Author: Don Kayembe

  • L’UDPS en quête de stratégie

    L’UDPS en quête de stratégie

    felix-L’UDPS a-t-elle décidé de sortir de son silence ? Dans un entretien à Afrikarabia, Félix Tshisekedi promet une nouvelle stratégie pour contrer le régime de Joseph Kabila et la fin du « mutisme » de l’UDPS.

    Le principal parti d’opposition congolais apparaît plus affaibli que jamais. Depuis la réélection contestée de Joseph Kabila en novembre 2011, l’UDPS s’est muré dans un silence assourdissant, pratiquant le boycott de l’Assemblée nationale, ou des Concertations nationales initiées par le pouvoir. Une politique de la chaise vide qui n’a pas permis au leader du parti, Etienne Tshisekedi, 81 ans, de s’imposer comme le patron de l’opposition. Le « sphinx de Limete » s’est autoproclamé président de la République démocratique du Congo en lieu et place de Joseph Kabila. Et même si le scrutin chaotique de 2011 est considéré comme « non crédible » par la communauté internationale, Tshisekedi s’est isolé dans son rôle de « président » sans pouvoir, que tout le  monde a fini par ignorer. Certains de ses cadres ont préféré quitter le navire pour siéger à l’Assemblée nationale ou participer aux Concertations.

    Pendant ce temps, deux « jeunes loups » de l’opposition ont profité de ce vide médiatique pour s’imposer sur le devant de la scène. Le premier s’appelle Martin Fayulu. Le chef de l’Ecidé a lancé une pétition, « Sauvons le Congo« , demandant la démission du président de la commission électorale (Ceni), Apolinaire Malu-Malu, avec un certain retentissement. Le second est Vital Kamerhe, le président de l’UNC,  qui s’est taillé un costume de « super opposant » après les mésaventures de sa « caravane pour la paix » dans l’Est du pays (voir notre article). Dans ce contexte, l’UDPS et son leader vieillissant cherchent à rebondir. Le fils d’Etienne Tshisekedi, Félix, nous a accordé un entretien depuis Bruxelles sur l’avenir du premier parti d’opposition congolais.

    – Afrikarabia : L’UDPS n’est plus vraiment audible aujourd’hui dans l’opposition congolaise. Allez-vous continuer votre stratégie du silence ?

    – Félix Tshisekedi : Nous allons désormais nous faire entendre. Il y a deux semaines, ici en Belgique, nous avons réuni tous les responsables de l’UPDS de l’extérieur. Nous avons passé en revue tous nos problèmes. Très bientôt nous enverrons une délégation à Kinshasa, que je vais conduire, et qui va rencontrer le président (Etienne Tshisekedi, ndlr) pour voir ce qu’il y a lieu de faire. Je vous le promets, on entendra parler de nous.

    – Afrikarabia : Vous avez refusé que les députés de l’UDPS siègent à l’Assemblée nationale ainsi qu’aux Concertations lancées par le président Joseph Kabila. Allez-vous continuer à tout boycotter ?

    – Félix Tshisekedi : C’est pour ces raisons que nous nous sommes réunis à Bruxelles,  pour analyser toutes ces prises de position et voir dans quelles mesures on peut en revoir certaines ou en requalifier d’autres. Ce n’est pas à moi de dire ce qu’il faudra faire, cela reviendra à notre président. Mais je peux vous certifier qu’à l’avenir la position de l’UDPS sera entendue et défendue.

    – Afrikarabia : Le silence de l’UDPS c’est donc fini ?

    – Félix Tshisekedi : Le mutisme c’est fini. Nous allons communiquer, expliquer pourquoi il y a eu ce mutisme. Nous communiquerons beaucoup plus.

    – Afrikarabia : Dans le contexte d’un nouveau gouvernement d’union nationale, l’UDPS pourrait-elle y participer ?

    – Félix Tshisekedi : Il n’est pas question pour nous d’entrer dans un quelconque gouvernement d’union nationale. Nous sommes toujours sur le contentieux électoral de 2011. Nous estimons avoir gagné les élections et tout ce que fait Kabila et son camp n’est qu’imposture. Ce nouveau gouvernement d’union nationale sera illégitime pour nous.

    – Afrikarabia : Allez-vous vous rapprocher d’autres partis d’opposition comme le MLC de Jean-Pierre Bemba, toujours détenu à la Cour pénale internationale de La Haye ?

    – Félix Tshisekedi : Pour le moment, c’est une option qui n’est pas levée avec le MLC ou tout autre parti. L’UDPS est ouverte à toutes les discussions pour voir si cela vaut la peine de constituer des alliances ou pas.

    – Afrikarabia : Pourriez-vous vous rapprocher de l’UNC de Vital Kamerhe ?

    – Félix Tshisekedi : Je vous ferais la même réponse. Nous échangeons de temps et temps, mais il n’y a pas d’alliance formelle.

    – Afrikarabia : Il paraît peu probable qu’en 2016, votre père, Etienne Tshisekedi qui a 81 ans, décide de se représenter à l’élection présidentielle. Comment allez-vous aborder ces nouvelles échéances électorales ?

    – Félix Tshisekedi : Peu probable, c’est vous qui le dites. L’avenir appartient à Dieu. Mais que ce soit Etienne Tshisekedi ou un autre, l’UDPS prendra rendez-vous aux prochaines élections, si elles sont démocratiques et transparentes.

    – Afrikarabia : Un congrès du parti est fixé pour 2015, la succession d’Etienne Tshisekedi est-elle à l’ordre du jour ?

    – Félix Tshisekedi : Pour le moment, non. Notre prochain congrès n’a pas pour vocation de trouver un successeur à Etienne Tshisekedi, mais de lever les grandes options politiques.

    – Afrikarabia : Vous seriez prêt pour assurer la relève à la tête de l’UDPS ?

    – Félix Tshisekedi : La relève, ce n’est pas qu’une seule personne. La relève ce sont toutes les personnes qui ont accompagné Tshisekedi dans son combat. La relève reposera sur les épaules de toute une génération : la génération Tshisekedi.

    – Afrikarabia : Dans la perspective de l’élection présidentielle de 2016, souhaitez-vous un positionnement plus clair de Joseph Kabila, que la Constitution actuelle interdit de briguer un nouveau mandat ?

    – Félix Tshisekedi :  Pour nous Kabila est éliminé depuis 2011, il n’a plus à se représenter. Mais nous avons des informations qui nous indiquent que Joseph Kabila est en train de préparer un référendum pour soumettre à la population une modification de la Constitution. C’est une manoeuvre politique supplémentaire destinée à provoquer les Congolais et nous en tirerons les conséquences qu’il faudra.

