Author: Don Kayembe

  • Consécration de la dictature, en l’occurrence celle de Kagame

    Consécration de la dictature, en l’occurrence celle de Kagame

    Paul Kagame du Rwanda
    Paul Kagame du Rwanda

    – Des Hutus (AbaHutu) existent parce que des rwandais s’identifient Hutus, quelles que soient leurs conceptions ‘d’être Hutu’. Des Tutsis (AbaTutsi) existent parce que des rwandais s’identifient Tutsis, quelles que soient leurs conceptions ‘d’être Tutsi’. Ceci n’est guère un problème en soi car l’identification de soi est un phénomène universel. Tout être humain s’identifie à sa façon. Cela fait partie de son existentiel. Le respect de l’auto-identité de la personne est impératif en accord avec le droit fondamental d’expression qui inclut nécessairement l’expression de soi. Tous les problèmes commencent lorsqu’un acteur de la politique rwandaise entreprend de classifier les rwandais en catégories Hutu et Tutsi, puis la catégorie des Hutu en sous-catégories ‘Hutu-modérés’ et ‘Hutu tout court’. Comme il n’y a pas de critères objectifs reconnus et acceptés de classification de la population rwandaise en ces diverses catégories, cette classification est laissée à la discrétion de chacun, la raison du plus fort, aujourd’hui Kagame, étant évidemment la meilleure. Avec la présentation des tueries au Rwanda en 1994 comme ‘le génocide des Tutsis et massacres de Hutus (modérés)’, personne n’est victime de fait et personne n’est criminel de fait. Pour être classé victime ou bourreau, indépendamment des crimes subis ou commis, le rwandais ou la rwandaise doit au préalable passer à travers le filtre ethnique, la décision ultime revenant au chef suprême, en l’occurrence Kagame, de façon tout à fait discrétionnaire. C’est ainsi que ceux classés Tutsis ou Hutus modérés par les plus forts, en l’occurrence Kagame et son entourage, ont droit à la vie et ceux classés Hutus tout court constituent le bassin des ‘génocidaires’, tout au moins potentiels, que l’homme fort peut tuer, emprisonner, laisser mourir de faim, priver de soins de santé à sa guise avec la bénédiction, l’assentiment voire l’assistance de la communauté internationale. Remarquons que dans ce contexte, même ceux s’identifiant et/ou réputés Tutsis n’ont aucune garantie de rester dans la catégorie des ayants droit à la vie. Pour faire passer tel réputé Tutsi de la catégorie des ayants-droit à la vie dans celle des ayants-droit à la mort, il suffirait de l’accuser d’association avec les génocidaires et pourquoi pas l’accuser d’avoir changé d’ethnie (Icyihuture). Ainsi, la présentation des tueries au Rwanda en 1994 comme un ‘génocide des Tutsis et massacres de Hutus (modérés)’ confère à Kagame le droit de vie et de mort sur tout rwandais et ainsi lui donne les moyens d’exercer sa dictature atroce sur le peuple rwandais. La qualification ‘génocide des Tutsis’ est donc le socle, la fondation, la colonne centrale, de la dictature de Kagame. Ce dernier et son entourage définiraient le ‘Hutu-modéré’ comme le Hutu qui reconnaît que les tueries de 1994 constituent un génocide des Tutsis (Umuhutu modéré ni uwemera jenoside y’abatutsi). Pourquoi cette définition? Parce que celui qui souscrit à la présentation des tueries de 1994 comme un ‘génocide des Tutsis’ donne automatiquement à Kagame les moyens de sa dictature, les autres divergences devenant accessoires et dès lors négociables.

    Remarquons que n’importe quel dirigeant qui gouvernerait le Rwanda dans les mêmes conditions aurait ce droit de vie et de mort sur tout rwandais. Il serait donc un dictateur. Ce dirigeant pourrait bien, pour ses raisons propres, notamment ses besoins politiques, choisir de ne pas exercer ce droit de vie et de mort. Dans ce cas, il serait un dictateur bienveillant mais toujours un dictateur. Eh oui! Dans ce contexte, la vie du rwandais dépend uniquement de la bienveillance du dictateur.
    Sur le plan international, l’opinion publique occidentale a été marquée, à juste titre, par l’holocauste des juifs à telle enseigne que décrier tout ce qui est présenté comme ‘génocide’ est devenu un réflexe. Le groupe présenté comme victime de ce ‘génocide’ est automatiquement adopté. En présentant les tueries au Rwanda en 1994 comme le ‘génocide des tutsis …’ Kagame et ses alliés dans la communauté internationale ont repris à leur compte le modèle binaire, manichéen d’une société rwandaise constituée d’un côté les bons, cette fois-ci ‘les tutsis’ et d’un autre côté les mauvais jusqu’à preuve du contraire, cette fois-ci ‘les hutus’. Pour rendre acceptable cette vision raciste, autrement inacceptable, une nouvelle classe de rwandais, les ‘hutus modérés’, fut inventée. Ce faisant, Kagame, parce que réputé tutsi, de criminel qu’il est en réalité, a été tourné en héros qui aurait sauvé son ethnie de l’extermination. En prime, le concept de ‘hutus modérés’ a cultivé l’image que Kagame est non seulement un héros mais, qu’en plus, il est si magnanime qu’il repêche le peu de bons hutus qu’il y aurait dans cette masse de hutus autrement mauvais. Dès lors, aux yeux de l’opinion publique occidentale, appuyer le régime Kagame revient à être empathique avec les victimes, ‘les tutsis’. Parallèlement, décrier et combattre tout ce qui est présenté comme hutu est une obligation morale où le zèle ne peut avoir de limite. Les bonnes consciences dans l’opinion publique occidentale ont été ainsi gommées. Quelques rares esprits ne sont restés critiques qu’à leur corps défendant contre les accusations constantes de négationnisme et de révisionnisme.
    Pour le régime Kagame, cette présentation des tueries au Rwanda en 1994 comme le ‘génocide des tutsis …’ a rapporté des dividendes au-delà de toutes les prévisions : Les chancelleries occidentales déroulent le tapis rouge à cet homme, Kagame, commandant en chef de l’armée réputée la plus disciplinée au monde et donc directement responsable de la mort de plus de cinq millions d’êtres humains (5.000.000: plus de 2.000.000 de rwandais et plus de 3.000.000 de congolais). Ce dictateur des plus sanguinaires dans l’histoire de l’humanité est, parmi les chefs d’état africains, un des grands alliés de Washington. Kagame, parce que réputé tutsi, est présenté comme victime de cette tragédie rwandaise dont pourtant il est le principal planificateur et exécuteur.
    Tout ceci met en évidence une grande contradiction chez ceux qui prétendent lutter pour la paix et la justice et contre la dictature, en l’occurrence celle de Kagame et sa clique, tout en souscrivant à la présentation des tueries de 1994 comme un ‘génocide des Tutsis et massacres de Hutus (modérés)’. En réalité, ils soutiennent cette même dictature qu’ils disent combattre. 
     
