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FIDELE BABALA MIS SUR ECOUTE DANS SES APPELS, TEXTOS et DEPLACEMENTS.
-L’arrestation de Fidèle Babala Wandu n’a pas été opérée au hasard. Le bras droit de Jean-Pierre Bemba a été mis sur écoute depuis des mois et ses déplacements à l’étranger suivis et retracés, comme les autres prévenus, notamment l’avocat Aimé Kilolo, selon des sources proches de la sûreté belge. Ce qui implique que les services d’intelligence ont dû apporter leur contribution ici comme là-bas pour la collecte de la moisson des preuves -enregistrements sonores et textos- qui ont permis d’inculper les quatre suspects et Bemba lui-même. La nuit de son arrestation, samedi 23 novembre, Babala avait eu la prémonition qu’il allait se passer quelque chose. A 23 heures, le député MLC avait appelé Aubin Minaku pour solliciter s’entretenir avec lui, le lendemain, à la première heure à propos d’une question «très sensible». Avait-il eu déjà vent de la mise aux arrêts de Kilolo, intervenue quelques heures auparavant à l’aéroport de Zaventem, à Bruxelles, alors que le voyageur revenait de Douala, au Cameroun pour des contacts dans le cadre de la même affaire Bemba? Deux heures après son appel, sa résidence, à Righini, était prise d’assaut par des éléments de la police accompagnés des agents de l’ANR -Agence nationale de renseignement. Sa garde a tenté d’opposer une résistance avant que le maître des céans ne se rende, interpellé via un porte-voix qu’il s’agissait d’un mandat CPI en bonne et due forme pour «subornation des témoins». La nuit même, Babala a été verbalisé. Le matin, il s’est fait auditionné par le procureur général de la République en présence de ses avocats, Alexis Lenga et Jacques Djoli, tous deux cadres du MLC. En présence aussi de Minaku, tiré de son lit à six heures du matin. Pour son député, le speaker de l’Assemblée nationale n’aura ménagé aucun effort. Les marques de sommeil encore apparentes sur son visage poupon, Minaku est là pour essayer de voir s’il n’y pas lieu de sauver Babala. Quelle impuissance pour lui qu’en cette matière, les immunités ne jouent pas ou ne servent à rien. La voie de la liberté conditionnelle non plus face à l’ampleur de l’accusation appuyée sur des faits probants. Pas la moindre brèche pour convaincre le PGR qu’il faille prendre du temps pour examen.
Pauvre Minaku qui trouve comme ultime recours de parler directement avec les envoyés de la CPI en attente, dans la salle d’à côté. Ceux-ci sont venus exécuter un mandat et n’ont rien à discuter avec qui que ce soit, comme ils le font savoir. S’ils ont accepté de parler avec le Président de l’Assemblée nationale, c’est par égard à son rang. De là, Minaku retrouve les députés MLC au très select restaurant Gaspatcho, connu pour la dextérité de ses maîtres à réussir autant la cuisine congolaise qu’occidentale. Qu’est-ce qu’ils ont l’air catastrophés les députés bembistes. Ils avaient passé la journée à célébrer, dans l’euphorie, les 15 ans d’existence de leur parti placé sous le signe de «l’alternative en 2016» et la nuit, la même, patatras, un de leurs a été pris pour la CPI et un autre, Lajos Bidiu Nkebi Nkebila, député 2006-2011 et président de la fédération du MLC-Bas-Congo, a été abattu de sang froid, dans sa parcelle. Lajos rentrait d’une fête de mariage, à trois heures du matin. Ses assassins, au nombre de trois, étaient tous cagoulés. Règlement des comptes ou simple crime crapuleux? Place à la première hypothèse d’autant que Lajos n’est pas le premier député MLC assassiné.
Avant lui, il y a eu, Daniel Botheti, vice-président de l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa et Marius Gangale, député provincial et président du groupe parlementaire MLC à la même assemblée. Difficile pour Minaku de rassurer des interlocuteurs aussi durement éprouvés. Son côté mère poule pour ses députés a fait qu’il a réussi à se faire écouter. Rendez-vous a été pris, séance tenante, pour le Palais du peuple, pour se retrouver avec les responsables et les délégués des autres groupes parlementaires. D’entrée de jeu, le MLC a menacé de claquer la porte de la salle des congrès. Avec assez de diplomatie, Minaku a ramené les Bembistes à la raison, laissant entrevoir la possibilité qu’il bataille pour une liberté conditionnelle en faveur de Babala, à l’ouverture du procès. «C’est possible pour une affaire qui ne comporte pas la même gravité que les crimes pour lesquels Bemba est poursuivi. Surtout si le prévenu plaide coupable», a expliqué un proche de Minaku. Le temps de regarder à sa montre, le pieux Minaku s’est rendu compte qu’il avait passé toute sa journée dominicale à mettre du baume au coeur de ses députés bembistes et qu’il avait brûlé l’heure de son rendez-vous avec Dieu. Puisque son sacrifice l’a été pour le bien, Dieu comprendra. Plus tard, vers la fin de l’après-midi, Minaku était encore sollicité au moment où Babala allait embarquer à bord du Jet de la CPI, à l’aéroport international de N’Djili. Il fallait qu’il fasse quelque chose pour que Mme Babala ait accès à son mari. Requête qui a buté à une fin de non-recevoir des hommes de la CPI qui ont affirmé que le prévenu ne pourra voir personne avant 72 heures. Dans les faits, cette affaire rend plus complexe la situation de Bemba.
