Author: Don Kayembe
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L’occupation mise à nue lors des obsèques de l’artiste-musicien King Kester Emeneya à Kinshasa début mars 2014.
-Le 02 mars 2014, l’artiste-musicien kongolais Jean Mubiala Emeneya, dit King Kester Emeneya, paix à son âme, était conduit à sa dernière demeure à Kinshasa, après deux journées de véillée mortuaire au Palais du Peuple. Les vidéos du deuil de ce grand artiste kongolais lèvent définitivement le voile sur un fait désormais indéniable: la République démocratique du Kongo, notre chère patrie, vit manifestement sous la botte d’une occupation des forces étrangères. l’état très avancé de l’occupation deEn effet, de l’arrivée de la dépouille de notre compatriote Emeneya à l’aéroport de Ndjili tôt le samedi 01 mars 2014, à son inhumation en debut d’après-midi le dimanche 02 mars 2014, le commun des mortels a pu se rendre compte de l’impressionnant deploiement des forces de l’ordre. Normal, dira-t-on, car sans la sécurité, il est difficile d’organiser des funérailles aussi grandioses, j’en conviens.
Mais, là où le bât blesse, c’est lorsque ces forces déployées massivement pour assurer l’ordre et la sécurité, se sont illustrées, surtout au niveau du Palais du Peuple, par un comportement agressif vis-à-vis non seulement des populations venues nombreuses rendrent un dernier homage à l’artiste disparu, mais également vis-à-vis de plusieurs “célébrités” kinoises ou kongolaises qu’elles semblent ne pas connaître du tout. Députés, journalistes, artistes, voire même certains membres de la famille de l’illustre disparu ou encore autres notables ou opposants de la kabilie, chacun en a eu pour son compte: les coups de fouet ont été cyniquement distribués, les plus chanceux ne récévant à la place que bousculades et humiliations.
Mais qui sont donc ces “policiers” silencieux qui ne s’expriment que par le fouet et qui ne semblent connaître personne, sinon ceux qui les ont déployés pour sévir parmi les kongolais, et même contre certains collabos notoires?
Car, pour ne citer que quelques exemples parmi les personnes directement concernées par ces funérailles, à savoir la famille biologique du défunt ainsi que sa famille artistique, j’ai vu Joly Mubiala, le propre frère du Decujus, être bousculé par cette soldatesque qui ne semblait même pas reconnaitre en lui les traits du défunt; j’ai vu les musiciens de Victoria Eleison bousculés et humiliés, tentant de se frayer un chemin vers le catafalque pour dire un ultime adieu à leur regretté leader; j’ai vu des artistes bien connues comme Tshala Mwana, Mbilia Bel ou Vonga Aye être bousculées et finalement, rebrousser chemin et repartir face à cette soldatesque brute; j’ai vu des artistes musiciens, comédiens et autres se faire soit fouetter ou bousculer par cette soldatesque qui semblait redouter on ne sait quoi en ce lieu de deuil; j’ai vu des députés ou autres apparatchiks de la kabilie rebrousser chemin pour éviter de se faire humilier par ces hommes en armes dont la posture montrait clairement qu’ils étaient étrangers, insensibles, à ce qui se passait sous leurs yeux.
Qui sont donc ces hommes en armes qui ne connaissent pas des grands artistes kongolais jusqu’à bousculer un artiste comme Simaro Lutumba? D’où viennent-ils ces hommes promptes à bastonner sans état d’âme leurs “compatriotes” en un lieu de deuil? Qui sont-ils? Sinon des hommes venus d’ailleurs, pour imposer à notre peuple un ordre venu d’ailleurs. Kongolais, réveillons-nous, car l’occupation de notre pays est très avancée, et même plus avancée que certains ne le pensent. Les étrangers écument nos institutions, notre armée est truffée d’étrangers, la police et les services de sécurité en sont rempli.