    Guillaume Murere
  • En opérant plus en position défensive qu’en position offensive

    En opérant plus en position défensive qu’en position offensive

    KABILA- BAN-Le Pouvoir se fait trop avoir dans des rapports sur les droits humains…                                                                                    

      Le cas le plus éloquent est celui du Rapport de la Monusco sur les violences observées autour des élections du 28 novembre 2011. Incohérences, incongruités, indélicatesses ponctuent ce document visiblement rédigé par des plumes “politiquement motivées”, si bien que l’on se demande pourquoi la Monusco, sous le couvert duquel opère le Bureau Conjoint des Nations-Unies pour les Droits humains (BCNUDH), l’a-t-il endossé…

              Encore cinq petits jours, 2013 s’achève avec un dernier trimestre (octobre-novembre-décembre) fort mouvementé car pleins d’événements à caractère politique : clôture des Concertations nationales, victoire des Fardc sur le M.23, rendez-vous manqué de Kampala pour la signature des Actes finaux du processus dit de Kampala et, finalement, signature desdits actes à Nairobi en marge du 50ème anniversaire de l’indépendance du Kenya.

                Etrange coïncidence : c’est après le rendez-vous manqué de Kampala – imputé injsutement au Gouvernement congolais – que le BCNUDH/Monusco a sorti de ses tiroirs un rapport d’une vingtaine de pages sur les violences observées autour des élections présidentielle et législatives du 28 novembre 2011 datant de mars 2012 !

                Fait insolite : pour la première fois, la Monusco n’a pas été félicitée par les Opposants contestataires de la victoire électorale de Joseph Kabila. Ils y ont trouvé un “non-événement”. 

                Face à la tendance observée dans le chef des protagonistes de tourner la page, l’occasion est indiquée de revenir à la célèbre phrase de Yerodia Abdoulaye Ndombasi selon laquelle “On ne tourne pas la page avant de l’avoir lue“.

                Aussi, on ne peut tourner la page de 2013 sans revenir sur ce fameux rapport duquel les acteurs de la Majorité se doivent de tirer la leçon de s’intégrer, à partir de 2014, dans le monitoring des structures en charge de la promotion et de la défense des Droits humains. Exactement comme le font les “initiés” de l’Opposition.

                En 2008 – juste un rappel pour saisir la portée de l’implication dans ce monitoring –  Human Rights Watch avait largué une véritable bombe sous le titre  “On va vous écraser“. Son rapport avait repris les actes de violences qui avait entouré le processus électoral de 2006, les événements du Bas-Congo et de Kinshasa en 2007 avant de déboucher sur l’aventure du Cndp, alors sous Laurent Nkundabatware.

                Tout a été dépeint de façon à engager la responsabilité entière et totale du Gouvernement dans les actes d’insécurité connus à Kinshasa, au Bas-Congo, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Hrw soutenait avoir documenté 500 assassinats et 1.500 arrestations d’Opposants en l’espace de deux ans…

                C’est Lambert Mende qui, à force d’arguments-massue, démonta ce document sulfureux.

                “Chassez le naturel, le naturel revient au galop“, dit-on. La même ONG va effectivement revenir trois ans plus tard sur le sport qui lui réussit le mieux : les violences en période électorale.  Ainsi, fut-elle la première à annoncer l’assassinat de 18 combattants de l’Udps le 26 novembre 2011, chiffre repris par le cardinal Laurent Monsengwo dans sa déclaration du 12 décembre 2011.

                Mise par Lambert Mende au défi d’en produire les preuves devant la Haute cour militaire en tant que renseignante, l’ONG s’est pratiquement défilée. Tout ce que la RDC en a gagné, c’est la deuxième revendication du M.23 pour son aventure politico-militaire, après la première revendication relative à l’évaluation de l’Accord du 23 mars 2009.

                La suite est connue : il y a eu ce long et stressant processus de Kampala, ponctué d’actes de violence de tous genres, sur fond des pillages de ressources naturelles et autres formes de richesses congolaises. Des Congolais sont morts, mais aussi des Tanzaniens de la Brigade internationale de la Monusco.

     

    Non ! Lambert Mende ne l’a jamais dit !

     

                Déjà, à l’analyse du premier paragraphe du rapport du BCNUDH/Monusco (Introduction, page 6), on tombe sur cette phrase : ” La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a proclamé les résultats provisoires de l’élection présidentielle 1“.          Quand on consulte dans les références le point 1, on lit exactement ceci : “La CENI a annoncé les résultats provisoires de l’élection présidentielle selon lesquels M. Joseph Kabila a obtenu un total de 48,95 % des suffrages contre 32,33 % pour M. Etienne Tshisekedi“. Jusque-là, rien d’anormal à signaler.

                Mais, c’est avec le deuxième paragraphe que commence l’anormal, le soupçon. Les rédacteurs du rapport notent, en effet, que ” M. Etienne Tshisekedi, candidat à l’élection présidentielle pour l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et principal rival de M. Joseph Kabila, a rejeté les résultats annoncés par la CENI en s’appuyant sur les rapports des observateurs tant nationaux qu’internationaux qui ont fait état d’irrégularités 2“.