Déjà que sa défense ne sera pas aisée à conduire sans la présence de Kilolo, l’homme le plus rodé au dossier après la mort de Me Kwebe Liris. Pour un procès aussi costaud, un nouvel avocat peut prendre plusieurs mois pour pénétrer toutes les pièces du dossier et définir la stratégie de défense. Pire, Bemba risque de voir certains témoignages à décharge être déconsidérés en vertu du principe de droit selon lequel la fraude corrompt tout. Pourtant, il y en avait bien eu des témoignages à décharge qui avaient fait croire que Bemba allait s’en tirer, sinon avec une peine légère. Concerné lui dans cette affaire de subornation des témoins, cette nouvelle charge ne manquera pas d’alourdir sa condamnation s’il était reconnu coupable. Jusque le secrétaire général du MLC n’a fait aucune déclaration. La position officielle du parti est attendue cet après-midi. Sûrement que les Bembistes iront dans le sens d’une radicalisation face au régime qui avait promis d’oeuvrer pour les personnalités politiques détenues à la CPI mais qui a collaboré pour l’arrestation de Babala là où, par le passé, les exigences de paix avaient plaidé pour surseoir au transfèrement de Bosco Ntaganda à la CPI. Fini donc la cohésion aux yeux des Bembistes. Comme d’autres opposants qui savent ce que ça veut dire de tirer les leçons lorsque le malheur arrive à un autre.par Paul Muland.
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Le transfèrement de Fidèle Babala à la CPI conforme au statut de Rome, selon Kinshasa
-Le transfèrement du député Fidèle Babala à la Cour pénale internationale (CPI) est conforme au Statut de Rome. La ministre de la Justice, Wivine Mumba l’a affirmé lundi 25 novembre à l’Assemblée nationale en répondant à une question d’actualité à ce sujet.Wivine Mumba a expliqué aux députés que l’arrestation et le transfèrement du député Fidèle Babala du Mouvement de libération du Congo (MLC) à la CPI sont conformes au statut de Rome. L’article 27 du texte fondateur de la CPI stipule que ce statut « s’applique à tous de manière égale, sans aucune distinction fondée sur la qualité officielle », a-t-elle rappelé.
Selon la ministre Mumba, la RDC a agi dans la légalité par le biais du procureur général de la République. Le pays ne pouvait qu’exécuter le mandat de la CPI, conformément à l’article 86 du statut de Rome qui oblige les États Parties à coopérer pleinement avec la Cour dans les enquêtes et poursuites qu’elle mène pour les crimes relevant de sa compétence, a-t-elle poursuivi.
« Nous avons des engagements internationaux que nous avons signés, qui sont passés par ce parlement, et qui est le statut de Rome que nous avons ratifié et que nous devons respecter. Et que comme vous le savez, selon la Constitution, les conventions internationales, ont préséance sur les lois internes. C’est donc normal que nous coopérions. Qui que ce soit qui est soumis aux juridictions internationales, nous avons l’obligation de l’accompagner », a déclaré Wivine Mumba devant les députés nationaux.
Des explications qui n’ont pas satisfaits les députés de l’opposition dont le MLC fait partie. Estimant qu’une simple audition de la ministre de la Justice ne permettrait pas de débattre sur tous les contours de la question, ces députés ont demandé une question orale avec débat.
La Cour pénale internationale (CPI) a arrêté, les 23 et 24 novembre, quatre Congolais pour des atteintes présumées à l’administration de la justice dans le contexte de l’affaire qui oppose la procureure, Fatou Bensouda, à l’opposant congolais, Jean-Pierre Bemba Gombo.
Le secrétaire général-adjoint du MLC, Fidèle Babala, a été arrêté à Kinshasa, Aimé Kilolo Musamba, conseil principal de Bemba, à Bruxelles (Belgique), Jean-Jacques Mangenda Kabongo, membre de l’équipe de la défense de Bemba, aux Pays-Bas tandis que Narcisse Arido, témoin cité à comparaître par la défense à Paris (France).
Ces arrestations sont consécutives à un mandat d’arrêt délivré par le juge unique de la Chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale (CPI), Cuno Tarfusser, qui a retenu les mêmes charges contre Jean-Pierre Bemba , détenu depuis juillet 2008.
