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  • LUC HALLADE : « AUCUNE CONSTITUTION N’EST INTANGIBLE »

    LUC HALLADE : « AUCUNE CONSTITUTION N’EST INTANGIBLE »

    luc hallace- france rdc-DISCOURS DE M. LUC HALLADE A L’OCCASION DE LA CELEBRATION DE LA FETE NATIONALE FRANCAISE

    Messieurs les Présidents du Sénat et de l’Assemblée Nationale,

    Mesdames et Messieurs Les Ministres,

    Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

    Monsieur le 1er Président de la Cour Suprême,

    Monsieur le Procureur Général de la République,

    M. le Gouverneur de la Ville-Province de Kinshasa,

    Chers Collègues membres du corps diplomatique,

    Messieurs les Officiers Généraux,

    Distingués invités,

    Chers compatriotes,

    Mesdames et Messieurs,

    Je voudrais tout d’abord vous remercier d’avoir répondu aussi nombreux à notre invitation, mon épouse Osvalde et moi-même, à venir célébrer dans les jardins de la Résidence de France notre fête nationale.

    Remercier aussi les sponsors : le Club Français des Affaires, partenaire traditionnel de cette manifestation, et notamment les sociétés ou groupes ci-après : DISTRITEC ; TFM ; NESTLE ; BIAC ; CFAO ; BOA ; KPMG ; BIVAC ; DELMAS RDC (CMA/CGM) ; ORIONCOM ; AIR France ; CMK ; SOFITAM ; BOLLORE AFRICA LOGISTICS ; AGS ; CAF’CONC ; PERENCO ; DFSN ; ORANGE RDC ; KIBALI MINING SERVICES (BOUYGUES), BRACONGO.

    Une « mention spéciale » pour le groupe ACHOUR, et la Société AGB, qui ont apporté un soutien complémentaire apprécié par les temps qui courent, ainsi qu’à la PNC et la Société G4S qui assurent votre sécurité.

    Et tous nos remerciements au Caf’Conc, à Noël CAMILLIERI et à son équipe, qui ont assuré comme à l’accoutumée la préparation du somptueux buffet sur lequel vous attendez tous de vous précipiter. Rassurez-vous : il y en aura pour tout le monde…
    Cette année, en accord avec nos sponsors, nous avons renoué avec une tradition républicaine : celle d’accueillir tous les français, enregistrés au Consulat ou sur Ariane (pour ceux en mission ou de passage). Ce n’est pas exactement conforme aux instructions reçues, qui incitent à restreindre le nombre d’invités pour des raisons d’économie, mais je me réjouis que nous ayons pu ainsi ouvrir cette belle résidence à ceux qui n’ont pas toujours l’occasion d’y venir.

    Merci enfin à tous ceux qui ont contribué à l’organisation de cet événement : personnels de l’Ambassade, de la Résidence ou de l’Institut français, ainsi qu’à la chorale Mgr Luc Gillon et à l’orchestre Jaffroz, qui agrémenteront cette soirée en musique.

    Après les remerciements, place à quelques réflexions personnelles, après trois années passées comme Ambassadeur de France en RDC. J’axerai mon propos autour de trois sujets qui me paraissent illustrer à la fois les enjeux et les défis d’une relation bilatérale forte, dense et riche entre la France et la RDC :

    L’ENA congolaise, qui vient de naître ;

    La semaine française qui s’est tenue fin mai ;

    Et enfin, le triangle élections-stabilité et sécurité.

    L’ENA TOUT D’ABORD.

    En France, l’ENA et les énarques sont souvent décriés aujourd’hui. Il faut cependant se souvenir qu’au lendemain de la 2ème guerre mondiale, dans un pays déchiré par 6 ans de conflit meurtrier, une des 1ères décisions des nouvelles autorités a été de créer une école républicaine, fondée sur le mérite et qui a fourni à la France plusieurs générations de hauts fonctionnaires qui ont rebâti une Administration moderne, impartiale et efficace.

    Je salue la décision prise par le Gouvernement congolais de s’inspirer de cet exemple en fondant une ENA congolaise, dont la 1ère promotion de 60 futurs hauts fonctionnaires a effectué sa rentrée, dans des locaux rénovés et adaptés, le 1er juillet dernier.

    Je leur souhaite plein succès dans leurs futures fonctions, eux qui seront en quelque sorte le levain et j’espère la fierté d’une nouvelle Fonction Publique attachée aux vertus républicaines et au service de l’Etat.

    La RDC a besoin de rebâtir son Administration, après des années de crises et de conflits qui ont corrompu et dévoyé le sens et la notion de « service public ».
    Je suis fier qu’avec d’autres partenaires, sous la houlette du Gouvernement de M. MATATA PONYO et notamment, d’un Ministre de la Fonction Publique volontariste et déterminé, nous ayons pu apporter notre pierre, notre contribution à cet édifice encore jeune mais prometteur, à ce projet titanesque : rebâtir une Administration performante, efficace et qui assure, sur l’ensemble du territoire, la mise en œuvre effective des politiques publiques.

    Longue vie donc à l’ENA congolaise, symbole du renouveau d’un Etat au service des citoyens.

    Nous continuerons, M. le Ministre, à vous soutenir et vous accompagner dans cette œuvre salutaire et indispensable.

    Après l’ENA congolaise, la semaine française. Pour la 1ère fois, l’Ambassade de France, la CCIFC, et l’Institut français, ont organisé, du 26 au 31 mai derniers, une « semaine française », au lendemain de la visite réussie du Président KABILA en France le 21 mai.
    Cette manifestation a d’abord été un succès populaire : près de 10 000 visiteurs ont fréquenté le site de cette semaine française en 6 jours. C’est considérable.

    Elle a ensuite – et surtout – montré, à travers la vingtaine de stands d’entreprises françaises installées en RDC, les tables-rondes très animées et rehaussées de la présence de plusieurs ministres – que je remercie pour leur disponibilité, les nombreux événements culturels organisés à cette occasion, que la France est bien présente et active en RDC.
    Mais au-delà de cette manifestation réussie et qui sera certainement renouvelée, le message que nous avons voulu faire passer a je crois été entendu et j’espère bien compris.

    Ce message, c’est la foi dans le développement économique de la RDC et l’espoir que les entreprises françaises pourront y participer et y contribuer.
    Il est en effet anormal – je n’hésite pas à le dire, même si les responsabilités sont évidemment partagées – qu’aussi peu d’entreprises françaises soient présentes en RDC, alors même que plusieurs manifestent, quelquefois depuis plusieurs années, leur volonté de développer leurs activités et leurs investissements au Congo.

    Je souhaite donc que dans l’année à venir, de nouveaux projets aboutissent et que les entreprises déjà présentes puissent se développer sans entrave. Il faut pour cela que des décisions soient prises, sur des dossiers qui ont trop longtemps tardé. Et aussi que les groupes ou dirigeants français ne soient pas traînés en justice sous de faux prétextes, avec quelquefois – il faut bien le dire – des menaces à peine voilées sur leurs personnes ou les intérêts de leurs entreprises.
    Une justice impartiale, qui applique le droit sans le pervertir, est une condition nécessaire pour que les investisseurs potentiels, français ou autres, viennent s’installer en RDC dans un climat de confiance.

    Enfin, parce qu’il faut bien parler aussi de politique après la coopération et l’économie, vous n’échapperez pas à quelques considérations sur ce qui remplit quotidiennement les colonnes de la presse, dont je salue les représentants présents.

    Plutôt que de vous parler de calendrier électoral ou de réforme de la Constitution, je voudrais aborder cette question sous l’angle de la stabilité et de la sécurité.
    En effet, pour se développer, un pays, quel qu’il soit, a besoin de ces deux piliers pour réussir à enclencher une dynamique positive.

    La stabilité n’est pas synonyme de statu quo. La stabilité, c’est le fonctionnement régulier des institutions et des pouvoirs publics, le respect des libertés publiques consacrées par la Constitution. La stabilité dans une démocratie, c’est aussi le respect des prérogatives et de l’indépendance des différents organes qui ont, chacun dans leur sphère propre, un rôle éminent à jouer : le législatif, l’exécutif et le judiciaire.