                Or, il est de notoriété publique que pour contester les résultats publiés par la Céni, Etienne Tshisekedi n’avait nullement évoqué ces rapports-là. Voici exactement ce qu’il avait déclaré le 10 décembre 2011 sur France 24 et sur Rfi. Sur France 24, il avait dit : « Sur base des données des différents bureaux de vote, je me considère comme Président de la République. Les résultats de Ngoy Mulunda  proclamant Joseph Kabila gagnant n’est autre que de la provocation, une insulte faite au peuple Congolais. Je les rejette en bloc. Ngoy Mulunda n’a pas le monopole des résultats. Des PV en notre disposition et auxquels nous nous tenons le contredisent ». Tandis que sur Rfi, le même jour, il s’était fait plus explicite. Convié à réagir à l’annonce la veille, par la Céni, de la victoire de Joseph Kabila, Etienne Tshisekedi répondra : « C’est une provocation que nous rejetons avec force. Il n’y a aucun doute que c’est moi qui suis élu. Nous avons des procès-verbaux que mon parti qui est installé sur l’ensemble du pays a compilés. C’est moi qui suis de loin, de loin d’ailleurs vainqueur de ces élections. Dans les 75 % ! ». Rfi poursuit : « Vous êtes vainqueur à 75 % ? ». Etienne Tshisekedi va renchérir : « Contre 28, 27 ou 30 % de Kabila. C’est moi qui suis élu ».

                Or, il est de notoriété publique que les observateurs nationaux et internationaux n’ont jamais, mais alors jamais publié des résultats donnant Tshisekedi vainqueur. Même le Collectif des 15 ONGDH proches de l’Udps évoqué dans le rapport de ce parti du 17 janvier 2012 ne l’avait pas osé. Il s’était contenté de préconiser l’annulation pure et simple des scrutins.

                Autre indélicatesse que le BCNUDH/Monusco endosse, c’est la recommandation de la référence n°2 ainsi rendue : ” Consulter notamment www.cenco.cd/index.php/actualité/248-mise-au-point-du-secretariat-general-de-la-cenco-sur-les-elections.htlm. Le 14 décembre 2011, dans un communiqué du gouvernement, le ministre de la Communication et des Médias et porte-parole du gouvernement, M. Lambert Mende, a lui-même explicitement reconnu que les élections étaient entachées “d’irrégularités et de dysfonctionnement”. Il a cependant déclaré que ces derniers ” n’étaient pas de nature à modifier l’ordre de proclamation des résultats de l’élection présidentielle tel que présenté par la CENI“.

                On ne comprend pas pourquoi le BCNUDH/Monusco s’abstient, sur ce point précis, d’évoquer le contexte dans lequel le ministre Lambert Mende avait fait cette déclaration. Pour rappel, le porte-parole du Gouvernement s’était appuyé sur un extrait du rapport du Centre Carter du 10 décembre 2011 soulignant que l’évaluation du processus électoral, selon son analyse, “… ne propose pas que l’ordre final des candidats est nécessairement différent de celui annoncé par la CENI… “. Il y a lieu de noter au sujet dudit rapport le refus de l’ex-président de la Zambie Ruphia Banda, pourtant à la tête de la délégation du Centre Carter, d’entériner ce rapport préliminaire.

                Ceci pour la partie concernant les résultats électoraux.

     

    Informations provenant des sources non citées

     

                Pour la partie concernant les violations imputées à la GR, on peut se limiter au point 14 décrivant les événements qui s’étaient produits le 26 novembre 2011.

                D’emblée s’impose cette observation : Human Rights Watch avait constaté 18 personnes tuées le même jour. Et voilà le BCNUDH/Monusco constater plutôt 17 personnes tuées le 26 novembre 2011 et les jours suivants.

                Mais, ce qui intéresse tout analyste avisé, c’est la circonscription des lieux : aéroport de Ndjili, boulevard Lumumba, Masina, Matete et Kingabwa.

                Les rédacteurs du rapport notent à ce propos : ” D’après les informations recueilles par l’équipe, des milliers de membres et sympathisants de l’UDPS et du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) s’étaient, en effet, rassemblés ce jour-là à l’aéroport international de Ndjili afin d’accueillir les présidents de leurs partis respectifs, qui devaient y atterrir en milieu de journée (…) Une fois entrés dans l’enceinte de l’aéroport, les éléments de la GR en sont ressortis et ont ouvert le feu pour disperser la foule. Alors que certains éléments de la GR tiraient en l’air, plusieurs autres tiraient à balle réelle sur les personnes rassemblées sur l’esplanade de l’aéroport. Après le départ du convoi reparti de l’aéroport vers Kinshasa sans le président, les éléments de la GR ont également tiré sur les passants circulant tout le long du boulevard Lumumba qui s’étend de l’aéroport de N’djili jusqu’à la commune de Limete, principalement aux quartiers Badara non loin du Camp CETA, Mikondo, Mokali, Bitabe, Marché liberté et Place Eucalyptus. A titre d’exemple, un homme âgé de 39 ans a été atteint à la tête par une par un élément de la GR alors qu’il s’était rendu à l’aéroport de N’djili pour accueillir le président de l’UDPS et qu’il était posté sur la route à quelques mètres de l’aéroport. L’homme est décédé sur le coup“.

                Récapitulons : les informations recueillies par l’équipe du BCNUDH/Monusco ne proviennent pas de ses propres agents déployés sur le principal terrain des événements. Elles proviennent des sources non citées. Qu’à cela ne tienne !

                Les faits gravissimes sont au moins les tirs à balle réelle sur les personnes rassemblées sur l’esplanade de l’aéroport et le long du boulevard, cela de l’aéroport à Limete, sur une dizaine de kilomètres. Ce qui laisse supposer un carnage quand on sait que des milliers de gens se trouvaient de part et d’autre de l’artère.

                Mais voilà que le BCNUDH/Monusco documente juste un mort dont il relève l’âge (39 ans) sans pour autant révéler son identité ! C’est quand même curieux que les rédacteurs se soient préoccupés de l’accessoire (âge et sexe) que de l’essentiel (noms). Dire que la victime était membre de l’Udps et que, de ce fait, elle était identifiable.

                Pourtant, un fait documenté est censé réunir des preuves élémentaires d’identification. Des preuves inattaquables, des preuves irréfutables.

     

    Avant de tourner la page de 2013

     

                Au regard de ce qui précède, l’observation à faire aux officiels du Pouvoir est qu’ils ont doublement tort d’être absents des lieux où s’effectue le monitoring sur les droits de l’homme et de croire que le silence est d’or. En cette matière ultra-sensible, l’adage “Qui ne pipe mot consent” est généralement considéré comme un aveu de culpabilité.

                L’enseignement majeur à tirer alors est que le droit international fait peu cas, voire pas du tout, des violations dont se rendent coupables les membres des partis politiques de l’Opposition et les activistes des ONGDH.

