-2° Forum mondial des Femmes Francophones
Le Président Joseph Kabila déclare la femme personnage central des traditions
 A peine Ă©teints les lampions du 17° sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement du Comesa, Kinshasa revit ces lundi 3 et mardi 4 l’ambiance du 14° sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) au travers de la tenue du 2°Forum mondial des Femmes francophones. PlacĂ© sous le haut patronage du PrĂ©sident Joseph Kabila qui, du reste, a rehaussĂ© de sa prĂ©sence la cĂ©rĂ©monie d’ouverture au Palais du Peuple en compagnie de Mme Catherine Samba-Panza, PrĂ©sidente de la RĂ©publique Centrafricaine, ce forum rĂ©unit 3.000 femmes venues des quatre coins du l’espace francophone alors que les assises de Paris avaient regroupĂ© 700 dĂ©lĂ©guĂ©es…
           Elles se rĂ©flĂ©chissent sur le thĂšme central “ Femme, actrice du dĂ©veloppement », cela Ă partir des trois sous-thĂšmes : « Femme, Actrice de la paix » ; « Femme et Education » et « Femme et Pouvoirs », les sites respectifs Ă©tant Fleuve Congo hotel, Grand HĂŽtel Kinshasa et HĂŽtel Venus.
           Dans son discours de circonstance, le Chef de l’Etat congolais a commencĂ© par dĂ©finir la place prĂ©pondĂ©rante qu’occupe dĂ©sormais la Francophonie dans son espace naturel en tant que “instrument efficace “dans les relations d’amitiĂ© et de solidaritĂ© entre les peuples.
           Il a aussitĂŽt proclamĂ© la femme “…personnage central de nos traditions“, cela au regard des valeurs vĂ©hiculĂ©es par la Francophonie.
           Aussi, a-t-il exhortĂ© chacun des Francophones Ă “commencer de croire en l’Ă©mancipation du Genre“.
           Certes, a-t-il poursuivi, il reste beaucoup Ă faire en ce qui concerne notamment la formation, l’Ă©ducation et la paritĂ©. « La question du genre“, a-t-il alors prĂ©cisĂ© ” a toujours fait lâobjet des prĂ©occupations des dĂ©cideurs en RĂ©publique dĂ©mocratique du Congo, comme en tĂ©moigne son arsenal juridique qui comprend de nombreux textes tendant Ă amĂ©liorer la situation et le sort de la femme dans la sociĂ©tĂ© congolaise ».
           Si au plan politique, le PrĂ©sident Joseph Kabila a mis l’accent sur le quota du tiers des places que les partis politiques devraient rĂ©server au Genre comme il l’a prĂ©conisĂ© dans son discours sur l’Ă©tat de la Nation du 23 octobre 2013 prononcĂ© Ă la suite des Concertations nationales, au plan Ă©conomique et social il a relevĂ© la crĂ©ation d’un Fonds accessible aux personnes vulnĂ©rables, les femmes bien entendu.
           Revenant sur des faits malheureux ayant Ă©maillĂ© l’histoire rĂ©cente de la RDC, notamment les violences sexuelles dont sont principalement les femmes congolaises de l’Est du pays en raison de l’insĂ©curitĂ© entretenue par les groupes armĂ©s, il s’est fĂ©licitĂ© de l’amĂ©lioration progressive des conditions sĂ©curitaires allant de pair avec celle des populations civiles locales.
           Le Chef de l’Etat a terminĂ© son allocution par le rappel des valeurs sacrĂ©es que le Congo a en partage avec les pays francophones, Ă savoir le respect de la vie, la tolĂ©rance, la dĂ©mocratie…
De Samba Ă Inagosi en passant par Benguigui
           Il a été précédé à la tribune par la présidente de transition de la République centrafricaine, Mme Catherine Samba-Panza.
           Dans son mot de remerciement, la premiĂšre femme d’Afrique centrale Ă accĂ©der Ă la magistrature suprĂȘme a brossĂ© briĂšvement la situation qui prĂ©vaut dans son pays. ” J’hĂ©rite d’un pays au bord du gouffre avec une insĂ©curitĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e, l’absence de l’autoritĂ© de l’Etat sur l’ensemble du territoire national, une catastrophe humanitaire sans prĂ©cĂ©dent. (…)“, a-t-elle dĂ©clarĂ© avant de communiquer son optimisme en ces termes : “Avec la dĂ©termination que j’ai face Ă ce dĂ©fi, nous arriverons au bout de la transition que nous nous sommes fixĂ©s“.
           ConsĂ©quente avec elle-mĂȘme, elle a ajoutĂ© : “…cependant sans un soutien massif et un accompagnement de la communautĂ© internationale […] l’objectif de la stabilisation du pays et du retour Ă un ordre constitutionnel dans les dĂ©lais requis ne pourra ĂȘtre atteint“. Autant dire un appel pathĂ©tique lancĂ© Ă la CommunautĂ© internationale.
