Author: Don Kayembe

  • Avis aux utilisateurs de Windows XP: vous êtes désormais à la merci des pirates

    Avis aux utilisateurs de Windows XP: vous êtes désormais à la merci des pirates

    xp-Si votre ordinateur est toujours équipé de Windows XP, sachez qu’à partir d’aujourd’hui, il n’est plus protégé et donc à la merci des pirates informatiques. Le géant américain des logiciels a décidé de cesser son support et ses mises à jour de sécurité pour les ordinateurs fonctionnant toujours sous XP, afin de se consacrer aux versions plus récentes de Windows. 500.000 ordinateurs fonctionnent encore selon ce logiciel, chez nous en Belgique.

    Les utilisateurs inconditionnels de l’ancien système d’exploitation Windows XP de Microsoft devront à partir de mardi se défendre tout seuls contre les cybercriminels. Le 8 avril, le géant américain des logiciels va en effet cesser son support et ses mises à jour de sécurité pour les ordinateurs fonctionnant toujours sous XP, afin de se consacrer aux versions plus récentes de Windows. En clair, il cessera de combler les failles de son ancien logiciel que les pirates informatiques peuvent exploiter pour s’insérer dans les ordinateurs des utilisateurs, laissant ces derniers à la merci des hackers.

     

    “Tout le monde fait face au même danger”
    Malgré les efforts de Microsoft pour ne plus promouvoir son ancien système d’exploitation vieux de 13 ans, XP continue d’être utilisé par entre 20 et 30% des ordinateurs fonctionnant sous Windows de par le monde, selon les estimations du secteur. “Cela peut aller des services de police, aux banques en passant par les bureaux juridiques et les restaurants”, souligne Christopher Pogue, directeur de Trustwave, une société basée aux Etats-Unis aidant les entreprises à lutter contre la cybercriminalité. “Pensez à n’importe quelle entreprise, elle utilise probablement XP. Je dirais que tout le monde fait face au même danger”, ajoute-t-il.

     

    Le dernier venu, Windows 8

    Les pirates informatiques ont probablement déjà découvert de nouveaux moyens de pénétrer dans les ordinateurs utilisant toujours Windows XP, mais ils pourraient attendre jusqu’à mardi pour lancer leurs cyberattaques dans la mesure où Microsoft n’agira plus pour les bloquer. “On parle ici de millions de systèmes informatiques qui vont cesser de recevoir des mises à jour régulières de sécurité”, insiste M. Pogue. “Cela crée sans surprise un sentiment de panique en raison des nouvelles vulnérabilités que cette situation va engendrer”. Microsoft a sorti plusieurs générations de Windows depuis le lancement de XP en 2001. Le dernier en date est Windows 8, adapté à l’époque des appareils à écran tactile et des services dans le “cloud”.

     

    Risques pour les distributeurs automatiques

    Etant donné l’évolution rapide du matériel informatique et de la courte durée de vie des appareils, les nouveaux ordinateurs achetés par les consommateurs fonctionnent probablement tous avec des versions plus récentes de Windows. Mais des inquiétudes demeurent pour les petites entreprises qui ont conservé XP car elles se sont habituées à ce système d’exploitation qui fonctionne comme elles le souhaitent. Cela peut comprendre des sociétés ayant des besoins informatiques relativement peu sophistiqués ou encore certains marchés émergents ainsi que des écoles, où les moyens restent limités.

     

    “Un pari risqué”

    De nombreux distributeurs automatiques de billets pourraient également toujours fonctionner sous Windows XP et être de ce fait dès mardi plus vulnérables aux attaques informatiques, notamment les bornes de retrait indépendantes que l’on trouve dans les petits commerces ou les bars et qui n’appartiennent pas à des banques, relève Michael Silver, expert chez Gartner. “Dans beaucoup de cas, les gens ont estimé que Windows XP était suffisamment bien pour eux et ils n’ont pas vu les avantages qu’ils pourraient tirer à dépenser de l’argent pour passer à un système d’exploitation plus récent”, ajoute-t-il. “Mais c’était un pari risqué”, reconnaît-il.

     

    Le marché chinois fausse les chiffres

    Dans ce contexte, avance Rob Enderle du Groupe Enderle dans la Silicon Valley, certaines entreprises ou particuliers peuvent être tentés de voir ce que les concurrents de Microsoft, comme Apple ou Google, ont à offrir. “Le risque pour Microsoft est que les utilisateurs migrent ailleurs”, dit-il. Microsoft “n’aurait jamais dû laisser les choses aller si loin”. Les estimations mondiales du nombre d’ordinateurs fonctionnant toujours sous XP pourraient être faussées par le marché chinois, où l’on trouve un grand nombre de versions piratées du logiciel de Microsoft, précise toutefois Graham Cluley, expert en sécurité informatique pour le site welivesecurity.com. Mais dans la mesure où les logiciels Windows sont utilisés par plus de 90% des ordinateurs de la planète, même un petit pourcentage d’entre eux fonctionnant toujours sous XP peut se traduire par des chiffres énormes. Ces ordinateurs en question vont contribuer à rendre la sphère internet plus dangereuse pour tout le monde dans la mesure où les pirates informatiques vont être capables de lancer des cyberattaques depuis des appareils infectés, indique encore Graham Cluley.

    RTL.BE

  • LE NIGERIA DÉTRÔNE L’AFRIQUE DU SUD ET DEVIENT LA PREMIÈRE ÉCONOMIE D’AFRIQUE.

    LE NIGERIA DÉTRÔNE L’AFRIQUE DU SUD ET DEVIENT LA PREMIÈRE ÉCONOMIE D’AFRIQUE.

    Nollywood1-Le Nigeria déclare avoir délogé l’Afrique du Sud de la première place, au classement des économies africaines.

    Abuja affirme qu’il a réalisé en 2013 un produit intérieur brut de 510 milliards de dollars.

    Une nouvelle méthode de calcul du PIB a donné ce résultat, a indiqué dimanche le chef du Bureau national des statistiques du Nigeria, Yemi Kale.

    Il indique que le produit intérieur brut de l’Afrique du Sud — considérée jusque-là comme la première économie du continent — s’élève à 353 milliards de dollars en 2013, suivant la nouvelle méthode.

    Le Bureau national des statistiques affirme qu’en 2012, le PIB du Nigeria était de 453,9 milliards de dollars, derrière celui de l’Afrique du Sud — 384 milliards de dollars —, le seul pays africain membre du G-20.

    La nouvelle méthode de calcul du PIB prend en compte des industries et des secteurs non comptabilisées dans ce domaine, depuis 1990 : les télécommunications, la musique, les transports aériens et Nollywood, l’industrie cinématographique nigériane.

    26e économie du monde

    Le Nigeria, pays le plus peuplé du continent avec 170 millions d’habitants, revendique 100 millions d’utilisateurs du téléphone mobile.

    Dimanche, en conférence de presse, la ministre nigériane du Commerce, Ngozi Ikonjo-Iweala, a déclaré que son PIB actuel fait du Nigeria la 26e économie du monde.

    Selon le Bureau national des statistiques, le chômage a augmenté au Nigeria de 12,7% en 2007 à 23,9% en 2011.

    La Banque mondiale estime que ce fléau frappe 38% des jeunes et atteint 80% dans plusieurs endroits du pays, le premier exportateur de pétrole du continent.