    Propos recueillis par Christophe RIGAUD – Afrikarabia

  • Politique monétaire : la BCC à l’ère de la restructuration de son

    Politique monétaire : la BCC à l’ère de la restructuration de son

    bcc-Le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, Déogratias Mutombo Mwana
    Nyembo a présidé, le vendredi 14 mars 2014, la 2ème réunion du Comité
    de politique monétaire pour l’année 2014, et la 10ème depuis son
    avènement à la tête de l’Institut d’Emission.
    Parmi les grandes mesures prises lors de cette réunion d’orientation
    de la politique monétaire, il y a la restructuration du cadre
    opérationnel.
    Trois modifications majeures ont été ainsi décidées:
    – Le coefficient de la réserve obligatoire est fixé à 8% pour les
    dépôts à vue et à 7% pour ceux à terme en ce qui concerne les devises
    étrangères. Et il est à 7% pour les dépôts en vue et à 3% pour ceux à
    terme pour la monnaie nationale ;
    – Le Billet de Trésorerie << BTR >> s’appellera désormais BON BCC ;
    – L’élargissement de la maturité des bons BCC via l’émission d’un
    nouveau titre de trois mois. Les conditions de soumissions n’ont pas
    changé, conformément à l’instruction n°20 de la Banque centrale.
    Ci-dessous le communiqué de presse sanctionnant la réunion du CPM du
    vendredi 14 mars 2014 :
    Le comité de politique monétaire de la Banque Centrale du Congo s’est
    réuni ce vendredi 14 mars 2014 sous la présidence de monsieur le
    Gouverneur, pour sa deuxième réunion ordinaire de l’année.

    Les échanges ont globalement porté sur l’analyse de la conjoncture
    économique tant nationale qu’internationale ainsi que des mesures
    idoines de politique monétaire à mettre en place eu égard au contexte
    actuel.
    A cet effet, il convient de retenir ce qui suit:

    1. Analyse de la conjoncture

    Sur le plan international :
       Sous l’initiative du FMI, les experts internationaux se sont réunis
    les 25 et 26 février 2014 à Rabat pour une conférence internationale
    sur les enjeux socio-économiques de la volatilité des prix de produits
    alimentaires. Cette conférence visait à rehausser la qualité de prise
    de décision afin de prévenir les crises alimentaires pouvant résulter
    des hausses subites des prix de produits de première nécessité.
       Au cours de cette conférence, il a été également souligné le rôle
    important que jouent les Banques centrales pour éviter la transmission
    au reste de l’économie, de l’impact de l’augmentation des prix
    alimentaires par la pratique d’une politique de ciblage de
    l’inflation.

    Dans la Zone euro, le taux de chômage et celui de l’inflation sont
    demeurés stables au mois de février 2014, soit respectivement 12 % et
    0,8% comme le mois précédent.

    Aux États-Unis, l’indice de la confiance des consommateurs a progressé
    au mois de février 2014 par rapport au mois de janvier suite à
    l’optimisme des consommateurs au regard des perspectives de l’économie
    américaine après les intempéries hivernales.
       En ce qui concerne les économies émergentes qui ont contribué à
    soutenir la croissance mondiale depuis la dernière crise financière,
    elles semblent présenter des signes d’essoufflement à la suite
    notamment des mesures de mise à terme de la politique monétaire ultra
    accommodante aux U.SA.

    Sur le plan national :
       A la dernière semaine de février, l’évolution de l’inflation demeure
    sous contrôle. Le taux hebdomadaire s’est situé à 0,04 %, soit 0,14 %
    en rythme mensuel et 0,25 % en cumul annuel. Sur base des réalisations
    des 9 premières semaines de 2014 et en l’absence des chocs éventuels,
    le taux d’inflation escompté à fin d’année se situerait à 1,47 %. En
    glissement annuel, le taux d’inflation s’établit à 1,19 % contre une
    cible de 3,7 %.
       Concernant le marché des changes, le mois de février a été marqué par
    une stabilité sur les différents segments avec un taux indicatif à
    929,39 CDF/USD et un cours parallèle à 937,25 CDF/USD. D’un mois à
    l’autre, la monnaie nationale s’est dépréciée de 0,3 % à
    l’interbancaire tandis qu’au parallèle, il a été noté une appréciation
    de 0,1 %. Aussi, la Banque Centrale poursuit ses achats des devises
    sur le marché en vue, d’une part, de pourvoir aux besoins de
    l’économie, notamment des miniers et pétroliers producteurs qui paient
    désormais leurs taxes et impôts en monnaie nationale et d’autre part
    de conforter ses réserves de change qui représentent à ce jour 8,5
    semaines d’importations des biens et services sur ressources propres.
       Quant au marché monétaire, les transactions effectuées sur le guichet
    des facilités permanentes au cours du mois de février ont atteint
    59,90 milliards de CDF, portant le cumul annuel à 106,30 milliards de
    CDF contre 54,42 milliards pour toute l’année 2013.
       A l’interbancaire, les opérations dénouées se sont chiffrées à 185,40
    milliards de CDF, soit 239,40 milliards de CDF en cumul annuel.
       A fin février 2014, l’encours BTR a fléchi à 140.34 milliards CDF
    contre 152,15 milliards enregistré un mois plus tôt, traduisant ainsi
    une injection mensuelle de liquidité de 11,81 milliards de CDF. Cette
    injection qui est en ligne avec la mise en oeuvre des dernières
    mesures de dédollarisation visant à percevoir les impôts, droits et
    taxes dus au Trésor par les miniers et pétroliers en monnaie
    nationale, répond à la nécessité d’une adaptation de la liquidité au
    contexte économique du moment.

    2. Mesures de Politique Monétaire

       En vue de l’optimisation du processus de mise en oeuvre de sa
    politique monétaire, la Banque Centrale vient de procéder à une
    restructuration de son cadre opérationnel.
       En effet, au regard de la consolidation du cadre macro-économique
    attestée par le maintien d’une croissance robuste sur fond d’une
    stabilité des prix et du taux de change d’une part, et de la poursuite
    du processus de dédollarisation de l’économie et de l’ouverture, dans
    un avenir proche, du guichet de refinancement long visant à stimuler
    l’offre du crédit, d’autre part, il s’est avéré nécessaire de mettre
    sur pied un cadre propice permettant aux banques d’accompagner
    efficacement les actions du Gouvernement et de la Banque Centrale.
       A cet effet, trois modifications ont été décidées ce jour, il s’agit de :

    1. La poursuite de la discrimination du coefficient de la réserve
    obligatoire suivant la maturité et la monnaie de constitution de
    dépôt. A cet effet, le coefficient de la réserve obligatoire est fixé
    comme suit :
       Pour les dépôts en devises, 8 % pour les dépôts à vue et 7 % pour les
    dépôts à terme.
       Pour les dépôts en monnaie nationale, 7 % pour les dépôts à vue et 3
    % pour les dépôts à terme.

