Author: Don Kayembe

  • « Le trumpisme continuera après Trump »

    « Le trumpisme continuera après Trump »

    Politologue, Alexandra de Hoop Scheffer est directrice, en France, du think tank transatlantique German Marshall Fund of the United States. Etablie à Paris, elle travaille sur les liens entre l’Europe et l’Amérique, et considère que le « trumpisme » est bien plus ancré dans la société américaine qu’on le dit.

    Les élections de mi-mandat du 6 novembre sont-elles de nature à contrarier le pré­sident Trump ? A quoi faut-il s’attendre ?

    Le scénario qui se profile est celui d’un Congrès divisé, les démocrates remportant la majorité à la Chambre des représentants et les républicains conservant le contrôle du Sénat. Le président Trump se retrouverait ironiquement dans une situation similaire à celle de son prédécesseur, Barack Obama, en 2010. Incapable de gouverner, le président devrait recourir aux décrets, outils fragiles puisqu’ils peuvent être annulés par un autre décret présidentiel. La plupart des chantiers et projets de la présidence Trump se trouveraient compromis – mur avec le Mexique, destruction de l’Obamacare, coupes dans les programmes sociaux, baisses d’impôts. La Chambre des représentants se transformerait aussi en une ruche de commissions d’enquête.

    La bataille qui oppose Trump et le procureur spécial, Robert Mueller, s’élargirait à un face-à-face entre Trump et 21 présidents de commissions – dont celles, puissantes, du renseignement, des affaires judiciaires, du budget, du contrôle et de la réforme de l’Etat –, qui pourraient (re)lancer des enquêtes sur les soupçons de collusion avec la Russie, la possible entrave à la justice lors du limogeage du patron du FBI, et sur toutes les affaires et les scandales dans lesquels Trump est empêtré. Le président conserverait cependant une grande marge de manœuvre en politique étrangère et militaire.

    On a souvent décrit l’électeur de Trump comme étant un citoyen blanc et exclu de la mondialisation, ayant peur du déclassement social et de la perte ­d’influence…

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  • Livre. L’archéologie bouscule l’histoire

    Livre. L’archéologie bouscule l’histoire

    Une histoire des civilisations. Comment l’archéologie bouleverse nos connaissances, sous la direction de Jean-Paul Demoule, Dominique Garcia et Alain Schnapp, La Découverte/Inrap, 606 p., 49 €.

    Une somme, voilà le terme qui décrit le mieux Une histoire des civilisations, fruit d’une coédition entre l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) et La Découverte. Dirigé par les archéologues français Jean-Paul Demoule, Dominique Garcia et Alain Schnapp, cet ouvrage de 600 pages rassemble les contributions de quelque 70 chercheurs et a pour ambition d’embrasser le parcours des sociétés humaines depuis l’émergence du genre Homo jusqu’à la globalisation actuelle.

    On pourrait presque voir comme une provocation, alors que les archéologues ont longtemps été considérés comme de simples supplétifs des historiens, cette volonté de prendre à bras-le-corps rien de moins que le destin de l’humanité. Mais cette approche se justifie par les nombreuses évolutions que la discipline a connues au cours des dernières décennies.

    La notion de « civilisation » revisitée

    L’archéologie est notamment la seule discipline capable de retourner aux racines de l’humanité. A cet égard, la première partie du livre, présentée par le préhistorien Jean-Jacques Hublin et consacrée à l’hominisation de la Terre ainsi qu’aux premières sociétés de chasseurs-cueilleurs, se révèle profondément originale pour ce type d’ouvrage.

    La notion usuelle de « civilisation » est ainsi révisée, revisitée, et ce n’est qu’au bout de 250 pages, après l’exploration des sociétés agricoles du néolithique, que l’on entre, avec l’apparition des Etats centralisés, dans l’histoire classique et l’ère de l’écriture. Les maîtres d’œuvre ont pris soin de ne pas tomber dans le piège de l’européocentrisme et, au fil des chapitres, le lecteur se promène dans l’Inde ancienne, fait connaissance avec la métallurgie…

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  • Robert Guédiguian et sa tribu. Une rencontre du Monde Festival

