂ© du peuple exerçant la compĂ©tence constituante[3] », la doctrine majoritaire pense que « il ne peut pas y avoir d’autolimitation du pouvoir constituant, en imposant par exemple le respect de tel ou tel principe, ou encore le maintien de telle ou telle autre forme de Gouvernement, car jamais une volontĂ© n’est Ă©ternellement limitĂ©e par le seul effet des obligations qu’elle donne. Il est toujours possible que le souverain revienne sur les rĂšgles qu’il avait dĂ©finies et qu’il en adopte de nouvelles[4] ».

    Dans le cas de la France, la thÚse de la non-existence des normes supra-constitutionnelles a été confirmée par une jurisprudence constante du Conseil constitutionnel.

    2. Dans quelles circonstances les révisions constitutionnelles sont-elles justifiées ?

    Il serait hasardeux d’énumĂ©rer les circonstances dans lesquelles on peut estimer une rĂ©vision constitutionnelle justifiĂ©e ; car en rĂ©alitĂ©, qu’il s’agisse de l’opportunitĂ©, des omissions ou des problĂšmes nouveaux qui surgissent (l’environnement), chaque cas spĂ©cifique est un, sinon unique ; car en cette matiĂšre, la similaritĂ© ne joue point. Il s’agit d’apprĂ©cier au cas par cas, en tenant compte du parcours historique de chaque Etat.

    Cependant, une rĂ©ponse laconique consiste Ă  dire qu’une rĂ©vision est justifiĂ©e dĂšs lors qu’elle rencontre les aspirations du peuple. Celui-ci n’est pas une bulle difforme ni informe. Il doit ĂȘtre consultĂ© par des mĂ©canismes dĂ©mocratiques mis en place afin de tenir compte de ses avis.

    3. Quelle est l’attitude des citoyens par rapport au dĂ©bat sur le changement de la Constitution ? Sont-ils suffisamment consultĂ©s sur ce sujet ?

    Faute de statistiques contradictoires, il parait hasardeux de prĂȘter aux citoyens la parole qui n’est pas la leur. Toutefois, en matiĂšre de gestion de l’opinion publique, s’agissant du dĂ©bat sur la rĂ©vision constitutionnelle en RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo, pour l’instant, ce sont les officines politiques qui distillent ce qu’elles veulent bien dire, sans devoir Ă©taler toutes les possibilitĂ©s afin que le peuple fasse un choix utile. Il revient aux partis politiques et aux pouvoirs publics de ramener ce dĂ©bat au niveau de la population, source de tout pouvoir, afin que celle-ci s’en approprie et tranche.

    Plusieurs canaux, outre les partis politiques, dont notamment, les Ă©glises et les ONG s’investissent dans ce domaine d’éducation civique et politique. C’est une chance pour permettre Ă  la population d’opĂ©rer des choix Ă©clairĂ©s.

    Dans le cas de la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo, la Commission Electorale Nationale IndĂ©pendante (CENI) dĂ©tient Ă©galement, dans ses prĂ©rogatives, la mission de sensibilisation de la population avant tout scrutin. Ce qui permet de dire qu’avant de se prononcer, les citoyens auront Ă©tĂ© suffisamment consultĂ©s. Il importe de dire Ă©galement que lorsque le peuple confie, Ă  l’issue d’une Ă©lection dĂ©mocratique, un mandat Ă  une MajoritĂ©, celle-ci a le devoir d’impulser toutes les rĂ©formes nĂ©cessaires pour crĂ©er le bonheur collectif.

    Et donc, lorsqu’on dit laconiquement « Gouverner c’est PrĂ©voir », c’est affirmer par-lĂ  que les promesses Ă©lectorales doivent se traduire sous forme des rĂ©formes pour Ă©viter la distance entre ce qui est dit et ce qui est fait. Les rĂ©formes, dĂšs lors qu’elles ont pour objet de rĂ©aliser les promesses Ă©lectorales, elles bĂ©nĂ©ficient de la mĂȘme lĂ©gitimitĂ© que l’onction populaire qui couvre les dirigeants Ă©lus.

    4. Les conséquences des révisions constitutionnelles répétitives pour les générations futures

    Parler des rĂ©visions rĂ©pĂ©titives de maniĂšre abstraite, semble abusif. En effet, faudra-t-il Ă©tablir un sĂ©quencement qui indique la durĂ©e Ă  partir de laquelle une rĂ©vision peut ĂȘtre opĂ©rĂ©e, alors que le constituant n’a rien prĂ©vu de pareil ? Si tant est que toute rĂ©vision de la Constitution est une rĂ©ponse Ă  une question non rĂ©solue, oubliĂ©e ou nouvelle, comment peut-on Ă  l’avance deviner que pareille prĂ©occupation n’apparaitrait qu’aprĂšs tant d’annĂ©es ? Pareil calcul ne serait qu’illusoire.