    C’est enfin le respect d’une règle de base du fonctionnement de toute démocratie : la possibilité d’une alternance au pouvoir, sanctionnée par des élections libres, transparentes et inclusives.
    Je ne me pose pas, en disant cela, en donneur de leçons et encore moins de prescriptions.
    Je veux seulement rappeler quelques règles de base, qui s’appliquent tout autant au Nord qu’au Sud de l’Equateur, à l’Est comme à l’Ouest du Méridien de Greenwich.

    Aucune démocratie n’est parfaite. Chacune a ses vices et ses vertus, ses défauts et ses qualités. Mais une chose est sûre : quelque soit le parallèle sur lequel on se trouve, le développement économique et social passe par le respect d’un minimum de règles de vie commune. Et ces règles, que chaque pays se fixe librement, ce sont les lois de la République, à commencer par la 1ère d’entre elles : la Constitution.

    Aucune Constitution n’est intangible. La nôtre, celle de la Vème République, a d’ailleurs connu de nombreuses modifications au fil du temps. Mais derrière la Constitution, il y a son fondement, qui est le consensus national autour de règles communément admises de fonctionnement de la société et des pouvoirs publics.

    Je salue à cet égard la nomination des juges de la Cour Constitutionnelle, qui seront chargés, dans la période délicate qui s’annonce, à veiller au respect de la constitutionnalité des lois et des actes ayant force de loi, de connaître des recours en interprétation de la Constitution, mais aussi de juger le contentieux des élections présidentielles et législatives, les conflits de compétence entre le pouvoir exécutif et le législatif ainsi qu’entre l’Etat et les provinces, selon les articles 160 à 164 de la Constitution du 18 février 2006.

    Nul doute que cette institution aura un rôle majeur à jouer, en toute indépendance, pour apaiser les tensions qui pourraient apparaître et dire le droit en toute impartialité.
    Quant à la sécurité, ce n’est pas seulement – même si c’est essentiel bien sûr – assurer que la RDC défend l’intégrité de son territoire. A cet égard, le remarquable défilé du 30 Juin dernier nous a prouvé que les FARDC disposaient des troupes et du matériel nécessaires pour faire respecter la souveraineté nationale sur l’ensemble des frontières, au moins terrestres, de la RDC.

    La sécurité, c’est aussi la liberté d’aller et de venir à l’intérieur des frontières, dans toutes les provinces, sans risquer de se faire agresser, violer ou dépouiller voire tuer.
    Nous avons noté la volonté affichée, au plus haut niveau de l’Etat, d’assurer cette sécurité des biens et des personnes sur l’ensemble du territoire national et de démanteler tous les groupes armés qui sévissent encore dans certaines provinces et commettent quotidiennement des violations des droits de l’homme.

    En novembre dernier, une victoire éclatante a été remportée par les FARDC, avec le soutien de la MONUSCO, contre le M23, qui a dû quitter le territoire congolais ou désarmer.
    Les FARDC se sont encore illustrées dans la lutte contre les ADF/NALU et d’autres groupes armés, au prix de lourdes pertes. Je salue la mémoire des soldats tombés au champ d’honneur pour rétablir l’autorité de l’Etat.

    S’agissant des FDLR, de sinistre mémoire, un processus de désarmement volontaire est en cours. Il importe que ce processus se poursuive de bonne foi, sous le contrôle des organisations régionales impliquées et celui de l’Etat congolais, avec le soutien actif de la MONUSCO.

    Un délai – long – a été fixé récemment pour venir à bout de ce désarmement.
    Il importe qu’avant la réunion du CSNU, prévue le 6 août, des avancées réelles aient pu être enregistrées, sans atermoiement funeste. Et si malheureusement certains éléments refusent de désarmer, conformément aux résolutions pertinentes du CSNU, il faudra les y contraindre par la force. Là encore, l’alliance des FARDC et de la Brigade d’Intervention de la MONUSCO pourra sans nul doute venir à bout de ces récalcitrants.

    Je formule donc le vœu qu’à l’orée de 2015, la RDC soit complétement et définitivement libérée de l’emprise des groupes armés et puisse ainsi se consacrer pleinement à son développement économique et à la nécessaire amélioration des conditions de vie de sa population.

    J’espère aussi qu’aux côtés des autres partenaires de ce beau et grand pays, la France pourra apporter sa contribution à l’émergence d’un Congo « plus beau qu’avant », qui prendra toute la place qui lui revient, de par sa taille, ses richesses et sa situation stratégique au cœur de l’Afrique, dans le maintien de la paix et de la stabilité régionales, malheureusement toujours menacées. Je pense notamment en disant cela à ses voisins la RCA et le Sud-Soudan, encore meurtris par des combats fratricides. La RDC, à travers ses soldats et policiers déployés au sein de la MISCA (Mission Internationale de Soutien à la Centrafrique), apporte une appréciable et appréciée contribution au rétablissement de la paix en RCA. Nous souhaitons qu’elle puisse continuer à le faire au sein de la future MINUSCA (Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Centrafrique).

    Pour conclure – enfin – je voudrais adresser deux messages : A nos amis congolais tout d’abord, pour les assurer que la France, tout en respectant pleinement l’indépendance et la souveraineté de la RDC, sera à leurs côtés pour les aider à bâtir une nation prospère et des institutions solides, à l’image de sa contribution à la création de l’ENA congolaise que j’ai évoquée au début de mon propos. La France, ce n’est pas seulement l’Ambassade, l’AFD et l’Institut français. Ce sont aussi les entreprises françaises, que je continuerai à soutenir dans leurs projets d’investissement, et tous les français installés en RDC, pour certains depuis de longues années, qui contribuent à l’activité économique et au développement de ce pays-clé de l’Afrique Centrale.

    A mes compatriotes ensuite, pour leur souhaiter une très belle et bonne fête nationale – occasion de se rassembler autour de notre emblème et de notre devise nationale : Liberté – Egalité – Fraternité, et pour les exhorter à garder, à cultiver l’espoir : l’espoir de pouvoir vivre en paix et en harmonie dans un pays et au milieu d’un peuple accueillants ; mais aussi celui que notre pays retrouve, grâce aux efforts de tous et de chacun d’entre nous, le chemin de la prospérité économique et celui d’une société en mouvement, qui assure l’avenir de sa jeunesse tout en respectant ses anciens.

    Et, pour finir sur une note positive, je salue la victoire méritée de nos amis…. à la coupe du monde de football, avec l’espoir que la prochaine sera aux couleurs de la France.
    Vive la RDC ! Vive la France !

    Je vous remercie de votre attention

  • « Toute Constitution valide au monde prévoit sa propre procédure de révision » a dit Aubin Minaku

    « Toute Constitution valide au monde prévoit sa propre procédure de révision » a dit Aubin Minaku

    aubin_mianku_mic-Pour le speaker de la chambre basse du parlement, « Touche pas à ma constitution est un discours anti-constitutionnel ».

    Conduisant à Ottawa la délégation des parlementaires de la Rd Congo à la 40ème session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, Aubin Minaku a conféré avec la communauté congolaise. Dans son discours, il a démontré qu’aujourd’hui, grâce à nos enfants (soldats au front), nous avons mis fin à cette guerre récurrente à l’Est qui a longtemps retardé le décollage du pays privant l’économie nationale, plus de quinze années durant, d’une manne importante pouvant contribuer aux programmes de développement.

    Évoquant la question de la révision constitutionnelle, ainsi que la problématique 2016, Aubin Minaku n’a pas usé de la langue de bois pour une fois de plus clarifier la position de la Majorité au pouvoir. « Toute Constitution valide au monde prévoit sa propre procédure de révision. Touche pas à ma constitution est un discours anti-constitutionnel », soutient-il.

    A une certaine époque, aller dans certaines capitales européennes ou américaines pour y tenir de discours ou meeting populaires, était une chose impossible, d’autant plus que certains Congolais qui ne sont pas en odeur de sainteté avec le pouvoir en place à Kinshasa, trouvaient un moyen privilégié pour régler les comptes, en molestant certains ténors de la Majorité présidentielle et nombreux sont ceux-là qui y ont laissé des plumes.

