Author: Don Kayembe

  • Mali: deux casques bleus tués dans une attaque dans le Nord

    Mali: deux casques bleus tués dans une attaque dans le Nord


    Par
    RFI

    Publié le 28-10-2018
    Modifié le 28-10-2018 à 08:44

    Deux casques bleus burkinabè ont perdu la vie dans une attaque perpétrée samedi 27 octobre, dans le nord du Mali, par des assaillants non encore identifiés. Une autre attaque a fait trois blessés chez les soldats de la paix dans le centre du pays.

    L’attaque la plus meurtrière s’est déroulée dans la localité malienne de Ber, située près de Tombouctou. Les assaillants ont mené une double opération communément appelée dans le jargon « une attaque complexe ». D’abord contre les positions de la mission de l’ONU avec des tirs à l’arme lourde venant de plusieurs pickups armés de lance-roquette. Ensuite les mêmes assaillants, cette fois à pied, ont poursuivi l’attaque contre les casques bleus.

    Les soldats de la paix les ont finalement repoussés, même s’ils semblent avoir été un peu surpris dans un premier temps. Bilan de l’attaque et de la riposte : deux casques bleus originaires du Burkina Faso tués et cinq autres blessés. Côté assaillants, on dénombre également des victimes.

    Enfin, selon une source médicale à Ber, des enfants ont été blessés par balles.

    Quelques heures après les évènements de Ber, à environ 300 kilomètres au sud de Tombouctou, d’autres casques bleus ont été l’objet d’une attaque à l’engin explosif improvisé : trois d’entre eux, de nationalité togolaise, ont été blessés. Les deux attaques n’ont pas encore été revendiquées, mais les observateurs les qualifient déjà d’attaques terroristes.

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  • Les gagnants et les perdants de l’affaire Khashoggi

    Les gagnants et les perdants de l’affaire Khashoggi

    Le prince héritier saoudien et l’administration Trump traîneront longtemps le boulet de l’affaire Khashoggi, qui sape aussi le rêve israélien d’une alliance avec les pétromonarchies contre l’Iran.

    Tawakkol Karman, prix Nobel de la Paix en 2011, avec un portrait de Khashoggi devant le consulat saoudien à Istanbul

    L’assassinat de Jamal Khashoggi, le 2 octobre dans le consulat saoudien d’Istanbul, n’en finit pas de provoquer troubles et remous. C’est peu de dire que la version officielle saoudienne d’un crime « accidentel », perpétré par des éléments « incontrôlés », peine à convaincre. Le moment est pourtant venu de tirer les premières leçons d’un tel scandale international, notamment à la lumière de l’affaire Hariri de novembre 2017. La brutalité de Mohammed Ben Salmane/MBS, le prince héritier et véritable « homme fort » de l’Arabie saoudite, avait alors conduit à une crise déjà sans précédent. Seule l’habileté de la diplomatie française avait pu tirer MBS de ce piège où il s’était lui-même jeté. L’administration Trump n’a pas fait preuve d’un professionnalisme comparable dans l’affaire Khashoggi, dont la Turquie, l’Iran et le Canada sortent à des degrés divers renforcés.

    LES TROIS PERDANTS: ARABIE, ETATS-UNIS ET ISRAËL

    MBS avait dépensé sans compter pour asseoir son image de « réformateur », consacrant deux longues semaines en mars-avril 2018 à une tournée d’auto-promotion aux Etats-Unis. Le voilà ravalé par l’affaire Khashoggi à une caricature d’autocrate qui aurait droit de vie et de mort sur ses sujets. Le régime saoudien, loin de se « réformer », s’aligne sur les standards des dictatures militarisées du monde arabe, dont les polices politiques, désignées sous le terme générique de moukhabarates (renseignements), sont les institutions-clefs. MBS a dû démettre un de ses fidèles, le chef adjoint des services saoudiens, du fait de son rôle central dans la liquidation de Khashoggi. Mais le roi Salman, souverain en titre de l’Arabie, a compensé son fils et prince héritier en le chargeant de « coordonner » l’ensemble des services de sécurité. En guise de « modernité », le royaume saoudien cumule désormais intolérance wahhabite et règne des moukhabarates.

    Quant aux Etats-Unis, ils n’ont cessé d’osciller, au fil des déclarations de Trump, entre l’indignation face à ce meurtre et la volonté d’en disculper MBS. Le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, dépêché à Riyad pour contenir la crise, aurait eu bien du mal à incriminer ses interlocuteurs saoudiens: cet ancien chef de la CIA est un partisan déclaré des « trous noirs » où faire disparaître en toute illégalité les « terroristes » supposés; et l’administration Trump n’a cessé de justifier au nom de « lutte antiterroriste » l’écrasement par ses alliés arabes, notamment en Egypte, de toute forme d’opposition.