    L’expert en finance Bismarck Rewane a déclaré à Reuters que la nouvelle méthode de calcul du PIB relevait de la ”vanité”.

    ”La population nigériane ne vivra pas mieux demain, en raison de cette déclaration, qui ne lui permet pas du coup d’épargner plus d’argent à la banque”, a-t-il soutenu.

    Le Nigeria a connu des dictatures militaires, depuis son indépendance en 1960 à la fin des années 1990. La majorité de sa population vit avec moins de deux dollars par jour.

    Le pays souffre des coupures d’électricité, de son manque d’infrastructures et d’eau potable. Il est considéré comme l’un des pays les plus corrompus du monde.

    BBC

  • FACE À L’AVANCÉE CHINOISE EN AFRIQUE, L’EUROPE PROPOSE À L’AFRIQUE UNE ALLIANCE.

    FACE À L’AVANCÉE CHINOISE EN AFRIQUE, L’EUROPE PROPOSE À L’AFRIQUE UNE ALLIANCE.

     New-york-forum-africa_0-Cette nouvelle offre a été faite à l’occasion du 4eme sommet « UE-Afrique » qui s’est ouvert mercredi 02 avril 2014 à Bruxelles, en présence de quelque 80 dirigeants africains et européens. À l’ouverture de ce sommet placé sous le thème « Investir dans les personnes, pour la prospérité et pour la paix », le président de la commission de l’« Union européenne », Herman Van Rompuy, a donné le ton en formant le vœu d’« un partenariat d’égal à égal »  entre l’Europe et l’Afrique.

    « Nos continents changent rapidement, et il est donc essentiel que nous nous réunissions régulièrement. Pour voir où nous en sommes, où nous allons… Et aussi pour prendre du recul: peut-être même pour s’affranchir de la vision passée que nous avions de l’autre », a déclaré M. Van Rompuy, appelant les deux continents à « relever ensemble les défis économiques et sécuritaires auxquels ils sont confrontés ».

    Plus percutant, le président français François Hollande a annoncé un plan avec l’Allemagne pour une « alliance » entre l’Europe et l’Afrique « autour de trois enjeux »: la sécurité, le développement et l’environnement. « J’ai proposé une alliance entre nos deux continents, autour de trois enjeux: la sécurité, donc la paix, mais aussi le développement, donc la croissance, et enfin l’environnement, donc le changement climatique », a déclaré M. Hollande au côté de la chancelière allemande Angela Merkel.

    Selon M. Hollande, « l’Europe peut apporter à l’Afrique sa technologie, son savoir-faire, sa solidarité », mais aussi « ses forces armées pour éviter des conflits, des massacres, et lutter contre le terrorisme ». « L’Allemagne et la France veulent jouer un rôle moteur dans le développement et la sécurité de l’Afrique », a souligné de son côté Mme Merkel. La chancelière allemande a estimé aussi que « l’accent doit être mis sur le développement humain afin que l’Afrique, sûre d’elle-même, puisse résoudre ses problèmes ».

    Au nom de l’Afrique, le président en exercice de l’« Union africaine », le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, a vanté les performances économiques de l’Afrique, un continent qui a une croissance annuelle moyenne de 5 % et qui ne cherche qu’à se développer. La présidente de la Commission africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma a, quant elle, mis l’accent sur le déficit qu’accuse l’Afrique en matière d’infrastructures. Les interventions de M. Ould Abdel Aziz et de Mme Dlamini-Zum reflètent bien le message que « l’Afrique a plus besoin de coopération économique et d’investissements que d’aide », selon les termes du président guinéen, Alpha Condé.

    Le sommet « Afrique-UE », devrait aussi aborder notamment les dossiers des « accords de partenariat économique (APE) », les investissements, la gestion des flux migratoires et les changements climatiques.

    Certains analystes européens estiment cependant que ce 4eme sommet ne devrait pas déboucher sur de grands résultats à l’instar des éditions précédentes. On parle beaucoup de développement, d’un bon partenariat et de coopération, mais pas des vrais problèmes. Quelles sont les opportunités à venir ? Et comment une nouvelle génération de dirigeants africains et européens peut-elle faire en sorte que cette relation soit bénéfique pour les deux continents ?

    « Ces questions font défaut à ce sommet. Il ne faut pas s’attendre à de grands résultats », avertit Sanoussi Bilal, le pessimiste chef du « programme Transition économique et commerce au centre européen de gestion des politiques de développement (ECDPM) ».

     

    Cordialement,
    La Direction du « RÉSEAU NERRATI-PRESS ».

  • L’absence d’un leadership politique à Kinshasa menace la RD-Congo….

    L’absence d’un leadership politique à Kinshasa menace la RD-Congo….

    Carte géographique du Congo-(rdc)
    Carte géographique du Congo-(rdc)

    –On me dira, par ses partisans,  que la question de leadership ne se pose dès lors que  le Vieux est là, c’est-à-dire Tshisekedi. Pour moi, Tshisekedi  avec son combat et sa nature,  la nature de sa lutte, est plus un symbole national, je dirais un « Mythe national » au lieu qu’un leader qui lui doit conquérir le pouvoir et le gérer. Comme Mythe, le Vieux a cessé d’appartenir i à sa famille biologique, à ses enfants et à maman Marthe. Non plus, il n’appartient à son parti politique d’origine l’UDPS.  Et chercher à  s’approprier un mythe, comme tout le monde le fait, est à mes yeux une faute out une erreur de goût.

     

    Le 13 avril 1992, Mandela annonce sa séparation avec Winnie en ces termes : « je suis persuadé que la vie de ma femme a été plus difficile que la mienne. [….] Elle avait épousé un homme qui devait la quitter, […] cet homme était devenu un mythe ; puis ce mythe revenu chez lui et s’était révélé n’être qu’un homme. […] mes enfants m’ont dit : “Nous pensions que nous avions un père  et qu’un jour il reviendrait. Mais à notre grande consternation notre père est revenu et il nous a laissés parce qu’il était devenu le père de la Nation » (Mandela, 1995 :619-620).

     

    Dès lors, on ne peut rien attendre de lui sauf que le mythe on s’en sert par des volontés individuelles qui sont acteurs d’histoire, en vue de mobiliser des masses, de bâtir des nations et de construire des identités nationales. Chaque peuple se fabrique ses mythes pour des objectifs bien précis. Attendre du  mythe  qu’il agisse ou fasse quelque chose,  et dans le type de combat, de libération que mène le peuple  du Congo, relève d’une naïveté grave en politique. Le Mythe, il n’est question ni de l’aimer, ni de ne pas l’aimer. Pour ce qui est du sentiment et du zèle, il faudra l’abandonner à  la masse qui veut et cherche à être séduite mais des volontés individuelles  écrivent, elles, et contribuent à l’écriture de l’histoire. On recourt au mythe comme une arme parce qu’il doit désengager,  provoquer et déstabiliser les positions des adversaires pour qui un peuple qui  entretient son mythe devient dangereux comme il nourrit la mémoire collective.

