L’annonce de la condamnation de vingt membres d’un réseau pédophile, vendredi 19 octobre, a provoqué une cascade de réactions. De nombreuses affaires du même type, dans lesquelles sont souvent impliqués des hommes originaires du sous-continent indien, ont choqué le pays ces dernières années. La presse s’interroge sur la manière de traiter ce sujet sensible.
“Sales pédophiles sud-asiatiques.” Ces trois mots, tweetés par le ministre de l’Intérieur britannique, ont provoqué de vives réactions outre-Manche. Sajid Javid, lui-même d’origine pakistanaise, réagissait à la condamnation de vingt membres d’un réseau de prédateurs sexuels à des peines comprises entre cinq et dix-huit ans de prison. L’information, révélée vendredi 19 octobre, faisait jusque-là l’objet d’un postponement order, une interdiction de publier des informations concernant une affaire pendant toute la durée de l’instruction, et ce afin de ne pas influencer les jurés. Ce postponement order a été défié en mai dernier par Tommy Robinson, cofondateur du groupuscule d’extrême droite
Après des semaines de tension et d’avertissements, la Commission a rejeté le budget présenté par Rome, qui prévoit 2,4 % de déficit – soit trois fois plus qu’attendu. Mais le gouvernement populiste italien n’a pas l’intention de reculer, surtout à quelques mois des élections européennes.
Une guerre contre l’Europe, mais dans quel but ? Le 22 octobre, [quatre jours après une lettre de rappel à l’ordre de Bruxelles], le gouvernement italien a représenté un budget inchangé, qui avait toutes les chances d’être retoqué par la Commission européenne et d’entraîner une procédure qui opposera frontalement Rome et l’exécutif communautaire. [Le 23, la Commission a rejeté le projet et en a demandé un nouveau dans un délai de trois semaines.]
L’affaire semble cousue de fil blanc et, même si le Premier ministre, Giuseppe Conte, et son ministre de l’Économie, Giovanni Tria, ont envoyé de timides messages d’ouverture à Bruxelles, tout le monde a bien compris que ce n’étaient
“Le désarmement, c’étaient les années 80”, titre die tageszeitung (taz), en affichant à sa une Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, les signataires de l’accord de 1987 sur la non-prolifération des missiles de courte et moyenne portée. “Donald Trump veut dénoncer le traité sur les armes nucléaires conclu avec la Russie. […] Est-ce le début d’une nouvelle guerre froide ?”, s’inquiète le quotidien berlinois de tendance pacifiste. “L’enjeu de ce traité a toujours été davantage la sécurité de l’Europe que le rapport de forces dans le reste du monde – et rien n’a changé sur ce point, , qui juge le moment particulièrement mal venu :
Brexit, annexion de la Crimée, nouvelle crise financière au sein de l’Union européenne (UE) et poussée des partis autoritaires et nationalistes – l’Europe a déjà suffisamment de problèmes. Et pas seulement l’UE, mais aussi tous les pays riverains et tout particulièrement les ex-républiques soviétiques. […] Partout, des confrontations militaires sont susceptibles de se produire.”
En conclusion de ce constat alarmant, la taz se refuse à “spéculer sur les motivations de Donald Trump”, et préfère formuler une issue possible aux tensions grandissantes : “L’Europe ne peut plus se permettre de faire uniquement confiance aux États-Unis comme puissance protectrice. Elle doit trouver la voie de sa propre politique étrangère, si insécurisant cela soit-il. Que dire d’une rencontre au sommet russo-européenne ?”
Près de 15 000 attaques à l’arme blanche ont été constatées sur les bords de la Tamise entre juin 2017 et juin 2018. La tendance, marquée par une hausse des admissions à l’hôpital de personnes grièvement blessées, concerne aussi le reste du Royaume-Uni.
Les agressions au couteau ont atteint le plus haut niveau jamais enregistré dans la capitale britannique depuis 2009, c’est-à-dire depuis que les premières statistiques en la matière ont été établies, rapporte l’Evening Standard jeudi 18 octobre. Déjà en forte augmentation en début d’année, au point de dépasser pendant deux mois le nombre d’homicides dans la ville de New York, ces actes ont frisé la barre des 15 000, pour s’établir à 14 987 entre juin 2017 et juin 2018. “Cette statistique correspond à une hausse de 15% par rapport aux douze mois précédents, précise le quotidien gratuit de Londres. Elle comprend 91 meurtres, 170 agressions sexuelles
“Le prince et le meurtre. Comment un crime effroyable ébranle la politique mondiale”, titre Der Spiegel dans son édition du 20 octobre. La disparition du journaliste et opposant au régime de Riyad, Jamal Khashoggi, le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul, “plonge la famille royale dans l’une des plus graves crises depuis les attentats du 11 septembre 2001”, poursuit le magazine de Hambourg.Der Spiegel consacre un long article à ce “scandale [qui] sème l’effroi en Occident et met Donald Trump sous pression.”
