Author: Don Kayembe

  • Fin de la mission onusienne en RDC?

    Fin de la mission onusienne en RDC?

    MONUC-Helico-Mieux qu’avec les discours, c’est dans la pratique que la Mission onusienne en Rdc vient d’apporter la confirmation que son mandat prend fin à brève échéance. Jamais en plus de dix ans d’existence au pays, la Monusco ne s’est jetée à fond dans la bataille de la pacification de l’Est.

    Pour la première fois de sa présence sur le sol congolais, la Mission de l’Onu a contrairement quitté son rôle agaçant de touriste, pour devenir un acteur principal et déterminé aux côtés des Fardc.

    Aujourd’hui, les forces négatives autant que toutes les milices qui pullulent à l’Est, ne savent par où organiser leur retraite. La Monusco a mis en branle des moyens puissants et imparables contre toutes les bandes armées.

    Hélicoptères de combat, drones de surveillance, tout est mis en branle pour fragiliser jusqu’à l’extrême, paralyser complètement les forces négatives. La Monusco intensifie des bombardements d’une rare violence ne permettant pas aux milices de résister à l’assaut des Fardc.

    Même au Katanga devenu volatile et que la Communauté internationale regardait avec une commisération feinte, la Monusco a pris pied avec détermination.

    Conséquence : les Fardc commencent à infliger des leçons de renoncement aux atrocités aux « Bakata-Katanga ». En effet, ceux-ci se sont une fois vus infliger de très lourdes pertes dans leur mésaventure.

    Cadeau empoisonné

    Comment comprendre que la même Monusco qui, plus d’une décennie nous a habitués à un laxisme coupable, devienne aujourd’hui plus qu’active. Elle intervient de manière très généreuse et spontanée, sans que le Gouvernement ou les Fardc n’aient appelé au secours.

    C’est dire qu’il y a quelque chose qui a complètement changé dans les attitudes des parrains de la Monusco. Il apparaît très clairement qu’à la faveur de démantèlement complet du M23, un nouvel agenda a été confié à Martin Kobbler et à ses troupes.

    Et à voir l’empressement de la Monusco d’en finir sans délai avec les forces négatives et les milices à l’Est, il ne fait que l’heure du grand départ est sur le point de sonner. Il faudrait qu’avant l’échéance fatale, l’Est du pays soit totalement pacifié.

    Les prévisions les plus sérieuses prévoient qu’au plus tard fin 2015 ou au plus tard 2016, la Mission onusienne fasse ses adieux. Ainsi prendra fin plus d’une décennie de présence controversée sur le sol congolais.

    Mais, la grande question qui se pose dans les salons branchés reste la suivante: maintenant que la Communauté internationale a décidé de se désengager officiellement de la Rdc, quels sont les véritables objectifs qu’elle a atteints à notre insu ? La paix qui va nous être laissée, ne risque-telle pas d’être un cadeau empoisonné ? Nous y reviendrons prochainement.

    LP- (Congo 24)

  • Bill Gates de nouveau homme le plus riche du monde

    Bill Gates de nouveau homme le plus riche du monde

    BILL GATE-Le fondateur de Microsoft, Bill Gates a retrouvé la première place de personne la plus riche du monde d’après le classement annuel des milliardaires mondiaux du magazine Forbes.

    Bill Gates dispose d’une valeur nette totale de 76 milliards de dollars cette année, en hausse par rapport à ses 67 milliards en 2013.

    Son ascension a délogé de la première place le magnat des télécommunications mexicain Carlos Sim.

    Au total, Forbes dénombre 1 645 milliardaires, un record. La fortune nécessaire pour intégrer le top 20 mondial est désormais de 31 milliards de dollars, contre 23 l’an dernier.

    Bill Gates, qui a récemment quitté la présidence du conseil d’administration de Microsoft, a occupé la tête de ce classement 15 fois au cours des 20 dernières années.

    Les entreprises de technologies sont très présentes dans cette liste. En témoigne, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, a vu sa valeur nette plus que doubler pour atteindre 28 milliards de dollars, grâce à l’augmentation du prix des actions de son réseau social.

    L’Afrique peu représentée

    La plus grande économie mondiale, les Etats-Unis, comporte logiquement le plus grand nombre de milliardaires avec 492 personnes. Suivent l’Europe avec 468 et l’Asie avec 444. Le magazine Ventures en dénombrait 55 en Afrique en octobre dernier.

    La liste a suggéré que les richesses se répandent, avec quatre nouveaux pays, mis en vedette pour la première fois : l’Algérie, la Lituanie, la Tanzanie et l’Ouganda.

    Le Nigérian Aliko Dangote, qui a fait fortune dans le ciment, est devenu le premier africain à intégrer le top 25, avec 25 milliards de dollars.

    BBC

  • Crise diplomatique entre l’Afrique du Sud et le Rwanda

    Crise diplomatique entre l’Afrique du Sud et le Rwanda

    kayumba-kagame-Le ton monte entre l’Afrique du Sud et le Rwanda. Pretoria a expulsé trois diplomates rwandais, accusés d’espionnage, suite à l’attaque lundi du domicile de Kayumba Nyamwasa. C’est ce que RFI a appris de source diplomatique sud-africaine. Opposant rwandais, ancien chef d’état-major, le général Nyamwasa était sous protection de l’Etat sud-africain. Le Rwanda annonce lui aussi avoir expulsé six diplomates sud-africains. Kigali reproche à l’Afrique du Sud d’avoir accueilli sur son sol des dissidents qui auraient mené des attaques terroristes au Rwanda.