    C’est cependant Israël qui pourrait payer le prix fort de l’affaire Khashoggi, tant le Premier ministre Netanyahou a misé sur MBS pour officialiser un rapprochement avec les pétromonarchies contre l’Iran et enterrer une fois pour toutes la question palestinienne. Une telle recomposition est désormais exclue, un proche de MBS ayant même menacé de riposter à d’éventuelles sanctions américaines… en se réconciliant avec l’Iran. Netanyahou a tenté d’amortir ce choc en rendant une visite-surprise au sultan d’Oman, mais celui-ci est justement, de tous les dirigeants du Golfe, le mieux disposé envers Téhéran.

    LES TROIS GAGNANTS: TURQUIE, IRAN ET CANADA

    La Turquie du président Erdogan sort la tête haute d’une épreuve où elle était très exposée. Le statut extra-territorial du consulat saoudien aboutit en effet à ce que l’assassinat de Khashoggi ne se soit pas techniquement déroulé sur le sol turc. Mais la justice turque a pu enquêter à l’intérieur même du consulat, tandis que les révélations distillées dans les médias par les dirigeants turcs contribuaient, du fait de leur caractère à la fois sordide et continu, à maintenir la pression sur MBS et sur l’administration Trump. Erdogan, intervenant solennellement devant les députés turcs, le 23 octobre, a insisté sur la « sincérité du roi Salman » pour mieux semer le doute sur celle de son fils. Il a exigé que les 18 suspects saoudiens soient remis à la justice turque, une posture nationaliste très populaire dans le pays.

    L’Iran a également tiré parti de l’affaire Khashoggi, qui a suscité des tensions inédites entre Washington et Riyad, et ce à à la veille de l’entrée en vigueur de sanctions draconiennes des Etats-Unis contre la République islamique. En outre, le tumulte suscité par l’assassinat du journaliste saoudien a permis à Téhéran de faire oublier ses propres turpitudes en matière d’immunité diplomatique: un diplomate iranien en poste à Vienne vient ainsi d’être arrêté en Allemagne et livré à la justice belge, dans le cadre d’une enquête sur un projet d’attentat contre une réunion d’opposants iraniens en France.

    C’est pourtant le Canada qui émerge comme le grand vainqueur moral de l’affaire Khashoggi. En août dernier, un simple tweet de la ministre canadienne des Affaires étrangères, s’inquiétant du sort de féministes et de « pacifistes » incarcérés en Arabie, avait déclenché la fureur de Riyad et des rétorsions foudroyantes: expulsion de l’ambassadeur canadien; suspensions des vols entre les deux pays; retour des milliers d’étudiants boursiers et de Saoudiens hospitalisés au Canada; gel, voire retrait des investissements saoudiens. MBS voulait clairement, en s’acharnant ainsi contre le gouvernement Trudeau, envoyer un avertissement à toutes les démocraties occidentales tentées de critiquer, même à la marge, le régime saoudien. Aucune capitale européenne ne s’était d’ailleurs solidarisée avec un Justin Trudeau ainsi ostracisé par MBS après l’avoir été par Trump, lors du sommet du G7. Quelques semaines plus tard, la mise en garde d’Ottawa sur les errements de MBS apparaît prémonitoire.

    Telle n’est pas la moindre des leçons de l’affaire Khashoggi.

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  • Eric Cantona : « Quand on a reçu de l’amour, on peut renverser des montagnes »

    Eric Cantona : « Quand on a reçu de l’amour, on peut renverser des montagnes »

    VINCENT DESAILLY

    Par Sandrine Blanchard

    EntretienRéservé à nos abonnés

    Publié aujourd’hui à 06h17, mis à jour à 06h17

    Je ne serais pas arrivé là si… « Le Monde » interroge une personnalité en partant d’un moment décisif de son existence. Cette semaine, l’ancien footballeur aurait rêvé «  d’être immortel ».

    Ancien footballeur international, surnommé « The King » par les supporteurs de Manchester United, Eric Cantona s’est reconverti dans le milieu artistique depuis plus de vingt ans. Il sera, à partir du 22 novembre, sur la scène du Théâtre Antoine, à Paris, dans Lettres à Nour, de Rachid Benzine.

