Author: Don Kayembe

  • “Protégeons notre Nation”:Message des Évêques catholiques aux Congolais:

    “Protégeons notre Nation”:Message des Évêques catholiques aux Congolais:

    eveques-Pour un processus électoral apaisé et porteur d’un avenir meilleur
     
    Message de la 51ème Assemblée Plénière des Evêques membres de la  Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO).
     
    1.    A l’ occasion du 54ème anniversaire de l’indépendance de notre pays la RD Congo, Nous, Cardinal, Archevêques et Evêques, membres de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), réunis en session ordinaire de l’Assemblée plénière du 23 au 27 juin 2014 à Kinshasa, adressons un message de paix et d’espérance au Peuple congolais. Cet anniversaire qui intervient au moment où le processus électoral 2013-2016 est lancé, nous offre l’occasion de rappeler à tous, le devoir sacré de protéger la Nation et de sauvegarder la paix acquise au prix de mille sacrifices.
     
    2.    Protéger la Nation, c’est, comme l’ont rêvé les pères de l’indépendance, travailler à bâtir un Congo plus beau qu’avant et assurer sa grandeur. La République est un patrimoine qu’on ne peut se permettre de léguer de manière quelconque aux générations futures[1]. A cet effet, nous saluons tous les efforts de reconstruction de notre pays entrepris par le Gouvernement de la République, notamment, la maîtrise de l’inflation, l’augmentation du taux de croissance, l’assainissement du climat des affaires. Il en est de même de l’amélioration des infrastructures, en particulier la construction des écoles, des routes et l’équipement des hôpitaux. Le chemin est encore long et les efforts doivent être poursuivis pour une effective amélioration des conditions de vie de la population congolaise.
     
    3.    Protéger la Nation, c’est  travailler à ramener la paix dans le pays. A ce sujet, nous observons une dynamique positive pour stabiliser le pays. Grâce à la vaillance de nos Forces Armées et à l’appui de la Brigade d’intervention de la MONUSCO, des progrès sont enregistrés dans la lutte contre les groupes armés, mais beaucoup reste encore à faire pour garantir la sécurité des personnes et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire national. Nous rendons hommage à ceux qui ont versé leur sang pour la patrie.
     
    4.    Protéger la Nation, c’est  défendre et promouvoir les droits, la dignité et le bien-être de tous les Congolais contre les maux qui détruisent l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu[2]. C’est pour cela que nous exprimons notre compassion à l’égard de nos compatriotes expulsés du Congo Brazzaville. En même temps, nous disons notre indignation sur la manière dont ces expulsions ont été conduites et sur les conditions précaires de vie de ces compatriotes.
     
    5.    Protéger la Nation, c’est valoriser nos ressources naturelles et ne pas les aliéner sans contrepartie équitable par égoïsme ou dans le but d’accéder ou de conserver le pouvoir.
     
    6.    Protéger la Nation, c’est consolider la démocratie par l’organisation des élections libres, crédibles et transparentes. Nous savons que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) s’emploie à relever ce grand défi et nous l’encourageons à sauvegarder son indépendance et à demeurer dans l’impartialité, la transparence et le respect des prérogatives à lui imparties par la Loi. En effet, c’est à travers les élections que le Peuple congolais est appelé à exercer dans la liberté et avec un discernement requis son droit de choisir ses gouvernants à tous les échelons et ses représentants dans les Assemblées provinciales et dans les deux chambres du Parlement. De ce fait, nous désapprouvons tout mode de scrutin qui priverait le souverain primaire de son droit de désigner ses gouvernants et de participer directement à la gestion de la cité. Comme nous l’avons dit dans notre Communiqué de presse à l’issue de notre Comité permanent de février 2014, nous soutenons les élections des députés provinciaux et même des maires et des bourgmestres par mode de scrutin direct[3].
     
    7.    Protéger la Nation, c’est respecter la Loi fondamentale qui constitue le socle de la nation. C’est pourquoi, nous ne nous lasserons pas de rappeler au peuple congolais et à nos gouvernants la position de la CENCO contenue dans le Mémorandum adressé au Chef de l’Etat au sujet de la non modification de la Constitution, en particulier en ses articles verrouillés qui échappent à toute révision[4]. Tel est le cas de l’article 220 qui stipule :
     
    « La forme républicaine de l’Etat, le principe du suffrage universel, la forme représentative du Gouvernement, le nombre et la durée des mandats du Président de la République, l’indépendance du pouvoir judiciaire, le pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ».
     
    Nous désapprouvons également toute sorte d’initiative qui, sans modifier directement l’Article 220, viserait à le vider de son contenu essentiel.
     
    8.    Il est important que les acteurs politiques ainsi que toute la population congolaise comprennent l’enjeu majeur de cette disposition constitutionnelle, fruit d’un large  consensus, pour assurer la stabilité du pays. Cette disposition constitutionnelle traduit et protège les options fondamentales relatives : à la nature de l’Etat congolais qui est une République et non une Monarchie ; à la forme de l’Etat Congolais ;  à la nature de la démocratie congolaise qui demeure une démocratie représentative et fondée sur le suffrage universel ; à la nature du pouvoir politique en RD Congo[5]. Ce pouvoir ne peut être ni personnalisé, ni absolu et non redevable devant personne c’est-à-dire autocratique et dictatorial. Ces options fondamentales sont également relatives :au pluralisme politique et à l’alternance démocratique au pouvoir garantie par l’irréductibilité des droits et libertés de la personne humaine ainsi que la limitation de la durée du mandat présidentiel à 5 ans renouvelable une seule fois ; à l’indépendance de la justice,  condition sine qua non de l’instauration de l’Etat de droit et de la lutte contre l’impunité[6].
     
    9.    Comme l’affirme l’exposé des motifs de la Constitution elle-même,  ces options fondamentales sont le produit de l’histoire de la RD Congo et des expériences politiques malheureuses de la 1ère et de la 2ème Républiques. Elles ont pour finalité non seulement de mettre fin à la crise de légitimité des institutions et de leurs animateurs ainsi qu’aux guerres civiles qui ont jalonné le parcours de la RD Congo depuis son indépendance, le 30 juin 1960, mais aussi de donner au pays toutes les chances de se reconstruire sur des bases nouvelles et solides.
     
    10.                     Faut-il le rappeler, ces options sont par ailleurs la somme des acquis inaliénables de la lutte par étapes successives du Peuple congolais pour l’indépendance, la liberté et, de manière générale, la démocratie.  
     
    11.                     Pour toutes ces raisons, le Constituant les a rendus intangibles à l’article 220 afin de les « préserver contre les aléas de la vie politique et les révisions intempestives »[7]. Dès lors, chercher à violer ces dispositions, serait un dangereux précèdent sur le long chemin de la paix, de la cohésion nationale et une voie ouverte au règne de l’arbitraire.
     
