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  • Roger Lumbala « convaincu d’obtenir l’amnistie »

    Roger Lumbala « convaincu d’obtenir l’amnistie »

    En exil en France, l’opposant congolais a demandé à remplir son formulaire d’engagement pour bénéficier de la loi d’amnistie. Toujours candidat pour 2016, Roger Lumbala estime que « Joseph Kabila ne modifiera pas la Constitution et se représentera pas« .

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    Que devient l’opposant congolais Roger Lumbala ? Après son aventure avec la rébellion du M23 et sa participation aux côtés des rebelles aux pourparlers de Kampala, Roger Lumbala est de retour en France depuis fin avril. Demandeur de l’asile politique, le leader du RCD-N espère pouvoir bénéficier de la loi d’amnistie. Une loi qui permet de « blanchir » les membres des groupes armés pour « faits insurrectionnels et faits politiques« . Mais le régime de Kinshasa ne semble pas de cet avis. Selon Jeune Afrique, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende affirme que Roger Lumbala n’est pas amnistiable. En cause, son soutien au colonel déserteur John Tshibangu, qui avait fait défection avec certains de ses hommes à l’été 2012. Nous avons rencontré Roger Lumbala à Paris.

    – Afrikarabia : Pour quelles raisons êtes-vous en France ?

    – Roger Lumbala : Je suis demandeur d’asile politique en France depuis 2012, je suis donc résident ici. Je peux voyager pour aller à l’étranger, mais après je reviens en France, pour des raisons familiales tout simplement.

    – Afrikarabia : Votre nom n’apparaît pas sur les deux premières listes d’amnisties publiées par Kinshasa. Souhaitez-vous bénéficier de l’amnistie et avez-vous  rempli votre formulaire d’engagement ?

    – Roger Lumbala : Si je ne suis pas sur ces listes d’amnistiés c’est que je n’ai pas encore signé ma fiche d’engagement. Je compte le faire très rapidement. Je me suis déjà rendu à l’ambassade de RDC à Paris lundi 5 avril, mais je n’ai pas encore pu remplir le formulaire, sous prétexte que le document original n’était pas encore arrivé (depuis cette interview, Roger Lumbala a signé son formulaire d’engagement mercredi 7 mai à Paris – ndlr).

    – Afrikarabia : Qu’est-ce-que signifie l’amnistie pour vous ?

    – Roger Lumbala : Comme dans tout conflit, pour remettre le pays en marche, il y a toujours une amnistie qui est prononcée. C’est d’ailleurs prévu dans les déclarations de Nairobi (documents signés en décembre 2013 entre le gouvernement congolais et le M23 pour mettre fin à la rébellion – ndlr).

    – Afrikarabia : Les autorités congolaises ont précisé que les personnes qui avaient commis des crimes de guerre étaient exclues de la loi d’amnistie. Et justement Kinshasa vous accuse d’avoir soutenu la rébellion de John Tshibangu et d’avoir enrôlé des enfants-soldats ?

    – Roger Lumbala : Le président Joseph Kabila a évoqué le cas de Roger Lumbala  au cours d’une réunion avec les membres de la majorité présidentielle (dans la ferme présidentielle de Kingakati en mars dernier – ndlr). Il a dit qu’il allait signé l’amnistie et que Roger Lumbala reviendrait en République démocratique du Congo dans le cadre de la cohésion nationale. Quand le président parle, je trouve anormal que les gens qui travaillent à son service le contredisent (Lambert-Mende avait notamment déclaré à Jeune Afrique que Roger Lumbala était non-amnistiable – ndlr).

    – Afrikarabia : On vous accuse d’avoir aidé John Tshibangu lors de sa défection de l’armée régulière ?

    – Roger Lumbala : John Tshibangu n’a pas mené de guerre. John Tshibangu n’a jamais recruté et encore moins des enfants, car il n’a tout simplement pas eu le temps de le faire. Aucune organisation internationale n’a enregistré de groupe armé mené par John Tshibangu. On cherche simplement à s’acharner sur Roger Lumbala. Sur la dernière liste des 100 amnistiés, le dossier Lumbala est en huitième position. Ce n’est plus Roger Lumbala avec le M23, que le pouvoir a chanté pendant plusieurs mois pour dire que j’étais membre du M23. Maintenant, on a lié mon dossier avec l’A7-Roger Lumbala-John Tshibangu (Consulté la liste des amnisties ici). Que veut dire A7 ? Cela veut tout simplement dire : « Armée de soutien à Etienne Tshisekedi« . Si je suis combattu aujourd’hui, c’est que je soutiens Etienne Tshisekedi (leader de l’UDPS et candidat malheureux à la dernière présidentielle contestée de novembre 2011 – ndlr). A supposer que John Tshibangu a recruté des enfants-soldats, quelle est la responsabilité de Roger Lumbala ? Je n’étais pas avec monsieur John Tshibangu. Ce monsieur avait d’ailleurs créé son propre mouvement depuis la Belgique et n’avait donc rien à voir avec l’A7.

    – Afrikarabia : Etes-vous confiant pour l’obtention de cette amnistie ? Selon vous, il n’y a pas de raison pour qu’on vous la refuse ?

    – Roger Lumbala : Nous vivons dans un pays où l’exclusion est considérée comme un mode de fonctionnement. Je suis tout à fait convaincu que je serai amnistié par le fait d’avoir signé mon engagement (à ne plus récidiver dans un groupe armé – ndlr).

    – Afrikarabia : Quelles sont vos relations aujourd’hui avec l’ex-M23 dont vous étiez proche ?

    – Roger Lumbala : Le M23 n’existe plus depuis la signature des déclarations de Nairobi. Si vous me posez la question si j’ai des relations avec des membres de l’ex-mouvement, oui, je garde de très bonnes relations avec ces hommes et ces femmes qui m’ont invité à participer aux pourparlers de Kampala. Je suis un homme fidèle dans mes relations.