    Robert Guédiguian et sa tribu. Une rencontre du Monde Festival

    Décryptage

    Robert Guédiguian tourne et travaille avec une tribu de fidèles. Notamment trois acteurs, que l’on retrouve à l’affiche de quasiment tous ses films, vingt exactement, depuis Dernier Eté (1980). A savoir Ariane Ascaride, qui est également son épouse, Gérard Meylan et Jean-Pierre Darroussin. Ce trio illumine La Villa (2017), dernier film de Guédiguian, qui contient une scène tirée de Ki lo sa (1985), film tourné il y a donc plus de trente ans, où les mêmes acteurs surgissent à l’écran dans leur insolente jeunesse.

    Samedi 6 octobre, au Théâtre des Bouffes du Nord, dans le cadre du Monde Festival, Robert Guédiguian a raconté ce qui le pousse à travailler en tribu et ce qu’il en attend. Un témoignage inédit sur la « méthode Guédiguian » et sur le plaisir de travailler en collectif.

    Revivez les meilleurs moments du Monde Festival en vidéo.

    LE MONDE

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  • Histoire. Quatre siècles de fouilles et de découvertes

    Histoire. Quatre siècles de fouilles et de découvertes

    Trois pierres, c’est un mur… Une histoire de l’archéologie (« Three Stones Make a Wall. The Story of Archaeology »), d’Eric H. Cline, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jacques Dalarun, CNRS Editions, 462 p., 25 € (en librairie le 31 octobre).

    Eric H. Cline se défend d’être un Indiana Jones de l’archéologie. Il a pourtant en commun avec Steven Spielberg d’avoir saisi ce qui fait le charme de la discipline : la découverte, moment de bonheur indescriptible pour l’inventeur, comme pour le spectateur de films d’aventures. Et de belles trouvailles, la vie de l’archéologue américain de 58 ans en regorge – la plus belle, dit-il, fut une patte de singe pétrifiée, lors de sa première fouille hors d’Amérique, sur le site gréco-romain de Tel-Anafa, dans le nord d’Israël.

    Après plus de trente campagnes de fouilles en Israël, en Grèce, en Turquie, en Jordanie, à Chypre et aux Etats-Unis, il propose, dans Trois pierres, c’est un mur…, moins une histoire de l’archéologie qu’une histoire des découvertes archéologiques les plus importantes depuis les fouilles en 1709 d’Herculanum, ville romaine antique détruite par l’éruption du Vésuve en l’an 79. S’il attribue la naissance de l’archéologie moderne à Joachim Winckelmann (1717-1768), Cline ne prend pas ici en compte les différentes interprétations des origines de sa discipline, s’évitant de remonter jusqu’aux curiosités pour les vestiges anciens attestés dans l’entourage des souverains égyptiens dès le IIIe millénaire av. J.-C.

    Ce parti pris lui permet d’entrer directement dans le vif du sujet. Sous forme de synthèses brillamment ficelées, à mi-chemin entre le polar et l’enquête journalistique, il retrace les premiers pas des grands archéologues, de ­l’Allemand Heinrich Schliemann (1822-1890), à Troie, au Français Auguste Mariette (1821-1881), en Egypte, et du Britannique ­Leonard Woolley (1880-1960), à Ur, en Mésopotamie, à l’Américain…

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  • Mali: deux casques bleus tués dans une attaque dans le Nord

    Mali: deux casques bleus tués dans une attaque dans le Nord


    Par
    RFI

    Publié le 28-10-2018
    Modifié le 28-10-2018 à 08:44

    Deux casques bleus burkinabè ont perdu la vie dans une attaque perpétrée samedi 27 octobre, dans le nord du Mali, par des assaillants non encore identifiés. Une autre attaque a fait trois blessés chez les soldats de la paix dans le centre du pays.

    L’attaque la plus meurtrière s’est déroulée dans la localité malienne de Ber, située près de Tombouctou. Les assaillants ont mené une double opération communément appelée dans le jargon « une attaque complexe ». D’abord contre les positions de la mission de l’ONU avec des tirs à l’arme lourde venant de plusieurs pickups armés de lance-roquette. Ensuite les mêmes assaillants, cette fois à pied, ont poursuivi l’attaque contre les casques bleus.