    12.                      Considérant les responsabilités qui sont les nôtres dans cette société, nous lançons un appel pressant à toute la classe politique pour ne pas remettre en cause ce compromis fondateur de l’Etat congolais actuel.  Le Peuple congolais ne doit pas être pris en otage par des pratiques politiciennes qui sacrifient l’intérêt supérieur de la Nation.
     
    Pour un avenir meilleur de la Nation, l’Eglise catholique utilisera des moyens appropriés pour sensibiliser la population sur l’importance capitale de cet article verrouillé et défendra les options fondamentales qui sauvegardent notre jeune démocratie  et la stabilité du pays.
     
    13.                      Pour un processus électoral apaisé et porteur d’avenir meilleur, l’Assemblée Plénière de la CENCO invite les acteurs politiques congolais et toutes les parties prenantes au processus électoral à s’appliquer avant tout à la réalisation d’un consensus aussi large que possible.
     
    14.                     Aussi pour contribuer efficacement à la consolidation de la gouvernance démocratique et à l’assainissement de l’environnement électoral en RD Congo, la CENCO recommande :
     
    1° Au Gouvernement de la République
     
    – De garantir aux parties prenantes un environnement électoral serein et harmonieux ;
     
    – De redoubler d’efforts dans la mobilisation des ressources matérielles et financières afin de garantir la tenue effective des élections dans le respect du délai constitutionnel ;
     
    2° Au Parlement
     
    – De s’abstenir de voter des modifications constitutionnelles susceptibles de rompre un vouloir-vivre collectif et des valeurs fondamentales acceptées par l’ensemble du peuple ;
     
    – De veiller en tant qu’autorité budgétaire à la dotation par le gouvernement des moyens nécessaires à une bonne organisation des scrutins électoraux ;
     
    – D’élaborer des lois nécessaires au processus électoral dont la loi portant répartition  des sièges aux différentes élections des organes délibérants ;
     
    3° Aux Partis politiques
     
    – D’amener leurs membres à s’imprégner et à respecter les lois essentielles au processus électoral et de s’atteler à l’éducation civique et électorale de leurs militants ;
     
    – D’organiser, à temps, l’observation par leurs témoins, des opérations pré-électorales, électorales et post-électorales ;
     
    – De promouvoir la culture démocratique et le « leadership éthique » en privilégiant la construction d’un ordre social juste et la gestion communautaire du « bien-vivre-ensemble » ;
     
    – De faire du débat politique un débat d’idées et non un lieu d’attaques des personnes sur  des  considérations ethniques ;
     
    4° A la CENI
     
    – De s’acquitter avec conscience et honorabilité de la mission qui lui a été confiée par la République  afin de mériter la confiance du peuple ;
     
    – De poursuivre le dialogue avec toutes les parties prenantes pour  garantir l’organisation en toute indépendance, neutralité et impartialité, des scrutins libres, démocratiques, crédibles et transparentes ;
     
    – De respecter les exigences du cycle électoral, les lois et réglementations essentielles au processus électoral ;
     
    5° Aux Organisations de la Société civile
     
    – De contribuer à la vulgarisation des textes légaux, à l’éducation et à l’observation électorales ;
     
    – De mobiliser les électeurs et les électrices congolais à chaque étape du processus électoral.
     
    6° A la Population congolaise
     
    – De faire preuve de vigilance pour s’opposer par tous les moyens légaux et pacifiques à toute tentative de modification des articles verrouillés ;
     
    – D’interpeller leurs élus en leur demandant de dire leur claire option en ce qui concerne la question constitutionnelle ;
     
    – A nos fidèles catholiques en particulier, de se rappeler que, comme « sel de la terre et lumière du monde »[8], ils ont une grave responsabilité de participer activement au processus électoral et de s’engager pour sa réussite ;
     
    7° Aux Partenaires de la RD Congo
     
    De s’impliquer davantage dans l’appui financier, la logistique et l’accompagnement du processus électoral pour soutenir le Gouvernement congolais dans l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes ;
     
     8° Aux Ecclésiastiques en RD Congo
     
    – D’accompagner la population congolaise dans la réussite du processus électoral ;
     
    – De ne faire allégeance à aucun parti politique et, comme nous l’avons déjà dit, « de ne pas participer activement aux partis politiques et associations à caractère politique, ainsi qu’à la direction des institutions étatiques, quel qu’en soit le niveau, chargées d’organiser les élections »[9].
     
    Notre engagement
     
    15. Redisant notre ferme volonté d’apporter notre contribution pour protéger la Nation et travailler au bien-être intégral de la population congolaise, nous accompagnerons ce processus électoral par l’éducation civique et électorale. Nous organiserons à cet effet, des moments de prière dans tous les diocèses de notre pays. Nous veillerons à sauvegarder la liberté de l’Eglise en évitant toute forme de récupération.
     
    16. Nous souhaitons que la célébration du 54ème anniversaire de l’indépendance de notre pays apporte à tous un sursaut  patriotique et un réel engagement pour réussir le pari de bâtir un pays plus beau qu’avant et d’assurer la grandeur de la RD Congo.
     
    17. Nous confions la réussite du processus électoral à l’intercession de la Vierge Marie et de la Bienheureuse Marie Clémentine Anuarite en cette année du 50ème anniversaire de son martyre. Que Dieu prenne en grâce notre peuple  et bénisse notre pays[10].
     
    Fait à Kinshasa, le 27 juin 2014
     

    [1]Cf. CENCO,  « Il est temps de nous réveiller » (Rm 13,11b) Message de la Conférence Episcopale Nationale du Congo aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté à l’occasion du 48ème anniversaire de l’indépendance, Kinshasa, Editions du Secrétariat Général de la CENCO 2009, n° 15.

    [2]Cf. Gn 1,26.

    [3]Cf. Communiqué du Comité permanent  de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) sur le cycle électoral 2013-2016, 28 février 2014. n° 8.

    [4]
    Cf. Mémorandum du Comité permanent de la Conférence Episcopale Nationale du Congo au Président de la République sur l’état actuel de la Nation, le 22 février 2014, n° 18.

    [5]
    Cf. Constitution de la République Démocratique du Congo, Exposé des motifs de la Constitution du 18 février 2006, dans Journal Officiel de la République Démocratique du Congo, 52eme Année, Kinshasa, 5 février 2011, p.82.

    [6]
    Ibidem.

    [7]
    Ibidem. 

    [8]
    Mt 5,13.14.

    [9]
    CENCO, « Année électorale : Que devons-nous faire ? » (Ac 2,37). Exhortation du Comité permanent de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) aux fidèles catholiques, aux hommes et aux femmes de bonne volonté, Editions du Secrétariat Général de la CENCO, 2011, n° 21.