Ce qui s’est passé au deuil de King Kester Emenya est une prémonition de ce qui se passera demain si nous nous laissons faire aujourd’hui. Et l’ironie dans tout cela, c’est que les memes artistes qui hier ont aidé ce pouvoir d’occupation à asseoir son emprise sur notre Etat, sont aujourd’hui choqués de faire face à des forces de police constituées de personnes étrangères à notre culture, donc ne les connaissant pas. En mettant ainsi leur art au service d’un pouvoir d’oppression et d’occupation, à quoi voulaient-ils s’attendre? Que ceci nous interpelle tous. Ba tekaka mabele ya ba nkoko na mopaya te po na mbongo. Eteya biso!
Mfumu Kititi
R.A.P (Rassemblement pour l’alternative politique en RD-Kongo)
mfumu.kititi@hotmail.com
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Six femmes du pasteur Mukungubila détenues en Zambie craignent pour leur vie
-Entrés illégalement en Zambie à la suite des événements du 30 décembre, 12 proches du pasteur Mukungubila, dont six de ses huit femmes, sont aux arrêts depuis le 14 janvier à Lusaka. Ils disent craindre la “persécution” en RDC et demandent l’asile. Requête, pour l’instant, rejetée par les autorités zambiennes.Où est passé le pasteur Paul-Joseph Mukungubila ? Le 30 décembre 2013, des adeptes se réclamant de celui qui se fait appeler “le Prophète de l’Éternel” avaient attaqué plusieurs sites stratégiques à Kinshasa, Lubumbashi (Sud) et Kindu (Est). “La réaction aux provocations du gouvernement congolais”, soutenaient-ils, évoquant des accrochages ayant eu lieu quelques jours avant entre des fidèles et les forces de l’ordre au sud du pays. Une réaction aussitôt violemment réprimée par l’armée : plus de 100 personnes tuées en une journée ! Depuis, plus rien, ou presque.
Des adeptes “traqués”
Paul-Joseph Mukungubila, sous le coup d’un mandat d’arrêt émis fin février, fait désormais profil bas. Est-il toujours en RDC ou se cache-t-il en dehors du pays ? Impossible de le savoir. “Pour des raisons de sécurité, nous préférons garder cette information sécrète”, dit-on dans son entourage. En attendant, ce sont ses “adeptes” qui se disent “traqués” par les forces de l’ordre. “Certaines femmes de l’église du pasteur Mukungubila ont été même violées, avant d’être arrêtées. D’autres fidèles ont été enterrés vivants”, accuse Déborah Nkulu, une fille du “prophète”. Une accusation difficile à vérifier.
Mais Déborah Nkuru, “ancienne journaliste à Kinshasa”, vivant actuellement en Belgique, signe et persiste : “C’est cette persécution qui a contraint les membres de ma famille, qui se trouvaient à Lubumbashi au moment des faits, à fuir vers la Zambie”, confie-t-elle à Jeune Afrique. Au total, ils sont 12 proches du pasteur Mukungubila à avoir traversé la frontière pour aller se réfugier en Zambie. “Il s’agit de ma mère et cinq autres femmes de mon père [Pasteur Mukungubila], ainsi que deux enfants à bas âge – un garçon de 4 mois et une fillette de 4 ans -, une cousine, deux sœurs des autres femmes du pasteur et une membre de l’église”, détaille-t-elle.
Une fidèle du “pasteur” demande la libération des enfants qui sont dans le groupe des personnes détenues en Zambie depuis le 14 janvier.
Sans papiers (ou avec des “fausses identités”) au moment de leur entrée sur le territoire zambien, ces 12 proches du pasteur Mukungubila ont été arrêtés et transférés à Lusaka où ils sont détenus depuis le 14 janvier dans la prison centrale de la capitale. À deux reprises, ils ont demandé le droit d’asile en Zambie, mais à chaque fois, l’administration leur a réservé une fin de non-recevoir.
Déborah Nkulu n’y voit qu’une machination politique. “Lorsqu’on sait que le président zambien et son homologue congolais sont en bonnes relations, la position de Lusaka dans ce dossier nous inquiète, car les autorités zambiennes menacent même de renvoyer ces proches du pasteur Mukungubila en RDC”, affirme-t-elle, appelant les ONG humanitaires ainsi que celles des droits humains à “s’intéresser davantage à cette situation alarmante”. “Toutes ces personnes risquent d’être éliminées, si la Zambie les renvoie en RDC”, avertit-elle.
