Tag: Politique

  • Monusco : les doutes du Malawi et de la Namibie

    Monusco : les doutes du Malawi et de la Namibie

    Ban Ki Mun et MONUC-La dernière réunion de la Troika de la Défense des Etats membres de la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe) organisée la semaine dernière à Windhoek, en territoire namibien, avec la participation du président congolais Joseph Kabila, a révélé certains dessous des cartes. L’on a appris, en marge de cette rencontre, que les présidents Hifikepunye Pohamba de Namibie et Joyce Banda du Malawi ont émis des doutes sur l’efficacité des troupes onusiennes dans le maintien de la paix et la stabilisation de la République Démocratique du Congo. Les deux personnalités se sont inquiétudes de l’enlisement de la situation sécuritaire dans la partie Est de notre pays où pourtant les Casques bleus sont omniprésents depuis 1999, soit 14 ans. Le SG de l’ONU interpellé. Avant de prendre congé de leur homologue, les présidents namibien et malawite ont pris l’engagement de se rendre à New York, au siège des Nations Unies, d’ici la fin du mois en cours, en vue d’échanger avec le Secrétaire général Ban ki-moon au sujet de l’inadéquation entre la longue présence des troupes onusiennes en territoire congolais et l’insécurité récurrente qui continue d’y prévaloir. Les présidents Hifikepunye Pohamba et Joyce Banda réclament, sans se voiler la face, un audit des opérations des Casques bleus, de la Monuc (Mission des Nations Unies au Congo) à la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo).
    Cette exigence pressante découle du fait qu’ils ont l’impression que la guerre de l’Est du Congo serait devenue un fond de commerce non seulement pour certains pays voisins mais aussi pour certains responsables civils et militaires onusiens. Une telle initiative fait penser aux observateurs que la crise politico-militaire-sécuritaire congolaise pourrait relever d’un agenda caché qui échappe au commun de Congolais.

    Les craintes du Malawi et de la Namibie

    Le Malawi et la Namibie craignent que la fragilité de la République Démocratique du Congo aux plans politique et sécuritaire n’ouvrent de larges boulevards aux forces négatives du genre des terroristes islamistes, capables de partir de ce ventre mou de l’Afrique Centrale et des Grands Lacs pour déstabiliser les Etats de la SADC. Le dossier politique et sécuritaire congolais intrigue sérieusement les présidents namibien et malawite car susceptible d’influer négativement sur le développement socio-économique et la prospérité des populations de la partie Est et Sud de l’Afrique.
    A leur avis, la SADC a besoin d’un Congo stable aux plans politique, sécuritaire et économique afin que ce pays serve de locomotive aux économies de cette partie du continent.

    Les Congolais appelés à se prendre en charge

    L’autre versant du message des présidents de Namibie et du Malawi est que les Congolais devaient cesser de rêver débout, en croyant que les troupes onusiennes devraient tout faire en leurs lieu et place, jusqu’au retour du Christ sur la terre. Il s’agit là d’un appel implicite fait aux gouvernants et citoyens congolais pour leur auto-prise en charge dans le secteur sécuritaire.
    Cela ne peut être possible que si, tout en dialoguant avec les « diables » à Kampala et s’appuyant sur la Monusco pour la traque du M23 ou d’autres forces négatives, un plan cohérent de refondation de l’armée nationale et des services de sécurité est en chantier. Le temps nous étant désormais compté, ce serait un péché mortel que de né pas cheminer dans la voie de la construction d’une armée républicaine, à la mesure des défis politiques, sécuritaires et économiques qui se présentent à nous.

    Parallèlement au travail de réforme et de redynamisation du système défensif national, le pays a besoin d’une décrispation réelle du climat politique, à travers le fonctionnement des mécanismes d’une démocratie normale, de nature à ne plus reproduire les frustrations électorales qui empoisonnent l’existence même de la Nation et empêchent ses filles et fils de se réconcilier. Il faut, plus que jamais, que les Congolais vivent la démocratie, dans le quotidien comme dans les rendez-vous des urnes, comme c’est déjà le cas dans plusieurs Etats du continent (Afrique du Sud, Sénégal, Ghana, Mali, Botswana, Namibie, Mozambique, Zambie) pour ne prendre que cet échantillon.

  • Katanga : le député Mpete Mulala et Mushimi arrêtés pour tentative de création d’une milice à Mwele

    Katanga : le député Mpete Mulala et Mushimi arrêtés pour tentative de création d’une milice à Mwele

    Mai_Mai_Katanga-Le député provincial Janvier Mpete Mula et son co-accusé Mushimi, arrêtés il y a quelques jours à Moba, sont présentement jugés devant la Cour d’appel de Lubumbashi (Katanga, sud(est de la RD Congo) pour avoir tenté de créer une milice dans la localité de Mwele (territoire de Moba), fait constitutif d’« atteinte à la sûreté de l’Etat ».
    Le co-accusé Mushimi, ayant estimé que « la procédure de flagrance n’a pas été respectée car le fait qui leur est reproché remonte au 31 août dernier à Moba », a  introduit un appel à la Cour suprême de justice pour « vice de procédure ».

    En même temps, il a demandé à la Cour d’appel de Lubumbashi – qui n’a pas répondu à cette requête – de ramener le procès à une procédure ordinaire. L’audience de vendredi 06 septembre 2013 a été suspendue, en attendant la décision de la Cour suprême de justice siégeant à Kinshasa.

    « Les deux accusés ont été arrêtés à Moba, transférés à Kalemie, puis gardés actuellement à la prison de Lubumbashi. De son côté, l’Assemblée provinciale du Katanga affirme ne pas être officiellement saisie de ce dossier », rapporte Radio Okapi citant des sources judiciaires.

    Des milices à Moba

    L’épopée de la milice Bakata Katanga, qui avait envahi le centre-ville de Lubumbashi le 23 mars 2013, a relancé la question de l’insécurité créée par des milices armées au nord du Katanga.

    « Les habitants de plusieurs entités administratives du Nord du Katanga vivent dans la misère et dans l’absence de l’autorité de l’Etat. Cette situation est à la base de l’émergence  des groupes Maï-Maï qui sont pour la plupart de groupes des bandits », avaient déclaré lundi 8 avril 2013 des députés provinciaux élus dans les circonscriptions du Nord du Katanga, au cours d’une plénière de l’Assemblée provinciale du Katanga.

    « Quelques pêcheurs en eau trouble contactent ces jeunes et les attirent par des promesses fallacieuses en leur promettant monts et merveilles. C’est le cas des Bakata Katanga, qui croient qu’avec l’avènement d’un nouveau Katanga indépendant, ils vont peut-être trouver la paix et le bonheur. Ce pays doit être gouverné et administré », avait expliqué le grand chef Mulongo de la chefferie du même nom, également député provincial.

    L’insécurité grandissante est particulièrement alimentée par le groupe armé Maï-Maï de Gédéon Kyungu Mutanga et les miliciens Bakata Katanga du chef rebelle Tanda Imena (qui réclament l’indépendance du Katanga et sa scission de la RDC), auteurs de multiples incursions faisant de plus en plus de morts dans cette partie de la province.

    Après son évasion de la prison de Kasapa à Lubumbashi en septembre 2011, Gédéon Kyungu s’est réinstallé dans le territoire de Mitwaba où il s’est réorganisé.

    En bouclant leur enquête au Katanga sur l’occupation du centre-ville de Lubumbashi samedi 23 mars par environ  230 miliciens Bakata Katanga, les députés nationaux avaient  recommandé à l’Assemblée nationale l’application « avec objectivité,  responsabilité et sans complaisance par ceux qui auront la charge de les exécuter » de leurs recommandations contenues dans le rapport de la mission d’enquête.

    « Le Katanga est un volcan endormi dont il faut redouter les dégâts en cas d’irruption, le fond du problème mérite d’être examiné avec la plus grande attention. L’entrée des rebelles dans la ville et les affrontements qui s’en sont suivis ne sont que la partie visible de l’iceberg. Les recommandations de la mission d’enquête pourront constituer un certain nombre de pistes de solutions pour affirmer de façon impérative l’autorité de l’Etat dans la province du Katanga ainsi que le caractère indivisible et unitaire de l’Etat congolais », avaient-ils indiqué.

    Le Potentiel

  • Allocution du DISCOURS du PResident Joseph Kabila- OUVERTURE CONCERTATIONS NATIONALES

    Allocution du DISCOURS du PResident Joseph Kabila- OUVERTURE CONCERTATIONS NATIONALES

    concertations -photo-Honorables Présidents de l’Assemblée Nationale et du Sénat, Membres du Présidium des Concertations nationales,

    Mesdames et Messieurs les Délégués aux Concertations nationales,

    Distingués Invités,

    Chers Compatriotes,

    Il est, dans l’histoire des Etats et des peuples, des moments singuliers qui, par-delà tous les clivages, testent la solidité du vouloir-vivre collectif, interpellent les consciences, et exigent la mobilisation des énergies et des intelligences.

    Des moments qui rappellent à chaque membre de la communauté nationale, qu’en contrepartie des droits qu’elle lui reconnaît, la Constitution du pays, pacte républicain par excellence, lui impose aussi des obligations auxquelles il ne peut moralement se soustraire, particulièrement, la défense, même au prix du sacrifice suprême, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance nationale.

    Il en fut ainsi de la lutte pour l’indépendance de notre pays.

    Il en est également de la menace qui, depuis plusieurs années, pèse sur l’existence même de notre pays, comme Nation, voulue une et indivisible, et comme Etat souverain dans des frontières intangibles, héritées de la colonisation.

    Sauf à trahir la mémoire des martyrs de notre indépendance et de tous ceux qui, de génération en génération, ont donné de leur vie pour maintenir à jamais allumée la flamme de la liberté, nous devons tous nous sentir interpellés par cette menace et nous mobiliser, comme un seul homme, pour y faire face.

    Aucune frustration, aussi justifiée soit-elle, aucun déni de droit, aussi condamnable qu’il puisse être, ne peuvent, en cette circonstance, expliquer l’inaction, l’apathie ou l’indifférence ; moins encore la sympathie pour ceux qui portent atteinte à notre souveraineté, ou la participation, consciente ou forcée à leurs projets funestes et aux souffrances qui en découlent pour nos populations.

    C’est tout le sens de la démarche que j’ai initiée en convoquant les Concertations nationales.

    Une démarche plutôt citoyenne que politicienne !

    C’est aussi le sens de la réponse sans équivoque que vous avez daigné y réserver, comme en témoigne votre présence, nombreuse et variée, à ces Concertations, leur conférant ainsi un caractère national, inclusif et représentatif.

    Une réponse responsable et patriotique !

    Une réponse qui fait de vous des dignes héritiers des Pères de l’indépendance et de tous ceux qui, à un moment ou à un autre de notre histoire, ont porté haut le flambeau de la lutte pour la liberté, l’unité et la grandeur de notre pays.

    Je tiens donc à en féliciter chacun de vous.

    Je tiens aussi à rendre un vibrant hommage au Président Denis SASSOU NGUESSO de la République sœur du Congo, pour sa sollicitude à l’égard de ce processus et pour son engagement en faveur de la paix et de la stabilité dans notre Région.

    Je me réjouis tout autant du soutien, sans condition, que l’ensemble des partenaires extérieurs de notre pays nous ont apporté dès le début de la guerre et à l’annonce des Concertations nationales.

    Je pense ici, de manière particulière, à la SADC, à la CIRGL et à l’Union Africaine qui jouent un rôle essentiel dans le maintien de la paix régionale.

    Je pense aussi à Monsieur BAN-KI-MOON, Secrétaire Général des Nations Unies, à Madame Mary ROBINSON, son Envoyée Spéciale pour la Région des Grands Lacs, et à Monsieur Martin KOBLER, son Représentant Spécial en République Démocratique du Congo, et à travers eux, aux membres du Conseil de Sécurité et aux instances de l’Union Européenne pour leur contribution dans la recherche d’une paix durable dans notre Région.

    Honorables Membres du Présidium,
    Mesdames et Messieurs les Délégués,
    Chers Compatriotes,

    Compte tenu de la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans la Province du Nord-Kivu, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CIRGL viennent de se réunir à Kampala.

    A cette occasion, une injonction a été donnée aux forces négatives d’arrêter toutes leurs activités militaires et de guerre ainsi que leurs menaces de déstabilisation de la République Démocratique du Congo.

    Aucun effort ne sera ménagé pour que les réunions de Kampala aboutissent à la restauration de la paix et de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire national, faute de quoi nos Forces Armées assumeront ce devoir.

    A maintes reprises, j’ai indiqué que trois options fondamentales, à savoir politique, diplomatique et militaire, sont déterminantes pour mettre fin à cette guerre qui nous est injustement imposée.

    Il n’y a donc pas de contradiction entre la reprise du processus de Kampala et la tenue des Concertations nationales.

    Honorables Membres du Présidium,
    Mesdames et Messieurs les Délégués,
    Chers Compatriotes,

    Ces Concertations Nationales se tiennent alors que notre pays est, une fois encore, agressé par ceux qui cherchent, par tous les moyens, à le déstabiliser.

    La guerre qui, aujourd’hui, a pour théâtre principal les territoires de Rutshuru et de Nyragongo, vise, en fait, à créer les conditions objectives pour le démembrement du grand Congo.

    Prendre conscience de la nature véritable et des enjeux de cette guerre est une condition de la victoire. Se mobiliser, s’organiser et agir en sont une autre.

    C’est aussi la mesure de notre patriotisme.

    Comment, dans ces conditions, ne pas rendre un hommage mérité aux éléments de nos Forces Armées et de sécurité, qui font preuve d’un courage et d’un sens de sacrifice extraordinaires sur le terrain des combats.

    Comment non plus ne pas saluer les contingents militaires de la Tanzanie et de l’Afrique du Sud, qui y ont été récemment déployés dans le cadre de la Brigade d’intervention de la MONUSCO et, par-delà, leurs peuples et Gouvernements respectifs, pour leur engagement déterminé et appréciable aux côtés de nos troupes.

    Je voudrais également réitérer mes remerciements à tous les Etats qui, depuis plusieurs années déjà, ont disponibilisé leurs troupes pour le maintien de la paix en République Démocratique du Congo.

    En votre nom à tous, je tiens à exprimer aux uns et aux autres, la gratitude profonde de la Nation congolaise.

    Je tiens tout aussi à exprimer notre compassion et notre solidarité aux populations fortement meurtries et lourdement éprouvées du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri.

    Je leur renouvelle mon engagement et celui de toute la Nation, de tout entreprendre, quoi qu’il en coûte pour les sécuriser, et de mettre définitivement fin à leurs souffrances.

    En souvenir de tous nos soldats ainsi que de ceux de la MONUSCO tombés sur le champ d’honneur, et des victimes innocentes de la haine aveugle des ennemis de notre peuple, je vous invite à garder quelques instants de silence.

    Honorables Membres du Présidium,
    Mesdames et Messieurs les Délégués,
    Chers Compatriotes,

    C’est conscient de la gravité de la situation sécuritaire dans la Province du Nord-Kivu, et de la menace existentielle qui en découle pour l’ensemble de la Nation, mais aussi fort de mes prérogatives de Chef de l’Etat, Garant du bon fonctionnement des Institutions, que j’ai décidé d’organiser les présentes Concertations.

    Elles se veulent un cadre de travail apaisé, transparent et sans objectif caché ; un cadre de réflexion objective, hors de toute agitation et de tout affairisme politique ; une manifestation éloquente de notre capacité à discuter et à décider, en toute liberté, sans ingérence extérieure, et dans le respect de la Constitution, des lois et des Institutions de la République.

    En effet, c’est depuis novembre 2012 que j’ai reçu, tour à tour, les Groupes parlementaires de la majorité et de l’opposition au sein du Parlement, les partis politiques, aussi bien de la Majorité que de l’Opposition, ainsi que la Société civile dans sa diversité. J’ai, par la suite, constitué le groupe consultatif national et promis de mettre en place un cadre d’échanges approprié pour promouvoir la cohésion nationale.

    Honorables Membres du Présidium,

    Mesdames et Messieurs les Délégués,

    Chers Compatriotes,

    L’objectif poursuivi par les présentes assises est de dégager les voies et moyens susceptibles de rétablir et de consolider la cohésion interne, en vue d’assurer la victoire sur toutes les forces d’agression, de renforcer l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national, de mettre fin au cycle infernal des violences à répétition, principalement dans le Nord et le Sud-Kivu ainsi que dans l’Ituri, de conjurer toute velléité de s’associer aux tentatives exogènes de déstabilisation du pays et de planifier, ensemble, son développement socio-économique dans la paix et la concorde.

    Je souhaite de tout cœur que ces Concertations nationales soient, d’abord et avant tout, perçues et vécues comme une rencontre citoyenne, entre fils et filles d’un même pays, partageant un destin commun, et déterminés à en tirer le meilleur profit collectif, non seulement pour eux-mêmes, mais également pour les générations futures.

    Cela étant, vous devriez, au cours de ces Concertations, avoir le loisir d’aborder tout sujet d’intérêt général. Néanmoins, au regard des priorités du moment, et pour des raisons d’efficacité, cinq thématiques, correspondant à autant d’Etats généraux, ont été retenues :

    1. Gouvernance, démocratie et réformes institutionnelles ;
    2. Economie, secteurs productifs et finances publiques ;
    3. Désarmement, démobilisation, réintégration sociale et/ou rapatriement des groupes armés ;
    4. Conflits communautaires, paix et réconciliation nationale ;
    5. Décentralisation et renforcement de l’autorité de l’Etat.
    Sur chacun de ces sujets, suffisamment ouverts pour permettre de tout aborder, il s’agira de réfléchir, d’échanger et de débattre, en toute liberté et sans contrainte.

    En conséquence, il est reconnu aux Délégués aux Concertations nationales l’immunité de parole, sous réserve, bien entendu, du respect des lois, de l’ordre public et des bonnes mœurs, principe consacré par notre Constitution.

    J’en appelle donc à tous ceux qui hésitent encore, à venir participer à ce forum pour y apporter leur contribution.

    Honorables Membres du Présidium,

    Mesdames et Messieurs les Délégués,

    Chers Compatriotes,

    Les Délégués aux Concertations nationales n’ont pas vocation à se substituer au Souverain primaire ; moins encore, à remettre en cause les décisions qui relèvent du pouvoir exclusif de ce dernier.

    Leur marge de manœuvre demeure cependant importante.

    Car, ils ont la possibilité, j’espère qu’ils en feront bon usage, d’aider, par une réflexion sereine et responsable, à concevoir les réformes nécessaires pour mieux assurer l’intégrité du territoire et la souveraineté de l’Etat, garantir la sécurité des personnes et des biens, approfondir et consolider la démocratie, améliorer la gouvernance politique et sociale, et rendre la croissance économique plus forte, durable et socialement bénéfique pour nos populations.

    Honorables Membres du Présidium,
    Mesdames et Messieurs les Délégués,
    Distingués Invités,
    Chers Compatriotes,

    La situation politique, économique, sociale, culturelle et sécuritaire de notre pays a déjà fait l’objet de plusieurs réflexions, analyses, études et rapports, souvent de haute facture.

    Ce fut le cas, notamment, lors de la Conférence nationale souveraine, des Concertations du Palais du Peuple et du Dialogue Inter-congolais.

    C’est à cet exercice que Députés et Sénateurs consacrent l’essentiel de leurs délibérations.

    Des présentes assises, le peuple attend plutôt un consensus sur les pistes réalistes de solution aux problèmes majeurs auxquels sont confrontés le pays et la Nation, de manière à permettre la cohésion nationale et la consolidation de la paix, gages d’un développement harmonieux et durable.
    C’est là la meilleure façon de préparer et de bâtir l’avenir de notre pays.

    J’ai foi en vos capacités pour ce faire ; de la même manière que j’ai toujours eu foi en notre pays et en notre peuple.

    Comme le disent les saintes écritures, je cite : « le Très haut ne tente jamais personne au-delà de ses capacités », fin de citation. En effet, je sais que nous sommes dignes de notre destin.

    Ce moment historique est à saisir aujourd’hui.

    Et c’est à vous, Délégués aux Concertations nationales, ici réunis, qu’il revient de démontrer, par le sérieux et la qualité de vos travaux, que la République Démocratique du Congo est non seulement résolue, mais prête à assumer le rôle auquel le Maître des temps et des circonstances la destine.

    A cette fin, j’en appelle à la mobilisation des efforts et des énergies pour que notre pays redevienne un havre de paix, définitivement libéré des forces négatives, autant que du spectre de la guerre et des violations massives des droits humains.

    A la faveur de la tenue des présentes assises, et pour permettre une décrispation de la situation, des mises en liberté conditionnelle de certains prisonniers vont être effectuées.

    Je vous annonce, par ailleurs, qu’une grâce présidentielle est à l’étude en attendant le vote par le Parlement d’une loi d’amnistie.

    Tout en vous souhaitant des échanges fructueux, dans l’intérêt de la Nation, et dans un esprit de tolérance et de respect mutuel, je déclare ouvertes les Concertations nationales.

    Que Dieu bénisse la République Démocratique du Congo !

    Je vous remercie.

    Président Joseph Kabila KABANGE

  • Le M23 prié d’arrêter “toute activité militaire” en RDC

    Le M23 prié d’arrêter “toute activité militaire” en RDC

    m23 au Rwanda-Deux exigences ont été formulées jeudi par les chefs d’Etats de la région des Grands Lacs, à l’issue du sommet de Kampala, la capitale de l’Ouganda. D’abord, ces derniers ont sommé la rébellion congolaise du M23 d’arrêter “toute activité militaire et cesser la guerre et les menaces de renverser le gouvernement légal de République démocratique du Congo”.

    Ensuite, les onze chefs d’Etat présents ont exigé que les négociations entre le M23 et la République démocratique du Congo (RDC) reprenenne “dans les trois jours”.

    Le dialogue, suspendu depuis mai, devra être “conclu dans une période maximale de quatorze jours”, précise le communiqué final du sommet. Une requête à laquelle a accédée le M23. Jeudi soir, son président, Bertrand Bisimwa, a déclaré que la rébellion était “prête” à reprendre les pourparlers avec Kinshasa.

    LE RWANDA ET L’OUGANDA POINTÉS DU DOIGT

    Durant ces quatorze jours, “les forces belligérantes sur le terrain sont exhortées à exercer le maximum de retenue pour que les pourparlers soient rapidement conclus”.

    Le sommet demande également à la nouvelle “brigade d’intervention [de l’ONU] d’excercer sans relâche une pression sur le M23 et toutes les autres ‘forces négatives’”, terme qui désigne les groupes armés qui pullulent dans l’est de la RDC, notamment la rébellion rwandaise des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

    Cette nouvelle brigade de l’ONU, dont le mandat est d’éradiquer les groupes rebelles actifs dans l’est de la RDC, a épaulé l’armée congolaise à la fin d’août pour déloger le M23 de Goma, capitale du Nord-Kivu, à la frontière avec le Rwanda.

    La RDC et l’ONU accusent le Rwanda de soutenir militairement le M23, mais le pays concerné dément formellement. L’Ouganda, hôte du sommet, est également soupçonné d’aider les rebelles.

    C’est la septième fois depuis juillet 2012 que les chefs d’Etat de la région des Grands Lacs se réunissent pour tenter de trouver une solution à la crise persistante dans l’est de la RDC, sans succès notable jusqu’ici. A chaque reprise des affrontements, le M23 et Kinshasa se renvoient systématiquement la responsabilité des combats.

  • Les concertations s’engagent mal en l’absence de l’opposition

    Les concertations s’engagent mal en l’absence de l’opposition

    Kabila moto pasi– Les “concertations nationales” qui doivent s’ouvrir mercredi pour régler la crise sociale, politique et militaire en République démocratique du Congo (RDC) semblent mal s’engager en l’absence quasi certaine de l’opposition, qui devrait boycotter ces assises. Le président Joseph Kabila, réélu en 2011 à l’issue d’un scrutin contesté, avait initialement promis ces concertations pour le début de l’année 2013. Fin juin, il a signé une ordonnance précisant qu’elles porteraient sur la gouvernance, l’économie, le désarmement des groupes armés, les conflits communautaires et la décentralisation. Les échanges doivent durer une quinzaine de jours. Les états-généraux se dérouleront à Kinshasa, la capitale, Lubumbashi, la deuxième ville du pays et capitale de la province riche et instable du Katanga (sud-est) d’où est originaire M. Kabila, et Kisangani, la capitale de la Province Orientale (nord-est). L’organisation a été confiée aux présidents de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, et du Sénat, Léon Kengo wa Dondo, considérés comme proches du pouvoir. Et le président Kabila doit lui-même prononcer le discours d’ouverture des travaux mercredi à Kinshasa, au Palais du peuple, siège du Parlement.
    Ces assises s’ouvrent après de longues discussions entre la majorité issue des élections législatives et présidentielle de 2011, l’opposition qui a rejeté le résultats de ces scrutins, et la société civile. Elles ont également lieu alors que l’armée congolaise, soutenu par les Casques bleus, progresse sur le terrain contre les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), dans l’est du pays, et dont les représentants ne sont pas conviés aux concertations. L’idéal d’un rassemblement national semble bien compromis. Les grands groupes parlementaires de l’opposition – l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le Mouvement de libération du Congo (MLC) et l’Union pour la nation congolaise (UNC) – exigent une improbable rectification du mode d’organisation des concertations, faute de quoi ils boycotteront le processus. Le dialogue devrait se limiter alors à un échange entre la majorité et une partie de la société civile. En juillet, près de 80 partis d’opposition avaient estimé que la forme retenue pour les assises ne correspondait pas à la recommandation de l’ONU d’organiser “un dialogue politique transparent et sans exclusive entre toutes les parties prenantes congolaises”.

    L’opposition demande que Mary Robinson, envoyée spéciale du secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, soit le “témoin” des concertations, et que le chef de l’Etat du Congo voisin, Denis Sassou Nguesso, en soit le “facilitateur”. Celui-ci avait dit en juillet être “disponible” pour assurer cette médiation.

    Alors que la majorité de la population vit dans un dénuement extrême et que l’Etat peine à imposer son autorité sur l’ensemble du territoire, face à de nombreux groupes armés, l’opposition souhaite que les discussions débordent du champ fixé par M. Kabila.

    Elle voudrait qu’elles concernent les violations massives des droits de l’Homme, l’enrôlement des enfants soldats, le pillage et le bradage des ressources naturelles, la formation d’une armée républicaine et moderne, la légitimité des institutions, et la corruption.

    Parmi les autres requêtes: la récusation du président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), l’abbé Appolinaire Malu-Malu, jugé proche de M. Kabila. Il est soupçonné de vouloir modifier l’article 220 de la Constitution pour permettre au président de briguer un troisième quinquennat.

    Par Habibou BANGRÉ

    AFP

  • Conflit en RDC: le Rwanda isolé, sa marge de manoeuvre limitée

    Conflit en RDC: le Rwanda isolé, sa marge de manoeuvre limitée

    war-criminal-paul-kagame– Le Rwanda, de nouveau accusé par l’ONU d’ingérence dans le conflit en République démocratique du Congo (RDC) voisine, se retrouvait vendredi très isolé au niveau international et sa marge de manoeuvre apparaissait extrêmement limitée. Au lendemain d’une rhétorique résolument guerrière, dont il a déjà usé à plusieurs reprises ces derniers mois contre Kinshasa, le gouvernement rwandais a baissé d’un ton vendredi, ne réagissant pas officiellement aux nouvelles accusations de l’ONU sur un soutien de son armée aux rebelles congolais du M23 qui affronte les forces de RDC (FARDC) dans la province orientale du Nord-Kivu. Selon des diplomates à New York, le sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet a déclaré jeudi soir au Conseil de sécurité avoir des “informations crédibles et cohérentes” sur un soutien de l’armée rwandaise aux rebelles du M23, dans les combats en cours au nord de la capitale du Nord-Kivu, Goma. L’intensité de ces combats, qui durent depuis une semaine, est montée mercredi et jeudi, avec l’engagement accru, au côté des FARDC, de la nouvelle Brigade d’intervention de la Mission de l’ONU au Congo (Monusco), chargée d’éradiquer les groupes armés qui pullulent dans l’est du pays. Selon ces mêmes sources, M. Mulet, qui s’exprimait à huis clos, a évoqué une infiltration de troupes rwandaises en RDC “ces derniers jours”. Accusé depuis octobre 2012 de soutenir le M23, rébellion à majorité rwandophone, dans l’est de la RDC, le Rwanda a toujours fermement démenti, de même que Kampala, également accusé. Divers responsables de la présidence et du gouvernement rwandais ont été contactés vendredi par l’AFP, après ces nouvelles accusations, mais aucun n’a répondu. Seule la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo a démenti dans la nuit sur Twitter la présence de troupes rwandaises de l’autre côté de la frontière.

    “Non (…), les troupes rwandaises ne sont pas en République démocratique du Congo (pour le moment)”, a écrit la ministre, sur un ton volontairement ambigu, entre ironie et menace voilée.

    Le Rwanda se retrouve “très isolé sur la scène internationale”, a estimé Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale au centre de réflexion International Crisis Group (ICG), interrogé par l’AFP.

    Membre non-permanent du Conseil de sécurité depuis le 1er janvier, le Rwanda a bloqué mardi, selon des diplomates, une proposition franco-américaine de sanctions contre deux responsables du M23. Il s’est aussi opposé depuis une semaine à plusieurs projets de déclaration du Conseil sur la situation dans l’est de la RDC, mettant en cause le M23.

    Comme à chaque nouvel épisode de crise dans le Nord-Kivu, Kigali a ces derniers jours haussé le ton et usé d’un vocabulaire martial après la chute de son côté de la frontière d’obus tirés depuis la RDC.

    Accusant les forces de RDC d’”intensifier leur bombardement délibéré du territoire rwandais”, Mme Mushikiwabo a averti jeudi: “cette provocation ne peut plus être tolérée. Nous n’hésiterons pas à défendre notre territoire”.

    Mais, vendredi, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a affirmé que ce sont les rebelles du M23 qui ont tiré en direction du territoire rwandais.

    Dans un communiqué, M. Ban “condamne en particulier les tirs non ciblés émanant du M23 qui ont causé des morts, des blessés et des dégâts matériels parmi la population civile à l’est de la RDC et dans les zones frontalières au Rwanda, de même que parmi les Casques bleus”.

    L’armée rwandaise est déjà intervenue officiellement à trois reprises dans des conflits en RDC. En 1996 – la RDC s’appelle encore le Zaïre – elle organise, encadre et accompagne au combat la rébellion de Laurent-Désiré Kabila, qui renverse un an plus tard Mobutu Sese Seko.

    En 1998, la rupture de l’alliance avec Kabila provoque la Deuxième Guerre du Congo, conflit régional impliquant plus d’une dizaine de pays africains, dont le Rwanda est un acteur majeur. Le dernier soldat rwandais quitte officiellement la RDC en octobre 2002.

    En 2009, l’armée rwandaise participe à une opération conjointe avec les FARDC contre les rebelles hutus rwandais dans l’Est congolais.

    Jeudi, des véhicules blindés de l’armée rwandaise ont ostensiblement parcouru Kigali, prenant la route de Gisenyi, en direction de la frontière congolaise. De façon inhabituelle, des images de ces mouvements de troupe ont été diffusées à la télévision nationale et sur les médias.

    Aucun déploiement militaire particulier n’a toutefois été constaté vendredi à Gisenyi ou le long de la frontière alentour.

    La ville était calme et les boutiques ouvertes. Les deux postes-frontière reliant Gisenyi et Goma sont restés ouverts depuis la reprise des combats et les commerçants notamment continuaient de traverser vendredi dans les deux sens.

    Malgré ses coups de menton, la marge de manoeuvre de Kigali semble aujourd’hui très limitée, notamment en raison de la présence importante de l’ONU au côté des FARDC dans les combats face au M23.

    “Maintenant les Casques-Bleus sont très impliqués. Il y a donc un risque de confrontation entre les Casques-Bleus et le Rwanda, ce qui serait catastrophique pour ces derniers”, notait vendredi Thierry Vircoulon.

    AFP

  • Concertations nationales : enfin le consensus !

    Concertations nationales : enfin le consensus !

    Palais du peuple
    Palais du peuple

    -Pas d’immunités. Les conclusions et recommandations engageront toutes les parties. 690 participants au total. 140 pour la MP contre 100 de l’Opposition. La société civile et les chefs coutumiers auront respectivement 100 et 29 délégués. Ce n’est pas un accouchement par eutocie. S’il faut emprunter dans le lexique médical. On dirait mieux un accouchement par césarienne. C’est donc hier que le Comité préparatoire des Concertations nationales a déposé son rapport. Après discussions, les différentes parties ont accordé leurs violons. Les divergences qui les ont divisées mardi dernier ont toutes été vidées de leur substance. Entre autres, la guerre aux cornes au sujet de l’opposabilité des conclusions des Concertations nationales à tous et le projet d’immunité à accorder à certaines personnalités. Sans doute de l’Opposition. Christophe Lutundula, l’une de grandes figures de la Majorité présidentielle au pouvoir, a déclaré hier à la presse, que les différentes parties sont finalement parvenues à un consensus. ” Nous allons ajouter un deuxième alinéa à l’article 17 du Règlement intérieur des travaux dont le libellé est : ” les conclusions et les recommandations issues des Concertations nationales engageront toutes les parties “, a poursuivi le député MSDD. En ce qui concerne les immunités réclamées par l’Opposition politique au profit de certaines personnalités politiques, une source digne de foi contactée hier par Forum des As, a déclaré qu’il n’en sera pas question. Autrement dit, cette requête de l’Opposition n’a pas requis un avis favorable du Comité préparatoire.

    690 PARTICPANTS POUR NEGOCIER LA COHESION NATIONALE

    Combien de personnes prendront part aux concertations nationales ? Cette question longtemps restée suspendue sur les lèvres de plus d’un Congolais, a finalement trouvé sa réponse hier mercredi. C’est donc un suspense levé. On en sait désormais plus. Six cent quatre-vingt-dix personnes participeront ainsi à ces assises très attendues de tous.

    Cependant, la clef de répartition prévoit 140 délégués pour la composante Majorité présidentielle au pouvoir, contre 100 représentants de l’Opposition politique. La Société civile comme entité, se contente d’un quota de 100 sièges. Puis finalement, 29 émissaires des chefs coutumiers. Mathématiquement, les différents chiffres présentés ci-dessus ne donnent pas la somme de 690 participants. C’est dire que la différence proviendra des quotas additionnels.

    Etant donné que c’est la fin du travail du Comité préparatoire qui conditionnait le démarrage effectif des travaux proprement dits, la date d’ouverture des Concertations nationales pourrait être fixée incessamment. Certaines indiscrétions disent même avant la fin de la semaine en cours. Sinon, c’est au début de la semaine prochaine que l’opinion pourrait être définitivement fixée. Normal, dans la mesure où on a suffisamment passé le temps sur des préalables. Maintenant qu’on a plus au moins des bases sur lesquelles partir, on ne peut qu’appuyer sur l’accélérateur pour mettre un terme à cette rencontre qui, depuis plusieurs mois, semble avoir pris l’opinion nationale en otage.

    L’APRES-CONSULTATION SE RACONTE DEJA DANS LES RUES DE KINSHASA

    Jamais, un sujet d’actualité politique en RD Congo, n’a déchainé autant de passions comme les Concertations nationales en vue. Que des pronostics ! Que des analyses aussi contradictoires les unes des autres. Que des schémas de gestion du pouvoir proposés. Qui dit donc vrai ? A priori, tout le monde a raison. En même temps, tout a l’air faut. Sauf si l’on a le pouvoir de divination.

    Dans cette foire des supputations, certains prédisent l’avènement d’un nouvel ordre constitutionnel. Les partisans de cette thèse vont jusqu’à citer certaines personnalités pressenties à la tête de nouvelles institutions. Dans une ville comme Kinshasa, où la radio trottoir constitue un émetteur puissant, très peu sont des analystes qui accordent un moindre espace au bon sens. Donc à la critique et la raison. Moralité, chacun croit détenir le monopole de la vérité. Pourtant, tout relève d’une simple spéculation.

    A tous égards, on a intérêt à ouvrir ces Concertations dans un délai raisonnable pour mettre fin à la spéculation. Car, on ne comprend pas qu’une rencontre interne du genre, suscite autant des attentes parfois disproportionnelles, par rapport aux enjeux mêmes qui ont motivé ces concertations nationales. Quelles que soient les conclusions qui seront issues de ce forum, le plus important reste la cohésion nationale. Sauf si les politiciens voudraient bien monter les enchères, créer délibérément d’autres mécontents pour une énième rencontre basée sur le partage du pouvoir. Si c’est vraiment ça l’enjeu, alors on ne sera pas du tout sorti de l’auberge. Laurel KANKOLE

    -Forum des AS

  • Les concessions de Joseph Kabila à l’opposition

    Les concessions de Joseph Kabila à l’opposition

    Intégralité:Discours des Vœux 2013 de Joseph Kabila, Pdt de la RDC-Joseph Kabila a reculé face à la pression de ses opposants. Il a fait une première concession en acceptant la mise en place d’une commission préparatoire. Le présidium des Concertations nationales en a fait part à la délégation du MLC reçue au Palais du peuple, dans l’après-midi du 12 août. Ce comité sera composé de trente membres, à raison de 10 pour la majorité et autant pour l’opposition et la société civile.

    Sauf imprévu, ce comité pourrait commencer ses travaux dans les quarante-huit heures pour laisser la place à la convocation des concertations proprement dites avant le 20 août prochain. Kabila tient à cette date puisque le voisin Denis Sassou N’Guesso -le médiateur préssenti- qu’il compte inviter à l’inauguration prend ses vacances à partir du même 20 août. Face à Léon Kengo et Aubin Minaku, la délégation du MLC s’est contentée d’écouter.

    La position du parti bembiste n’allait être connue qu’après examen au niveau du bureau politique du parti. Tout laisse croire que les Bembistes pourraient reconsidérer leur boycott à savoir que le régime a fait également une concession sur la représentation paritaire et le vote par consensus.

    Dans l’entre-temps, Léon Kengo wa Dondo a dévoilé son appât. Alors qu’il était acculé face aux opposants venus, à sa résidence, sise avenue Batetela, s’enquérir de sa position sur la convocation des Concertations nationales, l’ancien Premier ministre de Mobutu a carrément jeté l’os à la figure à ses hôtes. “Dans tous les cas de figure, nous aboutirons à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale”, a lâché les maître des céans à ses visiteurs. C’est dit et dit à l’effet de provoquer une ruée dans une classe politique connue pour son mercantilisme légendaire.

    C’est lui qui le dit le sait très bien pour l’avoir expérimenté en 1994 lorsqu’il avait réussi a débaucher plusieurs opposants avant de se faire élire Premier ministre au détriment d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Cette fois-ci, les choses ne se présentent pas de la même façon.

    A l’époque, le Zaïre de Mobutu traversait une transition politique dans un paysage politique bipolarisé entre les PFC -Forces politiques du Conclave et l’USORAL -Union sacrée de l’opposition radicale et alliés. Les uns et les autres n’avaient à se prévaloir d’aucune légitimité. Aujourd’hui, il y a eu les élections du 28 novembre 2011.

    Même si les résultats de ce scrutin restent controversés, ce n’est pas Joseph Kabila, qui en est le principal bénéficiaire, qui contestera qu’elles ont mis en place une opposition parlementaire bien identifiée. Et lorsque celle-ci éconduit Kengo, qu’est-ce qu’il en reste de légitimité à la représentation de l’opposition aux Concertations nationales. De cette opposition parlementaire, seul le groupe des Libéraux de José Makila participe aux discussions ouvertes à Notre Dame de Fatima, dans la suite du Conclave de Limete. L’UNC n’y prend pas.

    Le MLC avait déjà tout boycotté, s’en tenant à la position formulée au CEPAS en réaction à l’ordonnance présidentielle sur la convocation des Concertations nationales. La représentation parlementaire de l’UDPS préserve sa position traditionnelle fondée sur la revendication de l’impérium au profit de Tshisekedi quoique ce dernier considère ses élus qui siègent au Palais du peuple comme autoexclus de l’UDPS.

    Déjà qu’à Fatima même, Kengo n’a pas la manœuvre facile. Il est venu ne personne, dans la matinée du samedi 10 août, pour tenter de convaincre sur ce qu’il a réussi à arracher à Joseph Kabila. Entre autres, la promesse sur la mise en place préalable d’une commission préparatoire, une représentation paritaire entre la majorité, l’opposition et la société et la prise de décision par concensus aux Concertations nationales. Dans l’après-midi du même samedi, il recevait la délégation de l’opposition officiellement au nom du présidium des Concertations nationales ensemble avec Aubin Minaku. Kengo a réitéré les mêmes propos à côté de Minalu qui n’a pas fait de commentaire.

    Est-ce à dire que qui ne dit mot consent? Négatif puisque la délégation de la majorité a tout rejeté en bloc au sortir d’une audience précédente, une heure auparavant, avec le même présidium. Il faut donc reconnaître que Kengo cherche à faire du forcing, intéressé qu’il est de la promesse de prendre la direction du gouvernement d’union nationale envisagé. Si son ambition est légitime, la contrepartie à Kabila de lui concéder que son mandat commence à courir à partir de 2013, sous prétexte de la guerre du M-23, est de nature à éloigner le prétendu souci de parvenir à la cohésion nationale.

    Que vaudra un gouvernement d’union nationale sans l’UDPS, le MLC et l’UNC. Et un gouvernement d’union nationale pour apporter quelle solution à quel problème là où le plus urgent et fondamental est de recadrer le processus électoral.
    H.M. MUKEBAY

    Direct CD

  • Dialogue : « N’ayez pas peur », lance Z’Ahidi

    Dialogue : « N’ayez pas peur », lance Z’Ahidi

    Z’Ahidi-Pour le porte-parole du Cartel des opposants  signataires de l’Accord global et inclusif, « le dialogue entre congolais n’est qu’un moment de recherche des convergences sociales et politiques  pour redonner forces à la Nation ».
    A la suite de cette polémique généralisée pré Concertations ou pré Dialogue- c’est selon-, on en oublierait presque que l’ordre institutionnel en cours tire son fondement de l’Accord global et inclusif conclu, voici 10 ans,  en Afrique du Sud. Avec la cacophonie politicienne ambiante, on en oublierait presque que la Nation est menacée dans son existence et que l’urgence, mieux l’instinct de survie postule un antidote émanant de l’ensemble du pays. Voilà que Z’Ahidi Arthur Ngoma vient comme pour rappeler aux uns et aux autres que la crise –dans toutes ses facettes- se pose « à nous en tant que peuple, en tant que Nation ; et c’est en tant que tel que nous devons y répondre ». On retrouve- là les ressorts de la démarche « Camp de la patrie ». Sauf que le Z’Ahidi qui a effectué sa rentrée médiatique – via une conférence de presse-, hier mardi 6 août, s’exprimait en qualité de porte-parole du « Cartel de la composante Opposition politique signataire de l’Accord global et inclusif ». Une espèce de retour aux sources de l’ordonnancement politique actuel, non par nostalgie, mais par correction. «  La non exécution des résolutions et recommandations du Dialogue inter congolais de Sun City constitue, à n’en point douter, une des sources du malheur que connaît le pays », tranche l’ancien Vice- président de la République. Devons-nous désespérer pour autant de la RDC ? Non, répond Z’Ahidi. C’est pourquoi, sans souscrire à la querelle sémantique en cours, le porte-parole du Cartel des signataires de l’acte fondateur de la Troisième république définit le Dialogue tout simplement : « Le Dialogue entre Congolais n’est qu’un moment de recherche des convergences sociales et politiques entre Congolais pour redonner forces à la Nation ». Pas de quoi avoir des appréhensions quand tout le monde est d’accord qu’il y ait rencontre entre les hommes. D’où, le « N’ayez pas peur » emprunté au Très regretté Jean- Paul II. Un dialogue pour lequel Z’Ahidi Arthur Ngoma avait déjà appelé en mai 2010. De même qu’en son temps,  il rappelle qu’il avait fustigé la confusion autour de la nationalité de certains officiers rwandais comme Nkundabatware. Le même pour qui le Dialogue est inscrit dans l’ADN des Africains.  Si le Cartel s’inscrit déjà dans la logique du Dialogue, il esquisse même les questions essentielles à y débattre : la sécurité, le développement économique et le social. A n’en point douter, comme il y a une dizaine d’années, Z’Ahidi Ngoma se positionne parmi ces hommes ressources pour qui l’Opposition n’est pas qu’un espace de contestation.  Elle est aussi une plate-forme de  propositions  et surtout un courant qui sait identifier et défendre les intérêts nationaux. Un petit air des années « Etats généraux de l’Opposition » a traversé la salle du centre Saint Clément, rue Benseke à Kintambo.  Entourant leur porte-parole, le modérateur Lisanga- le même-, l’Anader Kumbu, l’UODC Kikata,  le camp de la Patrie Bembe ainsi que d’autres figures présentes dont Eva Muakasa, Idambituo…ont sans doute revu cette épopée de l’opposition congolaise.

    CARTEL DE LA COMPOSANTE OPPOSITION POLITIQUE SIGNATAIRE  DE L’ACCORD GLOBAL ET INCLUSIF

    En prenant la parole devant cette auguste assemblée, il me vient à l’esprit ces mots que je prononçais au seuil de notre transition vers la démocratie ; des mots qui viennent comme autant d’interrogations sur le temps qui passe.

    «Dans sa divine bonté, disais-je, Dieu Tout Puissant a bien voulu écouter la voix de son peuple et lui redonner espoir. A cet instant mémorable, où le temps, avec son cortège d’interrogations, semble arrêter son cours et où l’utopie se fait réalité, il est vrai que la main de l’artiste tremble; elle tremble devant cette fresque pas encore achevée, mais déjà bien avancée, de notre espérance fondamentale ».

    Cette joie de voir notre pays sortir des abîmes était bien légitime ; l’espoir était permis ; la paix était là, encore que nous ne perdions pas de vue qu’elle emportait avec elle l’embellie et l’ombre.

    L’embellie parce qu’il était désormais possible de dépasser le présent pour entreprendre l’avenir.

    II était à notre portée de transformer les dures épreuves subies par notre peuple en une chance de renaissance pour lui.

    Il était à notre portée de vérifier nos certitudes partagées, voire de les confirmer au carrefour où doivent converger toutes nos énergies pour réhabiliter la confiance en nous-mêmes, amorcer la reconstruction de la citoyenne et du citoyen par où transite ïa reconstruction de la Nation.

    II était à notre portée de fonder notre volonté de paix sur la culture de paix, c’est-à-dire en étant attentifs aux justes sujets de plaintes des plus démunis de nos concitoyens, privés du droit aux droits de l’homme, au premier desquels le droit à la vie.

    Il était à notre portée d’agir à la réunification du pays et à sa pacification, ce qui postulait travailler activement pour l’extension de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire et donc à la formation d’une armée nationale intégrée, une territoriale nouvelle et maîtrisée, une économie revitalisée et véritablement réunifiée, une politique sociale volontariste pour panser les blessures sociales autant que pour réhabiliter la dignité d’un peuple longtemps rivé à la pauvreté absolue.

    Il était à notre portée de peaufiner le calendrier de la démocratie pour conduire le pays vers des élections libres et transparentes.

    Il était à notre portée de soutenir ce sens du mouvement et de l’inscrire dans l’indispensable harmonie avec le sens de l’Etat.

    Enfin, il était de notre devoir, puisque tel est le destin naturel de notre pays au cœur du continent africain, d’arracher notre sous-région de la culture de guerre pour fonder sa renaissance dans la culture de paix.

    Malgré d’inévitables contradictions, voire des pesanteurs liées à la démocratie de la pauvreté, c’était le défi à relever. La tâche était rude, tant il est vrai qu’au-delà de la lumière, la paix retrouvée emportait avec elle l’ombre.

    L’ombre, parce que la crise qui a entraîné la Patrie au fond des abîmes a laissé derrière elle tous ses alliés objectifs, qui ont pour noms : l’ignorance, la culture de jouissance et de suffisance, l’exclusion de tout ce qui n’est pas soi et les siens, le prosélytisme, et sais-je encore, des volontés aussi dispersées qu’instrumentalisées. Autant dire que momentanément défaite la crise interne a vite recouvré de sa culture.

    Rien n’aura été épargné, y compris nos institutions d’appui à la démocratie, dont c’était le rôle que d’accompagner et de soutenir l’expectative légitime de notre peuple à la bonne gouvernance, à la justice et à la paix. Or, la démocratie, disons le sans ambages, ne vaut que ce que valent les forces sociales qui la soutiennent.

    L’ombre, enfin, parce qu’il n’est pas donné de construire la paix dans un environnement international fantasque et récessif. Il en fallait beaucoup pour que nos rapports exogènes rencontrent l’harmonie que patiemment notre pays s’efforçait d’instaurer en son sein.

    Aujourd’hui, comme le Cartel de l’Opposition l’avait dît en d’autres circonstances, le temps qui passe n’est plus à ces illusions lyriques, d’un pays dont la voix compte au cœur du continent noir, alors que du pays il ne reste plus que la désacralisation des valeurs fondamentales de la République ; l’institutionnalisation des antivaleurs, dont la corruption, le pillage des ressources naturelles, bradées, sans étal d’âme, contre des palliatifs à court terme ; l’étalage des richesses indues, sous le règne de l’impunité généralisée ; la réduction du citoyen et de la citoyenne à la pauvreté absolue, à la mendicité.

    Notre Peuple, humilié et affligé, assiste avec impuissance aux violations massives et systématiques de sa souveraineté, de ses droits humains, de l’intégrité de son territoire, en particulier par le Rwanda. Le tableau est bien sombre.

    Un spectacle insoutenable que celui du géant du continent noir jeté en pâture aux rapaces. La question se pose à nous, très chers Compatriotes ; elle se pose à nous en tant que peuple, en tant que Nation ; et, c’est en tant que tel que nous devons y répondre.

    Comme nous venons de l’établir, la crise que nous connaissons a deux niveaux, l’interne et l’externe.

    A la crise interne répond la revendication du dialogue entre Congolais ; tandis que la crise externe concerne les relations de bons voisinages entre Etats. Etroitement liées ces deux questions ne doivent pas être confondues dans leur résolution. Ce fut le cas à Sun City et le pays l’aura payé très cher !

    Beaucoup a été dit sur le Dialogue entre Congolais, Des polémiques qui témoignent plus des appréhensions diverses. Nous le dirons à la suite du Regretté Saint-Père, Jean-Paul II, «N’ayez pas peur », Le dialogue entre Congolais ce n’est qu’un moment de recherche des convergences sociales et politiques entre Congolais pour redonner forces à la Nation.

    Au-delà des questions de forme qui se doivent d’être considérées, se posent, quant au fond les questions essentielles suivantes :

    1/ la sécurité, c’est-à-dire la nécessité de reconstruire les piliers de l’Etat, ces piliers qui lui donnent sens parce que l’Etat n’est avant tout qu’un service ou n’est rien du tout : l’armée, la police, l’administration publique, les services de l’Etat, la justice, la diplomatie, etc. qui sont aujourd’hui, clochardisés.

    2/ Le développement économique ; Au moment où les pays du monde investissent dans le patriotisme économique la R.D, Congo ne peut pas être le seul pays à vivre dans la confusion entre libéralisme économique et western économique, pour la gloire jumelle de la corruption, l’impunité généralisée et l’enrichissement sans cause. Nous devons en finir avec le bradage des ressources naturelles du pays contre des palliatifs à court terme. Nous devons sortir le pays d’une économie de rente et l’engager dans une économie de transformation.

    3/ Le social. C’est la clé de voûte du développement d’un pays ; l’indication de son niveau de civilisation, mais qui est aujourd’hui totalement abandonné. L’éducation, la santé, la jeunesse, la femme, les personnes âgées, totalement clochardisés. Le social devient l’espace de la charité, abandonné en tant que tel aux aléas de l’humanitaire.

    Il va sans dire que la non exécution des résolutions et recommandations du Dialogue Inter Congolais de Sun City (Afrique du Sud) constitue, à n’en point douter, une des sources du malheur que connaît le pays présentement.

    Ce Dialogue entre Congolais doit se tenir dans notre pays mais pas forcément. Il doit se tenir sous la direction d’un facilitateur à désigner soit par les Nations Unies soit par l’Union Africaine.

    Prévu pour durer quinze jours, ce Dialogue doit regrouper l’actuelle majorité présidentielle, l’opposition politique dans toute sa diversité y compris celle de la diaspora et les forces vives de la société civile.

    Le Dialogue National politique, transparent et inclusif à venir doit rechercher la réconciliation nationale autour des principes et valeurs qui forgent notre unité en tant que peuple, en tant que Nation.

    C’est le lieu de renouveler l’hommage de la reconnaissance de la Nation à la communauté internationale et à tous les pays amis, pour l’accompagnement dont ils ont bien voulu nous prodiguer dans ces voies étroites de notre transition. C’est aussi le lieu d’en appeler à eux tous pour qu’ils poursuivent leur contribution à l’instauration d’une paix durable dans notre sous-région, laquelle ne saurait investir ses espoirs de développement dans une culture de guerre.

    Nous en appelons, enfin, à la CIRGL, afin que d’aucuns comprennent que la paix que nous voulons construire en RDC c’est au bénéfice de tous ; et, qu’avec la paix la sous-région d’Afrique centrale a tout à gagner, tandis qu’avec la guerre elle a tout à perdre. La remarque s’adresse en particulier au Rwanda, qui doit sortir d’une culture de guerre et construire sa démocratie sur le fondement d’un dialogue entre Rwandais.

    Descendons dans le tumulte de nos cités et de nos patries diverses où tourbillonne et s’émeut la grande angoisse humaine à la recherche de la délivrance ; rapprochons, pour l’heureuse confrontation où se dissipent les malentendus, les génies de nos patries diverses qu’un même destin, du haut avenir ou du désastre mortel, fait inéluctablement solidaires. Faisons nôtre cette prière de Saint François d’Assise :

    Là où est la haine, que je mette l’amour ;

    Là où est l’offense, que je mette le pardon ;

    Là où est la discorde, que je mette l’union ;

    Là où est l’erreur, que je mette la vérité ;

    Là où est le doute, que je mette la foi.

    Puisse la petite fille nommée Espérance, à laquelle l’auteur reconnaissait des vertus théologales, porter très haut l’espérance fondamentale de notre peuple ; et puisse le Seigneur Tout Puissant protéger et bénir notre pays la République Démocratique du Congo !

    Je vous remercie de votre attention.

    SEM Z’Ahidi Arthur NGOMA,

    Ancien Vice Président de

    la République

    Porte parole du Cartel

  • La RDC émet 3 mandats d’arrêts contre des membres du M23 au Rwanda

    La RDC émet 3 mandats d’arrêts contre des membres du M23 au Rwanda

    Runiga et Makenga-La République démocratique du Congo a émis trois mandats d’arrêt internationaux contre quatre responsables de la rébellion congolaise Mouvement du 23 mars (M23) réfugiés au Rwanda depuis une scission du groupe armé, a annoncé vendredi un communiqué officiel du gouvernement.

    La RDC a “transmis, le 25 juillet 2013, par les voies diplomatiques d’usage à la République du Rwanda, trois mandats d’arrêts internationaux” visant quatre ressortissants congolais “réfugiés sur le territoire de la République du Rwanda”, indique le communiqué de Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

    L’un des mandats concerne à la fois Jean-Marie Runiga Lugerero, ex-président du M23, et le colonel Baudouin Ngaruye, “général de brigade autoproclamé du M23”, indique le texte. Un autre mandat cible le lieutenant-colonel Eric Badege, “colonel autoproclamé du M23”, et un dernier vise le colonel Innocent Zimurinda, est-il ajouté.

    Tous les quatre, visés par des sanctions de l’ONU, sont poursuivis pour “constitution d’un mouvement insurrectionnel; crimes de guerre; crimes contre l’humanité par meurtre, emprisonnement, tortures, viol, esclavage sexuel, persécution pour des motifs ethniques; crimes de guerre par tortures, enrôlement, conscription et utilisation de mineurs de moins de 15 ans dans des groupes armés”.

    Fin février, le M23 a éclaté: une branche soutenait le chef militaire, le général Sultani Makenga, et l’autre le président politique, Jean-Marie Runiga. Mi-mars, quelque 700 combattants pro-Runiga ont fui au Rwanda avec Jean-Marie Runiga et avaient été désarmés à leur arrivée au Rwanda, selon Kigali.

    Début février, la ministre rwandaise chargée des Réfugiés, Séraphine Mukantabana, avait expliqué à l’AFP que ceux qui voulaient renoncer “de manière définitive et volontaire” à leur statut militaire pourraient commencer les démarches pour demander le statut de réfugié. Ceux qui refuseront n’auront “pas droit à l’asile dans notre pays”, avait-elle assuré.

    Le gouvernement congolais, pousuit son communiqué, “attend avec intérêt la réponse du gouvernement du Rwanda”, rappelant que Kigali avait signé l’accord d’Addis-Abeba le 24 février. Par cet accord, les onze pays africains signataires s’engagent à ne pas soutenir ni protéger un groupe armé, quel qu’il soit dans l’est congolais.

    Le M23 est actif depuis mai 2012 dans la province riche et instable du Nord-Kivu. Il est essentiellement composé de Tutsi congolais intégrés dans l’armée congolaise après un accord de paix signé en 2009. Ils se sont mutinés en avril 2012, estimant que cet accord n’avait jamais été pleinement respecté.

    Des experts de l’ONU ont accusé le Rwanda et l’Ouganda d’appuyerle M23 – ce que ces pays voisins de la RDC ont toujours démenti.

    Jeuneafrique