    Je ne serais pas arrivé là si…

    Si j’étais immortel ! J’ai le sentiment qu’il faut tout donner dans ce qui nous inspire, dans ce que nous avons à créer, dans nos amours, tout livrer sur nos points de vue, justement parce qu’on est mortel. Ma petite fille de 4 ans a eu cette réflexion l’autre soir : elle a dit à sa mère, « Maman tu vas vivre mille ans. » Sa mère lui a expliqué que ce n’était pas possible. Ma petite a demandé : « Mais qui a inventé ça, la mort ? C’est ridicule. C’est bien fait pour eux s’ils sont morts. » Je trouve cela très beau. Immortel, j’aurais aimé l’être, car j’aurais été moins pressé !

    Quels souvenirs avez-vous de votre enfance dans le quartier des Caillols, à Marseille ? Quel minot étiez-vous ?

    J’étais vivant. On était tout le temps dehors. On allait à l’école à pied, on jouait au foot dans la cour de récré et à côté de la maison, on faisait du vélo, on attrapait les lézards, on voyait les films de Bruce Lee dans le cinéma de quartier… J’ai eu une belle enfance dans une famille modeste où, avec mes frères, on a reçu l’essentiel : l’amour. Avec ça on n’a plus qu’à vivre, on peut renverser des montagnes.

    Vous dites souvent que votre père vous a transmis votre « capacité d’émerveillement ». C’est-à-dire ?

    J’ai aussi reçu cela. Mon père, mais aussi ma mère, se sont toujours émerveillés de tout. Ils ont aujourd’hui presque 80 ans et continuent à s’émerveiller des paysages, de la lumière, à être curieux de toutes les discussions. Comme eux, j’aime observer le monde. Tout est là pour nous inspirer. On voit aujourd’hui des gamins de 15 ans qui ne sont plus émerveillés de rien. Je les plains.

    Quelles sont les personnes qui vous ont inspiré ?

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  • L’exil doré et douteux de Diego Maradona au Mexique

    L’exil doré et douteux de Diego Maradona au Mexique

    Où Diego Maradona a-t-il mis les pieds ? La sulfureuse icône du foot, après s’être fait remarquer lors du dernier Mondial russe par ses excentricités en tribune (il a dansé, fait la sieste, un malaise et s’est permis un doigt d’honneur…) lors des matchs de l’Argentine, a décidé de renouer en septembre avec sa carrière d’entraîneur, à 57 ans. L’ex-numéro 10 de l’Albiceleste a débarqué dans l’Etat de Sinaloa, dans le nord-ouest du Mexique, pour entraîner Los Dorados (« les dorés »), un club de seconde division.

    Et l’arrivée du fantasque Argentin, connu pour ses excès, dans le berceau du narcotrafic mexicain n’est pas passée inaperçue. Elle a réveillé la légende noire de son nouvel employeur, le milliardaire Jorge Hank Rhon, soupçonné de liens avec le crime organisé.

    « Diego veut juste être sur le terrain »

    « Je suis guéri depuis quinze ans », martèle aujourd’hui Maradona, qui a longtemps lutté contre sa dépendance à la cocaïne. Cette précision s’impose à Culiacan, capitale de l’Etat de Sinaloa, territoire du puissant cartel du même nom. Cette région stratégique de la production et du trafic de drogue est devenue le théâtre d’une guerre de succession sanguinaire depuis que l’ancien chef du cartel de Sinaloa, Joaquin « El Chapo » Guzman, a été extradé aux Etats-Unis.

    Celui que les Argentins ont surnommé jadis « El Pibe de oro » (le gosse en or) fait le délice des réseaux sociaux. Certains internautes n’ont pas hésité à rebaptiser le club « Los Drogados » (les drogués). Son recruteur, Jorge Alberto Hank Inzunza, un des fils de Jorge Hank Rhon, a pris sa défense dans la presse : « Diego veut juste être sur le terrain. » Mais ce rejeton trentenaire peine à se démarquer du passé sulfureux de son père, fondateur du conglomérat Grupo Caliente, propriétaire de Los Dorados et du club de première division Los Xolos de Tijuana.