    La question peut ĂȘtre reformulĂ©e autrement. S’agit-il du moment oĂč la rĂ©vision peut intervenir ?

    Celle-ci peut, selon Charles Debbasch et Jean-Marie Pontier intervenir Ă  tout moment[5]<!–[endif]–>, sauf dans le cas de la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo, dans les 5 hypothĂšses prĂ©vues Ă  l’article 219 de la Constitution : « Aucune rĂ©vision ne peut intervenir pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou l’état de siĂšge ni pendant l’intĂ©rim Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique ni lorsque l’AssemblĂ©e nationale et le SĂ©nat se trouvent empĂȘchĂ©s de se rĂ©unir librement[6]<!–[endif]–> ».

    La rĂ©vision de 1962 qui a permis Ă  la France d’inscrire dans la Constitution de 1958, l’élection du PrĂ©sident de la RĂ©publique au suffrage universel direct, Ă©tait justifiĂ©e par la recherche d’un antidote Ă  l’instabilitĂ© gouvernementale et au rĂŽle particulier Ă  assigner au Chef de l’Etat dans le contexte particulier de la nouvelle Europe. Toute gĂ©nĂ©ralisation parait abusive, il faut donc, spĂ©cifier chaque cas.

    La critique majeure faite Ă  l’Afrique est que les Constitutions africaines subissent souvent des retouches. La rĂ©ponse parait simple. Ces retouches rĂ©guliĂšres sont une rĂ©ponse Ă  l’inadaptation des textes qui, fort souvent, pour le besoin de la cause, juxtaposent plusieurs logiques au lieu d’une vĂ©ritable alliance. ConsĂ©quence, cet attelage brinquebalant ne peut pas aller plus loin. Plus qu’un simple mimĂ©tisme, il faut dĂ©plorer l’éclectisme constitutionnel qui trouve le terrain fertile en Afrique.

    Le constitutionnalisme auquel aspire l’Afrique postule le respect de la Constitution et non l’immobilisme. On peut donc dire qu’une certaine sacralitĂ© entourant la Constitution contribue au respect de celle-ci et moule les gĂ©nĂ©rations futures dans cette forme de religiositĂ©. Mais comme il est certain que les problĂšmes d’aujourd’hui ne seront pas identiques Ă  ceux qui se poseront demain, aucune gĂ©nĂ©ration ne peut avoir la prĂ©tention de lier l’autre.

    Ce qui signifie qu’en procĂ©dant Ă  l’adaptation du temps et des circonstances, les gĂ©nĂ©rations futures s’attĂšleront Ă  rĂ©soudre les problĂšmes spĂ©cifiques de leurs temps, sans omettre un regard critique ou admiratif sur la maniĂšre dont les gĂ©nĂ©rations prĂ©cĂ©dentes ont procĂ©dĂ© pour concilier temps et circonstances.

    5. Pourquoi une alternance démocratique en 2016 est si urgente ?

    A la veille de chaque Ă©lection dĂ©mocratique, l’alternance est toujours Ă  l’ordre du jour. Il semble cependant important d’opĂ©rer une distinction entre le dĂ©sir des hommes politiques et la sanction politique qui est de la compĂ©tence exclusive du peuple souverain. C’est au peuple seul qu’il appartient de sanctionner soit nĂ©gativement en Ă©conduisant la MajoritĂ© en place, soit positivement en la reconduisant.

    Dans le cas d’espĂšce, le juge de l’urgence, c’est le peuple souverain. Que l’on attende donc 2016 pour lui donner l’occasion de se prononcer librement, au lieu d’occulter par une campagne prĂ©coce, le fait que le mandat confiĂ© en 2011 Ă  la MajoritĂ© actuelle est encore en cours, et que les rĂšgles et pratiques dĂ©mocratiques exigent que le mandat soit consommĂ© jusqu’à la nouvelle Ă©lection. Ne pas faire droit Ă  cette exigence serait Ă©courtĂ©, en fait, la durĂ©e du mandat. Or, le constitutionnalisme postule Ă©galement que l’on ne puisse pas perturber, par des manƓuvres politiciennes, l’exercice d’un mandat, rĂ©guliĂšrement acquis du peuple.