    Article mis à jour en fonction des dernières informations disponibles

    Pretoria confirme avoir expulsé trois diplomates rwandais, qui sont accusés d’espionnage. Cette décision fait suite à l’attaque contre le domicile d’un opposant rwandais, le général Nyamwasa. Jusqu’à présent, la police sud-africaine avait ouvert une enquête pour simple cambriolage. Mais elle n’excluait pas qu’il y ait un lien avec l’assassinat d’un autre opposant rwandais, Patrick Karegeya, l’ancien chef des renseignements retrouvé mort le 1er janvier dernier à Johannesburg.

    Le général Nyamwasa avait lui-même été victime d’une tentative d’assassinat, à Johannesburg également, en 2010. L’Etat sud-africain l’avait alors mis sous protection. Mais selon une source diplomatique sud-africaine, Pretoria a eu vent du projet d’attaque contre le domicile de l’opposant rwandais, et l’a donc mis en sécurité, tendant un piège à ses assaillants. L’objectif était de remonter aux commanditaires.

    →À (RE)LIRE : La résidence du général rwandais Kayumba Nyamwasa attaquée

    Jusqu’à présent, l’Afrique du Sud n’avait jamais officiellement fait de lien entre ces attaques contre les opposants rwandais en exil sur son sol et une quelconque autorité officielle rwandaise. On savait qu’il y avait des tensions entre les deux pays. L’Afrique du Sud avait rappelé son ambassadeur au Rwanda pour consultation après la tentative d’assassinat contre le général Nyamwasa. Rien de plus.

    Là, non seulement Pretoria expulse trois diplomates rwandais pour espionnage, mais un journaliste du New Times, le journal pro-gouvernemental au Rwanda, relate que Kigali a de son côté expulsé six diplomates sud-africains de haut rang, là aussi pour espionnage. « Ils ne font que répliquer », assure cette source diplomatique sud-africaine. Une information confirmée dans la foulée sur Twitter par la ministre rwandaise des Affaires étrangères elle-même, Louise Mushikiwabo. Motif invoqué : l’Afrique du Sud a « accueilli des dissidents responsables d’attaques terroristes au Rwanda ».

    →À (RE)LIRE : Funérailles sans incidents de Patrick Karegeya

    Ce n’est pas la première fois que Kigali accuse les opposants rwandais exilés en Afrique du Sud d’avoir mené ces attaques. Kigali avait jugé par contumace – même demandé l’extradition – de deux d’entre eux, précisément Patrick Karegeya le général Nyamwasa. Après la mort de Patrick Karegeya, la justice militaire rwandaise avait même ouvert un procès dit « procès de la terreur ».

    Le but affiché de cette démarche est de prouver aux Rwandais, comme à la communauté internationale, le lien entre d’un côté le Congrès national rwandais (RNC) de MM. Karegeya et Nyamwasa, et de l’autre, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les rebelles hutus dont certains dirigeants sont accusés par Kigali d’être des génocidaires. Le RNC et les FDLR seraient derrière au moins une attaque à la grenade. Mais les principaux suspects refusant de collaborer avec la cour, ce procès a été renvoyé au mois de mai.

    Rfi

  • Afrique – dix femmes puissantes !

    Afrique – dix femmes puissantes !

    KIMPA VITA-La très riche histoire africaine a été marquée par les épopées de plusieurs reines et femmes puissantes au destin marqué au fer rouge. Des femmes d’influence qui ont transformé le cours des choses et constituent une source de fierté et d’espoir pour le continent

    Toutes ces reines antiques ou ces égéries contemporaines se sont fait valoir grâce à leur personnalité, leur beauté, mais pour beaucoup par leurs actes. Toutes différentes, mais portées par un désir commun : contribuer à un avenir meilleur pour leur peuple. Voici une mince sélection de dix femmes qui ont marqué l’histoire du continent.

    Égypte : Cléopâtre

    (av. J.-C.) Cléopâtre est un personnage phare dont la légende s’est emparée de son vivant et à sa mort tragique. C’est sans aucun doute la femme la plus célèbre d’Égypte, mais aussi la femme la plus célèbre de toute la période de l’Antiquité. Elle est considérée comme le dernier pharaon que l’Égypte ait connu. L’histoire raconte qu’elle était une négociatrice hors pair et d’une beauté atypique, comme le montrent les représentations. Même si son objectif était de protéger l’indépendance de l’Égypte, elle s’est engagée dans une relation avec César en 48 av. J.-C. Elle le suivit à Rome et s’y installa avec ses traditions. Cependant la mort de son bien-aimé l’a contrainte à un dur retour à la réalité. Le futur Auguste mène une bataille contre l’Égypte afin de l’annexer. Cléopâtre aime mieux mourir que de voir l’Égypte envahie.