Kinshasa rassure
Le fait d’être membre de la famille de Mukungubila ne constitue pas une infraction.
Un conseiller du ministre congolais de l’Intérieur
Pourtant, dans la capitale congolaise, on se veut plutôt rassurant. “À ce jour, la justice n’a lancé qu’un mandat d’arrêt international contre Paul-Joseph Mukungubila, responsable de tristes événements du 30 décembre”, explique un conseiller du ministère de l’Intérieur.
“Le fait d’être membre de famille de cette personne recherchée par les autorités judiciaires ne constitue pas une infraction. Ses partisans qui ont fui en Zambie, s’ils n’ont rien à se reprocher, sont les bienvenues sur leur territoire national”, ajoute-t-il. Suffisant pour les convaincre de regagner leur pays ? Pas sûr.
Jeune Afrique
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“Si j’étais Hergé, Mobutu serait mon Tintin”-Exposition BD africaine à Paris
-Tous deux réfugiés politiques en France, les dessinateurs congolais (RDC) et tchadien, Al’Mata (RDC) et Adjim Danngar, reviennent sur leur passé de caricaturiste dans la presse africaine. À l’occasion de l’exposition “Á la découverte de la bande dessinée africaine”, à Paris, ils ont répondu aux questions de “Jeune Afrique”.Deux styles différent, la même passion ; deux parcours mais un destin semblable. Al’Mata est originaire de RDC et Adjim Danngar vient du Tchad. Deux dignes représentants de la BD africaine exposent jusqu’au 13 mars à Paris, dans la Librairie-Galerie Congo, quelques-unes de leurs planches originales. Pour Jeune Afrique, ils reviennent sur leurs parcours. Si la bande dessinée reste leur premier amour, ils se sont aventuré sur le chemin, parfois dangereux, de la caricature de presse. Entretien.
Jeune Afrique : D’où vous est venue l’envie de dessiner ?
Al’Mata : Je suis tombé dedans quand j’étais tout petit ! Mes deux grands frères dessinaient déjà et nous achetions beaucoup de bandes dessinées. Vers 6-10 ans, avec mes amis, je m’amusais à reproduire les affiches de cinéma. J’ai continué dans ma lancée en m’inscrivant aux Beaux-Arts de Kinshasa, puis avec un stage de BD avec le dessinateur belge Turk (“Léonard”, “Robin Dubois”), alors présent en RDC.
Adjim Danngar : C’est un peu le même scénario pour moi. J’ai commencé quand j’étais tout petit. Je lisais alors beaucoup “Astérix”, “Lucky Luke”, “Tintin”, et puis les Comics américains comme “Spawn” de Todd McFarlane, ou ceux de Marvel.
Al’Mata : Moi j’étais plutôt BD franco-belge.
Adjim Danngar : En classe de quatrième, j’ai inventé mon premier personnage, un superhéros africain, une première. Il détruisait les “super-méchants”, tous ces gens au pouvoir et qui faisaient la guerre ! Enfant, au Tchad, j’ai vécu la dictature d’Hissène Habré, la guerre et la peur quotidienne de ne pas voir mon père, enseignant et syndicaliste, rentrer le soir. À 17 ans, je suis entré dans l’atelier “Bulles du Chari” à N’Djamena. J’ai pu y rencontrer de nombreux auteurs et dessinateurs, et apprendre le b-a ba de la BD.
Comment s’est faite la transition vers la caricature politique ?
Al’Mata : Je suis entré dans l’univers de la caricature de presse presque par défaut. Alors qu’il n’y avait pas assez de maison d’édition en RDC, la presse m’a permis d’être publié. Dans les années 1990, avec le lancement du processus de démocratisation, de nombreux journaux sont nés en RDC. En 1991, alors que j’étais encore aux Beaux-Arts, un photographe est venu à moi pour m’expliquer que L’Observateur, journal alors en plein lancement, recherchait un caricaturiste. Par la suite, j’ai publié dans de nombreux autres journaux comme L’Exploit, L’Alerte, Le Grognon, Vite-vu.