    Les soldats de la paix les ont finalement repoussés, même s’ils semblent avoir été un peu surpris dans un premier temps. Bilan de l’attaque et de la riposte : deux casques bleus originaires du Burkina Faso tués et cinq autres blessés. Côté assaillants, on dénombre également des victimes.

    Enfin, selon une source médicale à Ber, des enfants ont été blessés par balles.

    Quelques heures après les évènements de Ber, à environ 300 kilomètres au sud de Tombouctou, d’autres casques bleus ont été l’objet d’une attaque à l’engin explosif improvisé : trois d’entre eux, de nationalité togolaise, ont été blessés. Les deux attaques n’ont pas encore été revendiquées, mais les observateurs les qualifient déjà d’attaques terroristes.

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  • Les gagnants et les perdants de l’affaire Khashoggi

    Les gagnants et les perdants de l’affaire Khashoggi

    Le prince héritier saoudien et l’administration Trump traîneront longtemps le boulet de l’affaire Khashoggi, qui sape aussi le rêve israélien d’une alliance avec les pétromonarchies contre l’Iran.

    Tawakkol Karman, prix Nobel de la Paix en 2011, avec un portrait de Khashoggi devant le consulat saoudien à Istanbul

    L’assassinat de Jamal Khashoggi, le 2 octobre dans le consulat saoudien d’Istanbul, n’en finit pas de provoquer troubles et remous. C’est peu de dire que la version officielle saoudienne d’un crime « accidentel », perpétré par des éléments « incontrôlés », peine à convaincre. Le moment est pourtant venu de tirer les premières leçons d’un tel scandale international, notamment à la lumière de l’affaire Hariri de novembre 2017. La brutalité de Mohammed Ben Salmane/MBS, le prince héritier et véritable « homme fort » de l’Arabie saoudite, avait alors conduit à une crise déjà sans précédent. Seule l’habileté de la diplomatie française avait pu tirer MBS de ce piège où il s’était lui-même jeté. L’administration Trump n’a pas fait preuve d’un professionnalisme comparable dans l’affaire Khashoggi, dont la Turquie, l’Iran et le Canada sortent à des degrés divers renforcés.

    LES TROIS PERDANTS: ARABIE, ETATS-UNIS ET ISRAËL

    MBS avait dépensé sans compter pour asseoir son image de « réformateur », consacrant deux longues semaines en mars-avril 2018 à une tournée d’auto-promotion aux Etats-Unis. Le voilà ravalé par l’affaire Khashoggi à une caricature d’autocrate qui aurait droit de vie et de mort sur ses sujets. Le régime saoudien, loin de se « réformer », s’aligne sur les standards des dictatures militarisées du monde arabe, dont les polices politiques, désignées sous le terme générique de moukhabarates (renseignements), sont les institutions-clefs. MBS a dû démettre un de ses fidèles, le chef adjoint des services saoudiens, du fait de son rôle central dans la liquidation de Khashoggi. Mais le roi Salman, souverain en titre de l’Arabie, a compensé son fils et prince héritier en le chargeant de « coordonner » l’ensemble des services de sécurité. En guise de « modernité », le royaume saoudien cumule désormais intolérance wahhabite et règne des moukhabarates.

    Quant aux Etats-Unis, ils n’ont cessé d’osciller, au fil des déclarations de Trump, entre l’indignation face à ce meurtre et la volonté d’en disculper MBS. Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, dépêché à Riyad pour contenir la crise, aurait eu bien du mal à incriminer ses interlocuteurs saoudiens: cet ancien chef de la CIA est un partisan déclaré des « trous noirs » où faire disparaître en toute illégalité les « terroristes » supposés; et l’administration Trump n’a cessé de justifier au nom de « lutte antiterroriste » l’écrasement par ses alliés arabes, notamment en Egypte, de toute forme d’opposition.

    C’est cependant Israël qui pourrait payer le prix fort de l’affaire Khashoggi, tant le Premier ministre Netanyahou a misé sur MBS pour officialiser un rapprochement avec les pétromonarchies contre l’Iran et enterrer une fois pour toutes la question palestinienne. Une telle recomposition est désormais exclue, un proche de MBS ayant même menacé de riposter à d’éventuelles sanctions américaines… en se réconciliant avec l’Iran. Netanyahou a tenté d’amortir ce choc en rendant une visite-surprise au sultan d’Oman, mais celui-ci est justement, de tous les dirigeants du Golfe, le mieux disposé envers Téhéran.

