Tag: Politique

  • Manifestation contre la révision de la Constitution le 13 septembre

    Manifestation contre la révision de la Constitution le 13 septembre

    Manifestants de l'UDPS
    Manifestants de l’UDPS

    Les principaux partis d’opposition appelle les Congolais à s’opposer au projet de révision constitutionnelle à l’occasion d’une marche de protestation à Kinshasa.

    L’opposition congolaise tente de maintenir la pression sur le régime du président de République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila. Une trentaine de personnalités de l’opposition a lancé jeudi 4 septembre un nouvel appel à manifester  contre la possible révision de la Constitution qui permettrait au président congolais de se maintenir au pouvoir. Réunis dans la paroisse Notre Dame de Fatima de Kinshasa,  des représentants de l’UDPS d’Etienne Tshisekedi, de l’UNC de Vital Kamerhe, de l’Ecidé de Martin Fayulu, mais aussi du MPCR et de l’UDEMO, ont appelé à une marche de protestation le 13 septembre 2014 à Kinshasa.

    Contre « une présidence à vie »

    Selon cette plateforme de l’opposition, toute modification de la Constitution constituerait « un coup d’Etat » ouvrant la voie à « une présidence à vie » de Joseph Kabila. Ces opposants dénoncent également « les arrestations arbitraires des opposants et des journalistes », ainsi que « la fermeture des journaux et le musèlement de la presse ». Le 4 août dernier, l’opposition avait déjà appelé les Congolais à descendre dans la rue. La manifestation s’était déroulée dans le calme, mais le lendemain, le secrétaire général de l’UNC, troisième force politique congolaise, était arrêté pour ses propos tenus lors du rassemblement à l’encontre de Joseph Kabila. Dans son discours, Jean-Bernard Ewanga avait notamment demandé le départ du président congolais.

    Nouvelle Constitution ?

    Avec ce nouvel appel à manifester, l’opposition entend faire entendre sa voix sur la possibilité d’une modification constitutionnelle. Les derniers scénarios en date, font état de la volonté de la majorité présidentielle de réécrire une nouvelle Constitution, qui changerait les règles du jeu avant l’élection présidentielle de 2016. Cela  permettrait ainsi à Joseph Kabila de « remettre les compteurs à zéro » et de pouvoir briguer un troisième mandat, ce que lui interdit l’actuelle Constitution (voir notre article). La majorité présidentielle préparerait un référendum pour faire valider le nouveau texte et un nouveau gouvernement dit de « cohésion nationale » serait prochainement annoncé (à la mi-septembre) avec des membres de l’opposition, pour élargir la base électorale du président. Pour l’opposition congolaise, il semble donc urgent de se mobiliser.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • Quatrième République : quelle Constituante pour quel régime ?

    Quatrième République : quelle Constituante pour quel régime ?

    Congodemocratique_drapeau-flottant1-Le projet d’une nouvelle constitution censée inaugurer l’ère de la 4e République est au centre de chaudes empoignades. Si la Majorité en a fait désormais sa priorité, elle aura cependant du mal à concrétiser son projet.

    Des impératifs d’ordre structurel risquent de se dresser sur son chemin, notamment la légitimité de ceux qui sont censés l’endosser, de même que le système politique à mettre en place. La révision de la constitution, projet porté haut la main par la Majorité présidentielle (MP) pour mieux négocier le virage de 2016, a changé de forme. Depuis la rencontre lundi 25 août 2014 à Kingakati du bureau politique de la Majorité, ce projet ne se décline plus au simple changement de quelques articles de la Constitution de 2006. Il s‟étend désormais, selon les indiscrétions qui ont fuité de cette rencontre, à l‟ensemble de la Constitution. Bref, l‟on serait parti pour une nouvelle loi des lois.

    Quid de Kingakati ?

    Il en est sorti des principes de base sur lesquels la MP a juré de concentrer toute son énergie pour faire triompher ses idéaux. Selon ses stratèges, tout devrait partir de la rédaction d‟une nouvelle Constitution, totalement différente de celle aussi bien adoptée en 2006 que de la version révisée en 2011. Le nouveau texte, que l‟on pourrait proposer au référendum populaire le moment venu, serait censé inaugurer la quatrième République. Voilà la grande résolution qui a sanctionné la rencontre de Kingakati le lundi 25 août 2014. Cependant, le bureau politique de la MP a-t-il mesuré la portée exacte de son option ? A-t-il pris en compte toutes les difficultés matérielles qui pourraient se dresser sur le chemin menant vers la réalisation de son projet ? Difficile de répondre par l‟affirmative.

    Le MSR (Mouvement social pour le renouveau), deuxième force politique de la Majorité, le lui avait pourtant rappelé dans sa déclaration du 12 août 2014. Cela en exigeant un débat interne « franc et responsable » autour de grandes questions qui engagent directement la Majorité. La démarche du MSR visait à amener la MP à mieux mûrir ses ambitions avant de les annoncer sous le coup de l‟émotion. La voix du MSR n‟a pas été entendue. Pire, le parti de Pierre Lumbi a été mis en minorité, sinon marginalisé. Hantée par sa dénomination, la MP a fait fi de cette suggestion. Elle a préféré se retrancher derrière l‟argument selon lequel son option mettrait fin au sempiternel débat sur les articles verrouillés de la Constitution de 2006, notamment l‟article 220 qui limite le mandat du président de la République.