    [10]
    Cf. Ps 66, 2.
     
    Publié Mardi, le 01 Juillet 2014, par Abbé Jean Marie B.
     
    RDC : l’église catholique demande à Kabila de partir en 2016
    Olivier Ribouis
    La Nouvelle Tribune, 2 juillet 2014
     
    «Protégeons notre nation». C’est l’invitation que la conférence épiscopale congolaise a, par une déclaration du même nom, adressé à tous les Congolais de la République démocratique du Congo en marge de la célébration du 54ème anniversaire de l’indépendance du pays. 
     
    Une invitation qui s’adresse particulièrement au président de la Rdc, Joseph Kabila dont le dernier mandat constitutionnel arrive à terme en 2016. A cet effet, disent les évêques de la conférence épiscopale du Congo, « Protéger la nation, c’est respecter la loi fondamentale, le socle de la Nation ». Ceci, relativement à l’article 220 limitant le nombre de mandats présidentiels, dont la modification est en vue pour permettre au président Joseph Kabila de se représenter à la prochaine élection pour laquelle il n’est plus éligible pour l’instant.
     
    « Nous désapprouvons également toute sorte d’initiative qui, sans modifier directement l’Article 220, viserait à le vider de son contenu essentiel » ont affirmé les évêques soucieux de l’avenir du pays.
     
    L’article 220 en question, selon la conférence épiscopale, affirme que « la nature de l’état congolais qui est une république et non une monarchie. » Dans sa déclaration, l’église catholique en Rdc, a aussi indiqué clairement qu’elle se met dans la bataille de la sensibilisation des Congolais afin de faire barrière à toute tentative de révision constitutionnelle. Et son objectif, c’est que de réussir à empêcher les pratiques politiciennes qui sacrifient l’intérêt supérieur de la Nation de prendre le peuple congolais en otage.
     

    Comme le relève le discours présidentiel du 29 juin 2014 : Le soutien de Joseph Kabila à la CENI intrigue plusieurs Congolais

    Publié le mercredi 2 juillet 2014
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    Y a-t-il meilleur moyen d’asseoir la paix et la sécurité dans un pays que d’empêcher de créer des conditions favorables à l’éclatement des conflits ?
     
    La veille de la célébration du 54ème anniversaire de l’accession du pays à l’indépendance, aucun Congolais ne se berçait d’illusions au sujet du discours de circonstance qu’allait prononcer Joseph Kabila, surtout en ce qui concernerait son contenu concret !
     
    Les filles et le fils du pays n’avaient pas tort en adoptant cette attitude pleine de réalisme à l’endroit de ce discours d’anniversaire qui est à tous points semblable à tant d’autres prononcés par le précité en d’autres circonstances dans un passé encore récent. Une analyse froide du texte qui fait actuellement le tour de chancelleries diplomatiques et de sociétés savantes à travers le monde permet de relever de graves contractions entre les intentions exprimées aujourd’hui par Joseph Kabila et ce que fait quotidiennement son régime autocratique au pays !
     
    Dans sa première proclamation solennelle, Joseph Kabila fait à juste titre l’éloge de Forces armées de la République démocratique du Congo qui ont réussi à mettre en déroute les forces du mal qui avaient durablement occupé la partie orientale de ce pays mais refuse ostensiblement de faire allusion au concours très apprécié de la Brigade internationale d’intervention de la MONUSCO qu’il n’a pas citée nommément ! Pourquoi donc cette grave entorse à la vérité ?
     
    En rupture de ban avec le peuple !
     
    Dans sa deuxième proclamation solennelle, Joseph Kabila reconnait l’héroïsme et le grand prix payé par les compatriotes tombés sur le champ d’honneur au moment des affrontements avec l’ennemi et promet d’ériger un imposant mémorial en leur mémoire mais ne s’engage pas devant la nation à indemniser les veuves orphelins t autres proches des infortunés ! Que signifie cette omission sujette à diverses interprétations ?
     
    Dans sa troisième proclamation solennelle, Joseph Kabila invite les compatriotes vivant à l’extérieur à revenir pour prendre part à l’effort du développement national. Qu’a fait l’illustre auteur de cette exhortation ?
     
    Dans sa quatrième proclamation solennelle Joseph Kabila s’engage à accélérer la mise en œuvre des recommandations des concertations nationales. Comment peut-on accélérer une action qui n’est même pas encore à son démarrage ?
     
    Dans sa cinquième proclamation solennelle, Joseph Kabila demande au peuple congolais d’appuyer la CENI (Commission électorale nationale indépendante). Pourquoi le chef de l’Etat en fonction apporte son soutien à une institution en rupture de ban avec l’immense majorité du peuple qui doute de sa neutralité par rapport au régime politique en place qui veut modifier la constitution du pays à son seul profit ?
     
    Dans sa sixième proclamation solennelle, Joseph Kabila déclare que les élections tenues en 2006 et 2011 l’avaient été pour consolider la démocratie. Est-il vrai que ces élections ont réellement contribué à la consolidation de la démocratie en RDC ? Ces élections n’ont-elles pas été à la base de l’aggravation de la situation politique et à l’échec des concertations nationales en RDC?
     
    Dans sa énième proclamation solennelle, Joseph Kabila parle du souci collectif de consolider la paix en RDC. Y a-t-il meilleur moyen d’établir la paix dans un pays que d’empêcher de créer des conditions favorables à l’éclatement des conflits ? Le cas de la tentative de la MP de modification de l’article 220 de la constitution !
     
    KAMBALE MUTOGHERWA
  • Papa Wemba, donneur de leçons

    Papa Wemba, donneur de leçons

     
    Papa Wemba est en featuring avec la Malienne Nana Kouyaté. Papa Wemba est en featuring avec la Malienne Nana Kouyaté. © Vincent Fournier pour J.A.

    Avec “Maître d’école”, le chanteur congolais (RDC) Papa Wemba entend apprendre à la jeune génération ce qu’est la rumba. La vraie, celle qui a marqué les heures de gloire des indépendances.

    Un album, vingt-quatre chansons et un bonus, “100 % rumba”. C’est le défi que s’était lancé Papa Wemba. À 65 ans, le leader de l’orchestre Viva la musica revient dans les bacs avec Maître d’école, un disque enregistré à la fois à Kinshasa et dans le studio parisien Ethnic Touch. Objectif : redonner un “nouveau souffle” à la rumba congolaise. Un genre musical qui semble aujourd’hui en perte de vitesse devant la percée du coupé-décalé ivoirien ou de la musique urbaine nigériane.