    Mais ces jours, de plus en plus de membres de la Majorité présidentielle peuvent se permettre de réunir des Congolais, afin de leur expliquer comment le pays évolue et quels sont les efforts qui sont fournis tant sur le plan de la démocratie que sur celui du développement. C’est dans cette perspective que Lambert Mende, ministre des Médias et porte-parole du Gouvernement qui était dans la délégation présidentielle lors de la visite officielle du Chef de l’Etat en France, s’est permis de réunir les Congolais à leur ambassade pour se livrer à cet exercice.

    C’est sur la même lancée que Aubin Minaku, Président de l’Assemblée nationale et vice-président de la 40ème Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie a réuni les Congolais à l’ambassade de la Rd Congo à Otawa au Canada. La problématique 2016, la révision de la Constitution, le débat passionnant et passionné suscité autour de l’organisation des prochaines élections, la marche du pays, la gouvernance économique, la justice sociale, la situation sécuritaire dans les Kivu, Aubin Minaku en a longuement débattu, le samedi 5 juillet, avec des leaders de la communauté congolaise d’Ottawa, capitale nationale du Canada.

    Selon une dépêche de Georges Tamba à Otawa, publiée par le Journal L’Observateur, le président de l’Assemblée nationale, cadre du parti présidentiel, a trouvé des mots justes pour expliquer à ses compatriotes – souvent mal informés des problèmes du pays – la démarche du président de la République, Joseph Kabila, ainsi que des pas importants et significatifs accomplis par le gouvernement en place depuis 2011 pour améliorer le fonctionnement de la République et aussi le vécu des populations.

    Il faut dire que Aubin Minaku conduisait à Ottawa la délégation des parlementaires de la Rd Congo à la 40ème Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie qui s’est tenue du 4 au 8 juillet et dont il a assumé la vice-présidence. Un prestige pour ce grand pays francophone longtemps effacé sur la scène internationale, mais qui reprend progressivement sa place. Minaku n’aurait pas voulu quitter le sol canadien sans trouver un temps de dialogue en famille, rencontre informelle du reste très appréciée, avec des leaders congolais d’Ottawa.

    La Rdc a mis fin à la guerre, mais…

    Plus de deux heures de temps d’échange à l’ambassade congolaise pour dire clairement aux congolais-canadiens que le pays attend beaucoup d’eux, que les choses essaient de bouger dans la bonne direction, bref que le Congo retrouve progressivement la voie de la stabilité.

    « Aujourd’hui, grâce à nos enfants (soldats au front), nous avons mis fin à cette guerre récurrente à l’Est qui a longtemps retardé le décollage du pays privant l’économie nationale, plus de quinze années durant, d’une manne importante pouvant contribuer aux programmes de développement », a indiqué Aubin Minaku, avant d’ajouter que pour faire partir l’ennemi des montagnes (du Kivu), nous avons perdu beaucoup de nos enfants, a-t-il renchéri sur un ton d’amertume, avant d’assurer à ses interlocuteurs que « nous avons réellement vaincu (…) et que l’armée a été réorganisée, qu’elle est désormais dissuasive », donc capable de tout comme jamais auparavant.

    Des acclamations dans une salle remplie de quelques militants et sympathisants, témoigne notre correspondant. Tout n’est pas encore parfait, mais l’Est a été globalement purgé des occupants criminels. Il a cependant reconnu l’existence de quelques poches de résistance : encore dans les forêts environ 1200 rebelles hutus rwandais des FDLR et quelques combattants ougandais de ADF-Nalu qui doivent quitter le sol congolais.

    A ce sujet, des représentants du Kivu, qui ne comprennent pas souvent la politique de commandement de l’armée, ont demandé au speaker national d’être un fidèle porte-parole à Kinshasa, d’aller dire au Président Joseph Kabila qu’ils ont beaucoup pleuré et enterré leurs proches, que la République sorte un peu de sa torpeur pour mettre définitivement un terme à l’instabilité dans les Kivu. Ils ont en outre demandé un peu plus de fermeté à l’endroit des criminels, dont certains restent impunis, et que les institutions de la République fassent réellement leur travail pour panser les plaies de ces femmes violées et ces familles déchirées qui ont perdu le sens et même le goût de la vie à cause de cette guerre.

    Ne touche pas à ma constitution est anti-constitutionnel

    Évoquant la question de la révision constitutionnelle ainsi que celle qui donne des insomnies à certains opposants, la problématique 2016, Aubin Minaku n’a pas usé de la langue de bois pour une fois de plus clarifier la position de la Majorité au pouvoir. « Toute Constitution valide au monde prévoit sa propre procédure de révision. Touche pas à ma constitution est un discours anti-constitutionnel », dit-il.

    Par la suite, le Speaker a exhorté les acteurs de l’Opposition comme ceux de la Majorité à communiquer clairement, à cesser de faire de l’hypocrisie. « Il est nécessaire, Majorité comme Opposition, de communiquer (sur la nécessité de la révision de la Constitution, NDLR) pour permettre au pays de sauvegarder l’unité et la stabilité actuelles », insiste-t-il, tout en soulignant le fait qu’on ne voit que le but politicien et on oublie l’essentiel (…).

    Le Président (de la République) l’a déjà dit. Je l’ai déjà dit aussi. Nous allons respecter la Constitution de l’article 1 à 226. Mais pour améliorer la gouvernance de la République, s’il faut réviser certains articles, nous allons le faire. Le peuple nous a donné le pouvoir (d’agir à son compte), a-t-il soutenu avant de dénoncer la démarche contradictoire des évêques qui, en 2006, avaient reconnu des incohérences dans la Constitution mais qui, curieusement, deviennent les défenseurs de la même Constitution !

    « L’Eglise est en train de se contredire fondamentalement », a déploré l’ancien magistrat de Matete et l’élu d’Idiofa. Pour 2016, « nous allons commencer par des élections locales. Le pays a besoin d’avancer. Les élections, nous les avons organisées en 2006 et en 2011. Nous les organiserons aussi en 2016. Les représentants locaux seront élus au suffrage indirect. La CENI en a décidé ainsi et la Majorité est d’accord parce que nous ne voulons pas de ces élections qui vident les caisses de l’État ».

    « Mais en attendant, laissez-nous travailler, tout acte que nous allons poser sera conforme à la Constitution. Le peuple demeure le souverain primaire. Aujourd’hui, il y a une discipline financière et une certaine éthique dans la conduite des affaires de l’Etat. Nous sommes encore à mi-mandat. Nous avons besoin de l’unité et de la stabilité pour aller de l’avant, sauvegarder les acquis ».

    Et pour finir, s’agissant de la nomination de ce Gouvernement de cohésion nationale tant attendu, Aubin Minaku a assuré que le Président de la République va bientôt prendre la décision. Reste que les Congolais de l’étranger ont plus de préoccupations tournées vers la réforme de l’administration publique ainsi que des services connexes de l’État pour faciliter et promouvoir les affaires.

    Ils veulent aussi voir un changement dans la politique de communication, que le débat national cesse d’être partisan, comme c’est encore le cas, qu’il dépasse le cadre individuel ; que Kabila ne soit pas seulement Kabila mais le Président de tous les Congolais. Parce que vu de l’extérieur, on a l’impression qu’il y a ceux qui sont avec lui pour leurs intérêts et ceux qui convoitent d’avoir les mêmes intérêts sans penser au peuple. Minaku a écouté et promis de porter la parole du Canada à Kinshasa. Soulignons que la rencontre s’est déroulée dans une ambiance de famille que le président de la chambre basse congolaise a certainement appréciée.

    L’Avenir

  • RDC: jusqu’où Kinshasa modifiera sa Constitution ?

    RDC: jusqu’où Kinshasa modifiera sa Constitution ?

    KABILA-Le gouvernement congolais a déposé un projet de révision constitutionnelle pour l’organisation des futures élections. Comme en 2011, Joseph Kabila changera-t-il une nouvelle fois les règles du jeu ?

    La Constitution est en passe d’être modifiée en République démocratique du Congo (RDC). Le gouvernement vient en effet d’adopter un projet de révision constitutionnelle dans le cadre des prochaines élections. Le texte validé en conseil des ministres, lundi 9 juin, prévoit trois lois pour organiser les élections locales de 2015, provinciales et présidentielle de 2016 (télécharger le communiqué du gouvernement). Mais la modification constitutionnelle inquiète l’opposition congolaise qui dénonce le flou du projet et la volonté du président Joseph Kabila « de tout faire pour se maintenir au pouvoir« . Le texte du gouvernement n’apporte en effet aucune précision sur les modifications de la Constitution et parle seulement de « certains articles« .