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Les rebelles du M23, réfugiés en Ouganda, ne seront pas remis à la RDC
– Les combattants du M23, réfugiés en Ouganda après la débâcle de leur rébellion dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ne seront pas remis aux autorités de Kinshasa avant qu’un accord de paix ne fixe leur sort, a annoncé vendredi le gouvernement ougandais. “Ils ne sont pas prisonniers. Ce sont des soldats fuyant la guerre, donc nous les accueillons et les aidons, parce que c’est de notre responsabilité, comme nous l’avons fait pour des soldats de l’armée de RDC plus tôt dans l’année”, a également déclaré à l’AFP le colonel Paddy Ankunda, porte-parole du ministère ougandais de la Défense et de l’armée ougandaise. “Ils ne seront pas remis à la RDC. L’accord de paix (…) déterminera le sort des soldats du M23, en matière de réintégration et réinsertion. Donc nous attendrons jusque-là”, a-t-il ajouté.Ceux qui refuseraient, après un accord de paix, de rentrer en RDC, seront remis au Haut-Commissariat de l’ONU pour les Réfugiés (HCR) qui décidera s’ils peuvent prétendre au statut de réfugiés, a-t-il précisé.
Comme la veille, M. Ankunda a de nouveau estimé à 1.500 le nombre de rebelle du M23 – soit le gros de ses effectifs combattants – ayant franchi la frontière entre la RDC et l’Ouganda ces derniers jours.
Il a de nouveau assuré ne pas savoir si Sultani Makenga, le chef militaire de la rébellion, se trouvait entre les mains de l’armée ougandaise, comme l’avait affirmé la veille un haut responsable militaire ougandais sous le couvert de l’anonymat.Parmi les 1.500 rebelles en Ouganda, “il y a un mélange de soldats et d’officiers et certains de leurs commandants. Je ne peux pas confirmer à l’heure actuelle que Sultani Makenga est parmi eux. Cela a commencé comme une rumeur qui maintenant ne cesse d’enfler”, a-t-il déclaré.
Les autorités ougandaises envisagent de réinstaller ailleurs les rebelles, actuellement cantonnés dans la zone de Mgahinga, dans le département de Kisoro, dans le coin sud-ouest de l’Ouganda, frontalier de la RDC et du Rwanda, a-t-il également indiqué.
Défait par l’armée congolaise, appuyée par une brigade d’intervention de l’ONU, à l’issue d’une offensive d’une dizaine de jours, le M23, qui combattait les troupes de Kinshasa dans la province orientale minière du Nord-Kivu depuis avril 2012, a annoncé mardi “mettre un terme” à sa rébellion.
Avec AFP
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Point de presse de mardi 5 novembre 2013 du ministre des Médias, porte-parole du gouvernement
Les journées d’hier lundi 03 et d’aujourd’hui 04 novembre 2013 demeureront marquées d’une pierre blanche dans l’histoire récente de notre pays, la République Démocratique du Congo. En effet, c’est essentiellement au cours de la nuit qui vient de s’écouler que s’est dénoué, du moins militairement, le drame des millions de Congolaises et de Congolais pris au cou par une phalange criminelle et prédatrice à partir du territoire d’un pays voisin.
Depuis la matinée d’hier, nos vaillantes Forces de défense et de sécurité (FARDC) avaient reçu l’ordre de faire taire coûte que coûte les canons à longue portée qui, au lendemain d’un engagement en trompe-l’œil du M.23, continuaient à décimer les populations civiles de Bunagana et des environs à partir du triangle Mbuzi – Chanzu – Runyonyi. Ces trois montagnes constituaient, rappelons-le, les derniers bastions réputées inexpugnables des résidus de la rébellion du M23.
Après la bataille pour Mbuzi, nos troupes ont amorcé leurs progressions vers les deux autres réduits d’où provenaient les tirs aveugles et meurtriers.
Dans le but d’économiser les vies humaines congolaises qui reste un leitmotiv dans la stratégie du Président de la République et Commandant Suprême des FARDC, une unité commando a saboté le dépôt du M.23 de Chanzu dans lequel s’entassaient un nombre très impressionnant d’armes et de munitions en provenance de l’étranger.
La longue série d’explosions qui a suivi la réussite de cette opération a donné à croire en un assaut en règle des FARDC contre ce bastion, ce qui n’a pas été le cas. En réalité, à la suite de la destruction de leur poudrière, le général autoproclamé Rusandiza alias Sultani Makenga et ses têtes brûlées ont intériorisé leur défaite et commencé à mettre le feu à tout ce qu’ils ne pouvaient pas emporter dans leur fuite vers le Parc National qui jouxte la RDC, le Rwanda et l’Ouganda.
Ce sont des lieux ouverts, vidés des extrémistes du M23 qui seront par la suite occupés par les FARDC qui ont sauvé plusieurs dizaines de compatriotes civils et militaires prisonniers des mutins. Une centaine de mutins du M23 ont été soit capturés, soit se sont rendus eux-mêmes aux troupes loyalistes.
Mesdames, Messieurs,
C’est une victoire militaire indéniable que les FARDC viennent de remporter sur les éléments du M23 et leurs mentors. Il ne viendrait à l’idée d’aucun citoyen congolais normalement constitué de bouder sa satisfaction devant cet exploit après tant d’années et d’épisodes d’humiliation qui ont failli briser la cohésion de la Nation.