    2. Le changement de l’appellation du titre émis par [a Banque Centrale
    du Congo qui ne sera plus appelé Billet de Trésorerie mais désormais
    BON BCC ;
    3. Elargissement de la maturité des bons BCC via l’émission d’un
    nouveau titre de trois mois. Les conditions de soumissions demeurent
    celles en vigueur, conformément à l’instruction n°20 de la Banque
    Centrale.
       Enfin, le Comité de politique monétaire informe l’opinion nationale
    de la publication depuis la fin du mois de février 2014, du Rapport
    sur la conduite de la politique monétaire au cours de l’année 2013
    ainsi que des résultats des premières enquêtes sur les conditions
    d’octroi de crédit. Toutes ces publications sont disponibles à la
    Bibliothèque de la BCC et sur son site WEB.

    Je vous remercie.

    Fait à Kinshasa, le 14 mars 2014
    Deogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO
    Président

  • Muslim School Holidays Bronx Community Forum

    Muslim School Holidays Bronx Community Forum

    Recognition, inclusion and respect: Add Muslim Holidays to New York School Calendar

  • Qui dirigera la RDC après Joseph KABILA ?

    Qui dirigera la RDC après Joseph KABILA ?

     jean_claude_katende–Par  Me Jean Claude KATENDE : Président National de l’ASADHO.
    I.                  Introduction
    Avant d’aller loin dans notre réflexion sur cette question essentielle pour notre nation, nous nous devons de préciser que cet article n’est pas écrit pour ou contre quelqu’un. Il est motivé, d’une part,  par le souci que nous nous  faisons au sujet de l’avenir de notre pays, mais aussi par le devoir de maintenir le débat sur cette question dont la réponse aura des conséquences considérables tant sur nous-mêmes que sur les toutes les populations congolaises et sur la région de Grands Lacs, d’autre part.
    Prise sous cet angle, cette question est essentielle  mérite qu’on y réfléchisse dès maintenant.
    En 2006, le Président Joseph KABILA commençait son premier mandat de 5 ans dont le terme a été atteint en 2011.
    En 2011, dans les conditions que tout le monde connait, le Président Joseph KABILA a été déclaré vainqueur des élections de novembre 2011 par la Cour Suprême de Justice. Il a ainsi commencé son deuxième mandat qui va prendre fin en 2016.
    Va-t-il briguer un troisième mandat ?
    Aux termes de l’article 70  de la Constitution, il est disposé que «Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois ». Donc, le Président Joseph KABILA  ne pourra plus se représenter pour un troisième mandat.
    Toute attentive de sa part ou de la part de ses partisans de modifier ou de faire modifier cette disposition pour lui offrir la possibilité d’obtenir un autre mandat ne constituerait qu’une violation inacceptable de l’article 220 de la même Constitution.  Cette disposition exclut toute révision du nombre et de la durée des mandats du Président de la République.
    Envisager la révision de cette disposition constitutionnelle porterait atteinte aux acquis démocratiques et risquerait de plonger encore notre pays dans une autre crise dont le peuple n’a plus besoin[1]. Comme disait Patrice LUMUMBA : « Après l’indépendance, le peuple a besoin de manger du pain. Le peuple congolais a trop souffert des crises à réplétion, maintenant il veut travailler et manger calmement son pain.
    Faisant foi aux déclarations des uns et des autres, et selon lesquelles les dispositions constitutionnelles relatives au  nombre et à la durée du mandat du Président de la République ne seront pas révisées, nous pouvons nous dire que nous allons vers  une alternance pacifique et démocratique en République Démocratique du Congo en 2016.
    Connaissant l’incapacité des hommes/femmes politiques congolais à respecter  la parole donnée, nous appelons toutes les forces démocratiques à rester vigilantes car la question de la révision constitutionnelle pour permettre au Président Joseph KABILA de briguer un troisième mandat n’est pas encore close. Tout peut arriver…
    En nous fondant sur les déclarations actuelles des ténors du camp du Président Joseph KABILA[2], nous pouvons nous dire qu’en 2016 la République Démocratique du Congo aura un autre Président qui sera issu de l’une des composantes de notre société (majorité présidentielle, opposition ou société civile).
    Alors qui sera-t-il ?
    II.                Le profil du futur Président.
     
    Le contexte national, régional et international actuel exigera que celui/celle qui dirigera la RD Congo  réponde au profil suivant :
    1.     Etre un rassembleur.
     
    Au-delà du fait qu’il doit remplir les conditions fixées par la Constitution et auxquelles  il sied d’ajouter  une vision pour le Congo et un niveau d’étude suffisant,  il devra être capable de mobiliser au-delà de son courant idéologique, de son parti, de sa tribu et de sa province d’origine.
     
     Il devra  rassembler les congolais avant, pendant et après les élections qui vont les porter au pouvoir.
    Sa capacité de rassembler devra transparaitre tant dans ses discours que dans ses actes. Les discours à eux seuls ne suffiront pas pour convaincre les gens et pour les mobiliser vers un objectif commun qui sera de reconstruire les cœurs détruits par plusieurs déceptions politiques  et  le pays détruit par plusieurs années de guerre.
    C’est ici où beaucoup de responsables politiques congolais, voire les plus charismatiques,  ont lamentablement échoué. De Patrice LUMUMBA au Président Joseph KABILA, personne n’échappe à cette critique.
    Pour atteindre ce profil, la femme ou l’homme qui dirigera le Congo devra savoir que la situation actuelle de notre pays lui exige d’avoir non seulement la compétence pour diriger mais aussi un cœur pour pardonner. Seule cette attitude peut lui permettre de rassembler, de mettre ensemble les vainqueurs et les vaincus.
    Il devra faire aussi l’effort de ne pas s’entourer, en grand nombre, des hommes et des femmes issus de sa tribu, de son clan ou de sa province comme nous le voyons chez beaucoup de leaders congolais aujourd’hui.
    La situation actuelle du pays l’appelle à faire un grand rassemblement des hommes et des femmes issus de tout le Congo.
    2.     Capable  de garantir la sécurité du Président  Joseph KABILA et de sa famille.
     
    Cette question ne fait pas souvent objet de débat alors qu’elle est au cœur même de l’alternance au pouvoir surtout en Afrique où ceux qui sont au pouvoir se croient tout permis. La peur d’aller vivre en exil,  d’être trainé devant la justice comme un simple citoyen, pousse certains chefs d’Etat africains à modifier la Constitution  indéfiniment et à chercher à se maintenir au pouvoir à tout prix.
    Pour le cas de la R.D.Congo, nous sommes sûrs qu’il y a plusieurs congolais qui n’attendent que le Président Joseph KABILA ne soit plus au pouvoir pour lui régler le compte pour  tous les crimes( vrais ou faux, avérés ou supposés )qu’ils auraient subis de sa part.
    Nous, nous refusons de porter un jugement de valeur sur ce que ces congolais pensent, ils peuvent avoir raison, tout comme ils peuvent avoir aussi tort. Mais nous estimons que pour écrire une nouvelle histoire du Congo, nous sommes appelés à tourner la page des présidents qui vont mourir en exil, des présidents qu’on assassine… Nous devons donner l’occasion à nos anciens présidents de rester et de vivre paisiblement dans notre pays. Le cas des anciens Vice Présidents  de la République  Messieurs ZAIDI, RUBERWA et YERDODIA est déjà un bon exemple.
    Même si le Président KABILA  et ses partisans n’ont jamais abordé cette question, par orgueil ou par modestie,  la femme ou l’homme qui devra diriger le Congo devra y réfléchir pour y apporter une réponse capable de renforcer notre démocratie et garantir la paix à tous.
    Pour notre part, nous estimons que le Congo gagnerait beaucoup en garantissant et en assurant une existence paisible au Président Joseph KABILA et à sa famille.  Ils devront être libres de choisir leur lieu de résidence, en RD Congo ou à l’étranger, sans craindre pour leur vie et pour leur avenir. En agissant ainsi, on donnerait à la RD Congo la chance de grandir et d’avoir d’autres mœurs politiques.
    Même dans le cas où les adaptes de la thèse de poursuivre en justice( bien sûr si les crimes commis sont avérés),  le Président Joseph KABILA devra bénéficier de toutes les garanties constitutionnelles relatives au procès juste et équitable.
    3.     Capable de concilier la lutte contre l’impunité et  la réconciliation nationale.
     