           Elle a eu droit Ă un tonnerre d’applaudissements lorsqu’elle a soutenu que “Seule la femme peut apporter la paix, la cohĂ©sion nationale et rĂ©unir ceux que la politique a sĂ©parĂ©s“.
           Elle a Ă©tĂ©, elle-mĂȘme, prĂ©cĂ©dĂ©e par Yamina Benguigui, ministre française dĂ©lĂ©guĂ©e Ă la Francophonie.
           “Les femmes rassemblĂ©es dans ce forum vont instaurer un nouveau siĂšcle des lumiĂšres. Partout oĂč elles se rendront, elles seront les porteuses des valeurs de justice, d’Ă©galitĂ© et de paix“, a-t-elle dĂ©clarĂ©. Elle aura droit, elle Ă©galement, Ă des ovations lorsqu’elle va souligner que “Le statut des femmes est le baromĂštre implacable de l’avancĂ©e dĂ©mocratique des sociĂ©tĂ©s“.
           Trouvant une preuve de justice dans l’Ă©crasement du M.23 par les Fardc et la Brigade internationale de la Monusco (ce mouvement Ă©tant Ă l’origine de l’accentuation des violences faites Ă la femme pendant son occupation des territoires de Rutshuru et de Nyragongo ainsi que la ville de Goma), elle a estime qu’ensemble, les femmes peuvent transformer la sociĂ©tĂ©. “Ensemble, nous avons le pouvoir de faire bouger les lignes, le pouvoir de rapprocher ce qui a Ă©tĂ© sĂ©parĂ©, le pouvoir de rĂ©concilier ce qui a Ă©tĂ© opposĂ©, le pouvoir de rĂ©parer ce qui a Ă©tĂ© abĂźmĂ©“, a-t-elle ajoutĂ©; ses pensĂ©es allant vers les Congolaises de l’Est.
           Elle a insistĂ© sur la portĂ©e des assises de Kinshasa en ce que les rĂ©solutions et les recommandations qui en sortiront seront intĂ©grĂ©es dans la DĂ©claration de Dakar sur la Femme, sur le modĂšle de la DĂ©claration de Bamako sur la DĂ©mocratie. En d’autres mots, Kinshasa prĂ©pare Dakar, ville hĂŽte du 15° sommet de l’OIF prĂ©vu en novembre 2014.
           PremiĂšre oratrice Ă prendre la parole, GeneviĂšve Inagosi, ministre Rdcongolaise du Genre, Famille et Enfant, a commencĂ© par plaider pour la restauration de la paix en tant que condition sine qua non pour combattre des maux de sociĂ©tĂ© comme l’analphabĂ©tisme, la pauvretĂ©, les maladies, l’ignorance des droits etc.
           Dans son discours, elle a invitĂ© les participantes Ă se prĂ©occuper ” des questions qui touchent Ă la restauration de la paix dans les zones en conflit, et sa consolidation dans les zones post-conflit“, considĂ©rant au passage que “Puisque les femmes sont les premiĂšres victimes de situations de crise, quoi de plus normal qu’elles soient associĂ©es dans les diffĂ©rents processus de paix“.
           Le deuxiĂšme intervenant est l’administrateur de l’OIF, ClĂ©ment Duhaime, mandatĂ© par le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral Abdou Diouf empĂȘchĂ©. Le forum de Kinshasa, a-t-il fait valoir, est l’occasion pour l’organisation francophone de renouveler son soutien au peuple congolais. Il a trouvĂ© dans la prĂ©sence du PrĂ©sident Joseph Kabila le tĂ©moignage de l’intĂ©rĂȘt qu’il porte Ă l’espace francophone.
           RĂ©vĂ©lant le fait qu’une femme sur trois est victime de violences et que 125 millions de filles n’ont pas accĂšs Ă l’Ă©ducation, il a affirmĂ© la disponibilitĂ© de l’OIF Ă accompagner les institutions publiques et la sociĂ©tĂ© civile de la RDC dans les programmes de protection du Genre. A cet effet, il a interpellĂ© les participantes sur l’imminence du terme fixĂ© pour les OMD, Ă savoir 2015.
           Il est Ă signaler que la cĂ©rĂ©monie d’ouverture a Ă©tĂ© honorĂ©e par la prĂ©sence des Mmes Olive Lembe Kabila, Ă©pouse du PrĂ©sident de la RĂ©publique DĂ©mocratique du Congo, et KeĂŻta Aminata MaĂŻga, Ă©pouse du PrĂ©sident de la RĂ©publique du Mali Ibrahim Boubacar KeĂŻta.
           C’est ce mardi 4 mars 2014 qu’intervient au Palais du Peuple la cĂ©rĂ©monie de clĂŽture avec au programme – sauf imprĂ©vu – la lecture des rĂ©solutions et recommandations suivie des allocutions de circonstance.
Omer Nsongo die Lema