    Suffrage indirect pour les sénateurs et les gouverneurs

    Seule certitude du texte gouvernemental : le changement de mode de scrutin pour l’élection des sénateurs et des députés provinciaux qui se fera désormais au suffrage universel indirect, par des élus locaux. L’objectif affiché par Kinshasa est de réduire le budget de ces élections, qui coûteront ainsi moins cher à organiser. Pour l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme (ASADHO), « les raisons financières avancées pour justifier ces modifications ne sont que la manifestation du manque de programmation du gouvernement« . L’association avertit également que le mode de scrutin indirect risque d’amplifier « le clientélisme l’achat de conscience et la corruption » comme lors des élections des gouverneurs et des sénateurs de 2006 à 2011.

    « C’est la deuxième fois que la Constitution est modifiée à la veille des élections »

    Pour le reste du projet de révision constitutionnelle, l’incertitude plane. Plusieurs hypothèses sont « redoutées » par l’opposition. La première serait le modification de l’article 220, qui interdit au président Kabila de briguer un troisième mandat. La communauté internationale, Etats-Unis en tête, ont plusieurs fois demandé à Joseph Kabila de « respecter la Constitution » (voir notre article sur la visite de John Kerry à Kinshasa). L’entourage du chef de l’Etat, dont le porte-parole, Lambert Mende, a tenté à de nombreuses reprises de rassurer, dénonçant un « procès d’intention » contre le président congolais. Pourtant, les craintes de l’opposition sont bien réelles selon l’ASADHO, qui constate que « c’est la deuxième fois que la Constitution est modifiée par la majorité au pouvoir à la veille des élections« . En janvier 2011, dix mois avant l’élection présidentielle, la majorité avait réduit le scrutin de deux tours à un seul tour, interdisant ainsi les partis d’opposition de nouer des alliances entre les deux tours.

    Silence présidentiel

    Le silence du chef de l’Etat est également inquiétant sur la question. Car pour couper court aux rumeurs sur sa volonté de rester au pouvoir, Joseph Kabila aurait pu décider de s’exprimer sur ses intentions pour 2016. Au lieu de cela, le président a distillé des messages les plus ambiguës, comme ces « fuites » sur sa réunion avec des cadres de la majorité dans sa ferme de Kingakati en mars 2014. Joseph Kabila aurait affirmé vouloir modifier la Constitution afin que le président soit désormais élu au suffrage indirect. Une hypothèse qui pourrait « coller« , selon un connaisseur du dossier congolais, avec la volonté de faire élire les gouverneurs et les sénateurs « sur le même mode » et ainsi « contourner le vote des Congolais« . Le discours « musclé » et « conquérant » de Joseph Kabila devant ses troupes à Kingakati, faisait enfin penser que le chef de l’Etat congolais, à seulement 43 ans, ne semblait pas encore disposé à raccrocher les gants. Dernièrement, Lambert Mende est de nouveau monté au créneau pour réaffirmer que le texte du projet de révision « ne prévoyait pas de modification de l’article 220 » qui limite le nombre de mandats présidentiels et « qu’il n’y aura pas de modification du mode de scrutin, qui resterait au suffrage universel direct« .

    Un premier ballon d’essai

    Dernière carte entre les mains de Joseph Kabila pour se maintenir au pouvoir, nous en avons déjà plusieurs fois parlé : le chronomètre (voir notre article). Maître du temps, Joseph Kabila pourrait prolonger son mandat sans avoir besoin de modifier fortement la Constitution et notamment le très sensible article 220. Les simples modifications « techniques » proposées par le gouvernement ce lundi pourraient suffire à « étaler » les différents scrutins dans le temps puisque les trois scrutins (élections locales, provinciales et présidentielle) sont désormais dissociés. Auparavant une seule loi électorale regroupait ces scrutins. Si ce projet de modification constitutionnelle est adopté : tout retard dans l’organisation des scrutins pourrait permettre au président Joseph Kabila de jouer les prolongations. Le texte présenté au conseil des ministres ressemble donc à un premier ballon d’essai du clan présidentiel pour tester l’opinion, l’opposition et la communauté internationale. Car, si les élections locales doivent bien avoir lieu en 2015… la date des autres scrutins n’a pas encore été fixée.

    Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • Le Parlement désigne trois membres de la Cour constitutionnelle

    Le Parlement désigne trois membres de la Cour constitutionnelle

    rdc-palais-du-peuple-Réunis samedi en congrès, les sénateurs et députés nationaux de la RDC ont désigné Eugène Banyaku Lwape, Félix Vunduawe Tepemako et Corneille Wasenda Songo comme membres de la future Cour constitutionnelle.

    Cette désignation s’est déroulée en présence du président de l’ Assemblée nationale congolaise, Aubin Minaku.

    Felix Vunduawe Tepemako a été à plusieurs reprises ministre de l’Intérieur dans le régime de l’ancien président Joseph Mobutu Sese Seko dans les années 80. Il était aussi durant plusieurs années le directeur du cabinet de Mobutu.

    Banyaku Lwape était le ministre des Finances durant du régime Mobutu, alors que Corneille Wasenda est une personnalité bien connue du monde de la magistrature en RDC. Six autres membres de cette Cour seront désignés par le président de la République et le Conseil supérieur de la magistrature.

    Lors de cette désignation, le groupe parlementaire UDPS et Alliés a claqué la porte, dénonçant “un manque criant de transparence” et “une vraie machination savamment orchestrée par les hommes du pouvoir”.

    “Cette désignation n’a pas fait l’objet d’un traitement consensuel. Nous dénonçons le manque de transparence dans cette désignation. C’est vraiment anti constitutionnel”, ont déclaré samedi les membres du groupe parlementaire UDPS et Alliés lors d’un point de presse.

    La Cour constitutionnelle est chargée du contrôle de la constitutionnalité des lois et des actes ayant force de loi. Elle a également la compétence de juger le contentieux des élections présidentielle et législatives ainsi que le référendum.

    Prévue par la Constitution de 2006, cette Cour n’avait jamais été mise sur pied. Le chef de l’Etat Joseph Kabila avait promulgué mardi 15 octobre 2013 la loi organique de cette juridiction, soit trois ans après son adoption au Parlement.

    Selon la Constitution rd-congolaise, le Cour constitutionnelle comprend neuf membres nommés par le président de la République, dont trois sur sa propre initiative, trois désignés par le Parlement et trois par le Conseil supérieur de la magistrature.


    Xinhua
  • Pourquoi le nouveau calendrier électoral divise majorité et opposition

    Pourquoi le nouveau calendrier électoral divise majorité et opposition

    Un agent électoral devant un bureau de vote, le 28 novembre 2011 en RDC.
    Un agent électoral devant un bureau de vote, le 28 novembre 2011 en RDC. © AFP

    Depuis la publication fin mai du calendrier électoral pour les élections locales fixées en 2015, opposition et majorité au pouvoir sont de nouveau à couteaux tirés en RDC. En toile de fond, la possibilité pour Joseph Kabila de prolonger – ou non – son mandat au-delà de 2016. Décryptage en trois points.

    Bien qu’illégitimes, gouverneurs de province et sénateurs – tous élus en 2006 pour un mandat de cinq ans – devront encore rester en place en RDC. Malgré les pressions de certains partis d’opposition, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a décidé de privilégier l’organisation des élections locales, municipales et urbaines. Le calendrier qu’elle a publié en effet le 26 mai fixe au 15 juin 2015 l’élection des conseillers des communes et des secteurs ou chefferies, au suffrage direct, et au 29 août 2015 le vote au suffrage indirect des conseillers urbains, des bourgmestres et des chefs de secteurs.

    Pas une ligne sur les provinciales et les sénatoriales, encore moins sur les législatives ou la présidentielle. Un “calendrier partiel” et fixé unilatéralement par l’abbé Apollinaire Malumalu, président de la Ceni, accusent ses détracteurs. Mais la Majorité présidentielle (MP, au pouvoir) n’est pas de cet avis. Elle appelle “l’infime partie de l’opposition qui boude” à respecter “l’indépendance de l’organe électoral”.