    Très loin de son âge d’or entamé sérieusement aux premières années de l’accession des États africains à la souveraineté internationale, notamment avec la chanson Indépendance cha cha. Ce tube composé par le groupe African Jazz de Joseph Kabasele, dit Grand Kallé, rapidement devenu l’hymne des indépendances sur le continent. À l’époque, la rumba congolaise était demandée dans tous les bars au sud du Sahara.

    Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Papa Wemba en est conscient, mais ne s’avoue pas vaincu. En bon “défenseur” de la musique congolaise, il prône désormais le “retour aux sources”, aux fondamentaux. “L’heure est venue de rectifier le tir”, dit-il. À ses yeux, la nouvelle génération des artistes en vogue en RD Congo – Fally Ipupa et Ferre Gola en tête – ne respecte pas toujours les “normes de base” de la rumba.

    “Il était devenu nécessaire de stopper cette descente aux enfers”, lâche l’un de ses proches. Avec Maître d’école, celui qui se définit comme le mwalimu (“instituteur”, en français) voudrait montrer la “bonne voie à suivre” aux jeunes. Comment ? “En replaçant le solo à la guitare au centre de la mélodie. C’est de cette manière que nous rendrons à la rumba congolaise ses lettres de noblesse”, insiste Papa Wemba.

    Contrepartie

    Avec la finesse de sa voix immuable, toujours perchée en dépit de l’âge, le Mzée promet de réussir son pari. Pour ce faire, il s’est bien entouré. Question de mettre toutes les chances de son côté. Jossart Nyoka Longo, le chef incontesté du groupe emblématique Zaïko Langa Langa, JB M’Piana, l’un des pionniers du ndombolo, et Barbara Kanam, l’une des meilleures voix féminines de la RD Congo, participent à son opus.

    Il en est de même de quelques “requins de Paris”, entendez les artistes musiciens congolais se produisant dans la capitale française. La Malienne Nana Kouyaté prête également sa voix (“Africain comme toi”). Un featuring avec un message qui se veut “fort” : “Un appel à l’homme africain – qu’il se nomme Barack Obama ou Zinedine Zidane – pour qu’il n’oublie pas ses racines, commente Papa Wemba. Car aujourd’hui, chaque jour qui passe, l’Africain perd son identité en suivant aveuglément la culture et la manière de faire des autres.” Des mots qui contrastent avec la personnalité de leur auteur : le roi de la sape se mue en moralisateur !

    Pas question, en revanche, de céder aux pressions d’une partie de la diaspora congolaise, qui lui demande de ne plus soutenir le président Joseph Kabila. Jules Shungu Wembadio Pene Kikumba – de son vrai nom – tient à sa “liberté de choisir”. Et il a choisi “de ne pas être un chanteur engagé”. Dans Maître d’école, il n’y aura donc pas de place pour des prises de position politiques. Mais les mabanga sont les bienvenues !

    Des noms de politiciens, d’hommes d’affaires, de sportifs, de ziana ou de djika (des Congolais vivant en Europe) sont cités le long de ses morceaux, moyennant une contrepartie financière payée en amont à l’artiste. Souvent décriées, ces “dédicaces” sont désormais omniprésentes dans la rumba congolaise contemporaine. “Nous devons assumer cette particularité de notre musique”, soutient l’artiste. Quitte à plomber les sonorités de la rumba originelle… Vous avez dit “retour aux sources” ?

    Jeune Afrique

  • L‘amélioration la gouvernance économico-financière porte ses fruits : la RDC classée parmi les pays ”réformateurs” par la Banque mondiale

    L‘amélioration la gouvernance économico-financière porte ses fruits : la RDC classée parmi les pays ”réformateurs” par la Banque mondiale

    Ville de Kin-Le dernier rapport de la Banque mondiale (BM) relatif au CPIA, “Country Policy and Institutlonal Assessment “ vient de classer la République Démocratique du Con go sur une liste restreinte de huit pays africains qui ont réalisé une performance positive grâce à de réformes mises en œuvre dans le secteur financier au cours de l’année 2014.
    * La note de la RDC est passée de 2,7 à 2,9. Une bonne cote impulsée essentiellement par le critère “Gestion macroéconomique”.

    Le dernier rapport de la Banque mondiale (BM) relatif au CPIA, Country Policy and Institutional Assessment “, vient de classer la République Démocratique du Congo sur une liste restreinte de huit pays africains qui ont réalisé une performance positive grâce à de réformes mises en œuvre dans le secteur financier au cours de l’année 20l4.
    En 2014, ces huit pays africains ont amélioré leurs politiques dans le but de stimuler la croissance et de faire reculer la pauvreté.
    Concernant spécifiquement la RDC, sa note est passée de 2,7 à 2,9. Une bonne cote impulsée essentiellement par le critère” Gestion macroéconomique”. Il y a lieu de souligner que les diverses réformes engagées par le gouvernement pour améliorer la gouvernance économico-financière portent leurs fruits. L’annonce a été faite par le gouvernement à l’issue de la réunion de la Troïka stratégique du 1er juillet 2014. Une réunion consacrée au suivi de la situation économique et financière du pays et présidée par le Premier ministre Matata Ponyo Mapon.
    Rappelons que la note de la RDC est restée figée à 2,7 pendant quatre ans. Franchir le seuil de 2,9 démontre tout simplement que les efforts entrepris sous le leadership du président Joseph Kabila Kabange, avec à la manette l’actuel gouvernement dirigé par Matata Ponyo, commencent à payer.
    Mais cette bonne note ne signifie pas que le gouvernement doit se frotter les mains et dormir sur ses lauriers. Loin s’en faut. Car, le même rapport souligne aussi que les efforts restent encore à fournir. Et c’est sur le point de vue des réformes de l’administration et des politiques qu’entend surfer le gouvernement pour que s’accélère le rythme de création des richesses, avec l’inclusion de la population en termes de partage des gains de la croissance.

    Notons que le CPIA mesure chaque année les performances des pays dits pauvres. Depuis 1980, les notes de le CPIA servent à déterminer l’allocation de prêts sans intérêts et de dons aux 39 économies afric8ines éligibles é une aide de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds du Groupe de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres de la planète.
    D’une manière générale, ce rapport sur la mise en place des politiques et des institutions nationales dans les pays CPIA évalue en quelque sorte le degré des réformes initiées par les pays membres de l’IDA.