De leur côté, les Européens ont réagi dans une déclaration commune à trois – France, Grande-Bretagne et Allemagne – pour que toute la lumière soit faite rapidement et de manière crédible. Berlin, par la voix de la chancelière Angela Merkel qui s’est réunie dimanche 21 octobre avec les dirigeants de son parti (CDU), a estimé que “des exportations d’armes, dans l’état actuel de la situation, ne pouvaient avoir lieu”. Elle confortait ainsi les propos de son ministre social-démocrate des Affaires étrangères, Heiko Maas (SPD), tenus précédemment sur la chaîne publique ARD, et allant dans le sens des Verts qui exigeaient une position ferme du gouvernement.
Dans leur contrat de gouvernement, les partenaires de la coalition (CDU–CSU et SPD) s’étaient engagés à ne plus livrer d’armes aux pays impliqués dans la guerre au Yémen. Les accords déjà conclus en étaient toutefois écartés. L’Arabie Saoudite, précise Der Spiegel, est le deuxième client, après l’Algérie, de l’industrie allemande d’armement.
Le conseiller américain à la Sécurité nationale, John Bolton, est arrivé à Moscou le 22 octobre pour y rencontrer son homologue russe, mais aussi le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, et le président Poutine. Au programme, “un large éventail de questions de sécurité internationale”, mais surtout les armements nucléaires au cœur des débats.
De la visite du conseiller du président américain à la Sécurité nationale, John Bolton, le Kremlin attend particulièrement, selon son porte-parole, “des explications sur les intentions de Donald Trump concernant le Traité sur la liquidation des missiles de moyenne et de moindre portée” (en anglais, “Intermediate-range nuclear forces treaty”, ou INF). Le 20 octobre, Trump a en effet annoncé son intention de mettre fin à ce traité de désarmement nucléaire signé en pleine Guerre froide par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Également menacé, le Traité sur les armes stratégiques offensives (START III), qui expire en 2021 et pourrait ne pas être prolongé.
Après avoir racheté Elle et Marianne, Daniel Kretinsky s’intéresse désormais au quotidien Le Monde, qui appartient au même groupe que Courrier international. Ce milliardaire d’Europe de l’Est, qui a fait sa fortune dans l’énergie, est perçu dans son pays comme un homme d’affaires à qui tout (ou presque) réussit.
Les médias français [en avril dernier] sont passés par le même état d’incertitude que leurs collègues allemands, britanniques ou suédois avant eux. D’un seul coup, et de façon tout à fait inattendue, il leur a fallu chercher à savoir qui donc était Daniel Kretinsky, cet homme d’affaires tchèque qui entendait acheter des magazines français.
Les premières réactions ont abouti à des titres qui le qualifiaient de “milliardaire inconnu dont le nom figure dans les Panama Papers”. Des voix se sont élevées pour exprimer des craintes relatives à l’indépendance des magazines mais aussi à de possibles licenciements. On peut toutefois penser que même les peurs et angoisses françaises qui accompagnent l’arrivée de ce nouveau propriétaire se dissiperont avec le temps, comme cela a été le cas ailleurs et dans d’autres opérations.
Les Britanniques aussi ont d’abord considéré cet homme d’affaires d’Europe de l’Est, que les Tchèques connaissent principalement comme propriétaire du club de football Sparta Prague, avec une certaine défiance. Mais quand, au début du mois de mars, de nombreux businessmans tchèques suivaient au château de Prague le discours d’inauguration du président de la République, Milos Zeman, Kretinsky, lui, était déjà ailleurs.
Il se trouvait à Londres, au 10 Downing Street, où, à l’instar de chefs de multinationales telles que Telefónica ou Bosch, il avait été invité par la Première ministre britannique Theresa May. Avec lui comme avec d’autres personnalités influentes du milieu des affaires, la Première ministre souhaitait discuter de la manière de gérer au mieux les conséquences économiques du Brexit.