    1. Un calendrier adopté avec ou sans consensus ?

    Pour Sébastien Luzanga Shamandefu, porte-parole de la MP, comme la Ceni est à la fois composée de membres de la société civile et de partis politiques (opposition et majorité), les décisions qui en résultent découlent bien du consensus. “Tout le monde est partie prenante au sein de la Ceni”, clame-t-il.

    Du côté de l’opposition politique, surtout de la frange qui n’a pas participé aux “concertations nationales” avec le pouvoir, les boucliers sont levés. Pas question d’accepter un calendrier qui n’offre pas toutes les garanties concernant les autres échéances électorales, notamment la présidentielle.

    Le calendrier électoral doit être bâti sur un consensus.

    Jean Baudouin Mayo, député d’opposition et cadre de l’UNC

    L’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe menace même de retirer son délégué qui siège au sein de la Ceni si un consensus n’est pas trouvé autour de la question. “Il faut que tout le monde maîtrise plus au moins les paramètres [du calendrier électoral]”, avance le député Jean Baudouin Mayo, cadre de l’UNC, qui regrette par ailleurs que le président Joseph Kabila soit monté sur “ses grands chevaux” pour s’opposer à l’initiative de Martin Kobler, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies, qui tentait d’amener la classe politique congolaise à un consensus global sur les futurs scrutins.

    2. Poursuivre avec le cycle de 2006 ou celui de 2011 ?

    Un autre point de divergence se situe au niveau du cycle électoral. La Ceni a décidé de ne pas poursuivre celui entamé le 28 novembre 2011 par les législatives et la présidentielle, lequel devait normalement s’étendre aux provinciales et aux sénatoriales. À la place, l’institution électorale a préféré élaguer les arriérés électoraux de 2006 en prévoyant d’organiser les élections locales, municipales et urbaines en 2015. Une “exécution de la volonté de Joseph Kabila”, dénonce Jean Baudouin Mayo. Comme ce dernier, plusieurs opposants congolais souhaitent plutôt le parachèvement du cycle de 2011.

    Les élections locales, ce n’est pas la priorité en RDC.

    Thomas Luhaka, secrétaire général du MLC

    “En 2006, le pays a organisé cinq élections (législatives, présidentielle, provinciales, élection des gouverneurs et les sénatoriales). Mais en 2011, nous n’avons eu que deux élections (législatives et présidentielle). Pourquoi ne pas parachever le cycle avec les trois [élections] qui restent ?”, s’interroge Thomas Luhaka. Pour le secrétaire général du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), “organiser dans les circonstances actuelles les élections locales – lesquelles ne sont pas la priorité à ses yeux -, c’est ouvrir une boîte de Pandore.” Allusion faite aux “frictions” qui pourraient surgir, selon lui, entre différents clans politiques lorsqu’il s’agira de délimiter les circonscriptions électorales pour ces scrutins locaux.

    3. Risque-t-on de prolonger le mandat présidentiel au-delà de 2016 ?

    Thomas Luhaka craint également un “glissement du calendrier électoral au-delà de 2016”, année de l’échéance du mandat présidentiel en l’état actuel de la Constitution de la RDC. “Si la Ceni commence à organiser des élections de manière partielle comme elle propose, à un moment donné, nous allons manquer de temps pour organiser la présidentielle dans les délais”, avertit-il, soulignant la nécessité d’avoir une “vision globale” du cycle électoral. Un appel qui fait écho à celui lancé par les envoyés spéciaux internationaux et par l’Union européenne (UE) qui demandent à la Ceni de publier un “calendrier complet” des élections.

    >> Lire aussi : vers un troisième mandat pour Joseph Kabila en 2016 ?

    “Nous sommes un pays souverain, rétorque Sébastien Luzanga Shamandefu. (…) Nous n’avons pas d’injonctions à recevoir de qui que se soit.” Le porte-parole de la MP demande à “ces envoyés spéciaux” de “laisser les Congolais organiser leurs élections”, réaffirmant la “confiance” de sa famille politique en “l’indépendance de la Ceni”. Mais il reste muet sur les risques de dépasser 2016 pour l’organisation de la présidentielle. Ce qui n’est pas de nature à rassurer l’opposition…

    _________________________

    Par Trésor Kibangula

  • UDPS: Corneille Mulumba recommande  à Tshisekedi  de convoquer un conclave des cadres du Parti

    UDPS: Corneille Mulumba recommande à Tshisekedi de convoquer un conclave des cadres du Parti

    Etienne-Tshisekedi-Wa-Mulumba-20-La suspension d’Albert Moleka, l’implication de l’épouse du Président dans les affaires du Parti, le cas Félix Tshisekedi, l’Opposition Républicaine, le Gouvernement de Cohésion Nationale en gestation, les échéances électorales de 2016, le tout dans un entretien exclusif entre la R.D. CongoNews avec  Monsieur Corneille Mulumba
    Bonjour, Monsieur Corneille Mulumba. Vous n’êtes plus à présenter : membre cofondateur de l’UDPS, ancien Représentant plénipotentiaire de l’UDPS pour l’ Europe, ancien Secrétaire National de l’UDPS en charge du Plan, ancien vice-Ministre du Plan, ancien Conseiller de la République (HCR/PT), vous avez pris part aux Concertations du Palais du peuple de 1994, et, plus récemment,  vous avez encore pris  part aux Concertations Nationales de 2013. C’est pour dire que votre point de vue ne peut manquer d’intérêt en ce qui concerne la vie politique nationale, en général, et en ce qui concerne l’UDPS, en particulier.
    L’actualité reste dominée par le limogeage de M. Albert Moleka de ses fonctions de Dircab et porte parole du Président de l’UDPS, Monsieur Etienne Tshisekedi. Votre lecture de cette question intéresse nos lecteurs.
    Je vous remercie sincèrement pour l’opportunité que vous m’offrez de m’exprimer à l’intention de vos lecteurs, en général, et aux membres et sympathisants de l’UDPS, en particulier.
    Personnellement, je n’ai jamais vu une quelconque décision du Président Tshisekedi limogeant le Dircab Moleka. Pendant une dizaine d’années, celui-ci a été son homme de confiance, son porte-parole. Il a exercé ses fonctions de Directeur de cabinet avec beaucoup de compétence et d’abnégation. Etienne Tshisekedi est un homme très exigeant. Il n’aurait jamais gardé Albert Moleka aussi longtemps à ses côtés si celui-ci ne réunissait pas ces qualités. J’avais donc été très désagréablement surpris de lire la circulaire du Secrétaire Général Bruno Mavungu.
    Monsieur Moleka avait été nommé Directeur de cabinet par une « Décision » du Président du Parti, c-à-d le supérieur hiérarchique du SG Mavungu. Parallélisme des formes oblige, c’est une autre « Décision » du Président de l’UDPS qui devrait  limoger Monsieur Moleka, le cas échéant. Précisons tout de même que le Secrétaire Général n’a pas limogé le Directeur Moleka. Il informe l’opinion nationale et internationale, ainsi que la base du Parti qu’il a été instruit d’agir ainsi. Mais il ne dit pas qui l’a instruit. A sa circulaire, il n’annexe pas la «Décision » du Président Tshisekedi, et il n’en mentionne même pas les références éventuelles.  On peut donc légitimement penser que celle-ci n’a jamais existé. Si tel est le cas, il y a lieu de se poser la question : qui sème la confusion à la direction de l’UDPS ? Qui crée cette bouillabaisse qui ruine les efforts, les sacrifices, et les privations de tant de compatriotes et de tant d’années ? Beaucoup de doigts pointent l’épouse du Président Tshisekedi qui avait déjà, on s’en souvient, il y a deux mois, chassé le Dircab Moleka et tous ses collaborateurs de la parcelle où se trouve le bureau du Président ainsi que celui du Dircab. Elle se débattrait pour imposer son fils à la tête du Parti, et ainsi, en faire le candidat de l’UDPS à l’élection présidentielle de 2016.
    Si tel devait être le cas. Ce serait très regrettable.  Je voudrais rappeler à tous que l’UDPS est un patrimoine national. Notre parti avait été créé par des patriotes de plusieurs régions de notre pays. Mes pensées vont notamment à Marcel LIhau et André Bossassi Epole pour l’Equateur, Frédéric Kibassa Maliba et Protais Lumbu Maloba, pour le Katanga, Faustin BIrindwa pour le Kivu, Joseph Ngalula Mpandanjila et Anaclet Makanda Mpinga, pour le Kasaï Oriental, Paul Kapita Shabanyi et Ngoyi Mukendi, pour le Kasaï Occidental, Vincent Mbwakiem pour le Bandundu, et j’en passe. L’UDPS ne peut donc aucunement devenir un patrimoine privé de la famille Tshisekedi ou une dynastie dont Félix Tshisekedi serait devenu le Prince héritier. Pas de confusion !
    Enfin, je voudrais conclure sur ce sujet en disant que, même si Albert Moleka quittait ses fonctions de Directeur de cabinet d’Etienne Tshisekedi, il ne quitte pas pour autant le Parti. Il en demeure un haut cadre et l’UDPS aura encore besoin de sa riche et longue expérience accumulée aux côtés du Président Tshisekedi.
    A quand le Congrès du Parti et que prévoient les statuts ?
    Je pense que la meilleure chose à faire dans le court terme, voire à très court terme, c’est de convoquer un conclave qui réunirait notamment, et pendant deux jours, tous les cadres du Parti, anciens et en exercice, c-à-d tous les présidents fédéraux et secrétaires généraux, anciens et en exercice, les représentants du Parti à l’extérieur, anciens et en exercice, les membres fondateurs, cofondateurs et pionniers encore en vie, les présidents des ligues des jeunes et des femmes, anciens et en exercice, les membres cabinet du Président, anciens et en exercice, toutes les personnes qui, à un moment ou un autre, ont participé à la direction du Parti tant au niveau national que provincial, les équipes dirigeantes des organes tels que la Commission Electorale Permanente, l’Ecole du Parti, les membres d’honneur, le Bureau du Comité National, les membres du Groupe Parlementaire UDPS, etc.
    Un conclave ainsi composé serait beaucoup plus représentatif et plus indépendant dans son travail. En effet, les statuts adoptés au Congrès de Limete de 2010 avait conféré des pouvoirs spéciaux au Président du Parti, en prévision de l’élection présidentielle de 2011 et compte tenu des conflits internes qui avaient fragilisé l’organisation. Ainsi, dans l’état actuel de la situation, tous les animateurs des structures, du sommet à la base, sont nommés et révoqués unilatéralement par le Président du Parti.
    Convoquer le congrès dans de telles conditions, c’est prêter le flan au clientélisme. C’est voir réunis exclusivement des personnes dont l’indépendance d’esprit risque de prêter à caution. Chose qu’il faut éviter si l’on veut des résultats, si l’on veut être efficace.
    Le Conclave formulerait des propositions concrètes au Président du Parti. Il lui proposera notamment une équipe costaude en guise de  Bureau Politique. Celui-ci dirigera le Parti, sous l’autorité du Président, organisera les élections internes en vue de désigner les animateurs des structures de l’UDPS à tous les niveaux, organisera la participation de l’UDPS aux différents scrutins électoraux, gérera la vie politique du Parti tant au niveau national que provincial et internationale.
    Le Bureau Politique ainsi mis sur pieds travaillera à l’organisation d’un congrès digne de ce nom.
     