    Éthiopie : Makeda, la reine de Saba

    (av. J.-C.) Makeda, surnommée la reine de Saba, est une femme mythique. À l’époque antique, les femmes noires étaient considérées comme très belles et dotées d’une forte personnalité. Ce fut le cas des reines d’Éthiopie (Kush, Axum, ou encore Sheba). En effet, l’Éthiopie fut dirigée par une lignée de reines belles, puissantes et vierges, dont la célèbre Makeda. C’est un personnage qui aurait régné sur le royaume de Saba, situé aux confins de l’actuel Yémen, de l’Érythrée, de l’Éthiopie. L’histoire raconte que le roi Salomon voyagea en Éthiopie et, à peine arrivé dans ce pays peuplé de Noirs, le Roi fut frappé par la beauté des femmes. La reine est, dans tous les passages, décrite comme une femme sublime et considérée comme un personnage d’une profonde sagesse et d’une haute intelligence

    Angola : Anna Zingha

    (xviie siècle) Anna Zingha fut reine du royaume d’Angola pendant plus d’un demi-siècle. Son long règne a été marqué par beaucoup de luttes et de victoires. Elle s’opposa farouchement aux ambitions du Portugal sur son royaume. Elle dirigea l’Angola d’une main de fer jusqu’à sa mort, à l’âge de 82 ans, ce qui est une prouesse à cette époque. Elle est souvent décrite comme une habile tacticienne, puisqu’elle résista aux attaques des armées occidentales pendant trente ans ! Malheureusement, elle ne donna naissance à aucun héritier pour lui succéder au trône. Elle fut donc la dernière souveraine à régner sur le royaume d’Angola. Aujourd’hui, elle est connue comme « la reine dont la flèche trouve toujours le but ».

    R D Congo : Dona Beatriz-Kimpa Vita-Nsimba

    (xviie siècle) Kimpa Vita était une prophétesse congolaise. Kimpa Vita grandit dans un climat de guerre civile entre les différentes tribus du royaume Kongo. Dès son enfance, elle est reconnue comme nganga marinda, autrement dit une intermédiaire entre le monde des hommes et celui des esprits. Celle que l’on surnomme la Jeanne d’Arc du Kongo a acquis au fil des années une puissance qui menace celle du roi et des missionnaires. La Dona Vita était devenue une figure mystique, vénérée par les gens qui écoutaient ses propos. En 1706, deux ans après son arrivée à Mbanza-Kongo, c’est un spectacle horrible qui se déroula sur la place de la capitale : un bûcher avait été préparé pour la prêtresse et sa famille. C’est deux siècles après Jeanne d’Arc que Kimpa Vita mourut, avec le nom de Jésus en bouche, disent les témoins.

    Afrique du Sud : Nandi de Zululand

    (xixe siècle) Nandi a été la reine du Zululand (une partie de l’actuelle Afrique du Sud). Elle est connue pour avoir eu une extrême estime d’elle-même. Dans tous les ouvrages, elle est décrite comme la femme la plus belle du territoire zulu. Les prétendants lui couraient après, et c’est finalement le prince de Zulu, Senzangakona, qui la séduira. Homme fort de sa patrie, Nandi n’était pas sa seule femme, mais la mère de son enfant le plus célèbre, Chaka Zulu. Chaka Zulu a tout appris de sa mère. Et en devenant roi, grâce à son exemple, il établit une armée composée strictement de femmes. Reine, Nandi avait élevé son fils en vainqueur, et c’est ce que fut Chaka Zulu : une véritable fierté de l’Afrique du Sud. Aujourd’hui, lorsqu’on parle de Nandi de Zululand, c’est une référence à une « femme de haute estime ».

    Guadeloupe : la mulâtresse Solitude

    (xviiie siècle) La mulâtresse Solitude est la figure historique des esclaves noirs en Guadeloupe. Née du viol d’une femme africaine par un colon marin durant la traite négrière, elle a le teint métissé, d’où l’appellation de mulâtresse. En grandissant, elle se rallie à l’appel de Louis Delgrès pour combattre au nom de la liberté après que Napoléon Bonaparte a rétabli l’esclavage. Dans les encyclopédies guadeloupéennes, elle est considérée comme le bras droit des rebelles, pleine de fureur et de haine. Cependant, son engagement lui coûta la vie : elle fut exécutée un jour après avoir donné naissance à son fils.

    Sénégal : Ndete Yalla Mbodj

    (xixe siècle) La reine Ndete Yalla Mbodj est la dernière grande reine du royaume Waalo (au nord-ouest de l’actuel Sénégal). Avec sa descendance, elle est une figure de la résistance contre la colonisation française. C’est aussi la mère du puissant Sidya Ndaté Yalla Diop qui suivra ses traces. La reine Yalla Mbodj s’est battue contre l’invasion européenne et contre les Maures, car elle réclamait un droit de passage pour le peuple soninké vers l’île de Sor (actuelle Saint-Louis) très convoitée par les gouverneurs occidentaux. C’est le Père Boilat, tout droit venu de France, qui nous décrit la vie de la reine lors de sa visite au Sénégal.

    Ghana : Yaa Asantewa

    (xixe siècle) Durant le règne de son frère, Yaa Asantewa fut témoin d’une série d’événements menaçant le futur de la Confédération Asante ou Ashanti (futur Ghana), notamment la guerre civile de 1883 à 1888. À la mort de son frère, elle utilisa ses droits en tant que reine pour nommer son petit-fils. Ce dernier obligé de partir se former aux Seychelles avec le roi d’Asante, Prempeh Ier, Yaa Asantewaa devint la reine de la confédération. Le rêve d’Yaa Asantewa s’accomplit en mars 1957, quand le protectorat d’Asante obtiendra son indépendance et fera partie du Ghana, première nation africaine à atteindre une telle victoire. Yaa Asantewa représente le symbole du courage contre l’injustice du colonialisme britannique.