    Les obstacles à franchir

    Si le principe a été adopté, les tenants de cette thèse n‟ont pas cependant intégré dans leur schéma la procédure à mettre en oeuvre pour y arriver. Le premier obstacle est la constitution de l‟équipe de rédaction de la nouvelle Constitution devant ouvrir la voie à la 4ème République. Serait-ce l‟actuelle Assemblée nationale ? Nul ne le sait pour l‟instant. Dans tous les cas, cette hypothèse paraît moins probable. Pour plusieurs raisons d‟ailleurs.

    L‟actuelle Assemblée nationale est issue des législatives de 2011 qui ont été entachées d‟irrégularités au point que la Majorité et l‟Opposition se sont mis d‟accord pour le départ du bureau de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) dirigée alors par le pasteur Daniel Ngoy Mulunda. De ce point de vue, confier à une institution constituée dans des termes douteux la tâche de rédiger une Constitution est une gageure.

    Les rapports des observateurs des élections relèvent le fait que la plupart des députés nationaux siégeant à la Chambre basse du Parlement, seraient élus dans des conditions peu régulières. Comment dès lors pourrait-on leur faire confiance ? C‟est un os, pas facile à croquer. Contourner cette difficulté passerait par la dissolution de l‟actuelle Assemblée nationale, et en corollaire, la mise en place par des voies démocratiques d‟une Constituante qui aura alors pour principale mission (avec une date limite préalablement définie) la rédaction de cette nouvelle Constitution de la quatrième République. Sur le papier, la procédure paraît facile. Mais la voie est parsemée de nombreux dos d‟âne et autres nids de poule. A moins de recourir à des subterfuges tenant de l‟abracadabra.

    Quelle Constituante ?

    Tout d‟abord, le problème va se poser au niveau de la procédure de constitution de cette Constituante, totalement démarquée de l‟actuelle Assemblée nationale. Or pareille institution ne peut pas évoluer concurremment avec l‟actuelle Chambre basse du Parlement. Bien plus, pour sa crédibilité, cette Constituante devait être composée de membres non cooptés mais plutôt directement choisis par le peuple.

    Vu sous cet angle, la Constituante revient de droit à de vrais élus du peuple. Lesquels seront pourvus non seulement du pouvoir d‟agir en toute légitimité mais encore de la vocation principale de rédiger ladite Constitution. En d‟autres termes, ceux-ci doivent exercer un mandat leur confié expressément par le souverain primaire. Ce que d‟autres acteurs politiques ont interprété comme un retour à la logique de l‟acte fondateur de l‟Etat congolais violenté déjà en 1960.

    Des difficultés d‟ordre matériel risquent de compliquer davantage la procédure. Et, même si les membres de la Constituante devaient être élus, ils ne pourront avoir qu‟un mandat strictement limité à la rédaction de cette Constitution. Si bien qu‟aussitôt les conclusions de la Constituante rendues publiques, le référendum pourrait aisément être organisé en vue de l‟adoption régulière de la Constitution par le peuple. Ils seraient donc des élus pour une transition.

    Dès lors, pour revenir à la légalité violentée et opérer une réconciliation avec les pères fondateurs et l‟histoire, la Constituante mise en place aura le loisir de faire une rédaction conforme et offrir au peuple la commande qu‟il aura préalablement passée. D‟étape en étape, la procédure exigera la mise en place, par voie d‟élections, des membres des institutions prévues dans la nouvelle Constitution. Sans compter les moyens matériels et financiers y afférents, il ne sera pas évident qu‟on boucle la procédure en moins de trois ans. Conséquence, la RDC court le risque de se replonger dans un vide juridique qui rappelle la tristement célèbre époque des années 1990 qui s‟est distinguée par sa cohorte de gouvernements de transition.

    Quel régime politique ?

    L‟autre difficulté, qui pourrait se dresser sur le chemin de la Majorité, est le régime politique qui devra régenter la 4ème République. En interrogeant l‟histoire, il ressort que depuis son indépendance en 1960, la RDC a expérimenté plusieurs régimes politiques qui ne lui ont pas porté bonheur. La Constitution de 2006 a donné lieu à un régime semi-présidentiel, avec notamment un président de la République, élu au suffrage universel direct, et un gouvernement responsable devant le Parlement.

     Glissement dictatorial

    Selon les informations glanées ça et là, la Majorité voit dans son projet de Constitution pour la 4ème République, un régime fortement présidentiel, avec un président de la République, assisté d‟un vice-président. Le président, élu pour un mandat de 7 ans, est chef d‟un gouvernement qui répond directement devant lui. De là à voir dans la démarche de la MP un glissement vers un régime totalitaire, il n‟y a qu‟un pas, vite franchi. Le projet plante déjà le décor d‟une dictature. Et vive le retour au régime de Mobutu.

    La RDC a-t-elle besoin, après toutes ces années de crise, d‟un saut dans le vide ? Le projet d‟une nouvelle Constitution est suicidaire autant pour le pays que pour ses initiateurs. Dans la mesure où ce projet ne résout aucun problème. Bien au contraire, il en créera bien d‟autres, avec le grand inconvénient de ramener la RDC aux années troubles de la Conférence nationale souveraine. La RDC ne mérite pas pareil sort. Après avoir accouché dans la douleur la plus atroce sa démocratie par l‟organisation de deux cycles d‟élections, aucune raison ne peut justifier la rupture de cet élan. Au contraire, il faut le renforcer !