                Le droit international s’applique sur des violations commises par les détenteurs du Pouvoir en raison de l’autorité qu’ils exercent sur les forces de l’ordre et les forces de défense.

                L’Opposition, depuis l’époque du maréchal Mobutu, en est consciente. Elle est présente là où se boutiquent, pardon se mènent des enquêtes sur certains incidents dont elle peut même planifier la production et en fournir rapidement les preuves aux partenaires extérieurs.

                C’est-là – elle le sait parfaitement bien – le vrai front qui fait agir ou réagir la communauté internationale et nourrit de haine une certaine “Diaspora des combattants”.

                Cela dit, tournons la page de 2013 pour ouvrir celle de 2014.

                Avec pour première ligne à lire calmement : Meilleurs voeux de Nouvel An.     

     

    Omer Nsongo die Lema

  • L’affaire J.B. Mpiana ou le début du “génocide” culturel !

    L’affaire J.B. Mpiana ou le début du “génocide” culturel !

     jb-mpiana–Sabotage du spectacle de Bercy

     Le show-man Lita Bembo se retrouve dans l’évocation de l’expression ” attaquez le côté le plus pete pete !” qui ponctuait, dans l’orchestre Stukas, la partie animation de ses chansons. C’était une injonction visant l’ennemi dans son point faible. Les observateurs avisés s’en rendent bien compte par rapport au phénomène “combattants de la Diaspora” : le ventre mou ou le tendon d’Achille de la forteresse congolaise à l’étranger n’est pas dans les affaires, les sciences ou les sports. C’est la Culture véhiculé par les arts, précisément l’art musical. Le sabotage du spectacle de l’artiste-musicien Jean-Bedel Mpiana à Paris est justifié, laisse-t-on entendre, par l’engagement politique prêté à ce dernier pour avoir notamment composé une chanson en faveur du candidat n°3 Joseph Kabila Kabange. D’où l’étiquette Kabiliste qui lui est collée. Mais, les raisons de ce qui vire à la stigmatisation sont à trouver ailleurs. Simplement parce que JB Mpiana n’est pas le seul à l’avoir fait…

     

     

                Ils sont en réalité une trentaine, en majorité de la même génération, à avoir largement contribué à la campagne électorale du Raïs.  Par quoi alors s’explique le ciblage du meneur de Wenga Bcbg ?

                Qu’on se mette d’emblée d’accord sur ce point : un artiste n’est pas forcement apolitique. Les “combattants de la Diaspora” résidant en Occident savent qu’ils sont nombreux, les artistes américains et européens à s’afficher politiquement. Pendant les campagnes électorales, ils prennent ouvertement position pour leurs candidats. Et, généralement, les victoires électorales sont célébrées publiquement avec leur concours. Dirigeants et militants vainqueurs fêtent avec leurs musiciens préférés, ce qui n’indispose pas pour autant les fans, des mêmes musiciens, proches ou non des dirigeants et militants vaincus.

                En démocratie, le respect du choix politique de l’autre, adversaire soit-il, est sacré. Le contraire institue la pensée unique qui pousse ou mène à la pensée inique.

                Pour s’imprégner du jeu démocratique, la communauté congolaise demeurée au pays s’inspire des faits et gestes de sa Diaspora, surtout celle qui vit au quotidien les exigences de la démocratie. Sont particulièrement concernées la Diaspora congolaise d’Amérique (Etats-Unis, Canada), la Diaspora congolaise d’Europe (Grande-Bretagne, Scandinavie, France, Benelux, Allemagne, etc.),  la Diaspora congolaise d’Afrique ( Rsa, Botswana…), la Diaspora congolaise d’Océanie (Australie, Nouvelle-Zélande etc.) et la Diaspora congolaise d’Asie (Japon, Corée du Sud, Singapour, Israël…).

                Dans ces pays, cités à titre illustratif et non énumératif, on ne persécute pas le créateur intellectuel (artiste ou écrivain) pour ses opinions politiques, à moins pour l’intéressé de faire l’apologie des idéologies fascistes.

                La dictature mobutienne avait ses travers, mais jamais les “Zaïrois de la Diaspora” ne s’en prenaient aux  musiciens mobutistes de passage à Bruxelles, à Londres ou à Washington. A la limite, le désaveu s’exprimait par le refus d’assister à leurs spectacles.

     

    Génocide culturel

     

                Ce qui vient de se passer à Bercy, à Paris, autour du spectacle de J.B. Mpiana doit être considéré comme une menace contre toute la création intellectuelle, donc contre la culture. C’est la manifestation du pire des génocides qui soit sous les cieux : le génocide culturel.

                “Un peuple sans culture est un peuple sans âme“, dit-on. Aujourd’hui, c’est le musicien qui est ciblé; demain – si l’on n’y prend garde – ce sera le peintre, le poète, le sculpteur, le dramaturge, le professeur d’université, le ministre de Dieu…

                Au final, les “combattants de la Diaspora” commenceront à dicter au peintre, au poète, au sculpteur, au dramaturge, au professeur, au ministre de Dieu ce qu’il doit faire ou dire, et ce qu’il ne doit ni faire ni dire. Ce sera la robotisation de la société congolaise !

                C’est dur, terrible pour la RDC de vivre cette nouvelle formule de “Nuit de Cristal”.

                Aussi, plus que la classe politique, la Société civile congolaise a le devoir citoyen d’attirer l’attention de l’opinion sur les risques que l’on fait peser sur l’avenir de la musique congolaise, le premier des produits culturels d’exportation de la RDC.

                Sur le Net, un intellectuel congolais de la Diaspora fait aux musiciens congolais – dont JB Mpiana – le reproche de piéger l’art musical avec l’exhibitionnisme sexiste. Sur ce point-là, il a pleinement raison. C’est une dérive à combattre. Il devrait cependant commencer par condamner ses premiers promoteurs. Ceux qui avaient suscité le phénomène “sundama“.

                L’un d’eux, aujourd’hui “justicier parmi les combattants “, ne s’en est jamais repenti.    Entre-temps, on se devrait de le reconnaître : JB Mpiana a un répertoire non-politique qui fait la fierté de son pays. Il est l’un des rares artistes musiciens dont une oeuvre a été adoptée et interprétée par un grand orchestre cubain : Germano.