    – Afrikarabia : Seriez-vous partant pour participer à un gouvernement de « cohésion nationale » ?

    – Roger Lumbala : Je ne suis pas en contact avec le pouvoir. Je ne peux donc pas vous répondre.

     Afrikarabia : Savez-vous si des membres de l’ex-M23 pourraient faire partie du nouveau gouvernement de « cohésion nationale » ? Et est-ce que cela vous paraît judicieux ?

    – Roger Lumbala : Ce nouveau gouvernement, c’est le pouvoir discrétionnaire du président Kabila. Dans le cadre de la cohésion nationale, je pense que tous les partis politiques qui ont participé aux Concertations nationales sont dans cette logique là. Pour ce qui nous concerne, nous ne sommes ni de prêt ni de loin en contact avec le pouvoir.

    – Afrikarabia : Quel rôle comptez-vous jouer à l’avenir sur l’échiquier politique congolais ?

    – Roger Lumbala : Les Congolais qui ont découvert un héros, un homme qui est martyrisé et diabolisé par le pouvoir actuel, sollicitent ma candidature à l’élection présidentielle de 2016. On me dit que je suis le seul à être capable de redonner une chance à la République démocratique du Congo. Pour un Congo fort, il faut un homme fort. Il faut un homme qui soit en bon terme avec les pays voisins de la  RDC et avec lesquels nous avons des différents : l’Ouganda, le Rwanda, la Tanzanie… Mais attention je serai candidat en 2016 à condition qu’Etienne Tshisekedi ne se présente pas.

    – Afrikarabia : John Kerry, le secrétaire d’Etat américain, était à Kinshasa le week-end dernier. Il a notamment demandé à Joseph Kabila de respecter la Constitution. Beaucoup de commentateurs l’ont interprété comme une demande au président congolais de ne pas briguer un troisième mandat, interdit par la Constitution. Que va faire Joseph Kabila en 2016 ?

    – Roger Lumbala : A mon humble avis, je suis tout à fait convaincu que le président Joseph Kabila ne va pas se représenter. Et cela de par lui-même. La situation politique et l’environnement international ne le permettent plus. Je suis convaincu qu’il ne modifiera pas la Constitution.

    Propos recueillis par Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • Tshisekedi a transmis un aide-mémoire à Kerry

    Tshisekedi a transmis un aide-mémoire à Kerry

    tshisekedi-signe-Etienne Tshisekedi ne se tient pas si en dehors de la vie politique qu’il en donne l’air. Le séjour de John Kerry à Kinshasa lui a servi de prétexte pour livrer le fond de sa pensée au secrétaire d’Etat américain

    dans un “aide-mémoire” déposé, le 3 mai, à l’ambassade des Etats-Unis. Via ses réseaux, la rédaction de “RD-CONGONEWS” s’est procuré une copie authentique de ce document signé de la main de Tshisekedi lui-même et présenté en deux versions, française et anglaise. L’auteur y donne sa lecture de la crise politique. Cette crise née à la suite des élections générales du 28 novembre 2011 n’a toujours pas été réglée. “Elle doit être résolue avant tout autre processus”, exige Tshisekedi. Prophétique comme de tradition, il demande à la communauté internationale d’“empêcher ce qui semble être un volcan grondant de déclencher une éruption majeure”. Allez-y comprendre que Tshisekedi n’a pas encore dit son dernier mot. Que ceux qui cherchent à tripatouiller la Constitution au profit d’un troisième mandat pour Joseph Kabila se le tiennent pour dit.

    Aide-mémoire de Tshisekedi (Version française)

    Kinshasa, le 3 mai 2014 L’honorable John F. Kerry Département d’État des États-Unis 2201 C Street NW Washington , DC 20520 Monsieur le Secrétaire, Je m’associe à la population congolaise pour vous accueillir dans mon pays et je vous souhaite un très agréable séjour en République démocratique du Congo . Votre visite arrive à un moment très difficile pour mon pays et je profite de l’occasion comme une dynamique pour fixer une feuille de route claire pour assurer la paix , la démocratie et le développement non seulement de la République démocratique du Congo , mais aussi de l’ensemble de la région des Grands Lacs . Pour commencer, je tiens à vous remercier pour la position claire prise lors de votre récente interview avec la Voix de l’Amerique sur le respect de la constitution congolaise . En effet , durant les 32 dernières années de ma lutte pour la démocratie en République démocratique du Congo , je n’ai jamais manqué de souligner l’importance pour tout le monde de respecter la loi du pays comme la pierre angulaire de la stabilité . Malheureusement, cela n’a pas toujours été le cas dans la République démocratique du Congo où des dispositions de la Constitution sont constamment bafouées et violées créant – pour n’en nommer que quelques- uns – un environnement d’insécurité juridique , la corruption , la mauvaise gouvernance , le non-respect des droits de l’homme , des élections manipulées et donc l’instabilité .

    Dans ses notes explicatives , la constitution congolaise actuelle a établi que, depuis l’indépendance de notre pays le 30 Juin 1960, la République démocratique du Congo fait face à des crises politiques récurrentes et l’une des causes fondamentales découle de querelles de légitimité de nos institutions et des tenants du pouvoir. La constitution actuelle visait à résoudre à la racine la cause de l’instabilité institutionnelle pour donner à la fois au pays et à la population la chance de participer à la reconstruction et au développement du pays à travers des cycles réguliers de processus électoraux libres, démocratiques , transparentes et crédibles qui permettent au peuple congolais de choisir démocratiquement leurs propres dirigeants . Ainsi , le pays a connu en 2006 ses premières élections après l’adoption de la constitution par référendum. Malheureusement, le processus a pris fin avec une crise post-électorale. Suite à cela, M. Malu Malu , l’actuel chef de la Commission électorale , qui dirigeait alors le même organe, a été limogé de ses fonctions par le Parlement pour sa mauvaise gestion du processus électoral .