     

    Les partisans de « Joseph Kabila » affirmeront en toute innocence également que « Joseph Kabila » incarne le leadership du côté de ceux qui s’imaginent appartenir au camp de pouvoir.  « Joseph Kabila »  avec des années passées à la tête de ce qui parait être le pouvoir est plus un « parrain » qui lui-même est parrainé, Avec la fortune amassée et le possibilité de nommer ses thuriféraires à des postes de commandement , une clientèle politique et économique s’est créée autour de lui et non pour ses idées , il n’en a pas,  non pour sa stature, c’est un homme effacé. Il ne fait un pas un leader. Et il ne saura l’être. D’où, je persiste et signe, et ce après moult observations, qu’il manque un leadership au Congo à même de s’émanciper des prisons environnantes et qui nait d’un combat sans merci entre plusieurs forces internes, conscientes de leur existence et agissant comme acteurs  et non comme c’est le cas aujourd’hui des personnages de fiction  pour  incarner des rôles dessinés par autrui.et pour eux.

     

    Je me demande, si réellement ces forces politiques internes existaient, pourquoi elles ont peur de s’affronter pour que de leur affrontement  naisse un leadership qui s’impose et imposable à tous. Ailleurs, des forces politiques s’affrontent et des fois avec des couteaux. Ce n’est pas le cas avec des Congolais et au Congo où tout le monde se terre derrière la masse et le peuple.   .   .

     

    Quelques jours ou mois avant 1997, à la fin des années 1993-1994,  la « classe politique » congolaise de l’époque s’amusait dans des concertations politiques pour trouver qui sera ou ne sera pas premier ministre. C’était en toute innocence et sans s’interroger du lendemain, par exemple des forces extérieures qui elles restent aux aguets depuis 1960 et contrôlent la RD-Congo. Avertie de la maladie de Mobutu et de sa mort prévue, la classe politique congolaise s’est montrée incapable d’anticiper l’histoire et voire de surprendre les acteurs externes. Ces derniers ont fini dans leur combat contre le Congo d’imposer la « tutsisation » du pouvoir à Kinshasa. Tout le monde était surpris et les mobutistes qui étaient chassés du pouvoir et l’opposition contre les Mobutistes,  pour qui seul Mobutu était considéré comme le principal et l’unique adversaire, était également chassé du pouvoir. L’Occident a préféré faire gérer le Congo par Paul Kagamé et son cheval de Troie.

     

    L’histoire a horreur du vide. Et elle risque de se répéter mais encore une fois au détriment de la nation congolaise.  Le peuple du Congo a eu à regarder, à écouter ici et là. Les marchands ue mirage lui ont vendu une certaine idée de la démocratie alors qu’il s’offrait pour le sacrifice. Et d’autres, au nom de la même démocratie,  ont conduit le peuple du Congo aux élections et ce avec promesse d’en finir avec le cas de “Joseph kabila”. Ils l’ont fait en 2006 comme en 2011.  De nouveau, les mêmes  refont surface et ré-entonnent la  même mélodie Malu Malu ici, referendum, constitution, élections. Mais c’est quoi toute cette histoire? Personne ne se rend compte que le peuple en a marre et assez. Que chacun fasse alors ce qu’il comprend. Quant à nous, nous affirmons haut et fort qu’un sentier ne se forme qu’à force d’y marcher dessus”

    Mufoncol Tshiyoyo  

    Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle
    Mouvement Politico-militaire,
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com,
    004745007236004745007236, Facebook : Mufoncol Tshiyoyo

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  • Étienne Tshisekedi : La trajectoire vers la présidence

    Étienne Tshisekedi : La trajectoire vers la présidence

    Quand le destin d’un homme public coïncide avec la condition et le statut  de son peuple…

    Tshisekedi-De nos jours, s’il existe un acteur politique de la République démocratique du Congo, qui se passe de toute présentation, c’est bel et bien le Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba. Cela est d’autant plus vrai que son nom évoque, à n’en pas douter, la lutte pour le changement politique et démocratique. En d’autres termes, celui-ci incarne, à vrai dire, la résistance pacifique contre la dictature, quelle qu’elle soit, fût-elle militaire ou révolutionnaire. Donc, ce nom dont le magnétisme ou l’aura attire, sur le terrain, l’immense majorité de ses Concitoyens, inspire aussi ‘‘respect’’ et ‘‘considération’’ sur l’ensemble du Continent.

    À cet effet, le Grand Malien Alpha Oumar Konaré qui a eu à diriger les destinées aussi bien de son pays, la République du Mali, que de l’organisation continentale, l’Union africaine (UA), déclare sans atermoiement, sans retenue, à propos de ce grand combattant de la liberté et de la démocratie, de la justice et de la dignité : ‘‘Étienne Tshisekedi est non seulement un Grand Congolais mais surtout un Grand Africain’’. Comprenez par là, pour avoir sans nul conteste mené l’ensemble de ses Compatriotes victimes d’un régime des plus verrouillé et des plus corrompu, à imprimer patiemment le nom de la République démocratique du Congo sur le chemin étroit et périlleux de la démocratie. Tel est, en vérité, le legs de cet homme d’État à l’ensemble de ses pairs. Tel est, en réalité, l’héritage de cet homme public qui, de toute évidence, n’a absolument pas, à l’heure actuelle, réussi à conquérir les plus hautes marches du podium politique dans la mesure où moult embûches se dressent lourdement devant lui. Ceci en dépit de sa véritable stratégie qui s’appuie coûte que coûte, indéniablement, sur les revendications sociopolitiques et socioéconomiques de la population afin d’investir les rouages de l’État.

    Par ailleurs, Étienne Tshisekedi wa Mulumba n’incarne pas simplement la figure emblématique de l’opposition contre la tyrannie. Il ne symbolise pas uniquement la figure de proue d’une lutte prodémocratique au profit de ses Compatriotes. Aussi est-il, en réalité, une méthodologie de combat politique. Aussi représente-t-il une démarche tant philosophique que spirituelle. Celle-ci met, certes, en avant l’intelligence supérieure ou la créativité mentale en vue de garantir les destinées de son pays et, par voie de conséquence, de servir les intérêts primordiaux et vitaux de toute sa population. C’est à ce seul niveau que gît effectivement la pertinence de l’ouvrage paru aux Éditions l’Harmattan et intitulé ‘‘Étienne Tshisekedi, La Trajectoire vers la présidence’’ [de la République démocratique du Congo NDLR].

    Ce livre est, en réalité, un essai coécrit par deux Congolais fort avertis et non moins experts des questions nationales. Il s’agit de Mwamba Tshibangu et d’Alexis Kabambi. Ces deux auteurs présentent, à vrai dire, cette particularité et cette singularité d’avoir embrassé la discipline sociologique dans leurs cursus universitaires respectifs. Dans cet ouvrage commun, ces deux observateurs du landerneau politique tentent d’expliquer, tout comme de reconstituer, ce qu’est pratiquement l’itinéraire suivi par le Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba pour finalement briguer le mandat présidentiel.

    Toute la question est de savoir en quoi consiste réellement cet itinéraire, d’une part. Quel en est en fait le fondement ? Cette trajectoire est-elle linéaire ou sinueuse ? Eu égard à la liberté et la dignité du peuple congolais, au combat de libération nationale du despotisme, cette trajectoire est-elle viable ? Est-elle recommandable ? Et, d’autre part, qui a vraiment tracé cette voie menant à la présidence de la République démocratique du Congo pour cet illustre personnage ? Est-ce le Dr Étienne Tshisekedi wa Mulumba lui-même ? Est-ce le Peuple congolais dont il se présente comme l’ardent défenseur ou le fidèle avocat ? Sont-ce les circonstances du combat démocratique qui a pris son envol avec la création irréversible de l’UDPS ? Sont-ce la classe politique, l’élite nationale et les autres intérêts gravitant autour du destin de la République démocratique du Congo ?