Les Congolais ont le droit de se réjouir à l’instar de nos sœurs qui ont décidé de battre le pavé aujourd’hui à Kinshasa pour féliciter le Chef de l’Etat et les FARDC. Nous nous réjouissons naturellement car le comportement de nos gars sur le théâtre des opérations militaires nous emplit d’une fierté légitime.
Pour autant, la République Démocratique du Congo refuse de s’enivrer de ce succès militaire. Beaucoup reste encore à faire pour stabiliser de manière durable la situation dans cette partie du pays qui vient d’être totalement libérée du joug des forces négatives.
Le Gouvernement entend plonger de manière sérieuse dans la revisitation des causes profondes des flambées récurrentes de violence qui ont continuellement miné l’Est de notre pays. Seule la poursuite des volets politique et diplomatique des efforts en vue de la résolution de cette crise peut permettre d’y parvenir.
C’est la raison pour laquelle, en dépit de cette victoire militaire sans ambigüités, le Gouvernement de la RDC tient à parachever les contacts déjà entrepris dans ce sens aussi bien à Kampala avec les éléments de ce qui est devenu, à en croire le communiqué de Monsieur Bertrand Bisimwa, l’ex-groupe armé M23 qu’à l’intérieur du pays avec la mise en œuvre des recommandations des Concertations Nationales qui se sont tenues à Kinshasa à l’initiative du Président de la République.
Comme on peut s’en apercevoir, beaucoup d’efforts ont été déjà consentis par notre pays. De tels efforts sont, du reste, reconnus et encouragés avec bonheur par nos partenaires de la communauté internationale. Le communiqué qui a sanctionné le dernier sommet conjoint de la SADC et de la CIRGL tenu hier à Pretoria (Afrique du Sud) en est une illustration.
Pour votre édification, (retenez que) les chefs d’Etats et de gouvernements des deux organisations régionales réunis dans la capitale sud-africaine en présence de notre président Joseph Kabila ont félicité le FARDC et la Brigade d’Intervention de la Monusco « pour avoir repris de mains de maître les derniers bastions des forces négatives du M23 et avoir ainsi contribué à la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire congolais ».
Ils ont également exhorté les Etats Membres à « œuvrer pour le rapatriement des forces négatives dans leurs pays d’origine dans le cadre de la lettre et de l’esprit de l’Accord cadre d’Addis-Abeba ». Cela se concrétisera notamment à travers l’action vigoureuse que notre Gouvernement, qui ne sera plus gêné par la mutinerie du M23, va lancer incessamment contre les forces négatives rwandaises des FDLR, ougandaises de l’ADF-NALU et LRA et burundaises des FNL qui n’ont que trop longtemps écumé notre terroir, y semant la mort et la désolation tout en menaçant la sécurité de leurs pays d’origine.
C’est dire que la victoire militaire d’hier sur le M23 n’a pas pour conséquence de mettre un terme aux efforts de normalisation de notre pays qui doivent, au contraire, se poursuivre.
A cet égard, il y a lieu de se féliciter du fait que malgré les provocations de la phalange extrémiste du M23 qui a entrainé les derniers affrontements de la semaine dernière, une certaine harmonisation de vues soit intervenue à Kampala sur 11 clauses de ce qui sera la Déclaration de Kampala (nous préférons cette terminologie à celle d’accord, étant donné qu’on ne peut pas signer un accord avec quelque chose qui a cessé d’exister, car s’étant auto-dissous) devant conclure les pourparlers de Kampala entre le Gouvernement et le désormais ex mouvement armé M23.
Nous espérons de tout cœur que cette Déclaration de Kampala sera signé dans les plus brefs délais pour donner une chance et plus de temps aux actions de désarmement des autres forces négatives qui conditionnent la réhabilitation du Nord et du Sud Kivu.
Ainsi peut se comprendre notre insistance à voir les éléments du M.23 déclarer publiquement la fin de la rébellion qu’ils avaient lancé il y a de cela presque 20 mois. Conformément au chronogramme arrêté hier par les Etats de la SADC et de la CIRGL réunis en sommet à Pretoria (Afrique du Sud), ce n’est qu’après cette déclaration publique du M23, auquel on avait donné un délai de 48 heures pour ce faire, que le Gouvernement de la RDC prendra publiquement acte de la renonciation du M23 à la rébellion armée, le temps d’en vérifier la réalité sur terrain.
Cinq jours après avoir ainsi pris acte du sérieux de l’engagement de l’ex-rébellion, les autorités gouvernementales congolaises apposeront en toute confiance leur signature aux côtés de celle des représentants du M.23 dans la Déclaration de Kampala.