    Peut-être , il est juste de dire que le contentieux électoral 2006 était mineur par rapport à ce dont tout le monde, y compris la communauté internationale ,a été témoin avant, pendant et après les deuxièmes élections tenues le 28 Novembre 2011. Les résultats de ces dernières ont été qualifiés de “totalement erronés” . Nous étions de retour à la case départ et par la même occasion le peuple congolais a perdu la foi dans les processus électoraux . Dans ces circonstances, il est difficile de construire des institutions «fortes» dans le pays tel que préconisé par le président Obama lors de son discours d’Accra en 2009 . Depuis , l’environnement politique du pays a été pollué , qui a eu un impact négatif sur la paix, la stabilité institutionnelle et de la gouvernance du pays . Mon appel lancé tôt à la communauté internationaleen décembre 2011, après la publication des conclusions erronées du 28 Novembre 2011, de nous aider à résoudre la crise est toujours non entendu. La crise de légitimité qui a suivi est en cours et doit être résolu avant tout autre processus électoral. C’est dans cet environnement fragile et trompeur que la même personne , M. Malu Malu , qui a ensuite été limogé pour sa mauvaise  gestion des élections de 2006 , a été rappelé en 2013 à la tête de la Commission électorale une fois de plus . Je considère cela comme provocant et inacceptable.

    Pourtant, je crois toujours que nous devrions travailler plus étroitement avec la communauté internationale à travers l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs , l’envoyé spécial américain pour les Grands Lacs , le Représentant spécial de l’UA pour les Grands Lacs , le Directeur de l’UE pour les Grands Lacs et le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la République démocratique du Congo afin de désamorcer la crise en cours. Bien que je félicite l’accent mis par ces autorités à travailler en étroite collaboration avec la société civile de mon pays, je déplore leur manque de jugement en minimisant le rôle des partis politiques de l’opposition qui ont lutté sans relâche avec le peuple en faveur du changement réel de la gouvernance en RDC. L’accord-cadre du 24 Février pour la paix, la sécurité et la coopération en République démocratique du Congo et dans la région ainsi que la Résolution 2098 du Conseil de sécurité des Nations unies du 28 Mars 2013 offrent tous deux des fenêtres d’espoir d’une solution durable. Dans le même temps, d’ouest enest , du nord au sud , le faible appareil de sécurité du pays a montré son incapacité à faire face aux menaces extrémistes en plein essor. L’état général de la sécurité et des problèmes humanitaires est catastrophique. Les droits de l’homme ne sont pas respectés, les femmes et les enfants continuent d’être les victimes de la violence liée à la guerre, le nombre de prisonniers politiques a augmenté , des poches d’instabilité territoriale se posent dans certaines provinces , notamment le Katanga et la pauvreté a atteint son plus haut niveau! Très récemment, nous observons un nouveau phénomène d’expulsion massive des Congolais des pays voisins.

    Après l’Angola etl’Ouganda , les Congolais sont maintenant chassés du Congo – Brazzaville et dans la plupart des cas , ces expulsions sont opérées maladroitement en violation des droits humains élémentaires de la population , ouvrant ainsi la voie à de nouvelles frustrations populaires et conséquemment à la déstabilisation du pays. Personne ne veut voir ce qui se passe dans la République démocratique du Congo. La nouvelle positive est que cela peut être évité à condition que nous trouvions un moyen, à travers les mécanismes mentionnés ci-dessus, d’empêcher ce qui semble être un volcan ” grondant ” de déclencher une éruption majeure ! J’espère que votre visite ici aidera la RDC à bâtir une démocratie durable en renforçant le soutien à ses besoins politiques, sécuritaires et économiques. Cordialement ,

    Etienne Tshisekedi

    PRÉSIDENT

    (RD-CONGONEWS)

  • Le secrétaire d’Etat Kerry exhorte le président Kabila à ne pas briguer un troisième mandat

    Le secrétaire d’Etat Kerry exhorte le président Kabila à ne pas briguer un troisième mandat

    Le chef de la diplomatie américaine a annoncé que les Etats-Unis fourniront 30 millions de dollars pour des élections « transparentes et crédibles » en RDC.
    Les Etats-Unis se disent prêts à aider à financer les efforts de stabilisation et d’édification de la démocratie en République démocratique du Congo. Toutefois, Washington veut des assurances du président congolais, Joseph Kabila, qu’il quittera ses fonctions à l’expiration de son mandat actuel.

    Au cours des entretiens privés qu’il a eus, dimanche, à Kinshasa, avec le président Kabila, le secrétaire d’Etat américain John Kerry l’a exhorté à respecter la Constitution, qui lui interdit de briguer un troisième mandat en 2016. Il n’est pas clair si le président Kabila s’est engagé à ne pas se porter candidat.

    M. Kerry sur les berges du Congo, près de l'ambassade américaine à Kinshasa
    M. Kerry sur les berges du Congo, près de l'ambassade américaine à Kinshasa

    Le chef de la diplomatie américaine a annoncé que les Etats-Unis fourniront 30 millions de dollars pour des élections « transparentes et crédibles » en RDC.

    kabila-kerry-Il a félicité le gouvernement du président Kabila pour ses efforts dans la lutte contre les milices ethniques dans les provinces du Kivu, dans l’Est du pays.

    Les Etats-Unis continueront d’aider à améliorer les conditions de vie dans cette région, a assuré John Kerry.

    Le secrétaire d’Etat américain s’est rendu dimanche à l’hôpital Saint Joseph situé dans la commune de Limete à Kinshasa. Cette structure sanitaire reçoit l’appui de l’USAID pour traiter les femmes victimes de fistules. John Kerry a salué le travail mené par une activiste des droits de l’homme, Mme Julienne Lusenge.