    Côte d’Ivoire : Abla Pokou

    (xviiie siècle) Abla Pokou est une reine d’Afrique de l’Ouest qui mena le peuple baoulé du Ghana vers la Côte d’Ivoire pour le libérer d’une guerre fratricide pour le contrôle du royaume d’Ashanti au Ghana. La légende est bien connue de tous : elle raconte que la reine a dû sacrifier son fils pour traverser la rivière avec son peuple. Cette histoire serait à l’origine du mot baoulé : lors du sacrifice de son enfant, elle s’exclama « ba oulié », ce qui peut se traduire par « l’enfant est mort », d’où le nom baoulé. C’est le nom que portera son peuple qu’elle installa en Côte d’Ivoire. Abla Pokou, princesse ashantie est devenue la reine des Baoulé et a régné avec splendeur jusqu’en 1760.

    Gambie : Aminatu

    (xvie siècle) La reine Aminatu de Zaria est surnommée la reine guerrière. Elle avait de nombreux objectifs, dont l’extension de son territoire jusqu’au nord-est de l’actuel Nigeria, mais aussi de développer les villes conquises. Pendant plus de trente ans ses conquêtes firent de ce royaume le rendez-vous du commerce transsaharien, une région puissante qui dominait le commerce d’Afrique subsaharienne. Selon une légende, Aminatu refusait de se marier et d’avoir une descendance. C’est pourquoi dans chaque territoire qu’elle récupérait elle passait la nuit avec l’homme de son choix. Qu’elle tuait au petit matin pour que ce dernier ne se vante pas d’avoir eu des relations intimes avec elle.

    Bénin : Seh Dong Hong-beh (xixe siècle)

    Son nom se traduit par « Dieu dit la vérité ». Elle était la chef des fameuses amazones, bien ancrées dans l’histoire, mais dont on oublie souvent la provenance. Aux alentours de 1850, Seh Dong Hong-beh dirige cette armée composée de plus de 5 000 combattantes. Leur combat le plus connu est celui contre la forteresse d’Egba d’Abeokuta. À la fin du xixe siècle, le roi Behanzin du Dahomey (Bénin) mena la guerre au colon français. Dans son armée de 10 000 hommes, il eut besoin des amazones qui se battirent jusqu’à la mort. On raconte qu’elles ont préféré brûler leurs villages plutôt que de les laisser au colon.

    Les Depeches de Brazzaville

  • La pauvreté derrière la richesse minière du Katanga

    La pauvreté derrière la richesse minière du Katanga

    Congo_mining-Un débat houleux s’était engagé sur la marche à suivre pour réparer la route. Incapables de s’entendre sur qui devait déposer les imposants blocs de pierre dans la boue qui paralysait la circulation depuis une semaine, les camionneurs étaient sur le point d’en venir aux mains lorsque l’un d’eux rejeta la faute sur la plus haute autorité de la République démocratique du Congo (RDC).

    « La route est pourrie ! Le Congo est pourri ! Vous ne le voyez donc pas ? Si le président était là devant moi, je lui taperais dessus », a lancé l’homme avec amertume avant de retourner au bourbier pour apaiser ses collègues.

    Le délabrement des infrastructures en RDC est une dure réalité, héritée de ses nombreuses guerres et d’un manque chronique d’investissements. Mais l’état de la R617, de même que les épidémies récurrentes de choléra qui frappent la province méridionale du Katanga, paraissent grotesques au vu des incroyables ressources naturelles de la région.

    La province du Katanga – d’une superficie équivalente à celle de l’Espagne – détient une importante partie des réserves congolaises de cuivre, de cobalt et autres minéraux précieux. Chaque jour, ses rares routes asphaltées voient défiler quantité de camions chargés de métaux, destinés à l’exportation et au transport par bateau via Durban et d’autres ports lointains. Pourtant, sur les millions de dollars de taxes que les sociétés minières reversent aux autorités congolaises, seule une part dérisoire est investie dans le développement social et économique du Katanga, laissant des pans entiers de sa population dans la pauvreté.

    400 000 personnes déplacées par la rébellion armée

    Ce décalage a attisé les tensions politiques entre les dirigeants du Katanga et le gouvernement central, basé dans la lointaine Kinshasa. Il est également à l’origine d’une rébellion armée dans le centre montagneux de la province, qui a entraîné le déplacement de quelque 400 000 personnes et poussé les Nations unies à déclarer la région en état de crise humanitaire.

    Ibond Rupas Anzam, le directeur d’une ONG œuvrant en faveur du développement régional en RDC, a dit que les gouvernements centraux allouaient traditionnellement peu de ressources au développement, quelle que soit la région. La corruption, les détournements de fonds et la mauvaise allocation des ressources achèvent d’atténuer l’impact de ces maigres budgets. Le 25 février, le Fonds monétaire international a exhorté le gouvernement à s’assurer que la croissance économique – dont le taux annuel est supérieur à 8 pour cent – « profite à tous », et à investir davantage dans l’éducation, la santé et les infrastructures de base.