                On imagine alors l’effet que produit, à Cuba, le sabotage du spectacle d’un tel artiste à Paris. On imagine ce qu’en pensent la Diaspora africaine antillaise et les Africains pensent.           Il n’y a pas de quoi en être fier…

     

    Il est à craindre le retour au “Sundama”

     

                “A quelque chose malheur est bon“, dit-on. Il est établi que c’est à cause de l’absence d’une véritable industrie musicale (production phonographique, scénique et vidéographique) au pays que les artistes musiciens congolais sont obligés de “monter à Mikili”, à la différence de leurs collègues nigérians et sud-africains, mieux lotis.

                Or, dès l’instant où l’essentiel de la production musicale s’effectue sur place à Kinshasa et que les besoins sont inversés,   la pression sur les artistes se réduit d’elle-même. En attendant, et pour autant qu’ils soient conséquents avec eux-mêmes, les “combattants de la Diaspora ” devront plutôt boycotter et la diffusion et l’audition des chansons de tous les musiciens ayant participé à la campagne électorale du Raïs en 2011. Le résultat se devine : ils en reviendront au “Sundama”; et ce sera le début de la fin de l’emprise de la musique congolaise dans le monde.

                Les mélomanes se souviennent que ce genre musical avait failli ruiner, au propre comme au figuré, la musique zaïroise, pardon congolaise, si la génération Wenga n’avait pas apparu au milieu des années 1980 pour renforcer la génération Zaïko et assurer ainsi la relève de la génération OK Jazz-Afrisa talonnée, elle, par la génération Négro Succès-Maquisards-Continental.

                A qui alors profiterait le crime ? Aux “combattants de la Diaspora” d’y méditer…

    Omer Nsongo die Lema

  • Encore la guerre a l’Est- Kamango occupée par des rebelles soupçonnés d’être du M23

    Encore la guerre a l’Est- Kamango occupée par des rebelles soupçonnés d’être du M23

    Les rebelles du M23
    Les rebelles du M23

    -Des rebelles ougandais de l’ADF/Nalu occupent depuis ce mercredi 25 décembre la localité de Kamango, à 90 Km au nord-est de Beni, dans le Nord-Kivu. Des sources locales soupçonnent cependant ces hommes d’être des rebelles du M23 se faisant passer pour des rebelles ougandais. Pour sa part, le porte-parole de l’armée au Nord-Kivu, le colonel olivier Hamuli, assure que toutes les dispositions ont été prises pour sécuriser la zone et neutraliser l’ennemi.

    Après environ une demi-heure de violents affrontements avec les rebelles, autour de 6h du matin, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont décroché de Kamango, affirment des sources locales. Les rebelles ont également pris le contrôle de Bwisegha, une localité voisine de Kamango.

    De son côté, le responsable de la chefferie de Watalinga, Saambili Bamukoka, affirme que ces assaillants lourdement armés et bien équipés sont des rebelles du M23 venus de l’Ouganda voisin déguisés en ADF/Nalu. Ces rebelles étaient infiltrés dans la chefferie de Watalinga depuis quelques jours, a-t-il ajouté.

    La Société civile du territoire de Beni confirme ces soupçons. Selon son président, Teddy Kataliko, ces rebelles progressent présentement vers la localité de Nobili où sont bloqués environ 150 000 civils ayant fui les affrontements.

    Ces déplacés ne savent où aller. Selon des sources administratives, l’Ouganda a fermé sa frontière avec la RDC.

    L’administrateur de Beni craint «un carnage»

    L’administrateur du territoire de Beni, Amici Kalonda, dit craindre «un carnage» à Nobili, si cette localité, vers laquelle se dirigent les rebelles, passe sous leur contrôle. Il demande aux autorités compétentes de s’impliquer face à la gravité de la situation.

    «L’Ouganda empêche la population de traverser la frontière. Ils doivent se réfugier alors ils sont obligés de traverser la rivière la nuit pour atteindre l’Ouganda. L’ennemi s’est vraiment organisé. Il est tout près de Kikimbi où on a massacré beaucoup de gens. C’est le moment des opérations de grande envergure. Nous demandons de faire vite parce que la population souffre», a-t-il affirmé.

    Le gouverneur du Nord Kivu dit avoir alerté toutes les autorités. Il plaide pour le déclenchement immédiat des opérations de traque des ADF/Nalu.

    Avec RADIO OKAPI

  • Maffia au Katanga: la RDC est loin de quitter le bourbier de la mauvaise gouvernance

    Maffia au Katanga: la RDC est loin de quitter le bourbier de la mauvaise gouvernance

     katumbi–Trois milliards de dollars américains de l’état congolais ont été coulés au Katanga par la maffia. Le député Emery Okundji a dénoncé cette situation à la tribune de l’assemblée nationale lors du débat sur la loi portant reddition des comptes 2012.

    Il a déploré que la mission judiciaire d’enquête diligentée par le procureur général de la république ait été rappelée à Kinshasa alors que dans ses investigations, elle avait déjà identifié 741 millions de dollars d’amendes et pénalités que la DGDA devait recouvrer dans onze entreprises pour trois ans. Pourtant, cette régie n’avait projeté de mobiliser pour la même période les recettes de l’ordre de 154.975.533 millions de dollars. ‘‘Même si les statistiques nous présentées sont trompeuses et ne reflètent pas la réalité des recettes entendues, la DGDA sur 3 ans, sur un total de 154.975.533 dollars prévu, ne récolte qu’un chiffre ridicule de 18.139.953 dollars, c’est le taux de réalisation le plus faible que l’on puisse imaginer’’, a indiqué Emery Okundji. Pour élucider cette situation, le procureur général de la république avait dépêché une mission sur place mais vite retournée à Kinshasa sur ordre d’un membre du gouvernement. Des signes de corruption, de concussion et de fraude douanière sont patents à la DGDA-Katanga. Deo Rugwiza, le patron de la DGDA était favorable à cette mission pour éventrer le boa.

     

    Contre toute attente, la commission économico-financière de l’assemblée nationale a demandé dans son rapport sur la reddition des comptes 2012 que seuls les responsables de la DGDA ayant soutenu la mission, soient sanctionnés protégeant presque la ministre de la justice à la base du rappel de la mission, a dénoncé un syndicaliste de la DGDA-Katanga.