    A son arrivé samedi à Kinshasa, le secrétaire d’Etat Kerry s’était réjoui de la libération des observateurs internationaux depuis plus d’une semaine par des séparatistes pro-russes dans l’Est de l’Ukraine.

    Avant la RDC, John Kerry était, vendredi, à Juba  où il a lancé un nouvel appel aux factions sud-soudanaises pour qu’elles fassent la paix. Il a exhorté le président sud-soudanais Salva Kiir et le chef rebelle Riek Machar à amorcer des négociations directes pour mettre un terme à la sanglante guerre qui embrase leur pays.

    Samedi, en Ethiopie, le chef de la diplomatie américaine s’est prononcé sur le sort de 267 collégiennes nigérianes enlevées par des individus armés le mois dernier, et qui sont toujours portées disparues. Les Etats-Unis soutiendront les efforts du Nigeria en vue de traduire en justice les auteurs de ce crime, a-t-il déclaré.

    John Kerry regagnera Washington lundi après un arrêt en Angola.

    Par VOA
  • ANGOUILLE SOUS ROCHE DANS LES REFOULEMENTS DES CONGOLAIS DE BRAZZAVILLE : LES SERVICES DE SECURITE CONGOLAIS DEVRAIENT OUVRIR LE BON ŒIL

    ANGOUILLE SOUS ROCHE DANS LES REFOULEMENTS DES CONGOLAIS DE BRAZZAVILLE : LES SERVICES DE SECURITE CONGOLAIS DEVRAIENT OUVRIR LE BON ŒIL

    refoules-Depuis le 4 avril 2014, il se réalise des expulsions des Congolais kinois de la République populaire du Congo dit Congo-Brazza. Si dans le lot de 154 premiers refoulés, se trouvaient des Kulunas qui ont fui loin de Kinshasa pour échapper à l’opération « Likofi I » par laquelle ils étaient traqués, tel n’est plus le cas d’autres vagues de refoulés qui déferlent sur Kinshasa par la suite. Outre que l’on stigmatise les cas de vols, viols, brimades et bien d’autres formes de barbaries contre les Congolais kinois, le grand nombre de refoulés qui s’élève aujourd’hui à plus de 3.000 depuis le début de l’opération intrigue. Toutes les catégories de Congolais sont concernées si bien que l’on ne parle plus de catégorie cible et cela donne matière à réflexion.

    Quelques considérations historiques

    Elles permettent de comprendre ce qui se passe et de se projeter sur ce qui pourrait advenir de ces refoulements.

    Déjà au lendemain de la révolution du 17 mai 1997, un reste de militaires des FAZ, Forces armées zaïroises, avait traversé le fleuve pour s’établir à Brazzaville. Des obus même étaient tirés sur Kinshasa depuis Brazzaville. Provocation à laquelle les FAC, Forces armées congolaises de l’époque, n’avait pas répondu.

    Plus tard, des FAZ ont aidé Sassou Ngwesu à reprendre le pouvoir par la force au CongoBrazza. C’est donc dire que Congo Brazzaville est le refuge de bien d’éléments ex-Faz dont le rapatriement a eu à poser problèmes il y a quelques années. Un certain nombre d’entre eux sont rentrés au pays alors que d’autres ont préféré élire domicile au Congo-Brazza.

    Honoré Nbganda et Faustin Munene ont eu aussi pour repaire le Congo-Brazza d’où ils provoquaient le pouvoir kinois. Même si le gouvernement congolais s’était plaint pour que Faustin Munene lui soit livré et que le calme s’était établi par la suite, tout est possible. Et Faustin Munene n’avait jamais été livré à la RDC.

    Les éléments INYELE qui, lors de la première mandature de Kabila, voulaient s’emparer de la province de l’équateur seraient venus aussi du Congo-Brazza.

    Il y a peu, le rapprochement entre Kigali et Brazza s’est réalisé à merveille si bien que même une ligne aérienne a été inaugurée le 6 mai 2013 entre Kigali et Brazza. Pourtant, Kigali est connu pour être grand artisan de la déstabilisation manu militari de la RDC.

    La sonnette d’alarme

    Tenant compte de ces antécédents, les analystes sonnent l’alarme. Pour eux, un problème sécuritaire pourrait, au lendemain de ces expulsions, survenir en RDC. Des fractions réactionnaires des Congolais de la diaspora et bien d’autres sensibilités politiques ont toujours conseillé la rébellion armée pour déchoir Kabila. Incapable de réussir à l’est de la RDC, Kigali peut aussi choisir d’opérer à partir de l’ouest comme il l’avait d’ailleurs déjà fait en août 1998 à partir de la province du Bas-Congo.

    Il est ainsi possible pour tous ces ennemis du pouvoir kinois d’infiltrer leurs militaires parmi les refoulés qui entrent en territoire kinois. Si les services de sécurité de la RDC peuvent bien se pencher sur ce cas pour qu’aucune mauvaise surprise n’arrive au pays. D’ailleurs, il faut renforcer les mesures sécuritaires comme le référendum pour la révision constitutionnelle qui se pointe à l’horizon et dont les opposants au régime ne sont pas d’accord, passant outre les principes démocratiques.

    La sagesse tirée de la comparaison peut aussi aider. La guerre a commencé avec des mouvements humains et depuis l’arrivée massive des hutus au Nord-Kivu, l’est de la RDC est entrée dans un long cycle des guerres et dans un guêpier durant lequel se sont réalisés les pillages des richesses de la RDC et le génocide congolais.

    Il convient ainsi donc de veiller pour que ces vagues des Congolais qui sont refoulés de Congo-Brazza ne fassent entrer des militaires qui vont déstabiliser la RDC par la suite. Il y a certainement anguille sous roche dans les refoulements des Congolais kinois du Congo-Brazza surtout quand ces refoulements s’étendent dans tout Congo-Brazza. C’est indubitablement un prétexte pour faire renter n’importe qui au Congo-Kinshasa si bien les services de sécurité de la RDC doivent ouvrir l’œil et le bon.