    Le projet en gestation risque de plonger le pays dans un trou d‟où il ne pourrait pas sortir. Depuis 1960, l‟histoire constitutionnelle de la RDC est jalonnée de plusieurs expériences Ŕ malheureuses pour la plupart. Seule une démarche clairement définie, conforme aux aspirations profondes du peuple congolais de retrouver la légalité perdue, peut apaiser tout le monde. Mais aussi mettre un terme à la série des coups d‟Etat.

    Encadré: Histoire abrégée de la Constitution en RDC

    À la suite de l’indépendance en 1960, la RDC est passée par une période de quatre ans de flou constitutionnel avant d‟obtenir une Constitution définitive en 1964. La Constitution du 1er août 1964, dite « Constitution de Luluabourg », définit un État fédéral au régime parlementaire, le multipartisme et un Parlement à deux chambres. Elle fut rédigée par une commission présidée par Joseph Ileo. Cette commission constitutionnelle était composée de Marcel Lihau comme secrétaire général, et plusieurs jeunes universitaires, notamment, Étienne Tshisekedi, Barthélemy Dipumba, Albert Mpase, Paul Muhona et Henri Takizala. La Constitution du 24 juin 1967 ou Constitution de la deuxième République, dite « Constitution révolutionnaire », définit un État unitaire au régime présidentiel, prévoit au moins deux partis politiques et un parlement monocaméral, c’est-à-dire une seule Assemblée nationale. Elle fut élaborée par Marcel Lihau. Dans les faits, il n’y eut qu‟un parti unique. Cette Constitution a posé les fondements d‟une dictature qui aura duré 32 ans. Cette Constitution a connu plusieurs retouches, généralement au gré de feu le président Mobutu (révisée le 17 avril 1970, révisée le 15 aout 1974, révisée le 15 février 1978, révisée le 19 février 1980, révisée le 15 novembre 1980, révisée le 31 décembre 1982 et amendée en avril 1990). Avec le vent de la démocratie, l‟Acte constitutionnel de la transition d’avril 1994, dit « Constitution de la transition », a été rédigé par la Conférence nationale souveraine en avril 1992, pour permettre une transition démocratique. Celle-ci a été abrogée par Laurent-Désiré Kabila, lors de la prise de pouvoir de ses forces rebelles de l’AFDL, le 17 mai 1997. Depuis 1997, et jusqu’à la conclusion du dialogue inter congolais à Sun City (Afrique du Sud), la RDC a connu les textes constitutionnels qui suivent : – Décret-loi de mai 1997, par Laurent-Désiré Kabila – Acte constitutionnel de la transition de novembre 1998 – Constitution de transition d’avril 2003, issu de l‟Accord global et inclusif de Sun City. – Constitution

    Le Potentiel

  • La Majorité à Kingakati: vers la 4ème République

    La Majorité à Kingakati: vers la 4ème République

    Une des affiches de Joseph Kabila pendant la campagne électorale dans le centre de Kinshasa
    Une des affiches de Joseph Kabila pendant la campagne électorale dans le centre de Kinshasa

    -Les têtes couronnées de la Majorité présidentielle (MP) se sont retrouvées, hier lundi dans la cité de Kingakati, autour de leur chef, Joseph Kabila Kabange. La rencontre était cruciale. Car, elle faisait suite au coup de gueule du Mouvement social pour le renouveau (MSR) dans la déclaration du 12 août 2014. Au terme des échanges, le bureau politique de la MP a reçu de nouvelles orientations qui se résument en deux mots : cohérence et cohésion. Mais, par-dessus tout, la Majorité a annoncé les couleurs. En interne, elle travaille sur un projet de Constitution censé, selon elle, ouvrir la voie à la 4ème République. La Majorité assume son choix. A Kingakati, elle s’est donné les moyens pour le réaliser.

    L’appel du 12 août du Mouvement social pour le renouveau (MSR) par lequel il réclamait un « débat interne franc » au sein de la Majorité présidentielle sur l’épineuse question de la révision de la Constitution a eu des échos favorables auprès de Joseph Kabila, autorité morale de la MP. Annoncée bien avant par Aubin Minaku, secrétaire général de la MP, au terme d’un entretien avec le bureau politique du MSR, la Majorité s’est retranchée hier lundi dans un mini-conclave autour de son chef, Joseph Kabila.

    Et, comme dans des circonstances antérieures, c’est à Kingakati, cette cité isolée de la périphérie Est de la ville de Kinshasa, que le bureau politique de la MP s’est donné rendez-vous autour de son autorité morale. Tous les bonzes de la MP ont répondu présents à la rencontre – chefs des partis et personnalités indépendantes.

    Comme les cardinaux qui se retirent dans la chapelle Sixtine pour décider du sort de l’Eglise catholique romaine, c’est à Kingakati, ce lieu mythique de la Majorité, que la MP a adopté la nouvelle ligne à suivre. Le lundi 25 août 2014, la tradition a été respectée.

    A Kingakati, l’autorité morale de la MP a battu le rappel des troupes pour non seulement satisfaire au désiderata du MSR, deuxième force politique de la Majorité, mais surtout ramener de l’ordre dans la famille en vue de se lancer en rangs serrés dans la bataille. La bataille promet d’être rude et âpre. Une chose est vraie : la Majorité tient à son projet de révision de la Constitution. Et rien ne devait l’empêcher de le concrétiser.