    Il revient d’ailleurs de ce rapport que l’Afrique n’a pas introduit suffisamment de réformes, malgré quelques exceptions précitées. Dans le volet financier, le score réalisé en Afrique demeure assez faible, à peine 2,9. Il s’agit d’une performance relative car, le résultat est bien en-deçà de ceux réalisés par les autres régions du monde. Le rapport confirme ainsi un très faible accès aux services financiers en 2013 en dépit d’une progression de 25% de la population active.
    Pour certains pays comme l’Ouganda et le Mozambique, leurs réformes sont présentées comme substantielles “. Et pour d’autres, comme le Kenya, ils ont davantage consolidé leurs progressions en intensifiant les facilités visant â promouvoir le développement inclusif de l’activité bancaire, a noté le rapport. Ces avancées même significatives ne peuvent occulter le fait que 85% des prêts bancaires consentis en Afrique subsaharienne ne concernent que les populations de 8 pays. Pire, seulement une poignée d’entre ces pays ont développé des systèmes de financement basés sur d’autres produits que les banques, notamment les assurances, le fonds de pension et marchés des capitaux. Malgré tout, les banques ont réalisé d’importants bénéfices grâce à une meilleure maîtrise de leurs coûts. Le marché du crédit est resté dominé par les emprunts publics, et les taux appliqués se sont situés à un niveau assez élevé, autour de 10%. Seul le Kenya a réalisé des emprunts internationaux à des taux variant entre 6 et 7%.

    Signalons que la note globale du CPIA a augmenté pour huit pays d’Afrique sub-saharienne, et reculé pour huit autres. Et sur les huit dont la note est positive, c’est la République Démocratique du Congo qui affiche la plus forte progression, ave sa note relevée à 2,9.

    La CPIA mesure la qualité des améliorations des politiques et institutions publiques à l’aune de 16 indicateurs du développement, dans quatre domaines. La gestion économique, les politiques structurelles, les politiques d’insertion sociale et d’équité, ainsi que la gestion et les institutions du secteur public. Les pays sont notés sur une échelle allant de I (note la plus faible) à 6 (note la plus élevée) pour chaque indicateur. La note globale est la moyenne des quatre domaines évalués.
    D. Mwassa Kyalondawa

    7sur7.cd
  • English:Congo Catholic bishops urge Kabila to step aside in 2016

    English:Congo Catholic bishops urge Kabila to step aside in 2016

    Joseph Kabila
    Joseph Kabila

    – The influential Roman Catholic Church in the Democratic Republic of Congo urged President Joseph Kabila on Tuesday to respect constitutional terms limits and not seek reelection in the 2016 presidential election.

    Speculation has been rife that Kabila will seek to modify the constitution, which limits a president to two consecutive five-year terms, but he has not said whether he will run.

    The Congo Catholic bishops conference (CENCO) warned him that any attempt to change the constitution and remain in power could destabilize the mineral-rich nation which is still recovering from decades of political turmoil.

    “To seek to violate these provisions would set a dangerous precedent on the long road to peace (and) national unity,” read a CENCO statement published a day after Congo’s fifty-fourth independence anniversary celebrations. The message comes less than a month after international envoys from the United States, European Union, African
    Union and United Nations also urged Kabila to respect his constitutional obligations and to publish an elections timetable.

    Catholics make up about half of Congo’s population. In the absence of a coherent political opposition, the Church has been one of Kabila’s more vocal and influential critics, especially following reports of ballot stuffing and voter intimidation during his 2011 election victory.

    In their statement, the bishops urged Congolese to “be vigilant in opposing by all legal and peaceful means any attempt to modify the locked articles,” referring to constitutional provisions that cannot be changed.

    Having won elections in 2006 and 2011, Kabila’s final mandate expires in late 2016, but his political opponents fear he will seek to change article 220, which bans any change to the article setting out term limits.

    CENCO also urged the government to provide the necessary financial and material resources to ensure that elections take place within the time-frame provided by the constitution, which would mean presidential elections no later than December 2016.

    Lambert Mende, Congo’s government spokesman, said after the warning by the international envoys that an electoral calendar would be decided upon within the deadlines set by the constitution.

      Reuters

  • Ecole Nationale d’Administration (ENA)-Ouverture officielle

    Ecole Nationale d’Administration (ENA)-Ouverture officielle



    L’Ecole Nationale d’Administration (ENA) dont le Premier ministre Matata Ponyo Mapon a procédé à l’ouverture officielle, le samedi 28juin 2014, accueille dès ce 3 juillet sa première promotion constituée des 63 élèves.

    C’était en présence de Mme Marylise Lebranchu, Ministre de la Décentralisation et de la Fonction Publique de la République française ainsi que de plusieurs membres du Gouvernement congolais.

    Plus de quarante ans après, l’ENA renaît des cendres de I’EDA (Ecole Nationale de Droit et d’Administration). Cérémonie à la fois historique et symbole. Historique dans la mesure où cette ouverture intervient à l’avant-veille de la commémoration du 54ème anniversaire de l’indépendance du pays, le 30 juin. Symbole parce qu’elle consacre le couronnement d’une démarche entreprise par le gouvernement, sous l’impulsion du président de la République, Joseph Kabila Kabange, à se doter d’une administration publique qui n’a comme devise « servir l’Etat avec intégrité “.

    S’adressant aux Enarques (élèves de l’ENA), l’homme à la cravate rouge les transmis un message d’espoir, d’abnégation et d’équité. Matata Ponyo a rappelé que l’administration publique constitue la colonne vertébrale du pays. Car elle est pérenne pendant que les cabinets ministériels sont sédentaires et souvent sporadiques. On ne peut pas envisager l’émergence de notre pays avec la médiocrité L’ENA doit être un vivier de l’excellence. Il n’y a pas de chemin rectiligne dans la vie, Il faut être les meilleurs là où vous travaillez. C’est un chemin qui nécessite la patience, l’abnégation, l’intégrité, la persévérance,… “, a conseillé le Premier ministre.
    Par ailleurs, il a précisé que l’engagement est au plus haut niveau du pays. Il a promis que le gouvernement ne ménagera aucun effort pour les conditions soient optimales dans le fonctionnement de l’ENA.
    Pour sa part, Mme Marylise Lebranchu, Ministre de la Décentralisation et de la Fonction Publique de la République française a souligné qu’avec cette nouvelle Ecole d’administration, la RDC construit elle aussi l’action publique et l’Etat de demain. Le pays met en place une administration efficace et de qualité, solide et exemplaire, pour construire les politiques publiques de redressement et de développement du pays. “Mesdames et messieurs, élèves de la nouvelle promotion de l’ENA de la RDC, vous êtes les garants de l’intérêt général et les ambassadeurs de ‘votre pays. Vous avez le devoir de servir votre “, a exhorté la ministre Lebranchu. “A travers les valeurs de mérite et d’excellence, mais aussi d’intégrité, d’impartialité et de professionnalisme que prône l’Ecole que vous venez d’intégrer, vous êtes désormais les garants du respect des lois de la République. La colonne vertébrale de toutes les politiques publiques également. C’est à vous de choisir demain comment servir l’Etat; ce que vous voulez en faire et quel héritage vous souhaitez laisser pour les futures générations “, a conseillé la ministre française de la Décentralisation et de la Fonction publique. Elle a promis le soutien de la France qui, comme toujours dans ses relations bilatérales avec la RDC, continuera à jouer le rôle catalyseur d’expertises. Sur les grands axes de réforme de la Fonction publique, ainsi que sur ceux des finances publiques de manière générale.
    Le ministre congolais de la Fonction Publique, Jean-Claude Kibal fonde l’espoir que cette première promotion de l’ENA devienne le levain qui fera monter l’administration publique congolaise.
    L’Ecole Nationale d’Administration congolaise a pour objectif premier la formation de cadres dirigeants de l’Administration publique, mais aussi des jeunes qui, à leur sortie de la formation des 12 mois, devront y occuper les postes-clés.