    Les conflits armés, la répression aveugle de toute constatation politique ou sociale, les fraudes électorales de novembre 2011, l’impunité généralisée dont sont bénéficiaires les auteurs de toutes les violations des droits humains…, ont été à la base de frustrations au sein des populations civiles.  Ces frustrations ont provoqué un besoin de plus en plus accroissant  de justice dans le chef des victimes qui veulent à tout prix, avec raison bien sûr, que les auteurs soient punis.
    Mais aussi dans un contexte comme le notre, le besoin de réconciliation est toujours présent. Réconciliation entre la classe politique et le peuple, la réconciliation entre les victimes et les bourreaux…
    La justice et la réconciliation ne s’excluent pas. Elles peuvent marcher ensemble. L’essentiel est que le processus qui conduit à la justice et à la réconciliation ne soit pas affecté par l’hypocrisie et la moquerie.  Il doit être honnête et juste.
     
    Pour garantir que ce processus conduise à la consolidation de la paix et permette aux citoyens  congolais de se mettre encore ensemble, il n’y a aucun doute que le Président qui succédera au Président  Joseph KABILA, qu’il soit de la majorité ou de l’opposition,  devra se mettre en tête qu’il y jouera un rôle très important.
    La réussite de ce processus dépendra en grande partie de lui.
    4.     Capable de concilier les intérêts du Congo avec ceux des Etats voisins.
    La République Démocratique du Congo est le plus riches de tous les Etats de  la région des Grands Lac en considération des ressources naturelles dont elle dispose. Il nous semble même que ce pays n’a pas encore révèle tout ce qu’il contient comme ressources. Plus les moyens technologiques deviendront performants, plus nous découvrirons encore d’autres ressources.
    Ces ressources ont toujours suscité la convoitise de certains des Etats voisins qui veulent maintenir une situation permanente de guerre à l’Est pour avoir accès auxdites ressources.
    Pour garantir des conditions sécuritaires qui permettent aux Etats voisins de respecter nos frontières et de favoriser une coopération politique et économique basée sur l’observance des conventions régionales et internationales,  le nouveau président devra initier plusieurs actions internes pour réformer en  profondeur nos services de sécurité et notre justice.
    Cette reforme exigera de lui des actions courageuses, car il est possible que cela créé des mécontentements au niveau national et international.
    Il devra travailler dans le sens que tous les projets/programmes d’intérêts communs entre nous et nos voisins soient mis en place avec une vue d’accélérer le développement économique et social de la République Démocratique du  Congo, mais aussi de favoriser la solidarité dans notre sous région.
    Notre diplomatie dans la  sous région devra être renforcée en mettant à sa disposition des hommes/femmes rompus en la matière, des moyens matériels et financiers proportionnels aux défis qui se posent dans sous région de grands lacs.
    Il devra travailler à reconstruire la confiance avec les Etats voisins et à mettre notre nation à l’abri de toutes les actions malveillantes de ceux qui ne veulent pas de la stabilité du Congo.
    Il doit être un homme/femme qui sait placer l’intérêt du Congo au dessus de ceux des autres nations. Mais qui sait aussi faire des concessions quand cela va dans le sens de garantir ou de protéger l’intérêt du peuple congolais. Lesdites concessions ne peuvent jamais porter sur la cession d’une partie de notre pays à un autre Etat.
    5.     Capable de concilier les intérêts du Congo avec ceux des autres Etats du monde.
    Dans ce domaine, le nouveau Président devra agir de telle sorte que la République Démocratique du Congo devienne un pays qui anticipe les événements/décisions et qui met en place des politiques/programmes qui nous permettre d’influencer la politique internationale.
    Il devra mettre fin progressivement au Congo qui ne fait que subir des événements, de fois par notre propre faute, surtout par manque de stratégie d’anticipation.
    Quelqu’un a dit avec raison que les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. Nous, nous disons que les intérêts partagés sont à la base d’une relation stable entre un Etat et les autres.
    Personne ne peut perdre de vue que les ressources naturelles du Congo intéressent tous les Etats du monde(les Etats Unis, la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Afrique du Sud, la Chine…). La ruée vers ces ressources mettra toujours les intérêts du Congo en face des intérêts de ces autres Etats.
    Depuis Léopold II, notre pays a toujours suscité la convoitise de beaucoup d’Etats étrangers.  Nul ne peut oublier qu’à la Conférence de Berlin en 1885, les autres Etats présents avaient accepté que  Léopold II prenne le Congo à condition d’ouvrir notre pays ou une partie de notre pays au commerce international.
    Au regard de ce qui se passe aujourd’hui, il nous semble que le monde occidental n’a pas totalement changé sa conception à ce sujet.  La guerre que le Congo subit depuis plus de deux décennies vise à  créer une situation d’insécurité permanente pour permettre à certains Etats et ou entreprises d’accéder par force aux ressources naturelles de notre pays.
    Aujourd’hui la situation a évolué dans le sens qu’il est possible de concilier le besoin des multinationales d’exploiter nos ressources avec celui de participer au développement économique et social du Congo.
    Le futur président devra ouvrir stratégiquement l’exploitation de nos ressources aux multinationales qui satisfont aux conditions posées par nos lois, d’une part, et  pousser le Gouvernement à investir les revenus générés par nos ressources naturelles  dans les secteurs prioritaires pour les populations.
    Ce qui arrive souvent est que les responsables politiques détournent les revenus générés par ces ressources à leur profit en laissant le peuple croupir dans la pauvreté.
    Le président devra concilier ces intérêts pour le bien non seulement de notre peuple mais aussi pour celui des partenaires de notre pays.
    6.      Assurer la lutte contre la corruption
    En République Démocratique du Congo, la corruption est devenue une urgence nationale contre laquelle tout le peuple,  les responsables politiques en tête, devra se lever. Les dégâts  que la corruption cause à notre pays ont été stigmatisés par tout le monde mais personne ne pose des actes de nature à renverser la tendance.
    Les différents gouvernements que notre pays a connus depuis bientôt deux décennies se sont contentés de lancer des slogans du genre « Tolérance Zéro » ou de signer de pacte  anti corruption, mais rien de sérieux n’a jamais été fait pour réduire la corruption.
    Nous avons l’impression que quand il s’agit de lutter contre la corruption, en vue de favoriser  la transparence et la bonne gouvernance,  tous  les hommes/femmes politiques congolais ont la bouche qui parle, mais les mains pour agir sont liées. Par qui ? Nous ne le savons pas.
    Il nous semble que le premier secret pour lutter contre la corruption soit d’avoir soi même des mains propres.
    Il est difficile de réussir des  programmes politiques, économiques et sociaux profitables au peuple dans un pays où la corruption est devenue un fléau accepté par tous.
    Le futur Président devra être capable de mettre fin à cet état de chose en prenant même des actions qui peuvent le rendre impopulaire pour un temps. Pour y arriver, il doit être lui-même un monsieur ou une dame « propre » et être reconnu comme tel par la majorité de congolais.
    7.     Capable de faire de la police et de l’armée des institutions républicaines.
    L’une des tares qui affectent encore la police et l’armée de la République Démocratique du Congo est qu’elles  se comportent toujours comme des gardiennes  du pouvoir en place, malgré ce qui est dit dans notre constitution.
    Au sujet de la Police, l’article 183 de la Constitution dispose que « la Police nationale est apolitique. Elle est au service de la Nation congolaise. Nul ne peut la  détourner à ses fins propres ». Alors que pour ce qui  est de l’Armée, l’article  188 de la Constitution dispose que « Les Forces armées sont républicaines. Elles sont au service de la Nation toute entière. Nul ne peut, sous peine de haute trahison, les détourner à ses fins propres. Elles sont apolitiques et soumises à l’autorité civile ».
     