    A Kingakati, au-delà de l’appel à la cohérence et la cohésion lancé par Kabila, la Majorité a clairement dévoilé ses choix. Il s’agit de l’émergence d’une nouvelle République, totalement démarquée de celle qui s’est créée avec la dynamique du dialogue inter congolais de Sun City en Afrique du Sud. Exit donc, la Constitution du 18 février 2006, à en croire les personnalités ayant participé à cette grand-messe.

    Quant à la révision de la Constitution, la Majorité n’en fait plus mystère. En cette matière, la Majorité a d’ores et déjà annoncé les couleurs. Elle a ouvertement révélé ses intentions d’amener le peuple à adhérer à la logique d’une nouvelle Constitution qui, selon elle, corrige les erreurs et les irrégularités contenues dans celle adoptée par référendum en 2006. La pilule est certes amère, mais la Majorité n’est pas prête à baisser prise. Mais, c’est sans compter avec les dissensions internes qui minent les rangs. La déclaration du 12 août 2014 du MSR rentre dans ce cadre. Et la sincérité des acquiescements quasi-unanimes est sujette à réflexion.

    Le flou persiste

    De l’avis de Lambert Mende, membre du bureau politique de la MP, présent à la réunion de Kingakati, l’autorité morale de la Majorité a appelé les membres de sa famille politique à la cohérence et à plus de cohésion.

    Ancré dans la réalisation du programme qui le lie avec le peuple congolais depuis sa réélection en 2011, Joseph Kabila a invité la Majorité à privilégier les intérêts nationaux. Il a dès lors dicté une nouvelle ligne de conduite. Pour Joseph Kabila, l’urgence est de se concentrer sur le contrat qui le lie encore au peuple. Il s’est dès lors abstenu, à en croire Mende, de parler de 2016. De même, il attend voir les membres de la Majorité évoluer dans cet état d’esprit.

    Dans tous les cas, Joseph Kabila, toujours selon Lambert Mende, s’est dit confiant en la capacité de la Majorité à relever les défis qu’elle s’est fixés depuis 2011. Pour Joseph Kabila, la Majorité devait, de toute urgence, resserrer davantage ses rangs pour la réalisation de son projet de société, le seul, rapporte Mende, citant Joseph Kabila, qui soit le mieux structuré.

    Il y a cependant un autre son de cloche. Mais, sur la question de la révision-changement de la Constitution, la Majorité n’est pas disposée à transiger. De ce point de vue, il faut dire que la Majorité a totalement bifurqué. Elle s’est inscrite sur un schéma dont les méandres ne sont maîtrisés que par elle seule.

    A Kingakati, au-delà de l’appel à la cohérence et à la cohésion, la Majorité assume désormais publiquement sa ligne. Les préoccupations et interrogations ainsi que les inquiétudes exprimées par MSR ne pèsent pas suffisamment sur la balance au point de retarder cette nouvelle orientation. A la Majorité, c’est le quitte ou double.

    Pourtant à Kingakati, le MSR a tenté tant bien que mal de se défendre. Il a appelé en vain la Majorité à la raison. Par respect, se dit-il, à la charte qui crée et organise la Majorité présidentielle. Sa voix n’a pas été entendue, noyée dans les sons discordants distillés par l’aile dure de la Majorité.

    Un nouveau gouvernement avant le 15 septembre

    Le schéma pour y arriver a été sérieusement tracé à Kingakati. Il passe par plusieurs scenarii. La procédure en étude au niveau de la Majorité prévoit un dialogue destiné à aplanir les divergences pour mieux préparer le terrain à la proposition d’une nouvelle Constitution ; celle de la 4ème République. Le dialogue devait être ouvert à toutes les forces vives de la nation. Il s’inspirera des ratés de dernières concertations nationales. Le but ultime est de fédérer davantage les énergies autour de l’action d’un gouvernement de large union nationale. Une chose est sûre, il pourrait sortir de la voie et le format tracés par les concertations nationales. C’est ce nouveau gouvernement qui se chargera alors de proposer par voie référendaire la Constitution de la 4ème République. Ainsi en a décidé la Majorité.

    A Kingakati, des rôles ont été distribués. Le MSR, réticent au regard de sa déclaration de 12 août 2014, est totalement isolé. La Majorité ne reculera devant aucun obstacle, s’est-on dit à Kingakati. Selon certaines indiscrétions, Joseph Kabila a promis un gouvernement avant le 15 septembre 2014. C’est ce gouvernement, placé vraisemblablement sous la direction de Matata, qui aura la tâche de réaliser le schéma tracé à Kingakati.

    Quel est donc ce coup qui se prépare au sein de la Majorité ? La question taraude les esprits. Difficile de se hasarder cependant sur ce terrain, dont seule la Majorité maîtrise les contours. Toujours est-il que la Majorité se fixe une ligne à suivre. Elle va bien au-delà du débat de la révision de quelques articles de la Constitution. En réalité, ce débat dépasse ce cadre étriqué.

    Depuis hier lundi 25 août, on sait désormais ce qui se trame au sein de la Majorité. Tout le discours est centré sur un seul et unique idéal : une nouvelle Constitution qui inaugure la 4ème République. Ce schéma n’inclut pas la révision de l’actuelle Constitution. Il est diamétralement opposé à ce schéma. Il s’agit d’une nouvelle Constitution, d’une Constitution neuve, prélude d’une 4ème République où tous les compteurs sont remis à zéro – en ce compris le mandat du président de la République. Voilà la principale conclusion de la Majorité à Kingakati.