Adjim Danngar : J’ai un peu le même parcours. Avec le dessin de presse, j’ai découvert quelque chose de très fort. Je publiais déjà depuis 2002 dans Rafigui, une publication à destination de la jeunesse. J’ai véritabelement commencé le dessin politique en 2003 pour Le Miroir. Dès lors, les problèmes sont survenus très vite. Je m’exprimais sur la guerre au Darfour – une partie des rebelles étant tchadiens -, ou encore à propos de tous les monopoles commerciaux frauduleux de la famille Déby. La famille du président l’a tout de suite mal perçu et j’ai été menacé verbalement, jusqu’au sein-même de la rédaction, huit mois seulement après mon arrivée au journal.
J’ai véritabelement commencé le dessin politique en 2003 pour Le Miroir. Dès lors, les problèmes sont survenus très vite.
Vous êtes tous deux réfugiés politiques. Pouvez-vous nous raconter pourquoi vous avez fui vos pays respectifs?
Al’Mata : À l’occasion de la mort du roi des Belges Baudoin, le 31 juillet en 1993, j’ai dessiné pour Le Palmarès, un Mobutu pleurant de toutes les larmes de son corps, jusqu’à en former une rivière. Son conseiller politique, à ses côtés, l’encourageait à pleurer plus encore, afin d’obtenir le pardon auprès des Belges. Mon dessin donnait ainsi l’image d’un Mobutu “lèche-bottes”, à la solde des Belges ! J’avais donné au Palmarès ma caricature. C’est alors qu’un ami m’a prévenu que la rédaction avait été saccagée. Le soir, à la télévision, Mobutu m’a cité nommément ! Je suis allé me réfugier chez ma tante. Le journal a été interdit de sortie le lendemain, puis racheté par le pouvoir. Je vis en France depuis 2002 et ne suis pas revenu en RDC depuis.
Et vous, Adjim Danngar ?
Adjim Danngar : Je suis parti du Tchad en 2004, à 22 ans. Alors que je subissais déjà des pressions très fortes du fait de mes dessins dans la presse, il m’est arrivé un incident rédhibitoire. Je me rendais à l’aéroport pour me rendre au Salon du livre de Montreuil, mon premier voyage à l’étranger. Soudain, j’ai été pris à partie par des paramilitaires qui m’ont passé à tabac. Heureusement, grâce à l’aide d”amis qui m’accompagnaient, j’ai réussi à m’échapper. Le lendemain, j’ai sauté dans un vol pour Paris.
Á Al’Mata , dans votre dernier album, “Le retour au pays d’Alphonse Madiba dit Daudet”, on a l’impression que le chef du village, avec son chapeau en peau de Léopard et ses lunettes carrées, ressemble à Mobutu…
Al’Mata : C’est vrai. J’ai tellement dessiné Mobutu que j’ai du mal à m’en séparer ! Il est finalement devenu mon “personnage”. Si j’étais Hergé, il serait mon Tintin.
Adjim Danngar : Je pense que nous sommes comme ces écrivains qui s’attachent aux personnages auxquels ils ont donné une vie et une personnalité. Parfois, il m’arrive de choisir des personnes existantes et de leur attribuer des petits rôles, en parallèle de l’histoire principale.
Al’Mata : C’est un peu comme Uderzo, dans “Astérix”, qui faisait apparaître des Gabin, des Delon et d’autres célébrités, sous les traits de divers personnages !
Adjim Danngar : Oui, j’aime les clins d’œil et les petites histoires parallèles. Pour donner un exemple, on peut voir, dans une des bulles de “Sommets d’Afrique”, des nuages figurant les têtes du général de Gaulle et de Jacques Chirac !
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Propos recueillis par Caroline Chauvet
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Opposition: Où est passé Étienne Tshisekedi ?