    En pratique, il y a lieu de constater que les deux corps sont très instrumentalisés par les responsables politiques de notre pays.
    Le massacre des adeptes de Bundu dia Kongo(en 2007) et le carnage des adeptes du prophète MUKUNGUBILA(en décembre 2013) sont des exemples éloquents pour appuyer notre constat.
    La répression brutale   des manifestations pacifiques des partis de l’opposition est encore une illustration de ce que notre police est à capable de faire en violation des lois.
    Le futur Président de la République devra faire tout pour que la Police et l’Armée soient au service de la nation comme le dit la Constitution. Elles doivent cesser d’être au service du régime et contre le peuple.
     III.  La Classe politique actuelle de la République Démocratique du Congo.
    En rapport avec ce profil,  la question que nous nous posons est celle de savoir si dans notre classe politique actuelle (majorité/opposition) nous avons un homme ou une femme qui répond à ce profil ?  Chacun de nous peut répondre à cette question.
    Pour nous, nous croyons qu’au sein de notre classe politique,  nous avons des hommes/femmes capables de travailler durement, de se transformer pour revêtir ce profil d’ici les élections présidentielles de 2016. Ils peuvent se muer en devenant des hommes/femmes d’Etat capables de relever les défis qui se posent à notre pays.
    L’une  de grandes qualités du feu Président Sud africain MANDELA est que, après sa sortie de prison, celui qui était seulement un chef d’un parti s’était mué en un président au service de la démocratie et du progrès.
    Dans la préface du livre de Nelson MANDELA intitulé «  Conversations avec moi-même » ; le Président Barack OBAMA, dit ceci  de MANDELA : « Sa vie, d’ailleurs, nous raconte une histoire aux antipodes du cynisme et du fatalisme qui affligent si souvent notre monde. Un prisonnier est devenu un homme libre ; un héros de la liberté a proclamé la réconciliation ; un chef de parti s’est mué en un président au service de la démocratie et du progrès ».
    Muez-vous Mesdames et Messieurs, car en 2016, le peuple sera très exigeant à votre égard.
     


    [1]  Abbé Félicien MAWANAMA, Secrétaire  Général Adjoint  de la Conférence Episcopale de la République Démocratique du Congo, disait que « toucher à la limitation du nombre et de la durée des mandats du Président de la République risquerait de porter un coup dur à la cohésion nationale »(Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Polémique | RDC : vers un troisième mandat pour Joseph Kabila en 2016 ? )
    [2] Monsieur Sébastien LUSANGA, Porte Parole de la Majorité Présidentielle, disait que « C’est un procès d’intention. Pour l’heure, la question de la révision constitutionnelle n’a pas été discutée ni au Parti du Peuple pour la Reconstruction et le Développement  ni à la Majorité Présidentielle »..
    —————————————————————
     Jean Claude KATEpaulNDE dit :”  les  citoyens ont le droit naturel de combattre tout Gouvernement qui viole les droits fondamentaux et qui met en péril la démocratie “.
    Maître Jean Claude Katende
    Avocat au Barreau de LUBUMBASHI
    Président National de l’ASADHO
    Tél :+¨243 811 729 908243 811 729 908, + 243 9970 32 984+ 243 9970 32 984
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    KINSHASA

     République Démocratique du Congo

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  • L’occupation mise à nue lors des obsèques de l’artiste-musicien King Kester Emeneya à Kinshasa début mars 2014.

    L’occupation mise à nue lors des obsèques de l’artiste-musicien King Kester Emeneya à Kinshasa début mars 2014.

    Richard-Le 02 mars 2014, l’artiste-musicien kongolais Jean Mubiala Emeneya, dit King Kester Emeneya, paix à son âme, était conduit à sa dernière demeure à Kinshasa, après deux journées de véillée mortuaire au Palais du Peuple. Les vidéos du deuil de ce grand artiste kongolais lèvent définitivement le voile sur un fait désormais indéniable: la République démocratique du Kongo, notre chère patrie, vit manifestement sous la botte d’une occupation des forces étrangères. l’état très avancé de l’occupation de

    En effet, de l’arrivée de la dépouille de notre compatriote Emeneya à l’aéroport de Ndjili tôt le samedi 01 mars 2014, à son inhumation en debut d’après-midi le dimanche 02 mars 2014, le commun des mortels a pu se rendre compte de l’impressionnant deploiement des forces de l’ordre. Normal, dira-t-on, car sans la sécurité, il est difficile d’organiser des funérailles aussi grandioses, j’en conviens.

    Mais, là où le bât blesse, c’est lorsque ces forces déployées massivement pour assurer l’ordre et la sécurité, se sont illustrées, surtout au niveau du Palais du Peuple, par un comportement agressif vis-à-vis non seulement des populations venues nombreuses rendrent un dernier homage à l’artiste disparu, mais également vis-à-vis de plusieurs “célébrités” kinoises ou kongolaises qu’elles semblent ne pas connaître du tout. Députés, journalistes, artistes, voire même certains membres de la famille de l’illustre disparu ou encore autres notables ou opposants de la kabilie, chacun en a eu pour son compte: les coups de fouet ont été cyniquement distribués, les plus chanceux ne récévant à la place que bousculades et humiliations.   