    Quel entendement assigne-t-on Ă  l’alternance dĂ©mocratique ? Certes, changer de majoritĂ© est considĂ©rĂ©, par moments, comme un indice de vitalitĂ© dĂ©mocratique. Mais, si le peuple souverain reconduit la mĂȘme majoritĂ© pendant un temps relativement long, va-t-on l’obliger Ă  se dĂ©dire ? On ne peut pas demander Ă  la MajoritĂ© en place de se saborder pour qu’il y ait alternance, mais plutĂŽt, Ă  ceux dont l’ambition est de remplacer la MajoritĂ© en place de mieux affiner leur projet de sociĂ©tĂ© pour gagner la prĂ©fĂ©rence du peuple.

    Bref, s’il faut rĂ©pondre Ă  toutes les questions qui ont Ă©tĂ© soumises Ă  notre rĂ©flexion sur le plan purement thĂ©orique, alors que toute Constitution suppose son insertion dans un espace spatio-temporel, nous n’aurons pas fait Ɠuvre utile, encore moins, inventer la spĂ©cificitĂ© constitutionnelle dont l’Afrique a tant besoin pour rĂ©aliser le rĂȘve de pĂšres de l’indĂ©pendance.

    Evariste BOSHAB

    ——————————————————————————–
    <!–[endif]–>
    [1]<!–[endif]–> A la dĂ©charge du PrĂ©sident Kasavubu, il importe de relever qu’il avait sommĂ©, sans succĂšs, l’AssemblĂ©e nationale Ă  s’acquitter de sa charge en Ă©laborant une Constitution dĂ©finitive. C’est la raison pour laquelle, face Ă  la carence constatĂ©e, il crĂ©a la Commission constitutionnelle.

    [2]<!–[endif]–> J. GICQUEL, J-E. GICQUEL, Droit constitutionnel et institutions politiques, 24Ăšme Ă©d., Paris, Montchrestien, 2010, p.259

    [3]<!–[endif]–> D. G. LAVROFF, le Droit Constitutionnel de la VĂš RĂ©publique, 3Ăšme Ă©d., Paris, Dalloz, 1999, p.129

    [4]<!–[endif]–> Ibidem

    [5]<!–[endif]–> C. DEBBASCH, J-M. PONTIER, J. BOURDON, J-C. RICCI, Droit constitutionnel et institutions politiques, 4Ăšme Ă©d., Paris, Ă©conomica, 2001, p. 616

    [6]<!–[endif]–> Constitution de la RDC, JORDC, 5 fĂ©vrier 2011, numĂ©ro spĂ©cial, p.73

  • AccusĂ© de “trafic d’armes”, le gĂ©nĂ©ral Gabriel Amisi “blanchi”

    AccusĂ© de “trafic d’armes”, le gĂ©nĂ©ral Gabriel Amisi “blanchi”

     Le général Amisi Kumba Gabriel( Tango fort)
    Le général Amisi Kumba Gabriel( Tango fort)

    -Le Conseil supĂ©rieur de la dĂ©fense a annoncĂ© jeudi avoir “blanchi” le gĂ©nĂ©ral Gabriel Amisi, ex-chef d’Ă©tat-major des forces terrestres de l’armĂ©e congolaise. L’officier Ă©tait accusĂ© de trafic d’armes Ă  destination de braconniers et de groupes armĂ©s de l’est de la RDC.

    C’est une dĂ©cision qui risque de surprendre plus d’un observateur de la situation sĂ©curitaire en RDC. “AprĂšs examen des Ă©lĂ©ments supplĂ©mentaires apportĂ©s par la commission d’enquĂȘte (. . . ) et faute d’autres preuves probantes exigĂ©es”, le Conseil supĂ©rieure de la dĂ©fense en RDC a “approuvĂ©”, le 31 juillet, le rapport ayant “blanchi” le gĂ©nĂ©ral Gabriel Amisi dit Tango Fort de toutes les accusations qui pesaient sur lui.

    Le 15 novembre 2012 en effet, un groupe d’experts de l’ONU avait publiĂ© un document dans lequel il expliquait que le gĂ©nĂ©ral Amisi, alors chef d’Ă©tat-major des forces terrestres de l’armĂ©e congolaise, “contrĂŽlait un rĂ©seau de distribution de munitions de chasse Ă  destination de braconniers et de groupes armĂ©s“.

    “Des rĂ©seaux criminels”

    Des proches du gĂ©nĂ©ral Ă©taient Ă©galement mis en cause dans le trafic de munitions, de mĂȘme que d’autres haut gradĂ©s.”Les forces armĂ©es congolaises continuent d’ĂȘtre gangrenĂ©es par des rĂ©seaux criminels qui permettent aux officiers supĂ©rieurs de s’enrichir Ă  travers leur emprise sur les ressources naturelles et la contrebande, notamment le trafic d’ivoire menĂ© par les groupes armĂ©s”, avait conclu le rapport des experts onusiens.