     

    Au total, la mission Nyandu du nom de l’avocat général qui a conduit la délégation, n’a pu enquêter que dans 11 entreprises sur les 252 répertoriées. Le député Okundji précise que la mission judiciaire dans son rapport affirme ‘‘en page 9 point 3 qu’il lui restait 252 dossiers à examiner dont le montant en amendes et pénalités était estimé à 2.964.080.060 dollars américains’’. Il a plaidé pour la constitution d’une commission d’enquête parlementaire qui utiliserait l’équipe Nyandu comme expert, pour tirer au clair cette situation.

     

    ‘‘Le rapport Nyandu démontre à suffisance que quand le chef de l’état affirme que notre budget est ridicule parce qu’il y a corruption, coulage des recettes et enrichissement illicite, il ne croit pas si bien dire’’, a déploré le secrétaire général des Fonus. Le constat est malheureux, argumente Okundji, s’interrogeant si pour onze entreprises d’une seule province, trois milliards de dollars peuvent se volatiliser et que dire de l’ensemble de provinces et de toutes les entreprises de la république.

     

    La Rdc pointe à la 154 émè place sur 177 pays au monde dans le dernier classement de Transparency international sur la corruption. Avec de tels scandales, le pays est loin de quitter le bourbier de la mauvaise gouvernance et l’impunité malgré le semblant de rigueur qu’affiche le premier ministre actuel.

     

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    Monga fraude la douane pour 41 millions Usd avec la couverture de la ministre Mumba

     

    La rédaction de “CONGONEWS” a réussi à mettre la main sur une partie du rapport sur la fraude douanière au Katanga, remis au Procureur général de la République, Flory Kabange Numbi, sous la signature de l’Avocat général de la République, Simon Nyandu. Cette fraction est circonscrite aux activités de l’agence en douane Trade service d’Eric Monga Mumba, le protégé de la ministre de la Justice et Droits humains, Wivine Mumba.

     

    Remarquez la synonimie entre les deux cousins Mumba qui explique la protection que la ministre apporte à son parent (Lire «CONGONEWS» n°606 du vendredi 8 novembre 2013).

     

    Avant elle, Trade service était placée sous la toute-puissante ombre d’Augustin Katumba Mwanke. Des années durant, l’agence n’a pas payé des droits dus à l’importation de ses clients. La commission Nyandu a plongé dedans et elle a conclu à un montant de 261 millions de dollars -droits éludés et pénalités- que Monga doit à la DGDA pour la période ente 2008-2013. Et dire que Monga est le président en exercice de la FEC-Katanga. Plutôt que d’être un modèle, Monga utilise sa position pour monter les autres opérateurs chaque fois que la DGDA décide de procéder à un recouvrement forcé.

     

    La dernière fois, il a rallié les autres contrevenants à une menace de grève générale pour donner prétexte à Mumba d’arrêter la mission des enquêteurs dépêchés depuis Kinshasa. Monga avait dû faire le déplacement de Kinshasa. D’abord chez le PGR où il avait fait le pied de grue toute une journée. Ensuite chez Mumba qu’il avait pratiquement assiégé avant d’obtenir de celle-ci une lettre dans laquelle la ministre formulait des allusions claires au PGR pour qu’il mette un terme à la commission Nyandu. Ce qui fut fait. Mais c’était sans compter que la commission avait déjà collecté tous les éléments pour établir un rapport une fois de retour à Kinshasa.

     

    Dans ce rapport, Trade service est mis en cause pour plusieurs infractions, du transfert illégal des fonds estimés à plus de 7 millions de dollars à la soustraction des marchandises au paiement des droits et à la vérification jusqu’à la sous-évaluation.

     

    Pour la seule période 2013, la DGDA réclame à Monga et sa maffieuse agence la somme de 41 millions de dollars de droits éludés (Lire fac similé p. 3,4,5). Des documents de même nature pour 2008 à 2012 seront servis aux lecteurs de «CONGONEWS» dans le prochain numéro. Comme sur le transfert illégal des fonds vers l’extérieur.

     

    PAUL MULAND

  • RDC– M23 : Ce que les Congolais ont « quand-même » gagné

    RDC– M23 : Ce que les Congolais ont « quand-même » gagné

    Congolais_ont_gagne-Les « engagements de Nairobi » entre le gouvernement de la RDC et le M23 ont laissé un goût amer dans le pays, que résume la formule : « qui perd gagne ». La dignité, qu’un peuple humilié croyait retrouver dans le sacrifice de ses soldats, dépérit. Il y a pourtant quelque chose de « réconfortant » dont les Congolais n’auraient pas encore pris toute la mesure. En effet, les mystères des guerres à répétition sont maintenant levés. Les « agents de l’ombre », qui opéraient derrière les « combattants rwandais », ont enfin tombé les masques. En volant au secours du M23, les parrains occidentaux de Kampala et Kigali se sont placés en première ligne, et ne peuvent plus se dérober. Au prochain coup de feu dans le Kivu, le Congolais moyen sait maintenant sur qui porter tout de suite les regards.

     En effet, l’énergie avec laquelle l’Ouganda (Museveni), les Etats-Unis (Russ Feingold) et les Britanniques (Mary Robinson[1]) se sont employés à « sauver le M23 », a fini par révéler au grand jour que ces pays ont énormément investi dans les « combattants rwandais », et qu’ils sont à présent incapables de les laisser tomber. Même lorsque ces combattants avaient déguerpi du territoire congolais et que leur structure politique s’était disloquée.

    Jusqu’à présent, pour avoir une idée assez précise de l’implication des grandes puissances dans les guerres contre le Congo, il fallait mener des recherches et parcourir des ouvrages. Après l’acharnement des Américains et des Britanniques à sauver, à tout prix, le noyau dur du M23, même le Congolais de la rue découvre que derrière de sinistres individus comme Sultani Makenga se cachaient de respectables « grandes démocraties » occidentales. Elles essayent à présent de les mettre à l’abri de poursuites judiciaires[2],[3], le procès des personnages comme ceux-là risquant de prendre les allures du Procès de Nuremberg et éclabousser les grandes « icones de la démocratie[4] » et de la civilisation occidentale.