Cet exemple démontre jusqu’où son ascension a mené Kretinsky au cours des dix dernières années. Le manager qui avait reçu, en 2009, de bien plus
“Londres n’avait pas vu pareil manifestation depuis celles contre la guerre en Irak de 2003”,relate The Observer. Samedi 20 octobre, ce sont près de 700 000 personnes qui ont défilé pour réclamer un second référendum sur le Brexit, alors que celui-ci devrait entrer en application le 31 mars 2019 et ne fait toujours l’objet d’aucun accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne.
Le nombre de manifestants “a dépassé toutes les prévisions, à la fois des organisateurs et de la police”, assure l’hebdomadaire britannique. Plusieurs dizaines d’hommes politiques, de tous les partis, se trouvaient parmi les manifestants. Tous disent craindre le “chaos” vers lequel se dirigerait le Royaume-Uni en cas de Brexit sans accord.
May risque sa place
D’après The Observer, la Première ministre Theresa May risque de perdre sa place prochainement, ses collègues pro-Brexit souhaitant installer à sa place David Davis, l’ancien secrétaire d’État en charge de la sortie de l’UE.
Theresa May a été prévenue par ses ministres pro-Brexit : ils rejetteront tout accord qu’elle propose s’ils n’obtiennent pas des clauses juridiques assurant une rupture nette et définitive avec l’UE à l’avenir.”
Malgré ces manifestations, il n’y aura pas de second référendum, explique une source de Downing Street à The Observer : “Le peuple a voté en 2016. Un second référendum serait un vote politicien, dans le sens où ce serait les hommes politiques qui diraient au peuple qu’il s’est trompé la première fois et qu’il devrait réessayer. Ce serait désastreux pour la démocratie.”
Source
Le plus ancien des journaux du dimanche (1791) est aussi l’un des fleurons de la “qualité britannique”. Il appartient au même groupe que le quotidien The Guardian mais est d’obédience libérale.
Comme tous les journaux du
“Marchez avec nous”, peut-on lire à la une du quotidien britannique The Evening Standard ce vendredi 19 octobre, à la veille d’une grande manifestation organisée au Royaume-Uni. Cet appel, ce sont “des douzaines de députés de tous bords politiques” qui le passent, demandant aux citoyens à descendre dans les rues pour réclamer un second référendum sur le Brexit.
“Les Brexiters ont besoin d’un vote, les Remainers [partisans du maintien du Royaume-Uni dans l’UE] ont besoin d’un vote, nous avons tous besoin d’un vote”, peut-on lire sur une pancarte choisie par The Evening Stantard pour illustrer sa une.
Pour les Britanniques, l’incertitude est totale : aux négociations bloquées avec Bruxelles, il faut ajouter la déclaration récente de Theresa May, qui s’est dite ouverte à un prolongement de la période de transition devant aboutir à la sortie britannique de l’UE, alors que la date butoir du Brexit est fixée au 29 mars prochain.
Source
Le journal des Londoniens. Créé en 1827, ce titre du soir gratuit publie trois éditions. Il mêle infos locales et nationales, et met l’accent sur l’actualité de la City, le quartier financier de la capitale.
Le titre a été racheté au groupe
Si la Commission a deux semaines pour rendre son avis sur le projet, dès mercredi 17 octobre les propos d’un commissaire européen allemand ont étonné. Ils laissent présager, selon Der Spiegel, que Bruxelles a de grandes chances de retoquer le budget proposé par l’Italie, puisqu’il “n’était pas compatible avec les obligations inhérentes à l’Union européenne”.
Ce vendredi, la visite à Rome de Pierre Moscovici a fait grandir ces doutes. Le commissaire européen à l’Économie a confirmé que Bruxelles avait envoyé une lettre officielle pour dénoncer une “déviation sans précédent” du budget italien 2019 quant aux règles du pacte de stabilité et de croissance. Et d’ajouter que l’autorité européenne a demandé à Rome des clarifications.
Ainsi, pour tenter de trouver une sortie de crise, un conseil des ministres extraordinaire doit se tenir en Italie. Matteo Salvini, le chef du parti d’extrême droite la Ligue, et ministre de l’Intérieur italien devrait notamment être présent. Mais l’heure est comptée pour Rome : la Commission européenne attend une réponse à sa lettre dès la semaine prochaine, précise le média politique américain Politico. De plus, les agences de notation Standard & Poor’s et Moody’s doivent rendre une note sur la dette souveraine italienne à la fin de la semaine prochaine.