    Le 22 novembre 2012, le prĂ©sident Joseph Kabila a suspendu le gĂ©nĂ©ral Amisi et ordonnĂ© une “enquĂȘte approfondie” sur “les responsabilitĂ©s dans ce trafic illĂ©gal et criminel”.

    Depuis la suspension – intervenue alors que Goma, capitale du Nord-Kivu, Ă©tait aux mains de la rĂ©bellion Mouvement du 23-Mars (M23), c’est le gĂ©nĂ©ral François Olenga qui a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© pour assurer le rĂŽle de chef d’Ă©tat-major de l’armĂ©e de terre.

    Le compte-rendu ne prĂ©cise cependant pas si le gĂ©nĂ©ral Amisi reprendra ce poste. En attendant, il continue de prĂ©sider l’Association sportive Vita Club (AS V Club), un club de football trĂšs populaire Ă  Kinshasa.

    (Avec AFP)

  • Lambert Mende Ă  Kisangani pour rassurer sur l’arrivĂ©e des FDLR

    Lambert Mende Ă  Kisangani pour rassurer sur l’arrivĂ©e des FDLR

    Un soldat de la Monusco prÚs d'un dépÎt de munitions à Kisangani, en octobre 2013.
    Un soldat de la Monusco prĂšs d’un dĂ©pĂŽt de munitions Ă  Kisangani, en octobre 2013. © Monusco photos

    Lambert Mende, ministre de la Communication de RDC et porte-parole du gouvernement, est Ă  Kisangani depuis matin. Objectif : calmer les inquiĂ©tudes de la population du chef-lieu de la Province orientale qui devrait accueillir la semaine prochaine un premier groupe d’ex-rebelles des Forces dĂ©mocratiques pour la libĂ©ration du Rwanda (FDLR).

    “Je suis confiant. Tout le monde ici Ă  Kisangani commence Ă  comprendre la nĂ©cessitĂ© de l’opĂ©ration de dĂ©sarmement des FDLR.” Ce vendredi 25 juillet, Ă  la mi-journĂ©e, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, est pourtant arrivĂ© en terrain minĂ©.

    Pour protester contre l’arrivĂ©e en provenance du Nord et du Sud-Kivu d’ex-Forces dĂ©mocratiques pour la libĂ©ration du Rwanda (FDLR), une vingtaine d’organisations de la sociĂ©tĂ© civile de la Province orientale avaient en effet organisĂ© le mĂȘme jour une “opĂ©ration ville morte”.

    Un premier groupe de 70 ex-FDLR, dont l’arrivĂ©e a Ă©tĂ© annoncĂ©e puis annulĂ©e Ă  plusieurs reprises, devrait ĂȘtre cantonnĂ© Ă  Kisangani, “la semaine prochaine”. Au total, toujours selon le ministre, ils devraient ĂȘtre “entre 1 200 et 1 400 Ă  sĂ©journer moins d’un mois Ă  Kisangani avant de poursuivre leur chemin vers la province de l’Équateur et le Rwanda.” Une prĂ©cision importante, car la Monusco, le 16 juillet dernier, avait parlĂ© de “Kisangani comme de la destination finale de ces rebelles en attendant de trouver des pays tiers pouvant les accueillir.”

    Pas encore rassurés


    La sociĂ©tĂ© civile de Kisangani ne semble pas encore totalement rassurĂ©e. “Les ex-FDLR doivent ĂȘtre directement acheminĂ©s dans un autre pays. MĂȘme s’ils ne restent que provisoirement, ils menaceront la sĂ©curitĂ© de la population”, redoute un membre de la plate-forme SociĂ©tĂ© civile force de l’Orientale (Socifor), signataire de l’appel “opĂ©ration ville morte”.

    Un appel lancĂ© par une sociĂ©tĂ© civile divisĂ©e, qui a finalement Ă©tĂ© peu suivi aujourd’hui Ă  Kisangani. “Jusqu’à 9 heures, certaines administrations et certains magasins Ă©taient encore fermĂ©s. Toutefois, ce midi, motos et taxis vĂ©los circulaient comme d’habitude”, observe Ernest Mukuli, rĂ©dacteur en chef du journal Mongongo et coordonateur de l’ONG Mepad (MĂ©dias pour la paix et la dĂ©mocratie).

    Une semaine plus tĂŽt, tout le monde ne parlait dĂ©jĂ  que de l’arrivĂ©e des ex-FDLR. La psychose rĂ©gnait sur la ville, qui se sent fragilisĂ©e par la prĂ©sence, non loin de lĂ , de l’ArmĂ©e de rĂ©sistance du Seigneur (LRA) et des Mbororo, les Ă©leveurs armĂ©s.