    Les coups de fils qui ont crevé l’abcès

    Tout est parti des coups de fil[5] passés par le Secrétaire d’Etat américain, John Kerry, et du ministre britannique des affaires étrangères, William Hague, au Président rwandais Paul Kagamé le menaçant de sanctions financières s’il maintenait son soutien au M23. Les deux diplomates, par ce geste, venaient de crever, sur la place publique, la bulle des mensonges de Kigali, qui continuait de nier, les yeux dans les yeux, tout soutien au M23. On n’en pouvait plus de cette affligeante formule : « l’ONU et Kinshasa accusent le Rwanda de soutenir le M23, ce que le Rwanda nie ». Les temps changent…

    L’« homme fort de Kigali », d’ordinaire arrogant dans ses réactions, s’est subitement replié sur lui-même et, depuis, s’enferme dans un silence de mort, au point d’avoir abandonné ses soldats aux abois, à la merci de l’offensive des FARDC et de la brigade d’intervention de la Monusco.

    C’est dire à quel point le régime de Kigali vit dans une dépendance désespérée, financière notamment, vis-à-vis de ses « maîtres » de Londres et Washington. Mais c’est aussi la preuve que sans l’appui de Londres et Washington, le Rwanda n’aurait jamais entrepris de tirer un seul coup de feu contre le Congo.

    Même panique du côté de Kampala où l’autre parrain du M23, Yoweri Museveni, a dû faire des pieds et des mains pour sauver ce qui reste de son image en s’accrochant, comme il a pu, sur le fauteuil de « médiateur international ». On lui sent une palpable fébrilité lorsque l’« homme des Britanniques », se retrouve à Paris, en France, au sommet sur la paix en Afrique. Il est encore plus fébrile lorsqu’il fait clôturer les pourparlers de Kampala à Nairobi à l’ombre des célébrations du cinquantième anniversaire de l’indépendance du Kenya.

    Ainsi l’histoire retiendra que deux « petits pays » enclavés et dépourvus de ressources autonomes en quantité ont pu sauvagement martyriser des millions de Congolais, dix-sept ans durant, grâce à l’aide des Américains[6],[7] et des Britanniques[8] qui, un jour, décidèrent de passer deux coups de fil, et pas seulement. Les parrains iront directement s’impliquer pour liquider une aventure meurtrière (M23) qui commençait à échapper à tout contrôle[9].

    Les Américains, par Russ Feingold, et les Britanniques, par Mary Robinson, vont s’engager avec une insoupçonnable énergie, officiellement pour la paix, mais en réalité pour faire disparaître un allié devenant de plus en plus embarrassant[10]. Le flagrant aveu de complicité de longue date avec les individus qui agressent le Congo, massacrent des populations civiles, violent et pillent depuis deux décennies.

    Les masques tombent

    A Nairobi, les masques sont donc tombés devant la face du monde, et ça, au moins, c’est une victoire pour le peuple congolais, assommé depuis des années par des mensonges politico-médiatiques. Ça n’a jamais été « la révolte des Banyamulenge ». Ni la guerre pour protéger les « Tutsis congolais ». Le Rwanda de Kagamé n’a jamais été une puissance militaire que par la dissimulation des puissances occidentales derrière un « petit pays » pour mettre le Congo à genou. « Il n’y a jamais eu de rébellion », pour reprendre la formule de Keith Harmon Snow[11]. C’était des armées étrangères qui agressaient le Congo avec des appuis qui remontaient jusqu’à Londres et Washington.

    Ce fut, depuis le début, une guerre internationale contre le Congo pour mettre ses gisements miniers en coupe réglée, voire liquider une partie de sa population pour assurer l’implantation des populations rwando-ougandaises. Et deux « grandes démocraties », Washington et Londres, auront été associées au grand massacre qui coûta la vie à plus de six millions de Congolais.

    Personne ne sait vraiment si cette guerre est finie, mais, au moins, les Congolais ont maintenant pu démêler le vrai du faux et portent pour de bon un regard lucide sur les dessous des cartes. La prochaine fois qu’on entendra un coup de feu dans l’Est du Congo, il faudra que le gouvernement de Kinshasa vérifie l’efficacité de ses diplomates accrédités à Londres, Washington, New York, et, accessoirement, Bruxelles.

    Boniface MUSAVULI



    [1] Mary Robinson, ancienne Présidente de l’Irlande, est l’envoyée spéciale du Secrétaire Général de l’ONU pour la région des grands lacs. Ses prises de position répétées en faveur des membres du M23 fini par trahir son penchant pour les intérêts des régimes de Kampala et de Kigali, parrainés par Londres et Washington.

    [2] Pendant ce temps, à Kinshasa, un député national a été arrêté et envoyé à la Cour Pénale Internationale pour une affaire objectivement banale. Le « deux poids deux mesures  » dans toute sa splendeur… Le député Fidèle Babala, proche de Jean-Pierre Bemba (MLC) a été interpelé dimanche 24 novembre à son domicile, à 2h00 du matin. Il a été rapidement transféré à la CPI. L’élu congolais est suspecté d’avoir produit de faux témoignages dans l’affaire « Procureur contre Jean-Pierre Bemba  ».

    [3] Barack Obama a demandé que des poursuites judiciaires soient engagées contre les responsables du M23. Mais il doit s’agir d’une prise de position juste pour la forme. En effet, les victimes des mouvements ancêtres du M23, que sont le CNDP de Laurent Nkunda, le RCD et l’AFDL n’ont jamais obtenu justice, leurs bourreaux étant toujours protégés par l’Ouganda, le Rwanda et même la RDC.

    [4] Penser seulement que Paul Kagamé, parrain du M23, a pour conseillers de respectables personnalités comme Bill Clinton et l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair (…).

    [6] L’aide des Etats-Unis et du Royaume-Uni à Paul Kagamé commence bien avant sa prise du pouvoir à Kigali. Au Congo, des forces spéciales américaines ont pris part aux combats aux côtés des troupes rwandaises durant la première guerre du Congo. Voir Patrick MBEKO, Le Canada dans les guerres en Afrique centrale – Génocides & Pillages des ressources minières du Congo par Rwanda interposé, Le Nègre Editeur, 2012, pp. 226 et svts.