C’est dire que le communiqué signé par Bertrand Bisimwa et diffusé ce mardi 5 novembre 2013 est ce que nous pouvons appeler un pas dans la bonne direction. On y lit notamment que « La direction du Mouvement du 23 mars annonce à l’opinion nationale et internationale qu’elle a décidé à dater de ce jour de mettre un terme à sa rébellion et de poursuivre, par des moyens purement politiques, la recherche des solutions aux causes profondes qui ont présidé à sa création. »
Le même communiqué enjoint aux Chefs militaires du M.23 de préparer les hommes de troupes de ce mouvement afin de les présenter au processus de désarmement, démobilisation et réinsertion sociale « dont les modalités sont à convenir avec le Gouvernement de la République Démocratique du Congo. » Si ce document est authentifié, il aura marqué une grande évolution conformément au schéma de sortie de crise qui a été convenu à Kampala et finalisé à Pretoria.
Entretemps, sur le terrain, les FARDC vont poursuivre avec l’appui de la Brigade d’Intervention de l’ONU, conformément à la résolution 2.098 du Conseil de sécurité, la traque des autres forces négatives qui n’auront pas fait droit à l’ultimatum que leur a lancé le Président Joseph Kabila il y a quelques jours.
C’est le lieu de répéter qu’il n’y a plus de place dans notre pays, pour quelque groupe armé irrégulier que ce soit, qu’il s’agisse des FDLR rwandais, des ADF-NALU et de la LRA ougandaises, des FNL burundais, ainsi que de tous les groupuscules Maï-maï congolais.
Il n’est inutile de rappeler, s’agissant des FDLR, que leur nombre a été réduit à ce jour de plus de 80%, réduits grâce aux campagnes organisées par les FARDC seules. Il n’y a donc pas lieu de douter de la volonté ni de l’efficacité de la RDC contre cette force négative en provenance du Rwanda qui cause aujourd’hui bien plus de dommage aux populations congolaises qu’à leur pays d’origine.
Le Congo tient aux relations de bon voisinage avec son voisin le Rwanda tout comme avec tous ses autres voisins. Il ne ménagera rien pour ce faire et espère qu’il en sera de même en retour.
En même temps qu’il réitère ses félicitations à l’endroit des FARDC pour leur bravoure, le Gouvernement de la République Démocratique du Congo tient à rendre hommage à toutes les couches de notre peuple qui n’ont jamais ménagé leur appui à nos forces de défense dans cette action de défense de la patrie.
Je vous remercie.
Lambert MENDE OMALANGA,
Ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté,
Porte-parole du Gouvernement -

Le gouvernment de la RDC appele le M23 a se rendre
– Le ministre de la Défense de la RDCongo, Alexandre Luba Ntambo, a appelé lundi les rebelles du M23 à se rendre, affirmant que l’armée, qui les combat dans l’est du pays, ne reculerait devant rien pour défendre le territoire national. “Nous en appelons à des redditions volontaires, au désarmement” des rebelles, a déclaré à l’AFP M. Luba Ntambo. Après presque deux mois d’une trêve globalement respectée, les combats ont repris vendredi entre l’armée et le M23 au nord de Goma, capitale de la province riche et instable du Nord-Kivu. Interrogé sur ce que l’armée était prête à faire pour traquer le M23, le ministre a déclaré qu’il n’y avait “pas de limite” en ce qui concerne la “défense des institutions et du territoire national”, sans donner davantage de précisions. Le Mouvement du 23 mars (M23) est un “mouvement rebelle, une force négative (…) je ne vois pas quelqu’un qui puisse se lever et nous dire où s’arrêter”, a-t-il ajouté, répondant indirectement à une mise en garde de l’envoyé spécial américain pour les Grands Lacs, Russell Feingold. M. Feingold avait déclaré auparavant à Paris qu’il “faut que les combats s’arrêtent”. “J’espère que le président (de la RDC, Joseph) Kabila et d’autres en RDC réalisent que même s’ils sont confortés militairement par les derniers événements, il y a d’énormes risques à continuer comme ça, en pensant que la solution militaire est l’unique réponse.” L’ONU et l’UE ont également appelé les deux belligérants à reprendre leurs discussions à Kampala, suspendues depuis une semaine. “Nous n’avons pas fini avec Kampala (…) nous sommes toujours ouverts à des solutions pacifiques. Nous voulons restaurer l’intégrité du territoire, défendre les institutions, la souveraineté nationale, le plus pacifiquement que nous pouvons”, a assuré M. Luba Ntambo.Lundi matin, les troupes gouvernementales se sont rendu totalement maître de Kibumba, à 25 km au nord de Goma. Un peu plus au nord, elles ont par ailleurs repris l’importante base militaire de Rumangabo, et la zone sous le contrôle des rebelles se réduit comme peau de chagrin.
Le M23 est actif de depuis mai 2012 au Nord-Kivu. L’ONU et Kinshasa accusent régulièrement le Rwanda et l’Ouganda – malgré leurs démentis – de soutenir cette rébellion.