-À moins de deux ans de la présidentielle, l’opposition congolaise (RDC) cherche un nouveau souffle. Alors qu’Étienne Tshisekedi, le deuxième homme de l’élection de 2011, est en retrait, la relève ne semble pas encore assurée…C’était sa dernière apparition publique. Le 9 décembre 2013, après les obsèques nationales du chanteur Tabu Ley Rochereau, au Palais du peuple de Kinshasa, Étienne Tshisekedi a déclenché un petit mouvement de foule en descendant le grand escalier pour rejoindre sa voiture. Fidèle à la discipline qu’il s’impose depuis deux ans, il n’a pas dit un mot. L’opposant congolais, président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), arrivé en deuxième position derrière le président Joseph Kabila lors du scrutin contesté de 2011, n’a officiellement pas changé de position : il continue de s’autoproclamer président et attend que le pouvoir lui revienne. Mais sa stratégie pour parvenir à ses fins reste un mystère, même pour ses proches.
En attendant, aucune action visible n’est menée par son parti sur le terrain. L’homme de 81 ans passe son temps à sa résidence de Limete à Kinshasa et n’a pas quitté le pays depuis son voyage en Afrique du Sud en février 2013. Un déplacement en France, prévu en janvier (il avait même obtenu son visa), a été annulé “faute de moyens”, d’après un collaborateur.
S’il continue de jouir d’une popularité incontestable, Tshisekedi campe sur des positions qui s’apparentent de plus en plus à de l’immobilisme. Personne dans son entourage ne semble discuter ce choix. Il paraît ainsi peu probable de le voir concourir à la prochaine élection présidentielle, prévue pour la fin de l’année 2016. Si son parti doit bientôt organiser un congrès, aucun dauphin n’a été désigné à ce jour. “Il ne le fera certainement pas, reconnaît un proche. Ça ne fait pas partie des habitudes des personnes de sa génération.” Et un diplomate d’ajouter : “De toute façon, il a écarté beaucoup de ses proches compétents. L’UDPS est un champ de ruines…”
Y aura-t-il un candidat de l’opposition à soutenir ?
À Kinshasa, la direction du Mouvement de libération du Congo (MLC) n’est pas plus fournie. Son leader, Jean-Pierre Bemba, est toujours en détention à La Haye sur ordre de la Cour pénale internationale (CPI), qui le poursuit pour “crimes contre l’humanité et crimes de guerre” commis en Centrafrique entre 2002 et 2003. Quatre de ses proches, dont Fidèle Babala, son ex-bras droit, ont été arrêtés et devront répondre aux accusations de subornation de témoins et de falsification de documents. Le jugement de Bemba s’en trouve à nouveau retardé comme le reconnaît le secrétaire général du parti, Thomas Luhaka. “Jusqu’ici, on espérait qu’il soit libéré cette année. Aujourd’hui, nous ne sommes plus sûrs de rien.” Bemba garde espoir d’être présent en 2016 et appelle “quotidiennement” Luhaka. Mais le parti, désormais mené par ce dernier, ne peut plus faire l’économie d’un débat interne concernant la présidentielle. “Devra-t-on présenter un autre candidat ? s’interroge-t-il. Y aura-t-il un candidat de l’opposition à soutenir ? Il est trop tôt pour trancher.”
Chef de file de l’opposition ? Vital Kamerhe, le troisième homme de l’élection de 2011, s’y verrait bien. Depuis un mois, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) est la cible de diverses entraves de la part des autorités. Le 20 février, dans son fief de Bukavu, un rassemblement de ses partisans a été violemment dispersé sur la place de l’Indépendance, dont l’accès leur avait été interdit par la municipalité. En bon tacticien, Kamerhe n’évite pas toujours la confrontation. Et cette succession d’événements lui profite en partie. “La population craignait que personne ne prenne la relève de Tshisekedi, confie-t-il. Maintenant, ils savent que je suis là.”
Féderer l’ensemble des électeurs est un défi difficile
Cette stratégie de la tension est à l’opposé de celle du président du Sénat, Kengo wa Dondo, nommé au poste “d’autorité morale” de son groupe appelé Opposition républicaine. Ce dernier rassemble bon nombre de prétendants au futur gouvernement de cohésion nationale. Si la réputation de Kamerhe est entachée de son passé de proche collaborateur de Joseph Kabila (il a été le chef du parti au pouvoir puis le président de l’Assemblée nationale jusqu’en 2009), son attitude offensive lui permet de marquer une rupture avec cette période. Par ailleurs, il profite amplement du vide médiatique laissé par ses rivaux de l’opposition.