    Par ailleurs, cette trajectoire s’est-elle imposée au père de la démocratie congolaise, et ce malgré lui ? Comment et pourquoi ? En d’autres termes, Étienne Tshisekedi wa Mulumba avait-il d’autres choix ? Si oui, lesquels ? Pour connaître les réponses à ces questionnements pertinents, il convient sans tarder de lire cet ouvrage unique qui explique surtout à travers l’histoire et le cheminement politique, y compris le mûrissement idéologique, d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, en plein combat partisan et en pleine action politique, les grands enjeux fondamentaux de la République démocratique du Congo.

    Ce qui est sûr et certain, un homme d’État est par essence celui qui bâtit tout son destin en fonction des aspirations légitimes de ses Concitoyens. Un véritable leader est celui qui construit sa légitimité en fonction des revendications fondamentales exprimées par les membres de son groupe ou de sa communauté. Il assoit leur liberté conformément à leurs attentes sociopolitiques et socioéconomiques. Il exprime mieux que quiconque leurs préoccupations légitimes.

    Ce qui est clair, Étienne Tshisekedi a réussi à s’imposer dans la vie publique comme un vrai et grand leader national. Il l’est indubitablement dans la mesure où il est à la tête d’une frange importante et non négligeable de l’opinion nationale. Celle-ci aspire en fait à la dignité et à la justice, à la liberté et à la démocratie. La lutte quotidienne de Tshisekedi et le combat permanent de ses compatriotes se rejoignent sur ce point focal.

    Le président national de l’UDPS est, à vrai dire, un leader charismatique dans la mesure où il canalise les demandes politiques de celles et ceux qui respirent et transpirent les flétrissures sociales engendrées par le despotisme en tant que refus permanent de l’émancipation d’un peuple martyr qui a, sans nul doute, droit à la sécurité et à la prospérité. En réalité, il est un leader écouté. C’est-à-dire : un véritable poids lourd de la vie politique congolaise dans la mesure où ses déclarations et son silence, ses moindres faits et gestes intriguent. Ceux-ci sont décortiqués avec minutie par ses aficionados, tout comme par ses adversaires et les experts de la vie politique nationale.

    Pour arriver à cette conclusion de ‘‘leadership national’’ propre à Étienne Tshisekedi que d’aucuns qualifieraient sans la moindre retenue de naturel, quelle méthodologie ont-ils effectivement utilisée les deux auteurs? Est-ce la démarche purement fonctionnaliste en décryptant savamment le discours de ce dirigeant politique et l’idéologie de son parti, l’UDPS ? Est-ce la méthode analogique fondée sur la comparaison avec d’autres leaders aussi bien locaux qu’étrangers qui ont émergé de l’espace national ? Sont-ce la démarche fondamentalement perspectiviste qui requiert la variété des paramètres ou facteurs déterminants pour expliquer la réalité objective ou la méthodologie prospectiviste qui anticipe le futur irréversible de la République démocratique du Congo ?

    Pour s’assurer de la démarche méthodologique utilisée par les deux auteurs pour expliquer Étienne Tshisekedi en tant que réalité politique et idéologique, style et méthode, il vous est recommandé de lire ‘‘Étienne Tshisekedi, La Trajectoire vers la présidence’’. Quoi que enrichi de moult anecdotes qui ne laissent nullement indifférent le lecteur, le plus grand intérêt de cet ouvrage coécrit par Mwamba Tshibangu et Alexis Kabambi réside sans l’ombre de doute dans la véracité de cet aphorisme ‘‘À chaque crise un grand homme’’.

    Joël Asher Lévy-Cohen

    Journaliste indépendant

     

     

    Joël Asher Lévy Cohen est journaliste indépendant. En qualité d’analyste politique et social, il est auteur et signataire de nombreux articles, dossiers et reportages portant sur différents thèmes. Il a également rencontré et surtout interviewé, dans le cadre de sa fonction médiatique, plusieurs personnalités internationales relevant du monde politique, économique, culturel, social et humanitaire. Aussi a-t-il couvert plusieurs sommets internationaux et conventions des partis politiques. Parmi les sujets qui lui tiennent particulièrement et singulièrement à cœur, il convient de mentionner les questions de société, la démocratie, les droits humains fondamentaux, la santé et le développement, l’environnement et l’habitat, la religion, la diplomatie et la politique, les communications, la science et la technologie, la culture et les arts, la littérature et les activités sportives.

  • Rwanda : un génocide en questions

    Rwanda : un génocide en questions

    RWANDA –Assassinat du président Habyarimana, jeu trouble de Washington, enquête du juge Trévidic : clés de compréhension et d’explication.
     
    Cette analyse peut être reproduite à la condition expresse d’en citer la source.
     
    Le 6 avril 1994, l’avion transportant deux présidents africains en exercice, MM. Juvénal Habyarimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi était abattu par un missile<!–[if !supportFootnotes]–>[1]<!–[endif]–>. Aucune enquête internationale ne fut ouverte afin d’identifier les auteurs de cet attentat qui fut le déclencheur du génocide du Rwanda<!–[if !supportFootnotes]–>[2]<!–[endif]–>.
     
    Les Etats-Unis à la manoeuvre
     
    Mis en place au mois de mai 1995 après sa création au mois de novembre 1994 par le Conseil de sécurité de l’ONU avec compétence pour la période allant du 1er janvier au 31 décembre 1994, le TPIR (Tribunal pénal international pour le Rwanda) fut installé à Arusha, en Tanzanie.
    Dès le début, les Etats-Unis d’Amérique firent pression afin que l’attentat du 6 avril 1994, pourtant totalement inclus dans les limites chronologiques imparties au TPIR, soit écarté de son champ d’investigation. Avec une grande constance, tous les Procureurs qui se succédèrent à la tête de ce tribunal respectèrent cette étrange exclusion. Le TPIR spécialement créé pour juger les responsables du génocide, refusa donc de rechercher les auteurs de l’acte terroriste qui en fut la cause (!!!).
     
    L’insolite attitude des Etats-Unis pose d’autant plus problème qu’en 1995, il ne faisait alors de doute pour personne que les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994 étaient ces « Hutu extrémistes » tant de fois dénoncés par les ONG américaines. Pourquoi les Etats-Unis étaient-ils donc opposés à ce que la responsabilité de ces derniers dans l’attentat qui déclencha le génocide du Rwanda soit officiellement mise en évidence par une enquête du TPIR? La réponse à cette question est peut-être que les services de Washington savaient déjà que l’attentat n’avait pas été commis par les « Hutu extrémistes »… En interdisant au TPIR de mener l’enquête sur l’assassinat du président Habyarimana, les Etats-Unis protégèrent donc de fait ceux qui, en détruisant en vol son avion, permirent au FPR (Front patriotique rwandais), mouvement essentiellement tutsi totalisant de 10% à 15% de la population, de s’emparer militairement d’un pouvoir que l’ethno-mathématique électorale lui interdisait de conquérir par les urnes. Un retour en arrière est ici nécessaire.
     
    Washington qui avait décidé de créer un fort pôle d’influence en Afrique centre-orientale, fit de l’Ouganda le pivot de sa stratégie dans cette partie du continent. A partir de ce pays, les Etats-Unis armèrent et conseillèrent le FPR qui, depuis octobre 1990, menait la guerre contre le Rwanda. Ils lui fournirent une aide diplomatique et, par le biais d’ONG liées à leurs services, ils montèrent des campagnes internationales de diabolisation du régime Habyarimana tout en présentant au contraire les hommes du général Kagamé comme des combattants de la démocratie.
     