    La cohérence et la cohésion dont il a été question hier lundi à Kingakati s’inscrivent donc dans cette nouvelle ligne offensive voulue par la MP. Tout comme le MSR, quiconque se hasarderait de se mettre au travers de ce projet au sein de la Majorité, ne risque-t-il pas de se mettre en quarantaine ? La quatrième République s’annonce donc avec son lot d’espoir que vend la Majorité, mais aussi d’inquiétude sur un éventuel saut dans le vide, avec ce que cela comporte d’inconnue et de surprises agréables et désagréables.

    Le Potentiel Online
  • un opposant arrêté en plein débat sur une révision de la Constitution

    un opposant arrêté en plein débat sur une révision de la Constitution

    EKANGA UNC-Un responsable de l’opposition a été arrêté mardi en République démocratique du Congo (RDC) au lendemain d’une manifestation organisée contre toute révision de la Constitution qui permettrait au président Joseph Kabila de rester au pouvoir après 2016.

    Le député Jean-Bertrand Ewanga, secrétaire général de l’Union pour la nation congolaise (UNC), troisième parti d’opposition, était l’un des principaux orateurs lors du rassemblement de lundi à Kinshasa contre ce projet prêté par ses détracteurs au camp du président Kabila, au pouvoir depuis 2001.

    En début d’après-midi, le parlementaire a été transféré à la Cour suprême de justice après avoir été “arrêté ce matin très tôt à son domicile à Kinshasa suite au meeting” de lundi, a annoncé sur son compte Twitter Lydie Omanga, chargée de communication de Vital Kamerhe, le président de l’UNC.

    Interrogé par l’AFP, le député et avocat Jean-Baudouin Mayo a dénoncé une manoeuvre pour “chercher à affaiblir l’opposition, affaiblir l’UNC et son président” Vital Kamerhe, ancien proche collaborateur de M. Kabila devenu l’une des principales figures de l’opposition.

    Selon des proches du député, “des agents de l’ANR”, l’Agence nationale de renseignement, et de la “police” se sont “introduits chez lui à 06H00 (05H00 GMT) munis d’un mandat d’amener délivré par le procureur au motif d’incitation à la haine”, a indiqué l’UNC.

    Selon un des avocats du député, Berger Tsasa, M. Ewanga est accusé d’”outrage au chef de l’Etat et incitation à la haine tribale”.

    Mardi matin, le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, a déclaré à des journalistes que “tous les discours ont été analysés” et que celui du député Ewanga avait une “dose particulière” d’hostilité. Selon lui, il a “abusé de sa liberté d’expression” et “est allé un peu loin”.

    – ‘Indignation’ –

    Selon Lydie Omanga, de l’UNC, l’arrestation de l’opposant est “illégale” et “arbitraire” car “l’Assemblée, en congé, ne siège pas” et ne peut donc “pas lever son immunité”.

    L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le premier parti d’opposition, a de son côté exprimé son “indignation” et appelé à sa “libération immédiate”.

    Dans l’après-midi, un groupe d’opposants a exigé la libération “sans conditions” du député “dans les 24 heures”, faute de quoi, les signataires et leurs militants “se constitueront prisonniers”.

    Des milliers de personnes avaient manifesté lundi sur la place Sainte-Thérèse, dans l’est de la capitale, à l’appel d’une dizaine de partis de l’opposition et d’organisations de la société civile.

    Les manifestants ont dénoncé toute modification de la Constitution qui permettrait au président Kabila de briguer un troisième mandat.

    “Nous disons +non+ à la modification de la Constitution”, avait déclaré le député Ewanga, appelant le chef de l’Etat à “partir” en 2016, à la fin de son deuxième mandat.

    Bruno Mavungu, secrétaire général de l’UDPS, avait pour sa part affirmé qu’il n’était “pas question d’attendre 2016”. “Son départ, c’est maintenant”, avait-il lancé à propos du chef de l’Etat.

    Des opposants ont aussi exhumé une ancienne revendication: que M. Kabila soit remplacé par M. Tshisekedi, qui s’était proclamé “président élu” après l’élection décriée de 2011, contestant la victoire du chef de l’Etat sortant.

    Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001, a été élu en 2006 au terme des premières élections libres du pays et a été réélu en 2011. Selon la Constitution, il ne peut pas se représenter en 2016 mais l’opposition soupçonne son camp de manoeuvrer pour changer la donne.

    L’initiative de toucher à la Constitution revient en premier lieu au président, mais peut aussi venir du gouvernement, du Parlement ou d’une pétition ayant réuni 100.000 signatures.

    Le président Kabila se trouve actuellement à Washington pour le sommet Etats-Unis/Afrique. Les Etats-Unis ont plusieurs fois insisté pour qu’il respecte la Constitution actuelle.

    AFP

  • Un meeting populaire de l’opposition contre la révision de la Constitution

    Un meeting populaire de l’opposition contre la révision de la Constitution

    udps-L’activité des Forces politiques et sociales pour l’unité d’actions est prévue pour le 4 août à la place Sainte-Thérèse à N’djili.