    MAPAMITIBA

  • La milice de Kyungu : trop, c’est trop !

    La milice de Kyungu : trop, c’est trop !

    Antoine KyunguTrois compatriotes ont trouvé la mort samedi 19 avril à Likasi, au Katanga, à la suite d’affrontements entre des éléments des FARDC et des miliciens de l’Unafec (Union des Fédéralistes du Congo),

    opposés à l’arrestation d’un des leurs, coupable des voies de fait sur un soldat. Ce drame semble assimilé à un banal fait divers. Pourtant, il traduit une situation grave, imputable à l’inaction des autorités provinciales et nationales face aux dérives d’une milice qui se comporte dans cette partie de la République comme en territoire conquis.

    Des témoignages concordants, dont celui de l’Ong Justicia, soulignent que des miliciens du parti de Kyungu font la loi dans plusieurs villes du Katanga, où ils disposent de leur propre « administration », de leur « police », de leurs « services de sécurité », de leurs amigos pour la garde des personnes arrêtées. Des détentions prolongées d’innocents sont signalées ça et là, dans une anarchie qui ne dit pas son nom.

     Kabukapwa : un fâcheux précédent

     Déjà à l’époque du Régime 1+4, la milice de l’Unafec s’était illustrée par la prise en otage du ministre Kabukapwa, alors titulaire du portefeuille des Affaires Foncières, parce que mécontente de sa présence au gouvernement, dans le quota de leur parti. Bloqué pendant des heures au Park Hôtel et en danger de mort, il avait dû être évacué précipitamment à Kinshasa après une intervention musclée de la police, écourtant du coup une mission qui devait le conduire dans plusieurs contrées du Katanga.

    Comme pour le cas des morts de Likasi, les auteurs du grave outrage fait à un membre du gouvernement n’avaient nullement été inquiétés.

    On rappelle qu’au début de la législature de 2006-2011, des députés provinciaux accusés d’avoir initiés une pétition contre le président de l’Assemblée provinciale du Katanga et président national de l’Unafec, Gabriel Kyungu, avaient été enfermés au siège de leur institution et sérieusement molestés par des miliciens de l’Unafec. Encore une fois, l’impunité était au rendez-vous, installant du coup un climat de terreur et d’impuissance parmi les élus du Katanga.

     Kyungu : fausse condamnation

     Chaque fois que des inciviques de l’Unafec posent des actes de violence sur des acteurs, politiques, des membres de l’armée et de la police nationale ou de paisibles citoyens, Gabriel Kyungu s’est toujours illustré par un discours endormeur. Il se contente de condamner, du bout des lèvres, la criminalité institutionnalisée au sein de son parti. L’homme fait non seulement croire que les marginaux qui entretiennent l’insécurité au Katanga n’appartiennent pas à sa formation politique mais en plus, promet de punir sévèrement et de chasser de ses rangs les brebis galeuses.

    Depuis des décennies, personne n’a jamais pris connaissance des résultats des enquêtes de l’Unafec sur les crimes de ses miliciens. D’aucuns se demandent si ce n’est pas ce leader lui-même qui incite ses sympathisants à créer des incidents pour faire peur à ses adversaires politiques ainsi qu’aux malheureux cadres de la territoriale, de l’armée et de la police, incapables de lever le petit doigt face au tout puissant président de l’Assemblée provinciale.

     Jusques à quand va-t-on tolérer les dérives de la Junafec ?

     Au regard des atteintes répétées à la sécurité intérieure dans lesquelles s’illustrent des miliciens de la Junafec (Jeunesse de l’Union Nationale des Fédéralistes du Congo) au Katanga, il s’avère impérieux que l’Etat de droit prenne le dessus sur la jungle. Les observateurs pensent que les autorités civiles et militaires, tant provinciales que nationales, devraient lancer des opérations d’éradication de toutes les milices de Gabriel Kuyngu et ne plus faire foi à ses fausses condamnations de leurs crimes.

    La puissance publique devrait prendre ses responsabilités pour délivrer le Katanga de l’emprise d’une « force négative » qui risque de se croire intouchable. Trop, c’est trop ! La milice de l’Unafec a assez tracassé, brutalisé, maltraité, blessé et tué des civils comme des militaires. Il est temps que les gouvernants démontrent à tous qu’ils ne cautionnent pas implicitement ses turpitudes.

    Kimp

  • Crise de nerfs à l’Opposition républicaine : Ultimatum de l’UDPS à Léon Kengo

    Crise de nerfs à l’Opposition républicaine : Ultimatum de l’UDPS à Léon Kengo

    Me- Honrable Serge Mayamba
    Me- Honrable Serge Mayamba

    -Les griefs se sont accumulés contre l’autorité morale, accusée de cafouillages cette fois-ci par ses alliés transfuges de Limete qui refusent d’être relegués au rang de simples spectateurs alors qu’ils constituent le plus important régiment des forces signataires de la charte de l’OR.

    Simples scènes de ménage ou turbulences avant le crash? Si le diagnostic est incertain, une chose est sûre : à l’Opposition Républicaine, l’incompréhension grandit entre l’Autorité morale et ses régiments. Après Lisanga, les élus UDPS haussent le ton. Ils chargent Kengo de peaufiner des stratégies en leur défaveur.

    Léon Kengo wa Dondo, autorité morale de l’Opposition Républicaine, regroupement politique partenaire de la Majorité présidentielle aux Concertations nationales annoncé aussi dans le prochain gouvernement de cohésion nationale, a de plus en plus du mal à tenir ses troupes. Déjà confronté à la fronde menée par Jean-Pierre Lisanga, propre modérateur de la plateforme mécontent de l’arrivée du RCD d’Azarias Ruberwa Manyiwa, Kengo doit cette fois-ci, faire face à la grogne relancée par ses alliés de l’UDPS, environ 20 députés conduits par l’intraitable Serge Mayamba, ancien mandataire de Tshisekedi à la présidentielle et député national élu de la Tshangu, à Kinshasa.