    Tant que François Mitterrand fut au pouvoir en France, ce plan de conquête du Rwanda fut mis en échec. Il réussit  en 1994 quand, à la faveur de la seconde cohabitation, une droite en partie atlantiste occupa l’Hôtel de Matignon.
    Le 7 avril, une fois le président Habyarimana assassiné, le FPR reprit unilatéralement les hostilités violant ainsi les accords de paix d’Arusha. Le président Mitterrand fut alors partisan d’une intervention militaire française destinée à ramener le FPR sur ses lignes de départ et cela afin de sauver le processus de paix d’Arusha<!–[if !supportFootnotes]–>[3]<!–[endif]–>. Comme le gouvernement de Monsieur Edouard Balladur y était opposé, le général Kagamé eut le champ libre pour conquérir le pays et au mois de juillet 1994 il fut le maître à Kigali.
     
    A partir du Rwanda, les Etats-Unis préparèrent ensuite la seconde phase de leur plan qui était le renversement du maréchal Mobutu du Zaïre. En 1997, paralysée par les fausses accusations de complicité avec les « génocidaires » montées de toutes pièces par les services américains et qui avaient été relayées par la presse hexagonale, la France n’osa pas intervenir pour soutenir son allié zaïrois attaqué par une coalition ougando-rwandaise. Le Zaïre redevenu RDC (République démocratique du Congo) fut démembré et l’exploitation-pillage des richesses du Kivu par les sociétés-écran rwandaises débuta. La connaissance de cet arrière-plan est indispensable à la compréhension du dossier rwandais<!–[if !supportFootnotes]–>[4]<!–[endif]–>.
     
    Les preuves contre le FPR s’accumulent
     
    Revenons à l’attentat du 6 avril 1994. En 1998, saisi des plaintes déposées par les familles de l’équipage français de l’avion et par la veuve du président Habyarimana, le juge anti-terroriste Bruguière mena son enquête. Au mois de novembre 2006, il rendit  une ordonnance de soit-communiqué et mit en examen neuf personnalités très proches du général Kagamé, accusées d’avoir organisé ou perpétré l’attentat du 6 avril 1994. Ne pouvant poursuivre le chef de l’Etat rwandais car il était protégé par son immunité, le juge français demanda au TPIR de l’inculper. En vain.
     
    La contre-attaque du général Kagamé se fit à travers ses puissants réseaux d’influence français et par le biais d’une presse qui ne cessa jamais de lui servir de porte-voix, notamment Libération et Le Figaro quand Patrick de Saint-Exupéry collaborait à ce dernier titre. Appuyé sur les uns et sur les autres, il tenta une manœuvre dilatoire destinée à discréditer le travail du juge Bruguière en prétendant que ce dernier aurait été influencé par des témoins dont les propos lui auraient été mal traduits ou qu’il aurait mal interprétés.
    Cette argumentation qui fut reprise sans vérification par les médias ne correspond pas à la vérité car les témoins entendus par le juge Bruguière furent également auditionnés par le TPIR devant lequel la traduction simultanée (kinyarwanda-français-anglais) était faite par des traducteurs assermentés. Or, les procès-verbaux des audiences montrent que ces témoins firent aux juges internationaux les mêmes déclarations qu’au juge français. Avec une différence toutefois : ils déposèrent sous serment et en pleine connaissance des graves sanctions –dont l’incarcération à l’audience-,  qu’entraînait le parjure devant ce tribunal international.
     
    Le juge Trévidic ayant succédé au juge Bruguière en 2007, de nouveaux éléments accablants pour les responsables de l’actuel régime de Kigali s’ajoutèrent peu à peu au dossier. Entre autres :
     
    – Le jeudi 21 juin 2012, à Johannesburg, le général Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien chef d’état-major de l’APR (Armée patriotique rwandaise), qui était en 1994 responsable du renseignement militaire du général Kagamé, affirma sous serment devant un tribunal, que ce dernier « a ordonné le meurtre du président Habyarimana»<!–[if !supportFootnotes]–>[5]<!–[endif]–>, confirmant ainsi les termes de l’ordonnance du juge Bruguière.
     
    – Le 9 juillet 2013, la correspondante de RFI en Afrique du Sud, Madame Sonia Rolley, publia deux entretiens exclusifs, l’un avec le général Faustin Kayumba Nyamwaza, l’autre avec le colonel Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements du général Kagamé, dans lesquels les deux hommes accusaient de la façon la plus claire ce dernier d’être l’ordonnateur de l’attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président Habyarimana.
    Patrick Karegeya qui avait affirmé au micro de RFI qu’il était en mesure de prouver d’où les missiles avaient été tirés, fut étranglé dans sa chambre d’hôtel de Johannesburg le 1er janvier 2014.
    Le général Kayumba et le colonel Karegeya demandaient depuis des mois à être entendus par le juge Trévidic. Ce dernier ne pourra donc plus interroger le second…Quant au premier, le juge doit se hâter de le rencontrer car il a échappé de justesse à une seconde tentative de meurtre le 4 mars 2014…
     
    – En juillet 2013 puis en janvier 2014, Jean-Marie Micombero, ancien secrétaire général au ministère rwandais de la Défense et qui, le 6 avril 1994, était affecté à une section chargée du renseignement dépendant directement de Paul Kagamé, témoigna devant le juge Trévidic. Réfugié en Belgique depuis 2010 où il est placé sous protection policière, il a donné les noms des deux hommes qui, le 6 avril 1994, tirèrent deux missiles sur l’avion présidentiel. Il a également livré nombre de détails sur les préparatifs et sur le déroulement de l’attentat<!–[if !supportFootnotes]–>[6]<!–[endif]–>. Ces déclarations recoupaient en les confirmant celles recueilles en leur temps par le juge Bruguière auprès d’autres témoins.
     
    Pour le régime de Kigali, ces avancées du dossier sont terriblement destructrices et c’est pourquoi ses affidés ont reçu l’ordre d’allumer des contre-feux. La presse française est donc actuellement et une nouvelle fois à la manœuvre, n’hésitant pas à travestir les faits tout en continuant à réciter une histoire aujourd’hui obsolète.
    La thèse fondant la « légitimité » du régime du général Kagamé, à savoir celle du génocide « programmé »  et « planifié » par les « extrémistes » hutu, a en effet volé en éclats devant le TPIR. Dans tous ses jugements concernant les « principaux responsables du génocide », tant en première instance qu’en appel, ce tribunal international a en effet clairement établi qu’il n’y avait pas eu « entente » pour le commettre<!–[if !supportFootnotes]–>[7]<!–[endif]–>.
    Conclusion : si ce génocide n’était pas « programmé », c’est donc qu’il fut « spontané ». Et s’il fut « spontané », c’est qu’un évènement d’une exceptionnelle gravité poussa certains à le commettre. Nous en revenons ainsi à l’assassinat du président Habyarimana.
     
    Que contient le dossier du juge Trévidic ?
     