     « L’UDPS à la recherche de l’imperium, l’UDPS déjà aux affaires ».  L’UDPS extra institutionnelle participera-t-elle ou pas au gouvernement de cohésion nationale ?
    L’opinion nationale et internationale a unanimement reconnu les conditions malheureuses dans lesquelles se sont déroulées les élections de 2011. C’était très regrettable pour notre pays ; car cela nous a causé beaucoup de retard sur le plan politique, économique et social. Et cela a coûté inutilement des vies humaines. Si il est vrai qu’on ne refait pas l’histoire, on doit au moins agir, se mobiliser pour que cela ne se reproduise plus. L’UDPS n’a pas participé aux élections de 2006. C’était une décision stupide. L’organisation de la campagne électorale de l’UDPS pour élections de 2011 a été médiocre, malgré la popularité personnelle de Monsieur Tshisekedi. On aurait tord de confondre les deux ; car un Tshisekedi élu Président de la République, avec une UDPS sans députés à cause d’une mauvaise campagne ou par manque de moyens, c’est la cohabitation. Ce sont les autres, ceux qui ont la majorité parlementaire, qui forment le gouvernement et qui gouvernent ; c-à-d qui mettent en œuvre leur programme. Il ne faut pas se leurrer. C’est pourquoi, moi j’attache toujours beaucoup plus d’importance au Parti, à sa réunification, à son organisation, à la mobilisation des compatriotes afin de disposer d’une machine politique et électorale forte.
    Quant au Gouvernement de Cohésion Nationale. Mon souhait est que l’UDPS y participe ou, tout au moins, que le Parti soutienne ceux de ses membres qui y siègeront. La majorité actuelle ayant été constituée dans les conditions décriées par tous, il est aberrant de les laisser gouverner seuls. Gérons ensemble la république, à défaut d’avoir réussi à les en empêcher. Préparons ensemble l’environnement des élections, contribuons au combat contre la corruption et autres antivaleurs, contribuons tant que faire se peut à l’amélioration des conditions de vie de nos compatriotes, à créer des emplois pour nos jeunes … C’est mieux que de rester les bras croisés.
    La CENI vient de publier son calendrier électoral pour les échéances à venir. Quelle est la position du Parti ?
    La position de l’UDPS sera exprimée par son Président, le Secrétaire général, ou le porte-parole. Moi, je ne peux vous donner que mon point de vue personnel.
    Je sui convaincu que s’il y a volonté politique, il est possible d’organiser tous les scrutins dans les délais. Je pense que le recensement est nécessaire et qu’il faut le faire absolument. IL en est de même des différents scrutins électoraux. Les élections des conseillers de secteurs/chefferies et des conseillers communaux pourraient être  combinées avec les provinciales en juin 2015, les élections au suffrage indirect ( Conseillers urbains, maires, bourgmestres, sénateurs, et gouverneurs de province) en fin 2015. Tandis que 2016 verra organisées les élections des députées nationaux et du Président de la République. Aux fins de réussir le recensement en un minimum de temps, il faudrait une mobilisation tous azimuts : écoles, instituts supérieurs et universités, d’une part, confessions religieuses, Administrations locales, police nationale, et armée, d’autre part.  C’est un acte patriotique qui doit faire appel à beaucoup de volontaires. Des jours de congé doivent même être accordés.
    Je crains que l’on soit tellement distrait que beaucoup de temps passe et que les délais deviennent trop court pour organiser tous les scrutins. Et donc que l’on se bouscule uniquement pour les législatives et la présidentielle ; ou encore, pire, que l’on déborde du calendrier pour la présidentielle ; c-à-d qu’on obtienne un résultat contraire à celui recherché.
    Je pense que, tout en recherchant le départ de l’Abbé Malu Malu, on devrait en même temps se préparer aux élections et œuvrer pour l’organisation de tous les scrutins dans les délais, et dans l’apaisement.
    Posons-nous la question : si le combat pour l’éviction de Malu Malu n’aboutit que vers le mois de décembre, par exemple, il faudra un certain temps pour négocier le nouveau Bureau de la CENI. Cela ne va-t-il pas peser sur le respect du calendrier. Est-ce que nous ne sommes pas, inconsciemment, en train de réunir les conditions pour repousser les élections au-delà de 2016 ?
    L’opposition doit faire preuve d’ingéniosité et non se tendre à elle-même des pièges.
    Dites-nous, Monsieur Corneille Mulumba, qu’êtes-vous donc allé vous perdre à l’Opposition Républicaine ?
    L’Opposition Républicaine  est l’aboutissement logique d’un cheminement parti du conclave de l’opposition congolaise organisé à Limete l’année dernière et auquel j’avais pris part. Plus généralement encore, j’ai toujours eu cette philosophie, due peut-être à mon très long séjour en Belgique, pays dont la devise est «  l’union fait la force », qu’en se mettant ensemble on pouvait obtenir des résultats plus important.
    A L’UDPS, je me suis toujours battu pour la réunification de toutes les tendances, ailes, et partis de la famille UDPS, convaincu que j’ai toujours été que ces divisions n’étaient que la conséquence de l’intolérance interne et de l’absence du dialogue au sein du Parti.
    De même, j’ai toujours été convaincu que si on demandait aux différents partis politiques congolais d’alignait sur une liste ce qu’ils considèrent comme les 20 priorités pour le Congo, tous aligneraient les mêmes. Dans ses conditions, pourquoi nous entredéchirer ? Pourquoi ne pas nous mettre ensemble pour les réaliser ? Le véritable frein, c’est l’orgueil et l’égoïsme. Tout le monde place ses ambitions personnelles au-dessus de celles du Congo et du peuple congolais. Tout le monde veut être Président de la République ; alors qu’il n’y a qu’un seul fauteuil présidentiel. « …      Si ce n’est pas moi, alors que le Congo crève ». Je ne soutiens pas cette perception. J’aime mon pays, et j’aime mes compatriotes. Je souffre énormément de l’état de désagrégation dans lequel se trouve mon pays et des souffrances de mes compatriotes. C’est pour cela que je fais la politique. Je m’associe donc naturellement et spontanément à tous ceux qui proposent de mettre en commun les synergies pour apporter les indispensables changements trouver des solutions ; qu’ils soient membres de mon parti ou pas. Je sais que le parcours est parsemé de déceptions et d’illusions ; mais cela ne me décourage pas.
    En ce qui concerne l’Opposition Républicaine, plus précisément, j’ai raisonné comme ceci : Kengo wa Dondo est un ancien Procureur Général de la République, plusieurs fois Premier Ministre, Ambassadeur, réputé discipliné et homme de l’ordre, et qui a le bras long sur le plan international. C’est donc un homme qui a de l’expérience et dont les atouts peuvent être utilisés, pour peu que l’on sache ce que l’on veut. L’UDPS est présente sur tout le territoire national. Mais comme chacun le sait et pu le constater en Egypte, et en Algérie( le Front Islamique du Salut, FIS),en Libye, en Irak ou en Côte d’Ivoire, la popularité interne seule ne suffit plus dans ce monde globalisé, dans cette jungle internationale où c’est la loi du plus fort qui s’impose. Cet attelage avec Kengo pourrait donc nous aider à rassurer davantage, à combattre la corruption, à restaurer de la rigueur et de la discipline dans la gestion de la « res publica ». Si nous pouvions, grâce à cela, ramener quelques milliards de dollars dans les caisses de l’Etat et les utiliser pour investir et créer des emplois pour nos jeunes, cela vaudrait la peine à mes yeux.  D’autre part, Je me suis entretenu plusieurs fois avec Léon Kengo wa Dondo quand il était en exil à Bruxelles, et même ici à Kinshasa. IL connaît et semble apprécier ma façon de voir les choses. J’ai conçu et proposé à mes collègues de l’UDPS avec lesquels nous sommes allés aux Concertations Nationales, un programme de gouvernement, inspiré des recommandations des Concertations Nationales et du programme de gouvernement de l’UDPS. Ils l’ont endossé, et nous l’avons remis au Président Kengo.  Les différents programmes, c-à-d ceux de l’opposition et ceux de la majorité, seront harmonisés pour en dégager un programme commun qui deviendra celui du Gouvernement de Cohésion Nationale. C’est donc un combat d’idées et non d’individus.
    L’Opposition Républicaine, pour ceux qui sont préoccupés par autre chose que leur nombril, est un projet qui pourrait être utile à la nation. Raison pour laquelle j’invite d’autres acteurs politiques et sociaux à venir nous y rejoindre.
    Joseph Kabila et le respect de la constitution en 2016. Quelle est votre appréciation ?
    Si moi j’étais conseiller de Joseph Kabila, je l’aurais conseillé de s’investir totalement pour que les Congolais mangent à leur faim, que l’enseignement soit gratuit pour le niveau primaire et secondaire, que les soins médicaux soient accessibles pour le plus grand nombre, que les fonctionnaires, les policiers, les enseignants, les infirmiers, etc, aient un salaire digne et régulier, que la population ait accès à l’eau potable et à l’électricité, et que la sécurité et la paix règnent sur l’ensemble du territoire national. Dans ces conditions, c’est la population elle-même qui exigerait un changement de la constitution pour lui accorder un mandat de 100 ans. Il a encore deux ans pour le réaliser, ou toute au moins démontrer sa bonne volonté sur cette voie.
    Propos recueillis par Gérard Lemba
  • UDPS : Moleka ne fait plus partie du cabinet Tshisekedi