Mais fédérer l’ensemble des électeurs lors d’un scrutin national est un défi plus difficile à relever. “Quel était le score de Vital Kamerhe en 2011 ? demande Samy Badibanga, le président du groupe parlementaire UDPS et alliés. Il a recueilli moins de 8 % des voix, alors que Tshisekedi, que l’on disait déjà fini à l’époque, en avait récolté 32 %.” La route jusqu’à la présidentielle est longue. Et le temps ne joue pas en faveur du vieil opposant
Les risques du Calendrier
En principe, Joseph Kabila devrait quitter la présidence en 2016, puisque toute modification du nombre de mandats présidentiels est prohibée par la Constitution. Mais l’opposition craint un subterfuge, comme celui de jouer les prolongations en laissant advenir un “dérapage” du calendrier électoral pour ne pas organiser le scrutin dans les temps. Le président de la Commission électorale nationale indépendante, l’abbé Apollinaire Malu Malu, n’a pas réussi à rassurer le Parlement en présentant fin janvier sa “feuille de route”. Avant que ne soit organisée la présidentielle de 2016, il propose d’actualiser les listes électorales grâce à un recensement “administratif”, puis d’organiser les élections locales, début 2015, avant les provinciales au suffrage indirect. Or, la quasi-totalité de l’opposition est vent debout contre cette dernière option qui pourrait, selon elle, favoriser l’achat des voix. S’y ajoutent les incertitudes sur le financement du calendrier. Aucun apport national n’est assuré, alors que l’abbé Malu Malu n’a pas obtenu d’engagements fermes de la part des bailleurs de fonds lors de sa tournée européenne de janvier.
Jeuneafrique.
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CANADA : PERCER SON PRÉSERVATIF POUR RENDRE SA FEMME ENCEINTE EST PASSIBLE DE PRISON.
-C’est incroyable, c’est de la folie … Quand l’acte sexuel entre un mari et une femme peut causer de la prison, en effet, le plus haut tribunal du Canada a confirmé ainsi un jugement en première instance d’une affaire datant de 2006.Jaret Hutchinson, originaire de Nouvelle Écosse (côte atlantique), avait voulu consolider son couple en mettant sa conjointe enceinte. Comme il l’avait avoué ensuite à son amie, le jeune homme avait décidé de percer un préservatif pour le rendre perméable. La relation sexuelle qu’ils avaient eue avait aboutit à la grossesse de la jeune femme, dont l’identité a été cachée par la justice.
Après les aveux de son petit ami, la jeune femme avait décidé de procéder à un avortement et de lancer une procédure judiciaire. « Le sabotage du préservatif par l’accusé constitue une fraude », ont conclu à l’unanimité les sept juges de la « Cour suprême ». « La plaignante n’avait pas consenti à de tels actes (copuler en vue de procréer, ndlr), et donc elle n’a pas donné son accord à l’activité sexuelle en question », poursuivent les magistrats, retenant la condamnation pour « agression sexuelle ».
En première instance, l’accusé avait été condamné à 18 mois de prison. La « Cour suprême » doit encore décider de la sentence définitive.
Cordialement,
La Direction du « RÉSEAU NERRATI-PRESS ». -

Elections et revision Constitutionnelle: Kinshasa n’exclut pas une modification constitutionnelle

Palais du peuple – Le gouvernement de Kinshasa a assuré vendredi que la prochaine présidentielle en République démocratique du Congo (RDC) aurait bien lieu en 2016 conformément à la Constitution, sans exclure que la loi fondamentale puisse être modifiée d’ici-là.