    L’autorité morale a déjà tenté d’imposer une communication à sens unique à ses partenaires au mois de février dernier quand, réunis autour de sa personne, des sociétaires se sont vus remettre les recommandations des Concertations nationales et le document contenant son ancien projet de campagne, en plus d’un message énervant du genre «Nous tiendrons compte de I ‘expérience en ce qui concerne le gouvernement de cohésion nationale»! Alors que dans une négociation ou un partenariat politique les protagonistes n’obéissent qu’à la logique du rapport des forces, la colonne de l’UDPS, la plus grosse écurie de l’OR, a vite soupçonné un coup fourré et mis ses troupes en alerte. Un message de mécontentement assorti d’une menace de se désolidariser de Kengo est transmis au sénateur Michel Bongongo, l’un des sherpas du patron de l’OR. Saisi, Kengo vacille. Il est obligé de mandater Bongongo pour prendre langue avec Mayamba et ses amis. La rencontre a lieu dans un Hôtel de Kinshasa. Chaleur! Le régiment UDPS, qui a su s’affranchir de l’emprise de Limete à l’issue des législatives nationales, recadre vertement le missi dominici. Ses ténors l’ont comprendre que l’UDPS, principale force de l’OR, a tout à perdre -crédit, prestige, virginité politique et côté populaire. Moralité : Kengo, leader de bureau, a tout à gagner non seulement en s’affichant avec eux mais aussi et surtout en se montrant correct vis-à-vis d’eux. Bongongo est rentré faire rapport au boss. Le lendemain, Kengo reçoit les Tshisekedistes. Redoutables, ils dévoilent leurs ambitions qu’AfricaNews n’a pas pu connaitre dans les détails. Kengo concède.

    Nouvel Ultimatum

    Les tourteraux ont regardé dans la même direction jusqu’au jour où les habitués des rencontres de l’OR sont surpris par l’intrusion de nouvelles figures. Notamment le bataillon de l’ADR de François Muamba, le RCD Ruberwa et son ami Moise Nyarugaho ainsi que de vieux dignitaires mobutistes qui ont toujours fait allégeance à Kengo. Si l’autorité morale a juré d’élargir son empire, ses alliés entrevoient la duplicité dans sa démarche. Soudain, les démons de suspicion et de division resurgissent. Jean-Pierre Lisanga Bonganga, le modérateur de l’OR, prend le premier la tête de la fronde en fustigeant ce ralliement. Simples scènes de ménage ou turbulences avant le crash? Si le diagnostic est incertain, une chose est sûre : à l’Opposition Républicaine, l’incompréhension grandit entre l’Autorité morale et ses régiments.
    Voici qu’une crise de nerfs s’installe. Voici qu’elle s’intensifie avec la grogne des élus UDPS. Approché, Serge Mayamba, celui qui passe pour le porte-voix du groupe, tente de jouer à l’apaisement. Le Tshisekediste s’est assagi. Il sait désormais allier combat politique et diplomatie. Son commentaire passe plutôt pour une mise en garde : «Nous nous réjouissons de l’adhésion à l‘OR de tous ceux qui ne nous prenaient pas au sérieux. Cette plateforme est te fruit de beaucoup de sacrifices. Nous avons bravé des menaces en allant aux Concertations nationales et nous affranchissant de l’emprise des nôtres et nous ne voudrons jamais que des manœuvres sordides viennent briser l’élan de cohésion nationale». Les élus UDPS refusent donc d’être réduits au rang de simples spectateurs. Ils ont le sentiment qu’il y a comme un décalage entre les désirs et la réalité. Entre les promesses et la tournure des événements.
    Voici qu’un ultimatum est relancé à Kengo. Le leader de l’OR a-t-il vraiment besoin de se saborder? Que non! Un petit effort dé renseignement lui suffit pour apprendre qu’avec le retour à Kinshasa de Félix Tshisekedi, plusieurs fondateurs du parti tshisekediste s’activent pour obtenir le rapprochement entre les dissidents intégrés à l’OR, ceux restés à l’Assemblée nationale et Pétunias. Une indication de taille: la poignée des mains, le mercredi 16 avril dernier, entre les frères ennemis Serge Mayamba et Samy Badibanga, brouillés depuis plusieurs mois. La réunification des branches rivales de l’UDPS serait fatale à Kengo et à la dynamique de cohésion nationale.
    AKM- AfricaNews

  • L’UDPS vers un directoire comme à la vieille époque

    L’UDPS vers un directoire comme à la vieille époque

    udps-Etienne Tshisekedi et son UDPS se trouvent placés à un tournant historique, ou périr  de sa belle mort sans rien faire selon la ligne actuelle ou donner un nouveau coup de barre avec une restructuration profonde pour revenir dans le