AFP
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Le gouvernement accuse le M23 de recruter au Rwanda
– Le gouvernement de la République démocratique du Congo a accusé mardi la rébellion Mouvement du 23 mars, active dans l’Est, de recruter des civils au Rwanda voisin pour en faire de la “main-d??uvre militaire”, tout en participant avec Kinshasa à des pourparlers de paix.“Le M23 qui devait se démobiliser volontairement, selon les propos de son chef de branche politique (Bertrand Bisimwa), recrute et importe du Rwanda de la main d??uvre militaire – au sein de laquelle se trouvent de nombreux enfants – pour attaquer les FARDC”, l’armée gouvernementale, a affirmé le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, au cours d’une conférence de presse.
Interrogé par l’AFP, M. Mende a affirmé que cette “main-d??uvre militaire” était composée d’enfants et d’adultes civils ayant suivi une “formation sommaire” avant d’être envoyés “à la boucherie”.
“Le M23 qui devait déposer les armes aligne une panoplie d’armes lourdes et même des chars de combat prêts pour le combat; le M23 (…) tire sur les aéronefs des casques bleus et pointe ses canons sur la caserne de la mission onusienne, notamment à Kiwanja”, a-t-il ajouté devant la presse.
Lundi, des responsables de l’ONU ont indiqué que Kinshasa et le M23 mobilisaient des forces supplémentaires autour de Goma, capitale de la province riche et instable du Nord-Kivu (Est), au moment où sont suspendus depuis dimanche les pourparlers de paix orchestrés par Kampala.
Les négociations avaient repris le 10 septembre après plusieurs mois d’arrêt, sous la pression des chefs d?État de la région des Grands Lacs. Dimanche, le dialogue a été à nouveau suspendu et les deux camps se rejettent la responsabilité du blocage.
Le M23 est actif depuis mai 2012 au Nord-Kivu. Il est né de la mutinerie d’anciens rebelles réintégrés dans l’armée à la faveur d’un accord de paix signé en 2009, et dont ils réclament la pleine application. L’ONU accuse le Rwanda et l’Ouganda de le soutenir, ce que démentent ces deux voisins de la RDC.
Lundi, le chef de la Mission de l’ONU (Monusco), Martin Kobler, a accusé le M23 de chercher à recruter des jeunes gens parmi des groupes de réfugiés rentrant en RDC. Depuis la naissance de la rébellion, sur quelque 200 combattants du M23 qui se sont réfugiés à la Monusco à Goma, beaucoup affirment avoir été recrutés en Ouganda mais “surtout” au Rwanda, a-t-il souligné.
Interrogé par l’AFP, Amani Kabasha, porte-parole du M23, avait indiqué le 10 octobre que les combattants de son mouvement avaient “grandi majoritairement dans les camps” de réfugiés congolais situés au Rwanda et en Ouganda.
AFP
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Le M23 accuse l’armée congolaise de compromettre les négociations de paix
-Alors que les pourparlers de Kampala se poursuivent, une délégation du M23 a rencontré la « facilitation » ougandaise pour protester contre l’occupation de certaines des positions rebelles par les Forces armées de la RDC (FARDC). Le groupe armé donne 48 h à l’armée congolaise pour se retirer sous peine de riposter. Plusieurs sources ont même confirmé un accrochage, le mardi 15 octobre 2013 au matin, entre les rebelles et des soldats congolais. En RDC, les rebelles accusent les militaires congolais de compromettre les discussions de paix en cours à Kampala. Le M23 accuse les FARDC d’occuper certaines de ses positions dans l’est du pays. « Nous protestons contre les préparatifs de guerre et surtout les actes de guerre de ces derniers jours qui ont été lancés par les FARDC contre les positions du M23, explique le président du groupe rebelle, Bertrand Bisimwa. Vous savez que, depuis plus de deux semaines déjà, les FARDC sont en mouvement vers nos positions sur toutes les lignes de front et nous avons dénoncé cela ». Le M23 assure que les forces gouvernementales les ont attaqués dans la nuit de lundi à mardi : « Ce mardi matin, à 2 h, les FARDC ont attaqué nos positions à Kanyamahoro et nous avons pensé qu’ils venaient de franchir la ligne rouge et il était de notre droit d’aller présenter la situation à la “facilitation”, avant que nous ne réagissions, précise Bertrand Bisimwa. Et c’est ainsi que nous avons tenu à exiger le retrait immédiat de cette fameuse armée FARDC de nos positions à Kanyamahoro. Nous avons tenu à exprimer ça de vive voix parce que nous pensons qu’il s’agit là d’une menace réelle contre le processus de paix, contre laquelle nous ne saurons pas attendre longtemps sans réagir ».Démenti du côté congolais
Les autorités congolaises partagent le même sentiment : la situation doit changer rapidement. En revanche, la version des derniers événements est très différente puisque le gouvernement assure qu’il n’y a pas eu d’attaque mais que les militaires ont été provoqués par les hommes du M23.