    Les autorités, tant au niveau provincial que national, ont fait preuve d’une « certaine volonté » d’améliorer les choses au Katanga, a dit M. Anzam en citant les projets routiers en cours dans les grandes villes et en périphérie de ces dernières. Les autorités provinciales affirment que certains indicateurs – notamment le taux de fréquentation scolaire – enregistrent une amélioration malgré un niveau de départ très faible

    IRIN

  • l’ONU bombarde des positions de rebelles ougandais

    l’ONU bombarde des positions de rebelles ougandais

    MONUC-operation-Ce samedi a été un jour ps comme les autres. Pour la première fois, des hélicoptères de la Mission de l’ONU en République démocratique du Congo ont bombardé des positions des rebelles ougandais de l’ADF-Nalu, dans le Nord-Kivu, a annoncé la MONUSCO.
     

    Des hélicoptères de l’ONU dépêchés en République démocratique du Congo ont frappé des positions des rebelles ougandais de l’ADF-Nalu, actifs dans l’est du pays. C’est ce qu’a annoncé la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).

    Dans communiqué, l’organisation indique que « ce samedi 1er mars 2014 à 14h55 (heure locale, 12h55 GMT), deux hélicoptères d’attaque de la MONUSCO ont tiré sur la base ADF de Saha Sitisa dans la région de Mbau, au nord-est de Beni ». La localité qui a été la cible de frappes se situe dans la province riche et instable du Nord-Kivu. Le communiqué précise que « cette opération d’une grande précision nous permet de réaliser un objectif clair : mettre fin aux attaques récurrentes des ADF contre les populations civiles ».

    De son côté, le chef de la MONUSCO, Martin Klober demande aux rebelles e faire taire les armes et de se rendre. « J’exhorte les derniers combattants de l’ADF à déposer les armes immédiatement et à se rendre dans les camps de la MONUSCO », a lancé le chef de la force onusienne.

    A ce jour, la MONUSCO se limitait à appuyer l’armée congolaise en lui apportant un soutien logistique notamment pour l’évacuation de blessés et des renseignements. Avec cette frappe chirurgicale de ce samedi effectuée par sa brigade d’intervention, force est de reconnaître que l’ONU a changé de stratégie et compte en fini pour de bon avec la rébellion. Ce qui est un signal fort.

    Afrik

  • “12 Years a Slave”, Oscar du meilleur film

    “12 Years a Slave”, Oscar du meilleur film

    DF_02592.tif-“12 Years a Slave”, le film du Britannique Steve McQueen, sacré meilleur film à la 86e cérémonie des Oscars. C’est la première fois qu’une œuvre réalisée par un Noir est distinguée dans cette catégorie. “12 Years a Slave” repart également avec l’Oscar de la meilleure adaptation pour John Ridley et l’Oscar du meilleur second rôle féminin pour Lupita Nyong’o.
     

    “12 Years a Slave”, le sacre ! L’œuvre du cinéaste britannique Steve McQueen a décroché l’Oscar du meilleur film lors de la 86e cérémonie des Oscars qui s’est déroulée ce dimanche à Los Angeles. C’est la première fois qu’un long métrage mis en scène par un cinéaste noir obtient cette récompense. Depuis sa présentation au Festival de Toronto l’année dernière, où il a raflé la distinction suprême, “12 Years a Slave” n’a cessé de confirmer son succès tout au long de cette saison de remises de prix qui arrive à son terme avec l’Oscar.

    Trois Oscars pour “12 Years a Slave”

    Le film a également permis à la Kényane Lupita Nyong’o de remporter l’Oscar du meilleur second rôle et à John Ridley de repartir avec celui de la meilleure adaptation. “12 Years a Slave”, produit par Brad Pitt qui a un petit rôle dans le long métrage, est adapté du livre de Solomon Northup, un Afro-américain né libre qui sera réduit en esclavage pendant douze ans.

    Avec son Oscar, Lupita Nyong’o devient la première comédienne originaire du continent à obtenir la statuette dans cette catégorie. Mais c’est la deuxième fois qu’une actrice ramène un Oscar en Afrique. En 2004, la Sud-Africaine Charlize Theron ouvrait la voie avec pour stupéfiante prestation dans “Monster” qui sera récompensée par l’Académie.

    De bien des manières, “12 Years a Slave” marque un tournant à Hollywood.

    Afrik

  • Bouteflika, Mugabe, Ouattara… : ces Présidents soignés hors du continent

    Bouteflika, Mugabe, Ouattara… : ces Présidents soignés hors du continent

    Bouteflika-La majeure partie des Présidents africains subissent pour la plupart leur traitements médicaux en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie. Et pourquoi donc ?
     
    Absence de compétences ou d’infrastructures ? La quasi-totalité des Présidents africains sont obligés de se rendre en Europe ou en Asie pour se faire soigner de leur maladie, maligne comme bénigne. Le Président ivoirien Alassane Ouattara rentre de Paris en France, où il s’était rendu pour des raisons médicales. Le Zimbabwéen Robert Mugabe vient de rentrer de Singapour, au moment où l’Algérien Abdelaziz Bouteflika revient d’un bilan de santé au pays de… François Hollande.