    Mais qui sont donc ces “policiers” silencieux qui ne s’expriment que par le fouet et qui ne semblent connaître personne, sinon ceux qui les ont déployés pour sévir parmi les kongolais, et même contre certains collabos notoires?

    Car, pour ne citer que quelques exemples parmi les personnes directement concernées par ces funérailles, à savoir la famille biologique du défunt ainsi que sa famille artistique, j’ai vu Joly Mubiala, le propre frère du Decujus, être bousculé par cette soldatesque qui ne semblait même pas reconnaitre en lui les traits du défunt; j’ai vu les musiciens de Victoria Eleison bousculés et humiliés, tentant de se frayer un chemin vers le catafalque pour dire un ultime adieu à leur regretté leader; j’ai vu des artistes bien connues comme Tshala Mwana, Mbilia Bel ou Vonga Aye être bousculées et finalement, rebrousser chemin et repartir face à cette soldatesque brute; j’ai vu des artistes musiciens, comédiens et autres se faire soit fouetter ou bousculer par cette soldatesque qui semblait redouter on ne sait quoi en ce lieu de deuil; j’ai vu des députés ou autres apparatchiks de la kabilie rebrousser chemin pour éviter de se faire humilier par ces hommes en armes dont la posture montrait clairement qu’ils étaient étrangers, insensibles, à ce qui se passait sous leurs yeux.

     

    Qui sont donc ces hommes en armes qui ne connaissent pas des grands artistes kongolais jusqu’à bousculer un artiste comme Simaro Lutumba? D’où viennent-ils ces hommes promptes à bastonner sans état d’âme leurs “compatriotes” en un lieu de deuil? Qui sont-ils? Sinon des hommes venus d’ailleurs, pour imposer à notre peuple un ordre venu d’ailleurs. Kongolais, réveillons-nous, car l’occupation de notre pays est très avancée, et même plus avancée que certains ne le pensent. Les étrangers écument nos institutions, notre armée est truffée d’étrangers, la police et les services de sécurité en sont rempli.

    Ce qui s’est passé au deuil de King Kester Emenya est une prémonition de ce qui se passera demain si nous nous laissons faire aujourd’hui. Et l’ironie dans tout cela, c’est que les memes artistes qui hier ont aidé ce pouvoir d’occupation à asseoir son emprise sur notre Etat, sont aujourd’hui choqués de faire face à des forces de police constituées de personnes étrangères à notre culture, donc ne les connaissant pas. En mettant ainsi leur art au service d’un pouvoir d’oppression et d’occupation, à quoi voulaient-ils s’attendre? Que ceci nous interpelle tous. Ba tekaka mabele ya ba nkoko na mopaya te po na mbongo. Eteya biso!

     

    Mfumu Kititi

    R.A.P (Rassemblement pour l’alternative politique en RD-Kongo)

    mfumu.kititi@hotmail.com

  • Six femmes du pasteur Mukungubila détenues en Zambie craignent pour leur vie

    Six femmes du pasteur Mukungubila détenues en Zambie craignent pour leur vie

    Mukungubila-Entrés illégalement en Zambie à la suite des événements du 30 décembre, 12 proches du pasteur Mukungubila, dont six de ses huit femmes, sont aux arrêts depuis le 14 janvier à Lusaka. Ils disent craindre la “persécution” en RDC et demandent l’asile. Requête, pour l’instant, rejetée par les autorités zambiennes.

    Où est passé le pasteur Paul-Joseph Mukungubila ? Le 30 décembre 2013, des adeptes se réclamant de celui qui se fait appeler “le Prophète de l’Éternel” avaient attaqué plusieurs sites stratégiques à Kinshasa, Lubumbashi (Sud) et Kindu (Est). “La réaction aux provocations du gouvernement congolais”, soutenaient-ils, évoquant des accrochages ayant eu lieu quelques jours avant entre des fidèles et les forces de l’ordre au sud du pays. Une réaction aussitôt violemment réprimée par l’armée : plus de 100 personnes tuées en une journée ! Depuis, plus rien, ou presque.

    Des adeptes “traqués”

    Paul-Joseph Mukungubila, sous le coup d’un mandat d’arrêt émis fin février, fait désormais profil bas. Est-il toujours en RDC ou se cache-t-il en dehors du pays ? Impossible de le savoir. “Pour des raisons de sécurité, nous préférons garder cette information sécrète”, dit-on dans son entourage. En attendant, ce sont ses “adeptes” qui se disent “traqués” par les forces de l’ordre. “Certaines femmes de l’église du pasteur Mukungubila ont été même violées, avant d’être arrêtées. D’autres fidèles ont été enterrés vivants”, accuse Déborah Nkulu, une fille du “prophète”. Une accusation difficile à vérifier.

    Mais Déborah Nkuru, “ancienne journaliste à Kinshasa”, vivant actuellement en Belgique, signe et persiste : “C’est cette persécution qui a contraint les membres de ma famille, qui se trouvaient à Lubumbashi au moment des faits, à fuir vers la Zambie”, confie-t-elle à Jeune Afrique. Au total, ils sont 12 proches du pasteur Mukungubila à avoir traversé la frontière pour aller se réfugier en Zambie. “Il s’agit de ma mère et cinq autres femmes de mon père [Pasteur Mukungubila], ainsi que deux enfants à bas âge – un garçon de 4 mois et une fillette de 4 ans -, une cousine, deux sœurs des autres femmes du pasteur et une membre de l’église”, détaille-t-elle.

     

    Une fidèle du “pasteur” demande la libération des enfants qui sont dans le groupe des personnes détenues en Zambie depuis le 14 janvier.

    Sans papiers (ou avec des “fausses identités”) au moment de leur entrée sur le territoire zambien, ces 12 proches du pasteur Mukungubila ont été arrêtés et transférés à Lusaka où ils sont détenus depuis le 14 janvier dans la prison centrale de la capitale. À deux reprises, ils ont demandé le droit d’asile en Zambie, mais à chaque fois, l’administration leur a réservé une fin de non-recevoir.

    Déborah Nkulu n’y voit qu’une machination politique. “Lorsqu’on sait que le président zambien et son homologue congolais sont en bonnes relations, la position de Lusaka dans ce dossier nous inquiète, car les autorités zambiennes menacent même de renvoyer ces proches du pasteur Mukungubila en RDC”, affirme-t-elle, appelant les ONG humanitaires ainsi que celles des droits humains à “s’intéresser davantage à cette situation alarmante”. “Toutes ces personnes risquent d’être éliminées, si la Zambie les renvoie en RDC”, avertit-elle.

    Kinshasa rassure

    Le fait d’être membre de la famille de Mukungubila ne constitue pas une infraction.

    Un conseiller du ministre congolais de l’Intérieur

    Pourtant, dans la capitale congolaise, on se veut plutôt rassurant. “À ce jour, la justice n’a lancé qu’un mandat d’arrêt international contre Paul-Joseph Mukungubila, responsable de tristes événements du 30 décembre”, explique un conseiller du ministère de l’Intérieur.