    UDPS : Moleka ne fait plus partie du cabinet Tshisekedi

    UDPS: M. Albert Moleka- Directeur du Bureau du Pdt Tshisekedi sur la VOA-Dans un communiqué laconique déposé hier mercredi 21 mai 2014 dans plusieurs rédactions de Kinshasa, daté du même jour et portant sa signature,, le Secrétaire Général de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), Bruno Mavungu, fait état du limogeage du Directeur de cabinet d’Etienne Tshisekedi. On y lit notamment que « Son Excellence Dr Etienne Tshisekedi nous a chargé de porter à la connaissance de l’opinion tant nationale qu’internationale ainsi qu’à toutes les structures et Comités de base du parti que monsieur Albert Moleka n’est plus membre de son cabinet. En conséquence, l’intéressé n’est plus habilité à parler en son nom, à l’engager ou à engager le parti ».

     

                La lettre reste muette quant aux raisons ayant poussé le président national de l’UDPS à se séparer de celui qui était perçu, depuis plus de six ans, comme un des fidèles de son pré-carré. En effet, Albert Moleka paraissait inséparable de Tshisekedi, tant il était omniprésent dans pratiquement toutes ses activités et rencontres, officielles comme privées. Il était aussi de toutes ses visites de travail à l’étranger.

                On rappelle qu’en octobre 2012, en marge du Sommet de la Francophonie à Kinshasa, lorsque le président français François Hollande, dans le cadre de ses échanges avec les membres de l’Opposition congolaise, avait reçu Etienne Tshisekedi en aparté, son Directeur de cabinet était de la partie. On se souvient aussi que l’année dernière, lorsque la rumeur d’un rapprochement Kabila-Tshisekedi a pris corps, dans le cadre des Concertations nationales, c’est finalement Albert Moleka qui a effectué le déplacement de Brazzaville et rencontré le président Denis Sassou Nguesso, présumé médiateur, avant que le sphinx de Limete ne fasse faux bond.

                Pas plus tard qu’en mars dernier, c’est encore Albert Moleka qui est allé participer à un déjeuner de prière aux Etats-Unis, auquel était invité Etienne Tshisekedi, empêché pour des raisons non expliquées. Bref, ce haut cadre de l’UDPS paraissait l’homme à tour faire dans la Cour d’Etienne Tshisekedi, à Limete, parlant souvent en son nom dans les médias, pour apporter des réponses urgentes aux préoccupations de l’opinion nationale et internationale.

                Mais, à dire vrai, le couperet qui est tombé sur Moleka n’est pas une surprise pour ceux qui ont suivi les péripéties de sa descente aux enfers.

                En effet, soupçonné pendant un temps relativement long de ne pas servir correctement la cause de l’UDPS et vomi, à son retour des USA, par des « combattants », qui menaçaient de le lyncher s’il persistait à travailler à la résidence d’Etienne Tshisekedi, Albert Moleka avait finalement été prié par Maman Marthe, l’épouse du président national du parti, de ne plus venir à Limete. Croyant bénéficier toujours de la confiance de son chef après cet incident, l’intéressé n’avait pas trouvé mieux que de délocaliser son cabinet de travail et de continuer à parler et agit au nom d’Etienne Tshisekedi. On croit savoir que c’est pour mettre un terme à une situation de nature à semer la confusion dans les esprits des cadres et sympathisants de l’UDPS que le Secrétaire général a été instruit de lui signifier la fin de ses prestations auprès de la haute hiérarchie du parti. La succession est ainsi officiellement ouverte.

                                                                            Kimp

  • Poursuites judiciaires contre un cadre du premier parti d’opposition

    Poursuites judiciaires contre un cadre du premier parti d’opposition

    Logo_UDPS-Un dirigeant régional du principal parti d’opposition en République démocratique du Congo, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a été déféré à la justice vendredi, plus de quatre mois après son arrestation, a-t-on appris samedi de source officielle.