La question des élections est l’un des deux sujets majeurs de spéculation politique en RDC, avec le gouvernement de “cohésion nationale” annoncé par le président congolais Joseph Kabila en octobre mais qui n’a toujours pas été formé. Les dernières consultations populaires ont eu lieu en novembre 2011. Entachées de fraudes et d’irrégularités à grande échelle selon l’opposition et la communauté internationale, elles ont permis à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se maintenir à la tête de l’Etat pour un nouveau mandat de cinq ans. Elles ont néanmoins provoqué une crise politique à l’origine d’un blocage du cycle électoral lancé par ces deux scrutins. La victoire de M. Kabila avait été favorisée par une révision constitutionnelle, votée par le Parlement 10 mois plus tôt, qui ramène l’élection du président à la majorité simple à l’issue d’un seul tour de scrutin. Aussi le sortant a-t-il pu être élu avec un peu moins de 49% des voix.A l’approche de la moitié du mandat présidentiel, l’opposition s’agite autour des intentions qu’elle prête au chef de l’Etat et à ses alliés de vouloir se maintenir au pouvoir par tous les moyens, quitte à modifier une nouvelle fois la Constitution afin de retarder l’échéance de la prochaine présidentielle ou de permettre à M. Kabila de briguer un nouveau mandat, ce qui lui est pour l’instant interdit.Inquiétudes de l’oppositionVendredi, le gouvernement a tenu à rassurer. “Avec ou sans l’appui de la communauté internationale, la Constitution sera strictement respectée”, a déclaré son porte-parole, Lambert Mende: “Nous aurons des élections en 2016”. “Toute révision de la Constitution n’est pas anticonstitutionnelle”, a-t-il ajouté, “elle n’est anticonstitutionnelle que si elle touche l’article 220”, qui interdit de modifier “le nombre et la durée” des mandats du chef de l’Etat. Plus sibyllin, M. Mende a ensuite repris une formule selon laquelle “la Constitution (…) doit être respectée dans sa globalité; nul ne peut permettre ce qu’elle interdit, nul ne peut interdire ce qu’elle permet”.Lundi, l’Eglise catholique, dont les ouailles représentent environ 50% de la population, avait demandé au gouvernement de respecter les “délais constitutionnels” dans l’organisation des élections des trois années à venir. La Conférence épiscopale nationale du Congo avait également recommandé que les députés des 11 provinces formant le pays soient élus au suffrage universel direct, “au premier trimestre 2015”, en même temps que les maires des grandes villes, les bourgmestres des communes et les autres exécutifs des communautés locales, afin de diminuer le coût des élections. Ce à quoi M. Mende a répondu que la multiplication d’élections au suffrage direct était un luxe que le pays ne pouvait pas s’offrir.Pour l’heure, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a annoncé que les citoyens seraient appelés à voter fin 2014 à l’occasion d’élections urbaines, municipales et locales. Elle prévoit que les élections des sénateurs nationaux et des députés provinciaux (qui auraient dû avoir lieu initialement en 2012) se tiennent en 2015, la même année que celles des gouverneurs de province.Dirigée par l’abbé Apollinaire Malu-Malu, ancien conseiller du chef de l’Etat, la Céni a cependant indiqué qu’elle envisageait la possibilité que les députés provinciaux soient élus au suffrage universel indirect, ce qui nécessiterait de modifier la Constitution. Cette perspective inquiète l’opposition et certains juristes. Ceux-ci craignent qu’une telle entreprise – possible compte tenu du rapport de force au Parlement – n’ouvre la boîte de Pandore et qu’on ne se contente pas de toucher au mode de scrutin des provinciales, mais aussi à la limitation du nombre des mandats présidentiels ou à d’autre dispositions en fonctions des intérêts ou des projets du pouvoir.En 2011, huit des 229 articles de la Constitution congolaise avaient été amendés.Par Marc JOURDIER- AFP -

Centrafrique – RDC: Séraphin Ngwej : “La RDC est le pays qui fait le plus en Centrafrique”
– Ambassadeur itinérant du président Joseph Kabila, Séraphin Ngwej est aussi l’un de ses conseillers les plus écoutés sur les questions diplomatiques. Pour “Jeune Afrique”, il explique pourquoi la RDC s’implique autant dans la crise en Centrafrique.La RDC a déjà fort à faire avec les groupes armés sur son territoire, du Nord-Kivu au nord du Katanga. Et pourtant, Kinshasa a envoyé un bataillon complet ainsi que des policiers pour soutenir le gouvernement de Bangui. La présidente de transition, Catherine Samba-Panza, a été accueillie en grande pompe à Kinshasa du 3 au 5 mars. Pourquoi tant d’intérêt pour ce voisin instable ? Entretien avec Séraphin Ngwej.