    “Le fait d’être membre de famille de cette personne recherchée par les autorités judiciaires ne constitue pas une infraction. Ses partisans qui ont fui en Zambie, s’ils n’ont rien à se reprocher, sont les bienvenues sur leur territoire national”, ajoute-t-il. Suffisant pour les convaincre de regagner leur pays ? Pas sûr.

    Jeune Afrique

  • “Si j’étais Hergé, Mobutu serait mon Tintin”-Exposition BD africaine à Paris

    “Si j’étais Hergé, Mobutu serait mon Tintin”-Exposition BD africaine à Paris

    AlMata-Tous deux réfugiés politiques en France, les dessinateurs congolais (RDC) et tchadien, Al’Mata (RDC) et Adjim Danngar, reviennent sur leur passé de caricaturiste dans la presse africaine. À l’occasion de l’exposition “Á la découverte de la bande dessinée africaine”, à Paris, ils ont répondu aux questions de “Jeune Afrique”.

    Deux styles différent, la même passion ; deux parcours mais un destin semblable. Al’Mata est originaire de RDC et Adjim Danngar vient du Tchad. Deux dignes représentants de la BD africaine exposent jusqu’au 13 mars à Paris, dans la Librairie-Galerie Congo, quelques-unes de leurs planches originales. Pour Jeune Afrique, ils reviennent sur leurs parcours. Si la bande dessinée reste leur premier amour, ils se sont aventuré sur le chemin, parfois dangereux, de la caricature de presse. Entretien.

    Jeune Afrique : D’où vous est venue l’envie de dessiner ?

    Al’Mata : Je suis tombé dedans quand j’étais tout petit ! Mes deux grands frères dessinaient déjà et nous achetions beaucoup de bandes dessinées. Vers 6-10 ans, avec mes amis, je m’amusais à reproduire les affiches de cinéma. J’ai continué dans ma lancée en m’inscrivant aux Beaux-Arts de Kinshasa, puis avec un stage de BD avec le dessinateur belge Turk (“Léonard”, “Robin Dubois”), alors présent en RDC.

    Adjim Danngar : C’est un peu le même scénario pour moi. J’ai commencé quand j’étais tout petit. Je lisais alors beaucoup “Astérix”, “Lucky Luke”, “Tintin”, et puis les Comics américains comme “Spawn” de Todd McFarlane, ou ceux de Marvel.

    Al’Mata : Moi j’étais plutôt BD franco-belge.

    Adjim Danngar : En classe de quatrième, j’ai inventé mon premier personnage, un superhéros africain, une première. Il détruisait les “super-méchants”, tous ces gens au pouvoir et qui faisaient la guerre ! Enfant, au Tchad, j’ai vécu la dictature d’Hissène Habré, la guerre et la peur quotidienne de ne pas voir mon père, enseignant et syndicaliste, rentrer le soir. À 17 ans, je suis entré dans l’atelier “Bulles du Chari” à N’Djamena. J’ai pu y rencontrer de nombreux auteurs et dessinateurs, et apprendre le b-a ba de la BD.

    Comment s’est faite la transition vers la caricature politique ?

    Al’Mata : Je suis entré dans l’univers de la caricature de presse presque par défaut. Alors qu’il n’y avait pas assez de maison d’édition en RDC, la presse m’a permis d’être publié. Dans les années 1990, avec le lancement du processus de démocratisation, de nombreux journaux sont nés en RDC. En 1991, alors que j’étais encore aux Beaux-Arts, un photographe est venu à moi pour m’expliquer que L’Observateur, journal alors en plein lancement, recherchait un caricaturiste. Par la suite, j’ai publié dans de nombreux autres journaux comme L’Exploit, L’Alerte, Le Grognon, Vite-vu.

    Adjim Danngar : J’ai un peu le même parcours. Avec le dessin de presse, j’ai découvert quelque chose de très fort. Je publiais déjà depuis 2002 dans Rafigui, une publication à destination de la jeunesse. J’ai véritabelement commencé le dessin politique en 2003 pour Le Miroir. Dès lors, les problèmes sont survenus très vite. Je m’exprimais sur la guerre au Darfour – une partie des rebelles étant tchadiens -, ou encore à propos de tous les monopoles commerciaux frauduleux de la famille Déby. La famille du président l’a tout de suite mal perçu et j’ai été menacé verbalement, jusqu’au sein-même de la rédaction, huit mois seulement après mon arrivée au journal.

    J’ai véritabelement commencé le dessin politique en 2003 pour Le Miroir. Dès lors, les problèmes sont survenus très vite.

    Vous êtes tous deux réfugiés politiques. Pouvez-vous nous raconter pourquoi vous avez fui vos pays respectifs?

    Al’Mata : À l’occasion de la mort du roi des Belges Baudoin, le 31 juillet en 1993, j’ai dessiné pour Le Palmarès, un Mobutu pleurant de toutes les larmes de son corps, jusqu’à en former une rivière. Son conseiller politique, à ses côtés, l’encourageait à pleurer plus encore, afin d’obtenir le pardon auprès des Belges. Mon dessin donnait ainsi l’image d’un Mobutu “lèche-bottes”, à la solde des Belges ! J’avais donné au Palmarès ma caricature. C’est alors qu’un ami m’a prévenu que la rédaction avait été saccagée. Le soir, à la télévision, Mobutu m’a cité nommément ! Je suis allé me réfugier chez ma tante. Le journal a été interdit de sortie le lendemain, puis racheté par le pouvoir. Je vis en France depuis 2002 et ne suis pas revenu en RDC depuis.

    Et vous, Adjim Danngar ?

    Adjim Danngar : Je suis parti du Tchad en 2004, à 22 ans. Alors que je subissais déjà des pressions très fortes du fait de mes dessins dans la presse, il m’est arrivé un incident rédhibitoire. Je me rendais à l’aéroport pour me rendre au Salon du livre de Montreuil, mon premier voyage à l’étranger. Soudain, j’ai été pris à partie par des paramilitaires qui m’ont passé à tabac. Heureusement, grâce à l’aide d”amis qui m’accompagnaient,  j’ai réussi à m’échapper. Le lendemain, j’ai sauté dans un vol pour Paris.

     

    Á Al’Mata , dans votre dernier album, “Le retour au pays d’Alphonse Madiba dit Daudet”, on a l’impression que le chef du village, avec son chapeau en peau de Léopard et ses lunettes carrées, ressemble à Mobutu…

    Al’Mata : C’est vrai. J’ai tellement dessiné Mobutu que j’ai du mal à m’en séparer ! Il est finalement devenu mon “personnage”. Si j’étais Hergé, il serait mon Tintin.

    Adjim Danngar : Je pense que nous sommes comme ces écrivains qui s’attachent aux personnages auxquels ils ont donné une vie et une personnalité. Parfois, il m’arrive de choisir des personnes existantes et de leur attribuer des petits rôles, en parallèle de l’histoire principale.