    L’on rappelle qu’après l’indépendance, le gouvernement de la République a toujours été animé par la volonté de former les agents et fonctionnaires de l’Etat. C’est ainsi que dans le souci de combler le vide créé par le départ précipité des colons belges dans l’Administration publique, le gouvernement avait créé I’ENDA (Ecole Nationale de Droit et de l’Administration) pour former les cadres de l’Administration. Les produits de l’ENDA sont encore visibles à travers ses illustres personnages comme messieurs Léon Kengo wa Dondo, Désiré Konde vila Kikanda, Yoka Yakembe. Aujourd’hui encore, les mêmes préoccupations ont refait surface. Le gouvernement, après un diagnostic malheureux d’un Etat fragilisé depuis longtemps par les guerres, caractérisé par la mauvaise gestion du personnel dont le recrutement était plus basé sur le clientélisme, le tribalisme et le militantisme. En 2010, le gouvernement a diligenté un audit qui a révélé un déficit de qualification de plus ou moins des cadres dans l’Administration publique. Le gouvernement a mise en œuvre la vision du président Kabila de créer une école de formation de l’élite administrative et le renforcement des capacités des agents e activité. Basé sur des études de cas et des stages professionnels en Administration, son programme de formations est calqué sur le modèle de l’ENA/France et l’ENAP/ Canada, mais adapté au contexte congolais.
    L’Ecole Nationale d’Administration fonctionne au sein du bâtiment administratif de la Fonction publique.

    D. Mwassa Kyalondawa. (La Reference Plus)

  • Les évêques demandent à Kabila de partir en 2016

    Les évêques demandent à Kabila de partir en 2016

    Evequescardinal-DIAS1-Dans un communiqué rendu public mardi, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a exhorté le président Joseph Kabila à ne pas briguer un troisième mandat en 2016 pour permettre une alternance démocratique en RDC.
    En 2016, Joseph Kabila, partira ou partira pas ? La question ne cesse d’alimenter les débats à Kinshasa. Le président congolais, lui, continue d’entretenir le suspense : aucun mot sur la question lors de son discours à la nation le 29 juin à la veille de la commémoration du 54e anniversaire de l’indépendance du pays. Un silence qui a poussé les évêques de la RDC à prendre les devants, dans un communiqué publié le 1 juillet, pour l’exhorter à ne pas se représenter à la présidentielle prévue en 2016.

    La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a également appelé la population congolaise à “faire preuve de vigilance pour s’opposer par tous les moyens légaux et pacifiques à toute tentative de modification des articles verrouillés de la Constitution”.

    La Constitution actuelle du pays stipule en effet que “le président de la République est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois”. Et cette disposition est verrouillée par l’article 220, selon lequel “le principe du suffrage universel et le nombre et la durée des mandats du président de la République (…) ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle”.

    “Il faut respecter la Constitution”

    “Ce que dit la Constitution est clair, a déclaré le porte-parole de la CENCO, l’abbé Léonard Santedi, lors d’une conférence de presse. C’est pourquoi, les évêques disent cinq ans renouvelables une fois, c’est tout. Pour nous, il faut respecter la Constitution”.

    Le message de la Cenco publié à l’issue d’une assemblée plénière des évêques va plus loin et “désapprouve également toute sorte d’initiative qui, sans modifier directement l’article 220, viserait à le vider de son contenu essentiel, alors que celui-ci a été conçu pour assurer la stabilité du pays et garantir la nature de l’État congolais, qui est une République et non une monarchie”. Allusion faite au projet de révision constitutionnelle annoncé début juin par le gouvernement congolais qui voudrait notamment organiser l’élection des députés provinciaux en 2015 au scrutin indirect alors que, constitutionnellement, cette consultation doit avoir lieu au scrutin direct.

    Les évêques, qui avaient déjà mis en garde en février contre une telle manœuvre, critiquent cette décision qui, estiment-ils, “privera le peuple de son droit de désigner ses gouvernants”

  • English: The FDLR dialogues in Rome while Rwanda protests

    English: The FDLR dialogues in Rome while Rwanda protests

    On the 26th of June, the Rwandan rebels of the FDLR sent a delegation to Rome to engage in further negotiations regarding the disarmament process initiated by the rebel group a few months ago. Several important personalities attended the meeting. Rwanda, however, did not appreciate the initiative.

    kobler et rebellesThe meeting was held at the invitation of Saint’ Egidio, a religious community that already served as an intermediary for the FDLR in 2005. The negotiations also involved UN representatives in the sub-region, namely the head of MONUSCO, Martin Kobler and Mary Robinson, special Envoy of the UN Secretary General for the Great Lakes, and Frank De Coninck, Belgium envoy for the region. The disarmament of the FDLR is criticized by Kigali. The current Rwandan government has refused any communication with those they describe as genocidaires. The new unarmed movement of the FDLR, however, insists on having negotiations as, from now on, it only wants to engage itself politically.

    The event was facilitated by Herve Ladsous, the UN UnderSecretary General responsible for the operations of peacekeeping. Earlier, Ladsous had demanded a temporary lift of the travel ban of Acting President of the FDLR, Victor Byiringiro, in order for him to attend the meeting in Rome. Byiringiro was under UN sanctions since 2010 as head of an armed group accused of destabilizing Eastern DRC. Ladsous’ request was rejected and the UN Sanctions Committee upheld its decision following Rwanda’s protests.

    In the process of these negotiations, each represented actor will naturally have to defend his interests. The objective of the FDLR is to seek international support for inter-Rwandan dialogue, including all opposition parties and refugees scattered around the world; while the United Nations seeks to accelerate the disarmament of the FDLR which has not made ​​much progress – so far only 188 rebels have surrendered their weapons.

    It is in this context that the RPF regime, that incessantly fights the political inclusion of its opponents, sent a letter of protest to the UN Security Council on the 26th of June. In its writing, the regime threatened to withdraw from the Addis Ababa framework agreement which, was signed by eleven regional countries on the 24th of February 2013. Falling under the auspices of the African Union and the UN, the framework agreement provides for peacemaking in Eastern Congo. The Rwandan government has accused senior UN officials of wanting to rehabilitate the FDLR, a group they still associate with the 1994 genocide and to whom Kigali has categorically refused to talk. Moreover, those who support this dialogue are now treated as FDLR’s allies by Kigali.