    Pour les organisateurs qui décidément reviennent avec les actions de rue, ce meeting populaire leur permettra de faire le point sur la situation du pays. Il est motivé par la volonté affiché du pouvoir de modifier la Constitution. « Après avoir suivi mes déclarations récentes des Mrs Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, et de Richard Muyej, ministre de l’Intérieur concernant la révision de la Constitution ainsi que celle de M. Luzanga, porte-parole de la mouvance kabiliste sur les événements du 22 juillet dernier, il y a lieu de dire que la classe politique au pouvoir est en train de jouer avec la stabilité du pays », a souligné le président de l’Ecidé, Martin Fayulu, le 29 juillet lors de la matinée organisée par les Forces politiques et sociales pour l’unité d’actions à la paroisse Notre-Dame-de-Fatima.

    Dans leurs déclarations lues lors de cette manifestation, ce regroupement de l’opposition a fait constater que le pouvoir en place vient « de dévoiler sa détermination à réviser sinon à changer la Constitution afin de sacrifier la jeune démocratie au profit des intérêts partisans ». Pour cette plate-forme, en effet, la déclaration faite le 17 juillet dans la salle de banquet du Palais du peuple par le président de l’Assemblée nationale serait en contradiction avec celle qu’il a faite lors de son séjour au Canada.

    De l’avis des Forces politiques et sociales, les affirmations sur l’évidence de la révision constitutionnelle soutenues par des cadres de la majorité au pouvoir, malgré la prise de position des Congolais, de la communauté internationale, des Évêques du Congo et des Églises de réveil contre son caractère intempestif, démontrent que le régime de Kinshasa « nage à contre-courant de l’histoire ». « Nous sommes interminablement dirigés par défi par un groupe d’individus qui se sert d’un mensonge éhonté pour tenter de se maintenir au pouvoir à tout prix », a souligné ce regroupement. S’appuyant sur l’article 64 de la Constitution, cette plate-forme appelle le peuple congolais à « barrer la route à tout individu ou groupe d’individus qui cherche à s’accaparer du pouvoir par la force, la ruse ou en violation de la Constitution de la République ».

    Depeches de Brazzaville

  • le parti de Kabila en faveur d’une modification de la Constitution

    le parti de Kabila en faveur d’une modification de la Constitution

    evariste_boshab_-La majorité présidentielle se mobilise pour contre-attaquer contre tous ceux qui, Congolais ou étrangers, s’opposent à la révision constitutionnelle avant les élections de 2016. Après le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku et le ministre de l’Intérieur, Richard Muyej, c’est au tour du PPRD, le parti présidentiel, de sensibiliser ses membres sur le bien-fondé de la révision constitutionnelle.

    Evariste Boshab secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) n’a pas mâché ses mots, ce mardi, dans une adresse aux membres de son parti : « Réviser la Constitution, c’est aussi la respecter », a déclaré ce professeur du droit constitutionnel avant de lâcher : « Cette révision constitutionnelle peut se faire par voie référendaire. » Des propos sans équivoque qui rejoignent la déclaration, ce même mardi, de la Jeunesse katangaise. Cette organisation, qui se réclame de la mouvance kabiliste, dénonce la position de la Cenco, la Conférence épiscopale nationale du Congo, opposée elle, à toute révision constitutionnelle avant les élections de 2016.

    « Pour nous, c’est Kabila ou rien ! »

    « C’est nous qui avons voté cette Constitution au référendum. Nous avons aussi le pouvoir de la changer par référendum. La mission de Cenco est d’amener les hommes au paradis et non dans la rue. A moins que les souverains primaires décident autrement. Pour nous, c’est Kabila ou rien ! », a déclaré José Kabulo wa Kabulo, le président de la Jeunesse katangaise.

    La position du PPRD résonne comme un défi à tous ceux qui, Congolais ou étrangers, s’opposent à la révision constitutionnelle avant les prochaines échéances électorales. Une prise de position qui intervient à quelques jours du sommet USA-Afrique qui démarre le 4 août prochain, et à laquelle devrait vraisemblablement participer le président Kabila.

  • Diomi Ndongala prié de verser 20 millions de dollars

    Diomi Ndongala prié de verser 20 millions de dollars

    diomi_ndongala_opposition_congo-Une amende de 20 millions de dollars ! Voilà ce qui est demandé à Eugène Diomi Ndongala. L’opposant congolais n’en a pas fini avec la justice. Le leader du parti Démocratie Chrétienne avait été condamné, en mars, à dix ans de prison pour viol sur mineures. Une procédure dénoncée comme politique par son parti, ses proches et ses avocats. Après le pénal, les deux victimes ont décidé d’intenter une procédure au civil en demandant des dommages et intérêts de dix millions de dollars chacune, soit vingt millions en tout. L’audience est prévue le mercredi 30 juillet, devant le tribunal de grande instance de Kinshasa.

    Pour certains proches de l’opposant, la démarche des victimes est ridicule ou, pour le moins, farfelue. Une source confie que peut-être les plaignantes s’imaginent qu’Eugène Diomi Ndongala est riche et veulent en profiter.

    Joint par RFI, Freddy Kita, secrétaire général du parti Démocratie Chrétienne considère que cette nouvelle procédure pourrait être une vengeance du pouvoir contre les carnets politiques que le prisonnier écrit encore sur Internet. Pour lui, les autorités cherchent la mort civile d’Eugène Diomi Ndongala pour qu’il paye toute sa vie son opposition.