    Al’Mata : C’est un peu comme Uderzo, dans “Astérix”, qui faisait apparaître des Gabin, des Delon et d’autres célébrités, sous les traits de divers personnages !

    Adjim Danngar : Oui, j’aime les clins d’œil et les petites histoires parallèles. Pour donner un exemple, on peut voir, dans une des bulles de “Sommets d’Afrique”, des nuages figurant les têtes du général de Gaulle et de Jacques Chirac !

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    Propos recueillis par Caroline Chauvet

  • Opposition: Où est passé Étienne Tshisekedi ?

    Opposition: Où est passé Étienne Tshisekedi ?

    E.-Tshisekedi-À moins de deux ans de la présidentielle, l’opposition congolaise (RDC) cherche un nouveau souffle. Alors qu’Étienne Tshisekedi, le deuxième homme de l’élection de 2011, est en retrait, la relève ne semble pas encore assurée…

    C’était sa dernière apparition publique. Le 9 décembre 2013, après les obsèques nationales du chanteur Tabu Ley Rochereau, au Palais du peuple de Kinshasa, Étienne Tshisekedi a déclenché un petit mouvement de foule en descendant le grand escalier pour rejoindre sa voiture. Fidèle à la discipline qu’il s’impose depuis deux ans, il n’a pas dit un mot. L’opposant congolais, président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), arrivé en deuxième position derrière le président Joseph Kabila lors du scrutin contesté de 2011, n’a officiellement pas changé de position : il continue de s’autoproclamer président et attend que le pouvoir lui revienne. Mais sa stratégie pour parvenir à ses fins reste un mystère, même pour ses proches.

    En attendant, aucune action visible n’est menée par son parti sur le terrain. L’homme de 81 ans passe son temps à sa résidence de Limete à Kinshasa et n’a pas quitté le pays depuis son voyage en Afrique du Sud en février 2013. Un déplacement en France, prévu en janvier (il avait même obtenu son visa), a été annulé “faute de moyens”, d’après un collaborateur.

    S’il continue de jouir d’une popularité incontestable, Tshisekedi campe sur des positions qui s’apparentent de plus en plus à de l’immobilisme. Personne dans son entourage ne semble discuter ce choix. Il paraît ainsi peu probable de le voir concourir à la prochaine élection présidentielle, prévue pour la fin de l’année 2016. Si son parti doit bientôt organiser un congrès, aucun dauphin n’a été désigné à ce jour. “Il ne le fera certainement pas, reconnaît un proche. Ça ne fait pas partie des habitudes des personnes de sa génération.” Et un diplomate d’ajouter : “De toute façon, il a écarté beaucoup de ses proches compétents. L’UDPS est un champ de ruines…”

    Y aura-t-il un candidat de l’opposition à soutenir ?

    À Kinshasa, la direction du Mouvement de libération du Congo (MLC) n’est pas plus fournie. Son leader, Jean-Pierre Bemba, est toujours en détention à La Haye sur ordre de la Cour pénale internationale (CPI), qui le poursuit pour “crimes contre l’humanité et crimes de guerre” commis en Centrafrique entre 2002 et 2003. Quatre de ses proches, dont Fidèle Babala, son ex-bras droit, ont été arrêtés et devront répondre aux accusations de subornation de témoins et de falsification de documents. Le jugement de Bemba s’en trouve à nouveau retardé comme le reconnaît le secrétaire général du parti, Thomas Luhaka. “Jusqu’ici, on espérait qu’il soit libéré cette année. Aujourd’hui, nous ne sommes plus sûrs de rien.” Bemba garde espoir d’être présent en 2016 et appelle “quotidiennement” Luhaka. Mais le parti, désormais mené par ce dernier, ne peut plus faire l’économie d’un débat interne concernant la présidentielle. “Devra-t-on présenter un autre candidat ? s’interroge-t-il. Y aura-t-il un candidat de l’opposition à soutenir ? Il est trop tôt pour trancher.”

    Chef de file de l’opposition ? Vital Kamerhe, le troisième homme de l’élection de 2011, s’y verrait bien. Depuis un mois, le président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) est la cible de diverses entraves de la part des autorités. Le 20 février, dans son fief de Bukavu, un rassemblement de ses partisans a été violemment dispersé sur la place de l’Indépendance, dont l’accès leur avait été interdit par la municipalité. En bon tacticien, Kamerhe n’évite pas toujours la confrontation. Et cette succession d’événements lui profite en partie. “La population craignait que personne ne prenne la relève de Tshisekedi, confie-t-il. Maintenant, ils savent que je suis là.”

    Féderer l’ensemble des électeurs est un défi difficile

    Cette stratégie de la tension est à l’opposé de celle du président du Sénat, Kengo wa Dondo, nommé au poste “d’autorité morale” de son groupe appelé Opposition républicaine. Ce dernier rassemble bon nombre de prétendants au futur gouvernement de cohésion nationale. Si la réputation de Kamerhe est entachée de son passé de proche collaborateur de Joseph Kabila (il a été le chef du parti au pouvoir puis le président de l’Assemblée nationale jusqu’en 2009), son attitude offensive lui permet de marquer une rupture avec cette période. Par ailleurs, il profite amplement du vide médiatique laissé par ses rivaux de l’opposition.

    Mais fédérer l’ensemble des électeurs lors d’un scrutin national est un défi plus difficile à relever. “Quel était le score de Vital Kamerhe en 2011 ? demande Samy Badibanga, le président du groupe parlementaire UDPS et alliés. Il a recueilli moins de 8 % des voix, alors que Tshisekedi, que l’on disait déjà fini à l’époque, en avait récolté 32 %.” La route jusqu’à la présidentielle est longue. Et le temps ne joue pas en faveur du vieil opposant

    Les risques du Calendrier

    En principe, Joseph Kabila devrait quitter la présidence en 2016, puisque toute modification du nombre de mandats présidentiels est prohibée par la Constitution. Mais l’opposition craint un subterfuge, comme celui de jouer les prolongations en laissant advenir un “dérapage” du calendrier électoral pour ne pas organiser le scrutin dans les temps. Le président de la Commission électorale nationale indépendante, l’abbé Apollinaire Malu Malu, n’a pas réussi à rassurer le Parlement en présentant fin janvier sa “feuille de route”. Avant que ne soit organisée la présidentielle de 2016, il propose d’actualiser les listes électorales grâce à un recensement “administratif”, puis d’organiser les élections locales, début 2015, avant les provinciales au suffrage indirect. Or, la quasi-totalité de l’opposition est vent debout contre cette dernière option qui pourrait, selon elle, favoriser l’achat des voix. S’y ajoutent les incertitudes sur le financement du calendrier. Aucun apport national n’est assuré, alors que l’abbé Malu Malu n’a pas obtenu d’engagements fermes de la part des bailleurs de fonds lors de sa tournée européenne de janvier.

     Jeuneafrique.