    processus électoral, tout au plus dans la vie démocratique active. Apparemment, Félix Tshisekedi en a pris conscience, revenu d’un long séjour de Bruxelles avec la mission d’écouter “toutes les sensibilités”, de la part des fédérations de l’UDPS en Europe.
    Félix et d’autres à l’interne qui partagent ensemble l’idée d’aller vers un directoire à la tête du parti comme à l’époque de l’historique quartuor composé de Frédéric Kibassa Maliba dit Le lion du Katanga, Marcel Lihau, Vincent Mbwakiem Nyaroliem et Etienne Tshisekedi wa Mulumba. A chacun, une aire géo- sociologique. Kibassa représentatif de l’Est à partir du Katanga, Tshisekedi au Centre chez ses frères de deux Kasaï, Lihau et Mbwakiem pour l’Ouest dont la province de l’Equateur d’une part et de l’autre le Bas-Congo et le Bandundu associés à la ville de Kinshasa.
    Aujourd’hui, il s’agit de reproduire la même configuration avec Félix pour compte du Centre, le Muhunde des collines verdoyantes du territoire de Masisi, dans la province du Nord-Kivu, Shabani représentant de l’Est, Moleka à la place de Lihau et Mavungu dans la posture de Mbwakiem. Les tenants de cette thèse la trouvent îdoine en ce que le directoire permet d’accorder les uns et les autres là où il est assez difficile de confier l’essentiel des pouvoirs à un seul individu dans un parti historique. Mettre, par exemple, Félix Tshisekedi au premier plan tout seul ne manquera pas de rencontrer  de résistance de la part des pionniers, toujours prompts à se prévaloir de la légitimité originelle. En tout état de cause, il faudra trouver un statut pour ces pionniers, une sorte de reconnaissance dans une instance morale à compétence consultative.
    Comme pour Tshisekedi lui-même qui n’a pas encore dit son dernier mot. Tous attendent qu’il le dise ce dernier mot d’autant que son charisme est tel qu’il n’y a rien qui puisse se faire sans lui à l’UDPS. Félix le sait très bien qu’il avoue, en privé, marcher sur les oeufs dans sa démarche dictée depuis l’Europe. Jusque là, il a rencontré les responsables de la Ligue des jeunes avec lesquels ils se sont accordés sur les fondamentaux. Il a discuté avec plusieurs personnalités de l’UDPS représentatives des “différentes sensibilités”. Il est prévu qu’il s’entretienne avec l’ancien secrétaire général Jacquemain Shabani, très actif au niveau de la base. Samy Badibanga aussi qu’il voit quand il veut en ami. “Le Groupe parlementaire UDPS est une réalité politique à prendre en compte”, ont conseillé des cadres de la diaspora udépessienne à Félix avant le voyage pour Kinshasa. Lorsque Félix aura tout bouclé, la suite consistera à organiser une sorte de forum à l’interne pour discuter des grandes orientations à prendre dans la perspective de 2016. Là encore, tout dépendra du dernier mot du gourou tant qu’il sera en vie. 
    Par Tshingombe
  • L’adhésion de Ruberwa divise l’opposition républicaine ; Grave conflit Kengo – Lisanga

    L’adhésion de Ruberwa divise l’opposition républicaine ; Grave conflit Kengo – Lisanga

    Azarias Ruberwa-Récemment aperçu aux réunions de la plate-forme, le président du RCD est devenu la pomme de discorde entre l’autorité morale et le modérateur de l’Opposition Républicaine.La guerre Kengo-Lisanga a commencé. Depuis le ralliement d’Azarias Ruberwa à l’Opposition Républicaine, Lisanga Bonganga y est allé fort contre son mentor accusé de tricherie. Une rare violence est décelée dans ses propos et commentaires qui ne laissent aucun doute sur sa détermination à désapprouver la démarche jugée cavalière de Kengo. Raison : les proches du contestataire évoquent «l’image négative de Ruberwa et de son RCD ainsi que leur rôle précurseur dans les sempiternelles rébellions, notamment le CNDP et le M23, qui ont coûté la vie à plus de 8 millions des RD-Congolais à l’Est du pays». C’est un désaveu, pas du tout déguisé, contre Kengo et l’ancien vice- président de la République.
     
    Jean-Pierre Lisanga Bonganga fait entendre une inattendue musique anti-Kengiste. Connu pour ne jamais avoir sa langue dans sa poche, le modérateur de l’Opposition Républicaine est coutumier du fait. Il sait bien rappeler ses gourous à l’ordre quand il n’est pas d’accord avec toute velléité anarchique. Le chairman Jean-Pierre Bemba l’a appris à ses dépens en 2007, à la veille de l’élection du gouverneur de l’Equateur quand, après avoir enfermé tous les députés MLC à Iyonda, à 20 km de Mbandaka, pour accroitre les chances du candidat José Makila Sumanda, Lisanga, alors son allié dans l’Union pour la Nation -UN-, est allé le défier, lui demandant de laisser Bolenge, son chouchou à lui, adresser son message de campagne aux élus.
    Cette fois-ci, c’est Léon Kengo wa Dondo, chef et autorité morale de l‘Opposition Républicaine, la plate-forme qui entend dealer avec Kabila dans le prochain gouvernement de cohésion nationale, qui est appelé à «refaire» ses preuves. Lisanga lui conteste désormais son autorité depuis qu’il a organisé le rapprochement avec l’ADR de François Muamba et le RCD d’Azarias Ruberwa.
    Alors qu’il se montre tendre vis-à-vis de Muamba, cinq députés à la chambre basse du Parlement -la plus grosse prise opérée par son regroupement politique-. Lisanga est farouchement opposé à l’adhésion de Ruberwa. Il a fait part de cette désapprobation a Kengo, ont rapporté des sources à AfricaNews. Selon ses proches, l’enfant terrible caressera l’idée d’aller au clash tant que Kengo continuerait de protéger les intérêts de Ruberwa.
     
    Un has been!
     