    Abdelaziz Bouteflika traité en France pour un AVC

    Le 27 avril 2013, le Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, victime d’un accident vasculaire cérébral, débarque en France, plus précisément à l’hôpital Val-de-Grâce. Li dirigeant algérien passera trois longs mois sur le sol français, puisqu’il ne retrouvera son pays que le 16 juillet 2013, après un passage au centre des invalides où l’on traite les gros handicaps. Le 13 janvier 2014, Bouteflika est retourné en France pour faire un bilan en rapport avec l’AVC dont il a été victime en juillet de l’an passé. Cette fois-ci, son séjour aura duré moins d’une semaine, puisqu’il est retourné en Algérie le vendredi 17 janvier.

    Robert Mugabe se débarrasse de sa cataracte à Singapour

    Sous la sanction de l’Union européenne qui le prive de visa, le Président zimbabwéen Robert Mugabé, 90 ans, 34 ans de pouvoir, est rentré samedi 22 février de Singapour. Au moment où son entourage et lui-même insistent sur sa santé de fer et sa longévité exceptionnelle, le plus vieux Président était à Singapour, officiellement pour soigner une cataracte à l’œil gauche. Ce qui parait comme une opération classique pour son âge. D’aucuns disent que si la sanction de l’Union Européenne n’était pas là, Robert Mugabe se serait offert le « luxe » de se faire soigner en Europe.

    Alassane Ouattara opéré en France pour une sciatique

    Début février 2014, le Président de la Côte d’Ivoire Alassane Ouattara est hospitalisé en France pour une sciatique. Le chef de l’Etat passera en France près d’un mois, au point d’inquiéter, faisant déferler une vague de rumeurs. Ouattara était même annoncé dans le coma. Ce qu’avait démenti vigoureusement le président de l’Assemblé nationale ivoirienne, Guillaume Soro. Il a fallu attendre ce dimanche 2 mars, pour voir Ouattara regagner la Côte d’Ivoire où l’attendait le Roi Mohammed VI.

    Bref, la liste des Présidents qui se soignent hors du continent est longue et non exhaustive. A part Mandela qui a préféré se faire traiter à Pretoria, en Afrique du Sud, la quasi-totalité des dirigeants africains se font soigner à l’étranger. Absences d’infrastructures adaptées, de compétences ou simple complexe. Dans tous les cas, cela dénote d’un retard de développement sur le continent au point que certains n’hésitent pas à dénoncer « une incapacité des dirigeants africains à doter leur propre pays d’infrastructures médicales capables de les prendre en charge. Conséquence : les Présidents se retournent vers l’Occident ».

    Reste à savoir à quand le développement de l’Afrique que les Présidents ne cessent de chanter à leur peuple, si ce dernier ne peut même pas attendre de leur dirigeant des hôpitaux capables de les prendre en charge. Car les populations n’ayant pas les mêmes moyens que ceux qu’ils ont élu, risquent de mourir au pays, à défaut d’être transféré à l’étranger en cas de maladie. Le chemin du développement de l’Afrique semble encore très long.

    Afrik

  • « Judaïsation des Tutsi » : des pasteurs, des prêtres, des abbés et autres apôtres « Congolais », bottent en touche

    « Judaïsation des Tutsi » : des pasteurs, des prêtres, des abbés et autres apôtres « Congolais », bottent en touche

     

    Mufocol Tshiyoyo
    Mufocol Tshiyoyo

    – De loin parvient au peuple de la RD-Congo un écho d’un bruit autour de la question de  « judaïsation » d’un peuple « Noir » et d’Afrique qui s’identifie, et ce  de lui-même,  comme « Tutsi ». Et rien d’anormal jusque-là aussi longtemps que chaque peuple, librement, peut se choisir et choisit celui ou ceux qu’ils désigneraient, pour une raison ou une autre, comme étant ses ancêtres. Et ce qui est sûr, du moins pour les Congolais de la RD-Congo,  dans leur ensemble, aucun congolais ne souffre que tel ou tel autre africain  se choisisse son ancêtre. Les  Congolais ne s’achètent aucun ancêtre car lueurs ancêtres sont bien identifiés et sont « noirs » selon le langage courant. Personne ne souffrirait d’un complexe quelconque , ni d’infériorité, ni de supériorité vis-à-vis d’un  choix opéré,  et ce en âme et conscience,  par les peuples Tutsi du Rwanda, d’Ouganda, et d’ailleurs.  

     

    Mais là où le bât blesse, c’est lorsque cette « judaïsation des Tutsi » se fait sur le dos de la RD-Congo et de son peuple.  Quelqu’un, et de nature nocive aux Congolais, se construit tout  tranquillement, un imaginaire  qui fonderait sa légitimité de la  « Bible » et  dans lequel les peuples qui se disent Tutsi du Rwanda, de l’Ouganda et de partout ailleurs disposeraient, parce que proclamés comme tels « enfants de Dieu », – ah les Congolais auraient tout entendu et subi pour le compte de ce Dieu, (mais lequel ?), et en son nom –  des droits sur des terres de la RD-Congo,  qui de droit  reviendraient  aux seuls enfants  issus du patriarche Dieu. Mais des Congolais s’en fouettent de qui est qui ou  de comment se passe cette reconnaissance et par qui—-Faudrait-il la faire avaliser par d’autres pour qu’il ait effet de \vérité liturgique ?  