    La question de savoir qui ordonna l’attentat du 6 avril 1994 est donc primordiale. Voilà pourquoi, depuis des années, les services rwandais tentent d’enfumer la justice française, précisément parce qu’elle est la seule à enquêter sur cette affaire depuis qu’en janvier 1997, Madame Louise Arbour ordonna à Michael Hourigan de cesser ses investigations.
    Quelques mois auparavant, cet avocat australien devenu fonctionnaire de l’ONU avait été personnellement chargé par Madame Arbour, Procureur du TPIR de septembre 1996 à septembre 1999, d’identifier les commanditaires et les auteurs de l’attentat du 6 avril 1994. Madame  Arbour voulait alors étayer l’acte d’accusation jusque là rachitique qu’elle était occupée à dresser contre les anciens dirigeants du régime Habyarimana afin de montrer que cet attentat avait été commis par des « extrémistes hutu » et qu’en le commettant, ces derniers avaient donné le signal du génocide qu’ils avaient programmé.
    Or, sur place, à Kigali, menant son enquête, Michael Hourigan découvrit tout au contraire que les auteurs de l’attentat n’étaient pas des « Hutu extrémistes », mais des Tutsi du FPR… et il obtint même les noms de ceux qui auraient abattu l’avion du président Habyarimana sur ordre du général Kagamé. Il rédigea ensuite un rapport qu’il remit personnellement à Madame Arbour. A partir du moment où il lui fit ces révélations, cette dernière changea totalement d’attitude à son égard, devenant cassante, le sommant de mettre un terme à ses recherches et exigeant la confidentialité absolue sur ses découvertes. Le contrat de Michael Hourigan avec l’ONU ne fut pas renouvelé.
     
    Bien que le TPIR ait refusé de le lui communiquer au  prétexte qu’il n’existait pas (!!!), le juge Bruguière obtint malgré tout une copie du « Rapport Hourigan ». Devant le juge, Michael Hourigan authentifia son texte et il en confirma la teneur.
    Le capitaine sénégalais Amadou Deme, adjoint de Michael Hourigan et ancien numéro 2 du renseignement de l’ONU au Rwanda a confirmé à la fois les résultats de l’enquête à laquelle il avait personnellement participé et l’insolite changement d’attitude de madame Arbour à partir du moment où le FPR fut suspecté d’avoir assassiné le président Habyarimana.
     
    Tous ces éléments ainsi que de multiples autres témoignages figurent dans le dossier d’instruction et ils pèsent naturellement plus lourd que les tentatives d’enfumage médiatique périodiquement faites par les services de Kigali à travers les journaux français. C’est pourquoi, au mois de novembre 2013, le juge Trévidic refusa le non lieu demandé par les avocats des personnalités rwandaises mises en examen par le juge Bruguière en 2006. Cette décision était parfaitement justifiée car :
     
    1) Comment le juge Trévidic aurait-il pu faire autrement que de refuser le non lieu avec un dossier donnant, entre autres, le lieu du tir des missiles, les noms des deux tireurs et des membres de leur escorte, la marque et la couleur des véhicules utilisés pour transporter les missiles depuis l’Ouganda jusqu’au casernement de l’APR situé au centre de Kigali et de là jusqu’au lieu de tir à travers les lignes de l’armée rwandaise ainsi que le déroulé de l’action ?
     
    2) Comment le magistrat instructeur aurait-il pu rendre un non lieu quand son dossier contient la preuve que l’avion présidentiel rwandais a été engagé par deux missiles dont la traçabilité a été établie ? Grâce à la coopération judiciaire de la Russie il sait en effet que ces deux missiles dont les numéros de série étaient respectivement 04-87-04814 et 04-87-04835 faisaient  partie d’un lot de 40 missiles SA 16 IGLA livrés à l’armée ougandaise quelques années auparavant. Or, Paul Kagamé et ses principaux adjoints furent officiers supérieurs dans l’armée ougandaise avant la guerre civile rwandaise et, de 1990 à 1994, l’Ouganda fut la base arrière, mais aussi l’arsenal du FPR.
     
    3) Comment un non lieu aurait-il pu être envisagé quand, devant le TPIR, il fut amplement démontré que l’armée rwandaise ne disposait pas de tels missiles et que l’arme du crime était en revanche entre les mains du FPR ?
     
    4) Comment le juge Trévidic aurait-il pu satisfaire à la demande exorbitante de non lieu alors qu’il sait que cette même armée rwandaise, paralysée par l’embargo sur les armes et la mise sous séquestre par l’ONU de son armement lourd et de ses hélicoptères, n’était pas en état de combattre et que ce fut le FPR qui reprit unilatéralement les hostilités car il savait qu’il allait gagner la guerre ?
     
    5) Comment un tel non lieu aurait-il pu être justifié alors que, comme cela fut  largement démontré devant le TPIR, les forces du FPR qui n’attendaient qu’un signal pour lancer leur offensive préparée de longue date, reçurent l’ordre de marche depuis leurs bases de la frontière ougandaise dans la nuit du 6 au 7 avril, juste après l’annonce de la mort du président Habyarimana ?
     
    Le général Kagamé va-t-il néanmoins réussir à faire enterrer le dossier ?
     
    En dépit de toutes les pressions qu’il subit, il faudra bien que, tôt ou tard, le juge Trévidic face la balance entre les éléments que contient le dossier de l’assassinat du président Habyarimana.
    Or, si le magistrat instructeur a bien entre les mains suffisamment d’éléments pour renvoyer les mis en examen devant la Cour d’Assises, tout va in fine dépendre du Parquet chargé de porter l’accusation à l’audience.
     
    Nous voilà donc revenus aux réseaux d’influence que Kigali entretient en France et dont la mission est de tenter d’influencer le juge Trévidic pour que soit étouffé le dossier. En effet, et comme l’a dit Madame Carla Del Ponte qui succéda à Louise Arbour au poste de Procureur du TPIR : « S’il était avéré que c’est le FPR qui a abattu l’avion du président Habyarimana, c’est toute l’histoire du génocide du Rwanda qu’il faudrait re-écrire ».
    Et de cela, les alliés, les soutiens et les obligés du général Kagamé ne veulent évidemment pas entendre parler.
     
    Les éléments contenus dans cette analyse seront naturellement occultés par la presse française à l’occasion du vingtième anniversaire du début du génocide du Rwanda. Les journalistes paresseux continueront à réciter une histoire obsolète ; quant aux journalistes militants ils recopieront ou liront les fiches qui leur ont été remises par les agents de Kigali.
     
    Bernard Lugan
    03/04/2014
     

    <!–[endif]–>

    <!–[if !supportFootnotes]–>[1] Un premier missile rata sa cible.
    <!–[if !supportFootnotes]–>[2] La « communauté internationale » se montra plus empressée quand il s’agit d’identifier les assassins de M. Rafik Hariri (2005), ancien Premier ministre libanais, et de Mme Bénazir Bhutto (2007), Premier ministre du Pakistan.
    <!–[if !supportFootnotes]–>[3]<!–[endif]–> Si une telle opération avait été décidée, il n’y aurait pas eu de génocide.
    <!–[if !supportFootnotes]–>[4]<!–[endif]–> Aujourd’hui,  à Washington, le général Kagamé voit son étoile pâlir en raison des accusations portées contre son régime par les défenseurs des droits de l’Homme.
    <!–[if !supportFootnotes]–>[5]<!–[endif]–> Après avoir rompu avec Paul Kagamé, le général Nyamwaza se réfugia en Afrique du Sud où au mois de juin 2010, il survécut par miracle à une tentative d’assassinat.  C’est à l’occasion du procès des six Rwandais qui tentèrent de le réduire au silence qu’il  fit cette déclaration.
    <!–[if !supportFootnotes]–>[6]<!–[endif]–> Voir à ce sujet l’interview donnée à Pierre Péan intitulée « J’ai assisté à la préparation de l’attentat qui a déclenché le génocide » (Marianne numéro du 28 mars au 3 avril 2014).
    <!–[if !supportFootnotes]–>[7]<!–[endif]–> A l’exception du jugement de Jean Kambanda, ancien Premier ministre condamné en 1998, après qu’il eut plaidé coupable contre la promesse d’une peine réduite, procédure qui de facto lui avait fait accepter l’acte d’accusation du procureur. Depuis, il est fermement revenu sur cette reconnaissance.
  • UNILU:Pour l’année 2013-2014 on compte plus de 25 000 “Kasapards”.