    Paris sportifs, casinos, hôtels 5-étoiles… Jorge Hank Rhon est à la tête d’une très grosse…

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  • La « Madonna japonaise » prend sa retraite

    La « Madonna japonaise » prend sa retraite

    Et les larmes coulèrent. Des millions de fans de la chanteuse japonaise Namie Amuro ont vécu, samedi 15 septembre, comme un petit deuil. 3 500 d’entre eux étaient présents à Okinawa, dans le Palais des congrès de Ginowan, coiffés d’une corolle d’hibiscus, fleur symbole du petit archipel du sud du Japon où a vu le jour la « Madonna japonaise », la « reine de la J-pop » ou encore « l’héroïne d’Heisei » (l’ère actuelle du Japon) et où elle a donné son ultime concert. Pour ce show, elle a interprété douze titres, seule ou en duo, avec des invités. Au final, un feu d’artifice a été donné sur la mer en son honneur.

    Cet adieu à la scène était attendu. La chanteuse l’avait annoncé le jour de ses 40 ans, le 20 septembre 2017, sans donner d’explications, suggérant simplement que vingt-cinq années de carrière suffisaient bien. Le rideau est donc tombé sur ces années hors norme qui ont fait de la belle d’Okinawa l’une des plus grandes stars de la musique et de la mode du Japon et d’Asie.

    Drames familiaux

    Trente-six millions d’albums vendus, un single, Can You Celebrate, qui détient toujours le record de ventes au Japon. Le tout au travers d’explorations de rythmiques R&B, hip-hop et, plus récemment, électroniques, l’ayant amenée à collaborer avec des stars comme David Guetta, SOPHIE and Zedd et Jolin Tsai, la reine de la pop taïwanaise.

    Un succès comme une antithèse à une enfance compliquée, marquée par des drames familiaux, et que le pays entier connaît. Namie Amuro est née à Naha, la capitale d’Okinawa. Très vite, son père quitte la maison et sa mère, Emiko Taira, doit élever ses trois enfants en travaillant dans une crèche le jour et comme hôtesse de bar la nuit. A la fin des années 1990, elle meurt assassinée sous les coups du frère de son deuxième mari.

    Les fans de Namie Amuro lors d’une exposition consacrée à la chanteuse à Okinawa, en septembre 2018

    Est-ce de ces épreuves extrêmes que vient la réserve affichée de l’artiste, la rareté de ses sourires, l’affirmation d’une liberté si difficile à assumer dans l’univers ultraverrouillé du showbiz nippon ?

    Lire aussi :   Au Japon, une carrière de popstar se décide à chifoumi

    Namie Amuro a été repérée à 12 ans. Elle fait ses débuts avec le girls band The Super Monkey’s, en devient la leader puis s’en extirpe. A l’époque, expliquait-elle en 2010 à la télévision japonaise, « j’admirais Janet Jackson. Je voulais que les gens me regardent comme moi je la regardais ». Une inspiration américaine mâtinée d’une influence japonaise, celle du groupe Dreams Come True. Travaillant avec le producteur Tetsuya Komuro, véritable faiseur de stars, elle enchaîne les succès. En 1996, l’album Sweet 19 Blues, écoulé à 3,4 millions d’exemplaires, lui attire un immense public féminin. C’est le temps du single Can You Celebrate.

    L’idole des jeunes

    Tout va vite, en public comme en privé. En 1997, Namie annonce à la surprise générale son mariage avec le membre du groupe TRF Masaharu « Sam » Maruyama. Au cours de la conférence de presse, elle révèle également une grossesse de trois mois, qui aurait précipité l’officialisation de leur union. A l’époque, le showbiz japonais n’a jamais connu une telle pratique.

    Idéal de beauté pour les Japonaises, elle impose dans les venelles délurées du quartier tokyoïte de Shibuya le look « amura » – longs cheveux lissés, peau bronzée, minijupe et bottes remontant au-dessus du genou. Son succès dépasse vite les limites de l’Archipel.

    Star en Chine, en Corée du Sud ou encore en Asie du Sud-Est, elle enchaîne les tournées, menant sa carrière à la baguette, toujours plus loin d’une pop nippone en déclin face à la montée en puissance de la K-pop, sa rivale sud-coréenne.

    Lire aussi :   J-pop : des boys bands au métal symphonique, petit panorama de la musique japonaise

    Jusqu’à ce mois de septembre 2018. Dans les rues de Naha après son ultime concert, le vent chaud et humide s’amusait des affiches la montrant dans une robe blanche et vaporeuse, angélique, souriant légèrement, comme une étoile brillant à jamais au firmament de la notoriété, inaccessible.

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  • « Picasso, Braque & Cie, la révolution cubiste » : aux racines du cubisme

    « Picasso, Braque & Cie, la révolution cubiste » : aux racines du cubisme

    Arte, dimanche 28 octobre à 17 h 35, documentaire

    Comme souvent à 20 ans, on souhaite changer le monde, le remettre en cause, le démolir pour en créer un autre évidemment meilleur. Eux ont réussi à réaliser ce rêve de jeunesse et à transformer en profondeur leur univers, celui de l’art, à tout jamais.