    LES TROIS GAGNANTS: TURQUIE, IRAN ET CANADA

    La Turquie du président Erdogan sort la tête haute d’une épreuve où elle était très exposée. Le statut extra-territorial du consulat saoudien aboutit en effet à ce que l’assassinat de Khashoggi ne se soit pas techniquement déroulé sur le sol turc. Mais la justice turque a pu enquêter à l’intérieur même du consulat, tandis que les révélations distillées dans les médias par les dirigeants turcs contribuaient, du fait de leur caractère à la fois sordide et continu, à maintenir la pression sur MBS et sur l’administration Trump. Erdogan, intervenant solennellement devant les députés turcs, le 23 octobre, a insisté sur la « sincérité du roi Salman » pour mieux semer le doute sur celle de son fils. Il a exigé que les 18 suspects saoudiens soient remis à la justice turque, une posture nationaliste très populaire dans le pays.

    L’Iran a également tiré parti de l’affaire Khashoggi, qui a suscité des tensions inédites entre Washington et Riyad, et ce à à la veille de l’entrée en vigueur de sanctions draconiennes des Etats-Unis contre la République islamique. En outre, le tumulte suscité par l’assassinat du journaliste saoudien a permis à Téhéran de faire oublier ses propres turpitudes en matière d’immunité diplomatique: un diplomate iranien en poste à Vienne vient ainsi d’être arrêté en Allemagne et livré à la justice belge, dans le cadre d’une enquête sur un projet d’attentat contre une réunion d’opposants iraniens en France.

    C’est pourtant le Canada qui émerge comme le grand vainqueur moral de l’affaire Khashoggi. En août dernier, un simple tweet de la ministre canadienne des Affaires étrangères, s’inquiétant du sort de féministes et de « pacifistes » incarcérés en Arabie, avait déclenché la fureur de Riyad et des rétorsions foudroyantes: expulsion de l’ambassadeur canadien; suspensions des vols entre les deux pays; retour des milliers d’étudiants boursiers et de Saoudiens hospitalisés au Canada; gel, voire retrait des investissements saoudiens. MBS voulait clairement, en s’acharnant ainsi contre le gouvernement Trudeau, envoyer un avertissement à toutes les démocraties occidentales tentées de critiquer, même à la marge, le régime saoudien. Aucune capitale européenne ne s’était d’ailleurs solidarisée avec un Justin Trudeau ainsi ostracisé par MBS après l’avoir été par Trump, lors du sommet du G7. Quelques semaines plus tard, la mise en garde d’Ottawa sur les errements de MBS apparaît prémonitoire.

    Telle n’est pas la moindre des leçons de l’affaire Khashoggi.

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  • Eric Cantona : « Quand on a reçu de l’amour, on peut renverser des montagnes »

    Eric Cantona : « Quand on a reçu de l’amour, on peut renverser des montagnes »

    VINCENT DESAILLY

    Par Sandrine Blanchard

    EntretienRéservé à nos abonnés

    Publié aujourd’hui à 06h17, mis à jour à 06h17

    Je ne serais pas arrivé là si… « Le Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, l’ancien footballeur aurait rêvé «  d’être immortel ».

    Ancien footballeur international, surnommé « The King » par les supporteurs de Manchester United, Eric Cantona s’est reconverti dans le milieu artistique depuis plus de vingt ans. Il sera, à partir du 22 novembre, sur la scène du Théâtre Antoine, à Paris, dans Lettres à Nour, de Rachid Benzine.

    Je ne serais pas arrivé là si…

    Si j’étais immortel ! J’ai le sentiment qu’il faut tout donner dans ce qui nous inspire, dans ce que nous avons à créer, dans nos amours, tout livrer sur nos points de vue, justement parce qu’on est mortel. Ma petite fille de 4 ans a eu cette réflexion l’autre soir : elle a dit à sa mère, « Maman tu vas vivre mille ans. » Sa mère lui a expliqué que ce n’était pas possible. Ma petite a demandé : « Mais qui a inventé ça, la mort ? C’est ridicule. C’est bien fait pour eux s’ils sont morts. » Je trouve cela très beau. Immortel, j’aurais aimé l’être, car j’aurais été moins pressé !

    Quels souvenirs avez-vous de votre enfance dans le quartier des Caillols, à Marseille ? Quel minot étiez-vous ?

    J’étais vivant. On était tout le temps dehors. On allait à l’école à pied, on jouait au foot dans la cour de récré et à côté de la maison, on faisait du vélo, on attrapait les lézards, on voyait les films de Bruce Lee dans le cinéma de quartier… J’ai eu une belle enfance dans une famille modeste où, avec mes frères, on a reçu l’essentiel : l’amour. Avec ça on n’a plus qu’à vivre, on peut renverser des montagnes.

    Vous dites souvent que votre père vous a transmis votre « capacité d’émerveillement ». C’est-à-dire ?

    J’ai aussi reçu cela. Mon père, mais aussi ma mère, se sont toujours émerveillés de tout. Ils ont aujourd’hui presque 80 ans et continuent à s’émerveiller des paysages, de la lumière, à être curieux de toutes les discussions. Comme eux, j’aime observer le monde. Tout est là pour nous inspirer. On voit aujourd’hui des gamins de 15 ans qui ne sont plus émerveillés de rien. Je les plains.

    Quelles sont les personnes qui vous ont inspiré ?

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  • L’exil doré et douteux de Diego Maradona au Mexique

    L’exil doré et douteux de Diego Maradona au Mexique

    Où Diego Maradona a-t-il mis les pieds ? La sulfureuse icône du foot, après s’être fait remarquer lors du dernier Mondial russe par ses excentricités en tribune (il a dansé, fait la sieste, un malaise et s’est permis un doigt d’honneur…) lors des matchs de l’Argentine, a décidé de renouer en septembre avec sa carrière d’entraîneur, à 57 ans. L’ex-numéro 10 de l’Albiceleste a débarqué dans l’Etat de Sinaloa, dans le nord-ouest du Mexique, pour entraîner Los Dorados (« les dorés »), un club de seconde division.

    Et l’arrivée du fantasque Argentin, connu pour ses excès, dans le berceau du narcotrafic mexicain n’est pas passée inaperçue. Elle a réveillé la légende noire de son nouvel employeur, le milliardaire Jorge Hank Rhon, soupçonné de liens avec le crime organisé.

    « Diego veut juste être sur le terrain »

    « Je suis guéri depuis quinze ans », martèle aujourd’hui Maradona, qui a longtemps lutté contre sa dépendance à la cocaïne. Cette précision s’impose à Culiacan, capitale de l’Etat de Sinaloa, territoire du puissant cartel du même nom. Cette région stratégique de la production et du trafic de drogue est devenue le théâtre d’une guerre de succession sanguinaire depuis que l’ancien chef du cartel de Sinaloa, Joaquin « El Chapo » Guzman, a été extradé aux Etats-Unis.

    Celui que les Argentins ont surnommé jadis « El Pibe de oro » (le gosse en or) fait le délice des réseaux sociaux. Certains internautes n’ont pas hésité à rebaptiser le club « Los Drogados » (les drogués). Son recruteur, Jorge Alberto Hank Inzunza, un des fils de Jorge Hank Rhon, a pris sa défense dans la presse : « Diego veut juste être sur le terrain. » Mais ce rejeton trentenaire peine à se démarquer du passé sulfureux de son père, fondateur du conglomérat Grupo Caliente, propriétaire de Los Dorados et du club de première division Los Xolos de Tijuana.

    Paris sportifs, casinos, hôtels 5-étoiles… Jorge Hank Rhon est à la tête d’une très grosse…

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  • La « Madonna japonaise » prend sa retraite

    La « Madonna japonaise » prend sa retraite

    Et les larmes coulèrent. Des millions de fans de la chanteuse japonaise Namie Amuro ont vécu, samedi 15 septembre, comme un petit deuil. 3 500 d’entre eux étaient présents à Okinawa, dans le Palais des congrès de Ginowan, coiffés d’une corolle d’hibiscus, fleur symbole du petit archipel du sud du Japon où a vu le jour la « Madonna japonaise », la « reine de la J-pop » ou encore « l’héroïne d’Heisei » (l’ère actuelle du Japon) et où elle a donné son ultime concert. Pour ce show, elle a interprété douze titres, seule ou en duo, avec des invités. Au final, un feu d’artifice a été donné sur la mer en son honneur.

    Cet adieu à la scène était attendu. La chanteuse l’avait annoncé le jour de ses 40 ans, le 20 septembre 2017, sans donner d’explications, suggérant simplement que vingt-cinq années de carrière suffisaient bien. Le rideau est donc tombé sur ces années hors norme qui ont fait de la belle d’Okinawa l’une des plus grandes stars de la musique et de la mode du Japon et d’Asie.

    Drames familiaux

    Trente-six millions d’albums vendus, un single, Can You Celebrate, qui détient toujours le record de ventes au Japon. Le tout au travers d’explorations de rythmiques R&B, hip-hop et, plus récemment, électroniques, l’ayant amenée à collaborer avec des stars comme David Guetta, SOPHIE and Zedd et Jolin Tsai, la reine de la pop taïwanaise.

    Un succès comme une antithèse à une enfance compliquée, marquée par des drames familiaux, et que le pays entier connaît. Namie Amuro est née à Naha, la capitale d’Okinawa. Très vite, son père quitte la maison et sa mère, Emiko Taira, doit élever ses trois enfants en travaillant dans une crèche le jour et comme hôtesse de bar la nuit. A la fin des années 1990, elle meurt assassinée sous les coups du frère de son deuxième mari.

    Les fans de Namie Amuro lors d’une exposition consacrée à la chanteuse à Okinawa, en septembre 2018

    Est-ce de ces épreuves extrêmes que vient la réserve affichée de l’artiste, la rareté de ses sourires, l’affirmation d’une liberté si difficile à assumer dans l’univers ultraverrouillé du showbiz nippon ?

    Lire aussi :   Au Japon, une carrière de popstar se décide à chifoumi

    Namie Amuro a été repérée à 12 ans. Elle fait ses débuts avec le girls band The Super Monkey’s, en devient la leader puis s’en extirpe. A l’époque, expliquait-elle en 2010 à la télévision japonaise, « j’admirais Janet Jackson. Je voulais que les gens me regardent comme moi je la regardais ». Une inspiration américaine mâtinée d’une influence japonaise, celle du groupe Dreams Come True. Travaillant avec le producteur Tetsuya Komuro, véritable faiseur de stars, elle enchaîne les succès. En 1996, l’album Sweet 19 Blues, écoulé à 3,4 millions d’exemplaires, lui attire un immense public féminin. C’est le temps du single Can You Celebrate.

    L’idole des jeunes

    Tout va vite, en public comme en privé. En 1997, Namie annonce à la surprise générale son mariage avec le membre du groupe TRF Masaharu « Sam » Maruyama. Au cours de la conférence de presse, elle révèle également une grossesse de trois mois, qui aurait précipité l’officialisation de leur union. A l’époque, le showbiz japonais n’a jamais connu une telle pratique.

    Idéal de beauté pour les Japonaises, elle impose dans les venelles délurées du quartier tokyoïte de Shibuya le look « amura » – longs cheveux lissés, peau bronzée, minijupe et bottes remontant au-dessus du genou. Son succès dépasse vite les limites de l’Archipel.

    Star en Chine, en Corée du Sud ou encore en Asie du Sud-Est, elle enchaîne les tournées, menant sa carrière à la baguette, toujours plus loin d’une pop nippone en déclin face à la montée en puissance de la K-pop, sa rivale sud-coréenne.

    Lire aussi :   J-pop : des boys bands au métal symphonique, petit panorama de la musique japonaise

    Jusqu’à ce mois de septembre 2018. Dans les rues de Naha après son ultime concert, le vent chaud et humide s’amusait des affiches la montrant dans une robe blanche et vaporeuse, angélique, souriant légèrement, comme une étoile brillant à jamais au firmament de la notoriété, inaccessible.

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  • « Picasso, Braque & Cie, la révolution cubiste » : aux racines du cubisme

    « Picasso, Braque & Cie, la révolution cubiste » : aux racines du cubisme

    Arte, dimanche 28 octobre à 17 h 35, documentaire

    Comme souvent à 20 ans, on souhaite changer le monde, le remettre en cause, le démolir pour en créer un autre évidemment meilleur. Eux ont réussi à réaliser ce rêve de jeunesse et à transformer en profondeur leur univers, celui de l’art, à tout jamais.

    En 1906, Georges Braque et ­Pablo Picasso ont 24 et 25 ans. La butte Montmartre est leur sanctuaire parisien où se croisent les artistes en manque de reconnaissance. Braque et Picasso se lient d’amitié au point de ne plus se quitter. Pour le moment, leurs ­toiles n’intéressent pas grand-monde ; seuls Apollinaire, alors âgé de 26 ans, et le jeune galeriste Daniel-Henry Kahnweiler, 22 ans, décèlent en eux un immense potentiel. Et outre leur passion pour la peinture, ces quatre garçons inséparables partagent la même ­appétence pour la modernité.

    A cette époque, Claude Monet règne en maître sur l’art, et l’impressionnisme s’impose comme la référence absolue pour la critique

    A cette époque, Claude Monet règne en maître sur l’art, et l’impressionnisme s’impose comme la référence absolue pour la critique. Cette dernière est allergique à toute nouveauté et à toute audace. Picasso n’y prêtera pas attention : il est du genre radical. Pour parfaire son style, il s’inspire, notamment, du tableau Le Bain turc, de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1862). Le jeune Espagnol est attiré par les courbes déformées des femmes de cette toile. Dans son atelier du « Bateau-lavoir », il s’attaque à ces corps féminins jusqu’à les déstructurer. C’est ainsi qu’il propose Les Demoiselles d’Avignon, qui va effrayer ses contemporains et même, au départ, son ami Braque.

    Ce dernier va lui aussi remettre en cause les fondamentaux de l’art. Ainsi, quand Henri Matisse présente La Femme au chapeau (1905), certains journalistes s’offusquent des couleurs vives et des formes perçues comme simplistes de l’œuvre allant jusqu’à qualifier le peintre de « fauve ». Braque voit, au contraire, en cette toile un espace de liberté et un nouvel horizon. Il se rend comme Paul ­Cézanne – qu’il admire – à L’Estaque, hameau de pêcheurs proche de Marseille, pour peindre des paysages : c’est là-bas qu’il va peu à peu s’affranchir de toutes les ­conventions artistiques en malmenant les perspectives et les lignes jusqu’à réduire les maisons à leur forme la plus sommaire. Matisse, lui, se moquera des « petits cubes » de Braque et le « cubisme » – avant de devenir un courant ­artistique – sera un terme péjoratif incarnant ce que l’on ne comprend pas dans cet art nouveau.

    Choquer et innover

    Apollinaire vient en aide à ses deux amis peintres dans différentes publications où il vante leur génie. Comme Braque et Picasso ne veulent plus exposer leurs nouvelles créations à cause des critiques acerbes, Kahnweiler décide, lui, de tourner le dos au marché français et de vendre leurs tableaux à des collectionneurs étrangers. Pari gagnant.

    Braque et Picasso continuent de choquer et d’innover : collage, ajout de matériaux comme du ­sable, utilisation de peinture industrielle comme le Ripolin… C’est ce que raconte Picasso, Braque & Cie, la révolution cubiste. Ce documentaire s’intéresse particulièrement aux premières années des deux artistes qui ont révolutionné la peinture. Surtout, ce film décrit la complicité fusionnelle de Braque et Picasso, qui a poussé les deux compères à se surpasser et à faire abstraction des scandales. Un monde à (re)découvrir à travers l’exposition « Le cubisme », jusqu’au 25 février 2019, au Centre Pompidou, à Paris.

    Lire la critique de l’exposition :   Le cubisme, mouvement pluriel

    Picasso, Braque & Cie, la révolution cubiste, de Frédéric Ramade (France, 2018, 52 min). www.arte.tv

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