     

    Pacifique Habimana

    Translated by Jane Nishimwe

    Jambonews.net

  • EXETAT 2014, le début des résultats attendus cette semaine

    EXETAT 2014, le début des résultats attendus cette semaine

    Elèves de Collège Boboto à Kinshasa, lors d'un séminaire sur la CPI.-A peine terminer les épreuves des examens d’Etat le jeudi 26 juin dernier, les finalistes du secondaire entrent dans la fièvre des résultats.

    Ils attendent avec impatience ces pourcentages, conclusions de la session ordinaire, pour arracher le ticket de l’enseignement supérieur et universitaire en octobre prochain. Cette fièvre est alimentée et augmentée par l’opérateur des télécoms en charge de la publication via son réseau GSM des résultats. A moins de quatre jours de la fin de ces épreuves, cette société de téléphonie cellulaire multiplie des messages auprès de ses abonnés, lesquels messages annoncent l’imminence de la proclamation des résultats des examens d’Etat, édition 2014.


    Les bleus et blancs étaient au rendez-vous le lundi 23 juin dernier à 7 heures dans leurs différents centres des examens d’Etat disséminés à travers l’ensemble du territoire de la rd-Congo. Au total plus de 600.000 finalistes du secondaire passent les quatre jours des épreuves. A Kinshasa, plusieurs centres ont bel et bien accueilli des élèves en présence des chefs des centres et autres membres commis à la surveillance de cette session ordinaire. RD-CONGONEWS a déployé ses reporters pour mieux piocher sur terrain les détails touchant l’organisation des EXETAT. Au centre Gombe 08, code 1308- collège saint Joseph “Elikya“ les participants sont partagés sur plusieurs points relatifs à la manière dont les épreuves sont organisées. Selon certains élèves croisés dans la cour du collège Saint Joseph, des chefs d’établissement ont conscientisé leurs finalistes de ne pas être frustrés devant les items (NDLR : les questionnaires des examens). “Ils nous ont fait une causerie morale à la veille de ces épreuves, avant de nous demander d’éviter les ratures sur les items“, a affirmé David Kwila, finaliste en option Mathématique- physique au collège Boboto. Ceux qui ont passé leurs épreuves au collège John Mabuidi indiquent que leurs chefs d’établissement étaient large jusqu’à dimanche 22 juin dans la soirée. “ Les préfets nous ont demandé de passer calmement les examens même si nous n’avons pas tous les droits liés à la participation à ces épreuves“, ont fait savoir quelques élèves qui passent leurs examens au centre Gombe 10, code 13010- collège John Mabuidi. Ils nous ont dit, rapportent-ils les propos de leur préfets, allez passer les examens et le reste après. Malgré l’ambiance bon enfant dans la plupart des centres de la ville-province de Kinshasa, certains élèves sont surpris d’apprendre que leurs collègues des autres écoles n’ont déboursé aucun montant au titre des frais de participation.

    Au gouvernement, le ministère de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel a fixé à 12.000 francs congolais les frais de participation à cette session ordinaire 2013 des EXETAT. Certaines écoles n’ont pas suivi cette rondelette pour exiger des sommes exorbitantes, allant de 12.000 FC à 50.000 FC. Les élèves de l’institut Notre dame de Fatima reconnaissent qu’ils ont payé le montant de 12.000 FC auprès des reporters du Bihebdomadaire. Les finalistes de l’ITEMAT, une école d’application de l’institut supérieur des techniques appliquées- ISTA Ndolo confirment aussi le même montant qu’ils ont déboursé avant le début des épreuves. Les participants issus du collège Boboto ont payé 6.000 FC et par contre ceux du centre de récupération du complexe scolaire de la Gombe situé dans l’enceinte de l’Athénée de la Gombe n’ont rien payé. Une élève d’une autre école localisée dans la commune de Lemba a laissé entendre à RD-CONGONEWS qu’elle a liquidé la bagatelle de 50.000 FC constituant à la fois les frais relatifs à sa participation et à la fameuse pratique décriée communément appelée “Suivi“. La concernée ne comprend pas la robustesse de ce montant lequel semble plus élevé par rapport aux autres écoles. Dans les locaux du collège Saint Joseph et de John Mabuidi, la sérénité des participants est perceptible. Tous les téléphones et autres effets violant le vade mecum de l’organisation des EXETAT ont été mis de côté au risque d’une exclusion avec la côte tricheur. Le port du macaron et de la carte d’élève est obligatoire dans la salle des épreuves. Certains finalistes proviennent des maquis pour rejoindre leurs différents centres des examens d’Etat. D’autres par contre quittent leurs maisons directement pour les locaux des épreuves. Les épreuves de cette session 2013-2014 ont pris fin le jeudi 26 juin sur toute l’étendue de la RD-Congo et les résultats comme promis par le ministre de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel, Maker Mwangu, seront publiés au début du mois de juillet prochain et toutes les options momentanément.

    CongoNews

  • Garde à vue de Nicolas Sarkozy, coup d’arrêt à son retour politique?

    Garde à vue de Nicolas Sarkozy, coup d’arrêt à son retour politique?

    sarkozy-La garde à vue de Nicolas Sarkozy, une première pour un ancien président de la République française, tombe au plus mauvais moment.

    L’ex-chef de l’Etat multipliait en effet ces derniers mois, les gestes et les paroles laissant entendre qu’il préparait son retour en politique. C’était sans compter sur l’enquête en cours pour trafic d’influence présumé qui vient chambouler son programme.

    Nicolas Sarkozy est arrivé à 8 heures précises au siège de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) de la police judiciaire de Nanterre. Dans l’affaire sur laquelle enquête la PJ il s’agit de savoir si l’ex-président a tenté d’obtenir des informations auprès d’un magistrat de haut rang sur des procédures judiciaires pouvant le menacer.

    Placé en garde à vue, Nicolas Sarkozy restera sous le feu des questions des policiers de l’Oclciff durant 24 heures, une période éventuellement renouvelable une fois. A l’issue de sa garde à vue, l’ex-président pourra soit être relâché sans poursuites, soit être présenté à un juge d’instruction qui décidera alors de sa mise en examen ou non.

    Confrontations au plus haut niveau

     

    Thierry Herzog, ami et avocat de l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy.AFP/FRED DUFOUR

     

    Dans cette affaire, l’avocat et ami de l’ancien chef de l’Etat, Me Thierry Herzog est lui, en garde à vue depuis, hier lundi tout comme le magistrat Gilbert Azibert et Patrick Sassoust, avocat général à la chambre criminelle de la Cour de cassation. Leurs gardes à vue ont d’ailleurs été prolongées ce mardi ce qui permettra aux enquêteurs de confronter leurs versions avec celle de Nicolas Sarkozy.