    Des dĂ©putĂ©s nationaux de la Province orientale et l’Église protestante s’étaient aussi publiquement opposĂ©s Ă  l’accueil des FDLR.

    Lambert Mende rencontrera demain samedi des acteurs de la sociĂ©tĂ© civile de Province orientale, mais aussi d’Equateur, du Nord et du Sud-Kivu pour tenter d’apaiser les craintes tenaces des uns et des autres.

    Jeune Afrique

  • Retour au calme Ă  Kinshasa aprĂšs l’attaque du camp militaire Tshatshi

    Retour au calme Ă  Kinshasa aprĂšs l’attaque du camp militaire Tshatshi

    Des soldats de RDC patrouillent dans les rues de Kinshasa, le 12 octobre 2013. Des soldats de RDC patrouillent dans les rues de Kinshasa, le 12 octobre 2013. © AFP

    Les autoritĂ©s congolaises ont affirmĂ© mardi avoir dĂ©jouĂ© l’attaque d’un groupe d’inconnus armĂ©s contre le camp militaire Tshatshi, Ă  Kinshasa. Le calme Ă©tait de retour en fin d’aprĂšs-midi, aprĂšs environ une heure de tension et de panique dans les rues.

    Un vent de panique a traversĂ© Kinshasa, mardi 22 juillet dans l’aprĂšs-midi, alors qu’un groupe d’hommes armĂ©s prenait d’assaut le camp militaire Tshatshi. Vers 16h20 (15h20 GMT), le gouverneur de la ville, AndrĂ© Kimbuta, est apparu Ă  la tĂ©lĂ©vision publique pour rassurer la population et affirmer que la situation Ă©tait de nouveau sous contrĂŽle. “Un groupe d’inciviques […] a tentĂ© de crĂ©er de l’insĂ©curitĂ© dans la ville et ce groupe-lĂ , [d’]une vingtaine Ă  une trentaine de personnes, a Ă©tĂ© maĂźtrisĂ©”, a-t-il dĂ©clarĂ©, appelant les Kinois Ă  reprendre leur travail et Ă  “vaquer librement Ă  leurs occupations”.

    Quelques minutes plus tĂŽt, un haut responsable sĂ©curitaire avait dĂ©clarĂ© qu’”un petit groupe de voyous [avait] tentĂ© une infiltration au camp Tshatshi” mais que “l’affaire [avait] Ă©tĂ© vite rĂ©glĂ©e”. Au camp Tshatshi, un officier de la Garde rĂ©publicaine (GR) a pour sa part indiquĂ© que les soldats de cette unitĂ© d’Ă©lite, chargĂ©e de la protection du prĂ©sident, avaient pu maĂźtriser “une vingtaine de personnes habillĂ©es en civil” et en possession d’armes blanches (couteaux et machettes).

    Évacuation de l’aĂ©roport Ndjili

    Selon plusieurs journalistes de l’AFP, la GR s’est dĂ©ployĂ©e en force dans le quartier du palais prĂ©sidentiel, dans le nord-ouest de la capitale, installant plusieurs points de contrĂŽles et Ă©vacuant toutes les personnes y travaillant. Vers 14h30, plusieurs centaines de soldats de la mĂȘme unitĂ©, armĂ©s de mitrailleuses lourdes et de lance-roquettes, avaient fait Ă©vacuer en urgence toutes les personnes prĂ©sentes Ă  l’aĂ©roport international de Ndjili, Ă  l’est de la ville. Cette intervention Ă  l’aĂ©roport semble avoir suivi les premiers coups de feu en provenance du camp Tshatshi.

    Pendant environ une heure, la vie s’est arrĂȘtĂ©e dans la capitale, avant de reprendre son cours normal en fin d’aprĂšs-midi : les voitures roulaient de nouveau tandis que des centaines de personnes arpentaient les rues Ă  pied pour rentrer chez elles.

    Kinshasa avait Ă©tĂ© le théùtre d’un apparent coup de force le 30 dĂ©cembre dernier lorsque plusieurs dizaines d’assaillants, armĂ©s essentiellement d’armes blanches, avaient attaquĂ© de maniĂšre concertĂ©e l’aĂ©roport de Ndjili, le siĂšge de la radio-tĂ©lĂ©vision publique et le camp Tshatshi. Ces Ă©tranges attaques, sur lesquelles toute la lumiĂšre n’a pas encore Ă©tĂ© faite, avaient Ă©tĂ© noyĂ©es dans le sang.

    (Avec AFP)