    UNILU:Pour l’année 2013-2014 on compte plus de 25 000 “Kasapards”.

    lubumbashi-unilu--Pour l’année 2013-2014 on compte plus de 25 000 “Kasapards”.

    Coupures d’eau et d’électricité, bourses quasi inexistantes : pour les étudiants de l’Unilu à Lubumbashi, c’est le parcours du combattant. Malgré tout, la réputation de l’université dépasse les frontières de la RDC.

    Un samedi matin ordinaire sur le campus de l’université de Lubumbashi (Unilu). Le vaste domaine s’étend sur 600 ha dans la commune de Lubumbashi, sur la route de Kasapa (du nom de la prison centrale de la ville). Il n’est entouré d’aucune enceinte, reste ouvert à tous les vents et accessible à tous, simples badauds, commerçants ou Kasapards (nom dérivé de celui de la route et donné aux étudiants de l’Unilu).

    Entre les arbres disciplinés et les herbes folles se dressent dix petits bâtiments, appelés “blocs”, ainsi que dix immeubles plus grands, les “homes” (“maisons” en anglais), visiblement fatigués, dont seuls trois ont été réhabilités. C’est là que vivent les 6 000 internes de l’Unilu, les garçons d’un côté et les filles de l’autre, auxquelles deux homes ont été attribués.

    Un peu plus loin, on trouve deux agences bancaires, dont l’une destinée à l’envoi et à la réception d’argent, et des enfants du voisinage qui jouent au football pendant que les étudiants suivent les cours dans les “auditoires” (amphithéâtres). Rien d’étonnant jusque-là. Puis, plus insolite sur un campus, des lopins de terre cultivés, où poussent du manioc, du maïs et des légumes ; des étals, où sont vendus des produits de première nécessité ; des salons de coiffure en plein air… “Tout cela appartient aux étudiants, ils se débrouillent pour gagner un peu d’argent, faire leurs courses et trouver ce dont ils ont besoin sur place”, explique un professeur. Le campus de l’Unilu déborde de vie et d’idées pratiques.

    La facture globale est lourde

    Désormais, les bourses ayant presque toutes disparu, les étudiants ne peuvent compter que sur leurs parents et sur eux-mêmes pour payer leurs frais de scolarité, se nourrir et se loger. Même si le montant de l’inscription ne s’élève qu’à 300 dollars (environ 220 euros) par an, payables en deux fois, la facture globale est lourde. D’autant qu’il n’y a plus de restaurant universitaire : il faut donc manger dans l’un des nombreux restaurants (privés) installés dans les homes ou préparer soi-même son repas.

    Autre épine dans le pied des Kasapards : l’eau et l’électricité. Ce samedi, “dès 5 heures du matin, nous avons eu une coupure de courant et, à 6 heures, plus aucune goutte d’eau ne sortait des robinets. C’est notre lot quotidien”, se plaint un étudiant. Devant l’un des homes, des gens du voisinage, eux aussi victimes des coupures d’eau récurrentes, attendent patiemment le retour du précieux liquide, des bidons jaunes à la main.

    Pour cette année académique 2013-2014, l’Unilu compte plus de 25 000 inscrits. “Nous avons plus de 1 200 enseignants, dont environ 350 professeurs avec thèse. En termes de nombre d’étudiants par enseignant, nous ne sommes pas loin des ratios moyens du continent, mais il nous faudrait au moins 2 500 professeurs”, indique Ildefonse Chabu Mumba, le recteur de l’Unilu. Son grand bureau est situé au premier étage d’un bâtiment construit à l’époque coloniale.

    Depuis deux ans, ce géologue de formation a réformé l’enseignement de certaines filières de l’université – technique, agronomie, criminologie – pour adopter le système de Bologne et ses trois niveaux de diplôme : licence, master, doctorat (LMD). “Notre objectif, dit-il, c’est de mettre l’accent sur la pratique. Nous voulons que les étudiants soient opérationnels dans les entreprises après leurs trois premières années d’études.” C’est dans cette logique que l’Unilu s’est récemment dotée, sur fonds propres, de laboratoires destinés aux facultés scientifiques (sciences du vivant et des matériaux) et équipés, notamment, de 200 microscopes. La construction de nouveaux amphithéâtres est également à l’ordre du jour.

    La désaffection des jeunes pour plusieurs cursus

    Même s’il a constaté un regain d’intérêt pour les sciences polytechniques et la géologie (cette dernière filière comptant jusqu’à 500 étudiants en première année), lié au boom minier, Ildefonse Chabu Mumba est conscient de la désaffection des jeunes pour un grand nombre de cursus, en particulier dans les sciences humaines. “Il y a très peu d’étudiants en géographie, parce qu’ils ne savent pas à quoi sert un géographe, et il y en a encore moins au département des lettres et civilisations latines, car ils se demandent en quoi un tel diplôme peut être utile…”

    Le recteur regrette par ailleurs la faiblesse de l’effectif féminin à la faculté polytechnique : les filles n’y sont que 50, contre 800 garçons, et la première ingénieure des mines a décroché son diplôme en… 2013. Quand on demande à Claudine Dembo, 24 ans, étudiante en dernière année de chimie industrielle, pourquoi les sciences pures n’intéressent pas beaucoup de filles, elle répond : “Elles pensent que c’est compliqué, qu’il y a trop de mathématiques, et ont peur d’affronter la difficulté. Moi, je rêvais de devenir ingénieure. Je n’ai rien lâché et me voici au terme de ma formation.”

    La plupart de ses consoeurs kasapardes étudient les lettres, la pharmacie, la médecine… Au département des sciences de l’information et de la communication, les filles sont nombreuses jusqu’en troisième année. Ensuite, au moment de la spécialisation, elles choisissent en majorité la “communication des organisations”, pour intégrer des organismes internationaux, des entreprises ou des associations, au détriment du journalisme. Explication de Fanny Nyoka, 29 ans, diplômée en communication des organisations : “Je suis convaincue que le journalisme n’est plus un métier intéressant. La liberté de la presse n’existe plus, il y a beaucoup de censure et d’autocensure et, en plus, dans notre pays, les journalistes sont très mal payés.”

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    Seuls trois des dix “homes” où logent les internes ont été réhabilités. © Sikasso pour J.A.