    « Ces deux filles, soi-disant victimes, sont utilisées par monsieur Kabila lui-même qui est décidé à le mettre vraiment à genoux et à le tuer à petit feu. C’est juste pour le faire taire définitivement. C’est une façon de dire à l’opposition : ‘faites attention, ne vous opposez pas à moi sinon vous allez risquer le même sort que monsieur Diomi‘ », a-t-il déclaré.

    « Aujourd’hui, monsieur Kabila vient de signer, encore une fois, la deuxième mort de monsieur Ndongala », s’est insurgé le secrétaire général du parti Démocratie Chrétienne, Freddy Kita.

    Démocratie Chrétienne a demandé officiellement à la France, la Belgique et au Parti socialiste français de protester et de mettre la pression sur Kinshasa.

    En attendant – selon nos informations – à l’audience, les avocats devraient notamment attaquer sur des questions de droit, entre autres sur des textes qui rendraient cette nouvelle procédure impossible.

    RFI

  • Elections présidentielle et législatives de 2016 : Les opérations dépendront au recensement administratif

    Elections présidentielle et législatives de 2016 : Les opérations dépendront au recensement administratif


    Le ministre de l‘Intérieur, de la sécurité, de la décentralisation et des affaires coutumières, Richard Muyel Mangeze a déclaré samedi que tout est mis au point à ce jour.

    pour que les opérations de recensement administratif et de l’identification des nationaux se fassent avant les échéances électorales de 2016.

    Le ministre Richard Muyej Mangeze, qui la annoncé dans une communication faite aux bourgmestres de communes et aux chefs de quartier de la ville de Kinshasa a indiqué que le partenaire qui va accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre de ces opérations, est déjà sélectionné à savoir, office national pour l’identification de la population (ONIP).Il a relevé en outre qu’on attend la nomination prochainement, par le Président de la République, des animateurs de cet office ainsi que la finalisation des procédés de financement avec le concours du partenaire qui a gagné le marché dans ce cadre.

    Le gouvernement a déjà planifié, pour les tout prochains mois, l’organisation du recensement général de la population et de l’habitat, appelé recensement scientifique, et du recensement administratif de la population, en vue de la constitution et de l’entretien de l’Etat-civil et de l’émission de la carte d’identité, a-t-il ajouté, soutenant que le montage financier y relatif est déjà disponible.

    Le recensement général de la population et de l’habitat (RCPH) va permettre de recueillir, d’analyser et de publier les données démographiques, économiques et sociales se rapportant à tous les habitants et à toutes les habitations du pays, tandis que les données récoltées à travers le recensement scientifique vont faciliter au gouvernement la maîtrise des paramètres nécessaires à la planification du développement économique et social du pays, a poursuivi le ministre.

    Quant au recensement administratif, il va fournir les renseignements nécessaires pour l’identification des nationaux et la délivrance des documents d’Etat-civil, dont la carte d’identité nationale, le permis de conduire, le passeport… Ce recensement va faciliter également l’actualisation du fichier électoral, dans la mesure où il renseigne sur les personnes identifiées comme des Congolais ayant atteint l’âge de 18 ans ou plus. Ce qui va permettre d’économiser les ressources qui étaient régulièrement mises à disposition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) pour l’opération de consultation du fichier électoral.
    Le ministre Muyej a précisé que c’est pour cette raison que le recensement administratif de la population constitue, conformément à la loi organique sur le fonctionnement de la CENI, un préalable à l’organisation des élections présidentielles et législatives, les résultats de ce recensement devant servir de base à la constitution du fichier électoral. Le responsable de l’administration du territoire a ainsi relevé qu’il comptait sur les bourgmestres et chefs de quartier, en tant que partenaires privilégiés de son ministère, pour veiller à ce que le processus électoral, annoncé depuis 2006, connaisse un aboutissement pacifique pour l’ensemble de la nation congolaise.

    Options levées face à certaines faiblesses entravant le processus de décentralisation

    Le gouvernement a déjà levé des options face à des faiblesses qui ont constitué une pesanteur sur le processus de la décentralisation qui n’a pas connu jusque-là d’élections au niveau des entités territoriales décentralisées, la décentralisation étant le nouveau mode de la gouvernance territoriale du pays, a relevé par ailleurs Richard Muyej. Il s’agit notamment de la proposition, à l’examen du Parlement, des trois projets de la loi spécifique sur l’organisation des élections pour remplacer la loi N° 06/006 du 9 mars 2006 portant organisation des élections présidentielle, législatives, provinciales, urbaines, urbaines, municipales et locales.
    La possibilité d’élargissement du mode de scrutin universel indirect et le changement de l’électorat, principalement pour les sénateurs, qui seront élus par les conseillers municipaux et les conseillers des secteurs -chefferies, eux- mêmes élus au suffrage universel direct fait également partie de ces options. Il est de même de la prise en compte de la représentation équitable homme-femme et de la personne vivant avec handicap. Le ministre de l’intérieur, de la Sécurité de la Décentralisation et affaires coutumières, Richard Muyej Mangeze, l’a annoncé au cours de la rencontre qu’il a eue samedi, à Kinshasa, avec les bourgmestres de commune et les chefs de quartier de cette ville. Ces options, qui touchent au mode scrutin et à l’électorat, font option de revoir quelques articles de la constitution, a dit le ministre, indiquant que” le suffrage universel indirect, contrairement à ce qui se raconte dans certaines officieuses ne valorise pas le niveau de notre démocratie ».