    En 1906, Georges Braque et ­Pablo Picasso ont 24 et 25 ans. La butte Montmartre est leur sanctuaire parisien où se croisent les artistes en manque de reconnaissance. Braque et Picasso se lient d’amitié au point de ne plus se quitter. Pour le moment, leurs ­toiles n’intéressent pas grand-monde ; seuls Apollinaire, alors âgé de 26 ans, et le jeune galeriste Daniel-Henry Kahnweiler, 22 ans, décèlent en eux un immense potentiel. Et outre leur passion pour la peinture, ces quatre garçons inséparables partagent la même ­appétence pour la modernité.

    A cette époque, Claude Monet règne en maître sur l’art, et l’impressionnisme s’impose comme la référence absolue pour la critique

    A cette époque, Claude Monet règne en maître sur l’art, et l’impressionnisme s’impose comme la référence absolue pour la critique. Cette dernière est allergique à toute nouveauté et à toute audace. Picasso n’y prêtera pas attention : il est du genre radical. Pour parfaire son style, il s’inspire, notamment, du tableau Le Bain turc, de Jean-Auguste-Dominique Ingres (1862). Le jeune Espagnol est attiré par les courbes déformées des femmes de cette toile. Dans son atelier du « Bateau-lavoir », il s’attaque à ces corps féminins jusqu’à les déstructurer. C’est ainsi qu’il propose Les Demoiselles d’Avignon, qui va effrayer ses contemporains et même, au départ, son ami Braque.

    Ce dernier va lui aussi remettre en cause les fondamentaux de l’art. Ainsi, quand Henri Matisse présente La Femme au chapeau (1905), certains journalistes s’offusquent des couleurs vives et des formes perçues comme simplistes de l’œuvre allant jusqu’à qualifier le peintre de « fauve ». Braque voit, au contraire, en cette toile un espace de liberté et un nouvel horizon. Il se rend comme Paul ­Cézanne – qu’il admire – à L’Estaque, hameau de pêcheurs proche de Marseille, pour peindre des paysages : c’est là-bas qu’il va peu à peu s’affranchir de toutes les ­conventions artistiques en malmenant les perspectives et les lignes jusqu’à réduire les maisons à leur forme la plus sommaire. Matisse, lui, se moquera des « petits cubes » de Braque et le « cubisme » – avant de devenir un courant ­artistique – sera un terme péjoratif incarnant ce que l’on ne comprend pas dans cet art nouveau.

    Choquer et innover

    Apollinaire vient en aide à ses deux amis peintres dans différentes publications où il vante leur génie. Comme Braque et Picasso ne veulent plus exposer leurs nouvelles créations à cause des critiques acerbes, Kahnweiler décide, lui, de tourner le dos au marché français et de vendre leurs tableaux à des collectionneurs étrangers. Pari gagnant.

    Braque et Picasso continuent de choquer et d’innover : collage, ajout de matériaux comme du ­sable, utilisation de peinture industrielle comme le Ripolin… C’est ce que raconte Picasso, Braque & Cie, la révolution cubiste. Ce documentaire s’intéresse particulièrement aux premières années des deux artistes qui ont révolutionné la peinture. Surtout, ce film décrit la complicité fusionnelle de Braque et Picasso, qui a poussé les deux compères à se surpasser et à faire abstraction des scandales. Un monde à (re)découvrir à travers l’exposition « Le cubisme », jusqu’au 25 février 2019, au Centre Pompidou, à Paris.

    Lire la critique de l’exposition :   Le cubisme, mouvement pluriel

    Picasso, Braque & Cie, la révolution cubiste, de Frédéric Ramade (France, 2018, 52 min). www.arte.tv

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  • RDC: Emmanuel Shadary, un candidat en retrait dans les pas de Joseph Kabila

    RDC: Emmanuel Shadary, un candidat en retrait dans les pas de Joseph Kabila


    Par
    RFI

    Publié le 28-10-2018
    Modifié le 28-10-2018 à 05:05

    Première grande sortie publique pour Emmanuel Ramazani Shadary qui depuis sa désignation surprise fin août est apparu plutôt en retrait. Présenter publiquement à la population de Kinshasa le candidat était l’objectif affiché du meeting du FCC, le Front commun du président Joseph Kabila organisé ce 27 octobre dans la capitale congolaise. Le stade Tata Raphaël ou stade du 20 mai était rempli. Les ministres du gouvernement et gouverneurs venus spécialement de l’intérieur du pays étaient nombreux pour afficher leur soutien au candidat choisi par Joseph Kabila.

    En République démocratique du Congo (RDC), on se souvient des diatribes d’Emmanuel Ramazani Shadary à l’Assemblée du temps où il coordonnait le groupe parlementaire de la majorité. Mais depuis qu’il est candidat à la présidentielle, il se fait discret, laissant le plus souvent d’autres cadres du Front commun (FCC) du président Joseph Kabila s’exprimer à sa place, y compris lors de diverses cérémonies organisées en son honneur.

    Ce 27 octobre encore, il s’est montré peu bavard. Son discours a duré à peine plus de 5 minutes devant une foule qui l’attendait dans la chaleur parfois depuis des heures. « Nous respectons la loi, la campagne n’a pas encore officiellement débuté », justifie Lambert Mendé, le porte-parole du gouvernement. « A ce stade c’est le front commun qui communique », précise une source à la présidence.

    Base électorale flottante

    A la tribune, Emmanuel Ramazani Shadary a donc essentiellement adressé des remerciements au chef de l’Etat notamment pour l’avoir désigné. « Je suis le candidat de Joseph Kabila. Derrière lui, nous allons poursuivre le travail de la reconstruction du pays », a-t-il déclaré, résolument dans les pas de son mentor. Rien, en revanche, sur le programme du Front commun annoncé pour la semaine prochaine.

    Ce 27 octobre, il s’agissait surtout d’une démonstration de soutien à un candidat dont les détracteurs affirment qu’il n’a pas de base électorale solide. « Sa base, c’est sa famille politique, c’est le Front commun », rassure Julien Paluku, l’un des nombreux gouverneurs venu à Kinshasa spécialement pour participer à ce meeting.

    ►A (ré)écouter : Emmanuel Ramazani Shadary : « On va respecter la Constitution »

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  • Présidentielle malgache: à Morondava, derrière la carte postale, peu d’attentes

    Présidentielle malgache: à Morondava, derrière la carte postale, peu d’attentes


    Par
    RFI

    Publié le 28-10-2018
    Modifié le 28-10-2018 à 04:33

    Avec ses 70 000 habitants, Morondava est bien connue des touristes qui se rendent à Madagascar pour ses plages de sable blanc et son allée de baobabs. C’est aussi une ville politiquement prisée en cette période de campagne. Les trois ex-présidents y ont donné des meetings. Ce 26 octobre, Morondava a par exemple accueilli Andry Rajoelina. Mais derrière la carte postale, la ville compte aussi des quartiers excentrés et défavorisés où vivent des milliers de personnes. Qu’attendent-elles de l’élection à venir ?

    A Tanambao, un quartier pauvre de Morondava à quelques kilomètres du centre-ville, Lova attend des clients. Devant sa maisonnette en bois, elle a disposé sur le sol des petits tas de mangues et de cacahuètes. Elle ne sait pas encore si elle va voter le 7 novembre prochain pour la présidentielle malgache. Ce qui la préoccupe, c’est nourrir ses enfants tous les jours.

    « C’est très dur de vivre ici et de manger à sa faim, raconte-t-elle. Alors je fais de mon mieux. Vous voyez, je vends des mangues et parfois des brèdes pour gagner le plus d’argent possible. On n’a pas le choix de toutes façons, il faut faire avec ».

    Morondava est la capitale économique de la région du Menabe, dans le sud-ouest de l’Île, et la deuxième destination touristique de Madagascar. Malgré l’attrait de la région, le niveau de vie des locaux n’a pas augmenté.

    Coût de la vie

    Si le riz est un peu moins cher à Morondava et la vie un peu moins dure qu’à la capitale, en cette période électorale, la principale préoccupation des habitants de ce quartier est le coût de la vie. C’est le cas de Jeunesse, qui vend des petits baobabs au bord de la route.

    « Mon plus gros souci, c’est le prix du riz parce que j’en mange tous les jours, explique-t-elle. Le prix du kapok [fibre végétale] augmente très souvent. Je suis aussi inquiète à cause des Dahalos [un groupe ethnique de Madagascar] qui font des attaques en dehors de la ville. C’est un devoir de voter, mais je ne sais pas si ça va changer quelque chose ».

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  • Massacre de migrants en Gambie: le seul survivant connu est venu réclamer justice

    Massacre de migrants en Gambie: le seul survivant connu est venu réclamer justice


    Par
    RFI

    Publié le 28-10-2018
    Modifié le 28-10-2018 à 03:56

    Martin Kyere, un Ghanéen de 38 ans, est le seul survivant connu d’un massacre de migrants commis par les escadrons de la mort du dictateur Yahya Jammeh en Gambie en juillet 2005. Pour la première fois, ce 27 octobre, Martin Kyere est revenu en Gambie. Soutenu par un collectif d’ONG, il veut partager son histoire, dans l’espoir, un jour, d’obtenir justice.

    L’émotion est très forte lorsque Martin Kyere revoit pour la première fois la femme d’une victime gambienne avec qui il était détenu. Le regard dans le vide, il est plongé dans ses souvenirs. « Je ne peux pas dire que je sois très heureux d’être ici, déclare-t-il. Pour venir, je suis repassé par Barra. C’est la deuxième fois que je fais cette route. C’est un moment douloureux ».

    Arrêté sur la rive nord de la Gambie en juillet 2005, le groupe de 56 migrants dont fait partie Martin Kyere est emprisonné dans la capitale Banjul, soupçonné de vouloir renverser le régime. Une semaine plus tard, les « Junglers », les escadrons de la mort du dictateur Yahya Jammeh, les emmènent en pleine nuit vers le village de Kanilaï. Ils réalisent alors ce qui les attend.

    « Tout le monde pleurait et demandait de l’aide, raconte-t-il. J’ai réussi à détacher mes mains, et j’ai sauté du pick-up, dans la forêt. Puis j’ai entendu des cris qui venaient du pick-up : “Oh Dieu sauve-nous !”, puis des coups de feu [il mime les coups de feu]. Ils les ont tués puis sont rentrés à Banjul ».

    Bataille judiciaire

    Après avoir frôlé la mort, Martin Kyere consacre désormais sa vie à demander justice. Pour cela, il est soutenu par plusieurs ONG qui veulent voir Yahya Jammeh un jour devant les tribunaux.

    « Sachant que Yahya Jammeh est en Guinée équatoriale, et que les autorités gambiennes considèrent qu’elles ne sont pas prêtes, notre tactique est de voir si le Ghana ne serait pas intéressé pour enquêter et peut-être poursuivre Yahya Jammeh », explique Reed Brody, conseiller juridique pour l’ONG Human Rights Watch. Ce premier procès n’empêcherait pas plus tard la Gambie de juger à son tour son ancien président.

    ►A (re)lire : Massacre des migrants : l’affaire qui poursuit Yahya Jammeh

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  • Présidentielle au Brésil : deux visions du pays s’affrontent au second tour

    Présidentielle au Brésil : deux visions du pays s’affrontent au second tour

    Jair Bolsonaro sur Internet, son adversaire de gauche, Fernando Haddad, dans une favela : les deux finalistes de la présidentielle au Brésil ont joué leurs dernières cartes samedi 27 octobre, après trois semaines d’une campagne de deuxième tour sous haute tension, entachée de violences et d’insultes. Les derniers sondages des instituts Ibope et Datafolha, publiés samedi soir, ont montré une diminution de l’avance de Jair Bolsonaro, candidat de l’extrême droite à 54-55 % des intentions de vote, contre 46-45 % pour Fernando Haddad, le candidat du Parti des travailleurs (PT).

    Fernando Haddad, le poulain de Lula

    Critiqué pour s’être éloigné des classes les plus pauvres, Fernando Haddad a misé sur une ultime mobilisation de ce réservoir de vote traditionnel du Parti des travailleurs.

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    Universitaire, traducteur de Karl Marx, diplômé en droit, philosophie et économie, professeur de sciences politiques à l’université de Sao Paulo (USP), cet homme de 55 ans appartient à l’aile modérée du parti des travailleurs. Refusant de qualifier le Venezuela de Maduro de démocratie, ce fils d’immigrés libanais est considéré par les analystes comme un social-démocrate. Mais ses ennemis, en particulier le camp des militants de Jair Bolsonaro, le voient davantage comme un communiste en passe de « vénézualiser » le Brésil.

    Adoubé par l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva le 11 septembre, après l’invalidation de la candidature du « père des pauvres » pour corruption, Fernando Haddad attend son heure depuis près d’une décennie. Considéré comme la jeune garde prometteuse du PT, il devient, à 42 ans, ministre de l’éducation lors du premier mandat de Lula en 2005. Alors à la tête de l’un des portefeuilles les plus en vue du gouvernement, il a contribué à installer des universités dans les régions les plus reculées du pays.