    Malgré les difficultés, notamment l’insuffisance des fonds pour les frais de fonctionnement, le recteur reste confiant quant à l’avenir de l’Unilu et insiste sur la revalorisation de l’enseignement et de la recherche. “Aujourd’hui, notre ambition est de devenir la meilleure université de RD Congo et l’une des vingt premières en Afrique. Chaque année, nous nous en donnons un peu plus les moyens, souligne Ildefonse Chabu. Par exemple, nous offrons une prime d’encouragement à tout enseignant qui publie des articles dans des revues scientifiques internationales reconnues, et nul ne peut soutenir de thèse s’il n’a rien publié.”

    C’est l’une des raisons pour lesquelles l’Unilu continue d’attirer de nombreux étudiants d’autres provinces et d’autres pays du continent. Depuis les années 1970, les Camerounais viennent y étudier la médecine. Des Burundais y sont inscrits en criminologie. Des Zambiens y suivent des stages linguistiques. Le campus accueille aussi des Angolais, des Congolais de Brazzaville, des Ivoiriens… L’Unilu a établi des partenariats avec des universités belges, françaises, canadiennes, allemandes, zambiennes, sud-africaines, et ses professeurs vont enseigner au Burundi et au Rwanda, entre autres. “Notre université se vend très bien à l’étranger, se félicite le recteur. En Afrique du Sud ou en Zambie, par exemple, nos médecins dirigent même des hôpitaux publics.”

    Et pour viser toujours plus haut, l’Unilu a signé le 6 février un nouvel accord de partenariat avec Tenke Fungurume Mining (TFM), l’un des groupes miniers installés au Katanga et qui accordent des bourses aux étudiants. “Les laboratoires de l’université vont effectuer des études pour TFM et lui enverront des stagiaires que l’entreprise pourra éventuellement recruter. Elle leur permettra par la suite de venir enseigner à l’université pour transmettre l’expérience du terrain.”

    Les armes de l’Unilu

    o Le livre ouvert et les trois étoiles d’or représentent les trois missions de l’université (formation, recherche, transformation des connaissances), et le fer de lance la pointe du combat pour le développement

    o La lettre “L” symbolise Lubumbashi, la croisette rouge le Katanga, et les ondulations bleues le fleuve Congo, qui prend sa source dans la province sous le nom de Lualaba Effectifs et établissements

    o 25 000 étudiants

    o 1 200 professeurs et assistants (personnel académique)

    o 11 facultés Lettres et sciences humaines ; sciences sociales, administratives et politiques ; droit ; sciences économiques et gestion ; psychologie et sciences de l’éducation ; sciences ; polytechnique ; médecine humaine ; pharmacie ; médecine vétérinaire ; sciences agronomiques

    o 5 écoles supérieures ingénieurs industriels ; commerce ; santé publique ; criminologie ; tourisme et hôtellerie

    o 14 centres de recherche

     
    Mambo
    Roaming around the continents.
  • réactions à la condamnation de l’opposant Diomi Ndongala

    réactions à la condamnation de l’opposant Diomi Ndongala

    DIOMI_0-La condamnation de l’opposant Diomi par la Cour suprême de justice mercredi a suscité diverses réactions au sein du Parlement. L’opposition accuse la justice d’être à la solde du pouvoir. Réactions.

    Pour le député national Martin Fayulu des Forces acquises à l’opposition, la condamnation d’Eugène Diomi Ndongala est une nouvelle preuve que la justice est au service du pouvoir politique. « La levée d’immunité a été faite avec toute la légèreté du monde parce que c’était commandité, explique l’opposant. Et d’ajouter: « Nous trouvons ce comportement totalement inacceptable. Nous allons demander aux avocats de Diomi de saisir la cour de Cassation. La procédure n’a pas été respectée et donc le jugement est nul et non avenu. Sur le plan politique, nous allons aller voir le président de l’Assemblée nationale pour qu’il tire toutes les conséquences. Nous évoquerons aussi des démarches à suivre afin de  procéder à la réparation.»

    « La justice a été rendue »

    Même son de cloche pour Jean-Claude Vwemba, député du Mouvement du peuple congolais pour la République. L’homme proclame haut et fort sa frustration. « C’est une frustration parce qu’on ne peut pas se servir de la justice pour sanctionner ses adversaires politiques. Comme vous le savez, explique le député,  pendant le procès, les deux demoiselles supposément violées par l’honorable Diomi se sont confondues en excuses d’une manière incroyable. C’est la preuve que ce sont des condamnations politiques. Nous ne pouvons pas l’accepter. La justice est entre les mains des autorités politiques de ce pays.»

    Côté majorité, on se contente de rappeler que  justice a été rendue, explique Francis Kalombo, député PPRD: « Je pense que nous en tant qu’élus nous avons eu raison de lever l’immunité puisqu’à ce moment-là, il était présumé innocent, mais il y avait suffisamment de soupçons qui prévoyaient déjà ce qui vient d’arriver. La justice a parlé et nous n’avons pas trop de commentaires à faire là-dessus. Les juges ont dit le droit et aujourd’hui ce sont les victimes qui sont contentes du fait qu’on leur a rendu la justice.»

    rfi

  • Ouganda: le gouvernement refuse une hausse salariale aux députés

    Ouganda: le gouvernement refuse une hausse salariale aux députés

    PARLEMENT OUGANDAIS– Le ministère ougandais des Finances a refusé jeudi une augmentation salariale réclamée par les députés,estimant que l’Ouganda avait d’autres “priorités” que d’accéder à cette demande qui avait suscité de vives réactions.

    ?Nous avons reçu la requête d’une hausse des salaires des parlementaires, mais nous n’avons pas d’argent à consacrer à cela”, a déclaré jeudi à l’AFP Jim Mugunga, porte-parole du ministère.

    Alors que leur salaire est déjà plus de 60 fois supérieur à la paie de base des fonctionnaires ougandais, les députés avaient réclamé une hausse salariale de plus de 4.500 dollars annuels.

    Cette demande avait suscité l’indignation, notamment sur les médias sociaux, les internautes soulignant notamment que l’Etat ougandais peinait régulièrement à verser à temps le traitement de ses fonctionnaires – dont les moins bien payés gagnent moins de 100 dollars par mois – et que plusieurs services publics souffraient de sous-financement.

    ?Une augmentation salariale pour les employés de l’Etat et les membres du Parlement n’est pas une priorité, même si nous reconnaissons la valeur de leur travail”, a poursuivi M. Mugunga, “les priorités nationales du moment sont différentes” et concernent les “infrastructures, afin de stimuler l’économie”.

    Cette demande avait été jugée “scandaleuse” et “injustifiée” par Ken Lukyamuzi, membre influent de l’opposition parlementaire. En plus de leur salaire, qui s’élève à plus de 6.000 dollars par mois, les députés ougandais bénéficient de diverses primes, notamment pour l’achat d’une voiture personnelle et pour leurs déplacements.

    La requête des parlementaires ougandais était intervenue alors que, le quotidien indépendant Daily Monitor faisait état d’un rapport du Commissaire aux comptes de l’Etat recensant 25 millions de dollars de dépenses non justifiées de la part de responsables de l’Etat, dont 15 millions de dollars pour des voyages de parlementaires.

    Environ 20% du budget annuel de l’Etat ougandais, établi à environ 12 milliards de dollars (8,6 milliards d’euros) pour 2014, provient de l’aide internationale.

    Plusieurs pays occidentaux ont supprimé une partie de leur aide bilatérale à l’Etat ougandais après la promulgation fin février d’une loi durcissant la répression de l’homosexualité en Ouganda, adoptée à une large majorité par le Parlement ougandais.

    (AFP)