    Un grave conflit. Une volonté ferme d’en découdre, qui tire son origine fondement dans le passé peu élogieux de Ruberwa et du RCD. Ces mêmes proches évoquent «l’image négative de Ruberwa et de son RCD ainsi que leur rôle précurseur dans les sempiternelles rébellions, notamment le CNDP et le M23, qui ont coûté la vie à plus de 8 millions des RDCongolais à l’Est du pays». Des phrases assassines, ciselées pour asséner le coup fatal. Un désaveu, pas du tout déguisé, contre Kengo et son nouveau protégé.
    La deuxième raison qui sous-tend la déclaration de guerre faite par Lisanga: le poids politique quasi nul de Ruben, resté à la tête d’un parti qui s’est vidé de presque tous ses anciens cadres en plus d’avoir perdu tous ses quinze sièges à l’Assemblée nationale. Politiquement, Ruberwa est un bas been! Pas exagéré! Et le RCD, une coquille vide, que seul le sénateur Moïse Nyarugabo s’efforce de remplir.
    La troisième cause de la résistance de Lisanga, à en croire toujours son entourage : les indiscrétions selon lesquelles, Ruberwa, la nouvelle recrue considérée comme un ouvrier de la onzième heure, donc à qui on donnerait une récompense injuste, aurait les ambitions de devenir Premier ministre du gouvernement de cohésion nationale ! Touche pas à mes lauriers, semble dire Lisanga! Le projet de Ruberwa de succéder à Matata Ponyo aurait reçu l’appui de Londres, précieux partenaire de Kigali. Mais Luanda, puissance régionale militaire sociologiquement et stratégiquement proche de Kinshasa, aurait totalement rejeté l’idée.
    Certains analystes estiment, pour leur part, que faute d’avoir avec lui l’UNC de Kamerhe et l’ECIDE de Fayulu, le subtile Kengo veut utiliser le passé guerrier de Ruberwa pour en faire un élément de dissuasion. L’analyse tient aussi la route.
    AKM

  • Le PPRD se prononce pour un nouveau mandat de Kabila

    Le PPRD se prononce pour un nouveau mandat de Kabila

    Kabila prete serment-En RDC, le congrès du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) a pris fin à Mbandaka. Le parti présidentiel s’est prononcé en faveur des réformes constitutionnelles, celles qui devront permettre au président Joseph Kabila de conserver le pouvoir après 2016.

    Le Congrès du PPRD s’est prononcé pour la conservation du pouvoir après 2016, donc après le deuxième et dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila.

    Des stratégies ont été mises au point par des officines. Selon des témoignages recueillis par RFI, ces stratégies reposent sur des réformes constitutionnelles bien ciblées. Et pour obtenir une mobilisation autour de cette démarche, le parti présidentiel annonce qu’il fera de la RDC un pays émergent d’ici 2030.

     → A (RE)LIRE : Election en RDC: Kabila veut-il contourner le verrou constitutionnel ?

    Reste cependant aux députés et sénateurs de la majorité de jouer leur partition, tout au long de l’actuelle session parlementaire qui prendra fin le 15 juin. Il n’est pas évident que tout le monde se mette au pas. La grogne observée actuellement dans les rangs du PPRD ne présage rien de bon. Certains cadres de ce parti sont manifestement en désaccord avec les méthodes de la direction.

    Ces cadres déclarent défendre les valeurs démocratiques, et le désordre qui a caractérisé la fin des travaux du congrès n’est pas pour arranger les choses. Plus d’une trentaine de députés et sénateurs ont été abandonnés à Mbandaka, ils risquent de ne pas être présents aux travaux parlementaires de ce lundi.

    rfi

  • Malumalu inattaquable confirme  l’Assemblée Nationale confirme ,après une plénière à huis clos

    Malumalu inattaquable confirme l’Assemblée Nationale confirme ,après une plénière à huis clos

    Les Parlemenataires Congolais en plein debat pour adoption
    Les Parlemenataires Congolais en plein debat pour adoption

    -Contrairement aux attentes de nombreux députés nationaux et du public, il n’y aura jamais de face-à-face entre Malumalu et Okundji ou un autre membre de l’Assemblée Nationale.

     
    Réunis hier lundi 31 mars 2014 dans la salle des Congrès du Palais du Peuple dans une plénière frappée du huis, les élus du peuple ont rejeté l’initiative de leur collègue Emery Okundji visant l’interpellation du président de la Commission Electorale Nationale Indépendante.
     
    Ils ont évoqué, à cet effet, l’absence des dispositions constitutionnelles ou réglementaires permettant à l’Assemblée Nationale de contrôler la CENI, une institution indépendante d’appui à la démocratie. Il a notamment été relevé, au cours du débat d’hier, que l’interpellation suppose une sanction, dans l’hypothèse où les réponses attendues de l’interpellé ne seraient pas convaincantes. Or, pour le cas d’espèce, l’Assemblée nationale n’est pas compétente pour sanctionner le président du Bureau de la CENI. Par conséquent, toute démarche allant dans le sens de son interpellation est inopportune. Voilà pourquoi la plénière a estimé que Malumalu était inattaquable au niveau de la Représentation nationale.
     
    A la rigueur, si l’Assemblée Nationale pense que la gestion administrative et financière de la CENI poserait problème, elle devrait s’adresser à la Cour des Comptes.
     
    On rappelle que selon le texte leur distribué depuis le milieu de la semaine dernière, les députés nationaux devaient se prononcer sur l’opportunité d’entendre ou non l’intéressé au sujet de l’état du fichier électoral audit du Serveur central, localisation du Serveur de Sauvegarde, gestion des doublons, cartographie des bureaux de vote, etc.
     
    Dans sa démarche, Emery Okundji voulait savoir si le fichier électoral actuel pouvait garantir la transparence des élections transparentes et crédibles, de manière à éviter ne pas retomber dans les erreurs de 2006 et 2011.
     
    Bloqué par la plénière, il n’a pas digéré le rejet de son initiative. S’appuyant sur un cas de jurisprudence, il a rappelé qu’en son temps, le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, alors président de la CENI, avait été interpellé par la même Assemblée Nationale, afin de s’expliquer sur sa gestion administrative et financière. Pourquoi avait-on accepté de marcher sur les prescrits de la Constitution ? A son avis, le refus de la plénière d’auditionner l’abbé Malumalu au sujet du fichier électoral peut ouvrir la voie à des dérapages incontrôlables dans le déroulement du processus électoral 2013-2014.
     
    Emery Okundji a déploré le gaspillage, par la plénière de l’Assemblée Nationale, d’une occasion toute faite de permettre au peuple congolais et à la classe politique d’avoir un éclairage suffisant sur la tenue du fichier électoral.
     
    Eric Wemba, Le Phare