    • Un programme social

    Aujourd’hui, il propose un programme en accord avec son mentor. Concernant l’économie, il ambitionne la fin du gel des dépenses publiques décidé par le gouvernement Temer, une interruption des privatisations, des mesures contre l’évasion fiscale, ainsi que la réduction de la dette grâce au « retour au plein emploi ».

    Dans un pays miné par les guerres des gangs, où un meurtre est commis en moyenne toutes les dix minutes, il plaide pour un changement radical de la politique actuelle antidrogue « erronée, injuste et inefficace », en prenant exemple sur les expériences de dépénalisation dans d’autres pays ; mais aussi une amélioration de la politique de contrôle des armes à feu qui « doit être améliorée, en renforçant la traçabilité » et une meilleure coordination des services de renseignements pour lutter contre le crime organisé.

    Autre thème central de la présidentielle, les mesures pour lutter contre la corruption sont scrutées. Fernando Haddad prône pour « plus de transparence », mais considère que « la lutte contre la corruption ne peut servir à criminaliser la politique ». De par ses origines, il n’oublie pas l’éducation dans son programme. Le candidat du PT veut ainsi mettre en valeur dans les programmes éducatifs « une perspective inclusive, non raciste, non sexiste et sans discrimination de la communauté LGBT ».

    Jair Bolsonaro, le candidat des réseaux sociaux

    Grand favori de la présidentielle, le candidat d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui a fait des réseaux sociaux sa machine de guerre, avec ses 15,4 millions d’abonnés sur Facebook, Instagram et Twitter, lançait de son côté ses dernières offensives sur internet depuis sa résidence à Rio de Janeiro, mais en changeant radicalement de ton. Dans un tweet, celui qui n’a jamais caché son admiration pour les années de plomb, s’est dit prêt à « changer le Brésil », mais « à travers la défense des lois et l’obéissance à la Constitution ».

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    Né à Glicério, petite ville de l’Etat de Sao Paulo, ce fils de descendants d’immigrés italiens entame sa carrière dans les forces armées avant d’embrasser une carrière politique au Parti progressiste (PP, droite), l’un des plus impliqués dans l’opération anticorruption « Lava Jato » (« lavage express »), puis au Parti social-libéral (PSL). A 63 ans, le militaire de réserve, tantôt grossier, raciste ou homophobe, incarne le candidat « antisystème ». Haïssant la gauche et en particulier le PT, au pouvoir de 2003 à mi-2016, mais aussi contempteur de la droite traditionnelle, il a su capter le vote « saco cheio » (ras-le-bol).

    • Un programme axé sur la sécurité

    Celui qui se voit comme un « Trump tropical » a articulé sa campagne sur la lutte contre l’insécurité. Pour cela, il veut mettre en place un abaissement de la majorité pénale de 18 à 17 ans, un assouplissement de la législation sur le port d’armes considérant que ce sont « des instruments qui peuvent être utilisés pour tuer ou pour sauver des vies » ; ainsi qu’une « protection juridique » de policiers s’ils tuent un suspect avec leur arme en service.

    Le volet de la corruption est également très important dans sa campagne. Jair Bolsonaro profite des scandales impliquant le parti de la gauche, avec notamment l’incarcération de Luiz Inacio Lula da Silva depuis avril pour corruption, pour décrédibiliser Fernando Haddad. « Nous voulons un gouvernement décent, différent de tout ce qui nous a plongé dans la crise éthique, morale et budgétaire », a-t-il répété, promettant de diviser par deux le nombre de ministères afin de limiter les arrangements entre partis et de mettre en place un système plus strict de budget, dit « base zéro ».

    Malgré des connaissances limitées en économie, Jair Bolsonaro s’est attiré la faveur des investisseurs avec des propositions ultralibérales pour son pays. Son programme économique prévoit de réduire de 20 % le volume de la dette en privatisant ou en capitalisant une grande partie des entreprises publiques brésiliennes, la création d’un système parallèle de retraite par capitalisation, et la création d’un super-ministère de l’économie regroupant ceux des finances et de la planification. Défenseur des « valeurs », allié des évangéliques ultraconservateurs, le militaire veut agir sur l’éducation en renforçant l’étude des mathématiques, des sciences et du portugais, « sans endoctrinement ni sexualisation précoce ». Une référence à l’obsession d’une partie de la droite dure, persuadée que les écoles brésiliennes pervertissent les enfants avec des idées marxistes et les initient à la sexualité.

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