    La constitution du 18 février2006 l’a prévu pour les élections des sénateurs, des gouverneurs et vice- gouverneurs de province, des conseillers urbains, des maires et maires adjoints des bourgmestres et bourgmestres adjoints ainsi que des chefs de secteur et chefs de secteur adjoints. Ce suffrage a l’avantage d’être souple et moins coûteux. a ajouté le ministre, dont la communication visait à demander à ces cadres territoriaux de sensibiliser et d’informer la population de leurs juridictions respectives sur la phase actuelle du processus de démocratisation du pays.

    Selon le ministre de l’intérieur, le corps électoral proposé pour le suffrage universel indirect est important et suffisamment représentatif avec des élus de la base au suffrage universel direct que sont les conseillers municipaux et les conseillers de secteurs et de chefferies. Ce mode de scrutin est bien d’usage dans bon nombre de vielles démocraties du monde, comme notamment aux Etas Unis, où le Président américain si jamais été élu au suffrage universel direct (il l’est au suffrage indirect par des grands électeurs). C’est aussi le cas du Président sud-africain, qui vient d’être réélu au suffrage universel indirect, a-t-il expliqué.

    Il a également rappelé que le président de la République, le Premier ministre, les sénateurs et les députés provinciaux avaient été élu au suffrage indirect en 1960 en République démocratique du Congo et que cela n’avait entaché en rien leur légitimité. Il a estimé, pour le calendrier électoral global et consensuel exigé par certains, que la CENI est une institution qui doit assumer son indépendance et la meilleur façon de la faire est de la laisser travailler son interférence.

    Le Palmares

  • L’idée d’un référendum fait son chemin

    L’idée d’un référendum fait son chemin

    urnes-Le débat sur la révision de la Constitution vient d’être relancé par le ministre de l’Intérieur et le secrétaire de la Majorité présidentielle qui avancent la solution référendaire.
    Kinshasa prépare sa révision constitutionnelle visant à préparer les prochaines élections en République démocratique du Congo (RDC). Pour l’instant, la commission électorale (CENI) propose que les députés provinciaux, les sénateurs, les gouverneurs et les maires soient désormais élus au suffrages indirect. Un mode d’élection présenté par le gouvernement congolais comme « plus souple et moins coûteux« , « sans rabaisser le niveau de démocratie« . Si l’opposition ne voit pas d’un très bon oeil cette première entaille à la Constitution, elle s’inquiète surtout d’une autre modification plus profonde des règles du jeu électoral : la possibilité au président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat.

    Que fera Kabila en 2016 ?

    Au coeur de tous les débats, on trouve le fameux article 220 de la Constitution qui empêche le président de la République d’effectuer plus de deux mandats consécutifs à la tête de l’Etat. Problème, c’est justement le cas de Joseph Kabila, qui doit terminer son second mandat en décembre 2016. Pendant plusieurs mois, la majorité présidentielle s’était évertuée à essayer de convaincre l’opinion que le président « respecterait » la Constitution « de la première à la dernière ligne« . La communauté internationale, par la voix de John Kerry et de l’église catholique congolaise avaient également donné de la voix pour appeler Joseph Kabila à quitter son poste en 2016.

    Un référendum… comme en 2005

    Mais depuis quelques jours, la garde rapprochée du président congolais lance des ballons d’essais pour modifier l’article 220 de la Constitution. L’idée est simple : organiser un référendum. Si cette disposition n’est pas nouvelle et figure même dans la Constitution, son utilisation était peu évoquée par la Majorité présidentielle. Le référendum n’est sans doute pas l’arme la plus facile à manier, mais devant les obstacles à modifier la Constitution, son utilisation semble de plus en plus probable. Le premier à sortir du silence est le ministre de l’intérieur, Richard Muyej, le 19 juillet. Si le ministre affirme sur Radio Okapi que la révision constitutionnelle proposée par le gouvernement « ne porte pas sur les matières verrouillées à l’article 220« , il a toutefois indiqué ce fameux article « peut être modifié par voie référendaire« . Et de se justifier ainsi : « Comme le peuple souverain s’est exprimé par voie référendaire en décembre 2005 par un oui massif pour la Constitution actuelle, il reste le seul à pouvoir modifier les dispositions interdites au Parlement par la même voie du référendum constitutionnel« … CQFD.

    « Conserver le pouvoir »

    La deuxième sortie sur le sujet du référendum est signée Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale et secrétaire de la Majorité présidentielle. Dans une longue déclaration à la presse, enregistrée le 17 juillet et relayée dans les médias le 21 juillet, Minaku revient sur les deux possibilités offertes par la Constitution pour sa modification : le vote du Congrès ( Sénat et Assemblée Nationale en se basant sur l’article 218) et… le référendum. Le président de l’Assemblée enfonce même le clou en affirmant que sa majorité « tenait à conserver le pouvoir« . Prenant bien soin de spécifier : « bien évidemment selon le standard international de toute démocratie« .

    Un référendum difficile à justifier financièrement

    Les déclarations répétées de l’entourage présidentiel sur la possibilité d’un référendum laisse à penser que le président lui-même, dont il est difficile de cerner les intentions, souhaite préparer l’opinion à cette éventualité. Délicat à mettre en place sur le plan logistique, le référendum sera également coûteux financièrement. Au moment où la commission électorale et le gouvernement peinent à trouver les ressources pour financer les prochaines élections locales, l’organisation d’un référendum risque d’être complexe à justifier auprès des Congolais et de la communauté internationale, déjà très sollicitée.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia