Author: Don Kayembe

  • RDC: nouvel archevêque, Mgr Ambongo prend la relève du «souci pastoral»

    RDC: nouvel archevêque, Mgr Ambongo prend la relève du «souci pastoral»


    Par
    RFI

    Publié le 02-11-2018
    Modifié le 02-11-2018 à 13:14

    Fridolin Ambongo Besunga a été confirmé archevêque métropolitain de Kinshasa par le pape François, jeudi 1er novembre. Il succède ainsi au cardinal Laurent Monsegwo Laurent Pasinya, dont la démission a été acceptée jeudi par le Saint-Siège. Le cardinal Monsegwo va ainsi pouvoir se consacrer pleinement à son rôle de cardinal. Ce changement intervient à un moment charnière de la vie de la RDC où la voix de l’Eglise est écoutée.

    A bientôt 59 ans, le nouvel archevêque de Kinshasa avait été nommé co-adjuteur en février dernier. Fils d’un travailleur des plantations d’hévéas, il a fait des études de philosophie au séminaire de Bwamanda et de théologie à l’institut Saint Eugène de Mazenod de Kinshasa, avant de s’engager dans l’ordre des Frères mineurs capucins. Il est ordonné prêtre en 1988.

    Ensuite, Ambongo poursuit les études doctorales en théologie morale à l’Académie alphonsienne de Rome. Revenu au pays, il enseigne aux Facultés catholiques de Kinshasa et au grand séminaire Saints Pierre et Paul de Lisala. Il est évêque de Bokungu-Ikela, puis Mbandaka-Bikoro, avant de se retrouver aujourd’hui à la tête de l’église de Kinshasa. Il affirme avoir conscience de la lourdeur de la charge :

    « La situation du pays, avec la période que nous vivons maintenant, un peuple qui évolue doucement vers des élections prévues pour le 23 décembre, cela fait partie du souci pastoral de l’archevêque de Kinshasa. »

    Autant que pour le cardinal Monsengwo, son prédécesseur à la tête de l’Eglise catholique de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo n’a toujours pas été tendre avec le pouvoir politique.

    Les évêques de la RDC ont prévu de se réunir entre le 20 et le 22 novembre. La rencontre sera entièrement consacrée à l’évaluation du processus électoral et devra s’achever le jour du lancement de la campagne électorale.

    → RELIRE : Le cardinal Monsengwo, Desmond Tutu ou Machiavel congolais ?

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  • Jusqu’à vingt-cinq ans de prison requis contre les dirigeants indépendantistes catalans

    Jusqu’à vingt-cinq ans de prison requis contre les dirigeants indépendantistes catalans

    L’ancien vice-président de Catalogne, Oriol Junqueras, risque vingt-cinq ans de prison. C’est ce qu’a requis le parquet, vendredi 2 novembre, contre l’indépendantiste de gauche, pour « rébellion aggravée avec détournement de fonds publics », un an après le référendum sur l’indépendance organisé par les élus catalans. Dix-huit dirigeants régionaux attendent d’être jugés par le tribunal suprême espagnol pour leur rôle dans la tentative de sécession d’octobre 2017.

    Lire aussi :   Catalogne : un an plus tard, où en est le mouvement indépendantiste ?

    Le procureur général a requis également dix-sept ans d’emprisonnement contre l’ex-présidente du parlement régional Carme Forcadell et les dirigeants d’association indépendantiste Jordi Sanchez et Jordi Cuixart. Déjà en détention provisoire, ils sont accusés de rébellion, mais sans malversation. En Espagne, les réquisitions provisoires du parquet sont rendues avant le renvoi devant un tribunal.

    Pour sa part, l’avocat de l’Etat espagnol (Abogacia general de Estado), qui dépend du ministère de la justice, a requis des peines maximales de 12 ans de prison et écarté le délit de « rébellion » au profit de celui de « sédition », qui n’implique pas de soulèvement violent.

    Une « violence » dénoncée par le parquet

    Selon le ministère public, « le plan sécessionniste [des dirigeants catalans] envisageait l’utilisation de tous les moyens nécessaires pour atteindre leur objectif, y compris puisqu’ils avaient la certitude que l’Etat n’allait pas accepter la situation la violence nécessaire pour s’assurer du résultat criminel visé. »

    L’usage de la violence pendant le processus indépendantiste en Catalogne est, cependant, contesté en Espagne, bien au-delà du camp indépendantiste, par un large éventail de témoins, ainsi que d’éminents juristes.

    Les autres anciens conseillers du gouvernement de Carles Puigdemont, exilé en Belgique, risquent, pour leur part, sept ans ou seize ans d’emprisonnement. Au-delà des indépendantistes poursuivis pour rébellion ou détournement de fonds publics en raison des dépenses engagées pour organiser le référendum interdit du 1er octobre 2017, six autres seront jugés pour « désobéissance grave » et encourent une amende.

    La date du procès n’a pas été encore fixée, mais son ouverture est attendue début 2019.

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  • En Iran, la mort d’une rivière

    En Iran, la mort d’une rivière

    L’Iran s’enfonce dans la crise. La valeur du rial, la monnaie nationale, a été divisée par trois, voire quatre, depuis le début de l’année : les prix s’envolent au hasard. Téhéran subit de plein fouet le retour des sanctions américaines depuis que Washington s’est retiré, en mai, de l’accord international sur le programme nucléaire iranien. La mise en place de la deuxième vague est attendue pour le 5 novembre.

    A Ispahan la rivière est à sec. Le désert s’élargit à vue d’œil. La République islamique gère mal ses ressources en eau. Elle a laissé les cultures se multiplier, et les agriculteurs puiser l’eau de la rivière à l’excès. Les aciéries d’Ispahan et de Yazd sont elles aussi gourmandes. Résultat, la rivière Zayandeh Rud, naturellement permanente, disparaît. D’ici à trente ans, l’Iran pourrait ressembler à un désert inhabitable.

    Cette situation s’apparente à un lent suicide, mais qu’y faire ? L’Etat peut difficilement annoncer aux paysans que la majorité d’entre eux sont voués à disparaître ou à changer de métier. Avec le retour des sanctions, la transition écologique figure très loin derrière les priorités.

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  • Bernard Bajolet : « En Syrie, un signal fort des Occidentaux aurait été nécessaire »

    Bernard Bajolet : « En Syrie, un signal fort des Occidentaux aurait été nécessaire »

    Le revirement américain sur les frappes, en 2013, a fait basculer le conflit syrien, rappelle l’ex-patron de la DGSE. L’opposition en a conclu qu’elle était lâchée, la Russie est entrée en scène et le djihadisme s’est intensifié.

    Propos recueillis par Nathalie Guibert et Marc Semo Publié aujourd’hui à 12h47, mis à jour à 13h30

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    Avant de devenir coordinateur national du renseignement sous la présidence de Nicolas Sarkozy et de prendre la tête de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) sous celle de François Hollande, Bernard Bajolet, 69 ans, fut ambassadeur en Jordanie, Bosnie, Irak, Algérie, Afghanistan. Dans Le soleil ne se lève plus à l’est (Plon, 464 p., 21,90 euros), le diplomate livre une analyse plutôt pessimiste des principaux conflits du Moyen-Orient.

    Vous estimez le régime de Bachar Al-Assad en Syrie « irréformable ». Pourquoi ?

    Le régime n’est pas réformable parce qu’il est dans une logique communautaire. C’est une minorité qui gouverne la Syrie. Peu après son arrivée au pouvoir, Bachar Al-Assad avait montré quelques velléités d’ouverture auxquelles il a dû renoncer sous la pression de ses proches et de la communauté alaouite. Celle-ci reste traumatisée par son histoire et des siècles d’oppression. Avant même la guerre civile en Syrie, j’avais du mal à croire à une évolution non violente d’un régime qui veut se maintenir à tout prix au pouvoir. Il faut se rappeler le précédent de la révolte de Hama en 1982, écrasée dans le sang – des milliers de morts – par le père, Hafez Al-Assad. Bachar, le fils, a voulu faire la même chose. Mais le monde a changé. Il n’est plus possible de massacrer à huis clos.

    Une solution politique inclusive est-elle malgré tout possible en Syrie ?

    On peut difficilement imaginer un système en Syrie où cohabiteraient au prorata de leur poids dans la population sunnites et alaouites, et encore moins après ces années de guerre. Si la rébellion sunnite avait pris le pouvoir, les alaouites auraient été écrasés. En 2012, il y avait une réelle préoccupation dans la communauté internationale pour éviter un « Srebrenica » alaouite. Grâce à ses parrains russe et iranien, le régime a finalement gagné et, désormais en position de force, il refuse tout compromis. Au mieux peut-on espérer un habillage, dont la forme la plus élaborée serait un départ du pouvoir de Bachar Al-Assad. Vladimir Poutine assure en privé ne pas tenir spécialement à la personne de Bachar, mais il veut maintenir le régime en place. Une personnalité à même de le remplacer n’est toutefois pas encore apparue.

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  • Sélection galerie : Lindsay Caldicott chez Christian Berst Art brut

    Sélection galerie : Lindsay Caldicott chez Christian Berst Art brut

    Lindsay Caldicott est née à Leicester en Angleterre en 1956 et s’y est suicidée en 2014. Radiographe de profession, elle fait des études d’art à Londres ­entre 1983 et 1988, puis retourne à son métier. Elle est internée en 1990 à Leicester comme maniaco-dépressive et schizophrène, conséquence d’abus qu’elle a subis dans son enfance. De ce moment à sa mort, elle accomplit une œuvre d’une singularité et d’une complexité exceptionnelles. Ce sont des collages, dans lesquels elle dispose des éléments découpés, photocopiés, répétés des dizaines de fois. Elle les organise le plus souvent en éventails, en entrelacs, en circonvolutions. La précision des assemblages de fragments suppose un travail préparatoire et une exécution très lents et minutieux. Processus obsessionnel, sans doute.

    Ces montages, faits essentiellement d’éléments prélevés dans des images d’anatomie, des radiographies et des photographies, ne sont pas figuratifs, quand on les considère de loin. Ils le redeviennent quand l’œil se rapproche pour essayer de comprendre ce qu’il voit. Il n’y parvient que partiellement, perdu dans les plis et les superpositions dont Caldicott maîtrise exactement la prolifération. Quelques œuvres sont d’une structure plus simple, dessinant des schémas anthropomorphiques. Elles sont tout aussi remarquables. Lindsay Caldicott était une grande ­artiste, dont rien n’était connu jusqu’à cette exposition.

    « Lindsay Caldicott : X Ray Memories ». Galerie Christian Berst Art brut, 3-5, passage des Gravilliers, Paris 3e. Tél. : 01-53-33-01-70. Du mardi au samedi de 14 heures à 19 heures. Jusqu’au 24 novembre.

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  • « Les femmes ont gagné en visibilité »

    « Les femmes ont gagné en visibilité »

    Françoise Thébaud est historienne, professeure émérite de l’université d’Avignon. Spécialiste des femmes et du genre, ­cofondatrice de la revue Clio, elle a coordonné le tome V d’Histoire des femmes en Occident. Le XXe siècle (Plon, 1992). Elle est l’auteure, notamment, des Femmes au temps de la guerre de 14 (Payot, 2013).

    La première guerre mondiale a-t-elle ouvert la voie à l’égalité des droits hommes-femmes ?

    C’est l’objet d’un débat. Il est vrai que de nombreux pays ont accordé le droit de vote aux femmes au lendemain de la guerre. C’est le cas notamment du Royaume-Uni dès le 6 février 1918, à une nuance près : les femmes britanniques ne peuvent voter qu’à partir de 30 ans, par crainte d’un déséquilibre du corps électoral, étant donné que des centaines de milliers d’hommes sont morts sur le front. Cette mesure entend récompenser l’engagement au service de leur patrie de celles qui furent un des piliers de l’effort de guerre et qui remplacèrent leurs congénères masculins dans les champs et les usines.

    L’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie, les Etats-Unis ou le Canada suivent le même chemin. Cependant, il faut relativiser l’influence de la guerre. D’abord parce que les Pays-Bas, pays pourtant non belligérant, ont eux aussi accordé le droit de vote aux femmes en 1919. Ensuite, parce que cette revendication était déjà portée avant guerre par un mouvement suffragiste puissant, organisé à l’échelle nationale et internationale. Elle est d’ailleurs satisfaite en Nouvelle-Zélande, à la fin du XIXsiècle, puis en Australie, en Finlande et en Norvège.

    Même en France, pays qui n’octroie le droit de vote aux femmes qu’en 1944, de nombreux députés appartiennent à un groupe parlementaire en faveur des droits des femmes avant 1914. Les féministes qui s’étaient battues pour sa création pensaient que les Françaises voteraient aux municipales de 1916… qui ne se sont pas tenues !

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  • Billet Retour à Gbadolite : la nostalgie de l’ère Mobutu persiste en RD Congo

    Billet Retour à Gbadolite : la nostalgie de l’ère Mobutu persiste en RD Congo

    Dernière modification : 02/11/2018

    Billet Retour à Gbadolite : la nostalgie de l’ère Mobutu persiste en RD Congo

    Plus de 20 ans après la chute du charismatique dictateur congolais, beaucoup dans le pays-continent d’Afrique centrale continuent de regretter celui que l’on surnommait “Papa Maréchal”, qui a régné sans partage de 1965 à 1997.

    Vingt-et-un ans que le maréchal Mobutu Sese Seko a été chassé du pouvoir en République démocratique du Congo. Vingt-et-un ans que ce pays géant d’Afrique centrale a troqué la dictature pour une supposée démocratie. Et pourtant… Alors que le pays semblait suffoquer sous le régime autocratique de Mobutu, les Congolais portent aujourd’hui un regard nostalgique sur les années Zaïre, comme s’appelait leur pays à l’époque. Fierté nationale, lutte contre le tribalisme, construction de routes, électrification… Les réussites du “Maréchal” semblent maintenant éclipser ses exactions.

    C’est Gbadolite, dans le nord de la RD Congo, non loin de la frontière avec la République centrafricaine, que le “léopard du Zaïre” avait choisi comme fief de son pouvoir sans partage. Autrefois un hameau de 2 000 âmes fait de quelques cases en terre cuite, Gbadolite avait été métamorphosée à la fin des années 1960 pour accueillir Mobutu et son entourage. En quelques années, c’est une ville moderne et coquette qui est sortie de terre, en plein cœur de la forêt tropicale.

    Mais cette bourgade s’est figée dans le temps un matin de mai 1997. Alors chassé par la rébellion de Laurent-Désiré Kabila, Mobutu doit fuir vers le Maroc. Les extravagants palais du Maréchal sont pillés ou détruits. Certains bâtiments en pleine construction ne seront jamais achevés.

    Nos reporters Horaci Garcia Marti et Thomas Nicolon se sont rendus dans les ruines de Gbadolite, puis à Kinshasa, la bouillonnante capitale congolaise, pour tenter de comprendre quelles traces Mobutu a laissées dans le paysage et dans les consciences congolaises.

    En s’entretenant avec les anciens collaborateurs du dictateur, puis avec ceux qui ont souffert de son régime de fer, nos reporters tenteront comprendre la difficulté de sortir des griffes d’une dictature de plus de 30 ans.

    Par Thomas NICOLON , Horaci GARCIA MARTI

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  • Gabon: le PDG ragaillardi et renouvelé après sa victoire aux législatives

    Gabon: le PDG ragaillardi et renouvelé après sa victoire aux législatives


    Par
    RFI

    Publié le 02-11-2018
    Modifié le 02-11-2018 à 11:45

    A l’issue du second tour des législatives au Gabon, le Parti démocratique gabonais (PDG) d’Ali Bongo obtient une majorité écrasante à l’Assemblée nationale. Sur 143 sièges, l’opposition n’en a obtenu que 17. Or, il y a deux ans, en 2016, le parti au pouvoir était sorti particulièrement affaibli de la présidentielle très contestée. L’ancien président de l’Assemblée, Guy Nzouba Ndama, et l’ancien ministre Alexandre Barro Chambrier, avaient claqué la porte du parti et rejoint Jean Ping. Aujourd’hui, c’est un tout autre tableau qui se dessine.

    A l’issue de ces élections législatives, l’opposition dénonce certes des fraudes, la participation est particulièrement faible, mais pour Ike Ngouoni, le porte-parole de la présidence, l’essentiel est ailleurs : ces élections ont le mérite de clore définitivement le débat sur la légitimité du chef de l’Etat.

    Le très influent Maixent Accrombessi, victime d’un accident vasculaire cérébral, est à présent remplacé par Brice Lacruche Alihanga au poste de directeur de cabinet. Ali Bongo a changé la direction de son parti. Et lors des investitures pour les législatives, il a écarté certains barons qui étaient en place depuis Omar Bongo et qui ne lui étaient peut-être pas dévoués à 100%, pour placer plus de jeunes et des femmes. « Il faut plutôt voir ces changements comme un renouvellement nécessaire », explique-t-on à la présidence.

    La nouvelle Assemblée nationale sera en tout cas fidèle au chef de l’Etat. Le PDG fait également une razzia sur les municipalités, lui assurant un Sénat aux ordres en 2020.

    « Face à lui, l’opposition est affaiblie et divisée », se réjouit une source du pouvoir. « Ali Bongo a certes réussi son coup mais c’est en apparence seulement. » « L’abstention très forte montre bien qu’il n’y a aucune adhésion », estime pour sa part l’opposant Guy Nzouba Ndama, qui se déclare plutôt préoccupé en ce moment par l’état de santé du chef de l’Etat.

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  • Soudan du Sud: après la rencontre Machar-Kiir, le scepticisme demeure

    Soudan du Sud: après la rencontre Machar-Kiir, le scepticisme demeure


    Par
    RFI

    Publié le 02-11-2018
    Modifié le 02-11-2018 à 11:31

    Le Soudan du Sud est loin d’être sorti d’affaire. Mercredi 31 octobre 2018 à Juba, le pouvoir a organisé une grande cérémonie de la paix pour célébrer l’accord signé début septembre. Pouvoir, opposition, chefs d’Etat régionaux ont participé. Le chef rebelle Riek Machar est même venu dans la capitale après plus de deux ans d’exil. Pour autant, la réalité du terrain pourrait vite se rappeler à tous les acteurs.

    « Cette cérémonie était un acte symbolique important, mais ça ne garantit rien pour la suite », explique un observateur. Avec les chefs d’Etat régionaux, la communauté internationale a montré qu’elle soutenait encore le processus.

    Le retour de Riek Machar a aussi été vu comme un signe positif. Pour autant, le chef rebelle est reparti dans la soirée pour Khartoum, preuve que les conditions de son retour ne sont pas encore réunies.

    La période de pré-transition, qui doit durer huit mois, est très laborieuse. Du retard s’accumule dans la mise en place des institutions. Et le risque d’un échec est toujours fort. « Il y a des problèmes d’incompétence, de bureaucratie et de méfiance », confie un observateur.

    Une euphorie de courte durée ?

    Les travaux du comité de pré-transition, l’organe-clé chargé d’appliquer l’accord, ont plus d’un mois de retard. Or, ces délais risquent d’exacerber la suspicion et de replonger le pays dans la crise. Sur le terrain, des combats ont toujours lieu sporadiquement. Chaque camp recrute des hommes.

    S’ajoutent à cela des dysfonctionnements dans la chaîne de commandement et des conflits locaux. Bref, une situation sécuritaire très complexe. Un observateur attend beaucoup plus du président Kiir, en tout cas.

    « C’est à lui de donner le tempo. Or, on dirait qu’il n’a pas envie de diriger. Chaque fois, la communauté internationale doit lui tordre le bras pour qu’il agisse », confie cette source. Quoi qu’il en soit, on l’aura donc compris, l’euphorie de la cérémonie de Juba risque de s’estomper rapidement.

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  • Mali: les politiques et journalistes se souviennent de Ghislaine et Claude

    Mali: les politiques et journalistes se souviennent de Ghislaine et Claude


    Par
    RFI

    Publié le 02-11-2018
    Modifié le 02-11-2018 à 10:44

    Quelques jours seulement après l’annonce de l’assassinat de Claude Verlon et de Ghislaine Dupont, en novembre 2013, une marche avait été organisée à Bamako par les associations de la presse malienne pour dénoncer le crime et réclamer justice. Cinq ans plus tard, le souvenir, la colère et les appels à la justice animent toujours les journalistes maliens.

    Cinq ans après les faits, Coulibaly Lassana, journaliste à l’hebdomadaire Le Guido, se souvient du jour du drame : « Ce jour-là, j’étais à Bamako. Ça a été une période dure ! »

    A l’époque, cette tragédie provoque une onde de choc dans les rédactions maliennes. Et aujourd’hui, de nombreux confrères sont toujours en colère, comme Saba Balon du quotidien Info-Matin. « L’autorité malienne, l’autorité française, ces deux autorités savent très bien ce qu’il se passe à Kidal ! Disons la vérité : le 2 novembre sera vraiment une journée de colère. »

    Souvenir, colère, mais également déception en raison de l’évolution de l’enquête sur la mort de Claude Verlon et de Ghislaine Dupont. Coulibaly Adama, journaliste au Nouveau Réveil, se dit « très déçu du point de l’enquête ».

    Sans porter de gants, d’autres journalistes maliens estiment que si l’enquête n’a pas abouti, c’est parce qu’on « cache quelque chose ». « On peut mettre ça du côté du secret d’Etat, analyse Freddy Matar Sylla. Peut-être que Ghislaine et Claude avaient pu découvrir quelque chose qu’on cache, soit au Mali ou bien à la communauté internationale. »

    « On veut la vérité, toute la vérité », ajoute Freddy, par ailleurs caricaturiste redouté. Mais aucune avancée majeure n’est à noter depuis l’année dernière dans l’affaire de cet assassinat, qui a pourtant marqué les esprits au Mali.

    « Tôt ou tard, la vérité finira par éclater »

    Pour ceux qui connaissaient bien les victimes, le souvenir est d’autant plus vif. Tiébilé Dramé, homme politique malien, est un ami de longue date de Ghislaine Dupont. Cinq ans après, il garde toujours « le souvenir d’une journaliste engagée, déterminée dans ce qu’elle entreprenait. C’était une grande dame, une grande journaliste ». Mais Tiébilé Dramé salue avant tout la mémoire d’une « amie » et d’une « sœur ». « Nous ne l’oublierons pas ».

    Malgré une enquête au point mort, il dit comprendre les lenteurs du dossier et se veut malgré tout optimiste. « Malheureusement, Kidal échappe au contrôle de l’Etat malien. L’Etat est de retour de façon symbolique, mais il n’exerce pas effectivement sa souveraineté. Je pense qu’il faut être persévérant. Et tôt ou tard la vérité finira par éclater dans cette affaire comme dans d’autres. »

    Une affaire politique ?

    Mais en attendant, l’enquête n’avance pas. Aucun personnel de justice ne peut se rendre sur place pour poursuivre les investigations. Si les hommes politiques restent dans l’ensemble plutôt silencieux sur les raisons de la mort des deux journalistes de RFI, ils déplorent toutefois l’impunité et la difficulté de faire aboutir les enquêtes.

    Ahmoudhène Ag Iknass est aujourd’hui à l’Assemblée nationale, élu de Kidal. En 2013, il était conseiller municipal de la ville. Même cinq ans après la mort de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, il reste difficile de connaître les circonstances de leur assassinat. « Les gens ont peur de s’exprimer, les gens ont peur de désigner d’autres personnes. Ils ont peur d’accuser quelqu’un et que cette accusation leur porte préjudice. »

    En novembre 2013, aucun enquêteur malien n’a pu être envoyé sur place, se souvient Mohamed Ali Bathily, ancien ministre de la Justice. Après la crise de 2012, son équipe gouvernementale venait d’être nommé seulement deux mois auparavant.

    « Aucun service de la police judiciaire ne pouvait opérer sur place. Et encore moins maintenant. Parce qu’aujourd’hui l’Etat n’y est pas du tout admis. Donc je me demande si le dossier qui est là, finalement, n’existe que dans la forme et pas dans le fond. Je ne crois pas qu’il y ait fondamentalement un empêchement à interpeller. Si on ne les interpelle pas, ce n’est pas un empêchement juridique, technique. C’est politique. »

    Pour l’heure, il semble qu’aucun mandat d’arrêt n’a été annoncé.

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