     

    À travers leur judaïsation, les Tutsi du Rwanda comme d’ailleurs, et ce au grand damne de miséreux « Nègres » du Congo,  se targueront d’avoir comme ancêtres les Abraham, les Moïse et autres et comme frères Israël, la terre promise. Que des symboles, on me dirait,  mais qui colonisent et ce depuis des lustres un imaginaire congolais qui reste hanté.  Même si, tel ou un tel autre soit ou pas le fils ou l’enfant de Dieu mais que cela ne puisse se transformer en prétexte pour distribuer la mort et ce gratuitement aux Congolais et aussi leur arracher des morceaux importants de leur terre. Paul Kagamé en mission divine et  protégé par sa judaïsation, on oublie que c’est un peu comme parler de la race aryenne d’Hitler, cannibalisera  et ce avec allégresse, la chair du nègre congolais qui lui est voué à la colère de dieux. . .

     

    Parmi des populations congolaises, on dénombre des adeptes de la « Bible » et avec tout son contenu comme un livre de référence et sacré pour eux. Libre à eux comme le font les autres avec le Coran, etc….Mais ce livre se vide presque de son importance, voire il perd son sens dès lors que des esprits avérés falsifient son histoire quand ils désignent la région du Kivu  comme,  « “Mines du roi Salomon” (le Kivu), les “Pipelines du Roi Salomon” (projet en cours avec le gouvernement Kabila pour offrir l’eau du Fleuve Congo à Israël). En essence, comme pour le cas du nom ” Mulenge” dans la guerre actuelle qui a commencé au Kivu, la mission que se donne “le Centre Roi Salomon” de l’Institut Havila, soulève la curiosité de savoir ce qui restera aux Congolais en tant que peuple » (voir l’article sur la judaïsation des Tutsi ». C’est quoi les Congolais ont avoir avec les mines du roi Salomon ?

     

    Qui peut situer dans  l’histoire des royaumes du Congo une période historique où un roi qui y a régné et sous le nom de  Salomon ? Que ceux qui y croient, c’est tout à fait libre à eux,  mais que l’on associe tout un peuple à ces croyance relève d’un déni à ce peuple d’exister autrement. Nous défendrons et respecterons les convictions et croyances de qui que ce soit dès lors que l’on reconnaisse les droits du peuple congolais à exister.  

     

    Quel est l’avis de l’Eglise Catholique en RD-Congo sur cette question de la « Judaïsation des Tutsi » qui se déploie contre la RD-Congo et son peuple.  J’ai personnellement  été ravi de lire la phrase suivante attribuée par jeune Afrique au Cardinal Laurent Monsengwo : «  un Dieu, mais pas de maîtres ». Oui, Cardinal, notre ancien président de la Conférence Nationale Souveraine, et membre de la grande société civile du Congo, votre avis sur  la question de Mines du Roi Salomon et des peuples noirs qui seraient plus élus que d’autres du Dieu auquel vous croyez ?   Cher frère et ami Abbé jean Pierre Mbelu, vous êtes aussi congolais et souvent en soutane banche, qu’en dites-vous sur la même question car votre peuple  s’interroge et veut être fixé.  Cher Abbé José Mpundu du Groupe Amos, qu’en dites-vous également ? .Cher Monseigneur Marini Bondo, vous êtes protestant et lecteur de la même Bible, qui  est également votre livre de référence,, en avez-vous une idée sur des peuples « Noirs » qui seraient élus de Dieu ?. Le peuple congolais en a plus que marre. Il ne lui restera dans tous les cas à n’invoquer que ses propres ancêtres contre les ancêtres des autres  pour que « oyo ekoya,  eya. »

     

    On ne peut clore ce chapitre sans signaler que, et comme par un hasard,  tout ceci se déroule encore et toujours en  Belgique et à  Bruxelles.  La  Belgique du fameux roi Léopold II dont le journaliste américain Adam Rothschild a légué à la postérité un témoignage contenu et repris dans son  livre « Les fantômes du Roi Léopold, la terreur coloniale dans l’Etat du Congo 1884-1908 » dont je conseille vivement la lecture. 

     

    À propos de ce qui se passe en Belgique,  l’auteur (Ikazeiwacu.unblog.fr) de l’article LA JUDAISATION DES TUTSIS: IDENTITÉ OU STRATÉGIE DE CONQUÊTE.(Partie 1) rend compte de rencontres suivantes :  « Dimanche 10 octobre 1999, une réunion est annoncée à Bruxelles dans la plus grande discrétion: c’est la conférence de Havila. Le lieu aménagé pour la conférence est le prestigieux Centre de Séminaires de l’Hôtel «Mercure» situé en ‘bordure du cadre exquis du Parc de Lauzelle, dans le Brabant Wallon belge’. Pour bien et rapidement situer le lecteur, mentionnons que ‘Havila’ est le nom attribué a la région des grands-lacs par ce mouvement de la judaïsation des tutsis. ».

    La question qui se pose serait alors de savoir si on peut reprocher à un peuple de chercher ou de vouloir à tout prix dominer un autre qu’il toujours jugé et traité d’inferieur ?  Ezali likambo ya mabele.  Il s’agit de notre terre. Et Lénine a su trouver des mots exacts pour en dire ce qu’il en pensait et ce n’en déplaise aux thuriféraires et autres vendus congolais de toute espèce que « Ce qui est à nous est à nous, a dit Lénine, l’ancêtre de Poutine. Et tout le reste est négociable.  Congolaise et Congolais, la RD-Congo est à nous.