Pour le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mendé, les FARDC ont strictement respecté les consignes du gouvernement : « Les FARDC ont des ordres qu’ils suivent de manière très stricte et ils ont un ordre précis de ne faire que se défendre. C’est notre politique, ce n’est pas par crainte, c’est par souci de respecter la parole donnée. Donc, ni à Kanyamahoro, ni ailleurs, les FARDC n’ont attaqué. C’est le M23 qui a attaqué les FARDC et ça ne peut pas continuer indéfiniment. On va arriver à un moment où il va falloir renvoyer quelque chose. Ils parlent comme s’ils étaient un Etat qui était attaqué par un autre Etat. Il s’agit d’un groupe de malfrats, il s’agit d’une force qui a été qualifiée de négative par la communauté internationale. Quelle ligne rouge ? Quelle est la frontière ? Ils contrôlent quoi, mandatés par qui, élus par quel peuple ? Il s’agit de bandits qui essayent d’adopter un langage d’Etat civilisé, ça ne nous impressionne plus »
Le Rwanda dément une nouvelle fois tout soutien au M23
Les Etats-Unis accusent le Rwanda d’encourager indirectement l’enrôlement d’enfants-soldats dans l’est de la République démocratique du Congo et sur le sol rwandais, en soutenant les rebelles du M23. Washington a d’ailleurs décidé de suspendre son aide militaire pour l’année prochaine. Une décision dénoncée par le président Paul Kagame qui indique pourtant qu’elle ne remet pas en cause l’ensemble des relations de son pays avec les Etats-Unis.
« Les gens font des erreurs en tirant des conclusions hâtives, déclare Paul Kagame. Vous dites, au Congo, il y a un groupe qui, selon vous, recrute des enfants-soldats. Ce groupe mérite de répondre de ses actes, mais les erreurs qui ont été faites, si elles sont prouvées, ne sont pas les erreurs du Rwanda, parce que l’on ne fait rien de tel. Nous ne recrutons pas d’enfants dans notre armée. Mais au delà de ça, je pense que nous sommes toujours de bons amis avec les Etats-Unis, souvenez-vous que les bons amis peuvent avoir des désaccords et cela n’a pas d’importance de savoir qui a tort ou qui a raison. Ne tirons pas de conclusions hâtives, attendons et voyons comment nous pouvons repartir de l’avant, je ne pense pas qu’il y ait de problèmes ».
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Rapports finals des Concertations nationales: La Constitution ne sera pas charcutée
-Le président de la République, Joseph Kabila, est annoncé au Palais du peuple pour procéder, ce samedi 5 octobre 2013, à la clôture des travaux des Concertations nationales. A propos de ce forum, quatre rapports finals sur cinq des Etats généraux ont été adoptés sans débat lors de la plénière d’hier jeudi 3 octobre, excepté celui de l’Economie qui sera soumis à la plénière prévue ce vendredi en début d’après-midi.L’équivoque sur l’éventualité de la modification de la Constitution, particulièrement l’article 220 relatif au nombre et à la durée du mandat du président de la République, a été levée. Cette loi fondamentale ne sera pas charcutée, à en croire l’engagement ferme pris à cet effet par les « Concertateurs », à travers ce qu’ils ont qualifié de « Pacte républicain ».
Le rapport des Etats généraux chargés de la « Bonne gouvernance, Démocratie et Réforme institutionnelle» tant redouté, réaffirme dans son introduction l’engagement de toutes les parties à consolider la cohésion nationale et à sauvegarder le pacte républicain, notamment par le strict respect de la constitution, particulièrement dans ses dispositions voulues intangibles par le souverain primaire et relatives au respect de la forme républicaine de l’Etat du principe du suffrage universel, de la forme représentative du gouvernement, du nombre et de la durée du mandat du Président de la République…
Les Etats généraux de la « Bonne gouvernance, Démocratie et Réforme institutionnelle » ont également suggéré la levée des mesures de restriction des libertés imposées au président national de l’UDPS, Etienne Tshisekedi, et invité le gouvernement à assurer le suivi du dossier judicaire de Jean-Pierre Bemba, détenu depuis 2008 au centre pénitencier de la CPI (Cour Pénale Internationale ), à La Haye, aux Pays-Bas. Le même texte préconise, dans le cadre de la décrispation de la vie politique, la grâce présidentielle au bénéfice notamment de Fernando Kutino, Diomi Ndongala, Palata, Mohindo, Firmin Yangambi, Kikunda et Jacques Chalupa.La libération des personnes détenues illégalement et irrégulièrement sans procès et depuis des années dans les prisons de Ndolo et amigos de l’ANR et de l’ex-DEMIAP a été vivement recommandée dans ce rapport, qui appelle à réexaminer dans un esprit d’équité et de vérité les dossiers des magistrats victimes des ordonnances d’organisation judicaires querellées du 9 février 2008.
Sur fond de réconciliation nationale, le rapport de la «Bonne gouvernance, Démocratie et Réforme institutionnelle» sollicite auprès du président de la république et du gouvernement le rapatriement des dépouilles mortelles de l’ancien président Mobutu et de l’ancien Premier ministre, Moise Tshombe. Signalons cette requête a été relayée par les autres Etats généraux. Les médias n’ont pas été oubliés dans les recommandations dans ces Etats généraux, qui demandent à l’exécutif national de procéder à la réouverture des chaînes fermées, notamment RLTV et Canal FUTUR, tout en proposant le renforcement de l’indépendance du CSAC et l’adoption au Parlement du projet de la nouvelle Loi -cadre sur la liberté de la presse devant amender et rénover la loi du 22 juin 1996.