    [7] Les Américains ont construit, depuis juillet 1994, une base sophistiquée de collecte de renseignements électromagnétiques (SIGINT) sur le Mont Karisimbi et une base militaire bien fournie dans le Bugesera. Le personnel militaire des États-Unis aurait été vu dans certains quartiers de Kigali entrain de former la police rwandaise et les contrôleurs du trafic aérien de la Force aérienne rwandaise. Des instructeurs US, israéliens et britanniques participent également à la formation de l’armée rwandaise et de la Garde présidentielle dans les bases militaires de Gako et Gabiro. La firme KBR (Kellogg Brown and Root) a construit les bases militaires de Ntendezi et Bugarama près de Cyangugu à la mi-1994. À l’époque, KBR était une filiale d’Haliburton et détenait le contrat LOGCAP (Logistics Civil Augmentation Program) du ministère américain de la Défense. Pour l’année 2009, le Rwanda a reçu plus de 20 millions de dollars d’équipements militaires des États-Unis. Voir Patrick MBEKO, op. cit. p. 230. Kagamé n’a pas pu intervenir autant de fois au Congo à l’insu du gouvernement américain.

    [8] Des commandos britanniques ont été signalés dans les rangs des maquisards du FPR durant la conquête du Rwanda, longtemps avant la prise de Kigali. Voir Pierre Péan, Carnages – Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, Éditions Fayard, novembre 2010, p. 259 et svts.

    [9] L’affaire des 300 tonnes de munitions et d’armes lourdes découvertes début novembre, sur la colline de Chanzu, n’a pas encore révélé tous ses mystères. Selon le porte-parole des FARDC dans la province du Nord-Kivu, le colonel Olivier Hamuli, les munitions trouvées sur la colline de Chanzu pouvaient permettre au M23 de mener des opérations pendant plus de 10 ans. Les armes et munitions proviendraient de Russie et d’Ukraine, ce qui donnait à la guerre du M23 une dimension inattendue, leurs parrains étant plutôt des alliés des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Aussi, l’Est du Congo étant toujours sous embargo, en application des Résolutions 1493(2003) et 1533(2004) du Conseil de sécurité de l’ONU, le M23 n’a pas pu se procurer une quantité aussi impressionnante d’armes sans bénéficier des complicités au-delà des pays de la région.

    [10] En essayant tout de même de faire aboutir ses revendications. Le Congo va devoir réintégrer les combattants du M23 en application des engagements de Nairobi du 12 décembre dernier.

    [11] Pour Keith Harmon Snow, correspondant de guerre, cinéaste et professeur de journalisme américain, les combattants du M23 ne sont pas des « rebelles congolais » mais des soldats rwandais et ougandais.

    Avec Agora Vox

  • Le come back controversé à Goma de l’ex-chef rebelle Bertrand Bisimwa et ses compagnons d’arme

    Le come back controversé à Goma de l’ex-chef rebelle Bertrand Bisimwa et ses compagnons d’arme

    bertrand_bisimwa2_1– L’ex chef politique du M23, Bertrand Bisimwa a annoncé dimanche son retour imminent à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. La même province que lui et ses hommes ont martyrisé pendant plus de deux ans. Intervenant sur la radio Kivu One, l’homme fort de l’ex-rébellion défaite a affiché sa volonté de rentrer au pays. Bisimwa s’est dit prêt à sensibiliser ses collègues se trouvant encore dans des camps au Rwanda et en Ouganda pour regagner le pays. ‘‘J’attends participer ici à Kampala à la réunion de mise en œuvre de la déclaration de Nairobi avant de retourner à Goma’’, a-t-il déclaré. Dans la ville de Goma, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende Omalanga a affirmé que le souci du gouvernement, c’est de voir tous ses ex-rebelles rentrer au pays même ceux qui seront poursuivis par la justice. ‘‘Depuis le jour où la déclaration était signée à Nairobi, les portes étaient déjà ouvertes. A ce que je sache les autres animateurs du M23 sont déjà rentrés au pays pour la plupart’’, a précisé Mende. Le ministre de la communication et medias a dit ne pas connaitre le sort réservé à Bertrand Bisimwa même s’il n’a pas voulu dire clairement que le chef rebelle n’était pas sur la liste des criminels devant répondre de leurs actes devant la justice. ‘‘C’est aberrant de prétendre juger quelqu’un et de l’empêcher de rentrer là ou il doit être jugé. Je ne connais pas le sors de monsieur Bisimwa. Manifestement, il ne fait pas partie des personnes pourchassées par des mandats’’, a-t-il martelé.  En outre, il a rappelé que le gouvernement a pris une décision réfléchie et il était inconcevable, selon lui,  de s’opposer au retour de ces personnes. Déjà Serge Kambasu Ngeve et Mashigiro Nzey, deux cadres de l’aile M23 opposée à Bisimwa sont rentrés au chef-lieu du Nord-Kivu. Pour la majorité de la gomatraciens, le retour des assassins du M23 est une insulte contre les habitants du Nord-Kivu. ‘‘Comment ces gens qui ont tué, peuvent revenir calmement ici. Ils ont commis des crimes sur la population civile et  vous pensez que cela va passer inaperçu’’, a dénoncé Kasereka, un motard rencontré au rond-point Bdgl. Les stigmates de crimes commis par les rebelles du M23 lors de l’occupation de la ville de Goma au mois de novembre 2012 demeurent encore vifs. Dans la classe politique locale, le retour des bourreaux sur  lieu du crime divise l’opposition et la majorité. A l’opposition politique, Maitre Jean Pierre Lumbu lumbu, point focal de l’Union des Forces Acquises au Changement a jugé inopportun le retour des responsables du M23 à Goma. Il pense que les plaies ne sont pas encore cicatrisées au sein de cette population meurtrie du Nord-Kivu pour qu’elle tolère la cohabitation avec ces bourreaux. ‘‘Les enfants du Nord-Kivu ne sont pas encore psychologiquement préparés pour accueillir et accepter ces bourreaux d’hier’’, a prévenu Lumbu Lumbu. Par contre à la majorité présidentielle, son coordonateur provincial, Mukuba Sylvestre a précisé que la déclaration finale des pourparlers de Kampala conclue à Nairobi autorise aux anciens rebelles de retourner au pays mais, a-t-il renchéri, les auteurs reconnus de crimes de guerre seront poursuivis par la justice. Pour maitre Omar Kavota, le porte-parole et vice-président de la société  civile du Nord-Kivu, les brebis galeuses doivent être arrêtées et traduites en justice. Cependant, cet activiste accepte que seuls les ex-rebelles qui ne sont en connivence avec l’étranger pour déstabiliser de nouveau la province, puissent rentrer au pays. \

    Avec 7sur7.cd