Séraphin N’gwej : D’abord, parce que c’est la première femme francophone à devenir présidente. Ensuite, parce qu’elle est un espoir de paix pour son pays. Nous avons voulu lui donner une carrure plus importante et marquer notre solidarité et notre foi dans la paix et la stabilité. Il faut d’ailleurs souligner que Michel Djotodia (l’ancien chef rebelle de la Séléka et président) avait exprimé à plusieurs reprises son souhait d’être reçu à Kinshasa et que le président Kabila a toujours refusé. Il s’oppose à un renversement de l’ordre constitutionnel par les armes.
Nous avons envoyé en Centrafrique des unités d’élite, celles formées par les Belges à Kindu.
La RDC, qui doit faire face à plusieurs rebellions sur son propre sol, a envoyé un bataillon en Centrafrique. N’avez-vous pas d’autres priorités ?
Nous avons non seulement envoyé un bataillon en Centrafrique, mais nous avons choisi des unités d’élite, celles formées par les Belges à Kindu, qui ont fait leur preuves dans l’Équateur et contre le Mouvement du 23-mars, ainsi que des policiers. Nous sommes le pays qui fait le plus au côté de la Centrafrique.
D’abord, aucun autre pays n’a autant de liens, au niveau de la géographie, des peuples et de l’Histoire, avec la Centrafrique. Nous avons une légitimité à intervenir en Centrafrique. Et puis, nous avons déjà connu une situation similaire en 1994, avec ce qui s’est passé au Rwanda. À l’époque, nous avions pensé que tout ceci se passait loin de nous et pourtant nous avons fini par payer un très lourd tribut. Cette fois, nous avons voulu anticiper.
Est-ce que les rumeurs de rapprochement entre la Séléka et le M23 ont joué un rôle ?
Je viens de vous donner les raisons principales. Cela dit, effectivement, nos ennemis cherchaient à ouvrir plusieurs fronts face à nous. C’était une préoccupation sécuritaire légitime pour nous.
Aucun autre pays n’a autant de liens avec la Centrafrique. Nous avons une légitimité à intervenir.
Vous inquiétez-vous de la lutte pour le leadership régional qui a lieu, dans cette intervention, entre le Congo-Brazzaville et le Tchad ?
Qu’il y ait des luttes d’influences, cela ne me parait pas anormal. Il y a une émulation entre les États sur la scène internationale. Mais c’est surtout la conséquence d’un chevauchement institutionnel : le président Idriss Déby est le président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et Denis Sassou Nguesso est celui de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac). D’ailleurs, nous sommes favorables à un rapprochement entre les deux organisations et il y a des études très avancées en ce sens.
La France semble se rapprocher du Rwanda, qui l’aide aussi en Centrafrique. Est-ce que cette perspective vous inquiète ?
La France et la RDC ont une histoire géostratégique commune. La France est intervenue à plusieurs reprises pour maintenir l’intégrité territoriale du Zaïre, puis du Congo, et a encore un rôle à jouer dans cette région. Nous avons eu un appui diplomatique sans réserve de la part de Paris et il nous est très utile. Cela dit, ce gouvernement est plus que jamais convaincu que la sécurité du pays lui incombe au premier chef. Et donc, avec ou sans soutien de la France, il sera en mesure d’assurer sa propre sécurité. Et puis, il ne faut pas oublier que la France a un lien particulier avec le peuple rwandais, au-delà de l’anglophilie de son gouvernement actuel. Je pense que le rapprochement dont vous parlez doit s’analyser de cette manière.
____Propos recueillis par Pierre Boisselet
De Jeuneafrique