     

    Likambo ya mabele, likambo ya makila

     

    Mufoncol Tshiyoyo
    Président National du Rassemblement pour l’Alternative Politique en RDC. R.A.P-en sigle
    Mouvement Politico-militaire, 
    mufoncol_tshiyoyo@yahoo.com, 
    004745007236

  • Cycle électoral 2014-2016 : schéma des évêques

    Cycle électoral 2014-2016 : schéma des évêques

    conference_episcopale_nationale_du_congo-La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) estime qu’il est possible de relever le défi du cycle électoral 2014–2016 sans devoir réviser la Constitution. Les princes de l’Eglise catholique sont convaincus qu’avec un peu de bonne volonté – surtout politique – toutes les contraintes matérielles, financières et techniques peuvent être éludées. Ils offrent là un schéma dont la CENI peut se servir utilement.

     

    La feuille de route du cycle électoral 2014-2016 de la Commission électorale nationale indépendante, CENI, a fait l’objet d’une analyse approfondie des évêques membres du Comité permanent de la Conférence épiscopale nationale indépendante (CENCO). Contraintes constitutionnelles et participation directe des électeurs aux scrutins fondent la trame de la déclaration faite hier lundi 3 mars au Centre Interdiocésain de Kinshasa. A leur manière, les princes de l’Eglise de Rome ont identifié les failles de la feuille de route de la CENI avant de proposer des pistes de sortie.

    Il s’agit, en réalité, des conclusions des réunions du Comité permanent de la CENCO tenues du 24 au 27 février 2014, en rapport avec les différentes hypothèses relatives au cycle électoral et aux contraintes constitutionnelles. Objectif : parvenir, d’une part, à un cycle électoral irréprochable pour les élections législatives et présidentielle de 2016 ; d’autre part, apurer des arriérés électoraux pour une véritable cohésion nationale.

    Le secrétaire général de la CENCO, M. l’abbé Santedi qui en a fait la restitution, donne le ton : « On nous met devant deux options. A prendre ou à laisser. Il est bon de sortir de ces deux options-là. La pointe pour l’épiscopat congolais réside au fait que la proposition aux suffrages indirects pour les élections des conseillers urbains, bourgmestres, chefs de secteurs, maires ainsi que les députés provinciaux minent le souverain primaire de son droit de participer directement à la vie publique».

    M. l’abbé Santedi martèle : « Ainsi, conformément aux prescrits de la Constitution, en son article 197, les évêques demandent avec empressement que les élections au niveau provincial tout comme les élections municipales, urbaines et locales soient au suffrage universel direct afin de promouvoir la démocratie à la base en renforçant le contrôle du peuple sur ses représentants ».

    De ce point de vue, la CENCO tient au double respect de la Constitution et de la participation réelle et directe des électeurs congolais au choix des animateurs des institutions de la République par vote.

    La CENCO estime que le temps ne fait pas défaut dans la perspective du réajustement des échéances à venir. Aussi propose-t-elle la tenue des élections provinciales au premier trimestre 2015 afin de mettre en place des institutions légitimes. Ils souhaitent qu’un terme soit mis à l’élasticité des mandats des assemblées provinciales et du Sénat. Les évêques y perçoivent «  le dysfonctionnement institutionnel » ayant des répercussions négatives jusqu’à la base.

    Le schéma des évêques pour les futures échéances électorales est simple. Aucune révision constitutionnelle ne serait envisageable et en conformité avec la Constitution en vigueur, les scrutins à la députation provinciale, des conseillers urbains et maires devront passer par le suffrage universel direct. La crainte de la CENCO porte sur le risque élevé de corruption qui se profile à l’horizon, avec de grands électeurs à la portée des forces d’argent.

    S’agissant des opérations de fiabilisation du fichier électoral en cours et la stabilisation des cartographies opérationnelles, la CENCO recommande la transparence et le consensus pour éviter les écueils des scrutins de 2011. C’est le prix à payer pour éviter toute contestation des résultats.

    L’argent, le nerf de la guerre

    Si les évêques se montrent peu inquiets sur la contrainte financière du cycle électoral en cours, c’est qu’ils misent sur les bonnes dispositions des partenaires de la RDC. Dernièrement, l’Union européenne (UE) a donné de la voix sur le cycle électoral 2014–2016. L’UE conditionne son appui au processus électoral congolais au strict respect du cadre constitutionnel et des échéances électorales.

    Cette position européenne est également partagée par les Etats-Unis d’Amérique (USA). En janvier dernier, l’envoyé spécial des USA pour la région des Grands Lacs,  Russ Feingold, avait fait un rappel sans détours pour la sauvegarde des acquis démocratiques avec l’organisation de l’élection présidentielle en RDC à l’échéance de 2016.

    La CENCO compte aussi sur l’accompagnement sans faille de la Monusco. Elle considère que la mission onusienne en RDC peut participer activement à la mobilisation des ressources financières et l’appui logistique.

    Avec une feuille de route réaménagée, à l’exemple de celle proposée par les évêques, le soutien de la communauté internationale serait acquis.

    Le Potentiel