    Président fédéral de l’UDPS au Kasaï oriental, Bruno Kabatshi avait été arrêté le 2 janvier à Mbuji-Mayi, capitale de cette province du centre du pays. Vendredi, il a été mis “à la disposition de son juge naturel”, c’est-à-dire devant un tribunal de Mbuji-Mayi, ville où ont été commis les faits qui lui sont reprochés, a indiqué à l’AFP un haut responsable congolais sous le couvert de l’anonymat.

    M. Kabatshi avait été arrêté à la suite d’un débat télévisé avec un membre du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), le parti du président de la République, Joseph Kabila. Les autorités lui reprochent d’avoir manqué de respect au chef de l’État, d’avoir “incité la population à la haine” et les forces de l’ordre à la désobéissance, a indiqué le haut responsable congolais.

    “Atteinte à la liberté d’expression”

    Interrogé par l’AFP, Samy Badibanga, chef du groupe UDPS à l’Assemblé nationale, a contesté les fait reprochés à M. Kabatshi, estimant que les poursuites contre lui relevaient “d’une atteinte à la liberté d’expression”. M. Kabatshi, a-t-il dit, a participé “à une émission tout à fait normale dans laquelle il a donné son point de vue sur les élections de 2011”, qui ont permis au président Kabila, au pouvoir depuis 2001 de se maintenir à son poste pour un nouveau mandat de 5 ans. “Chacun peut donner son avis sur ce qui s’est passé en 2011” sans être inquiété, a ajouté M. Badibanga.

    Pour l’opposition congolaise et la communauté internationale, la présidentielle et les législatives de 2011 ont été marquées par des irrégularités massives.

    Rejetant les résultats officiels l’ayant placé en deuxième position derrière M. Kabila, le président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, aujourd’hui âgé de 82 ans, estime depuis lors être le “président élu” de la RDC.

    Conduit à Kinshasa après son arrestation, M. Kabatshi avait été détenu par l’Agence nationale du renseignement (ANR) puis emprisonné au centre pénitentiaire de Makala, la grande prison de la capitale congolaise, jusqu’à son transfèrement à Mbuji-Mayi vendredi.

    (AFP)

  • Opposition congolaise : qui est avec qui ?

    Opposition congolaise : qui est avec qui ?

    Par Trésor Kibangula
    Les opposants congolais se dispersent au sein de plusieurs regroupements. Les opposants congolais se dispersent au sein de plusieurs regroupements. © J.A

    Depuis les concertations nationales tenues entre septembre et octobre 2013 à Kinshasa, l’échiquier politique congolais se recompose en RDC. Objectif des grandes manoeuvres : se rapprocher du pouvoir pour les uns, s’en éloigner davantage pour les autres. Regarder notre schéma interactif pour mieux comprendre.

    La configuration politique se redessine en RDC. Depuis la réélection de Joseph Kabila en novembre 2011, les partis d’opposition sont en repositionnement permanent. Des regroupements et coalitions se font et se défont au gré de calculs le plus souvent politiciens et électoralistes. Conséquence : les non-initiés n’y comprennent plus grand-chose.

    Entre la Coalition pour le vrai dialogue (CVD) et l’Opposition républicaine, lancé par le président du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, au lendemain des concertations nationales tenues du 7 septembre au 5 octobre 2013 à Kinshasa, les opposants congolais surfent indistinctement sur plusieurs autres plateformes : Sauvons la RDC, Forces acquises au changement (FAC), Front pour des élections crédibles (FEC), Majorité présidentielle populaire (MPP), etc.

    Si dans l’hémicycle par exemple, l’Union des démocrates mobutistes (Udemo) est alliée du Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, cela n’empêche pas son leader, François-Joseph Nzanga Mobutu, de faire partie de la CVD ou de Sauvons la RDC, deux groupements politiques pourtant proches de Vital Kamerhe. D’autres opposants qui se déclarent “tshisekedistes” n’hésitent plus non plus à s’afficher avec les détracteurs du leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

    Dans l’architecture actuelle de l’opposition politique congolaise, trois blocs se dégagent : un autour d’Étienne Tshisekedi, un autre autour de Vital Kamerhe et un autre, enfin, autour de Léon Kengo wa Dondo qui réunit l’essentiel des partis d’opposition ayant participé aux concertations nationales et disposés à entrer au gouvernement de “cohésion nationale” annoncé.

    Jeune Afrique

  • Processus électoral 2011-2016 : des incohérences dans la feuille de route de Malumalu décelées

    Processus électoral 2011-2016 : des incohérences dans la feuille de route de Malumalu décelées

    Malumalu-AETA, la plate-forme d’organisations de la société civile ayant comme thématique les élections appelle Joseph Kabila à veiller au respect de la Constitution du pays.

    “Il est impossible d’organiser les élections municipales et locales crédibles, justes et régulières avant 2016 ;il est par contre exigeant de continuer le cycle électoral 2011-2016 par l’organisation en priorité des élections provinciales au suffrage direct, des élections sénatoriales, des gouverneurs et vice-gouverneurs, dès 2015 “.Tel est un extrait de la position de la plateforme “ Agir pour les Elections Transparentes et Apaisées » (AETA) sur la feuille de route électorale de la Commission Electorale Nationale et Indépendante (CENI). Cette déclaration a été présentée le vendredi 9 mai dernier au terme d’une cérémonie organisée au Sultani Hôtel, dans la commune de la Gombe. C’était en présence d’acteurs politiques toutes tendances confondues et de représentants de la société civile.

    D’après Jérôme Bonso, secrétaire permanent d’AETA et président de la Ligue nationale pour les élections libres et transparentes (Linelit), les experts de cette plateforme électorale se sont réunis à Kinshasa en vue de procéder à un examen technique profond de la feuille de route de la CENI présenté le 30 janvier 2014 devant l’Assemblée nationale par l’abbé Apollinaire Malumalu Muholongu.

    En effet, les experts d’AETA ont décelé des incohérences, des contradictions et des contraintes flagrantes dans la feuille de route de la CENI, qui portent un coup dur au processus démocratique en RDC. C’est ainsi qu’AETA a lancé un appel aux députés nationaux à rejeter énergétiquement la feuille de route de la CENI, qui vise selon Bonso, à nuire et menacer la Constitution.

    AETA souhaite que les élections se tiennent dans le délai constitutionnel. C’est pourquoi, il appelle la CENI à rendre public un calendrier électoral résultant du consentement de tous les acteurs clé du processus, en tenant compte de ces avis techniques. L’étude menée par les experts d’AETA apporte des éclairages techniques pour contribuer à l’émergence d’un consensus électoral national autour du cycle électoral 2011-2016.

    Des pièges

    En fait, la feuille de route de Malumalu précise que le processus électoral 2011- 2016 accuse un retard de six mois qui a des répercussions sur l’ensemble du calendrier électoral et qui constitue une menace réelle sur les exigences constitutionnelles. Cette feuille de route propose même une démarche selon laquelle il faut organiser l’élection des députés provinciaux au suffrage indirect. Ceci a des inconvénients dans la mesure où cette démarche made in Malumalu, selon Jérôme Bonso, coupe les élus provinciaux de leur base naturelle, amenuise l’exigence de recevabilité des élus vis- à vis de leurs électeurs locaux, énerve au moins trois textes juridiques sur lesquels la CENI fonde cependant la légalité de sa feuille de route, à savoir la Constitution, en son article 197, la loi électorale et l’Accord- cadre d’Addis-Abeba.
    La deuxième hypothèse de la feuille de route de la CENI propose également l’organisation des élections municipales, urbaines et locales en 2015. Démarche suspecte car elle prépare un report des élections des sénateurs et gouverneurs de provinces en 2017. Donc, sénateurs et gouverneurs, dont les mandats seront hors délai constitutionnel, resteront illégalement aux affaires.

    Feuille de route d’AETA

    Dans sa feuille de route alternative, AETA tient aux impératifs juridiques, techniques, financiers et temporels ainsi que politiques qui caractérisent le cycle électoral 2013-2016. AETA exige en effet, l’organisation prioritaire des élections provinciales, législatives et présidentielles en 2015-2016. La plate-forme électorale renvoie ainsi les élections municipales, urbaines et locales après 2016. AETA souhaite que le suffrage universel direct soit maintenu, pour l’élection des députés provinciaux selon l’esprit de l’article 197 de la Constitution.

    GKM

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