    Les soupçons qui valent à Nicolas Sarkozy cette mesure coercitive, sont apparus lors de l’ouverture d’une information judiciaire concernant le financement par la Libye de Kadhafi de la campagne présidentielle de 2007. Lors de l’enquête sur ce dossier, plusieurs protagonistes proches de l’ancien chef de l’Etat ont été placés sur écoute.

    Au vu de ce que les enquêteurs découvrent, ils décident de placer Nicolas Sarkozy lui-même sous surveillance téléphonique. A-t-il été prévenu de ce développement ? Toujours est-il qu’il utilise pour communiquer avec Me Herzog, un téléphone dont l’abonnement a été pris au nom d’un certain Paul Bismuth…

    Certains échanges entre l’ancien président et Michel Gaudin, ex-patron de la police nationale et ex-préfet de police de Paris, laissent supposer que les deux hommes ont cherché à obtenir des informations en contactant Gilbert Azibert en échange de la promesse d’une promotion de prestige à Monaco. Si cela est avéré, ces faits constitueraient une violation du secret d’instruction doublée d’un trafic d’influence. Pour cette dernière infraction, l’ex-président encourt jusqu’à dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.

    Désir de retour de tous les instants

    Si jamais Nicolas Sarkozy était mis en examen à l’issue de sa garde à vue, ce ne serait pas une première pour lui. Il a en effet déjà été sous le coup d’une telle mesure dans l’affaire Bettencourt ; une procédure qui s’était soldée en 2013 par un non-lieu. Mais la multiplication des affaires autour de l’ancien chef de l’Etat compromet un peu plus à chaque étape son retour dans l’arène politique. 

    Nicolas Sarkozy a beau dire comme il l’a déclaré récemment à ceux qui le poussent : « Il va falloir que je m’y colle », en parlant de la présidence de l’UMP, étape incontournable avant celle de la France, chacun sait bien que pour lui c’est bien moins une obligation qu’un désir de tous les instants. Mais pour le moment, chaque jour qui passe le rend plus difficilement réalisable. 

    rfi

  • Des garanties sérieuses pour l’implication active de la diaspora en RD Congo

    Des garanties sérieuses pour l’implication active de la diaspora en RD Congo

    Intégralité:Discours des Vœux 2013 de Joseph Kabila, Pdt de la RDC -Dans un discours prononcé à la veille de la célébration du 54e anniversaire de l’accession de la République Démocratique du Congo à la souveraineté nationale et à la reconnaissance internationale, le président Joseph Kabila a encouragé les Congolais de la diaspora à revenir sur la terre de leurs ancêtres et à y prendre place, le pays étant en pleine croissance et en pleine mutation. « La terre de nos ancêtres est grande et fertile et dispose des potentialités nécessaires à l’épanouissement de chacun », a-t-il insisté, en invitant tous ceux qui vivent à l’étranger « à contribuer au développement de la République Démocratique du Congo dans la paix et la sérénité ». Si d’aucuns ne peuvent que louer cette attitude réconciliatrice, malgré des rapports exécrables entre le gouvernement de Kinshasa et ses administrés de la diaspora, il est évident que l’on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre.

    L’incohésion nationale

    Plusieurs mois après les assises des concertations nationales initiées par le président de la République Démocratique du Congo, la cohésion nationale est loin d’être acquise – le peuple congolais ayant compris que ce forum avait été organisé à dessein pour amadouer la classe politique et faire passer des mesures impopulaires au profit de la majorité présidentielle. Pis encore, la diaspora a été représentée à ces assises par des gens non représentatifs de la réalité qui la compose. Ainsi le « per diem » et la folle envie d’occuper des postes au sein d’un éventuel gouvernement d’union nationale ont-ils relégué à l’arrière-plan les véritables revendications des Congolais de l’étranger. L’incohésion nationale s’est amplifiée davantage à cause des mesures tendant à tripatouiller les lois de la République, et l’incertitude politique s’est longtemps installée dans l’attente d’un remaniement gouvernemental, ou alors d’un nouveau gouvernement dont la nomination reste encore lettre morte.

    En tout cas, il est certain que la cohésion nationale ne sera jamais effective tant qu’une partie de la population congolaise sera sans cesse privée de ses droits du simple fait de vivre hors du territoire national. Mais un simple appel incitant au retour au pays des ancêtres ne suffit pas. Encore faut-il donner des gages sérieux pour que les Congolais de la diaspora puissent assumer leurs devoirs « au prix des efforts sans cesse renouvelés », en s’investissant sur les plans économique et politique, dans l’espoir de réaliser « le rêve d’un Congo prospère ».

    Le patriotisme des émigrants

    Les faiblesses dans les relations entre la diaspora congolaise et le gouvernement ont toujours constitué un frein considérable dans la valorisation et la matérialisation des atouts susceptibles de contribuer à l’émergence d’une République Démocratique du Congo solide, sur le plan étatique, et performante, du point de vue socio-économique. De plus, les violations systématiques des droits des Congolais de l’étranger portent préjudice aux dispositifs constitutionnels – tels que les articles 5 alinéa 3, 12, 50 et 66 – favorables aux droits humains, aux libertés fondamentales, aux devoirs du citoyen et de l’État. Ainsi le gouvernement congolais devra-t-il rendre le premier alinéa de l’article 10 la Constitution du 18 février 2006 conforme à l’article 72. Dans cette optique, au regard de la double problématique du jus sanguinis et du jus soli, le 1er alinéa de l’article 4 de la loi du 12 novembre 2004, relative à la nationalité congolaise, devra privilégier le caractère inaliénable de la nationalité congolaise d’origine. C’est ainsi que l’on clarifiera les différents conflits fonciers qui ne cessent de contribuer, avec le pillage des ressources naturelles, à la déstabilisation de la partie orientale de la République Démocratique du Congo.

    Par ailleurs, l’insécurité à travers le territoire national et la corruption ne contribuent guère la libre-circulation des biens et des personnes, ainsi que des capitaux, facteur indispensable au développement économique, ainsi qu’à la liberté d’entreprendre et d’investir. Il faudra donc des garanties sérieuses, sur les plans fiscal et sécuritaire, pour que les Congolais de la diaspora daignent s’acquitter patriotiquement de leurs devoirs envers la République. C’est la condition sine qua non pour qu’ils puissent « donner à [leur] pays le meilleur [d’eux-mêmes] » sans toujours « attendre qu’il fasse tout à [leur] place ».

    Gaspard-Hubert Lonsi Koko