Mettre en œuvre l’aide publique à la presse par l’insertion de cette rubrique dans le budget annuel ordinaire de l’Etat, amorcer des enquêtes sérieuses sur les cas d’assassinats des journalistes, et procéder à libération inconditionnelle des journalistes détenus illégalement et la dépénalisation des délits de presse figurent au nombre des recommandations présentées à la plénière.S’agissant du gouvernement d’union nationale, les rapports de tous les Etas généraux sont restés ambigus. Au niveau de la « Bonne gouvernance, Démocratie et Réforme institutionnelle », on a parlé d’un gouvernement qui devrait être vecteur de la cohésion nationale. Aux Etats généraux consacrés aux conflits communautaires, on a recommandé une architecture gouvernementale qui reflète les préoccupations, les défis et les enjeux relatifs à la réconciliation nationale et à la cohésion nationale.
Dans les Etats généraux sur la «Décentralisation et renforcement de l’Autorité de l’Etat », on a recommandé un compromis politique pour les institutions hors mandat.
Quant aux Etats généraux réservés à la «Démobilisation et rapatriement des groupes armés », ils ont exigé l’exfiltration des éléments étrangers des services de sécurité (armée, police et renseignement) …Eric WEMBA- Le Phare
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Conflit en RDC : énième rencontre des chefs d’Etat des Grands Lacs
-Le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a aussi été mis sur la table lors des Assemblées générales de l’Onu, lundi. Les chefs d’Etat des pays voisins ont sommé Kinshasa et les rebelles du M23, en confrontation avec l’armée congolaise dans le Kivu, de conclure leurs négociations au plus vite. Un énième discours qui n’a toujours pas permis de mettre un terme au conflit. Les chefs d’Etat des Grands Lacs, qui ont débattu concernant le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ont exprimé leur impatience lors des Assemblées générales de l’Onu lundi. Ces derniers ont sommé Kinshasa et les rebelles du M23, en confrontation avec l’armée congolaise dans l’est du pays, de conclure au plus vite leurs négociations de Kampala pour le moment au point mort. Ces négociations sont censées mettre fin à la crise qui mine la région du Kivu, depuis une vingtaine d’années. Les Présidents congolais, Joseph Kabila, rwandais, Paul Kagamé, et ougandais, Yoweri Musevini, qui ont participé à cette rencontre ont également « exhorté les donateurs internationaux à lancer des projets de développement en faveur des femmes et des jeunes, afin de créer des dividendes de paix immédiats sur le terrain ». Les dirigeants ont notamment condamné très fermement « la reprise des hostilités par le M23, notamment les attaques contre les Casques bleus de la Monusco qui appuient l’armée congolaise et les tirs d’obus sur le territoire rwandais ».A l’issue de cette rencontre, Mary Robinson, l’émissaire de l’ONU pour les Grands Lacs, a admis qu’il « restait beaucoup à faire pour appliquer les engagements de l’accord-cadre, citant parmi eux la promesse de ne pas interférer dans les affaires intérieures des pays voisins ». Toutefois elle a assuré avoir eu « l’impression que les chefs d’Etat présents souhaitent réellement que ces engagements changent la dynamique dans la région, a-t-elle cependant affirmé, soulignant que la population de l’est de la RDC « avait trop souffert pendant trop longtemps », soulignant avoir vu les Présidents congolais et rwandais, Joseph Kabila et Paul Kagame, « se parler très amicalement à la fin de la réunion ». Un signe positif d’après l’émissaire de l’ONU.
Des rencontres sans résultats
Certes. Mais ce n’est pas la première fois que les chefs d’Etat des Grands Lacs donnent l’impression qu’ils veulent vraiment mettre un terme à la crise dans l’est de la RDC. Où la capitale de la province du Kivu, Goma, qui regorge de ressources naturelles, est convoitée par divers groupes armés, notamment le M23, principal ennemi des forces armées congolaises. Après une brève accalmie, les deux camps ont repris les hostilités à la mi-août.
Aucune rencontre des dirigeants de la région visant à résoudre la crise dans l’est de la RDC n’a porté ses fruits. La dernière à Kampala, la capitale ougandaise, qui s’est tenue le 5 septembre, en est la preuve. Ils ont une énième fois sommé les rebelles du M23 de cesser toute activité et de se remettre sur la table des négociations avec le gouvernement de Kinshasa. Pour le moment chacun des deux camps campe sur sa position, attendant que l’autre face le premier pas. L’ONU de son côté maintient toujours ses accusations contre le M23 qu’elle pointe du doigt
Pour le moment, une nouvelle accalmie a été observée au Kivu. Mais on le sait, le calme est de courte durée dans la région, où la moindre étincelle peut rallumer l’incendie entre les belligérants.
par Assanatou Baldé

